Category: Monde

  • “La jeune moabite”, de Gabriel Matzneff

    Première chronique sur Gabriel Matzneff

    Aujourd’hui ma chronique est consacrée au nouveau tome du journal intime de Gabriel Matzneff La jeune Moabite. Les années 2013-2016 sont couvertes par ce volume. Son activité de diariste, débutée en 1953, compose ses fameux Carnets Noirs même si le tome présent est parfois directement tapuscrit sur un ordinateur Apple au détriment de la tradition des carnets de Moleskine. L’ouvrage se termine le 12 août 2016 date anniversaire des quatre-vingts ans de l’auteur. Nul doute que depuis il poursuit la prise de notes quasi quotidienne.

    Gabriel Matzneff est un écrivain sulfureux, libertin, marginal, ostracisé et mis au pilori de la société. A la fois romancier, essayiste, épistolier et diariste il fait de sa vie son œuvre et utilise la langue française de façon merveilleuse pour la sublimer. Lire Gabriel Matzneff ne signifie pas nécessairement adhérer à ses convictions et ses penchants. Ceci est vrai de tout écrivain mais dans son cas le préciser en introduction s’avère recommandé.

    En effet, ses livres mettent l’accent sur sa vie amoureuse et charnelle et son attrait pour les très jeunes filles contribue à le rendre infréquentable et à le tenir à l’écart de la vie culturelle et littéraire française. C’est le quatorzième tome de son journal intime qui paraît à présent. A ce jour, la période 1989-2006 dort dans les caves de chez Gallimard et devrait être publiée post mortem. Ce choix éditorial suscite des interrogations.

    En attendant, Matzneff est toujours vif et jouisseur malgré les aléas de la vie. C’est un homme heureux et préoccupé de l’approche de la mort. Il est ainsi attentif avant chaque voyage en avion à anticiper un éventuel accident et à garder ses affaires en ordre, à confier à des proches les dernières versions dactylographiées de ses œuvres. Parmi les journaux déjà disponibles je conseille la lecture de Mes amours décomposés, La passion Francesca et La prunelle de mes yeux. Côté romans, nul doute qu’Ivre du vin perdu correspond à un summum de décadence et incarne le matznévisme dans toute sa splendeur. Nous n’irons plus au Luxembourg et Harrison Plaza sont des œuvres moins scandaleuses mais caractéristiques des thèmes favoris de l’auteur.

    La jeune Moabite c’est le surnom, en référence à Victor Hugo, qu’il donne à sa tendre amante. Il ressent pour elle une nouvelle passion, un désir merveilleux, il souhaite vivre un amour apaisé. Sans doute en raison de la peur du procès il ne la nomme pas, elle sera juste désignée par ces signes ***. Ils ont plus de soixante ans d’écart d’âge et pourtant ils vont s’aimer. Après qu’elle l’a interpellé dans la rue à Strasbourg, ils nouent conversation, l’adolescente est fascinée par l’écrivain qu’elle a reconnu.

    Lors de son inscription à la Sorbonne elle le contacte, le rejoint dans sa garçonnière proche le quartier latin, lui offre un baiser fougueux avant de faire l’amour avec lui. Ils se verront plusieurs fois pour de tendres et passionnés câlins. Il l’aime et il est persuadé, que c’est réciproque, pourtant, leur histoire ne parvient pas à s’inscrire dans la durée.

    Dans sa lettre de rupture elle lui annonce paradoxalement qu’elle ne peut se passer de lui. Mais force est d’admettre que le lien entre Gabriel Matzneff et ***, même s’il est au centre de ce journal n’en constitue que la portion congrue. Plus que cette jeune fille ce sont ses nombreuses ex amantes qui peuplent les pages de ces carnets et qui partagent le quotidien ou les pensées du presque octogénaire. Diane, Véronique, Anastasia, Aouatife, Vanessa, Marie-Elisabeth parmi tant d’autres ces filles devenues femmes accompagnent Matzneff. Certaines demeurent présentes et attachées à lui, tandis que d’autres n’ont pas supporté le cocufiage dont elles ont été victimes, demeurent jalouses ou simplement renient leurs histoires de jeunesse.

    L’amant est désormais moins flamboyant. Il passe beaucoup moins de temps au plume avec de jeunes personnes du sexe qu’auparavant. Sa santé est vacillante, l’âge fait son œuvre, inexorable. Le journal insiste sur les séjours à l’hôpital, les visites chez le médecin et les analyses sanguines dans les laboratoires. Cancer, problème cardiaque et souci pulmonaire sont les compagnons du vieil homme diminué. Cependant, en dépit des alertes, il reste vif et ne renonce pas. Gabriel Matzneff reste d’ailleurs très attaché à la diététique et aux soins corporels. Il fait chaque année des cures et des jeûnes afin de demeurer svelte et séduisant. Il est cependant épicurien et ne résiste pas à une bonne bouteille de vin et à de pantagruéliques repas au restaurant où il se tape la cloche avec ses fidèles amis. Les pages du journal intime recensent à la fois la composition des menus, des plaisirs gustatifs et des rencontres amicales régulières.

    Ce journal est principalement rédigé à Paris et en Italie, à Rome, Venise, Naples et Trieste. Le temps défunt des séjours réguliers à Manille et Bangkok est évoqué au rang des souvenirs doucereux. L’auteur est réputé pour ses chroniques dans lesquelles il défend ses opinions politiques et sociétales souvent iconoclastes. Il est très difficile de le situer, c’est avant tout un homme libre qui affirme ses choix et les assume. Réactionnaire, il déplore le développement et la démocratisation du tourisme. Il écrit ainsi : « non, ce n’est pas Venise que je gourmande ; c’est ce qu’ont fait les Vénitiens de leur ville. Venise devrait être interdite aux ploucs comme le mont Athos est interdit aux femmes. »

    Persuadé de son talent et de sa supériorité vis-à-vis du vulgum pecus il est parfois méprisant et hautain. Parmi ses thèmes de prédilection la fréquentation des églises et la pratique religieuse sont toujours omniprésentes. Ses amis et les dîners avec eux se retrouvent dans ces pages, notamment au restaurant le Bouledogue. L’exercice du journal intime tenu sur une telle durée comprend forcément des redites et des répétitions. Mais cela met en exergue la cohérence d’une personne, la persévérance dans ses idées forces. Au fil des pages le lecteur pioche des pépites, découvre des mots peu usités, jouit des subjonctifs passés, c’est un véritable plaisir littéraire.

    Source : Culture tout azimut, 20 ai 2018

    Tags : Gabriel Matzneff, litérature, La jeune Moabite, pédophilie, mineurs,

  • France : Exception

    Annoncée il y a quelques semaines par le gouvernement français comme la réforme de retraite la plus équitable et universelle en date, la réforme des retraites présentée par le Premier ministre fait de plus en plus la part belle aux exceptions.

    Des exceptions qui justement devaient être gommées mais qui aujourd’hui apparaissent comme autant des défaites du gouvernement d’Emmanuel Macron, incapable de rester ferme sur les changements décidés.

    En effet, face à la contestation, et conformément au cap fixé par Édouard Philippe, le gouvernement a accepté de réaliser plusieurs aménagements de sa réforme des retraites. «On a toujours dit qu’un système universel, ce n’est pas un système uniforme», avait notamment déclaré le Premier ministre.

    Des concessions ont déjà été faites par l’exécutif à différents corps de métier.

    Du côté de la SNCF, le gouvernement a repoussé l’entrée des cheminots dans le nouveau système, qui concernera les personnes nées à partir de 1985 pour les conducteurs au statut, contre 1975, pour une bonne partie de la population, et celles nées à partir de 1980 pour les sédentaires au statut.

    L’âge de départ sera par ailleurs «remonté très progressivement en tenant compte de la durée passée au statut», selon Jean-Pierre Farandou, patron de la SNCF.

    Pour les salariés de la RATP, un calcul des droits acquis fin 2024 sur les six derniers mois avec un coefficient avantageux est proposé et des discussions sur la pénibilité doivent avoir lieu. Pour autant, ces propositions n’ont pas suffi à amadouer la majorité des syndicats, privant Macron de la trêve de Noël appelée de ses vœux.

    Les gendarmes, pompiers, surveillants pénitentiaires ou contrôleurs aériens ont rapidement vu confirmer leur droit à des départs anticipés à 57, voire 52 ans, au titre de leurs «fonctions dangereuses», les policiers se sont mobilisés de leur côté pour obtenir des garanties de l’exécutif.

    «Dès lors qu’ils occupent des fonctions régaliennes de protection de la population et compte tenu des dangers auxquels ils sont exposés, les policiers continueront à bénéficier des dérogations à l’âge de départ à la retraite», a assuré le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner. Soit la possibilité d’ouverture des droits à 52 ans et un départ à la retraite à 57 ans.

    Face à une mobilisation d’ampleur dans l’éducation, le gouvernement a promis de revaloriser les salaires des enseignants, opposés au calcul de leur retraite sur l’ensemble de leur carrière, contre les six derniers mois actuellement. Le niveau des pensions doit être «sanctuarisé» et les revalorisations nécessaires mises en place progressivement à partir de 2021.

    Les syndicats, qui manquent d’éléments concrets, seront reçus par le ministre de l’Éducation nationale la semaine du 13 janvier. Du côté du personnel soignant, en étendant aux fonctionnaires le «compte pénibilité»,
    réservé aux salariés du privé, et en prenant mieux en compte le travail de nuit, 20 à 30 % des infirmières et aides-soignantes pourront partir avant 62 ans, et, au mieux, à 60 ans, assure l’exécutif.

    Ainsi, plus les jours passent et plus la liste des «concessions» et des «exceptions» s’allonge, ôtant à cette réforme sa prétention première d’universalité devant mettre tous les travailleurs français sous le même régime. C’est ainsi un nouveau coup manqué pour Macron qui voit durant son mandat se dérouler la grève la plus longue de l’histoire en France, une grève dont on ne voit par ailleurs toujours pas le bout et qui finit par émailler la fermeté présentée d’abord par le gouvernement.

    Le jour d’Algérie, 31 déc 2019

    Tags : France, Gilets Jaunes, réforme des retraites, SNCF, RATP, transports publics,

  • Le terrorisme d’ou vient il ?

    Nous ne voyons que ce qu’ils veulent bien nous montrer pour nous manipuler. La presse est devenue dans tous les pays du monde un instrument au service du pouvoir auquel elle participe et qui la paie grassement.

    Ce pouvoir développe des stratégies et leur donne une orientation qu’il ne divulgue pas, mais à laquelle il donne une autre image qu’il confie à la presse pour la rendre plausible. Hitler à ouvert la voie dans le domaine de la désinformation, ils le critiquent mais le copient à n’en plus pouvoir et perfectionnent son oeuvre dans tous les domaines. Ils appellent cela la civilisation et ce qui en sort est combattu Ils sont aussi dictateurs que lui sinon plus.

    Les sanctions contre la Russie ne sont que de la provocation. On veut continuer sur la lancée de la guerre froide pour affaiblir cette Russie sortie indemne de la chute de l’Urss et qui tend à la remplacer si l’occident ne fait rien. Le problème n’est pas le communisme, mais le gain de puissance. L’occident doit rester le seul puissant et généraliser sa culture que la Russie ne partage pas totalement. Depuis la guerrre d’Afghanistan, on en cesse de lui chercher des noises. Il y a il est vrai le pétrole et le gaz en mer Caspienne, mais ça ça ne doit pas être trop souvent dit. Il n’y a que les blogs comme le mien, qui peuvent le dire, encore….avant d’être bloqués s’ils deviennent trop connus.

    Les trois jeunes sionistes à la base de l’agression de Gaza ont téléphoné à la police pour l’informer de leur kidnapping. Mais personne n’a entendu cette vérité, car elle aurait permis de déterminer qui les les a réellement enlevés et pourquoi. Mais on en voulait aux palestiniens, puisqu’ils allaient trouver une entente entre eux ce qui dérangeait Israel. Pas impossible que ce soit le Mossad qui ait trucidé ses propres ressortissants pour en accabler le Hamas.

    La suite on la connaît. Plus de 2000 palestiniens tués, en majorité des enfants, des femmes et des vieillards. Bien sûr, tous ceux qui peuvent porter des armes ne vont aps se laisser faire sans riposter, ce qui est depuis la nuit des temps un droit à l’autodéfense, mais qu’on appelle ici terrorisme islamique. Mais pourquoi islamique ?

    Les “négociations” qui se déroulent en Égypte de Sissi visent à couvrir l’insuffisance d’Israël qui n’a pu avancer de beaucoup à Gaza en raison, de la résistance. Le tollé mondial soulevé par son aviation, ses mortiers, ses chars, ses canons, ses missiles engendrait des risques pour les dirigeants. Dans les pourparlers, Israël veut obtenir par l’Égypte ce qu’elle n’a pu obtenir sur le terrain. La reddition des combattants et la destruction de leurs armes. Ils ont dit qu’ils préféraient mourir et leur population est d’accord pour mourir avec eux. Il n’y a pour Israel qu’a préparer des fours crématoires. Comme les combattants palestiniens refusent, israel reprend le pilonage pour les forcer à la reddition quitte à tuer toute la population de gaza. A l’heure actuelle près de 400 enfants ont été tués sa compter ceux qui sont blessé plus ou moins gravement, puisqu’au total il y a dix mille blessés et deux mille morts en majeure partie des femmes, des enfants et des vieillards.

    J’ai posé une question plus haut, Pourquoi le terrorisme est dit islamique, quelle en est la signification ?

    Le terrorisme islamique a été une invention des USA et de la presse qui lui est subordonnée. Lorsqu’en 2001 le Mossad travaillait en URSS, il a découvert le réseau CIA qui allait abattre les tours, le FBI qui a arrêté les agents du Mossad, qui furent relâchés lorsqu’ils ,se présentèrent, fut informé par eux de ce que faisaient les “terroristes”. Mais rien ne fut fait jusqu’à la collision des avions avec les tours. Je voudrais quant à moi qu’on m’explique physiquement, comment un avion qui explose en haut d’une tour la fait s’écrouler jusqu’en bas et qu’elle descende en fumée sans toucher aux autres bâtiments, sans s’incliner sous l’effet de la gravité. Qu’on m’explique aussi pourquoi les 3000 ou 4000 juifs qui travaillaient dans ces tours n’y étaient pas ce jour là. L’effondrement des tours fut l’œuvre d’experts qui ne peuvent travailler sans être vus et donc ce ne peut être des terroristes.

    Le communisme ne permettait pas l’exploitation éhontée de l’homme par l’homme. Il posait des règles morales quant à la propriété et à permis d’assinir quelque peu le système capitaliste en introduisant la lutte, qui autorisa les congés de fin de semaine et annuels outre la diminution du temps de travail. . Le combat contre le communisme qui se trouvait être un danger pour le capital financier, se devait d’être mené et la participation de tous était à l’ordre du jour. On le présente comme un démon et les gens finissent par avaler la pilule et jusqu’à maintenant, elle reste dans le gosier.
    Une fois le terrorisme vaincu, les états unis n’avaient plus d’ennemi pour mobiliser leur peuple et justifier les mesures gouvernementales qu’ils prenaient et qui généraient d’un côté des riches monopolistiques et des pauvres au delà de la pauvreté.

    L’islam dérangeait les plans des riches par ses aspects de lutte contre la richesse excessive, contre le riba, qui est le fait de louer l’argent entre autres ou de réaliser des bénéfices disproportionnés par rapport au risque pris ou de ne pas être juste dans le partage de la richesse produite avec le travailleur.

    L’ennemi tout trouvé pour eux fut l’islam et on décréta la lutte contre lui avant même le 11 septembre.

    Mohamed J.

    Source

    Tags : Terrorisme, Daech, Etat islamique, ISIS, Daesh,

  • Carlos Ghosn disposait d’un double de son passeport français

    TOKYO (Reuters) – Les autorités japonaises permettaient à Carlos Ghosn de disposer d’un double de son passeport français dans un boîtier verrouillé alors qu’il était placé en résidence surveillée, rapporte jeudi la chaîne de télévision publique NHK, apportant un éclairage sur la manière dont l’ex-patron star a réussi à quitter le Japon.

    Les procureurs menaient jeudi une perquisition au domicile de Carlos Ghosn à Tokyo, a indiqué par ailleurs NHK, trois jours après que le patron déchu de Nissan et Renault est parvenu à s’enfuir au Liban alors qu’il était assigné à résidence dans l’attente de son procès en 2020.

    Deux membres de l’entourage de Carlos Ghosn ont dit mercredi à Reuters que l’ancien patron star de l’alliance Renault-Nissan avait été aidé dans sa fuite par une société privée.

    Dans un bref communiqué rendu public mardi, Carlos Ghosn a justifié sa fuite par le traitement qui lui était réservé et a dénoncé une justice japonaise “partiale”.

    Les autorités japonaises n’ont pas officiellement commenté jusqu’à présent la fuite de l’ancien président de Nissan, qu’elles accusent de malversations financières lorsqu’il était à la tête du constructeur japonais. Carlos Ghosn clame son innocence et dénonce un complot visant à l’évincer de Nissan.

    Des représentants à Beyrouth ont fait savoir que Carlos Ghosn, qui possède les nationalités française, libanaise et brésilienne, était entré légalement au Liban muni d’un passeport français.

    Cependant l’un des avocats japonais de l’homme d’affaires a déclaré qu’ils disposaient des trois passeports (français, libanais et brésilien) de leur client, conformément aux termes de son placement en résidence surveillée à Tokyo en avril dernier.

    Il apparaît toutefois que Carlos Ghosn s’était vu délivrer un passeport français de rechange, a rapporté NHK en citant des sources non identifiées, et qu’il en disposait dans les mois qui ont précédé sa fuite.

    D’après la télévision publique japonaise, citant ces sources, l’ancien patron de Nissan était “tenu” d’être muni d’un passeport depuis mai dernier, sans donner plus de détails.

    Au Japon, les ressortissants étrangers doivent se déplacer en permanence munis de leur passeport ou d’une pièce d’identité délivrée par un gouvernement.

    Les avocats de Carlos Ghosn conservaient la clé permettant d’ouvrir le boîtier dans lequel se trouvait le double du passeport français de leur client, a déclaré NHK.

    Aucun commentaire n’a pu être obtenu dans l’immédiat auprès du cabinet de l’avocat de Carlos Ghosn.

    Reuters, 2 jan 2020

    Tags : Carlos Ghosn, renault, Japon, Liban, Turquie, France, évasion,

  • Evasion de Carlos Ghosn : Sept gardes à vue à Istanbul

    Turquie: Sept gardes à vue à Istanbul dans l’affaire de l’évasion de Carlos Ghosn

    AA – Istanbul

    La police turque a interpellé, à Istanbul, sept personnes suspectées d’avoir aidé Carlos Ghosn, ancien patron de Renault-Nissan, à fuir au Liban.

    Ghosn était en détention provisoire à domicile au Japon, où il est sujet à plusieurs affaires de corruptions liées à la période où il dirigeait le groupe Renault-Nissan.

    Le 30 décembre 2019, il s’est échappé de son domicile à Osaka et est arrivé à l’aéroport Ataturk d’Istanbul de manière illégale, avant de rejoindre le Liban, pays dont il est originaire.

    Suite à cela, la police turque a ouvert une enquête.

    Ainsi, 7 personnes, dont 4 pilotes de la compagnie aérienne privée qui a transporté Ghosn, 2 membres du personnel au sol et le directeur d’une société privée de transport de marchandises, ont été placées en garde à vue. (Anadolou)

    Tags : Carlos Ghosn, Japon, évasion, Renault-Nissan, Liban, Turquie, Istanboul,

  • Swissleaks, HSBC, Hollande et Mohamed VI

    Décidément le “chef de guerre” de la Françafrique n’a pas de chance. Au moment où il célébrait la réconciliation de la France avec le Maroc sur fond d’une longue brouille diplomatique de près d’un an – Paris avait eu le malheur d’arrêter un officiel marocain accusé de tortures et d’enregistrer un dépôt de plaintes en France contre de hauts dignitaires marocains pour les mêmes motifs – Le Monde révélait que le roi chérifien, Mohammed VI, avait déposer sur les comptes suisses de la banque britannique HSBC des millions d’euros. En effet, d’après Le Monde, “entre l’automne 2006 et le 31 mars 2007, soit la période couverte par les listings que le quotidien français a pu consulter, “le montant maximal enregistré sur ce compte était de 7,9 millions d’euros”. Or, il est en principe illégal, pour des Marocains résidant au Maroc, de détenir un compte bancaire à l’étranger.

    Sauf si on est le roi, apparemment. Selon Forbes, Mohamed VI dispose d’une fortune de près de 2 milliards d’euros. Et les méthodes d’évasion fiscale ne surprendront pas grand monde au Maroc même si il est de bon ton de ne pas aborder ce genre de sujet pour éviter le passage par la case prison.

    En Françafrique, c’est une méthode usuelle et l’évasion fiscale passe par les pays au largesse fiscale dont la Suisse, le Luxembourg, et…Monaco. Ainsi les Trabelsi sous la dynastie Ben Ali, en fuite au Canada, possédait plus de 26 millions de dollars chez HSBC en Suisse. Par contre concernant le blanchiment d’argent à Monaco, on assiste à une certaine retenue dans le P.A.F. même si le sujet a été traité dans la presse hexagonale (voir plus bas). Allez savoir pourquoi ?

    Souvenons-nous de l’affaire de la “lessiveuse africaine” :

    Le Monde.fr | 16.05.2013

    Par Mathilde Damgé 

    L’”affaire” ressort jeudi 16 mai dans les médias, avec un article dans Libération. Le quotidien décrit “le vaste système de blanchiment d’argent venu d’Afrique” mis en place par BNP Parisbas Wealth Management Monaco, filiale de la banque dans la Principauté. Auparavant, l’agence Reuters et le Canard enchaîné avaient déjà levé une partie du voile dans cette affaire. En avril dernier, ils relayaient les informations détenues dans un document interne révélant que BNP Paribas n’avait pas exercé suffisamment de contrôles sur les transactions de clients basés en Afrique et sur ses activités de banque privée à Monaco. Jeudi, le procureur de Monaco, Jean-Pierre Dreno, joint par téléphone, reconnaît avoir reçu un signalement concernant des soupçons de réseau de chèques blanchis en Afrique et encaissés à Monaco.

    Concrètement de quoi s’agit-il ? Des touristes français étaient incités à régler leurs achats en chèques, et donc en euros, dans plusieurs pays africains (Madagascar, le Gabon, le Burkina Faso, le Sénégal et la Côte d’Ivoire) sans indiquer l’ordre. Un chèque sans ordre était revendu par le commerçant qui l’avait reçu à quelqu’un désireux de blanchir des revenus peu avouables. Cette personne payait un peu plus cher que la valeur du chèque, indiquée par le touriste en monnaie locale.

    Puis elle confiait ensuite ce chèque, toujours non attribué, à une troisième personne titulaire d’un compte monégasque BNP Paribas, qui inscrivait enfin son nom sur la ligne bénéficiaire. Lui qui était devenu le porteur du chèque versait alors l’équivalent de sa valeur en euros au “blanchisseur”, moins, probablement, une petite commission pour ses services.

    COUP DOUBLE POUR LES TRAFIQUANTS

    Coup double pour les trafiquants : sortir de l’argent d’un pays où les réserves de change sont contrôlées, tout en dissimulant des revenus. Libération rapporte les confidences d’un ancien salarié (par ailleurs en procès avec la banque, aux prud’hommes de Monaco, où il conteste son licenciement). “Tous les jours, on recevait des dizaines d’enveloppes Fedex”, raconte-t-il.

    “Les assistantes du service Afrique se plaignaient de n’avoir à faire que cela.” Car le système aurait fonctionné à plein régime, un “apporteur d’affaires” malgache ayant ainsi déposé 284 chèques pour un montant de 10,2 millions d’euros, entre 2008 et 2011. L’argent aurait ensuite été transféré sur d’autres comptes en Chine, en Belgique et en Suisse.

    MISSION MALGACHE

    “Pour ouvrir une information, explique Jean-Pierre Dreno, il me faudrait ce fameux rapport interne. Les informations qui nous on été communiquées par l’ancien salarié ont apporté assez peu d’éléments de preuve. Je fonde plus d’espoir sur une enquête de police.”

    Le document en question, un audit interne, transmis à la direction de la banque française en octobre 2011, et qui s’est concentré sur les opérations en lien avec Madagascar, révèle que la filiale monégasque du groupe, BNP Paribas Wealth Management, a accepté d’encaisser plusieurs milliers de chèques en euros émis à Madagascar entre 2008 et 2011, sans vérifier leur origine.

    “Ces opérations irrégulières portaient sur des petits montants unitaires. L’examen des flux effectués par la banque a permis d’identifier une augmentation du nombre de ces opérations, a attiré l’attention du management local de BNP Paribas et a suscité une mission de l’inspection générale de la banque”, a déclaré ensuite à Reuters une porte-parole de BNP dans un courrier électronique.

    “Cette mission, qui a pris fin en octobre 2011, a conclu à l’existence d’opérations susceptibles d’être en infraction avec la réglementation du pays de domicile des clients et en conséquence, les quelques dizaines de comptes concernés ont été fermés et les mesures nécessaires ont été prises pour renforcer les contrôles et éviter que ce type d’irrégularités se reproduise”, ajoute-t-elle.

    NOUVEAU COUP DUR POUR LA BANQUE

    Certes, l’enquête risque de buter sur le fait que la fraude au contrôle des changes dans les pays africains concernés n’est pas une infraction en Europe. Certes, l’infraction sous-jacente au blanchiment (escroquerie, trafic de stupéfiants…) risque d’être difficile à prouver. Certes, il faudra compter avec les difficultés habituelles des demandes d’entraide judiciaire, en particulier avec des pays qui n’adhèrent pas à la convention contre les drogues et le blanchiment de l’ONU (l’UNODC, Office des Nations unies contre la drogue et le crime)…

    Mais le combat de la principauté n’est pas anodin : “Il y a des prises de guerre qui peuvent être intéressantes, on parle de millions d’euros”, confie Jean-Pierre Dreno. Car, quand les sommes gelées sont saisies par la justice, elles sont partagées entre les pays parties prenantes, souvent moitié-moitié.

    Victoire pas seulement financière, mais aussi symbolique, dans un contexte de lutte contre les paradis fiscaux, ce que Monaco se défend d’être depuis que le Rocher a officiellement pris l’engagement de mettre en œuvre les principes de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) en matière de transparence et d’échange effectif de renseignements en 2009.

    Dans cette affaire, la banque se défend aujourd’hui en expliquant : “Les pratiques identifiées concernaient des comptes de clients de différents pays africains. Ces comptes étaient liés à une activité commerciale réelle (hôteliers, commerçants…) et pouvaient recevoir des remises de chèques pour faciliter les achats sur place de touristes ou d’expatriés français sans compte dans les banques locales.”

    Quant à savoir si de telles pratiques pourraient toucher d’autres branches de gestion de fortune de BNP Paribas Wealth Management, la banque répond : “Nos procédures en la matière ont été renforcées.”

    C’est un nouveau coup dur pour la banque après l’affaire Luxumbrella, qui avait montré une volonté de dissimulation et d’optimisation fiscale, à tout le moins ; le produit de défiscalisation Luxumbrella a depuis cessé d’être commercialisé.

    Début avril, la banque avait ensuite dû ensuite affronter les révélations Offshore Leaks et la mise au jour que BNP Paribas et Crédit agricole avaient supervisé la création de sociétés offshore dans des paradis fiscaux à la fin des années 1990 et dans les années 2000.

    Onde de chèques à BNP Monaco

    Libération – 15 mai 2013

    Par Nicolas Cori

    La filiale monégasque de la première banque de France aurait mis au point un vaste système de blanchiment d’argent venu d’Afrique. L’affaire, révélée par l’ONG Sherpa, embarrasse le groupe.

    L’évasion fiscale, cela ne concerne pas que les pays riches. En Afrique, les fraudeurs font sortir des milliards de devises du continent. Et, pour les aider, il y a les banques. Ainsi, BNP Paribas Wealth Management Monaco, filiale monégasque de la première banque française, est soupçonnée de blanchiment d’évasion fiscale et de fraude au contrôle des changes au détriment d’au moins quatre pays africains : Madagascar, Gabon, Sénégal, Burkina Faso. Selon Jean Merckaert, de l’association Sherpa, qui a révélé l’affaire et saisi la justice monégasque, « cela pourrait concerner des dizaines, voire plus d’une centaine de millions d’euros ». Un ancien salarié, licencié pour avoir alerté sa hiérarchie sur ces pratiques, conteste aujourd’hui son éviction devant les prud’hommes de Monaco. L’affaire gêne la banque, qui se targue d’être irréprochable en matière éthique.

    Grain de sable. « La lessiveuse africaine », c’est ainsi qu’est surnommé par certains salariés le système astucieux mis en place par BNP Paribas Monaco au début des années 2000. Pour fonctionner, il nécessite la collaboration involontaire de touristes français en voyage en Afrique. Au lieu d’avoir à régler en francs CFA leurs nuits d’hôtel, on leur propose de payer en euros avec leur carnet de chèques, en laissant le nom du bénéficiaire en blanc. Un trafic se met en place : les chèques sont revendus à des compatriotes disposant d’un compte en banque à BNP Paribas Monaco, endossés par ces derniers, et envoyés par courrier à leur banque, qui les encaisse. Pour les participants au trafic, l’intérêt est double : sortir illégalement de l’argent d’Afrique, alors que le contrôle des changes impose de passer par des bureaux de change agréés, et cacher au fisc ses véritables bénéfices commerciaux. Les autorités bancaires françaises, qui gèrent les compensations entre la France et Monaco, n’y voient que du feu : de l’extérieur, les chèques ont l’air de traduire des opérations effectuées en Europe, pas en Afrique.

    Jusqu’en 2011, la « lessiveuse » tourne parfaitement. Au centre du dispositif, les commerciaux de la cellule Afrique de BNP Paribas Monaco, qui se partagent le continent. Pour démarcher de nouveaux clients, ils comptent sur les « apporteurs d’affaires », des hommes d’affaires locaux chargés de faire les rabatteurs. Certains se voient confier le soin de centraliser les chèques. Ainsi, selon un document interne de BNP Paribas, un apporteur d’affaires malgache dépose, entre 2008 et 2011, 284 chèques pour un montant de 10,2 millions d’euros. Et ce n’est pas le client le plus prolifique. A Monaco, on s’organise pour traiter l’afflux de chèques. « Tous les jours, on recevait des dizaines d’enveloppes Fedex, raconte un ancien salarié. Les assistantes du service Afrique se plaignaient de n’avoir à faire que cela. »

    Pendant des années, la pratique prospère, avec la bénédiction de la direction locale. Ainsi, en 2009, le responsable de la cellule Afrique et le chargé de Madagascar sont débauchés par KBL Monaco (la filiale d’une banque privée belge) pour monter une structure équivalente. En réaction, Dominique Roy, directeur général de BNP Paribas Monaco, se déplace à Madagascar pour convaincre les clients de ne pas changer de banque. Pas de chance, en 2011, un grain de sable met à bas ce beau système. Un salarié en bisbille avec sa hiérarchie (qui lui reproche de ne pas être assez rentable et l’a mis au placard) alerte la direction sur la conformité du trafic de chèques. Une mission d’inspection est envoyée à Monaco. Son rapport, datant d’octobre 2011, ne peut que constater l’évidence : « La mission a relevé un nombre important de remises de chèques en provenance de pays africains. Il apparaît que la banque ne maîtrise pas totalement l’arrière-plan économique d’opérations susceptibles d’être en infraction avec la réglementation du pays de domicile des clients. » Et d’ajouter que cela « génère des risques élevés pour la banque en raison de l’inadaptation du dispositif de conformité ». Décision est prise de tout arrêter, mais personne n’est sanctionné. A l’exception du lanceur d’alerte, qui se voit licencier pour « insuffisance de résultat » et « indiscipline ».

    Ménage. Interrogée, la banque reconnaît les faits, mais les minimise. Il s’agissait de « faciliter les achats sur place de touristes ou d’expatriés français sans compte dans les banques locales », explique-t-elle, tout en reconnaissant que, suite au rapport, il a été mis fin à cette pratique « en 2011 et 2012 ». Mais cette histoire inquiète. Fin avril, suite aux révélations de Sherpa, le responsable du Wealth Management de la banque, Vincent Lecomte, s’est rendu à Monaco. Sa mission : s’assurer que le ménage a été bien fait dans les comptes Afrique si la justice s’intéresse de près à l’affaire. Pour l’instant, BNP Paribas peut compter sur la légendaire clémence monégasque. Informé des faits par Sherpa il y a un mois, le parquet de la principauté est resté inactif. « Des investigations vont être menées, assurait hier le procureur général Jean-Pierre Dreno. Mais, au stade actuel, il n’est pas question de saisir un juge d’instruction. »

    Sam La Touche, 9 fév 2015

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