Tag: ONU

  • Un représentant spécial de l’ONU espère que la conférence de Berlin mettra fin au conflit en cours en Libye

    TRIPOLI, 15 janvier (Xinhua) — Mercredi, le Représentant spécial des Nations Unies en Libye, Ghassan Salamé, a exprimé l’espoir que la prochaine conférence de Berlin sur la Libye mettra fin au conflit armé en cours dans la capitale Tripoli et ses environs et permettra aux civils déplacés de rentrer chez eux en toute sécurité.

    M. Salamé a fait ses remarques lors de la visite d’une école locale à Tripoli qui sert d’abri temporaire à des civils déplacés à cause des combats en cours.

    “Soulignant la volonté des agences humanitaires des Nations Unies d’intensifier leurs efforts pour apporter le soutien nécessaire aux personnes déplacées dans leur pays, M. Salamé a exprimé l’espoir que la conférence de Berlin conduise à un cessez-le-feu durable, permettant à toutes les personnes déplacées de rentrer chez elles en toute sécurité”, a déclaré la Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL).

    L’armée libyenne établie dans l’est du pays mène une campagne militaire, depuis avril 2019, à Tripoli et autour de la ville, pour essayer de prendre le contrôle de la capitale et de renverser le gouvernement rival soutenu par l’ONU.

    Les combats ont tué et blessé des milliers de personnes et ont forcé plus de 120 000 civils à fuir leurs foyers.

    Lors d’une réunion avec le Premier ministre Fayez al-Sarraj, soutenu par l’ONU, mercredi à Tripoli, M. Salamé et Mme Stephanie T. Williams, Représentante spéciale adjointe du Secrétaire général de l’ONU chargée des affaires politiques en Libye, ont discuté des derniers développements, notamment du cessez-le-feu et des préparatifs en cours pour la prochaine conférence de Berlin.

    Tags : Libye, conférence de Berlin, ONU, Tripoli, Turquie,

  • Maroc – WikiLeaks : « les réalités du Sahara occidental », selon Washington

    Dans le câble diplomatique américain daté du 17 août 2009 (09RABAT706) et révélé par WikiLeaks, le chargé d’affaires Robert P. Jackson fait une synthèse sur « les réalités du Sahara occidental ». Traduction des principaux extraits.

    2)(…) Depuis que le roi Hassan II a lancé la Marche verte en 1975, la question du Sahara occidental a été étroitement liée à la stabilité du trône et du Maroc lui-même. Hassan II, deux fois victime de coups d’État et en guerre pendant des années avec la gauche, s’est servi du Sahara occidental pour aiguillonner le nationalisme et installer son armée loin dans le désert. Plus récemment, cependant, ce lien s’est estompé.

    Le roi Mohammed VI est plus en sécurité, se maintenant au pouvoir plus par l’amour que par peur et sans apparemment être confronté à aucune menace intérieure majeure. Il a cependant pris récemment quelque distance sur la question [du Sahara occidental] et ne s’est pas rendu sur le territoire depuis trois ans, un contraste saisissant avec ses déplacements incessants dans tout le Royaume.
    PUBLICITÉ

    20) La dispute entre l’Algérie, le Maroc et le Sahara occidental relève de la situation de l’œuf et de la poule. L’Algérie a indiqué que ses relations avec le Maroc ne pouvaient pas s’améliorer tant qu’il n’y aurait pas d’autonomie au Sahara occidental. Le Maroc, qui suit de près les liens étroits entre les dirigeants du Polisario et leurs hôtes algériens, reste convaincu qu’il n’y aura pas d’accord si les relations avec les Algériens ne s’améliorent pas. En réponse, en juin 2009, les Marocains ont affirmé que leur but principal était désormais de se rapprocher de l’Algérie.

    Retrouvez le câble original en anglais ici.

    Jeune Afrique, 26 sept 2011

    Tags : Sahara occidental, Maroc, Front Polisario, ONU, Etats-Unis, Algérie,

  • Sahara Occidental : Aminatou Haidar tabassée sous le regard complice de la MINURSO et le silence d’Antonio Guterres

    Samedi 11 janvier 2020, la militantes des droits de l’homme, Aminatou Haidar, a été « tabassée » à El Aaiun, capitale occupée du Sahara Occidental.

    « Voilà le tortionnaire marocain qui m’ a tabassée cet après midi à El Aaiún Occupé, il exécute les ordres de ces responsables membres du Régime expansionniste marocain,bénéficiant de l’ impunité totale. MINURSO après 29 ans sans mandat de surveiller les des droits de l’ homme!! », a écrit Mme Haidar dans un tweet pour dénoncer le silence de la MINURSO et du Secrétaire Général de l’ONU, Antonio Guterres, sur les excès de l’administration colonialiste marocaine.

    Dans ce combat humanitaire, les sahraouis sont solitaires. Ils doivent se débrouilller seuls au milieu d’une ambiance de violence inouïe pratiqué par une puissance d’occupation soutenue par une puissance internationale et dont le soutien lui garantit tous les excès et les violations des droits de l’homme imaginables.

    Aminatou Haidar a découvert une amère réalité. A l’intérieur ou à l’extérieur des geôles marocains, la situation est pareille. La différence se trouve dans les dimensions. Ici, il s’agit d’une prison à ciel ouvert et dont les dimensions sont gigantesques. Le Maroc entretient au Sahara Occidental une prison dont les limites se trouvent aux frontières du territoire sahraoui.

    Aminatou Haidar se plaint tout en diffusant la photo de son tortionnaire. Sa douleur sera-t-il écoutée par les responsables de l’ONU. Rien n’est moins sûr!

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, Aminatou Haidar, répression, MINURSO, ONU, Antonio Guterres,

  • Le Comores et la Gambie perdent le droit de vote à l’Assemblée Générale de l’ONU

    “Dix membres ont accumulé des arriérés tombant sous le coup de l’article 19” de la Charte des Nations unies, a indiqué Stéphane Dujarric lors de son point-presse quotidien. L’article 19 prévoit une suspension de vote à l’Assemblée générale pour les pays dont le montant des arriérés est égal ou supérieur à la contribution due par lui pour les deux années complètes écoulées. Les dix pays concernés sont “la Centrafrique, les Comores, la Gambie, le Liban, le Lesotho, Sao Tome et Principe, la Somalie, le Tonga, le Venezuela et le Yémen”, a précisé le porte-parole de l’ONU.

    “En octobre 2019, l’Assemblée générale a décidé que les Comores, Sao Tome et Principe et la Somalie pouvaient garder leur droit de vote à l’Assemblée générale jusqu’à la fin de la session” actuelle en septembre, a-t-il rappelé. L’article 19 de la Charte prévoit que l’Assemblée générale puisse autoriser des Etats mauvais payeurs à garder leur droit de vote lorsque leurs manquements sont dus à des circonstances indépendantes de leur volonté. Le budget de fonctionnement de l’ONU est d’environ 3 milliards de dollars. Celui des opérations de paix atteint quelque 6 milliards de dollars.

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, ONU, contributions,

  • Point de presse quotidien du Bureau du Porte-parole du Secrétaire général de l’ONU: 10 janvier 2020

    (La version française du Point de presse quotidien n’est pas un document officiel des Nations Unies)

    Ci-dessous les principaux points évoqués par M. Stéphane Dujarric, Porte-parole de M. António Guterres, Secrétaire général de l’ONU:

    Déplacements du Secrétaire général

    Le Secrétaire général prend part demain à la cérémonie organisée pour lancer le nouveau rôle de Lisbonne comme « Capitale verte européenne ». Ce titre, attribué par la Commission européenne, honore les villes qui ont montré la voie pour une vie urbaine écologiquement saine.

    La cérémonie marquera aussi le lancement de la Décennie de l’action climatique sur la réalisation des objectifs de l’Accord de Paris. Dans une autre manifestation liée à la désignation de Lisbonne comme « Capitale verte européenne » en 2020, le Secrétaire général assistera à l’inauguration d’une installation interactive intitulée « Un » à l’Océanarium de Lisbonne. La Conférence des Nations Unies sur les océans aura lieu cette année dans la capitale portugaise, au mois de juin.

    Le Président et le Premier Ministre du Portugal, ainsi que le maire de Lisbonne, le Commissaire européen à l’environnement, aux océans et à la pêche et le Vice-Président de la Commission européenne sont parmi les personnalités qui prendront part à ces manifestations.

    Lundi 13 janvier, le Secrétaire général ira à Pau, en France, pour participer à un dîner de travail organisé par le Président Emmanuel Macron dans le cadre d’un sommet avec les Chefs d’État du Burkina Faso, du Tchad, du Mali, de la Mauritanie et du Niger, tous membres du G5 Sahel. MM. Joseph Borrell de l’Union européenne, Charles Michel du Conseil européenne, Moussa Faki de l’Union africaine et Mme Louise Mushikiwabo de l’Organisation internationale de la Francophonie devraient être présents. Les participants au dîner vont parler du règlement de la crise au Sahel grâce au renforcement de la collaboration internationale sur les questions de sécurité, humanitaire et de développement.

    Le Secrétaire général devrait être de retour à New York mardi prochain.

    Déplacements des hauts fonctionnaires de l’ONU

    La Secrétaire générale adjointe aux affaires politiques et à la consolidation de la paix, Mme Rosemary DiCarlo, arrive ce dimanche à Dakar, au Sénégal, en prélude à une visite d’une semaine qui la mènera aussi en Guinée-Bissau, au Niger, au Nigéria et au Burkina Faso.

    Dans ses réunions avec les leaders nationaux et régionaux, Mme DiCarlo compte parler de la sécurité et de la situation politique et humanitaire dans la région et voir comment l’ONU peut renforcer son appui aux efforts déployés dans les domaines de la paix, de la sécurité et de la stabilité, y compris la lutte contre le terrorisme.

    Haïti

    Ce dimanche marquera le dixième anniversaire du moment où, à 16 h 53, un tremblement de terre d’environ 35 secondes a changé la face d’Haïti.

    Dans un message vidéo publié aujourd’hui, le Secrétaire général rend hommage à la mémoire des centaines de milliers d’Haïtiens qui ont perdu la vie et aux millions d’autres qui ont perdu leur maison, des membres de leur famille et bien plus encore dans ce tremblement de terre dévastateur. Le Secrétaire général a aussi honoré la mémoire des 102 collègues de l’ONU qui ont perdu la vie ce jour-là et a renouvelé l’engagement des Nations Unies à aider Haïti et son peuple à bâtir un avenir meilleur.

    Dimanche prochain, à Port-au-Prince, tout le personnel de l’ONU en Haïti est invité à assister à une cérémonie commémorative sur le site de l’hôtel Christopher qui abritait à l’époque le siège de l’opération de maintien de la paix des Nations Unies et qui s’est effondré lors du tremblement de terre. Le Sous-Secrétaire général de l’ONU, M. Miroslav Jenča, sera le haut fonctionnaire qui représentera l’ONU à la cérémonie et autres manifestations commémoratives organisées par le Gouvernement haïtien.

    La semaine prochaine, un certain nombre d’autres manifestations auront lieu pour marquer l’anniversaire. Lundi à Tunis, l’ONU inaugurera le hall Hedi Annabi, à la mémoire du Chef de l’opération de maintien de la paix en Haïti, mort quand l’hôtel Christopher s’est effondré. Hedi Annabi a été pendant longtemps Sous-Secrétaire général aux opérations de maintien de la paix ici au Siège de l’ONU. À Genève, mercredi, une autre manifestation aura lieu au Palais des Nations avec entre autres participants, le Ministre haïtien des affaires étrangères.

    Enfin le vendredi 17 janvier, le Secrétaire général prendra part à une cérémonie ici au Siège avec les représentants des pays qui ont perdu leurs ressortissants en Haïti. Ceux qui souhaitent rendre hommage aux victimes pourrait aussi visiter le mémorial qui, venu d’Haïti, a été installé sur la Pelouse Nord pour honorer la mémoire de tous les collègues qui sont morts ce jour-là, il y a 10 ans.

    République démocratique du Congo (RDC)

    Un nouveau rapport indique que les tueries, les viols et les autres formes de violence contre la communauté hema dans la province de l’Ituri s’apparentent peut-être à des crimes contre l’humanité.

    Le rapport, qui est le fruit d’une enquête du Bureau conjoint des droits de l’homme en RDC, indique que les groupes armés lendu sont de mieux en mieux organisés pour mener des attaques et que l’un de leurs objectifs est de prendre le contrôle des terres et des ressources appartenant aux Hema.

    Entre décembre 2017 et septembre de l’année dernière, au moins 700 personnes ont été tués et 168 autres blessés pendant des affrontements interethniques entre Hema et Lendu. Au moins 142 personnes ont subi des violences sexuelles. Les actes de représailles des Hema contre les Lendu sont aussi documentés.

    Le rapport exhorte les autorités à mener une enquête impartiale et indépendante sur la violence et à garantir le droit des victimes à la réparation et leur accès aux soins médicaux et psychosociaux.

    Éthiopie

    Les agences humanitaires indiquent qu’en raison de la crise climatique et d’autres crises créées par l’homme, quelque 8,4 millions de personnes ont besoin d’aide. C’est ce que confirme le rapport rédigé par l’ONU et d’autres partenaires, en consultation avec le Gouvernement éthiopien.

    La plupart des gens dans le besoin vivent dans les régions d’Oromia, de Somali et d’Amhara.

    Le Plan de réponse humanitaire pour 2020 est en train d’être finalisé.

    El Salvador

    Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a salué aujourd’hui la nouvelle loi salvadorienne sur la protection des déplacés.

    La loi ouvre à des dizaines de milliers de victimes des déplacements forcés dans le pays l’accès à une aide humanitaire vitale et au rétablissement de leurs droits, y compris le droit à la justice. La loi ouvre aussi la voie à la création d’un système national global réunissant un large éventail d’institutions publiques pour répondre aux déplacements forcés et les prévenir.

    Le texte a été rédigé avec l’appui technique du HCR, en conformité avec les Principes directeurs de l’ONU sur les déplacements internes.

    Jeux Olympiques

    Le HCR doit être félicité pour avoir reçu la Coupe olympique du Comité international olympique pour l’aide qu’il apporte aux réfugiés et aux communautés d’accueil, à travers le sport.

    En acceptant son prix, le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, M. Filippo Grandi, a déclaré que la Coupe est un hommage aux personnes et aux communautés déplacées que le HCR sert, qui comprennent le pouvoir de transformation du sport et ont saisi les occasions qui leur ont été offertes. Le CIO a créé une deuxième équipe olympique de réfugiés qui prendra part aux Jeux olympiques d’été en 2020.

    Contributions financières

    Le 3 janvier, alors que beaucoup de gens étaient encore en vacances, les trois premiers États membres payaient déjà leur contribution au budget ordinaire de l’ONU pour 2020. Aujourd’hui, l’Inde s’est ajoutée à l’Arménie, au Portugal et à l’Ukraine.

    Par ailleurs, 146 pays avaient payé l’intégralité de leur contribution au budget 2019.

    UN Press Release, 10 jan 2020

    Tags : Antonio Guterres, Rosemary DiCarlo, Haïti, République démocratique du Congo (RDC), Ethiopie, El Salvador, Jeux Olympiques,

  • COMBAT DU SAHARA OCCIDENTAL ET DE LA PALESTINE: La même indifférence des Occidentaux

    «Dhrabni ou bka, sbakni ou chka» Il m’a frappé et a pleuré, il m’a devancé et s’est plaint de moi».

    Ce proverbe du terroir maghrébin illustre plus que mille discours, la «sortie» du Royaume du Maroc qui a rappelé «en consultation» son ambassadeur pour des faits qui, a postériori, sont de sa responsabilité. S’il est vrai que s’attaquer à un attribut de souveraineté tel que le drapeau est monnaie courante par les temps qui courent, il n’est que de voir le sort périodique du drapeau américain victime des colères arabes et plus largement musulmanes. Il n’en demeure pas moins que c’est un précédent qui ne nous garantit nullement de la récidive. Tout est parti de l’actualité de cette semaine qui a été marquée par deux événements importants. D’abord la conférence d’Abudja concernant la cause sahraouie et ses conséquences indirectes sur les relations de l’Algérie avec le Maroc, ensuite, le feuilleton des négociations israélo-palestiniennes jalonnées par la construction de milliers de logements de colonisation sur les territoires occupés depuis 1967.

    Les symboles de l’Etat algérien profanés au Maroc

    En moins d’une semaine les symboles de l’Etat algérien au Royaume du Maroc ont été bafoués. Le deuxième incident eut lieu la veille du 1er Novembre La double agression contre l’ambassade à Rabat et le consulat à Casablanca est un élément inacceptable car lourd de conséquences. Dans le même ordre on ne peut que s’interroger sur le manque de réaction des autorités consulaires qui n’ont pas bougé le petit doigt quand l’intrus est rentré posément en escaladant la barrière, a grimpé par la gouttière,a pris son temps devant un drapeau qui rechignait à se laisser faire. Quand quelqu’un rentre chez vous, la moindre des choses est de le sortir par tous les moyens… Les Algériens considèrent que l’atteinte à notre drapeau national, surtout un 1er Novembre, n’est pas un acte isolé. Il est très possible que les événements aient été programmés.

    Pour rappel et comme l’écrit Tayeb Belghiche du journal El Watan, dans un discours prononcé le 11 octobre dernier devant les deux Chambres réunies, le roi Mohammed VI a clairement donné le feu vert au passage à l’action: «Au lieu d’attendre les attaques de nos adversaires pour riposter, il faut plutôt les acculer à la défensive en prenant les devants, en anticipant les événements et en y répondant de manière positive», ajoutant plus loin: «Par conséquent je vous exhorte tous, encore une fois, à une forte mobilisation, une vigilance de tous les instants et des initiatives efficaces aux niveaux interne et externe pour contrecarrer les ennemis de la nation où qu’ils se trouvent et pour déjouer les stratagèmes illégitimes auxquels ils ont recours.» (1)

    Tayeb Belghiche s’interroge sur l’expansionnisme marocain qui dit-il, «a pris en otage le Grand Maghreb,. Jusqu’à quand? L’alternative est claire et tous les Maghrébins de bonne foi et de bonne volonté ne peuvent que la comprendre, sinon la soutenir: faisons le Maghreb avec ceux qui sont prêts. (…) L’Algérie ne peut pas continuer à faire preuve de retenue quand l’arrogance du gouvernement marocain n’a pas de limite. Il ne s’agit pas seulement d’un incident diplomatique en contrôlant ses dommages collatéraux, ajoute encore notre source, car il s’agit de l’avenir de tous les peuples maghrébins». (1)

    Dans une déclaration du ministère des Affaires étrangères il a été rappelé à l’ambassadeur du Royaume du Maroc la «demande pressante» formulée, vendredi dernier, auprès du chargé d’affaires de son ambassade pour obtenir le «plus rapidement possible» des explications circonstanciées sur «la violation inacceptable des locaux consulaires algériens à Casablanca et la profanation impardonnable de l’emblème national, le jour même de la célébration du déclenchement de la glorieuse Révolution du 1er Novembre». (…) Hamid Enaânaâ, l’homme par qui le scandale est arrivé, a agi seul et qu’il est aux arrêts en attendant d’être présenté, le 20 novembre, devant le procureur. Suffisant pour éteindre le feu de la colère en Algérie? Pas sûr. (…), le MAE a demandé officiellement à l’ambassadeur marocain que les autorités algériennes soient associées, «selon une forme appropriée et conformément à la pratique internationale», à l’enquête pour déterminer les faits et s’assurer que les suites appropriées ont été engagées après cet incident «particulièrement grave». Il a été rappelé à l’ambassadeur que l’Algérie n’accorde pas de crédit à la thèse de l’«incident isolé» et encore moins au «fait divers»». (2)

    Justement à Abudja, la Conférence africaine de solidarité avec la lutte du peuple sahraoui a ponctué la fin de ses travaux par une déclaration plutôt «hard» à l’égard du Maroc mais aussi de… l’Union africaine. Ayant pris acte de l’incapacité de l’UA à faire entendre raison au Maroc, qui continue d’occuper le Sahara occidental et de réprimer son peuple, syndicats, ONG et sociétés civiles ont décidé d’aller aux avant-postes. Ainsi, il a été décidé de mettre en place un mouvement de solidarité pour l’indépendance du Sahara (Asmows) qui se chargera de mener le combat multiforme pour la décolonisation de ce territoire. Ce mouvement africain de solidarité se propose aussi de collaborer avec ses homologues d’Europe, d’Amérique latine et d’Australie pour la promotion de la cause sahraouie. La Conférence a par ailleurs apporté son soutien aux positions des gouvernements d’Afrique du Sud, d’Algérie et du Nigeria par rapport à la cause sahraouie, et a exprimé sa volonté de faire en sorte que ces positions aillent dans le sens d’une «isolation» du Maroc, comme cela avait été fait auparavant pour le système de l’apartheid.» (3)

    Cependant, une prise de conscience se fait jour en Europe et même aux Etats-Unis. On sait que le lobby marocain aidé par le lobby sioniste est arrivé jusqu’à présent à bloquer les prérogatives de la Minurso quant à sa mission de surveillance des droits de l’homme dans les territoires sahraouis occupés. D’autre part, on apprend que le président de la Coordination des comités et des associations européennes de soutien au peuple du Sahara occidental (Eucoco), Pierre Galand, a affirmé que le rapport Charles Tannock adopté récemment par le Parlement européen (PE) est «très clair» sur la violation des droits de l’homme dans les territoires sahraouis occupés et sur la spoliation des richesses naturelles du Sahara occidental soulignant que ce rapport «est aussi clair dans sa partie réservée à la spoliation par le Maroc des ressources naturelles du Sahara occidental». Tout en rappelant les décisions adoptées par le PE en relation avec la suspension des accords dans le secteur de la pêche avec le Maroc au regard des violations des droits des Sahraouis dans les territoires occupés, il s’est dit «choqué» de constater que «l’Espagne a signé un préaccord sur la pêche avec Rabat». «C’est choquant d’autant plus que ce préaccord est survenu au moment où l’opinion internationale vient d’apprendre la découverte d’un charnier de victimes sahraouies et que Madrid était au courant de ce drame, a souligné M.Galand.» (4)

    Le feuilleton du drame palestinien

    L’analogie entre Sahraouis et Palestiniens est troublante. On a tout dit du drame palestinien qui perdure depuis près d’un siècle. Voilà une cause pour la dignité d’un peuple qui accepte de vivre sur le cinquième de sa terre originelle et qui voit chaque jour les perspectives d’un Etat palestinien s’éloigner. Un nouveau round de négociations sans lendemain se déroule sous nos yeux. Israël construit sur les terres palestiniennes tout en déclarant négocier. (5)

    Selon une dépêche de l’AFP on apprend qu’Israël a proposé que le tracé de la barrière de séparation serve de base pour les discussions de paix, et non les lignes d’avant 1967, comme le réclament les Palestiniens, Les négociateurs israéliens ont proposé à leurs homologues palestiniens que cette barrière, dont le tracé se trouve à 85% en Cisjordanie, isolant 9,4% du territoire palestinien, Jérusalem-Est compris (chiffres ONU), serve de point de départ aux discussions, selon le quotidien Yediot Aharonot et la radio publique israélienne.

    En outre, Israël veut conserver certaines colonies juives isolées de Cisjordanie – Beit El, Psagot et Nokdim, selon les mêmes sources. Interrogé, un porte-parole du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu n’a pas confirmé ces informations, indiquant qu’il ne commentait pas les négociations en cours, sur lesquelles le secrétaire d’Etat américain John Kerry a imposé aux deux parties un black-out médiatique. La question du statut de Jérusalem a également été abordée, Interrogé sur ce point, un haut responsable israélien a indiqué sous couvert de l’anonymat qu’Israël avait ´´dit clairement aux Palestiniens que Jérusalem resterait unifiée sous souveraineté israélienne´´.(6)

    La construction de nouvelles unités d’habitation dans les colonies israéliennes en Cisjordanie occupée, y compris dans la ville sainte d’El Qods, se poursuit sans relâche. L’Etat hébreu a lancé dimanche de nouveaux appels d’offres pour la construction d’environ 2000 nouveaux logements dans les Territoires palestiniens occupés en 1967, selon «La Paix maintenant», une organisation non gouvernementale israélienne, opposée à la construction de colonies en Palestine occupée, ces appels d’offres concernent 1859 unités d’habitation en Cisjordanie dont 828 à Jérusalem-Est, El Qods, occupée, mais aussi annexée par Israël en 1967. La Paix maintenant critique les pratiques du gouvernement israélien. «Chaque fois que Netanyahu fait un petit pas vers la paix, il en fait deux grands pour faire en sorte qu’il soit plus difficile de parvenir à la paix, a déploré l’ONG.» (7)

    Que fait Abou Mazen? Il va protester pour la millième fois. Lors d’une réunion du comité exécutif de l’OLP, jeudi à Ramallah, en Cisjordanie occupée, une réaction ferme à la poursuite de la colonisation a été décidée. Pendant ce temps «La pizza» -objet de négociations- rétrécit mais les affaires des dirigeants politiques sont plus que jamais prospères…

    La réalité du pouvoir marocain et le Grand Maghreb

    C’est un fait que le pouvoir marocain est dans une mauvaise passe qui le conduit à la diversion; le peuple souffre le martyre, s’appauvrit de plus en plus pendant que le roi s’enrichit de plus en plus. Deux journalistes de talent, Catherine Graciet et Eric Laurent, ont analysé dans un ouvrage la prédation royale. Depuis son accession au trône en 1999, écrivent-ils, Mohammed VI a pris le contrôle de l’économie du Maroc dans l’arbitraire le plus absolu. Une stratégie d’accaparement marquée par la corruption effrénée de ses proches. Au Maroc, en 2012, la monarchie impose toujours le silence et le secret sur ses agissements, ce qui a rendu notre enquête souvent délicate à mener. La monarchie marocaine a instauré parmi les élites dirigeantes une véritable «culture de la docilité». Mais, surtout, elle fait peur: lorsqu’elle s’abat, la disgrâce royale condamne socialement mais aussi financièrement et professionnellement. Ils connaissent notre attachement sincère au Maroc et à son peuple. (…) Au Maroc, la monarchie demeure le seul pouvoir. Elle continue de prospérer puisqu’elle a eu la bonne idée de transformer, depuis des décennies, la vie publique et les institutions en un théâtre d’ombres. Les excès du roi sont protégés par une omerta que nous avons décidé de briser avec ce livre.» (8)

    «En juillet 2009, le magazine américain Forbes créa la surprise (…) le roi du Maroc, Mohammed VI, faisait une surprenante apparition à la septième place, avec une fortune évaluée à 2,5 milliards de dollars. Il devançait des rivaux en apparence pourtant plus richement dotés, comme l’émir du Qatar, (…) dont la fortune, selon Forbes, était six fois inférieure à celle du souverain marocain. En 2009, la crise financière mondiale survenue un an plus tôt avait frappé de plein fouet l’ensemble des revenus, y compris ceux des plus fortunés. Pourtant, Mohammed VI, dont la fortune avait doublé en cinq ans, semblait mystérieusement échapper à ces aléas…Dans le rapport mondial sur le développement humain élaboré par le Pnud, l’agence des Nations unies pour le développement, couvrant la période 2007-2008, le Maroc est en effet classé au 126e rang (sur 177 États) du point de vue du «développement humain», et le taux de pauvreté du pays atteint 18,1%. Pour ne rien arranger, en 2008, la dette publique du Maroc a bondi de 10% en un an, pour atteindre 11,9 milliards d’euros, soit 20% du PIB. Le classement de Forbes ne faisait que soulever pudiquement un coin du voile sur l’ampleur d’une fortune royale en vérité beaucoup plus importante. Surtout, il taisait ou ignorait les moyens mis en oeuvre pour parvenir à amasser une telle richesse.»(8)

    L’utopie de l’Union maghrébine basée sur des malentendus
    Dans ces conditions comment peut-on parler d’Unité maghrébine quand les conditions minimales ne sont pas réunies. Pour le roi, ««les ennemis de la nation» ne sont autres que les Algériens. D’ailleurs, depuis son accession au trône, il a développé un discours extrêmement agressif contre l’Algérie, un discours qui, au lieu d’inciter à l’apaisement, pousse au contraire à créer un climat de tension».

    «Depuis sa création [l’UMA] en février 1989 à Marrakech, les pays membres ont signé entre eux seulement 37 traités et accords. Or, l’Algérie en a ratifié 29, la Tunisie 28, la Libye 27, la Mauritanie 25 et le Maroc seulement 8. Ce sont là des chiffres qui soulignent clairement le désintérêt du royaume pour la construction maghrébine. Il est surtout en train de vivre avec un rêve moyenâgeux: le Grand Maroc et son corollaire, l’expansionnisme colonial. (..) Le régime de Rabat doit faire son choix et définitivement. Veut-il le «Grand Maroc» ou le «Grand Maghreb»?» (1)

    Il y va de l’avenir de la région. Les peuples doivent comprendre que leur salut est dans l’unité. Nous partageons beaucoup de valeurs. Dans le monde actuel si on reste divisés, nous allons devenir des poussières d’Etat. L’arrogance du Maroc qui se croit intouchable n’est pas fortuite elle provient du soutien inconditionnel de la France qui a fait du Maroc son pré carré.

    A bien des égards il fait office par sa politique inhumaine, par sa répression sans fin comme un second Israël dans la région, n’a -t-il pas avec l’aide d’experts israéliens fait un mur d’apartheid? Il est vrai que son impunité internationale le place au-dessus du droit international en ignorant les aspirations du peuple sahraoui et plus largement du peuple marocain à vivre libre dans la dignité.

    1. Provocations marocaines contre l’Algérie: Le Roi veut-il la guerre? El Watan le 05.11.13

    2. L’ambassadeur du Maroc convoqué au MAE…El Watan le 04.11.13

    3. Hassan Moali: La Conférence d’Abuja El Watan le 02.11.13

    4. http://www.elwatan.com/international/territoires-occupes-pierre-galand-brandit-le-rapport-tannock-05-11-2013-233895_112.php

    5. C.E. Chitour: Le calvaire du peuple palestinien. Editions Casbah 2013

    6. Israël propose la barrière de séparation comme base des discussions de paix le 05.11.13

    7. http://www.elwatan.com/international/2000-nouveaux-logements-en-cisjordanie-netanyahu-piege-la-visite-de-john-kerry-05-11-2013-233890_112.php

    8. Catherine Graciet, Eric Laurent. Le Roi prédateur Editions du Seuil p.5-7 mars 2012

    Professeur Chems Eddine Chitour

    Ecole Polytechnique enp-edu.dz

    Source : Blog Chitour, 9 nov 2013

    Tags : Maroc, Algérie, Sahara Occidental, Palestine, Maghreb, ONU, UE,

  • Quand l’ONU accusait le Maroc d’espionner des militants des droits de l’homme

    Le rapporteur spécial de l’ONU sur les droits de rassemblement et d’association, Clément Nyaletsossi Voule, a accusé le Maroc et des pays du Moyen-Orient d’espionner les activités des militants et défenseurs des droits de l’homme.

    Dans un nouveau rapport sur les libertés de réunion et d’association, le rapporteur précise que » des rapports bien étayés ont établi un lien entre la suite de logiciels espions Pegasus et les attaques de logiciels espions contre des militants et des défenseurs des droits de l’homme » au Maroc.

    Ces attaques ont été également recensées aux Emirats arabes unis, en Arabie Saoudite, à Bahreïn au Kazakhstan et au Mexique, souligne ce rapport soumis à la 41 session du Conseil des droits de l’homme qui a débuté ses travaux lundi à Genève.

    Plus grave encore, le rapporteur explique que » ces attaques permettent de pirater et de surveiller en temps réel les communications, la localisation et les activités des personnes ciblées, et peuvent viser des cibles dans un Etat ou en dehors de celui-ci » .

    « L’utilisation de logiciels espions commerciaux, comme la technologie de surveillance FinFisher et la suite de logiciels espions Pegasus pour lancer des cyberattaques contre des acteurs de la société civile illustre cette tendance » , relève-t-il.

    Si l’ère du numérique a ouvert de nouvelles possibilités concernant la jouissance des droits à la liberté de réunion pacifique et à la liberté d’association, elle fait aussi peser un ensemble de menaces et de risques nouveaux sur ces droits fondamentaux « , constate le responsable onusien qui appelle à interdire la surveillance numérique.

    Pegasus, un logiciel espion très sophistiqué fabriqué par la société israélienne NSO est depuis quelque temps dans le viseur de l’ONU. ans un rapport séparé établi par le rapporteur spécial de l’ONU sur la liberté d’opinion et d’expression, David Kaye, l’ONU a appelé à mettre en place un moratoire sur l’utilisation de Pegasus.

    David Kaye a expliqué que la surveillance de certaines personnes, très souvent des journalistes, des militants ou des opposants politiques pouvait conduire aux détentions arbitraires, à la torture et éventuellement à des exécutions extrajudiciaires.

    Citant Citizen Lab, un organisme de surveillance de la cybersécurité basé à Toronto, David Kaye a précisé que ce logiciel permettait de surveiller les personnes ciblées à distance.

    Tags : Maroc, espionnage, ONU, Pegasus, logiciels, Citizen Lab, Hacking Team,

  • Wikileaks : Bouteflika aurait « punit » le gouvernement Espagnol à cause de sa position vis-à-vis du Sahara Occidental

    De nouveaux câbles de « Wikileaks » ont révélé que le Président Bouteflika était très furieux contre la position « malhonnête » des socialistes Espagnols vis à vis du Sahara Occidental. Le soutien Espagnol au projet de l’auto-gouvernance Marocaine a provoqué une crise des relations Algero-Espagnoles.

    Le quotidien Espagnol « El pais » a révélé aujourd’hui, mardi, à partir du câble « Wikileaks », que la position de l’Espagne, qui soutient la position marocaine, et précisément la proposition de l’auto-gouvernance, que Rabat avait pris comme alternative à l’autodétermination, qui a été décidée dans les résolutions du conseil de sécurité des nations Unies, a provoqué une vraie crise entre les relations Algero-Espagnoles. Ainsi, le Président Bouteflika aurait exprimé aux américains, son mécontentement de la position « malhonnête » du gouvernement socialiste Espagnol quant au conflit du Sahara Occidental. En effet, Bouteflika aurait déclaré au sénateur Américain Richard Logard, qui était en visite en Algérie en 2005, « Les socialistes Espagnoles n’ont pas été honnêtes envers les sahraouis. »

    Les câbles de Wikileaks ont parlé d’une vraie crise entre les relations bilatérales à cause du soutien Espagnol au projet de l’auto-gouvernance, que le Maroc présentait comme alternative aux résolutions des Nations Unies et au conseil de sécurité concernant le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination par voie référendaire. Le quotidien Espagnol a, à travers des analyses d’observateurs américains, fait un lien entre la « crise » et « le bras de fer » qui a été engagé entre les deux pays sur l’augmentation des prix du Gaz, décidée par la Sonatrach sur l’Espagne en 2007.

    Quant à la crise des prix du gaz qui a suscitée entre l’Algérie et l’Espagne en 2007 juste après la décision algérienne quant à l’augmentation du prix du gaz, que Sonatrach fournissait à l’Espagne, « El Pais » a révélé que l’ambassadeur d’alors des USA à Madrid avait adressé une correspondance aux affaires étrangères américains, où il dit que « l’augmentation de 20 % du prix du gaz exporté vers l’Espagne est une mesure voulue par Bouteflika, qui voulait exprimer son mécontentement vis-à-vis de la position prise par le chef du gouvernement quant à la question du Sahara. »

    Les câbles de Wikileaks, rapportés par le quotidien Espagnol, ont révélé que le chef de la diplomatie espagnol Miguel Angel Moratinos, avait informé ses amis américains que « le gouvernement Espagnol, et pour éviter que la crise entre les deux pays en 2008 perdure, j’ai essayé de relancer le dialogue entre le Maroc et l’Algérie, en faisant participer la France, mais l’Algérie a refusé de dialoguer à la place des Sahraouis. » les câbles ont ajouté que Moratinos a ficelé un dossier où il a détaillé toutes les propositions espagnoles quant au conflit du Sahara Occidental, et l’a présenté ensuite à 5 membres permanents du conseil de sécurité Onusien.

    Echourouonline, 14 déc 2010

    Tags : Maroc, Sahara Occidental, Bouteflika, ONU, MINURSO, Espagne, PSOE,

  • WikiLeaks : quand Algériens et Marocains se confient sur le Sahara occidental

    Le conflit au Sahara occidental, né il y a une quarantaine d’années, n’est pas près de trouver une solution, à en croire les télégrammes obtenus par WikiLeaks et révélés par “Le Monde”.

    Par Jean-Pierre Tuquoi Publié le 03 décembre 2010 à 22h59 – Mis à jour le 04 décembre 2010 à 14h37

    Le conflit au Sahara occidental, né il y a une quarantaine d’années, n’est pas près de trouver une solution. Les positions sont trop éloignées, les rivalités trop profondes, les procès d’intention trop nombreux entre les deux principaux protagonistes: le Maroc, qui occupe le Sahara occidental en dehors de toute légalité internationale, et l’Algérie sans l’appui de laquelle le Front Polisario, favorable à un référendum pour fixer l’avenir de l’ancienne colonie espagnole (indépendance ou rattachement au Maroc), aurait le plus grand mal à exister.

    La position algérienne est clairement exprimée dans le compte-rendu d’une audience (d’une durée de 3 heures 30) accordée en mai 2007 par le président algérien Abdelaziz Bouteflika à Frances Fragos Townsend, la conseillère du président Bush pour les affaires de sécurité, obtenu par Wikileaks et révélé par Le Monde.

    “Si je pouvais résoudre le problème je le ferais, affirme le président algérien. Mais je ne peux pas parler à la place des Sahraouis .” Ce qu’il faut c’est que “le Maroc et le Polisario trouvent une solution, et ils peuvent le faire avec l’aide des Américains”.

    Les Français, confiera-t-il à une autre occasion, “du fait du poids de leur histoire coloniale au Maghreb, sont incapables de jouer un rôle constructif dans le conflit”. D’ailleurs, ajoute-t-il, “la France n’a jamais vraiment accepté l’indépendance algérienne”. Pour lui, elle tente de régler ses comptes avec l’Algérie “en appuyant le Maroc”.

    LE JUGEMENT DE M. BOUTEFLIKA SUR LE ROI DU MAROC

    Un an plus tard, en février 2008, recevant un diplomate américain, changement de registre. Le président algérien dénonce “le plan d’autonomie” voulu par Rabat à la place du referendum d’autodétermination. Celui-ci n’offre qu’un semblant d’autonomie. Les provinces algériennes en ont d’avantage vis-à-vis d’Alger, soutient M.Bouteflika.

    Puis, au fil de l’entretien, le président algérien se laisse aller: il comprend que les Marocains se sentent menacés par la perspective d’un Sahara occidental indépendant mais, dit-il, ils sont les premiers responsables de la situation. Au lieu de faire preuve d’une approche “élégante” en acceptant une indépendance du Sahara occidental qu’ils auraient pu “contrôler” ou “superviser”, ils veulent “un Anschluss, comme Saddam Hussein avec le Koweït”. S’ils n’avaient pas été aussi maladroits, les Marocains “auraient pu obtenir ce qu’ils voulaient”, assure le président algérien à son hôte.

    L’année suivante, en novembre 2009, devant le chef du commandement américain pour l’Afrique (Africom), le général William Ward, le chef de l’Etat algérien revient à la charge. Selon lui, le projet d’autonomie est à rejeter. “Vous ne pouvez pas défendre l’application d’un principe pour la Palestine et un autre principe pour le Sahara occidental”, fait valoir le président algérien.

    Le jugement négatif de M. Bouteflika sur le roi du Maroc n’est pas fait pour arranger les choses. Autant le président algérien apprécie Moulay Rachid, le frère du roi (“On a plaisanté et discuté agréablement” à l’occasion d’une rencontre à Séville, en Espagne) autant le courant ne passe pas avec Mohammed VI. “Il n’est pas ouvert, et manque d’expérience”, se plaint-il. Pour M. Bouteflika, aucun dialogue n’est possible entre lui et le roi du Maroc.

    LES APPRÉCIATIONS SÉVÈRES DES MAROCAINS

    Côté marocain, la suspicion n’est pas moindre. Non pas que Mohammed VI se confie un tant soit peu aux très rares interlocuteurs américains qu’il reçoit. Mais ses proches le font pour lui. Or, ils sont sévères dans leur jugement. Selon leur lecture, la clé du dossier du Sahara occidental se trouve non pas à Tindouf, où siège les indépendantistes du Polisario, mais à Alger. Là-bas, expliquent-ils en juin 2009 au représentant personnel du secrétaire général de l’ONU, Christopher Ross, le pouvoir est toujours entre les mains de généraux dogmatiques, incapables de bouger et “pétrifiés” à l’idée du plan d’autonomie présenté par Rabat.

    Faut-il miser sur le temps et attendre qu’une nouvelle génération soit aux commandes en Algérie pour résoudre le conflit au Sahara occidental ? Certains conseiller du roi en sont convaincus, mais pas le chef des services de renseignements extérieurs, Mohamed Yassine Mansouri. Dans un “mémo” du printemps 2008, il se dit convaincu qu’un changement de génération “pourrait compliquer la situation”. “L’ancienne génération qui a créé le problème est la mieux placée pour le résoudre”, dit-il à son interlocuteur américain.

    Dans un télégramme de juin 2009, le même Mansouri confie que Rabat a demandé au président français Nicolas Sarkozy de faire en sorte “de n’être pas perçu, comme par le passé comme aussi pro-marocain sur le Sahara occidental”.

    C’était aussi le cas de l’administration Bush, “qui apparaissait trop favorable au Maroc”. A l’équipe diplomatique du président Obama, le patron des services d’espionnage fait observer qu’”il ne serait pas très judicieux d’abandonner ses vrais amis au profit du pétrole”.

    Jean-Pierre Tuquoi

    Le Monde, 3 déc 2010

    Tags : Maroc, Sahara Occidental, Front Polisario, Wikileaks, Etats-Unis, ONU,

  • Le Niger et la Tunisie s’assoient sur leurs fauteuils au Conseil de sécurité des Nations Unies

    Le Niger et la Tunisie ont pris leurs sièges non permanents au Conseil de sécurité des Nations Unies, se joignant à trois autres nouveaux membres se joignant au Conseil.

    Jeudi, les cinq nouveaux membres du Conseil de sécurité – Vietnam, Estonie, Tunisie, Niger et Saint-Vincent-et-les Grenadines – ont participé à une cérémonie du drapeau marquant le début de leur mandat de deux ans.

    Abdou Abarry, Représentant permanent du Niger auprès des Nations Unies, a déclaré: «Les priorités du Niger au Conseil de sécurité concerneront les questions nationales, sous-régionales et la région en général: la guerre contre le terrorisme, la question de la paix et de la sécurité mondiales, le climat changer l’impact sur la sécurité et le développement, la situation des femmes et des enfants dans les conflits armés. »

    Pour sa part, Moncef Baati, Représentant permanent de la Tunisie auprès des Nations Unies, a déclaré: «Fière de sa transition démocratique et de la responsabilité qu’elle implique, la Tunisie est déterminée à accomplir sa mission avec engagement et dévouement et conformément aux valeurs et principes de la qui ont toujours guidé sa politique étrangère. »

    Le Conseil de sécurité compte 15 membres, dont cinq permanents et dix non permanents élus pour deux ans par l’Assemblée générale. En vertu de la Charte des Nations Unies, tous les États Membres sont tenus de se conformer aux décisions du Conseil.

    Tags : Niger, Tunisie, ONU, Conseil de Sécurité, Afrique,