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  • Sahel : Quand le Maroc confond guerre anti-terroriste et guerre contre l’Algérie (document confidentiel)

    Note à l’Attention de Monsieur le Ministre Délégué

    Objet : Maroc-UE Rencontre entre Monsieur le Ministre Délégué et le Représentant Spécial de l’Union européenne pour la région du Sahel (Rabat, 04 Juillet 2013).

    Lors de sa visite de travail au Maroc qui s’inscrit dans le cadre de la stratégie de l’Union européenne (UE) pour la sécurité et le développement au Sahel, M. Michel Reveyrand-de Menthon, Représentant Spécial de l’UE pour la région du Sahel a eu un entretien fructueux et constructif avec Monsieur le Ministre Délégué, le 4 juillet courant à Rabat.

    Les discussions de cette rencontre ont porté principalement les quatre axes suivants :

    1. Perception marocaine de la situation sécuritaire dans la région du Sahel et le rôle joué par le Maroc dans ce sens;

    2. Exploration des possibilités de coopération politique et opérationnelle entre le Maroc et l’UE dans le domaine de la sécurité (lutte anti-terroriste, contrebande et drogue) et du développement socio-économique inclusif dans la région sahélo-saharienne ;

    3. Evaluation des instruments et mécanismes régionaux existants pouvant être mis à profit en vue de contribuer à la stabilité et au développement de la région ;

    4. Discussions et évaluation des plateformes internationales, régionales et sous-régionales susceptibles de mener des actions concrètes dans la région du Sahel.

    A cet égard, Monsieur le Ministre Délégué a souligné les points suivants :

    Situation dans la région du Sahel

    ◦ La préoccupation du Maroc suscitée par la précarité de la situation dans la région du Sahel ainsi que par l’interconnexion existante entre les différents réseaux de groupes terroristes et de trafiques en tout genre dans la bande Sahélo-saharienne, qui demeure une zone prioritaire pour la lutte contre ces fléaux.

    ◦ Le Maroc a été parmi le premier pays, sur la base des informations recueillies à travers ses services d’intelligences et de renseignement, à avoir alerté la communauté internationale et particulièrement l’UE sur les menaces terroristes émergentes et en constant développement dans le Sahel et des risques de prolifération au reste de la région.

    Rôle de l’UE dans la région

    ◦ La visite au Maroc du Représentant Spécial de l’UE pour le Sahel témoigne de la reconnaissance par l’UE du rôle de premier plan que peut jouer le Maroc dans le cadre d’une coopération renforcée dans la région grâce à sa stabilité et à ses reformes multidimensionnelles.

    ◦ La satisfaction du Maroc de l’intérêt particulier accordé de plus en plus par l’UE à la région du Sahel et à sa dimension sécuritaire en saluant dans ce sens l’approche active et opérationnelle de l’UE dans la région la nomination d’un Représentant Spécial pour la région qui témoigne de la volonté et de l’engagement de l’UE à jouer un rôle plus prononcé dans la région notamment dans le cadre de sa politique étrangère et de sécurité. Un rôle joué jusqu’à présent, selon Monsieur le Ministre Délégué, principalement par les Etats membres de l’UE et non pas par la Commission européenne notamment concernant les questions sécuritaires.

    ◦ La nécessité pour l’UE de redéfinir et de recadrer sa stratégie UE-Afrique ainsi que son approche qui n’a pas eu les résultats positifs escomptés.

    ◦ L’importance de tirer profit des instruments existants de l’UE « cross border » en vue de contribuer à la stabilité et au développement de la région en soulignant la pertinence de la Politique européenne de voisinage dans le cadre de la dimension régionale.

    Coopération Maroc-UE

    ◦ Le Maroc a été le premier pays à avoir initié avec l’UE une coopération renforcée dans le cadre du CORTER et instauré un dialogue politique renforcé et une concertation régulière avec le COPS.

    ◦ Rappel des discussions entre Monsieur le Ministre Délégué et Mme Catherine Asthon, Haute Représentante de l’UE pour les Affaires Etrangères et la politique de Sécurité, sur la nécessité de mettre en place, dans ce sens, une coopération renforcée et opérationnelle et de définir des actions à géométrie variable en vue de relever les défis de région.

    ◦ La disposition du Maroc à conclure l’accord cadre pour la participation du Maroc aux opérations de gestion de crises de l’UE et l’accord cadre portant sur les procédures de sécurité pour l’échange d’informations classifiées.

    ◦ Le COTER qui peut constituer une plateforme de coopération stratégique pour la lutte contre le terrorisme et la radicalisation.

    ◦ La priorité accordée par le Maroc pour faire avancer les reformes.

    ◦ Le Maroc souhaite associer et impliquer l’UE dans le cadre du CEN-SAD et communiquera dans ce sens les thématiques qui seront arrêtés pour le prochain sommet.

    ◦ Rappel de la coopération positive entre le Maroc et l’Espagne notamment du processus de Rabat

    ◦ L’importance du DPR et du Dialogue stratégique avec la tenue au mois de novembre prochain au Maroc de la prochaine réunion (à vérifier)

    Coopération internationale et régionale

    ◦ Le rôle important joué par le Maroc à travers des actions de coopération bilatérales et triangulaires et à travers également un activisme marqué au sein des instances multilatérales et en particulier au sein du Conseil de Sécurité des Nations Unies.

    ◦ La nécessité d’une coopération régionale accrue et d’une approche intégrée dans les domaines de la sécurité et du développement tenant compte des paramètres et des enjeux de cette situation d’instabilité et d’insécurité qui touche directement ou indirectement toute la région.

    ◦ La nécessité d’une stratégie regroupant l’ensemble des pays de la région notamment les pays membres de l’UMA ainsi que les pays africains du Sahel qui est la plus à même de permettre d’apporter une réponse efficace à cette menace

    ◦ Le CEN-SAD peut constituer une plateforme approprié en vue d’explorer et de déterminer les actions prioritaires visant à contribuer aux efforts de paix et de stabilité dans la région ainsi que de jouer un rôle prépondérant dans la région.

    ◦ Le contexte régional et géostratégique actuel qui interpelle aujourd’hui, un engagement plus actif de l’ensemble de la communauté internationale dans la région.

    Défis et problématique de la région du Sahel

    ◦ Constat de l’échec de toutes les stratégies mener jusqu’à présent dans la région par l’Algérie qui en s’appuyant ou en mettant pression sur les 3 maillons faibles (Mauritanie, Niger, Mali) a entraîné une extension de la menace en terme géographique (atlantique et corne de l’Afrique) et multiplication des groupes terroristes et la diversification des menaces qui alimentent les caisses des groupes terroristes.

    ◦ Constat des conséquences de la fermeture des frontières entre le Maroc et l’Algérie qui entrave la construction et l’intégration maghrébine en rappelant la tri-conditionnalité algérienne pour une réouverture des frontière avec le Maroc.

    ◦ Le différend sur le Sahara marocain qui continu à nourrir les menaces sécuritaires de la région en espérant que l’Algérie assume ses responsabilité dans ce différend et s’implique dans le cadre des négociations onusiennes sur cette question.

    ◦ L’extension des menaces contre la sécurité au reste des pays de la région notamment du Golfe de Guinée, Guinée Bisseau qu’il faut désormais inclure dans l’équation sahel en soulignant que l’initiative de la façade de l’Atlantique peut jouer un rôle important pour relever les défis sécuritaire dans la région.

    ◦ La fragilité grandissante de l’Algérie notamment dans la perceptive de l’après Bouteflika pour assurer une transition démocratique ainsi que le problème de la gestion des frontières de la Libye qui continu à être un sanctuaire pour terroristes.

    Le Représentant Spécial de l’UE pour la région a pour sa part mis en exergue les points suivants tout en soulignant la pertinence des éléments d’information communiqué par Monsieur le Ministre Délégué concernant la région :

    • Présentation de la mission qui lui a été confiée par la Haute Représentante pour les Affaires Etrangères et de la Politique de Sécurité pour la mise en œuvre de la stratégie de l’UE pour la sécurité et le développement de la région du Sahel.

    • Briefing sur ces récentes visites dans la région Algérie, Mauritanie et Sénégal et prochaine visite en Tunisie et au Tchad.

    Coopération UE-Maroc

    • La conviction de l’UE que le Maroc pourrait jouer un rôle important dans la région notamment de part le respect dont il jouit auprès des pays tels que le Mali, le Niger, le Sénégal et le Tchad.

    • L’importance pour l’UE notamment des Etats membres d’œuvrer de concert avec le Maroc dans le cadre d’une coopération stratégique et opérationnelle pour relever les défis de la région.

    • L’évaluation des possibilités de coopération avec le Maroc dans le domaine de la lutte contre la drogue.

    • La disposition de l’UE à soutenir le Maroc dans le cadre de la mise en œuvre de sa stratégie de lutte contre le terrorisme et contre la radicalisation et souhaite dans ce sens examiner avec la partie marocaine, les possibilités de coopération bilatérale dans ce domaine notamment par l’échange d’information.

    • L’importance pour l’UE de compléter et pas concurrencer les coopérations existantes entre le Maroc et les Etats membres de l’UE

    • L’UE souhaite formaliser une coopération avec le Maroc concernant le Mali

    • L’importance du rôle du Maroc pour diffuser un islam modéré dans la région.

    Coopération régionale renforcée

    • La reconnaissance du rôle que peut jouer les plateformes régionale telles-que le CEN-SAD dans la région tout en soulignant néanmoins les possibilités de divergences et d’opposition de la part de l’Algérie qui n’en est pas membre. Aussi a-t-il indiqué la nécessité de délié le CEN SAD des mains de la Libye au profit du Tchad ou du Niger.

    • La nécessité de renforcer la coopération entre l’UMA et le CEN-SAD.

    • Le constat de l’échec de la stratégie de l’Algérie dans la région en soulignant que lors de sa rencontre avec le Ministre algérien des AE, il a décelé un pays inquiet et prudent de l’évolution de son environnement immédiat mais qui demeure doté d’un discours national prônant l’importance de la souveraineté de chaque pays de la région.

    • La disponibilité de l’Algérie à ouvrir des discussions avec la partie européenne en vue de renforcer et consolider la coopération dans tous les domaines notamment dans la région.

    • La Mauritanie est un pays instable qui a très de coopération régionale et souhaite dans ce sens un engagement du Maroc pour soutenir ce pays.

    En conclusion, il en ressort de cette visite de la volonté de l’UE de mener des actions communes concrètes dans la région avec l’appui d’acteurs incontournable comme le Maroc afin d’identifier conjointement les moyens visant à contribuer à la stabilité, la paix et le développement dans la région.

    Comme Monsieur le Ministre Délégué l’a noté au cours de cette rencontre, on dénote aujourd’hui que l’UE change de langage et opte pour une coopération d’ordre opérationnelle avec les pays de la région plutôt que le dialogue politique classique qui ne permet pas un impact tangible dans la région.

    Le Maroc demeure un acteur incontournable dans la région et l’UE est de plus en plus consciente de la nécessité d’inclure le Maroc dans sa stratégie si elle veut remporter une « succès story » au Sahel.

    Très Haute Considération

    Tags : Maroc, Algérie, Sahel, Mali, Barkhane,

  • CRISE LIBYENNE : Le poids de l’Algérie

    La Libye est depuis 2014 fracturée par la rivalité entre le chef du gouvernement d’union nationale Fayez al-Sarraj et le maréchal Khalifa Haftar. En proie au chaos politique et sécuritaire depuis l’intervention de l’OTAN en 2011, la Libye semble être encore loin de retrouver le chemin de l’unité et de la stabilité.

    En plus de la menace terroriste, le pays est le théâtre d’une confrontation entre deux forces revendiquant le pouvoir, se traduisent par des affrontements armés. A lors que la crise libyenne est appréhendée à l’échelle régionale, l’Algérie et la Turquie sont sur le point de créer un conseil de coopération stratégique, qui envisage d’élargir le cercle de la coopération bilatérale entre les deux pays au plus haut niveau, y compris les différents domaines, notamment les domaines : politique et diplomatique.

    Des observateurs ont estimé que le rapprochement algéro-turc sera bénéfique à la crise libyenne, puisque la Turquie est membre de l’OTAN et entretient de bonnes relations avec quatre membres du Conseil de sécurité à l’exception de la France, car elle est très proche de l’Allemagne, qui accueillera la conférence internationale sur la Libye.

    Abdelmadjid Tebboune a adressé au président de la République Turque Recep Tayyip Erdogan une invitation à visiter l’Algérie, laquelle a été acceptée, et dont la date devant être fixée dans les prochains jours. La visite d’Erdogan a été précédée par celle du MAE turc, Mevlut Cavusoglu qui a été reçu par son homologue, Sabri Boukadoum et le Chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune. Son entretien avec ce dernier a porté, essentiellement, sur la situation en Libye à la lumière de l’escalade des actes de violence induits par les ingérences étrangères, qui entravent la recherche d’une solution politique, seul moyen de rétablir la sécurité, la paix et la stabilité à travers tout le territoire de la Libye.

    Après une analyse approfondie de tous les aspects de la situation, les deux parties ont convenu de l’impératif d’éviter toute action concrète à même d’aggraver davantage le climat et de ne ménager aucun effort pour un cessez-le-feu. L’Algérie et la Turquie ont exprimé, également, le vœu que la conférence internationale prévue sur la Libye soit le début d’un règlement politique global, garantissant l’unité de la Libye, peuple et territoire, et préservant sa souveraineté nationale.

    Pays voisin de la Libye, l’Algérie a dénoncé toute ingérence étrangère en Libye, réitérant que la crise dans ce pays est une affaire interne de la Libye dont la solution ne peut être trouvée que par les parties au conflit avec l’aide notamment des pays voisins.

    L’Algérie qui était de tout temps à équidistance des parties en conflit en Libye, a appelé, lors de l’audience accordée, lundi, par le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, au Président du Conseil présidentiel du Gouvernement d’union nationale (GNA) libyen, Fayez El-Serraj, la communauté internationale et le Conseil de sécurité en particulier à « assumer leurs responsabilités pour imposer le respect de la paix et de la sécurité en Libye ».

    Tenue dans une conjoncture sensible, suite à l’aggravation de la situation sécuritaire en Libye, la rencontre a permis aux « deux Présidents d’échanger les vues sur les outils et moyens idoines pour l’accélération du rétablissement de la paix, de la sécurité et de la stabilité dans ce pays frère ».

    Ces entretiens ont été, l’occasion, pour le Président de la République, de rappeler « la position constante de l’Algérie vis-à-vis de la crise libyenne, une position qui repose essentiellement sur le principe de non-ingérence dans les affaires internes des Etats ».

    Pour sa part, M. Fayez El- Serraj a adressé ses remerciements à l’Algérie pour ses positions fraternelles constantes vis-à-vis de la crise libyenne, réitérant sa pleine confiance dans les efforts qu’elle déploie en vue d’atténuer l’escalade, en soutenant la solution politique.

    La Tunisie, autre pays voisin, a réitéré, lundi, lors d’une réunion urgente du Conseil de sécurité, sa position rejetant toute ingérence étrangère, estimant que la crise en Libye est une affaire interne.

    Par ailleurs, les Parlements saoudien, bahreïni, égyptien et émirati ont conjointement exprimé leur rejet de l’intervention turque en Libye. L’analyste spécialiste des questions géopolitiques, M’hand Berkouk, a indiqué que la Libye fait actuellement face à des crises d’ordre politique, de loyauté et sécuritaire, a indiqué mardi à Alger, appelant l’ONU et l’UA à agir et jouer leur rôle par de nouvelles résolutions.

    S’exprimant sur les ondes de la radio chaine III, Berkouk a expliqué que cette crise » est d’abord d’ordre politique « , notamment en ce qui concerne les divergences entre « les différentes volontés sur la Libye où deux pôles sont en compétition par rapport au type d’Etat dans ce pays ». Il s’agit aussi, selon lui, essentiellement d’une crise de loyauté « non pas envers l’Etat mais envers des alliances notamment avec les pays du Golf », a-t-il souligné, ajoutant que la Libye fait également face à une crise « d’ordre sécuritaire ».

    Dans ce sillage, le spécialiste a déploré une crise de sécurité « chronique à travers la transformation graduelle de la Libye en fief pour ne pas dire en front mondial de terrorisme, avec le recentrage de milliers de combattant terroristes étrangers (CTE) vers ce pays voisin avec notamment les pays du Sahel ». L’analyste redoute d’autre part que le pays « risque de se transformer en incubateur d’une nouvelle forme de terrorisme ».

    Rappelant les deux mémorandums signés entre Tripoli et Ankara liés à l’énergie et à la coopération militaire et sécuritaires, Berkouk a ajouté que la Turquie qui s’implique notamment en Libye occidentale, « exprime une certaine volonté de s’assurer d’une part du marché énergétique européen ».

    Dans ce cadre, de nombreux pays et organisations internationales ont exprimé leur rejet de toute ingérence étrangère en Libye, appelant à faire prévaloir la solution politique pour le règlement de la crise dans ce pays. Outre des pays voisins de la Libye, l’Onu, l’UA, l’UE ont fait part de leur refus de l’ingérence dans les affaires libyennes et d’une éventuelle escalade dans la région. Une réunion du CPS se tiendra à la veille du sommet de l’UA est prévue les 8 et 9 février à Addis-Abeba. Elle sera consacrée à la crise libyenne et à la circulation des armes qui a aggravé la situation au Sahel », a déclaré le Commissaire à la paix et la sécurité de l’UA, Smail Chergui, depuis Addis-Abeba.

    La politologue française, spécialiste de la question des migrations, Catherine Wihtol de Wendende a indiqué que l’aggravation de la crise en Libye risque de faire augmenter les flux migratoires en Méditerranée. Intervenant à l’occasion d’une conférence-débat organisée par l’Institut national d’études et de stratégie globale (INESG), Wenden a également relevé que les migrants de passage par la Libye « subissent des supplices, notamment des mises en esclavage, des enfermements et la vente d’organes », estimant qu’il était difficile de déterminer le nombre de migrants qui traversent la Libye, car « ce sont des sans-papiers qui viennent d’Afrique de l’Ouest ».

    Pour sa part, le chef de la diplomatie de l’Union européenne (UE), Josep Borrell, a condamné à Bruxelles « l’ingérence étrangère » dans la crise libyenne, dans un communiqué à l’issue d’une réunion avec les ministres des Affaires étrangères français, allemand, britannique et italien sur la Libye.

    Les ministres des Affaires étrangères français Jean-Yves Le Drian, allemand Heiko Maas, italien Luigi Di Maio et britannique Dominic Raab, se sont réunis « en urgence » à Bruxelles pour discuter de la situation en Libye et du dossier iranien. A l’issue de la réunion, ils ont condamné toute « ingérence extérieure » dans la crise en Libye.

    A.M.

    La Tribune des Lecteurs 

    Tags : Algérie, Maghreb, Libye, terrorisme, Haftar, Serraj, Tripoli,

  • Le Maroc quémande la réouverture des frontières auprès d’un sénateur démocrate américain

    Maroc : Congrès /Entretien avec le Sénateur Démocrate, Ben Cardin.

    Congrès /Entretien avec le Sénateur Démocrate, Ben Cardin.

    De : fouad kadmiri

    À : rachadbouhlal@yahoo.com

    J’ai l’honneur de porter à votre connaissance que j’ai eu un entretien, le 07 mars courant, avec le Sénateur Démocrate (Maryland), Benjamin L. Cardin, membre influent de la Commission des Affaires Etrangères du Sénat. De confession juive, le Sénateur Cardin est connu pour ses positions favorables au Maroc et compte parmi les amis de notre pays au sein du Sénat américain.

    Après l’avoir remercié pour son soutien continu au Maroc, j’ai informé le Sénateur de la restauration de la Synagogue « Slat El Fassiyine » à Fès et dont l’inauguration a été marquée par le message adressé par Sa Majesté le Roi et lu par le Chef du Gouvernement. Le Sénateur m’a fait part de son admiration pour la singularité reconnue du Maroc en matière de tolérance confessionnelle et de dialogue entre les religions et les cultures.

    Aussi, j’ai rappelé au Sénateur les relations historiques excellentes et le partenariat stratégique unissant les Etats-Unis et le Maroc. J’ai également mis en exergue le processus de réformes structurelles engagé par notre pays sous la conduite de Sa Majesté Le Roi, que Dieu L’Assiste, depuis plus d’une décennie.

    Pour sa part, le Sénateur Cardin s’est félicité des atouts que représente le Maroc en termes de processus de réformes et de développement humain et qui font de lui un havre de stabilité dans une région assujettie à des menaces globales et à des transitions incertaines.

    Eu égard au portfolio du Sénateur Cardin en tant que membre de la Commission des Affaires Etrangères, je l’ai briefé sur la situation au Mali et plus largement sur la situation dans la région du sahel, tout en mettant l’accent sur les mises en garde que le Maroc n’a cessé d’émettre depuis des années au sujet des multiples menaces globales auxquelles cette région du monde se trouve confrontée.

    Partant de la conjoncture régionale, j’ai soulevé la Question Nationale en faisant comprendre au Sénateur que ce qui se passe dans la région plaide en faveur de la résolution de ce conflit artificiel et ce, pour couper court aux risques de balkanisation que court la région par la création d’entités faibles qui deviennent à leurs tours sources d’instabilité.

    J’ai ajouté que l’entêtement de l’Algérie à aller à l’encontre des efforts déployés par le Maroc pour régler ce conflit ; son refus de permettre au UNHCR de réaliser un recensement des réfugiés de Tindouf et son refus de répondre aux appels du Maroc pour l’ouverture des frontières terrestres sont autant de facteurs qui reflètent la volonté de ce pays de vouloir maintenir délibérément la question du Sahara dans l’impasse.

    Le Sénateur Cardin a exprimé son regret pour cette situation en indiquant qu’une coopération effective entre le Maroc et l’Algérie ne peut qu’être bénéfique aux deux pays d’autant plus qu’ils se trouvent confrontés à un ennemi commun qu’est le terrorisme.

    Tout en réitérant sa volonté de prêter toute l’attention requise à la question du Sahara, Il a souligné que le nouveau Secrétaire d’Etat John Kerry considère le Maroc comme un ami et un partenaire et à partir de là, M. Kerry sera en mesure d’apporter sa contribution à la résolution de cette question.

    En réaction à mon briefing au sujet de l’hostilité du sénateur Leahy à l’encontre du Maroc au sujet du conditionnement de l’octroi de l’aide financière militaire au Royaume, mon interlocuteur m’a surtout indiqué qu’il demeure satisfait du processus de réformes engagé par le Maroc et que notre pays doit continuer dans cette voie.

    Le Sénateur Cardin a abordé également ses préoccupations quant aux développements de la situation en Syrie notamment la question des réfugiés, tout indiquant que selon ses informations la Russie serait en phase de jouer un rôle pour permettre le départ de Bachar Assad.

    A cet égard et tout en rassurant mon interlocuteur que notre pays partage les préoccupations américaines à ce sujet, je l’ai briefé sur le rôle que joue le Maroc sur la scène internationale (Conseil de Sécurité) et régionale pour trouver une issue à cette crise et ce, à la fois sur le plan politique et humanitaire.

    Enfin, j’ai remis au Sénateur Cardin une invitation pour se rendre au Maroc afin de s’entretenir avec les responsables et parlementaires marocains et de voir de près les chantiers de réformes engagés par notre pays et d’explorer davantage d’opportunités de coopération notamment entre les instances législatives des deux pays.

    Source : Maroc Leaks, 9 fév 2020

    P.S: Selon le cabinet The Moffett Group qui travaille pour le Maroc, le sénateur Ben Cardin (MD) est un « partisan de longue date du Maroc et de sa position sur le Sahara occidental. Il est juif américain et a été influencé positivement par divers groupes juifs américains qui soutiennent le Maroc et apprécient ses relations avec Israël et la diaspora marocaine en Israël ».

    Tags : Maroc, Sénat américain, Benjamin L. Cardin, Algérie, Sahara Occidental,

  • Les mésaventures de l’ambassadeur britannique au Maroc avec la RAM

    Je vais vous raconter mon voyage ce week-end avec la Royal Air Maroc.

    Nous sommes allés à Londres pour le 80eme anniversaire de ma mère. Voyage privé, alors. Deux heures de retard au départ. Aucun mot d’explication ou d’excuses.

    J’ai envoyé un tweet portant plainte contre cette manque d’informations , puis je l’ai effacé car je ne voulais pas abuser de ma position.

    L’anniversaire s’est très bien passé. Et puis la tempête Clara est arrivée. Après mes derniers tweets RAM m’a prié de ne pas partager mes concernés par moyen de Twitter. J’ai alors contacte le siège social de RAM pour des renseignements hier avant de partir de chez mes parents

    Sans réponse. Nous sommes allés à l’aéroport. C’était chaotique. Le vol était retardé – normale. Tous les vols l’étaient. J’ai envoyé encore un message au siège sociale de RAM. Toujours pas de réponse. Notre avion, ne pouvant même pas atteindre Gatwick, a du atterrir à Nantes.

    Au lieu de nous dire à ce moment que le vol était annulé, RAM a continué d’afficher des horaires pour le vol de plus en plus tard – bien que l’avion était toujours à Nantes. J’ai envoyé encore une demande pour des renseignements à RAM. Toujours pas de réponse.

    Finalement à 18h00 RAM a admis qu’ils ne pouvaient pas nous offre un vol. À 19h30 nous sommes arrivés devant les guichets de RAM. Ils nous ont promise des autobus et des hôtels. Moi j’ai pris mes enfants et nous sommes allés loger dans un hôtel en centre-ville.

    Les autres passagers qui sont restés à l’aéroport sont finalement arrivés à leurs hôtels après 22h30 car il n’y avait pas de bus et ils ont dû trouver des taxis eux-mêmes. Sans explication. Sans excuses.

    Nous avons étés convoqués à l’aéroport ce matin à 0515. Personne n’est là. Aucun guichet n’est ouvert. Aucune responsable n’est ici pour nous fournir de l’information. J’ai envoyé encore un message à RAM, sans réponse.

    Autour de moi j’entends des commentaires “This is the worst customer care I have ever experienced” “I have flown over 3 million air miles and never experienced such appalling customer care”.

    Hier était une journée très difficile pour tous les passagers & les compagnies aériennes y inclus RAM: cela s’entend étant donné Storm Clara. Mais c’est la manque de service clientèle, la manque d’informations, la manque de respect & la manque de recevabilité qui est inacceptable.

    Thomas Reilly
    Ambassadeur du Royaume Uni à Rabata

    Source : Twitter 

    TAGS : Maroc, Royaume Uni, Thomas Reilly, Storm Clara, RAM, voyages,

  • Maroc : Plan d’attaque contre l’Algérie via le dénommé MAK

    Note de Synthèse presse

    Action du 20 avril du Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie (MAK)

    Le 20 avril 2010, le leader du Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie (MAK), Ferhat Mehenni, devrait annoncer à Strasbourg la proclamation de l’autonomie de la Kabylie et la mise en place d’un gouvernement provisoire en exil.

    Cette annonce devrait être effectuée après que M. Mehenni aie été reçu par le conseiller politique du Président du Parlement Européen.

    Parallèlement, des manifestations en Kabylie et à Paris -en face de l’ambassade d’Algérie- seront organisées en commémoration du 30ème anniversaire du Printemps Kabyle, survenu un 30 avril 1980, et qui marqua le début du renouveau de la contestation.

    Il est soumis à l’attention des journalistes, ci-joint, une note de synthèse sur le MAK, un document de l’International Crisis Group sur la question kabyle, une note actualisée du centre ESISC sur la question kabyle, une tribune de M. Mehenni, qui doit sortir dans la presse le 20 ou 21 avril, ainsi qu’une revue de presse sur les activités récentes du MAK et de son leader.

    Au niveau des angles d’appréhension du MAK et de son leader, quelques éléments saillants :

    Ferhat Mehenni est un militant de la cause kabyle depuis plus de 30 ans. Chanteur très connu en Kabylie, il est également cofondateur du Mouvement Culturel Berbère (MCB). Son fils Ameziane est décédé dans des circonstances non élucidées à Paris en 2004, après avoir été poignardé par un individu non identifié. Ferhat Mehenni vit en exil en Europe, après qu’il lui fut signifié qu’il serait mis en prison s’il revenait en Algérie.

    Le MAK est un mouvement pacifique, mais qui fait l’objet d’exactions policières et de harcèlement de la part de la police et des services algériens. Plusieurs de ses militants sont régulièrement arrêtés, enlevés et questionnés par les forces de l’ordre.

    Votre point de contact sera l’attaché de presse de M. Mehenni, dont les coordonnées vous seront transmises dans la journée du lundi 19.

    Note : il est demandé aux équipes de télévision de bien vouloir ne pas se pré positionner à Strasbourg jusqu’à ce qu’il leur soit confirmé que la proclamation sera bien effectuée de la bas, et ce en raison des perturbations liées aux moyens de transport.

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    Plan d’action médiatisation Gouvernement Provisoire Kabyle (G.P.K) 1er Juin

    Panorama

    Après avoir annoncé la création d’un Gouvernement Provisoire Kabyle le 21 avril 2010, évènement majeur repris par de nombreux titres internationaux1, la composition dudit gouvernement doit être annoncée le 1er Juin 2010 lors d’un rassemblement géant devant se tenir au palais des congrès de Paris à partir de 18h00.

    Cet évènement constitue un tournant pour la revendication autonomiste kabyle, dans la mesure où les membres du gouvernement en exil deviennent de facto autant de cibles potentielles pour un pouvoir algérien, qui rejette l’option d’autonomie et réprime brutalement toutes manifestations organisées sur le territoire algérien.

    Pour mémoire, les évènements récents permettent de prendre la mesure de la détermination de l’Algérie à enrayer le processus autonomiste :

    • Dix jours après le rassemblement du 16 mai, le Mouvement Citoyen des Aarchs et Parents des Victimes et blessés du Printemps Noir marchaient pour une deuxième fois le 26 mai. Les services de sécurité ont fait 12 blessés parmi les manifestants éparpillés à coup de matraque et au gaz lacrymogène. Ils seront admis aux urgences du CHU de Tizi-Ouzou. Le père de Massinissa Guermah, icône du « printemps noir » de 2001, venu lui aussi réclamer justice a subi une fracture à la jambe. Les délégations régionales ont été bloquées aux portes de la ville par des escadrons de police, deux cent militants furent ensuite stoppés dans leur marche à quelques mètres du siège de la wilaya.

    • Le 24 avril, trois jours après l’annonce de la création du GPK, une trentaine de manifestants sont arrêtés près d’Alger. Deux journalistes, Adlène Meddi, rédacteur en chef de El Watan Weekend du quotidien El Watan, et Chawki Amari, chroniqueur de ce même journal faisaient partie des personnes arrêtées. Selon l’AFP, l’un des témoins a déclaré : « Nous étions quelques dizaines à vouloir manifester pour la démocratie en général, et aussi pour la cause berbère dans le cadre du printemps amazigh ».

    Objectifs de la médiatisation

    Le GPK comme le MAK, sont désormais devenus des acteurs incontournables sur la scène politique algérienne. L’idée force de la médiatisation post-1er Juin est d’installer le gouvernement provisoire comme le MAK comme une force politique crédible portant le message de l’autonomie.

    Pour cela, il est recommandé aux communicants de mettre à contribution leurs relais sûrs, en toute discrétion, afin de parvenir à la « masse critique » en termes d’informations diffusées sur le GPK.

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    Algérie: formation à Paris d’un « gouvernement provisoire kabyle » autonomiste

    PARIS, 2 juin 2010 (AFP) – Un mouvement prônant l’autonomie de la Kabylie a formé mardi soir à Paris un gouvernement provisoire « pour ne plus subir l’injustice, le mépris, la domination » du gouvernement d’Alger, a-t-on appris mercredi auprès de ses responsables.

    « Niés dans notre existence, bafoués dans notre dignité, discriminés sur tous les plans, nous nous sommes vus interdits de notre identité, de notre langue, et de notre culture kabyles, spoliés de nos richesses naturelles, nous sommes, à ce jour, administrés tels des colonisés, voire des étrangers en Algérie », a dénoncé dans un communiqué Ferhat Mehenni, 59 ans, président du Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie (MAK), formé en 2001.

    « Aujourd’hui, si nous en sommes à mettre sur pied notre gouvernement provisoire, c’est pour ne plus subir ce que nous endurons d’injustice, de mépris, de domination, de frustrations et de discriminations depuis 1962 », date de l’indépendance de l’Algérie par rapport à la France, a-t-il ajouté.

    Le « gouvernement provisoire kabyle » se compose d’un président, Ferhat Mehenni, plusieurs fois arrêté en Algérie et sous le coup d’un mandat d’amener par les autorités algériennes, et de neuf ministres, dont deux femmes.

    La Kabylie est une région montagneuse et pauvre située à l’est d’Alger, foyer traditionnel de contestation. Les Kabyles, qui parlent une langue berbère différente de l’arabe (le tamazight), militent depuis l’indépendance de l’Algérie pour la reconnaissance de leur langue et leur culture.

    Au total, les berbérophones d’Algérie (Kabyles, mais aussi habitants de la région du Mzab et des Aurès) représentent de 25 à 30% de la population algérienne

    AFP 020916 GMT JUN 10

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    PROJET POUR L’AUTONOMIE DE LA KABYLIE

    Préambule

    1. Considérant l’identité et la forte personnalité du peuple kabyle façonnées et affirmées au fil des siècles à travers une langue et une culture de la grande famille amazighe, une organisation sociopolitique à nulle autre pareille et un attachement séculaire aux valeurs de liberté, de respect d’autrui et de solidarité avec les Autres,

    2. Considérant le rôle de premier plan joué par la Kabylie dans le mouvement national algérien et la guerre d’indépendance dans laquelle elle s’était massivement engagé,

    3. Considérant l’exclusion de la kabylité dans la définition de l’algérianité et les discriminations officielles, en tous genres, frappant les Kabyles depuis l’indépendance nationale,

    4. Considérant l’isolement politique national de la Kabylie, de la rébellion du FFS en 1963 au « printemps noir » qui l’endeuille depuis avril 2001 en passant par le « printemps berbère de 1980, le boycott scolaire de 1994-95, la révolte populaire suscitée par l’assassinat de MATOUB Lounès…

    5. Considérant le divorce politique consommé entre la Kabylie et le pouvoir algérien du fait du recours de ce dernier à la répression permanente contre elle, depuis quarante ans, et l’utilisation des armes de guerre durant le printemps noir contre ses enfants,

    6. Considérant le Congrès de la SOUMMAM de 1956 qui avait consacré le principe de l’AUTONOMIE DES WILAYA23,

    7. Considérant la Charte des Nations Unies, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, la Déclaration de Fribourg et la Charte Droits des Peuples adoptée à Alger en 1976,

    8. Considérant la réémergence des « Archs » kabyles en tant que mouvement citoyen limité à la Kabylie et la plate-forme d’El Kseur dont la satisfaction pleine et entière ne peut se faire que dans un cadre d’autonomie régionale,

    9. Sachant que chaque autonomie régionale existante de par le monde est le produit de l’Histoire de son peuple,

    10. Considérant les expériences catalane, flamande, écossaise, galloise, sarde, québécoise,

    11. Dans le souci de sauvegarder l’intégrité territoriale de l’Algérie et de mettre un terme à cette confrontation permanente entre le pouvoir algérien et cette région du pays, le Congrès Constitutif du Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie, du 14/08/2007 à Ighil Ali, adopte ce Projet pour l’Autonomie de la Kabylie (P.A.K).

    Chapitre I : Définition

    1. Par sa langue, sa culture et son Histoire, le PEUPLE KABYLE s’est forgé une identité et une personnalité très prononcées.

    2. Les Kabyles sont citoyens d’Algérie et appartiennent tous à la famille des AMAZIGHES ou « hommes libres ».

    3. La Kabylie est leur première patrie. Elle recouvre l’espace historique de l’ex Wilaya III ajusté aux réalités sociolinguistiques de la région.

    4. Le kabyle est sa langue officielle. Toutefois, la Kabylie dispensera à ses enfants toutes les langues nécessaires à son épanouissement et à son rayonnement culturel, économique, social et politique.

    Chapitre II : Valeurs

    1. La Kabylie autonome consacrera le respect des Droits Humains, sans distinction de sexe, de race, de langue ou de religion. Par conséquent, le code de la famille y sera abrogé, la polygamie n’aura plus sa raison d’être et le statut personnel sera régi par des lois civiles égalitaires.

    2. La liberté de culte et la liberté de conscience y seront garanties et les religions relèveront du domaine privé.

    3. La démocratie est le système politique qui régira le fonctionnement de ses institutions élues.

    4. La Kabylie restera solidaire du reste des Algériennes et des Algériens ainsi que des Amazighes dans leur combat pour leurs droits culturels et politiques.

    5. La Kabylie sera davantage ouverte aux Algériens et l’Algérie aux Kabyles.

    Chapitre III : Autonomie régionale

    1. En tant que région, en tant que peuple et en tant que nation, la Kabylie doit disposer de son autonomie régionale.

    2. L’autonomie régionale se traduira par la mise sur pied, en Kabylie, d’un Etat à travers l’élection d’un parlement régional qui, en fonction de sa majorité politique, élira un chef de l’exécutif pour former un gouvernement local.

    3. D’autres institutions nécessaires à l’encadrement de la région pourront être créées comme un conseil constitutionnel, un sénat, des organes de contrôle des exécutifs locaux.

    4. Les Assemblées Populaires Communales actuelles seront remplacées par les Ârchs où chaque village, chaque quartier (institutions de base de l’autonomie kabyle) seront représentés proportionnellement au nombre de leurs habitants.

    5. La Kabylie aura, également, le droit à ses propres armoiries et à son drapeau qui flottera aux côtés du drapeau algérien.

    6. Les domaines de compétence de l’Etat régional kabyle seront ceux de la vie quotidienne ayant trait à la sécurité civile, l’éducation, la culture, la santé, la justice et les droits humains, l’information et les médias, les transports et leurs infrastructures, les finances et la fiscalité, le budget et l’économie en général, l’environnement et l’aménagement du territoire.

    7. L’Etat central gardera l’exclusivité de la défense nationale, l’émission de la monnaie et la définition de la politique étrangère dans le respect des intérêts moraux et matériels du peuple kabyle. Il aura, aussi, un rôle de régulation et de péréquation économiques entre les régions du pays.

    Chapitre IV : Modalités

    1. L’autonomie régionale sera proclamée à la suite d’un référendum organisé en Kabylie.

    2. Son contenu sera négocié, avec le pouvoir central, par des délégués élus à cet effet.

    3. Une Constituante pourra, alors, être convoquée pour rédiger la Constitution kabyle sur la base de l’accord ainsi conclu.

    4. Ce projet exige d’être consacré par une révision constitutionnelle qui mettra la Loi fondamentale du pays, au diapason de la réalité en Kabylie.

    Adopté par le Congrès constitutif du M.A.K.,

    le 14 août 2007 à Ighil-Ali, Kabylie.

    TIMANIT I TMURT N YEQVAYLIYEN

    MOVMENT FOR AUTONOMY OF KABYLIA

    MOUVEMENT POUR L’AUTONOMIE DE LA KABYLIE

    DES DROITS DU PEUPLE KABYLE ET DE LA KABYLIE

    CHARTE DU M. A. K.

    1 –Le peuple kabyle a droit à sa reconnaissance officielle par l’État algérien.

    2 –La Kabylie a droit à des frontières administratives reconnues conformes à sa réalité sociolinguistique allant d’Ouest en Est de Tizi-Nat-Aïcha à Ziama Mansouriah au Nord et Djaafra au Sud. Elle juge inadmissible le rattachement de ses territoires à des entités limitrophes où des centaines de milliers de Kabyles sont minorisés et isolés du reste des leurs (Jijel, Sétif, Bordj-Bou-Arreridj, Boumerdes). Les grands centres urbains litigieux, le cas échéant, seront départagés par un référendum (Sétif, Bordj-Bou-Arreridj et Boumerdes).

    2-1-La Kabylie autonome a le droit de défendre les droits moraux et matériels de tous les kabyles sur le territoire national.

    3 –La Kabylie a le droit à un statut de large autonomie qui lui donne les pleins pouvoirs dans TOUS les domaines à l’exception de la Défense Nationale, de l’émission de la Monnaie et, dans une moindre mesure, des Affaires Etrangères.

    3-1- La Kabylie a droit à ses propres institutions bancaires.

    4 –La Kabylie a droit à une République Régionale Kabyle Autonome, Démocratique, Sociale et Laïque.

    5 – La Kabylie a droit à ses propres institutions dont son Parlement et son Gouvernement.

    6 –La Kabylie a droit à ce que sa langue officielle soit le kabyle.

    7 – La Kabylie a droit à son drapeau et à ses armoiries.

    8 –La Kabylie a le droit à son propre système éducatif qui dispense un enseignement prioritairement dans sa langue, loin des extrémismes, de l’intégrisme, du racisme ou de la ségrégation entre les sexes ; une école attachée à la science et à l’ouverture sur le monde, la technologie et au respect des valeurs fondamentales de l’humanité.

    9 –La Kabylie a droit à sa sécurité civile (police, gardes forestiers, pompiers, surveillance de ses ports, aéroports, sites économiques sensibles).

    10 – La Kabylie a droit à son propre système médiatique (télévisions, radios, presse, communications et autres moyens connus ou à venir).

    11 – La Kabylie a droit à assurer la gestion de son propre développement durable, de son foncier, de son aménagement urbain, de ses transports et de sa fiscalité locale.

    12 –La Kabylie a droit à sa quote-part des richesses naturelles nationales dont le pétrole et le gaz au prorata du nombre d’habitants qui y vivent par rapport à l’ensemble de l’Algérie.

    13 –Le peuple kabyle ouvre droit à la qualité de Nation dans l’ensemble algérien.

    14 –La Kabylie a le droit de soustraire ses femmes et ses filles à l’infâmant code de la famille et de consacrer une réelle égalité des droits entre les femmes et les hommes.

    15 –Le peuple kabyle a le droit de se battre politiquement pour faire aboutir la présente charte.

    Adopté par le Congrès constitutif du M.A.K.,

    le 14 août 2007 à Ighil-Ali, Kabylie.

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    Au même temps, la DGED a engagé deux instituts pour produire des rapports sur la situation en Kabylie (clique pour télécharger le doc):

    – Rapport de l’ESISC (Paris, Bruxelles)
    – Rapport de l’International Crisis Group (Le Caire, Bruxelles)

    Source : Maroc Leaks, 9 fév 2020

    Tags : Algérie, Maroc, MAK, GPK, Kabylie, DGED, Ferhat Mehenni,

  • Ouverture d’un consulat à Laâyoune: Comment le Maroc a piégé la Guinée-Bissau.

    La Guinée-Bissau est forcée d’ouvrir un consulat sur un territoire qui ne compte aucun résident guinéen par le Maroc.

    L’offensive diplomatique marocaine dans la légitimation internationale de la présence de Rabat dans le territoire du Sahara occidental, dont le droit à l’autodétermination est revendiqué par le Front Polisario, a porté quelques fruits, dont celui de la Guinée-Bissau.

    Laâyoune est une ville importante du Sahara occidental. Cette ancienne colonie espagnole est considérée par le Maroc comme sa région sud. Une position qui ne bénéficie pas d’un consensus au sein de la Communauté internationale, étant donné que le Front Polisario réclame l’indépendance de ce territoire depuis 1973 et insiste sur un référendum pour l’autodétermination de la population sahraouie.

    La nouvelle stratégie du Maroc pour légitimer sa présence au Sahara occidental sur le plan international implique la pression qu’il exerce, avec un certain succès, sur certains pays pour ouvrir une représentation diplomatique à Laâyoune, ce qui devient symboliquement une réaffirmation de la reconnaissance de la prétendue souveraineté de Rabat dans ces territoires contestés.

    En 1976, le Front Polisario a proclamé la naissance de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), qui revendique la souveraineté du Sahara occidental. Parmi les dix premiers pays à reconnaître officiellement la RASD au moment de sa création, on trouve précisément la Guinée-Bissau. Mais en 2010, Bissau revient sur sa reconnaissance de la RASD et défend la souveraineté marocaine sur ce territoire. Un changement de position qui n’était pas libre et qui a ouvert un agenda de négociations sur les contreparties d’un tel revirement diplomatique à Bissau.

    En juillet 2014, le président de l’Assemblée populaire nationale (ANP) guinéenne, Cipriano Cassamá, a écrit à son homologue marocain, Rachid Talbi Alami, pour demander à la Chambre des représentants un soutien de 600 millions de francs CFA (environ 916 000 euros). Selon les explications données par Cassamá, cette somme servirait à couvrir une partie du budget de fonctionnement de son institution, qui s’élève, selon le président de l’ANP, à 2,5 milliards de francs CFA, soit environ 3 186 793 euros.

    Un an plus tard, en mai 2015, le monarque marocain Mohamed VI a entamé une visite officielle de trois jours en Guinée-Bissau. Il s’installe au palais présidentiel où le drapeau marocain est hissé. Dans ses bagages, Mohamed VI transportait également 12 000 tonnes de médicaments à titre de don au pays. Parmi les autres aides opaques, qui continuent de susciter la controverse en Guinée-Bissau, Mohamed VI a décidé en 2018 d’offrir au pays 90 véhicules tout-terrain, pour les députés de l’Assemblée populaire nationale.

    La Guinée-Bissau est maintenant obligée de rembourser Rabat, et pour cette raison elle doit ouvrir un consulat à Laâyoune. Une ville qui n’a pas de résidents bissau-guinéens, et qui ne sera pas non plus un atout diplomatique pour la Guinée-Bissau. Cependant, c’est une autre victoire diplomatique pour le Maroc sur la question controversée du Sahara occidental.

    Source:e-Global.pt

    Bissauactu.com, 9 fév 2020

    Tags : Maroc, Guinée-Bissau, Union Africaine, Sahara Occidental,

  • La Libye, éternelle épine dans le pied de l’Algérie

    Par Naoufel Brahimi El Mili

    Selon les relevés topographiques, 982 kilomètres séparent l’Algérie de la Libye. Les distances idéologiques entre les deux pays, malgré les rencontres et embrassades répétées entre les différents chefs de l’Etat, sont encore plus importantes. Côté Tripoli, un seul Président, Muammar Kadhafi, de septembre 1969 jusqu’au « printemps arabe ». Côté Alger, la liste des Présidents est plus longue.

    Déjà lors de la crise frontalière entre l’Égypte et la Libye, Anouar El-Sadat voulait en finir avec le Guide qu’il surnommait « le fou de Tripoli ». En juillet 1977, les troupes libyennes avaient agressé l’armée égyptienne. La riposte du Caire était implacable. Houari Boumediène s’était rendu à la capitale égyptienne pour obtenir un cessez-le-feu. Ingrat et imprévisible, le Guide signe en 1984 le traité d’Oujda avec le roi Hassan II pour créer une union entre la Jamahirya et le royaume marocain. Une union contre nature mais surtout inamicale à l’égard de l’Algérie.

    A la fin des années 1980, ce même Kadhafi avait mis à la disposition du Front islamique du Salut (FIS) la base historique de l’ALN, octroyée par le roi Idriss lors de la guerre de Libération, comme un camp d’entraînement pour les islamistes. Les exemples d’hostilités libyennes vis-à-vis d’Alger sont trop nombreux pour être toutes recensées. Alors que le pouvoir algérien reste mesuré et ne se préoccupe que de ses intérêts régionaux.

    De son côté, le turbulent colonel Kadhafi s’adonne sans cesse au terrorisme antioccidental. Il est la cible de tout l’Occident. Même l’Algérie était sollicitée par François Mitterrand pour mettre un terme à la présidence de Kadhafi. Poli à l’égard de la France, Chadli Bendjedid promet d’étudier la question. Dans un premier temps, il s’y attache. Ainsi, le commandant « Toufik », Mohamed Mediène de son vrai nom, est envoyé à Tripoli au milieu des années 80, pour approfondir la question. Sous couverture d’attaché militaire, il évalue la situation par des contacts, des échanges. Quelques mois plus tard, il retourne à Alger avec un rapport détaillé et dont la conclusion se résume en une phrase : « Si Kadhafi est destitué, ça sera le chaos en Libye .» Mais pour l’Algérie, le Guide est mis sous surveillance.

    C’est dans ce lourd et ancien contexte que le nouveau pouvoir algérien doit reprendre la main pour éviter un incontrôlable embrasement régional.
    Inactif depuis huit longues années, le Haut Conseil de sécurité se réunit, à la fin décembre 2019, sous la présidence d’Abdelmadjid Tebboune pour évoquer les menaces sécuritaires venant de la Libye et du Sahel. Le nouveau Président connaît très vite son baptême du feu. Il s’y attendait. N’avait-il pas dit dans son discours d’investiture que rien ne se fera sans l’Algérie dans la région ?

    A Ankara, le Président turc Erdogan pense peser sur l’avenir de la région. Sur un ton guerrier, il annonce que son pays va s’engager militairement en Libye à la demande du gouvernement de Fayez El Sarraj, à Tripoli. Ce gouvernement était reconnu, suite au Sommet de Skhiret au Maroc en décembre 2015, sous l’égide de l’ONU. Seulement, les velléités guerrières turques ne répondent pas à un agenda onusien mais à une hégémonie de nature ottomane. Il est vrai que le gouvernement légitime est menacé par les soldats et miliciens du maréchal autoproclamé Haftar. Un retour en arrière est nécessaire tant pour comprendre ce chef de guerre belliqueux que les relations algéro-libyennes rarement sereines.

    Khalifa Haftar, issu de la même génération et même région, Syrte, que Muammar Kadhafi. Ils se rencontrent à l’Académie militaire royale de Benghazi en 1963. En toute logique, le jeune officier Haftar participe en septembre 1969 au renversement du roi Idriss. Une dizaine d’années plus tard, il est envoyé par le Guide à l’école de l’état-major soviétique pour suivre une formation. De retour au pays, promu au grade de colonel, il est propulsé chef de corps du corps expéditionnaire libyen, engagé dans le conflit franco-tchadien sur la bande d’Aouzou en 1987.

    La déroute des troupes libyennes fait de lui un prisonnier de l’armée française parmi des milliers d’autres. Les militaires français font le tri parmi ces détenus politiques. Hafftar et quelques dizaines d’officiers libyens se jettent dans les bras des services secrets français. Ce colonel proche de Kadhafi et formé dans une école de guerre soviétique est très vite repéré par la CIA qui installe un camp d’entraînement au Tchad.

    Une fois la crise politique résolue, plusieurs mois plus tard, Hafftar avec d’autres compagnons d’armes sont exfiltrés de Libye vers Atlanta, aux Etats-Unis. Il reste sur le territoire américain une vingtaine d’années dans l’Etat de Virginie, non loin du siège de la CIA. Pour les Américains, ce colonel est une belle prise de guerre très vite transformée en agent dormant. L’espion est réveillé et réactivé lors de la normalisation des relations de la Libye avec l’Occident. Dès 2009, Kadhafi, sous pressions américaines, autorise le colonel renégat à rentrer au pays, il lui offre même une ferme dans l’est du pays. Prudent, Haftar s’installe en Égypte, autre pays sous férule américaine. Il attend son heure et les instructions américaines.

    Pourtant, le grand récit du printemps arabe était attrayant. Des peuples qui se révoltent contre d’inqualifiables despotes et qui aspirent à la démocratie, c’est beau ! Trop beau. Ces révolutions filmées par les caméras de la chaîne qatarie Al-Jazeera et romancées par des démocrates en herbe mais qui occultent la grande part de manipulations et coups tordus. La Libye s’insurge à son tour, plus précisément Benghazi. Cette ville connaît un soulèvement armé. Des manifestants sortent par milliers avec des drapeaux du temps du roi Idriss. Une révolution qui n’a rien de spontanée. Ce soulèvement est largement impulsé par l’étranger. Selon le plan préétabli depuis longtemps, Haftar retourne en Libye comme un des seigneurs de la guerre, sauf que lui, il dispose de soutiens américains et français.

    La situation en Libye est un contrecoup du printemps arabe, provoqué ensuite et salué par l’Occident et ses sous-traitants qataris. La menace d’un nouveau sous-traitant local, connu sous le nom de Haftar, est réelle. Peu à peu, avec le chaos généralisé en Libye, il devient pratiquement le seul chef de guerre, les autres officiers supérieurs libyens sont soit curieusement assassinés soit très vite marginalisés. Il reste un détail à régler : éliminer Kadhafi et récupérer un maximum d’archives sensibles. La France s’y emploie.

    Soudain, les services secrets de la région sont alertés par la présence d’un convoi qui se dirige vers la frontière algérienne. Une partie de la famille du Guide s’y trouve, sa première épouse et sa fille Aïcha, entre autres. Plus importants, des documents aussi, sans oublier or, argent et armes.L’aviation française a pour mission de stopper au plus vite cette avancée vers la liberté. Des troupes libyennes sous contrôle de l’OTAN sont à leur poursuite. L’armée de l’air algérienne est aussi alertée, elle a pour ordre de sécuriser le passage de ce convoi, de tous les enjeux vers l’Algérie.

    Après quelques roquettes air-sol lancées par les pilotes de chasse français, non pas pour pulvériser le convoi, les documents doivent être récupérés, les avions militaires algériens affichent leur détermination d’engager le combat pour remplir leur mission. Les avions français, devant une incertaine escalade, retournent à leur base. Le convoi entre dans le territoire algérien. Depuis, pour la France, sur le dossier libyen, les Algériens ne sont pas vraiment des amis. Heureusement qu’il leur reste Haftar et d’autres.

    En mai 2014, à la tête d’une force militaire autoproclamée « Armée nationale libyenne » le non moins autoproclamé général Haftar engage une offensive militaire déclenchée en Libye contre les islamistes radicaux. Il n’en faut pas moins pour que les aides militaires occidentales affluent massivement ainsi que les ralliements des Libyens de l’Est, région dont Haftar est originaire. Il devient dès lors le principal acteur militaire donc politique dans un pays où les armes ont force de loi. La donne politique change radicalement en Libye au moment où la classe politique algérienne célèbre le quatrième mandat de Bouteflika. Plus d’une année plus tard, l’Occident avec la France en tête impose une conférence sur la Libye à Skhirat au Maroc le 17 décembre 2015. Il en ressort un accord sous l’égide de l’ONU qui fait émerger un Gouvernement d’union nationale présidé par Fayez el-Sarraj et qui doit siéger à Tripoli. Mais rien n’est réglé sur le terrain.

    Devenu maréchal, Haftar s’attaque à un gouvernement libyen reconnu par l’ONU mais son offensive sur Tripoli, essentiellement aérienne, est soutenue notamment par la France, membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU. Un paradoxe? Non, une simple continuité d’une politique de déstabilisation. La Turquie, membre de l’Otan, entame une logique de guerre à nos frontières.

    Depuis le 12 décembre 2019, l’Algérie a réglé sa crise du régime, elle récupère sa centralité sur l’échiquier politique régional. S’ensuivent des réunions au sommet, Moscou et ensuite Berlin. Des visites de haut niveau à Alger, Turquie et Tunisie. Et le déplacement du ministre des Affaires étrangères algérien en Libye, il rencontre Haftar. La crise libyenne est loin d’être résolue, des armes continuent de se déverser dans ce pays ainsi que des forces étrangères. Désormais, rien ne se fera sans l’Algérie pour qui la Libye, même affranchie des frasques de Kadhafi, reste une épine dans le pied.

    N. B. E. M.

    Le Soir d’Algérie, 9 fév 2020

    Tags : Algérie, Libye, Kadhafi, France, Sarkozy, Haftar,

  • Quand le Maroc cherchait à avorter la médiation de l’Algérie au Mali

    L’histoire se répète à l’occasion de l’activisme algérien dans le dossier de la Libye. Un activisme qui suscite la jalousie et la colère des marocains qui voit le leadership de l’Algérie grimper haut dans le ciel grâce à sa politique de bon voisinage et sa diplomatie basée sur la culture de la paix et la fraternité.

    Le Maroc tente d’interférer dans le dossier libyen comme il l’a fait avec le processus de paix au Mali. Hier, il recevait à Rabat les dirigeants touaregs du MNLA. Aujourd’hui, il le fait avec un collaborateur du général Haftar. Dans ce document confidentiel de sa diplomatie, Rabat tente de justifier son interférence.

    NOTE

    MALI : le Maroc, futur médiateur ?

    Contexte : Un processus de paix qui s’enlise, des divergences quant au choix du médiateur

    • Le dialogue entre le gouvernement malien et les rebelles touareg, prévu par l’accord de Ouagadougou du 18 juin 2013, tarde à s’établir.

    • Dernier point d’achoppement en date: le choix du médiateur

    • Le président Ibrahim Boubacar Keïta préfère qu’Alger reprenne le relais du Burkina Faso, et les responsables du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA), de leur coté, optent pour le Maroc.

    I/ Le Maroc, un acteur incontournable de ces futurs pourparlers

    MNLA : le rejet d’une médiation algérienne, un Maroc, lui, très prisé

    • Le MNLA avait refusé de se rendre à Alger, pour discuter de la relance du dialogue intermalien. L’Algérie n’est pas, selon ledit Mouvement, le partenaire idéal pour réaliser ses «aspirations».

    • En revanche, les responsables du MNLA ont demandé une audience auprès de SM le Roi Mohammed VI, afin de solliciter son «accompagnement».

    • Lors de la rencontre (31 janvier 2014) entre le Souverain et le Secrétaire général du MNLA, M. Bilal Ag Acherif, il ressort que le Maroc :

    – est décidé «à engager une diplomatie active auprès de tous les Etats soucieux de la paix et de la stabilité dans notre région en vue de dépasser les blocages et l’impasse dans lesquels le gouvernement du Mali est en train de mettre dangereusement le processus politique en cours»

    -a incité le MNLA à « rester ouvert au dialogue politique ».

    -SM le Roi a réitéré “la nécessité de contribuer à une solution et à un compromis qui permettraient de lutter contre les mouvements intégristes et terroristes qui menacent aussi bien les pays du Maghreb que la région du Sahel et du Sahara, et de favoriser le développement et la dignité du peuple malien frère, dans la concorde entre l’ensemble de ses composantes”.

    Le médiateur marocain, un choix partagé par les autres groupes du Nord Mali

    • Les autres acteurs aux conflits se sont alignés sur la position du MNLA :

    -le Mouvement des Arabes de l’Azawad (MAA),

    -la Coordination des mouvements et forces patriotiques de résistance (CMFPR)

    -le Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA), il semblerait que certains représentants avaient initialement admis le principe d’une médiation algérienne, puis se seraient rétractés.(à vérifier)

    Le rôle de médiateur, un atout certain pour le Maroc, à plusieurs égards

    • Une opportunité à saisir pour le Royaume qui, en s’érigeant en acteur phare du dialogue intermalien, confirmera son image de pays stable et fiable, œuvrant dans le sens d’une résolution juste et durable.

    • En outre, cette attribution permettra au Maroc de renforcer son influence en Afrique de l’Ouest, d’être présent dans l’architecture sécuritaire du Sahel, et de créer un continuum géographique.

    • En bref, cette fonction contribuera à faire du Royaume un leader régional

    II/L’ambition algérienne : retrouver (à tout prix) un rôle de leadership

    Le rapprochement diplomatique algéro-malien :

    • Parallèlement aux démarches entreprises par le MNLA, les autorités maliennes et algériennes se sont également rapprochées.

    Les objectifs poursuivis par la partie algérienne :

    • Selon l’IRIS, “Cette proximité n’a rien de surprenant. L’Algérie n’a jamais accepté d’avoir été écartée des discussions sur le Nord-Mali alors qu’elle a toujours voulu un rôle de leadership dans ce dossier”.

    • La manœuvre algérienne consistant à faire pression sur Bamako pour revenir sur le devant de la scène et avoir la primauté sur ce dossier en étant le médiateur majeur.

    • En effet, l’Algérie a toujours considéré le Nord-Mali sous sa zone d’influence, et est proche de Iyad ag Ghali, à la tête du groupe islamiste Ansar Dine, qui est présent dans la région.

    III/Le rôle de l’ONU : tenter de reprendre la main dans cet épineux dossier

    • L’ONU tente de « reprendre la main » dans ce dossier. En effet, l’Union africaine (UA), de son coté, a refusé toute implication dans ce conflit qu’elle estime ‘régional’.

    • Une délégation du Conseil de sécurité a ainsi rencontré, le 3 février 2014 à Bamako, les représentants des trois principaux groupes armés du nord du Mali [MNLA, Mouvement arabe de l’Azawad (MAA) et HCUA],

    • A cette occasion, les trois mouvements ont dit vouloir une “reprise rapide du dialogue” avec le gouvernement malien. Une reprise cependant conditionnée par le choix du pays qui jouera le rôle de médiateur.

    • Néanmoins, le statu quo qui caractérise actuellement la crise malienne pourrait inciter à s’en remettre, in fine, à l’ONU et non à un médiateur.

    Conclusion :

    • La multiplication des interlocuteurs, à cause de la fragmentation des mouvements touareg et celle des médiateurs, ne contribue pas à la résolution dudit conflit dans les plus brefs délais.

    • En outre, avec la pérennisation de ladite crise, le risque de radicalisation des groupes en question ne fait qu’augmenter.

    Tags : Maroc, Algérie, Libye, interférence, MNLA, Azawad, Haftar,

  • Maroc-Palestine : Honteux rétropédalage

    Le Maroc semble retourner à la vie réelle après avoir nagé pendant plusieurs années dans un monde virtuel où il voyait le président américain s’ériger en défenseur de la colonisation par le Maroc du Sahara Occidental en échange d’une reconnaissance officielle de l’entité israélienne. Celle qui n’est pas officielle, est déjà assumée par le Maroc depuis son pseudo-indépendance.

    En vue de sauver sa peau, Netanyahu a promis au Maroc de transmettre le message au président Donald Trump, du moins à ses plus proches collaborateurs. C’était peine perdue ! Les Etats-Unis mise sur une solution basée sur la légalité internationale et sur ses relations avec l’Algérie. D’ailleurs, Trump n’est pas près d’oublier la tentative de Rabat de s’immiscer dans les élections américaines en contribuant, avec 12 millions de dollars, dans la campagne électorale de son adversaire, Hillary Clinton.

    La trahison marocaine est évidente. Mohammed VI est prêt à vendre la Palestine en échange d’une reconnaissance de la part du pays qui assure le budget de la MINURSO et la rédaction du projet de résolution du Conseil de Sécurité sur le Sahara Occidental. Mais il ne s’agit pas de la première trahison des autorités marocaines. En 1965, Hassan II a permis au Mossad de suivre en directe les débats du Sommet de la Ligue Arabe sur l’état des armées arabes en cas d’accrochage avec Israël. Cela leur a aidé à prendre la décision d’attaquer en 1967 et anéantir les armées arabes pendant la Guerre des Six Jours.

    Les marocains semblent se réveiller et voir la réalité en face. Une réalité amère qui est celle de l’échec de leur lobbying à coups de plusieurs centaines de millions de dollars en vue de faire incliner la balance en faveur de Rabat. Maintenant, il est temps de retourner à la mascarade quotidienne de « Commandeur des Croyants » et président du Comité de Jérusalem.

    Tags : Maroc, Sahara Occidental, Palestine, Etats-Unis,

  • Algérie : Il faut maintenant concrétiser l’essai

    Le plan d’action du gouvernement est aujourd’hui connu. Peut être pas dans ses plus petits détails, mais on sait grandement les grandes lignes de travail du premier gouvernement Tebboune, dirigé par le Premier ministre Abdelaziz Djerad. Au-delà des questions purement techniques, il faut d’abord et surtout retenir que tout est fait pour répondre aux attentes et doléances du citoyen dans sa vie de tous les jours.

    Ce qui semble guider l’action de ce gouvernement et sur laquelle repose toute la stratégie de cette nouvelle pédagogie de gestion de la chose publique, c’est de mettre le citoyen au centre de toute l’action de la machine gouvernementale. D’ailleurs, dans le premier communiqué repris par l’Aps, juste après le fin du conseil des ministres de ce jeudi, il est clairement et explicitement stipulé que « le Plan d’action du Gouvernement, qui puise sa référence des engagements du président de la République, met en avant l’urgence de procéder à une révision profonde des modes de gouvernance et de concevoir de nouvelles règles afin de mener à bien les politiques de développement et d’insuffler une dynamique interactive ».

    Autrement dit, les bases d’une rupture manifeste avec le mode de gestion qu’a connu le pays durant ces vingt dernières années, est clairement assumée et revendiquée par la nouvelle équipe dirigeante du pays. En économie par exemple, le gouvernement se basera sur « la triptyque d’un renouvellement économique basé sur la sécurité alimentaire, la transition énergétique et l’économie numérique ». Une approche nouvelle que l’on met pour la première fois sur la table et qu’on voudrait mener jusqu’au bout, à côté de « l’opérationnalisation de mécanismes innovants de réforme financière et fiscale et l’assurance des opérateurs économiques les plus affectés par les choix inappropriés en matière de gestion des affaires économiques ».

    Beaucoup de points nouveaux et innovants dans divers domaines ont été traités lors de ce Conseil des ministres qui signe de manière effective le début de la concrétisation des promesses du candidat Tebboune, et qu’on aura plus loisirs de connaitre avec plus de détails lors des débats qui auront lieu au sein des deux chambres du Parlement. Les questions des députés et les réponses qu’apporteront les ministres finiront par définir clairement la politique que compte mettre en musique l’équipe du Premier ministre Abdelaziz Djerad. Il faudra après, pour reprendre un terme propre au rugby, concrétiser alors l’essai.

    Par Abdelmadjid Blidi

    Ouest Tribune, 7 fév 2020

    Tags : Algérie, gouvernement, Abdelmajid Tebboune, Hirak,