Tag: Sahara Occidental

  • David Schenker veut désamorcer la crise entre le Maroc et l’Algérie

    Il veut désamorcer la crise entre le Maroc et l’Algérie: Le Secrétaire d’Etat adjoint américain attendu à Alger

    par Z. Mehdaoui


      Donald Trump tente de désamorcer la crise entre Alger et Rabat après son incroyable décision de reconnaître une prétendue souveraineté marocaine sur le Sahara occidental mais va aussi essayer de justifier son «forcing» sur le royaume chérifien qui a abdiqué, contre toute attente, en recevant une représentation de l’Etat hébreu sur son sol.

    A quelques jours donc de son départ du bureau ovale, Trump va dépêcher un «émissaire» à Alger, pour atténuer la colère des responsables algériens qui voient d’un très mauvais œil la présence d’Israël à ses frontières de l’Ouest, avec tout ce que cela implique en termes de sécurité.

    «Le secrétaire d’État adjoint aux Affaires du Proche-Orient, David Schenker, se rendra en Jordanie, en Algérie et au Maroc du 3 au 12 janvier pour discuter de la coopération dans les domaines de l’Economie et de la Sécurité avec des dirigeants gouvernementaux», annonce à cet effet le département des Affaires étrangères américain qui précise que lors de son déplacement, le Secrétaire adjoint Schenker «soulignera le profond engagement des États-Unis à favoriser la prospérité économique, la paix et la stabilité au Moyen-Orient et en Afrique du Nord».

    Les derniers développements dans la région, notamment, le conflit du Sahara occidental, serait à l’origine de cette tournée qui intervient à la veille du départ problématique de Donald Trump.

    La visite intervient dans un contexte explosif du fait de la reprise des hostilités entre le Front Polisario et l’armée marocaine depuis plusieurs mois et qui a mis toute la région sur une véritable poudrière qui risque d’exploser à tout moment. Il faut rappeler que le Maroc devient ainsi le quatrième pays arabe à normaliser ses relations avec l’entité sioniste, depuis le mois d’août dernier, après les Emirats arabes unis, le Bahreïn et le Soudan. Le Maroc a annoncé jeudi dernier, la reprise des relations diplomatiques avec Israël «dans les meilleurs délais», avec la reprise des contacts officiels et ouverture des bureaux de liaisons dans les deux pays.

    Cadeau «royal» et empoisonné livré par le président américain Trump avant son départ ? Certainement. D’autant que la rue marocaine commence, après avoir accusé le coup, à s’agiter. Et il serait très aléatoire de prévoir jusqu’où elle pourrait aller… Toutefois il y a lieu de préciser que durant longtemps, un des souhaits les plus chers de l’Etat hébreu, à travers notamment son service de renseignement, le Mossad, était de s’incruster dans la proche périphérie de l’Algérie. Le Sahara, gorgé de pétrole, était un point de fixation. Mais le rêve était d’autant plus impossible à réaliser que le renseignement algérien tournait au quart de tour. Le tour de passe-passe que le Mossad a imaginé alors était de se rendre utile à de nombreux régimes, notamment pour les questions sécuritaires. Des liens discrets, mais concrets, avec certains États-clés lui laissaient espérer nouer des relations économiques et politiques toujours plus étroites. Aujourd’hui avec l’officialisation de la normalisation israélienne avec le Maroc, avec la bénédiction américaine le Rubicon a été franchi dans la région.

    La position de l’Algérie par rapport à cette question ou sur le dossier sahraoui a toujours été immuable. En dépit d’une puissance de feu jamais égalée dans toute l’Afrique, l’Algérie a toujours privilégié le règlement des crises par les voies pacifiques et diplomatiques. Mais cette «doctrine» semble dépassée par les événements car ce «repli» de l’Algérie est perçu comme une faiblesse dans la région ce qui a encouragé notamment le Maroc à afficher clairement son hostilité envers son voisin de l’Est. C’est dans ce contexte que le sous-secrétaire américain va entamer sa visite dans les deux pays en tentant de réconcilier l’inconciliable en faisant valoir bien évidemment la place «de juge et partie» des USA dont l’image est ternie durablement par la politique de Donald Trump.

    Le Quotidien d’Oran, 5 jan 2021

    Tags : Maroc, Algérie, Sahara Occidental, Front Polisario, Normalisation, Israël, Donald Trump, David Schenker,

  • Complots du Maroc contre l’Algérie

    Maroc : Comment la DGED a manipulé le dénommé MAK

    La boîte mail de Mourad El Ghoul, chef de cabinet de Yassine Mansouri, continue de dévoiler les secrets de la DGED. Parmi les secrets les lieux entretenus par le service de renseignement makhzénien, les liens qu’il entretient avec le Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie (MAK), dirigé par le traître Ferhat Mehenni, dont les relations avec d’autres services étraangers, y compris le Mossad, ne sont plus à prouver. L’argent qu’il recevait non plus.

    Il est maintenant établi que les Marocains ont fourni assistance à Ferhat Mehenni pour fomenter une insurrection dans la région de Kabylie, sans évaluer ces conséquences devastatrices, pas seulement pour l’Algérie mais également au Maroc, en proie aussi à plusieurs mouvements insurrectionnels indépendantistes, notamment dans la région du Ri.

    Comme le prouvent ces emails, Mourad El Ghoul demandait à ses acolytes Ahmed Charai, Nadia Jalfi, Abdelmalek Alaoui, Karim Bouzida, Claude Moniquet, Ali Bahaijoub, Jean Louis Martienelli, Hasna Daoudi, Said Ida Hassan, Sidy Gay, etc, d’écrire des articles au titre accrocheur tels que « Violences algériennes anti-Kabyle » ou « violences policières en Kabylie », pour tromper l’opinion internationale sur la réalité des choses.

    Mourad El Ghoul entretenait des conctacts avec des membres du MAK utilisant les adresses mail postmaster@makabylie.org et president@makabylie.org. C’est lui qui a programmé et dirigé les actions de Meheni en France et aux Etats-Unis en vue de promouvoir les plans conspirtoires de ce dernier contre son pays, l’Algérie. Sous les ordres d’Ahmed Charaï, le journaliste français Vincent Hervouet a reçu le mercenaire kabyle dans son programme « Ainsi va le monde » sur les antennes de LCI.

    Il y a lieu de rappeler que les services de renseignement du Maaroc ne sont pas à leur première action malveillante à l’égard de l’Algérie. Ils ont déjà manipulé l’organisation terroriste GIA, à laquelle ils ont aussi fourni assistance dans la mise en place de filière d’acheminement d’armes à partir de l’Europe durant les années 1990.

    Le cas de l’ex-chef du GIA, Layada, est un exemple édifiant de la manipulation par le Maroc du terrorisme islamiste.

    A travers cette manipulation, le Maroc voulait affaiblir l’Algérie afrin de priver les sahraouis de leur soutient dans leur lutte pacifique contre le colonialisme marocain. Mais c’était peine perdue.

    De même pour le Mouvement subversif de Ferhat Mehenni, la DGED croyait qu’en alimentant un mouvement inssurrectionnel en Kabylie, elle allait gagner la bataille diplomatique contre l’Algérie sur le dossier du Sahara Occidental. Ce pays s’est de nouveau trompé dans ses calculs, car ceci n’a pas empêché le Front Polisario d’enregistrer plusieurs victoires diplomatiques sur la scène internationale. D’ailleurs, le soutien algérien à la lutte sahraouie pour l’indépendance n’a pas bougé d’un iota. Pour preuve, Alger a applaudi la décision des autorités sahraouies de reprendre la lutte armée contre l’occupant marocain.

    Loin de réaliser ses objectifs, les agissements du Makhzen se sont retournés contre lui. Son saction visant à mobiliser les kabyles a ravivé le sentiment nationaliste dans la région du Rif où la population rifaine vit, depuis les années 1950, dans la marginalisation, la répression et l’humilliation.

    Source : Maroc Leaks, 5 jan 2021

    Tags : Maroc, Algérie, MAK, Kabylie, Ferhar Mehenni, Layada, GIA, Sahara Occidental, Front Polisario,

  • A propos de quelques élucubrations sur la diplomatie algérienne

    Par Abdelkader Kateb *

    Certains écrits parlent maladroitement d’occasions perdues de la diplomatie algérienne, en prétendant bien connaitre les grands dossiers des conflits dans le monde. Disons les choses clairement ! c’est une ratatouille, qui ne dit pas son nom.

    De prime abord, je pense que l’absence d’une couverture médiatique régulière contribue à une difficile grille de lecture de l’apport de la diplomatie algérienne dans le règlement des grands conflits de la région qui ne sont en grande partie, faut-il le rappeler, rien d’autre que la continuité d’anciens conflits non résolus. Leurs origines sont intimement liées entre autres à l’héritage colonial et aux disputes des grandes puissances sur les richesses et les frontières qui ont accompagné les indépendances.

    Pour dénouer l’écheveau de la problématique en question, il faut souligner que rares sont les pays qui formulent les principes présidant à leur politique étrangère d’une manière aussi claire et systématique que l’Algérie. Il faut savoir que cette posture est liée d’une part à l’expérience historique du pays, et de l’autre à la façon dont l’Algérie envisage son avenir.

    Benjamin Stora, historien de renom, écrit dans « l’Histoire de l’Algérie depuis l’indépendance », qu’ « elle a si longtemps enduré l’ingérence étrangère sous la plus odieuse de ses formes qu’elle s’est promis de ne jamais infliger les mêmes souffrances à un autre pays ou à un autre peuple ».

    Ce qu’il y a lieu de retenir de certains écrits d’apprentis sorciers, c’est leur habileté à dénigrer, subtiliser, voire taire le rôle fondamental de l’Algérie dans la résolution des grands conflits de la région (Libye-Mali-Sahara Occidental). Laisser croire que la persistance de ces conflits est due à « une lourdeur dans la réaction (algérienne. ndlr), une absence d’initiative et une attitude plutôt timorée », c’est inacceptable et c’est vouloir tromper l’opinion publique.

    Les avantages de la politique étrangère algérienne vont devenir de plus en plus visibles au fil des semaines et des mois à venir, avec le retour du président Abdelmadjid Tebboune et le ressourcement en cours de finalisation par le Ministre Sabri Boukadoum.

    Aujourd’hui, comme chacun le sait, l’Algérie est confrontée à des périls externes qui ne ressemblent en rien à ce qu’elle avait connu jusqu’ici. Si la nouvelle constitution du 1er novembre dernier maintient les prérequis et les valeurs fondamentales de sa diplomatie, qui ont pu faire leurs preuves par le passé, la pertinence de la nouvelle approche va être mise à l’épreuve à l’avenir.

    La situation est d’autant plus complexe que des acteurs internationaux (dont certains potentiellement déjà indirectement impliqués) suivent les événements au Sahara occidental, en Libye et au Mali et souhaiteraient jouer un rôle majeur avant que l’approche diplomatique algérienne n’ait été menée à son terme. De par la sagesse de ses Hommes d’Etat, l’Algérie peut tenter de dissuader les acteurs internationaux de toute ingérence dans la région, comme elle l’a fait à maintes reprises.

    Le cas du mali

    Les apprentis sorciers accusent notre appareil diplomatique d’avoir perdu sa place au Mali et font remarquer maladroitement qu’il n’en reste pas moins qu’actuellement, la voix de l’Algérie n’est pas très audible et ce sont les sept nations qui ont un pied dans ce pays qui mènent le «manège diplomatique».

    La vérité est tout autre, c’est que le dossier malien et ses subtilités sont très complexes. Il faut savoir que l’Algérie jouit toujours d’un bon capital de crédit au Mali et reste perçue dans l’imaginaire abstrait des Maliens comme le grand voisin du nord, tout particulièrement les communautés du nord du Mali, qui apprécient hautement l’attention dont elles bénéficient dans les politiques de coopération et de solidarité de l’Algérie avec le Mali. Cette attention contribue énormément à l’allègement des effets de leur désenclavement.

    Par ailleurs, ils oublient que rien que l’année 2020, l’effort de solidarité consenti par notre pays au profit du Mali s’est poursuivi à travers l’octroi d’importantes aides alimentaires et autres décidées par le Président de la République Abdelmadjid Tebboune qui s’est montré , depuis son arrivée, très engagé sur le dossier malien.

    Le meilleur moyen de s’imprégner de l’apport de l’Algérie dans ce dossier, c’est de suivre constamment les déclarations des responsables maliens, qui ne ratent aucune occasion pour rendre hommage à l’Algérie pour son rôle majeur qu’elle continue inlassablement de jouer dans le retour de la stabilité dans leur pays, notamment dans le cadre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger. Pour mémoire, cet accord, cadre idoine pour le retour définitif et durable de la stabilité au Mali signé en mai-juin 2015, bénéficie toujours d’un large appui, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du Mali, malgré les retards qu’il accuse dans sa mise en œuvre, en raison d’un environnement des plus complexes.

    Je ne sais pas si les apprentis sorciers ont connaissance que l’Algérie mène toujours le suivi et l’accompagnement de la mise en œuvre de l’Accord, en tant que pays voisin, Chef de file de la Médiation et Présidente du Comité de Suivi de l’Accord, pour lequel elle continue d’engranger les dividendes de la paix et la sympathie malienne ; ce qui n’est pas étonnant de sa part, disent les connaisseurs.

    Il ne faut pas omettre, dans ce contexte, que son ministre des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum, s’est rendu en janvier 2020 à Bamako, pour conduire les travaux de la quatrième consultation de haut niveau du Comité de Suivi de l’Accord. De l’avis des maliens eux-mêmes, cette consultation a permis de donner une nouvelle impulsion au processus de paix et relancer la tenue des sessions mensuelles du CSA que préside l’Ambassadeur d’Algérie au Mali, qui vient d’être désigné par le réseau panafricain indépendant « Afrobaromètre» parmi les trois diplomates étrangers les plus influents au Mali. Soucieux de maintenir la place de son pays au Mali, l’ambassadeur Boualem Chebihi ne rate aucune occasion pour renforcer encore davantage la proximité stratégique avec les autorités maliennes et l’attachement de l’Algérie à la mise en œuvre de l’Accord de paix issu du processus d’Alger.

    Je ne voudrais pas conclure le cas du Mali, sans attirer l’attention sur la nouvelle crise socio-politique traversée par le Mali à partir de juin 2020, qui a été une autre occasion pour l’Algérie de manifester, encore une fois, sa solidarité et de marquer sa présence incontournable sur ce dossier.

    Parallèlement à la CEDEAO, l’Algérie s’est employée activement pour désamorcer cette nouvelle crise. D’intenses activités ont été menées avant et après les évènements du 18 août 2020, qui ont conduit à l’instauration de la transition en cours. Là aussi, le ministre Sabri Boukadoum a été l’un des rares ministres à avoir effectué deux déplacements au Mali, respectivement les 28 août et 20 septembre 2020. Il a été, ainsi, le premier responsable étranger à rencontrer les nouvelles autorités maliennes, issues des évènements du 18 août dernier. Pour l’histoire, il faut noter que ces deux visites ont même ouvert la voie à celles d’autres chefs de diplomatie.

    Les développements dans ce pays voisin ont continué à aller dans le sens des vues de l’Algérie exprimés notamment par son Ministre des Affaires étrangères, lors de ses différentes visites. Ainsi, après la libération de l’ancien Président Ibrahim Boubacar Keita, le renouvellement par le CNSP de son engagement à respecter l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger, le CNSP qui a pris le pouvoir à Bamako le 18 août a donné une suite favorable à deux autres des recommandations-phares de l’Algérie, concernant la durée de la transition ramenée raisonnablement à 18 mois et le profil civil du Président de la transition.

    Sur le processus de paix, la courte période de transition qui s’est ouverte au Mali s’est annoncée plutôt sous de bons auspices pour la suite de ce processus qui est actuellement au cœur de l’action de l’Algérie au Mali. L’engagement des autorités de transition s’est reflété, à notre grande satisfaction, entre autres, par l’inclusion d’une référence expresse à l’Accord dans la charte de la transition et par la participation des mouvements signataires dans la mise en place et la composition des organes de la transition y compris dans le gouvernement.

    Donnant suite aux conclusions de la 41e session du Comité de Suivi de l’Accord, tenue le 16 novembre 2020 à Bamako, la Partie malienne a, d’ores et déjà, redynamisé son cadre de concertation et établi une feuille de route consensuelle des actions à mener dans le cadre de l’Accord d’ici la fin de la transition ; cette feuille de route devrait être validée à la prochaine session, prévue au début de la deuxième quinzaine du mois de janvier 2021.

    Sahara occidental

    Le conflit du Sahara occidental est une question de décolonisation qui ne peut être résolue qu’à travers l’application du droit international et de la doctrine bien établie des Nations Unies et de l’Union Africaine en la matière, c’est-à-dire l’exercice authentique par le peuple sahraoui de son droit inaliénable à l’autodétermination et à l’indépendance, conformément aux dispositions de la résolution 1514 (XV) portant octroi de l’indépendance aux pays et peuples coloniaux, dont la communauté internationale a célébré , cette année, le 60ème anniversaire.

    Dans ce cadre, faut-il le souligner, ce n’est pas un tweet qui va changer le cours de l’histoire. Ainsi, la proclamation du 4 décembre, reste sans effet juridique, car elle contrevient à l’ensemble des résolutions des Nations Unies et notamment à celles du Conseil de Sécurité sur la question du Sahara occidental. Le reste , c’est de la littérature de mauvais goût. L’Algérie, dont la position s’adosse à la légalité internationale contre la logique de la force et des marchés douteux, réitère son appui indéfectible à la cause juste du peuple sahraoui.

    Le cas de la Libye

    Affectée par l’instabilité de la Libye, il est vrai que dans ce dossier l’Algérie doit très vite reprendre les choses en main pour faire taire les armes définitivement et amener les différents belligérants à négocier une issue honorable et pacifique, par l’organisation d’élections présidentielles et parlementaires, libres, justes, inclusives et crédibles. La proposition algérienne d’accueillir un “dialogue” entre toutes les parties libyennes reste toujours valable pour résoudre la crise profonde par le dialogue et éviter ainsi des dérapages aux conséquences désastreuses.

    Notre pays a déjà payé un tribut humain et matériel à l’instabilité en Libye et au Mali. Il n’en reste pas moins résolu à trouver une solution diplomatique à ces conflits et à renforcer sa posture politique. Notre pays ne peut cependant et ne doit pas se contenter d’une mise en scène, mais en tant qu’Etat pivot de la région, il se doit de jouer un rôle majeur dans tout règlement final des conflits dans son voisinage qui n’ont que trop duré.

    *Abdelkader Kateb, ancien diplomate

    Algérie1, 4 jan 2021

    Tags : Algérie, Libye, Sahara Occidental, Mali, Sahel,

  • Sahara Occidental : Des pays amis de la RASD au Conseil de sécurité

    LA QUESTION DU SAHARA OCCIDENTAL AU CŒUR DE L’AGENDA 2021 : Des pays amis de la RASD au Conseil de sécurité 

    Au moins quatre pays amis du peuple sahraoui ont rejoint le Conseil de sécurité de l’ONU en tant que membres non permanents, à compter du 1er janvier 2021. Cette année, la question du Sahara occidental devrait être l’une des principales priorités du travail de ces pays au cours des deux prochaines années.
    D’autant que la décision du président sortant Trump de reconnaitre la prétendue souveraineté marocaine sur le Sahara occidental contrairement aux principes de l’Onu, si elle n’est pas annulée par le président élu Joe Biden, va rendre très inconfortable la position des Etats-Unis au Conseil de sécurité et leur droit de veto et pas seulement sur la question sahraouie ou ils se sont complètement discrédités. Le Mexique qui reconnait la Rasd depuis 1979 et entretient des relations diplomatiques au niveau des ambassadeurs, le Kenya, qui a reconnu la RASD depuis 2005, et entretient également des relations diplomatiques avec la RASD au niveau des ambassadeurs, font leur entrée au conseil de sécurité et vont s’activer pour faire bouger le conseil dont les efforts ont été entravés pour faire appliquer ses propres résolutions par l’allié inconditionnel de Rabat, la France.
    La Norvège est un autre pays ami du Sahara occidental qui vient de rejoindre le Conseil de sécurité de l’ONU. Ce pays scandinave, bien qu’il ne reconnaisse pas la RASD, maintient une position ferme de soutien à la lutte du peuple sahraoui et se montre très solidaire avec son combat pour son indépendance. Ce pays européen contribue dans les instances internationales aux efforts pour une solution garantissant le droit des Sahraouis à l’autodétermination et à l’indépendance. Enfin, l’Irlande, quatrième pays ami du Sahara occidental qui fait également partie du Conseil de sécurité depuis le 1er janvier, s’est toujours montré d’une solidarité sans faille avec les sahraouis. Malgré le lobbying marocain Dublin est restée ferme dans sa position de soutien à la lutte du peuple sahraoui. Le Mexique, pays influent d’Amérique centrale a officiellement annoncé, dans une lettre adressée à l’ONU, sa position sur les questions de décolonisation dans le monde, soulignant la priorité de l’organisation d’un référendum d’autodétermination au Sahara occidental par lequel le peuple sahraoui pourra exercer son droit inaliénable à l’autodétermination. Dans sa lettre le Mexique rappelle que l’ONU a un rôle fondamental dans les processus de décolonisation. Il appuie les efforts visant à parvenir à une solution juste et durable du conflit au Sahara occidental, conformément aux résolutions du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale qui stipulent la garantie du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination par l’organisation d’un référendum pour déterminer l’avenir du territoire. Le Mexique appuie également les efforts visant à élargir la mission de la MINURSO pour y inclure la surveillance des droits de l’homme au Sahara occidental. De son côté, le Kenya, qui présidera le Conseil de sécurité de l’ONU en octobre prochain, et les débats annuels pour prolonger le mandat de la MINURSO, considère que le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination est inaliénable.
    Le président du Kenya, Uhuru Kenyatta, à l’occasion du 44ème anniversaire de la proclamation de la RASD, a renouvelé la position solide de son pays en faveur de la lutte du peuple sahraoui pour l’autodétermination. Dans un message à son homologue sahraoui Brahim Ghali, le président kényan a exprimé sa satisfaction quant au « niveau des relations fraternelles entre les deux pays, soulignant à cet égard son aspiration à renforcer davantage ces relations conformément aux principes de l’Union africaine.
    Pour ce qui est de la Norvège, la chef de la diplomatie norvégienne a clairement indiqué que la position de son pays sur la question du Sahara occidental ne sera pas affectée par l’annonce du président Trump de reconnaître la prétendue souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental.
    «La position de la Norvège sur la question du Sahara occidental a été cohérente au fil des ans et n’a pas été affectée par les événements récents sur le terrain, ni par l’annonce récente de Trump selon laquelle il proposerait une solution politique conforme aux décisions pertinentes prises par le Conseil de sécurité des Nations unies. »
    Selon la chef de la diplomatie norvégienne, Oslo soutient le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui et les initiatives qui pourraient amener les deux parties, le Maroc et le Front Polisario, à la table des négociations, demandant en même temps au secrétaire général de l’ONU de désigner un nouvel envoyé dans les plus brefs délais. Ce que le SG, dont la position sur la question du Sahara occidental est de plus en plus critiquée, tarde à faire.
    La Norvège souligne la nécessité d’aller de l’avant en créant une nouvelle dynamique et en renforçant la confiance dans la voie des négociations menées par l’ONU au Sahara occidental.
    M. Bendib 
    #SaharaOccidental #Polisario #Marruecos #WesternSahara  #Maroc #Morocco #DonaldTrump #Israel
  • Sahara Occidental : la normalisation marocaine avec Israël contre le soutien américain (Mustafa Bakhouche)

    Mustafa Bakhouche, professeur en sciences politiques à l’Université Mohamed-Khider de Biskra, estime que la décision du Front Polisario de revenir à la lutte armée n’est pas une déclaration de guerre, mais plutôt une recherche de la paix à travers la relance du processus du règlement international bloquée. Dans cette interview, il souligne que les positions de certains États du Golfe d’ouvrir des« consulats vides »dans les terres désertiques occupées ne sont pas fondées sur des principes et n’ont pas une relation directe avec la question du Sahara occidental, mais plutôt un rôle joué par des États fonctionnels chargés de faire la promotion du projet américain appelé «la transaction du siècle» et la normalisation avec Israël.

    Il ne fait aucun doute que l’impasse dans laquelle se trouve la question du Sahara Occidental tient au fait qu’elle se limite à deux solutions contradictoires. Une logique fondée sur le principe du droit à l’autodétermination adopté par les Nations unies sans pouvoir l’imposer, et une approche marocaine basée sur le maintien du Sahara occidental sous sa souveraineté tout en proposant l’autonomie aux Sahraouis.
    L’ancien secrétaire d’État américain et envoyé onusien à la région, James Baker, a proposé de donner l’autonomie tout en organisant un référendum d’autodétermination, mais le Maroc a rejeté cette solution. Le royaume a œuvré, depuis, pour imposer sa logique sur un fait accompli, qui a abouti, après des années de tergiversations, à un retour au langage de la guerre.
    Le Front Polisario a décidé, en effet, de suspendre son engagement en faveur de l’accord de cessez-le-feu avec le Maroc. La guerre est-elle le début d’une solution à un conflit prolongé?
    Dans le passé, on disait : «Si vous voulez la paix, préparez-vous à la guerre». En raison des tergiversations marocaines et d’une stratégie visant à gagner du temps pour imposer une nouvelle réalité sur le terrain qui change la situation socio-économique et démographique conformément à sa vision, il semble que le Front Polisario est aujourd’hui convaincu que parier sur la voie diplomatique chancelante ne suffit pas.
    C’est pourquoi, le choix sahraoui de reprendre le chemin de la lutte armée, ne signifie, en aucune façon un va-t-en guerre, mais une recherche vers la paix en relançant la voie du règlement international qui stagne depuis 1991. Depuis, le Maroc ne cesse de fabriquer de faux problèmes de procédure dans le but de perturber la tenue du référendum. Parmi ces faux problèmes, celui relatif, particulièrement, à la question de la détermination de l’identité des Sahraouis qui ont le droit de participer au référendum. Le Front Polisario veut, par sa décision de mettre fin à l’accord de cessez-le-feu, envoyer des signaux d’alerte à la communauté internationale sur le sort du processus référendaire et les conséquences qui menacent la sécurité et la stabilité non seulement de la région, mais pouvant aller au-delà pour s’étendre au nord de la Méditerranée, au Sahel et au sud du Sahara, des régions déjà fragilisées et vivant de nombreuses perturbations.
    Comment expliquez-vous la position de certains pays du Golfe, notamment les Emirats Arabes Unis et le Bahreïn ?
    Votre question me conduit à faire référence à un certain nombre d’étranges paradoxes que la région connaît en raison de l’état de bouleversement du système international, ce que les spécialistes des relations internationales appellent le phénomène de transfert et de transformation du pouvoir. D’une force dominante en déclin, dont la force relative diminue progressivement et qui veut continuer à exercer une influence et une force révisionniste en quête de reconnaissance sur la scène internationale. Cette force cherche à dominer et à exercer une influence proportionnelle à sa puissance croissante. Au cours de cette période de transformation et de transition, un vide apparaît et toutes les puissances internationales et régionales essaient d’en profiter pour se repositionner dans la nouvelle phase, et au milieu de celle-ci, nous pouvons être témoins de situations étranges qui ne reflètent ni ne respectent les relations de pouvoir.
    C’est exactement ce que vit la région du Moyen-Orient et celle de l’Afrique du Nord. En raison du retrait des puissances régionales traditionnelles influentes et en raison de considérations liées à la tourmente du système international et aux conséquences du soi-disant «Printemps arabe» (Égypte, Iraq, Libye, Syrie), des pays ne possédant pas les éléments nécessaires de la puissance ont fait surface et essaient de jouer des rôles « fonctionnels » beaucoup plus grands que leur taille.
    Voici le paradoxe lorsque ces pays deviennent des décideurs du sort de la région à travers leurs interventions (financement) dans des pays (Libye, Syrie, Yémen, …) aux dépens des pays pivots de la région.
    En liant votre question à cette idée de bouleversement international et au vide de pouvoir qui en résulte dans la région, je fais référence aux mouvements de l’entité sioniste. Profitant des récentes percées qu’elle a réalisées dans la région du Golfe, à travers les portières des Emirats et de Bahreïn, cette entité parie sur le repositionnement en réorganisant ses relations avec les pays de la région, d’une manière qui réponde à ses aspirations pour les intégrer dans son environnement.
    L’Objectif, à travers ces manœuvres, est de se transformer en leader qui commande les efforts internationaux dans la lutte contre le terrorisme, selon sa vision, et, partant, contrecarrer la menace iranienne et l’expansion turque.
    C’est ce qu’il essaie d’accomplir pratiquement sur le terrain, après avoir réussi à persuader l’Administration américaine d’adopter l’Accord du siècle, qui à son tour a poussé certaines forces fonctionnelles de la région à le commercialiser et à le promouvoir. Le Maroc a trouvé dans cette atmosphère ce qui lui permet de pratiquer une sorte de troc et même de chantage sur la question du Sahara occidental, surtout après que l’Algérie ait déclaré explicitement par la voix du président Abdelmadjid Tebboune, lui-même, de rejeter ce qu’il a appelé la ruée vers la normalisation.
    En échange de son soutien à la position marocaine, qui a pris de nombreuses formes, dont l’ouverture de consulats dans la ville occupée d’El-Ayoun (qui, soit dit en passant, est un comportement illégal qui viole le droit international et les traditions diplomatiques), le Maroc est prêt à normaliser et à reconnaître Israël.
    Par conséquent, je pense que les positions de ces pays ne sont pas fondées sur des principes et n’ont rien à voir directement avec la question du Sahara occidental, mais plutôt des pays chargés de commercialiser le projet de l’Accord du siècle et la voie de la normalisation.
    Qu’est-ce qui a rendu la position américaine hésitante, contrairement à la position française?*
    La position officielle déclarée par les États-Unis est conforme à la légitimité internationale et au droit international et soutient le processus de règlement des Nations unies. Cela dit, la recherche d’une explication sur le manque de sérieux de la position américaine vis-à-vis de la question saharienne, nous mène à souligner :
    Que le Maroc est considéré comme un allié traditionnel des États-Unis depuis l’époque de la guerre froide. Les États-Unis considéraient le conflit du Sahara comme une forme de guerre par procuration.
    Que les États-Unis ont passé la main sur la question du Sahara au profit de leur allié de l’Atlantique Ouest, la France.
    Que le conflit du Sahara Occidental n’est pas une priorité pour le pouvoir américain, compte tenu de l’ampleur de ses intérêts, surtout après la fin de la guerre froide et le recul des considérations stratégiques.
    Que ce qui distingue la prise de décision américaine, c’est le rôle des lobbies et des groupes de pression capables de l’influencer.
    Par conséquent, les États-Unis s’appuient sur «la politique de l’ambiguïté» dans leur position pour s’assurer des bonnes relations avec toutes les parties impliquées dans le conflit, directement ou indirectement…
    L’un des pays touchés par le conflit est peut-être la Mauritanie, à laquelle l’option de la neutralité positive a été imposée. Ni pour ni contre ?
    La vérité est que la position mauritanienne reflète la complexité de la question sahraouie. Pour pouvoir la comprendre, il faut revenir un peu en arrière. Il faut souligner, d’emblée, que les revendications territoriales du Maroc reflètent sa tendance expansionniste car elles ne se limitent pas au territoire du Sahara occidental mais s’étendent à la Mauritanie et à une partie du territoire algérien, en plus de Ceuta et Melilla, qui sont toujours sous souveraineté espagnole.
    En raison de cette tendance expansionniste, la reconnaissance par le Maroc de l’indépendance de la Mauritanie a été retardée de neuf années entières (la Mauritanie a obtenu son indépendance en 1960 et la reconnaissance du Maroc a eu lieu en 1969).
    Pour la même raison, le Maroc a attaqué l’Algérie et une guerre a éclaté entre les deux pays en 1963 (la guerre des sables).
    Je note également que la position mauritanienne s’est développée positivement et est passée des revendications portant sur «la mauritanité» du Sahara, parallèlement aux revendications marocaines, au retrait du conflit, en déclarant la neutralité.
    La position mauritanienne peut être comprise et justifiée en regardant la fragilité de ce pays, sa rareté de ressources et ses faibles capacités, d’une part, et, d’autre part, son empressement à se prémunir des ambitions marocaines à son égard.
    Si l’accord tripartite de Madrid du 14 novembre 1975 entre la Mauritanie, le Maroc et l’Espagne prévoyait le partage du Sahara entre le Maroc et la Mauritanie, selon lequel le Maroc acquerrait la région d’Oued Ed-Dahab et la Mauritanie acquerrait la région de Sakia El Hamra tout en assurant la protection des intérêts espagnols dans la région, la Mauritanie, sous la pression des coûts exorbitants du conflit, s’est retirée de la partie qui devait être occupée par les forces marocaines. Depuis, la Mauritanie a maintenu une position de neutralité pour assurer des relations acceptables avec toutes les parties en conflit.
    Envisagez-vous l’existence de solutions autres que celles présentées actuellement : le droit à l’autodétermination ou l’autonomie ?
    En ce qui concerne la solution du conflit, deux visions s’opposent. La première est celle de la légitimité internationale et du droit international qui a inclus la question du Sahara occidental depuis 1963 dans la liste des Nations unies des territoires non indépendants auxquels le droit à l’autodétermination n’a pas été accordé. Et elle ne reconnaît pas la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental. La solution, selon cette vision, passe par l’organisation d’un référendum d’autodétermination. C’est d’ailleurs, une démarche acceptée par le Maroc en 1991, avant de se rétracter en reniant ses engagements internationaux.
    La deuxième vision consiste à conférer aux Sahraouis une large autonomie. A travers cette idée, le Maroc cherche à contourner l’organisation du référendum et garantir «une intégrité territoriale non reconnue par la communauté internationale.
    La réalité a prouvé, au fil du temps, que les deux visions sont inconciliables. C’est pourquoi, il est urgent de réagir en dehors du discours dominant et loin des deux visions, d’une manière qui permette l’élaboration d’une feuille de route viable qui prenne en compte les droits du peuple sahraoui et réponde aux intérêts et aspirations de tous les peuples de la région dans un processus d’intégration vers la construction d’un Maghreb de sécurité et de prospérité. C’est dans ce sens que devraient intervenir les think tanks, les élites, les universitaires et les chercheurs de la région, notamment en Algérie, au Maroc et en Mauritanie. Mon souhait est qu’ils se libèrent de la dépendance liée aux natures clientélistes des régimes politiques, dans leur traitement de la question du Sahara occidental. Je pense, qu’aujourd’hui, nous devons jeter une pierre dans nos eaux stagnantes pour assurer son mouvement, en pensant aux relations entrelacées et au dépassement des calculs des régimes en faveur d’un espace maghrébin basé sur les valeurs de justice et de liberté et qui garantissent l’intégration et des efforts concertés pour que nous soyons tous libérés de la peur, du besoin et du sous-développement .
    Que représente le Sahara occidental pour l’Algérie du point de vue géostratégique ?
    Permettez-moi de préciser ici et d’une manière catégorique, que la position algérienne est dictée par des principes qui n’ont rien à voir avec les calculs de profits ou pertes, ou même par des considérations géostratégiques. L’Algérie, qui a obtenu son indépendance grâce à l’application du principe du droit à l’autodétermination après une lutte acharnée contre le colonialisme français, est très sensible aux questions de décolonisation qu’elle considère comme des questions justes. Par conséquent, l’Algérie a soutenu tous les mouvements de libération dans le monde indépendamment de leur appartenance religieuse ou ethnique ou de leur situation géographique avant même leur indépendance. Il suffit ici de signaler, par exemple, que le chef militant contre l’apartheid, le Sud-Africain Nelson Mandela a bénéficié d’un entraînement militaire en Algérie par les soins des révolutionnaires algériens de l’Armée de libération nationale. C’est pourquoi l’Algérie est connue sous le nom de la Mecque des révolutionnaires. L’enjeu n’est donc pas lié aux calculs stratégiques ou aux ambitions territoriales : l’Algérie, Dieu soit loué, a la taille d’un continent et dispose de suffisamment de ressources. Ce n’est qu’une question de principes.
    Comment voyez-vous ce que devrait être la position algérienne ?
    En fait, cette question m’a été posée à plusieurs reprises. Et parce que je suis convaincu du rôle pivot que peut jouer l’Algérie, compte tenu de la position qu’elle occupe (l’Algérie est le cœur du Maghreb arabe) et compte tenu de son équilibre révolutionnaire, ma réponse a donc toujours été la même, ce que je vais répéter ici. Mais avant cela, je dois d’abord souligner que l’Algérie n’a jamais été partie prenante au conflit et qu’elle l’a exprimé à maintes reprises. Sa position est fondée sur le respect des principes du droit international et de la légitimité internationale, qui affirme le principe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et le principe de la préservation des frontières héritées de la colonisation. Deux principes les plus importants que l’Algérie a défendus pour instaurer la stabilité et la paix en Afrique et dans toutes les régions du monde qui ont connu le phénomène colonial, notamment en Asie et en Amérique latine.
    Je crois que l’Algérie a une responsabilité morale et historique à l’égard de la question saharienne en référence, d’abord, à l’héritage de la glorieuse révolution de novembre qui a permis aux Algériens de se libérer du colonialisme français. Le processus de libération a soumis à la volonté du peuple algérien d’organiser un référendum sur l’autodétermination qui a débouché sur l’indépendance de l’Algérie. Ensuite, en vertu des relations de proximité et de voisinage et de fraternité qui nous unissent avec les deux peuples frères, marocain et sahraoui, l’Algérie doit aller au-delà des approches traditionnelles qui prévalent aujourd’hui et penser à de nouvelles méthodes qui permettent de transformer la question du Sahara occidental en un processus d’intégration qui dépasse la logique des régimes en faveur de la logique aspirée des peuples. Cela se fait en réfléchissant à des solutions innovantes et originales pour relancer de nouvelles voies qui garantissent les droits de tous les peuples de la région et permettent à leurs intérêts d’être interconnectés de manière à créer une nouvelle construction basée sur un nouveau concept d’intérêts qui transcende les loyautés et affiliations étroites.
    L’Algérie, de par sa situation géographique et son poids, doit se présenter comme un facilitateur pour développer une nouvelle approche qui permette l’émergence d’un nouveau régime maghrébin qui contourne l’état d’obstruction, de blocage et de désaccords stériles, pour ouvrir la voie à celle d’une intégration dans laquelle tous les peuples de la région bénéficient de manière juste et équitable. La justesse de l’approche algérienne pour la résolution de ce conflit, qui n’a que trop duré, réside dans l’affirmation qu’une solution juste et acceptable au conflit passe inévitablement par le respect du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination.
    Entretien réalisé par Fayçal Bakhouche et Mohamed Bouazdia
    *L’entretien a été réalisé avant la dernière déclaration du président américain, Donald Trump
    La Nation, 13 déc 2020
    Tags : Sahara Occidental, Maroc, Polisario, ONU, 
  • Sahara occidental : Appels à la levée des entraves

    Les appels à la reconnaissance de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), se font de plus en plus nombreux, mettant à nu les manœuvres qui entravent l’aboutissement de ce processus.

    Pour bon nombre de capitales, il est temps que la communauté internationale et les Nations unies interviennent pour permettre au peuple sahraoui d’exercer son droit à l’autodétermination et à l’indépendance dans un référendum. Le gouvernement sahraoui ne cesse de rappeler qu’il n’est guère contre les solutions pacifiques, mais conditionne son retour à la table des négociations avec le Maroc à la reconnaissance par ce dernier du Sahara occidental en tant qu’Etat souverain membre à part entière de l’Union africaine (UA).
    A l’échelle internationale les avis sont quasi unanimes. Le dernier appel en date est celui du parti des Verts en Suède qui estime que le gouvernement suédois doit reconnaître la République arabe sahraouie démocratique (RASD). Il a, à l’occasion, critiqué la «position faible» de l’Union européenne à l’égard du conflit au Sahara occidental. «Le Parti Vert veut que la Suède reconnaisse le Sahara occidental en tant qu’Etat. La reconnaissance suédoise adressera un signal important et clair à la communauté internationale et aux mouvements de libération qui croient en la paix et le développement démocratique dans la région», souligne la porte-parole officielle du parti des Verts suédois pour les affaires de politique étrangère, Mme Janine Alm Eriksson, dans un article conjoint avec la porte-parole officielle de la jeunesse du parti Vert, Aida Badili.
    Les deux responsables ont vivement critiqué les obstacles dressés par le président américain sortant, Donald Trump, aux efforts de paix au Sahara occidental, à travers sa reconnaissance «irresponsable et illégitime» de la prétendue souveraineté du Maroc sur le territoire occupé, dans cet article relayé dimanche par l’agence de presse sahraouie (SPS). «Le fait que le Président américain sortant utilise maintenant ses derniers jours au pouvoir pour mettre fin à un processus de paix qui est déjà dans l’impasse, est extrêmement inacceptable et irresponsable, mais c’est aussi une position qui montre qu’il est du devoir de la communauté internationale d’agir pour résoudre le conflit», écrivent les deux responsables du parti écologiste dans leur article. Pour ces deux porte-parole, l’annonce de Trump, faite le 10 décembre, relative à la question sahraouie, «menace des vies humaines et constitue une position irresponsable du Président américain, car elle peut causer de graves dommages et prolonger des décennies de conflit et d’occupation…». Les deux responsables estiment, dans le même contexte, que la solution logique au conflit est «le retrait du Maroc du Sahara occidental et la fin du conflit par la reconnaissance internationale de la RASD». S’agissant des récents événements survenus dans la zone tampon à El Guerguerat, dans le sud-ouest du Sahara occidental, après l’agression marocaine le 13 novembre dernier contre des civils sahraouis, Mmes Badili et Eriksson ont déploré le fait que le cessez-le-feu de 30 ans entre le Maroc et le Front Polisario qui devait aboutir à l’indépendance du Sahara occidental «a été violé lorsque l’occupant a attaqué des manifestants (pacifiques)» dans la région. «Les actions du Maroc constituent une violation grave de l’accord de cessez-le-feu, par ce comportement, la sécurité et la stabilité de la région sont en danger et il devient nécessaire de faire la lumière sur une solution à long terme qui rétablirait le droit des Sahraouis à leur patrie». Les deux responsables ont critiqué la «position faible» de l’Union européenne à l’égard du conflit au Sahara occidental, occupé depuis 1975. «Il faut mettre fin à l’occupation, le peuple du Sahara occidental a le droit de jouir de la liberté et de l’autodétermination, et la communauté internationale a le devoir d’intervenir – et non d’entraver le processus», concluent-elles.
    Sud Horizons, 5 jan 2021
    #SaharaOccidental #Polisario #Marruecos #WesternSahara  #Maroc #Morocco #DonaldTrump #Israel
  • Maroc : Le Makhzen, véritable menace sur le Maghreb

    PAROLES D’OFFICIERS DISSIDENTS DE L’ARMÉE ROYALE : Le Makhzen, véritable menace sur le Maghreb

    Ils sont de plus en plus nombreux, ces anciens officiers de l’armée marocaine, entrés en dissidence avec le régime du Makhzen, à monter au créneau pour dénoncer les velléités de la maison militaire alaouite. Aujourd’hui, en effet, l’impact de la menace du pacte maroco-israélien, conclu récemment, sur la stabilité du Maghreb, est un secret de Polichinelle.
    Abderrahim El Mernissi, ancien officier des Forces armées royales marocaines (FAR) a mis en garde contre le « complot qui se trame contre l’Algérie » par l’entité israélienne et le régime marocain, soulignant que le Makhzen était devenu une « véritable menace pour la sécurité et la stabilité du Maghreb ».
    « Le plus grand ennemi qui menace la stabilité dans la région du Maghreb est la monarchie marocaine, surtout après avoir ouvert la voie à l’entité sioniste avec tous les risques sécuritaires et socioéconomiques que ce pas implique pour le Maroc mais aussi pour ses pays voisins », a indiqué Abderrahim El Mernissi dans une déclaration à l’APS depuis la capitale française, Paris.
    Pour M. Abderrahim El Mernissi, l’Algérie est « la cible principale de cette normalisation, car elle constitue le plus grand obstacle face à l’entité israélienne qui tente de diverses manières, depuis des années, d’entamer sa stabilité », relevant que « les positions historiques de l’État algérien face aux desseins sionistes et son soutien aux mouvements de libération l’ont placée au cœur des conspirations israéliennes ». Il a également relevé « le danger des groupes extrémistes soutenus par l’entité israélienne en Afrique du Nord qui menacent la sécurité de toute la région », a-t-il fait remarquer ajoutant qu’ »Israël, avec la complicité du Makhzen, jouera toutes les cartes afin de semer la destruction dans la région qui ne supportera pas davantage de tensions ». « C’est le régime marocain qui est à l’origine de la dégradation que connait le Maroc et non pas l’Algérie », a-t-il affirmé , soulignant que « l’Algérie n’a pas ramené l’entité sioniste au Maroc et ne s’adonne pas au trafic de drogue, mais elle est plutôt le seul pays du Maghreb qui soutient toujours les peuples opprimés ».
    Selon lui la normalisation du Maroc avec l’entité sioniste accélèrera la chute de la monarchie marocaine car le » régime marocain est à la veille d’une chute historique « .
    « Menacées, les familles des soldats réduites au silence »
    Évoquant la situation militaire au Sahara occidental l’ancien officier des FAR , révèle que » Le Maroc tente de cacher la vérité sur le terrain ainsi que les pertes que subit son armée « .
    » Il y a un grande black out sur la guerre au point où les familles des soldats ont été menacées pour garder le silence quant aux décès de leurs enfants sous couvert de la sécurité nationale » , a-t-il encore révélé.
    Cependant, ajoute-t-il le black out n’est plus de mise à l’ère du numérique et des réseaux sociaux où l’on parle des pertes humaines et matérielles infligées par l’armée sahraouie dans les rangs des militaires marocains. Il a estimé que la violation par le Maroc de l’accord de cessez-le-feu, le 13 novembre dernier constituait pour le Maroc une «erreur stratégique fatale», a-t-il souligné, qualifiant l’action du Maroc à El-Guerguerat de «crime odieux» dont la responsabilité incombe aux dirigeants marocains. De son côté, Farid Boukas, chercheur, journaliste et ex-agent des services de renseignements marocains, a évoqué sur sa page Facebook une « baisse de confiance et de sérénité au sein du commandement de l’armée marocaine » après le déclenchement de la 2e guerre au Sahara occidental. Il a parlé sur sa chaîne youtube et sa page Facebook, du recrutement de 600 agents du Makhzen chargés de lancer des campagnes d’intox et de désinformation à travers les réseaux sociaux et de dénigrer la cause sahraouie, à l’intérieur et à l’extérieur du Maroc.
    L’ancien agent des renseignements marocains a, lui aussi, révélé, citant des sources fiables, que l’armée marocaine a transféré plusieurs de ses soldats gravement blessés lors des affrontements militaires avec l’armée sahraouie vers les hôpitaux de Dakhla et de Smara occupées » dans la discrétion la plus totale et camouflant la réalité de leur état. » Farid Boukas a également parlé de plusieurs cas de désertions et de désobéissance dans les casernes marocaines des territoires occupés mais aussi au Maroc » et la » mise sur écoute de plusieurs officiers » marocains. Il a aussi évoqué les difficultés pour le commandement militaire marocain de dépêcher suffisamment de troupes au Sahara occidental et de graves problèmes de logistique dont l’armement et les munitions .
    Comme beaucoup d’opposants marocains et de nombreux anciens officiers marocains réfugiés à l’étranger, il a évoqué les pressions exercées sur lui par les services de renseignements marocains et les campagnes de diffamation menées sur les réseaux sociaux à leur encontre .
    M. Bendib
    #SaharaOccidental #Maroc #Makhzen #Maghreb  #Israël #Normalisation #Algérie
  • Maroc-Israèl: Le makhzen va regretter ses relations avec le sioniste

    Le président de l’Observatoire Marocain Ahmed Wihame, averti d’emblée le danger qui menace la stabilité du maroc et de l’algerie. Ahmed Wihame, appel les peuples du Maghreb à contrer les plans sionistes qui vise la destabilisation de toute la région de l’Afrique du Nord.

    « Nous sommes face à une menace sérieuse et existentielle tant pour le Maroc que l’Algérie, voire pour toute la région du Maghreb, a souligné M. Wihmane dans un entretien à l’APS depuis Rabat. Etayant son propos concernant les dangers de cette normalisation pour les pays du Maghreb et pour l’Algérie, en particulier, il a rappelé les allégations faites par le sioniste Bernard-Henri Lévy lors d’une conférence à Marseille France, affirmant que l’Algérie est juive et française. Pour le militant marocain, il n’est pas exagéré de dire que nous assistons à la préparation d’un transfert de l’Etat d’Israël vers le Maroc, d’où la percée sioniste sans précédent dans le Maghreb et principalement dans le royaume marocain.
    Les prémices du chao des pays maghrébins
    Il a évoqué, à cet égard, plusieurs articles publiés par la presse israélienne et révélant un dangereux scénario visant la région, notamment l’article publié récemment par le journal Yediot Aharonot et faisant état d’un ancien plan sioniste remontant à 1903 et visant l’établissement de l’Etat d’Israël au Royaume du Maroc. Mis de côté après la mort du fondateur du mouvement sioniste Theodor Herzl, ce plan est exhumé aujourd’hui faute de perspectives en Palestine après l’expérience de soixante-dix ans de résistance, a expliqué le président de l’Observatoire marocain contre la normalisation. S’agissant les revendications des « juifs marocains » relatives à la récupération de « leurs biens au Maroc » en engageant de grands cabinets d’avocats, l’activiste marocain a affirmé qu’ils ne se contenteront jamais de réparations pour des bien qu’ils n’ont même pas laissé puisque qu’ils ont vendu avant de partir pour la Palestine occupée.
    Ferhath Fekrach/APS
    Algérie62, 4 jan 2021
    Tags : Algérie, Maroc, Maghreb, Israël, Normalisation, Sahara Occidental, 
  • Les accords d’Abraham ont sapé la paix indispensable avec les Palestiniens


    Par Ghassan Michel Rubeiz

    Depuis de nombreuses décennies, je préconise la paix entre Israël et les Palestiniens. ( Justice et Intifada: les Palestiniens et les Israéliens parlent de la paix, Friendship Press, 1991; Unified in Hope: les Arabes et les Juifs parlent de la paix , publications du COE, 1987). Malheureusement, j’ai vu le «processus de paix» être exploité, maintes et maintes fois, avec des tactiques évolutives pour adoucir les attitudes envers l’injustice.

    Il est difficile d’imaginer que quelque chose de bon puisse sortir d’un projet politique dirigé par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, gardien du statu quo, le président américain le plus unilatéraliste Donald Trump et certains dirigeants imprudents du Golfe arabe. Pourtant, le dernier produit de «paix» au Moyen-Orient récemment sorti de Tel-Aviv, de Washington et du Golfe a reçu une réaction plutôt favorable dans les médias occidentaux.

    Je parle des soi-disant accords d’Abraham, une récente vague d’accords de «normalisation» entre Israël et les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Soudan et le Maroc. Ces accords ont été intelligemment conçus pour influencer l’opinion publique. Ils sont présentés comme des initiatives de paix, de réconciliation (entre les communautés religieuses) et de mesures de défense justifiables contre un adversaire «belligérant» commun, à savoir l’Iran.

    Tout en critiquant surtout le président Trump, les médias occidentaux ont été indulgents envers le président américain en ce qui concerne sa politique sur Israël. Et pour les accords d’Abraham, les commentateurs américains ont donné un soutien inhabituel; le message de «paix» a été efficace. Pour illustrer, dans le numéro du 1er janvier du Washington Post, Marc A. Thiessen met en évidence les 10 meilleures choses que Trump a faites en 2020. Le chroniqueur affirme que Trump a «transformé le Moyen-Orient» avec les accords d’Abraham: le président américain a «négocié» quatre Les accords de paix israéliens. Une telle réalisation «digne d’un prix Nobel» a démontré qu’il pouvait y avoir «une paix séparée sans les Palestiniens». Le parti pris de Thiessen devient clair quand on regarde le reste ses 10 «meilleures choses»; la réalisation la plus étonnante répertoriée est «l’amélioration de la vie d’une majorité d’Américains ».Comme le reste des analystes qui trouvent des signes d ‘«espoir» dans ces accords, Thiessen n’explique pas comment Israël fait progresser la paix dans la région. En ignorant le fait qui donne à réfléchir que la population palestinienne sous la sphère de contrôle d’Israël – c’est-à-dire ceux qui vivent entre le Jourdain et la mer Méditerranée – a déjà dépassé la population juive israélienne? L’apartheid doit-il être ignoré à jamais? Comment parvenir à la paix en élargissant constamment les colonies, en élargissant les annexions, en promulguant deux poids deux mesures et en violant les accords internationaux établis sur la guerre et la gouvernance? Cliquez ici .

    On se demande comment Abraham-ic (œcuménique) sont ces accords. Le nom biblique Abraham est généralement utilisé pour mettre en évidence les points communs entre les trois religions monothéistes enracinées au Moyen-Orient: le judaïsme, le christianisme et l’islam. Les accords qui lient Israël fort à quatre pays arabes sunnites peu sûrs, censés affronter la République islamique (chiite) d’Iran, ne sont pas en harmonie avec l’esprit du patriarche de l’Ancien Testament. Abraham des temps modernes parle d’œcuménisme, pas d’accords politiques.
     
    Et dans quelle mesure ces actes de normalisation sont-ils «normaux»? Les accords d’Abraham ne constituent pas un véritable mouvement de réconciliation entre Arabes et Juifs, comme ses auteurs le prétendent. Il n’y a absolument aucun remède contre les tensions régionales, ce que font ces accords. Depuis que ces accords ont émergé, les observateurs internationaux ont regardé si Trump et / ou Netanyahu lanceraient une attaque aérienne sur les sites nucléaires iraniens. Washington et Tel Aviv poussent de plus en plus Téhéran à riposter, peut-être pour préparer le terrain à une contre-attaque collective contre la République islamique. Regardez les nouvelles quotidiennes au cours des prochaines semaines alors que Trump et Netanyahu cherchent des moyens de maintenir la légitimité, le pouvoir et l’influence.  Cliquez ici .

    Chacun des cinq États impliqués dans les accords d’Abraham a ses propres raisons de normalisation. Israël parvient à détourner l’attention du monde de son occupation en concluant des «accords» de paix avec des «Arabes modérés», c’est-à-dire des sunnites non palestiniens. Bahreïn cherche à s’abriter de l’Iran et de la montée des troubles intérieurs; à Manama, la royauté sunnite règne sur une population majoritairement chiite. Le Maroc se normalise avec Israël, en partie, afin de recevoir la reconnaissance par le président Trump de sa prétendue souveraineté sur le territoire du Sahara occidental. Washington récompense le Soudan pour sa normalisation en le retirant de la liste des États terroristes. Et Washington récompense la conformité des Émirats arabes unis en vendant à Abu Dhabi des armes lourdes et meurtrières que les émirats fragiles ont utilisé imprudemment dans la guerre désastreuse au Yémen. Cliquez ici .

    En résumé, les accords de normalisation entre Israël et les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Soudan et le Maroc sont en fait des actes de normalisation de l’injustice.

    Le printemps arabe sert de toile de fond aux accords d’Abraham. Les accords ressemblent à des mesures désespérées de la part de régimes arabes du Golfe très peu sûrs qui cherchent la protection d’un État colonial puissant. Et Israël, ironiquement l’agence de l’abri et du confort, légitime son occupation tout en se mobilisant avec les nations arabes sunnites contre l’Iran chiite.

    Marc A. Thiessen rêve-t-il d’un prix Nobel pour les accords d’Abraham?

    The Arab Daily News, 3 jan 2021

    Tags : Proche Orient, Palestine, Israël, normalisation, Maroc, Soudan, Emirats Arabes Unis, EAU, UAE, Sahara Occidental, Iran, sunnistes, chiites,

  • L'OTAN attise les tensions sur le Sahara Occidental occupé

    L’OTAN a enflammé les tensions en Afrique du Nord après que son site Web ait montré une carte avec la frontière marocaine s’étendant profondément dans le territoire occupé du Sahara occidental, a-t-on rapporté aujourd’hui.

    Le changement de frontière inattendu est apparu dans un article décrivant le programme de dotation pour l’amélioration de l’éducation en matière de défense de l’OTAN (Deep), paru pour la première fois le 14 décembre.
    Cela représente un changement par rapport aux cartes précédentes qui montrent le Maroc à l’intérieur des frontières reconnues par l’ONU, le Sahara occidental étant séparé de lui par une ligne.
    Il n’y a pas eu de déclaration officielle de l’OTAN annonçant un écart par rapport au consensus international écrasant sur le territoire, dont 80% est illégalement occupé par le Maroc.
    Mais la publication de la nouvelle carte est intervenue peu de temps après que les États-Unis aient reconnu les revendications du Maroc sur le Sahara occidental en échange de l’établissement de relations diplomatiques par Rabat avec Israël.
    Le Sahara occidental a été annexé par le Maroc et la Mauritanie en 1975 après la défaite des colonisateurs espagnols.
    Les deux nations ont signé les accords de Madrid avec le dictateur Francisco Franco en 1975 – une semaine avant sa mort.
    Le Front Polisario a proclamé la création de la République arabe sahraouie démocratique avec un gouvernement en exil situé en Algérie.
    La Mauritanie a retiré ses forces en 1979, mais le Maroc a refusé de renoncer à sa revendication sur la terre, insistant sur le fait que le Sahara occidental faisait partie intégrante du pays.
    Mais une commission d’enquête des Nations Unies a constaté que «la majorité de la population du Sahara espagnol était manifestement en faveur de l’indépendance».
    Et la Cour internationale de justice a rendu un verdict accablant rejetant la revendication du Maroc de souveraineté historique précoloniale.
    En 1991, l’ONU a négocié un cessez-le-feu sur la base que le Maroc organiserait un référendum sur l’indépendance.
    Mais le Maroc a renié l’accord et les promesses ultérieures, offrant à la place une autonomie régionale à la dernière colonie africaine.
    L’OTAN a été contactée pour commentaires.
    Morning Star, 3 jan 2021
    #Maroc #SaharaOccidental #Polisario #WesternSahara #OTAN #NATO