Tag: Maghreb

  • Saudi-Turkish Clash Reinforces Tensions in the Maghreb

    Morocco notched a diplomatic win this week as the United Arab Emirates opened a consulate in the Western Sahara, where Rabat has long sought international recognition of its claim over the disputed territory. It also signaled a troubling regional shift. The hostility between Turkey and the Saudi-aligned Arab states risks embroiling the Maghreb region, much as it already complicates conflicts and politics from Libya to the Red Sea region. In North Africa, as across the greater Middle East, a widening of the Turkish-Saudi confrontation is heightening the risks of destabilization and threats to U.S. regional and counterterrorism interests.

    Read more from the source (The United States Institute of Peace)

     

     

     

     

     

    Tags : Maghreb, Turkey, Saudi Arabia, Algeria, Western Sahara,

  • Richesses naturelles et industrialisation au Maghreb

    Le destin commun du monde méditerranéen est une donnée de l’histoire. Mais entre le nord et le sud de la Méditerranée, bien des incompréhensions issues de la méconnaissance se maintiennent. Par la fréquence et la qualité de ses publications, le Centre de recherche et d’études sur les sociétés méditerranéennes (C.R.E.S.M.) met à la disposition du public francophone une abondante série d’études historiques, actuelles ou prospectives sur la vie économique, sociale et politique du Maghreb indépendant. Deux ouvrages récents devraient aider à combler le fossé des malentendus.

    Le premier porte sur la question des matières premières énergétiques et minérales au Maghreb : principalement sur le fer, les hydrocarbures et les phosphates (1). Thème d’actualité que les auteurs abordent conscients du poids stratégique considérable des richesses du sous-sol dans le procès de développement national des Etats maghrébins : ceux-ci ne se résignent à l’exportation massive de produits brutes qu’avec le souci d’acquérir les capitaux et la technologie nécessaires à la fabrication sur place de produits finis. L’aperçu historique sur les pratiques coloniales en matière de ressources minières et le rappel des données géographiques essentielles qui ouvrent le recueil permettent de mieux comprendre l’analyse des stratégies propres à chacun des pays.
    L’indépendance ne saurait se limiter à la seule maîtrise de la production plus importante est celle de la transformation des matières premières et surtout de leur commercialisation. Une étude de synthèse montre la diversité des formules associatives entre Etats producteurs et compagnies privées et leur récente évolution. Le marché des matières premières s’est constitué à l’échelle mondiale ; les regroupements internationaux, tel l’OPEP, y interviennent de façon croissante : élargissant ses perspectives, l’ouvrage se clôt donc sur l’analyse de l’influence que peuvent exercer les stratégies maghrébines sur le réaménagement en cours de l’ordre économique mondial et met une fois de plus en relief le rôle de « fer de lance du tiers-monde » qu’y joue l’Algérie.
    L’utilisation des ressources naturelles aux fins d’industrialisation, pour laquelle ont opté les pays du Maghreb, pose un problème de transfert de technologie sur quel mode et avec quel partenaire ? Dans un ouvrage qui a la clarté de présentation d’un manuel (2), Dimitri Germidis analyse minutieusement la position de la France vis-à-vis du Maghreb dans ce domaine. Soulignant la différence de choix entre l’Algérie et ses deux voisins — la première aspirant à l’autonomie technologique quand les deux autres ne souhaitent que s’intégrer au processus international de production — il indique que, malgré une vive concurrence et de nombreuses vicissitudes, les entreprises françaises conservent une place de choix dans l’industrialisation de ce pays. Au terme d’une étude menée par pays et par branche industrielle, il ne manque pas d’évoquer le danger latent d’une dépendance technologique du Maghreb, dans la perspective d’une nouvelle division internationale du travail où la France abandonnerait les activités industrielles peu sophistiquées, se réservant celles qui font appel à une main-d’œuvre très qualifiée et apportent une forte valeur ajoutée.
    C’est précisément de dépendance que traite le deuxième volume du C.R.E.S.M. (3). Ses chercheurs poursuivent l’objectif original et ambitieux de repérer, au sein du Maghreb arabe, les phénomènes de dépendance idéologique et de transfert de modèle en provenance du centre franco-européen. Dans quelle mesure et par quels engrenages des pays indépendants sont-ils conduits à reproduire les schémas culturels, institutionnels ou économiques de métropoles dont ils ont secoué, non sans de lourds sacrifices, la tutelle coloniale ? Partant de la constatation que la pénétration coloniale a durablement déstabilisé et déstructure les systèmes sociaux autochtones, les auteurs en viennent à privilégier le rôle des classes moyennes maghrébines pour le maintien et la reproduction du système capitaliste, tout en reconnaissant les difficultés d’un choix différent en l’état actuel du rapport des forces internationales. Ces trois points constituent le fil rouge que l’on peut suivre tout au long du recueil malgré la diversité des thèmes abordés : mimétisme juridique et institutionnel, développement de l’émigration, discours politique des quotidiens maghrébins. Ce dernier article, qui fait appel aux techniques les plus modernes de l’analyse de contenu et de la cybernétique, conclut à l’unité idéologique fondamentale de la presse maghrébine. Les différences ne sont pas tant marquées entre, les journaux de tendances ou de régimes opposés qu’entre une presse de langue arabe et une autre de langue française, soulignant l’importance, par-delà les frontières, de ce clivage de culture et de classe.
    Ces livres, en révélant l’incessante confrontation entre des mécanismes de dépendance et l’affirmation nationale, entre un héritage historique assumé et une domination imposée, éclairent l’ampleur des difficultés auxquelles doivent aujourd’hui faire face les Etats du Maghreb, dans leur effort de développement comme dans leur intervention sur la scène internationale.

    Christophe Batsch

    (1) Les Stratégies. des matières premières au Maghreb, ouvrage collectif, Centre national de la recherche scientifique, Paris 1976, 205 pages, 42 F.

    (2) Le Maghreb, la France et l’enjeu technologique, Dimitri Germidis, éditions Cujas, Paris, 1976, 219 pages. 34 F.

    (3) Rapports de dépendance au Maghreb, ouvrage collectif, Centre national de la recherche scientifique, Paris, 1976, 320 pages, 70 F.

    Le Monde diplomatique
  • Révolution du jasmin ou révolution du sang? A propos d’une révolution confisquée.

    Par Mounadil Al Djazaïri

    Les effluves de la révolution du jasmin ont non seulement masqué l’odeur du sang versé mais il semble qu’elles aient tourné la tête à un certain nombre de commentateurs. Côté arabe, c’est encore un enthousiasme en panne de superlatifs quoique commencent à se manifester les premiers indices de la désillusion.
    On les pardonnera bien volontiers. Mais que dire de l’article d’Olivier Roy qui écrit dans le New York Times:
    La caractéristique nouvelle de cette révolution populaire pacifique pour renverser une dictature dans le monde arabe est qu’elle n’a rien d’islamique.
    Les choses ne se sont pourtant pas passées de manière absolument pacifique et, surtout, la révolution populaire a été interrompue, peut-être provisoirement, par un pronunciamiento à l’instigation des Etats Unis.
    Et il faut simplement observer que si le mouvement de protestation est et était éminemment politique dans sa signification, il n’en était qu’au début de sa phase de politisation au moment où le président Ben Ali a été renversé. Dans des circonstances qui rappellent d’ailleurs celles qui avaient amené le même Ben Ali à déposer feu l’ex « Combattant suprême » Habib Bourguiba qui lui même avait évincé le monarque Lamine Bey.
    Ce petit détour historique est utile pour comprendre que même si les pays arabes ont d’énormes points communs, et ceux du Maghreb encore plus puisqu’il s’agit du même peuple, il n’empêche qu’ils n’ont pas une histoire identique et qu’il est improbable que l’exemple tunisien diffuse par simple « contagion » ou mimétisme (à la différence de certains comportements comme l’immolation par le feu qui ont diffusé même hors du monde arabe)..
    Le mouvement populaire tunisien est par ailleurs parti de régions qu’on peut qualifier de périphériques, à l’écart de l’énorme métropole qu’est Tunis à l’échelle du pays, de la pointe est de la Numidie, ce territoire qui cultive de temps immémoriaux le goût de la justice et de l’égalité.
    Mouvement politique donc, mais pas politisé. Et l’absence qu’évoque Roy de slogans en faveur d’un état islamique ou anti américains [alors que jusqu’à présent, c’est la France qui joue un rôle majeur en Tunisie !] nous rappelle simplement ce fait brut que la révolte est celle des pauvres et des jeunes qui cherchent précisément à avoir la possibilité de vivre plus dignement.
    Il n’y a pas eu non plus appel de la part des manifestants à nationaliser ou au contraire à privatiser des entreprises. Nous avons d’abord été devant un mouvement qui disait que c’en était assez de la république des copains et des cousins incarnée par le Rassemblement Constitutionnel Destourien (R.CD) et qu’on voulait la république de tous.
    Comment? C’est une autre affaire et c’est là normalement qu’interviennent les partis politiques qui peuvent proposer telle ou telle mise en forme idéologique de la contestation ainsi qu’une pratique en vue d’atteindre les objectifs assignés par l’idéologie.
    Or, en dehors de deux partis de figuration, les partis étaient interdits d’activité en Tunisie, interdiction que le gouvernement de M. Ben Ali a fait scrupuleusement respecter. Nous sommes donc devant une scène politique congelée depuis des années à l’intérieur du pays et qui a survécu en exil avec la présence à l’étranger de partis de gauche et du parti islamiste. Ces organisations n’ont bien entendu guère pu encadrer une jeunesse des classes populaires qui s’est trouvée à la pointe de la lutte. On relèvera en passant qu’aucun de ces partis n’a eu un impact significatif sur la communauté tunisienne en France, une communauté qui était par ailleurs fermement encadrée par le Rassemblement R.CD le parti au pouvoir aujourd’hui dissous. Il est vrai que beaucoup de muets ont soudainement retrouvé la parole…
    Si on en revient au contenu des slogans protestataires/insurrectionnels ; rappelons qu’en Iran par exemple, la société avait de longue date été travaillée idéologiquement par les Mollahs mais aussi par d’autres mouvances même si ce sont les Mollahs qui ont fini par l’emporter. En Algérie, le Front Islamique du Salut ou ses précurseurs avaient bien labouré le terrain idéologique avant d’obtenir les succès électoraux que l’on sait.
    La scène politique tunisienne a donc été congelée pendant des années et on va bien voir quels plats tenteront encore les citoyens Tunisiens une fois décongelés et lesquels seront encore comestibles. C’est là une inconnue majeure même s’il semble bien que Washington incline pour un rôle significatif des islamistes. La presse anglo-saxonne tend en effet à multiplier les articles sur le mouvement islamiste al-Nahda et, comme le signale le World Socialist Web Site, le New York Times vient même de lui consacrer un papier très favorable 
    Si la révolution a été confisquée en Tunisie, elle n’est cependant pas terminée. Les choses se noueront vraiment quand chacun des camps aura pu se mettre vraiment en ordre de marche et que les rapports de force sur le terrain pourront être évalués. En dehors du peuple révolté et de ses exigences mises en action plus qu’en mots, nous avons pour l’instant surtout l’expression des représentants des élites tunisoises, c’est-à-dire pour l’essentiel des membres de professions libérales ou des professeurs. C’est un syndicat enseignant qui appelle à la grève demain et pas un syndicat des ouvriers du bâtiment, du textile ou de l’hôtellerie.
    Comme souvent dans les révolutions, il y plus d’une révolution en même temps qui renvoient à des acteurs (à des classes sociales dirait un marxiste) différents.
    Le meilleur (ou le pire) est sans doute encore à venir pour ce pays. Si le meilleur vient, espérons le, à l’emporter, ce sera à coup sûr un exemple salutaire pour tous les peuples de la région.
  • Le Sénégal vu par Le Monde Diplomatique en 1974

    Le fonctionnement des institutions : Démocratie et parti dominant

    par Dmitri-Georges Lavroff

    ituée sur le point le plus occidental de la côte africaine, la République du Sénégal occupe une place privilégiée parmi les Etats de l’Afrique au sud du Sahara. C’est une terre de rencontre qui a su combiner harmonieusement le fonds de civilisation négro-africaine avec les apports successifs de l’islam arabo-berbère et des valeurs et techniques de l’Occident. La République du Sénégal, parce qu’elle est ouverte vers l’extérieur et constitue la porte occidentale d’une partie du continent africain, s’efforce, ayant conscience de la diversité et de la complémentarité des civilisations, d’être un lieu dans lequel la modération et l’équilibre sont des valeurs fondamentales.

    La loi-cadre du 23 février 1956 permit au Sénégal, comme aux autres anciennes colonies, de se donner une assemblée territoriale élue au suffrage universel et au collège unique, et un conseil de gouvernement.

    Avec le référendum sur l’adoption du projet de Constitution de 1958, le pays allait franchir une étape décisive de son développement politique. Il se prononça massivement en faveur de l’adoption du projet de Constitution et opta pour le statut d’Etat membre de la Communauté. La Constitution du 24 janvier 1959 établissait un régime parlementaire comportant une prépondérance de l’exécutif. Avec une assemblée élue pour cinq ans au suffrage universel direct et un gouvernement dirigé par un président du conseil responsable, la Constitution sénégalaise de 1959 adoptait la plupart des mécanismes établis par la Constitution française de 1958. En même temps, le Sénégal tenta avec le Soudan, au sein de la fédération du Mali, une expérience d’organisation fédérale pour essayer de pallier les inconvénients de la « balkanisation » de l’Afrique noire. Elle échoua : fondée au mois de janvier 1959, la Fédération du Mali éclata le 20 août 1960. Le Sénégal devenait un Etat unitaire, indépendant et souverain.

    Du modèle parlementaire au régime de type présidentiel

    La Constitution du 20 août 1960 tirait les conséquences de l’évolution politique de la République. Elle établissait un régime parlementaire très proche de celui défini par la Constitution française de 1958. Le président de la République, élu par un corps électoral comparable à celui établi alors en France, politiquement irresponsable et assurant par son arbitrage le fonctionnement régulier des institutions, exerçait les fonctions habituellement attribuées au chef de l’Etat en régime parlementaire. En face, le gouvernement dirigé par le président du conseil était investi par l’Assemblée nationale et politiquement responsable devant elle. Chargé de la détermination et de la conduite de la politique de la nation, le gouvernement assurait l’exécution des lois et disposait pour ce faire de l’administration et de l’armée.

    Quant à l’Assemblée nationale élue au suffrage universel direct pour une durée de cinq ans, elle exerçait le pouvoir législatif dans un domaine limité selon la technique de la Constitution française de 1958. L’aménagement constitutionnel mis en place contenait les germes de la crise qui devait éclater au mois de décembre 1962. Le dualisme de l’exécutif entraîna une opposition entre le président de la République, qui, bien que politiquement irresponsable, ne pouvait pas se contenter de « régner », et le président du conseil, qui devait être l’homme le plus important dans une interprétation classique du régime parlementaire. Finalement la thèse défendue par le président de la République l’emporta : il conclut que la crise avait démontré que, pour le moment, le dualisme de l’exécutif ne correspondait pas aux besoins du Sénégal.

    Le président de la République élabora un projet de Constitution qui fut soumis au référendum le 7 mars 1963. Les leçons de l’expérience passée furent effectivement tirées. Le modèle parlementaire était abandonné au profit d’une Constitution de type présidentiel. Quatre organes constitutionnels étaient créés : le président de la République, élu au suffrage universel direct pour une durée de quatre ans, gardien de la Constitution et titulaire du pouvoir exécutif ; l’Assemblée nationale, élue au suffrage universel direct au scrutin majoritaire sur une liste nationale, qui détient le pouvoir législatif ; la Cour suprême, les cours et tribunaux qui exercent le pouvoir judiciaire, et un conseil économique et social, qui a un rôle consultatif. Les rapports entre les organes étaient, en principe, dominés par la règle de séparation entre les pouvoirs, fondamentale dans le modèle présidentiel.

    La séparation des pouvoirs était effectivement respectée sur le plan organique ; le président de la République ne pouvait pas être renversé par l’Assemblée nationale et il n’avait pas le droit de la dissoudre. Par contre, il n’existait pas de véritable séparation fonctionnelle car le président de la République participait, notamment par l’initiative et le droit de recourir au référendum, à l’exercice de la fonction législative, il avait des pouvoirs exceptionnels et le pouvoir législatif de l’Assemblée nationale était limité. Ce déséquilibre en faveur de l’exécutif fut aggravé par la révision constitutionnelle du 20 juin 1967 qui attribuait, entre autres dispositions, au président de la République le droit de dissoudre l’Assemblée nationale au cours de la quatrième et de la cinquième année de son mandat.

    Dualisme de l’exécutif et « domaine réservé »

    Le 22 février 1970, le peuple sénégalais approuvait par référendum un nouveau projet de révision constitutionnelle préparé par le président de la République et soumis par lui à la Cour suprême et à l’Assemblée nationale. C’est ce texte, promulgué le 26 février 1973, qui est l’actuelle Constitution de la République du Sénégal. Les modifications importantes ainsi apportées à l’ancienne organisation transforment, à notre avis, la nature du régime présidentiel établi en 1963. La révision de la Constitution de 1963 introduit des éléments de régime parlementaire dans l’ancien cadre présidentiel. Il est probable que la crise que le Sénégal connut en 1968-1969 avec l’agitation étudiante et syndicale ainsi que la crainte des effets d’une « usure du pouvoir » résultant de la concentration de trop de responsabilités entre les mêmes mains expliquent le sens de la réforme.

    Les organes constitutionnels ne sont pas fondamentalement modifiés. Le constituant de 1970 a maintenu le président de la République qui, politiquement irresponsable devant l’Assemblée, est élu au suffrage universel direct au scrutin majoritaire à deux tours pour une durée de cinq ans. Il n’est rééligible qu’une seule fois. L’unité de l’exécutif, déclarée indispensable en 1963, n’est pas maintenue. En effet, la Constitution crée un premier ministre qui, nommé par le président de la République, est placé à la tête du gouvernement. Le Sénégal est donc revenu à un dualisme de l’exécutif, mais il est aménagé pour maintenir la suprématie du président de la République. Celui-ci est le chef de l’Etat et dispose des pouvoirs qui sont traditionnellement attribués à cette autorité (droit de grâce, nomination des ambassadeurs, attribution des décorations, etc.). En outre, et c’est là une innovation, il dispose d’un « domaine réservé » qui comprend : les affaires étrangères, la défense nationale, les relations avec le pouvoir judiciaire. Dans ces matières, le président de la République agit directement, sans contreseing ministériel. Il exerce en outre un pouvoir général d’arbitrage et de direction qui s’exprime par la nomination du premier ministre et des ministres, la dissolution de l’Assemblée nationale quand celle-ci adopte une motion de censure, par des messages qu’il peut adresser à la nation et par le recours à la Cour suprême. En période de crise, il dispose des pouvoirs très étendus que lui donne l’article 47 de la Constitution, en vertu duquel il peut prendre « toute mesure tendant à rétablir le fonctionnement régulier des pouvoirs publics et à assurer la sauvegarde de la nation à l’exclusion d’une révision constitutionnelle », « Lorsque les institutions de la République, l’indépendance de la nation, l’intégrité de son territoire ou l’exécution de ses engagements internationaux sont menacées d’une manière grave et immédiate ».

    Le gouvernement n’a pas de pouvoir autonome. Il applique la politique de la nation sous la direction du premier ministre dans tous les domaines qui ne sont pas réservés au président de la République. Il est bien évident que la nature des rapports entre le président de la République et le premier ministre est fondamentale. La Constitution établit une incontestable prédominance du premier qui, maître du domaine qui lui est réservé, contrôle le reste de la politique menée par le premier ministre, qu’il a choisi et nommé. Pourtant les choses ne sont pas aussi simples en fonction des rapports qui s’établissent entre le premier ministre et l’Assemblée nationale.

    L’Assemblée nationale est l’organe législatif. Elle est élue au suffrage universel et au scrutin majoritaire sur une liste nationale. La conséquence importante de ce mode de scrutin est l’homogénéité politique de l’Assemblée nationale, qui comprend des représentants d’un seul parti. Ses pouvoirs sont essentiellement législatifs : « l’Assemblée nationale détient le pouvoir législatif. Elle vote seule la loi » (art. 56 de la Constitution). Son domaine d’intervention est limité par la détermination de matières législatives hors desquelles elle ne peut légiférer. Les dispositions inscrites dans l’article 34 de la Constitution française de 1958 ont fait école en Afrique noire ! Elle vote le budget, donne l’autorisation de ratifier les traités internationaux, intervient dans la procédure de révision de la Constitution.

    Les organes judiciaires, dont la Cour suprême, qui est juge de la constitutionnalité, le Conseil économique et social et la Haute Cour de justice complètent ces organes constitutionnels.

    La nature constitutionnelle du régime établi par le texte de 1970 dépend des rapports entre les organes. Il y a à cet égard matière à controverse entre spécialistes de droit constitutionnel. Les hautes autorités sénégalaises ont insisté sur la nature présidentielle du régime établi. L’irresponsabilité politique du président de la République, le fait que, élu au suffrage universel, il représente la souveraineté populaire au même titre que l’Assemblée nationale, peuvent être invoqués en faveur de cette interprétation. Mais, d’un autre côté, plusieurs arguments permettent de la mettre en cause.

    Il y a le fait que la séparation organique et fonctionnelle, qui est le critère essentiel du régime présidentiel, n’est pas appliquée. Sur le plan fonctionnel, le président de la République participe à l’exercice du pouvoir législatif par l’initiative des lois, le droit de demander une seconde lecture des textes votés, la possibilité de légiférer par ordonnances soit sur habilitation, soit en vertu de ses pouvoirs exceptionnels. Sur le plan organique, la séparation des pouvoirs n’est pas non plus appliquée : le droit de dissolution de l’Assemblée nationale appartenant au président de la République est l’illustration de cette situation ; dans le même sens, le droit attribué à l’Assemblée de voter une motion de censure pour obliger le premier ministre à démissionner manifeste une interdépendance organique entre l’Assemblée nationale et un élément de l’exécutif.

    Si on devait qualifier juridiquement ce régime constitutionnel, on ne pourrait que le déclarer « sui generis ». Il y a un mélange d’éléments du régime présidentiel en ce qu’ils renforcent l’autorité du président de la République et de pratiques propres aux régimes parlementaires rationalisés. De toute manière, le problème du constituant n’est pas de faire une Constitution qui satisfasse les professeurs de droit constitutionnel désireux (il y en a) de trouver exprimés dans un texte les modèles théoriques établis par la doctrine. Il s’agit de mettre en place un aménagement juridique qui, respectant la liberté des citoyens, assure un bon fonctionnement des institutions, compte tenu des circonstances de temps et de lieu et des objectifs politiques poursuivis. A cet égard, la Constitution de 1970 paraît satisfaisante. L’existence d’un président de la République, incarnation de l’unité de la nation, statuant seul dans les domaines les plus importants, assure la stabilité. La présence d’un premier ministre, responsable devant l’Assemblée nationale et le président de la République, qui mène la politique journalière sous le contrôle des représentants du peuple, permet au président de la République de prendre du recul et d’éviter l’usure du pouvoir. Bien sûr, il ne faut pas oublier l’hypothèse théorique d’un premier ministre qui, s’appuyant sur une majorité dans l’Assemblée, s’opposerait au président de la République. Ce n’est plus alors un problème de textes mais d’hommes et de circonstances politiques.

    Le rôle de l’Union populaire sénégalaise

    Le fonctionnement du régime dépend très largement des conditions politiques, économiques et sociales dans lesquelles les mécanismes constitutionnels sont amenés à fonctionner. Les partis politiques jouent un rôle fondamental. Le nombre et la nature des partis politiques modifient le sens des règles constitutionnelles.

    Le Sénégal a, comme la très grande majorité des Etats d’Afrique noire, renoncé au pluripartisme qui était la règle au moment de l’indépendance. Il fut déclaré responsable de tous les maux : obstacle à l’unification nationale, facteur d’instabilité gouvernementale, gêne pour le développement économique, etc. Ces arguments, dont certains ont une valeur sûre et d’autres le sens d’un plaidoyer pro modo, ont conduit à la généralisation du parti unique dans les Etats d’Afrique noire. Au Sénégal, on a préféré la formule du parti dominant. Si le pluripartisme est constitutionnellement possible et s’il existe effectivement plusieurs formations, l’Union progressiste sénégalaise (U.P.S.) est le parti largement dominant. Majoritaire au moment de l’indépendance, l’U.P.S., au cours des années, a absorbé la plupart des partis d’opposition.

    Les mécanismes électoraux favorisent largement sa position dominante. Le système de l’élection sur une liste nationale fait que l’U.P.S. est certaine de conquérir tous les sièges de l’Assemblée nationale. Dès lors, les partis d’opposition, dont les chances d’une victoire électorale sont nulles, sont contraints soit à la fusion avec l’U.P.S., soit à la lutte clandestine avec les risques que cela comporte.

    La présence d’un parti dominant fait que le gouvernement est composé de ministres appartenant à une même famille politique. Ainsi les mécanismes constitutionnels perdent de leur intérêt. A quoi sert-il de prévoir, avec un grand luxe de détails, des procédures destinées à assurer une séparation entre les pouvoirs quand les membres de l’Assemblée nationale et les membres du bureau politique de l’U.P.S. délibèrent en commun des projets qui, voulus par le gouvernement, seront ultérieurement soumis à l’Assemblée nationale ? Dire du président de la République qu’il est politiquement irresponsable ne l’empêche pas d’être soumis à la confiance des membres du parti, dont les députés, en tant que secrétaire général de l’U.P.S.

    Il apparaît que les structures constitutionnelles ont surtout un rôle de légitimation juridique des décisions qui sont arrêtées par les organes du parti. Il en va ainsi à tous les niveaux. Lors des élections, le peuple ratifie le choix des candidats, que l’on sait devoir être élus, par les organes du parti. La loi est la volonté du parti, corrigée par les avis de la Cour suprême, confirmée par l’Assemblée nationale composée comme on sait. Les ministres sont les membres les plus influents du parti, et le président de la République en est le secrétaire général et le premier ministre le secrétaire général adjoint.

    Les gouvernants africains ont fait le choix d’une méthode pour concilier les impératifs du gouvernement de pays en voie de développement économique et de la construction nationale avec leur idéal démocratique. Le parti unique ou dominant présente d’incontestables avantages, mais il a l’inconvénient de faciliter les tentations autoritaires. En fin de compte, la réalisation de la démocratie ne dépend pas tellement des structures constitutionnelles, mais surtout de la volonté démocratique des dirigeants et de l’organisation démocratique du parti.

    (2) Voir les chiffres cités par J.-L. Marques, la Politique financière et le développement économique du Sénégal, thèse, Clermont-Ferrand, 1971.

    Dmitri-Georges Lavroff

    Directeur du département de droit public et science politique de l’université de Bordeaux-I.

    Le Monde diplomatique, février 1974

    Tags : Sénégal, Afrique, Maghreb, démocratie, partis politiques,

  • Despair Drives Maghreb's Youth to Migrate

    The dream of migrating to Europe has become more and more appealing to the youth of Maghreb countries after the coronavirus pandemic and the economic devastation it wrought had deepened their despair. This has led to a spike in Mediterranean crossings to Europe and caused EU countries to step up pressure on Algeria, Morocco and Tunisia to stop the illegal journeys. The fight against such migration is at the heart of EU diplomatic efforts in the Maghreb region, including a trip to Morocco on Thursday by French Interior Minister Gerald Darmanin.

    Read more from the source : Asharq Alawsat

     

     

     

     

    Tags : Maghreb, youth, migration,

  • Coronavirus : le Maghreb face à la deuxième vague

    État d’urgence prolongé au Maroc, confinement partiel en Algérie, couvre-feu en Tunisie… Le Maghreb reste l’une des zones les plus touchées par le Covid-19 en Afrique. Depuis plusieurs jours, le Maghreb est confronté à une recrudescence des cas de contamination au Covid-19. Maroc, Algérie ou Tunisie, aucun des trois pays ne fait exception. Tous font partie des dix États africains les plus touchés par la pandémie.

    Lire la suite depuis la source : Jeune Afrique

     

     

     

     

     

    Tags : Maghreb, coronavirus, covid 19, pandémie, 

  • Le sexe et les femmes au Maroc et en Algérie

    La question sexuelle et les femmes au Maghreb et en Méditerranée

    Le problème de la femme au Maghreb n’est qu’un épiphénomène d’un problème plus englobant qu’est la question sexuelle. Les femmes ne sont dominées que pour pouvoir être contrôlées dans leur sexualité (tout en contrôlant en même temps celle des hommes), sexualité devenue fondement de la hurma, c’est-à-dire de l’honneur féminin. La sexualité est prise en otage dans une joute sociale dont l’enjeu consiste à défendre l’honneur du groupe familial, placé d’abord dans la pudeur et la virginité féminines. Plus une Famille contrôle ses femmes, plus son capital de réputation augmente (sinon, c’est une mauvaise famille, famille de p…). Un vrai homme, qui « lève sa tête devant les gens » (je traduis des propos courants), c’est celui qui « a pouvoir sur ses femmes ». « Maîtrise tes femmes » est une insulte en collectivité.

    Vieux_KabyleOr, les familles sont des institutions idéologiques tout entières orientées vers le dénigrement des autres familles rivales. Il s’ensuit une compétition symbolique pour la « respectabilité », la réputation et l’honneur. Un groupe familial qui trouve moyen pour diminuer l’honneur de son adversaire ne se fait pas prier. Or, les femmes sont le point faible, la brèche que l’ennemi présente et il faut en profiter pour le descendre. « Je lui ai niqué sa femme à celui-là » disent les hommes entre eux. Et le fait de faire l’amour avec la femme du concerné n’est pas seulement un acte de plaisir ou de tendresse avec elle, c’est surtout un acte de guerre symbolique destiné à amoindrir la réputation ou, mieux, le capital d’honneur, de son mari (ou de son frère, etc.). Faire l’amour, c’est attenter gravement (et souvent délibérément) à la réputation des familles.

    Le soi-disant intérêt des hommes à dominer les femmes n’est ni économique (une femme qui reste à la maison est une charge et un gain en moins), ni politique (le pouvoir que l’on a sur les “femelles” s’avère être une charge écrasante). C’est un intérêt d’honneur, le groupe défendant son image extérieure à travers l’image qu’il veut irréprochable de ses femmes.

    Un tel système fonctionnait avec ses injustices dans une société agraire où l’on se mariait très tôt et où les groupes vivaient dans une économie relativement vivrière. Le changement social et économique a conduit à un accroissement des besoins. Un jeune homme ne se marie plus s’il n’a pas d’appartement. Une épouse accepte rarement d’être simple membre de la famille nombreuse de son mari. Mais le célibat prolongé, né des nouvelles données socio-économiques, continue à perdurer dans l’ancien système social traditionnel caractérisé par une économie de l’honneur dont les femmes sont les dépositaires.

    Les femmes étant retirées de la circulation, l’espace public est devenu de facto masculin. Mais si un jeune homme du temps du Prophète avait ses quatre épouses, si un jeune Algérien des années cinquante avait sa femme légitime, le jeune Algérien de l’an 2000 n’a plus rien pour sa sexualité (au sens large : affection, amour, sexe, etc.) car elle lui a été confisquée sans contre-partie par l’honneur de la tribu.

    Il s’ensuit une séparation terrible des sexes malgré des apparences de mixité et une famine sexuelle générale, du côté des hommes, comme du côté des femmes, enfermées ou contrôlées dans leurs déplacements. La prostitution et l’homosexualité se sont développées pour colmater une infime partie de cette demande sociale. L’état de famine générale produit des dégâts sur les enfants (pédophilie), sur les animaux (zoophilie maghrébine bien connue) et sur la santé mentale (troubles psychiatriques).chaouia1pt_1_

    Cette société a pris le soin d’adopter le système religieux qui sert ses tendances profondes. C’est l’islam orthodoxe, sunnite et malékite, qui sera élu. Rien d’étonnant car l’islam chiite, bien qu’ayant des racines historiques lointaines au Maghreb (Fatimides), est éliminé, car jugé peu ferme en matière sexuelle : il tolère le mariage de joie, c’est à dire il légitime la sexualité entre jeunes gens, chose que la logique de l’honneur ne peut admettre. Le sunnisme lui-même est expurgé de ses points jugés incompatibles : le prophète n’a-t-il pas dans un hadith célèbre et certifié autorisé ses combattants à faire l’amour avec les prisonnières, dressant par là une exception en cas d’impérieux besoins. Ce sont des côtés soigneusement oblitérés. Bref, la religion s’est trouvée ainsi instrumentée à des fins de répression sexuelle.

    L’état est composé de gens issus de la société et anthropologiquement formés à l’école de l’honneur. Ils reproduisent, dans le système judiciaire, dans les institutions de l’état et dans le fonctionnement des divers appareils, les impératifs de l’honneur. C’est ainsi que les couples non mariés sont jugés et condamnés, la présidence de la République algérienne ordonne la chasse aux couples et la justice se montre infiniment complaisante avec les criminels de l’honneur (l’idée de tuer un intrus qui a pénétré à l’intérieur de la maison, la nuit, (entendre : un homme qui a intentionnellement voulu attenter à l’honneur du groupe) est passée dans la croyance populaire comme étant un droit légitime.

    Un intellectuel a peur de parler de problème sexuel parce qu’en le faisant, il donne aussi par la même occasion le droit à sa soeur de coucher avec un étranger, ce qui équivaut à ouvrir une brèche dans son honneur social et à saper sa réputation. Les groupes rivaux se surveillent en effet et chacun n’hésite pas à entamer la réputation de l’adversaire à la moindre occasion. L’intellectuel parle alors de façon voilée de condition des femmes, mais aussi de façon euphémique, limitée et surtout politiquement correcte : personne ne pourra attaquer sa réputation avec cela. Et, bien entendu, ce n’est pas avec des euphémismes que l’on provoque les vrais changements ou les vrais débats.

    Au bout du compte, à qui profite le système ? Aux hommes? Je ne le crois pas. Ils se débattent dans une affreuse misère affective parce que les femmes auprès desquelles ils devaient prendre satisfaction sont préalablement enfermées ou limitées de déplacement et de liberté. Les femmes, et parmi elles se trouvent de grandes militantes du système traditionnel, se rabattent sur les animaux domestiques et l’homosexualité. Dans certaines cités universitaires en Algérie, les étudiantes achetaient des sacs de lait et se les faisaient déverser sur leurs poitrines avant d’appeler les chats. Je ne sais pas ce que ça fait comme sensation d’être léchée par un chat à cet endroit, mais je suis certain qu’un tel comportement est celui d’un être lésé dans ses droits humains fondamentaux, celui d’utiliser comme il l’entend son propre corps. Je ne parle pas de l’hystérie nocturne du ciel algérois, qui voit fuser jusqu’aux étoiles les youyous de la frustration féminine émanant des cités universitaires non mixtes.

    Je pense que c’est un système qui ne sert personne. Il est tout simplement devenu caduc et malade, car les conditions pour lesquelles il était engendré ont presque disparu. Il continue à fonctionner dans un autre contexte, de façon anachronique, en générant énormément de souffrance, comme un moteur d’une deux chevaux qu’on met pour un bus de voyageurs futuriste.

    Maintenant, supposons que le problème de la sexualité soit réglé, que l’honneur n’ait plus comme siège la virginité des femmes, que les groupes cessent de s’attaquer sur cette question, que les gens consentants soient publiquement tolérés et légitimés dans leur sexualité. Pensez-vous que les femmes seraient interdites/limitées de déplacements, de travail, de liberté, etc. ???.

    Je ne le crois pas. Ce sera l’avènement d’une autre société, avec sûrement d’autres inégal ités, d’autres combats à faire, mais pas celui-là. Il y aura le chômage, la lutte pour l’emploi, etc. mais jamais d’enfermement, de limitation de déplacement ou de liberté.

    En définitive, cette condition n’est que la conséquence pratique de la question sexuelle. Alors, il faut arrêter de dire que les hommes dominent les femmes pour profiter de je ne sais quels privilèges. Que les hommes ont tout et les femmes rien. Qu’est ce qu’ils ont et qu’ils n’auraient pas sans cette domination ? Arrêter de faire de miséreux affectifs et sexuels des sultans divinement privilégiés, à la faveur d’un imaginaire grossièrement orientaliste. Car les femmes ne sont jamais mieux dominées que par d’autres femmes (Voir le rapport mères/filles par exemple). Mais surtout parce que si les femmes sont enfermées, c’est à cause de ce quelque chose qu’elles portent entre leurs jambes ! La société maghrébine a eu l’idée la plus saugrenue sur la terre qui consiste à placer son honneur justement là ou il ne fallait pas. La femme n’est donc partout sanctionnée qu’en tant que porteuse de sexe (et source de déshonneur possible pour tout le groupe). Pas en tant que femme. Mais cette sanction, déteint sur l’homme, ce qu’on oublie de souligner. En l’absence de femmes, il n’aime pas, il ne travaille pas, il ne baise pas, il souffre, il devient agressif et prêt à être enrôlé dans les fanatismes les plus sanguinaires.

    Naravas

    Source : Angles de vue, 20 janvier 2008

    Tags : Maroc, Algérie, Mauritanie, Tunisie, Libye, Egypte, monde arabe, Islam, musulmans, sexe, femme, virginité, Maghreb, société,

  • Le «grand retour» de l’Algérie sur la scène internationale (Afrique-Asie)

    Le mensuel d’analyse politique, économique, sociale et culturelle «Afrique-Asie» a consacré à l’Algérie, un pays qui «tient à sa souveraineté et à son rôle d’Etat pivot» dans le monde, un article intitulé «Le grand retour de l’Algérie sur la scène internationale». D’emblée, l’auteur de l’article écrit : «Ceux qui avaient parié sur le repli de l’Algérie sur elle-même suite à une année de Hirak, une crise économique générée par la chute des prix des hydrocarbures et la pandémie de la Covid-19, auront été pour leurs frais.»

    Il a ajouté : «Contrairement aux Cassandres médiatiques, issus majoritairement du microcosme néocons, qui n’avaient cessé de surfer sur ces questions dans l’espoir de déstabiliser un pays qui tient à sa souveraineté et à son rôle d’Etat pivot notamment dans le Maghreb, la Méditerranée, l’Afrique sub-saharienne et dans le reste du monde, l’Algérie est non seulement debout, mais s’en sort plutôt mieux que la plupart des pays avancés, que ce soit dans la lutte contre la pandémie, la diversification de son économie et l’application de la feuille de route concernant la réforme de ses institutions et la révision de sa constitution. Mais aussi et surtout par son rôle grandissant dans le concert des nations.» Il a rappelé que le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a entamé, après son investiture à la tête de la magistrature suprême, la mise en œuvre des réformes structurelles qu’il avait inscrites dans son programme de campagne, surtout, la révision de la Constitution, affirmant que désormais «la machine à réformer est en marche».

    «Cet engagement pour une nouvelle république solidaire et prospère, qui s’inspire des fondamentaux du 1er Novembre et qui se traduit par une mise en application des revendications politiques, sociales, économiques du ‘‘hirak béni’’, a mis en échec les tentatives déstabilisatrices de certaines officines étrangères qui manipulaient les courants les plus nihilistes au sein du hirak», estime-t-il. Il a souligné que Tebboune a, dès son élection, clairement défini les grandes lignes de sa politique étrangère, née «dans la guerre de libération nationale, quand une délégation du FLN avait participé à la Conférence de Bandung en 1955» et qui a comme fondements la «non-ingérence, le respect du droit international, la construction d’un nouvel ordre politique et économique mondial, le droit des peuples à l’autodétermination et le soutien aux peuples colonisés».

    Concernant la question libyenne, «Afrique-Asie» a indiqué que «la conférence de Berlin sur la Libye, en janvier dernier, a donné une tribune mondiale à l’Algérie à travers laquelle, le nouveau Président a fait entendre la voix de son pays. Il y a réaffirmé ce qu’il avait toujours répété, à savoir qu’il revient aux seuls Libyens -tous les Libyens sans exclusive- de prendre leur destin en mains, avec l’aide des pays voisins».

    Une diplomatie active

    Parallèlement, ajoute-t-il, «la diplomatie algérienne s’active sur le front malien, indissociable du front libyen», rappelant que «le président Tebboune a dépêché son ministre des Affaires étrangères à Bamako à deux reprises en quelques semaines pour proposer l’activation du plan algérien de paix et de réconciliation, à la demande de toutes les parties maliennes, y compris la nouvelle junte militaire», et ajoutant que «même la France, embourbée dans les sables mouvants du Sahel, est désormais demandeuse de l’assistance d’Alger». «Afrique-Asie» a aussi mentionné que le retour de l’Algérie sur la scène internationale «a été également confirmé par la récente visite du secrétaire à la Défense américain, Mark Esper, la première d’un aussi haut responsable américain depuis 2006 (visite de Donald Rumsfeld)».

    «Cette visite historique, qui intervient dans une période charnière de l’histoire des Etats-Unis, soit près d’un mois avant l’élection présidentielle capitale, prévue le 3 novembre, n’est pas du goût de certains médias américains adeptes du régime change, un concept cher aux mal-nommés printemps arabes et révolutions de couleur», a-t-il fait remarquer, citant le cas du «New York Times», «un média qui s’est très souvent trompé dans ses analyses, particulièrement lorsqu’il s’agit du monde arabe qu’il voit à travers ses lunettes sionistes».

    Sud Horizons, 6 oct 2020

    Tags : Algérie, diplomatie, Libye, Mark Esper, Maghreb, Méditerranée, Afrique subsaharienne, Mali, Sahel, terrorisme, lutte antiterroriste, 

  • Sahara Occidental : L’intransigeance du Maroc menace toute la région (Ould Breidelleil)

    MOHAMED YEHDIH OULD BREIDELEIL : LA POSITION DU MAROC AU SAHARA OCCIDENTAL, SON INTRANSIGEANCE ET SON REJET DE TOUTE SOLUTION RAISONNABLE , MENACE TOUTE LA RÉGION .- INTERVIEW

    Dans un entretien exclusif avec le Département Recherche et Etudes du Comité de rédaction du Portail Diplomatique, le grand penseur Mohamed Yahdih Ould Breideleil a abordé les différents aspects du conflit au Sahara Occidental: Dangers découlant de l’intransigeance marocaine et de son rejet d’une solution pacifique au conflit; L’horizon étroit de la présence française au sahel ; Et les relations entre les peuples sahraoui et mauritanien.

    Mohamed Yahdih Ould Breideleil, grand écrivain et historien à dimension stratégique, ancien ministre mauritanien et homme politique chevronné, a écrit de nombreux ouvrages en arabe et en français sur les questions du monde arabe, du Maghreb et de l’Afrique, en particulier la région du Sahel.

    Ould Breideleil est l’un des pionniers de l’illumination intellectuelle qui a éclairé le paysage culturel et médiatique de la Mauritanie après l’indépendance. Il est également un penseur ascétique connu pour ses positions progressistes et son plaidoyer pour les questions de libération.Il est diplômé de l’École supérieure de journalisme de la ville française de Lille….

    Pour lire l’integralit » de l’interview : Akhbar Nouadhibou

    Source : adrar.info 

    Tags : Sahara Occidental, Front Polisario, Maroc, Mauritanie, Sahel, Maghreb,

  • Maghreb region’s solid insurance sector growth to continue, says A.M. Best

    AM Best has released a new report, “The Maghreb – One Region, Three Unique Insurance Markets,” which examines the long-term prospects of the three insurance markets of the region. Despite the countries being so close whilst having many commonalities, the insurance markets of Morocco, Algeria and Tunisia couldn’t be more different when it comes down to their economics, demographics and culture. The long-term prospects of the insurance markets of the Maghreb region have reached above global standard, as well as demonstrating solid growth trajectories over the past five years.

    Read more from the source : Reinsurance News

     

     

     

     

     

    Tags : Maghreb, insurance,