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  • La marche verte…c’était une idée de Henry Kissinger

    La “Marche Verte” que les Marocains ont organisée en 1975 pour envahir les positions espagnoles du Sahara Occidental est considérée dans la propagande alaouite comme une géniale initiative du roi Hassan II, mais cela est faux et cache que c’était une idée de Henry Kissinger, ministre américain des Affaires Etrangères.

    L’année 1975 avait avait commencé très mal pour les intérêts nord-américains dans quelques parties du monde et tous les fonctionnaires des États-Unis travaillaient à forfait pour consolider le capitalisme et pour arrêter l’imparable expansion socialiste. Les communistes du Vietnam ont pris Saigon le 30 avril, le Maroc subissait une crise interne qui faisait peur au monarque alaouite même, la révolution portugaise tournait à gauche, le Frelimo a mis un gouvernement au Mozambique et les militaires espagnols de l’UMD faisaient voir à Washington que le Maroc et la Péninsule Ibérique avaient besoin de mesures urgentes.

    Tous les agents de la CIA que les États-Unis ont retiré du Vietnam se sont mis à renforcer le capitalisme dans d’autres nations et l’Espagne, le Maroc et la droite portugaise ont reçu beaucoup de conseillers et grandes quantités d’argent, d’armes, de munitions, d’outils, d’équipements électroniques, de matériel industriel, de machines lourdes et véhicules de diverse capacité.

    Ces experts de la CIA ont vu entre les autorités espagnoles et marocaines des désirs ardentes de richesse et deux grandes faiblesses idéologiques et avec celles-ci et sur celles-ci ils ont imaginé un plan pour que le Sahara Occidental passe au contrôle des Marocains en trompant le référendum d’autodétermination que l’ONU exigeait.

    Les États-Unis savaient que l’Union soviétique négligerait d’une manière temporelle quelques zones pour se renforcer en Indochine et après que le président nord-américain, Gerald Ford, visita Madrid le 31 mai, il n’y avait contre lui que le Caudillo de l’Espagne. Franco a dit à Gerald Ford que l’Espagne n’offrait ses positions du Sahara à personne, et beaucoup moins au roi du Maroc, qui commettait de temps en temps des actes criminels contre les soldats espagnols.

    Kissinger est arrivé alors à la conclusion que Franco gênait les plans des États-Unis et en sachant que les yankees font tout pour obtenir ce qu’ils veulent, ce n’est pas étonnant qu’ils aient quelque chose à voir avec l’aggravation de la santé que le chef a expérimenté les 50 derniers jours de sa vie.

    Les Nord-Américains ont dessiné cette marche de Marocains entre Juin et Juillet 1975, puisque dans ses papiers secrets il apparaît avec le nom de marche blanche, parce qu’ils se sont inspirés de la marche du sel que Ghandi a initié le 12 mars 1930 contre les britanniques qui dominaient l’Inde, et dans son organisation ont participé tous les agents que la CIA avait à l’époque à Madrid, à Rabat, à Paris, à Lisbonne, en Mauritanie et en Arabie Saoudite.

    L’argent pour payer les frais de la marche a été fourni par l’Arabie Saoudite, Henry Kissinger lui a donné son accord quand il visitait Jérusalem le 21 août et Hassan II et son gouvernement n’ont apporté que la foule, l’intendance de la marche et la propagande officielle. Un agent spécial de Washington, avec le grade de Général, a dit au roi du Maroc qu’il doit annoncer publiquement la nécessité de cette marche sur le Sahara et le monarque l’a convoquée le 16 octobre, dès qu’il a connu la décision qu’avait donné le Tribunal International de Justice sur le sujet sahraoui.

    Franco est est tombé gravement malade le 18 octobre, le ministre José Solís Ruiz a visité le roi Hassan II le 20 octobre, Arias Navarro a un entretien avec le ministre marocain des affaires étrangères le 24 octobre et Juan Carlos a assumé la rôle du chef de l’État le 30 de ce mois.

    Avec Franco en agonie dans son lit et déjà sûrs qu’Arias Navarro et Juan Carlos obéissaient aux Nord-Américains, ces agents de la CIA ont dit au roi du Maroc que la marche devait être faite avant que le chef de l’Espagne puisse aller mieux, et que tout irait pour le mieux si chacun faisait ce qui était convenu.

    La foule est partie le 6 novembre et ce qui était convenu était clair et simple : La Marche Verte serait lue et vue dans toute la presse du monde, pour donner l’impression que c’était un petit conflit entre musulmans, l’Espagne ne fera rien contre les marcheurs, pour que, quelques jours après, elle cède toute l’administration du Sahara Occidental, et la France et les États-Unis garantiraient le succès devant les organismes de l’ONU.

    Cette marche on l’a nommée verte parce que c’est la couleur du paradis islamique et ces hommes et femmes étaient si manipulés par la monarchie alaouite que les prisonniers obtenaient la liberté seulement s’ils se joignaient à elle et à toutes les familles qui voudraient résider dans la nouvelle terre conquise.Ils ont promis une demeure et des moyens pour vivre mieux que dans leur lieux de provenance.

    Cette Marche Verte a été une manœuvre pour tromper la loi internationale de décolonisation et étant donné que nous savons déjà que les frais de l’opération MINURSO surpassent les 12.000 millions de dollars, l’ONU devrait punir l’Espagne, les États-Unis et le Maroc pour tromper le monde, pour voler les richesses naturelles du Sahara Occidental et pour torturer et réprimer les sahraouis.

    LA REPUBBLICA, 16 décembre 2009

    Source

    Tags : Sahara Occidental, Front Polisario, Espagne, Marche Verte, Henry Kissinger, Juan Carlos I,

  • La Banque Mondiale au coeur d’une arnaque africaine ?

    Une partie de l’aide aux pays pauvres est détournée par les élites africaines qui placent l’argent dévoyé dans les paradis fiscaux, accuse une étude. Papa Demba Thiam, un ancien fonctionnaire de la Banque mondiale, appelle à des réformes en profondeur et suggère que l’institution aiderait davantage l’Afrique en y menant une politique active d’industrialisation.

    Dévoilé il y a une dizaine de jours, le scandale de détournement de l’aide au développement versée par la Banque mondiale à des pays pauvres défraie la chronique, particulièrement en Afrique. Selon l’étude «Elite Capture of Foreign Aid» réalisée par l’un de ses cadres et deux collaborateurs extérieurs, une partie des financements serait dévoyée par les élites des pays assistés et placée dans des comptes offshore en Suisse, au Luxembourg et dans d’autres paradis fiscaux. Pour Papa Demba Thiam, un économiste sénégalo-suisse qui a travaillé pendant quatorze ans à la Banque mondiale, le rapport qui incrimine les dirigeants africains corrompus reflète la réalité. Mais ce n’est que le côté pile de la pièce.

    Côté face, selon Papa Demba Thiam, «la corruption est à la Banque mondiale. Ses cadres sont présents à chaque étape – de la conception à l’évaluation finale, en passant par le financement par tranches – de tout projet, détaille-t-il. Le décaissement ne se fait pas sans avoir obtenu le satisfecit de la mise en œuvre. Il y a forcément des complicités à l’intérieur.»

    Ce n’est pas la première fois que la Banque mondiale est confrontée à de telles accusations. Pour ne pas rester les bras croisés, elle a mis en place une unité spécialisée dans la lutte contre la corruption. Une unité qui traque les pots-de-vin dans l’exercice d’appel d’offres pour des projets financés par elle. Mais pour Papa Demba Thiam qui dit connaître le mal de l’intérieur, la bureaucratie étouffe les initiatives. «Des lanceurs d’alerte sont censurés et dans certains cas, ils sont licenciés sous des prétextes divers», accuse-t-il. Mais plus généralement, selon lui, des collaborateurs ne daignent pas dénoncer leurs collègues ou leurs supérieurs.

    L’économiste sénégalais tient à signaler que des centaines de collaborateurs de la Banque mondiale, originaires d’Afrique et d’Asie, se complaisent dans leurs rôles respectifs par peur d’être licenciés. «Ils préfèrent garder leur emploi de fonctionnaire international avec les privilèges (le salaire moyen est de 15 000 dollars, sans taxe) qui vont avec, y compris le permis de séjour aux Etats-Unis, raconte-t-il. Pour certains, il est impensable de sacrifier leur emploi dans la mesure où leurs enfants sont scolarisés aux Etats-Unis ou ont des prêts à rembourser.» Et d’ajouter: «Le système se nourrit de lui-même et tous les maillons sont solidaires.»

    La Banque Mondiale au coeur d’une arnaque africaine ?
    La Banque mondiale est mise dans une position inconfortable par l’étude. Cette dernière était prête déjà en novembre 2019 mais, pour la direction, les conclusions étaient trop à charge. C’est seulement après que l’un des auteurs l’a publiée sur son propre site internet, faisant éclater le scandale au grand jour, que la Banque mondiale l’a adoptée et finalement fait paraître le 18 février, non sans avoir nuancé certains propos. C’est dans le sillage de cette affaire que sa cheffe économiste Pinelopi Goldberg a démissionné de son poste.

    Dans une note laconique postée sur son site internet le même jour, l’institution reconnaît que l’étude commençait à attirer beaucoup l’attention. «La direction prend au sérieux la corruption et les risques de fiduciaire, peut-on lire. L’étude «Elite Capture of Foreign Aid» a été revue plusieurs fois et a, par conséquent, été améliorée.»

    Selon Papa Demba Thiam, cette étude serait restée dans les tiroirs sans le courage de ses auteurs. Le fait qu’elle a été réalisée par trois économistes ressortissants de pays nordiques a joué un rôle décisif. «Ils ont une culture de bonne gouvernance et du respect de la loi, commente-t-il. Ils ont bravé le système d’autant plus que leurs pays sont les premiers pourvoyeurs d’aide.»

    La Banque mondiale reste-t-elle tout de même pertinente? Papa Demba Thiam, qui la qualifie de «gestionnaire de la pauvreté», affirme que David Malpass, son président depuis avril 2019, est partisan des réformes. «Il faut aller revoir la mission de cette institution de sorte qu’elle fonctionne comme une banque commerciale. Elle ne doit prêter que pour financer des projets solides et avérés. Mais surtout, elle doit promouvoir en Afrique une politique d’industrialisation fondée sur les matières premières locales, avec des partenaires qui acceptent qu’une partie de la valeur ajoutée revienne au continent.»

    Source : decryptnewsonline.com, 28 fév 2020

    #Afrique, #Corruption, #Crime, #Education, #Emploi, #Environnement, #Économie, #sécurité, #pauvreté, #sahel, #mali, #négociations

  • Pédophilie au Maroc : les révélations choc d’un ex-amant de Bergé et Saint-Laurent

    Scandale. Fabrice Thomas affirme, dans un livre nauséeux, avoir été témoin d’un acte illégal dans la villa du couple, à Marrakech. Une scène qui n’avait pas choqué le couturier à l’époque.

    Dans son livre “Saint Laurent et moi : une histoire intime” (Hugo Document), paru le 12 octobre, Fabrice Thomas, qui fut l’amant du célèbre couturier Yves Saint-Laurent et de son pygmalion Pierre Bergé, révèle la face sombre du couple infernal, “deux icônes, deux hommes d’exception, mais deux hommes malades sexuellement”, comme il les qualifie dans une interview à la chaîne canadienne TVA Nouvelles, diffusée le 27 octobre.

    “Huit ans durant, de 1984 à 1992, ma vie auprès d’Yves Saint Laurent et de Pierre Bergé a ressemblé à un tourbillon”, écrit Fabrice Thomas, qui fut le chauffeur du patron de la maison de couture, puis du designer, avec qui il a entretenu une liaison de trois ans. Une descente aux enfers surtout, jalonnée de pratiques sexuelles violentes et extrêmes. “J’avais été l’objet sexuel de Pierre et j’étais devenu l’amant dominateur d’Yves. J’étais passé de l’un à l’autre, d’un côté puis de l’autre du fouet, mais je me trouvais encore entre les deux”, résume-t-il.

    “Sa puissance libidinale était impressionnante”

    “Pierre, (…), grâce à la libre-pensée de ses parents anarchistes, instruits et insoumis, avait toujours vécu son homosexualité comme une forme de sexualité parmi d’autres, sans culpabilité ni entrave”, explique l’auteur, engagé par le groupe de mode après être passé dans sa chambre du Plaza Athénée. Mais progressivement, sa “passion sadique” prend le dessus.

    “Sa puissance libidinale était impressionnante. J’en ai bien connu, pour ma part, la face destructrice. Elle a profondément atteint Yves”, souligne Fabrice Thomas. “À partir de là, j’ai rejoint sa cohorte d’amants soumis à des séances de dressage qui sont ensuite devenues la norme entre nous, jusqu’en 1989 où j’y ai mis fin.” L’auteur, en laisse et à quatre pattes, raconte ainsi une scène, où Bergé, dit “Monsieur”, l’a giflé, fouetté au sang et fixé des pinces à molettes à ses tétons, avant de lui uriner dessus, en l’injuriant, en le droguant au “poppers” et en regardant des films pornos, avec son assistant.

    Quand il ne conduit pas le fondateur de la maison YSL, le jour, Fabrice Thomas escorte le couturier drogué dans ses folles équipées, la nuit. “Yves était une proie sexuelle. C’est ce qu’il aimait à être, ses préférences sexuelles le portant à une soumission immodérée”, raconte-t-il. “Il opérait de la même manière avec Pierre du temps de leur vie commune. Il s’esquivait par la fenêtre de sa chambre pour aller s’encanailler sur les quais et dans les parcs où il ‘recousait des boutons’ à quelques Marocains ou Algériens qui ne demandaient pas mieux que de recevoir quelques francs pour ce service pour lequel ils auraient eux-mêmes payé.”

    Les “jeunes hommes” du Jardin Majorelle

    Fabrice Thomas accompagne également Saint-Laurent dans sa villa de Marrakech, au Maroc, où lui et Bergé ont acheté le Jardin Majorelle, en 1985. Y défileront Andy Warhol, les Rolling Stones et Catherine Deneuve. La villa Oasis est “une villégiature sexuelle, une de plus, pour lui et pour Pierre Bergé”, écrit-il. À propos du tourisme sexuel, en vogue à l’époque chez de nombreux artistes, l’auteur précise qu’“Yves et Pierre n’étaient pas des touristes, ils avaient développé des relations suivies, voire amicales, avec certains de leurs jeunes amants.”

    Une scène, décrite dans le livre, relate même un acte de pédophilie. Yves Saint-Laurent a pris l’habitude d’accueillir de “jeunes hommes” qui se présentent à la porte du jardin. “La bambouseraie, c’est les Tuileries de Marrakech”, plaisante-t-il. Un lieu de rencontre gay. “J’y vis passer des hommes, des étrangers et des locaux, de tous âges. Jusqu’au jour où je vis l’impensable”, relate Fabrice Thomas, saisi par la colère et la rage. “L’intendant agenouillé devant un adolescent prépubère debout devant lui, nu comme un ver. Tenant ses fesses à pleines paumes, il suçait avidement l’enfant qui se laissait faire en regardant en l’air, tenant à la main un billet.”

    “C’est toléré, ce genre de choses ?”, demande-t-il le soir même au couturier. “Oh… Dans la palmeraie, il se passe bien plus de choses encore. Les autorités préfèrent faire comme si elles ne savaient pas. Et pourtant, tout le monde sait, évidemment.” Effaré, Fabrice Thomas insiste : “Mais là, ça se passe chez toi ! C’est un de tes employés qui fait ça avec un gamin…” Réponse de Saint-Laurent : “Pas chez moi, non. Le Jardin Majorelle est public.” Dans son livre Lettres à Yves (Gallimard), Pierre Bergé se souvenait aussi : “Comme ils étaient gentils et beaux, ces garçons marocains ! Ils jouaient tous au football, avaient le corps musclé. On avait avec eux des rapports qui ne sentaient ni l’argent ni la vulgarité.”

    Pierre Bergé : “Je ne suis pas pédophile”

    Jusqu’à ce jour, aucun témoin n’avait pu confirmer la rumeur. En mai 2011, Luc Ferry avait accusé sans le nommer un ex-ministre français de s’être livré à la pédophilie au Maroc. Deux ans plus tard, un rapport d’enquête, révélé par VSD en mars, évoquait un prêtre français ayant séjourné au Maroc, qui faisait état de cas de “prostitution de mineurs à la villa Majorelle”. L’ecclésiastique précisait au magazine : “Dans la médina, des parents de jeunes victimes se sont confiés à moi.”

    À l’époque, Bergé avait nié catégoriquement : “Je ne suis pas pédophile. Je n’ai jamais organisé de partouzes dans ma maison de Marrakech. Maintenant prouvez le contraire au lieu de dire n’importe quoi.” L’affaire a été depuis classée sans suite. Bergé et Saint-Laurent n’ont jamais été poursuivis. En novembre 2016, l’homme d’affaires et compagnon d’Yves Saint Laurent décédé en 2008, ajoutait dans l’émission “Stupéfiant !”, diffusée sur France 2 : “Les mœurs étaient plus libres qu’aujourd’hui, spécialement au Maroc. A l’époque, la sexualité était plus débridée, on n’y faisait moins attention.”

    Une tentative d’assassinat

    Dans son livre, Fabrice Thomas fait d’autres confidences à propos de Saint-Laurent. “Je me souvins qu’il m’avait raconté, bizarrement assez content de lui, qu’il avait tenté d’assassiner Pierre Bergé avec un bronze de dix kilos”, affirme-t-il. Il remarque aussi que la “mascotte de ladite gauche caviar” devenue président du Sidaction, “ne se protégeait pas du tout” comme Saint-Laurent. Aujourd’hui, Fabrice Thomas est marié et vit au Québec. Pierre Bergé, est lui décédé le 8 septembre dernier, à l’âge de 86 ans. L’ancien actionnaire du Monde et parrain de la gauche, qui avait apporté son soutien au candidat Emmanuel Macron à la présidentielle, repose désormais dans le Jardin Majorelle, au côté de son compagnon Yves Saint-Laurent.

    Tags : Maroc, Marrakech, Pédophilie, tourisme sexuel, Pierre Bergé, Fabrice Thomas,

  • Maroc : Le Makhzen dissimule sa brouille avec la France

    Après s’être battu contre l’Algérie, la Mauritanie et l’Espagne, les relations du Maroc avec la France se trouvent en crise. La raison ? Difficile à savoir, puisque les deux parties tentent de dissimuler le froid traversée par leurs relations.

    En 2014, Paris et Rabat ont connu une situation semblable suite à la décision de la justice française d’interroger Abdellatif El Hammouch car il est visé par plusieurs plaintes pour torture et complicité de tortures par plusieurs associations et ressortissants franco-marocains.

    Le Makhzen suspend aussitôt sa coopération judiciaire avec la France et remet en cause de nombreux accords bilatéraux.

    A Paris c’est l’affolement aux Affaires étrangères qui vont tout faire pour débloquer cette situation.

    Le 31 janvier 2015 un nouvel accord sur la coopération judiciaire, quasi secret, est signé. Selon Le Canard Enchaîné vient, pour qu’il n’y ait plus d’affaire comme celle concernant Hammouchi, chacun des deux pays doit immédiatement informer l’autre des procédures et des faits pénalement punissables. Les plaintes déposées en France contre un marocain doivent être transmises sans délai à Rabat, et inversement. Il appartiendra au pays concerné de décider des suites à donner, soit l’ouverture d’une procédure, soit son renvoi dans l’autre pays. Ainsi le pays concerné pourra décider unilatéralement la « clôture » du dossier. Les magistrats saisis du cas Hammouchi n’ont plus qu’à classer le dossier. »

    Jusqu’à présent la France s’est incliné devant le Maroc pour des raisons économiques et stratégiques. Cependant, avec la configuration de la situation mondiale, au Sahel notamment, Paris est contraint de changer de politique. La nouvelle configuration exige l’amélioration des relations avec l’Algérie, ce qui implique la résolution du conflit du Sahara Occidental qui empoisonne l’atmosphère entre Al Mouradia et l’Elysée.

    Selon des experts, le roi du Maroc fait la tête parce que la France n’est plus en mesure de soutenir la position du Maroc sur le contentieux sahraoui, notamment au Conseil de Sécurité.

    Ainsi, le statu quo tant défendu par le Maroc a fini par se retourner contre lui. La France lui tourne le dos et l’Algérie a repris sa position de puissance et son poids dans l’échiquier régional. Acculé par sa politique de chantage et de fait accompli, le Makhzen se retrouve seul. Même ses pseudo-démocrates ne peuvent s’envoler à son secours.

    Tags : Maroc, Sahara Occidental, France, ONU, Makhzen,

  • Quand l’ex-directeur d’Al Jazeera accusait le Maroc d’avoir «soutenu le terrorisme en Algérie»

    Dans un message publié sur son compte Twitter, l’ex-directeur de la chaîne d’information qatarie Al Jazeera, Yasser Abou Hilalah, a accusé le Maroc d’avoir soutenu le terrorisme en Algérie durant la décennie noire des années 1990. Il a également indiqué que les deux pays ruinaient leurs capacités en se faisant indirectement la guerre par procuration en soutenant le Front Polisario pour l’Algérie et les berbères pour le Maroc.

    «Le Maroc est impliqué dans l’appui au Groupe islamique armé (GIA)», écrit-il sur son compte Twitter.

    Selon l’ex-patron d’Al Jazeera, rapporte l’agence russe Sputnik, les deux pays se font «une guerre d’usure».

    «Il est inutile de demander pardon. L’Algérie soutient les extrémistes sahraouis et le Maroc défend les amazighs», souligne-t-il, indiquant que «les deux nations pourraient mettre fin à la problématique à travers le respect de la diversité culturelle».

    Tout en rappelant que l’Algérie ne soutient pas “les extrémistes sahraouis” tel qu’indiqué dans le twit d’Abou Hilala, elle soutient le Front Polisario, le mouvement de libération du Sahara Occidental reconnu par l’ONU comme seul et unique représentant du peuple sahraoui avec lequel le Maroc est contraint de négocier.

    Avec cette déclaration, l’ancien directeur d’Aljazeera a jeté un énorme pavé dans la mare du Makhzen connu pour ses accointances avec les organisations terroristes au Proche Orient, au Sahel et en Europe où tous les terroristes qui ont perpétré les derniers attentats étaient des dealers de haschich marocains manipulés par la DGED. Le haschich étant justement une des principales raisons de la fermeture des frontières, étant donné qu’il fait partie des sources des finances des mouvements terroristes.

    Tags : Maroc, MUJAO, terorisme, décennie noire, Layada, GIA, FIS,

  • Les millions de DSK et le Brexit…

    « Ce que je vois aujourd’hui me désespère un peu, moi qui ai consacré beaucoup de ma vie à ce travail. Je crains que l’Europe aujourd’hui ne soit en train de passer en seconde division. » (Dominique Strauss-Kahn, JDD le 12 octobre 2019).

    Le procès de François Fillon, prévu le 24 février 2020 et reporté ce mercredi 26 février 2020 pour cause de grève des avocats, fait penser à un autre candidat à l’élection présidentielle, soi-disant favori lui aussi, qui a été empêché de se présenter. C’était le 14 mai 2011 : Dominique Strauss-Kahn, homme le plus populaire de France, imposant Directeur général du Fonds monétaire international (FMI), devait gagner l’Élysée l’année suivante sur un plateau d’argent (comme Édouard Balladur en 1995 et Alain Juppé en 2017). Il était tellement sûr de lui que cela ne le gênait pas d’être vu à Paris en compagnie de son épouse au volant de la Porsche Panamera d’un ami (son conseiller en communication), alors qu’on reprochait déjà à Nicolas Sarkozy de fréquenter un peu trop les “riches”. DSK, lui, fréquentait surtout les chefs d’État et les patrons de grandes multinationales et allait déclarer sa candidature présidentielle le 28 juin 2011 (selon une indiscrétion de BFM-TV).

    L’affaire du Sofitel (qui fit le bonheur de François Hollande) a définitivement discrédité Dominique Strauss-Kahn et même si aujourd’hui, il en est ressorti sans condamnation (comme après d’autres affaires dont celle, sordide, du Carlton de Lille), sa capacité à rebondir dans la vie politique française est complètement nulle. Qu’importe, puisque DSK a choisi une autre vie.

    Il est devenu un homme d’affaires et un financier. Certes, il a parfois mal choisi ses associés, son alliance avec l’un d’eux a terminé par le suicide d’un escroc qui a volatilisé 100 millions d’euros de plus de 150 créanciers, dont 1 million de la propre poche de l’ancien ministre. Cependant, ses relations internationales lui ont permis de proposer ses services dans différents pays, notamment en Chine, en Serbie, en Russie, au Soudan du Sud, au Togo, à la République du Congo, etc.

    L’hebdomadaire “L’Obs” a sorti ce mardi 25 février 2020 une enquête sur ce qu’est devenu Dominique Strauss-Kahn et il en a déduit qu’il était actuellement millionnaire. En effet, dans ses recherches, celui qui habite désormais à quelques kilomètres de Marrakech, serait “heureux”, “libre” et “riche”. Il n’aurait jamais été aussi riche. Les journalistes du magazine ont ainsi pu vérifier dans les registres du commerce de Casablanca que l’entreprise de Dominique Strass-Kahn, l’unique actionnaire, affichait un bénéfice cumulé de plus de 20 millions d’euros entre 2013 et 2018 et que lui-même avait une rémunération d’un patron du CAC40, à savoir plus e 5 millions d‘euros annuels.

    Faut-il le fustiger pour cela ? J’imagine qu’en France, on serait tellement jaloux qu’on voudrait le mettre au pilori pour cause de trop grande réussite pécuniaire. Pourtant, qu’un éminent spécialiste de l’économie internationale, dont les compétences n’ont jamais été réfutées par personne (ce qui fait que son affaire de mœurs est un grand gâchis pour le personnage mais aussi pour beaucoup d’institutions), puisse gagner très largement sa vie en créant et dirigeant une entreprise est plutôt rassurant. En effet, les économistes sont souvent des “praticiens non pratiquants” de l’économie et en plus, ils se trompent souvent. Là, au moins, il est capable de faire gagner une entreprise, et cela malgré quelques choix hasardeux (comme un mauvais associé, déjà écrit plus haut).

    En revanche, même s’il est très discret sur le plan politique, Dominique Strauss-Kahn, le symbole de la mondialisation et un chaud partisan de la construction européenne, considérant que l’Union Européenne a pour but d’être un interlocuteur économique fort dans la planète qui s’organise, a laissé entendre qu’il était heureux du Brexit. Au point que le Huffingtonpost a titré le 13 octobre 2019 : « Dominique Strauss-Kahn se définit comme un “brexiter” ». Serait-il bojolien ?

    Dans une interview accordée au “Journal du dimanche” le 12 octobre 2019, DSK a effectivement précisé sa pensée sur le Royaume-Uni : « C’est très bien que les Anglais fassent leur chemin de leur côté (…). Une bonne partie de la difficulté de construction de l’Europe depuis quarante ans est liée à la présence de nos amis britanniques, qui n’ont jamais voulu jouer le jeu. ». Au moins, c’est dit avec grande franchise, mais ce n’est pas sûr que ce discours débridé aurait été le même s’il était resté dans la vie politique.

    Mais peut-on encore entendre DSK ? Certainement pas. Il est inaudible. Sa parole est définitivement dévaluée et la seule chose qui peut lui rester, c’est de rester discret et de se fondre dans l’anonymat national, même si je ne doute pas que la raison des bénéfices et des millions qu’il accumule aujourd’hui est liée à sa notoriété dans le domaine de l’expertise économique (dont il est, rappelons-le quand même, un docteur et un agrégé).

    Quant à s’investir personnellement dans le monde des affaires après la fin de leurs illusions élyséennes, Dominique Strauss-Kahn n’est pas le seul puisque Dominique de Villepin, Nicolas Sarkozy et François Fillon, parmi d’autres, l’ont imité…

    Sylvain Rakotoarison (25 février 2020)

    Tags : Maroc, DSK, Nicolas Sarkozzy,

  • Aminatou Haidar rencontre la commissaire onusienne des droits de l’homme

    Aminatou Haidar a rencontré ce matin la Haut Commissaire des Nations Unies pour les droits de l’homme, Michelle Bachelet, pour discuter de la grave situation au Sahara occidental.

    Lors de sa rencontre avec Mme Bachelet, la militante sahraouie a dénoncé l’absence d’une composante de surveillance des droits de l’homme dans le mandat de la MINURSO et a exhorté l’ONU à envoyer une mission technique pour surveiller les droits humains au Sahara occidental.

    Après cette rencontre, Aminatou Haidar a exprimé, dans un twit, son espoir de voir son message transmis à la responsable onusienne « soit bien entendu et qu’ il contribue à la mise en place d’actions et mesures concrètes au champs des droits humains aux territoires occupés du Sahara Occidental ».

    Pour rappel, un hacker dénommé Chris Coleman a dévoilé comment les services de ce commissariat était noyautés par la diplomatie marocaine à travers un haut fonctionnaire suédois dénommé Anders Kompass.

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, MINURSO, ONU; droits de l’homme, Michelle Bachelet, OCDH,

  • Maroc : Il y a 13 ans, Lalla Salma donnait naissance à son deuxième enfant

    Le 28 février 2007, la princesse Lalla Salma, épouse du roi du Maroc Mohammed VI, donnait naissance à leur deuxième enfant. Une petite fille, la princesse Lalla Khadija, venait agrandir leur famille. Le couple royal avait déjà un fils, le prince Moulay El Hassan, né le 8 mai 2003.

    La petite princesse Lalla Khadija, la fille du roi du Maroc Mohammed VI et de la princesse Lalla Salma, a fêté ce mardi son 13e anniversaire et le 3ème anniversaire qu’elle fête en l’absence de sa mère, la princesse Lalla Salma.

    L’ambiance est gâchée par l’absence de la mère de Lalla Khadija. Elle ne pourra dissimuler sa tristesse de ne pas avoir à ses côtés celle qui l’a engendrée et qui lui a donné toute la tendresse des mères. Pire encore, probablement, elle ne sait rien sur le sort d’elle. Depuis sa disparition, personne ne peut confirmer qu’elle vit encore. Le palais royal n’a pas été en mesure de donner des preuves crédibles que attestent que Lalla Salma est encore en vie et en liberté. Selon certaines rumeurs, elle serait enfermée dans un des palais de Mohammed VI, pendant que les racontars populaires prétendent qu’elle est décédée d’une balle tirée par sa belle-sœur Lalla Hasna.

    Au Maroc, un silence entoure la disparition de celle qui a été appelée « princesse fantôme » parce qu’elle apparaît et disparaît sans laisser aucun trace ni photo de son passage. La presse parle sans l’avoir vue.

    Lalla Salma fait du nouveau groupe de têtes royales qui ont décidé de se révolter contre leur situation dans leurs prisons dorées. Elle n’est pas la seule à avoir disparue. En Thaïlande, une des ex-femmes du roi Maha Vajiralongkorna a fui le pays après le divorce, tandis qu’une autre – dont les parents ont été arrêtés et emprisonnés – se cache. Aux richissimes Emirats Arabe Unis, la belle Haya de Jordanie a échappé des griffes de l’Emir d’Abou Dhabi, connu pour sa cruauté envers ses deux filles emprisonnées pour tentative de fuite. Elle se trouve actuellement à Londres et a entamé un procès pour la garde de ses enfants.

    Avec Lady Di, Meghan Markle et Haya de Jordanie, Lalla Salma fait partie de la nouvelle tendance de liberté qui a envahi les palais de leurs majestés les rois despotiques.

    Tags : Maroc, Mohammed VI, Lalla Salma, Lalla Khadija, anniversaire, Lady Di, Meghan Markle, Haya de Jordanie,

  • The Mirage of human rights: Sahrawi youth and the occupation of Western Sahara

    Since 1975, the Sahrawi people have suffered a persistent and prolonged occupation of part of their territory, which has produced the division of the population across multiple geographic regions. Each group has suffered …

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    Tags : Western Sahara, Morocco, human rights,

  • Le Roi prédateur est un séisme pour le palais royal

    Interview de Catherine Graciet par Bernard Strainchamps ( 1 avril 2012)

    Mohammed VI, roi du Maroc, est désormais le premier banquier, le premier assureur, le premier entrepreneur de bâtiments de son pays. Entretien avec Catherine Graciet co-auteure du document Le roi prédateur.

    Quelle est la genèse de ce livre ? Pourquoi avoir travaillé à deux journalistes sur ce sujet ?

    Eric Laurent et moi-même travaillons depuis longtemps sur le Maroc mais avec des expériences et des parcours différents. En 1993, Eric Laurent a longuement interviewé Hassan II pour un livre intitulé Mémoires d’un roi puis a gardé un contact privilégié avec le monarque jusqu’à sa mort, en 1999. Il a donc connu le palais royal et la Cour de l’intérieur. C’est rare pour un journaliste français. Mon parcours est très différent. De 2004 à 2007, j’ai travaillé comme journaliste d’investigation pour Le Journal hebdomadaire, un titre phare de la presse indépendante marocaine que les autorités ont fermé en 2009 pour lui clouer le bec. J’ai notamment passé un an au Maroc, à Casablanca, où j’ai multiplié les reportages et les enquêtes pour Le Journal hebdomadaire, tout en assumant les correspondances pour Radio Canada International et le quotidien Sud-Ouest. Pendant cette période, j’ai écrit avec le journaliste Nicolas Beau un premier livre sur le Maroc, intitulé Quand le Maroc sera islamiste (ed. La Découverte, 2006). Nous y traitons la question de l’islamisme politique mais aussi la corruption des autorités. Puis je suis rentrée en France à la fin 2007 pour rejoindre le site internet Bakchich dont j’ai géré le service Monde jusqu’en 2010, tout en ayant un œil sur le Maroc. Connaissant Eric Laurent depuis longtemps, l’idée d’unir nos forces, nos contacts et nos deux parcours sur le Maroc s’est imposée petit à petit. Au début, nous avions pensé travailler sur les relations franco-marocaines puis, au retour d’un premier voyage au Maroc, en juillet 2011, il nous est apparu évident que LE sujet à traiter était la prédation économique pratiquée par le roi Mohammed VI.

    Vous décrivez les étapes successives de la mise en place d’un système de prédation de l’économie marocaine au service du roi. Comment écrire un document avec des témoins qui sont obligés de rester dans l’anonymat ?

    Nous avons volontairement préservé l’anonymat de certaines de nos sources parce que c’était la condition sine qua non pour qu’elles parlent. Qu’elles soient au cœur du Palais ou qu’il s’agisse de diplomates étrangers ou d’hommes d’affaires, ces sources auraient eu beaucoup à perdre si leur anonymat était révélé ! Licenciement, harcèlement judiciaire ou fiscal, intimidations en tous genres… Les services secrets marocains savent très bien s’y prendre avec leurs ressortissants quand il s’agit d’essayer de faire taire quelqu’un. Il ne faut pas oublier qu’au Maroc, la personne du roi n’est plus considérée comme “sacrée” depuis peu mais reste “inviolable”. On peut aller en prison pour critiquer Sa Majesté ! Un peu comme si ceux qui critiquent Nicolas Sarkozy étaient embastillés ou poursuivis en justice. Travailler avec ces sources requiert donc une très grande prudence (pas d’échanges par mail ni de longues conversations téléphoniques…) mais aussi le fait de “croiser” les informations qu’elles nous communiquent avec plusieurs autres sources, pour s’assurer qu’elles ne sont pas en train de nous manipuler. Nous avons été particulièrement vigilants sur ce point. Il y a d’ailleurs des informations sensibles que nous n’avons pas publiées faute de pouvoir les confirmer avec une certitude de 100 %. Il faut aussi rendre hommage à toute une génération de journalistes marocains qui, malgré les intimidations, ont enquêté sur des sujets extrêmement sensibles comme la corruption ou l’argent de la monarchie.

    La chronologie des faits et l’ampleur des participations du roi dans les différentes holdings sont-elles connues par les décideurs français ?

    Des diplomates français savent puisque au moins l’un d’entre eux nous a textuellement dit que « Mohammed VI possédait directement ou indirectement 70 % de l’économie marocaine ». Ce chiffre est sans doute exagéré mais a le mérite de montrer que la prédation économique de Mohammed VI n’est pas inconnue ! En 2006 et 2007, quand de grands groupes français comme Danone, Axa et Auchan ont connu de gros problèmes avec des holdings appartenant au roi, on sait que leurs patrons respectifs se sont plaints à l’Elysée des mauvaises manières qui leur étaient faites au Maroc. Rien n’a bougé. D’abord parce que l’image voulant que Mohammed VI soit un roi moderne et réformateur, qui fasse rempart contre l’islamisme radical et sorte son pays de la pauvreté a la vie dure. D’autre part parce qu’avec le Maroc, comme cela était le cas avec la Tunisie, la France privilégie des relations d’Etat à Etat. Voire de chefs d’Etat à chefs d’Etat. On sait que Jacques Chirac était très proche de la famille royale marocaine et que Nicolas Sarkozy négocie directement avec Mohammed VI lorsqu’il s’agit de grands contrats comme celui de la ligne de TGV Casablanca-Tanger que la France offre au Maroc. Cet état d’esprit et cette manière diplomatique de faire rappellent l’attitude de la France envers la Tunisie de l’ancien président Ben Ali. A force de fermer les yeux sur les dérives dictatoriales et corruptrices des clans au pouvoir la France n’a pas vu venir la révolution tunisienne. Et n’a toujours pas compris ce qui s’est passé…

    Pourquoi les tunisiens ont dégagé Ben Ali et les marocains ont approuvé la nouvelle constitution proposée par « le roi des pauvres » à plus de 90% ?

    Parce que le score du référendum approuvant la nouvelle constitution marocaine est bidonné ! Non seulement il est digne de la Corée du Nord mais, en plus, le taux d’abstention était beaucoup plus élevé que ce que les autorités ont prétendu. Ce référendum est une farce qui a fait rire jusque dans les chancelleries européennes. Plus sérieusement, contrairement au Tunisien Zine el Abidine Ben Ali, Mohammed VI a su faire preuve d’un sursaut réformateur, sans doute motivé par la peur d’être emporté par la lame de fonds qui a balayé l’Egyptien Moubarak et Ben Ali. Il a eu l’intelligence d’organiser, en décembre 2011, des élections législatives qui sont les plus transparentes que le Maroc ait connu mais aussi de nommer un Premier ministre islamiste. Une révolution au Maroc !

    Si Mohammed VI a donc su introduire des réformes d’un point de vue politique, il en va tout autrement d’un point de vue économique. Là, c’est l’opposé qui se passe et les exemples ne manquent pas. Ainsi, en 2010, les deux principales holdings royales, SNI et ONA, ont fusionné pour créer un mastodonte opaque et en ont profité pour se retirer de la Bourse. Résultat : personne ne sait ce que fait la nouvelle entité aujourd’hui… Autre exemple, dans le domaine des énergies renouvelables, l’entreprise royale Nareva remporte d’importants marchés dans le domaine de l’éolien…

    Vous écrivez dans ce livre que le Maroc est un des rares pays au monde où les pauvres et les élites veulent de concert émigrer. Avez-vous des retours de lecture de votre document du Maroc ?

    Oui, toutes les informations sont convergentes : Le Roi prédateur est un séisme pour le palais royal, qu’il s’agisse de Mohammed VI ou de ses principaux conseillers que nous épinglons dans le livre. On sait aussi qu’il a suscité un vrai engouement auprès des jeunes Marocains. Un indice en est l’activité liée au livre sur les réseaux sociaux Facebook et Twitter. Sur You Tube, on a trouvé des passages où des lecteurs se sont enregistrés en train de le lire à voix haute ! On relève aussi de nombreuses traductions “à la sauvage” en arabe. Enfin, Le Roi prédateur a suscité un véritable engouement dans les médias marocains qui ne sont pas aux ordres. Plus qu’en France, en tout cas, où c’est le service minimum. Au Maroc, les médias arabophones, notamment sur internet, comme Goud, Lakome ou Hespress ont abondamment traité du livre au moment de sa sortie. Saluons aussi l’hebdomadaire francophone Tel Quel qui a publié des bonnes feuilles à ses risques et périls.

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