Tag: Etats Unis

  • Visite du chef du Pentagone à Alger : Une escale imposée par les évolutions dans la région

    Le choix de ne pas s’impliquer militairement et sa volonté de promouvoir la résolution des conflits par le dialogue et la négociation jouent en sa faveur et octroie à l’Algérie une place de choix dans le rééquilibrage géostratégique dans la région. Longtemps en berne, la diplomatie algérienne tend à retrouver ses marques sans pour autant avoir, en aucun moment, dérogé à ses fondamentaux.
    Le rôle d’Alger s’exprime lors de chaque événement majeur, l’engageant de près ou de loin.

    Républicains ou démocrates, pour les émissaires américains, c’est une escale d’importance et qui est incontournable.

    Ce jeudi 1er octobre, le chef du Pentagone (ministre de la Défense), Mark Thomas Esper, a atterri dans la capitale avec un agenda dicté par les évolutions politiques dans la région du Maghreb et, partant, l’Afrique du Nord. La partie américaine parle de renforcement des relations bilatérales et les perspectives de développement «dans tous les domaines». Au Palais d’El-Mouradia, l’on se contente d’évoquer la volonté de «concertation et de coordination pour la paix — dans le respect de l’unité et de la souveraineté des pays de la région». Il faut observer que la démarche du représentant de Washington s’inscrit dans la tradition des périples périodiques américains dans la région du Maghreb, commençant par la Tunisie pour se terminer au Maroc, son allié de toujours, après l’escale d’Alger.

    La situation exceptionnelle que vit depuis ces dernières années la sous-région nord-africaine, inhérente à la chute du régime d’El Kadhafi, l’émergence du terrorisme et le commerce transfrontalier des armes et de la drogue apportent donc leur lot de priorités. Ce sera donc le cheval de bataille des administrations américaines qui alternent à la tête du pouvoir, républicains ou démocrates. Dans un cas comme dans l’autre, les États-Unis n’entendent pas perdre la main au Sahel et plus largement en Afrique, aujourd’hui le centre de toutes les convoitises et des plans de partage de zones d’influences. D’abord la Libye et ses immenses réserves pétrolières, derrière la guerre par procuration que se livrent des puissances régionales comme l’Égypte et un nouvel arrivé, les riches Émirats arabes unis.

    Si l’impasse faite à la paix dans ce pays paraît évidente malgré les diverses initiatives visant à réconcilier les frères ennemis, l’on ne peut «zapper» le fait que le sol libyen est devenu un espace de prédilection des groupes et autres milices armées, du commerce des armes, et une porte ouverte à l’immigration clandestine qui fait trembler l’Europe profonde. Fait aggravant : l’intrusion sur la scène libyenne de la Turquie et, plus encore, ses ambitions en Méditerranée orientale en matière d’exploitation des gisements de pétrole off-shores. Mais pas seulement puisque ses désirs de puissance la poussent à revendiquer un rôle d’influence susceptible de mettre en cause l’ordre établi, d’où les cris au loup de la France d’Emmanuel Macron, relayé en cela par des monarchies du Golfe. Les Américains, conscients de tout cela, veulent donc sortir de leur attentisme face aux ingérences dans la guerre civile libyenne, bien qu’ils soutiennent la partie du maréchal Haftar. Pour eux, le danger prend de l’ampleur avec l’implication de la Russie de Poutine qui entend ne pas perdre une place forte dans cette région du Maghreb que lui confèrent ses liens passés avec El Kadhafi, un héritage qu’elle compte préserver. Et c’est aussi la Méditerranée orientale qui est au centre de l’intérêt de la Russie.

    Pour Washington et ses alliés d’Europe et du Moyen-Orient, il n’est pas question de se laisser doubler, d’où le regain d’activisme de sa diplomatie à l’endroit des pays de la région. Faire bouger les lignes pour sortir de l’impasse actuelle est dans ses calculs. Le conflit libyen, aux yeux des États-Unis, ne peut se poursuivre encore plus longtemps si l’on prend en compte, par ailleurs, leur projet du GMO (Grand-Moyen-Orient), avec en filigrane arracher la reconnaissance de l’État d’Israël, y compris par les pays les plus récalcitrants à cette éventualité.

    Les Émirats arabes unis et Bahreïn ont, d’ores et déjà, ouvert la voie. Donald Trump, en course pour un second mandat, jubile à chaque nouvelle reconnaissance et dit ouvertement en attendre beaucoup d’autres. Sur ce sujet, l’Algérie, par la voix de son Président Abdelmadjid Tebboune, a, une fois de plus, réitéré la position de principe sur le sujet, et entend se démarquer de cette effervescence. Pour autant, Mark Thomas Ester aura eu l’opportunité de tâter le terrain sur un sujet qui fâche nos officiels.

    A contrario, la contribution de l’Algérie à la stabilisation de la région lui importent, et il a exprimé le point de vue américain sur les capacités de lutte contre le terrorisme de l’armée algérienne et la sécurisation de la région, en dépit de la recrudescence des groupes djihadistes particulièrement actifs ces derniers mois.

    Au demeurant, la coordination stratégique algéro-américaine dans la lutte contre le terrorisme ne date pas d’aujourd’hui.

    Pragmatiques, les Américains ont déjà eu à apprécier la justesse des choix des politiques étrangères de l’Algérie. Ce fut le cas lors de la crise des otages américains en 1979-1981, la médiation dans la région des Grands-Lacs dans les années 90 et au Mali notamment. Du reste, aux yeux des Américains, Alger est une place forte pour leurs émissaires. Mark Thomas Ester, le chef du Pentagone, ne vient-il pas après son prédécesseur, Donald Rumsfeld qui était en 2006 ministre de la Défense de George Bush, en pleine guerre d’Irak ? Alger a eu également à accueillir la sulfureuse secrétaire d’État aux Affaires étrangères, Madeleine Albright, en décembre 2000, Colin Powell en 2003, Condoleezza Rice en 2008 et Hillary Clinton himself en 2012 !

    Visiblement, Mark Thomas Ester veut donner un coup d’accélérateur aux évolutions politiques dans la région, en espérant que celle-ci ne deviendra pas l’otage des ambitions hégémoniques des uns et des autres.

    Brahim Taouchichet

    Le Soir d’Algérie, 3 oct 2020

    Tags : Algérie, USA, Etats-Unis, Pentagone, Mark Thomas Esper, Sahel, terrorisme, sécurité,

  • Algérie : Djezzy, Mobilis et Ooredoo, punis par l’Etat

    Selon l’Autorité de régulation de la poste et des communications électroniques (ARPCE), les trois principales sociétés de téléphonie mobile opérant en Algérie ont été contraintes de payer de lourdes amendes pour les “manquements enregistrés en matière de couverture et de qualité de services” dont la plus lourde`, celle d’un montant de 82.580.952,38 DA a a été infligée à Orascom Télécom Algérie (OTA) qui exploite la marque commerciale Djezzy.

    Pour sa part Mobilis a dû payer 63.918.956,02 DA alors qu’ Ooredoo s’en sort avec une amende de 26.019.444,45 DA.
    La décision de l’ARPCE vient suite à une “opération d’audit afin d’évaluer le niveau de prise en charge des manquements enregistrés en matière de couverture et de qualité de services”, précise la même source. L’enquête a été menée du 16 au 25 août 2020, dans cinq wilayas : Adrar, Blida, Constantine, Djelfa et Tlemcen. Le 3 mai, l’ARPCE avait mis en demeure les trois opérateurs “afin de se conformer aux exigences de couverture et de qualité de service de leurs réseaux 4G, et ce suite à une opération de contrôle et d’évaluation effectuée du 16 février au 12 mars 2020, qui a porté dans une première phase sur cinq wilayas (Adrar, Blida, Constantine, Djelfa et Tlemcen)”, avait indiqué l’ARPCE dans un communiqué. “Les résultats de ce contrôle ont fait ressortir que les trois opérateurs n’ont pas satisfait certaines exigences de couverture et de qualité de service des réseaux 4G dans ces wilayas”, avait précisé l’autorité de régulation
  • AFRICOM : Contrôle de l’Afrique

    A l’horizon 2013, un quart du pétrole et des matières premières consommés aux USA et devraient provenir d’Afrique. Sur la base de constat, un think tank israélo-états-unien l’Institute for Advanced Strategic & Political Studies (IASPS) a préconisé la création d’un commandement militaire US pour l’Afrique, l’Africom. Il a été inauguré par l’administration W. Bush à la fin de son mandat et placé sous le commandement du général afro-américain William E. Ward, ancien coordinateur de la sécurité entre Israël et l’Autorité palestinienne.

    L’annonce de ce dispositif a suscité une forte résistance en Afrique et aucun État n’a accepté d’héberger le commandement général, lequel s’est en définitive installé en Allemagne et en Italie.
    La montée en puissance de l’Africom devrait s’articuler autour de la base US de Djibouti où stationnent déjà des troupes israéliennes. Une emphase particulière devrait êre portée au contrôle du Golfe de Guinée. Dans un premier temps, pour des raisons diplomatiques, elle devrait prendre la forme d’un réseau de petites bases, plutôt que de la construction de grandes installations. Washington devrait aussi prendre des initiatives pour se donner une image plus conciliante, notamment en acceptant l’exploitation chinoise des champs pétroliers soudanais, donc en cessant de déstabiliser ce pays.

    Simultanément, la France devrait réduire sa présence militaire, la partager avec d’autres États de l’Union européenne, et la mettre au service des opérations de maintien de la paix de l’Union africaine. Paris dispose encore de 9 000 hommes sur place, stationnés en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Gabon, en Centrafrique, au Tchad et à Djibouti.

    « L’Art de la guerre »
    Les Missionnaires de l’AfriCom
    par Manlio Dinucci

    Présenté par le Prix Nobel de la Paix Barack Obama comme une œuvre humanitaire d’aide au développement de l’Afrique, l’AfriCom est en réalité une force de projection permanente destinée à coloniser le continent noir. Son premier exploit médiatique est de soigner des enfants malades, mais sa première mission réelle aura été de bombarder la Libye.

    A première vue on dirait des missionnaires comboniens [1]. Mais ce sont les militaires de l’AfriCom, le Commandement des États-Unis pour l’Afrique. À Djibouti ils soignent les pauvres, tandis qu’en Éthiopie ils construisent des écoles et au Malawi ils font face à une urgence humanitaire. Ces bonnes actions et bien d’autres sont l’œuvre de l’Africom. « L’Amérique a la responsabilité de travailler avec vous comme partenaire », a dit le président Obama dans son discours « historique » du 11 juillet 2009 au Ghana [2], en garantissant que l’AfriCom allait avant tout contribuer à « résoudre pacifiquement les conflits ». Et en assurant que « l’Amérique (Etats-Unis, NdT) n’essaiera d’imposer aucun système de gouvernement à aucune autre nation », parce que « la vérité essentielle de la démocratie est que chaque nation détermine son propre destin ».

    Vingt mois plus tard, le 19 mars 2011, l’AfriCom a lancé l’opération Odissey Dawn, la première phase de la guerre dont le but réel est de renverser le gouvernement de Tripoli pour imposer à la Libye (pays qui a les plus grandes réserves pétrolifères d’Afrique) un gouvernement qui plaise à Washington. Obama a aussi dit que les États-Unis s’emploient à soutenir en Afrique des « démocraties fortes et durables », parce que « le développement dépend du bon gouvernement ». Mission que l’AfriCom réalise en formant en Afrique des « forces militaires partenaires, professionnelles et compétentes, pour créer une situation stable et sûre en soutien de la politique extérieure USA ».

    L’AfriCom contribue donc au bon gouvernement en Afrique en s’appuyant sur ces sommets militaires que Washington juge fiables ou pouvant être conquis. De nombreux officiers sont formés au Centre d’études stratégiques pour l’Afrique et dans divers programmes, surtout l’ACOTA à travers lequel ont été entraînés environ 50 000 instructeurs et soldats africains. Même objectif pour les manœuvres militaires conjointes, comme l’Africa Lion actuellement en cours au Maroc, où ont débarqué 2 000 Marines. La manœuvre, à laquelle participent 900 militaires marocains, est dirigée par un commandement conjoint mobile (Djc2) envoyé par la US Army Africa, le quartier général de Vicence (région Frioul Vénétie Julie, NdT) des forces terrestres AfriCom, relié à celui des forces navales basé à Naples.

    Le Djc2, explique un officier, peut être déployé « dans n’importe quelle condition, dans n’importe quelle partie du continent ». Même si le quartier général de l’AfriCom reste à Stuttgart, étant donnée la réticence de quasiment tous les pays africains à l’accueillir, et si Obama assure que ce dernier « n’a pas pour objectif d’avoir un point d’appui en Afrique », l’AfriCom a déjà là une force permanente : la force d’intervention jointe de la Corne d’Afrique, environ 2 000 hommes basés à Djibouti, qui mène des opérations (en grande partie secrètes) dans divers pays.

    L’AfriCom a aussi diverses « Stations pour le partenariat en Afrique » : des navires de guerre qui vont de port en port, fonctionnant comme bases mobiles où sont entraînés les militaires africains. Les escales préférées sont celle d’Afrique occidentale, région riche en pétrole et autres ressources précieuses, où la frégate lance-missiles Robert G. Bradley a visité en avril le Cap Vert et le Sénégal. Pour l’entraînement (et pour des opérations secrètes), l’AfriCom recourt aussi à des compagnies militaires privées, comme les tristement célèbres DynCorp et Xe Services, payées avec les fonds d’un milliard de dollars institués par le Département d’Etat pour « le maintien de la paix en Afrique ».

    SOURCE : Voltairenet.org
    Traduction Marie-Ange Patrizio
    Source Il Manifesto (Italie)

    Tags : Afrique, AFRICOM, Etats-Unis,

  • “Russiagate” : Une invention du bureau de campagne de Hillary Clinton?

    Une lettre du Directeur du Renseignement National confirme qu’Hillary Clinton a manigancé le « Russiagate ».

    Par Moon of Alabama – Le 30 septembre 2020

    Les accusations d’intervention russe dans les élections présidentielles de 2016 ont-elles été inventées par le bureau de campagne de Clinton ?

    Une lettre envoyée par le Directeur du Renseignement National, John Ratcliffe, semble le suggérer:

    Mardi, Ratcliffe, un loyaliste que Trump a placé à la tête du renseignement américain au printemps, a envoyé au sénateur Lindsey Graham (R-S.C.) une lettre affirmant que, fin juillet 2016, le renseignement américain a pu avoir accès à une analyse du renseignement russe. Cette analyse, résumée par Ratcliffe dans sa lettre, affirmait que Clinton avait un plan pour attaquer Trump en le liant au piratage du Comité national démocrate, exécuté en 2016. …
    Ratcliffe a déclaré que la communauté du renseignement “ne connaît pas l’exactitude de cette allégation et la mesure dans laquelle cette analyse du renseignement russe pourrait être une exagération ou un montage.”

    La lettre indique que le directeur de la CIA de l’époque, John Brennan, avait informé le président Obama de ces renseignements. Il l’a informé que les Russes pensaient que Clinton avait approuvé, le 26 juillet 2016, le plan de son bureau de campagne.

    Ainsi, l’espionnage des analyses russes par les renseignements américains a révélé que les Russes pensaient que Clinton avait lancé une campagne « Trump est aidé par le piratage russe du DNC [Democratic National Comittee] ». Les Russes avaient sûrement de bonnes raisons de penser cela.

    Les courriels du Comité national démocrate ont été publiés par Wikileaks le 22 juillet 2016, peu avant la Convention nationale démocrate. Ceux-ci prouvaient que pendant les primaires présidentielles, le DNC avait activement travaillé contre le candidat Bernie Sanders.

    Le 24 juillet, le directeur du bureau de campagne de Clinton, Robby Mook, est allé sur CNN et a lancé, à ma connaissance, les toutes premières allégations (vidéo) disant que la Russie avait « piraté » le DNC pour soutenir Donald Trump.

    Il est probable que les analystes russes ont vu cette émission.

    L’apparition de Mook à la télévision était probablement un ballon d’essai lancé pour voir si de telles affirmations allaient tenir la route.

    Deux jours plus tard, Clinton aurait approuvé les plans de son bureau de campagne visant à mettre l’accent sur de telles affirmations.

    Dans le tristement célèbre dossier Steele, préparé pour la campagne de Clinton par un « ancien » espion britannique, la première donnée qui lie la campagne Trump au « piratage russe de la DNC » aurait été écrite le 28 juillet 2016.

    Le président de Crowdstrike, la société de cybersécurité qui a enquêté sur la fuite du DNC, a déclaré plus tard que sa société n’avait jamais trouvé de preuve que la Russie avait piraté le DNC.

    On soupçonne Seth Rich, une personne s’occupant du système informatique du DNC et partisan de Bernie Sanders, d’avoir divulgué les e-mails du DNC à Wikileaks. Seth Rich a été assassiné le 10 juillet 2016 à Washington DC lors d’un prétendu « vol » au cours duquel rien n’a été volé.

    Les affirmations faites dans la lettre de Ratcliffe correspondent à la chronologie du scandale tel qu’il s’est déroulé. Elles confirment les soupçons selon lesquelles le bureau de campagne de Clinton a manigancé le « Russiagate », une affaire qui repose sur du vent. Elle a été soutenue par une myriade de médias et par des douzaines de militants anti-Trump occupant de hautes positions au sein du FBI et de la CIA.

    Moon of Alabama

    Traduit par Wayan, relu par Jj pour le Saker Francophone

    Source : Le Saker Francophone

    Tags : Etats-Unis, Russiagate, Hillary Clinton, Russie, FBI, CIA, Donald Trump,

  • Les USA ont rejeté la proposition du Maroc d’héberger l’AFRICOM

    De Stuttgart à… un siège «méditerranéen» pour l’AFRICOM?

    Le Pentagone a annoncé le 29 juillet le retrait de près d’un tiers des 36000 soldats américains présents en Allemagne dans le cadre d’un plan prévoyant le transfert de 5600 soldats vers des bases européennes existantes, principalement entre l’Italie, la Belgique, la Pologne et d’autres États. Les membres de l’OTAN et le rapatriement des contingents restants retirés d’Allemagne.

    Le transfert des commandements centraux est également prévu, tout d’abord ceux des troupes américaines en Europe, US European Command et Special Operations Command Europe, qui seront déplacés de Stuttgart à Mons en Belgique, qui abrite déjà le quartier général suprême Allied Powers Europe, comme annoncé par le commandant de la Forces américaines en Europe et commandant suprême des forces alliées en Europe, le général Tod D. Walters.

    Les futurs sièges sociaux d’USAFRICOM ne sont pas encore certains et ne seront probablement pas délocalisés de Stuttgart en Belgique ou en Pologne

    Le 31 juillet, le commandant de l’AFRICOM, le général Stephen Townsend (photo ci-dessus), a officiellement annoncé la fermeture du commandement en Allemagne, bien que “ cela prendra des mois pour trouver des options, envisager des emplacements et prendre une décision ”, selon les dires du même général.

    Le commandement pourrait être transféré en Europe ou aux États-Unis, bien que le premier semble le plus probable, a déclaré le général.

    Le nouveau quartier général pourrait probablement être situé en Espagne, non seulement en raison de la vocation «méditerranéenne» du Commandement chargé des opérations en Afrique (un bilan qui rendrait également attractif le transfert vers l’Italie) mais aussi parce qu’une unité spécifique des Marines appelée «Groupe de travail spécial marine-air-sol Crisis Response Africa».

    Une force permanente de 850 marines à utiliser pour un déploiement rapide dans des situations de crise en Afrique, relevant directement de l’AFRICOM.

    Le département, déjà employé dans diverses opérations et activités de formation sur le continent africain, est basé à l’aéroport militaire de Moròn (non loin de Séville), dans le sud de l’Espagne mais ses composants utilisent souvent la base aérienne et navale américaine de Rota (toujours dans le sud de l’Espagne) et se déploient régulièrement à la base aéronavale de Sigonella (Sicile).

    Après tout, le quartier général allemand à Stuttgart a toujours été considéré comme provisoire depuis la création de l’AFRICOM en 2008, imposé surtout par le fait qu’aucun État africain d’intérêt pour Washington ne s’est rendu disponible pour accueillir le commandement américain.

    Seuls le Libéria et le Maroc avaient proposé d’héberger l’AFRICOM mais ils n’étaient pas considérés comme suffisamment intéressants géostratégiquement par le Pentagone alors que la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) avait au contraire complètement nié toute disponibilité.

    Il y a actuellement 1 200 militaires affectés à l’AFRICOM en Europe, un nombre relativement faible par rapport à celui des militaires affectés aux commandements européens. Le US Special Operations Command Africa, qui gère les forces spéciales affectées à l’AFRICOM, devra également être relocalisé: selon un porte-parole entendu par Military Times, on ne sait pas encore si le quartier général sera le même qu’AFRICOM ou si un détaché sera établi.

    L’hypothèse du déploiement d’au moins un des deux commandements AFRICOM dans l’un des 55 pays qui composent l’Union africaine n’est pas prise en considération, du moins selon les rumeurs en circulation.

    D’une part, la présence massive russe et chinoise en Afrique semble décourager le transfert d’AFRICOM sur le continent noir où, d’ailleurs, de nombreux États sont conscients qu’un commandement américain les exposerait à des risques d’actions terroristes.

    Des perspectives s’ouvrent donc également à l’Italie comme nouveau quartier général possible pour l’AFRICOM et son commandement des forces spéciales.

    De plus, la réduction des forces américaines en Allemagne verra la présence américaine renforcée, notamment dans la base aérienne d’Aviano, alors qu’il est indéniable que Washington se tourne positivement vers son allié italien pour sa projection vers l’Afrique et le Moyen-Orient.

    Selon le secrétaire à la Défense Mark Esper, le redéploiement depuis l’Allemagne vise à améliorer la projection américaine vers les scénarios du sud-est de l’Europe, avec un œil supplémentaire pour la mer Noire.

    Parmi les destinations italiennes possibles d’AFRICOM sont Aviano, Sigonella et Vicenza (qui abrite une brigade de parachutistes) mais aussi Naples où il y a déjà un commandement des forces navales en Europe et en Afrique / Sixième flotte et le Commandement des forces interarmées alliées de l’OTAN.

    Source : Analisi Difesa, 8 sept 2020

    Tags : Etats-Unis, AFRICOM, Maroc, Liberia, Stuttgart, 

  • Gendarmes du monde

    par Abdou BENABBOU

    Le débat affligeant mardi entre les deux candidats à la présidentielle américaine a été déroutant par son indigence et par la réelle nature et le vrai profil de ceux qui s’imposent comme régisseurs du sort du monde. Plus haut et plus loin que les ressentiments, les sympathies, les idéologies, les colères ou les adhésions que chaque terrien peut nourrir en lui, l’intérêt porté sur un événement aussi important que la présidentielle américaine est impossible à occulter parce qu’il a, mal gré bon gré, des répercussions toujours prouvées sur la marche de l’humanité entière.

    Le spectacle offert a quelque chose de terrifiant quand il réveille la conscience souvent embuée par de fausses idées reçues sur une prétendue grandeur des hommes. On sait que l’être humain n’est pas toujours un animal bien-pensant. Mais quand cet animal détient entre ses mains l’ensemble des destins et qu’il ne se situe pas à la hauteur de la fabuleuse responsabilité qu’il doit assumer, il laisse place à la désespérance bien qu’elle soit née d’une basse chamaillerie entre deux hommes d’Etat étrangers.

    Il n’est pas non plus question de s’immiscer dans un débat a priori interne. Le monde étant devenu un petit village, le sujet n’a pas de frontière et ce qu’il a de grave est qu’il dénude deux hommes avec leurs basses afférences censés occuper la Maison Blanche.

    Les Etats-Unis d’Amérique restent une puissance omniprésente avec la particularité évidente de rythmer la cadence du monde. Peu importent l’antipathie ou l’empathie que chacun en fonction de ses idées et de ses visions arrêtées pourrait leur vouer. Mais le jugement est permis car le sort de tous les pays est lié, d’autant que les Américains se targuent d’être les gendarmes du monde.

    Dans le débat de mardi entre l’actuel président et le vice-président d’Obama point d’analyses ni d’échanges sur la réalité du monde, les prises de bec n’ont été qu’un crêpage de chignons. L’empoignade a surtout démontré pourquoi le monde va si mal.

    Le Quotidien d’Oran, 1 oct 2020

    Tags : Etats-Unis, gendarme du monde, Donald Trump, Joe Biden, élections, présidentielles,

  • Etats-Unis : 40% des soldats américains sont des noirs

    Donald Trump qui a voulu mobiliser l’armée contre la communauté Africaine-Américaine a oublié un fait que les principaux responsables des institutions du pays, ont eux pris en compte pour désobéir à leur ” chef des armées”.

    L’armée étatsunienne est aujourd’hui composée à 40% de Noirs. Elle a été la première institution du pays à avoir aboli la ségrégation au sein de ses rangs suite au décret 9981 signé par le président Truman le 26 juillet 1948.
    Colin Powell a été le premier chef d’état-major interarmées, noir des États-Unis. Depuis, on ne compte plus les officiers noirs de haut rang au sein de l’armée américaine.

    Demander aujourd’hui à l’armée de tirer sur des Noirs pour restaurer ” la loi et l’ordre” selon Donald Trump aurait été prendre le risque d’introduire à nouveau de la division raciale dans l’une des principales institutions des États-Unis.
    Le pouvoir blanc a toujours eu peur que des Noirs portant des armes ne les retournent contre lui.
    Nous ne sommes pas naïfs.

    La question des armes a constitué le premier facteur qui est en train d’amener de plus en plus de Blancs aux États-Unis à poser un genou à terre en signe de repentance pour 5 siècles de régime de domination raciale contre les Noirs.

    Dans toute révolution, même pacifique, la question de la violence et des armes n’est jamais très loin. Et tout système d’oppression prend toujours soin de ménager l’état d’esprit de ceux des opprimés qu’il a intégré dans ses rangs en leur permettant de porter des armes. Parce que ces derniers gardent toujours des liens affectifs très forts avec ceux du camp d’où ils viennent.

    Ahmad Nougba

    Source

    Tags : Etats-Unis, armée, racisme, marines, noirs, afro-américains, George Floyd,

  • Malcolm X, le panafricain.

    Le 13 avril 1964, Malcolm X quitte les USA pour la 1ère de ses grandes tournées de l’année. Il en revint le 21 mai après avoir visité l’Égypte, le Liban, l’Arabie Saoudite, le Nigéria, le Ghana, le Maroc & l’Algérie. Il fit à La Mecque le pèlerinage que tout musulman s’efforce d’accomplir, ce qui lui valut le droit d’ajouter « Hadj » à son nom et d’être appelé El Hadj Malik El Shabbat dans le monde musulman. Tout en resserrant ses liens avec l’Islam orthodoxe, il rencontra des étudiants, des journalistes, des députés, des ambassadeurs et des chefs de gouvernements, « sans cesser un seul instant de parler du problème racial aux USA. »
    […]
    Accra, Ghana 11 mai 1964
    « J’ai quitté Lagos, dans le Nigeria, pour Accra où je suis arrivé hier. La beauté et la richesse naturelles du Nigéria et de ses habitants ne sauraient se décrire. Le pays est plein de blancs, Américains et autres, bien au courant de ses ressources naturelles inexploitées. Ces mêmes blancs qui en Amérique, nous crachent à la figure et lâchent sur nous les chiens policiers, afin de nous empêcher de nous « intégrer » à eux, on les voit dans toute l’Afrique faire des courbettes, des grimaces et des sourires, dans l’intention de s’«intégrer » aux Africains, en fait, dans l’espoir de s’«intégrer » à la richesse et à la beauté de l’Afrique. Voilà qui ne manque pas d’ironie.
    Ce continent est d’une telle fertilité, le sol y est couvert d’une végétation si luxuriante qu’il serait facile, en utilisant les méthodes de l’agriculture moderne, d’en faire le grenier du monde.
    Vendredi soir, j’ai pris la parole à l’Université d’Ibadan (Nigéria) ; j’ai fait une description véridique de ce que nous subissons en Amérique et montré que les nations indépendantes d’Afrique devaient nous aider à porter notre cause devant les Nations Unies. Les étudiants m’ont fait un accueil extraordinaire. Ils m’ont nommé membre honoraire de la Société des étudiants musulmans du Nigéria et m’ont donné un nouveau nom : Omowale, ce qui en Yoruba, veut dire : « L’enfant est arrivé dans son pays. »
    Les habitants du Nigéria s’intéressent vivement aux problèmes de leurs frères africains qui vivent en Amérique, mais les agences d’information américaines en Afrique font croire aux gens que des progrès sont accomplis et que le problème est en train de se résoudre. Lorsqu’on examine les choses de près, on n’a aucune peine à entrevoir un gigantesque plan, destiné à empêcher la jonction des Africains d’Afrique et des Africains d’Amérique. Une personnalité gouvernementale du Nigéria m’a dit : « Si l’on fait le compte de tous les descendants d’Africaine qui vivent en Amérique du Sud, en Amérique Centrale et en Amérique du Nord, on en trouve bien plus de 80 millions. On comprend aisément pourquoi certains s’efforcent d’empêcher les Africains de s’unir aux Afro-américains. » L’unité entre Africains de l’Occident et Africains de la mère-patrie modifiera le cours de l’histoire.
    Le Ghana, où je me trouve à présent, est la source du panafricanisme ; aussi les derniers joutes de mon voyage devraient-ils être extrêmement intéressant et enrichissants. De même que le Juif américain est en harmonie (politique, économique et culturelle) avec le judaïsme du monde entier, de même il est temps que les Afro-américains deviennent partie intégrante des panafricanistes du monde entier ; même si nous devons rester physiquement en Amérique, en luttant pour les avantages que nous garantit la Constitution, il nous faut « revenir » en Afrique philosophiquement et culturellement et créer une unité efficace dans le cadre du panafricanisme. »
                                   Le pouvoir noir Malcolm X, chapitre 5 : À la source du panafricanisme. P 95-100.

    Tags : Etats-Unis, noirs, racisme, Malcolm X, George Floyd, discriminitation,
  • Etats-Unis : Relations de Mbarka Bouaida avec L’AJC

    Tags : Etats-Unis, Maroc, Mbarka Bouaida, AJC, American Jewish Committee,

    Dans cet email l’AJC, l’American Jewish Committee, demande à Mbarka Bouaida une contribution pour financer une campagne contre la visite de Ban Ki-moon à Tehran.

    L’AJC est un lobby qui s’est beaucoup activé pour défendre la position du Maroc dans le conflit du Sahara Occidental. Mbarka est abbonée à leur newslettre dont la ligne éditoriale est pro-Israélienne.

    Le patron d’AJC explique la nécessité de comprendre les dépassements israéliens dans leurs attaques contre Ghaza

    Traduction :

    Cher MBARKA,

    Alors que la campagne israélienne à Gaza se poursuit, déclenchée par les tirs incessants de missiles sur Israël, l’enlèvement et le meurtre des trois jeunes Israéliens, et la menace imminente que représente le vaste réseau de tunnels construit par le Hamas, on entend de plus en plus de critiques à l’encontre d’Israël.

    La plupart d’entre elles révèlent une ignorance flagrante, volontaire ou non, et une déformation de ce à quoi Israël est réellement confronté.

    Cet article, “Hamas Versus Israel : A Failure of Imagination”, confronte cette ignorance et cette distorsion. Il a été publié à la fois dans le Huffington Post et le Times of Israel.

    En ces temps d’immenses défis, alors que l’AJC travaille sans relâche dans tout le pays et dans le monde entier, nous apprécions plus que jamais votre amitié et votre engagement.

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    David Harris
    Directeur exécutif
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  • Le réveil noir dans l’Amérique d’Obama (1/2)

    Il y a, cependant, des ruptures périodiques dans le fil du récit qui fait du triomphe de l’Amérique sur le racisme l’une des principales caractéristiques de cette société. En 1955, en pleine Guerre froide, le meurtre d’Emmett Till fait voler en éclats le discours de la supériorité morale et démocratique de la société états-unienne. Le mouvement Black Freedom des années 1960, qui éclate au moment même où les USA livrent une guerre au Vietnam (soi-disant au nom de la liberté), fait apparaître au grand jour à quel point le pays dans son ensemble est profondément raciste et réfractaire aux revendications d’égalité et de libération noires.

    Plus récemment, en 1992, les émeutes de Los Angeles relancent le débat sur la persistance des inégalités raciales. En 2005, la réponse honteuse de l’administration Bush à l’ouragan Katrina submergé momentanément les brillantes auto-congratulations des dirigeants états-uniens a une période où le pays se trouve, à nouveau, empêtré dans la guerre et l’occupation militaire au nom de la liberté et de la démocratie, cette fois respectivement en Irak et en Afghanistan.

    S’il est presque toujours impossible de dire quand et où surgira une mouvement, le fait que dans de telles conditions un mouvement finira tôt ou tard par éclater relève, lui de la certitude. Aujourd’hui, la naissance d’un mouvement contre le racisme et la police révèle une fois de plus l’illusion d’une société américaine « indifférente à la race » ou « post-raciale ». Aux cris de « Hands Up, don’t shoot », « I can’t breathe » et « Black lives matter », des dizaines de milliers de citoyens ordinaires se mobilisent pour mettre un terme à une violence policière et des meurtres d’Afro-Américains quotidiens.

    Chaque semaine, les réseaux sociaux sont inondés d’histoires de violences policières subies par des citoyens ordinaires ou de meurtres de jeunes noirs presque toujours désarmés. L’apparition de ces moyens de communication a presque rendu simultanées la survenir d’un incident et l’information du public. Là où les grands médias ont, comme d’habitude, sous-estimé voir ignorer les plaintes du public contre la corruption et les abus de la police, la prolifération des smartphones a donné à tout un chacun la possibilité d’enregistrer ces incidents et de les diffuser très largement sur diverses plateformes virtuelles.

    Si, historiquement, les émeutes ont presque toujours été déclenchées par des épisodes de violences policières, celles-ci n’ont jamais constitué que la partie émergée de l’iceberg. Et cela n’a pas changé. L’apparition d’un mouvement contestataire noir sous la présidence d’Obama peut surprendre, et pourtant, à cause de la réticence de cette administration à se mobiliser sur ne serait-ce qu’un seul des problèmes de fond auxquels est confrontée la population noire, sa situation a empiré sous les mandats d’Obama.

    Séduits par ses promesses d’espoir et de changement, et par sa déclaration selon laquelle « oui, on peut » arrêter la guerre en Irak, les Afro-Américains se sont mobilisés de façon historique pour le soutenir en 2008 et en 2012. Surtout, ils espéraient se libérer de l’indifférence ahurissante dont l’administration Bush avait fait preuve vis-à-vis des souffrances des noirs, pleinement illustrée par la catastrophe de l’ouragan Katrina. Mais les Afro-Américains ont, à tous points de vue, subi sous la présidence d’Obama la même indifférence et la même discrimination active ; dans certains cas, elles ont même empiré. Le chômage des noirs s’est maintenu à des taux à deux chiffres, et même les diplômés noirs de l’université ont deux fois plus de chances de se retrouver au chômage que les diplômés blancs. En 2014, 12% d’entre eux, contre 4,9% des diplômés blancs, étaient sans emploi. En d’autre terme même ceux qui « ne se sont pas cherché d’excuses », sont allés à la fac et – comment disait Bill Clinton – « ont respecté les règles » réussissent toujours significativement moins bien que leurs camarades blancs. »

    Keeanga-Yamahtta Taylor « Black Lives Matter. Le renouveau de la révolte noire américaine». Éditions agone/contre-feux. P. 26-28.

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    Tags : George Floyd, Etats-Unis, racisme, violence policière, discrimination,