Tag: Sahara Occidental

  • Maroc : Courriers confidentiels sur la GuinĂ©e-Bissau

    Tags : Guinée-Bissau, Maroc, Marocleaks, Sahara Occidental, RASD, Union Africaine,

    Septembre 2012 – Le MinistĂšre marocaines des affaires Ă©trangĂšres a Ă©laborĂ© une fiche sur la GuinĂ©e-Bissau oĂč il dĂ©taille les relations bilatĂ©rales entre les deux pays. Il y a lieu de relever le manque de vĂ©ritables Ă©changes Ă©conomiques et de projets de coopĂ©ration. On y trouve la signature d’accords et de conventions purement symboliques. Ce qui laisse prĂ©sager que le secret du ralliement des responsables guinĂ©ens aux positions marocaines est Ă  chercher dans le traitement qu’ils ont reçu lors de leurs visites au Maroc.

    Le 21 mai 2013, la GuinĂ©e rejoint la dĂ©nommĂ©e “dĂ©claration du SĂ©nĂ©gal” visant Ă  empĂȘcher l’Union Africaine de dĂ©battre sur le Sahara Occidental

    23 mai 2013 : La GuinĂ©e rejoint la dĂ©nommĂ©e “dĂ©claration du SĂ©nĂ©gal” visant Ă  empĂȘcher l’Union Africaine de dĂ©battre sur le Sahara Occidental

    8 juillet 2014 : A l’occasion de l’investiture du prĂ©sident JosĂ© Mario Vaz, le roi du Maroc a ordonnĂ© la prise en charge de l’édification d’un grand Chapiteau pour assurer le dĂ©jeuner officiel et le cocktail de la soirĂ©e offerts aux invitĂ©s de marque. L’exĂ©cution fut assurĂ©e par le traiteur Rahhal. « J’ai appris Ă©galement, rapporte l’ambassadeur Taleb Barrada dans cette note, que le Royaume a fait un don de 15 vĂ©hicules qui sont en cours d’ĂȘtre acheminĂ©s ». « Auparavant, ajoute-t-il, j’ai Ă©tĂ© longuement reçu la veille, en sa rĂ©sidence, par le PrĂ©sident JosĂ© Mario Vaz, Ă  qui j’ai remis la lettre de rĂ©ponse de Sa MajestĂ© le Roi assurant le PrĂ©sident de la volontĂ© royale d’accĂ©der Ă  la requĂȘte d’inclure la GuinĂ©e-Bissau, tout en mettant en exergue lors du Sommet de l’Union Africaine dans un prochain pĂ©riple de Sa MajestĂ© le Roi ».

    Dans une autre notre datĂ©e du 18 juillet 2014, Barrada informe d’une “lettre de remerciements adressĂ©e au Ministre par l’ancien MAE de la GuinĂ©e-Bissau suite Ă  l’appui accordĂ© par Sa MajestĂ© le Roi lors de la cĂ©rĂ©monie d’investiture du nouveau prĂ©sident. Il a indiquĂ© que « l’appui de votre pays a Ă©tĂ© la base de la rĂ©ussite de cet Ă©vĂ©nement historique”.

    Note du 16 juillet 2014 : EnvoyĂ©e par l’Ambassade du Maroc Ă  Dakar informant que « Cipriamo Cassama a adressĂ© en juillet 2014 une lettre Ă  Rachid Talbi Alami, prĂ©sident de la Chambre des ReprĂ©sentants du Maroc dans laquelle il sollicite un soutien financier de la Chambre « d’au moins 600 millions de Francs CFA (soit 916.000 euros) et ce pour couvrir une partie des besoins en budget de fonctionnement et de remise en marche des services de son Institution, qui s’élĂšvent Ă  2 Milliard 500 millions de Francs CFA (soit 3816793 Euros) ».

    Le 11 aoĂ»t 2014, le Dr Bacio DJA, Ministre de la PrĂ©sidence, du Conseil des Ministres et des Affaires Parlementaires (Porte-parole du Gouvernement), Commissaire National ChargĂ© des Affaires du PĂšlerinage, de la RĂ©publique de GuinĂ©e Bissau a adressĂ© une lettre demandant prĂšs d’un million d’euros pour payer les frais de pĂšlerinage pour 1000 personnes.

    Traduction de la lettre :

    Objet : Demande de bourses d’Ă©tudes pour les migrants

    Bissau, 11 août 2014

    Excellence,

    Tout d’abord, je veux implorer notre Tout-Puissant de nous aider et de nous pardonner, je voudrais Vous remercier pour tout ce qui est fait par Vous au service de l’Islam.

    Tout d’abord, je voudrais souligner ici, le sens et la valeur du PĂšlerinage que le peuple de GuinĂ©e-Bissau rĂ©serve, comme un moyen de consolider les liens avec le monde islamique. Ceci en tenant compte du fait que le pourcentage des musulmans guinĂ©ens a augmentĂ© considĂ©rablement, de 12% Ă  60% dans les annĂ©es soixante, malgrĂ© cette augmentation, au fil du temps ils n’ont jamais rĂ©ussi Ă  organiser le dĂ©placement d’une caravane de musulmans de Bissau directement vers la Terre Sainte (Djedda), tout cela par manque de moyens financiers et de faibles revenus de mes compatriotes.

    Selon les donnĂ©es mondiales, c’est l’un des pays les plus pauvres de la planĂšte, c’est trĂšs triste Ă  dire mais c’est en fait une rĂ©alitĂ© que l’on ne peut mĂȘme pas imaginer. De plus, ils n’ont jamais rĂ©ussi Ă  atteindre le nombre de personnes nĂ©cessaires pour justifier le vol, et cette pratique s’est rĂ©pĂ©tĂ©e Ă  plusieurs reprises, ce qui a provoquĂ© le dĂ©couragement des organisateurs, qui ont abandonnĂ© l’ornithologie, et de leur propre initiative, ils prĂ©fĂšrent se rendre en RĂ©publique du SĂ©nĂ©gal et en Gambie pour rejoindre les pĂ©rĂ©grins de ces pays.

    Compte tenu de ce qui prĂ©cĂšde, c’est dans cette perspective que j’adresse Ă  Votre Excellence, au nom du peuple de GuinĂ©e-Bissau et de la communautĂ© musulmane en particulier, des demandes de bourses de pĂšlerinage pour 100 personnes Ă  raison de 5000 dollars (cinq mille dollars) pour chacune d’entre elles.

    Dans l’attente d’une rĂ©ponse favorable, je vous prie d’agrĂ©er, Monsieur le PrĂ©sident, l’assurance de ma haute considĂ©ration.

    Le 1er Septembre 2014, dans une lettre adressĂ©e Ă  son homologue marocain, le ministre guinĂ©en des affaires Ă©trangĂšres “exprime le souhait de voir le Maroc prendre en charge, Ă  l’instar des annĂ©es prĂ©cĂ©dentes, la participation de la dĂ©lĂ©gation de la GuinĂ©e-Bissau Ă  la 69Ăšme AssemblĂ©e GĂ©nĂ©rale de l’ONU, composĂ©e de cinq responsables, dont le coĂ»t est estimĂ© Ă  46964 USD, et ce, compte tenu des difficultĂ©s budgĂ©taires que rencontrent les nouvelles autoritĂ©s de Bissau.

    Source : Maroc-leaks, 12/12/2022

    #Maroc #Guinée_Bissau #Union_Africaine #RASD #Sahara_Occidental #Marocleaks

  • Maroc : Un expert de l’ONU refuse de se rendre au Sahara Occidental

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, HCDH, droits de l’homme, pauvretĂ©, ONU,

    Un expert de l’ONU reporte son voyage au Maroc en raison de dĂ©saccords avec les autoritĂ©s marocaines

    GenĂšve, 8 dĂ©cembre (EFE) – Un expert des droits de l’homme de l’ONU a dĂ©clarĂ© aujourd’hui qu’il a dĂ» reporter un voyage prĂ©vu au Maroc ce mois-ci parce que les autoritĂ©s du pays n’ont pas acceptĂ© l’itinĂ©raire qu’il voulait suivre.

    Le rapporteur des Nations unies spĂ©cialisĂ© dans l’extrĂȘme pauvretĂ© et les droits de l’homme, Olivier De Schutter, devait se rendre au Maroc du 6 au 19 dĂ©cembre afin d’examiner les efforts dĂ©ployĂ©s par le gouvernement pour Ă©radiquer la pauvretĂ©.

    La visite a été reportée à la demande du gouvernement marocain, selon un communiqué publié à GenÚve.

    Joint par tĂ©lĂ©phone par EFE, M. De Schutter a dĂ©clarĂ© qu’il Ă©tait en correspondance confidentielle avec les autoritĂ©s de Rabat, “ce qui m’empĂȘche d’ĂȘtre plus explicite” sur les dĂ©saccords spĂ©cifiques qui l’ont empĂȘchĂ© de mener Ă  bien sa mission.

    Les rapporteurs des Nations unies sont des experts indĂ©pendants et sont choisis par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies pour leur qualitĂ© professionnelle. Leur travail dans ce domaine s’effectue selon certains critĂšres, qui impliquent qu’ils doivent disposer d’une libertĂ© de mouvement et d’investigation lors de leurs visites dans les pays.

    À cette fin, ils doivent avoir la garantie de pouvoir se rendre dans les lieux qu’ils jugent appropriĂ©s et de rencontrer les personnes de leur choix, en toute confidentialitĂ© et sans la supervision d’agents extĂ©rieurs.

    Les autoritĂ©s doivent Ă©galement garantir qu’aucune personne ayant eu des contacts avec le rapporteur ne fera l’objet de menaces, de harcĂšlement ou de sanctions.

    Schutter a assurĂ© dans le communiquĂ© qu’il coopĂ©rera Ă  la recherche d’une solution acceptable pour les deux parties afin que sa visite au Maroc puisse avoir lieu Ă  une date ultĂ©rieure.

    (c) Agence EFE

    #Maroc #ONU #HCDH #Sahara_Occidental

  • Entre l’AlgĂ©rie et le Maroc : un face-Ă -face militaire ?

    Tags : Maroc, Algérie, Sahara Occidental, frontiÚres, armée,

    Entre les deux gĂ©ants du Maghreb, les lourds contentieux provenant de la colonisation et de la dĂ©colonisation ont rapidement pris une tournure militaire. Aujourd’hui, dos Ă  dos, Alger et Rabat durcissent leur politique de dĂ©fense : le Maroc crĂ©e une nouvelle zone militaire, la zone « est », Ă  sa frontiĂšre avec l’AlgĂ©rie, tandis que les nouveaux accords pour l’acquisition d’équipement militaire ne cessent de renforcer les arsenaux respectifs.

    La question des frontiĂšres est l’élĂ©ment dĂ©cisif qui va marquer soixante ans d’opposition marquĂ©s par des accĂšs de violence directe ou par proxy (le Front Polisario). Elle influence profondĂ©ment l’élaboration des politiques de dĂ©fense des deux pays. La France coloniale porte une grande responsabilitĂ© dans la genĂšse de ce diffĂ©rend. Le contentieux des frontiĂšres fut le marqueur indĂ©passable de la querelle. Il trouve ses racines dans le dĂ©coupage desdites frontiĂšres par la France, Ă  chaque fois au bĂ©nĂ©fice de l’AlgĂ©rie (alors trois dĂ©partements français (1). Par ailleurs, le partage du Maroc en zones d’influence hispano-françaises, Ă  la suite de la confĂ©rence d’AlgĂ©siras du 7 avril 1906 et du traitĂ© de FĂšs du 30 mars 1912, va contraindre le pouvoir chĂ©rifien Ă  rĂ©cupĂ©rer son territoire morceau par morceau (« en kit Â» comme dira Hassan II un jour (2) : le nord espagnol, la zone franche de Tanger, Ifni et le cap Juby et enfin Ă  exiger la restitution du Sahara espagnol qu’il ne rĂ©cupĂ©rera qu’en 1975, dans un coup de force face Ă  un pouvoir franquiste Ă©puisĂ©. Cette restitution tardive favorisa l’émergence d’un acteur local, le Front Polisario, qui refusa l’annexion marocaine et rĂ©clama la tenue d’un rĂ©fĂ©rendum d’autodĂ©termination. Le Maroc refusa et chassa le mouvement indĂ©pendantiste qui prit les armes. L’AlgĂ©rie, aprĂšs une hĂ©sitation initiale, prit fait et cause pour le Front Polisario et les affrontements se multipliĂšrent. Les deux armĂ©es se heurteront d’ailleurs, en 1976, Ă  Amgala, dans une bataille en deux temps. Mais la prudence prĂ©valut et, pour Ă©viter une guerre sans merci, les deux pays ne s’affrontĂšrent plus que par Polisario interposĂ©.

    Une lente structuration des politiques de défense

    Au dĂ©but de la pĂ©riode postcoloniale, les deux États se soucient peu des conditions juridiques et politiques de l’exercice de la dĂ©fense nationale. Des deux cĂŽtĂ©s, l’élĂ©ment principal est l’incarnation. Les deux chefs d’État assument dans leur personne la souverainetĂ© nationale et sont les garants de sa protection. CĂŽtĂ© marocain, la simple appellation « forces armĂ©es royales Â» (FAR) de l’armĂ©e dĂ©montre le caractĂšre propriĂ©taire, nĂ©o-patrimonial, assumĂ© de ce corps. En AlgĂ©rie, l’ArmĂ©e de libĂ©ration nationale (ALN) devient l’ArmĂ©e nationale populaire (ANP) mais demeure sous le contrĂŽle exclusif du prĂ©sident Houari BoumĂ©diĂšne aprĂšs sa prise de pouvoir en 1965, qui assume aussi la fonction de ministre de la DĂ©fense.

    La politique de dĂ©fense algĂ©rienne : grands principes et schĂ©ma directeur

    La politique de dĂ©fense algĂ©rienne, depuis l’indĂ©pendance, s’appuie sur de grands principes thĂ©oriques. Sur le plan interne, le soldat est l’hĂ©ritier du moujahid de l’ALN et du fellagha de la rĂ©sistance intĂ©rieure. Le maintien de la conscription, qui fit l’objet de grands dĂ©bats Ă  l’orĂ©e des annĂ©es 2000, est vĂ©cu par le pouvoir comme un Ă©lĂ©ment symbolique majeur, et ce, mĂȘme si la professionnalisation de l’armĂ©e a Ă©tĂ© largement engagĂ©e. La terrible guerre civile algĂ©rienne (1991-2002) dĂ©montra, en ses premiĂšres annĂ©es, l’incapacitĂ© des conscrits Ă  tenir l’arriĂšre-pays et surtout Ă  combattre Ă  armes Ă©gales avec les jihadistes des Groupements islamiques armĂ©s (GIA) et de l’ArmĂ©e islamique du salut (AIS). Aujourd’hui, le quadrillage efficace du pays (en dehors de quelques endroits reculĂ©s) est une rĂ©alitĂ©.

    Sur le plan des frontiĂšres extĂ©rieures, l’AlgĂ©rie a toujours assurĂ© une surveillance Ă©troite de la zone contiguĂ« avec la Libye, toujours inquiĂšte des sautes d’humeur du bouillant colonel Mouammar Kadhafi. Avec la Tunisie, aprĂšs des annĂ©es de gel, une coopĂ©ration rĂ©ciproque s’établit avec un droit de suite dans le cadre de la lutte contre les maquis antiterroristes. Au sud, l’APN assure le contrĂŽle des maquis et de la guĂ©rilla jihadiste repoussĂ©e sur les franges maliennes pendant la guerre civile. À l’ouest, la dĂ©fense de la frontiĂšre ouest avec le Maroc est Ă©videmment la prioritĂ©, mĂȘme si l’action militaire potentielle contre le royaume chĂ©rifien est dĂ©volue aux forces combattantes de la RĂ©publique arabe sahraouie dĂ©mocratique (RASD), Ă©pigone Ă©tatique du Front Polisario, proclamĂ©e en 1976, et dont la population est en exil Ă  Tindouf depuis cette date.

    Les capacitĂ©s de l’AlgĂ©rie Ă  projeter ses forces avaient Ă©tĂ© entravĂ©es dĂšs l’origine par le refus initial de ses constitutionnalistes d’autoriser les interventions extĂ©rieures (ce principe fit l’objet d’une exception pendant les guerres israĂ©lo-arabes.) Cette autocensure Ă©tait liĂ©e au traumatisme initial de sa propre guerre d’indĂ©pendance et voulait Ă©viter que le pays ne s’engageĂąt dans des « aventures Â» coloniales ou impĂ©rialistes. L’AlgĂ©rie ne prit pas moins part Ă  quelques opĂ©rations des Nations Unies, mais sans commune mesure avec l’activisme du Maroc dans ce domaine. La politique de dĂ©fense algĂ©rienne est fortement marquĂ©e par la guerre d’indĂ©pendance. Le renvoi perpĂ©tuel aux « martyrs Â» (chahid) comme mĂ©moire et exemplaritĂ© en est l’illustration. La derniĂšre rĂ©vision de la Constitution (en 2020, aprĂšs l’ùre Bouteflika) donne les principes suivants : « Digne hĂ©ritiĂšre de l’ArmĂ©e de LibĂ©ration Nationale, l’ArmĂ©e Nationale Populaire assume ses missions constitutionnelles avec un engagement exemplaire ainsi qu’une disponibilitĂ© hĂ©roĂŻque au sacrifice, [
]. Le peuple algĂ©rien nourrit une fiertĂ© et une reconnaissance lĂ©gitimes Ă  l’endroit de son ArmĂ©e Nationale Populaire, pour la prĂ©servation du pays contre toute menace extĂ©rieure, et pour sa contribution essentielle Ă  la protection des citoyens, des institutions et des biens, contre le flĂ©au du terrorisme, [
]. Â»

    L’État veille Ă  la professionnalisation et Ă  la modernisation de l’ANP, de sorte qu’elle dispose des capacitĂ©s requises pour la sauvegarde de l’indĂ©pendance nationale, de la dĂ©fense de la souverainetĂ© nationale, de l’unitĂ© et de l’intĂ©gritĂ© territoriale du pays, ainsi que de la protection de son espace terrestre, aĂ©rien et maritime (3).

    La mission de l’ANP est prioritairement dĂ©diĂ©e Ă  la dĂ©fense du pays, mais cette derniĂšre mouture constitutionnelle n’interdit plus Ă  cette force militaire d’intervenir au-delĂ  de la frontiĂšre.

    MĂȘme si le texte est plus explicite sur le maintien de la paix, c’est aussi la possibilitĂ© d’un droit de suite qui est ainsi libĂ©rĂ©.

    AlgĂ©rie : un regard de plus en plus sudiste

    Au dĂ©but, le jeune État algĂ©rien s’est peu prĂ©occupĂ© des rĂ©gions sahariennes. DĂšs 1963, avec la guerre des sables opposant l’AlgĂ©rie et le Maroc, l’ouest fut la prĂ©occupation principale. Au fil du temps, un colonel, Mouammar  Kadhafi —  de plus en plus imprĂ©visible  —, la nĂ©cessitĂ© de dĂ©truire les convois de jihadistes remontant les armes des vieux dĂ©pĂŽts tchadiens, et les infiltrations dans ces zones moins dĂ©fendues, conduisirent les responsables militaires Ă  investir sur la dĂ©fense du sud. Trois nouvelles rĂ©gions militaires furent alors créées  : Ouargla, Tamanrasset, Illizi.

    Le renforcement de la frontiĂšre sud se poursuivit car l’effectif Ă©tait notoirement insuffisant : « Seule 10 % de l’armĂ©e algĂ©rienne est positionnĂ©e dans la zone saharienne (la moitiĂ© Ă©tant positionnĂ©e Ă  la frontiĂšre avec le Maroc) (4). Â» Mais ce dĂ©sintĂ©rĂȘt est en cours de correction active depuis  2012  (5). Vis-Ă -vis des voisins, un embryon de coopĂ©ration existe : un «  comitĂ© d’état-major opĂ©rationnel conjoint Â» (CEMOC) avec la Mauritanie, le Mali et le Niger, mais il n’a donnĂ© que peu de rĂ©sultats depuis sa crĂ©ation en 2010. La nouvelle stratĂ©gie algĂ©rienne a Ă©tĂ© conçue pour tenter de rĂ©pondre plus efficacement Ă  la fluiditĂ© et Ă  la rapiditĂ© des groupes jihadistes (6).

    En rĂ©sumĂ©, la politique de dĂ©fense algĂ©rienne s’accroche toujours Ă  ses fondamentaux (esprit moujahid, dĂ©fense nationale du territoire contre toutes les menaces, obsession marocaine) mais elle tente Ă©galement de s’adapter Ă  un environnement fluctuant et plus conflictuel. La guerre en Libye, pour abattre Kadhafi, a traumatisĂ© l’exĂ©cutif et la haute hiĂ©rarchie militaire. Les attaques venues des jihadistes du Sahel aussi. Sur le plan multilatĂ©ral, l’AlgĂ©rie a perdu la prééminence absolue en matiĂšre de sĂ©curitĂ© qu’elle avait Ă  l’Union africaine. Le Maroc est revenu dans l’organisation. La RASD est affaiblie. La chute du clan Bouteflika, la mort du puissant chef d’état-major Ahmed GaĂŻd Salah, et la reconstitution d’un nouveau pouvoir, ont entraĂźnĂ© un repliement sur les fondamentaux de dĂ©fense traditionnels. Parmi ceux-ci, le Sahara occidental revient en premiĂšre ligne.

    Le Maroc : prĂ©sent sur deux fronts ?

    Depuis le rĂ©fĂ©rendum constitutionnel du 7 juillet 1962, le Maroc est une monarchie constitutionnelle. Les quatre autres constitutions ne modifieront pas ce principe. Cependant, si la souverainetĂ© revient au peuple, le monarque est le cƓur Ă  partir duquel convergent tous les pouvoirs et notamment celui de conduire les armĂ©es. Comme nous le disions, « le Roi est la figure centrale et absolue du dispositif de dĂ©fense. On peut mĂȘme dire, avec Abdelwahab  Maalmi, que le Roi, pris en tant qu’organe de l’État, est le “vĂ©ritable producteur de sens” Â» (7).

    Les coups d’État de 1971-1972, dans lesquels l’armĂ©e a Ă©tĂ© impliquĂ©e Ă  tous les niveaux, entraĂźnent un raidissement du pouvoir et conduisent Ă  une purge profonde puis Ă  une centralisation accrue avec tous les pouvoirs dans les mains royales. Si le dispositif s’est en partie dĂ©centralisĂ©, Ă  partir de la deuxiĂšme moitiĂ© de la guerre du Sahara, pour pouvoir rĂ©pondre Ă  la mobilitĂ© de l’adversaire, le Palais exerce cependant un contrĂŽle Ă©troit sur la haute hiĂ©rarchie.

    Dans la derniĂšre constitution du 1er juillet 2010, le roi demeure l’élĂ©ment central, Ă  la fois politique et symbolique, des principes et de l’organisation de la dĂ©fense. Le prĂ©ambule prĂ©cise qu’en tant qu’« Ă‰tat musulman souverain, attachĂ© Ă  son unitĂ© nationale et Ă  son intĂ©gritĂ© territoriale, le Royaume du Maroc entend prĂ©server, dans sa plĂ©nitude et sa diversitĂ©, son identitĂ© nationale une et indivisible  ». L’article  42, qui dĂ©taille les pouvoirs et les compĂ©tences royales, stipule que le monarque est « le Garant de l’indĂ©pendance du pays et de l’intĂ©gritĂ© territoriale du Royaume dans ses frontiĂšres authentiques Â». L’article 53, quant Ă  lui, prĂ©cise que le roi est le « Chef SuprĂȘme et Chef d’État-major GĂ©nĂ©ral des Forces ArmĂ©es Royales Â». Comme le note Brahim Saydi, « la politique de dĂ©fense marocaine a toujours Ă©tĂ© dĂ©finie en fonction de son combat pour l’intĂ©gritĂ© territoriale du pays et des menaces que reprĂ©sentent ses voisins. La principale composante de cette menace est associĂ©e Ă  l’AlgĂ©rie [
]. Les relations hispano-marocaines constituent le deuxiĂšme Ă©lĂ©ment de cette perception de la menace Â» (8)

    Les notions d’indivisibilitĂ© et d’authenticitĂ© des frontiĂšres font rĂ©fĂ©rence, bien Ă©videmment, au Sahara occidental mais aussi aux prĂ©sides, ces possessions espagnoles au nord que sont les villes de Ceuta et Melilla, les Ăźlots LeĂŻla/Perejil et les Ăźles Chaffarines. La rĂ©cupĂ©ration de ces petits territoires demeure un Ă©lĂ©ment central du rĂ©cit nationaliste marocain — lui-mĂȘme contestĂ© par l’Espagne, qui fait valoir une antĂ©rioritĂ© historique sur ces terres africaines (9). Cette prĂ©occupation n’est pas totalement anecdotique, et le Maroc poursuit l’Espagne sur le terrain des instruments internationaux de dĂ©colonisation. Elle utilise aussi dĂ©sormais l’arme des migrants. À deux reprises, en 2021 et en mars 2022, elle a laissĂ© 8.000 puis 1.200 migrants prendre d’assaut les barbelĂ©s des deux villes, et par la mer. Les dĂ©fenses furent saturĂ©es. Mais la vĂ©ritable affaire demeure celle de l’opposition avec l’AlgĂ©rie et la question du Sahara occidental. Depuis le succĂšs de la stratĂ©gie des murs Ă  partir de 1981, le Maroc contrĂŽle l’essentiel du territoire contestĂ©, renvoyant la RASD aux confins de la Mauritanie et de l’AlgĂ©rie. Le dispositif de dĂ©fense s’est perfectionnĂ© et l’investissement financier pour le dĂ©veloppement du territoire a Ă©tĂ© considĂ©rable, mais rien n’est rĂ©glĂ© sur le fond. Le rĂ©fĂ©rendum d’autodĂ©termination prĂ©vu par les plans Baker n’a jamais pu se tenir et les deux camps se renvoient depuis la responsabilitĂ© de l’échec (10).

    Pendant presque vingt ans, la situation du territoire est restĂ©e figĂ©e. Le rĂ©fĂ©rendum s’est enlisĂ© alors que des crises politiques chez les Sahraouis limitaient leur capacitĂ© d’action. La guerre civile algĂ©rienne n’arrangea rien car le pouvoir algĂ©rien se replia sur la survie. Depuis quelques annĂ©es, le rĂ©armement algĂ©rien, rendu possible par la remontĂ©e du prix des hydrocarbures et l’élimination de la menace intĂ©rieure, a permis de relancer l’intĂ©rĂȘt pour la cause de la RASD. La question sahraouie est devenue un enjeu de politique interne en AlgĂ©rie. L’armĂ©e en a fait aussi une cause sacrĂ©e.

    Conclusion : une paix armĂ©e ?

    La pĂ©riode Bouteflika a Ă©tĂ© celle d’un rĂ©armement massif de l’AlgĂ©rie, devenue la deuxiĂšme armĂ©e d’Afrique (11). Des achats d’armements colossaux Ă  la Russie ont fait progresser ses capacitĂ©s militaires dans tous les domaines. En face, le Maroc — ne pouvant pas s’aligner au niveau financier â€” joue la carte de la qualitĂ© et s’approvisionne, surtout aux États-Unis, en matĂ©riel de trĂšs haute technologie. Les nombreuses coopĂ©rations de ce pays visent Ă©galement Ă  mettre les armĂ©es Ă  la pointe de la technologie. Dans cet environnement militarisĂ©, il n’y a pas d’ouverture de paix prĂ©visible. Le nouveau gouvernement algĂ©rien s’est engouffrĂ© dans le dossier sahraoui pour renforcer, si besoin Ă©tait, sa lĂ©gitimitĂ© en revenant aux fondamentaux et le Maroc a lancĂ© une offensive diplomatique tous azimuts pour bĂ©tonner sa position politique. Au milieu, des accrochages commencent Ă  se produire, impliquant d’un cĂŽtĂ© la RASD et de l’autre les forces marocaines. La volatilitĂ© de la situation stratĂ©gique mondiale et, dans l’affaire ukrainienne, la rĂ©habilitation de l’usage de la guerre par la Russie comme rĂšglement des contentieux peuvent faciliter la libĂ©ration de volontĂ©s jusqu’alors contenues par un environnement international juridique et politique positif. Le face-Ă  face-va donc continuer


    Jean-François Daguzan

    Notes

    (1) Voir, entre autres, Michel Foucher, Fronts et frontiÚres : un tour du monde géopolitique, Paris, Fayard, 1991, p. 207-211.

    (2) Hassan II & Éric Laurant, La mĂ©moire d’un Roi : entretiens avec Éric Laurent, Paris, Plon, 1993.

    (3) «  Algérie  : Constitution de  1996 (version consolidée du 30 décembre 2020) », DigithÚque MJP (https://mjp.univ-perp.fr/constit/ dz2020.htm).

    (4) Jean-Pierre Dufau, « Rapport autorisant l’approbation de l’accord de coopĂ©ration dans le domaine de la dĂ©fense entre le gouvernement de la RĂ©publique française et le gouvernement de la RĂ©publique algĂ©rienne dĂ©mocratique et populaire  », AssemblĂ©e nationale, 7  novembre  2012 (https://www.assemblee-nationale.fr/14/rapports/r0343.asp).

    (5) Voir Salim Chena, « L’AlgĂ©rie : de la puissance idĂ©ologique Ă  l’hĂ©gĂ©monie sĂ©curitaire », in Mansouria Mokhefi & Alain Antil, Le Maghreb et son Sud : vers des liens renouvelĂ©s, IFRI, CNRS Ă©ditions, Paris, 2012, p. 19-37 (https:// books.openedition.org/editionscnrs/22836?lang=fr).

    (6) Abdennour Benantar, « SĂ©curitĂ© aux frontiĂšres : portĂ©e et limites de la stratĂ©gie algĂ©rienne », L’annĂ©e du Maghreb, 14, juin 2016, p. 147-163 (https://journals.openedition.org/anneemaghreb/2712?lang=ar).

    (7) Jean-François  Daguzan, Le dernier rempart  ?  : forces armées et politiques de défense au Maghreb, Publisud-FMES-FED, Paris, 1998, p. 138.

    (8) Brahim Saidy, « La politique de dĂ©fense marocaine : articulation de l’interne et de l’externe  », Maghreb-Machrek, n°202, hiver  2009-2010, p. 124 (https://www.cairn.info/revue-maghreb-machrek-2009-4-page-115. htm).

    (9) Leila ou Perejil (persil) selon que l’on parle du Maroc ou d’Espagne. Pour la dimension historique et politique, voir Yves Zurlo, Ceuta et Melilla : histoire, reprĂ©sentations et devenir de deux enclaves espagnoles, L’Harmattan, Paris, 2005.

    (10) Du nom de l’ancien secrĂ©taire d’État amĂ©ricain, James Baker III, chargĂ© de la mĂ©diation par l’ONU. Voir Lucile  Martin, «  Le dossier du Sahara occidental », Les Cahiers de l’Orient, 2011/2, n°102, p. 43-57 (https://www. cairn.info/revue-les-cahiers-de-l-orient-2011-2-page-43.htm).

    (11) «  Le Maroc 55e   puissance militaire au rang mondial  », Challenge, 21 janvier 2022 (https://www.challenge.ma/le-maroc-55eme-puissancemilitaire-au-rang-mondial-231143/)

    Source : Diplomatie SciencesPo

    #Maroc #Algérie #Sahara_Occidental #FrontiÚres

  • SĂ©nĂ©gal : Teranga, gifles au Parlement et Françafrique

    Tags : Sénégal, corruption, Françafrique, Maroc, Mankeur Ndiaye, Macky Sall, Sahara Occidental, Union Africaine,

    La tension Ă©tait vive le jeudi 1er dĂ©cembre Ă  l’AssemblĂ©e nationale du SĂ©nĂ©gal entre les dĂ©putĂ©s de la majoritĂ© et ceux de l’opposition, au cours de la sĂ©ance plĂ©niĂšre consacrĂ©e au budget du ministĂšre de la Justice.

    Dans une video qui a fait la une des reseaux sociaux, la dĂ©putĂ©e nationale, Amy Ndiaye, de la majoritĂ©, a reçu une gifle d’un Ă©lu de l’opposition. Et s’en est suivi d’une bagarre entre les Ă©lus de deux camps. En effet, en pleine sĂ©ance de l’assemblĂ©e nationale du SĂ©nĂ©gal, le dĂ©putĂ©, Massata Samb a foncĂ© sur la dame pour la gifler.

    L’AssemblĂ©e nationale du SĂ©nĂ©gal est devenue coutumiĂšre de ces scĂšnes de pugilat entre dĂ©putĂ©s, reprĂ©sentants du peuple qui se battent. Un scĂ©nario qui illustre le niveau mĂ©diocre des politiciens sĂ©nĂ©galais. Non sans raison, ils sont les plus corrompues du continent africain. Le hacker français qui sĂ©vissait sous le pseudonyme de Chris Coleman a dĂ©voilĂ© comment l’ancien ministre sĂ©nĂ©galais des affaires Ă©trangĂšres, Mankeur Ndiaye, se rendait chaque annĂ©e Ă  l’Ambassade du Maroc Ă  Dakar pour quĂ©mander de l’argent sous prĂ©texte de vouloir offrir le pĂšlerinage Ă  des membres de sa famille.

    Pire encore, il s’en prenait Ă  celui qui a Ă©tĂ© son ami, mais surtout son patron Ă  la tĂȘte du ministĂšre des Affaires EtrangĂšres, Monsieur Cheikh Tidiane Gadio. Un Ă©pisode qui rĂ©vĂšle les coups tordus qui caractĂ©risent la mission de Monsieur Ndiaye ĂĄ la tĂȘte de la diplomatie sĂ©nĂ©galaise.

    Lorsque Ndiaye accepte de l’argent du Maroc, il n’est pas guidĂ© par des convictions de nature politique. Il s’agit de pure mercenariat. En Ă©change, Ndiaye doit dĂ©fendre les intĂ©rĂȘts du royaume chĂ©rifien auprĂšs de l’Union Africaine. Notamment s’en prendre aux sahraouis et au membership de la RASD (RĂ©publique Arabe Sahraouie DĂ©mocratique) dans l’organisation panafricaine. MĂȘme aprĂšs avoir Ă©tĂ© limogĂ© de son poste de ministre des affaires Ă©trangĂšres, il poursuit l’agenda tracĂ©e Ă  Rabat. Le 7 novembre dernier, il faisait partie d’un “groupe d’anciens responsables africains” qui, depuis le Maroc, ont lancĂ© ce qu’ils ont dĂ©nommĂ© “l’Appel de Tanger” dans lequel ils appellent Ă  l’expulsion de la RASD de l’UA.

    Dans son offensive contre les sahraouis, Ndiaye est soutenu par le prĂ©sident Macky Sall dans le cadre de leurs efforts de maintenir en vie la Françafrique dont le Maroc, le SĂ©nĂ©gal et le CĂŽte d’Ivoire constituent les derniers vestiges.

    #Sénégal #Maroc

  • Normalisation du Maroc avec IsraĂ«l : Les aveux hypocrites de l’ex chef de l’exĂ©cutif

    Tags : Maroc, Israël, normalisation, Saadeddine El Othmani, Sahara Occidental, Etats-Unis,

    Par Mohamed Kouini

    On le connait dans son rĂŽle « d’équilibriste », « pseudo-pragmatique », un vĂ©ritable avaleur de couleuvres. Le signataire avec ses propres mains de l’accord de normalisation entre l’entitĂ© sioniste et le Makhzen vient de faire son mea-culpa. L’ancien chef du gouvernement marocain, Saad Eddine El Othmani, a avouĂ© qu’il fut forcĂ© de signer cet accord, alors qu’il Ă©tait le principal chef de file du courant islamiste au royaume.

    Dans une interview accordĂ©e Ă  la chaĂźne El Arabi Al Jadid, El Othmani a tentĂ© de se dĂ©douaner, assurant avoir Ă©tĂ© contraint de signer cet accord avec les sionistes. Selon ses dĂ©clarations, c’était la volontĂ© du roi Mohamed VI.

    El Othmani dira: “le moment Ă©tait douloureux et difficile”, avant de relativiser: “Mais c’était la dĂ©cision de l’Etat et j’étais alors chef du gouvernement”.

    L’ancien chef de l’exĂ©cutif du makhzen a cherchĂ© durant cet entretien Ă  donner de fallacieux prĂ©textes pour expliquer les raisons qui ont poussĂ© Rabat Ă  signer cet accord de normalisation. Cependant, il n’expliquera pas pourquoi le palais royal est allĂ© trop loin dans son rapprochement avec l’entitĂ© sioniste, en signant des accords de dĂ©fense et en Ă©tablissant une coopĂ©ration Ă©troite dans le domaine du renseignement et de l’armement, allant jusqu’à menacer son voisin algĂ©rien et crĂ©ant une vive tension dans toute la rĂ©gion de l’Afrique du nord.

    El Othmani n’expliquera pas comment lui-mĂȘme et son parti politique d’obĂ©dience islamique ont pu accepter une telle position, alors qu’il dĂ©fendait par le passĂ© les droits du peuple palestinien. D’une maniĂšre lapidaire, il dira que sa signature des accords avec l’entitĂ© sioniste n’était pas contraire aux principes d’il dĂ©fendait sur la question palestinienne.

    Selon ses propres aveux hypocrites, « le plus important Ă©tait la reconnaissance par Washington de la souverainetĂ© du Maroc sur le Sahara occidental », en rĂ©fĂ©rence au fameux tweet de l’ancien prĂ©sident des Etats Unis, Donald Trump. Une rĂ©ponse qui prouve le degrĂ© de « respect » de ses propres principes politiques et idĂ©ologiques, en acceptant de vils marchandages sur un territoire colonisĂ© par la force et qui demeure toujours une question de dĂ©colonisation au sein des Nations Unies.

    Plus outrageux que jamais dans ses mensonges, El Othmani prĂ©tend que son pays a signĂ© cet accord avec Tel Aviv pour crĂ©er de l’emploi aux ouvriers marocains. « Oui, c’était dans le but d’envoyer d’ouvriers pour construire de nouvelles colonies en IsraĂ«l, mais cela ne signifie en rien que l’on renonce au droit du peuple palestinien d’édifier son Etat avec El Qods comme capitale ».

    Il y a quelques mois, ce personnage disait Ă  la presse, Ă  propos de la normalisation, que « dans la vie des États, certains choix sont difficiles, car ils peuvent apparaitre comme contraire Ă  leurs principes ou portant prĂ©judice Ă  leurs causes suprĂȘmes, et c’est Ă  cela que je faisais allusion quand j’ai parlĂ© de « choix difficile ».

    Le jeune Indépendant, 23/11/2022

    #Maroc #Israël #Normalisation #El_Othmani #Sahara_Occidental

  • Le Maroc en veut toujours plus

    Tags : Maroc, Espagne, Ceuta, Melilla, Sahara Occidental, migration, espaces maritimes,

    Alors que le ministre de l’intĂ©rieur est sur le point de faire l’objet d’une enquĂȘte sur la crise de la tragĂ©die de la clĂŽture de Melilla, de nouveaux problĂšmes frontaliers arrivent de l’autre cĂŽtĂ© du dĂ©troit de Gibraltar. Le Maroc n’a pas renoncĂ© Ă  ses aspirations d’annexer les eaux au large de la cĂŽte sahraouie, la MĂ©diterranĂ©e et celles qui chevauchent les Ăźles Canaries.

    La volte-face diplomatique de l’Espagne en avril dernier concernant sa position sur le Sahara, dans laquelle Pedro SĂĄnchez a acceptĂ© le plan d’autonomie du Maroc pour son ancienne colonie, loin d’avoir dissuadĂ© Rabat de revendiquer la souverainetĂ© sur ces espaces maritimes, semble l’avoir enhardi Ă  continuer Ă  exercer des pressions sur le gouvernement au sujet des affleurements rocheux et des Ăźles espagnoles au large de ses cĂŽtes.

    Et tout cela parce que l’accord entre SĂĄnchez et Mohamed VI, qui visait Ă  pacifier les relations tendues entre les deux pays et Ă  rĂ©soudre le problĂšme de la migration, n’a pas Ă©tabli de dĂ©limitation expresse du contrĂŽle des eaux dans les Ăźlots et les rochers. Et pas mĂȘme dans les cas de Ceuta et Melilla, que le Maroc ne reconnaĂźt pas non plus comme espagnols. En fait, l’un des points les plus critiquĂ©s du pacte Ă©tait qu’il ne comportait aucune mention du statut espagnol des deux places nord-africaines.

    Madrid et Rabat tentent depuis des mois de parvenir Ă  un accord sur la propriĂ©tĂ© des eaux territoriales frontaliĂšres. Mais l’absence d’une garantie explicite de respect de la souverainetĂ© de l’Espagne sur les territoires africains a permis au pays voisin de poursuivre sa stratĂ©gie de pression, avec laquelle il tente de faire basculer la dĂ©limitation des espaces maritimes en sa faveur.

    Le Maroc a amplement dĂ©montrĂ© qu’il veut toujours plus dans ses relations avec l’Espagne. Cette insatiabilitĂ© est cohĂ©rente avec le concept du ” Grand Maroc “, le projet expansionniste qui inspire la politique Ă©trangĂšre du rĂ©gime alaouite. Un programme nĂ©ocolonial similaire Ă  celui qui guide l’impĂ©rialisme de Poutine, et qui vise Ă  restaurer les “frontiĂšres historiques” du Maroc en affirmant la propriĂ©tĂ© marocaine de Ceuta, Melilla, les Ăźles Canaries, la Mauritanie et le Sahara occidental, qu’il a toujours considĂ©rĂ© comme des territoires “occupĂ©s”.

    Il est donc naĂŻf de penser qu’aprĂšs l’annexion du Sahara, la monarchie alaouite se contentera de tout modĂšle de voisinage qui n’implique pas la co-souverainetĂ© de Ceuta et Melilla.

    Le renversement par le gouvernement de la position historique de l’Espagne sur le Sahara occidental visait Ă  clore la crise diplomatique en cĂ©dant l’ancienne colonie espagnole en Ă©change d’une plus grande coopĂ©ration du Maroc dans le contrĂŽle des flux migratoires, que Rabat a toujours utilisĂ© pour faire pression sur l’Espagne.

    Et si, dans les jours qui ont suivi la signature de la déclaration conjointe entre Sånchez et Mohammed VI, il semblait que le Maroc honorait son engagement de modérer le trafic frontalier, il a rapidement recommencé à autoriser les entrées illégales, qui se sont multipliées de maniÚre exponentielle peu aprÚs.

    Jusqu’Ă  prĂ©sent, il n’y a guĂšre eu de gains clairs pour l’Espagne aprĂšs sa reddition Ă  Rabat. Au contraire, le revirement sur le Sahara a ouvert au gouvernement une nouvelle crise diplomatique avec l’AlgĂ©rie, qui a rompu le traitĂ© d’amitiĂ© avec notre pays en reprĂ©sailles au soutien de l’Espagne Ă  la proposition d’autonomie marocaine.

    De plus, les preuves reliant Rabat Ă  l’espionnage de membres de l’exĂ©cutif par le biais du logiciel Pegasus rendaient inĂ©vitable la suspicion d’un lien entre les deux Ă©vĂ©nements. Ces soupçons sont renforcĂ©s par l’avertissement du CNI concernant la prĂ©sence accrue d’espions marocains dans les consulats espagnols.

    Si le gouvernement n’affirme pas catĂ©goriquement dans les forums pertinents l’intĂ©gritĂ© territoriale de l’Espagne face aux aspirations expansionnistes insatiables du Maroc, il sera difficile de dissiper les doutes concernant la dĂ©fense purement rhĂ©torique par l’Espagne de sa souverainetĂ© sur Ceuta et Melilla. Il n’est plus possible de contourner le fait, pourtant Ă©pineux, que Rabat affirme que “le Maroc n’a pas de frontiĂšres terrestres avec l’Espagne”. Le sommet bilatĂ©ral reportĂ© – et encore indĂ©terminĂ© – avec le pays voisin pourrait ĂȘtre l’occasion pour le gouvernement espagnol de montrer sa fermetĂ© face au marquage constant du rĂ©gime alaouite.

    El espanol, 27/11/2022

    #Espagne #Maroc #Ceuta #Melilla #Migration #Sahara_Occidental

  • Maroc : Les voies du Makhzen sont impĂ©nĂ©trables

    Tags : Maroc, Algérie, Sahara Occidental, Israël, crise financiÚre, tourisme sexuel, lobbying, France,

    Bien entendu on dit trĂšs souvent qu’une hirondelle ne fait pas le printemps, d’autant plus que nous sommes en novembre, mais deux choses ont de quoi nous rĂ©jouir dans l’actualitĂ© internationale le mondial de foot 2022 au Qatar et bien sĂ»r, l’info gĂ©nĂ©rale de la jungle mĂ©diatique du Makhzen Marocain centrĂ©e entiĂšrement sur les AlgĂ©riens et l’AlgĂ©rie.

    Tout ce qu’il se passe au Maroc est fascinant, on est vraiment gĂątĂ©s !!

    Amusante diatribe sauf qu’il y a une erreur dans cette histoire, le makhzen se trompe de cible par sa politique de hasbara ce qui ne fait pas avancer le schmilblick mais plus sĂ»rement des propos de concierges.

    Tout au long de son histoire le Makhzen n’a pas vraiment changĂ© de nature, il a toujours su crĂ©er et orchestrer ce type de campagnes qui tendent Ă  discrĂ©diter le voisin algĂ©rien pour l’accuser de vouloir dĂ©stabiliser de facto le Maroc et se dĂ©clare comme un pays victime de l’ostracisme des autoritĂ©s AlgĂ©riennes afin de fabriquer l’AlgĂ©rie comme l’Ennemi, nous avons mĂȘme pu constater qu’un jour le consul gĂ©nĂ©ral du Maroc Ă  Oran avait osĂ© qualifier l’AlgĂ©rie de pays ennemi dans l’aveuglement de sa propre fonction symbolique. Quelle obsession !!!!

    Je crois que cette presse n’arrive pas Ă  se rendre compte ni Ă  admettre que le royaume du Maroc n’a jamais existĂ© tel que la propagande du Makhzen l’a façonnĂ© Ă  jamais dans les esprits marocains, ceci dans le but de vendre une image qui ne reflĂšte ni la rĂ©alitĂ© historique ni l’honnĂȘtetĂ© morale. Le Makhzen avec ses thĂ©ories farfelues se perfectionne Ă  vouloir crĂ©er un ennemi permanent afin de se rĂ©gĂ©nĂ©rer et endoctriner le peuple. Totalement falsifiĂ©e par la propagande mensongĂšre et stupide, l’histoire du Royaume du Maroc actuel demeure mĂ©connue des Marocains, au point de devenir un ensemble de grandes Ă©nigmes et de nombreux Ă©vĂšnements importants de l’histoire du Royaume du Maroc sont restĂ©s trop longtemps tabous par un rĂ©gime du Makhzen fĂ©odal. C’est des historiens que le disent !!!!!

    Le Maroc est celui de tous les paradoxes et il est enlisĂ© par une tension sociale extrĂȘme aujourd’hui avec un taux de chĂŽmage urbain de l’ordre de 40%, et que les maux des Marocains ont donc une seule source : des dĂ©cennies d’absolutisme monarchique, avec un gouvernement qui ne gouverne pas ; il se contente d’exĂ©cuter les dĂ©cisions prises au Palais via le cabinet royal, dominĂ© par des hommes les plus influents du royaume, durant les absences intrigantes du monarque absolu de droit divin par le titre de commandeur des croyant et vĂ©ritable visionnaire de l’exĂ©cutif, alors mĂȘme que la situation du Maroc n’est guĂšre reluisante, mais au royaume des aveugles, le monarque divin mĂšne sa vie Ă  Paris.

    C’est l’escroquerie intellectuelle insultante d’un rĂ©gime qui avait promis une dĂ©mocratie et plus de libertĂ©s, alors qu’il enregistre deux grands Ă©checs de en matiĂšre de l’Ă©ducation et la santĂ©, avec des injustices et d’inĂ©galitĂ©s qui ne cessent de se creuser. Selon des Ă©tudes Ă©conomiques le Maroc reste un pays Ă©conomiquement vulnĂ©rable avec des inĂ©galitĂ©s sociales dangereuses. On se souvient du soulĂšvement du Rif, en 2017, lorsqu’un jeune vendeur de poisson, Mouhcine Fikri (30 ans), a Ă©tĂ© broyĂ© dans une benne Ă  ordures alors qu’il tentait de rĂ©cupĂ©rer sa marchandise confisquĂ©e par un fonctionnaire du port, Ă  la suite plusieurs centaines de manifestants ont Ă©tĂ© condamnĂ©s, pour certains Ă  vingt ans de prison ferme. Ainsi la mort atroce de Mohcine Fikri, a soudain rĂ©veillĂ© la RĂ©publique du Rif, cependant les habitants de la commune d’Al-HoceĂŻma ne cessent de manifester pacifiquement contre, pĂȘle-mĂȘle, l’autoritarisme, la corruption, le chĂŽmage de masse, la pauvretĂ© et contre la rĂ©pression.

    Je peux Ă  mon tour estime ce, vaillant peuple Rifain mĂ©rite, plus que tout autre, de jouir pleinement de son droit Ă  l’autodĂ©termination »

    Contrairement au dĂ©versement de la propagande du Makhzen, j’aimerais bien faire un parallĂšle et un rapprochement entre les territoires occupĂ©s du Sahara et un rapprochement entre les territoires occupĂ©s du Sahara et la RĂ©publique du Rif occupĂ©e.

    Au regard des mĂ©dias de sa majestĂ© tout va bien au Maroc, ceci est le genre de discours absurde prĂŽnĂ© par la presse du Makhzen et qu’on entend Ă  longueur de journĂ©e, tout va mieux que bien, pas de censure, pas de rĂ©pression, pas de torture, pas de morts, pas d’inĂ©galitĂ©s ni de corruption des baisĂ©-main des officiers de sa majestĂ© qui seront en fait bientĂŽt formĂ©s par les sionistes et pourtant selon des documents Wikileaks AmĂ©ricains qui avaient fait la rĂ©vĂ©lation: le souverain craignant d’ĂȘtre renversĂ© et affolĂ© par l’idĂ©e de se faire destituer a toujours peur de son armĂ©e car les forces armĂ©es marocaines restent minĂ©es par la corruption, l’inefficacitĂ© bureaucratique, les faibles niveaux d’Ă©ducation, certains de ses officiers risquent de tomber dans le radicalisme, ils sont politiquement marginalisĂ©s, chargĂ©es entre autres Ă  gĂ©rer les plantations de la drogue et veiller Ă  son acheminement et le gros de leurs troupes est dĂ©ployĂ© au Sahara occidental.

    Par ailleurs les mĂȘme documents prĂ©cisent, bien que la frontiĂšre entre les deux pays soit fermĂ©e et les relations rompues, l’AlgĂ©rie ne constitue pas une menace imminente pour le Maroc et que sur le plan diplomatique le Maroc dĂ©ploie de grands efforts pour s’acquĂ©rir les soutiens, ou au moins la neutralitĂ©, de membres du CongrĂšs amĂ©ricain, de certains pays Ă©loignĂ©s de tout enjeu sahraoui mais disposant d’un vote-clĂ© Ă  l’ONU, et, nĂ©cessairement des mĂ©dias. Cette diplomatie se fit souvent Ă  coups de chĂšques, d’invitations, de cadeaux… Ainsi toute la presse internationale fait Ă©tat des dĂ©penses colossales en dollars par le rĂ©gime Marocain pour entretenir les lobbys EuropĂ©ens et AmĂ©ricains c’est Ă  dire comme on le dit trĂšs souvent une « diplomatie de couscous » des sĂ©jours tous frais payĂ©s Ă  la Mamounia (prestigieux hĂŽtel de Marrakech) Ă  des politiciens et des journalistes amis de la monarchie en vue d’un soutien majeur sur la marocanitĂ© du Sahara occidental, dans cette optique les services du Makhzen sont chargĂ©s de sĂ©duire, de corrompre et de manipuler ces prestigieux invitĂ©s. Sans oublier que ces mĂȘmes documents avaient mis en Ă©vidence l’obsession algĂ©rienne chez le Makhzen et les responsables marocains.

    Dans ce sens on a mĂȘme l’impression, que les mĂ©dias droguĂ©s Ă  la propagande leurs Ă©lites se farcissent le nez de hachish, ne parlent que de cette obsession tout le temps alors Ă  trop les Ă©couter ou les voir, ils finiraient par convaincre que personne ne peut plus ĂȘtre d’accord avec eux. C’est ridicule, cette rancune contre l’AlgĂ©rie n’en finissant pas de noyer leurs neurones !

    Tout comme IsraĂ©l en Palestine occupĂ©e, le Maroc reste l’agresseur, et le territoire du Sahara Occidental est une occupation, et les militants sahraouis sont incarcĂ©rĂ©s dans des prisons situĂ©es au Royaume et surtout privĂ©s de la visite de leurs familles. Cela ne fait aucun doute, mais ils vont finir par fatiguer les gens d’autant plus que toutes les informations et tous les commentaires en gĂ©nĂ©ral donnĂ©s par des Ă©rudits d’instituts gĂ©opolitiques dont ils plaident pour un royaume Ă  l’étroitesse d’esprit, Ă  l’égoĂŻsme et Ă  des magouilles pour se maintenir, en effet tous ces commentateurs se rĂ©vĂšlent forcĂ©ment sujets ce qui requiert une obĂ©issance et une loyautĂ© confirmĂ©es au Makhzen et sans la moindre nuance ou la moindre contradiction, donc ils ne peuvent en aucun cas dire le contraire. La loi royale de la loyautĂ© (« Allah, la Patrie et le Roi », cette formule ayant cours au Maroc, fait taire toute contestation, seule la thĂ©orie du complot et de l’ennemi extĂ©rieur a fait son retour.

    Faut-il savoir qu’une solution ne viendra pas d’un pouvoir corrompu et conçu comme tel. Visiblement, le bilan de la Monarchie n’est pas brillant (largement favorisĂ©e par la France pour fin du protectorat). Le problĂšme c’est l’accaparement des richesses par une couronne de possĂ©dants. Le monarque visionnaire du Maroc (dont on peut exceptionnellement dire du mal) pris Ă  la gorge par la faillite financiĂšre du pays n’avait d’autre choix que d’officialiser des relations que le Maroc avait toujours entretenu avec IsraĂ«l avec la bĂ©nĂ©diction de ses amis, et se fĂąche avec tous les pays qui n’expriment pas avec prĂ©cision leur acceptation de l’intĂ©gration du Sahara occidental au territoire marocain, intĂ©gration, faut-il le rappeler, non reconnue par les Nations unies, l’Union europĂ©enne et l’Union africaine, et plus encore par IsraĂ©l mais admise par certains, dont les Etats-Unis, l’Espagne
?

    Le monde occidental a fermĂ© les yeux un moment et certains politiques n’hĂ©sitent nullement Ă  soutenir que « le Maroc est une maĂźtresse avec qui ont couche toutes les nuits, mais dont on est pas spĂ©cialement amoureux, qu’il faut bien dĂ©fendre » !!!!

    Bref le grand gagnant dans ce drĂŽle d’histoire c’est IsraĂ«l et l’Occident, le dindon de la farce semble bien ĂȘtre la monarchie marocaine Ă  la couleur arc-en-ciel. Ce sont les israĂ©liens eux mĂȘme ainsi que le Mossad qui en ont fait la rĂ©vĂ©lation. C’est le Grand Jeu !!!

    La mystification reste le lieu de rapprochement pour ces deux pays, le rĂ©gime du Maroc a Ă©mergĂ© de la tyrannie et d’un rĂ©gime dictatorial fondĂ© sur le mensonge, tandis qu’IsraĂ«l s’immerge dans le sionisme, racisme soutenu et protĂ©gĂ© par les mensonges, entre ces deux similitudes, il y a un peuple pris en otage de part et d’autre.

    Pour la presse de sa MajestĂ© et les influenceurs pro-Maroc, aux AlgĂ©riens le monopole des atrocitĂ©s, selon certains auteurs d’articles avec un style proche de l’ironie et du sarcasme parlent de guerre Ă©conomique, guerre diplomatique menĂ©e par l’AlgĂ©rie, qui se traduit par une course aux armements et la fermeture des frontiĂšres et un soutien Ă  la cause lĂ©gitime de la lutte du peuple Sahraoui pour se dĂ©faire d’une occupation, donc toujours selon cette presse, l’AlgĂ©rie garde le monopole de la dĂ©sorganisation, de l’effondrement toujours imminent mais aux Marocains celui de l’humanisme, du courage, des victoires qui s’enchaĂźnent, les tout va mieux que bien, dans l’espoir de rallier Ă  leur cause une population frustrĂ©e par la dĂ©gradation des conditions de vie mais le petit peuple est heureux et trop content de ses amuse-gueule la marocanitĂ© du Sahara et la normalisation avec l’entitĂ© sioniste.

    Par ailleurs nous constatons chez des personnalitĂ©s publiques Ă©crivains, journalistes, des fameux d’intellectuels complaisants de sa MajestĂ© qui prennent aussi part Ă  la promotion du rĂ©cit officiel et pourtant le plus souvent ils sont dĂ©cris comme parmi la nouvelle Ă©gĂ©rie mondiale de la lutte pour les droits de l’homme et contre toutes les tyrannies, notamment dans le monde arabo-musulman. Toutes les tyrannies ? Enfin presque, seulement voila le parfum de la lutte s’estompe chez ces intellectuels dĂšs qu’il est question du rĂ©gime politique du Makhzen et plus particuliĂšrement de la monarchie Marocaine.

    En effet la rĂ©action de ces intellectuels touche alors Ă  tout: ils rĂ©agissent aux victoires diplomatiques du Maroc pour la marocanitĂ© du Sahara, se mĂȘlent aux interminables dĂ©bats virtuelles et surtout commentent la situation interne en AlgĂ©rie. Ainsi par leur voix nous avons des cris de victoire de piĂštres stratĂšges politiques et journalistes du Palais qui semblent dĂ©sormais s’aligner sur les thĂšses prĂȘchĂ©es par une fantastique propagande du Makhzen en plein dĂ©lire, complĂštement en dĂ©route, leur timing est par ailleurs parfait pour gĂ©nĂ©rer un maximum d’intervention l’acceptation de la colonisation du Sahara Occidental ainsi que pour l’applaudissement Ă  la normalisation des relations entre le Maroc et IsraĂ«l.

    La fabrique royale de la propagande, de la dĂ©magogie, du clientĂ©lisme et de la mĂ©diocritĂ© a propulsĂ© sur le devant de la scĂšne une plĂ©thore de journaleux qui se sont avĂ©rĂ©s, au fil des jours, de piĂštres valets du Palais royale, des gens sans scrupules, sans honneur et sans dignitĂ©, chargĂ©s de faire oublier la rĂ©pression Ă©tatique au Maroc qualifiĂ©es d’atteintes aux libertĂ©s d’expression et qui avait censurĂ© et pĂ©nalisĂ© les opinions trop Ă©loignĂ©es de la doxa makhzennien, ainsi que les campagnes de diffamation dont sont victimes les opposants tel que Mohamed Ziane l’influent ex-bĂątonnier de Rabat et ancien ministre jugĂ© Ă  cause de ses opinions l’avocat principal du chef de file de la rĂ©bellion du Rif et de Taoufik Bouachrine!
    Taoufik Bouachrine , le directeur d’Akhbar Al Yaoum, quotidien d’opposition. Omar Radi, Journaliste d’investigation. Maati Monjib, universitaire fondateur de l’Association Marocaine pour le Journalisme d’Investigation (AMJI). Soulaiman Raissouni d’éditorialiste au quotidien Akhbar Al-Yaoum en remplacement de son fondateur, Tawfik Bouachrine, condamnĂ© Ă©galement.

    Ce qui est assez ridicule, tous ces personnages, sont accusĂ©s de trafic d’ĂȘtres humains, abus de pouvoir Ă  des fins sexuelles, viol et tentatives de viol. C’est en effet l’autoritĂ© du Makhzen qui a largement utilisĂ© la vie privĂ©e des dissidents et des militants pour les discrĂ©diter en public, sur la base d’images de leur vie en privĂ©.

    Bien d’autres dĂ©tracteurs virulents du systĂšme monarchique marocain actuel, surtout des activistes et influenceurs sur les mĂ©dias sociaux Chafik Omerani, Mustapha Semlali, Jamila Saadane, Ikram Nazih, Saida El-Alami et Rabie al-Ablaq, ainsi que le manifestant Noureddine Aouaj, ont Ă©tĂ© condamnĂ©s Ă  des peines de prison fermes, simplement pour avoir critiquĂ© pacifiquement des personnalitĂ©s de l’autoritĂ© du Makhzen. La liste reste ouverte.

    Les fausses larmes de crocodile ne trompent personne, le Makhzen aux coups fourrĂ©s au jeu malsain et dangereux, il ne nous reste plus qu’à retenir notre souffle par ce genre de bourrage de crĂąne, comme celui ou on disait en IsraĂ©l que les balles IsraĂ©liennes tirĂ©es par les snippers de l’ArmĂ©e la plus morale du monde, ne sont pas destinĂ©es Ă  tuer mais juste Ă  anĂ©antir le Palestinien un ennemi qui diffame Dieu.
    Nul besoin d’en chercher trĂšs loin la preuve de l’appĂ©tit ambitieux de l’institution monarchique du Maroc par sa diplomatie en dent de scie, elle s’est tirĂ©e malheureusement une balle dans le pied Ă  chaque revers. Ce royaume n’est qu’un Ă©piphĂ©nomĂšne qui ne deviendra que l’ombre de lui-mĂȘme.

    Un petit rappel pour les mĂ©dias de sa majestĂ©, c’est l’ensemble du peuple AlgĂ©rien qui opte pour la fermeture permanente des frontiĂšres ainsi que la rupture des relations avec le rĂ©gime du Makhzen Marocain. Donc pour l’AlgĂ©rie, le Maroc n’est nullement un rival, un ennemi mais juste un voisin agaçant, troublant et surtout sionisĂ©. L’AlgĂ©rie appartient Ă  ceux qui savent la dĂ©fendre et le Maroc appartient Ă  ceux qui savent le vendre !!!!!

    #Maroc #Algérie #Sahara_Occidental

  • Relations bilatĂ©rales Maroc – Espagne (1/2)

    Tags : Maroc, Espagne, Migration, Ceuta, Melilla, Sahara Occidental, coopération sécuritaire,

    Les relations bilatĂ©rales entre le Maroc et l’Espagne peuvent ĂȘtre qualifiĂ©es d’excellentes eu Ă©gard au dialogue politique permanent, Ă  un Ă©change de visites denses et rĂ©gulier entre les hauts responsables des deux pays et Ă  une concertation Ă©troite au niveau des diffĂ©rents instances rĂ©gionales et internationales.

    Les deux gouvernements se sont engagĂ©s Ă  construire des relations solides et exemplaires basĂ©es sur la confiance mutuelle et la responsabilitĂ© partagĂ©e et ce, dans l’objectif de les Ă©riger en un modĂšle de partenariat en MĂ©diterranĂ©e. Cette volontĂ© affichĂ©e de part et d’autre s’est traduite parallĂšlement par un approfondissement des relations d’amitiĂ© et une refonte de la coopĂ©ration ainsi que la mise en place d’actions conformes aux prioritĂ©s nationales marocaines.

    En effet, lors de sa premiĂšre visite officielle au Maroc, en janvier 2012, le PrĂ©sident du Gouvernement Mariano Rajoy, a dĂ©clarĂ© que son pays appuie fermement le processus de rĂ©formes lancĂ© par Sa MajestĂ© le Roi Mohammed VI, soulignant que ces rĂ©formes ont placĂ© le Maroc Ă  « l’avant-garde » des pays de la rĂ©gion et constitue un « exemple » Ă  suivre
 Il a relevĂ© que son pays est convaincu que la sĂ©curitĂ©, la stabilitĂ© et la prospĂ©ritĂ© de son voisin du sud est «la sĂ©curitĂ©, la stabilitĂ© et la prospĂ©ritĂ© de l’Espagne et de lĂ , ce qui nous unit est beaucoup plus que ce qui nous sĂ©pare».

    A l’occasion de la 10Ăšme session de la RĂ©union de Haut Niveau maroco-espagnole, tenue Ă  Rabat en Octobre 2012, M. Rajoy Ă©tĂ© reçu en audience par Sa MajestĂ© le Roi Mohammed VI, au Palais Royal Ă  Marrakech.

    Les deux nouveaux gouvernements se sont engagés désormais pour renforcer davantage les relations solides, exemplaires et préférentielles basées sur la confiance réciproque et la responsabilité partagée, et pour faire de leurs rapports privilégiés un modÚle de partenariat stratégique, rénové et de bon voisinage sur les deux rives de la Méditerranée, ouvrant ainsi la voie à une nouvelle étape porteuse de nouvelles opportunités.

    Ainsi, la visite de travail officielle du Roi Juan Carlos d’Espagne au Maroc, den juillet 2013, tĂ©moigne, une fois de plus, des relations sĂ©culaires qui lient les deux pays de la volontĂ© de consolider davantage le partenariat stratĂ©gique entre le Maroc et l’Espagne.

    En plus des 5 Ministres du gouvernement Mariano Rajoy, le Roi Juan Carlos était accompagné de 9 anciens ministres des Affaires étrangÚres, dont MM. Javier Solana, Miguel Angel Moratinos, Josep Piqué.

    Cette visite royale avait un caractĂšre Ă©conomique, notamment que le Roi d’Espagne Ă©tait accompagnĂ© d’une trentaine de patrons de grandes entreprises, dont certaines sont dĂ©jĂ  opĂ©rationnelles au Maroc, telles que « Acciona », « Inditex », « Iberia », « Ferrovial », « Telefonica », « Indra », dans l’objectif de renforcer la prĂ©sence des entreprises espagnoles au Maroc, notamment dans le cadre des grands chantiers structurants.

    La visite de travail Ă  Madrid, fin octobre 2013, de Monsieur le Ministre Salaheddine Mezouar, juste aprĂšs sa nomination, tĂ©moigne de l’excellence des relations d’amitiĂ© et de coopĂ©ration existant entre le Maroc et l’Espagne et de la volontĂ© des deux parties d’imprimer une nouvelle cadence Ă  leur action commune dans tous les domaines.

    A cette occasion, Monsieur le Ministre a été reçu en audience par Sa Majesté le Roi Juan Carlos I, et par le Chef du gouvernement espagnol, M. Mariano Rajoy, a eu un entretien avec le Président du Sénat, Pio Garcia-Escudero, et un déjeuner de travail avec son homologue espagnol, José Manuel Garcia Margallo, au cours duquel les discussions ont été consacrées au partenariat Maroc-UE.

    Globalement, les orientations des politiques Ă©trangĂšres des deux pays s’inscrivent dans une vision politico-stratĂ©gique partagĂ©e sur les grandes questions telles que la sĂ©curitĂ© en MĂ©diterranĂ©e, la lutte contre le terrorisme, l’immigration clandestine, le trafic de drogues


    Les RĂ©unions de Haut Niveau (RHN) demeurent le cadre adĂ©quat pour tracer les orientations et les grandes dĂ©cisions Ă  mĂȘme de renforcer notre relation bilatĂ©rale et en faire un partenariat sans cesse rĂ©novĂ©.

    Lire la suite depuis la source (Maroc-leaks)

    #Maroc #Espagne #Ceuta #Melilla #Migration #Sahara_Occidental

  • Ambassadeur espagnol: Les affaires sont difficiles au Maroc

    Tags : Maroc, Espagne, Etats-Unis, Sahara Occidental, migration, islamisme, investissements,

    Source : CĂąble Wikileaks sur une rĂ©union entre les Ambassadeurs des Etats-Unies et de l’Espagne Ă a Rabat

    RĂ©sumĂ© : Au cours du dĂ©jeuner du 20 mars, l’ambassadeur espagnol Planas Puchades a dĂ©clarĂ© Ă  l’ambassadeur Riley que l’Espagne continuait d’encourager le Maroc Ă  produire un plan d’autonomie crĂ©dible pour le Sahara occidental. Il a rejetĂ© les prĂ©tendues scissions au sein du Polisario, suggĂ©rant que la faction rĂ©cemment apparue “Ligne des martyrs” semblait ĂȘtre composĂ©e de membres mĂ©contents ou d’anciens membres du Polisario vivant aux Ăźles Canaries, et “ce n’est pas significatif”. Planas n’a pas rĂ©itĂ©rĂ© l’inquiĂ©tude espagnole concernant les remarques de Van Walsum sur le retrait du Conseil de sĂ©curitĂ© du diffĂ©rend sur le Sahara ou l’intĂ©rĂȘt des États-Unis pour la rĂ©duction des effectifs de la MINURSO. Sur la migration, Planas a exprimĂ© sa dĂ©ception face Ă  la dĂ©cision apparente de l’AlgĂ©rie de ne pas participer Ă  la confĂ©rence rĂ©gionale de juillet Ă  Rabat, qui, selon Planas, a bĂ©nĂ©ficiĂ© de l’adhĂ©sion de l’UE. Planas s’est intĂ©ressĂ© Ă  un rĂ©cent sondage de l’Institut rĂ©publicain international (IRI) paru dans le numĂ©ro du 18 mars de l’hebdomadaire marocain Le Journal, qui indiquait un fort soutien au parti islamiste marocain.

    La conversation a briĂšvement abordĂ© le prochain Ă©vĂ©nement de haut niveau de l’OTAN Ă  Rabat, les investissements espagnols au Maroc et les stupĂ©fiants. Fin du rĂ©sumĂ©.

    Sahara occidental

    Poursuivant une sĂ©rie de dĂ©jeuners rĂ©ciproques, l’ambassadeur espagnol Planas Puchades a invitĂ© l’ambassadeur Riley et le Conseiller Politique Ă  dĂ©jeuner Ă  la rĂ©sidence espagnole le 20 mars.

    Planas Ă©tait accompagnĂ© de son nouveau adjoint et ancien ambassadeur d’Espagne au Nigeria, Alfonso Portabales, arrivĂ© au Maroc la semaine prĂ©cĂ©dente.

    Planas a dĂ©clarĂ© que le gouvernement espagnol suivait avec grand intĂ©rĂȘt la visite trĂšs attendue du roi au Sahara Occidental (20-25 mars ; voir rĂ©f. A). L’Ambassadeur Riley a notĂ© que nous suivions Ă©galement la visite avec intĂ©rĂȘt. Planas a dĂ©clarĂ© que le principal message de l’Espagne au Maroc Ă  ce stade Ă©tait celui qu’il croyait que nous partagions : le Maroc devrait prĂ©senter un plan d’autonomie crĂ©dible.

    Planas a dĂ©clarĂ© que l’Espagne devrait revoir le plan avant de prendre position, mais qu’entre-temps, le gouvernement soudanais fournissait “confort et soutien” au gouvernement marocain pour produire un plan sĂ©rieux.

    Planas a quelque peu dĂ©daignĂ© le processus de consultation avec les partis politiques marocains, affirmant qu’il comprenait que les rĂ©unions des partis avec le conseiller du palais Mohamed Moatassim n’Ă©taient “pas vraiment un Ă©change”. Il a dit, nĂ©anmoins, que des confĂ©rences comme celle tenue par le PJD et le FC il y a quelques semaines (RĂ©f B) “Ă©taient acceptables”. Planas a dĂ©clarĂ© que les Espagnols avaient Ă©tĂ© clairs avec le Maroc sur le fait que le plan d’autonomie devait ĂȘtre concret et non conservateur. L’ambassadeur Riley a dĂ©clarĂ© qu’il s’agissait Ă©galement d’un message clĂ© des États-Unis.

    Planas a dĂ©clarĂ© que la scission signalĂ©e au sein du Polisario (la dĂ©nommĂ©e Ligne de Martyrs, ou Ligne des Martyrs) n’Ă©tait pas significative. Il s’agissait principalement de personnes basĂ©es aux Ăźles Canaries. Bien que la scission elle-mĂȘme ne soit pas significative, Planas pensait qu’il y avait une frustration croissante Ă  Tindouf, mais cela pourrait ne pas ĂȘtre uniquement liĂ© Ă  la pression pour la nĂ©gociation.

    Planas a noté que la cause du Polisario continuait de résonner auprÚs des Espagnols, qui visitaient Tindouf en grand nombre chaque année alors que des familles restées en Espagne ouvraient leurs portes à 5 000 à 10 000 Sahraouis pour des séjours à domicile.

    Planas n’a pas fait Ă©cho aux inquiĂ©tudes du Alfonso Portabales concernant le recul possible du conflit du Sahara occidental par le Conseil de sĂ©curitĂ©, comme le prĂ©conise l’envoyĂ© de l’ONU Van Walsum ; il n’a pas non plus exprimĂ© d’inquiĂ©tude quant Ă  un Ă©ventuel retrait de la MINURSO.

    Migration

    Planas a dĂ©clarĂ© qu’il y avait toujours une bonne coopĂ©ration entre le Maroc et l’Espagne sur les questions de migration, en particulier aprĂšs les dĂ©cĂšs malheureux aux frontiĂšres des enclaves espagnoles l’automne dernier. Planas a dĂ©clarĂ© que le Alfonso Portabales Ă©tait heureux que le Maroc ait annoncĂ© qu’il organisait une confĂ©rence rĂ©gionale sur la migration Ă  Rabat en juillet, mais il a regrettĂ© que l’AlgĂ©rie ait apparemment dĂ©cidĂ© de ne pas participer (il a en fait dĂ©clarĂ© que la non-participation de l’AlgĂ©rie Ă©tait “dangereuse”) au motif que l’UA organisait dĂ©jĂ  des confĂ©rences sur la migration.

    La confĂ©rence de Rabat, a dĂ©clarĂ© Planas, a bĂ©nĂ©ficiĂ© d’un solide soutien de la part de la France et de l’UE, ainsi que de l’Espagne. Il s’est inquiĂ©tĂ© de la croissance des rĂ©seaux de trafiquants dans la rĂ©gion, notant que certains migrants achetaient des “packs de voyage” (un ensemble de dĂ©placements — par route, voiture, bateau, avec une sĂ©rie de manutentionnaires Ă  chaque Ă©tape — pour en amener un Ă  la destination souhaitĂ©e), qui, d’aprĂšs ses informations, coĂ»tent des milliers de dollars, sans aucune certitude que l’on atteindra jamais la destination.

    Islamistes

    Planas avait lu avec intĂ©rĂȘt la couverture rĂ©cente par l’hebdomadaire marocain Le Journal d’un “sondage amĂ©ricain” sur les attitudes politiques marocaines (le sondage a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par l’Institut RĂ©publicain International mais n’Ă©tait pas destinĂ© Ă  ĂȘtre partagĂ© avec la presse ; selon l’IRI, l’un des partis qui avaient contribuĂ© au sondage l’ont probablement divulguĂ©. Tous les dĂ©tails et l’analyse des rĂ©sultats par l’ambassade peuvent ĂȘtre trouvĂ©s dans la rĂ©f. C). Planas a dĂ©clarĂ© que les rĂ©sultats, censĂ©s prĂ©voir une victoire probable du PJD aux Ă©lections lĂ©gislatives de 2007, Ă©taient trĂšs intĂ©ressants. Planas a dĂ©clarĂ© que mĂȘme s’il remportait de nombreux siĂšges, le PJD ne serait probablement pas en mesure de gouverner sans coalition. D’autres partis politiques tardent Ă  se dĂ©mocratiser, a dĂ©clarĂ© Planas ; leurs dirigeants sont ĂągĂ©s et il y a peu de dynamisme dans les rangs. Le PJD semble suivre la voie d’Erdogan, a-t-il ajoutĂ© (voir RĂ©f C).

    ÉvĂ©nement de haut niveau de l’OTAN

    Planas a Ă©voquĂ© l’accueil par le Maroc du prochain Ă©vĂ©nement de haut niveau de l’OTAN (6-7 avril Ă  Rabat) et a dĂ©clarĂ© qu’il s’agissait d’un Ă©vĂ©nement important pour le Maroc, d’autant plus qu’il faisait suite Ă  la rĂ©union des ministres de la DĂ©fense de l’OTAN et du Dialogue Med Ă  Taormina en fĂ©vrier. Planas a ajoutĂ© que le prochain 50e anniversaire des Forces armĂ©es marocaines Ă©tait Ă©galement un Ă©vĂ©nement phare pour le Maroc, et il espĂ©rait que les États-Unis y participeraient vigoureusement. (Commentaire : nous confirmons une solide participation amĂ©ricaine aux cĂ©lĂ©brations du 50e anniversaire des FAR et avons provisoirement obtenu un embarquement DV Ă  bord d’un porte-avions amĂ©ricain dans le cadre de l’Ă©vĂ©nement. Fin de commentaire).

    L’ambassadeur Riley a remerciĂ© Planas pour le soutien espagnol Ă  la rĂ©cente confĂ©rence de planification d’un exercice Ă  venir, Phoenix Express, qui a rĂ©uni des officiers de marine marocains, algĂ©riens et espagnols pendant une semaine Ă  Rabat.

    Investissement espagnol

    L’Ambassadeur Riley a notĂ© l’annonce par l’Espagne en fĂ©vrier d’un plan de 200 millions d’euros pour faciliter les petites et moyennes entreprises au Maroc. (L’Espagne est le deuxiĂšme investisseur du Maroc). Planas a dĂ©clarĂ© qu’il espĂ©rait que le plan aiderait les entreprises espagnoles, mais a dĂ©clarĂ© que le Maroc restait un endroit difficile pour faire des affaires en raison du manque de transparence.

    En termes d’aide au Maroc, l’ambassadeur Riley a dĂ©clarĂ© qu’il devrait y avoir une meilleure coordination entre les donateurs et a suggĂ©rĂ© de petites rĂ©unions pour les donateurs pour des rĂ©gions spĂ©cifiques au Maroc, et non pour tous les programmes dans tout le pays, en particulier compte tenu des activitĂ©s du MCA. Planas a acceptĂ© et a soulignĂ© que les deux tiers de l’aide espagnole au Maroc allaient au nord du pays.

    Stupéfiants

    Planas a notĂ© que l’Espagne Ă©laborait des plans pour promouvoir la production de tabac dans la province de Larache (entre Rabat et Tanger) comme moyen de promouvoir des alternatives Ă  la culture des stupĂ©fiants dans le nord du Maroc.

    #Maroc #Sahara_Occidental #Wikileaks #Espagne #Planas_Puchades #Algérie

  • La prĂ©sence accrue d’IsraĂ«l en Afrique du Nord creuse l’Ă©cart entre l’AlgĂ©rie et le Maroc

    Tags : Algérie, Maroc, Israël, Sahara Occidental, Front Polisario,

    Rapport de Washington sur les affaires du Moyen-Orient, novembre/décembre 2022, p. 30-32

    Rapport spécial
    Par Mustafa Fetouri

    LES PROBLÈMES DANS LES RELATIONS ALGÉRIENNES-MAROCAINES se cachent toujours juste sous la surface, attendant qu’un dĂ©clencheur se transforme en une crise diplomatique et politique tentaculaire qui prend gĂ©nĂ©ralement plus de temps que prĂ©vu Ă  se rĂ©soudre. Les relations bilatĂ©rales entre les deux pays d’Afrique du Nord ont Ă©tĂ© tendues, une pomme de discorde majeure Ă©tant le soutien apportĂ© par chaque pays aux mouvements sĂ©paratistes de l’autre pays. La bande dĂ©sertique du Sahara occidental sur la cĂŽte atlantique est revendiquĂ©e par le Maroc mais le Front Polisario, soutenu par l’AlgĂ©rie, la revendique comme un pays indĂ©pendant pour le peuple sahraoui. En juillet 2021, l’ambassadeur du Maroc aux Nations Unies a ouvertement soutenu l’autodĂ©termination de la rĂ©gion de Kabylie dans le nord de l’AlgĂ©rie en rĂ©ponse Ă  son soutien au Front Polisario.

    En raison de ces tensions (et d’autres), les frontiĂšres entre les deux pays sont fermĂ©es depuis 1994. Les agriculteurs marocains qui cultivaient des terres de l’autre cĂŽtĂ© de la frontiĂšre algĂ©rienne ont Ă©tĂ© expulsĂ©s, divisant davantage les familles dĂ©jĂ  sĂ©parĂ©es par la fermeture des frontiĂšres. Les appels de Rabat pour rĂ©soudre la situation sont tombĂ©s dans l’oreille d’un sourd.

    L’impact nĂ©gatif de ces tensions affecte les problĂšmes rĂ©gionaux, rendant la coopĂ©ration d’autant plus difficile. L’Union du Maghreb arabe a Ă©tĂ© créée en 1989 pour promouvoir le libre-Ă©change, la libre circulation des capitaux et des personnes et davantage de coopĂ©ration Ă©conomique rĂ©gionale entre cinq pays d’Afrique du Nord : l’AlgĂ©rie, la Libye, la Mauritanie, le Maroc et la Tunisie. Mais Ă  la suite des querelles politiques algĂ©ro-marocaines, l’union, qui avait reprĂ©sentĂ© un Ă©norme espoir pour des millions de personnes, n’a jamais vraiment rĂ©alisĂ© grand-chose en 33 ans.

    MĂȘme pendant la pandĂ©mie de COVID-19, alors que la coopĂ©ration Ă©tait indispensable, la politique a empĂȘchĂ© les pays de la rĂ©gion de se rassembler pour le bien commun.

    ISRAËL UNE FORCE DÉSTABILISANTE

    La derniĂšre dĂ©tĂ©rioration des relations s’est produite Ă  l’Ă©tĂ© 2021 avec, cette fois, un dĂ©clencheur externe plutĂŽt que bilatĂ©ral ou rĂ©gional. Il y avait un nouveau joueur dans le mĂ©lange : IsraĂ«l.

    En juillet 2021, les médias ont rapporté que le Maroc avait utilisé le logiciel espion israélien Pegasus pour pirater les téléphones des responsables algériens. En février 2022, Rabat et Tel-Aviv ont signé un accord militaire de 500 millions de dollars : Israël fournirait au Maroc des systÚmes de défense aérienne et antimissile Barak MX. Rabat avait déjà acquis le systÚme anti-drone israélien Skylock en 2020.

    En juillet 2022, le chef d’Ă©tat-major des Forces de dĂ©fense israĂ©liennes, Aviv Kochavi, s’est rendu au Maroc pour rencontrer son homologue marocain aprĂšs que son patron, le ministre de la DĂ©fense Benny Gantz, a signĂ© un accord de sĂ©curitĂ© avec le Maroc en novembre 2021. IsraĂ«l fournit dĂ©sormais au Maroc diverses technologies militaires. , y compris les drones. Fin septembre 2022, Rabat recevait des systĂšmes aĂ©riens, y compris des systĂšmes montĂ©s sur drones pour les drones marocains fournis par la Turquie et les IsraĂ©liens. Le contrat de 30 mois coĂ»terait environ 70 millions de dollars.

    Les observateurs rĂ©gionaux se demandent pourquoi le Maroc acquiert autant d’armes Ă  un moment de fortes tensions avec l’AlgĂ©rie. Alors que personne ne s’attend Ă  une confrontation militaire entre les deux pays, le potentiel existe

    Le gouvernement algĂ©rien est furieux de voir le Maroc acheter autant d’armes israĂ©liennes et accueillir les IsraĂ©liens Ă  bras ouverts. Beaucoup pensent que l’AlgĂ©rie est punie pour sa diplomatie anti-israĂ©lienne en Afrique et son soutien aux Palestiniens. En aoĂ»t 2021, Alger a menĂ© la derniĂšre campagne politique et diplomatique au sein de l’Union africaine pour maintenir IsraĂ«l hors de l’organisation continentale. La position classique de l’AlgĂ©rie consistant Ă  soutenir les Palestiniens n’a pas changĂ© depuis des dĂ©cennies ; elle rejette toute normalisation avec IsraĂ«l, une position qui le met en porte-Ă -faux avec un quart des pays de la Ligue arabe, qui ont nouĂ© des relations avec IsraĂ«l. En fait, en mai, les lĂ©gislateurs algĂ©riens ont soumis au parlement un projet de loi criminalisant la normalisation avec IsraĂ«l, comprenant des articles interdisant les voyages ou tout contact direct ou indirect avec Tel-Aviv.

    DIVISER ET NORMALISER
    Tout comme les Britanniques ont dĂ©veloppĂ© la doctrine politique du « diviser pour rĂ©gner » en Inde, IsraĂ«l dĂ©veloppe ce que l’on pourrait appeler « diviser pour rĂ©gner ». L’idĂ©e est de diviser ses voisins arabes autour de leur cause centrale, la Palestine, malgrĂ© le soutien public Ă©crasant dont bĂ©nĂ©ficient les Palestiniens dans le monde arabe. IsraĂ«l veut que la question palestinienne soit considĂ©rĂ©e comme une affaire intĂ©rieure rĂ©glĂ©e dans le cadre de sa politique intĂ©rieure, et non comme un cas de colonisation.

    L’AlgĂ©rie a tout Ă  fait le droit de s’inquiĂ©ter de la prĂ©sence israĂ©lienne accrue sur sa frontiĂšre poreuse longue de 1 400 km, compte tenu de l’histoire de l’État d’apartheid en matiĂšre de dĂ©stabilisation de ses ennemis. L’annĂ©e derniĂšre, l’AlgĂ©rie a accusĂ© IsraĂ«l et le Maroc d’avoir des liens avec les propres groupes sĂ©paratistes de l’AlgĂ©rie, en particulier dans ses rĂ©gions du nord. Il a mĂȘme affirmĂ© que de tels groupes avaient dĂ©clenchĂ© les incendies de forĂȘt dĂ©vastateurs de 2021 qui ont coĂ»tĂ© la vie Ă  plus de 90 personnes et brĂ»lĂ© des centaines d’acres. (Cependant, il n’a produit aucune preuve Ă  l’appui de ses affirmations.)

    La prĂ©sence israĂ©lienne accrue en Afrique du Nord empoisonne les relations dĂ©jĂ  troublĂ©es entre Rabat et Alger. Le 24 aoĂ»t 2021, l’AlgĂ©rie a coupĂ© tous les ponts avec le Maroc. Annonçant la dĂ©cision, le ministre algĂ©rien des Affaires Ă©trangĂšres, Ramtane Lamamra, a citĂ© la normalisation entre IsraĂ«l et le Maroc comme un facteur. Lors de sa visite Ă  Rabat quelques jours plus tĂŽt, le ministre israĂ©lien des Affaires Ă©trangĂšres de l’Ă©poque, Yair Lapid, avait reconnu avoir discutĂ© de l’AlgĂ©rie avec son hĂŽte marocain. Il a ensuite reprochĂ© Ă  l’AlgĂ©rie de se rapprocher de l’Iran. La rĂ©ponse de Lamamra : « Depuis 1948 [la crĂ©ation d’IsraĂ«l], nous n’avons entendu aucun membre d’un gouvernement israĂ©lien prononcer des jugements ou envoyer des messages agressifs depuis le territoire d’un pays arabe contre un autre pays arabe.

    L’AlgĂ©rie, qui se retrouve isolĂ©e, cherchera naturellement des alliĂ©s, dont l’Iran, l’ennemi jurĂ© d’IsraĂ«l. LĂ  encore, l’Ă©largissement des Ă©changes politiques et militaires entre Rabat et Tel-Aviv a entraĂźnĂ© la rĂ©gion dans les animositĂ©s Ă©tablies entre l’Iran et IsraĂ«l, rendant encore plus difficile toute rĂ©conciliation algĂ©ro-marocaine. Cela entraĂźne Ă©galement IsraĂ«l dans le problĂšme du Sahara Occidental.

    LES ACCORDS D’ABRAHAM
    Un autre facteur contribuant Ă  la rĂ©cente dĂ©tĂ©rioration des relations entre l’AlgĂ©rie et le Maroc est l’initiative de politique Ă©trangĂšre de l’administration Trump connue sous le nom d’Accords d’Abraham. Les accords ont permis Ă  Rabat de normaliser ses relations avec IsraĂ«l, comme l’ont fait d’autres pays arabes, dont BahreĂŻn et les Émirats arabes unis. En retour, Rabat a obtenu ce Ă  quoi il ne s’attendait pas : une reconnaissance officielle par les États-Unis de sa souverainetĂ© sur le Sahara occidental. Rabat a signĂ© les accords en septembre 2020, et trois mois plus tard, Washington a reconnu la souverainetĂ© du Maroc sur le Sahara occidental – un changement majeur dans la politique Ă©trangĂšre amĂ©ricaine. De toute Ă©vidence, cela ne plaĂźt pas Ă  l’AlgĂ©rie et n’aide pas non plus l’ONU, qui s’efforce depuis des dĂ©cennies de trouver une solution nĂ©gociĂ©e au diffĂ©rend du Sahara occidental.

    Trump Ă©tait clairement dĂ©terminĂ© Ă  aider Tel-Aviv et ne se souciait pas des consĂ©quences Ă  long terme dans la rĂ©gion et sans doute pas des intĂ©rĂȘts amĂ©ricains. Les Accords d’Abraham n’ont pas favorisĂ© la paix entre IsraĂ«l et les Palestiniens ; il a aliĂ©nĂ© la partie la plus faible, les Palestiniens, et rendu la solution Ă  deux États, qui Ă©tait thĂ©oriquement la politique officielle des États-Unis, encore moins probable.

    GrĂące aux accords d’Abraham, Tel-Aviv a rĂ©ussi Ă  normaliser ses relations avec quatre pays arabes, marginalisant les Palestiniens mais se moquant Ă©galement des positions amĂ©ricaines de longue date dans la rĂ©gion. Les États-Unis, qui contreviennent dĂ©sormais au droit international, reconnaissent l’annexion par IsraĂ«l des hauteurs du Golan et de JĂ©rusalem-Est comme faisant partie d’IsraĂ«l. Les accords ont rendu encore plus difficile l’amĂ©lioration des relations entre Rabat et Alger.

    UN ESPOIR DE RAPPROCHEMENT ?
    Y a-t-il un espoir de rapprochement algéro-marocain dans un futur proche ?

    L’AlgĂ©rie accueille le sommet de la Ligue arabe (1-2 novembre), mais les diffĂ©rends algĂ©ro-marocains ne sont mĂȘme pas Ă  l’ordre du jour. Il est Ă©galement peu probable que le sommet produise une condamnation ferme, comme c’est gĂ©nĂ©ralement le cas, de l’oppression des Palestiniens par IsraĂ«l. PrĂšs d’un quart des membres de la Ligue arabe ont maintenant des relations avec IsraĂ«l et ils sont susceptibles de s’opposer Ă  toute dĂ©claration ferme contre Tel-Aviv.

    Pendant que tout cela se passe, un autre Ă©lĂ©ment dĂ©clencheur se profile pour compliquer davantage la situation entre l’AlgĂ©rie et le Maroc. Le 1er octobre, le ministĂšre marocain de la Culture a envoyĂ© une lettre au fabricant allemand de vĂȘtements de sport Adidas aprĂšs que la sociĂ©tĂ© a dĂ©voilĂ© son nouveau design de maillot de football algĂ©rien, l’accusant de “s’approprier” la culture marocaine dans le nouveau design. Cet Ă©pisode n’a pas encore dĂ©clenchĂ© de nouveaux troubles entre l’AlgĂ©rie et le Maroc, mais il a certainement le potentiel de le faire.

    Mustafa Fetouri est un universitaire libyen et journaliste indépendant. Il est récipiendaire du prix européen de la liberté de la presse. Il a beaucoup écrit pour divers médias sur les questions libyennes et MENA. Il a publié trois livres en arabe. Son email est mustafafetouri@hotmail.comet Twitter : @MFetouri.

    WRMEA

    #Algérie #Maroc #Israël #Sahara_Occidental #Front_polisario