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  • Medi1, une radio créée par la France et le Maroc pour contrer l’influence de l’Algérie

    Au Maroc, la France finance Medi1, vieillissante voix du roi

    Ex-journalistes à Medi 1, Elodie Font et Marion Guénard racontent le fonctionnement particulier d’une radio surveillée de près par le pouvoir, et où le moindre impair à l’antenne peut coûter cher. Et rappellent que le financement de ce…

    Par Elodie Font et Marion Guanard

    Ex-journalistes à Medi 1, Elodie Font et Marion Guénard racontent le fonctionnement particulier d’une radio surveillée de près par le pouvoir, et où le moindre impair à l’antenne peut coûter cher. Et rappellent que le financement de ce média très institutionnel est assuré en partie par la France, via une subvention pour la rédaction française. Y.G.

    (De Tanger) Au dernier étage d’une imposante villa qui domine le mythique détroit de Gibraltar, au nord du Maroc, journalistes, animateurs et techniciens s’activent. « Sept heures trente sur Medi 1 ! » Comme chaque matin, depuis trois décennies, le jingle retentit. C’est parti pour un quart d’heure d’informations maghrébines et internationales.

    Radio Méditerranée Internationale, plus connue sous le nom de Medi1, a soufflé il y a quelques jours ses trente bougies. Depuis 1980, elle émet vingt-quatre heures sur vingt-quatre, en arabe et en français. D’après ses propres chiffres (il n’existe pas d’instituts statistiques), elle serait écoutée par plus de 20 millions d’auditeurs.

    Il y a trois décennies, Medi 1 était un ovni dans le paysage médiatique maghrébin : seuls les relais officiels des différents régimes sont alors autorisés. Les auditeurs découvrent la matinale, avec un ton plus direct et des informations fiables sur l’actualité internationale. Une station innovante, qui semble indépendante.

    Hassan II en est pourtant à l’origine : le roi cherche alors à contrer la couverture algérienne du conflit au Sahara. L’idée séduit le président français, Valéry Giscard d’Estaing, qui y voit un moyen de pérenniser l’influence française au Maghreb.

    Medi 1, un vent de liberté vite essouflé

    L’accord est scellé : Medi 1 sera possédée à 51% par le Maroc et à 49% par la France, par l’intermédiaire de la Compagnie internationale de radio et télévision (le CIRT), que nous avons joints pour obtenir davantage de détails, mais personne n’a souhaité nous répondre.

    Un vent de liberté qui s’essouffle rapidement. Medi 1 n’échappe pas à la règle : impossible pour la radio de repousser certaines limites. Principal mot d’ordre : ne jamais offenser le pouvoir royal, qu’il soit incarné par Hassan II, puis par son fils Mohammed VI.

    A sa prise de pouvoir, en 1999, le roi, jeune trentenaire, semble pratiquer l’ouverture. Pourtant, aujourd’hui, Medi 1 n’a jamais été autant assujettie au palais. C’est d’ailleurs la station qui diffuse le plus longuement les activités royales -davantage que la Radio Télévision Marocaine, fidèle parmi les fidèles. Par activité royale, comprenez le récit détaillé de l’emploi du temps du roi, quel qu’il soit.

    Voici l’extrait d’un communiqué (pris au hasard), publié par la MAP, l’agence de presse officielle du Royaume :

    « SM le Roi inaugure à Agadir un centre de formation professionnelle mixte et un centre de consolidation des compétences des femmes, d’un coût total de 12 millions de dirhams.

    Agadir – Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste, a inauguré, mardi à Agadir, un centre de formation professionnelle mixte et un centre de consolidation des compétences des femmes, réalisés par la Fondation Mohammed V pour la solidarité pour un coût global de 12 millions de dirhams. [1 million d’euros, ndlr] »
    Sur l’antenne, les journalistes ont le droit d’oublier le « Sa Majesté » et le « que Dieu l’assiste. » Pour le reste, tous les mots sont repris. Tant pis si, finalement, l’information peut paraître obscure. Le plus important, c’est de recracher la dépêche le plus rapidement possible à l’antenne. Et d’en faire l’ouverture.

    Explication du nouveau PDG de la radio, Hassan Khyiar :

    « Quand le roi, après avoir inauguré un centre, remonte dans sa voiture, il veut l’entendre sur Medi 1 le plus vite possible. »

    Pas question de se tromper à l’antenne : Medi 1 est la voix du roi

    Et pour cause : avec 20 millions d’auditeurs, une diffusion dans tout le Maghreb, Medi 1 est devenue progressivement la voix du roi. Au Maroc, bien sûr, mais aussi pour les observateurs extérieurs. Pas question donc de se tromper sur un chiffre ou sur un nom.

    En mai, l’une de nous deux en a fait les frais. Le roi d’Arabie saoudite venait de faire un don au Maroc, et il fallait rapidement donner l’information à l’antenne. Dans la précipitation, elle parle du « président de l’Arabie saoudite ».

    Dans une monarchie, c’est l’erreur à ne pas faire. A peine le flash terminé, le téléphone sonne dans le bureau des rédacteurs en chef. Plusieurs dizaines de fois. Au bout du fil, très en colère, l’ambassade d’Arabie saoudite et le Palais royal.

    En une heure, la radio est sens dessus dessous. Personne ne comprend réellement ce qui se trame. Ni elle, ni ses collègues.

    Une heure après, elle présente un nouveau flash. En sortant du studio, son rédacteur en chef l’attend. Le visage grave, il lui annonce : « On demande ta tête. » Une exigence du Palais. Pour cette erreur, elle a finalement été mise à pied pendant trois jours.

    Medi 1 parle plus librement de l’Algérie, mais n’enquête guère

    Pour éviter tout dérapage, tous les sujets de politique intérieure et de société passent à la trappe. A part pour quelques domaines chers à la famille royale (comme la lutte contre le cancer), Medi 1 ne s’autorise pas à parler du Maroc.

    La radio parle plus librement de l’Algérie. Dans les années 1990, le GIA algérien y diffusait d’ailleurs ses communiqués – comme dans l’affaire des moines de Tibéhirine. Les nombreux auditeurs algériens cherchent sur les ondes marocaines une vision plus critique de leur pays.

    Sur certains sujets, ils sont servis. La question du Sahara, par exemple – ce qu’on appelle en France le Sahara occidental. Medi 1, comme les autres stations marocaines, ne peut se permettre aucune nuance : le Maroc a forcément raison, l’Algérie toujours tort.

    Medi 1 est très écoutée en Algérie et pourtant la station n’a que deux correspondants réguliers à Alger. Alors, pour parler du pays, chaque matin, le premier réflexe des journalistes est d’éplucher la presse algérienne (El Watan, Liberté, L’Expression), d’en ressortir une poignée d’informations qui datent souvent de l’avant-veille, et de les redonner à l’antenne. En ne les vérifiant jamais.

    S’inspirer de la presse algérienne, c’est une vieille tradition dans la rédaction. Preuve parmi d’autres de la faible évolution du traitement de l’information. Après trois décennies, les journalistes sont toujours obligés de passer par le standard pour appeler à l’extérieur ; il n’y a toujours pas d’invité en direct -pour éviter ce qui est arrivé à la station privée Radio Mars ; toujours pas de reportage.

    Les subventions françaises accordées à la radio augmentées en 2010

    Pourtant Medi1 ne manque pas de financements. Fait rare en ces temps de vaches maigres, les subventions françaises reçues ont même augmenté cette année. En 2010, l’Etat lui a versé 1,6 million d’euros, pour financer la rédaction francophone -composée d’une quinzaine de journalistes.

    Même si elle est encore une référence aujourd’hui, la vieille Medi 1 est en train de se faire rattraper de toute part par des radios concurrentes bien plus aventurières (2M ou Aswat).

    Pour stopper l’hémorragie, la nouvelle direction va lancer en octobre une nouvelle grille. Un des principaux objectifs : développer le numérique. Alors que le journalisme citoyen est apparu il y a déjà plusieurs années, le site ne propose aucune forme d’interactivité avec les auditeurs.

    Medi 1 était à ses débuts un appel d’air sans précédent, un vrai laboratoire d’idées. C’est aujourd’hui une radio bien difficile à dépoussiérer.

    Rue89, 20 septembre 2010

    Tags : Maroc, médias, radio, Medi1, roi du Maroc, Valery Giscard d’Estaing,

  • Voilà pourquoi le Maroc demande l’ouverture des frontières

    Le trabendo continue de faire rage à nos frontières ouest Une économie souterraine au service du développement du Maroc.

    Le trafic transfrontalier est un phénomène presque universel qui se limite dans la majorité des pays à un échange informel de produits rares ou onéreux dans l’un ou l’autre entre les populations riveraines, sans pour autant porter atteinte à la sécurité nationale de son pays, saigner son économie et détruire son potentiel infrastructurel.

    Ce qui se passe à nos frontières ouest n’est plus une affaire de simple trabendo, mais une grave entreprise criminelle organisée, planifiée, sans scrupule, sans aucun sentiment nationaliste et décidée à user de tous les moyens funestes pour satisfaire les commandes, toujours plus exigeantes et ciblées, des acolytes de l’autre côté de la frontière, pour ne pas dire les commanditaires attirés eux aussi par le gain facile, mais qui, contrairement à nos trabendistes, participent indirectement au développement socioéconomique de leur région en particulier, et de leur pays en général.

    Ils ne s’aventurent guère, à titre d’exemple, à voler les câbles téléphoniques ou électriques d’Oujda, Berkane, Ahfir ou Saïdia, pour ne citer que les villes frontalières, pour approvisionner en précieux métal de cuivre les ateliers algériens, ni priver leurs concitoyens de médicaments sensibles et très chers pour «se solidariser» avec nos hôpitaux et cliniques et enfin piller toute leur économie pour uniquement s’enrichir et créer une plus value, à moindre coût, dans nos régions frontalières.

    Les trabendistes marocains obéissent à un diagramme bien étudié dans les hautes sphères de la monarchie marocaine et ils l’exécutent à la lettre.
    Leurs activités sont encouragées et supervisées par la DST marocaine, avec laquelle ils sont tenus de collaborer, en lui fournissant tous les renseignements dont elle a besoin. Ces révélations nous ont été rapportées par un ancien baron de la drogue, D. Hachemi, condamné à de lourdes peines pour trafic de drogue par le tribunal militaire de Mers El-Kébir d’Oran dans les années 80, aujourd’hui retiré de ce milieu après avoir purgé 20 ans de prison. Il gère actuellement un grand café à Maghnia.

    «Je reconnais mes erreurs du passé sauf que nous avons acheté la drogue avec notre argent. Je peux vous affirmer que nous n’avons jamais bradé les produits de première nécessité ou un quelconque équipement pour acheter la drogue. Au contraire tous les produits que les trabendistes algériens ramenaient du Maroc étaient payés cash.» Et de souligner que «le trabendo a pris maintenant une grave dérive, sinon comment expliquer que des Algériens puissent saboter les équipements de leur pays ou priver leurs concitoyens de produits et médicaments vitaux pour le bien-être des populations d’un autre pays?»

    Il conclura en disant substantiellement que «tous les trabendistes marocains ne peuvent exercer leurs activités sans l’aval et la bénédiction du Makhzen qui régule ce trafic et leur impose une liste de produits qu’ils doivent obligatoirement ramener pour subvenir aux besoins des populations pauvres et sans aucune ressource économique, de l’Est- marocain, et en même temps prélever une dime sur chacune de ces transactions pour financer les collectivités locales, ‘’Aamala’’ de ces régions frontalières qui ne survivent que grâce au trabendo».

    Les trabendistes et le royaume

    Au moment où le trafic d’alcool en provenance du Maroc battait son plein, des distilleries clandestines ont été érigées le long de la bande frontalière pour mettre en péril la santé de nos compatriotes, avec des alcools frelatés, notamment les spiritueux et le Ricard qui ne répondent à aucune norme de sécurité sanitaire.

    Des millions de bouteilles ont été écoulées sur le marché national avant qu’un drame n’emporte 11 personnes à Sidi Bel-Abbès après avoir consommé cette boisson toxique, confirmée par des analyses biologistes.
    Ce «poison» était échangé à l’époque avec des médicaments subventionnés par l’Etat à coup de devises fortes, comme le Tagamet, un antiulcéreux inaccessible pour les bourses marocaines et tant d’autres médicaments vendus presque symboliquement par nos officines. D’autres échangeaient ces produits stratégiques contre des effets vestimentaires de qualité médiocre ou des fruits exotiques.

    Depuis l’ouverture de notre économie nationale, le trabendo marocain s’est reconverti en un véritable outil au service du développement et s’est transformé en une véritable connexion politico-financière et stratégique avec l’introduction de nouveaux acteurs influents ou autres décideurs pour faire pression sur l’Algérie afin qu’elle renonce à son soutien indéfectible à la cause sahraouie.

    L’argent de la drogue est mis alors au service du grand banditisme et du terrorisme. Le soutien et l’asile accordé à l’«émir» El-Ayada est la plus grande preuve de ce complot qui est loin de connaître son épilogue. Les campagnes médiatiques marocaines menées à ce jour contre notre pays confortent la thèse que «tant que l’Algérie continue de soutenir le Polisario, la manipulation marocaine est loin de s’arrêter».

    L’on sait la virulence avec laquelle a été accueillie au Maroc la chute de Kadhafi et comment les services marocains ont accueilli, hébergé et participé directement et indirectement au financement de la rébellion avec l’argent de la drogue. Le Maroc utilise donc la filière du trabendo pour, d’un côté, subvenir aux besoins des populations d’une région pauvre et sans ressources économiques, et, de l’autre, comme d’une arme au service du renseignement, de l’affaiblissement de l’économie algérienne et de son instabilité politique.

    Carburants, médicaments, produits alimentaires de première nécessité, engins agricoles et cheptel, tout y passe. Quant au cuivre, des unités de sa transformation ont été créées dans les zones frontalières. Et nos œufs, par jerricans, alimentent quotidiennement les usines marocaines de shampoings, sans omettre tous les matériaux de construction. Des villes entières se sont développées grâce à cet apport, à l’instar
    d’Ahfir ou Berkane qui n’étaient que des petites agglomérations, il n’y a pas si longtemps et qui sont devenues de grandes cités construites avec nos matériaux issus de la contrebande. En contrepartie, les trabendistes marocains ne nous livrent que de la drogue, quelques effets vestimentaires déclassés et certains produits alimentaires, de surcroît impropres à la consommation comme les olives dénoyautées dont 200 quintaux ont été saisis l’année dernière par les garde-frontières. Après analyses, il s’est avéré que ce produit représente un danger pour la santé publique.

    Une activité encouragée par le Makhzen

    A Araboz, commune de Bâb El-Assa, Roubane, Béni-Boussaid, Chébikia, Akid Lotfi, Sidi-Embarek, Douar Ouled Kaddour, Boukanoune, Mersat Ben-Mehidi, Sidi-Boudjenane, Souani et la région d’El-Aachach, toutes situées à la limite de la bande frontalière avec le Maroc, il existe des dépôts entiers pour stocker toutes sortes de marchandises destinées à la contrebande avec le Maroc.

    Sauf que chaque baron a sa limite territoriale et son créneau d’activité. Un genre de deal entre ces parrains de la «ruine» de l’Algérie.

    Hadj Rabah connaît très bien ce milieu et ne veut pas se cacher pour dénoncer cette situation qui met en péril notre économie et compromet notre sécurité nationale. «Jeune, j’ai fait du trabendo sans toucher aux choses interdites, mais détruire notre économie ou nos équipements comme le font certains voleurs et saboteurs relève d’un crime impardonnable», dira-t-il.

    Et de s’insurger : «Comment quelqu’un qui se dit Algérien détruit les installations de son pays pour développer un autre pays ? C’est de la haute trahison, ce n’est pas du trabendo. L’Etat doit revoir les sanctions vis-à-vis de ces traîtres», avant de souligner : «On échangeait des cigarettes, de l’huile, du café, du thé, du sucre avec des pantalons jeans, mais jamais je ne suis arrivé à un point où pour satisfaire un Marocain je prive tout un village d’électricité ou de téléphone.»

    Il s’est proposé de nous faire vivre et découvrir, de nuit, les dessous de cette économie souterraine. «Il ne faut pas faire un amalgame entre ceux qui font du trabendo par nécessité et les barons de la contrebande qui n’ont ni nationalité, ni moralité», dira-t-il alors que l’on roulait à bord de sa Mercédès. Et de se rappeler cette anecdote qui lui a coûté six ans de prison ferme.

    «Il y avait une grande crise de lait infantile en Algérie dans les années 80 à cause du trafic avec le Maroc où des quantités énormes ont été introduites, à un moment où ce produit était cédé à un prix dérisoire. Un soir, je devais réceptionner ma marchandise, des jeans et des habits pour femmes, au douar Salah où d’autres contrebandiers chargeaient à partir de leur dépôt des milliers de boîtes de lait infantile. J’ai alors chargé ma marchandise, mais je n’avais pas la conscience tranquille.

    En cours de route, je me suis dirigé tout droit vers la brigade de la gendarmerie de Sidi-Embarek, qui a arrêté les trabendistes et saisi le lait.
    Toujours est-il que ce contrebandier reconverti en homme d’affaires nous a permis, au cours de cette virée nocturne, de découvrir l’ampleur de ce trafic, malgré la présence de nos garde-frontières et le renforcement des dispositifs de contrôle. Il nous expliqua que le problème ne réside pas dans nos forces de sécurité, mais dans la complicité du Makhzen avec les contrebandiers marocains qu’il aide dans son entreprise.

    «Nos forces de sécurité combattent le trabendo parce qu’il porte atteinte à notre économie, sans parler de la drogue, mais le Makhzen n’a rien à craindre de ce trabendo qui n’est rien d’autre qu’une richesse pour l’économie marocaine.» Il dira, ironiquement et à juste titre, que l’un de ses amis, au moment où les frontières terrestres étaient encore ouvertes, avait tenté de faire introduire légalement un kg de pois chiches de qualité supérieure, dans l’intention de le faire semencer en Algérie.
    Il s’est vu opposer un refus catégorique de la part des douanes marocaines qui ont saisi le produit avec l’affirmation «que ce produit est interdit d’exportation par le Maroc».

    Zoudj Bghal ou Zoudj Fakou, l’âne reste incontournable

    Zoudj Bghal, devenu dans le jargon populaire local le poste frontalier «Zoudj Fakou», est presque désert, tout comme le poste de Boukanoun dont la commune n’est qu’à quelques mètres des frontières avec le Maroc. Mais c’est à partir de Chébikia et Sidi Boudjenane que nous apercevons des convois d’ânes chargés de marchandises et de jerricanes de carburant, sans guide, prendre le chemin des frontières.

    Notre guide nous éclairera en nous disant que «ces ânes connaissent la destination et n’ont besoin de personne pour s’orienter». Le reflexe de Pavlov nous est revenu à l’esprit sans pour autant négliger que le prix de l’une de ces bêtes dépasse, selon notre interlocuteur, «les vingt millions de centimes».

    La bande frontalière est très animée, y compris la nuit, malgré le nombre important de postes de contrôle. Dans cette économie souterraine et ce monde versatile, l’âne est l’élément central de ce vaste trafic. A ce sujet, Hadj Rabah nous dira que «les barons ne s’affichent jamais et ceux qui possèdent des dépôts le long des zones frontalières ne sont en fait que des intermédiaires.

    Les ânes qui sont chargés de marchandises commandées par les Marocains, à partir de ces dépôts, connaissent parfaitement les lieux de livraison.
    C’est un moyen de trafic utilisé uniquement entre l’Algérie et le Maroc. Entre l’Espagne, à travers Ceuta et Melilla par exemple, ce sont les femmes qui sont chargées de convoyer les effets du trabendo, essentiellement des habits dont la plus grande partie arrive jusqu’en Algérie.

    Les Espagnols ferment les yeux sur ce trafic, car il leur est fortement favorable et ne porte aucun préjudice à leur économie, comme c’est le cas de notre pays où cette région frontalière consomme l’équivalent de dix wilayas. Les chiffres ne sont pas utopiques.

    En carburant, le volume n’est plus à démontrer, de l’avis même des responsables de Naftal et des services de sécurité qui ont saisi, au cours des dix premiers mois de cette année, 335 000 litres de mazout. Quant aux semoules et farines, les préjudices sont énormes.

    Il existe dans la wilaya de Tlemcen 6 minoteries-semouleries, dont deux à Maghnia et une à Souani avec des surplus de production, sans compter l’unité d’Ouled-Mimoun qui couvrirait à elle seule les besoins de trois wilayas. Cette année la contrebande de ces deux produits a connu un regain sans précédent, après que le Maroc eut décidé de revoir à la hausse le prix des céréales.

    Ce qui a poussé des centaines de boulangeries à menacer de fermer chez nous, alors que, selon nos sources, toutes les boulangeries de l’Est-marocain sont approvisionnées grâce au trabendo avec l’Algérie.

    Une manne financière de plus de 6 milliards de dirhams par an
    D’après les spécialistes, le trabendo en provenance de l’Algérie rapporte au Maroc une manne financière de plus de 6 milliard de dirhams, soit 22 fois plus que ce que lui rapporte sa principale ressource, le phosphate et 150 fois la valeur des exportations de ses ressources agricoles vers l’Union européenne.

    Les raisons sont simples selon les analystes économiques : les populations de l’Est marocain, estimées à plus de 4 millions d’habitants, dont Oujda à elle seule compte plus de 2 millions d’âmes, vivent à 80% de produits algériens, se soignent avec nos médicaments, circulent avec notre carburant, construisent avec nos matériaux de construction et tous leurs étalages ne sont garnis que par nos produits : du chocolat jusqu’aux espadrilles en plastique.

    Lors de la décennie noire à ce jour, mais à des degrés moindres, fil chirurgical, sérum et vaccins prenaient le chemin des hôpitaux marocains à un moment où, des malades marocains se faisaient opérer dans nos cliniques et nos hôpitaux moyennant quelques dirhams.

    Ce qui représente une énorme charge en moins pour l’Etat marocain et une plus value pour son économie pour laquelle elle n’a investi aucun dirham.
    Pire, notre datte est exportée à partir d’Oujda sous le label marocain et les contrebandiers algériens achètent des palmeraies entières à Biskra et Tolga pour alimenter ce trafic. Que peut-on dire de toute cette catégorie de personnes qui a vendu son âme et sa conscience au diable pour quelques dirhams de plus, sans se soucier des intérêts suprêmes de son pays ?
    Des individus qui mettent en péril notre économie nationale, du fait qu’ils ne reculent devant rien. Seul l’appât du gain prime pour eux, avant des considérations nationaliste, patriotique ou économique. C’est là où réside le danger.

    Source

    Tags : Algérie, Maroc, frontières, contrebande,

  • L’Algérie: une puissance régionale (site du Parlement Européen)

    L’Algérie, dont le PIB s’élève à 215 milliards USD et dont les réserves de change sont estimées à 186 milliards USD, est la plus grande puissance économique de la région. Son économie se porte bien en raison de sa position de principal producteur gazier et pétrolier d’Afrique du Nord, ce qui a permis au régime d’Abdelaziz Bouteflika de rester stable en dépit de l’instabilité de ces deux dernières années dans les pays voisins comme le Mali, la Libye et la Tunisie.

    Son économie reste extrêmement dépendante des hydrocarbures, qui représentent 98 % de l’ensemble de ses exportations et près de 60 % des recettes publiques. Cette richesse a permis à l’Algérie d’investir dans le secteur de la sécurité – le pays possède le plus gros budget militaire du continent africain – et le gouvernement algérien a pour ambition d’améliorer ses équipements et d’être encore plus efficace dans le domaine de la lutte contre le terrorisme. Certains experts considèrent que le Département algérien du renseignement et de la sécurité (2) est “l’un des services de renseignement les plus efficaces pour lutter contre Al-Qaïda au Sahel”(3) .

    Même si certaines personnes font également observer que le DRS emploie des méthodes peu orthodoxes dans ses activités de lutte contre le terrorisme, dont l’infiltration des groupes terroristes(4) , la politique algérienne de lutte contre le terrorisme, délibérément intransigeante, résulte de son expérience en matière de conflit armé intérieur qu’elle a acquise au cours des années 90. D’après les estimations, la guerre civile entre le régime militaire algérien et les groupes islamistes armés a fait à l’époque 200 000 victimes et a façonné l’approche de cet État d’Afrique du Nord en matière de lutte contre les groupes terroristes.

    Compte tenu de cette expérience, l’Algérie est devenue un allié important des États-Unis et de nombreux pays de l’UE, tels que la France, dans la lutte contre le terrorisme au Sahel depuis le début des années 2000. On peut citer parmi les exemples de collaboration dans ce domaine l’initiative pansahélienne de 2002, qui est devenue le partenariat transsaharien de lutte contre le terrorisme en 2005 et qui est actuellement coordonnée par le commandement militaire américain pour l’Afrique (AFRICOM) basé à Stuttgart.

    L’Algérie a également participé à certaines initiatives régionales majeures visant à lutter contre le terrorisme. Elle a notamment participé à la décision prise en avril 2010 par les quatre pays les plus directement concernés par Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) – l’Algérie, le Mali, la Mauritanie et le Niger – visant à créer le Comité d’état-major opérationnel conjoint (CEMOC) (5), qui est basé à Tamanrasset dans le Sud de l’Algérie, à 400 km de sa frontière méridionale. Son mandat est de renforcer la coopération entre ces pays pour lutter contre le terrorisme, les enlèvements et le trafic, et de mener des opérations conjointes dans chacun des États participants.

    En septembre 2011, une conférence internationale sur la lutte contre le terrorisme au Sahel a été organisée en Algérie en vue de renforcer encore la coopération entre les pays.

    Le budget de la défense de l’Algérie est le plus élevé des pays d’Afrique du Nord avec un montant total de 6,41 milliards EUR en 2011, ce qui représente environ 3,1 % du produit intérieur brut (PIB). Ces dix dernières années, les dépenses militaires ont fortement augmenté en Algérie: leur valeur absolue a triplé depuis 2000(6) . Les forces armées algériennes (Armée nationale populaire, ANP) comptent 130 000 soldats. Les effectifs se constituent de 110 000 hommes dans l’armée de terre (contingent), 6 000 hommes dans la marine, 14 000 hommes dans l’armée de l’air, et 150 000 réservistes. On peut ajouter à cela les 187 200 hommes des forces paramilitaires: les 20 000 hommes de la gendarmerie sous le contrôle du ministère de la défense, les 16 000 hommes de la Direction générale de la sûreté nationale, les 1 200 hommes de la garde républicaine du Président, et les 150 000 membres des milices d’auto-défense et des gardes communaux (7) .

    Évaluation de la capacité militaire algérienne

    Les forces armées algériennes sont assez bien équipées par rapport à celles des voisins du Maghreb et notamment par rapport à celles des pays de la CEDEAO dont les forces militaires participent aux opérations au Mali.

    La Russie et la Chine sont les principaux fournisseurs d’armements de l’Algérie. Toutefois, depuis quelques années, l’Algérie diversifie ses stratégies d’armement en s’approvisionnant auprès des pays occidentaux et en mettant en place des partenariats industriels pour développer son industrie de l’armement. Les programmes actuels comprennent l’achat de chars de combat T90, d’avions d’attaque au sol SU-30 et d’avions d’entraînement YAK-130, ainsi que de systèmes de missiles et de défense aérienne S-300 et PANTSIR-S1 à de la Russie, d’une grande plate-forme de guerre amphibie (avec des hélicoptères) et de frégates à l’Italie, ainsi que de corvettes, et d’une usine complète de fabrication de véhicules de combat d’infanterie et de services de formation d’officiers et pour les équipements électroniques à l’Allemagne 8 . L’Algérie investit énormément de ressources dans la modernisation de sa capacité militaire, mais ces investissements ne se sont pas encore traduits par des capacités opérationnelles.

    La majeure partie des forces armées algériennes sert sur la frontière occidentale avec le Maroc et le Sahara occidental. Aucune opération militaire symétrique n’a été menée par l’Algérie depuis la guerre des sables avec le Maroc en 1963, à l’exception de quelques opérations air-air contre les forces de défense israéliennes (FDI) pendant la guerre du Kippour en 1973. Depuis cette période, l’Algérie n’a pas déployé beaucoup de troupes sur des théâtres d’opérations extérieurs 9 . L’armée nationale populaire (ANP) possède une certaine expérience en matière d’opérations internes de lutte anti-insurrectionnelle et antiterroriste, et les forces de l’ANP ont acquis leurs premières expériences dans des opérations conjointes. Les officiers d’état-major et les forces spéciales de l’ANP ont suivi des formations bilatérales auprès de la Belgique, de la France, du Royaume-Uni et des États-Unis. La force de réaction rapide de l’armée de terre a la taille d’une division, mais les moyens de déploiement rapide de cette force ne sont pas adaptés à cette taille 10.

    Les forces armées algériennes sont les plus importantes d’Afrique du Nord et les dépenses en matière de défense sont les plus élevées des quatre pays, mais les récents programmes de modernisation et de transformation ne se sont pas encore traduits en capacités opérationnelles. La stratégie d’acquisition de matériel lourd et sophistiqué pour les opérations militaires conventionnelles est destinée à contrer le Maroc, rival de longue date de l’Algérie, et devrait lui garantir un rôle de chef de file dans la région. Cela pourrait également aider l’Algérie à jouer un rôle plus important, quoique limité, sur la scène internationale. Toutefois, comme le pays ne possède aucune expérience en matière d’opérations extérieures, il ne pourrait développer ce rôle qu’en faisant appel à des partenaires stratégiques et en s’appuyant sur une coopération multilatérale. À l’heure actuelle, comme les derniers événements l’ont démontré au cours de la crise des otages d’In Amenas, les capacités de lutte anti-insurrectionnelle et antiterroriste restent cruciales pour les forces armées algériennes.

    L’armée est un acteur politique important en Algérie et son intervention sur le site gazier d’In Amenas a été perçue comme une réussite dans le pays, même si ces opérations ont été vivement critiquées à l’étranger. Cette intervention a renforcé la réputation de l’armée et pourrait consolider sa position vis-à-vis des autres institutions gouvernementales.

    (2) Département du renseignement et de la sécurité (DRS).

    (3) Citation de John R. Schindler, ancien officier de l’Agence de sécurité nationale des ÉtatsUnis, dans Boukhars, A., “The Paranoid Neighbour. Algeria and the Conflict in Mali”.

    (4) http://www.brookings.edu/research/opinions/2013/02/03-algeriariedel?rssid=sub+saharan+africa 5 Comité d’état-major opérationnel conjoint.

    (6) Base de données des dépenses militaires du SIPRI (http://milexdata.sipri.org/)

    (7) Chapitre sept: Moyen-Orient et Afrique du Nord, The Military Balance, 112:1, pp. 303-360.

    (8) Ibidem 9 http://countrystudies.us/algeria/157.htm 10 Chapitre sept: Moyen-Orient et Afrique du Nord, The Military Balance, 112:1, pp. 303-360.

    Source : Parlement Européen, juin 2013

    Tags : Algérie, Sahel, Mali, Libye, Niger, Maroc, Mauritanie,

  • William Dalrymple on the treasures of Algeria

    Climbing the rolling hills around Constantine in Algeria last July, we paused at the top of a ridge. It was a warm summer evening and we looked down, through the golden haze, at the newly harvested fields stretching out below…

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  • Algérie : Les sept axes de propositions et recommandations du Président de la République

    Renforcement des droits et libertés des citoyens, moralisation de la vie publique et lutte contre la corruption, consolidation de la séparation et de l’équilibre des pouvoirs, renforcement du pouvoir de contrôle du Parlement, consolidation de l’indépendance du pouvoir judiciaire, consolidation de l’égalité des citoyens devant la loi et consécration constitutionnelle des mécanismes d’organisation des élections.

    Les sept axes de propositions et recommandations du Président de la République autour desquels le comité, choisi pour cette mission, doit mener sa réflexion sont ambitieux. A la mesure de la situation cruciale que vit le pays. Il s’agit de revoir les principaux thèmes pour la construction d’un Etat de droit. Ces recommandations s’inscrivent en droite ligne avec les engagements du chef de l’Etat pendant sa campagne pour une Algérie nouvelle, basée sur un Etat de droit et des règles du jeu démocratique comme le souhaite une majeure partie de l’opinion nationale.

    Les Algériens, sortis dans la rue pour rejeter un cinquième mandat, exigent depuis ces mêmes changements contenus aujourd’hui dans ces propositions. L’amendement de l’actuelle Constitution qui devrait constituer le projet politique qui va animer prochainement la vie sociale et probablement un passage nécessaire, afin d’entamer un nouveau départ. Sauf qu’il faudrait faire en sorte que la Constitution amendée soit désormais celle qui prescrira des règles immuables. Qui ne seront pas vite remises en cause à chaque nouvelle présidence.

    L’Algérie a toujours eu du mal à respecter les textes mis en place par le législateur pour réguler la vie publique. Souvent, le politique s’incruste et impose ses règles, même aux dépens de l’Etat et de son image. Celle par exemple de changer le fameux verrou du nombre de mandats présidentiels et de l’alternance au pouvoir. Une «liberté» qui aura énormément fait mal à l’Algérie et à ses lois.

    La situation que vit actuellement le pays pourrait bien être idoine pour décider, une bonne fois pour toutes, un véritable changement. Et instituer des règles du jeu immuable qui consolideront l’Etat et, partant, le citoyen dans son rapport avec son Etat.

    Reporters.dz, 9 jan 2020

    Tags : Algérie, Hirak, Abdelmajid Tebboune, Consitution, réforme,

  • Renaissance et révolution intellectuelle en Algérie

    Nous vivons un moment crucial de notre révolution pacifique du 22 Février 2019 que nous allons, bientôt, fêter son premier anniversaire, la lutte politique pacifique d’un peuple qui a décidé de prendre son destin en main. Cependant, c’est pendant ce moment décisif que nous devons réinventer d’autres moyens de lutte pacifique mais aussi réfléchir à poser les jalons d’une révolution intellectuelle et amorcer un processus pour la renaissance de la nation algérienne et donner naissance à une nouvelle forme d’organisation pour consacrer le droit de tout un peuple de construire son pays, édifier un Etat de droit, démocratique et social tel que souhaité par nos valeureux martyrs et consacré dans l’appel du 1ier Novembre 1954.

    De la dépravation politique, de l’accumulation des conditions socioculturelles misérables, des injustices et des crimes multidimensionnels sont infligés au peuple algérien. une conscience collective de tout un peuple est née, et pourtant, endormi des décades durant. Cependant, une maturité politique s’est imposée et elle déjoue toutes les manœuvres d’un régime qui essaie, vaille que aille, de se régénérer.

    De la non violence érigée comme mode de lutte pacifique et le Boutisme pour marquer le caractère courageux et héroïque des algériens de mener le combat jusqu’au bout, conjugués aux nombreuses expériences vécues et payées chèrement pas les algériens, font de nous un peuple à la recherche de la liberté.

    Révolution intellectuelle et la naissance d’une civilisation algérienne devra faire objet des réflexions et des débats politiques : un sens à donner à notre révolution pour ne pas tomber dans l’émotion des foules. Les tenants du pouvoir réel en Algérie, l’Etat major, et les hommes politiques doivent en assumer toutes leurs responsabilités d’inventer les voies et moyens pacifiques pour assurer, non pas seulement une transition paisible, sereine et sans violence, mais aussi accompagner le peuple algérien dans la construction de sa civilisation.

    Le processus de la construction d’un Etat fort, d’une nation et d’une civilisation nécessite de la réflexion, du travail intellectuel, des sacrifices des hommes et des femmes épris de valeurs universels de justice et de liberté, ce qui font d’eux les pères fondateurs de leurs nations. Les conditions sine et qua none pour la réussite de ce dit passage sont, à mon amble sens, comme suit :

    _ Réhabiliter le politique : encourager les citoyens à s’impliquer politiquement dans la construction de leur pays, et leur inculquer les vraies valeurs humaines d’honnêteté, « l’honnêteté est la meilleure des politique » qui prendra place de l’idée qui est, malheureusement, véhiculée et répandue « la politique est l’art du mensonge ».

    _ Réhabiliter le politique dans nos partis politiques, donnons la chance aux jeunes de s’émanciper politiquement, et se fixer des défis majeurs, asseoir une vraie stratégie de préparation de la relève, l’élite de demain, avec de la formation et exiger un niveau intellectuel pour avoir accès aux postes de responsabilités, surtout pour la députation et les sénatoriales dont nous en avons connu des députés et des sénateurs qui ne peuvent discourir, malheureusement, ni en politique, ni sur en économie, ni rien du tout : des postes politiques qui deviennent, désastreusement, des postes d’empois, d’où notre décadence.

    _ Les partis politiques, de l’opposition, avec toutes leurs divergences politiques, doivent en faire beaucoup d’effort pour créer une synergie, un vrai front pour faire face aux manouvres du régime algérien qui a tous les moyens de se ressusciter. L’idée du lancement du pacte de l’alternative démocratique (PAD) est à encourager, car dans un moment révolutionnaire, nous devons être conscients des défis communs qui nous lient tous.

    _ Il ne y’a pas de développement sans démocratie. La nouvelle constitution doit, impérativement, assurer les principes inébranlables de la construction d’un Etat moderne : l’indépendance de la justice, séparation des pouvoirs, et la limitation des mandats présidentiels. Donner de vraies prérogatives aux assemblées communales et wilayales dans les affaires de gestion de leurs territoires, surtout du foncier, et asseoir un nouveau mode de décentralisation qui va donner un nouveau souffle pour le développement local et qui va, sans doute, et par conséquent, assurer le développement national.

    _ Interdire la violence, physique ou verbale, bannir le racisme et l’appel à la violence, instaurer des politiques basées sur les valeurs, exiger du savoir, la compétence, le respect de la condition humaine. Nous avons tous le regret de connaitre des ministres, des Walis, des députés, des responsables qui méprisent et qui insultent leur peuple, hélas ! Des hors la loi qui sont sensés la protéger !

    _ Investir dans le savoir en créant de grandes écoles de science politique, du génie industriel, du génie informatique, et créer de vrais pôles technologiques qui peuvent même attirer nos compétences à l’étranger de revenir et contribuer au développement de leur pays, la Malaisie est un bon exemple dans ce sens.

    _ Faire participer tout le monde dans la lutte contre la corruption qui a gangréné notre économie : exemple de la Korée du sud qui a instauré un mode d’information motivant chaque citoyen qui peut informer les autorités de chaque acte susceptible de corruption, et inculquer aux citoyens les valeurs de citoyenneté et leur permettre de s’impliquer dans la gestion de leurs localités et contribuer à la protection de l’environnement.

    _ Elaborer des politiques de développement durable humain, où la vie et le bien être des algériens, leur émancipation, leur progrès et leur dignité doivent être le centre de gravité de toutes les stratégies.

    L’Algérie dispose de toutes les richesses et les ressources pour amorcer un vrai boom économique, et les expériences vécues, passant par la guerre de libération 1954, l’indépendance confisquée de 1962, les événements de 1980, 1988, la tragédie noir des années 90s, et comme accumulation, la révolution du 22 Février 2019 doivent être de grandes leçons, une opportunité à tracer les jalons d’un processus de naissance d’une nouvelle nation, une nouvelle république, une nouvelle Algérie,

    L’espoir nous est permis !

    Gloire à nos martyrs, vive l’Algérie, vive le peuple algérien.

    Slimane KHERMOUS, militant politique, maire Souk El Tenine, T.O

    Source

    Tags : Algérie, Hirak, nouvelle république, renaissance,

  • Libye: le ministre de l’Intérieur de Sarraj est arrivé à Rome.

    Le ministre libyen de l’Intérieur Fathi Bishaga, du du gouvernement national de coalition de Fayez al-Sarraj est arrivé à Rome dans l’après-midi pour rencontrer l’ambassadeur américain à Tunis, Donald Blome.

    En attendant, un sommet, toujours dans l’après-midi au Palazzo Chigi, entre le Premier ministre Giuseppe Conte et le ministre des Affaires étrangères Luigi Di Maio sur les principaux dossiers internationaux. Sur la table de réunion, la crise libyenne et celle entre les USA et l’Iran. Le ministre de la Défense, Lorenzo Guerini, a également assisté à la réunion. Il s’est connecté par téléphone.

    Di Maio tiendra un briefing d’urgence sur la situation en Iran, en Irak et en Libye mercredi prochain à 16 heures.

    Le Premier ministre Conte a eu une conversation téléphonique avec le président de la République islamique d’Iran, Hassan Rohani. “La situation dans la région, en particulier à la lumière des derniers développements, et l’état des relations bilatérales ont été au centre de la conversation”, lit-on dans une note du Palazzo Chigi.

    Appel téléphonique entre le ministre des Affaires étrangères Luigi Di Maio et son homologue allemand Heiko Mass. “Nous restons compacts, l’UE doit rester compacte sur la Libye et nous avons besoin d’une date sur la conférence de Berlin dès que possible”, a déclaré le chef de la diplomatie allemande.

    Tags : Italie, Libye, Iran,

  • Le Drian : La sortie de crise en Libye passe par un dialogue interne

    – Cependant, il a salué le rôle de la Russie dans l’initiative de cessez-le-feu sans mentionner le rôle de la Turquie

    Meher Hajbı | 09.01.2020

    Les milices de Khalifa Haftar ont rejeté l’appel turco-russe pour un cessez-le-feu en Libye.

    C’est ce qui ressort du communiqué rendu public par le porte-parole de la milice Haftar, Ahmed al-Mismari, jeudi.

    Le communiqué salue “l’initiative russe visant à instaurer la paix et à instaurer la stabilité en Libye” sans mentionner le rôle de la Turquie. Il annonce également la poursuite des offensives pour contrôler la capitale libyenne, Tripoli.

    En effet, les Présidents turc, Recep Tayyip Erdogan, et russe, Vladimir Poutine, ont appelé, dans une déclaration commune après leur rencontre à Istanbul, mercredi, à un cessez-le-feu en Libye, à compter du 12 janvier, à minuit.

    Une initiative saluée par le Conseil présidentiel du gouvernement libyen, reconnu par la communauté internationale, le Conseil d’État suprême et la Chambre des représentants libyenne de la capitale, Tripoli, pour une solution diplomatique à la crise libyenne.

    Les forces de Haftar ont lancé le 4 avril, une offensive, en perte de vitesse, pour prendre le contrôle de Tripoli, faisant échouer les efforts des Nations unies pour organiser une conférence de dialogue entre les Libyens.

    Anadolou

    Tags : Libye, Turquie, Haftar, Egypte, Russie, Tripoli,

  • Mauritanie : passe d’armes entre frères présidents

    Ce ne sont pas les guirlandes lumineuses qui ont électrisé la fête nationale mauritanienne du jeudi 28 novembre. « Il n’y a pas eu de tentative de coup d’État », a dû rassurer, le samedi suivant, le ministre mauritanien de la Défense devant le Parlement. Pendant plusieurs jours, les rumeurs de révolution de palais ont tenu Nouakchott en haleine. L’absence remarquée du président sortant, Mohamed Ould Abdel Aziz (2008-2019), aux célébrations et défilés qui se tenaient dans son propre fief d’Akjoujt en a paru une illustration grandeur nature. Les limogeages, dans la foulée, du chef du Basep, le bataillon de la sécurité présidentielle, un fidèle d’Aziz, ont été lus comme des précautions d’urgence prises par le nouveau président élu en juin dernier, Mohamed Ould Ghazouani.

    Un vent de rumeurs

    « Les Mauritaniens ont déjà vécu quatre coups d’État, la perspective d’une réédition les tétanise », rappelle un observateur local. L’on évoque ici une initiative parlementaire de poursuites contre l’ancien président. L’on entend là qu’il serait en résidence surveillée. « Il y a toute sorte de rumeurs d’arrestations de militaires, d’interrogatoires, de mises en résidence surveillée… Cela n’existe pas. Ce sont de fausses rumeurs », insiste le président Ghazouani lui-même auprès du Point Afrique et du Monde, le 29 novembre. Et précise, à propos du remaniement de la garde présidentielle : « J’aurais dû faire ce changement avant. »

    La crise qui a éclaté sourdement entre les deux hommes en a surpris plus d’un. Amis de quarante ans, camarades de promotion, ils se sont liés à l’académie militaire de Meknès et ont depuis fait route main dans la main, inséparables. En août 2008, Mohamed Ould Ghazouani était déjà chef d’état-major de l’armée mauritanienne quand Mohamed Ould Abdel Aziz, qui dirigeait le Basep, a écarté du pouvoir le président civil Sidi Ould Cheikh Abdallahi, élu un an plus tôt. C’est Ghazouani qui a réorganisé l’armée mauritanienne, en créant les fameux groupes spéciaux d’intervention, les GSI, des unités mobiles quadrillant le territoire désertique pour combattre les infiltrations djihadistes. Le pays, grand comme deux fois la France, n’a plus connu d’attaque terroriste depuis 2011, alors que toute la région sahélienne a basculé dans la violence. En octobre 2018, à quelques mois de l’expiration de son deuxième et ultime mandat, Aziz décide de nommer son frère d’armes ministre de la Défense : la rampe de lancement idéale pour une transition constitutionnelle.

    Homme de pouvoir, sanguin et impulsif, Mohamed Ould Abdel Aziz a longtemps donné l’impression de ne pas vouloir lâcher les rênes, même si la Constitution lui interdisait de se représenter. Jusqu’au bout, ses partisans l’ont exhorté à briguer un troisième mandat, que ses opposants tenaient pour acquis. Lors de la fête nationale de 2018, Aziz affirmait : « Si je ne peux pas me représenter au 3e mandat, je peux me représenter après », et l’on avait alors cru voir en Ghazouani un intérimaire aux ordres, sur le modèle du duo russe Medvedev-Poutine. Un an plus tard, Ghazouani lui fait clairement savoir qu’il ne sera pas une doublure. La rupture est consommée entre les deux frères généraux.

    Démenti

    Il n’y a pas eu de tentative de coup d’État, mais il y a bien eu la passation très tendue de la réalité d’un pouvoir que l’ex-président ne semblait pas décidé à abandonner. Certes, « il ne s’est rien passé d’extraordinaire, tout s’est joué dans le cadre démocratique et constitutionnel », souligne le Premier ministre Ismail Ould Bedde Ould Cheikh Sidiya, un fidèle de Ghazouani. Mais le président sortant conservait encore au sein de l’armée, de l’État et surtout de l’Union pour la République (UPR), le parti qu’il a fondé en 2009, une influence confinant à la puissance. Rentré le 17 novembre pour la fête nationale après trois mois passés à l’étranger, Mohamed Ould Abdel Aziz n’entendait pas rester spectateur de la vie politique de son pays. Le 20 novembre, il préside au siège de l’UPR une réunion de son comité directeur qui publie un communiqué faisant de lui « la référence » du mouvement. Une qualification qui lui permettrait d’avoir une influence décisive sur le parti présidentiel et au Parlement, où celui-ci dispose de la majorité absolue. Certains membres du comité, proche du nouveau président, quittent la séance.

    Informé de son résultat, Ghazouani n’avait pas été prévenu de la tenue de cette réunion. Mais cet homme de consensus et de dialogue cherche d’abord l’apaisement. Le 22 novembre, après la prière du vendredi, il se rend pour un long entretien chez son prédécesseur. Il lui indique que la référence du parti au pouvoir ne peut être que le président en exercice, Aziz lui rétorque qu’il ne saurait abandonner son rôle au sein du parti. Le lendemain, la troupe des députés UPR est sommée d’arbitrer. Aziz, qui garde d’importants relais au sein de l’armée et de l’État, a des raisons d’être confiant : tous lui doivent leur fauteuil.

    « Mais les Mauritaniens ne reconnaissent qu’un seul chef, celui qui tient la réalité du pouvoir », note un proche du nouveau président. Le 23 novembre, 88 des 102 députés de l’UPR désignent Ghazouani comme sa référence unique. « Le président Mohamed Ould Abdel Aziz est un président qui a marqué l’histoire », explique alors le président du parti, Habib Brahim Diah. Les jours suivants, la plupart de ceux qui n’avaient d’abord pas signé en sa faveur se rallient à Ghazouani. Yahya Ould Hademine, l’ex-Premier ministre, et Moctar Ould Diay, l’ex-ministre des Finances, deux des plus fidèles grognards d’Aziz, désertent celui-ci. La tentative de reconquête d’Aziz a fait long feu. Il a perdu la main politique et, avec les limogeages au sommet de la Basep, ses meilleures cartes sécuritaires.

    Grande fermeté

    Débarrassé d’une influence encombrante, son ancien homme de l’ombre tient le pouvoir sans partage. Écarté avec ménagement mais fermeté, Aziz reste muet de dépit. Il vit son second échec en quelques jours : briguant le poste prestigieux de médiateur conjoint pour les Nations unies et l’Union africaine en Libye, ses espoirs étaient si bons qu’il avait pris des cours d’anglais. Mais l’on apprenait, peu avant son retour à Nouakchott, que sa candidature avait été rejetée. Derrière les rideaux toujours tirés de son vaste palais, Ghazouani a la victoire discrète et ordonne de ne pas accabler Aziz. Le vendredi 29 novembre, une semaine après s’être rendu pour parlementer au domicile du frondeur, le nouveau raïs recevait un de ses proches parents venu intercéder avant la prière solennelle.

    Issu d’une prestigieuse lignée maraboutique, Ghazouani prêche le dialogue et l’ouverture et c’est la voie qu’il semble suivre avec son ancien ami. Tout en consolidant prudemment son pouvoir par des remaniements ciblés. Muré dans le silence, Aziz, qui conserve des relais dans la gendarmerie, la police et l’armée de l’air, pourrait-il se laisser à nouveau emporter par son ambition ? Le drame qui vient de se jouer aura également révélé les profondes nuances de caractère des deux généraux dont on disait qu’ils étaient comme « boubou blanc et blanc boubou ». Succédant au guerrier Aziz, le marabout Ghazouani, qui louait lors de la fête nationale aussi bien « le fusil et l’épée, la foi et la plume », le concède prudemment. « Je ne cache pas qu’il existe un décalage entre nos visions et nos appréciations d’une situation donnée, mais je pense que c’est l’environnement politique qui lui a donné plus d’importance qu’elle n’en a réellement. » Si le nouveau président vient de prouver sa différence et son indépendance, il devrait rejoindre l’ancien dans son projet de deuxième mandat comme l’appelle déjà de ses vœux son ministre de l’Économie et de l’Industrie : « C’est avec le temps et la stabilité que nous pourrons mener à bien la vision ambitieuse qui est celle de ce gouvernement. » La campagne 2024 verra-t-elle s’affronter au grand jour les deux hommes qui se disaient frères ?

    Mushahide, 9 jan 2020

    Tags : Mauritanie, Mohamed Ould Abdelaziz, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, UPR,

  • Mauritanie : Incinération de quantités de drogue et de stupéfiants à Nouadhibou

    Les autorités judiciaires, administratives et sécuritaires de la wilaya de Dakhlet-Nouadhibou ont supervisé, jeudi après-midi, l’incinération de quantités de drogue et de stupéfiants.

    Il s’agit de 265 kg de de drogue et de 1038 bouteilles d’alcools en plus d’une quantité d’autres stupéfiants.

    Dans une déclaration à l’AMI, le procureur de la République auprès du tribunal de la wilaya de Dakhlet-Nouadhibou, M. Cheikh Mohamed Mahmoud Ould Yaha a indiqué que ces quantités incinérées avaient été saisies l’année dernière.

    Il a également signalé que la saisie de ces quantités prouve la vigilance des autorités judiciaires dans toutes leurs composantes (Gendarmerie, police, Groupement Général de la Sécurité des Routes, etc.).

    Le procureur de la République a remercié à cette occasion les autorités judiciaires pour ce travail excellent et pour la rapidité des procédures, comme il a remercié les autorités administratives et sécuritaires pour leurs efforts appréciables.

    AMI

    Tags : Mauritanie, Nouadhibou, drogue, incinération,