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  • Complots marocains contre la RASD en Afrique -IV-

    Royaume du Maroc

    Ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération

    Direction des Affaires Africaines

    Rabat, le 22 avril 2013

    Note

    A

    l’attention de Monsieur le Ministre

    Objet : Réflexion sur la stratégie du Maroc à l’égard de l’Afrique

    Le Maroc a toujours entretenu des rapports séculaires et profonds avec ses voisins d’Afrique subsaharienne. La vague des indépendances des années 1960, a permis au Maroc de confirmer son leadership africain en abritant la Conférence de Casablanca qui a donné naissance à l’OUA.

    Le Maroc s’est retiré, en 1984, de l’OUA qui avait admis en son sein la prétendue « rasd » en violation de sa propre Charte.

    Ce retrait du Maroc a marqué, cependant, un véritable tournant dans sa politique africaine et lui a permis d’établir un vaste maillage diplomatique bilatéral en Afrique et remporter de nombreux succès politiques et économiques. La position de ces pays vis-à-vis de la question du Sahara a constitué un point central dans l’attitude du Maroc.

    L’engagement du Maroc envers son Continent d’appartenance a reflété sa foi en une Afrique forte de ses richesses et potentialités et une Afrique tournée vers l’avenir. Cet engagement se traduit aujourd’hui par l’existence de liens économiques, commerciaux, culturels et humains de plus en plus denses. Il se traduit aussi par la présence de plus en plus importante des entreprises marocaines en Afrique.

    Le Maroc qui ne dispose, cependant, que de 24 Ambassades en Afrique, dont 16 en Afrique de l’Ouest et Centrale et seulement 6 en Afrique de l’Est et Australe, détient le réseau le plus faible par rapport aux pays du même niveau (Algérie 30, Afrique du Sud 39, Nigéria 38 et Egypte 38). La présence diplomatique se concentre largement dans les pays francophones (14 Ambassades), au détriment des pays anglophones (5 Ambassades). Le Maroc est quasi absent de l’Afrique australe et orientale, six Ambassades pour 23 pays, carence à laquelle il serait souhaitable de remédier.

    Cette sous représentation diplomatique se reflète, également, au niveau des accords conclus avec les pays de l’Afrique subsaharienne, où plus des 3/4 des accords sont conclus avec les pays, notamment francophones, de l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique Centrale.

    L’affirmation par Sa Majesté le Roi Mohamed VI depuis Son intronisation de la vocation africaine du Maroc, l’engagement dans la nouvelle Constitution du Royaume de 2011 érigeant l’Afrique comme priorité de la politique extérieure du Royaume, ainsi que les nombreux acquis du Maroc au cours des vingt dernières années devront être déclinés en une nouvelle stratégie nationale vis-à-vis de l’Afrique.

    Ceci passera par la mise en valeur des atouts du Maroc en tant que pôle de stabilité et partenaire crédible et les mettre au service de l’Afrique pour faire face aux mutations et enjeux de notre continent, économique, politique et de sécurité.

    De même, les grands défis qui pèsent sur l’Afrique (sécurité, changements climatiques, migration, développement…), le jeu de puissance et d’influence auquel se prêtent les « puissances locales » africaines, ainsi que les convoitises que suscite l’Afrique auprès de puissances étrangères (anciennes et émergentes) « imposent » un renouveau de la présence diplomatique marocaine en Afrique.

    Dans ce sens, une évaluation objective de la politique africaine du Maroc laisse apparaître trois niveaux de relations : les pays d’Afrique de l’Ouest et Centrale considérés comme les pays « amis » ou le « pré-carré traditionnel » ; ceux de l’Afrique de l’Est et Australe considérés comme plutôt « hostiles » et enfin la troisième catégorie qui regroupe les pays dits « fragiles », dont les positions sont globalement influencées par les pays dominants dans chaque région, Algérie, Afrique du Sud, Ethiopie et Nigéria notamment.

    Une telle perspective, permettra au Maroc de se repositionner à l’avant-garde d’un agenda africain moderne et en phase avec les mutations géopolitiques mondiales et de promouvoir sa vision d’un partenariat Sud-Sud, agissant et solidaire.

    Dans le cadre de ce renouveau diplomatique, le Maroc gagnera à poursuivre sa politique de renforcement des relations bilatérales, tout en l’inscrivant dans une dynamique sous-régionale comme cadre de référence et vecteur de projection.

    S’appuyer sur cette configuration sous-régionale permettra une plus grande efficacité à notre action, dans la mesure où le sous-régional constitue un levier déterminant pour l’intégration économique et la pierre angulaire de l’édifice institutionnel du Continent.

    Compte tenu de ce qui précède, la diplomatie du Maroc en Afrique pourra se poursuivre selon des objectifs appropriés pour chaque « bloc » régional, (i) celui de consolider et renforcer les relations avec les partenaires traditionnels, (ii) celui d’assurer une forte présence et plus grande implication dans les pays du Sahel et (iii) celui d’améliorer la présence auprès des pays dits « hostiles » qui se répartissent globalement entre l’Afrique de l’Est et Australe.

    I – Consolidation du positionnement du Maroc en Afrique dans son pré-carré traditionnel :

    Dans ce cadre, les relations bilatérales privilégiées qu’entretient le Maroc avec plusieurs pays de l’Afrique de l’Ouest et Centrale, devraient être davantage valorisées et développées.

    L’établissement d’un nouveau modèle de partenariat bilatéral concernera, en plus des instruments de coopération existants (Commissions Mixtes), de nouveaux cadres ; à savoir les consultations politiques régulières entre les Ministères des Affaires Etrangères, la mise en place de clubs d’hommes d’affaires et de plateformes des ONG. De même, des mesures d’accompagnement pourraient être annoncées (accès préférentiel au marché, facilitation de visas…).

    Dans ce cadre, le secteur privé sera amené à s’impliquer davantage et devrait être accompagnée par l’appareil diplomatique partout en Afrique. Des actions complémentaires pourront être menées par d’autres acteurs (élus locaux et parlementaires, société civile..).

    Sur cette base, le repositionnement du Maroc en Afrique de l’Ouest et Centrale pourra être favorisé par le lancement des mesures suivantes :

     Conclusion de nouveaux partenariats bilatéraux avec le Sénégal, la Cote d’Ivoire, le Cameroun, la Guinée et le Gabon. Dans ce cadre, les relations bilatérales avec la France, pourront servir de modèle, pour instaurer une Réunion de Haut Niveau bilatérale avec ces pays et investir de nouveaux créneaux de coopération, en matière d’accès à la Justice, de décentralisation, de parité, d’organisation des partis politiques, d’observation électorale, de protection de l’Enfant, de régulation de l’audiovisuel…. Dans tous ces domaines, le Maroc est pionnier dans sa coopération avec les instances européennes et pourrait jouer le rôle de « puissance relais » avec l’Afrique et de trait d’union pour un rapprochement entre l’Europe et l’Afrique.

     Renforcement de la présence du Maroc à la CEDEAO, à travers l’établissement de coopérations renforcées ciblées, où le Maroc pourra apporter une valeur ajoutée, comme les mécanismes de prévention et de résolution des crises ainsi que la médiation. Cette présence pourra se renforcer davantage par le lancement d’un dialogue UMA-CEDEAO. Lors de Discours Sa Majesté le Roi au dernier Sommet CEDEAO de décembre 2012, le Souverain a plaidé en faveur de l’instauration de ce dialogue (UMA-CEDEAO) dans une dynamique d’équilibre et de renforcement de la coopération sud-sud en Afrique. A l’instar de l’initiative 5+5, un mécanisme de dialogue et de coopération devra être instauré avec certains pays de ce groupement.

     Conclusion d’un accord préférentiel avec l’UEMOA. Cet accord, en négociation depuis quelques années, constitue une étape importante pour permettre au Maroc d’améliorer sa position politique et économique avec cette organisation régionale, à même de lui permettre de jouer un rôle de locomotive pour les pays de la région.

    Plusieurs mesures d’accompagnement peuvent être mises au service de cette Stratégie:

     Renforcement des synergies entre les différents acteurs nationaux (institutionnels et économiques), en vue de l’élaboration d’une stratégie « Afrique » en termes de projection d’intérêts économiques et commerciaux et d’identification des leviers de croissance des exportations.

     Amélioration de l’offre logistique, à travers le renforcement des voies de communication au niveau du transport aérien (imposer Casablanca comme un hub aérien pour toute l’Afrique), du transport maritime (mise en place des lignes maritimes et des partenariats groupés entre les ports de Tanger-Med et de Casablanca, et ceux de la façade atlantique du Continent), et au niveau du transport routier (contribuer à la finalisation du pont du fleuve Rosso, liant le Sénégal et la Mauritanie, comme prélude à la conclusion d’un accord TIR tripartite).

     La mise en place d’une sorte de Conseil stratégique informel pour accompagner la projection d’intérêts économiques et commerciaux en Afrique, en y associant les départements ministériels concernés (Finances, Commerce et Industrie, Agriculture, Santé, Enseignement Supérieur), les établissements publics (Maroc Export, Office des Foires, ONEE, OCP, RAM, OFPPT), les représentants du secteur privé (CGEM, Groupement bancaire, grandes entreprises nationales), les universitaires (Centre d’études africaines).

     Etablissement de partenariat nouveau en matière d’éducation et de formation. Le Maroc accueille plus de 8000 étudiants, dont 6500 boursiers, issus de 42 pays africains dans ses établissements supérieurs. Engager la réflexion pour renforcer davantage cette coopération, dans la perspective du positionnement du Maroc comme un hub universitaire pour l’Afrique.

     Un autre domaine aussi important que prioritaire, est celui de l’instauration d’un dialogue qui vise la protection de l’intégrité religieuse en Afrique de l’Ouest, face à la montée du radicalisme religieux et du chiisme.

     Entreprendre des actions concrètes au niveau culturel de façon à permettre au Maroc de devenir une place incontournable dans la promotion et le développement de l’art africain. Ressusciter le Festival des Arts Africains, dont l’unique édition a eu lieu à Alger dans les années 1970, sera une occasion pour le Maroc de mettre en valeur son identité et son histoire africaines, mais également d’attirer les intellectuels et artistes africains. Il serait également judicieux de promouvoir le concept de consacrer une « place » à l’Afrique dans tous les festivals de notre pays. Dans ce sens, l’idée de la création d’un prix pour le film africain dans le Festival international du Cinéma de Marrakech, pourra avoir un grand retentissement.

    II – Définition d’une nouvelle stratégie de coopération avec les pays du Sahel

    L’importance de l’établissement d’une nouvelle stratégie du Maroc envers les pays du Sahel se justifie à plus d’un titre. L’instabilité de cette zone pourra engendrer des conséquences directes sur la sécurité du Maroc. Autre dimension importante, consiste en l’absence d’engagement clair dans le cadre de l’UMA envers cette région, ce qui nécessite de la part du Maroc, une réaction et anticipation à travers la mise en place d’actions de coopération conséquentes et adaptées.

    Tout en s’inspirant de l’approche adoptée vis-vis de l’Afrique de l’Ouest, la mise en oeuvre de cette stratégie qui pourra s’appuyer sur une approche intégrée et ouverte, dans l’objectif de contribuer à la promotion de la sécurité, la stabilité et le développement. Ce qui devra se traduire par le renforcement d’une part, de la coopération avec les pays prioritaires de la sous région, en l’occurrence le Mali, le Niger et la République de l’Afrique Central et, d’autre part, de l’organisation de la CENSAD, comme vecteur d’intégration régionale.

    III – L’amélioration de l’image et le développement de la coopération avec les pays « hostiles »

    Dans ce cadre, l’action du Maroc pourra s’articuler autour de plusieurs axes dont l’objectif d’asseoir la confiance et corriger la perception négative sur le Maroc. Une telle perspective passe par la mise en oeuvre de certaines actions fondamentales, comme l’ouverture d’Ambassades auprès de ces pays, l’échange de visites de haut niveau et la multiplication des soutiens dans les foras internationaux.

    Dans cette perspective, il serait utile de renforcer la présence diplomatique en Afrique de l’Est et Australe, à travers l’ouverture de nouvelles Ambassades auprès de la Namibie, du Botswana et de la Zambie (Afrique Australe) et de la Tanzanie, du Mozambique et du Malawi (Afrique de l’Est).

    Parallèlement à cette approche sous-régionale, le renouveau de l’action diplomatique envers l’Afrique pourrait englober prioritairement les initiatives suivantes :

     Au niveau multilatéral, le Maroc devra s’appuyer sur son expertise pour jouer un rôle d’avant-garde au service des intérêts africains. L’attitude du Maroc depuis son entrée au Conseil de Sécurité en janvier 2012, pour faire valoir les intérêts africains au sein de cette enceinte (Conférence ministérielle sur le Mali en décembre 2012), représente une illustration supplémentaire du rôle que le Maroc est capable de jouer.

     Au niveau des groupes africains dans les grandes capitales, nos Ambassades peuvent être instruites pour y jouer un rôle actif et dynamique. Une lettre de cadrage sera soumise à l’appréciation de Monsieur le Ministre, pour être transmise à nos Ambassades concernées.

     Renforcement des initiatives marocaines en Afrique, notamment, celles qui ont consisté à donner accès libre au marché marocain pour les produits originaires des PMA africains et à l’annulation de la dette de ce groupe de pays contractée auprès de notre pays.

     S’appuyer sur la coopération triangulaire, en mettant le savoir faire du Maroc au service des pays africains, grâce au concours des bailleurs de fonds internationaux, bilatéraux et multilatéraux.

    L’ensemble de ces préalables devra s’inscrire dans une stratégie qui s’appuie sur les acquis accumulés avec des pays importants, comme le Kenya et sur les contradictions qui existent entre les pays dits « hostiles », comme l’Angola qui cherche à s’émanciper en tant que puissance régionale en dehors la prépondérance sud-africaine en Afrique Australe.

    Des actions de sensibilisation pourront être amorcées envers ces pays, via nos Missions permanentes auprès des organisations internationales (New York, Genève, Nairobi, Addis-Abeba, Bruxelles, Vienne), ou par nos Ambassades dans les grandes capitales (Paris, Londres, Washington, Pékin, Moscou) ou par nos Ambassades dans les pays de leur voisinage.

    Cette stratégie visera à « casser » les alliances, dans le sens où les blocs de pays dits « hostiles » ne sont pas homogènes et les raisons qui animent leurs positions envers notre pays sont loin de partager les mêmes motivations, qui varient entre la méconnaissance, l’hostilité, l’héritage politique…

    A cet égard, l’établissement d’une liste de pays cibles prioritaires envers lesquels des actions de rapprochement et de coopération seront engagées, est nécessaire.

    Pour les relations avec l’Angola, il serait tout indiqué d’établir une stratégie qui s’appuie sur tous les leviers à la disposition du Maroc. Les bonnes relations du Maroc avec le Portugal, pourront servir de relais pour un renforcement des relations avec l’Angola et la réactivation de la demande d’adhésion du Maroc à la CPLP, Communauté des pays de langue portugaise, pourra servir comme vecteur pour s’approcher de ses pays membres, dont l’Angola la Guinée-Bissau, Sao Tomé et principe et le Mozambique.

    D’autres actions, peuvent être engagées dans l’objectif de casser l’axe Alger-Abuja-Pretoria, en s’appuyant sur la diplomatie parallèle parlementaire et des partis politiques et en investissant les réseaux informels d’influence et de lobbying, notamment, vis-à-vis de l’Afrique du Sud qui cherche à s’imposer comme puissance régionale africaine. L’action envers ce pays devra, en effet, être engagée dans l’objectif d’un rééquilibrage de ses relations avec les pays d’Afrique du Nord, en imposant le Maroc en tant que pole de puissance et partenaire crédible et explorant de nouvelles pistes de coopération où le Maroc dispose d’atouts reconnus, en économie verte, finances, télécoms…

  • Argumentaire et éléments de réponse aux campagnes anti–marocaines (Presse et ouvrages)

    Bonjour,
    Ci joint argumentaire thématique demandé.
    Concernant actions de ce jour, merci de transmettre à qui de droit :

    1 article à paraître dans goud.ma (arabe) : thème « collusion des intérêts anti-marocains »

    1 article à paraître dans Correo Diplomatico (espagnol) : idem

    1 article à paraître dans labass.net : idem
    Concernant tableau de médiatisation, je le terminerais ce soir , mais voici possibilités globales :

    1 tribune dans les echos (à confirmer)

    1 tribune dans la tribune (à confirmer aussi)

    1 tribune dans le nouvel obs

    1 tribune dans atlantico

    A ceci il faut ajouter la palette de journaux électroniques, de sites, de compte FB et Twitter etc

    Reste à régler la question des signatures. Je suis preneur. Sous la main j’en ai quelques un dont MHE,

    Argumentaire et éléments de réponse Aux campagnes anti–marocaines (Presse et ouvrages)

    Modus Operandi général de la production de connaissance positive

    Il est important, pour que la production de connaissance positive puisse être efficace, d’adopter un ton neutre dans le traitement des articles, afin de renforcer la puissance du message.

    D’autre part, il est suggéré, dans les articles paraissant à l’international, d’utiliser de la sémantique utilisée habituellement par les contempteurs incluant les termes : « Palais », « Makhzen », « Cour » « Royaume Chérifien » ou encore « serviteurs du trônes ».

    Cette sémantique est de nature à attirer le lecteur-notamment occidental- vers le produit. Il sera ainsi plus aisé de lui « injecter » le contenu positif dans le message.

    A cet égard, il faut insister sur la neutralité apparente de ce dernier.

    Par exemple, le programme autoroutier de ces dix dernières années peut être qualifié de chantier « ambitieux » mais pas de chantier « gigantesque ». De même, il faut utiliser certains clichés, qui constituent autant de points d’entrée pour le lecteur, en reprenant du contenu narratif qui renvoie à l’imagerie nationale.

    Ainsi, par exemple, une phrase telle que : « les éperons d’or des chevaux de la garde royale scintillent au soleil, immobiles devant « Dar El Makhzen », le palais du souverain chérifien » peut être utilisée, bien que peu courante dans la presse marocaine.

    Cette imagerie, bien qu’à priori empesée, est nécessaire afin de procéder à l’installation de l’imaginaire du lecteur, habitué à avoir ce type de descriptions de la part des journalistes estrangers .

    Argumentaire général

    Ainsi, l’argumentaire susceptible de faire contrepoids à l’ouvrage et à la campagne de presse qui l’accompagne doit être résolument axé sur le bilan politique et économique du Maroc et sur le gain en stabilité politique et sociale dans un contexte régional et arabe tourmenté. Il faut donc revenir et insister –de manière systématique- sur les points suivants :

    • Réformes politiques et sociales, menées parfois au forceps, en insistant sur l’exemple de la Moudawana, qui a permis de soustraire à la tradition de précieux droits en faveur des femmes ;

    • La page tournée des abus des droits de l’homme, la normalisation de la vie politique, les grands chantiers structurants… Autant d’exemples d’une action volontariste pour rattraper les retards et combler les déficits cumulés de plusieurs décennies ;

    • Dans cet argumentaire, il s’agirait de focaliser sur les côtés modernistes du souverain, sur sa réactivité positive face aux demandes de réformes politiques et démocratiques ;

    • L’on doit également insister sur la popularité du souverain. La sympathie sincère que lui vouent les marocains comme principal argument ayant empêché les gens de descendre dans la rue dans le sillage du Mouvement du 20 février ;

    • L’actualité des révoltes et des changements violents qui ont lieu dans le monde arabe pourrait être utilisée avantageusement afin de souligner la stabilité et la résilience politique et sociale du Maroc ;

    Pour crédibiliser les articles, il est également conseiller de concéder, au début de l’écrit, des points négatifs, notamment en parlant de « clientélisme de la classe politique » et de l’indispensable combat contre la corruption »

    Angles d’attaque du contenu narratif de l’ouvrage « Le roi Prédateur »

    Sur la « Prédation économique », le roi « citoyen investisseur »

    • ONA

    Il faut rappeler l’historique de l’ONA, qui était une entreprise à capitaux français qui s’est retrouvée en grande difficulté à un moment de son histoire. La société a été fondée par le français Jean Epinat et par le Pacha El Glaoui (soutenu par les français pour exiler le roi légitime du Maroc, Mohammed V). Il faut insister sur le fait qu’aucun capitaine d’industrie marocain n’était en position de la reprendre à l’indépendance, notamment du fait de la taille réduite du secteur privé marocain.

    Il y a également une dimension de « sécurité alimentaire » dans le fait que l’ONA aie investi, au début des années 80, dans l’huile, le sucre, le lait et ses dérivés. Ceci procédait de la volonté du roi de ne pas laisser ces pans stratégiques être pris en otage par des intérêts étrangers, alors que le Maroc se dirigeait vers un ajustement structurel dicté par le FMI. Ces secteurs ont d’ailleurs été abandonnés récemment lors du désengagement progressif de la famille royale de l’économie marocaine, avec la vente d’une grande partie du capital de Lesieur et une rotation d’actionnariat vers la SNI.

    • Dimension de leadership et témoignage d’excellence

    Les sociétés dans lesquelles le souverain est actionnaire sont toutes leaders dans leur secteur en termes de responsabilité sociale et environnementale (RSE). Ceci procède d’une volonté de créer des « locomotives économiques » qui adopteraient les standards les plus élevés en termes de gestion des ressources humaines, de captation et fixation des talents qui risqueraient autrement d’émigrer.

    De surcroît, des fondations caritatives ou à but culturel ont été systématiquement arrimées à ces entreprises qui se situent dans le giron royal, afin de permettre un investissement important dans la recherche, se substituant ainsi à l’Etat (dattes pour l’agroalimentaire ou ophtalmologie pour le volet social).

    Là aussi, les entreprises ayant pour actionnaire le roi ont pallié à un manque important dans le secteur, générant une dynamique qui a engendré des répliques chez les autre opérateurs privés.

    Sur le volet culturelle, la Fondation ONA est considérée comme le vaisseau amiral d’une stratégie culturelle impulsée par le roi, allant de la préservation des kasbah, à la restauration du patrimoine oral et écrit, en passant par la promotion de nouveaux courants picturaux grâce aux « Villas des arts », véritables poumons culturels.

    • Sur la Banque

    Sans la volonté royale, Attijariwafabank (AWB) ne se serait certainement pas projetée vers le contient africain, permettant ainsi une complémentarité entre l’action politique et sa traduction sur le plan économique et financier. AWB est ainsi l’un des tous premiers « champions nationaux » sur le continent, avec une stratégie d’enracinement et de partenariat sud-sud novateur.

    La fusion avec la Wafabank procédait de la volonté d’atteindre la « taille critique » qui permettrait à la banque commerciale du Maroc (BCM) d’appréhender ses objectifs africains avec ambition, en consolidant sa présence locale à travers l’élargissement de son réseau.

    • Le roi investisseur-citoyen

    Contrairement à d’autres régimes monarchiques, les entreprises ayant pour actionnaire le roi du Maroc sont soumises au même titre que toutes les autres à l’impôt, et constituent de fait l’un des contributeurs importants au budget général de l’Etat. Il faut ici ajouter les contributions de ces entreprises au rayonnement culturel et patrimonial du Maroc, à travers le sponsoring de nombre d’événements et la participation massive au financement des fondations d’utilité publiques : environnement (FM6E), réinsertion des détenus, et solidarité (Fondation Mohammed V).

    • Un désengagement progressif

    Le pays arrivant à maturité économique, la holding ayant le roi comme actionnaire a opéré un virage stratégique en 2011 visant à faire d’elle un partenaire silencieux (« silent partner ») dans chacune des affaires dans lesquelles elle est engagée, avec une réduction très conséquente de ses participations, ainsi qu’une réorientation de ses activités visant un désengagement progressif de certains secteurs économiques. Parmi ces derniers, l’agroalimentaire et la distribution sont les premiers visés par ce désengagement progressif.

    1. les relations avec la presse

    Souvent décrites comme tendues, le relations avec la presse ont été empreintes d’une ouverture maîtrisée au fil des années, qui a fait de la presse marocaine l’une des plus libres du monde arabe. Elle garde néanmoins ses spécificités. Les acteurs du secteur sont très éclatés et il n’existe pas de grand groupe à l’échelle marocaine qui puisse se prévaloir d’un quelconque leadership.

    Cet éclatement a favorisé la radicalisation du ton des publications-notamment arabophones- qui ont peu à peu glissé sur le terrain des attaques personnelles, voire de la diffamation. En l’absence d’une législation véritablement efficace qui protégerait les diffamés (les protagonistes n’ont jamais pu s’entendre avec le parlement sur la refonte du code de la presse) cette fuite en avant s’est intensifiée, et a eu pour conséquences quelques procès qui ont débouché sur des interdictions de journaux, ce qui a eu un certain retentissement.

    Néanmoins, le chiffre de ces derniers reste très réduit, et l’on ne compte que 3 journaux (sur plus d’une quarantaine de publications) interdits en treize ans : « Le journal Hebdomadaire », qui est reparu moins de deux mois plus tard, « Demain » qui a disparu après la condamnation de son rédacteur en chef Ali Lamrabet à une interdiction d’exercer, et « Tel Quel » qui a vu un de ses numéros interdit en 2009.

    Tags : Maroc, presse, médias, propagande,

  • SAHARA OCCIDENTAL: L’enjeu caché des phosphates (Kissinger Cables)

    Les derniers câbles diplomatiques publiés par Wikileaks révèlent l’importance des gisements de phosphate de Bou Craâ dans les négociations entre le Maroc et l’Espagne au début des années 70.

    Les « Kissinger Cables » publiés lundi par Wikileaks regroupent l’ensemble des câbles diplomatiques américains échangés entre 1973 et 1976, à l’époque où Henry Kissinger était Secrétaire d’Etat à Washington. Ces câbles, dont plusieurs milliers concernent le Maroc, apportent des perspectives inédites sur la nature et l’évolution des négociations au Sahara pendant cette période charnière du conflit.

    Parmi les informations révélées par Wikileaks, celles concernant les phosphates du Sahara sont particulièrement intéressantes dans le sens où les enjeux politiques liés au territoire ont toujours occulté la réalité géologique et que les données fiables sont rares.

    Aujourd’hui, l’OCP extrait à Bou Craâ entre 2,5 et 3 millions de m3 de roches brutes par an, pour un chiffre d’affaires de 527 millions de dollars en 2011 (1). Le Polisario accuse l’Etat marocain de « pillage des ressources naturelles » ; Rabat prétend au contraire que les mines de Bou Craâ «ne sont pas rentables et sont maintenues en production pour des raisons sociales».(2)

    « L’Espagne, 3e ou 4e producteur mondial de phosphates »

    C’est au début des années 70 que l’exploitation du phosphate à Bou Craâ a démarré. Selon les câbles diplomatiques, les Espagnols, à travers la société Phosboucraâ, ont investi 200 millions de dollars de l’époque en équipements et en installations.

    En 1974, la mine produisait déjà 2,3 millions de tonnes de roches, expédiées en majorité en Espagne. Madrid prévoyait d’augmenter la capacité de production à 10 millions de tonnes par an.

    Un objectif réalisable « probablement d’ici fin 1975 », selon un câble diplomatique en provenance d’Espagne et daté de septembre 1974. La même source indique que les réserves prouvées à l’époque (1,7 milliard de tonnes), permettraient de maintenir ce niveau de production à Bou Craâ pendant 150 ans et feraient de l’Espagne « le 3e ou 4e producteur mondial de phosphates, juste devant ou derrière le Maroc ».

    Bou Craâ, objet de négociations entre Madrid et Rabat

    Au cours de l’année 1975, alors que le départ de l’Espagne était devenu inéluctable et que le Maroc se positionnait pour récupérer le territoire, en attendant le verdict de la Cour internationale de justice, les diplomates américains relevaient l’importance de la question des phosphates dans les négociations en cours entre les deux pays.

    Selon des conseillers économiques étrangers en poste à Rabat, cités dans un câble daté d’octobre 1975, «lorsque des discussions sérieuses commenceront sur l’exploitation future de la mine de phosphates de Bou Craâ, alors l’accord sur le Sahara pourra être considéré comme conclu ».

    Les diplomates américains analysent les avantages que peut en retirer le Maroc : « l’acquisition d’un monopole de 80% des réserves mondiales de phosphates hors Etats-Unis et hors URSS, l’élimination d’un concurrent de plus en plus important et la consolidation du rôle du Maroc en tant que «fixeur de prix» sur le marché mondial de l’export ».

    Ce n’est donc pas un hasard si, durant l’été 1975, le directeur général de l’OCP, Karim Lamrani, a accompagné une délégation de diplomates marocains à Madrid. Le ministre espagnol des Finances a également participé aux discussions.

    Les diplomates américains révèlent que Karim Lamrani, lors d’une conversation privée, avait alors mentionné « une offre formelle » faite par Rabat au gouvernement espagnol, garantissant la continuité de la participation espagnole à Bou Craâ dans le cadre d’un arrangement global sur l’avenir du territoire.

    « A ce moment-là, néanmoins, l’Espagne n’était pas encore prête à discuter de retrait, encore moins de partenariat », note la diplomatie américaine.

    Nouveau rapport de force après la Marche Verte

    La Marche Verte lancée par Hassan II le 6 novembre 1975, objet de nombreux câbles diplomatiques, va changer la donne. Des négociations intenses avec Madrid ont permis l’arrêt de la marche et le départ précipité des Espagnols, qui s’entendent quelques jours plus tard avec Rabat et Nouakchott pour signer les accords de Madrid sur le partage du territoire. Les diplomates américains notent à ce propos que le texte de l’accord ne mentionne aucun transfert de souveraineté.

    Le Maroc a en tout cas le contrôle militaire de Laâyoune (le contenu d’un câble daté de décembre 1975 et intitulé « Occupation militaire marocaine d’El Ayoun », n’est pas consultable). Conformément aux accords de Madrid, Espagnols, Marocains et Mauritaniens se partagent l’administration provisoire de la ville.

    L’année suivante, en 1976, les troupes espagnoles ont définitivement quitté le territoire et l’OCP acquiert 65% des parts de Phosboucraâ auprès de l’Entreprise Publique Espagnole (INI). Les détails financiers de l’opération ne sont pas connus.

    Une mine « mise en sommeil » depuis 1976

    Le partenariat maroco-espagnol à Bou Craâ va durer jusqu’en 2002, date à laquelle l’OCP rachète la participation restante (35%) d’INI. L’OCP avance que Phosboucraâ « continuait à engranger des pertes financières depuis sa création » (3).

    On constate toutefois que le niveau de production réalisé aujourd’hui est peu ou prou le même qu’en 1974, alors qu’à l’époque les Espagnols prévoyaient d’augmenter très vite la production annuelle à 10 millions de tonnes.

    Pourquoi l’OCP n’a t-il pas plus développé les capacités de la mine ? Bien que le niveau des réserves (estimées aujourd’hui à 1,1 milliard de tonnes (4)) fait de Bou Craâ un des plus grands gisements de phosphate au monde, la situation politique et juridique du territoire complique l’exploitation et freine les investissements.

    Ces derniers ne se sont élevés qu’à 2 milliards de dollars sur l’ensemble de la période 1976-2010, selon l’OCP, soit une moyenne de 60 millions de dollars par an.

    De 1976 jusqu’au cessez-le-feu de 1991, le Front Polisario, soutenu par la Libye puis par l’Algérie, s’est régulièrement attaqué au tapis convoyeur qui achemine les roches extraites de Bou Craâ jusqu’au port de Laâyoune, interrompant ainsi la production.

    Par ailleurs, les multinationales qui achètent la roche brute extraite à Bou Craâ sont régulièrement interpellées par les lobbies pro-polisario comme Western Sahara Ressource Watch (WSRW), et certaines préfèrent abandonner leurs achats de « phosphates sahraouis ».

    Le Maroc a donc privilégié jusqu’à présent le développement des autres sites de production et ceux de transformation, à Jorf Lasfar et Safi où l’OCP peut valoriser les phosphates sur place (fabrication d’engrais chimiques et acide phosphorique) en s’alliant à des grands groupes étrangers dans des joint-ventures industrielles. En 2011, l’OCP a totalisé un chiffre d’affaires d’environ 6,6 milliards de dollars (56,3 milliards de DH).

    Premier exportateur mondial de roches brutes, l’Etat marocain, qui dispose déjà de 50 milliards de tonnes de réserves dans les bassins de Khouribga et de Gantour, n’a pas forcement besoin – ni intérêt – à développer les gisements de Bou Craâ tant que la question du Sahara n’est pas définitivement réglée.

    La stratégie 2010-2020 de l’OCP, qui prévoit 115 milliards de DH d’investissements sur cette période, est d’ailleurs axée principalement sur les activités chimiques – à plus forte valeur ajoutée – à travers le développement du hub de Jorf Lasfar.

    fr.lakome.com, 10 avril 2013

    Tags : Maroc, Sahara Occidental, Front Polisario, phpsphates, Phosboucraa,

  • : Quand un plein de voiture peut nourrir un africain pendant un an : L’anomie du monde.

    « Contrôlez le pétrole et vous contrôlerez les nations, contrôlez la nourriture et vous contrôlerez la population. » Henry Kissinger

    Ces mots de Kissinger cités par le professeur Michel Chossudovsky résument mieux que mille discours l’état des lieux du monde. En effet, cette devise est mise en oeuvre d’une façon magistrale. En effet, le pétrole est sous contrôle et on dit souvent suivez les routes du pétrole pour voir où sont implantées les bases américaines. De plus, à travers la nourriture, on peut tenir en apnée des peuples entiers et les faire basculer, à volonté, dans la famine par bioéthanol interposé. « Qu’en est-il de la récurrence des famines dans l’histoire ? La pénurie alimentaire se fit sentir dès le printemps. En chaque pays le prix du blé enfla : en France, l’hectolitre qui valait 17,15 francs monta à 39,75 francs et même à 43 francs à la fin de l’année… La crise des subsistances se traduisit aussitôt par des désordres populaires… » L’historien Charles Pouthas décrivait la situation agricole européenne entre 1847 et 1848. Parti d’Italie, le vent de révolte gagnait la France puis Vienne, tout l’Empire austro-hongrois et bientôt les Etats allemands et même la Suisse. Phillippe Chalmin fait l’analogie avec le Printemps arabe. En Tunisie, en Egypte, ils vivent la même exaltation. Une situation très difficile, le prix du pain est d’autant plus douloureusement ressenti que le travail manque : plus de la moitié des ouvriers parisiens sont au chômage. (1)

    Pour l’histoire, l’Algérie connut aussi plusieurs famines, celle de 1868 fut particulièrement atroce, la population algérienne, d’environ 3 millions à la veille de 1830, était tombée à 2,2 millions en 1872, du fait des morts de la conquête que Jacques Frémeaux a évalué à environ 400.000, et des victimes de l’épouvantable famine de 1867-1868 qui fut peut-être bien à elle seule aussi meurtrière. Se produisit ensuite ce que les Québécois appellent une « revanche des berceaux ». (2)

    Les causes des famines

    Les émeutes de la faim se rappellent d’une façon récurrente à notre bon souvenir les pays du Sud dépendant pour leur survie d’un Nord opulent qui, à bien des égards, est responsable de ces malheurs. Certes, le Nord jette des miettes sous forme d’APD qui, malheureusement, demeure sans lendemain. Si on ajoute à cela l’hypocrisie des promesses du Millénaire (réduire de moitié la faim d’ici 2015) , nous avons un tableau complet de la mise en scène des pays industrialisés qui laissent en 2011 sur le bord de la route un milliard de personnes menacées par la faim. Pour éradiquer ce fléau, il suffirait de seulement 30 milliards de dollars par an. En comparaison, le budget militaire de base du Pentagone est de 533,7 milliards de dollars pour l’exercice 2010. Washington prévoit de vendre pour 46,1 milliards d’équipements et de services militaires soit près de 50% de plus qu’en 2010. Par ailleurs, les institutions financières américaines ont distribué, pour l’année 2010, 144 milliards de dollars en seuls bonus, primes et stock-options à leurs dirigeants.

    Parlant de l’instabilité des prix, devenue structurelle, Philippe Chalmin souligne le passage du stable à l’instable avec la fin des prix producteurs pour les métaux et des marchés agricoles organisés. La volatilité de ces marchés a, une fois de plus participé à la révolte qui a balayé l’autre rive de la Méditerranée. La « mondialisation » s’est de même étendue à l’ensemble de la planète. Mais la conscience du bouleversement n’est pas totale, estime Philippe Chalmin. « Le Printemps des peuples et malédiction des matières premières », souligne le rapport avec la vague révolutionnaire qui a emporté l’Europe en 1848. S’il ne s’agit pas en 2011 d’émeutes de la faim en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, la vie chère a fortement contribué à la naissance de ces mouvements. Et, encore une fois, ces mouvements ont eu lieu dans des pays qui se sont révélés incapables de gérer leurs richesses naturelles. (…) La situation est inquiétante pour les produits agricoles, avec des stocks de clôture en baisse, particulièrement pour le maïs. Des accidents climatiques majeurs auraient des conséquences catastrophiques, met-il en garde. (3)

    Cette flambée des prix des matières premières en général et des produits alimentaires a connu une accélération ces dernières années. 2010 aura été l’année de toutes les hausses. Faiblesse du dollar, croissance chinoise, spéculation, raréfaction de l’offre, sont autant de facteurs qui tirent vers le haut le prix des matières premières. La part des spéculateurs sur les marchés alimentaires explique en partie la hausse continue des prix depuis l’été 2010. Les produits alimentaires sont devenus des actifs financiers comme les autres.

    Difficile également de ne pas souligner le rôle des agrocarburants, qui ont détourné plus du tiers de la production de maïs des Etats-Unis, l’année dernière. Les Américains ont subventionné, en 2009, la transformation de 144 millions de tonnes de maïs et de centaines de millions de tonnes de blé en biodiesel et bioéthanol. Les terres qui y sont donc, consacrées, sont autant de terres disponibles en moins pour le soja ou le blé, ce qui explique la hausse corrélative des cours mondiaux, directement liés aux prix américains. De ce fait, la part des spéculateurs par rapport aux acteurs commerciaux (c’est-à-dire qui échangent réellement des biens agricoles) a explosé. Les produits alimentaires deviennent ainsi des actifs financiers comme les autres, dans une stratégie de rentabilité maximale des portefeuilles des investisseurs. (4)

    Pour le professeur Michel Chossudovsky directeur du Centre d’analyse Mondialisation.ca, cette « mondialisation de la pauvreté, » qui a annulé bon nombre des progrès de la décolonisation d’après-guerre, a commencé dans le tiers-monde avec la crise de la dette du début des années 1980 et l’imposition des réformes économiques meurtrières du Fonds monétaire international (FMI). Avec de grands pans de la population mondiale déjà bien en dessous du seuil de pauvreté, la hausse des prix des denrées alimentaires de base, qui se produit sur une courte période, est dévastatrice. Des millions de personnes dans le monde sont dans l’incapacité d’acheter de la nourriture pour leur survie. Ces augmentations contribuent d’une manière très réelle à « éliminer les pauvres » à travers « la mort par la famine. » (…) L’escalade des prix des produits alimentaires est en grande partie le résultat d’une manipulation du marché. Elle est en grande partie attribuable à la spéculation boursière sur les marchés des matières premières. (…) Grâce à la manipulation concertée, les opérateurs institutionnels et les institutions financières font augmenter les prix. Ils placent alors leurs paris sur la hausse du prix d’un produit en particulier. La spéculation génère la volatilité du marché. À son tour, l’instabilité qui en résulte encourage la poursuite de l’activité spéculative. (…) Les famines à l’ère de la mondialisation sont le résultat de ces politiques. La famine n’est pas la conséquence d’un manque de nourriture, c’est en fait, tout le contraire : les surplus alimentaires mondiaux sont utilisés pour déstabiliser la production agricole dans les pays en développement. « Pourtant, écrit Michel Chossudovsky, qui dénonce le rôle des multinationales de l’agroalimentaire, l’agriculture mondiale a, pour la première fois de l’histoire, la capacité de satisfaire les besoins alimentaires de toute la planète, mais la nature même du marché mondial de ce système ne permet pas que ça se réalise ». (5)

    Même appréciation de Jean Ziegler qui résume en quelques phrases le pourquoi de la désespérance et de l’impuissance des faibles à combattre la faim. Lui aussi cite le dumping, la spéculation, les agrocarburants : Toutes les cinq secondes, un enfant de moins de dix ans meurt de faim. Près d’un milliard d’êtres humains sont gravement sous-alimentés. Un enfant qui meurt de faim est donc un enfant assassiné. Il cite aussi la dette extérieure. Au 31décembre 2009, celle des 122 pays dits du « tiers-monde », était de 2100 milliards de dollars. La presque totalité de leurs gains à l’exportation est donc absorbée par les intérêts de la dette. (6)

    L’alerte de l’ONG Oxfam

    Pour nourrir les neuf milliards d’habitants de la planète en 2050, une réforme majeure du système alimentaire mondial s’impose alors que les récoltes de certaines régions sont menacées par le réchauffement climatique, a averti mardi l’organisation humanitaire Oxfam. Si rien n’est fait, le prix de certaines denrées alimentaires comme le maïs aura plus que doublé d’ici 2030, frappant en premier les plus pauvres qui dépensent déjà jusqu’à 80% de leurs revenus pour se nourrir, selon le rapport de l’ONG britannique. « Le système alimentaire ploie sous l’intense pression du changement climatique, de la dégradation écologique, de la croissance démographique, de la hausse des prix de l’énergie, de l’augmentation de la demande de viande et de produits laitiers, de la concurrence pour l’obtention de terres pour produire des biocarburants, de l’industrialisation et de l’urbanisation », selon le document. Selon l’ONG, la réforme du système alimentaire doit passer par davantage d’investissements dans l’agriculture paysanne et familiale, la valorisation des ressources naturelles, un meilleur accès aux marchés pour les petits exploitants, la lutte contre le gaspillage, d’eau notamment, et l’arrêt des subventions à la production de biocarburants dans les pays riches.

    Le rapport a également, réclamé l’arrêt de la domination de quelques grandes multinationales sur le marché des matières premières agricoles et des semences. Prenant l’exemple de l’Inde, Oxfam a rappelé que la croissance économique y a plus que doublé entre 1990 et 2005 mais que le nombre de personnes souffrant de la faim a augmenté de 65 millions. En effet, les populations pauvres en milieu rural restent exclues du développement économique. En parallèle, l’engouement des Etats-Unis pour le bio-éthanol a conduit à utiliser 15% du maïs mondial pour en faire du carburant, même en période de forte crise alimentaire. Et l’ONG de rappeler que la quantité de céréales nécessaires pour faire le plein d’éthanol d’un véhicule 4×4 peut nourrir une personne pendant un an. (7)

    Comment nourrir la planète ?

    Le plus sérieusement du monde, on dit que la FAO étudie un scénario se basant sur une alimentation complémentaire d’insecte ! « On dit que les sauterelles frites ont un goût qui se rapproche de la crevette et que la majorité des insectes ont un goût de noisette. Il faut savoir que plus de 95% des millions d’espèces d’insectes qui peuplent la planète sont comestibles et sont consommés quotidiennement en Afrique, en Asie et en Amérique centrale. Pour de nombreux spécialistes, l’élevage d’insectes nécessite beaucoup moins de ressources alimentaires et peut être une alternative intéressante pour les décennies à venir dans la mesure où cela permettrait de subvenir aux besoins alimentaires des dix milliards d’habitants de la planète ». (8)

    Les partisans de la réduction de la population

    Déjà au début des années 1960, le Rapport Meadows du Club de Rome : « Halte à la croissance » donnait le « La ». Pour les experts, il fallait réduire la population. En 2100, nous risquons d’être non pas 9 mais 10 milliards d’individus dans le monde. C’est en tout cas ce que prévoit un nouveau rapport des Nations unies. « A 9 milliards, se disait-on, il faudra se serrer. Mieux, partager les ressources et les richesses. Mais à 10 milliards ? Un rapport des Nations unies, publié le 3 mai penche plutôt vers une poursuite de l’augmentation. Et prévoit que 10,1 milliard d’individus arpenteront le monde en 2100. (…) Il semble impossible d’éviter la crise écologique globale. Tout au plus, pouvons-nous l’atténuer. C’est en tout cas la tâche à laquelle s’attelle l’association Démographie responsable. Oui, il faut en finir avec l’apologie des familles nombreuses dans les pays du Sud (et du Nord) et cela passe par l’amélioration du niveau de vie et une meilleure éducation… malheureusement ces deux derniers critères sont liés fortement à la consommation d’énergie et à la destruction de l’environnement. Alors, que faire ? La décroissance n’est pas seulement économique, elle doit être aussi démographique. Toujours les grands mots et les grandes utopies…mais la Terre : forêts, cours d’eau, océans… animaux sauvages… ne pourront survivre à une telle quantité d’humains qui ne sont pas prêts à sacrifier leur mode de vie à la survie de la planète et qui veulent tous un grand confort…si les humains ne sont pas capables de limiter leur nombre il est évident que « la nature » s’en chargera d’une façon ou d’une autre. (8)

    Même si à l’heure actuelle de nombreuses organisations alimentaires recommandent de consommer de préférence des insectes plutôt que de la viande, à la fois pour des considérations économiques et écologiques, il paraît difficile de changer les mentalités occidentales et de convaincre les Européens de consommer ces nouvelles espèces » (9).

    Conclusion

    L’astrophysicien bien connu Hubert Reeves voit dans l’anomie actuelle les signes d’une apocalypse. Il écrit « le gaspillage des ressources naturelles, les rejets de gaz carboniques et l’écart grandissant entre riches et pauvres sont en train de causer la perte de l’humanité ». Il s’en remet à une « volonté communautaire » pour que ce scénario catastrophe soit évité. D’après lui, la disparition de la race humaine bien qu’hypothétique, ne peut être écartée à court terme. « On ne touche pas à des milliers d’années, on parle d’une échelle de quelques décennies ». Si nous disparaissions, il s’agirait, depuis l’apparition de la vie sur terre, de la sixième extinction, la première depuis le départ des dinosaures il y a de cela 165 millions d’années. Reeves nous dit que « la seule différence, c’est que, pour la première fois, une espèce disparaîtra par sa faute ». Quand on y pense bien, la science qui devrait être la bouée de sauvetage de l’humanité, et somme toute, au service de notre bien-être, deviendrait-elle le fruit de notre décadence et de notre disparition ? » (10)

    Le chauvinisme de la prospérité du Nord, la spéculation atroce, le détournement de la nourriture par bio-nécro-carburant interposés, pour les 4×4 et les changements climatiques de plus en plus récurrents, amènent inexorablement l’humanité au déclin. Cette anomie concerne, en priorité, les millions d’hommes de femmes et d’enfants des Sud épuisés qui seront les variables d’ajustements d’un eugénisme accepté tacitement dans ce XXIe siècle de tous les dangers. Manger pour rester en vie ou conduire d’une façon non indispensable l’humanité aura à choisir…

    Chems Eddine Chitour

    Legrandsoir

    1. Philippe Chalmin 1848, 2011 : les révoltes de la faim, Le Monde économique 15.02.2011

    2. Pierrette et Gilbert Meynier http://badjadja.e-************/rubrique,gilbert-meynier-4,797063.html

    3. Daniel Krajka http://www.usinenouvelle.com/article/les-matieres-premieres-dans-l-age-de-l-instabilite.N152038 Le 17 mai 2011

    4. Chems Eddine Chitour : Les émeutes de la faim. Mondialisation.ca, Le 8 février 2011

    5. Michel Chossudovsky : La famine mondiale Global Famine Traduit Dany Quirion Alter Info 4 mai 2008 :

    6. Jean Ziegler : « Le massacre de la faim se déroule dans une normalité glacée » L’Humanité des débats. 5 Février 2011

    7. Faim dans le monde : catastrophe en 2050 Al Manar. Mercredi 1er Juin 2011

    8. http://www.come4news.com/index.php?… (http://www.come4news.com/index.php?option=com_content&);task=view&id=44246&Itemid=999

    9.http://www.terraeco.net/10-milliard… (http://www.terraeco.net/10-milliards-d-humains-en-2100),17220.html# 5. 05.2011

    10.Mehr Licht. L’humanité va-t-elle disparaître ? Site Oulala 5.11.2003

    Tags : Afrique, famine, pauvreté, développement,

  • Pédophilie: Jeffrey Epstein se rendait au Maroc …

    Jeffrey Epstein se rendait-il au Maroc à bord du «Lolita Express»?

    Selon l’enquête du site d’information en ligne Le Desk, Jeffrey Epstein s’est rendu au Maroc en 2002 accompagné d’une mannequin mineure. Trois mois avant sa mort, son avion a également fait un aller-retour Paris-Rabat. L’inconnu demeure toutefois sur les connexions marocaines du financier inculpé pour trafic sexuel de mineures.

    Le Maroc a fait partie des destinations où Jeffrey Epstein se rendait à bord de son jet privé surnommé «Lolita Express», a annoncé le portail Le Desk.

    Selon le média le financier a fait escale dans le royaume en 2002 accompagné de ses deux rabatteuses attitrées et d’une mannequin mineure. Il en est reparti avec l’ancien Président américain Bill Clinton.

    En outre, comme le précise Le Desk, il a fait un trajet dans un autre jet privé entre Paris et Rabat trois mois avant sa mort. Il est revenu 9 heures plus tard, relate le portail.

    Les connexions marocaines de Jeffrey Epstein demeurent toutefois un mystère, précise le site.

    Affaire Epstein

    Jeffrey Epstein, milliardaire de Wall Street, a été retrouvé mort le 10 août dans sa cellule du Metropolitan Correctional Center à Manhattan, où il attendait son procès après avoir été inculpé le 8 juillet d’exploitation sexuelle de mineures et d’association de malfaiteurs en vue d’exploiter sexuellement des mineures.

    Avant son arrestation, M.Epstein était considéré comme un acteur majeur de l’élite politique et culturelle des États-Unis, entretenant des relations avec Donald Trump, l’ex-Président Bill Clinton, le prince Andrew, duc d’York, des membres de la famille Kennedy, les anciens Premiers ministres israélien et britannique, Ehud Olmert et Tony Blair, l’ancien secrétaire d’État Henry Kissinger, les milliardaires Michael Bloomberg, Richard Branson et Rupert Murdoch, ainsi qu’avec de nombreuses autres personnalités publiques.

    Sputnik

    Tags : Jeffrey Epstein, Lolita Express, pédophilie, Bill Clinton,

  • La Guerre d’Algérie… . …selon un historien britannique .

    Longtemps « otage » des historiens français, comme Charles Robert Ageron ou, plus prosaïquement, Yves Courrière, qui en relatent les faits à travers le prisme de la version officielle française, l’Histoire de la Guerre d’Algérie (1954-1962) intéresse de plus en plus , pour sa richesse en leçons et enseignements divers, les hommes politiques et les historiens d’autres sphères culturelles, guidés par la recherche de la vérité historique et qui ne sont influencés par aucune passion ou considération subjective.

    C’est le cas notamment du livre de Sir Alistair Horne « A Savage War of Peace : Algeria 1954-1962 » ( Une Guerre féroce pour la Paix : Algérie 1954-1962 ), publié en 1977 par les Editions New York Review Books et réédité en 1996 et en 2006 avec des préfaces mises à jour.

    Ce livre est devenu un best-seller aux Etats-Unis et en Grande Bretagne, depuis que le Président George W. Bush en a fait son livre de chevet, sur recommandation de M. Henry Kissinger, dont Sir Horne prépare actuellement une biographie autorisée, afin de lui permettre « de mieux appréhender la situation en Irak », qui présenterait selon l’historien britannique des similitudes avec celle prévalant en Algérie durant la Guerre de libération nationale. Par ailleurs, le film de feu Gillio Portecorvo « La bataille d’Alger » a été également vu, revu et disséqué par le Commandement des forces armées et les différents services de sécurité américains pour comprendre la logique de la guérilla urbaine dans un pays arabe.

    Même s’il a utilisé le même fonds documentaire que ses confrères français, M. Horne a pris, selon lui, le soin d’interroger des protagonistes et des témoins de premier plan de cette Guerre, encore vivants, en Algérie et en France et a visité, à plusieurs reprises, notre pays pour se rendre sur les lieux où les différentes opérations politiques et militaires décrites dans son livre se sont déroulées.

    Subdivisé en trois parties : Prélude : 1830-1954, La Guerre : 1954-1958 et La plus dure des victoires : 1958-1962 , ce volumineux ouvrage tente, avec plus ou moins de bonheur, de clarifier d’abord les raisons objectives qui ont conduit au déclenchement de la Guerre, le 1er Novembre 1954, de montrer ensuite comment cette Guerre a été menée par les deux parties au conflit et d’expliquer enfin pourquoi elle a été gagnée par la partie supposée être militairement la plus faible.

    Ainsi, grâce à sa Guerre de libération nationale exemplaire, à sa précieuse et chèrement acquise expérience en matière de lutte contre le terrorisme islamiste et à son modèle de société, où les modes de vie traditionnel et moderne ont toujours co-habité pacifiquement jusqu’à l’octroi, à la fin des années 1980, de l’agrément aux partis religieux, qui utilisent l’Islam, partagé par la quasi-totalité des Algériens, à des fins politiques et grâce aussi à ses formidables ressources naturelles et à sa position géo-stratégique indéniable, notre pays intéresse, au plus haut point, nos partenaires étrangers développés, qui s’empressent aujourd’hui à instaurer avec lui des relations stratégiques.

    L’indifférence de la communauté internationale à la tragédie vécue par le peuple algérien, dans les années 1990, céde de plus en plus la place à un intérêt grandissant pour notre pays à tel point que le Premier ministre italien, M. Romano Prodi, n’a pas hésité à déclarer que « l’Algérie, ce sous-continent voisin, constitue une chance pour l’Italie et l’Europe , en raison notamment de la sécurité énergétique qu’il leur assure et des nombreuses opportunités de coopération que sa reconstruction offre aux compagnies étrangères, dans tous les domaines ».

    En dépit des nombreux et divers maux, dont les principaux restent encore le terrorisme, la corruption et le trafic de drogue, qui minent la société algérienne et qui pourraient entraver son épanouissement dans tous les domaines et même compromettre la cohésion, la stabilité et l’unité nationales, s’ils n’étaient pas pris plus sérieusement en charge par les pouvoirs publics, notre pays a enregistré, ces dernières années, en raison notamment du renchérissement exceptionnel du prix des hydrocarbures, d’une meilleure exploitation de nos ressources naturelles non renouvelables et du strict respect des règles de l’orthodoxie financière imposées par le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale, des résultats macro-économiques encourageants, qui pourraient servir de base solide à une renaissance durable.

    Ils doivent cependant être consolidés par des initiatives fortes, dans tous les domaines…

    En effet, aussi minimes soient-ils, ces signes ont suscité chez nos partenaires étrangers un intérêt réel pour rétablir les ponts coupés avec un pays, hier encore isolé et livré à lui-même.

    Nous devons être à la hauteur de leurs attentes et faire en sorte que cet intérêt soit mutuellement bénéfique.

    Nos différentes institutions doivent être bien préparées pour faire face efficacement aux flux humains et de capitaux que cette coopération annoncée va certainement engendrer en leur assurant notamment la sécurité nécessaire car l’investissement comme le tourisme d’ailleurs est versatile et a besoin de sécurité pour s’établir et prospérer.

    Bien plus que la rentabilité et les avantages fiscaux, la sécurité est la condition sine qua non pour attirer les investissements directs et les touristes étrangers, courtisés par tous les pays du monde.

    Ce n’est un secret pour personne que les pays développés ont des politiques hautement sécuritaires destinées à assurer la sécurité de leurs citoyens, des étrangers et de leurs biens, dans le cadre des lois en vigueur.

    Considérant que « la sécurité, sous toutes ses formes, est l’affaire de tous », les citoyens de ces pays adhèrent massivement à ces politiques…

    En tout état de cause, seule une bonne gouvernance politique et économique du pays et une gestion transparente et rigoureuse de nos ressources naturelles et des recettes qu’elles procurent, permettront au pays d’effectuer le saut qualitatif dont il a tant besoin pour rendre les avancées réalisées irréversibles et relayer ces ressources naturelles non renouvelables par une production industrielle nationale diversifiée.

    Ainsi seulement, nous pourrions contrecarrer efficacement le pessimisme, l’auto-flagellation et le nihilisme semés par certains « hommes politiques » et « intellectuels » pour démoraliser une population, à juste titre, rendue méfiante par des décennies de pensée unique et une jeunesse profondément traumatisée par les dures années du terrorisme barbare et qui voit son unique salut dans l’étranger, à un moment où, paradoxalement, notre pays reçoit quotidiennement des flux d’immigrés clandestins, qui viennent de tous les continents, non seulement pour se rendre en Europe, mais aussi pour tenter leur chance chez nous.

    Nous devons donc nous atteler, d’urgence, à convaincre nos jeunes «harragas», qui continuent à échouer, par dizaines, sur les côtes de nos voisins du Nord de la Méditerranée, des perspectives énormes que les chantiers déjà entamés ou qui vont bientôt être ouverts en Algérie leur offrent en matières d’emplois et de formation, les imprégner fortement de l’histoire multi-millénaire de notre pays, avec toute ses dates et figures marquantes, sans en occulter aucune et leur ré-apprendre à célébrer la mémoire de nos illustres ancêtres et aînés, dans la gratitude, le respect et la ferveur et que M. Horne évoque dans son livre, en soulignant leur sens du courage et de l’honneur qu’il dit « retrouver chez le franco-algérien Zinédine Zidane, qui a préféré son honneur à la coupe du monde, qu’il aurait pu remporter s’il s’était abstenu de réagir violemment aux insultes du joueur italien ».

    Une jeunesse sans mémoire est une jeunesse désorientée et dangereuse car facilement manipulable.

    Nous devons aussi fournir à nos compatriotes expatriés, qui comptent parmi eux des compétences mondialement reconnues, les raisons valables pour qu’ils soient activement associés, chacun selon sa spécialité, au processus de développement national, qui démarre puissamment.

    par Ahmed Amine.

    Source

    Tags : Algérie, Guerre d’Algérie, France, colonialisme, colonisation, Etats-Unis, Charles Robert Ageron,

  • FRANTZ FANON L’homme de rupture

    Un intellectuel de génie

    Je n´aime pas l´Afrique des yes men et des béni-oui-oui, l´Afrique des hommes couchés […] l´Afrique des négresses servant l´alcool d´oubli sur le plateau de leurs lèvres. A. Béville

    Le 20 juillet 1925, naquit Frantz Fanon. Comme Césaire et E. Glissant, il est natif de la Martinique. L´action et l´oeuvre de Fanon s´inscrivent dans une logique de rupture totale avec le passé. Passé d´une aliénation et d´un servilisme longtemps subis. Au-delà de ce que peut nous révéler cette oeuvre sur le plan de l´examen médical, de tout le fatalisme psychiatrique et de la symptomatologie des formes aliénantes, l’écriture de ce grand homme a d´abord été un cri. Un cri de libération subjective, de la charge de mépris et de l´attitude condescendante du blanc, qui pèsent sur lui, en tant qu´individu. “Et puis il nous fut donné d´affronter le regard de l´homme blanc” (Fanon, Peau noire, masques blancs, p.6). Un cri d´affranchissement de la lourde hypothèque “blanche”, qui obère depuis des siècles, l’émergence d´une dignité dans la société noire. Celle-ci est faite de violence inouïe à l´égard de l´esclave et de l´indigène par le colonisateur, qui a rythmé ” la destruction des formes sociales et démoli sans restrictions les systèmes de références.” (Fanon, Les Damnés de la terre p.29).

    Enfin, un cri à portée universelle, comme dialectique de la délivrance du corset de fer imposé par le capital et l´exploitation de l´homme déshumanisé. Cette phénoménologie de la souffrance et de l´aliénation explique le rejet hors du champ de l´humain de l´homme noir, pour le transformer en ce Noir antithétique de l´homme blanc. Une face nègre et un visage pâle pour la même médaille. Une figure antinomique par la perte de son statut d´homme, défini par celui-là même, son non-semblable blanc. Dorénavant, ce Nègre se trouve coincé dans une zone de non-être, relégué dans un no man´s land brumeux, indistinct, repoussé dans les ténèbres d´une altérité mystérieuse et étrange.

    A ce stade, un monde bipolaire, manichéen, se dessine autour de lui ” un monde coupé en deux et habité par des espèces différentes”(Les Damnés). Le Noir migre de l´univers des hommes vers celui de l´animal, son séjour est caractérisé par un espace sémiotique que délimitent des symboles zoologiques: reptation, émanations, hordes, pullulement etc. Dans cette conception, Fanon gomme le flou caricatural qui l´entoure, et redessine, d´une façon claire, ses contours palpables. Il arrache à cet homme les oripeaux, dont les oeuvres philanthropiques d´une Europe pleine de morgue l´ont vêtu, pour le présenter dans sa nudité native, laissant découvrir ses muscles, sa sueur et son sang. Ce Noir encore, silhouette obscure, dont on ne perçoit qu´ombre incertaine et mouvance brumeuse, va cristalliser à présent autour de lui un énoncé identitaire, posé à travers une conscience double: celle de l´institutionnalisation de l´état de l´esclavage et de la race. Celle d´une subordination et d´une couleur, comme l´a fort bien suggéré G. Fabre dans ses travaux sur le théâtre noir (1). Se (dé)couvrant ainsi, le Noir essayera d´échapper à sa condition, à la condition inhumaine qu´on a taillée pour lui sur mesure. Il tentera de se dépasser en se reniant, d´oublier ce qu’il est, en se consumant. Il s´empêtre dans la confusion des deux instances personnelles: le “je” et le “tu” pour devenir un “il”, entité impersonnelle et abstraite. Il (se) fabrique son remake…blanc. Une pâle copie de la copie de son maître. Une figure de laideur incolore. Il a compris que son destin était blanc. Alors il veut être blanc.”Il ya longtemps que le Noir a admis la supériorité du Blanc, et tous ses efforts tendent à réaliser une existence blanche.”(Fanon, Peau noire, masques blancs, p.205). Ce reniement ontologique dépasse la problématique contentieuse du Maître et de l´Esclave, dont Hegel a fait sienne la réflexion, dans la Phénoménologie de l’Esprit (2). Ces deux consciences antagoniques incluent des notions de domination, de supériorité. Et, par un long processus historique, dans la perspective hégélienne, l´esclave arrive à une reconnaissance, voire à une égalité avec le maître, à partir d´une progressive évolution et d´un renversement des valeurs. Or, le Noir dans l´inconscient du Blanc est statutairement non-humain, par conséquent son accomplissement dans l´Histoire est toujours retardé et peut-être jamais réalisable. Ce rapport unilatéral, imposé par la force par le colonisateur, contredit toute possibilité de reconnaissance réciproque. Là, se dresse de toute sa hauteur altière, cet éminent psychiatre, ce théoricien de la domination, cet Algérien, cet Antillais, ce Fanon universel, au caractère tranchant et à l´âme entière, pour dire aux consciences serviles et aux nuques soumises, que les maux dont ils souffrent sont la conséquence de leur résignation. Mais qu´ils peuvent s´en guérir. Le combat juste est leur seule arme de libération. Celle-ci” ne peut être le résultat d´une opération magique, d´une secousse naturelle ou d´une entente à l´amiable” (Les Damnés, p.25). C´est une claire mise en garde contre les discours oiseux et l´euphorie d´une eschatologie salvatrice, sur fond de douce béatitude. Fanon connaît les sociétés qu´il décrit, et l´analyse qu´il en fait n´est pas sans référent dans la réalité, elle est précise et d´une portée considérable. Son message n´a pas de frontières. Il ne fut pas le seul, d´autres avant lui avaient pris la parole, rendu visible leur réalité, et sensibles leurs causes. Césaire, Damas, Senghor, Cheikh A. Diop, chantres de la négritude et défenseurs de la culture noire; Martin L. King, Malcom X, Amiri Baraka, héros de la Renaissance noire, ou activistes dans la double lutte, féministe et raciale: Ida B Wells-Barnet, Ella Baker, Rosa Parks, Fannie Lou Hamer, et bien d´autres leaders noirs emblématiques, dans une Amérique raciste. Mais le combat de Fanon serre de plus près la réalité. Il pose une échelle d´actions qui passe de l´exorcisme des passions individuelles, à l´effort collectif de désaliénation, de décolonisation et qui est contre toutes les formes de domination. Seule l´action politique et révolutionnaire demeure efficiente. Mêlant ses recherches et ses préoccupations intellectuelles à l´action politique, dans cette Algérie qui constitua pour lui une terre d´accueil, il y découvrit les tourments d’une humanité seconde et ses peines intolérables. Ce grand révolutionnaire convaincu et sincère prédisait un avenir en tout cas meilleur que le présent vécu. A condition de secouer cette longue nuit coloniale: “La grande nuit dans laquelle nous fûmes plongés”(Les Damnés, p.235).

    Fanon rejette l´idée de spécificité d´une “essence noire”, dépassable, dont parlait Sartre, dans la préface Des Damnés de la terre. Ce dernier reste prisonnier de l´idée de réalisation d´une société humaine, nivelée dans ses contradictions, et sans race; tout comme Marx le resta dans son utopique idéal communautaire, sans Dieu ni classe. L´existence d´une particularité, ou d´une culture nègre, n´est pas liée à une essence. Elle est le produit d´une histoire. Son existence combine cette spécificité africaine, où s´expriment les rythmes, l´organisation des modes de vie, la littérature orale, tous les paradigmes qui spécifient cette convergence et ses affinités dans le monde nègre, avec la réalité sur les cruelles déportations outre-Atlantique, l´esclavage institutionnalisé, les séduisantes et trompeuses missions civilisatrices. Quant à l´essence, elle ne peut être que: “Cette essence divine par quoi se manifeste l´éminente dignité de la nature humaine,” comme l´a rappelé solennellement le Dr Price-Mars, au cours du 1er congrès des Ecrivains et Artistes noirs.(3) Elle est, selon l´esthétique noire, suprahumaine, détachée du contexte historique qu´elle transcende. Persistants, l´esclavagiste et plus tard le colonisateur justifient cette notion “d´âme noire” qui n´est en fait qu´un prolongement indéfini, un approfondissement, comme l´a exprimé Césaire, du “processus de chosification” de l´homme. Historiquement, les premières expéditions coloniales avaient commencé sous l´égide de l´église. Une bulle pontificale légitimait la guerre contre le peuple indien, estimant comme un devoir chrétien, son asservissement. C´est le pape Alexandre VI qui, en 1493, autorisait la violence sur les Indigènes, afin, prétendait-il, de sauver leur âme pécheresse. Le massacre des populations, l´occupation des terres et le pillage de l´or se sont rarement produits sans la bénédiction cléricale. Peu de temps avant, c´était l´effervescence de la Reconquista dans une Espagne houleuse, marquant la fin tragique du règne islamique, suivie d´expéditions punitives contre les populations non chrétiennes, la chasse aux Juifs et aux Musulmans, et les exécutions expéditives de ceux qui résistaient aux conversions forcées au christianisme. Au IVe siècle, Saint Augustin justifiait l´esclavage; au VIIe, Isodore de Séville expliquait que les esclaves, étaient coupables et méritaient leur sort, à cause du péché originel. Le fait colonial est étroitement lié à ces étapes historiques. L´Occident moderne a bâti son histoire coloniale sur ces vestiges de “grandeur” que Fanon a démystifiés et sans cesse bousculés. Il rappelle à cette Europe va t-en- guerre le travestissement des Lumières, les formules creuses d´égalité et de fraternité, l´aventure spirituelle, qui ont été paradoxalement, les premières valeurs mises en avant, dans le but de circonvenir les peuples, puis de les coloniser. Même le christianisme noir est dévalorisé par les Missionnaires d´Europe, “à croire qu´il n´existe pas une attitude chrétienne de respect à l´égard des cultures indigènes”, s´écrie un congressiste(4). Ainsi les fameuses missions civilisatrices ne furent que vastes détours, artifices de séduction, un moyen ” d´évangéliser les Nègres jusqu´aux os, afin de se rendre dociles leurs âmes jusqu´au jour du massacre, chercher ainsi à en faire un peuple chanteur de “Negro-spirituals”, s´indigna Cheikh Anta Diop(5).

    Voilà un demi-siècle que le temps nous a séparés de cet intellectuel de génie, à l´oeuvre considérable. Mais Fanon nous est inséparable. Il n´a pas encore pleinement la place qui sied à cet auguste personnage. Mais il a une immense place dans nos coeurs. Il n´appartenait à aucune coterie littéraire, ni aréopage intellectuel. C´est un savant qui a su dépasser le conformisme scolaire, et su éviter de suivre les brisées d´une sociologie emmurée dans les limites d´un impérialisme de la pensée. Praticien incomparable et penseur libre, cet esprit acharné a mis toute son énergie, durant sa courte vie, au service de l´homme et de l´Histoire. Il a refusé l´embrigadement de l´orthodoxie universitaire qui, cachée derrière un écran méthodologique, l’aurait poussée à une pratique qu’il refusait. En effet, il ne voulait pas soumettre ses analyses à l´étroitesse des règles, dont les cadres préétablis auraient servi de repères exclusifs, où sa pensée devait fatalement tenir. D´ailleurs, il montrait une défiance à l´égard des exposés doctrinaux, issus des laboratoires d´idées préfabriquées, et choisit, pour cela, des moyens d´investigation pratiques et le point de vue heuristique. L´hôpital de Blida où il faisait ses consultations psychiatriques, et le contexte historique d´une Algérie colonisée, ont favorisé ses efforts qui tendaient à une harmonisation du penser et de l´agir. Un demi-siècle, et les résonnances profondes de ses appels ne cessent de nous interpeller, comme une profession de vérité et d´espoir. On est toujours saisi par l´universalité de son message lancé à la face du monde, et de cette Europe infatuée. C’est un juste combat, celui en définitive de la restauration d´une dignité, dans l´espérance d´une réparation, fût-elle symbolique, tant attendue certes, mais sans haine, ni dédommagement rétroactif.

    Le 6 décembre 1961 décéda Frantz Fanon. Son corps fut ramené de Tunisie. Un hommage des dirigeants de l’A.L.N lui fut rendu. D´abondantes larmes coulèrent et l´un d’eux, sorti des rangs serrés des Moudjahidines, prononça d´une voix aux inflexions émouvantes, une oraison, juste, austère, et sans pimpante fioriture, à la mesure du grand homme qu´il fut et du visionnaire qu´il restera.

    L’extrait suivant a été rapporté par le journal El Moudjahid, organe du FLN où Fanon a aussi collaboré.

    C´est fini.
    Le cercueil repose sur un lit de branches de lentisque, au-dessus des rondins de chêne-liège. En cette fin d’après-midi, le soleil décline. Au loin, on devine la plaine dont nous séparent des crêtes douces, bleutées dans la lumière ouatée de l´hiver. Tout respire la beauté et le calme.
    Le dernier voeu de Frantz Fanon est accompli: il repose parmi ses frères, en terre algérienne.

    (1)G.Fabre, Le Théâtre noir aux Etats-Unis, Ed. Cnrs, 1982.
    (2)Ed.Gallimard, 1991
    (3) in Présence Africaine, No spécial, Septembre, 1956.
    (4) Idem
    (5) Idem, Cité par T. Ekollo.

    Abdelkader BENARAB

    Tags : Algérie, France, colonialisme, guerre d’Algérie,

  • MAROC : ARABIE SAOUDITE/Des employées de maisons “vendues” sur le net

    Parce qu’elles ne donnent pas satisfaction à leurs employeurs, des employées marocaines ont été mises en «vente» sur les réseaux sociaux. Des pages sur les réseaux sociaux ont publié, récemment, des annonces proposant la cession de droits de parrainage de servantes marocaines à de nouveaux «kafils» (garants). Des réactions d’indignation sur les réseaux sociaux ne se sont pas fait attendre. La toile à explosé pour dénoncer cette forme de traite des êtres humains d’un nouveau genre.

    Par ces annonces sur le net les employeurs qui étaient «kafils» (garants) souhaitent se débarrasser de la main d’oeuvre qu’elle avaient acquise par le biais d’intermédiaires.

    les anciens employeurs se séparent de leurs employés en général pour des raisons futiles

    Ils prétextent le «manque de compétence en matière de garderie d’enfants» ou le fait de «vouloir se doter d’un téléphone» pour garder le contact avec leurs familles au pays.

    Parmi les raisons avancées du renoncement aux droits de parrainage à d’autres «kafils» potentiels, on trouve le fait qu’elles «ne savent pas traiter les enfants» ou «veulent des smartphones».

    Pire, ces annonces indiquent que les potentiels acheteurs de droits ont la possibilité de «tester les compétences de la domestique de leur choix avant de parapher le transfert des droits de tutorat».

    Tout en indiquant que plus les domestiques sont jeunes, plus elles sont plus chères, les annonces ajoutent qu’elles ont plus la côte si elles acceptent de s’occuper des personnes âgées.

    Sans aucun respect de la dignité de ces femmes traitées comme des marchandises, les annonces comportent également leurs données personnelles (âge, langues parlées, religion…).

    Précarité et maltraitance
    Ces domestiques se trouvent dans un état de précarité inimaginable. Elles n’ont pas d’autres choix que d’obéir et d’accepter d’être traitées comme des marchandises. Si jamais elles osent refuser le transfert, elles peuvent facilement se retrouver accusées de vol, de sorcellerie ou d’avoir voulu séduire l’époux et se retrouver ainsi en prison.

    Ces annonces qui suscitent un tollé sur les réseaux sociaux ont mis au grand jour une pratique très répandue. Il aura fallu attendre la diffusion par Deutsche Welle de certaines annonces de ces ventes pour que le grand public découvre la triste réalité.

    Une affaire qui rappelle celle de Lamia Mouatamid qui a nécessité une intervention royale pour qu’elle puisse retourner au Maroc. Ce triste épisode a mis en lumière la vie amère des domestiques marocaines «peu dociles» dans les prisons saoudiennes.

    A noter que ce genre de transactions, qui concerne souvent les femmes de ménage et les chauffeurs privés, les majordomes, etc., ne concerne pas uniquement les Marocains, mais touche toutes les nationalités travaillant en Arabie Saoudite: Phillipines, Pakiatsianes, etc.

    Bien qu’une enquête a été ouverte par les autorités saoudiennes pour déterminer les parties à l’origine de ces annonces, cette loi moyenâgeuse du kafil qui rime à de la traite des êtres humains, continue de sévir dans un des pays les plus riches au monde, malgré les conventions internationales sur le sujet.

    M.T

    Source : Points chauds, 28 fév 2020

    Tags : Maroc, Arabie Saoudite, esclavage, bonnes,

  • Maroc révélation : Ben Barka, Hassan II et les autres

    L’avocat de la famille Ben Barka vient de publier un livre témoignage pour dire ce qu’il sait du célèbre Mehdi, mais aussi de Hassan II, De Gaulle, Castro, etc. Le résultat, dont TelQuel publie de larges extraits, vaut le détour.

    “S’il vous plaît, laissez le prince gagner !”

    Ma première rencontre avec le futur roi Hassan II aurait dû avoir lieu à Ifrane, au cours de l’été 1942 ou 1943. J’avais 13 ou 14 ans. Je jouais au tennis avec un ami lorsqu’un capitaine de l’armée française se présente à la porte du court et m’interpelle : “Accepteriez-vous de jouer avec le prince ?”. Je ne comprends pas sa question.

    – Avec quel prince ?

    – Le fils aîné de Sa Majesté
    le Sultan, le prince Moulay Hassan.

    – Je joue assez mal et le prince ne sera sans doute guère intéressé par nos échanges de balles, lui réponds-je étonné.

    – Bien sûr que si, car le prince ne joue que depuis peu. Mais une condition s’impose. Si vous acceptez de jouer avec lui, vous devez le laisser gagner.

    La condition émise par l’officier me dresse les cheveux sur la tête ! Tout mon tempérament de “Sagittaire” me porte exactement au contraire… Il m’arrivera souvent de perdre au cours de ma vie, mais jamais dans aucun jeu, dans aucun sport, dans aucun procès, je ne l’ai fait ou accepté volontairement. Ma réponse fuse : “Prince ou pas, il n’en est pas question”.

    L’accident-attentat contre la Volkswagen

    Novembre 1962, Mehdi Ben Barka est victime d’un “accident”, véritable attentat contre sa personne. Il a quitté Rabat pour Casablanca, accompagné d’un futur député, Mehdi Alaoui, dans une Volkswagen, conduite par un chauffeur membre du parti. Le véhicule est suivi de près par une Peugeot 403 des services de police chargés de surveiller, depuis plusieurs jours, tous ses déplacements. A bord ont pris place des agents du CAB 1. Brusquement, dans une longue courbe surplombant un ravin non loin de Bouznika, la 403 accélère, passe devant la Volkswagen et se rabat devant elle, commettant ainsi, délibérément, ce qu’on appelle une “queue-de-poisson”. Pour éviter l’accrochage et la chute dans le ravin, le chauffeur de la Volkswagen donne un coup de volant brutal à gauche, renversant son véhicule de l’autre côté de la route, dans le fossé. Le chauffeur et Mehdi Alaoui se sont évanouis sous le choc. Ben Barka, éjecté du véhicule, non. Appelant de l’aide, il est entendu par des ouvriers agricoles proches qui viennent aussitôt lui porter secours, ainsi qu’à ses compagnons. Les policiers sont descendus de la 403 et reviennent en arrière. Constatant la présence de témoins, ils prennent immédiatement le chemin inverse et disparaissent avec leur véhicule ! Une voiture de passage transporte les victimes à Rabat. Par le plus grand des hasards, elle est conduite par le procureur du roi près la Cour Suprême ! Il est donc le premier informé de ce qui vient d’arriver. Sur le coup, Ben Barka ne s’est pas plaint. Mais, dès son retour chez lui, une douleur à la nuque le terrasse. Transporté d’urgence dans une clinique de la ville, la fracture d’une vertèbre cervicale est diagnostiquée. Cet établissement est le plus réputé de Rabat, mais son directeur entretient des relations étroites avec le Palais… Le parti place donc des gardes devant la porte de la chambre de Ben Barka, qui se relayent jour et nuit. Inquiet des soins qui lui sont prodigués et des allées et venues de “particuliers douteux”, son frère décide de l’emmener en Allemagne. Le 22 novembre, ils arrivent à Cologne. Après quinze jours de soins intensifs, Ben Barka est de retour, avec une “minerve”.

    “Jamais il ne remettra les pieds au Maroc !”

    Le roi, selon certains, a tenu au palais royal, dès le 25 mars 1965, un conseil restreint avec Oufkir, Dlimi, Moulay Hafid et Driss M’Hammedi, le directeur général du cabinet royal, pour évoquer le “cas Ben Barka”, peut-être beaucoup plus nocif à l’étranger que s’il était au pays. Son retour au Maroc s’imposait donc, d’une manière ou d’une autre, de son plein gré – ce que le roi savait impossible – ou de force. En même temps qu’il reçoit les représentants des partis en avril, Hassan II cherche donc à prendre contact avec Mehdi Ben Barka. Espère-t-il ainsi diviser les dirigeants de l’UNFP ou songe-t-il, réellement, à lui confier une responsabilité importante dans la grave crise que vit le Maroc ? Ne va-t-il pas simplement tenter de l’appâter, de le piéger, pour le convaincre de rentrer de son plein gré servir le pays ? En fait, pour l’arrêter, voire le liquider, dès son arrivée ? Le roi n’a-t-il pas averti le 13 avril : “Tous ceux-là doivent comprendre que le temps des complots et des troubles est révolu… J’attire leur attention que notre clémence n’aura d’égal que notre fermeté” ? Simone Lacouture raconte dans L’Evénement, en octobre 1966 : “Il y a deux ans lorsque je fus reçue pour la dernière fois par le roi, on parlait du retour de Ben Barka, à la suite de la mesure royale d’amnistie des condamnés du complot de juillet. Lorsque je lui ai demandé si cette éventualité était envisageable, il bondit comme sous l’effet d’une insulte : ‘Ben Barka ? Jamais, vous entendez ! Jamais il ne remettra les pieds au Maroc. Souvenez-vous de ce jour et de ce que je vous dis : jamais Ben Barka ne rentrera ici. Je vous en donne ma parole d’honneur’”.

    Quand Castro dit non

    Avant le “retour de force” de Ben Barka au Maroc, Hassan II tente de lui couper ses “élans révolutionnaires”. Au moment même où, pour l’inviter à rentrer de son plein gré, il envoie le prince Moulay Ali à Francfort, il prie Fidel Castro de ne plus le recevoir à Cuba…au risque de voir abandonné par le Maroc l’important contrat signé début 1965 pour l’importation d’environ 150 000 tonnes de sucre, chaque année. Le coup est très dur pour Cuba, qui risque alors de perdre un gros client : le Maroc. Mais c’est mal connaître le “lider maximo”. Fidel Castro n’accepte pas le marchandage hassanien : “Que le Maroc cesse d’acheter son sucre à Cuba, s’il le veut, mais pas de chantage à l’égard de mon ami le président Ben Barka”. En revanche, Fidel Castro avertit fin septembre le leader marocain de la requête du gouvernement marocain à son encontre. La “démarche” de Hassan II est connue des services français. Je l’ai retrouvée dans le dossier du SDECE (contre-espionnage français). Un deuxième avertissement lui est donné, indirectement, au cours de l’été. Sa famille en résidence au Caire reçoit conseil de déménager dans un quartier plus résidentiel, plus surveillé par la police égyptienne. Ce qu’elle fait.

    De Gaulle n’a pas tenu promesse

    Novembre 1965, quelques jours après la disparition de Ben Barka, Hassan II reçoit, à Fès, le colonel Albert Touya, émissaire français. Celui-ci lui remet le rapport arrivé de Paris et l’informe de la requête de la France : le départ de Mohamed Oufkir ! Le souverain, qui a reçu son ministre dès son retour de Paris, le défend. Il reçoit finalement l’ambassadeur de France vers 18h. Le roi montre d’abord qu’il est très vexé : “L’affaire est grave… Donnez-moi un délai de trois jours. Lorsqu’on attaque un ministre, c’est moi-même que l’on attaque. Comment peut-on supposer vrai tout ce que vous me racontez, alors que je devais aller à Paris le 11 novembre, qu’Aherdane en revient, que votre ministre Pisani allait venir ? Et, c’est dans ces conditions qu’Oufkir et Dlimi seraient allés à Paris pour faire le coup, comme l’on dit ? Croit-on que moi-même, j’ai pu avoir participé en quelque manière à toute cette affaire ? Mon éthique est l’honneur, la tradition de ma famille… La raison d’État doit l’emporter… Qu’y a-t-il en balance dans tout cela ? D’un côté, une affaire de truands, de l’autre les rapports entre la France et le Maroc… Tout ce que je demande, c’est la vérité. Ce qu’on insinue est impossible”. En bref, Hassan II écarte toute idée de se séparer d’Oufkir. De Gaulle a été informé, dès le matin, de la position intransigeante du roi. Il n’en est que plus irrité. Est-ce la raison du message en retour qu’il a adressé à la mère de Mehdi Ben Barka ? Je suis convoqué à l’ambassade de France en fin d’après-midi. Le conseiller juridique m’apprend la réponse. Je lui demande de me remettre le texte. “Il n’en est pas question, me dit-il. Mais vous êtes autorisé à l’apprendre par cœur !” Après discussion, j’obtins le droit de le recopier, d’en faire état à ma seule cliente, mais de ne pas le communiquer à des tiers ! “Veuillez faire savoir à la mère de Mehdi Ben Barka que le général de Gaulle a bien reçu la lettre qu’elle lui a adressée et qu’il tient à l’assurer que la justice exercera son action avec la plus grande rigueur et la plus grande diligence”.

    J’en fais part sur-le-champ à la mère de Mehdi Ben Barka et à Abderrahim Bouabid. L’engagement solennel du chef de l’État français leur redonne courage. La France n’est-elle pas le pays des droits de l’homme, des libertés, de la justice ? Hélas, Fatouma Bouanane décèdera le 20 octobre 1970, quelques jours après le Général, sans en savoir plus sur le sort de son fils.

    Le show de Dlimi

    Octobre 1967 : le directeur général de la Sûreté nationale marocaine, Ahmed Dlimi, se présente au palais de justice et se constitue prisonnier ! Une véritable comédie policière, avec même des barrages aux abords des aérodromes, a précédé son arrivée…alors qu’il dormait tranquillement dans un bon lit parisien. Il a voyagé dans la nuit du 17 au 18 sous le nom de “M. Ben Mokhtar, commerçant” ! Depuis son débarquement, la nouvelle a été soigneusement cachée par ses avocats. Suprême plaisanterie, l’audience de la Cour du 19 octobre a commencé à l’heure prévue, sans qu’aucune information ne soit donnée sur “l’arrivée de Dlimi”. A 16 h, une grande agitation se produit aux grilles du palais. Les chuchotements augmentent dans la salle d’audience… A 16 h 30, une 404 franchit les grilles. L’homme qui en descend déclare, au premier gendarme qui l’interroge, qu’il est bien Ahmed Dlimi. Pourquoi lui avoir laissé tant de temps depuis son passage à Orly ? Sans doute pour lui permettre d’organiser sa défense. On sait aujourd’hui qu’un arrangement a même été passé avec lui avant son départ de Rabat ! Dlimi, en plein accord avec Hassan II, qui lui a donné l’ordre formel de se taire, joue les innocents. Son avocat sollicite de la Cour sa mise en liberté provisoire immédiate ! Offusqués, nous décidons avec le représentant de la partie civile de quitter l’audience en signe de protestation… De l’autre côté, à Rabat, pour que la comédie soit complète, Hassan II condamne Dlimi à 120 jours d’arrêt de rigueur pour “abandon de poste”. Mais il décide, en même temps, de le nommer lieutenant-colonel, une promotion !

    Ils avaient le même tailleur…

    Hassan II raconte qu’il était très intime de Ben Barka dans sa jeunesse : “C’était un bon compagnon, un vieux copain…” Et d’ajouter : “C’est à Ben Barka que je dois de m’habiller avec élégance… Plus tard nous avions le même tailleur, M. Kamps. A l’époque le costume coûtait 150 000 anciens francs”. Or, par le plus grand des hasards, j’acquis ces dernières années un costume chez un commerçant de l’avenue Félix Faure à Paris, qui me dit être un ancien ouvrier tailleur chez M. Kamps. Et il me raconta que “le prince Moulay Hassan était venu un beau jour commander cent costumes”. Pas Ben Barka !

    Maurice Buttin. Une affaire, un homme

    D’origine marocaine, puisqu’il est né à Meknès en 1928, Maurice Buttin s’est inscrit au barreau de Rabat dès 1954. Onze ans plus tard, il fait son entrée dans la grande histoire en acceptant, au nom de la mère de Mehdi Ben Barka, de prendre l’affaire en main. 45 longues années de lutte acharnée, entre Rabat (où il a longtemps été interdit de séjour) et Paris, n’ont pas suffi à faire éclater tous les verrous, toute la vérité. Buttin, bon pied bon œil, n’a toujours pas renoncé et ne le fera sans doute jamais. C’est l’histoire de ce demi-siècle d’espoirs et de frustrations, mêlée à la petite histoire de la gauche marocaine, qu’il nous raconte dans son livre Hassan II, De Gaulle, Ben Barka : ce que je sais d’eux, qui vient de paraître aux éditions Karthala.

    Editing TelQuel No 446, 12 nov 2010

    Tags : Maroc, Makhzen, Mehdi Ben Barka, Oufkir, Hassan II, Mossad, SDECE, 

  • Sahel: des crise de sécurité en spirale

    Le Sahel est un endroit principalement semi-aride sur la frange sud du désert du Sahara qui traverse de nombreux pays africains.

    Bien que les délimitations géographiques varient, le Sahel est généralement défini comme s’étendant du nord du Sénégal sur la côte de l’océan Atlantique, à travers certaines parties de la Mauritanie, du Mali, du Burkina Faso, du Niger, du Nigéria, du Tchad, et jusqu’au Soudan et à l’Érythrée dans la mer Rouge.

    Les bonnes affaires des pays du Sahel ont en fait lutté contre les mouvements environnementaux extrêmes qui conduisent à la répétition de périodes sèches avec des résultats néfastes sur les populations actuellement sujettes vivant dans la zone sous-développée.

    Tout récemment, certaines parties de l’ouest du Sahel sont également restées sous les projecteurs internationaux en raison d’une «foyer de tension» qui comprend de nombreux groupes armés, des projets militaires des armées nationales et des partenaires internationaux ainsi que des milices régionales.

    La crise de sécurité a commencé en 2012 lorsqu’une alliance de groupes séparatistes et armés a pris le contrôle du nord du Mali, déclenchant une intervention militaire de l’ancienne puissance coloniale française pour arrêter leur avancée vers la capitale, Bamako, et empêcher un effondrement total de l’État malien.

    Cependant, les combats se sont intensifiés de manière significative tout récemment, car les groupes armés ont en fait élargi leur portée, en recourant à des défis et à des critères ethniques et spirituels pour le recrutement.

    Risque en spirale

    Bien qu’il existe une pléthore de groupes armés non étatiques qui opèrent dans la région, les deux principales mouvement derrière des attaques considérablement innovantes au cours des deux dernières années ont en fait été Jama’at Nasr al-Islam wal Muslimin (lié à al-Qaïda) ( JNIM) et l’État islamique affilié à l’EIIL dans le Grand Sahara (ISGS).

    D’autres groupes qui opèrent dans un endroit plus large sont al-Mourabitoun, Ansarul Islam, Plateforme, Ansar al-Din et Boko Haram.

    Selon les Nations Unies, les attaques ont en fait quintuplé au Burkina Faso, au Mali et au Niger en y pensant en 2016, avec plus de 4000 décès signalés en 2015 dans les zones frontalières entre les 3 pays les plus durement touchés.

    La violence à l’épicentre du désaccord a en fait déclenché une crise humanitaire importante alors que les attaques visant des civils augmentent en nombre et en fréquence.

    Au cours des 12 derniers mois, plus de 700.000 personnes ont dû quitter chez eux au Burkina Faso, selon l’ONU. De nombreux maliens et nigériens ont également été déplacés tandis que de nombreuses écoles ont été fermées.

    Livraison des forces étrangères

    Une force militaire internationale comprenant des soldats apportés par l’organisme régional du G5 Sahel – Burkina Faso, Tchad, Mali, Mauritanie et Niger – a en effet eu du mal à arrêter la violence car elle a commencé ses opérations en 2017 au milieu de déficits de financement constants et différences de coordination.

    Au début de février, la France, en revanche, a révélé qu’elle élargissait sa présence militaire sur place et envoyait 600 soldats supplémentaires à son objectif actuel de 4.500 hommes.

    Cela a été fait suite à un sommet France-G5 Sahel en janvier qui s’est terminé par l’acceptation par les dirigeants de l’avancement d’une nouvelle structure visant à rassembler les deux forces de sécurité sous un seul commandement, ainsi qu’à faciliter les opérations conjointes et à améliorer le partage des renseignements.

    Dans toute la hiérarchie de Pau, le président français Emmanuel Macron a également cherché une déclaration claire de ses équivalents validant leur option pour l’engagement militaire de la France au moment où la croyance anti-française grandissait dans certains pays au milieu de la détérioration rapide des conditions de sécurité.

    Le mécontentement face à l’incapacité constatée des forces françaises et de l’ONU à endiguer la vague de violence a en fait été amplifié par les atteintes aux droits humains attendues – y compris les homicides illégaux – tout au long des opérations militaires des armées de tout le pays dans la région.

    Les groupes humanitaires ont également mentionné que la réaction militaire dans la région «fait partie du problème», les observateurs avertissant que des problèmes sociaux et financiers devraient également être traités pour endiguer la crise.

    En septembre, les dirigeants du bloc local de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont dévoilé une stratégie d’un milliard de dollars pour aider à la lutte contre les groupes armés.

    L’aide financière est préparée pour s’exécuter entre 2020 et 2024 au milieu des problèmes d’un certain nombre de pays ouest-africains également frappés par des attaques.
    John Mahon

    AsumeTech, 29 fév 2020

    (traduction automatique)

    Tags : Algérie, Sahel, Tchad, Mali, Niger, Burkina Faso,