Author: xnalgrtayache58

  • Tunisie : Une vingtaine d’organisations tunisiennes «exigent» de Rabat de libérer l’historien Maâti Monjib

    Une vingtaine d’associations tunisiennes ont «exigé» des autorités marocaines de libérer immédiatement l’historien et défenseur des droits humains Maâti Monjib, dénonçant une arrestation «arbitraire et scandaleuse» et «un acte d’une extrême gravité».

    Dans un communiqué publié mercredi par des médias, 22 organisations, dont la Ligue tunisienne de défense des droits de l’Homme et l’Organisation contre la torture en Tunisie, «ont condamné l’utilisation de la justice pour persécuter cet éminent universitaire et écrivain marocain pour une affaire politique et injuste».

    «Nous dénonçons l’arrestation arbitraire et scandaleuse du professeur Maâti Monjib et clamons haut et fort son innocence. Nous exigeons la libération immédiate de Maâti Monjib et la fin de toutes les poursuites injustes à son encontre. Nous sommes déterminés dans notre combat en faveur de M. Monjib. Notre mobilisation se poursuit avec toujours plus de détermination», écrivent les signataires du communiqué.

    L’historien et militant des droits de l’Homme Maâti Monjib a été arrêté dans des conditions scandaleuses, alors qu’il s’apprêtait à déjeuner avec son ami Abdellatif El Hamamouchi dans un restaurant du quartier Hassan, à Rabat. Celui-ci a pu témoigner de la scène qui s’est déroulée très rapidement, rappelle-t-on.

    M. Monjib a été littéralement kidnappé par huit policiers en civil descendus de deux voitures. Cet enlèvement humiliant de M. Monjib sans la moindre convocation de la justice, ce qui est illégal, vise à le discréditer auprès de l’opinion publique alors que M. Monjib a toujours respecté la loi, indique-t-on de même source. «Cet acte d’une extrême gravité fait suite à un acharnement judiciaire, policier et médiatique qui dure depuis cinq ans et qui n’a fait qu’empirer au fil des ans. C’est à partir de novembre 2015 que Maâti Monjib a été pour la première fois convoqué par la justice. Il s’en est ensuivi une vingtaine de convocations qui avaient pour but de le harceler», déplorent les 22 associations tunisiennes.


    Ces convocations, poursuivent les signataires du communiqué, reposaient toutes sur des accusations mensongères fabriquées de toutes pièces et qui ont changé au fil du temps. Il a été accusé dans un premier temps d’«atteinte à la sécurité de l’Etat», mais cela n’a pas fonctionné faute de la moindre preuve. Il a alors été accusé sans preuve de «blanchiment d’argent».

    D’après la même source, le but étant de donner «à l’affaire Monjib» une apparence de droit commun pour mieux le décrédibiliser alors qu’il s’agissait de s’en prendre au militant des droits de l’Homme. Malgré ces attaques diffamatoires, M. Monjib, respectueux de la loi, s’est toujours rendu à toutes les convocations judiciaires.

    Parallèlement à ces accusations et à ces convocations judiciaires, M. Monjib s’est vu interdire de quitter le territoire marocain, interdire d’enseigner et de faire des conférences, interdire de se rendre à des rencontres universitaires internationales, rappellent en outre les associations tunisiennes.

    Elles soulignent également dans leur communiqué que l’arrestation de Maâti Monjib «est à situer dans un contexte de condamnations de plusieurs journalistes, de militants du Hirak du Rif, et de citoyens engagés, dont le seul crime est de lutter pour la démocratie et la justice sociale».
    Ainsi, le Maroc «démontre qu’il est en train de sombrer dans un système politique autoritaire et répressif», conclut le communiqué.

    Ali Y.

    Le Journ d’Algérie, 1 jan 2021

    Tags : Maroc, Tunisie, Maati Monjib,

  • La normalisation du Maroc avec l’entité sioniste s’inscrit dans le cadre de la servitude stratégique du Makhzen

    L’expert en questions stratégiques et sécuritaires, Pr Mhand Berkouk a affirmé que la normalisation des relations entre le Maroc et l’entité sioniste intervient dans le cadre de la servitude stratégique du régime du Makhzen, mais elle n’entamera en rien la volonté du peuple sahraoui à poursuivre sa lutte légitime, à parachever le processus de libération de son territoire et à exercer son droit à l’autodétermination.

    Dans une déclaration à l’APS, M. Berkouk a souligné que cette normalisation n’est pas chose nouvelle, en ce sens qu’elle constitue une confirmation, voire une trahison renouvelée et multidimensionnelle de la cause palestinienne, à travers laquelle le Maroc a bafoué l’unité de la Nation arabe et méprisé les sentiments du peuple marocain à l’égard de la cause palestinienne.

    Le Sahara occidental est une question de décolonisation, conformément aux décisions et résolutions onusiennes, un processus qu’il convient de relancer à travers l’activation du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et via la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO), a-t-il soutenu, estimant que face à cette situation la communauté internationale doit prendre conscience de l’importance de se conformer au Droit international pour permettre aux parties au conflit de parvenir à un terrain d’entente, et partant concourir à la garantie de conditions objectives pour l’organisation de ce référendum.

    Cependant, la principale entrave qui se dresse devant ce processus demeure la politique du fait accompli adoptée par le Maroc avec la complaisance de certains pays, comme la France, en contrepartie de sa servitude stratégique qui vise à créer un climat d’instabilité dans la région Nord-ouest de l’Afrique pour empêcher l’émergence de l’Algérie, en tant que pays influent et une puissance économique.

    La servitude stratégique du Maroc est manifeste dans la participation des forces militaires marocaines aux campagnes menées contre la Libye, l’Irak et le Yémen, ainsi qu’en Angola et au Zaïre auparavant, aux côtés des pays auteurs de schémas de division ciblant certains pays, a-t-il observé.

    Tags : Maroc, France, servitude, protectorat,

  • Algérie : Moncef Marzouki dans les guingnos de l’info

    Echourouk News lance ses guignols de l’info et humilie Moncef Marzouki (Vidéo)

    DIA-02 janvier 2021: Pour son premier numéro de l’année, le journaliste d’Echourouk News Billal Kebache a frappé fort pour commencer sa nouvelle émission Week End Story, avec la création des guignols de l’info algériens, pour répondre avec un ton moqueur à certaines déclarations polémiques sur l’Algérie.

    Et la première marionnette à faire son apparition dans l’émission, c’est celle de l’ex président tunisien par intérim Moncef Merzouki, qui a récemment manifesté son soutien au Maroc dans la colonisation du Sahara Occidental.

    Billal Kebache a humilié l’ancien chef de l’Etat tunisien en le poussant à avouer qu’il avait reçu des cadeaux pour exprimer ses soutiens à la politique colonialiste du Maroc.

    Cet épisode risque faire du bruit en Tunisie où de nombreux observateurs ont critiqué la démarche de l’ancien président tunisien, qui de surcroît a vécu au Maroc, puisque son père Mohamed Marzouki qui était farouche opposant à Bourguiba s’est exilé au Maroc en 1956 et a vécu entre Tanger, Fes et Marrakech jusqu’à sa mort en 1988. Donc Moncef Marzouki était un habitué des palais marocains, du Makhzen et surtout un privilégié de la famille royale marocaine.

    En tout cas, l’utilisation des guignols dans un programme programme politique va faire du bruit, puisque plusieurs hommes politiques algériens et étrangers seront représentés et parfois caricaturé.

    Salim Bey

    Dia-Algérie, 2 jan 2021

    [youtube https://www.youtube.com/watch?v=XZ_kLMgBqhw&w=560&h=315]

    Tags : Algérie, Maroc, Sahara Occidental, Moncef Marzouki, Tunisie, Moncef Marzouki,


  • El Sáhara Occidental: entre la represión y el olvido

    Farah Dih

    Preguntas y respuestas para entender la nueva escalada del conflicto en el Sáhara Occidental
    Al parecer, para el Estado español no ha sido suficiente colonizar, saquear y abandonar a este pueblo a su suerte: ¿hasta cuándo seguirá mereciendo el Sáhara Occidental una escueta línea en los libros de historia?
    Tras la reciente operación militar llevada a cabo por Marruecos en Guerguerat contra civiles saharauis que se manifestaban de manera pacífica, quebrantando así el alto el fuego firmado con el Frente Polisario en el año 1991, la represión y la violación de los derechos humanos en el Sáhara Occidental no han hecho más que escalar. Hayat Mulay Ahmed Sidiya, una niña saharaui de 12 años, decidió dibujar el pasado 16 de noviembre una bandera de la RASD (República Árabe Saharaui Democrática) en la bata blanca que habitualmente se pone para ir a su escuela en El Aaiún ocupado. La junta escolar no dudó en ver aquella acción como un gesto que atentaba contra la integridad y la soberanía del Reino de Marruecos sobre el territorio del Sáhara Occidental.
    Los docentes del colegio de Hayat no se lo pensaron dos veces: aquello era un acto terrorista y, como tal, era competencia directa de las autoridades alauitas; las mismas que llevan ocupando ilegalmente el Sáhara Occidental desde 1975 y controlando con puño de hierro la libertad de expresión de la población autóctona de esta región. La policía marroquí, sicaria de un régimen retrógrado, déspota y sin escrúpulos, no solo fue capaz de humillar y arrestar a una niña que apenas empieza a conocer los azares de la vida, sino que la torturó física y psicológicamente. Una práctica premeditada y habitual en muchas de las instalaciones gubernamentales marroquíes donde, con frecuencia, desfilan y se aglomeran saharauis de todas las edades y géneros para ser impunemente vejados, humillados y encarcelados. El trauma y las secuelas que este suceso le ha generado a Hayat la acompañarán de por vida, como a tantas otras niñas, jóvenes y adultos en el Sáhara Occidental.
    El repudio infundado y desmesurado que la monarquía de Mohamed VI siente y proyecta en su ciudadanía sobre la población saharaui no tiene parangón en la historia colonial del norte de África. Desde el cese de la guerra entre el Frente Polisario y Marruecos en 1991, el Gobierno marroquí lleva estableciendo un estricto control administrativo y mediático sobre un territorio que a día de hoy sigue pendiente de descolonización.
    El sultanato alauita creó desde la invasión de la región (con la llamada «Marcha Verde») un consenso en la ideología nacional, basado en la premisa de que el Sáhara Occidental es —y siempre ha sido— parte fundamental de su «Gran Marruecos». Un proyecto de expansión imperialista que, dicho sea de paso, también incluiría la totalidad de Mauritania y amplias partes de Argelia y Mali. Este discurso, reiterado hasta la saciedad en los medios de comunicación más influyentes del país norteafricano, es utilizado por sus autoridades como pretexto para justificar las violentas medidas de opresión y coacción sobre saharauis y activistas marroquíes que tratan de dar un punto de vista distinto al oficial. El gran poder propagandístico y el inflexible bloqueo informativo que ejerce Marruecos sobre el territorio desde hace casi medio siglo tienen como objetivo principal legitimar su ocupación ilegal.
    De este modo, mientras que en los campamentos de refugiados de Tinduf (en Argelia) gran parte de la población saharaui vive y muere en condiciones infrahumanas desde hace ya 45 años, en las zonas ocupadas, la brutalidad policial marroquí en contra de la otra parte de esta población está amparada y legitimada por ley. Izar una simple bandera del Sáhara Occidental, por ejemplo, o convocar una manifestación pacífica en favor de la autodeterminación, es razón suficiente para acabar con los manifestantes en la cárcel o, en el mejor de los casos, devueltos a sus casas tras horas de vejación y abuso, como evidencia el reciente caso de Hayat.
    Mientras tanto, los sucesivos gobiernos españoles (sin importar su color político) siguen mirando hacia otro lado. Siguen cediendo a los chantajes del régimen marroquí y eludiendo su responsabilidad legal, política y ética para con el Sáhara Occidental. A pesar de que España sigue siendo legalmente la potencia administradora, y de que es precisamente este país el principal causante de la desdicha de los saharauis, el Estado español continúa favoreciendo la ocupación marroquí. Y no solo lo hace con su silencio y su olvido histórico de la que una vez fuera su «provincia 53», sino que permite y colabora —directa e indirectamente— en la violación de los derechos humanos de la población de este territorio. Un amplio número de antiguos altos cargos públicos y de empresas españolas contribuyen y se benefician del expolio y de la explotación de los recursos naturales de esta región, en detrimento de la salud física y mental del pueblo saharaui, tal y como muestran evidencias audiovisuales. Los intereses comerciales, políticos y migratorios entre España y Marruecos son ciertamente numerosos, pero no hay que olvidar que estos intereses no solo se encuentran manchados de sangre, sino que violan de forma sistemática y reiterada la legalidad internacional.
    Al parecer, para el Estado español no ha sido suficiente colonizar, saquear y abandonar a este pueblo a su suerte. No ha sido —ni es— suficiente la miseria en la que viven los saharauis a los dos lados del conocido como «Muro de la vergüenza», ni las innumerables trabas administrativas que la mayoría encuentra a la hora de que se les reconozca su documentación saharaui, o al solicitar la nacionalidad española (aunque lleven décadas residiendo en España). ¿Qué más tiene que ocurrir en el Sáhara Occidental para que el Gobierno español reaccione? ¿Hasta cuándo seguirá eludiendo su responsabilidad legal y continuará su olvido selectivo? ¿Hasta cuándo seguirá mereciendo el Sáhara Occidental una escueta línea en los libros de historia de España? ¿Hasta cuándo seguirá el Estado español —junto a las Naciones Unidas y la comunidad internacional— haciendo la vista gorda ante las innumerables violaciones de los derechos humanos que el Gobierno marroquí comete a diario contra civiles saharauis?
    El Diario, 27 dic 20
    20

    #SaharaOccidental #Polisario #Marruecos

  • 2020, l’année virale

    par El Yazid Dib


    On aura tout vu. Des sombres cieux, des cimetières, des scandales et aussi des incompétences et du populisme. Une année à multiples virus. Peu de joies masquées et beaucoup de chagrin, de mal et d’illusions à proche distance.

    Je ne saurais dire, si au moment où on lira ces lignes, le président serait là ou non, parmi nous pour signer la loi de finances en ce 31 décembre, délai exigé par l’orthodoxie budgétaire de par son principe d’annualité. Je ne saurais dire si en ce jour, des changements ont eu lieu la veille ou bien la vie allait continuer son cours malgré l’anormalité des choses. L’essentiel en toute évidence est que les choses vont bouger un jour ou l’autre, que le décor politique connaitra des nuances, que des noms vont apparaitre, d’autres disparaitre. Un jour ou l’autre de l’année qui commence et s’annonce en vaccin hypothétique, en défis continuels, en danger permanent, en clans résistants, en anémie économique et pénurie financière et en angoisse sociale.

    Tous les espoirs que l’on aurait récoltés au cours d’une année passée, semée de hirak, de nouvelle version de vie, de nouveaux réflexes, de nouvelles têtes, de nouvel air politique, de volonté à ne plus rêver, de et de… se sont tous échoués à la naissance de cette fatidique année. 2020, commençait déjà par l’odeur funéraire, les emprisonnements téméraires, les fermetures libertaires. Que de membres de famille, d amis, de voisins, de personnalités sont partis par cette démente saloperie. Que d’autres sont encore sous ses affres. Il n’y a pas, diront certains que ce virus qui tue. Il y a l’autre ; la frustration, le déni de droit et se justice, la faillite du pays qui, certes n’ôtent pas la vie mais font suffoquer les poitrines et rétrécissent l’expression.

    Nous aurions vu en cette année là, encore ces visages dégarnis de toute conscience, imparfaits à la tache qui de surcroit ont fait les annales de la décennie révolue. Ces mêmes gueules recrutées sur le bûcher d’un Hirak mutilé à bon escient. Des conseillers, des médiateurs et communicants installés impoliment sur les devant d’une précarité présidentielle. Les mêmes gens détenteurs de portefeuille publics sont toujours en service. Ils sillonnent le pays, crèvent les écrans sans rougir aucunement. Qu’a-t-il à faire à Sétif ou à Batna le médiateur de la république ? Il n’a en tant que tel nulle attribution pour résoudre le moindre problème d’un tracé routier, d’une cantine scolaire ou d’un déblocage communal. Voilà une façon de pérenniser l’ancienne Algérie qui demeure encore debout. Cette année là, aurait été bénéfique pour garder les contestations au stade d’un confinement que ce maudit virus en amplement favorisé. C’est en son nom que tout avait été bouclé, cadenassé, sauf sa propagation et ses atteintes mortelles. Un malheur annihile le bonheur des uns et s’accroit chez les autres et semble parfois faire un bonheur chez certains.

    Le hic, c’est que ceux qui dirigent le pays ou disent agir pour son compte n’arrivent pas à évaluer le temps. Âgés et conséquemment malades, parfois impotents, ils ne peuvent penser à partir. Seule la biologie saura faire son œuvre. Ni l’usure des os, ni la fébrilité des sens n’ont pu leur exprimer que tout doit avoir une fin, que le pays a grandement besoin d’un sang neuf, qu’il est plein d’une jeunesse qui vieillit à mesure que grandissent ses problèmes et qu’il est largement temps de reprendre enfin ce « flambeau » éteint, déteint et mal remis. Ils sauront lui insuffler la flamme qui lui manque, l’étincelle qui fera briller l’avenir. Toute une gérontocratie est toujours aux manettes du pouvoir. Tout un arsenal obsolète d’arguments et de communication est toujours mis à l’avant sans toutefois ne convaincre aucun. Du spectre complotiste étranger à la suspicion malveillante des forces néfastes intérieures, le rituel ne s’arrête pas. Un président de sénat illégal, tant l’intérim assuré l’est aussi, avance en guise d’acte de présence que des slogans qu’il ressort des fonds du grenier poussiéreux qu’il veut remettre au goût du jour. Personne ne croit à vos élucubrations. Vous avez donné certes soi-disant, plus de 60 ans de vos vies à l’Algérie, mais cette même Algérie vous a suffisamment honoré, glorifié, chouchouté. Elle a fait de vous ce que vous ne pensiez jamais l’être. Les martyrs sont partis, vous êtes toujours là. Le pays tout au plus aurait besoin de vos mémoires et non vos déboires.

    Le pays est en proie à un désespoir, qui venu tôt remplir les cœurs encore attachés aux lueurs à venir, avait vite fait mourir les jours et leur joie de les vivre. Le brouillard à envahi tout le paysage. On ne distingue rien, ni du mal ni du bien. Un président absent, des institutions figées, un gouvernement à l’arrêt, des assemblées pourries, des geôles investies, des libertés retenues, que dire de plus ?

    Une année pleine de crocs et de non-dits. Le retour controversé de Nezzar et des rumeurs l’entourant, la suspension de promulguer une constitution mal votée en suspension de promulgation, la normalisation à nos flancs, le danger y est plus qu’en autres temps. Une année qui a vu d’innombrables soubresauts, des sautes d’humeur et des fâcheries va encore partir pour garnir l’histoire contemporaine d’un pays toujours en quête de son projet, pire encore de sa survie. La caractéristique la plus expresse de l’année a été cette passion dévorante d’exercer le pouvoir et l’ardeur d’y mettre le peuple à ses tendances. Le vœu qu’enfin, l’on pourrait voir de bons présages et de surpasser de sulfureux passages a été rapidement éclipsé. Bien avant la survenance de cette fatidique année, l’espoir de tous de la voir arriver en bonne année, était enveloppé dans les vœux. Mon ami, Belaidi Abdelmadjid internaute prolifique, affichant alors toute la béatitude de son béat optimisme postait ce 28 décembre 2019 : «Nous sommes le vingt-huit. Plus que quelques jours et l’année 2019 sera du domaine des souvenirs et l’année 2020 sera le grand espoir pour nous. L’espoir de voir les voix sages se faire entendre. L’espoir de la prise de conscience de ce qui se trame à nos frontières. L’espoir d’une unification fusionnelle de toutes et de tous, rien que pour la paix intérieure. L’espoir de la réalisation du grand rêve des géants de novembre 1954 » rien de tout cela ne fut.

    Des structures de santé débordées mises a pires épreuves, la rupture d’oxygène, des guichets postaux en manque de liquidités, des primes non mandatées, des confinements zélés, des complots dénoncés, des coupures d’eau, d’électricité, d’Internet, des ministres et walis encore en prison, d’autres aussi et tout un chapelet de faits et d’événements ont émaillé cette année virale. L’on n’est pas encore sorti de ses ténèbres malgré sa finition calendaire. Les mesures drastiques prises dans l’objectif d’endiguer la propagation du virus ne se sont pas passées sans faire des dégâts sur la situation économique notamment celle des ménages. La pauvreté s’est accrue d’un cran. Les petits commerces, les taxieurs, les coiffeurs, les journaliers occasionnels ont tous subit la faillite engendrée par ces mesures. La compensation de l’Etat n’était pas au rendez-vous voulu et espéré. Ainsi en plus qu’il est une principale cause de grande mortalité, ce virus est devenu un grand facteur d’appauvrissement des populations déjà pauvres et appauvries. En face, rien n’est garanti pour freiner cette récession économique brutale.

    Les jeunes de moins de 30 ans viennent de découvrir les conditions du couvre-feu. Le premier des années 90 était une barrière contre un virus criminel et anonyme, le second un geste barrière contre un virus tout aussi criminel et anonyme. A la différence que le premier était bien de chez nous, plus meurtrier et atroce. 2021, ne sera une bonne année que si tous les virus s’évacueront. Une pandémie peut à la longue, recherche scientifique aidant être vaincue. L’épidémie qui se greffe dans les méninges du système demeure pénible et réticente à vouloir se dissiper de sitôt. Le mal est génétique, il se niche dans les parois infranchissables que contiennent les têtes au pouvoir.

    On ne peut oublier cette année qui s’achève tant elle avait pris des êtres chers, causé des destructions familiales en emportant dans son linceul la joie, les doux moments et les radieuses espérances. Elle avait pris toute une année de notre temps et l’avait rétrécit à des masques et des gestes de distanciation. Elle nous avait interdit de s’embrasser, de se serrer ou de faire des câlins à nos p’tits enfants. On était privés de cette liesse dans le partage des gâteaux fait maison lors des deux aids, on ne pouvait s’asseoir au chevet d’un frère malade ou présenter par présence nos condoléances étouffées.

    Malgré toutes ces anicroches, l’on reste toujours en quête de ce bonheur né le 22 février et mis en sourdine un temps après. L’on reste accroché à voir une Algérie nouvelle pas au sens de ceux qui la prônent en générique populiste tout en étant bien assis sur le socle inébranlable de l’ancienne, mais une Algérie d’égalité, de droit et de justice. Un pays qui cessera d’être la propriété des uns et une prison pour les autres. Un territoire indivisible, uni qui s’espacera à tout un chacun et où ce tout un chacun aura une part du soleil qui brille, où le mérite l’emportera sur le copinage et surtout où la compétence suppléera l’inertie des vieux et itératifs responsables. Aussi m’abstiendrais-je à tout souhait, que la santé, laissant la providence faire ce qui se susurre dans le cœur de quiconque.

    Le Quotidien d’Oran, 2 jan 2021

    Tags : #Algérie #2020 #Hirak #Coronavirus #Covid19

  • Le Sahara Occidental sous les projecteurs

    par Hussein Flamand

    Dernière colonie d’Afrique sous occupation marocaine, le Sahara Occidental est depuis 1991 absent des titres de presse ainsi que des relations diplomatiques. Le 13 novembre, les forces coloniales marocaines décident de passer à l’offensive en expulsant des civils sahraouis de la ville de Guerguerat provoquant la rupture du cessez-le-feu et le retour aux combats entre les forces armées royales et l’armée du Front Polisario. Un mois plus tard, le 14 décembre, Trump annonce une reconnaissance américaine de la souveraineté marocaine sur le Sahara Occidental en échange d’une reprise des relations entre Rabat et Tel-Aviv. Malgré le geste de Trump, Mohammed 6 et ses conseillers ont tout simplement rendu service au Polisario et à son peuple : la médiatisation de la cause sahraouie avec des conséquences politiques, juridiques et économiques à terme.
    La communauté internationale derrière le principe d’autodétermination du peuple Sahraoui
    Très rapidement après l’annonce de Trump, de nombreuses chancelleries sont montées au créneau pour rappeler le principe immuable de l’autodétermination au Sahara Occidental. L’Espagne, ancienne puissance coloniale et qui s’était rapproché du Maroc dans sa thèse a immédiatement rappelé à travers la voix de sa ministre des affaires étrangères, le rôle exclusif de l’ONU dans le règlement du conflit entre le Maroc et le Front Polisario. Pris de court, Pedro Sanchez, premier ministre espagnol a renoncé à sa visite d’Etat au Maroc le 17 décembre 2020 tout en prenant contact avec l’équipe de Biden pour renverser la décision de l’administration de Trump. Partout en Europe, les diplomaties de ces pays ont rappelé le respect que le Maroc doit à l’autodétermination du peuple sahraoui. Des nations comme le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Suède, la Russie etc. ont défendu le principe d’autodétermination du peuple sahraoui en laissant les Etats-Unis sur le plan diplomatique complètement seuls.
    L’ONU par la voix de son porte-parole a considéré que la reconnaissance américaine était “sans effet”. En Afrique, le Maroc parait isolé malgré son coup de force à Guerguerat et la reconnaissance de Trump. Les grandes puissances du continent soutiennent massivement la République arabe sahraouie et démocratique (RASD) comme c’est le cas avec l’Afrique du Sud, l’Algérie mais aussi l’Éthiopie, l’Angola, la Mozambique, le Nigeria, l’Ouganda, la Namibie, le Kenya… Bourita pourra toujours se contenter d’un “soutien” de l’Afrique en s’appuyant sur les récentes ouvertures “consulaires ” au Sahara Occidental occupé de pays en guerre comme la Somalie ou la Centrafrique.
    L’alliance israélo-marocaine rapproche les points communs de la cause Palestinienne et Sahraouie
    Après avoir reconnu Israël, Mohammed 6 a tenté au cours de 2 appels téléphoniques avec Mahmoud Abbas, le 10 décembre et le 23 décembre de rappeler le soutien “sacré” du Maroc à l’égard de la cause palestinienne. Le président de la Palestine par colère n’a même pas relayé dans les médias palestiniens, les échanges avec le souverain marocain. La rue palestinienne a copieusement insulté le roi du Maroc pour sa trahison à leur égard. Le Hamas et le Jihad Islamique ont également condamné la normalisation entre le Maroc et Israël comme une trahison à l’égard de la Palestine. Sans le vouloir, le roi marocain en reprenant contact avec Netanyahu a tout simplement confirmé les anciens propos de Bouteflika rappelant que la colonisation marocaine au Sahara Occidental était identique à celle des israéliens en Palestine. Ce rapprochement des deux causes a toujours été combattu par les marocains avec un accord tacite de l’autorité palestinienne. Mais, aujourd’hui, il est impossible pour cette dernière d’éviter le rapprochement entre les deux causes indépendantistes car le Maroc par sa normalisation l’a permis. Hanane Ashrawi désormais ex-membre du comité exécutif de l’OLP dans une interview le 11 décembre sur Democracy Now! avait expliqué que l’occupation israélienne en Palestine était identique à celle du Maroc au Sahara Occidental provoquant au passage la colère des agents du Makhzen sur les réseaux sociaux et de plusieurs partis politiques marocains.
    L’administration Biden renversera la décision de Trump
    Biden sera le nouveau président des Etats-Unis le 20 janvier après une campagne électorale mouvementée par la crise du Covid et la volonté affichée de Trump de détruire la transition avec la future administration. Démocrate et militant affiché du multilatéralisme, Biden a déjà annoncé qu’il changerait l’approche de la politique étrangère américaine durant les 4 prochaines années. Selon le New York Times, l’administration Biden reviendrait assez rapidement sur la reconnaissance américaine de la “marocanité” au Sahara Occidental afin de ne pas rompre une politique d’équilibre dans la région mais aussi pour permettre à l’ONU de continuer à régler pacifiquement le conflit. Cette décision de Biden est facilitée également par le faible statut juridique de la déclaration de Trump étant donné qu’une “proclamation” du président américain à force de loi seulement lorsque le congrès le ratifie par un Act of Congress ce qui ne sera pas le cas jusqu’à l’arrivée de Biden. Israël au courant de cette situation a déjà annoncé qu’elle ne reconnaîtrait pas la souveraineté marocaine sur le Sahara Occidental tant que la situation n’est pas clarifiée. Peut-être que la carte du Maroc séparé du Sahara Occidental par Netanyahu était déjà un signe de ce que sera le 20 janvier pour les stratèges du Makhzen…
    Hussein le Flamand
    Kassaman Times, 2 janvier 2021
    Tags : Sahara Occidental, Polisario, Maroc, Israël, Normalisation, Donald Trump,
  • Algérie : La chute «incontrôlée» du dinar

    Déjà sans la brutale incursion de la pandémie de coronavirus, l’économie algérienne filait un très mauvais coton qu’illustrent tous les indicateurs généralement admis pour juger l’état de santé économique d’un pays.

    Il en est un parmi ces indicateurs qui, particulièrement depuis quelques mois, inspire toutes les appréhensions, notamment chez les producteurs de valeur ajoutée, ces entrepreneurs qui, malgré tout, se déployaient pour se frayer une place dans une économie qui n’a d’yeux que pour ce dont regorge son sous-sol en richesses, le pétrole et le gaz.

    En effet, la chute effrénée de la valeur du dinar par rapport à la monnaie européenne et au dollar est en train de prendre des proportions telles que l’impact sur les entreprises risque de s’avérer fatal pour leur équilibre financier, du fait que ces entreprises ne peuvent tourner sans la matière première importée, au fil des mois beaucoup plus chère à cause d’un taux de change qui n’en finit pas de prendre de la hauteur. Idem pour l’impact sur les ménages qui se retrouvent contraints de subir l’augmentation des prix des biens, aussi bien produits localement que ceux importés.

    Selon une évaluation toute récente du Cercle d’action et de réflexion pour l’entreprise (Care), le dinar a perdu 37% de sa valeur vis-à-vis de l’euro et plus de 77% vis-à-vis du dollar américain sur les dix dernières années.

    La chute du dinar algérien est le résultat de la dépréciation volontaire du dinar, entreprise par les gouvernements qui se sont succédé ces toutes dernières années, notamment afin de résorber autant que faire se peut les déficits budgétaires en grande partie dus à la chute de la fiscalité pétrolière induite par la crise pétrolière de 2014 puis cette année en raison de la crise sanitaire qui, en fin de compte, a mis à nu toutes les tares dont souffre l’économie nationale en attente de réformes effectives, et en finir avec un état des lieux de la maison Algérie, sur le plan économique, des plus angoissants.

    De quoi, en tous les cas, susciter des incursions des économistes de divers horizons, à l’instar de celle de l’expert financier Souhil Meddah à travers l’entretien qu’il a bien voulu accorder au Soir d’Algérie.
    Azedine Maktour

    Le Soir d’Algérie, 2 jan 2021

    Tags : Algérie, dinar, change, économie,

  • Tunisie : Près de deux mille touristes français ont passé le réveillon à Djerba-Zarzis

    Environ deux mille touristes, pour la plupart de nationalité française, ont passé le réveillon dans la zone touristique de Djerba – Zarzis, gouvernorat de Médenine, en dépit des mesures interdisant notamment toute forme de festivités.

    Répartis dans 12 hôtels, la plupart d’entre eux ont confirmé leurs réservations avant l’annonce des dernières mesures liées à l’interdiction des célébrations du Nouvel An, explique Hichem Mahouachi délégué régional du Tourisme.

    La Commission nationale de lutte contre le coronavirus avait décidé, dans le cadre de la lutte contre la propagation du coronavirus, de continuer à appliquer les mesures prises le 6 décembre courant et à respecter les protocoles sanitaires et mesures de prévention, et ce, jusqu’au 15 janvier 2021. Elle a également appelé à l’interdiction de toute manifestation à l’occasion de la fête de fin d’année.

    Webdo.tn, 1 jan 2021

    Tags : #Tunisie #Tourisme, #DjerbaZarzis,

  • Donner une voix aux jeunes: nouveau projet médiatique financé par l’UE au Maroc

    Le mois dernier, l’ONG marocaine «Les Citoyens» a lancé son projet intitulé «Parole aux Jeunes». Près de 100 jeunes hommes et femmes de différentes régions du Maroc ont participé à l’événement de lancement à Casablanca.

    L’objectif du projet est de former les jeunes à l’utilisation des nouveaux médias pour créer leur propre contenu et exprimer leurs préoccupations. «Nous ne sommes pas représentés dans les médias traditionnels et nous espérons que ce projet fournira une plate-forme pour exprimer ce que nous ressentons», déclare Rasheed, étudiant en médecine de 3e année à Rabat.

    Financé par l’Union européenne et le ministère fédéral allemand des Affaires étrangères, ce projet sera réalisé dans les 12 prochains mois.

    Le jeudi 28 novembre 2019, près de 100 jeunes hommes et femmes de différentes régions du Maroc ont participé à l’événement de lancement du projet de l’ONG marocaine «Les Citoyens» à Casablanca. La jeune association dynamique a lancé son projet intitulé «Parole aux Jeunes» qui peut se traduire par «Donner une voix aux jeunes». Financé par l’Union européenne et le ministère fédéral allemand des Affaires étrangères et soutenu par la Deutsche Welle Akademie, Al Khatt et AL-JANA, ce projet sera réalisé dans les 12 prochains mois.

    Lors de l’événement de lancement, les participants ont découvert les détails du projet qui atteindra jouer à l’habillage vers plusieurs destinations au Maroc. L’objectif est de former les jeunes à l’utilisation des nouveaux médias pour créer leur propre contenu et exprimer leurs préoccupations. «Nous ne sommes pas représentés dans les médias traditionnels et nous espérons que ce projet fournira une plate-forme pour exprimer ce que nous ressentons», déclare Rasheed, étudiant en médecine de 3e année à Rabat.

    Le public a écouté avec passion les discours tenus par d’éminents journalistes invités à partager leurs expériences avec les jeunes. La journaliste Iman Agutan, qui travaille pour le radiodiffuseur public Medi-1 TV, a promis de se porter volontaire dans ce projet et de fournir son expérience en tant que formatrice sur les techniques de présentation. «Les médias ne sont pas un travail. c’est un devoir », dit-elle. Elle a également promis d’ouvrir son nouveau programme télévisé aux bénéficiaires du projet «Parole aux Jeunes».


    L’une des forces du projet est qu’il touche les zones rurales et inclut des jeunes qui souvent ne bénéficient pas de ces initiatives. Venu lui-même d’une petite ville, le journaliste Redouan Remadani a partagé son expérience personnelle marquée par des difficultés au début. «Mes rêves ne se sont pas étendus au-delà de la zone de la petite ville où je vivais», a-t-il déclaré.

    «Les Citoyens» lance un appel à candidatures pour former des jeunes talentueux à s’exprimer et à créer du contenu qui répondra aux besoins et aux ambitions des jeunes. Les jeunes sélectionnés seront soutenus par des subventions financières et des formations sur l’information et l’alphabétisation médiatiques, un sujet que la DW Akademie a développé avec différents partenaires en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.

    EU neighbiours South, 28 déc 2020

    Tags : #Maroc #UE #Jeunesse #LesCitoyens

  • Tunisie / Taoufik Habaieb: Ce qui nous divise, ce qui nous rassemble

    C’est une bonne année 2021 qui commence! L’espoir que fait naître le vaccin contre le Covid-19 est à lui seul motif d’optimisme. Après une folle année faucheuse et un train ininterrompu de mauvaises surprises, tous aspirent à rompre avec ce cycle infernal du mal ravageur, de confinements en série, de pertes d’emplois et de revenus. Outre son cortège de morts.

    Vieux démons et doutes ancestraux ont soudainement ressurgi. Ils n’ont fait qu’exacerber les paradoxes d’un peuple déjà en errance. Les facteurs de dislocation sont multiples.

    Ce qui nous divise devient encore plus profond, encore plus clivant.

    Les inégalités ne sont plus acceptées. Dix ans après janvier 2011, l’aspiration à la dignité est encore plus forte. Cette pressante revendication couvre plus largement l’accès à l’emploi, aux soins de santé et à des services publics de qualité. Sans exclusion, ni favoritisme.

    La malversation généralisée est vigoureusement dénoncée. Elle gangrène le pays, corrompt la société, intoxique l’économie et fausse toutes les règles. La puissance acquise par les barons de l’illicite vampirise l’appareil de l’État et attente à ses institutions.

    L’Islam politique, affiché modéré, cède le pas à l’extrémisme religieux. L’appel à la peine de mort, la dégradation du statut de la femme, ou encore le rejet de l’égalité successorale, revendiqués sous la coupole du Parlement, annoncent l’avancée d’une pensée des ténèbres qui entend s’exercer aujourd’hui. Le comble, c’est que ce discours misanthrope trouve écho auprès de larges franges de Tunisiens qui se complaisent dans un conservatisme à contre-courant du progrès.

    Le populisme vient tout achever. Au risque de tout déconstruire, il attise les passions, défend le sectarisme, cultive les ferments de l’insurrection, face à l’autorité de l’État. C’est l’unité de la nation qui est alors mise en danger.

    Les risques sont multiples et graves. Personne ne les pointe fermement du doigt, n’agit suffisamment fort pour en prémunir la nation. Dans ce chacun-pour-soi, l’ego politique l’emporte sur l’intérêt général, et le court terme sur le devenir commun.

    Pourtant le lien fondamental salutaire existe. Il n’attend qu’à être déterré, renforcé, redéployé, pour nous en sortir.

    Ce qui nous rassemble sera alors plus fort. Que manque-t-il à la Tunisie pour surmonter ces moments difficiles ? Mise sur les rails de la démocratie dans la promesse de sa plénitude, elle dispose d’atouts majeurs qu’il suffit d’activer.

    La crise économique, aussi catastrophique soit-elle, n’est pas irrémédiable. Le pays peut s’en sortir, moyennant une vision claire, des priorités bien hiérarchisées, un programme d’austérité généralisé et une gestion rationalisée. La relance sera au bout.

    La précarité n’est pas impossible à vaincre. En érigeant la solidarité, en favorisant une meilleure redistribution des ressources et en gommant les inégalités, les résultats seront rapides à produire leurs effets bénéfiques.

    Les tiraillements politiques violents restent à désamorcer. C’est la classe dirigeante qui en est responsable et c’est elle qui doit être mise en demeure pour en venir à bout. Dans une folle course au pouvoir, tous cherchent à renforcer leurs positions, préserver leurs acquis, défendre leurs intérêts. Peu importe, à leurs yeux, le quotidien du Tunisien, sa souffrance et son désespoir. Ce qui les effraye, cependant, c’est le déballage public des affaires, l’emballement de la justice pour leur demander des comptes. Point de trêve, la meilleure défense, croient-ils, c’est l’attaque, les réseaux sociaux sont inondés de vraies et de fausses dénonciations.

    N’est-il pas grand temps que cesse toute cette hystérie collective? Le pays ne se gouverne pas par une fuite en avant, ni une soumission aveugle à la vox populi. Il exige sérénité, clairvoyance, courage et leadership. Lassés par tant d’épreuves, traumatisés par tant de brutalités, les Tunisiens aspirent légitimement à retrouver le bien-être qu’ils appellent de tous leurs vœux. Est-ce impossible ?

    Meilleurs vœux de bonne et heureuse année 2021.

    Taoufik Habaieb

    Source : Leaders, 1 jan 2021

    Tags : Tunisie, politique, corruption, malversation,