Tag: Sahara Occidental

  • Ballet diplomatique à Alger et larmes à Rabat

    Après le chef du Gouvernement d’union nationale libyenne, Fayez al-Sarraj, le Premier ministre italien, Giuseppe Conte et les chefs de la diplomatie turque, égyptienne et italienne, c’est au tour du ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian de se rendre ce mardi en Algérie.

    Les réactions de jalousie du Maroc imposent la discrétion. Aucune autre précision n’est fournie sur l’agenda de la visite de Le Drian. Cette visite qui sera probablement axée pour l’essentiel sur la question libyenne intervient au lendemain d’une entrevue entre le président algérien Abdelamjid Tebboune à Berlin dans le cadre de la conférence de Berlin organisée par Angela Merkel sous les auspices de l’ONU.

    Devant les participants à la conférence, Abdelmadjid Tebboune a exprimé la disponibilité de l’Algérie à abriter le dialogue entre les “frères libyens” et son rejet “catégorique” de la politique du fait accompli en Libye. Tout en appelant la communauté internationale à assumer sa responsabilité en matière de respect de la paix et de la sécurité dans ce pays.

    Le président Tebboune a affirmé que “l’Algérie refuse toute atteinte à son intégrité nationale et à la souveraineté de ses institutions. Nous sommes appelés à arrêter une feuille de route aux contours clairs, qui soit contraignante pour les parties, visant à stabiliser la trêve, à stopper l’approvisionnement des parties en armes afin d’éloigner le spectre de la guerre de toute la région”, a-t-il dit.

    Malgré que le gouvernement libyen d’union nationale a été créé sous des cieux marocain à Skhirat, l’ONU refuse d’impliquer le Maroc dans le processus initié dans la capitale allemande. Pour plusieurs raisons : Le Maroc ne fait jamais rien sans demander quelque chose en contrepartie, notamment des faveurs dans le dossier du Sahara Occidental où les tentatives des Nations Unies visant à résoudre con conflit quadragénaire se heurtent aux velléités colonialistes de Rabat et ses mentor français.

    A l’instar de son allié français, la présence marocaine au Sahel n’est pas bien vue. Les pays de la région pointent la responsabilité du haschich marocain dans la dégringolade de la situation sécuritaire au Sahel. Non sans raison, Mme Merkel a chargé le président Emmanuel Macron de calmer son ami marocain. Une amitié qui porte préjudice au principe de neutralité vis-à-vis du conflit libyen. La neutralité marocaine est un leurre. Le Maroc n’est là que pour défendre l’agenda et les intérêts de la France. Paris lui rend l’ascenseur lors de la rédaction de la résolution du Conseil de Sécurité qui prévoit le renouvellement du mandat de la MINURSO.

    Tags : Maroc, Sahara Occidental, Front Polisario, ONU, MINURSO, Antonio Guterres, conférence de Berlin, Libye,

  • Problématique de la présence du Maroc au Groupe Africain de l’ONU

    Tags : Maroc, Union Africaine, ONU, groupe africain, Algérie, Sahara Occidental,

    Le Maroc craint un débat sur sa présence au sein du Groupe africain, ses fondements, sa légitimité, ainsi que le statut actuel de la présence du Maroc au sein de ce Groupe régional.

    Note

    A

    Monsieur le Ministre

    Me référant à la lettre de notre Ambassadeur, Représentant Permanent au sujet la présence du Maroc au sein du Groupe africain de New York, J’ai l’honneur de vous informer que suite à l’escalade algérienne après la tenue de la conférence africaine d’Abuja de « soutien au peuple du Sahara occidental », l’Algérie et l’Afrique du Sud ne manqueront pas de créer, dans les mois prochains, un débat sur la présence du Maroc au sein du Groupe africain, ses fondements, sa légitimité, ainsi que le statut actuel de la présence du Maroc au sein de ce Groupe régional.

    Objet : Problématique de la présence du Maroc au Groupe Africain de l’ONU

    1 / Problématique de la présence du Maroc au sein du Groupe africain.

    La présence du Maroc au sein du Groupe africain des Nations Unies tire sa légitimité de son appartenance au groupe des Etats africains membres des Nations Unies et son statut de membre fondateur du de l’organisation de l’union africaine (OUA).

    Le Groupe africain des Nations Unies, à l’instar des quatre autres groupes régionaux des Nations Unies, n’a aucune relation avec l’Union Africaine (UA). En effet, seuls les Etats membres des Nations Unies qui président le Groupe africain, selon la rotation définie par le Groupe (1 mois ou 3 mois) à New York, Genève, Vienne ou Bruxelles, siègent au sein de ce Groupe.

    Ainsi, en réaction à la décision du Maroc de ne pas adresser d’invitation à l’OUA pour assister à la réunion ministérielle de Marrakech portant création de l’OMC en 1995, et suite aux manœuvres de l’Algérie, la représentation de l’OUA à Genève a pris la décision de sursoeir à inviter le Maroc aux réunions du Groupe africain de Genève.

    Depuis lors, et jusqu’à 2003, le Maroc prenait part, de manière irrégulière, aux réunions du Groupe africain, ce qui a permis à l’Algérie de saisir cette opportunité pour assumer des responsabilités au sein de ce Groupe et faire avancer l’argumentaire que seuls les Etats membres de l’UA sont concernés par les réunions du Groupe africain.

    En 2004, le Maroc a décidé de réintégrer le Groupe africain de Genève et à prendre part à ses réunions, « challengeant » ainsi l’Algérie, tout en faisant prévaloir les arguments ci-après :

    Le Maroc est membre à part entière du groupe africain . Sa candidature est présentée par le Groupe africain pour siéger au sein des organisations internationales, en tant que pays représentant l’Afrique ; 

    Les réunions au sein de la représentation de l’UA à Genève ne sont pas des réunions institutionnelles. Au contraire, elles ont un caractère politique qui concernent aussi bien les experts que les Ambassadeurs pour examiner et entériner les déclarations qui sont prononcées par les délégations au nom du groupe africain ; 

    Le Maroc a saisi le président et les coordonnateurs du Groupe africain des différentes thématiques sur lesquelles ce Groupe exprime sa position. Le Maroc a sensibilisé les hauts responsables des instances des Nations Unies à Genève pour indiquer que toute déclaration, à laquelle le Maroc ne serait pas associée, ne peut concerner le Groupe africain dans la totalité de ses membres, pour préserver l’unicité du groupe. 

    Le Maroc n’a jamais reçu de notification de l’ONU lui signifiant sa non appartenance au Groupe africain. 

    Devant cette situation, l’Algérie a proposé que le Maroc puisse prendre part aux réunions du groupe africain selon la formule « Etats membres de l’Union Africaine + le Maroc » , ce que la délégation marocaine à Genève a rejeté, en faisant prévaloir que l’UA est une organisation régionale qui n’a aucun droit de regard sur les membres du Groupe africain des Nations Unies.

    Ainsi, depuis 2004, la stratégie du Maroc consistait à occuper le terrain en assumant plusieurs responsabilités au sein de ce Groupe, à savoir, entre autres :

    Coordonateur du Groupe Africain pour les questions des droits de l’Homme, la Migration, l’Environnement, l’OMPI, l’OMC (2005); 

    Vice-président du Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies (2006) ; 

    Coordonnateur du Groupe africain de l’OMC (2013). 

    la problématique de la présence du Maroc aux réunions du Groupe africain n’a pas été soulevée à Vienne, en l’absence d’un bureau de l’UA dans la capitale autrichienne.

    2/ Argumentaire :

    Notre argumentaire pourrait être élaboré autour des éléments suivants :

    l’UA est une organisation régionale ayant le statut d’observateur auprès de l’ONU; 

    Le Maroc est un membre, « full fledge » du Groupe africain des Nations Unies et figure sur la liste de ce Groupe depuis sa création; 

    Le Maroc a assumé des responsabilités au sein du groupe africain et y a toujours été un membre actif ; 

    L’argumentaire de l’Algérie devrait être battu en brêche en faisant prévaloir que, depuis 2005, le Maroc fait partie de la sous-région Afrique du Nord qui comprend cinq pays membres de l’ONU (Maroc, Algérie, Tunisie, Mauritanie et Libye) ; 

    En conséquence, la pseudo rasd n’a, en aucun cas, le droit ni de siéger, ni de s’exprimer, ni de voter, ni d’être co-auteur de projets de résolutions ou de décision, au sujet des décisions du Groupe africain des Nations Unies. 

    3/ Propositions 

    Sensibilier les pays africains amis en prévision du Sommet africain de janvier 2014, pour éviter toute décision qui pourrait être problématique pour le Maroc, au niveau de la mise en œuvre de la décision du Sommet; 

    Diviser le Groupe Africain, autant que possible, sur la question de l’exclusion du Maroc et l’intégration de la pseudo rasd au groupe africain, et s’opposer à sa présence même en qualité d’observateur au sein du Groupe africain ; 

    Occuper le terrain en assumant des responsabilités au sein du groupe africain sous la couverture du Groupe africain des Nations Unies ; 

    Faire prévaloir que l’objectif du Maroc est de servir l’Afrique à travers des actions fédératrices et non problématiques qui cadrent avec les engagements du Royaume en faveur d’une Afrique stable et prospère ; 

    Sensibiliser le Secrétariat de l’ONU sur le danger et le pérécedent du changement dans la composition du Groupe africain des Nations Unies et le cout politique de l’intégaration d’une entité non reconnue par les Nations Unies.

  • A Berlin, le Maroc paye la facture de son alignement inconditionnel avec Paris

    Le Maroc a exprimé officiellement son rejet de sa marginalisation de la conférence de Berlin sur la Libye organisée par l’Allemagne que Rabat accuse de vouloir «  la transformer en instrument de promotion de ses intérêts nationaux ».

    Pour prétendre à sa part du gâteau libyen, le Maroc a voulu rappeler aux autorités de Tripoli le rôle qu’il a joué dans le dossier avec les accords de Skhirat qui ont permis la création d’un Gouvernement d’Union national accepté en façade par l’Occident, mais trahi par ceux qui soutiennent le général Haftar, la France à leur tête, le véritable artifice de ces accords.

    A Tripoli, les responsables libyens sont conscients que la diplomatie de Rabat ne peut se dissocier de celle de l’Elysée, son premier allié dans le contentieux du Sahara Occidental et sa politique extérieur a toujours été caractérisée par un alignement aveugle aux aventures africaines des gaulois. Il semble que le président du gouvernement libyen a demandé, à la dernière minute à la chancelière allemande Angela Merkel d’inviter la Tunisie tout en écartant le Maroc. Al Sarraj est bien conscient que les autorités de Rabat se mettront du côté de leur alliés français. En d’autres mots : avec Haftar. C’est cela le Maroc, un pays qu’on appelle en cas de besoin, mais qui n’a aucun poids réel en raison du manque d’indépendance de sa diplomatie et notamment sa responsabilité dans la production de haschich, une drogue devenue une des principales sources du financement du terrorisme dans la région du Sahel.

    Tags : Maroc, Libye, Sahara Occidental, France, Sahel, Cannabis, conférence de Berlin,

  • Le Maroc s’en prend aux observateurs de l’Union Africaine

    Maroc, Sahara Occidental, Union Africaine, MINURSO,

    Décision du Maroc de mettre fin aux fonctions des deux observateurs de l’UA auprès de la Minurso

    La présente note porte sur l’opportunité de mettre fin aux fonctions des deux Observateurs de l’Union africaine (UA) auprès de la Minurso, en réaction à l’activisme de la Présidente de la Commission de l’Union africaine et dans le contexte du dernier rapport du Secrétaire Général des Nations Unies sur le Sahara.

    Actes hostiles de la Présidente de l’Union africaine

    Depuis l’élection de l’actuelle Présidente Mme Zuma à la tête de la Commission de l’Union Africaine, cette dernière a multiplié les attitudes et les prises de position ouvertement hostiles au Maroc :

    Tentatives d’ingérence de l’Union africaine dans le processus politique en cours sous l’égide des Nations Unies.

    Envoi de lettres aux membres permanents du Conseil de sécurité et au Secrétaire général de l’ONU, en décembre 2013.

    Inscription de la question du Sahara à l’ordre du jour du Conseil Exécutif de l’UA, et élaboration d’un Rapport sur la question en prévision du Sommet de l’UA en juin 2014 à Malabo.

    Tentative de renforcer le rôle aux deux Observateurs de l’UA auprès de la MINURSO.

    Publication d’un Communiqué dans lequel la Présidente de la Commission :

    accueille favorablement le rapport du Secrétaire Général sur le Sahara ;

    demande instamment au Conseil de Sécurité de saisir l’opportunité de l’examen du rapport et l’adoption de la résolution, pour donner l’impulsion nécessaire au processus de recherche d’une solution, tout en ayant à l’esprit que le Sahara demeure sur la liste des “Territoires Non-Autonomes” depuis 1963.

    Insiste sur la nécessité de munir la Minurso d’un mandat pour la surveillance des droits de l’homme.

    Se félicite de ce que le Rapport traite la question des ressources naturelles conformément à l’Avis du Conseiller juridique des Nations Unies de 2002.

    Rôle de l’Union africaine dans le processus onusien.

    Dans les documents de l’Onu (rapport S/21360 du 18 juin 1990 et Résolution 690 du Conseil de sécurité), la référence à l’Union africaine est liée à la mise en œuvre du Plan de Règlement.

    En effet, si l’OUA a eu un rôle important dans le cadre du Plan de règlement (PR), ce rôle a pris fin avec la déclaration d’inapplicabilité du référendum et le passage du PR à la solution politique négociée. L’Onu a pris acte de ce basculement, notamment dans le dernier rapport du SG, qui indique clairement que l’UA n’a pas de rôle dans le processus politique depuis 2007 (§.87).

    L’entrée en fonction des Observateurs de l’Oua/Ua s’est faite, initialement, sur la base juridique du Plan de Règlement. Elle n’a, toutefois, pas été reprise au niveau du Sofa. Or, l’abandon du Plan de Règlement n’a donné lieu ni à un amendement du Sofa, ni à l’établissement d’un cadre juridique spécifique pour gérer le Statut desdits Observateurs. En conséquence, ces Observateurs évoluent dans une “zone grise juridique”.

    Dès après la suspension de l’opération d’identification en 2003, la question du statut de ces personnes a été posée, sans que les autorités marocaines prennent une décision, en raison, probablement, de la volonté du Maroc de ménager certains pays africains amis.

    A l’heure actuelle, la présence des observateurs de l’UA ne se justifie pas plus sur le plan politique que juridique.

    Sur le principe, les Observateurs de l’Ua ne sont pas couverts par l’Accord entre l’Onu et le Maroc concernant le statut de la Minurso, approuvé par l’échange de lettre du 13 décembre 1991 et du 15 janvier 1992 (communément appelé Sofa). En effet, rien dans le Sofa ne recèle de lien juridique quelconque entre l’Ua et ses Observateurs d’une part, et la Minurso d’autre part.

    Sur le terrain, les deux observateurs (Ethiopie, RDC), se limitent à maintenir quelques contacts avec la MINURSO et marquer leur présence lors des passages de l’Envoyé personnel au Sahara marocain.

    En conséquence, rien sur le plan juridique n’empêche le Maroc de mettre fin à la présence des deux observateurs de l’UA.

    Opportunité de la décision de mettre fin aux fonction des deux observateurs de l’UA

    La décision du Maroc de renvoyer les deux observateurs de l’UA auprès de la MINURSO présente les avantages et inconvénients suivants :

    Avantages

    La décision traduirait la logique de fermeté du Maroc dans ses rapports avec la MINURSO ;

    Elle représenterait un message fort à l’adresse de l’Union Africaine et son activisme inconsidéré contre les intérêts supérieurs du Maroc ;

    Elle acterait une attitude de souveraineté du Maroc sur son territoire ;

    Il s’agit d’une décision qui n’est pas dirigé contre les membres permanents du Conseil de sécurité, puisque les deux observateurs ne font partie d’une composante de la MINURSO ;

    L’appréciation positive qui sera faite au sujet de la décision par l’opinion publique marocaine, dans la suite de l’entretien téléphonique de Sa Majesté Le Roi avec le SG des Nations Unies, le 12 avril 2014.

    La décision serait justifiée sur le plan politique, puisque la position de l’UA a été marquée par une incohérence dans le traitement du différend sur le Sahara. En effet, l’Organisation s’est déjugée en admettant en son sein une entité ne remplissant pas les critères de reconnaissance d’un Etat du point de vue du droit international et a également préjugé du résultat de la solution du différend régional sur le Sahara.

    La décision priverait l’UA d’une source d’information sur le terrain.

    Contraintes à gérer :

    La décision pourrait être mal appréciée par certains pays africains hostiles au Maroc, qui ne manqueront pas de critiquer le Maroc lors des réunions onusiennes et autres (4èmeCommission, débats du Conseil de sécurité etc) ;

    Elle pourrait également être ouvertement critiquée par l’Union Africaine et susciter une décision sur ce sujet au cours du prochain Sommet de l’UA en juin 2014 ;

    L’ONU – et particulièrement le Secrétaire Général – pourrait prendre position à ce sujet, en insistant sur l’importance de la coopération entre l’ONU et l’UA ;

    La propagande « algéro-polisarienne » pour stigmatiser la décision du Maroc.

    Mesures d’accompagnement :

    Aux fins de cette action, il est proposé la démarche suivante :

    Mettre en œuvre la décision rapidement, de préférence la semaine prochaine, après l’adoption de la résolution du Conseil de sécurité sur le Sahara, en communiquant au minimum.

    Lancer une campagne d’explication et d’information en direction de certains pays africains amis ;

    Informer le Secrétaire général de l’ONU et quelques membres influents du Conseil de sécurité, en assurant que la décision n’aura pas d’impact sur le travail de la MINURSO ;

    Modalités de mise en œuvre

    Convoquer l’Observateur de l’UA actuellement présent au Maroc, par le biais du Bureau de coordination avec la Minurso, pour lui signifier la décision du Maroc.

    Au préalable, informer simultanément le RSSG et le SG, quelques heures seulement avant la mise en œuvre de la décision.

    Eviter toute communication officielle directe susceptible de créer des réactions négatives.

    11/09/2014

    Stratégie avec la MINURSO

    Le propos de la présente note est de proposer des actions concernant les thématiques suivantes : Gestion rigoureuse des relations avec la MINURSO ; et Interruption des fonctions des deux observateurs de l’UA auprès de la MINURSO 

    Gestion rigoureuse des relations avec la MINURSO 

    Un certain nombre de mesures restrictives peuvent être imposé à la Minurso et ses membres, sans emporter violation du Sofa. Il s’agit, notamment, des mesures suivantes : 

    Instaurer des restrictions à l’interaction de la Minurso avec les responsables des autorités marocaines; 

    Limiter la délivrance de visas pour le personnel militaire et civil de la Minurso. L’avis du Maec doit être demandé préalablement. 

    Surseoir à la décision des autorités marocaines sur l’octroi de nouvelles plaques minéralogiques. 

    Limiter les déplacements des membres de la Minurso à l’extérieur de la zone de mission. 

    Reprise des locaux mis à la disposition de la MINURSO par la municipalité, ainsi que des locaux concédés gracieusement à la Minurso pour le dépôt de son matériel. 

    Interrompre les discussions sur l’éventuelle révision de l’Accord militaire No.1 

    Interruption des fonctions des deux observateurs de l’UA auprès de la MINURSO 

    En réaction à l’activisme de la Présidente de la Commission de l’Union africaine et dans le contexte du dernier rapport du Secrétaire Général des Nations Unies sur le Sahara, il est proposé de mettre fin aux fonctions des deux Observateurs de l’Union africaine (UA) auprès de la Minurso.

    Cette décision constituerait un message fort à l’adresse de l’Union Africaine et une réaction ferme à son activisme inconsidéré contre les intérêts supérieurs du Maroc. La décision ne serait pas dirigée contre l’ONU, puisque les observateurs de l’UA ne font partie de la MINURSO. Elle serait de nature à avoir un impact positif sur l’opinion publique marocaine, dans la suite de l’entretien téléphonique de Sa Majesté Le Roi avec le SG des Nations Unies, le 12 avril 2014. Enfin, sur le plan pratique, elle priverait l’UA d’une source d’information sur le terrain.

    En revanche, le renvoi des Observateurs de l’UA pourrait susciter des réactions négatives que le Maroc aurait à gérer, notamment de la part de l’UA et ses membres hostiles au Maroc. De même, l’ONU – et particulièrement le Secrétaire Général – pourrait prendre position à ce sujet, en insistant sur l’importance de la coopération entre l’ONU et l’UA.

    #Maroc #Sahara_Occidental #MINURSO

  • Point de presse quotidien du Bureau du Porte-parole du Secrétaire général de l’ONU: 13 janvier 2020

    (La version française du Point de presse quotidien n’est pas un document officiel des Nations Unies)

    Ci-dessous les principaux points évoqués par M. Stéphane Dujarric, Porte-parole de M. António Guterres, Secrétaire général de l’ONU:

    Secrétaire général

    Le Secrétaire général est en France aujourd’hui où il doit prendre part à un dîner de travail organisé par le Président français, M. Emmanuel Macron, avec les dirigeants des pays du G5 Sahel (Burkina Faso, Tchad, Mali, Mauritanie et Niger).

    Le dîner, qui a lieu dans la ville de Pau, est organisé pour répondre à la crise au Sahel: il vise à renforcer l’engagement et la collaboration internationaux sur les questions de sécurité, de gouvernance, ainsi qu’en matière humanitaire et de développement.

    Le Haut-Représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, M. Josep Borrell; le Président du Conseil européen, M. Charles Michel; le Président de la Commission de l’Union africaine, M. Moussa Faki Mahamat; et la Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie, Mme Louise Mushikiwabo; prendront également part au dîner.

    Samedi dernier, le Secrétaire général était au Portugal où il a participé à la cérémonie marquant la désignation de Lisbonne comme capitale verte européenne 2020. Dans son discours, il a déclaré que l’humanité menait une « guerre suicidaire » contre la nature, et il a souligné que 2020 devrait être l’année de lutte contre les changements climatiques.

    Le Secrétaire général reviendra à New York demain matin.

    Colombie

    Ce matin, le Représentant spécial du Secrétaire général pour la Colombie, M. Carlos Ruiz Massieu, a fait un exposé devant le Conseil de sécurité. Il a déclaré que l’année dernière la Colombie avait continué de faire des progrès importants dans le processus de paix.

    M. Ruiz Massieu a souligné que ces gains durement acquis doivent être protégés et mis à profit par la mise en œuvre globale de l’accord de paix. Il a encouragé les parties à approfondir leur dialogue pour pouvoir mettre en œuvre cet accord.

    En ce qui concerne les violences récentes dans certaines communautés, M. Ruiz Massieu a déclaré que la paix ne sera pas pleinement établie si les voix des dirigeants sociaux continuent à être réduites au silence, et si les anciens combattants qui ont déposé leurs armes et se sont engagés à leur réintégration continuent d’être tués. Il a appelé à traduire en justice les auteurs de ces attaques et à prendre des mesures plus efficaces pour protéger les personnes et les communautés.

    Syrie

    L’ONU demeure profondément préoccupée par la sécurité et la protection de 3 millions de civils à Edleb, dans le nord-ouest de la Syrie, dont plus de la moitié sont des déplacés internes, alors que de nouvelles informations ont fait état de frappes aériennes et de bombardements au cours du week-end dernier.

    Alors qu’un cessez-le-feu, entré en vigueur le 12 janvier, avait apparemment conduit à un certain calme, des frappes aériennes intensives le 11 janvier dans des villes de la région auraient fait 21 morts, dont huit enfants et cinq femmes, et causé la destruction d’infrastructures civiles. Des dizaines de personnes supplémentaires ont été blessées, dont bon nombre étaient des femmes et des enfants.

    L’ONU exhorte toutes les parties, et celles qui ont une influence sur elles, à assurer la protection des civils et des infrastructures civiles, conformément à leurs obligations découlant du droit international humanitaire.

    Yémen

    L’opération humanitaire au Yémen reste la plus importante au monde, avec 24 millions de personnes -soit environ 80% de la population du pays– qui ont besoin d’une assistance vitale.

    Environ 7,4 millions de personnes ont besoin d’une assistance nutritionnelle, dont 2,1 millions d’enfants de moins de cinq ans et 1,1 million de femmes enceintes ou allaitantes qui ont besoin d’un traitement contre la malnutrition aiguë.

    Au 8 janvier, près de 861 000 cas possibles de choléra avaient été signalés depuis 2019, dans 324 des 333 districts du Yémen.

    Quelque 3,6 millions de personnes sont déplacées dans le pays, dont près de 400 000 depuis 2019.

    Le Conseil de sécurité a renouvelé aujourd’hui le mandat de la Mission des Nations Unies en appui à l’Accord sur Hodeïda (MINUAAH) pour une nouvelle période de six mois.

    Philippines

    Les Nations Unies sont en contact avec le Gouvernement des Philippines, qui dirige les opérations de réponse après l’éruption du volcan Taal dans la région de Calabarzon, à 70 kilomètres au sud de Manille, la capitale.

    Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) indique que 18 000 personnes ont trouvé refuge dans des centres d’évacuation, un chiffre qui devrait augmenter.

    L’OCHA, avec l’Agence des Nations Unies pour les migrations, l’OIM, dispose d’équipes sur le terrain qui fournissent des conseils techniques au Gouvernement. Ces équipes se rendront dans les centres d’évacuation et examineront les besoins pour le soutien des autorités philippines.

    L’OCHA félicite le Gouvernement pour la rapidité de son aide aux personnes touchées par l’éruption volcanique. L’équipe de pays pour l’action humanitaire des Nations Unies est prête à fournir un soutien supplémentaire en fonction des besoins et des demandes.

    Coronavirus

    L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré aujourd’hui qu’elle travaille avec des responsables en Thaïlande et en Chine, après des informations selon lesquelles le nouveau coronavirus a été confirmé chez une personne en Thaïlande.

    Cette personne s’est rendue en Thaïlande depuis Wuhan, en Chine, et se remet maintenant de sa maladie.

    L’OMS affirme que le cas identifié dans un autre pays est une raison de plus pour renforcer son appel à poursuivre la surveillance active et la préparation.

    L’OMS peut fournir des conseils sur la manière de détecter et de traiter les personnes atteintes du nouveau virus. La Chine a partagé le séquençage génétique, ce qui permet aux pays de diagnostiquer rapidement les patients.

    L’OMS souligne également qu’il est essentiel que les enquêtes se poursuivent en Chine pour identifier l’épidémie.

    Le Directeur général de l’OMS, M. Tedros Adhanom Ghebreyesus, consultera les membres du Comité d’urgence de l’OMS.

    Haïti

    Hier, Haïti a marqué le dixième anniversaire du tremblement de terre qui a tué des centaines de milliers de personnes, dont 102 membres du personnel de l’ONU.

    À Port-au-Prince, le personnel des Nations Unies s’est réuni à 16 h 30 pour une cérémonie sur le site de l’hôtel Christopher – l’ancien siège de la mission de maintien de la paix qui s’était effondrée pendant le tremblement de terre.

    Dans un communiqué de presse publié au nom de l’équipe de pays des Nations Unies, Mme Helen La Lime, Cheffe de la mission politique des Nations Unies, a déclaré que « si nous honorons les victimes, la commémoration de cet événement tragique doit également être une source d’engagement renouvelé et un appel à s’unir derrière la vision d’une Haïti stable, démocratique, inclusive et prospère ».

    Elle a réitéré l’engagement constant de l’ONU à soutenir la population et les dirigeants d’Haïti pour répondre à ces aspirations.

    Tout au long de la semaine, d’autres événements marqueront cet anniversaire. À Tunis, l’ONU a inauguré, aujourd’hui, la salle Hedi Annabi, en la mémoire de l’ancien chef de la mission de l’ONU, qui avait péri lors du tremblement de terre. M. Annabi était également Sous-Secrétaire général pour les opérations de maintien de la paix.

    Des commémorations sont également prévues à Genève, mercredi, tandis que le Secrétaire général présidera vendredi au Siège un événement pour le souvenir.

    Déclarations

    Dans une déclaration publiée ce week-end, le Secrétaire général a dit qu’il était préoccupé par l’augmentation des tensions au Sahara occidental alors que le rallye-raid Africa Eco Race s’apprête à traverser Guerguerat. Le Secrétaire général appelle tous les acteurs à faire preuve de la plus grande retenue et à désamorcer les tensions.

    Dans une autre déclaration, M. António Guterres a présenté ses sincères condoléances à la famille royale, au Gouvernement et au peuple d’Oman à l’occasion du décès de Sa Majesté le Sultan Qaboos Bin Said. Le Sultan Qaboos a dirigé Oman pendant 50 ans et était le fer de lance de la transformation d’Oman en un pays prospère et stable.

    Rapport du Conseil de sécurité

    La Division des affaires du Conseil de sécurité a publié la dernière édition de sa publication phare en ligne – « 2019 Highlights of Security Council Practice ».

    L’édition de cette année a été publiée sur une toute nouvelle plateforme, tirant parti des nouvelles technologies et de la conception visuelle, ainsi que d’une étendue de données pour améliorer l’interactivité et l’engagement des utilisateurs. Cette édition 2019 comprend des données sur les réunions du Conseil de sécurité datant de 1946.

    Le rapport est désormais disponible sur le site de la Division des affaires du Conseil de sécurité.

    Liban

    Le Contrôleur des Nations Unies a informé que le Liban avait fait un paiement pour sa quote-part du budget ordinaire. Son droit de vote est ainsi rétabli.

    UN PRESS RELEASE, 13 jan 2020

    Tags : Secrétaire général, Colombie, Syrie, Yémen, Philippines, Coronavirus, Haïti, Sahara occidental, Africa Eco Race,

  • Assassinats, coups d’Etat. Tout sur le passé trouble qui lie la France au Maroc

    Le Maroc et la France partagent une histoire occulte écrite par des truands et des mercenaires utilisés par les services secrets des deux pays pour exécuter leurs coups tordus et leurs basses œuvres. Plongée dans le monde des barbouzes.

    Nous sommes à la fin des années 1950. Le gouvernement français a constitué une “war room”, conseil de guerre ultrasecret et restreint, chargé de dresser “une liste de personnalités acquises au F.L.N” et “d’hommes publics particulièrement ennemis de la France” à neutraliser ou à liquider. Allal El Fassi est le premier homme à abattre.

    Dans ses mémoires, le colonel Le Roy-Finville, chef du service 7, spécialisé dans l’obtention de renseignements pour le compte du S.D.E.C.E (Service de documentation extérieure et de contre-espionnage), le décrit comme “un Marocain vigoureusement anti-français et allié virulent au F.L.N”. “L’idée, écrit Le Roy-Finville, est de faire sauter El Fassi et les autres chefs de l’Istiqlal à l’occasion d’une de leurs rencontres à Tétouan, en zone espagnole”, prévue à l’hôtel Dersa. Le service 7 se charge de fournir au service Action toutes les indications techniques : poids d’explosif nécessaire, épaisseur des murs, systèmes de sécurité, etc. “Du travail tout mâché”, rapporte le colonel. Sauf que “les militaires ne veulent pas se salir les mains” et constituent “un petit groupe de repris de justice qui se disent prêts, eux, à faire la sale besogne. Contre une bonne récompense (…) et des protections pour leurs petites affaires”.

    Ces spécialistes des coups tordus, connus sous le terme de barbouzes, sont dans leur grande majorité des truands employés par les services secrets français pour les basses œuvres. Ils sont notamment utilisés dans les “contrat homo”, expression désignant l’élimination physique de personnes gênantes pour les intérêts de la France. A la tête des truands engagés par les services spéciaux pour assassiner Allal El Fassi, Jo Attia et Georges Boucheseiche, deux barbouzes connus des renseignements de police en France et proxénètes chevronnés au Maroc. Ceux-là mêmes qui seront impliqués, quelques années plus tard, dans l’affaire Ben Barka. Massacreurs professionnels sur le papier, ces “types du milieu” sont loin d’être des enfants de chœur et ont un CV de malfrat long comme un jour sans pain.

    Le fiasco Attia

    Pourtant, ils s’avèrent être des dilettantes du crime dans la tentative d’assassinat de Allal El Fassi. Comme dans un San-Antonio loufoque, Leroy-Finville surnomme la tentative avortée d’éliminer le chef de l’Istiqlal le “fiasco Attia”. C’est que Jo Attia et Georges Boucheseiche, “le grand Malabar” et “le petit gros”, sont à la discrétion ce que l’hippopotame est à la grâce. A l’aéroport d’Orly où ils embarquent pour Tanger, les deux rossards se font remarquer par des effusions grandiloquentes, sous les yeux ébahis des voyageurs. Attia embrasse goulûment sa petite amie, “une petite brune piquante, très jolie”. Il faudra attendre que l’hôtesse de l’air lance un appel pour embarquement immédiat pour que les deux acolytes détalent “en direction de la salle de départ, en se retournant encore dix fois pour faire des signes à la fille”.

    Dans l’avion Air Atlas qui les mène vers Tanger, Boucheseiche et Attia retrouvent “deux hommes à eux, Nottini, dit la Béquille, et Palisse, autre future ‘célébrité’ de l’affaire Ben Barka”. Durant le vol, “Attia et les trois autres branquignols, sablant le champagne aux frais de la princesse, laissent tomber par inadvertance un sac de grenades qui roulent sous les sièges des passagers”. à quatre pattes, les malfrats, que les passagers prennent pour des plaisantins ivres, récupèrent les bombes, “qui ricochent comme des billes, au gré du balancement de l’appareil”. Les négligences perdurent à leur arrivée au Maroc : la première valise piégée installée à l’hôtel Dersa explose dans la mauvaise direction. La seconde, installée par les soins d’Attia dans la villa de Allal El Fassi, est retrouvée et désamorcée par la police espagnole. Le premier “contrat homo” est un échec.

    Des truands très show-off

    Après cette tentative d’assassinat avortée, la presse ne parle que d’eux. La police locale se lance aux trousses de la bande. Les barbouzes, en arrivant au Maroc, se font remarquer en faisant “la tournée des grands ducs dans les boîtes”, “en menant grand tapage”. Le gang se sépare : Palisse et Boucheseiche cavalent en zone française, tandis qu’Attia et Nottini la Béquille rebroussent chemin pour Tanger. Là-bas, Attia se fait passer pour un agent du S.D.E.C.E auprès d’un gérant de bar français. Ce dernier leur présente Antoine Lopez, chef d’escale de l’aéroport de Tanger. Ce futur agent secret, bientôt impliqué dans le kidnapping de Ben Barka, peut les rapatrier en France en leur évitant police et douane.

    “Empotés comme il n’est pas permis”, décrit Le Roy-Finville, Attia et Nottini brillent encore une fois par leur amateurisme. En voyant le déploiement de policiers à l’aéroport, Attia panique et se souvient qu’il a encore un revolver sur lui. Il s’engouffre dans les toilettes de l’aérogare et décide de cacher l’arme dans la cuvette. Sauf que le poissard a encore des balles dans sa poche. Il garde les munitions dans sa paume droite et décide, en feignant une poignée de main, de les tendre à Lopez. Sauf que le chef d’escale ne comprend pas. “Les balles tombent, rebondissent sur l’asphalte dans un crépitement métallique”, devant une flopée de policiers, qui se jettent sur le gang et mettent les brigands étourdis sous les verrous…

    L’affaire Ben Barka

    Malgré ce plantage, on refait appel quelques années plus tard à la bande de Boucheseiche. Elle est chargée d’organiser, le 29 octobre 1965, l’enlèvement de Mehdi Ben Barka devant la brasserie Lipp avec l’aide de policiers français. Maurice Buttin, avocat de la famille de l’opposant marocain, rapporte que c’est d’abord Jo Attia qui reçoit “une demande des Marocains d’éliminer physiquement Ben Barka”. La consigne : procéder à l’assassinat à “Genève, avec un fusil à lunettes”. Un “contre-ordre” lui fait savoir que le pouvoir préfère “ramener Ben Barka vivant au Maroc”. On l’informe qu’à Paris, un certain Georges Figon doit se charger de la question. Attia n’accorde aucune confiance à ce personnage naviguant entre milieux intellectuels parisiens et malfrats de la capitale. Il préfère donc “refiler l’affaire à son lieutenant, Boucheseiche”.

    Georges Boucheseiche est à la tête de plusieurs maisons closes, au Maroc et en France, qu’il gère avec son épouse. La barbouze est introduite dans les hautes sphères du pouvoir marocain, organise des soirées pour le beau monde et rêve d’ouvrir, sous les cieux du royaume, le plus grand bordel sur terre. “Un établissement fabuleux installé à Aïn Diab, au bord de l’océan, pas trop loin du centre des affaires, tout près de l’aérodrome”, rapporte un article de presse de l’époque. Pour le convaincre de participer au kidnapping de l’opposant à Hassan II, on lui aurait fait miroiter l’espoir qu’il obtiendrait, une fois sa mission accomplie, son lupanar…

    Boucheseiche mouillé jusqu’au cou

    C’est Antoine Lopez, le chef d’escale qui devait, quelques années plus tôt, faciliter la fuite d’Attia après l’attentat contre Allal El Fassi, qui est chargé d’accueillir le leader du mouvement tiers-mondiste à l’aéroport et de prévenir ses ravisseurs de son arrivée. Une fois le rapt effectué, Ben Barka est amené, ce vendredi 29 octobre, dans la villa de Boucheseiche, à Fontenay-le-Vicomte, dans l’Essonne. Y est réunie sa bande, constituée de Jean Palisse, Pierre Dubail et André Le Ny. Avant l’arrivée du général Oufkir et du colonel Dlimi, Ben Barka aurait été enfermé au premier étage de la demeure. Parmi les innombrables versions dédiées au décès de l’opposant marocain, des éléments rapportés aux gendarmes par le fils de Le Ny, retranscrits par Maître Maurice Buttin dans Ben Barka, Hassan II, De Gaulle : “ce que je sais d’eux : Ben Barka aurait été transporté dans la villa de Boucheseiche, puis transféré à Ormoy, chez Lopez. Dlimi et Oufkir l’avaient torturé dans la cave (…) C’est Boucheseiche qui l’avait frappé en premier, car Ben Barka ne se laissait pas faire. D’un coup de poing, il lui avait cassé les cervicales. Ils l’avaient ensuite attaché (…) et Oufkir et Dlimi l’avaient un peu ‘bousculé’. C’est là que Ben Barka est décédé”.

    Dans le même ouvrage, Maurice Buttin cite un commissaire de police français retraité : “J’ai rencontré Palisse (…) Il m’a dit avoir assisté à la mort de Ben Barka, par accident, sur un mauvais coup que lui avait porté Boucheseiche”. à l’annonce de la disparition de Mehdi Ben Barka, c’est le royaume tout entier et l’Elysée qui se mettent en branle. Le 4 novembre 1965, Georges Boucheseiche prend la fuite pour le Maroc. Quatre jours plus tard, un mandat d’arrêt international est lancé contre lui. Sa bande ne tarde pas à le rejoindre. Le 7 juin de la même année, la barbouze est condamnée, par contumace, à la perpétuité. Malgré les mandats d’extradition qui pèsent sur leurs têtes, Boucheseiche et ses complices coulent des jours heureux au royaume. Les truands prospèrent, sous la surveillance, ou plutôt la protection de la police marocaine. Boucheseiche reprend les affaires dans ses bordels. Son paradis artificiel, sous les cieux marocains, prend fin quelques années plus tard.

    Des hommes qui en savaient trop

    Boucheseiche, Le Ny, Palisse et Dubail sont arrêtés, au lendemain de la tentative de coup d’Etat de Skhirat, en 1971. La bande, dans sa quasi-totalité, est enfermée au Point Fixe 3 (centre secret de torture et de détention installé à Rabat). Pierre Dubail y entame, de novembre 1973 à avril 1974, un dialogue avec son voisin de cellule. Il s’agit de Ali Bourequat, l’un des trois frères que Hassan II fait prisonnier dans les geôles de Rabat puis de Tazmamart. Dans son livre Dix-huit ans de solitude (Ed. Michel Lafon), il recoupe les informations que lui distille Dubail : “Nous savons trop de choses. (…) Nous avons travaillé sous les ordres d’Oufkir, pour le compte du roi”. Les barbouzes connaissent personnellement Hassan II. “Il nous tapait sur le ventre. Il nous invitait à dîner, nous emmenait en balade. Notre façon de parler l’amusait…”

    Dubail voudrait que Ali Bourequat, à sa sortie, se rende au Henry’s Bar à Rabat, sur le boulevard Mohammed V. “Tu verras un homme qui, le dimanche, à l’heure du tiercé, boit un perroquet (…) Il est des nôtres”. Dubail voudrait que Bourequat prenne un billet de tiercé et y inscrive les chiffres 2 9 1 0 6 5, correspondant à la date de l’enlèvement de Mehdi Ben Barka. “Il te fournira tout ce dont tu as besoin, assure Dubail à Bourequat. En échange, donne-lui de nos nouvelles. Dis-lui que nous sommes ici, au PF3. Dis-lui que nous avons peu de chances de nous en sortir”. Dans les épanchements de Dubail, une révélation reste à ce jour invérifiée. Au centre du niveau 2, devant la cellule 14 du PF3, se trouverait une tombe “un peu spéciale”. Ce qu’elle contiendrait ? “La tête de Ben Barka”, affirme Dubail. “On la lui a tranchée après sa mort. (…) Hassan II voulait la voir”.

    Selon le récit de Bourequat, “Dubail, Boucheseiche et Le Ny quittent le PF3” en avril 1974. “Boucheseiche reviendra le premier, le 29 octobre”, date anniversaire de la disparition de Ben Barka. “Le Ny le suivra le 14 novembre. Dubail, lui, reviendra le 16 novembre 1974. Ni lui ni les autres ne seront alors en mesure de communiquer avec qui que ce soit”. La phrase est interprétée comme une métaphore macabre. Des enquêtes publiées sur l’affaire supposent que ce retour est posthume, et que ce sont les dépouilles des barbouzes qui sont reconduites au PF3. Une seule chose est sûre : le sort de Boucheseiche et de ses compères est presque aussi nébuleux que l’affaire Ben Barka…

    Bob Denard entre en ligne

    Intimement imbriquée à la politique française dans ses anciennes colonies, la barbouzerie prend un tournant nouveau durant les années 1970. Le caractère occulte des relations franco-africaines est désormais définit par le néologisme “Françafrique”, expression qui dénonce les coups d’Etat et interventions sur le continent noir menés par des mercenaires à la solde de l’Etat français, relayés parfois par les Marocains. C’est que dans le contexte de guerre froide des années 1970, Hassan II a choisi son camp : ce sera l’Ouest. Le Maroc apporte notamment son soutien au dictateur Mobutu, l’assassin du leader de gauche Patrice Lumumba. Le royaume va jusqu’à accueillir des mercenaires en route pour déstabiliser des régimes de gauche africains. “Le marché des missions secrètes est si prospère en Afrique que je ne tarde pas à être de nouveau sollicité. Le contact vient cette fois d’un agent marocain”, raconte dans ses mémoires le célèbre mercenaire Bob Denard. Courant 1977, à Paris, où Denard a établi sa base arrière, l’agent des services secrets marocains lui aurait fait rencontrer le docteur Emile Derlin Zinzou, l’ancien président du Dahomey, destitué en juillet 1969 suite à un coup d’Etat. Le Dahomey, devenu la république populaire du Bénin, est désormais gouverné par le général Mathieu Kérékou qui a instauré un régime d’inspiration marxiste-léniniste. Bob Denard raconte avoir été contacté par le Maroc car Kérékou embarrasse le royaume depuis qu’il a pris parti pour le Front Polisario en reconnaissant la république sahraouie. L’homme gêne aussi la France qui désire le renverser pour “le remplacer par quelqu’un de plus proche des vues françaises”, raconte Jacques Foccart, l’éminence grise de l’Hexagone pour les affaires africaines. Ce dernier connaît très bien Bob Denard pour avoir déjà fait appel à ses services afin d’organiser des opérations militaires et des coups d’Etat sur le continent noir.

    La France marchant main dans la main avec le Maroc, Bob Denard estime qu’il peut s’engager dans cette affaire car il bénéficiera “d’appuis sérieux et de fonds conséquents”. “Mister Bob”, comme on le surnomme, dépêche un jeune officier en reconnaissance dans la capitale béninoise, Cotonou. Se faisant passer pour un touriste, ce dernier séjourne une semaine sur place pour évaluer les forces armées de Kérékou. Fort du rapport de son espion, Bob Denard juge qu’une opération militaire menée par des mercenaires serait le moyen le plus efficace de blackbouler Kérékou du pouvoir. Il en fait part aux parties prenantes dans l’opération, et notamment à Hassan II qui lui aurait fait “un premier versement de cent quarante cinq mille dollars” pour amorcer l’opération.

    Benguerir, base de chiens de guerre

    Bob Denard lance une campagne de recrutement de mercenaires, employant des Béninois exilés, qui seront épaulés par des Européens enrôlés grâce à des petites annonces publiées dans des quotidiens français. Bob Denard se fait appeler “colonel Maurin” pour les besoins de l’opération. Il n’informe aucune de ses recrues de la nature de la mission. Tous ignorent leur destination. Ce n’est qu’à l’aéroport, en recevant leurs billets d’avion, qu’ils découvrent leur port d’arrivée : le Maroc. Les chiens de guerre arrivent par petits groupes au royaume où, toujours selon Bob Denard, ils sont accueillis par des membres de la Gendarmerie royale. Ils sont ensuite conduits sur la base militaire de Benguerir qui, à l’époque, est considérée comme la base d’intervention du 13ème régiment de parachutistes français, une unité qui fournit le service action du SDECE en hommes de main.
    Bob Denard et son armée privée, composée de quatre-vingt-dix soldats de fortune, s’entraînent un mois complet sur la base de Benguerir. Ils sont équipés de fusils d’assaut, de mitrailleuses, de mortiers et de lance-roquettes. Bob Denard affirme avoir rencontré deux fois Hassan II pendant les préparatifs de l’opération. Le souverain lui aurait garanti, pendant l’un de leurs entretiens, son soutien plein et entier. “Après avoir versé son obole, le roi du Maroc nous garantit par contrat que le docteur Zinzou (ancien président du Bénin) nous allouera, pour sa part, quatre cent mille dollars”, raconte-t-il dans ses mémoires. Le 15 janvier 1977, Bob Denard et ses mercenaires sont passés en revue par le colonel Dlimi. Ils s’apprêtent à embarquer pour le Gabon, avant de débarquer au Bénin. Nom de code du coup d’Etat en cours : opération Crevette.

    Denard, barbouze de Sa Majesté

    A leur arrivée à Cotonou, “Mister Bob” et son armée privée rencontrent une opposition farouche. Denard n’arrive pas à prendre le contrôle de Cotonou et doit réembarquer l’après-midi même avec ses troupes. L’opération est un fiasco total, le commando de Denard en déroute est rapatrié au Gabon, avant de rejoindre le sud du royaume, “en accord avec les autorités marocaines”, écrit le mercenaire. L’opération Crevette aurait pu rejoindre la longue liste des coups d’Etat foireux d’après-indépendance en Afrique, restés auréolés de mystère. Sauf que là, Bob Denard abandonne derrière lui une caisse de munitions contenant les documents de l’expédition. La “Crevette” est décortiquée par Kérékou qui met en cause le Maroc et ses alliés français et gabonais. Pour ne rien arranger, les documents oubliés par Bob Denard sont intégralement publiés par la revue Afrique-Asie et établissent l’implication du Maroc dans le complot contre Kérékou. (…)

    telquel-online.com, 20 août 2013

    Photo : Bob Denard aux Comores

    Tags : Maroc, France, services secrets, Bob Denard, Algérie, Sahara Occidental, Mathieu Kérékou, Bénin, Dahomey, mercenaires, Mehdi ben Barka,

  • WikiLeaks : quand Algériens et Marocains se confient sur le Sahara occidental

    Le conflit au Sahara occidental, né il y a une quarantaine d’années, n’est pas près de trouver une solution, à en croire les télégrammes obtenus par WikiLeaks et révélés par “Le Monde”.

    Par Jean-Pierre Tuquoi Publié le 03 décembre 2010 à 22h59 – Mis à jour le 04 décembre 2010 à 14h37

    Le conflit au Sahara occidental, né il y a une quarantaine d’années, n’est pas près de trouver une solution. Les positions sont trop éloignées, les rivalités trop profondes, les procès d’intention trop nombreux entre les deux principaux protagonistes: le Maroc, qui occupe le Sahara occidental en dehors de toute légalité internationale, et l’Algérie sans l’appui de laquelle le Front Polisario, favorable à un référendum pour fixer l’avenir de l’ancienne colonie espagnole (indépendance ou rattachement au Maroc), aurait le plus grand mal à exister.

    La position algérienne est clairement exprimée dans le compte-rendu d’une audience (d’une durée de 3 heures 30) accordée en mai 2007 par le président algérien Abdelaziz Bouteflika à Frances Fragos Townsend, la conseillère du président Bush pour les affaires de sécurité, obtenu par Wikileaks et révélé par Le Monde.

    “Si je pouvais résoudre le problème je le ferais, affirme le président algérien. Mais je ne peux pas parler à la place des Sahraouis .” Ce qu’il faut c’est que “le Maroc et le Polisario trouvent une solution, et ils peuvent le faire avec l’aide des Américains”.

    Les Français, confiera-t-il à une autre occasion, “du fait du poids de leur histoire coloniale au Maghreb, sont incapables de jouer un rôle constructif dans le conflit”. D’ailleurs, ajoute-t-il, “la France n’a jamais vraiment accepté l’indépendance algérienne”. Pour lui, elle tente de régler ses comptes avec l’Algérie “en appuyant le Maroc”.

    LE JUGEMENT DE M. BOUTEFLIKA SUR LE ROI DU MAROC

    Un an plus tard, en février 2008, recevant un diplomate américain, changement de registre. Le président algérien dénonce “le plan d’autonomie” voulu par Rabat à la place du referendum d’autodétermination. Celui-ci n’offre qu’un semblant d’autonomie. Les provinces algériennes en ont d’avantage vis-à-vis d’Alger, soutient M.Bouteflika.

    Puis, au fil de l’entretien, le président algérien se laisse aller: il comprend que les Marocains se sentent menacés par la perspective d’un Sahara occidental indépendant mais, dit-il, ils sont les premiers responsables de la situation. Au lieu de faire preuve d’une approche “élégante” en acceptant une indépendance du Sahara occidental qu’ils auraient pu “contrôler” ou “superviser”, ils veulent “un Anschluss, comme Saddam Hussein avec le Koweït”. S’ils n’avaient pas été aussi maladroits, les Marocains “auraient pu obtenir ce qu’ils voulaient”, assure le président algérien à son hôte.

    L’année suivante, en novembre 2009, devant le chef du commandement américain pour l’Afrique (Africom), le général William Ward, le chef de l’Etat algérien revient à la charge. Selon lui, le projet d’autonomie est à rejeter. “Vous ne pouvez pas défendre l’application d’un principe pour la Palestine et un autre principe pour le Sahara occidental”, fait valoir le président algérien.

    Le jugement négatif de M. Bouteflika sur le roi du Maroc n’est pas fait pour arranger les choses. Autant le président algérien apprécie Moulay Rachid, le frère du roi (“On a plaisanté et discuté agréablement” à l’occasion d’une rencontre à Séville, en Espagne) autant le courant ne passe pas avec Mohammed VI. “Il n’est pas ouvert, et manque d’expérience”, se plaint-il. Pour M. Bouteflika, aucun dialogue n’est possible entre lui et le roi du Maroc.

    LES APPRÉCIATIONS SÉVÈRES DES MAROCAINS

    Côté marocain, la suspicion n’est pas moindre. Non pas que Mohammed VI se confie un tant soit peu aux très rares interlocuteurs américains qu’il reçoit. Mais ses proches le font pour lui. Or, ils sont sévères dans leur jugement. Selon leur lecture, la clé du dossier du Sahara occidental se trouve non pas à Tindouf, où siège les indépendantistes du Polisario, mais à Alger. Là-bas, expliquent-ils en juin 2009 au représentant personnel du secrétaire général de l’ONU, Christopher Ross, le pouvoir est toujours entre les mains de généraux dogmatiques, incapables de bouger et “pétrifiés” à l’idée du plan d’autonomie présenté par Rabat.

    Faut-il miser sur le temps et attendre qu’une nouvelle génération soit aux commandes en Algérie pour résoudre le conflit au Sahara occidental ? Certains conseiller du roi en sont convaincus, mais pas le chef des services de renseignements extérieurs, Mohamed Yassine Mansouri. Dans un “mémo” du printemps 2008, il se dit convaincu qu’un changement de génération “pourrait compliquer la situation”. “L’ancienne génération qui a créé le problème est la mieux placée pour le résoudre”, dit-il à son interlocuteur américain.

    Dans un télégramme de juin 2009, le même Mansouri confie que Rabat a demandé au président français Nicolas Sarkozy de faire en sorte “de n’être pas perçu, comme par le passé comme aussi pro-marocain sur le Sahara occidental”.

    C’était aussi le cas de l’administration Bush, “qui apparaissait trop favorable au Maroc”. A l’équipe diplomatique du président Obama, le patron des services d’espionnage fait observer qu’”il ne serait pas très judicieux d’abandonner ses vrais amis au profit du pétrole”.

    Jean-Pierre Tuquoi

    Le Monde, 3 déc 2010

    Tags : Maroc, Sahara Occidental, Front Polisario, Wikileaks, Etats-Unis, ONU,

  • Sahara Occidental : la mauvaise intox de Rabat

    Le cyber-activiste @Chris_coleman24 est apparu sur la toile le 2 octobre 2014. Ses premières publications ont visé le sujet névralgique au Maroc : la question du Sahara occidental, dénommée «Question Nationale» dans les documents secrets de la diplomatie marocaine. Un sujet sensible au point que la question est gérée par la centrale de la Dged, le service d’espionnage extérieur marocain.
    Coleman et ceux qui se trouvent derrière lui ont voulu frapper là où ça fait mal au Maroc, affirmer la colonisation du Sahara occidental par le Maroc étant le but principal de la diplomatie chérifienne et ainsi devenir une puissance régionale incontournable grâce à ses nombreuses ressources naturelles qui attirent le convoitise de la France, allié principal du Maroc dans ce conflit qui dure depuis bientôt 40 ans. Un soutien qui n’est pas pour les beaux yeux de Mohammed VI ni de ses sujets, mais pour les matières premières dont regorge le sous-sol du Sahara occidental.
    Suite à l’incident du patron de la Dgst, El Hammouchi qui a failli être interrogé par la justice française, Rabat a voulu exprimer son mécontentement en suspendant la coopération sécuritaire avec la France. Une décision qui leur a été fatale, puisque le 2 octobre 2014, un mystérieux hacker a dévoilé des documents d’une extrême gravité. Ses publications ont été arrêtées le 28 janvier 2015 coïncidant avec l’annonce de la normalisation des relations entre la France et le Maroc.
    Tags : Sahara occidental, Maroc, hacker, chris coleman, documents confidentiels, wikileaks marocain, diplomatie marocaine,
  • Sahara Occidental : De l’abandon du PSOE à la présence d’Unidas Podemos au gouvernement espagnol

    Décembre sahraoui : de l’abandon du PSOE à la présence d’Unidas Podemos au gouvernement espagnol
    Le gouvernement de coalition PSOE-Unidas Podemos ouvre un scénario sans précédent en ce qui concerne la position de l’Espagne sur le problème du Sahara Occidental occupé par le Maroc.
    Le PSOE n’a pas la défense de la cause sahraouie à son programme, et celle-ci ne figure pas dans l’accord de coalition.
    Unidas Podemos défend le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui et plaide pour la reconnaissance de la RASD.
    Le Parti socialiste ouvrier espagnol, avec à sa tête son secrétaire général, Pedro Sanchez, a ouvertement abandonné la cause sahraouie en décembre 2019 et a poursuivi sa démarche de ne pas s’opposer au régime marocain, qui occupe militairement le Sahara occidental et refuse de réaliser le référendum d’autodétermination qu’il avait convenu avec le Front POLISARIO en 1991.
    L’abandon de la cause sahraouie par le PSOE coïncide avec la formation d’un gouvernement de coalition avec Unidas Podemos, un parti qui soutient l’autodétermination du peuple sahraoui et prône la reconnaissance de la République arabe sahraouie démocratique (RASD).
    L’organisation dirigée par Pablo Iglesias, qui sera vice-président du nouvel exécutif, a spécifié dans son programme électoral que si elle se retrouvait gouvernement, elle mettrait en œuvre l’arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) sur les ressources naturelles du Sahara occidental, ouvrant ainsi un scénario sans précédent en ce qui concerne la position du gouvernement espagnol sur le Sahara occidental.
    Tags : Sahara Occidental, Maroc, Espagne, PSOE, Podemos, Unidas Podemos, Pedro Sanchez, gobierno español,
  • Lorgnant le Sahara Occidental, le Maroc instrumentalise la situation au Sahel et propose ses services au premier offrant

    Note -A- L’Attention de Monsieur le Ministre Délégué
    Objet : Maroc-UE Rencontre entre Monsieur le Ministre Délégué et le Représentant Spécial de l’Union européenne pour la région du Sahel (Rabat, 04 Juillet 2013).
    Lors de sa visite de travail au Maroc qui s’inscrit dans le cadre de la stratégie de l’Union européenne (UE) pour la sécurité et le développement au Sahel, M. Michel Reveyrand-de Menthon, Représentant Spécial de l’UE pour la région du Sahel a eu un entretien fructueux et constructif avec Monsieur le Ministre Délégué, le 4 juillet courant à Rabat.
    Les discussions de cette rencontre ont porté principalement les quatre axes suivants :
    1. Perception marocaine de la situation sécuritaire dans la région du Sahel et le rôle joué par le Maroc dans ce sens;
    2. Exploration des possibilités de coopération politique et opérationnelle entre le Maroc et l’UE dans le domaine de la sécurité (lutte anti-terroriste, contrebande et drogue) et du développement socioéconomique inclusif dans la région sahélo-saharienne ;
    3. Evaluation des instruments et mécanismes régionaux existants pouvant être mis à profit en vue de contribuer à la stabilité et au développement de la région ;
    4. Discussions et évaluation des plateformes internationales, régionales et sous-régionales susceptibles de mener des actions concrètes dans la région du Sahel.
    A cet égard, Monsieur le Ministre Délégué a souligné les points suivants :
    Situation dans la région du Sahel
    ◦ La préoccupation du Maroc suscitée par la précarité de la situation dans la région du Sahel ainsi que par l’interconnexion existante entre les différents réseaux de groupes terroristes et de trafiques en tout genre dans la bande Sahélo-saharienne, qui demeure une zone prioritaire pour la lutte contre ces fléaux.
    ◦ Le Maroc a été parmi le premier pays, sur la base des informations recueillies à travers ses services d’intelligences et de renseignement, à avoir alerté la communauté internationale et particulièrement l’UE sur les menaces terroristes émergentes et en constant développement dans le Sahel et des risques de prolifération au reste de la région.
    Rôle de l’UE dans la région
    ◦ La visite au Maroc du Représentant Spécial de l’UE pour le Sahel témoigne de la reconnaissance par l’UE du rôle de premier plan que peut jouer le Maroc dans le cadre d’une coopération renforcée dans la région grâce à sa stabilité et à ses reformes multidimensionnelles.
    ◦ La satisfaction du Maroc de l’intérêt particulier accordé de plus en plus par l’UE à la région du Sahel et à sa dimension sécuritaire en saluant dans ce sens l’approche active et opérationnelle de l’UE dans la région la nomination d’un Représentant Spécial pour la région qui témoigne de la volonté et de l’engagement de l’UE à jouer un rôle plus prononcé dans la région notamment dans le cadre de sa politique étrangère et de sécurité. Un rôle joué jusqu’à présent, selon Monsieur le Ministre Délégué, principalement par les Etats membres de l’UE et non pas par la Commission européenne notamment concernant les questions sécuritaires.
    ◦ La nécessité pour l’UE de redéfinir et de recadrer sa stratégie UE-Afrique ainsi que son approche qui n’a pas eu les résultats positifs escomptés.
    ◦ L’importance de tirer profit des instruments existants de l’UE « cross border » en vue de contribuer à la stabilité et au développement de la région en soulignant la pertinence de la Politique européenne de voisinage dans le cadre de la dimension régionale.
    Coopération Maroc-UE
    ◦ Le Maroc a été le premier pays à avoir initié avec l’UE une coopération renforcée dans le cadre du CORTER et instauré un dialogue politique renforcé et une concertation régulière avec le COPS.
    ◦ Rappel des discussions entre Monsieur le Ministre Délégué et Mme Catherine Asthon, Haute Représentante de l’UE pour les Affaires Etrangères et la politique de Sécurité, sur la nécessité de mettre en place, dans ce sens, une coopération renforcée et opérationnelle et de définir des actions à géométrie variable en vue de relever les défis de région.
    ◦ La disposition du Maroc à conclure l’accord cadre pour la participation du Maroc aux opérations de gestion de crises de l’UE et l’accord cadre portant sur les procédures de sécurité pour l’échange d’informations classifiées.
    ◦ Le COTER qui peut constituer une plateforme de coopération stratégique pour la lutte contre le terrorisme et la radicalisation.
    ◦ La priorité accordée par le Maroc pour faire avancer les reformes.
    ◦ Le Maroc souhaite associer et impliquer l’UE dans le cadre du CEN-SAD et communiquera dans ce sens les thématiques qui seront arrêtés pour le prochain sommet.
    ◦ Rappel de la coopération positive entre le Maroc et l’Espagne notamment du processus de Rabat
    ◦ L’importance du DPR et du Dialogue stratégique avec la tenue au mois de novembre prochain au Maroc de la prochaine réunion (à verifier)
    Coopération internationale et régionale
    Tags : Maroc, Sahara Occidental, Union Africaine, UA, Sahel, G5, CEN-SAD, UE, Représentant Spécial de l’Union européenne pour la région du Sahel,