Tag: Maroc

  • Mauritanie : L’armée marocaine tire sur des orpailleurs mauritaniens

    Des unités de l’arméé marocaine retranchées derrière le mud de défense ont tiré sur des orpailleurs mauritaniens qui opéraient dans la banlieue de la ville de Bir Mogreïn, willara de Tiris Zemmour. Aucune victime n’a été déplorée.

    Selon Sahara Medias, des informations ont été reçues par les orpailleurs selon lesquelles les régions proches du mur de sable marocain sont riches en pépites d’or presque pur. Lorsqu’ils ont voulu vérifier, ils ont été accueillis par une pluie de bombes qui a causé une grande panique dans leurs rangs.

    D’aprèes la même source, les orpailleurs avait déjà été interdits d’approcher cette région.

    Pour rappel, dans cette région, le mur de sable marocain se trouve sur le territoire mauritanien.

    Tags : Maroc, Mauritanie, Sahara Occidental, orpailleurs, Bir Mogreïn, Tiris Zemmour, mud de sable,

  • Normalisation avec Israël : “Une sérieuse menace pour le Maroc et l’Algérie”

    L’OBSERVATOIRE MAROCAIN MONTE AU FRONT CONTRE LA NORMALISATION MAROC-ISRAEL : Une sérieuse menace pour le Maroc et l’Algérie

    La normalisation marocaine avec Israël représente une « menace sérieuse et existentielle tant pour le Maroc que l’Algérie », a averti le président de l’Observatoire marocain contre la normalisation, Ahmed Wihmane. Il a appelé les peuples du Maghreb à contrer « les plans sionistes visant l’unité et la stabilité de la région ». « Nous sommes face à une menace sérieuse et existentielle tant pour le Maroc que l’Algérie, voire pour toute la région du Maghreb », a souligné M. Wihmane. Étayant son propos concernant les dangers de cette normalisation pour les pays du Maghreb et pour l’Algérie, en particulier, il a rappelé les allégations faites par le sioniste Bernard-Henri Lévy lors d’une conférence à Marseille affirmant que « l’Algérie (…) est juive et française ».

    Pour le militant marocain, « il n’est pas exagéré de dire que nous assistons à la préparation d’un transfert de + l’État d’Israël+ vers le Maroc, d’où la percée sioniste sans précédent dans le Maghreb et principalement dans le royaume marocain », a-t-il dit. Il a évoqué, à cet égard, plusieurs articles publiés par la presse israélienne et révélant un dangereux scénario visant la région, notamment l’article publié récemment par le journal sioniste Yediot Aharonot et faisant état d’un ancien plan sioniste remontant à 1903 et visant l’établissement de « l’État d’Israël » au Royaume du Maroc. Mis de côté après la mort du fondateur du mouvement sioniste Theodor Herzl, ce plan est exhumé aujourd’hui « faute de perspectives en Palestine après l’expérience de soixante-dix ans de résistance », a expliqué le président de l’Observatoire marocain contre la normalisation.

    S’agissant des revendications des israéliens d’origine marocaine relatives à la récupération de « leurs biens au Maroc » en engageant de grands cabinets d’avocats, l’activiste marocain a affirmé « qu’ils ne se contenteront jamais de réparations pour des biens qu’ils n’ont pas laissé puisque qu’ils ont vendu leurs biens avant de partir pour la Palestine occupée ». Soutenant que leur objectif « est la main mise sur le Maroc et la région tout entière à travers ces prétentions et les mythes fabriqués de toutes pièces de tombeaux de prophètes et de saints patrons juifs » au sud du Maroc , il a cité, à ce propos, le titre : « Maroc, terre juive » à la Une d’un des magazines marocains francophone , dans l’air du temps. Pour ce qui est du bien-fondé de l’action en justice intentée par des avocats marocains pour contester la décision de normalisation, M. Ahmed Wihmane a déclaré : « Nous avons fait notre devoir sur le plan juridique comme nous le faisons sur d’autres. Nous fondons notre espoir sur Dieu et le grand peuple marocain ». « Ouvert dans le cadre des accords d’Oslo, le bureau de liaison sioniste avait été fermé pour la première fois en 2000 et nous le fermerons encore cette fois, car le danger guette tous les États du Maghreb arabe », a assuré le président de l’Observatoire marocain contre la normalisation.

    Concernant le rejet de la normalisation par la rue marocaine et la campagne de restrictions sécuritaires visant les activistes marocains, M. Wihmane a indiqué qu’ »en dépit des restrictions et du blocus contre toute opinion contraire à la position officielle au sujet de la normalisation, les manifestations n’ont pas cessé dans plusieurs villes marocaines ». À cette occasion, il a déploré « la violation par la police marocaine du droit constitutionnel des Marocains à l’expression pacifique et la répression des différentes contestations dénonçant la normalisation sans le moindre respect des engagements internationaux en matière de droits de l’Homme ». Pour le président de l’Observatoire marocain contre la normalisation, « la violation des droits, la restriction des libertés et le blocus sécuritaire ne sont que les premiers fruits de la normalisation ». « La confrontation entre le peuple et l’État est l’un des principaux objectifs stratégiques de la bombe jetée par l’entité sioniste et l’administration américaine au Maroc pour faire exploser toute la région », a-t-il poursuivi expliquant que « lorsque l’État réprime le peuple, la tension est attisée et l’État affaibli, ce qui facilitera le passage à la phase d’affaiblissement et de la division puis à la domination totale pour la mise en œuvre du plan « B », à savoir l’établissement d’un « nouvel Israël ».
    M. B.

    Le Courrier d’Algérie, 5 jan 2021

    Tags : Maroc, Israël, Algérie, Normalisation,

  • Sahara Occidental : Des pays amis de la RASD au Conseil de sécurité

    LA QUESTION DU SAHARA OCCIDENTAL AU CŒUR DE L’AGENDA 2021 : Des pays amis de la RASD au Conseil de sécurité 

    Au moins quatre pays amis du peuple sahraoui ont rejoint le Conseil de sécurité de l’ONU en tant que membres non permanents, à compter du 1er janvier 2021. Cette année, la question du Sahara occidental devrait être l’une des principales priorités du travail de ces pays au cours des deux prochaines années.
    D’autant que la décision du président sortant Trump de reconnaitre la prétendue souveraineté marocaine sur le Sahara occidental contrairement aux principes de l’Onu, si elle n’est pas annulée par le président élu Joe Biden, va rendre très inconfortable la position des Etats-Unis au Conseil de sécurité et leur droit de veto et pas seulement sur la question sahraouie ou ils se sont complètement discrédités. Le Mexique qui reconnait la Rasd depuis 1979 et entretient des relations diplomatiques au niveau des ambassadeurs, le Kenya, qui a reconnu la RASD depuis 2005, et entretient également des relations diplomatiques avec la RASD au niveau des ambassadeurs, font leur entrée au conseil de sécurité et vont s’activer pour faire bouger le conseil dont les efforts ont été entravés pour faire appliquer ses propres résolutions par l’allié inconditionnel de Rabat, la France.
    La Norvège est un autre pays ami du Sahara occidental qui vient de rejoindre le Conseil de sécurité de l’ONU. Ce pays scandinave, bien qu’il ne reconnaisse pas la RASD, maintient une position ferme de soutien à la lutte du peuple sahraoui et se montre très solidaire avec son combat pour son indépendance. Ce pays européen contribue dans les instances internationales aux efforts pour une solution garantissant le droit des Sahraouis à l’autodétermination et à l’indépendance. Enfin, l’Irlande, quatrième pays ami du Sahara occidental qui fait également partie du Conseil de sécurité depuis le 1er janvier, s’est toujours montré d’une solidarité sans faille avec les sahraouis. Malgré le lobbying marocain Dublin est restée ferme dans sa position de soutien à la lutte du peuple sahraoui. Le Mexique, pays influent d’Amérique centrale a officiellement annoncé, dans une lettre adressée à l’ONU, sa position sur les questions de décolonisation dans le monde, soulignant la priorité de l’organisation d’un référendum d’autodétermination au Sahara occidental par lequel le peuple sahraoui pourra exercer son droit inaliénable à l’autodétermination. Dans sa lettre le Mexique rappelle que l’ONU a un rôle fondamental dans les processus de décolonisation. Il appuie les efforts visant à parvenir à une solution juste et durable du conflit au Sahara occidental, conformément aux résolutions du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale qui stipulent la garantie du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination par l’organisation d’un référendum pour déterminer l’avenir du territoire. Le Mexique appuie également les efforts visant à élargir la mission de la MINURSO pour y inclure la surveillance des droits de l’homme au Sahara occidental. De son côté, le Kenya, qui présidera le Conseil de sécurité de l’ONU en octobre prochain, et les débats annuels pour prolonger le mandat de la MINURSO, considère que le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination est inaliénable.
    Le président du Kenya, Uhuru Kenyatta, à l’occasion du 44ème anniversaire de la proclamation de la RASD, a renouvelé la position solide de son pays en faveur de la lutte du peuple sahraoui pour l’autodétermination. Dans un message à son homologue sahraoui Brahim Ghali, le président kényan a exprimé sa satisfaction quant au « niveau des relations fraternelles entre les deux pays, soulignant à cet égard son aspiration à renforcer davantage ces relations conformément aux principes de l’Union africaine.
    Pour ce qui est de la Norvège, la chef de la diplomatie norvégienne a clairement indiqué que la position de son pays sur la question du Sahara occidental ne sera pas affectée par l’annonce du président Trump de reconnaître la prétendue souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental.
    «La position de la Norvège sur la question du Sahara occidental a été cohérente au fil des ans et n’a pas été affectée par les événements récents sur le terrain, ni par l’annonce récente de Trump selon laquelle il proposerait une solution politique conforme aux décisions pertinentes prises par le Conseil de sécurité des Nations unies. »
    Selon la chef de la diplomatie norvégienne, Oslo soutient le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui et les initiatives qui pourraient amener les deux parties, le Maroc et le Front Polisario, à la table des négociations, demandant en même temps au secrétaire général de l’ONU de désigner un nouvel envoyé dans les plus brefs délais. Ce que le SG, dont la position sur la question du Sahara occidental est de plus en plus critiquée, tarde à faire.
    La Norvège souligne la nécessité d’aller de l’avant en créant une nouvelle dynamique et en renforçant la confiance dans la voie des négociations menées par l’ONU au Sahara occidental.
    M. Bendib 
    #SaharaOccidental #Polisario #Marruecos #WesternSahara  #Maroc #Morocco #DonaldTrump #Israel
  • Sahara Occidental : la normalisation marocaine avec Israël contre le soutien américain (Mustafa Bakhouche)

    Mustafa Bakhouche, professeur en sciences politiques à l’Université Mohamed-Khider de Biskra, estime que la décision du Front Polisario de revenir à la lutte armée n’est pas une déclaration de guerre, mais plutôt une recherche de la paix à travers la relance du processus du règlement international bloquée. Dans cette interview, il souligne que les positions de certains États du Golfe d’ouvrir des« consulats vides »dans les terres désertiques occupées ne sont pas fondées sur des principes et n’ont pas une relation directe avec la question du Sahara occidental, mais plutôt un rôle joué par des États fonctionnels chargés de faire la promotion du projet américain appelé «la transaction du siècle» et la normalisation avec Israël.

    Il ne fait aucun doute que l’impasse dans laquelle se trouve la question du Sahara Occidental tient au fait qu’elle se limite à deux solutions contradictoires. Une logique fondée sur le principe du droit à l’autodétermination adopté par les Nations unies sans pouvoir l’imposer, et une approche marocaine basée sur le maintien du Sahara occidental sous sa souveraineté tout en proposant l’autonomie aux Sahraouis.
    L’ancien secrétaire d’État américain et envoyé onusien à la région, James Baker, a proposé de donner l’autonomie tout en organisant un référendum d’autodétermination, mais le Maroc a rejeté cette solution. Le royaume a œuvré, depuis, pour imposer sa logique sur un fait accompli, qui a abouti, après des années de tergiversations, à un retour au langage de la guerre.
    Le Front Polisario a décidé, en effet, de suspendre son engagement en faveur de l’accord de cessez-le-feu avec le Maroc. La guerre est-elle le début d’une solution à un conflit prolongé?
    Dans le passé, on disait : «Si vous voulez la paix, préparez-vous à la guerre». En raison des tergiversations marocaines et d’une stratégie visant à gagner du temps pour imposer une nouvelle réalité sur le terrain qui change la situation socio-économique et démographique conformément à sa vision, il semble que le Front Polisario est aujourd’hui convaincu que parier sur la voie diplomatique chancelante ne suffit pas.
    C’est pourquoi, le choix sahraoui de reprendre le chemin de la lutte armée, ne signifie, en aucune façon un va-t-en guerre, mais une recherche vers la paix en relançant la voie du règlement international qui stagne depuis 1991. Depuis, le Maroc ne cesse de fabriquer de faux problèmes de procédure dans le but de perturber la tenue du référendum. Parmi ces faux problèmes, celui relatif, particulièrement, à la question de la détermination de l’identité des Sahraouis qui ont le droit de participer au référendum. Le Front Polisario veut, par sa décision de mettre fin à l’accord de cessez-le-feu, envoyer des signaux d’alerte à la communauté internationale sur le sort du processus référendaire et les conséquences qui menacent la sécurité et la stabilité non seulement de la région, mais pouvant aller au-delà pour s’étendre au nord de la Méditerranée, au Sahel et au sud du Sahara, des régions déjà fragilisées et vivant de nombreuses perturbations.
    Comment expliquez-vous la position de certains pays du Golfe, notamment les Emirats Arabes Unis et le Bahreïn ?
    Votre question me conduit à faire référence à un certain nombre d’étranges paradoxes que la région connaît en raison de l’état de bouleversement du système international, ce que les spécialistes des relations internationales appellent le phénomène de transfert et de transformation du pouvoir. D’une force dominante en déclin, dont la force relative diminue progressivement et qui veut continuer à exercer une influence et une force révisionniste en quête de reconnaissance sur la scène internationale. Cette force cherche à dominer et à exercer une influence proportionnelle à sa puissance croissante. Au cours de cette période de transformation et de transition, un vide apparaît et toutes les puissances internationales et régionales essaient d’en profiter pour se repositionner dans la nouvelle phase, et au milieu de celle-ci, nous pouvons être témoins de situations étranges qui ne reflètent ni ne respectent les relations de pouvoir.
    C’est exactement ce que vit la région du Moyen-Orient et celle de l’Afrique du Nord. En raison du retrait des puissances régionales traditionnelles influentes et en raison de considérations liées à la tourmente du système international et aux conséquences du soi-disant «Printemps arabe» (Égypte, Iraq, Libye, Syrie), des pays ne possédant pas les éléments nécessaires de la puissance ont fait surface et essaient de jouer des rôles « fonctionnels » beaucoup plus grands que leur taille.
    Voici le paradoxe lorsque ces pays deviennent des décideurs du sort de la région à travers leurs interventions (financement) dans des pays (Libye, Syrie, Yémen, …) aux dépens des pays pivots de la région.
    En liant votre question à cette idée de bouleversement international et au vide de pouvoir qui en résulte dans la région, je fais référence aux mouvements de l’entité sioniste. Profitant des récentes percées qu’elle a réalisées dans la région du Golfe, à travers les portières des Emirats et de Bahreïn, cette entité parie sur le repositionnement en réorganisant ses relations avec les pays de la région, d’une manière qui réponde à ses aspirations pour les intégrer dans son environnement.
    L’Objectif, à travers ces manœuvres, est de se transformer en leader qui commande les efforts internationaux dans la lutte contre le terrorisme, selon sa vision, et, partant, contrecarrer la menace iranienne et l’expansion turque.
    C’est ce qu’il essaie d’accomplir pratiquement sur le terrain, après avoir réussi à persuader l’Administration américaine d’adopter l’Accord du siècle, qui à son tour a poussé certaines forces fonctionnelles de la région à le commercialiser et à le promouvoir. Le Maroc a trouvé dans cette atmosphère ce qui lui permet de pratiquer une sorte de troc et même de chantage sur la question du Sahara occidental, surtout après que l’Algérie ait déclaré explicitement par la voix du président Abdelmadjid Tebboune, lui-même, de rejeter ce qu’il a appelé la ruée vers la normalisation.
    En échange de son soutien à la position marocaine, qui a pris de nombreuses formes, dont l’ouverture de consulats dans la ville occupée d’El-Ayoun (qui, soit dit en passant, est un comportement illégal qui viole le droit international et les traditions diplomatiques), le Maroc est prêt à normaliser et à reconnaître Israël.
    Par conséquent, je pense que les positions de ces pays ne sont pas fondées sur des principes et n’ont rien à voir directement avec la question du Sahara occidental, mais plutôt des pays chargés de commercialiser le projet de l’Accord du siècle et la voie de la normalisation.
    Qu’est-ce qui a rendu la position américaine hésitante, contrairement à la position française?*
    La position officielle déclarée par les États-Unis est conforme à la légitimité internationale et au droit international et soutient le processus de règlement des Nations unies. Cela dit, la recherche d’une explication sur le manque de sérieux de la position américaine vis-à-vis de la question saharienne, nous mène à souligner :
    Que le Maroc est considéré comme un allié traditionnel des États-Unis depuis l’époque de la guerre froide. Les États-Unis considéraient le conflit du Sahara comme une forme de guerre par procuration.
    Que les États-Unis ont passé la main sur la question du Sahara au profit de leur allié de l’Atlantique Ouest, la France.
    Que le conflit du Sahara Occidental n’est pas une priorité pour le pouvoir américain, compte tenu de l’ampleur de ses intérêts, surtout après la fin de la guerre froide et le recul des considérations stratégiques.
    Que ce qui distingue la prise de décision américaine, c’est le rôle des lobbies et des groupes de pression capables de l’influencer.
    Par conséquent, les États-Unis s’appuient sur «la politique de l’ambiguïté» dans leur position pour s’assurer des bonnes relations avec toutes les parties impliquées dans le conflit, directement ou indirectement…
    L’un des pays touchés par le conflit est peut-être la Mauritanie, à laquelle l’option de la neutralité positive a été imposée. Ni pour ni contre ?
    La vérité est que la position mauritanienne reflète la complexité de la question sahraouie. Pour pouvoir la comprendre, il faut revenir un peu en arrière. Il faut souligner, d’emblée, que les revendications territoriales du Maroc reflètent sa tendance expansionniste car elles ne se limitent pas au territoire du Sahara occidental mais s’étendent à la Mauritanie et à une partie du territoire algérien, en plus de Ceuta et Melilla, qui sont toujours sous souveraineté espagnole.
    En raison de cette tendance expansionniste, la reconnaissance par le Maroc de l’indépendance de la Mauritanie a été retardée de neuf années entières (la Mauritanie a obtenu son indépendance en 1960 et la reconnaissance du Maroc a eu lieu en 1969).
    Pour la même raison, le Maroc a attaqué l’Algérie et une guerre a éclaté entre les deux pays en 1963 (la guerre des sables).
    Je note également que la position mauritanienne s’est développée positivement et est passée des revendications portant sur «la mauritanité» du Sahara, parallèlement aux revendications marocaines, au retrait du conflit, en déclarant la neutralité.
    La position mauritanienne peut être comprise et justifiée en regardant la fragilité de ce pays, sa rareté de ressources et ses faibles capacités, d’une part, et, d’autre part, son empressement à se prémunir des ambitions marocaines à son égard.
    Si l’accord tripartite de Madrid du 14 novembre 1975 entre la Mauritanie, le Maroc et l’Espagne prévoyait le partage du Sahara entre le Maroc et la Mauritanie, selon lequel le Maroc acquerrait la région d’Oued Ed-Dahab et la Mauritanie acquerrait la région de Sakia El Hamra tout en assurant la protection des intérêts espagnols dans la région, la Mauritanie, sous la pression des coûts exorbitants du conflit, s’est retirée de la partie qui devait être occupée par les forces marocaines. Depuis, la Mauritanie a maintenu une position de neutralité pour assurer des relations acceptables avec toutes les parties en conflit.
    Envisagez-vous l’existence de solutions autres que celles présentées actuellement : le droit à l’autodétermination ou l’autonomie ?
    En ce qui concerne la solution du conflit, deux visions s’opposent. La première est celle de la légitimité internationale et du droit international qui a inclus la question du Sahara occidental depuis 1963 dans la liste des Nations unies des territoires non indépendants auxquels le droit à l’autodétermination n’a pas été accordé. Et elle ne reconnaît pas la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental. La solution, selon cette vision, passe par l’organisation d’un référendum d’autodétermination. C’est d’ailleurs, une démarche acceptée par le Maroc en 1991, avant de se rétracter en reniant ses engagements internationaux.
    La deuxième vision consiste à conférer aux Sahraouis une large autonomie. A travers cette idée, le Maroc cherche à contourner l’organisation du référendum et garantir «une intégrité territoriale non reconnue par la communauté internationale.
    La réalité a prouvé, au fil du temps, que les deux visions sont inconciliables. C’est pourquoi, il est urgent de réagir en dehors du discours dominant et loin des deux visions, d’une manière qui permette l’élaboration d’une feuille de route viable qui prenne en compte les droits du peuple sahraoui et réponde aux intérêts et aspirations de tous les peuples de la région dans un processus d’intégration vers la construction d’un Maghreb de sécurité et de prospérité. C’est dans ce sens que devraient intervenir les think tanks, les élites, les universitaires et les chercheurs de la région, notamment en Algérie, au Maroc et en Mauritanie. Mon souhait est qu’ils se libèrent de la dépendance liée aux natures clientélistes des régimes politiques, dans leur traitement de la question du Sahara occidental. Je pense, qu’aujourd’hui, nous devons jeter une pierre dans nos eaux stagnantes pour assurer son mouvement, en pensant aux relations entrelacées et au dépassement des calculs des régimes en faveur d’un espace maghrébin basé sur les valeurs de justice et de liberté et qui garantissent l’intégration et des efforts concertés pour que nous soyons tous libérés de la peur, du besoin et du sous-développement .
    Que représente le Sahara occidental pour l’Algérie du point de vue géostratégique ?
    Permettez-moi de préciser ici et d’une manière catégorique, que la position algérienne est dictée par des principes qui n’ont rien à voir avec les calculs de profits ou pertes, ou même par des considérations géostratégiques. L’Algérie, qui a obtenu son indépendance grâce à l’application du principe du droit à l’autodétermination après une lutte acharnée contre le colonialisme français, est très sensible aux questions de décolonisation qu’elle considère comme des questions justes. Par conséquent, l’Algérie a soutenu tous les mouvements de libération dans le monde indépendamment de leur appartenance religieuse ou ethnique ou de leur situation géographique avant même leur indépendance. Il suffit ici de signaler, par exemple, que le chef militant contre l’apartheid, le Sud-Africain Nelson Mandela a bénéficié d’un entraînement militaire en Algérie par les soins des révolutionnaires algériens de l’Armée de libération nationale. C’est pourquoi l’Algérie est connue sous le nom de la Mecque des révolutionnaires. L’enjeu n’est donc pas lié aux calculs stratégiques ou aux ambitions territoriales : l’Algérie, Dieu soit loué, a la taille d’un continent et dispose de suffisamment de ressources. Ce n’est qu’une question de principes.
    Comment voyez-vous ce que devrait être la position algérienne ?
    En fait, cette question m’a été posée à plusieurs reprises. Et parce que je suis convaincu du rôle pivot que peut jouer l’Algérie, compte tenu de la position qu’elle occupe (l’Algérie est le cœur du Maghreb arabe) et compte tenu de son équilibre révolutionnaire, ma réponse a donc toujours été la même, ce que je vais répéter ici. Mais avant cela, je dois d’abord souligner que l’Algérie n’a jamais été partie prenante au conflit et qu’elle l’a exprimé à maintes reprises. Sa position est fondée sur le respect des principes du droit international et de la légitimité internationale, qui affirme le principe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et le principe de la préservation des frontières héritées de la colonisation. Deux principes les plus importants que l’Algérie a défendus pour instaurer la stabilité et la paix en Afrique et dans toutes les régions du monde qui ont connu le phénomène colonial, notamment en Asie et en Amérique latine.
    Je crois que l’Algérie a une responsabilité morale et historique à l’égard de la question saharienne en référence, d’abord, à l’héritage de la glorieuse révolution de novembre qui a permis aux Algériens de se libérer du colonialisme français. Le processus de libération a soumis à la volonté du peuple algérien d’organiser un référendum sur l’autodétermination qui a débouché sur l’indépendance de l’Algérie. Ensuite, en vertu des relations de proximité et de voisinage et de fraternité qui nous unissent avec les deux peuples frères, marocain et sahraoui, l’Algérie doit aller au-delà des approches traditionnelles qui prévalent aujourd’hui et penser à de nouvelles méthodes qui permettent de transformer la question du Sahara occidental en un processus d’intégration qui dépasse la logique des régimes en faveur de la logique aspirée des peuples. Cela se fait en réfléchissant à des solutions innovantes et originales pour relancer de nouvelles voies qui garantissent les droits de tous les peuples de la région et permettent à leurs intérêts d’être interconnectés de manière à créer une nouvelle construction basée sur un nouveau concept d’intérêts qui transcende les loyautés et affiliations étroites.
    L’Algérie, de par sa situation géographique et son poids, doit se présenter comme un facilitateur pour développer une nouvelle approche qui permette l’émergence d’un nouveau régime maghrébin qui contourne l’état d’obstruction, de blocage et de désaccords stériles, pour ouvrir la voie à celle d’une intégration dans laquelle tous les peuples de la région bénéficient de manière juste et équitable. La justesse de l’approche algérienne pour la résolution de ce conflit, qui n’a que trop duré, réside dans l’affirmation qu’une solution juste et acceptable au conflit passe inévitablement par le respect du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination.
    Entretien réalisé par Fayçal Bakhouche et Mohamed Bouazdia
    *L’entretien a été réalisé avant la dernière déclaration du président américain, Donald Trump
    La Nation, 13 déc 2020
    Tags : Sahara Occidental, Maroc, Polisario, ONU, 
  • Maroc : Le Makhzen, véritable menace sur le Maghreb

    PAROLES D’OFFICIERS DISSIDENTS DE L’ARMÉE ROYALE : Le Makhzen, véritable menace sur le Maghreb

    Ils sont de plus en plus nombreux, ces anciens officiers de l’armée marocaine, entrés en dissidence avec le régime du Makhzen, à monter au créneau pour dénoncer les velléités de la maison militaire alaouite. Aujourd’hui, en effet, l’impact de la menace du pacte maroco-israélien, conclu récemment, sur la stabilité du Maghreb, est un secret de Polichinelle.
    Abderrahim El Mernissi, ancien officier des Forces armées royales marocaines (FAR) a mis en garde contre le « complot qui se trame contre l’Algérie » par l’entité israélienne et le régime marocain, soulignant que le Makhzen était devenu une « véritable menace pour la sécurité et la stabilité du Maghreb ».
    « Le plus grand ennemi qui menace la stabilité dans la région du Maghreb est la monarchie marocaine, surtout après avoir ouvert la voie à l’entité sioniste avec tous les risques sécuritaires et socioéconomiques que ce pas implique pour le Maroc mais aussi pour ses pays voisins », a indiqué Abderrahim El Mernissi dans une déclaration à l’APS depuis la capitale française, Paris.
    Pour M. Abderrahim El Mernissi, l’Algérie est « la cible principale de cette normalisation, car elle constitue le plus grand obstacle face à l’entité israélienne qui tente de diverses manières, depuis des années, d’entamer sa stabilité », relevant que « les positions historiques de l’État algérien face aux desseins sionistes et son soutien aux mouvements de libération l’ont placée au cœur des conspirations israéliennes ». Il a également relevé « le danger des groupes extrémistes soutenus par l’entité israélienne en Afrique du Nord qui menacent la sécurité de toute la région », a-t-il fait remarquer ajoutant qu’ »Israël, avec la complicité du Makhzen, jouera toutes les cartes afin de semer la destruction dans la région qui ne supportera pas davantage de tensions ». « C’est le régime marocain qui est à l’origine de la dégradation que connait le Maroc et non pas l’Algérie », a-t-il affirmé , soulignant que « l’Algérie n’a pas ramené l’entité sioniste au Maroc et ne s’adonne pas au trafic de drogue, mais elle est plutôt le seul pays du Maghreb qui soutient toujours les peuples opprimés ».
    Selon lui la normalisation du Maroc avec l’entité sioniste accélèrera la chute de la monarchie marocaine car le » régime marocain est à la veille d’une chute historique « .
    « Menacées, les familles des soldats réduites au silence »
    Évoquant la situation militaire au Sahara occidental l’ancien officier des FAR , révèle que » Le Maroc tente de cacher la vérité sur le terrain ainsi que les pertes que subit son armée « .
    » Il y a un grande black out sur la guerre au point où les familles des soldats ont été menacées pour garder le silence quant aux décès de leurs enfants sous couvert de la sécurité nationale » , a-t-il encore révélé.
    Cependant, ajoute-t-il le black out n’est plus de mise à l’ère du numérique et des réseaux sociaux où l’on parle des pertes humaines et matérielles infligées par l’armée sahraouie dans les rangs des militaires marocains. Il a estimé que la violation par le Maroc de l’accord de cessez-le-feu, le 13 novembre dernier constituait pour le Maroc une «erreur stratégique fatale», a-t-il souligné, qualifiant l’action du Maroc à El-Guerguerat de «crime odieux» dont la responsabilité incombe aux dirigeants marocains. De son côté, Farid Boukas, chercheur, journaliste et ex-agent des services de renseignements marocains, a évoqué sur sa page Facebook une « baisse de confiance et de sérénité au sein du commandement de l’armée marocaine » après le déclenchement de la 2e guerre au Sahara occidental. Il a parlé sur sa chaîne youtube et sa page Facebook, du recrutement de 600 agents du Makhzen chargés de lancer des campagnes d’intox et de désinformation à travers les réseaux sociaux et de dénigrer la cause sahraouie, à l’intérieur et à l’extérieur du Maroc.
    L’ancien agent des renseignements marocains a, lui aussi, révélé, citant des sources fiables, que l’armée marocaine a transféré plusieurs de ses soldats gravement blessés lors des affrontements militaires avec l’armée sahraouie vers les hôpitaux de Dakhla et de Smara occupées » dans la discrétion la plus totale et camouflant la réalité de leur état. » Farid Boukas a également parlé de plusieurs cas de désertions et de désobéissance dans les casernes marocaines des territoires occupés mais aussi au Maroc » et la » mise sur écoute de plusieurs officiers » marocains. Il a aussi évoqué les difficultés pour le commandement militaire marocain de dépêcher suffisamment de troupes au Sahara occidental et de graves problèmes de logistique dont l’armement et les munitions .
    Comme beaucoup d’opposants marocains et de nombreux anciens officiers marocains réfugiés à l’étranger, il a évoqué les pressions exercées sur lui par les services de renseignements marocains et les campagnes de diffamation menées sur les réseaux sociaux à leur encontre .
    M. Bendib
    #SaharaOccidental #Maroc #Makhzen #Maghreb  #Israël #Normalisation #Algérie
  • Maroc-Israèl: Le makhzen va regretter ses relations avec le sioniste

    Le président de l’Observatoire Marocain Ahmed Wihame, averti d’emblée le danger qui menace la stabilité du maroc et de l’algerie. Ahmed Wihame, appel les peuples du Maghreb à contrer les plans sionistes qui vise la destabilisation de toute la région de l’Afrique du Nord.

    « Nous sommes face à une menace sérieuse et existentielle tant pour le Maroc que l’Algérie, voire pour toute la région du Maghreb, a souligné M. Wihmane dans un entretien à l’APS depuis Rabat. Etayant son propos concernant les dangers de cette normalisation pour les pays du Maghreb et pour l’Algérie, en particulier, il a rappelé les allégations faites par le sioniste Bernard-Henri Lévy lors d’une conférence à Marseille France, affirmant que l’Algérie est juive et française. Pour le militant marocain, il n’est pas exagéré de dire que nous assistons à la préparation d’un transfert de l’Etat d’Israël vers le Maroc, d’où la percée sioniste sans précédent dans le Maghreb et principalement dans le royaume marocain.
    Les prémices du chao des pays maghrébins
    Il a évoqué, à cet égard, plusieurs articles publiés par la presse israélienne et révélant un dangereux scénario visant la région, notamment l’article publié récemment par le journal Yediot Aharonot et faisant état d’un ancien plan sioniste remontant à 1903 et visant l’établissement de l’Etat d’Israël au Royaume du Maroc. Mis de côté après la mort du fondateur du mouvement sioniste Theodor Herzl, ce plan est exhumé aujourd’hui faute de perspectives en Palestine après l’expérience de soixante-dix ans de résistance, a expliqué le président de l’Observatoire marocain contre la normalisation. S’agissant les revendications des « juifs marocains » relatives à la récupération de « leurs biens au Maroc » en engageant de grands cabinets d’avocats, l’activiste marocain a affirmé qu’ils ne se contenteront jamais de réparations pour des bien qu’ils n’ont même pas laissé puisque qu’ils ont vendu avant de partir pour la Palestine occupée.
    Ferhath Fekrach/APS
    Algérie62, 4 jan 2021
    Tags : Algérie, Maroc, Maghreb, Israël, Normalisation, Sahara Occidental, 
  • Les accords d’Abraham ont sapé la paix indispensable avec les Palestiniens


    Par Ghassan Michel Rubeiz

    Depuis de nombreuses décennies, je préconise la paix entre Israël et les Palestiniens. ( Justice et Intifada: les Palestiniens et les Israéliens parlent de la paix, Friendship Press, 1991; Unified in Hope: les Arabes et les Juifs parlent de la paix , publications du COE, 1987). Malheureusement, j’ai vu le «processus de paix» être exploité, maintes et maintes fois, avec des tactiques évolutives pour adoucir les attitudes envers l’injustice.

    Il est difficile d’imaginer que quelque chose de bon puisse sortir d’un projet politique dirigé par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, gardien du statu quo, le président américain le plus unilatéraliste Donald Trump et certains dirigeants imprudents du Golfe arabe. Pourtant, le dernier produit de «paix» au Moyen-Orient récemment sorti de Tel-Aviv, de Washington et du Golfe a reçu une réaction plutôt favorable dans les médias occidentaux.

    Je parle des soi-disant accords d’Abraham, une récente vague d’accords de «normalisation» entre Israël et les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Soudan et le Maroc. Ces accords ont été intelligemment conçus pour influencer l’opinion publique. Ils sont présentés comme des initiatives de paix, de réconciliation (entre les communautés religieuses) et de mesures de défense justifiables contre un adversaire «belligérant» commun, à savoir l’Iran.

    Tout en critiquant surtout le président Trump, les médias occidentaux ont été indulgents envers le président américain en ce qui concerne sa politique sur Israël. Et pour les accords d’Abraham, les commentateurs américains ont donné un soutien inhabituel; le message de «paix» a été efficace. Pour illustrer, dans le numéro du 1er janvier du Washington Post, Marc A. Thiessen met en évidence les 10 meilleures choses que Trump a faites en 2020. Le chroniqueur affirme que Trump a «transformé le Moyen-Orient» avec les accords d’Abraham: le président américain a «négocié» quatre Les accords de paix israéliens. Une telle réalisation «digne d’un prix Nobel» a démontré qu’il pouvait y avoir «une paix séparée sans les Palestiniens». Le parti pris de Thiessen devient clair quand on regarde le reste ses 10 «meilleures choses»; la réalisation la plus étonnante répertoriée est «l’amélioration de la vie d’une majorité d’Américains ».Comme le reste des analystes qui trouvent des signes d ‘«espoir» dans ces accords, Thiessen n’explique pas comment Israël fait progresser la paix dans la région. En ignorant le fait qui donne à réfléchir que la population palestinienne sous la sphère de contrôle d’Israël – c’est-à-dire ceux qui vivent entre le Jourdain et la mer Méditerranée – a déjà dépassé la population juive israélienne? L’apartheid doit-il être ignoré à jamais? Comment parvenir à la paix en élargissant constamment les colonies, en élargissant les annexions, en promulguant deux poids deux mesures et en violant les accords internationaux établis sur la guerre et la gouvernance? Cliquez ici .

    On se demande comment Abraham-ic (œcuménique) sont ces accords. Le nom biblique Abraham est généralement utilisé pour mettre en évidence les points communs entre les trois religions monothéistes enracinées au Moyen-Orient: le judaïsme, le christianisme et l’islam. Les accords qui lient Israël fort à quatre pays arabes sunnites peu sûrs, censés affronter la République islamique (chiite) d’Iran, ne sont pas en harmonie avec l’esprit du patriarche de l’Ancien Testament. Abraham des temps modernes parle d’œcuménisme, pas d’accords politiques.
     
    Et dans quelle mesure ces actes de normalisation sont-ils «normaux»? Les accords d’Abraham ne constituent pas un véritable mouvement de réconciliation entre Arabes et Juifs, comme ses auteurs le prétendent. Il n’y a absolument aucun remède contre les tensions régionales, ce que font ces accords. Depuis que ces accords ont émergé, les observateurs internationaux ont regardé si Trump et / ou Netanyahu lanceraient une attaque aérienne sur les sites nucléaires iraniens. Washington et Tel Aviv poussent de plus en plus Téhéran à riposter, peut-être pour préparer le terrain à une contre-attaque collective contre la République islamique. Regardez les nouvelles quotidiennes au cours des prochaines semaines alors que Trump et Netanyahu cherchent des moyens de maintenir la légitimité, le pouvoir et l’influence.  Cliquez ici .

    Chacun des cinq États impliqués dans les accords d’Abraham a ses propres raisons de normalisation. Israël parvient à détourner l’attention du monde de son occupation en concluant des «accords» de paix avec des «Arabes modérés», c’est-à-dire des sunnites non palestiniens. Bahreïn cherche à s’abriter de l’Iran et de la montée des troubles intérieurs; à Manama, la royauté sunnite règne sur une population majoritairement chiite. Le Maroc se normalise avec Israël, en partie, afin de recevoir la reconnaissance par le président Trump de sa prétendue souveraineté sur le territoire du Sahara occidental. Washington récompense le Soudan pour sa normalisation en le retirant de la liste des États terroristes. Et Washington récompense la conformité des Émirats arabes unis en vendant à Abu Dhabi des armes lourdes et meurtrières que les émirats fragiles ont utilisé imprudemment dans la guerre désastreuse au Yémen. Cliquez ici .

    En résumé, les accords de normalisation entre Israël et les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Soudan et le Maroc sont en fait des actes de normalisation de l’injustice.

    Le printemps arabe sert de toile de fond aux accords d’Abraham. Les accords ressemblent à des mesures désespérées de la part de régimes arabes du Golfe très peu sûrs qui cherchent la protection d’un État colonial puissant. Et Israël, ironiquement l’agence de l’abri et du confort, légitime son occupation tout en se mobilisant avec les nations arabes sunnites contre l’Iran chiite.

    Marc A. Thiessen rêve-t-il d’un prix Nobel pour les accords d’Abraham?

    The Arab Daily News, 3 jan 2021

    Tags : Proche Orient, Palestine, Israël, normalisation, Maroc, Soudan, Emirats Arabes Unis, EAU, UAE, Sahara Occidental, Iran, sunnistes, chiites,

  • L'OTAN attise les tensions sur le Sahara Occidental occupé

    L’OTAN a enflammé les tensions en Afrique du Nord après que son site Web ait montré une carte avec la frontière marocaine s’étendant profondément dans le territoire occupé du Sahara occidental, a-t-on rapporté aujourd’hui.

    Le changement de frontière inattendu est apparu dans un article décrivant le programme de dotation pour l’amélioration de l’éducation en matière de défense de l’OTAN (Deep), paru pour la première fois le 14 décembre.
    Cela représente un changement par rapport aux cartes précédentes qui montrent le Maroc à l’intérieur des frontières reconnues par l’ONU, le Sahara occidental étant séparé de lui par une ligne.
    Il n’y a pas eu de déclaration officielle de l’OTAN annonçant un écart par rapport au consensus international écrasant sur le territoire, dont 80% est illégalement occupé par le Maroc.
    Mais la publication de la nouvelle carte est intervenue peu de temps après que les États-Unis aient reconnu les revendications du Maroc sur le Sahara occidental en échange de l’établissement de relations diplomatiques par Rabat avec Israël.
    Le Sahara occidental a été annexé par le Maroc et la Mauritanie en 1975 après la défaite des colonisateurs espagnols.
    Les deux nations ont signé les accords de Madrid avec le dictateur Francisco Franco en 1975 – une semaine avant sa mort.
    Le Front Polisario a proclamé la création de la République arabe sahraouie démocratique avec un gouvernement en exil situé en Algérie.
    La Mauritanie a retiré ses forces en 1979, mais le Maroc a refusé de renoncer à sa revendication sur la terre, insistant sur le fait que le Sahara occidental faisait partie intégrante du pays.
    Mais une commission d’enquête des Nations Unies a constaté que «la majorité de la population du Sahara espagnol était manifestement en faveur de l’indépendance».
    Et la Cour internationale de justice a rendu un verdict accablant rejetant la revendication du Maroc de souveraineté historique précoloniale.
    En 1991, l’ONU a négocié un cessez-le-feu sur la base que le Maroc organiserait un référendum sur l’indépendance.
    Mais le Maroc a renié l’accord et les promesses ultérieures, offrant à la place une autonomie régionale à la dernière colonie africaine.
    L’OTAN a été contactée pour commentaires.
    Morning Star, 3 jan 2021
    #Maroc #SaharaOccidental #Polisario #WesternSahara #OTAN #NATO
  • Sahara Occidental : Les FAR sous pression

    Le déclenchement de la deuxième guerre au Sahara occidental a mis à nu les faiblesses de l’armée d’occupation marocaine. Celle-ci subit depuis presque deux mois une forte pression et d’intenses attaques sur ces retranchements et autres positions par des unités militaires sahraouies.

    Chez l’état-major royal, l’attitude est au silence, au black-out généralisé. La règle imposée est claire: Interdiction absolue de diffusion de toute information sur tout ce qui se passe sur le front des combats. Cependant, à l’ère du numérique, les témoignages et les révélations foisonnent. Le régime du Makhzen ne peut plus cacher ses déboires dans ce territoire occupé par les armes.

    En plus des pertes et des dégâts constatés, on évoque une baisse de confiance et de sérénité au sein du commandement militaire marocain. Au lieu d’affronter sur le terrain opérationnel l’armée sahraouie, Rabat investit dans le virtuel, en créant une armée de mouches électroniques, dans la plus pure tradition du Tsahal, l’armée sioniste. Objectif : mener une guerre de propagande et de déstabilisation à travers des sites fantômes, des vidéos fabriqués, de fakenews, et d’histoires montées de toutes pièces.

    Ainsi, Farid Boukas, ex agent des services de renseignement marocain, actuellement chercheur, a parlé sur sa chaîne N24 diffusée sur sa page Facebook, du recrutement de 600 agents chargés de mener des campagnes, à travers les réseaux sociaux, de désinformation vis à vis de la cause sahraouie, à l’intérieur et à l’extérieur du Maroc. L’armée marocaine a transféré plusieurs de ses soldats blessés lors des affrontements militaires avec l’armée sahraouie vers les hôpitaux de Dakhla et de Smara occupées «dans la discrétion la plus totale sur leur état de santé», ajoute M. Boukas, citant des «sources fiables». Il a révélé que les FAR, forces armées royales, font face à des difficultés logistiques et d’organisation. Farid Boukas a également parlé de plusieurs cas de désertions et de désobéissance dans les casernes des territoires occupés voire même au Maroc», notamment «après la mise sur écoute de plusieurs officiers».

    L’ancien agent a évoqué également le manque en termes de soldats déployés, de vêtements, de ravitaillement, d’armes et de munition». Il a également rappelé les pertes infligées aux forces marocaines par les l’armée sahraouie durant les 50 jours de cette guerre.

    Un autre ancien militaire marocain, Abderrahim El Mernissi a mis en garde contre le complot qui se trame dans la région, soulignant que le makhzen est devenu une véritable menace pour la sécurité et la stabilité du Maghreb et de l’Afrique du nord. «Le plus grand ennemi qui menace la stabilité dans la région du Maghreb est la monarchie marocaine, notamment après avoir ouvert la voie à l’entité israélienne, avec tous les risques sécuritaires et socioéconomiques que ce pas implique pour le Royaume mais aussi ses voisins», a indiqué Abderrahim El Mernissi.

    Selon cet ex militaire, l’Algérie est «la cible principale de cette normalisation, car elle constitue le plus grand obstacle à l’entité israélienne qui tente de diverses manières, depuis des années, d’entamer sa stabilité», relevant que «les positions historiques de l’Etat algérien face aux desseins sionistes et son soutien aux mouvements de libération l’ont placée au cœur des conspirations israéliennes.» Il a également relevé «le danger des groupes extrémistes soutenus par l’entité israélienne en Afrique du Nord qui menacent la sécurité de toute la région», a-t-il fait remarquer ajoutant qu’»Israël, avec la complicité du régime du Makhzen, jouera toutes les cartes afin d’enclencher la mèche de destruction dans la région qui ne supporte pas davantage de tensions».

    Concernant la situation au Sahara occidental, il dira que «le Maroc tente de cacher la vérité sur le terrain ainsi que les pertes que subit son armée». Il a révélé qu’il y’a une grande discrétion sur ce sujet à un point où les familles des soldats victimes ont été menacées pour garder le silence quant aux décès de leurs enfants sous le couvert de la sécurité nationale. Cependant, enchaîne l’ancien militaire, tout le monde parle des pertes humaines et matérielles engendrées par l’armée sahraouie dans les rangs marocains.

    Mohamed Kouini

    Le Jeune Indépendant, 4 jan 2021

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, Polisario, Western Sahara,

  • Le journaliste Richard Miniter jouait l’espion pour le Maroc

    Tags : Maroc, Etats-Unis, Richard Miniter, Lobbying, Ahmed Benchemsi,

    Dans cet email du 14 avril 2012, Richard Miniter informe Ahmed Charai de la présence d’Ahmed Benchemsi dans une conférence à Washington sur le livre “Le Roi Prédateur” et il leur suggère de répondre á ses déclarations. “Il y a un journaliste marocain Ahmed benchemsi, qui a assisté à une conférence à DC hier et a parlé très négativement (comment le roi contrôle toute l’économie au Maroc !!!!), il a fait référence à un livre publié en France “Le Roi Predateur” ? ??. Connaissez-vous cet homme ? Comme vous le savez, Ahmed, parfois nos concitoyens croient TOUT … A mon avis, si vous ne réagissez pas rapidement, ce sujet pourrait revenir fréquemment”, dit-il.

    Charai en informe Mourad el Ghoul et lui propose de “couper très vite l’herbe sous les pieds de ses “plumitifs”…Et mettre l’accent dans un article qu’on pourra publier dans un magazine économique, sur les grandes réalisations sur le plan économique, Les investissements comparé aux pays de la région…Sans oublier la politique sociale menée par SM le Roi (là on pourra faire référence au RAMED) et qui a permis une paix sociale favorable aux investissements extérieurs”.

    Ahmed Réda Benchemsi, grande figure de la presse marocaine, aujourd’hui chercheur à l’université de Stanford, va plus loin dans un article très fouillé paru dans “Journal of Democracy”. Il y déconstruit méthodiquement le texte de cette Constitution, “écran de fumée dressé par la monarchie pour défaire le mouvement contestataire du 20 Février”. Il est directeur du plaidoyer et de la communication pour la division Moyen-Orient et Afrique du Nord de Human Rights Watch. Ahmed est également journaliste de carrière. Fondateur, éditeur et rédacteur en chef des hebdomadaires marocains les plus vendus, TelQuel et Nishan, et du webmagazine FreeArabs.com, il a été récompensé à deux reprises du meilleur journaliste d’investigation dans le monde arabe par l’Union européenne.

    La nervosité des sujets du Makhzen est palpable. Ici, un cadre de la chaîne Médi1 rapporte sur une conférence donnée par Benchemsi au Programme sur la réforme arabe et la démocratie au Centre sur la démocratie, le développement et l’état de droit (CDDRL) du Freeman Spogli Institute for International Studies intitulée “L’illusion de la démocratie : comment la monarchie absolue du Maroc a géré le printemps arabe”.

    #Maroc #Etats_Unis #Ahmed_Benchemsi #Richard_Miniter