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  • La prise de contrôle de Guerguerat face à la géopolitique des corridors en Afrique du Nord

    Par Dr. Lagha Chegrouche (*)

    La reprise des hostilités au Sahara occidental après la violation du cessez-le-feu de 1991 par le Maroc, à Guerguerat singulièrement, met en exergue une nouvelle géopolitique régionale de convoitise d’inspiration impériale et califale, à haut risque pour tous les peuples d’Afrique du Nord. Un risque géopolitique d’intensité élevée qui s’ajoute à celui de la déflagration de la Libye et de la diffusion du terrorisme dans le Sahel (1).
    Le passage de Guerguerat est un check-point stratégique dans le contrôle des corridors de transport d’Afrique transsaharienne (2).
    Une nouvelle configuration géopolitique générée par le nouvel ordre impérial, dont l’ultime objectif est la remise en cause des acquis de la libération politique et économique des années 60, c’est-à-dire une nouvelle tentative de mise sous tutelle des États de la région comme c’est le cas de la Libye post-Kadhafi (3).
    La prise de contrôle de Guerguerat procède de cette géopolitique de convoitise dictée par des puissances impériales d’Europe, avec un misérable habillage arabique du Golfe. Il ne manquait à cette mise en jeu géopolitique que des chameaux pour conduire une nouvelle razzia. La manœuvre géopolitique du Maroc autour de Guerguerat prolonge l’initiative d’ouverture du consulat d’Abu-Dhabi dans la ville de Laâyoune et les safaris à la gazelle sahraouie, avec une bénédiction néo-califale chérifienne.
    L’analyse des enjeux de cette «nouvelle géopolitique nord-africaine»(4) met en évidence une stratégie économique mûrement réfléchie, qui vise le contrôle global des ressources de la région nord-africaine et de ses voies d’accès, à l’instar de celle de la Caspienne (Cf. Géopolitique caspienne – Rivalité et contrôle global de l’énergie(5)) :
    • Pour les ressources nord-africaines, le potentiel prouvé et probable en matières premières comme le pétrole, le gaz, le gaz de schiste, le schiste bitumineux, les phosphates, le fer, le manganèse, le quartz cristallin, les minéraux de terres rares, le tungstène, l’uranium, le diamant, l’or est considérable. En particulier, le potentiel du Sahara occidental, les réserves de l’erg occidental d’Algérie, l’uranium dans le pays peul au Mali, en Mauritanie et au Sénégal, la richesse poissonnière des côtes atlantiques. Ces ressources naturelles suscitent convoitises et rivalités, au détriment des intérêts des peuples et pays de la région. La «rivalité est toujours autour d’un puits», disait l’adage touareg !
    • Pour les voies d’accès, les corridors nord-africains sont parmi les plus compétitifs en raison de la proximité de la façade atlantique et méditerranéenne des deux principaux marchés internationaux des biens et des services : les États-Unis et l’Europe. Une combinaison des voies terrestre et maritime offre à l’Afrique du Nord un avantage stratégique à la condition que la paix soit durablement préservée. Ce n’est pas un hasard si les États-Unis ont créé l’Africom, un commandement militaire spécifique pour cette région, avec un budget de fonctionnement de 5 milliards US $ (2019). La France renforce aussi sa présence militaire dans le cadre de son opération Barkhane, en plus de ses accords techniques militaires. 
    La Turquie néo-ottomane s’appuie sur des affinités confréristes pour pénétrer la région, militairement en Libye, au détriment d’une action unitaire nord-africaine. Les confréristes musulmans fidèles à Istanbul sont au pouvoir au Maroc, influents en Algérie et en Tunisie. Le jeu de ces deux puissances rappelle l’ancienne alliance franco-ottomane établie en 1536 entre le roi de France François 1er et le souverain turc Soliman «le Magnifique», selon Paris, «La terreur», selon Damas. Son représentant a été chassé d’Alger en 1710.
    La reprise des hostilités militaires autour de Guerguerat exige méthode et analyse critique, afin de bien comprendre cette nouvelle géopolitique de convoitise impériale et califale en Afrique du Nord. Une géopolitique motivée par une inquiétante nostalgie de tutelle néocoloniale pour la France et néo-ottomane pour la Turquie, sous-couvert de défense des «droits humains» pour la première et des «droits musulmans» pour la seconde. Chaque puissance qui s’ingère dans la région joue sa propre partition géopolitique, militaire et économique au détriment des peuples et des pays nord-africains comme en Libye : les États-Unis, la France, la Russie, la Chine, la Turquie et, en supplétifs Qatar et Abu-Dhabi. Aucun de ces pays outsiders ne cherche l’intérêt nord-africain. «L’Afrique aux Africains de Massinissa» est toujours fustigé par les Nord-Africains par « syndrome de régence ou allégeance impériale ou califale(6)».
    Le corridor terrestre atlantique «Tanger-Guerguerat-Lagos» traduit singulièrement cette nouvelle configuration néocoloniale, qui vise un contrôle global de la façade atlantique de l’Afrique du Nord et des voies d’accès à cette région riche en matières premières et disposant d’un fort pouvoir d’achat. Sans règlement juste et durable de la question sahraouie, la rivalité nord-africaine pénalise d’abord l’Algérie et uniquement ce pays dans une perspective d’exportation de ses ressources naturelles par l’Atlantique. Dans le cas de Guerguerat, le corridor terrestre atlantique est une exigence économique européenne, des opérateurs résidents et non résidents au Maroc. Le seul check-post hors contrôle était celui de Guerguerat. Le corridor maritime atlantique est plutôt plus coûteux et suppose des ports performants. Par contre, les investisseurs arabiques disposent d’une alternative de transport par camionnage utile, fluide et avec des salaires de misère.
    Le corridor terrestre atlantique permet donc la circulation des biens et services de Tanger à Lagos, via Guerguerat. D’abord vers Dakar, puis Abidjan pour arriver enfin à Lagos. Les biens et services sont fabriqués au Maroc ou en Europe.
    • Le flux atlantique «Nord-Sud» est celui des biens manufacturés des opérateurs marocains et européens destinés à l’Afrique de l’Ouest.
    • Par contre, le flux atlantique «Sud-Nord» cible les marchés des matières premières de l’Afrique de l’Ouest destinées aux marchés européens.
    Le financement de ces flux physiques étant assuré par des capitaux des pays arabes du golfe Persique. En particulier, par Abu Dhabi et Qatar, deux supplétifs des puissances impériales et califales comme à l’époque byzantine et ottomane. Le Maroc agit suivant cette stratégie économique aux apparences néocoloniales. Son adhésion comme «membre» à la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) au détriment de l’Union des pays nord-africains (UMA) rend «irréversible(7)» cette stratégie. Des puissances impériales comme la France avec les capitaux des émirats d’Orient soutiennent activement cette stratégie de contrôle global des marchés de l’Afrique de l’Ouest et de ses voies d’accès.
    La participation du Maroc aux différentes institutions de la Cedeao incite même certains opérateurs européens à envisager un nouveau tracé pour le gazoduc transsaharien (appelé Nigal par NNPC et Sonatrach). Le projet Nigal(8) est un système de transport algéro-nigérian prévu initialement pour acheminer 30 milliards de m3/an, entre Warri (Nigeria) et Hassi R’mel (Algérie), puis vers l’Europe, via Medgaz ou Galsi.
    Tous les scénarios indiquent que le corridor atlantique terrestre «Tanger-Lagos» avec son projet de gazoduc «Afrique atlantique» défendu par le Maroc et la France vient en compétition avec celui de l’Unité africaine «Alger-Lagos» et le projet du transsaharien de Sonatrach. D’autres corridors de transport sont également en développement dans une perspective de relier l’Afrique des matières premières aux marchés européens via des ports nord-africains : le corridor «Le Caire-Addis-Abeba», le corridor «Tripoli-Ndjamena». Quand un tracé ne progresse pas, il y a nécessairement un foyer de tension ou de rivalité le long de son itinéraire. C’est bien le cas des corridors suivants :
    • Le corridor libyque avec son système de Green-Stream. Il cible l’Italie via la Libye et en partance de l’Afrique centrale. Son lancement d’une manière autonome a scellé l’acte d’assassinat de l’historique dirigeant libyen, pendant la funeste «tempête arabe» sponsorisée par le Qatar et sa chaîne d’agit-prop confrériste.
    • Le corridor du Nil entre Le Caire et Addis-Abeba via Khartoum, destiné à acheminer une partie du pétrole soudanais vers l’Europe. La rivalité le long de ce corridor risque de faire exploser l’Afrique de l’Est et ses barrages d’eau en Égypte et en Ethiopie. Le Tigré est déjà mis à feu et à sang !
    • Le corridor atlantique : la prise de contrôle de Guerguerat s’inscrit dans cette logique néocoloniale de pacification des routes de transport en Afrique de l’Ouest. La France semble soutenir ce corridor stratégique.
    En effet, le Maroc est fortement engagé dans cette stratégie de contrôle des ressources et des marchés de l’Afrique de l’Ouest, en optant pour «un renforcement de sa diplomatie bilatérale et régionale. Les missions économiques de ses ambassades au nombre de 29, dont 26 en Afrique de l’Ouest, sont très actives et efficaces(9)» pour mettre en valeur l’attractivité de ses produits fabriqués par des opérateurs européens ou marocains, en mettant en avant les facilités fiscales, financières, douanières.
    La géopolitique nord-africaine exige, donc, une nouvelle lecture du jeu et des enjeux au-delà de la stricte question coloniale du Sahara occidental et celle du respect du droit des peuples à l’autodétermination. Le peuple sahraoui sait se défendre et dispose de la légitimité des moyens de sa libération.
    Cependant, la nouvelle géopolitique régionale induit un jeu d’une complexité sans précédent, avec un risque de déflagration possible. Le risque géopolitique vise, au-delà de la question sahraouie, à nuire aux capacités de l’Algérie, à son autonomie, à son peuple, à son armée. C’est la seule centralité en Afrique du Nord disposant, en effet, de moyens économiques et militaires autonomes.
    Son autonomie géopolitique en devenir gêne les puissances impériales et califales. Elle rappelle celle de l’État d’Alger en 1710. La Turquie néo-ottomane garde le souvenir nostalgique âcre et revanchard de l’expulsion du pacha de la Sublime Porte d’Alger par le valeureux Sultan Ahmed Chaouche, premier souverain autonome de l’État d’Alger (Lagha Chegrouche, Géopolitique d’Algérie : Syndrome de la régence, édition Laurent Sydney 2020).
    Si le Sahara occidental passe sous contrôle global du Maroc, au mépris du droit international, cela renforcera plutôt la suspicion, puis la division, la loi du talion en Afrique du Nord et mettra la paix régionale en péril. Le Maroc, depuis deux mille ans, «n’a jamais fait partie politiquement de l’Afrique du Nord(10)», c’est-à-dire que ses «intérêts économiques et stratégiques sont plutôt tournés vers l’Afrique de l’Ouest(11)». Son adhésion à la Cedeao l’illustre. En effet, il n’y a qu’à consulter l’Histoire de la région nord-africaine depuis Jugurtha à l’État d’Alger. Si l’on relit cette Histoire jusqu’à la guerre de Libération en Algérie, avec l’épisode de l’arrestation des cinq dirigeants du FLN et la guerre des Sables, on conclut que le Maroc n’inscrit pas sa stratégie économique dans le cadre de l’unité nord-africaine. L’ambition géopolitique et économique de ce pays est toujours atlantique, qu’elle soit africaine ou occidentale. C’est un fait historique indéniable qui fonde la diplomatie économique du Maroc. La prise de contrôle de Guerguerat vient de le confirmer.
    Les motifs de l’intervention militaire du Maroc à l’époque du roi Hassan II étaient davantage liés à «la recherche d’un mythique empire médiéval à ressusciter et d’un désir califal à réaliser(12)». La Marche verte était considérée par le Maroc comme le «symbole d’un souverain à la rencontre de son peuple(13)» sur le chemin des Almoravides (1040-1147).
    La mythologie a toujours ses limites quand elle est confrontée au droit des peuples à l’autodétermination.
    La géopolitique des Almoravides (Al-Mourabitoune) évoquée masque des intérêts économiques des puissances étrangères non nord-africaines, elle devrait surtout intégrer, voire inciter à libérer la riche Andalousie ou Ceuta et Melilla.
    En conclusion, la prise de contrôle de Guerguerat est plutôt dictée par des puissances impériales et califales, agissant en union néocoloniale. Une meute de loups blancs, voire des loups gris confréristes, contre les intérêts économiques et stratégiques de la région.
    La paix régionale, l’autodétermination du peuple sahraoui et le bien-être des peuples de la région sont le dernier de leurs soucis.
    De nombreuses questions restent sans réponses dans ce jeu géopolitique en rapport avec la prise de Guerguerat :
    • Comment un territoire soumis au droit international avec une mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso), créée par la Résolution 690 (1991) du Conseil de sécurité en date du 29 avril 1991, est-il envahi sans que cette instance riposte ?
    • Pourquoi l’Union africaine et sa commission de la paix gardent-elles le silence sachant que le Polisario est membre de cette organisation ?
    • De quel droit des pays arabes du golfe Persique postulent-ils pour des accréditations consulaires dans un territoire occupé ?
    • Le «Deal du siècle» ne vise-t-il pas également l’Afrique du Nord ?
    Enfin, les pays nord-africains, Etats et peules, doivent se ressaisir pour éviter de nouvelles razzias.
    L. C.
    * Chercheur en économie & stratégie, Université Paris I.
    Directeur du Centre d’études nord-africaines (Paris).
    Ses travaux de recherche portent sur l’économie et la géopolitique comparée. Il enseigne à l’Université Paris I. Il collabore, par ailleurs, avec des institutions internationales. Auteur de nombreux ouvrages et publications relatifs à l’économie et à la géopolitique. Chroniqueur sur de nombreuses chaînes de télévision internationales.
    1) Lagha Chegrouche (2010), Géopolitique transsaharienne, Revue Géopolitique n°108, Paris.
    2) Lagha Chegrouche (2010), Géopolitique transsaharienne : le jeu et l’enjeu, Revue de l’énergie N°593.
    3) Lagha Chegrouche (2020), Chroniques nordafricaines, éditions Sydney Laurent, 500 pp. Paris.
    4) Lagha Chegrouche (2014), Nouvelle géopolitique nord-africaine, in El Watan, 12 mai 2014.
    5) Lagha Chegrouche (2001), Géopolitique caspienne – Rivalité et contrôle global de l’énergie, in La Nouvelle revue Géopolitique, n°76, Paris.
    6) Lagha Chegrouche (2020), Géopolitique d’Algérie : Syndrome de la régence, éditions Sydney Laurent, 300 pp.
    7) Lagha Chegrouche, Guesmia Elhadi, Abrika Belaid (2018), In Ouvrage collectif Diplomaties plurielles, Champs et perspective, sous la direction de Mourad Attarca & Peter Terem, éditions L’Harmattan (2018).
    8) Lagha Chegrouche (2010), Géopolitique transsaharienne de l’énergie, in Revue Géopolitique n°108.
    9) Lagha Chegrouche, Guesmia Elhadi, Abrika Belaid (2019), Economic Diplomacy and Positioning of Algeria, in Al Bashaer Economic Journal (Vol.5).
    10) Lagha Chegrouche (2014), Nouvelle géopolitique nord-africaine, in El Watan, 12 mai 2014.
    11) Lagha Chegrouche, Guesmia Elhadi, Abrika Belaid (2019), Economic Diplomacy and Positioning of Algeria, in Al Bashaer Economic Journal (Vol.5)
    12) Lagha Chegrouche (2020), Géopolitique d’Algérie : Syndrome de la régence, op. cit.
    13) Lagha Chegrouche (2020), op. cit.
    SOURCE : Le Soir d’Algérie, 23 nov 2020
    #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara 
  • Agression marocaine contre les sahraouis : Indignation et cascade de condamnations

    L’agression militaire marocaine contre des civils sahraouis dans la zone tampon d’El-Guerguerat, continue de susciter indignation et condamnation de différents horizons entre politiques, organismes de défense des droits de l’Homme, et autres parties à travers le monde outre la diplomatie sahraouie qui s’est mise également en branle depuis le viol du cessez-le-feu par la partie marocaine pour défendre le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination.

    C’est dans le feu de ces évènements d’ailleurs que le représentant du Front Polisario en Russie, Ali Salem Mohammed Fadel, a animé une conférence, tenue à l’Université des relations internationales affiliée au ministère russe des Affaires étrangères, où il est revenu sur la « lutte quotidienne » du peuple sahraoui réuni autour de son seul, unique et légitime représentant ; le Front Polisario, contre l’occupation marocaine.
    La lutte : l’unique chemin menant à la liberté
    Dans une allocution axée essentiellement sur la manipulation et la négligence de l’occupant marocain des résolutions des Nations unies et du Conseil de sécurité, M. Ali Salem Mohammed Fadel a réitéré, à l’occasion, le droit du peuple du Sahara occidental à l’autodétermination et à l’indépendance.
    Lors de cette conférence, tenue en visioconférence et placée sous le titre : « Le Sahara occidental: les origines du conflit armé et les moyens de le résoudre », le diplomate sahraoui a assuré que la lutte contre le colonialisme est une conviction au sein du peuple sahraoui et constitue, aux yeux des Sahraouis, la seule voie à même de permettre d’accéder à la liberté. L’intervenant n’a pas omis pour la circonstance de tirer des flèches contre la France qui ne cesse de mettre les bâtons dans les roues du Conseil de sécurité, et qui joue un rôle négatif au sein du Conseil de sécurité. Un rôle qui fait obstacle à « toute résolution » et « qui sert la politique expansionniste du Maroc, entravant le processus de règlement du conflit ».
    La conférence a suscité une large interaction des participants qui avaient abordé les derniers développements au Sahara occidental occupé et les capacités du peuple sahraoui à lutter, les États qui soutiennent cette lutte et la position de la Russie. C’était également une occasion pour les participants pour exprimer leur soutien au peuple sahraoui dans sa lutte pour son droit à la liberté et à l’indépendance et leur volonté de sensibiliser à la question sahraouie en leurs cercles, notamment sur les réseaux sociaux.
    Pour sa part, le ministre des Affaires étrangères sahraoui, Mohamed Salem Ould Salek a été reçu lundi à Nouakchott par son homologue mauritanien, Ismaïl Ould Echeïkh , a rapporté l’Agence de presse mauritanienne (AMI). Les discussions entre les deux parties avaient tourné, au cours de cet entretien, autour des questions d’intérêt commun et les derniers développements à El-Guerguerat (sud-ouest du Sahara occidental). Outre les deux ministres cités en haut, étaient également présents à cet entretien, le secrétaire général de la Présidence sahraouie, Ibrahim Mohamed Mahmoud et le directeur général de la direction de coopération au ministère des Affaires étrangères mauritanien, de la Coopération et la Diaspora, Mohamed El-Hanchi. Avant sa rencontre avec le chef de la diplomatie mauritanienne, le ministre sahraoui a été reçu par le président mauritanien, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, à qui il a remis un message du président sahraoui, Brahim Ghali, portant sur les derniers développements de la situation au Sahara occidental et sur les relations bilatérales.
    « La République arabe sahraouie démocratique (RASD) qui estime que la stabilité et la sécurité dans la région sont liées au respect des frontières, de la justice et des droits, œuvrera dans ce sens en tant que membre de l’Union africaine et sur la base de relations fondées sur le respect mutuel et les intérêts communs », a souligné le diplomate sahraoui lors de cette entrevue.
    L’Onu et l’Espagne appelés à assumer leur rôle
    De leurs côtés, des Associations internationales, qui prennent à bras le corps, la défense de la cause sahraouie, des partis et des personnalités politiques et autres organismes de la défense des droits de l’homme ont demandé à l’ONU d’agir rapidement en vue d’un règlement du conflit du Sahara occidental, conformément à la légalité internationale.
    Ils ont tous imputé la dégradation de la situation dans la zone d’El-Guerguerat, aux atermoiements de l’ONU dans la mise en œuvre du plan de paix dans la région, notamment sur l’organisation d’un référendum d’autodétermination, seule solution pour un règlement juste et équitable de la question sahraouie.
    C’est dans ce sens que l’Association internationale des juristes pour le Sahara occidental (IAJUWS) a appelé la communauté internationale et les différents États, en particulier le Royaume d’Espagne, en tant que puissance administrative du territoire non autonome du Sahara occidental, à relancer immédiatement l’organisation d’un référendum d’autodétermination au Sahara occidental. Pour cette association, la situation actuelle prévalant à El Guerguerat est le résultat de « la paralysie » du processus de paix, alors que la fin des hostilités a été signée il y a 29 ans déjà. Dans son communiqué l’IAJUWS a rappelé que le cessez-le-feu proclamé le 6 septembre 1991, « n’était pas un but en soi, mais la condition préalable à la mise en place d’autres mesures fondamentales ».
    Il s’agit plutôt, mentionne le texte, du déploiement d’une Mission de l’ONU dans le territoire (MINURSO), la réduction progressive, et par étapes, de la présence de forces marocaines stationnées au Sahara occidental, et, surtout, l’organisation du référendum par l’ONU en coordination avec l’Organisation de l’Unité africaine (OUA), remplacée par la suite par l’Union africaine (UA), auquel devaient participer les Sahraouis enregistrés.
    La date du vote était prévue pour la fin janvier 1992, a tenu à rappeler la même source.
    Brahim Oubellil
    #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara 
  • إشاعات وفاة الرئيس تبون كذبة مغربية

    يحاول إعلام المخزن في هده الأثناء إدخال الريبة والشك في نفوس افراد الشعب والجيش الجزائري من خلال منشورات مشبوهة هدفها التشويش عبر مواقع إخبارية مجهرية

    حيث أقدم موقع “أفريكا” المجهري على فبركة خبر وفاة الرئيس التبون ليأتي بعده دور مرتزقة المخزن داخل الجزائر من إعلاميين وفنانين المتعودين على أكل السحت على موائد مهرجانات مراكش والعيون المحتلة لدعم مشروع الصحراء المغربية ، حيث تكون مهمة خونة الجزائر هو ترويج مثل هده الأخيار الكاذبة عبر شبكات التواصل الاجتماعي و الصفحات الاستخباراتية المعادية للجزائر

    وفي الوقت الدي يتحرك فيه دباب المخزن لضرب لكل ما ينشر عن موقف الجزائر المدافع عن ارادة شعب وحقه في تقرير مصيره بالإستقلال ، تجد العفن الداخلي يساند مشروع المحتل مغربي لاستعمار شعب حر

    المصدر : الجزائر1

  • المغرب يُخفي قتلاه بعبارة “قُتل بلسعة حشرة سامة”

    “مراركة” يشرعون في نشر “فيديوهات” تفضح زيف آلة الدعاية “المخزنية” ويكشفون حجم الخسائر العسكرية في الصحراء الغربية

    واصل الجيش الصحراوي، أمس، عملية قصف مواقع تمركز جيش الاحتلال المغربي على الأراضي الصحراوية المحتلة.
    وقالت وزارة الدفاع الصحراوية، في بيان أصدرته، مساء أمس، إن مقاتلي جيش التحرير الصحراوي، واصلوا دكّ معاقل وتخندقات جنود الاحتلال المغربي في جدار “الذل والعار”.



    وجاء في البلاغ العسكري رقم 12، عرضا لحصيلة عمليات يومي الإثنين والثلاثاء، حيث تمّ الإعلان عن شنّ هجمات استهدفت تخندقات العدو في “فدرة العش” بقطاع “حوزة”، ليلة أول أمس.

    وخلال، نهار أمس الثلاثاء، شنّ مقاتلو الجيش الصحراوي هجمات على تمركزات جيش الاحتلال المغربي في منطقة “فدرة التمات” بقطاع “حوزة”.

    وأوضح البيان بأن الجيش الصحراوي قام بقصف مواقع تواجد جنود الاحتلال المغربي، مرتين في نفس المنطقة، مضيفا بأن عملية القصف المُركّز، أسفرت عن تدمير كامل لمواقع تحصن الجيش المغربي.

    وحسب نفس البيان، فقد تمّ قصف منطقة “أمكلي التمات” بقطاع “أمڤالا”، بالإضافة إلى شنّ قصف مركّز استهدف قوات العدو في “روس حفرة إشياف” بقطاع “البكاري”.

    وختم بيان وزارة الدفاع الصحراوية، بالتأكيد على عزم مقاتلي جيش التحرير الصحراوي على مواصلة استهداف مواقع الاحتلال المغربي على طول جدار “الذل والعار”، الفاصل بين الأراضي الصحراوية المحتلة وتلك المحررة.

    وفي سياق متصل، راح عدد من المغربيين يفضحون بأنفسهم الدعاية “المخزنية” للمغرب، من خلال تبيان وكشف الأكاذيب المروجة بشأن عدد قتلى الجيش المغربي، أو أسباب وفاتهم.


    وفي هذا الإطار، نشر مغربي فقد شقيقه في الهجمات الضارية التي يشنّها مقاتلو الجيش الصحراوي على الأراضي الصحراوية التي يحتلها المغرب، شريط “فيديو”، تحدث فيه بألم عن مروّجي الأكاذيب ومزيّفي الحقائق، الذين يحاولون إخفاء حجم الخسائر العسكرية للمغرب في الصحراء الغربية.

    وقال المتحدث في “الفيديو”، إن شقيقه العسكري، محمد العثماني، لم يمت بلسعة حشرة سامة في أدغال إفريقيا، وإنما قُتل في رمال الصحراء الغربية.

    وكانت تقارير بثّتها أبواق الدعاية المغربية، قد دأبت منذ أيام، على ترويج مزاعم بسقوط جنود مغربيين يشاركون في عمليات حفظ السلام بالخارج، بلدغات ثعابين أو لسعات حشرات سامة.

    وفي موضوع متصل، أكد السفير الروسي في الجزائر، إيغور بيلييفي، أمس الثلاثاء، على تطابق الموقفين الروسي والجزائري فيما يتعلق بملف الصحراء الغربية، خصوصا ما يتعلق بحق الشعب الصحراوي في تقرير المصير.

    وأوضح الدبلوماسي الروسي في حوار للإذاعة الدولية، أنه تمّ، مؤخرا، بحث ملف الصحراء الغربية بالتفصيل، خلال اتصال هاتفي بين وزيري خارجية روسيا، سيرغاي لافروف، ونظيره الجزائري، صبري بوقدوم، مضيفا بأن يعتقد “أن هناك تشابها في الموقف الروسي – الجزائري فيما يتعلق بقضية الصحراء الغربية”.

    ولفت الدبلوماسي الروسي بأن كلا من روسيا والجزائر يدعوان طرفي النزاع “لضبط النفس والالتزام باتفاق وقف إطلاق النار الموقّع بين جبهة البوليزاريو والمملكة المغربية في 1991”.

    وبالمناسبة، جدّد ممثل روسيا في الجزائر موقف بلاده من “حق الشعب الصحراوي في تقرير المصير”، من خلال تنظيم استفتاء حر ونزيه، “عملا بما نصّت عليه القرارات الدولية الصادرة عن الجمعية العامة للأمم المتحدة ومجلس الأمن الدولي”.

    كما طالب الدبلوماسي الروسي الأمم المتحدة، بالإسراع في تعيين مبعوث خاص للأمين العام للأمم المتحدة إلى الصحراء الغربية، خلفا لهورست كوهلر المستقيل في ماي 2019.

    المصدر : النهار 

  • بوتين مع الجزائر ضد الاحتلال المغربي

    أكد سفير روسيا لدى الجزائر السيد ايغور بيلييفي اليوم الثلاثاءي على تطابق الموقف الروسي-الجزائري فيما يتعلق بملف الصحراء الغربية خاصة فيما يتعلق بحق الشعب الصحراوي في تقرير المصير.

    وأوضح السيد بيلييفي في حوار للإذاعة الدولية اليوم الثلاثاءي أنه تم مؤخرا بحث ملف الصحراء الغربية بالتفصيل خلال اتصال هاتفي بين وزيري خارجية روسيا

    سيرجي لافروف والجزائري صبري بوقدومي مضيفا بالقول “أعتقد أن هناك تشابها في الموقف الروسي-الجزائري فيما يتعلق بقضية الصحراء الغربية”.

    ولفت الدبلوماسي الروسيي بأن كلا من روسيا والجزائر يدعوان طرفي النزاع “لضبط النفس والالتزام باتفاق وقف اطلاق النار الموقع بين جبهة البوليساريو والمملكة المغربية في 1991”.

    هذا وجدد ممثل روسيا في الجزائر موقف بلاده من “حق الشعب الصحراوي في تقرير المصير” من خلال تنظيم استفتاء حر ونزيه “عملا بما نصت عليه القرارات الدولية الصادرة عن الجمعية العامة للأمم المتحدة ومجلس الامن الدولي”.

    وأعرب السيد ايغور بيلييف ي عن أمله في ان “يتمكن الشعب الصحراوي من الوصول الى اتفاق سلمي ينهي الازمة” مشددا على أن “السبيل الوحيد للوصول الى حل للنزاع يكون عبر بعث مسار المفاوضات” داعيا في السياق طرفي النزاع (البوليساريو والمغرب)” لاستئناف المفاوضات السلمية بينها في اقرب فرصة”.

    كما طالب الدبلوماسي الروسيي الامم المتحدة ب”الاسراع في تعيين مبعوث خاص للأمين العام للأمم المتحدة الى الصحراء الغربية” خلفا لهورست كوهلر المستقيل في مايو 2019, لاستئناف العملية السياسية.

    للتذكيري قام الجيش المغربي في 13 نوفمبر الجاريي بالاعتداء عسكريا ضد متظاهرين مدنيين صحراويين في منطقة الكركرات في اقصى الجنوب الغربي من الصحراء الغربية حيث تحظر شروط اتفاق إطلاق النار الموقعة بين الطرفين (المغرب وجبهة البوليساريو) بإشراف الامم المتحدة سنة 1991 أي وجود عسكري في المنطقة منزوعة السلاح

    محمد نبيل

    المصدر : الجزائر1


  • Clara Aguilera alerte la CE d’une possible fraude à l’importation de légumes du Maroc

    11/23 / 2020.- L’eurodéputée a adressé une question écrite à la Commission dans laquelle elle indique qu’à partir d’Almería et de Grenade, la détection des productions marocaines de fruits et légumes portant la mention «origine espagnole» a été dénoncée, soulignant que via l’Espagne n’entre en UE que 4% des importations en provenance du Maroc, et demande à la CE si elle est au courant “de ces fraudes dans la mention de la véritable origine”.

    Hortoinfo.- La députée européenne Clara Aguilera a interrogé la Commission européenne (CE) sur l’indication d’origine de certains fruits et légumes marocains, devant les voix du secteur andalou qui mettent en garde contre une éventuelle fraude.

    Dans une question écrite adressée à la Commission, Aguilera souligne que, ces derniers mois, certaines organisations agricoles d’Almería et de Grenade ont dénoncé la détection de productions maraîchères marocaines portant la mention «origine espagnole».

    Clara Aguilera souligne dans sa communication à l’exécutif communautaire que par l’Espagne n’entre dans l’UE que 4% des importations dans l’UE en provenance du Maroc, demandant à la Commission si elle est au courant de “ces fraudes dans la mention de la véritable origine” des produits.

    Aguilera demande instamment à la Commission européenne de répondre “si elle peut garantir que les États membres par lesquels ces produits entrent dans l’UE appliquent les contrôles de la même manière” ou si, au contraire, “ils diffèrent selon le port d’entrée par celui qui est importé dans l’UE, en particulier les tomates. “

    Dans sa question, Aguilera demande si “il peut être confirmé que les quotas établis dans l’accord UE-Maroc sont respectés”.

    Source : Hortoinfo, 23 nov 2020

    #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara

  • La meilleure option est un Sahara Occidental libre

    L’Espagne a foiré avec le Maroc ces quarante dernières années. Il a abdiqué ses responsabilités et s’est enfui indignement du Sahara occidental. Non seulement il a laissé les sahraouis bloqués, mais même les fonctionnaires d’origine espagnole qui travaillaient dans l’administration locale. C’était un désastre indigne et honteux avec lequel, curieusement, un général africaniste a mis fin à sa dictature impitoyable. Dans les cinq années suivantes, il a été décidé de ne pas défendre les droits des Sahraouis en tant que puissance administrante qui était encore l’Espagne, mais de soutenir le développement économique du Maroc et de renforcer les liens avec une monarchie qui se fantasmait comme réformiste. Depuis les années 80, la diplomatie espagnole a articulé son option stratégique avec le Maroc sur la théorie du coussin des intérêts: la coopération en matière économique et commerciale développerait un tissu capable d’atténuer, sinon d’annihiler, toute suspicion ou méfiance marocaine. Bien que la doctrine du matelas d’intérêt ait muté pour s’adapter aux changements des dernières décennies, faisant parfois des filigranes conceptuels amusants, la vérité est que celui qui a profité du matelas pour sauter est le Maroc alors que l’Espagne somnole sur l’oreiller.

    En général, lorsqu’un partenaire commercial singulièrement bien traité se consacre à s’armer jusqu’aux dents, une réflexion semble appropriée. Parce que la seule puissance militaire qui mérite à peine ce nom dans les environs du Maroc est l’Espagne. Et ces deux dernières années, Rabat a dépensé plus de 10 milliards d’euros en armes et équipements technologiques militaires acquis aux États-Unis. Plus d’argent – rappelle Jesús Pérez Triana, dont son admirable blog Postmodern Wars devrait être consulté régulièrement – que celui qu’a investi l’Arabie saoudite: 36 hélicoptères Apache, 200 chars de combat M1A1 Abrans, 25 chasseurs-bombardiers F-16 et des mises à jour de plusieurs dizaines avions… C’est aussi un bon client pour l’industrie militaire française, comme en témoignent la frégate multi-missions Mohamed VI ou l’amélioration substantielle de son système de défense aérienne à courte portée. Dans cet ambitieux programme de modernisation et d’expansion de ses forces aériennes, le Maroc dépense trois fois plus que l’Espagne en défense par rapport au PIB.
    Le chouchoutage commercial compatible avec le développement d’une armée puissante – il y a dix ans le Maroc n’avait à peine qu’une frégate, maintenant il en a cinq – n’a pas arrêté les revendications territoriales de Rabat pendant cinq minutes, y compris le tellure sous-marin et les mines de cobalt qui sont l’expansion de sa frontière maritime. Ou l’utilisation flagrante de la migration – la leur et les autres – ouvrant et fermant le robinet quand cela leur convient, comme le fait actuellement le gouvernement marocain. La chose curieuse est que parmi les commandants militaires espagnols, tels que Jesús Argunosa, l’idée qu’un État sahraoui indépendant et démocratique améliorerait la sécurité de l’environnement géostratégique de l’Afrique du Nord et pourrait agir comme un contrepoids à la soif d’hégémonie du Maroc s’est concrétisée. . Œuvrer pour un changement prudent du paradigme politique et diplomatique, parier évidemment sur la paix, mais activer les engagements de la Minurso de tenir un référendum sur l’autodétermination au Sahara ne signifie pas seulement mettre un terme aux crimes, abus et méfaits pratiqués par le Maroc depuis 1976 , avec sa traînée de morts, de sang et de destruction. C’est aussi la meilleure option stratégique pour l’Espagne et également, bien que difficile à comprendre, pour les Marocains.
    eldia.es, 24 novembre 2020
    #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara 
  • Sahara occidental: 45 ans d'infamie sans fin

    Pedro Luis Angosto *

    L’attitude de l’Espagne peut sembler folle si la nature de la dictature de Franco n’est pas connue, un régime soutenu et défendu par les États-Unis
    La littérature espagnole est venue très peu à ces années où le régime de Franco a décidé d’abandonner le peuple sahraoui et de laisser son sort entre les mains du dictateur médiéval Hassan II et des États-Unis. Cependant, il y a un roman de maître écrit par mon compatriote Luis Leante – Regarde si je t’aimerai, prix Alfaguara 2007 – qui nous rapproche de cette période honteuse et de la vie de ceux qui ont plus tard dû quitter leur pays pour vivre dans les camps de concentration de Tindouf, où ils vivent presque exclusivement des fournitures des Nations Unies. L’hospitalité des nomades, la générosité et l’attente infinie d’un peuple paisible et pauvre, le chaos de la déroute militaire espagnole, la désorganisation, le sentiment de vide battaient dans les pages d’un livre qu’il serait bon de relire.
    Après un siècle de colonisation espagnole d’un territoire que personne ne voulait occuper pendant longtemps, les Nations Unies ont publié en 1970 la Résolution 2711, qui ordonnait à l’Espagne d’organiser un référendum sur l’autodétermination du peuple sahraoui. Au début, le gouvernement franquiste s’y est opposé, mais quatre ans plus tard, avec Arias Navarro comme président du gouvernement et la pression des États-Unis, la dictature a accepté les exigences de l’organisation née à la conférence de San Francisco.
    Le dictateur était mourant, le prince héritier de l’époque Juan Carlos de Borbón voulait mettre la couronne et pour cela le mieux était d’obéir à l’ami américain et d’éviter un nid de frelons. L’Espagne serait plus tard constituée en monarchie parlementaire et les États-Unis, qui n’ont jamais confié leurs intérêts aux pays démocratiques, choisiraient le Maroc pour cette tâche avec l’assurance que ce pays remplirait ses obligations avec la même soumission que la dictature de Franco a fait pendant des années.
    L’attitude de l’Espagne peut sembler farfelue si la nature de la dictature de Franco n’est pas connue, extrêmement cruelle envers les dissidents internes mais absolument docile et soumise aux puissants à l’étranger
    Compte tenu de l’imminence du référendum, Hassan II – le Maroc traversait une grave crise politique et économique – déterminée comme une tactique dilatoire pour demander au Tribunal international de La Haye si le Sahara occidental n’était le territoire de personne et sur les relations historiques de dépendance vis-à-vis du Maroc. La Haute Cour a décidé que ces terres appartenaient aux Sahraouis et que les liens avec la monarchie alaouite n’existaient pas sauf celui des chefs de certaines tribus à titre personnel.
    Face à une telle décision, le Maroc a annoncé en avril 1975 qu’une marche civile et militaire envahirait pacifiquement le Sahara Occidental pour embrasser leurs frères du sud. Avec Franco sur le point d’entrer en enfer, le 31 octobre, Juan Carlos de Borbón a accédé au chef de l’Etat et a présidé son premier Conseil des ministres. Dans l’intervalle, il avait demandé, ou s’était vu imposer, la médiation de Kissinger dans le procès, parvenant à un accord par lequel les États-Unis soutiendraient la restauration de la monarchie espagnole en échange de la cession du Sahara au Maroc, ce qui revenait à le donner aux États-Unis.
    Le 6 novembre – je m’en souviens parce qu’une personne étroitement liée à ma famille faisait son service militaire et ils l’ont embarqué pour Bojador – des milliers de Marocains ont envahi le Sahara sous la stricte surveillance de l’armée royale. Les Nations Unies ont ordonné à Hassan II d’arrêter la marche et de respecter ses résolutions, l’Espagne a prétendu que c’était une question qui ne la concernait pas et Kissinger a ri, une fois de plus, de son bureau à la Maison Blanche.
    Le 12 novembre, suivant le scénario établi par le secrétaire d’État américain et en violation de toutes les résolutions de l’ONU, la conférence de Madrid se tient entre l’Espagne, le Maroc et la Mauritanie, l’Espagne décidant de céder, ce qu’elle ne pouvait pas faire sous accords internationaux, deux cent mille kilomètres carrés au Maroc et soixante-dix mille à la Mauritanie. Le Front Polisario, qui avait été formé en 1973, a décidé que la lutte armée contre les intérêts marocains était la seule option qui lui restait.
    Le 26 février 1976, l’Espagne quitte le Sahara, laissant toutes les installations militaires et civiles et les zones de pêche au Maroc, les très riches réserves de phosphates, d’uranium, de zircone, de zinc, de gaz et de pétrole aux États-Unis et dans d’autres pays européens grâce aux permis. du monarque, et des autochtones, représentés par la République arabe sahraouie démocratique, la misère et l’oppression, le pillage de leurs richesses et un gigantesque mur de 2 700 kilomètres qui les sépare de leur terre.
    L’attitude de l’Espagne peut sembler farfelue si l’on ne connaît pas la nature de la dictature de Franco, un régime soutenu et défendu par les États-Unis, cruel à l’extrême avec des dissidents internes mais absolument docile et soumis aux puissants de l’étranger. Ce n’est qu’en connaissant ces deux caractéristiques essentielles de la tyrannie qu’il est possible de concevoir que l’Espagne a cédé au Maroc les plus grandes mines de phosphate du monde alors que ce minéral était déjà essentiel pour l’agriculture, l’un des plus grands lieux de pêche de la planète dans lequel nous pêchons aujourd’hui en payant énormément. d’argent à Mohamed V et des réserves non quantifiées de pétrole, de gaz naturel, de cuivre, de zinc et de fer.
    Mais néanmoins, ce qui est absolument répréhensible et honteux, c’est la situation dans laquelle l’Espagne a laissé le peuple sahraoui et l’attitude d’indifférence que les différents gouvernements démocratiques ont maintenue jusqu’à aujourd’hui, incapables même de reconnaître la RASD ou de dénoncer la violation constante de les droits des sahraouis, compte tenu notamment du fait que selon un rapport du Conseil de sécurité des Nations unies signé le 29 janvier 2002, l’Espagne continue d’être aujourd’hui la puissance administrante du Sahara occidental, puisqu’elle n’avait pas le pouvoir de céder cette concession aux pays tiers, comme cela a été fait dans les accords de Madrid de novembre 1975.
    L’Espagne craint qu’une position de soutien à la République sahraouie ne provoque une réaction excessive de la part du Maroc, réaction typique des régimes dictatoriaux si enclins à exciter leurs peuples avec l’ennemi étranger, mais malgré ce risque et les conséquences qu’il pourrait avoir sur la relations avec les États-Unis, quarante-cinq ans se sont écoulés depuis cet abandon inquiétant et il est temps de rectifier et de permettre aux exilés de retourner sur leur terre et de la diriger par leurs propres moyens et volonté.
    Lahaine,org, 24 nov 2020
    #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara 
  • Collapse of Western Sahara ceasefire threatens prospect of a peaceful solution to 45-year long conflict

    Renewed fighting in Western Sahara between the Frente Polisario and Morocco after a 29-year ceasefire threatens regional stability and renews fears for the security and future of Sahrawi refugees – most of whom have been displaced since 1975. Over 173,000 Sahrawis live in the Sahara Desert near Tindouf, Algeria, and are almost entirely dependent upon aid to survive. The COVID-19 pandemic has further exacerbated chronic hunger and poverty in the camps since March.

    Read more from the source : Reliefweb

     

     

     

     

     

    Tags : Western Sahara, Morocco, Frente Polisario,

  • Tunisia: Harsh Sentence Against Blogger

    A Tunis court on November 12, 2020 sentenced a blogger, Wajdi Mahouechi, to two years in prison for posting a Facebook video that a court official deemed offensive, Human Rights Watch said today. Mahouechi, 31, a frequent commentator on issues of public interest, posted a video on November 1 to his Facebook page that denounced a Tunis public …

    Read more from the source : Human Rights Watch

     

     

     

     

    Tags : Tunisia, Wajdi Mahouechi, repression,