Tag: Afrique

  • Algérie : Le retour d’une diplomatie efficace

    L’ALGÉRIE FACE AUX QUESTIONS RÉGIONALES ET INTERNATIONALES

    Le retour d’une diplomatie efficace

    L’année 2021 confirmera le grand retour de la diplomatie algérienne sur la scène internationale, prévoient des politologues. Longtemps paralysée par une conception autocratique du pouvoir, elle retrouve peu à peu ce qui a fait sa singularité : efficacité, discrétion et respect du droit international. Conflits militaires, changement climatique, nouveaux rapports de force entre puissances, mais surtout la situation au Mali, le conflit libyen et face à un monde en proie à de nombreux changements qui risquent et menacent de redessiner le monde et ses frontières, notre pays s’engage avec prudence, pragmatisme pour tenter de régler ces questions pacifiquement.

    Dans son édition d’octobre dernier, le mensuel Afrique-Asie a parlé du «grand retour de l’Algérie sur la scène internationale». «Ceux qui avaient parié sur le repli de l’Algérie sur elle-même suite à une année de hirak, une crise économique générée par la chute des prix des hydrocarbures et la pandémie de la Covid-19 auront été pour leurs frais», indique le mensuel dans un dossier consacré à l’Algérie.

    La visite, en octobre dernier, du secrétaire à la Défense américain, Mark Esper, «la première d’un aussi haut responsable américain depuis 2006 (visite de Donald Rumsfeld)», a été considérée par le mensuel comme une preuve du retour de l’Algérie sur la scène internationale. Et la diplomatie algérienne n’a pas l’intention de s’arrêter en si bon chemin.

    2021, L’ANNÉE DE LA CONFIRMATION

    Maître de conférences à la faculté des sciences politiques et des relations internationales à l’université d’Alger, Idriss Attia note que l’année 2021 confirmera le grand retour de la diplomatie algérienne, notamment sur le plan régional où il est attendu à ce qu’elle joue un grand rôle dans la résolution du conflit libyen. Selon lui, les derniers appels téléphoniques respectivement des ministres des Affaires étrangères libyen et tunisien à leur homologue algérien est la preuve de l’efficacité de l’approche algérienne qui se veut la principale référence pour le règlement de la crise libyenne, notamment en ce qui concerne le dialogue politique inter-libyen sous l’égide de l’ONU.

    Concernant l’axe Alger-Tunis, le politologue relève qu’il s’agit surtout, au delà de la consolidation des relations bilatérales entre les deux pays, de l’établissement d’une coopération contenue en matière de la lutte contre le terrorisme. Il a ajouté que le rôle de notre pays sera aussi important au Sahel, notamment dans la lutte contre le terrorisme. Dans ce sillage, Attia n’écarte pas l’éventualité de voir le chef de l’Etat entamer des visites dans des pays africains et européens pour créer une nouvelle dynamique de coopération à tous les niveaux.

    Concernant le Sahara occidental, Idriss Attia a souligné qu’après le retour en force de ce dossier au devant de la scène internationale, l’Algérie continuera de réaffirmer sa position indéfectible en faveur de la cause sahraouie. Selon lui, il est fort probable que le nouveau président des Etats-Unis aura une autre approche que celle du président sortant. «2021 sera incontestablement l’année du grand défi pour notre diplomatie pour faire entendre sa voix et reprendre sa place dans le concert des nations», soutient-il.

    Abondant dans le même sens, le politologue Ismaïl Debèche soutient que la diplomatie algérienne aura son mot à dire sur la scène internationale. «Elle marquera sa présence dans les efforts de règlement de nombreux conflits en Afrique, notamment en Libye, au Mali et au Sahara occidental», prévoit-il. Et d’ajouter : «Notre pays est et sera présent sur plusieurs fronts diplomatiques et retrouvera sa position de pays incontournable sur le plan régional et une voix écoutée à l’échelle internationale après le retour du Président de la République qui saura comment lui donner du punch».

    A l’en croire, l’Algérie ne sera jamais un observateur froid face aux changements géopolitiques.

    Amokrane H.

    Horizons, 2 déc 2020

    Tags : #Algérie #Diplomatie #Géopolitique #SaharaOccidental

  • ZLECAF: Le choix stratégique de l’Algérie

    DJERAD A DÉFENDU LA VISION ALGÉRIENNE DE LA ZLECAF:
    Le choix stratégique de l’Algérie

    La vision algérienne s’appuie sur «des projets qui profiteront, inéluctablement, à la Zlecaf, en ce sens qu’ils garantiront le soutien logistique indispensable, notamment à travers la Transsaharienne Alger – Lagos (Nigéria), le Gazoduc entre l’Algérie et le Nigéria, la liaison fibre optique Alger-Abuja et le port de Cherchell, en tant que hub de fret maritime».

    La Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) sera opérationnelle dans les toutes prochaines semaines. En effet, dès janvier prochain, les barrières douanières interafricaines vont tomber, favorisant de fait des échanges commerciaux plus intenses que ce qui est enregistré à ce jour. La 13e Session extraordinaire de la Conférence des chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union africaine (UA) tenus en visioconférence a planché sur le thème et le représentant de l’Algérie, le Premier ministre Abdelaziz Djerad, a mis en exergue le caractère stratégique de la Zlecaf pour l’Algérie.
    «Pour l’Algérie, la Zlecaf est un choix stratégique, exigeant une conjugaison des efforts pour aller de l’avant dans la concrétisation des objectifs de développement de notre continent et de nos pays, et la consolidation de la paix et de la sécurité, étroitement liée aux progrès du développement économique», a-t-il souligné dans son allocution.

    Enumérant quelques difficultés de terrain et appelant à faire l’effort de les dépasser, M.Djerad a souligné «l’adhésion de l’Algérie au consensus enregistré au niveau des instances de négociation, concernant les questions en suspens en lien avec les règles d’origine». Pour le Premier ministre, qui révèle la finalisation «des offres tarifaires du commerce des biens et des services et des offres préliminaires des secteurs prioritaires pour le commerce de services algérien», l’important pour l’heure tient dans la conviction qu’affiche l’Etat algérien quant à «la complémentarité économique africaine». Et de rappeler que «l’Algérie a été parmi les premiers pays à ratifier l’accord de création de la Zlecaf, lors de la 10e session extraordinaire du Sommet des chefs d’Etat et de Gouvernement en mars 2018, et a pris part, régulièrement et efficacement, depuis le lancement des négociations en 2016, à toutes les réunions des instances de négociation et à tous les niveaux». Cela étant et tenant compte de l’engagement sans faille de l’Algérie dans l’effort d’intégration économique africaine, M Djerad a mis en exergue «la vision de l’Algérie tendant à conférer aux infrastructures nationales et projets structurants régionaux, un caractère complémentaire et intégré». L’on aura déduit de son propos que ladite vision s’appuie sur «des projets qui profiteront, inéluctablement, à la Zlecaf, en ce sens qu’ils garantiront le soutien logistique indispensable, notamment à travers la Transsaharienne Alger – Lagos (Nigéria), le Gazoduc entre l’Algérie et le Nigéria, la liaison fibre optique Alger-Abuja et le port de Cherchell, en tant que hub de fret maritime».

    Les atouts de l’Algérie sont ceux de l’Afrique et ils sont immenses. Outre l’infrastructure et la logistique qu’apporte l’Algérie pour connecter l’Afrique au monde occidentale, la Zlecaf est «une opportunité cruciale pour intensifier et développer le commerce interafricain», a affirmé le ministre, notant au passage «une hausse significative, en sus de la consolidation des objectifs de complémentarité et d’intégration continentales à travers le commerce et l’investissement, deux éléments clé pour le soutien de la croissance et du développement économique durable».

    Le Premier ministre sait parfaitement la portée de son propos et avance, pour ce faire, des chiffres édifiants : «Avec un marché de 1,2 milliard de personnes, d’une valeur de 3000 milliards USD et un Produit intérieur de 2,5 milliards USD, les potentialités et les capacités économiques de l’Afrique connaîtront une exploitation optimale grâce aux flux commerciaux intracontinentaux qui devront avoisiner les 52% au lieu du taux actuel, qui ne dépasse pas 16%». M. Djerad a relevé, également, que «le développement du commerce interafricain contribuera au développement des chaînes de valeurs régionales, de l’industrialisation et de la création des opportunités d’emploi », ajoutant que «le démantèlement tarifaire progressif entre les Etats africains, à hauteur de 90% de positions tarifaires sur 5 ans, donnera la priorité aux entreprises africaines afin de répondre aux besoins croissants du marché africain et de profiter de ses avantages». Le projet est gigantesque, mais réalisable.
    Anissa Mesdouf

    Ouest Tribune, 6 déc 2020

    Tags : Afrique, ZLECAF, libre échange, marché africain, commerce,

  • Charte pour une autre politique africaine de la France.

    Nous, Citoyens français et Africains vivant en France, attachés au respect de l’égale dignité de tous les peuples, tenons à interpeller les différents candidats à l’élection présidentielle française au sujet de nos rapports avec le continent africain. Notre objectif à travers cette Charte est d’ouvrir un débat public sur autre politique africaine de la France et de placer chacun — candidats et électeurs — devant ses responsabilités. Cette Charte sera soumise aux différents candidats et en tant qu’électeurs notre choix — au moment de déposer notre bulletin dans l’urne — sera guidé par les réponses apportées par les uns et les autres aux engagements affirmés dans cette Charte.

    Candidat à la Présidence de la République Française,

    conscient que la Françafrique se situe aux antipodes des valeurs affichées par la France,

    qu’elle a alimenté et entretenue la corruption, les régimes dictatoriaux ainsi que des guerres fratricides en Afrique;

    JE M’ENGAGE :

    1. A reformer en profondeur la politique africaine de la France afin de mettre un terme à la Françafrique

    2. A œuvrer pour la mise en place d’un contrôle parlementaire et citoyen de la politique africaine de la France

    3. A clarifier les prérogatives des différents acteurs impliqués dans les enjeux africains et à mettre un terme au fonctionnement des réseaux opaques et parallèles

    4. A soumettre la coopération militaire française au contrôle parlementaire

    5. A sortir les relations économiques franco-africaines de toute logique de patrimonialisation

    6. A soumettre les entreprises françaises intervenant en Afrique au respect des normes sociales et environnementales

    7. A œuvrer à l’instauration de règles commerciales et économiques internationales transparentes et équitables

    8. A respecter le droit international, la souveraineté des États africains et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes

    9. A mettre en œuvre une politique migratoire respectueuse des droits de l’homme

    Signataires à l’initiative de la Charte

    Denis Pryen, éditeur ; David Gakunzi, écrivain ; Calixte Baniafouna, écrivain ; Arsène Bikoue, chercheur ; Stéphane Hessel, ambassadeur ; Dieudonné Gnammankou, historien; Armelle Riché, Harmattan ; Balufu Kanyinda, cinéaste ; Pierre Eboundit, pharmacien ; Michel Galy, politologue ; Albert Bourgi, Professeur des universités en droit public; Félix Atchadé, médecin ; Sophie Gondolle, enseignante ; Augusta Epanya, écrivain ; Thuy Tiên Ho, cinéaste ; Dominique Bangoura, enseignante ; Paul Sankara, documentaliste ; Dominique Nitoumbi, conseiller municipal — Portet-sur-Garonne; Diogène Senny, entrepreneur-formateur ; Isabelle Zenatti, sociologue ; Doudou Sidibé, enseignant ; Roger Gballou, écrivain ; Muepu Mwamba, écrivain ; Graziella Ruet, actrice ; Mathurin Mingni, président de l’Afda ; Ndendi Ekwalla, économiste urbain; Guy-Charles Tafeb, formateur ; Fréderic Poha , AMCF — jeunesse ; Dédé Oupoh, AMCF — jeunesse ; Obambe Gakosso, journaliste ; Alexis Zahoua, UNG ; Joanes Louis, doctorant ; Mohamed Camara, éditeur ; Amédée Akpane, directeur de projet ; Alain Toussaint, spécialiste communication politique Pamela Kazekare, journaliste; Popo Murigande, musicien ; Mavinga Tsafunenga, écrivain ; Alain Kassanda- Apkass, poète — musicien ; Gratien Rukindikiza, journaliste ; René Lyncée, directeur administratif et financier ; Abel Naki, cri panafricain ; Armelle Chatelier, historienne; Zap Krasso, spécialiste en communication; Ibo kenyatta, bibliothécaire; Evelyne Brener, documentariste; Sophie Ducrez, animatrice ; Daniel Nicolas, informaticien; Yera Dembelé, journaliste

    Rejoignez cette initiative en envoyant votre signature à l’adresse email suivante : secretariat@irea-institut.org ou en retournant le coupon-réponse ci-dessous à l’adresse suivante: IREA (Institut de recherche et d’études africaines) 16 rue des écoles, 75005 Paris France

    Oui, je rejoins cette initiative et demande aux candidats à la présidentielle 2012 de se prononcer sur les valeurs et engagements affirmés dans la Charte pour une autre politique africaine de la France

    Nom _________________________________ Prénom : ______________________

    Email :__________________________ Adresse : ___________________________

    Code postal :_________________________________ Ville :_________________

    Fonction ou organisation :_______________________________________________

    SIGNATURE :

    Contacts téléphoniques : 0622942990

    0674885234

    Site Web : www.irea-institut.

    © pierreboundit – 13 février 2012.

    Tags : Afrique, Françafrique, France, Pillage, colonialisme,

    #Tchad #Mali #Niger #Senegal #Cotedivoire #RDC #RCA #Congo #Gabon #Guinee

  • La Françafrique de A à Z

    La Françafrique est un terme qui a été conceptualisé, il y a quelques décennies par l’ancien Président de la République Ivoirienne Félix Houphouët Houphouët-Boigny en 1955 qui a employé cette expression pour désigner les « bonnes relations » entre l’Afrique et la puissance coloniale dont il était député tout en militant pour l’indépendance de la Côte d’Ivoire.

    Les objectifs de cette politique sont multiples : le maintien du rang de la France à l’ONU avec un cortège d’Etat clients ; l’accès aux matières premières stratégiques comme le pétrole ( Congo-Brazzaville, Angola, Nigéria … ) ou l’uranium ( Niger ) ; le financement occulte des activités politiques du gaullisme, par la suite, de tous les partis de gouvernement ; et enfin le maintien ( dans le contexte de Guerre froide ) des pays africains dans l’orbite occidentale.
    Dans un premier temps, nous présenterons le système mis en place par Foccart, ensuite, il sera question de l’internationalisation du système avant de mettre en évidence les connexions militantes pour combattre la françafrique.
    I) La Françafrique, le bébé de Foccart.
    En 1960, l’histoire accule De Gaulle à accorder l’indépendance aux colonies d’Afrique Noire.
    Cette nouvelle légalité internationale proclamée fournit la face émergée, immaculée, la France meilleure amie de l’Afrique, du développement et de la démocratie. En même temps, Foccart, conseiller Afrique du tout nouveau chef de l’Etat le Général Charles de Gaulle, est chargé de maintenir la dépendance, par des moyens forcément illégaux, occultes, inavouables.
    Il sélectionne des chefs d’État ” amis de la France ” par la guerre ( plus de 100 000 bamiléké, partisans de l’UPC, massacrés au Cameroun ), l’assassinat ou la fraude électorale.
    À ces gardiens de l’ordre néocolonial, il propose un partage de la rente des matières premières et de l’aide au développement. Les bases militaires, le franc CFA convertible en Suisse, les services secrets et leurs faux-nez ( Elf et de multiples PME, de fournitures ou de ” sécurité ” ) complètent le dispositif.
    Qui est Jacques Foccart ? Jacques Koch-Foccart était secrétaire général de l’Elysée chargé des affaires africaines et malgaches.
    On a déjà une ébauche de la vision colonialiste du fameux conseiller puisque Madagascar est dissocié de l’Afrique. En 1952, il participe à l’Union Française censée gérer les relations entre la France et ses colonies. Comme disait François-Xavier Verschave, dans son célèbre ouvrage ‘ Noir Silence ‘,
    « Il était le principal géniteur de la Françafrique. Tissée sous la IV° République, en soutien d’un gaullisme écarté du pouvoir, la Françafrique a été centralisée de 1958 à 1974 par le jacobin Foccart, en charge officielle des affaires africaines. Elle s’est familiarisée et privatisée, presque aussitôt africain, par paliers côté français. On est passé du super intendant Foccart aux frères et neveux de Giscard, aux fils[page] de Mitterrand et de Pasqua ; les Elf, Bouygues, Bolloré ont pris leurs aises ; les membres et correspondants des services secrets se sont taillés des fiefs rivaux ( Général Jean-Claude Mantion au Tchad, à Djibouti, à Khartoum, à Kinshasa ; Bob Denard aux Comores… ) ou des sociétés de mercenaires comme Paul Barril et sa société Secrets ( pour ” Société d’Etudes de Conception et de Réalisation d’Equipements Techniques de Sécurité ” ) ».
    Pour que ce système perdure pendant autant de décennies, il a fallu éliminer les opposants comme Ruben Um Nyobe, Ernest Ouandie, Félix Moumie, Barthélémy Boganda, Sylvanus Olympio, Patrice Lumumba ( avec l’aide de la CIA et des services secrets belges ), Dulcie September ( membre de l’ANC ) assassinée en plein Paris et en pleine journée qui a désormais une place à son nom dans le X° arrondissement.
    C’est donc l’illégalité la plus totale érigée en système, l’infraction constante et sans vergogne de « l’indépendance » proclamée.
    Qui dit illégalité dit secret, mécanismes cachés. Les meilleurs éléments capables de pouvoir effectuer des opérations dans le plus grand secret pour le compte de l’Etat sont les agents secrets. Ils forment une des parties les plus importantes du système. De plus, il est important de savoir que Foccart a mis en place des bureaux de liaison et le chef du bureau de liaison local ( par exemple implanté en RDC, au Congo-Brazzaville ou au Tchad ) était le deuxième personnage du pays après le Chef de l’Etat, ce qui permet à la France « amie de l’Afrique » de tenir les pays « indépendants ».
    Ce chef du bureau local du S.D.E.C.E ( ancêtre de la D.G.S.E ) avait carte blanche avec « le Président de la République » du pays fraîchement indépendant.
    Ces militaires qui sont friands de faire carrière en Afrique viennent de diverses agences comme la Direction Générale de la Sécurité Extérieure ( la D.G.S.E ), la Direction du Renseignement Militaire ( la D.R.M ), la Direction de la Surveillance du Territoire ( la D.S.T ) et la Direction de la Protection et de la Sécurité de la Défense ( la D.P.S.D ). 
    Ces personnes se croient tout permis en Afrique et dépassent sans cesse les budgets qui leur sont votés en ayant des accroches avec les narcotrafiquants et la mafia. On retrouve l’appât du gain qui a fait fureur chez les négriers européens et arabes entre le XV° et le début du XX° siècle. Depuis quatre décennies, sous la houlette des Services français, une République souterraine à dominante néogaulliste a ponctionné sur les ventes d’armes et le pétrole africain, entre autres, des sommes faramineuses.
    Dans la région des Grands Lacs, la DGSE, et plus encore la DRM, ont répandu le mythe des « Khmers noirs » tutsis, et l’ont diffusé dans les médias parisiens.
    Le millier de militaires du Service Action de la DGSE provient du 13° Régiment de dragons parachutistes ( R.D.P ) de Dieuze, en Moselle, et du 1er Régiment parachutiste d’infanterie de marine ( R.P.I.M.A ), de[page]
    Bayonne. Tout ce petit monde compose le 11° Bataillon de parachutistes de choc ( 11° choc ), créé en 1946, dont Foccart fut le « patron hors hiérarchie ».
    Il faut savoir que ce bataillon a écrit quelques-unes des pages les plus sombres de la Guerre d’Algérie. Bruno Gollnish et Bernard Courcelle furent officiers du D.P.S.D, Direction de la Protection et de la Sécurité de la Défense adepte des habilitations « défense ». Ce dernier a créé le… D.P.S ( Département Protection Sécurité ), milice du Front National.
    Bernard Courcelle a fait ses armes dans la « coloniale », au 6° R.P.I.M.a. Ce personnage a d’ailleurs proposé ses services à un Mobutu en fin de règne, en 1996. Des militants et responsables sont partis instruire des armées africaines : Bob Denard aux Comores en 1995, Christian Tavernier dans l’ex-Zaïre en 1996-1997, au Congo-Brazzaville lors de l’épuration ethnique de la région du Pool qui a permis le retour en grâce de Sassou II en 1997, 1998 et 1999.
    Le monde politique français n’est pas étranger à cette situation du « tout-est-permis » en Afrique.
    Le Président de la République, le Premier Ministre et le Ministre de l’Intérieur, de droite comme de gauche, sont indifférents à l’acharnement dont font preuve tous ses acteurs françafricains.
    Le conseiller diplomatique de Lionel Jospin, Serge Telle, disait à propos de la « guerre civile » au Congo-Brazzaville en juin 1998 : « Les problèmes des Congolais relèvent de la seule responsabilité des Congolais ». ( Il faut savoir que beaucoup d’anciens ministres de Jospin et de responsables socialistes font partie du Groupe de Bilderberg, lui-même faisant partie des Illuminatis qui sont à l’origine des concepts des Etats-Unis d’Amérique et des Institutions Internationales comme l’ONU, l’O.M.C, l’O.C.D.E… ).
    Pour en revenir au sujet qui nous intéresse, tous ces politiques sont « victimes » de chantage et de pressions de la part de responsables des Services, on imagine qu’il y en a eu d’énormes pour préparer le génocide rwandais, la « kriegsspiel » du Congo-Brazzaville. Dès lors que les gaullistes ont quitté le pouvoir en 1974, les libéraux proches de Giscard vont jouer la carte de la continuité dans le système françafricain et vont monter leur propre réseau. Cela commence en 1976 avec la requête de Giscard de fournir l’U.N.I.T.A de Jonas Savimbi en armes et en instructeurs parallèlement à la CIA.
    Denard fait partie du voyage. A Paris, le lobby pro-Unita s’organise autour des héritiers de Giscard : François Léotard, Gérard Longuet, beau-frère de Vincent Bolloré, Claude Goasguen, Jean-Pierre Binet l’autre beau-frère de Vincent Bolloré.
    Cet épisode va propulser la carrière industrielle de Vincent Bolloré. Le Groupe Bollore est leader mondial du papier mince pour livres et cigarettes, mais aussi des condensateurs. Après Elf-Total, dont je parlerai plus tard, le groupe Bolloré est le deuxième conglomérat françafricain.[page]
    Sa fabuleuse histoire commence par le rachat de l’armateur Delmas-Vieljeux. Le groupe impose sa suprématie dans le secteur du transport maritime en Afrique, élargit son domaine aux ports, aux chemins de fer ( notamment le CFCO, le Chemin de Fer Congo-Océan ), aux routes.
    Il reprend le groupe Rivaud qui abritait la banque du RPR et quelques cent mille hectares de plantations coloniales. Voici un des bienfaits du colonialisme !
    Il s’impose avec succès dans la cigarette, étend ses concessions forestières, entre en force dans le cacao et guigne celui du coton. C’est un baron de l’Afrique francophone et « latine ». Venons-en au mastodonte de la françafrique. Voici pour vous ELF ! L’affaire ELF a permis de faire la lumière sur le pillage de plusieurs milliards d’euros de rentes pétrolières africaines passés par les comptes en Suisse. Le plus gros distributeur, Alfred Sirven, qui voulait « mettre la République à feu et à sang » à emporter tous ses secrets dans la tombe. André Tarallo et d’autres anonymes ont été mis en examen.
    D’importants bénéficiaires ne sont toujours pas inquiétés par la justice française. La justice française est-elle la même pour tout le monde ? Cet argent est le fruit d’une longue histoire rythmée par des guerres civiles « venues d’ailleurs », des putschs, la corruption, des assassinats. L’article du site africamaat intitulée « la Férocité Blanche » présente une liste exhaustive d’assassinats de leaders panafricains qui se battaient pour Kamita.
    Malgré sa privatisation et ses bonnes résolutions énoncées à ce moment-là, force est de constater que Elf n’en a pas fini avec la Françafrique de douloureux épisodes comme le Congo-Brazzaville, l’Angola, le Gabon, le Tchad et le Cameroun sont là pour nous fournir une preuve tangible. L’arrivée de Total, allié en Birmanie à une narcodictature dopée par le travail forcé, n’est pas de nature à remettre en question les mœurs pétro-françafricaines. Le nouveau groupe, plus puissant, sera apte à faire la pluie et le beau temps et à faire changer d’avis plus d’un récalcitrant en deux temps trois mouvements.
    La Banque F.I.B.A, banque du RPR et de la nomenklatura congolo-gabonaise qui servait de transit aux redevances pétrolières et aux ventes d’armes, a été dissoute lors du rachat d’ELF par Total. Cette prouesse a un parallèle avec le rachat de la Banque Rivaud par le groupe Bolloré qui a trouvé beaucoup de comptes perso des neveux du RPR. Une équation s’est installée dans la tête des kamites : ELF = Françafrique. Son premier président, Pierre Guillaumat, a mis en place un service de renseignement capable de changer le cours de l’histoire.
    En 1977, Marien Ngouabi, mécontent du contrat passé entre son pays, le Congo-Brazzaville, et la compagnie pétrolière, le fait savoir en augmentant la fiscalité sur le pétrole. Elf n’apprécie pas et Guillaumat asphyxie l’économie du pays et fait assassiner Marien Ngouabi en Mars 1977, ainsi que son prédécesseur Alphonse Massembat-Débat qui était en discussion avec Ngouabi pour revenir au pouvoir d’un commun accord. Ngouabi projetait de rendre le pouvoir à une personnalité du sud du pays, ce qui[page]
    déplaisait aux tribalistes en chef que sont les agents de la DGSE comme j’ai pu le dire plus haut. Les agents de la D.G.S.E ont pour mission secrète de raviver les flammes allumées au début de la traite négrière entre les clans en Afrique comme le racisme anti-Bamiléké au Cameroun, « le Hutu power », l’acharnement contre les gens originaires du Pool au Congo-Brazzaville.
    Située très à droite, le Grande Loge Nationale de France ( la G.L.N.F ) est la seule grande obédience française rattachée à la très puissante franc-maçonnerie américaine. Presque tous les ” présidents ” agréés par la Françafrique y ont été initiés ( Bongo, Sassou N’Guesso, Biya, Déby, Compaoré… ) ainsi qu’un panel de plus en plus déterminant de personnalités françaises de la politique, la finance, les industries sensibles ( c’est-à-dire ? ), l’armée, les services secrets, les médias ( TF1 en tête ), la justice.
    Vous avez pu remarquer que depuis que le « nabo » est à l’Elysée, on a pu voir revenir sur les plateaux télé : le très pimpant Charles Pasqua. Il a été le vice-président du SAC et Pierre Le Dizet en fut le Directeur. Michel Debré et Jacques Foccart n’était pas loin de cette création pour contrôler les adversaires du gaullisme en France qui pourrait regarder de trop près les activités « inavouables » du régime gaullien en Afrique.
    Je voudrais mettre l’accent sur un pan de la modernisation du système foccartien qui se transforme. Je veux parler de la Mafiafrique.
    II) De la Françafrique à la Mafiafrique.
    Ce qu’offre aujourd’hui l’Afrique à toutes les mafias, c’est la mise à disposition d’États de complaisance par des cliques dirigeantes retranchées sur les positions prédatrices qu’elles peuvent encore exercer, c’est l’aventurisme de ses guérillas mercenaires.
    La mafiafrique est syro-libanaise, belge, ukrainienne, américaine, russe, israélienne, saoudienne, émirat, anglaise, indo-pakistanaise, française, chinoise. La mafiafrique est même afghane : selon le journaliste portugais Gustavo Costa, dans un article publié dans L’Express en novembre 2001, Luanda est devenu à la fin des années 1990 le cœur d’un trafic de contrebande de biens divers organisé par les milieux trafiquants afghans de Dubaï en contrepartie du blanchiment de l’argent de la drogue.
    Dans l’autre sens s’organisait, suivant les réseaux rôdés de l’« Angolagate », l’approvisionnement en armes du régime taliban. La mafiafrique est planétaire. Mais, pour des raisons historiques, la mafiafrique est assez largement française.
    De son vaste empire africain, de ce grand mythe vécu d’un lien charnel entre la France et ses anciennes colonies, qui ne fut jamais aussi fort qu’après la décolonisation des années 1960, la France a hérité d’un capital relationnel avec les élites africaines et maghrébines et d’un savoir-faire qui font aujourd’hui merveille, bien au-delà du pré carré colonial, sur tous les terrains de la mafiafrique.[page]
    Le ” système Foccart ” verrouillait la Françafrique, exerçant un contrôle politique et policier sur le continent pour le compte du camp occidental et contre l’Union soviétique. Ce rôle planétaire n’a pas été sans bénéfices secondaires spécifiquement françafricains : au travers des mécanismes maintenant à peu près connus de la circulation perverse de l’aide au développement et des flux de l’économie rentière, la Françafrique a joué un rôle essentiel dans le financement de la vie politique française, pour le camp présidentiel et même au-delà, avec l’habitude prise de la cohabitation.
    La politique africaine ne pouvait donc pas être discutée sur la place publique, comme pouvaient l’être les relations avec l’Allemagne, la Russie ou les États-Unis. Le ” foccartisme “, celui de Jacques Foccart comme de ses successeurs, Jacques Toubon, Jacques Godfrain et Jacques Chirac ( ils peuvent au moins partager un point commun qui n’aura échappé à personne ), fermait le débat en France aussi.
    Évident sur la scène politique, cet étouffement a également longtemps prévalu ( et cela est moins
    connu ) dans le monde universitaire. Ce n’est nullement le fruit du hasard si la France compte relativement peu de bons spécialistes de l’Afrique contemporaine et du Maghreb.
    Ce qui n’a pas empêché de faire germer une pléthore de spécialistes de l’Afrique. Dans certains organismes de recherche publics ( comme l’O.R.S.T.O.M ), il était tout simplement interdit aux chercheurs de s’occuper de questions politiques au sens le plus académique du terme, la science politique : ils étaient soumis à une censure préalable.
    Et dans le même temps, des professeurs de droit ont écrit les constitutions africaines sans être trop regardants sur leur application dans des régimes policiers de parti unique… À partir de 1981, l’arrivée de la gauche au pouvoir a brièvement permis un certain dégel intellectuel, en ouvrant le champ de l’expertise reconnue, y compris autour de l’Élysée, à des universitaires d’un genre que l’on n’avait jamais vu jusqu’alors sous les ors de la République : pendant quelques mois, ils ont côtoyé le patron de la DGSE ( Pierre Marion ) et les conseillers spéciaux de l’Élysée ( comme Guy Penne et Jean-Christophe Mitterrand ).
    Mais la tendance était lourde et les experts indépendants sollicités par l’État au début des années 1980 ont été ensuite tenus à l’écart dès lors qu’ils entendaient rester indépendants. La politique de développement, héritière des combats anticolonialistes et tiers-mondistes, que la gauche victorieuse transportait dans ses valises pesa peu face aux liens d’argent qui fondaient les pouvoirs africains, via la redistribution clientéliste, et contribuaient largement au financement des partis politiques français via les ” rétro commissions “.
    L’expulsion de l’intrus Jean-Pierre Cot de la scène françafricaine prouva rapidement que tout allait continuer comme avant, mais avec des partenaires supplémentaires. Pour fin septembre 2008, les[page]
    États-Unis rassembleront leurs activités militaires en Afrique ( sauf en Égypte ) sous un seul commandement.
    Leur objectif, le contrôle complet des matières premières africaines. La décision a été dévoilée au début de ce mois et montre bien l’importance stratégique de l’Afrique pour les États-Unis. C’est la première réorganisation de la structure de commandement de l’armée américaine sur le plan mondial depuis 1946. La nouvelle structure a été baptisée African Command et reprend une partie des tâches de l’EUCOM, le commandement installé à Stuttgart.
    Le pétrole est une des raisons importantes du regain d’intérêt des Américains pour l’Afrique. La seconde est la présence accrue de la Chine en Afrique comme le disent les experts américains du Council on Foreign Relations : « La Chine a modifié la situation stratégique de l’Afrique. Sur tout le continent, elle est en quête de richesses naturelles, elle dame le pion aux entreprises occidentales dans les grands travaux d’infrastructure, elle fournit des prêts avantageux. »
    Actuellement, plus de 25 % des importations chinoises en pétrole viennent déjà d’Afrique. Ces dernières années, le commerce entre la Chine et l’Afrique est passé de 3 à 55 milliards de dollars ( cf. reportage des « Dessous de la carte » sur les relations sino-africaines sur le site Africamaat ), faisant de la Chine le troisième partenaire commercial de l’Afrique après les Etats-Unis et la France.
    III) La mobilisation contre la prédation mafieuse à Kamita et en France.
    La montée en puissance des mouvements africains issus de la société civile africaine semble aujourd’hui un phénomène irréversible.
    L’ « appel d’air démocratique »issu des conférences nationales des années 1990 interrompues brutalement dans certains pays comme le Congo-Brazzaville par la Françafrique, l’essor de la presse libre dans certains pays, la naissance du mouvement altermondialiste et j’ajouterai l’émergence en Europe d’une génération de kamites fiers de leurs glorieux ancêtres quelle que soit l’endroit d’où ils viennent ( Guadeloupe, Martinique, Guyane, Haïti… ) prêts à créer des passerelles entre la diaspora et Kamita pour une véritable et durable Renaissance africaine.
    Au Mali, la Coalition des alternatives Dette et Développement ( CAD Mali ) créée à l’occasion du Jubilé 2000 pour l’abolition de la dette, regroupe des dizaines d’organisations. Elle organise depuis 2001 un contre-G8 des Pauvres délocalisé à Bamako. La question des relations franco-africaines fait partie de ses préoccupations premières, comme l’a démontré l’organisation à Bamako du sommet alternatif France-Afrique de décembre 2005.
    Au Tchad, le Comité de suivi de l’Appel à la Paix et à la Réconciliation regroupe des organisations qui militent depuis 2002 pour obtenir des conditions favorables à la pacification et à la démocratisation de[page]
    leur pays. Le comité suit de près l’évolution des relations entre la France et le Tchad et participe à des actions de plaidoyer menées auprès des autorités françaises.
    Au Burkina Faso, des ouvrières en grèvent réussi à obtenir gain de cause face à Yves Rocher tandis qu’au Mali le syndicat Cocidirail, qui plaide pour la restitution et le développement intégré du rail malien harcèle la filiale du groupe Bouygues qui a racheté le chemin de fer Bamako – Dakar.
    Au Togo, une coalition de mouvements de la société civile s’est organisée en avril 2005 pour observer les conditions de déroulement du scrutin présidentiel et pouvoir dénoncer la fraude. Leurs appels et le résultat de leurs travaux ont été largement diffusés par leurs partenaires associatifs, en Afrique et en France.
    Ce n’est qu’à cause du soutien du Président français au candidat frauduleusement élu du clan Gnassingbé que cette mobilisation n’a pas pu aboutir.
    Le terrain syndical est en pleine expansion et laisse peu de répit aux multinationales françaises qui pillent allègrement les ressources naturelles et humaines du continent. En Côte d’Ivoire, l’omniprésence des investisseurs français dans tos les secteurs économiques, les soupçons de financement de la rébellion par des groupes hexagonaux ont attisé le sentiment anti-français d’une partie importante de la société ivoirienne, dans un climat marqué par l’interventionnisme militaire de la France dans le pays
    ( opération Licorne ).
    A Abidjan, la colère contre l’ancienne puissance coloniale a pris un tournant lors des évènements lors des évènements de Novembre 2004. Le sentiment anti-français s’est déplacé au Togo après l’élection de Faure Gnassingbé en Avril 2006, le débat sur le rôle positif de la colonisation puis sur l’immigration choisie et a gagné une grande partie de l’opinion africaine. Je voudrais, pour finir, parler de la mobilisation des artistes contre la Françafrique.
    La plume du Martiniquais Aimé Césaire, du Camerounais Mongo Béti, la voix du Kongolais Franklin Mukaka, du Nigérian Fêla Kuti ont été autant d’armes au service de l’émancipation de l’Afrique.
    La mobilisation reprend tout son sens grâce au rap, au reggae mais aussi à la littérature et au théâtre ; après la génération perdue des années 1970-1980, dont je voudrais vous parler avant de conclure. Le journaliste burkinabé Norbert Zongo dirigeait l’hebdomadaire le plus lu au Burkina Faso,
    « L’Indépendant ».
    Amoureux de la nature, il avait créé une réserve de faune au sud de pays. Il s’y rend en voiture le dimanche 13 décembre 1998, avec un chauffeur et deux de ses collaborateurs. Le véhicule est retrouvé incendié le long de la route, les quatre occupants sont morts, leurs corps sont plus ou moins carbonisés. Les positions contestataires du journaliste, les rumeurs de complot à son égard ainsi que[page]
    les traces de balles retrouvées dans la porte arrière suggèrent immédiatement une mise en scène.
    Il enquêtait sur le scandale de pesticides Saphyto, fournis par la Sofitex, la plus grande entreprise burkinabé qui encadre toute la production cotonnière du pays puis la commercialise via sa maison mère parisienne, la C.F.D.T.
    Il enquêtait aussi sur le trafic des parcelles à bâtir, un système de corruption et d’escroquerie à l’encontre des candidats à l’acquisition d’un lotissement. Au premier des personnes impliquées, le maire de Ouagadougou, Simon Compaoré. Tiens !?
    Le régime de Paul Biya qui passe pour être le plus corrompu du monde. Le combat pour une presse libre, résistant aux constantes pressions du pouvoir ; tentatives de corruption ou d’étranglement financier, censure, interdiction, menaces, brutalités. Pius Njawé a réussi à traverser toutes ses épreuves. Il est directeur du « Messager » à Douala.
    Il a été condamné à deux ans de prison pour avoir diffusé un article qui relatait les problèmes de santé du Président Biya survenus lors d’un match de football. A sa sortie de prison, il a bénéficié d’une solidarité extraordinaire, de ses confrères du monde entier jusqu’ aux citoyens français, des lycéens alsaciens précisément.
    Narléjy Yorongar qui a récemment publié un livre en vente aux Editions Menaibuc intitulé « Tchad, Le Procès d’Idriss Déby ». Il est député et responsable du parti fédéraliste, le Front d’Action pour le Renouveau. Il a félicité Nicolas Sarkozy pour son accession à la magistrature suprême ( sic ).
    Conclusion : En guise de conclusion, nous pouvons nous demander pourquoi l’on nous ressasse à longueur de journée que l’Afrique est pauvre alors que la somme des transactions réalisées avec l’Afrique est de l’ordre de 800 milliards de dollars, d’après un article du site africamaat sur les relations sino-africaines.
    Les personnes viennent de toutes les régions du monde pour faire des affaires en Afrique mais ceci n’empêche pas les médias de nous abreuver de reportages sur les africains qui meurent sur les rives méditerranéennes, les bébés qui souffrent de malnutrition… On passe sous silence le fait que la population africaine va rejoindre la Chine et l’Inde.
    Depuis quelque temps, on entend ici ou là : « Il faut aider l’Afrique car elle ne pourra pas assumer toute la population car elle n’a pas toutes les ressources nécessaires pour pouvoir satisfaire tous enfants »
    ( Journal de R.F.I en Juillet dernier ). L’Afrique a toutes les ressources pour satisfaire ses enfants mais des intrus viennent s’enrichir dans le plus grand secret, à l’insu des populations africaines. Je reste optimiste pour Kamita car je vois que ses enfants sont en train d’ouvrir les yeux et s’organise pour[page]
    préparer la Renaissance africaine chère à l’Osiris/Cheikh Anta Diop qui est assis à la droite d’Amon.
    L’avenir appartient à l’Afrique et la vision spirituelle africaine peut, de près et de loin, éclairer l’humanité. Tous ces faits que j’ai pu relater ci-dessus ont des origines qui remontent à la traite négrière lorsque les leucodermes et les sémites sont arrivés en Afrique pour disséminer des armes à feu pour empêcher les royaumes africains de créer de véritables Etats africains. ( cf. « La traite négrière européenne : Vérité et Mensonges » ). Ankh Oudja Seneb
    ( piankhy.com )
    ( Sites à consulter pour compléter votre lecture :
    Livres traitant de la Françafrique :
    – ‘ La Françafrique, le plus long scandale de la République ‘ de François-Xavier Verschave, 1998, Ed. Stock
    – ‘ Noir Silence de François ‘ de François-Xavier Verschave, 2000, Ed. Les Arènes
    – ‘ Noir procès : offense à chefs d’Etat ‘ de François-Xavier Verschave et Laurent Beccaria, 2001, Ed. Les Arènes
    – ‘ Noir Chirac ‘ François-Xavier Verschave, 2002, Ed. Les Arènes
    -Négrophobie. Réponse aux « négrologues », journalistes françafricains et autres falsificateurs de l’information, de François-Xavier Verschave, Odile Tobner-Biyidi et Boubacar Boris Diop, 2005, Ed. Les Arènes
    – ‘ De la Françafrique à la Mafiafrique ‘ de François-Xavier Verschave, 2004, Ed.Tribord
    – ‘ Au mépris des peuples : Le néocolonialisme franco-africain ‘ de François-Xavier Verschave et Philippe Hauser, 2004, Ed. La Fabrique
    – ‘ Le choix volé des Togolais. ‘ Rapport sur un coup d’Etat électoral perpétré avec la complicité de la France et de la communauté internationale ‘, coordonné par l’association Survie, 2005, Ed. L’Harmattan )

  • Françafrique et franc-maçonnerie

    Les chefs d’Etat Africains Francs-Maçons dans la Grande Loge nationale française (GLNF)

    LIBREVILLE, (Infosplusgabon) – La plupart des chefs d’Etat africains sont initiés dans la Grande Loge nationale française. A l’heure des indépendances, les loges Africaines s’émancipèrent, créant des obédiences nationales, souvent nées de la fusion entre les filiales locales du Grand Orient (GO) et de la GLNF.

    La Franc-Maçonnerie est un legs colonial. Dédiée à « Saint-Jacques des Vrais Amis rassemblés « , la première loge en terre Africaine a vu le jour en 1781 à Saint-Louis du Sénégal.

    Il s’agira longtemps d’une maçonnerie coloniale, réunissant sous le maillet militaires, commerçants et fonctionnaires.

    Plusieurs maçons célèbres ont plaidé en faveur de l’abolition de l’esclavage, notamment l’Abbé Grégoire sous la Révolution puis Victor SCHOELCHER.

    D’autres ont œuvré à l’expansion de l’empire Français, tels Pierre SAVORGNAN de BRAZZA et Jules FERRY, désireux « d’apporter les Lumières aux races inférieures « .

    Les frères au grand jour sont : Omar BONGO ONDIMBA (Gabon), Denis SASSOU NGUESSO (Congo-Brazzaville), Idriss DEBY ITNO (Tchad). François BOZIZE (République Centrafricaine).

    A noter que celui-ci, par ailleurs révérend supérieur d’une Eglise du christianisme céleste-Nouvelle Jérusalem, a sollicité à l’automne 2007 la bénédiction du pape BENOIT XVI.

    Les frères de l’ombre qui s’abstiennent de confirmer, voire démentent sont : Abdoulaye WADE (Sénégal). Il a semble-t-il, pris ses distances avec sa loge. D’autant qu’il doit tenir compte de l’hostilité de l’islam confrérique envers la franc-maçonnerie.

    Blaise COMPAORE (Burkina Faso). Il a été parrainé par son ministre des Affaires étrangères, DJIBRIL BASSOLE. Et puis viennent Amadou TOUMANI TOURE (Mali). Mamadou TANDJA (Niger). Thomas YAYI BONI (Bénin). Paul BIYA (Cameroun). Il aurait été initié avant de se rapprocher de la mouvance rosicrucienne.

    Les demi-frères : Ils ont été approchés et envisagent de rallier la » tribu « . Faure GNASSINGBE (Togo). Joseph KABILA (République démocratique du Congo).

    L’émir Algérien ABD EL-KADER a rallié le Grand Orient en 1864. Longtemps laissés à la porte du Temple, les frères noirs y trouvent peu à peu leur place au XXè siècle.

    Citons le Sénégalais Blaise DIAGNE, nommé commissaire de la République en 1918 par CLEMENCEAU, puis sous-secrétaire d’Etat aux Colonies sous Paul DOUMER, ou le Guyanais Félix EBOUE, qui, gouverneur du Tchad en 1940, rallie l’Afrique Centrale à la France Libre.

    FIN/IPG/LKG/2008 28 avril

    Par Appolinaire Noël KOULAMA

    © Copyright Infosplusgabon, 29/04/2008

    Faut-il être franc maçon pour être Président en Afrique ?

    (06/10/2005) Les chefs d’Etat Africains Francs-Maçons dans la Grande Loge nationale française (GLNF) dans AGORA SUR L’AFRIQUE pixel_blue

    Bongo, Biya, Sassou Nguesso, Idriss Deby, et tout récemment Bozizé sont de notoriété publique de ces présidents africains qui en nombre croissant sont affiliés à une loge maçonnique française… pixel_blue dans COULISSES ET RESEAUX DU POUVOIR

    Bien que la question soit rarement évoquée par les élites africaines comme il se devrait de toutes tendances sociales ou politiques lourdes questionnant l’existence collective, et pour cause, les populations africaines ont enregistré le pli maçonnique des hautes sphères et en débattent à mots plus ou mois couverts. Une presse minoritaire, quelques fora de discussions, des petites gens et citoyens en dehors du microcosme lumineux assimilent désormais à une mafia internationale cette fraternité qui représente, sur son expérience africaine un crime et une forme de protection criminelle au bénéfice des agents pathogènes des sociétés africaines contemporaines. Ce sentiment collectif monte dans les couches sociales intermédiaires, en alimentant la propension à la corruption « puisque ça ne marche que comme cela » et les fantasmes politiques jusqu’à une hostilité avouée à « la secte maçonnique ».

    L’initiation récente du président Bozizé par son frère aîné Denis Sassou Nguesso du Congo-Brazzaville a alimenté quelques pages de journaux en Centrafrique et dans l’espace francophone, et désormais même les profanes pourraient avoir les détails de cette « affaire », c’est dire le degré de publicité des recrutements, adhésions et de la présence maçonnique en Afrique noire francophone.

    Une concurrence vive aurait d’ailleurs à cet égard opposé les voisins et frères maçons Bongo et Sassou Nguesso pour l’affiliation à leurs loges respectives. Le président gabonais, initié à l’origine au Grand Orient de France [GO] serait passé à la GLN, avant de créer sa propre loge en 1975, le Grand Rite Equatorial récemment baptisé Grand Rite Symbolique. Quant au président Sassou, lui aussi issu de la GLN, il a également créé sa propre obédience comme son homologue et beau-fils gabonais. La création d’une loge nationale requiert le parrainage d’une loge à l’étranger, dans le cas des pays d’Afrique noire ex colonies francophones, la tutelle est généralement française… Françafricaine.

    En effet la franc-maçonnerie française s’installe en Afrique en 1781 à Saint Louis, elle recrute essentiellement dans les milieux de colons, militaires, fonctionnaires, administrateurs blancs. Impliquée dans le processus de décolonisation, elle va essaimer dans le reste de l’Afrique jusqu’à prendre dans les année 90 une stature quasi officielle de passage obligé pour tous les hommes politiques et élites économiques, sociales, médias des pays d’Afrique noire. L’Afrique centrale en est une illustration parfaite, une espèce de colonie maçonnique.

    Le Cameroun, malgré semble t-il la discrétion de son président, cité régulièrement comme franc-maçon est du point de vue de l’élite une Grande loge en lui-même, comptant environ une cinq centaine de frères. « Dans le gouvernement, je ne vois pas un seul ministre RDPC qui ne soit pas maçon », confiait un homme politique camerounais au journal français l’express [12/04/2004]. La tendance à l’initiation des hautes personnalités qui confine à l’embrigadement à intérêts réciproques est tout aussi patente au Congo Brazzaville ou Gabon où on évalue à peu près à 800 le nombre de maçons pour 1 millions d’habitants ! L’existence de loges nationales dirigées par des présidents de république, par ailleurs adeptes de plusieurs cultes traditionnels, renforce le processus de sélection des élites par le tamis maçonnique et le maillage resserré des sociétés.

    La question posée par ces réseaux maçonniques offrant des protections internationales et démultipliant le potentiel d’accumulation [détournements astronomiques] individuel des élites africaines est cruciale. Et même si aucune personnalité ni structure citoyenne n’ose l’aborder, elle ne pourra pas indéfiniment être exclue du débat politique. Les affaires ELF, les cotisations faramineuses payées par les dignitaires africains sur deniers publics, la structure réseautique de cette fraternité est un appareil, un système huilé et redoutable de prédation africaine. Il n’y a pas de secteurs stratégiques, privatisation des grandes entreprises d’état, gestion des hydrocarbures, déterritorialisation des capitaux et gestion des fortunes des ploutocraties africaines, nominations, crimes françafricains, trucages des élections… qui échappent à l’influence de la franc-maçonnerie. Ce nom aujourd’hui évoque davantage les obscurantismes et prévarications africaines qu’autre chose, après avoir évoqué le colonialisme dont les avocats féroces, de « l’abolitionniste » Victor Schoelcher à Jules Ferry étaient des maçons convaincus !

    Le réseau des réseaux, en connectant les présidences africaines, les élites africaines assujetties à leurs rituels, à leurs hiérarchies, à leur domination symbolique et spirituelle, crée des autoroutes de la prédation et du pillage de l’Afrique. Toujours sous les vernis défraîchis des Lumières, de l’élitisme, de la fraternité, de la tolérance, de l’universel, termes piégés que les moutons des démocratures gobent avec fierté et annônent machinalement, se passant se faisant pour cultivés… En mettant en relation des systèmes et réseaux internationaux où se retrouvent des experts en prédation, avocats et cadres juristes pour tripatouiller des constitutions, légaliser les pillages des ressources, consultants en communication pour éconduire les masses ou au moins faire circuler entre des mains choisies de colossales commissions et honoraires, la franc-maçonnerie, tout au moins cette partie de la franc-maçonnerie au cœur de la françafrique pose un problème démocratique, un problème de survie économique, un problème fondamental. Des questions similaires sont posées en France sur sa dimension exclusivement affairiste, sur la fin de son rôle idéologique historique, sur ses dérives mafieuses, sur sa culture du secret, meilleur abri pour les criminels en cols blancs.

    Au nom de quelle raison supérieure les élites africaines seraient t-elles sélectionnées sur la base de leur appartenance à la franc-maçonnerie ? A partir du moment où la présence de frères dans les sphères du pouvoir est aussi prégnante que révélée au Cameroun, au Gabon, au Congo par exemple, le Tchad, le Togo, le Niger, le Burkina Faso sont tout aussi concernés, elle devient de fait une question publique sur laquelle un minimum de transparence est nécessaire.

    La Franc-Maçonnerie contemporaine confirmera probablement le mépris racial que les humanistes européens ont toujours eu pour les Noirs et Africains, qu’il s’agisse de Voltaire plaidant l’inégalité des races, Renan leur hiérarchie, Hegel ne voyant en Afrique qu’un continent en dehors de mouvement historique incapable même de comprendre l’idée de Dieu, qu’il s’agisse de Ferry pontifiant sur le fait que les droits de l’homme n’avaient pas été inventé pour les nègres d’Afrique, et que dire encore de Hugo… Un tel mépris ne gêne pas les hautes sphères africaines qui s’accommodent volontiers de leur humiliation permanente, cela les grandit probablement en indice de fortunes privées indues. Qu’en est-il de la masse des peuples ?
    Source : Afrikara





  • Coronavirus : La performance africaine

    par Abdelkrim Zerzouri


    La catastrophe sanitaire qu’on prédisait à l’Afrique au début de la propagation de la pandémie de Covid-19 n’a pas eu lieu. Des experts, y compris de l’ONU, n’ont cessé de tirer la sonnette d’alarme durant le printemps dernier, notamment, face à un avenir sombre dans le continent sous la menace de la diffusion du nouveau coronavirus, mais l’alerte s’avèrera fausse. A la grande surprise générale, et au moment où d’autres subissent les effets dévastateurs de la pandémie, l’Afrique qui présentait une faible immunité avec son système de santé des plus défaillants s’en sort mieux, jusqu’à présent, que les autres continents, pourtant, dotés d’un très fort potentiel de défense face à la crise sanitaire sur les plans des infrastructures de santé et autres moyens thérapeutiques à la pointe de la technologie.

    Au mois d’octobre dernier, le continent n’a enregistré que le pourcentage remarquablement faible de 4,2 % du fardeau mondial de la maladie et un peu plus de 3,5 % des décès. Une performance qui chercherait encore des explications scientifiques plausibles ? Alors que certains ont cherché à en attribuer la majeure partie au hasard et à l’inconnu, ou encore au climat, l’inattendue performance africaine serait liée, selon d’autres explications, aux mesures préventives engagées au tout début de la pandémie, dont un confinement au bon moment, la fermeture des frontières, des universités et des écoles, ainsi qu’un répondant adéquat et rapide des populations de par leurs habitudes à faire face aux épidémies.

    L’Afrique a exploité son expérience dans la gestion des épidémies, qui sévissent cycliquement sur le continent, lançant une recherche active des cas contacts avec beaucoup de clairvoyance que la plupart des parties du monde développé, estiment des experts africains, qui affirment qu’il ne s’agit ni de hasard ni aucune autre raison inconnue. La limitation de la circulation de la Covid-19 n’est, ainsi, qu’une question d’efficacité dans la gestion de la crise sanitaire. Tant la réaction est rapide pour se prémunir contre le virus, le résultat ne serait que plus probant.

    De ce fait, peut-on conclure que les annonces alarmistes des experts, qui craignaient une propagation dévastatrice de la Covid-19 au niveau du continent africain, sont caduques ? La question de la durabilité de ce remarquable tableau bio-statistique de la Covid-19 dans le continent reste entièrement posée. Car, personne ne sait comment va évoluer la deuxième vague, ou une troisième présentée comme inévitable en l’absence d’un vaccin contre le virus.

    La partie n’est pas gagnée par les pays africains, qui doivent axer des efforts durables sur le plan des mesures préventives dans la lutte contre la propagation du nouveau coronavirus. L’Afrique ne doit pas oublier sa prévalence du VIH de près de cinq fois supérieure à celle du reste du monde (abritant près de 70 % de toutes les personnes vivant avec la maladie dans le monde), pour éviter d’enregistrer un autre triste record si jamais ce nouveau coronavirus trouve son bon chemin dans ses contrées.

    La petite expérience de la gestion de la crise sanitaire qui sévit depuis plusieurs mois dans le monde, bientôt une année, a montré qu’il ne faut à aucun moment baisser la garde ou relâcher la vigilance en matière de respect des gestes barrières. Une règle d’une simplicité déconcertante qui ne rime pas, forcément, avec facilité d’application.

    Le Quotidien d’Oran, 7 nov 2020

    Tags : Afrique, coronavirus, covid 19,

  • Ambassador Gabriel on Mauritania-Polisario relationship

    1) According to member of Polisario’s National Secretariat, the visit to the Canary Islands by a small Polisario delegation [including Speaker of the Saharawi National Council Khatri Addouh and Polisario’s representative in Spain Bouchraya Bayoun] during the second week of July had nothing to do with the fisheries agreement between Morocco and European Union [against which Polisario has been campaigning vigorously]. The main object of the visit, the National Secretariat member said, was to sign a number of agreements providing for aid for Saharawi refugees [in the Tindouf camps] on the one hand and Canary Island regional government grants for Saharawi students studying at Spanish universities.

    2) The same National Secretariat member denied reports that SADR President and Polisario General Secretary Mohamed Abdelaziz will not be invited to attend the investiture of the newly re-elected President of Mauritania. Relations between the SADR and Mauritania are “at their best”, according to the source

    Ambassador Edward M. Gabriel, Ret.
    President and CEO
    The Gabriel Company, LLC
    1220 L Street NW, Suite 411
    Washington DC, 20005
    Phone: +1 202.887.1113
    Fax: +1 202.887.1115
    Email: ed.gabriel@thegabrielco.com
    Website: http://thegabrielco.com

  • Rapport de l'ambassadeur Gabriel sur le Sahara Occidental

    TRADUCTION NON-OFFICIELLE

    Ces informations nous parviennent d’une source fiable. Elles n’ont pas été corroborées par des sources tierces.

     SAHARA OCCIDENTAL/RAPPORT DE SITUATION

    16/05/14

     Le Front Polisario a célébré son 41e anniversaire le 10 mai, suite a des mois turbulents durant lesquels il paraît avoir eu un espoir remarquable concernant l’élargissement du mandat de MINURSO pour inclure les droits humains seulement pour les voir ruinés lors de la réunion annuelle du Conseil de Sécurité de l’ONU fin avril.  Le Polisario était aussi angoisse à causé de l’élection présidentielle en Algérie. Maintenant Comme, il semble s’orienter vers une nouvelle stratégie.        

     Suite à la visite du Roi Mohammed VI à Washington en automne 2013, un membre du Secrétariat National du Polisario avait prévu avec confiance que « lorsque le mois d’avril arrivera, [une composante de  droits humains pour la mission de la MINURSO] sera inclue dans la résolution du Conseil de Sécurité, ainsi que la question des ressources naturelles dans les territoires administrés par le Maroc, » et avait aussi constaté « d’avoir reçu des promesses fermes a cet égard des membres du Congrès. » Plus tard, le même fonctionnaire semblait optimiste que la France « adopterait une position neutre » à la réunion du Conseil de Sécurité et s’abstiendrait d’utiliser son pouvoir de veto pour bloquer une résolution avec le monitoring des droits humains comme partie du mandat de la MINURSO.[1]    

     Cet optimisme était encouragé encore plus par la crise soudaine dans les relations franco marocaines fin février. Le 20 févriers, des policiers français se sont rendu a la résidence de l’ambassadeur marocain à Paris pour informer Abdellatif Hamouche, chef de l’agence marocaine de renseignements domestiques (DGST), qui était en France avec le Ministre de l’Intérieur, d’une convocation devant  un juge d’enquête en connexion avec deux procès civils déposés par une ONG l’accusant de « complicité dans la torture. » Pour ajouter l’insulte à l’injure, le même jour acteur espagnol Javier Bardem (défenseur de la cause de l’autodétermination pour les sahraouis) a été cité par les médias français constatant que l’ambassadeur de la France aux Etats-Unis François Delattre, lui aurait affirmé que le Maroc était « une maîtresse avec laquelle on (la France) dort toutes les nuits, dont on n’est pas particulièrement amoureux mais qu’on doit défendre. » Le double incident a provoqué les protestations de Rabat, qui a suspendu sa convention de coopération judicaire avec la France et a rappelé le diplomate chargé de son application, poussant Président François Hollande à téléphoner au Roi Mohammed VI directement pour résoudre le problème.

     En parlant a ce même fonctionnaire du Polisario peu après cet incident, il l’a caractérisé de « signal de réveil » pour les autorités françaises concernant « la situation des droits humains au Maroc, » démontrant que la France devrait « mettre la défense des droits humains et l’abolition de la torture au Maroc en première ligne des relations entre les deux pays. » Pour sa part, un ancien fonctionnaire au Palais Royal marocain a constaté que les Français « n’étaient pas assez vigilants » en ce que concerne les tentatives « pour déstabiliser les relations entre Paris et Rabat, » dans lesquelles « les Algériens ont surtout joué un rôle».  Cette même source a constaté que la réaction forte du Roi à l’incident (perçue comme disproportionnée, il a constaté, même par des fonctionnaires marocains) avait en fait l’intention d’envoyer un message non seulement aux Français, mais aussi aux Algériens.

     Comme la réunion au Conseil de Sécurité de l’ONU se rapprochait, les fonctionnaires du Polisario ont continué à exprimer leur optimisme. En leur parlant en mi-avril, un membre de haut niveau du leadership du Polisario qui est conseiller du Secrétaire Général Mohamed Abdelaziz a même suggéré que la cause de l’indépendance sahraouie est maintenant « au deuxième tournant important dans son histoire après l’accord de cessez-le-feu de 1991. » La communauté internationale, la source a constaté, prend conscience de la nécessite de finalement mener à bonne fin le conflit du Sahara Occidental, avec une conclusion acceptable et durable qui assurera les droits des sahraouis à l’autodétermination. Selon le membre, un indice de cette nouvelle situation est « la panique visible au plus haut de la structure de pouvoir marocaine, » comme démontré par l’appel du Roi Mohammed au Secrétaire Générale de l’ONU Ban Ki-moon quand le Conseil de Sécurité a commencé ses consultations avant la réunion annuelle sur MINURSO[2], entre autres.  Selon la source, la délégation du Polisario à l’ONU « a reçu des promesses que la protection des civils dans les territoires administrés par le Maroc sera prise en compte » par le Conseil (elle n’a cependant pas indique qui a fait de telles promesses.). La source a poursuivi :

    Les leaders du Polisario sont, sans exception, convaincus que la communauté internationale a perdu patience. Nous nous dirigeons vers une résolution qui fixera une date limite pour le Maroc pour revenir aux principes de cessez-le-feu, qui incluent les négociations pour une solution viable au conflit, c.-à-d. un referendum sur l’autodétermination. A la réunion des cadres du Polisario le 10 avril, Mohamed Abdelaziz était très claire : Le Polisario doit déclarer son empressement de négocier directement avec le Maroc et doit renouveler sa confiance en l’Envoyé Spécial du Secrétaire Générale  Christopher Ross quand nécessaire, mais en même temps le Polisario doit déclarer clairement que, pour être utile, toute négociation futur devrait focaliser sur le referendum et les questions des droits humains.

     Ayant organisé sa propre campagne de lobbying du Conseil de Sécurité pour inclure le monitoring des droits humains dans le mandat de la MINURSO, avec 115 « organisations de société civils, » issues de 21 pays le soutenant, le Polisario aurait été encouragé encore plus par les messages explicites de soutien pour l’idée par Human Rights Watch et Amnesty International à l’approche de la réunion. Le représentant du Front à New York Ahmed Boukhari a ajouté sa voix au sens général des attentes le 11 avril, en commentant sur le rapport de Ban Ki-Moon : la question du Sahara Occidental pourrait entrer dans « une phase décisive » en 2015, il a dit, avec le Secrétaire Générale de l’ONU suggérant que le Conseil de Sécurité devrait entreprendre une revue complète du processus de négociations entre le Front Polisario et le Maroc s’il aucun progrès n’est fait avant avril 2015. Ceci, Boukhari a constaté, signifie que « le Conseil de Sécurité assumera une responsabilité lourde, soit d’avancer et résoudre définitivement la question sahraouie, soit de jeter l’éponge et par conséquent ouvrir les portes à l’inconnu. »

     Le rapport de Ban Ki-moon a appelé pour une surveillance des droits humains « soutenue, indépendante et impartiale » dans le territoire contesté, sans explicitement recommander que ceci soit confié à la MINURSO. Cependant, il a en même temps donné une note positive d’encouragement sur l’intention de Rabat, récemment annoncée, d’améliorer le Conseil Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) et mettre fin a la pratique de juger les civils dans les tribunaux militaires. Selon les diplomates du Conseil de Sécurité cités par Reuters (19/04/14), les versions initiales du rapport de Ban Ki-moon ont en fait inclus un appel pour « un mécanisme de surveillance » des droits humains, mais  ont été révisées deux fois dans un période de quelques heures et  l’idée d’un « mécanisme » a été remplacée avec un appel pour une « surveillance » non spécifiée. Même si l’Ambassadeur de France à l’ONU a nié avoir fait pression sur le Secrétariat pour modifier le rapport de Ban Ki-moon, Paris a rapidement bien fait comprendre ce qu’il a considéré comme acceptable : lors d’une conférence de presse le 11 avril, le porte-parole du Ministère des Affaires Etrangères Romain Nadal a loué « les efforts majeurs » du Maroc et a constaté que « les efforts pour protéger les droits humains dans cette région » devraient continuer  dans le contexte de « la coopération par le Maroc avec les procédures spéciales de l’OHCHR et du Haut Commissaire Navi Pillay, » sans un nécessité de charger la MINURSO de la question. Quand la délégation américaine à l’ONU a circulé une résolution initiale quelques jours plus tard, celle-ci n’a inclus aucune référence à un rôle des droits humains pour la MINURSO. L’Ambassadeur français à Gérard Araud a rapidement nié (via Twitter) que la France avait menacé d’utiliser son veto contre l’inclusion du monitoring des droits humains, mais le point a été un peu académique.

     La résolution 2152 adoptée le 29 avril, n’a inclus aucune innovation substantive, soit en termes de la surveillance des droits humains, les limitations sur l’exploitation de ressources naturelles, ou les dates limites ou ultimatums pour un accord négocié, et a effectivement renouvelé le mandat de la MINURSO pour un an avec des exhortations normales au Maroc et au Front Polisario de « continuer les négociations sous les auspices du Secrétaire Général sans les conditions préalables et en bonne esprit. » La réaction du représentant du Polisario Ahmed Boukhari était sans éclat, exprimant  sa « satisfaction avec l’engagement du Conseil de Sécurité en faveur d’une solution politique au conflit du Sahara Occidental basée sur le droit inaliénable des Sahraouis à l’auto-détermination »  et son regret que la MINURSO reste la seule opération de maintien de la paix sans un mécanisme de surveillance des droits humains.

     Les réactions en privé, avec les responsables du Polisario avons qui nous avons eu l’occasion de parler, étaient un peu plus révélatrices. Un membre du Conseil national sahraoui (pseudo parlement de la RASD) a parlé le lendemain de l’adoption et a qualifie les déclarations de Boukhari applaudissant la résolution No.2152 comme une façade diplomatique, car en réalité la résolution a marqué « une régression pour la cause sahraouie. » Le Maroc et de ses amis, la source a ajouté:

     

    ont élaboré un plan  pour enterrer la cause sahraouie le 30 Avril 2015. Les Marocains disent déjà que la résolution 2152 sera la dernière avant que l’ONU ne reconnaisse le plan d’autonomie comme la meilleure solution au conflit. Parallèlement, les dirigeants du Polisario n’ont même pas levé le petit doigt lorsque le roi du Maroc a visité le Sahara avec sa femme et ses enfants[3]pour défiler dans les rues de ses villes et montrer au monde qu’il se sentait comme chez lui et que les gens du Sahara lui doivent allégeance. Les dirigeants du Polisario étaient plus préoccupés par la politique interne de l’Algérie que par la direction que la question du Sahara pourrait prendre résultant d’une résolution favorable au Maroc comme celle qui vient d’être adoptée. Le président de la RASD et ses principaux lieutenants passaient la plupart de leur temps à analyser l’élection présidentielle algérienne et son impact, au lieu de répondre aux initiatives du Maroc telles que la visite du roi au Sahara et son lobbying du Secrétaire général de l’ONU.

    S’adressant à nous, presque une quinzaine de jours plus tard, le conseiller de Mohamed Abdelaziz cité ci-dessus a donné une évaluation de la situation qui, bien que plus mesurée dans le ton, était tout aussi sombre que la réaction du membre du Conseil national sahraoui. Suite à la Résolution 2152, le conseiller a fait valoir que le Polisario se trouve à un tournant pour lequel il n’était pas préparé. La résolution appelle à des progrès vers une solution mutuellement acceptable, mais les positions des deux parties restent divergentes et, en effet, irréconciliables. Le Polisario continuera à insister qu’il ne puisse y avoir une solution autre que celle basée sur un référendum qui offre plus d’une option, dont l’une doit être l’indépendance totale. La source a continué:

     

    Le problème est que, contrairement à la situation des années précédentes, le Polisario est mal placé pour imposer cette solution. La situation a changé, et elle est de plus en plus défavorable pour Polisario. L’Algérie est dans une phase de stagnation, où la prise de décision est très lente. À l’heure actuelle, l’Algérie est complètement prise avec ses propres problèmes et préoccupations, beaucoup plus que ce qu’il était le cas même au cours de sa décennie de guerre contre le terrorisme islamiste. Donc, le meilleur qu’Alger peut offrir est de maintenir sa position historique et son aide traditionnelle au Polisario, choses qu’elle ne peut vraiment changer de toute façon. Les Algériens sont inquiets au sujet de la succession présidentielle, qui est de plus en plus risquée. Il est devenu clair lors de la campagne de l’élection présidentielle que les Algériens ont peur de l’avenir. Nous n’avons pas besoin de cette stagnation en Algérie au moment où la population des camps des réfugiés augmente de plus en plus, et nos besoins matériels augmentent également. En plus de cela, il y a un sentiment palpable de fatigue de la part des partisans internationaux du Polisario, qui envoient de l’aide alimentaire et écoutent poliment les envoyés du Polisario, mais ils murmurent sur ​​la question du Sahara afin de ne pas perturber le Maroc ou ses alliés. L’Afrique du Sud est un exemple. La dernière visite en Espagne par le Premier Ministre Abdelkader Taleb Oumar en est un autre. Celle-ci s’est déroulée presque en silence, alors que dans le passé, cela aurait été un événement important pour les médias espagnols et la société civile.

    Il semble, d’autre part, que la direction du Polisario a eu le temps de tirer quelques conclusions pratiques de cette évaluation sombre de la situation. Selon la même source:

     

    Pour toute leur expérience, tirée d’années d’activisme, les représentants du Polisario et de la RASD à l’étranger ont besoin d’un nouvel élan. Le Polisario doit prendre les leçons appropriées et se préparer pour ce tournant stratégique. Les campagnes de défense des droits humains qui n’ont pas le soutien massif d’autres acteurs ne peuvent réussir. Le Polisario ne peut pas imposer un référendum sur l’indépendance seulement en organisant des comités pour défendre les prisonniers politiques. Nous avons besoin d’une nouvelle stratégie. C’est le message que le président Mohamed Abdelaziz a transmis lors de la dernière réunion du Secrétariat national juste avant les célébrations du 41e anniversaire du Polisario. En outre, il a donné quelques indications sur ce que pourrait être la stratégie. Par exemple, le Polisario doit prendre l’initiative pour trouver l’appui à sa demande pour une solution basée sur un référendum de la part partis politiques marocains et des associations professionnelles. Mohamed Abdelaziz a posé une question légitime: pourquoi faut-il que les Sahraouis se sentent obligés de négocier exclusivement avec l’Etat marocain? Ils ont besoin de créer un mouvement au Maroc, et même au sein de l’établissement marocain, qui est sympathique avec et en faveur de leur cause. Et quand certains membres du Secrétariat national ont évoqué la possibilité que les Algériens pourraient avoir des réserves sur une telle stratégie, Mohammed Abdelaziz avait de la difficulté à rassurer les participants quant à la position de l’Algérie. L’Algérie, il a dit, n’a pas de réserves quant à cette orientation, et elle n’a pas l’intention d’intervenir.

    [1] Le Polisario pourrait été encouragé à le croire étant donné l’expérience de la période qui a précédé la dernière réunion de UNSC sur le Sahara occidental en 2013, au cours de laquelle la France aurait indiqué qu’il ne utiliserait pas son veto pour bloquer une proposition initialement présentée par la délégation des États-Unis d’inclure la surveillance des droits humains dans la mission de MINURSO, selon des diplomates proches du Groupe des Amis du Sahara Occidental cité par Reuters. 
    [2] Dans une conversation téléphonique avec M. Ban le 11 Avril, le Roi du Maroc a exigé que le rôle de l’ONU au Sahara occidental reste inchangé, en évitant les « approches biaisées » et « options difficiles », et a souligné la nécessité de « préserver les paramètres de négociation tel que défini par le Conseil de Sécurité. » 
    [3] Le 19 avril, juste après le Conseil de Sécurité a commencé ses consultations sur le brouillon qui est devenu Résolution 2152.
    Ambassador Edward M. Gabriel, Ret. 
    President and CEO 
    The Gabriel Company, LLC 
    1220 L Street NW, Suite 411 
    Washington DC, 20005 
    Phone: +1 202.887.1113 
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  • Quels lendemains de guerre au nord du Mali?

    Vous pouvez lire ici ou que le Mouvement national de Libération de l’Azawad (MNLA), par la voix de son porte parole, non seulement approuve l’intervention militaire française au Mali mais est disposé à prêter main forte au corps expéditionnaire français pour les combats au sol.

    Ce n’est pourtant pas exactement ce que dit Moussa Ag Assarid, le porte parole de ce mouvement ainsi qu’on peut le constater en lisant une retranscription intégrale d’un entretien qu’il a accordé tout récemment à un journal espagnol.
    Moussa Ag Assarid pose en effet un préalable non négligeable avant cette coopération : que le gouvernement malien engage des discussions sérieuses avec son mouvement sous l’égide de ce qu’il appelle la «communauté internationale.»
    J’espère quand même qu’il sait que dans le cas du Mali, la communauté internationale se résume à la France qui n’en fait qu’à sa tête.
    Et en parlant de négociations avec le MNLA en relation avec la situation actuelle au nord du pays, c’est une éventualité qu’a explicitement écartée M. Tieman Hubert Coulibaly, le ministre Malien des affaires étrangères qui rejette ces «conditions posées à l’armée malienne.» Une formulation qui montre que la Mali n’a de gouvernement en ce moment que militaire.
    On comprend donc que ce qui tient lieu de gouvernement en ce moment au Mali compte bien reprendre le contrôle des régions du nord du pays grâce à l’armée française, sans doute pour répéter une politique qui a entretenu une instabilité qui a débouché sur la situation actuelle à la faveur de l’intervention occidentale contre le régime de Mouammar Kadhafi.
    Le pompier pyromane français qui ne semble pas satisfait du désastre qu’il a provoqué à la frontière orientale de l’Algérie s’attelle maintenant avec passion à continuer son sale boulot à la frontière sud du polygone étoilé.
    Par Xavier Aldekoa, La Vanguardia (Espagne) 16 janvier 2013 traduit de l’espagnol par Djazaïri
    Le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA), héritier de plusieurs mouvements de rébellion targuie dans le nord du Mali veut avoir un rôle clef dans la guerre. Son porte parole, Moussa Ag Assarid dit que la révolution indépendantiste a été détournée par des terroristes et il tend la main à la France. Mais avec des conditions.
    Le MNLA est-il prêt à combattre au côté de la France contre les fondamentalistes ?
    Notre position est claire. Nous voulons des droits pour le peuple de l’Azawad. Et nous luttons déjà contre les terroristes. Avant même que la France ait commencé à le faire nous les affrontions déjà. Nous connaissons ce territoire et ses gens. Nous avons des combattants expérimentés qui savent se battre. Qu’on nous laisse faire le travail. Ce n’est pas au mali de régler ça, ni à la Communauté Economique d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Il faut négocier pour déterminer les conditions, et tout ce qui se passe sur le terrain, nous nous chargerons de le résoudre.
    Mais pour Bamako, le MNLA est aussi l’ennemi.
    Il ne faut pas faire l’amalgame entre de MNL A et d’autres groupes armés. Nous ne sommes pas des terroristes ; nous voulons des droits sur nos territoires et nous demandons l’indépendance. Aujourd’hui, nous devons négocier avec Bamako pour déterminer notre rôle et les statut [du territoire) de l’Azawad.
    Le MNLA a-t-il le sentiment que sa révolution targuie a été détournée ?
    Tout à fait. Notre peuple vit dans la soumission depuis 50 ans. Depuis 1960, nous avons été massacrés, nous avons subi un génocide, et comme il n’y avait aucune volonté de trouver une solution politique, nous avons fait la guerre à Bamako pour la dignité de notre sang versé, de nos enfants et des milliers de réfugiés. La communauté internationale ne doit pas l’oublier. Il est inutile que le gouvernement malien ttente de récupérer le territoire de l’Azawad s’il ne s’assoit pas à la table de négociations. Les choses ne peuvent plus être comme avant, avec l’armée stationnée au nord tandis que les villes s développent au sud. Il y a un problème politique, il faut le résoudre et ensuite, nous nous impliquerons dans la lutte contre le terrorisme au Sahel.
    Et si le gouvernement malien ne cède pas à vos revendications ?
    Sans solution politique, le Mali ne retrouvera pas la paix.
    Quelle est cette solution : l’indépendance, une certaine autonomie ?
    Il doit d’abord y avoir une négociation franche entre la communauté internationale, le MNLA et Bamako. Une fois la solution politique trouvée, nous verrons ce qui se passera. Cet accord sera déterminant pour la lutte contre le terrorisme.
    Le MNLA peut-il vaincre les extrémistes ?
    Nous disposons de plusieurs milliers d’hommes et de matériel qui nous permettent de nous adapter au terrain et de combattre dans un territoire que nous connaissons comme notre poche. En outre, la population est de notre côté et elle nous renseigne chaque jour sur leurs positions. Nous savons où sont les terroristes.
  • Retour sur l’assassinat de Patrice Lumumba (ou de l’actualité de l’impérialisme)

    Avec le temps, il arrive que certaines vérités se fassent jour et que des énigmes soient progressivement résolues. Hasan Suroor de The Hindu évoque pour nous une récente révélation sur l’assassinat de Patrice Lumumba, ce personnage charismatique dont le nom évoque aujourd’hui encore des espoirs d’indépendance et de démocratie en Afrique et au -delà.

    On comprend que le destin de Lumumba a une signification particulière pour l’Inde puisque c’est auprès d’un diplomate de ce pays en poste à Léopoldville (désormais Kinshasa) qu’il avait dans un premier temps trouvé refuge.
    L’histoire de Lumumba nous rappelle que, comme la Syrie aujourd’hui, le Congo ex belge avait aussi des amis.
    Tiens, ce sont à peu près les mêmes que ceux de la Syrie aujourd’hui !
    Par Hasan Suroor, The Hindu (Inde) 
    Un des secrets les mieux gardés des services de renseignements britanniques vient peut-être d’être éventé : leur rôle dans l’enlèvement et l’assassinat de Patrice Lumumba, le premier chef de gouvernement démocratiquement élu du Congo dont le panafricanisme et l’inclination vers Moscou avaient alarmé l’Occident.
    Pendant plus de cinquante ans, des rumeurs ont circulé par rapport à des allégations sur le rôle de la Grande Bretagne dans le meurtre brutal de Lumumba en 1961, mais rien n’avait été prouvé – laissant la CIA et son homologue belge porter seules le chapeau pour ce qu’un écrivain Belge avait qualifié de «plus important assassinat du 20ème siècle.» Aujourd’hui, dans des révélations spectaculaires, un vétéran de la politique britannique affirme avoir entendu de la bouche même des concernés que c’est le MI6 qui l’avait «fait.»
    Dans une lettre à la rédaction passée Presque inaperçue dans le dernier numéro de la London Review of Books (LRB), David Edward Lea réagissait à «Empire of Secrets, British intelligence, the Cold War and the Twilight of Empire,» un nouveau livre sur les services secrets britanniques dans lequel Calder Walton affirme qu’on ne sait toujours presque rien sur le rôle de la Grande Bretagne dans la mort de Lumumba. «La question reste de savoir si les projets britanniques d’assassinat de Lumumba… avaient une quelconque réalité. Pour l’heure, nous n’en savons rien,» écrit Walton.
    Lord Lea a répliqué: «En fait, dans ce cas particulier, je peux dire que nous avons joué un rôle. Il se trouve que je prenais une tasse de thé avec Daphne Park… Elle avait été consul et première secrétaire [d’ambassade] à Léopoldville, aujourd’hui Kinshasa, de 1959 à 1961, ce qui en pratique (et qui a été par la suite reconnu) signifiait chef du MI6 sur place. J’avais évoqué avec elle l’indignation suscitée par l’enlèvement et l’assassinat de Lumumba, et je lui avais rappelé la théorie selon laquelle le MI6 avait quelque chose à voir avec ça. ‘Nous l’avons fait’, avait-elle répondu, ‘je l’ai organisé.’»
    Selon Lord Lea, elle avait soutenu que si l’Occident n’était pas intervenu, Lumumba aurait livré aux Russes les richesses minières du Congo – appelé aujourd’hui République Démocratique du Congo. Contacté par The Hindu, Lord Lea a confirmé la teneur de sa lettre à la LRB et que la conversation autour d’un thé avait eu lieu quelques mois avant le décès de Mlle Park en 2010. «C’est la discussion que j’ai eue avec elle et c’est ce qu’elle m’a dit. Je n’ai rien de plus à ajouter,» a-t-il dit quand nous lui avons demandé s’il disposait éventuellement d’une autre confirmation indépendante de la déclaration de Mlle Park.
    Mlle Park qui a fait sa carrière dans les services de renseignements a servi à Kinshasa (ex Léopoldville) entre 1959 et 1961. A sa retraite, elle a été faite pairesse à vie avec le titre de baronne Park of Monmouth. Ses collègues de la Chambre des Lords parlaient d’elles comme de la porte parole des services secrets. Elle a aussi brièvement doyenne du Somerville College à l’université d’Oxford.
    Le MI6 n’a fait aucun commentaire sur les révélations de Lord Lea. «Nous ne nous exprimons pas sur les questions relatives aux renseignements,» a déclaré un officiel.
    Lumumba, salué comme étant “le héros de l’indépendance du Congo” de la Belgique en 1960, avait été tué par balles le 17 janvier 1961 après avoir été renversé par un coup d’Etat soutenu par la Belgique et les USA à peine quelques mois après avoir pris ses fonctions. 
    Lumumba avait trouvé refuge auprès de Rajeshwar Dayal – le diplomate Indien qui représentait le Secrétaire Général de l’ONU au Congo – pendant plusieurs jours mais avait été capturé et tué peu de temps après qu’il avait fait le choix de quitter les locaux de l’ONU. «Ce crime odieux avait été le point culminant de deux complots d’assassinat liés entre eux par les gouvernements belge et américain qui avaient utilisé des complices Congolais et une peloton d’exécution belge pour faire le coup,» écrit Georges Nzongola-Ntalaja, un spécialiste d’études africaines et afro-américaines qui a écrit The Congo from Leopold to Kabila: A People’s History [le Congo de Léopold à Kabila : histoire d’un peuple].
    Des documents américains de l’époque déclassifiés ont établi le rôle de Washington dans des tentatives secrètes d’assassinat – la plus connue étant le plan de la CIA pour empoisonner la brosse à dents de Lumumba en introduisant de la pâte dentifrice empoisonné dans sa salle de bains. 
    «La pâte dentifrice n’est jamais arrive dans la sale de bains de Lumumba. Je l’ai jetée dans le fleuve Congo, » dira plus tard Larry Devlin, chef de la station de la CIA à Léopoldville. 
    Le public sait peu de choses sur le rôle de la Grande Bretagne. Mais en 2000, la BBC avait rapporté qu’à l’automne 1960 – trois mois avant l’assassinat de Lumumba – un agent du MI5 à l’ambassade britannique à Léopoldville avait proposé «l’élimination de Lumumba de la scène en le tuant.»