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Tag: Etats Unis
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Trump à MBS: "Coupez la production ou perdez le soutien militaire US"
Alors que les États-Unis mettaient sous pression l’Arabie saoudite pour qu’elle mette fin à sa guerre des prix du pétrole avec la Russie, le président Donald Trump a lancé un ultimatum aux dirigeants saoudiens.« Lors d’une conversation téléphonique, le 2 avril, Donald Trump a déclaré au prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane qu’au cas où l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) ne commencerait pas à réduire la production de pétrole, il ne pourrait pas empêcher les législateurs américains d’adopter une loi autorisant le retrait des troupes américaines du royaume », ont déclaré à Reuters quatre sources proches du dossier.La menace de renverser une alliance stratégique de 75 ans qui n’a pas été signalée auparavant, était au cœur de la campagne de pression américaine qui a conduit à un accord mondial historique pour réduire l’offre de pétrole alors que la demande s’effondrait sur fond de la pandémie de coronavirus.Donald Trump a transmis le message au prince héritier saoudien dix jours avant l’annonce de coupes dans la production du pétrole.Pris de court par cette menace, le chef de facto du royaume a ordonné à ses collaborateurs de quitter la salle afin de poursuivre la discussion en privé, selon une source américaine qui a été informée de la discussion par de hauts responsables de l’administration.Cet effort a illustré le fort désir de Donald Trump de protéger l’industrie pétrolière américaine d’une chute des prix historique alors que les gouvernements fermaient leurs frontières au monde entier pour lutter contre le coronavirus.Cela reflétait également un renversement révélateur des critiques de longue date de Trump contre le cartel qu’il a critiqué pour avoir augmenté les coûts énergétiques des Américains avec des coupures d’approvisionnement qui entraînent généralement une hausse des prix de l’essence. Maintenant, Trump demande à l’OPEP de réduire la production.Un haut responsable américain a déclaré à Reuters que l’administration avait informé les dirigeants saoudiens que sans une réduction de la production, « il n’y aurait aucun moyen d’empêcher le Congrès américain d’imposer des restrictions qui pourraient conduire à un retrait des forces américaines de l’Arabie saoudite ». L’officiel a résumé l’argument, avancé par divers canaux diplomatiques, en disant aux dirigeants saoudiens: « Nous défendons votre industrie pendant que vous détruisez la nôtre. »Reuters a interrogé le président américain sur les pourparlers, dans une interview mercredi soir à la Maison-Blanche au cours de laquelle il a abordé un éventail de sujets concernant la pandémie. Lorsqu’on lui a demandé s’il avait dit au prince héritier que les États-Unis pourraient retirer leurs troupes d’Arabie saoudite, Trump a répondu: « Je n’ai pas eu à le lui dire… Je pensais que lui et le président Poutine, Vladimir Poutine, étaient très raisonnables. Ils savaient qu’ils avaient un problème, puis cela s’est produit. »Interrogé sur ce qu’il a dit au prince héritier Mohammed ben Salmane, Trump a déclaré: « Ils avaient du mal à conclure un accord. Et je l’ai contacté par téléphone et nous avons pu conclure un accord » pour des réductions de production.Le bureau de presse du gouvernement saoudien n’a pas répondu à une demande de commentaires. Un responsable saoudien qui a préféré rester anonyme a souligné que l’accord représentait la volonté de tous les pays de l’OPEP + qui comprend l’OPEP plus une coalition dirigée par la Russie.« L’Arabie saoudite, les États-Unis et la Russie ont joué un rôle important dans l’accord de l’OPEP + sur les coupes pétrolières, mais sans la coopération des 23 pays qui y ont pris part, cela ne serait pas arrivé », a déclaré le responsable saoudien qui a toutefois refusé de commenter les discussions entre les dirigeants américains et saoudiens.Une semaine avant la conversation téléphonique entre Donald Trump et Mohammed ben Salmane, les sénateurs républicains américains Kevin Cramer et Dan Sullivan avaient déposé une loi visant à retirer toutes les troupes américaines, les missiles Patriot et les systèmes de défense antimissile du royaume à moins que l’Arabie saoudite ne réduise la production de pétrole.Le soutien à cette mesure a pris de l’ampleur au milieu de la colère du Congrès face à la guerre des prix du pétrole saoudienne. Le royaume avait ouvert les robinets en avril, déclenchant un flot de brut dans l’approvisionnement mondial après que la Russie ait refusé d’approfondir les réductions de production conformément à un précédent pacte d’approvisionnement de l’OPEP.Cramer, le sénateur républicain du Dakota du Nord, a déclaré à Reuters qu’il avait parlé à Trump de la législation visant à retirer la protection militaire américaine à l’Arabie saoudite le 30 mars, trois jours avant que le président n’appelle le prince héritier saoudien.Interrogé pour savoir si Donald Trump a dit à l’Arabie saoudite qu’il pourrait perdre le soutien militaire américain, le secrétaire américain à l’Énergie, Dan Brouillette, a déclaré à Reuters que le président se réservait le droit d’utiliser tous les outils pour protéger les producteurs américains, y compris « notre soutien à leurs besoins de défense ».Le partenariat stratégique saoudo-américain remonte à 1945, lorsque le président des États-Unis Franklin D. Roosevelt a rencontré le roi saoudien Abdel Aziz Ibn Saoul à bord de l’USS Quincy, un croiseur de la Marine. Ils ont conclu un accord : la protection militaire américaine en échange de l’accès aux réserves de pétrole saoudiennes.Aujourd’hui, les États-Unis ont environ trois mille soldats dans le pays et la cinquième flotte de la Marine américaine protège les exportations de pétrole de la région.Source : Press TV, 1 mai 2020Tags : Arabie Saoudite, Pétrole, Etats-Unis, OPEP, Russie, Donald Trump, pandémie, coronavirus, covid-19, production, MBS, -
Trump à MBS: “Coupez la production ou perdez le soutien militaire US”
Alors que les États-Unis mettaient sous pression l’Arabie saoudite pour qu’elle mette fin à sa guerre des prix du pétrole avec la Russie, le président Donald Trump a lancé un ultimatum aux dirigeants saoudiens.« Lors d’une conversation téléphonique, le 2 avril, Donald Trump a déclaré au prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane qu’au cas où l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) ne commencerait pas à réduire la production de pétrole, il ne pourrait pas empêcher les législateurs américains d’adopter une loi autorisant le retrait des troupes américaines du royaume », ont déclaré à Reuters quatre sources proches du dossier.La menace de renverser une alliance stratégique de 75 ans qui n’a pas été signalée auparavant, était au cœur de la campagne de pression américaine qui a conduit à un accord mondial historique pour réduire l’offre de pétrole alors que la demande s’effondrait sur fond de la pandémie de coronavirus.Donald Trump a transmis le message au prince héritier saoudien dix jours avant l’annonce de coupes dans la production du pétrole.Pris de court par cette menace, le chef de facto du royaume a ordonné à ses collaborateurs de quitter la salle afin de poursuivre la discussion en privé, selon une source américaine qui a été informée de la discussion par de hauts responsables de l’administration.Cet effort a illustré le fort désir de Donald Trump de protéger l’industrie pétrolière américaine d’une chute des prix historique alors que les gouvernements fermaient leurs frontières au monde entier pour lutter contre le coronavirus.Cela reflétait également un renversement révélateur des critiques de longue date de Trump contre le cartel qu’il a critiqué pour avoir augmenté les coûts énergétiques des Américains avec des coupures d’approvisionnement qui entraînent généralement une hausse des prix de l’essence. Maintenant, Trump demande à l’OPEP de réduire la production.Un haut responsable américain a déclaré à Reuters que l’administration avait informé les dirigeants saoudiens que sans une réduction de la production, « il n’y aurait aucun moyen d’empêcher le Congrès américain d’imposer des restrictions qui pourraient conduire à un retrait des forces américaines de l’Arabie saoudite ». L’officiel a résumé l’argument, avancé par divers canaux diplomatiques, en disant aux dirigeants saoudiens: « Nous défendons votre industrie pendant que vous détruisez la nôtre. »Reuters a interrogé le président américain sur les pourparlers, dans une interview mercredi soir à la Maison-Blanche au cours de laquelle il a abordé un éventail de sujets concernant la pandémie. Lorsqu’on lui a demandé s’il avait dit au prince héritier que les États-Unis pourraient retirer leurs troupes d’Arabie saoudite, Trump a répondu: « Je n’ai pas eu à le lui dire… Je pensais que lui et le président Poutine, Vladimir Poutine, étaient très raisonnables. Ils savaient qu’ils avaient un problème, puis cela s’est produit. »Interrogé sur ce qu’il a dit au prince héritier Mohammed ben Salmane, Trump a déclaré: « Ils avaient du mal à conclure un accord. Et je l’ai contacté par téléphone et nous avons pu conclure un accord » pour des réductions de production.Le bureau de presse du gouvernement saoudien n’a pas répondu à une demande de commentaires. Un responsable saoudien qui a préféré rester anonyme a souligné que l’accord représentait la volonté de tous les pays de l’OPEP + qui comprend l’OPEP plus une coalition dirigée par la Russie.« L’Arabie saoudite, les États-Unis et la Russie ont joué un rôle important dans l’accord de l’OPEP + sur les coupes pétrolières, mais sans la coopération des 23 pays qui y ont pris part, cela ne serait pas arrivé », a déclaré le responsable saoudien qui a toutefois refusé de commenter les discussions entre les dirigeants américains et saoudiens.Une semaine avant la conversation téléphonique entre Donald Trump et Mohammed ben Salmane, les sénateurs républicains américains Kevin Cramer et Dan Sullivan avaient déposé une loi visant à retirer toutes les troupes américaines, les missiles Patriot et les systèmes de défense antimissile du royaume à moins que l’Arabie saoudite ne réduise la production de pétrole.Le soutien à cette mesure a pris de l’ampleur au milieu de la colère du Congrès face à la guerre des prix du pétrole saoudienne. Le royaume avait ouvert les robinets en avril, déclenchant un flot de brut dans l’approvisionnement mondial après que la Russie ait refusé d’approfondir les réductions de production conformément à un précédent pacte d’approvisionnement de l’OPEP.Cramer, le sénateur républicain du Dakota du Nord, a déclaré à Reuters qu’il avait parlé à Trump de la législation visant à retirer la protection militaire américaine à l’Arabie saoudite le 30 mars, trois jours avant que le président n’appelle le prince héritier saoudien.Interrogé pour savoir si Donald Trump a dit à l’Arabie saoudite qu’il pourrait perdre le soutien militaire américain, le secrétaire américain à l’Énergie, Dan Brouillette, a déclaré à Reuters que le président se réservait le droit d’utiliser tous les outils pour protéger les producteurs américains, y compris « notre soutien à leurs besoins de défense ».Le partenariat stratégique saoudo-américain remonte à 1945, lorsque le président des États-Unis Franklin D. Roosevelt a rencontré le roi saoudien Abdel Aziz Ibn Saoul à bord de l’USS Quincy, un croiseur de la Marine. Ils ont conclu un accord : la protection militaire américaine en échange de l’accès aux réserves de pétrole saoudiennes.Aujourd’hui, les États-Unis ont environ trois mille soldats dans le pays et la cinquième flotte de la Marine américaine protège les exportations de pétrole de la région.Source : Press TV, 1 mai 2020Tags : Arabie Saoudite, Pétrole, Etats-Unis, OPEP, Russie, Donald Trump, pandémie, coronavirus, covid-19, production, MBS, -
Opération Kony – Une croisade américaine en Afrique
Une vidéo peut-elle déclencher une guerre en Afrique? Ce documentaire enquête sur un film caritatif controversé de 2012 devenu viral et demande si la vidéo et la chasse dirigée par les États-Unis au seigneur de guerre ougandais Joseph Kony ont servi de couverture aux opérations militaires américaines en Afrique.
C’était une sensation sur Internet: la vidéo “Kony 2012” publiée par le groupe à but non lucratif Invisible Children a généré des millions de clics en quelques jours et a profondément ému les téléspectateurs du monde entier.
Ce documentaire examine le contexte de son succès. Il conclut que la vidéo a servi les intérêts géopolitiques américains plus que n’importe quelle campagne de bienfaisance, fournissant un prétexte pour une opération militaire dans une région stratégiquement importante de l’Afrique.
Au printemps 2014, les journalistes Étienne Heger et Boris Huver se sont rendus dans la région d’Obo en République centrafricaine pour rendre compte de la chasse des États-Unis et de ses alliés africains à Joseph Kony, le célèbre dirigeant ougandais de la Lord’s Resistance Army.
En 2018, Jean-Baptiste Renaud a poursuivi ses enquêtes en Ouganda et aux États-Unis. Là, il a découvert comment un réseau de groupes religieux et de politiciens associés au mouvement évangélique a profité de la tragédie du recrutement d’enfants soldats par Joseph Kony pour faire avancer un programme évangélique profondément fondamentaliste en Ouganda.
Tags : Ouganda, Uganda, Etats-Unis, USA, Joseph Kony, Lord’s Resistance Army,
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Focus sur les formes de coopération marocco-américaine
Etiquettes : Maroc, Etats-Unis, USA, coopération,
1-1 Le Maroc aux regards des opérateurs américains
1-1-1 Genèse sur les relations du Maroc avec les Etats-Unis
Ray Maxwell note que « Les relations entre les Etats Unis et le Maroc sont solides et séculaires, et tout laisse à penser qu’elles continueront de se raffermir davantage dans le futur » (1) , Lors de sa visite au Maroc, il a entretenu des divers discussion notamment avec le ministre des affaires étrangères et de la coopération, Saâd Dine El Otmani, le ministre de l’économie et des finances, Nizar Baraka, le ministre de la communication, porte-parole du gouvernement, Mustapha El Khalfi, cette visite du responsable américain s’inscrivait dans le cadre du partenariat stratégique et des consultations régulières menées par les responsables des deux pays afin d’échanger les points de vue sur un nombre de questions d’intérêt commun. Quand à l’économie, les opérateurs économiques américains visent la mise en place de trois actions principales pouvant attirer davantage l’investisseur américain(2) :
1) Instaurer un système légal et régulateur basé sur l’Etat de droit : favoriser des projets de financement comportant l’attribution légale des droits, des risques et des obligations incorporées dans les contrats.
2) Mettre en place un système financier ouvert qui favorise la désintermédiation bancaire et qui facilite l’accès des intervenants potentiels à la place financière locale.
3) Offrir un traitement égal des entités étrangères : réformer les lois régissant l’investissement international, la liberté des transferts, des capitaux et l’accès aux finances internes.
4) Favoriser un climat des affaires sains, La corruption et le risque concomitant aux prêts, aux coûts importants, sont tous des entraves à l’investissement étranger américain au territoire économique marocain.
1.1.2 La conclusion de l’accord de libre échange avec les Etats-Unis
L’accord de libre échange signé avec les Etats-Unis entrée en vigueur le 1èr janvier 2006, il couvre tous les secteurs de l’activité économique et à vocation à développer l’ensemble des échanges entre les deux pays. Il porte en effet sur le commerce des biens (produits agricoles et de la pêche, produits industriels, dont les textiles et vêtements) et le commerce des services (tourisme, services financiers, télécommunications,). Il porte également sur les aspects liés à la protection de la propriété intellectuelle, les marchés publics ainsi que sur les questions à caractère social et environnemental. Les dispositions de l’Accord Maroc / Etats-Unis couvrent, en 22 chapitres, un large éventail de domaines :
• Les dispositions de démantèlement tarifaire, les mesures sectorielles spécifiques, le traitement des obstacles au libre échange, les mesures de garantie d’accès au marché et de sécurité des investissements des opérateurs des pays respectifs, et enfin les règles d’administration et de gestion de l’accord ;
Concernant le démantèlement tarifaire, l’accord prévoit un calendrier de démantèlement dissymétrique sur 20 ans ;
• L’accord prévoit un traitement asymétrique en faveur du Maroc pour tous les produits, à l’exception des textiles. Ainsi l’accord prévoit un démantèlement des droits de douane selon le schéma suivant :
-Pour les produits industriels, hors textile : les droits de douane ont été
immédiatement éliminés pour la quasi intégralité de ces produits dès l’entrée en vigueur de l’accord, le reste étant éliminé sur une période maximale de 9 ans.– Pour les produits textiles et vêtements : les droits de douane sont éliminés sur une période maximale de 6 ans.
– Pour les produits agricoles et agroindustriels : les droits de douane sont éliminés sur une période maximale de 18 ans.
Concernant les principaux objectifs attendus de l’accord, on peut les résumer dans les points suivants :
• libéraliser les échanges de biens et de services et faciliter les investissements entre les 2 pays ;
• Le Maroc, souhaitait avant tout faciliter l’accès au marché américain pour ses secteurs clés, dont le textile, le cuir, l’agroalimentaire et les produits de la pêche, en second lieu attirer les investissements américains et enfin faciliter le transfert de technologies ;
• les Etats-Unis souhaitaient l’ouverture des marchés agricoles protégés, tels que celui des céréales, le renforcement de la compétitivité des produits américains vis-à-vis des produits européens.
• Attirer au Maroc les investissements étrangers, vecteurs de modernisation de l’industrie marocaine et de l’emploi : l’accord représente un formidable moyen d’attirer les investissements directs étrangers au Maroc, vecteurs de modernisation de l’industrie marocaine par les transferts de technologies/ savoir-faire et de développement de l’économie par la création d’emplois.
• Faciliter l’accès au marché américain pour les entreprises marocaines, les États-Unis demeurent un partenaire incontournable et un marché de premier plan pour toute économie qui s’internationalise. Cet accès facilité représente, pour les sociétés qui sauront développer leurs exportations, une opportunité pour :
• Augmenter leurs ventes et leurs bénéfices ;
• Optimiser l’utilisation de leurs capacités de production excédentaires ;
• Accroître leur compétitivité;
• L’accord prévoit un traitement asymétrique en faveur du Maroc pour tous les produits, à l’exception des textiles. Ainsi l’accord prévoit un démantèlement des droits de douane selon le schéma suivant :
– Pour les produits industriels, hors textile : les droits de douane ont été
immédiatement éliminés pour la quasi intégralité de ces produits dès l’entrée en vigueur de l’accord, le reste étant éliminé sur une période maximale de 9 ans.– Pour les produits textiles et vêtements : les droits de douane sont éliminés sur une période maximale de 6 ans.
– Pour les produits agricoles et agroindustriels : les droits de douane sont éliminés sur une période maximale de 18 ans.
Concernant les principaux objectifs attendus de l’accord, on peut les résumer dans les points suivants :
• libéraliser les échanges de biens et de services et faciliter les investissements entre les 2 pays ;
• Le Maroc, souhaitait avant tout faciliter l’accès au marché américain pour ses secteurs clés, dont le textile, le cuir, l’agroalimentaire et les produits de la pêche, en second lieu attirer les investissements américains et enfin faciliter le transfert de technologies ;
• les Etats-Unis souhaitaient l’ouverture des marchés agricoles protégés, tels que celui des céréales, le renforcement de la compétitivité des produits américains vis-à-vis des produits européens.
• Attirer au Maroc les investissements étrangers, vecteurs de modernisation de l’industrie marocaine et de l’emploi : l’accord représente un formidable moyen d’attirer les investissements directs étrangers au Maroc, vecteurs de modernisation de l’industrie marocaine par les transferts de technologies/ savoir-faire et de développement de l’économie par la création d’emplois.
• Faciliter l’accès au marché américain pour les entreprises marocaines, les États-Unis demeurent un partenaire incontournable et un marché de premier plan pour toute économie qui s’internationalise. Cet accès facilité représente, pour les sociétés qui sauront développer leurs exportations, une opportunité pour :
• Augmenter leurs ventes et leurs bénéfices ;
• Optimiser l’utilisation de leurs capacités de production excédentaires ;
• Accroître leur compétitivité;
a-1) Echanges commerciaux avant la conclusion de l’accord de libre échange
Répartitions par origine des importations des biens et services
Les échanges commerciaux avec les Etats-Unis ne représentaient que 4% de volume des échanges du Maroc avec le reste du monde, une proportion qui ne reflète guerre les ambitions commerciales des deux parties en comparaison bien évidemment par d’autres partenaires commerciaux. L’initiative de la conclusion de l’accord était pour objectif l’encouragement des échanges à la base des intérêts économiques communs.
Le volume des importations avant la conclusion de l’accord de libre échange n’a pas dépassé les 580 millions de dollars, ainsi que les produits de l’échange ne concernaient que les produits chimiques, plastiques, Médicaments, équipement médicaux, tissu en coton, les biens d’équipement médicaux, les produits des technologies de l’information, le papier et le carton.
Pour les exportations marocaines en provenance des Etats-Unis, elles ne dépassaient pas les 276 millions de dollars entre 2001-2005, et ne concernent que le Phosphate, les conserves, les vêtements confectionnés, les engrais, les agrumes, articles en cuir, appareillage électrique, les pièces automobiles.
La balance commerciale entre le Maroc et les Etats-Unis était déficitaire et déséquilibré entre les deux Etats, ainsi que les échanges commerciaux étaient limitées et n’ont pas multipliés et ce, avant la conclusion de l’accord de libre échange entré en vigueur en 2006.
Selon le ministère du Commerce extérieur, la part des Etats-Unis dans les échanges commerciaux varie très légèrement sur la période 2001-2005. Elle oscille pour les importations et les exportations entre 3% et 4%. Ce qui est très peu.
En 2005, le Maroc a importé pour une valeur de 6 milliards de DH et exporté pour 2,5 milliards de DH, soit 2,5 fois moins que la valeur des importations, avec un taux de couverture de 41%. Loin derrière la France et l’Espagne, principaux partenaires du Royaume, les Etats-Unis sont par ordre d’importance le 7ème fournisseur du pays et le 8ème client durant la période 2001-2005.
a-2) Echanges commerciaux après la conclusion de l’accord de libre échange
L’Accord de Libre Echange a permis au Maroc et aux USA d’éliminer les droits de douane sur plus de 95 pc des biens échangés et d’augmenter à une certaine cadence leurs échanges commerciaux, mais ses résultats demeurent en deçà des aspirations des opérateurs marocains et américains compte tenu des réelles potentialités des deux pays.
Les échanges commerciaux entre les deux pays se sont chiffrés en 2011 à 3,79 milliards de dollars. Quelque 120 entreprises américaines opèrent actuellement au Maroc, où elles ont investi près de 2,2 milliards de dollars et créé plus de 100.000 emplois directs et indirects.
Pour accélérer la cadence des échanges et des investissements dans le cadre de l’ALE, les Etats-Unis s’engagent à débloquer la somme de 1,5 million de dollars en termes d’assistance pour stimuler les investissements privés américains dans le marché marocain, promouvoir le développement économique local et renforcer le cadre légal et réglementaire, indique-t-on de source proche du Département d’Etat.
Les échanges commerciaux ont connu une diversification accrue entre les deux pays âpres la mise en œuvre de l’ALE Maroc-Etats-Unis, les opérateurs des deux pays ont essayé de multiplier leurs produits en provenance des deux pays en profitant mutuellement deux avantages, le premier est lié à l’accès libre à la quasi-totalité des produits industriels marocains sur le marché américain, et le deuxième est lié aux préférences importante pour les produits dont lesquels le Maroc dispose un fort potentiel.
IMPORTATIONS EN PROVENANCE DES ETATS-UNIS
Les échanges commerciaux ont connu une diversification accrue entre les deux pays âpres la mise en œuvre de l’ALE Maroc-Etats-Unis, les operateurs des deux pays ont essayé de multiplier leurs produits en provenance des deux pays en profitant mutuellement deux avantages, le premier est lié à l’accès libre à la quasi-totalité des produits industriels marocains sur le marché américain, et le deuxième est lié aux préférences importante pour les produits dont lesquels le Maroc dispose un fort potentiel.
Principaux produits importés des Etats Unis

L’impact de l’ALE sur les recettes douanières
Il s’agit particulièrement de se positionner par apport à 2015et d’adopter un démantellement tarifaire totale des droits d’importations sur les acquisitions en provenance des Etats –Unis d’Amérique avec lequel le Maroc à signé un accord de libre échange.
La simulation consiste à modifier les taux nominaux des droits d’importation générés au niveau de la calibration du modèle. La configuration des démantèlements simulés est schématisée comme suit1:
Si l’U.E représente notre principal partenaire commercial, avec plus de 70% de nos échanges commerciaux, les parts des autres pays avec lesquels le Maroc a conclu des accords de libre-échange (les pays arabes, les USA et la Turquie) demeurent faibles et ne dépassent guère 5% de nos échanges.
De même, le démantèlement des droits de douane constitue un manque à gagner fiscal pour le budget de l’Etat, ce qui pourrait contribuer à l’aggravation du déficit budgétaire et la réduction des capacités d’investissement de l’Etat en infrastructures.
Dans le but de mesurer ces différents effets interactifs, seuls les modèles calculables d’équilibre général sont mieux appropriés à effectuer une telle analyse.
La suppression des droits de douane sur les importations en provenance des partenaires commerciaux du Maroc affecte en premier lieu les recettes douanières qui subiraient une baisse de 40%, cette baisse s’explique par l’importance des échanges du Maroc avec les principaux partenaires avec lesquels un libre-échange de marchandises est prévu notamment l’UE. Le deuxième effet direct de l’application des accords de libre-échange est la baisse des prix à l’importation des biens en provenance des pays concernés. Ces baisses sont généralement autant importantes que la protection fut grande à l’année de base.
L’impact de l’accord sur l’attractivité des IDE dans le territoire national
Les accords de libre échange visent l’amélioration de l’attractivité des investisseurs étrangers en vue de faire du Maroc une plate-forme de production et d’exportation ce qui pourrait contribuer à la création des emplois et des distributions des revenus supplémentaires en vue d’améliorer le bien-être des consommateurs ainsi que la contribution à la réduction du déficit structurel de la balance commerciale.
Pour l’ALE Etats-Unis Maroc, quelques 120 entreprises américaines opèrent actuellement au Maroc, où elles ont investi près de 2,2 milliards de dollars et créé plus de 100.000 emplois directs et indirects.
Le volume de flux de l’investissement américain au territoire national apparaît faible par rapport aux IDE provenant des autres pays, l’accord n’a pas bien servi l’opérateur américain pour venir s’installer au Maroc.

En dépit d’une conjoncture régionale difficile et de la crise économique, notamment au niveau des principaux pays émetteurs d’investissements directs étrangers américains vers le Maroc, les flux des investissements directs étrangers (IDE) vers le Royaume ont mieux résisté en 2011 que dans la plupart des autres pays.
L’impact de l’accord sur les entreprises nationales naissantes
La conclusion de l’accord comportait des risques divers, notamment la fragilisation des branches de production non compétitives par l’accroissement de la concurrence des produits importés et partant des pertes d’emplois et l’aggravation de chômage et de la pauvreté, surtout en milieu rural.
Vue le nombre réduit des firmes américaines implantées dans le territoire nationale, nos en entreprises constituées essentiellement des PME et PMI, de TPE et TPI n’ont pas été infectées soit au niveau des parts de marché ou au niveau de leur compétitivité.
Bilan de l’ALE Maroc-Etats-Unis
- L’accord a principalement donné lieu à l’augmentation des importations en provenance des Etats-Unis (céréales, combustibles, machines), qui ont presque triplé depuis 2005.
- Le Maroc a pu augmenter ses exportations de phosphates (en profitant notamment de la hausse des cours mondiaux) et de machines électriques vers les États-Unis mais globalement le différentiel commercial avec les États-Unis a relativement augmenté.
- Un développement des exportations plus rapide côté américain et une exploitation modeste de l’accord coté marocain.
- Les cent vingt entreprises ouvertes par des Américains au Maroc ont créé plus de 100000 emplois au niveau national depuis l’ALE.
- les importations américaines de biens en provenance du Maroc ont atteint 1 milliard de dollars. Les investissements étrangers directs des États-Unis au Maroc étaient de 350 millions de dollars en 2011, a dit l’USTR (le représentant des Etats-Unis de Commerce Extérieur).
Retombées de l’Accord
On constate que cet ALE n’a pas abouti à une hausse des exportations vers les Etats-Unis
au niveau espéré par notre pays. Ce qui pourrait être expliqué par 4 types de difficultés :
- En premier lieu, des difficultés structurelles. Le Maroc pâtit en effet, d’une faible compétitivité prix due à un taux de change Dirham / Dollar défavorable, d’une faible productivité et des coûts élevés des facteurs de production. Par ailleurs, la structure de l’appareil productif marocain ne permet pas de servir des commandes de taille importante et les faiblesses logistiques constituent un frein supplémentaire aux exportations vers les Etats-Unis.
- En second lieu, les entreprises marocaines ne connaissent pas suffisamment le marché américain par manque de veille commerciale sur ce marché. Elles ne maîtrisent pas non plus suffisamment les normes techniques, sanitaires et phytosanitaires applicables aux Etats-Unis.
- Le Maroc fait également face à un déficit d’image et de promotion des produits marocains aux Etats-Unis, tant auprès des décideurs que des consommateurs. Les moyens de promotion alloués se révèlent d’ailleurs insuffisants pour le marché américain.
- Et en dernier lieu, des écarts culturels, aussi bien la barrière de la langue que la culture commerciale et la conduite des affaires.
Or les opérateurs économiques nationaux déclarent que l’écart en faveur des États-Unis,
s’explique par certaines entraves à l’exportation rencontrées par les opérateurs marocains,
notamment :
- Risque de taux de change (sensibilité des exportations au cours du dollar américain).
- Qualité et production marocaines encore méconnues aux États-Unis.
- Problèmes logistiques : absence de ligne maritime vers les États-Unis et délais encore relativement longs pour la livraison des produits.
- Normes techniques et sanitaires amé- ricaines parfois contraignantes.
1-1-4 Les extensions de l’Accord
- Le 5 Décembre 2012, Le ministre de l’Industrie, du commerce et des nouvelles technologies, Abdelkader Amara, a coprésidé, mercredi à Washington, la 3è réunion du Comité conjoint de l’Accord de libre échange (ALE) Maroc-USA, dont les travaux ont abordé les moyens de dynamiser cet accord et promouvoir davantage les exportations marocaines et les investissements américains dans le Royaume.
- Les accords ont été conclus lors de la troisième réunion du comité conjoint dans le cadre de l’Accord de libre échange (ALE) entre les États-Unis et le Maroc, qui est entré en vigueur le 1er janvier 2006.
- Les textes des accords inclut également de nouveaux engagements qui reflètent certaines innovations et pratiques nouvelles développées après la signature de l’ALE en 2004, comme la soumission préalables d’informations avant l’arrivée des biens exportés et le payement électronique des droits douaniers, taxes et autres frais pour expédier le transit douanier des biens exportés.
La réunion était une occasion d’évoquer plusieurs points qui continuent d’entraver le commerce bilatéral et de revenir sur la question du déficit de la balance commerciale entre les Etats-Unis et le Maroc, étant donné que les exportations marocaines vers le marché US se limitent actuellement à quelque 900 millions de dollars, contre 3,5 milliards pour les exportations américaines.
La partie marocaine a fixé deux objectifs à atteindre d’ici 2016, qui marquera le 10ème anniversaire de l’entrée en vigueur de l’ALE, à savoir l’augmentation des investissements américains au Maroc de 130 millions de dollars actuellement à un milliard de dollars, et la promotion des exportations marocaines vers le marché US pour atteindre 3 milliards de dollars à l’horizon 2016.
1. Le sous-secrétaire d’Etat adjoint américain chargé du Maghreb, Ray Maxwell, 07/02/2012 (MAP)
2. M. Robert Mallet, ancien secrétaire-adjoint au Département américain de Commerce
3. Les modèles calculables d’équilibre général sont devenus, au cours des dernières années, des outils importants et incontournables d’analyses des politiques économiques de développement. Ils sont de plus en plus utilisés pour évaluer et quantifier les effets de diverses politiques économiques de commerce extérieur, d’intégration économique régionale, de commerce intérieur, de réformes fiscales et de taxation, de politiques environnementales entres autres.
4. Nation la Plus Favorisée
5. Impacts des accords de libre échange (modèle calculable d’équilibre générale), rapport réalisé par le ministère de l’industrie, du commerce et des nouvelles technologies, département de commerce extérieur, page 27, février 2009.
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Projet de vaccin développé: Berlin s’insurge
Le gouvernement allemand a accusé les États-Unis d’avoir tenté de s’approprier un projet de vaccin contre le coronavirus développé par un laboratoire allemand, et prévenu qu’il ferait tout pour qu’il soit développé en Europe. L’Allemagne “n’est pas à vendre”, a protesté le ministre de l’Économie Peter Altmaier sur la chaîne de télévision publique ARD.
Et son homologue de l’Intérieur Horst Seehofer a confirmé la véracité des informations publiées le même jour par le quotidien allemand Die Welt sur une tentative du Président américain Donald Trump de faire main basse sur un laboratoire allemand en lui proposant une très grosse somme d’argent. “Je peux juste dire que j’ai entendu aujourd’hui à plusieurs reprises de la part de membres du gouvernement que c’est exact”, a-t-il dit lors d’une conférence de presse. Il a annoncé dans la foulée que le sujet serait abordé lundi par le “comité de crise” du gouvernement chargé de piloter la lutte contre l’épidémie de coronavirus, qui a touché à ce jour en Allemagne près de 5.000 personnes et fait 12 morts.
Un laboratoire au cœur de la crise
Au centre du bras de fer : le laboratoire allemand CureVac, situé à Tubingen dans le sud-ouest du pays. Il est un de ceux dans le monde qui travaillent sur un vaccin contre le Covid-19, en bénéficiant de subventions du gouvernement allemand. Il affirme être “à quelques mois” de pouvoir présenter un projet pour validation clinique. Selon le journal allemand, le Président américain, Donald Trump, essaie d’attirer à coups de millions de dollars des scientifiques allemands travaillant sur ce potentiel vaccin ou d’en obtenir l’exclusivité pour son pays en investissant dans l’entreprise. Ce vaccin serait alors “seulement pour les États-Unis”, a affirmé au journal une source proche du gouvernement allemand.
Un représentant gouvernemental américain, cité par l’AFP, a estimé que cette affaire était “grandement exagérée”. Parlant sous couvert de l’anonymat, il a indiqué que Washington avait parlé à plus de 25 laboratoires pharmaceutiques et assuré que “toute solution qui viendrait à être trouvée serait partagée avec le reste du monde”. La réalité est toutefois que le P.- DG de la société allemande a été personnellement invité par le Président américain le 3 mars à la Maison Blanche pour discuter d’”un développement rapide d’un vaccin contre le coronavirus”, selon un communiqué de ce laboratoire. La société CureVac a annoncé une semaine plus tard le départ surprise de ce PDG, sans donner de raison .C’est qu’entretemps la résistance s’est manifestement organisée côté allemand, et notamment au sein de l’entreprise concernée, face aux velléités américaines.
La lutte contre le coronavirus est une tâche qui concerne l’humanité toute entière
Le ministre allemand de l’Economie s’est ainsi félicité de la “décision formidable” de CureVac de refuser les avances américaines. Un responsable de l’entreprise, Franz- Werner Haas, a confirmé pour sa part l’intérêt deWashington mais a affirmé qu’il n’y avait pas eu d’”offre d’achat”. Le président du parti libéral allemand (FDP), Christian Lindner, s’en est lui pris directement à Donald Trump. “En période électorale tous les moyens sont bons manifestement pour le président américain”, soucieux de s’assurer la gloire du premier vaccin, a-t-il dit.
“La lutte contre le coronavirus est une tâche qui concerne l’humanité toute entière, il n’y a pas de place pour l’égoïsme”, a-t-il ajouté. “Il faut à tout prix empêcher la vente exclusive d’un éventuel vaccin aux États- Unis, il y a des limites au capitalisme”, lui a fait écho un responsable du parti social-démocrate, membre de la coalition gouvernementale allemande, Karl Lauterbach. Berlin a jugé “très important de pouvoir produire des vaccins en Allemagne et en Europe”, et prévenu qu’il pouvait mettre son veto à des projets d’investissement dans des entreprises nationales jugées stratégiques. “Le gouvernement a la possibilité d’examiner de près des acquisitions d’entreprises allemandes par des Etats étrangers, surtout s’il en va des intérêts de sécurité de l’Allemagne et de l’Europe”, a averti le ministère de l’Économie.
L’OMS prédit une accélération des décès dus au coronavirus en Europe
L’Europe fera face à davantage de décès causés par le Covid-19 dans un proche avenir, a estimé le représentant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) Tarik Jasarevic, y apportant ses explications. “La flambée des cas en Italie a pris plus de temps que dans les autres pays européens, c’est pourquoi la majorité des patients soit se rétabliront soit mourront. Dans d’autres Etats européens qui sont à un stade plus précoce de l’épidémie, le nombre de décès peut augmenter dans les prochains jours ou semaines”, a-t-il déclaré. D’après M. Jasarevic, les experts de l’OMS ne sont pas encore en mesure de prédire quand adviendra le pic des infections en Italie. Néanmoins, plusieurs personnes décédées étaient tombées malades il y a deux ou trois semaines. Une forte augmentation de trois à des centaines de cas en quelques jours a limité la capacité de l’Italie à surveiller les contacts et à les isoler.
“Le fait qu’un certain nombre de cas dans le nord de l’Italie n’avaient pas eu de relation épidémiologique claire est devenu un problème important. Ceux qui ont trouvé la mort à cause du Covid-19 avaient en moyenne été contaminés il y a deux ou trois semaines”, a précisé le spécialiste. La barre des 2.000 décès dus au nouveau coronavirus en Europe a été franchie dimanche, portant le bilan à plus de 6.000 morts à travers le monde, où les confinements de populations et les fermetures de frontières se multiplient. L’Italie a fait état dimanche de 368 décès en l’espace de 24 heures, soit un chiffre largement supérieur à ce que la Chine annonçait quotidiennement, même au plus fort de l’épidémie.
Le Midi Libre, 17 mars 2020
Tags : coronavirus, vaccin, allemagne, Etats-Unis, USA, Organisation mondiale de la santé, OMS, Tarik Jasarevic,
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La Turquie s’est-elle simplement sacrifiée pour protéger Al-Qaïda ?
Par Matthew Ehret − Le 1er mars 2020 − Source Strategic Culture
Après que trente-trois soldats turcs ont été tués dans une offensive de l’armée syrienne le 27 février dans le cadre de la campagne actuelle de libération d’Idlib soutenue par la Russie, Erdogan a répondu en rejetant entièrement la faute sur la Russie et la Syrie – en évitant avec succès toute mention du fait inconfortable que la Turquie a protégé – et continue – des réseaux terroristes radicaux non seulement à Idlib, mais dans toute la Syrie pendant des années.
Pendant ce temps, les forces islamistes en Turquie, favorables au renversement d’Assad, ont tenté de jouer un jeu complexe de géopolitique pour lequel elles ne sont absolument pas qualifiées.
La Turquie impliquée jusqu’au cou
L’un des membres les plus sauvages de l’OTAN, la Turquie se préparait à l’origine à entrer dans l’Union européenne avec la promesse du contrôle régional du Moyen-Orient en tant que membre fidèle du Nouvel Ordre Mondial. Cette ambition pour un Empire ottoman ressuscité a fait d’Erdogan un ardent défenseur des changements de régime au Moyen-Orient et, comme la journaliste Eva Bartlett l’a documenté pendant des années, a entraîné la Turquie dans le rôle de fournisseur de logistique, de matériel militaire, de formation et de soutien monétaire aux divers groupes terroristes, des groupes se faisant passer pour des combattants de la liberté face au régime d’Assad.
Lorsque cette politique a failli faire en sorte que la Turquie soit rayée de la carte géopolitique régionale après avoir abattu un avion russe dans l’espace aérien syrien le 24 novembre 2015 – les allégations selon lesquelles il aurait volé dans l’espace aérien turc ont été réfutées depuis longtemps – Erdogan a commencé à changer de ton, d’abord en envoyant une lettre d’excuses à Poutine le 27 juin 2016, avec laquelle il a commencé à changer radicalement son comportement. Pour ce revirement politique, la Turquie a été remerciée par Washington avec un coup d’État à l’échelle nationale lancé par des partisans de l’étrange agent de la CIA, Fethullah Gülen, le 15 juillet 2016.
Cette lourde leçon d’humilité, genre tarte à la crème, a apporté une dose de raison à la Turquie, qui a atténué sa rhétorique de changement de régime en Syrie, ouvert des voies diplomatiques avec celle-ci et la Russie, réduit de nombreuses opérations de soutien à État islamique – en particulier son rôle en tant que principal acheteur du pétrole volé par ISIS dans les champs pétroliers syriens – et s’est installée avec un rôle plus modeste dans la région… mais pas entièrement.
Une partie des négociations d’Astana en 2017 – et plus tard des négociations Russie-Syrie-Turquie-Iran à Sotchi – ont impliqué la création par la Turquie de 12 postes d’observation militaire dans la province d’Idlib, ce qui a porté à 29 les installations militaires turques à Idlib, déjà importantes.
Ce qu’ils faisaient là-bas n’a jamais été abordé dans la presse occidentale, mais en 2017, Brett McGurk, envoyé présidentiel spécial de la Coalition mondiale contre ISIS, a déclaré lors d’un forum sur la politique au Moyen-Orient que « la province d’Idlib est le plus grand refuge d’al-Qaïda depuis le 11 septembre … » Dans un rare moment de lucidité en 2014, même le bredouillant Joe Biden a admis que la Turquie était un sponsor majeur d’État islamique. Pour cela il a été dûment réprimandé et a ensuite présenté ses excuses. Tous les signes de ce genre d’honnêteté ont depuis longtemps disparu de l’esprit de Biden, laissant Tulsi Gabbard comme la seule figure présidentielle aujourd’hui à avoir soulevé ce fait inconfortable.
En opposition aux demandes d’Ankara de suspendre l’opération anti-terroriste en cours à Idlib, allant jusqu’à menacer d’une guerre avec la Russie, les forces syro-russes ont continué à toute vitesse avec un grand succès sachant que si cette dernière zone d’insurgés est nettoyée, alors toutes les menaces terroristes résiduelles de la région peuvent être définitivement éliminées, et la reconstruction pourra commencer. Ce n’est pas un secret que cette reconstruction sera guidée dans une large mesure par un nouveau partenariat avec la Russie et la Chine dans la région, qui ont offert des milliards de dollars et une assistance technique pendant des années, apportés dans le cadre de l’initiative Belt and Road. Ce projet concerne directement l’Iran, l’Irak et la Syrie, qui seraient tous transformés par cette initiative de plusieurs milliers de milliards de dollars.
Retour à la crise actuelle
En réponse aux menaces hurlées par Ankara, le ministère russe des Affaires étrangères a répondu clairement en soulignant deux points : premièrement, la Turquie a refusé de donner suite à sa part d’engagement dans l’accord de Sotchi de 2018 sur Idlib, qui exigeait une séparation des terroristes (mauvais) et des modérés (bons), ce qu’elle n’a absolument pas fait, et deuxièmement, l’armée turque n’a fait aucun effort pour modifier l’emplacement de ses forces, ce qui est étrange étant donné qu’une opération militaire active était en cours. Quoi qu’il en soit, comme l’a déclaré Lavrov, «l’armée syrienne a certainement [le] plein droit de riposter et de réprimer les terroristes».
En réponse aux morts turcs, Ankara a invoqué l’article 4 de l’OTAN en convoquant une réunion des 29 ambassadeurs des alliés de l’OTAN qui, espérait-il, entraînerait une zone d’exclusion aérienne au-dessus d’Idlib et un soutien de la défense aérienne US avec des missiles Patriot. Pour augmenter la pression, Erdogan a même tenté de faire chanter ses alliés de l’OTAN en jouant la carte des immigrés, menaçant pour la première fois depuis quatre ans d’ouvrir sa frontière nord aux millions de réfugiés « syriens » [et beaucoup autres, NdSF] qui souhaitent se rendre en Europe par voie terrestre et maritime. Après la crise de l’immigration de 2015-2016, qui a vu des millions de réfugiés affluer en Europe, venant de nations déchirées par la guerre en Libye et en Syrie, la Turquie avait accepté de fermer sa frontière nord, ce qui a eu pour conséquence que 3,7 millions de réfugiés syriens sont concentrés dans des camps turcs où ils souffrent d’hivers froids, d’un faible niveau d’assainissement et souvent de pénurie alimentaire.
Les menaces d’Erdogan n’ont pas abouti au résultat escompté, car l’OTAN a simplement publié un message écrit de condamnation de l’offensive, mais rien de plus. À ce stade, l’analyste militaire Scott Ritter a déclaré que «à un moment où l’OTAN se concentre sur la confrontation avec la Russie dans les pays baltes, l’ouverture d’un deuxième front contre les Russes en Syrie n’est pas quelque chose que l’alliance était prête à soutenir en ce moment».
On ne sait pas comment l’Europe répondra à ce nouvel assaut de réfugiés, mais le fait est qu’ils ne peuvent pas faire grand-chose pour faire reculer les forces russes et syriennes ou saboter le succès de l’opération d’Idlib à ce stade du conflit. Si les pays européens souhaitent obtenir les meilleurs résultats dans ce jeu de longue haleine, la meilleure chose qu’ils pourraient faire est d’accepter le flux d’immigrants à bras ouverts et d’ignorer les cris d’indignation d’Ankara. En donnant à la Russie et à la Syrie l’espace politique et militaire nécessaires pour éradiquer définitivement le terrorisme à Idlib, le Moyen-Orient se rapprochera beaucoup plus d’une véritable stabilisation et d’une possibilité de reconstruction complète. Cela, à son tour, créerait une dynamique positive de croissance et de stabilité qui inaugurerait le retour des réfugiés syriens vivant à l’étranger, qui participeraient fièrement à la renaissance de leur pays.
Matthew Ehret
Tags : Turquie, OTAN, Etats-Unis, terrorisme, Al Qaïda, Daech, daesh, Idelb, Syrie, Russie,
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Les américains soumettent au Maroc leur projet de résolution sur le Sahara Occidental avant de le proposer au Groupe d’Amis
Tags : Maroc, Sahara Occidental, Etats-Unis, Conseil de Sécurité, Rosemary DiCarlo,

Apparemment, depuis 2013, les américains soumettent leur projet de résolution sur le Sahara Occidental au représentant du Maroc auprès de l’ONU.
Selon une note envoyée par Mohamed Loulichki en date de 10 avril 2014, Rosemary DiCarlo, Représentant Permanent Adjoint des Etats-Unis, qui s’occupe habituellement du dossier du Sahara, lui a remis le projet de résolution initial préparé par les Etats-Unis, concernant la question du Sahara Occidental. Une copie du projet est jointe à la lettre.
DiCarlo a indiqué qu’elle a souhaité partager ce projet avec le Maroc et attendre ses commentaires avant de le remettre au Groupe des Amis.
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Ralph Boussier, avocat et diplomate pour le Maroc
Monsieur Yassine MANSOURI
Directeur Général de la DGED
MAROCPAR MAIL
Paris, le 3 octobre 2011
RB /FL
AFFAIRE : ROYAUME DU MAROC / CONSULTATION
N/REF : 20060149
Monsieur le Directeur Général,
A la suite de mon séjour à WASHINGTON des 22 et 23 septembre derniers, je souhaitais par la présente vous faire un compte-rendu des éléments intéressants des rencontres auxquelles j’ai assistées en présence de mon Confrère Tom WOLF, ainsi que de deux américains d’origine marocaine, ce qui était particulièrement positif.
La première rencontre a eu lieu avec le Congressman LANCE que depuis trois ans je rencontre à chacun de mes déplacements.
Ayant été réélu l’année dernière, il a en charge une nouvelle Commission qu’est la Commission Energie et il apprécie particulièrement le Royaume. C’est un Républicain.
Celui-ci se tient à notre disposition pour tout échange sur l’énergie et je lui ai vanté le programme de Sa Majesté sur l’énergie solaire et je m’interroge sur, le cas échéant, sur la pertinence de lui faire rencontrer Monsieur BAKHOURI.
Nous sommes également allés voir Monsieur Keith ELLISON qui est un ami de l’actuel Ambassadeur à RABAT et qui est élu du même Etat.
Puis nous avions rendez-vous avec les deux américains d’origine marocaine pour aller déjeuner avec l’ensemble des élus de Virginie, la rencontre étant organisée par la Chambre de Commerce de Virginie.
C’est dans ces conditions que nous avons pu rencontrer le Sénateur Mark WARNER, ainsi que le Congressman GOODLATTE, le représentant des Républicains en Virginie Eric CANTOR qui est un élu, comme vous le savez, important puisqu’il est le leader de la majorité et nous nous sommes entretenus également avec l’un de ses proches collaborateurs pour envisager une rencontre avec ce Congressman qui est aujourd’hui, semble-t-il, quelqu’un avec qui il faut compter.
Aux termes de ce déjeuner, nous sommes allés rencontrer la collaboratrice d’un élu du Delaware en la personne de Monsieur GARNEY.
Nous l’avons sensibilisée sur les relations qui existaient déjà entre le Delaware et le Maroc, puisque cet Etat est un importateur significatif de Clémentine de la région d’AGADIR.
Aux termes de cette journée, nos deux amis américains d’origine marocaine nous ont quittés.
Le lendemain, avec Tom WOLF, nous avons rencontré le Sénateur COONS qui est Sénateur du Delaware et qui était très sensible à la présentation que nous avons faite du Maroc.
Puis nous sommes repassés voir une autre collaboratrice du Congressman Eric CANTOR, ce qui a permis de refaire une présentation du Maroc.
Aux termes de ces différentes rencontres très informelles, il nous est apparu nécessaire à Tom WOLF et à moi-même de faire un mail de remerciements après notre visite, dont je vous soumets le texte en annexe et que j’aimerais bien pouvoir, après votre validation, faire adresser par Tom WOLF à tous nos interlocuteurs.
Par ailleurs, ces deux journées m’ont inspiré une réflexion, à savoir qu’il est très facile, ce qui est une particularité très américaine, de pouvoir rencontrer et d’échanger avec l’ensemble des congressman et qu’il suffirait de se faire un programme en ce sens pour que chaque mois Tom WOLF aille avec un américain d’origine marocaine et, le cas échéant, une personnalité marocaine qui viendrait avec eux rendre visite à plusieurs congressman ce qui permettrai, au bout de six mois, d’avoir rencontré plus d’une vingtaine de Parlementaires de façon tout à fait informelle et de leur communiquer des éléments de langage pour, le cas échéant, leur permettre de briller vis-à-vis de leurs autres collègues ou leur permettre de faire des exposés sur le Maroc, en fonction des thématiques que nous aurons choisies.
Bien entendu, à cela s’ajoute la possibilité de leur organiser au Maroc des colloques dans le cadre de l’EGE ou d’autres cadres que nous pourrions organiser.
Le dernier point sur lequel je souhaite attirer votre réflexion est un point que je viens de découvrir à l’occasion de ce déplacement, la possibilité d’organiser au Maroc des soirées de collectes de fonds pour les futurs élus américains.
La législation américaine le permet et nous pourrions tester cela avec Tim KAINE, dès le mois de décembre prochain.
Bien entendu pour que le déplacement soit rentable pour un élu, il faudrait au moins être capable de réunir une vingtaine d’américains qui seraient à même, chacun, de régler au moins 5.000 Dollars ou l’équivalent, ce qui serait significatif pour le candidat aux élections américaines.
Je pense que Tim KAINE est le plus facile à utiliser comme test et pourrait être le premier, mais bien entendu si ceci vous paraît possible, rien n’empêche de multiplier ces soirées collectes de fonds dans différentes villes du Maroc et bien entendu avec uniquement des américains qui sont susceptibles d’être électeurs.
Je me tiens bien entendu à votre disposition pour tout renseignement complémentaire et je vous joins le projet de mail que j’ai évoqué ci-dessus.
Dans l’attente de vous rencontrer,
Je vous prie de recevoir, Monsieur le Directeur Général, l’expression de ma très haute considération.
P.J. : Projet de mail.
Tags : Maroc, Ralph Boussier, diplomatie, Etats-Unis,
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Syrie : Erdogan tombe dans le piège israélo-américain
Syrie vs Turquie. Et l’Otan?
La politique contemporaine turque est fort complexe. D’un côté ses aspirations souverainistes ne sont pas à démontrer. D’un autre, une vision ouvertement pro-islamiste d’une partie notable de ses élites actuelles, alliée au membership otanesque, constituent ensemble un cocktail de choc, pouvant exploser à tout moment tellement les ingrédients le composant sont infernaux. Les événements en cours dans la Syrie voisine, notamment dans la province d’Idlib, le confirment pleinement.
Si l’islamisme fait bien souvent bon ménage avec l’atlantisme, du moment que cela arrange les intérêts géopolitiques de chacun, le souverainisme eurasien ne peut se joindre aux deux premiers. Telle est, en très bref, la particularité de la Turquie d’Erdogan. En termes de perspectives, ce jeu turc de la double, voire de la triple chaise, ne risque-t-il pas tout simplement d’anéantir les projets ambitieux d’Ankara?
Alors que l’islamisme politique et le soutien aux divers groupes extrémistes, y compris salafistes, contredit effectivement l’héritage laïc d’Atatürk, les rapports qu’entretient Erdogan avec l’Otan sont eux aussi, pour le moins… très particuliers. Lorsqu’il s’agit de s’adonner à des aventures militaires en Syrie ou en Libye, Ankara ne coordonne pas vraiment ses actions avec ses alliés otanesques. Et ne fait qu’agir selon ce qu’elle considère ses propres intérêts. Mais du moment qu’elle se retrouve face à des forces capables de la stopper, comme c’est le cas aujourd’hui en Syrie – elle active immédiatement le bouton «Help» auprès de ses partenaires de l’Otan. Tel un adolescent jouant au dur devant ses camarades, pour après les appeler au secours car ayant reçu une riposte digne de ce nom. Une virilité alliée à l’anti-virilité absolue en un seul package.
Donc ce que fait en réalité la Turquie, c’est d’entamer des actions sans concertation avec ses alliés de l’Otan dans un premier temps, mais au moindre souci crier quant à la nécessité pour eux de la faire protéger. Un jour contre la Syrie du président Assad, un autre contre la Russie de Poutine, demain ce sera peut-être quelqu’un autre. Peut-être même la Chine où la Turquie tente d’instrumentaliser depuis un bon moment le prétendu problème ouighour.
En d’autres termes: je suis fort, je n’ai besoin de personne. Et puis tout à coup: venez me protéger! Le souci pour Ankara c’est qu’en continuant à jouer à ce jeu, elle risque, au final, de perdre toute la mise. La Turquie, faisant qu’on le veuille ou non, partie de la grande famille eurasienne, pouvait profiter des opportunités qui lui étaient offertes par les puissances mondiales et régionales indépendantes, que ce soit la Russie, l’Iran ou la Chine. Elle avait aussi une occasion unique d’aller dans le sens de la normalisation des relations avec la République arabe syrienne – et un premier pas avait été fait en ce sens en janvier dernier lorsque les chefs des services de renseignement syriens et turcs s’étaient rencontrés à Moscou, formalisant ainsi leur premier contact depuis le début de la guerre qui fut imposée à la Syrie. Désormais et au vu des événements en cours à Idlib, notamment l’engagement turc en faveur des terroristes déclarés, y compris ceux d’Al-Qaida, c’est gâché.
C’est d’ailleurs l’idée partagée par le parti politique turc Vatan, selon lequel si la Turquie lance une guerre contre la Syrie, elle peut tomber dans un piège préparé par les Etats-Unis et Israël et perdre des alliés comme la Russie, la Chine, l’Iran et l’Irak – une annonce qui a été faite le 26 février dernier.
Effectivement, le temps est venu pour que la Turquie d’Erdogan fasse un choix. Et non plus un choix situationnel, mais bel et bien sur du moyen-long terme. A défaut de quoi, elle risque de perdre tout.
Aussi, et plus particulièrement dans la situation en cours en Syrie, il serait difficile de ne pas aborder l’approche hypocrite et ouvertement malhonnête de l’establishment occidental – étasunien en tête, européiste en bon suiveur. A savoir que lorsqu’Ankara avait lancé son offensive contre les forces kurdes – alliées des USA, ce même establishment criait au scandale, menaçant même la Turquie de sanctions. Désormais, ces mêmes silhouettes jurent leur solidarité avec Ankara à Idlib (et donc approuvent aussi les actions des terroristes) contre les forces gouvernementales syriennes. Un monde de fous direz-vous? Et ce ne serait pas loin de la vérité.
Quoiqu’il en soit, ni l’Otan, ni l’Occident en général ne sauveront pas la Turquie. C’est un fait. L’histoire retiendra tout de même que la Turquie d’Erdogan, lorsque cela l’arrange, adore appeler au secours ses alliés otanesques, y compris si pour cela il faut les mettre en péril. Concernant la partie islamiste de la question, l’histoire retiendra aussi que la Turquie d’Erdogan a choisi de défendre des extrémistes de la pire espèce, y compris affiliés à Al-Qaida, contre une armée légitime en train de libérer son territoire national. Quant à l’intégration eurasienne, ni la Russie, ni la Chine, ni l’Iran, n’ont besoin d’alliés – amis des salafistes. Partenaires de circonstances – peut-être. Pour aller plus loin – non merci. La rencontre Poutine-Erdogan dans les prochains jours sera certainement décisive. A condition encore d’avoir lieu – si le président turc commet une quelconque erreur comparable à celle de novembre 2015, elle risquerait tout simplement de ne pas avoir lieu, avec en prime des conséquences fortement sérieuses. Il est encore temps de revenir à la raison. L’avenir nous situera.
Mikhail Gamandiy-Egorov
Observateur continental, 2 mars 2020
Tags : Turquie, Erdogan, Russie, Syrie, Etats-Unis, Israël,






