Category: Afrique

  • « Les trois piliers de la Françafrique : la diplomatie, l’armée et les entreprises »

    Entretien avec Fabrice Tarrit, président de l’association « Survie »

    En cette 30e année de l’association Survie et des 10 ans de la mort de François Xavier Verschave, son co-fondateur, le mensuel Billet d’Afrique fait le point avec le président de Survie, Fabrice Tarrit.

    Quel rôle a joué Survie dans la définition du terme de Françafrique et sa popularisation ? Certains disent que ce terme était utilisé avant les écrits de Verschave, cofondateur et ancien président de l’association.

    Fabrice Tarrit : Pour minimiser l’apport de Survie au débat sur les relations francoafricaines, certains journalistes insistent sur le fait que l’expression « France-Afrique » a été utilisée par le président ivoirien Houphouët-Boigny pour évoquer une communauté de destin, un peu idyllique. Mais on pourrait également citer un discours prononcé en 1951 par le ministre de la France d’Outremer, François Mitterrand, sur les relations franco-camerounaises, dans lequel il incitait à faire « triompher l’idée de ce vaste ensemble, de cette grande unité que doit constituer le couple France-Afrique ». Cette citation peu connue apporte un éclairage supplémentaire sur les racines idéologiques de la politique menée durant ses deux mandats, puis par les socialistes arrivés au pouvoir dans son sillage.

    L’expression « Françafrique », avec sa connotation volontairement plus sulfureuse, autour du jeu de mot sur « fric » a été popularisée à partir de 1998 par François-Xavier Verschave, mais elle était présente dès octobre 1994 dans son ouvrage sur le Rwanda, Complicité de génocide, et dans ses articles de Billets d’Afrique. « Françafrique » est issu d’un cheminement intellectuel qui a conduit Verschave à découvrir la persistance de mécanismes de domination de la France sur ses anciennes colonies, officiels ou occultes, masqués par un discours sur une France supposée « aider » l’Afrique. Le terme n’était pas dans son esprit une coquetterie de style ou un simple concept intellectuel mais bien un objet, un terrain de combat. Il s’agissait d’abord de convaincre, en utilisant pour cela des outils pédagogiques simples et ensuite de pousser les citoyens à agir contre les fondements et les effets de cette politique : idéologie raciste, crimes, dérives institutionnelles, mécanismes de prédation, conformisme intellectuel, etc.

    Il est donc toujours pertinent de parler de Françafrique, contrairement aux accusations selon lesquelles le mot serait un peu galvaudé ?

    Le terme « Françafrique » continue de frapper les esprits. Il a un effet mobilisateur, immédiat, il désigne en quelques lettres un nombre important de sujets, résume de nombreux écrits.
    La rançon de son « succès » c’est qu’il est utilisé dans le débat public avec des sens différents, parfois dans le seul but de démontrer que les phénomènes décrits appartiennent au passé, avec les figures faciles de Jacques Foccart, de Elf, des coups d’Etat de Bob Denard et d’autres « affreux ». Quand Omar Bongo est mort en 2009, la première question que l’on nous posait concernait la fin de la Françafrique, comme s’il s’agissait d’une organisation pyramidale avec un super parrain français ou africain à sa tête. Ce qu’il allait advenir du Gabon importait peu aux journalistes. A Survie, ce qui comptait pour nous à cette époque, c’était de savoir comment allaient réagir les autorités françaises à ce coup d’Etat dynastique, quatre ans après celui au Togo, quels effets néfastes le silence français pourrait avoir pour les pays de la sous-région et leurs mouvement sociaux réclamant l’alternance. Qu’allait-il advenir de la base militaire de Libreville ? Quels seraient les liens de Total avec les nouveaux venus au pouvoir ?

    L’histoire de Survie est liée au terme Françafrique, au point de s’y confondre… et au risque de s’y enfermer ?

    Depuis 20 ans, les publications et mobilisations de l’association ont permis d’approfondir la connaissance du néocolonialisme français et d’interpeller à son sujet. Cela a amené Survie à s’intéresser à des sujets aussi divers que la justice pénale internationale, les paradis fiscaux et judiciaires, le fonctionnement des multinationales, des banques ou de nos institutions, l’histoire du racisme français. Ce terrain d’action va au-delà du seul terme « Françafrique ».

    Nous nous intéressons aux fondamentaux de la relation franco-africaine, qui reposent sur des structures et des postulats idéologiques. Les structures, c’est la diplomatie française, ses liens avec les dictateurs, le pouvoir de l’exécutif au détriment du parlement, le franc CFA, l’implantation et les interventions de l’armée française en Afrique, la défense des intérêts des entreprises françaises appuyés aujourd’hui par la « diplomatie économique » promue par Laurent Fabius. Idéologiquement, c’est l’idée que l’Afrique aurait besoin de la France pour décider à sa place, au plan politique ou militaire, et que la défense des intérêts français serait plus importante que le respect des droits des peuples concernés. Survie n’est donc pas le VRP d’un terme, d’un concept, mais bien une force de mobilisation portée par une exigence citoyenne. Verschave parlait de « devoir d’indignation ». C’est une expression qui convient bien à ce que nous sommes, à ce que nous continuons de faire malgré la difficulté de s’opposer à un tel système. Pour répondre à ceux qui ne voient en nous que des agitateurs brandissant partout le chiffon rouge de la Françafrique, nous avons les acquis de 30 années de lutte, de dizaines d’ouvrages, de milliers d’articles, et le souci d’actualiser en permanence les informations, de faire évoluer si nécessaire notre grille d’analyse. C’est ainsi qu’à l’issue d’une université d’été de l’association, nous avons décidé de publier en octobre l’ouvrage Françafrique : la famille recomposée (Syllepse), qui étudie les évolutions des trois piliers de la Françafrique : la diplomatie, l’armée et les entreprises.

    Propos recueillis par Mathieu Lopes

    Source : Le Nouveau Courrier 23 Février 2015


    #Françafrique #France #Afrique

  • La Françafrique et les sommets franco-africains. Une honte pour l’Afrique

    La France est surtout connue en Afrique pour sa cupidité coloniale et ses délits. Ses premières entreprises coloniales ont eu lieu au 19ème siècle après son échec à conquérir les Caraïbes et l’Inde que les Britanniques dominaient. La France était très probablement attirée par l’immense richesse en ressources naturelles enfouie dans les sols des pays africains. Enceinte d’une mission d’exploiter et de saigner ces hommes blancs «sauvages et non civilisés», la France comme toutes les autres puissances coloniales a encadré et présenté l’excuse parfaite aux dirigeants africains et à la communauté internationale en général. Code nommé «mission de civilisation», ils ont inondé le continent de spécialistes du cambriolage et d’experts en psychologie pour arrêter et déformer les esprits des dirigeants; sachant que lorsque vous piégerez la tête, le reste du corps dansera la musique du fou. Haven a conquis les têtes, tout ce qu’ils avaient à faire était de s’asseoir, de se détendre et de les voir se balancer au rythme de leur mélodie maladroite. Puis commença l’exploitation de l’Afrique de l’Ouest, du Centre et du Nord.

    Les Africains n’ont jamais croisé les bras lorsque des étrangers sont venus s’emparer de la terre qui leur a été remise par leurs ancêtres. Bien que les Français fassent face à des résistances amères de la part des nobles hommes et femmes d’Afrique, leurs armes supérieures ont sauvé leur cause. Les Français ont mis en place une forme de gouvernement qui peut être décrite comme despotique, sauvage et antidémocratique. Quand ils voulaient que le travail soit fait, ils ont mis en place des projets cruels tels que la «corvée» qui était une forme de travail forcé et dur, quel que soit le nombre de personnes décédées le long de la ligne et dans des conditions de santé très inhumaines. Après tout, les Africains étaient de simples outils pour gagner de l’argent aux yeux des Français. Bien qu’ils exploitent massivement les ressources naturelles et les transfèrent en France, ils ne quittent jamais les yeux de chaque centime gagné par les gens. Ils ont mis en place plusieurs systèmes fiscaux injustes et ont forcé la population à payer. Les lignes de route principales et bien construites où celles qui allaient des fermes où les matières premières étaient cultivées jusqu’aux ports pour l’expédition directe.

    En retour, ils ont construit des écoles pour que les «nègres» apprennent à lire et à écrire. Bien qu’ils aient éduqué les masses, leur éducation n’était pas sans une mauvaise intention. Cela peut être justifié par le fait qu’ils ont donné des préférences spéciales aux fils de chefs qu’ils ont soumis au lavage de cerveau, et se sont préparés un peu à la prise de contrôle pour garantir la loyauté et la servitude à long terme. Cela montre que les Français sont venus pour rester. Sans aucun doute, ils étaient les pères des dictateurs. Malheureusement pour les Français, les Première et Seconde Guerres mondiales ont marqué le début d’une nouvelle aube. Les soldats africains ont finalement brisé le mythe secret de «l’homme blanc»; en voyant leurs vulnérabilités et leurs craintes similaires aux leurs. Simultanément, la communauté internationale a intensifié sa campagne anti-colonisation et les Nations Unies ont été mises en place pour superviser la décolonisation et l’indépendance définitive des pays africains. De l’Algérie en Afrique du Nord au Cameroun en Afrique centrale / occidentale, le vent du changement s’était mis à souffler, ponctué par d’âpres guerres pour l’autodétermination.

    Dans les années 1960, un échantillon représentatif des pays africains francophones avait obtenu ce qu’on a généralement appelé «l’indépendance politique». Territoires indépendants ou étendus de la France? Autant l’indépendance de l’Afrique a été saluée et célébrée à la fois sur le continent et aux Nations Unies; reconnu dans le concert des nations comme égales aux grandes puissances; il est même pathétique d’appeler ce que la plupart des pays africains francophones ont comme une «indépendance politique». En fait, ce qu’ils appellent l’indépendance politique n’est rien d’autre qu’une «indépendance papier» avec un degré élevé d’influence et de gestion étrangères. La situation peut être comparée à une télévision (TV) et un observateur par rapport à une télécommande et un guide; où l’indépendance est la télé, et les dirigeants africains sont les observateurs, le vrai pouvoir (la télécommande) est entre les mains du guide (France). Les dirigeants africains sont autorisés à activer des canaux moins importants, mais lorsqu’il s’agit du véritable accord économique, Cette situation inconfortable et agitée a été soutenue par un concept complexe appelé la Françafrique. Ce concept a été mis en place dès les premières années de l’indépendance papier des pays africains francophones. La pièce maîtresse continentale derrière la machine était l’ancien président ivoirien Félix Houphouët-Boigny. Selon le président Houphouët qui a conçu le concept, la Françafrique a été (est) le maintien de relations étroites entre les pays africains francophones et la France après l’indépendance.

    À la métropole (France), le concept a été reçu, copié et bien développé par l’un des cerveaux les plus puissants de France Jacques Foccart; l’ancien conseiller en chef pour la politique africaine de de Gaulle et Georges Pompidou. Le concept était une confirmation de l’idée que la France (et ses comparses comme Houphouët) entendaient maintenir la relation maître-serviteur. Sur le plan officiel, ce concept s’est ensuite transformé en chair et en os à travers une rencontre cynique régulière connue sous le nom de sommets franco-africains ou «Sommets France-Afrique». Cette fois-ci, la France a décidé d’inclure / d’inviter d’autres pays non francophones juste pour voiler leurs intentions, mais on sait qui sont leurs principales cibles. La question à se poser est: quelle est la ténacité de ces sommets? Pourquoi devrait-il y avoir en cette ère d’émancipation, de mondialisation et d’équité, un sommet des pays africains et un pays censé n’être rien de plus qu’un État égal dans le concert des nations? Il ne fait aucun doute que la France a utilisé les sommets franco-africains non seulement pour rappeler aux dirigeants africains leur nécessité de respecter et de protéger les intérêts économiques français dans leurs pays respectifs, mais aussi pour les rallier à suivre la ligne en faveur de la position de la France sur certains problèmes mondiaux clés sur la plateforme internationale.

    La France et l’Amérique ont souvent été aux prises avec des décisions internationales telles que la question des importations agricoles subventionnées ou subventionnées dans le premier monde et la guerre en Irak. En février 2003, le président français Jacques Chirac a organisé un sommet avec les dirigeants africains à Paris, pour acheter leur soutien; pendant ce temps, Paul Kagame du Rwanda a soutenu les États-Unis. La conférence était particulièrement importante puisque deux pays francophones: le Cameroun et la Guinée étaient membres non permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies et devaient voter la résolution de l’ONU sur la guerre en Irak. En échange de ce soutien, la France s’est engagée à être la mère poule, «protégeant» les exportations agricoles africaines sur le marché mondial. De tous les anciens pays coloniaux d’Afrique, pourquoi la France est-elle presque la seule force étrangère à maintenir une présence permanente et élevée sur le continent alors que les autres ont fait leurs valises et sont partis?

    La France a une forte présence militaire dans la plupart des pays africains francophones; a été impliqué dans la fomentation de plusieurs coups d’État dans ces pays; tuer plusieurs patriotes comme Félix-Roland Moumie au Cameroun; crée et / ou soutient des instabilités dans la plupart des pays où le leadership s’oppose à ses politiques comme au Burkina Faso (Thomas Sankara) et en Côte d’Ivoire (Laurent Gbagbo), au Rwanda (Paul Kagame); et beaucoup plus. La vérité demeure que tout cela ne s’arrêtera jamais tant que les dirigeants des pays africains francophones continueront d’embrasser la France et d’agir comme des États de moindre importance à l’ère de l’égalité et de l’équité. Lorsque Nicolas Sarkozy est arrivé au pouvoir en 2007, il a promis de mettre fin à la Françafrique. Pourtant, tout le continent et le monde ont vu comment la France a soutenu l’élection d’Ali Ben Bongo (fils d’Omar BONGO) le 3 septembre 2009 La vérité demeure que tout cela ne s’arrêtera jamais tant que les dirigeants des pays africains francophones continueront d’embrasser la France et d’agir comme des États de moindre importance à l’ère de l’égalité et de l’équité.

    Lorsque Nicolas Sarkozy est arrivé au pouvoir en 2007, il a promis de mettre fin à la Françafrique. Pourtant, tout le continent et le monde ont vu comment la France a soutenu l’élection d’Ali Ben Bongo (fils d’Omar BONGO) le 3 septembre 2009 La vérité demeure que tout cela ne s’arrêtera jamais tant que les dirigeants des pays africains francophones continueront d’embrasser la France et d’agir comme des États de moindre importance à l’ère de l’égalité et de l’équité. Lorsque Nicolas Sarkozy est arrivé au pouvoir en 2007, il a promis de mettre fin à la Françafrique. Pourtant, tout le continent et le monde ont vu comment la France a soutenu l’élection d’Ali Ben Bongo (fils d’Omar BONGO) le 3 septembre 2009 pour continuer l’héritage du défunt dictateur. Espérons que la France ne fera pas la même chose au Cameroun après la disparition de Paul Biya, le dictateur; car il y a déjà des rumeurs selon lesquelles Frank Biya est sur le point d’être nommé ministre.

    Lors de la 25e session du sommet franco-africain qui s’est déroulée de mai à juin 2010 à Nice, en France, le président Sarkozy a réitéré la nécessité de mettre fin à 50 ans de Françafrique. Cela ne vous semble-t-il pas familier? Parmi les principaux enjeux du récent sommet, Sarkozy a promis de geler les relations diplomatiques avec les régimes qui ne respectaient pas les droits de l’homme et les élections démocratiques ainsi que la fermeture des bases militaires françaises en Afrique. Qui fera confiance à la ténacité de telles déclarations sinon un imbécile? Les affaires ou l’intérêt de la France pour l’Afrique ne sont pas encore terminés, surtout à une époque où les nations européennes sont durement frappées par la crise économique; il est juste en train de s’échauffer. C’est une telle honte de voir nos dirigeants africains se mobiliser à la vitesse de la lumière pour assister à une réunion avec un État d’égalité comme la France. Ce doit être un sommet Union européenne-Afrique, pas un sommet franco-africain.

    L’Afrique est un continent comme l’Europe et la France n’est qu’une composante. Que diriez-vous de tenir une réunion Afrique du Sud – Union européenne? Bien sûr, cela ressemble à de la folie, mais il est normal d’avoir un sommet franco-africain. Il est grand temps que les dirigeants africains s’affirment et disent «NON» à cette absurdité. C’est toute une nation qui fait honte, voyant son chef s’aligner dans une file de servitude et écoutant religieusement la France, le maître. La voie à suivre pour l’Afrique en général est de s’unir et de rechercher des solutions africaines au problème de l’Afrique. Aucun pays européen, parler moins de la France n’aura jamais une intention ou un agenda économique totalement authentique pour le développement du continent. La France ne peut garantir notre survie économique sur le marché mondial plus que les Africains. S’ils se battent pour que l’Afrique gagne une chose, ils en gagnent deux en arrière-plan. L’unité de l’Afrique est la seule solution.

    L’Afrique doit s’unir et rechercher un programme économique commun pour ses ressources naturelles; déterminer ses prix sur le marché mondial et dicter ses conditions au reste du monde. Les effets du changement climatique et de la crise économique poussent plus que jamais les pays occidentaux à s’appuyer sur l’Afrique. Les dirigeants saisissent-ils cette occasion décisive pour retrouver leur place légitime ou continueront-ils à agir comme des imbéciles éduqués et à se câliner avec la médiocrité? Un leader ne peut pas se lever et survivre seul. Cela doit être un effort uni. Dirigeants africains, Obama a brisé le mythe de la discrimination raciale aux États-Unis, vous aussi pouvez briser le mythe du néocolonialisme.

    LEVEZ-VOUS ENSEMBLE et soyez le changement que le continent espère voir. Permettez-moi de terminer en disant: “Quand le gouvernement craint le peuple, il y a la liberté. Quand le peuple craint le gouvernement, il y a la tyrannie” et l’esclavage sans fin. vous aussi, vous pouvez briser le mythe du néocolonialisme.

    LEVEZ-VOUS ENSEMBLE et soyez le changement que le continent s’attend à voir. Permettez-moi de terminer en disant: “Quand le gouvernement craint le peuple, il y a la liberté. Quand le peuple craint le gouvernement, il y a la tyrannie” et l’esclavage sans fin. vous aussi, vous pouvez briser le mythe du néocolonialisme.

    LEVEZ-VOUS ENSEMBLE et soyez le changement que le continent s’attend à voir. Permettez-moi de terminer en disant: “Quand le gouvernement craint le peuple, il y a la liberté. Quand le peuple craint le gouvernement, il y a la tyrannie” et l’esclavage sans fin. 

    Source : ASSOPED

    Tags : #Françafrique #Afrique #France

  • Coronavirus : La performance africaine

    par Abdelkrim Zerzouri


    La catastrophe sanitaire qu’on prédisait à l’Afrique au début de la propagation de la pandémie de Covid-19 n’a pas eu lieu. Des experts, y compris de l’ONU, n’ont cessé de tirer la sonnette d’alarme durant le printemps dernier, notamment, face à un avenir sombre dans le continent sous la menace de la diffusion du nouveau coronavirus, mais l’alerte s’avèrera fausse. A la grande surprise générale, et au moment où d’autres subissent les effets dévastateurs de la pandémie, l’Afrique qui présentait une faible immunité avec son système de santé des plus défaillants s’en sort mieux, jusqu’à présent, que les autres continents, pourtant, dotés d’un très fort potentiel de défense face à la crise sanitaire sur les plans des infrastructures de santé et autres moyens thérapeutiques à la pointe de la technologie.

    Au mois d’octobre dernier, le continent n’a enregistré que le pourcentage remarquablement faible de 4,2 % du fardeau mondial de la maladie et un peu plus de 3,5 % des décès. Une performance qui chercherait encore des explications scientifiques plausibles ? Alors que certains ont cherché à en attribuer la majeure partie au hasard et à l’inconnu, ou encore au climat, l’inattendue performance africaine serait liée, selon d’autres explications, aux mesures préventives engagées au tout début de la pandémie, dont un confinement au bon moment, la fermeture des frontières, des universités et des écoles, ainsi qu’un répondant adéquat et rapide des populations de par leurs habitudes à faire face aux épidémies.

    L’Afrique a exploité son expérience dans la gestion des épidémies, qui sévissent cycliquement sur le continent, lançant une recherche active des cas contacts avec beaucoup de clairvoyance que la plupart des parties du monde développé, estiment des experts africains, qui affirment qu’il ne s’agit ni de hasard ni aucune autre raison inconnue. La limitation de la circulation de la Covid-19 n’est, ainsi, qu’une question d’efficacité dans la gestion de la crise sanitaire. Tant la réaction est rapide pour se prémunir contre le virus, le résultat ne serait que plus probant.

    De ce fait, peut-on conclure que les annonces alarmistes des experts, qui craignaient une propagation dévastatrice de la Covid-19 au niveau du continent africain, sont caduques ? La question de la durabilité de ce remarquable tableau bio-statistique de la Covid-19 dans le continent reste entièrement posée. Car, personne ne sait comment va évoluer la deuxième vague, ou une troisième présentée comme inévitable en l’absence d’un vaccin contre le virus.

    La partie n’est pas gagnée par les pays africains, qui doivent axer des efforts durables sur le plan des mesures préventives dans la lutte contre la propagation du nouveau coronavirus. L’Afrique ne doit pas oublier sa prévalence du VIH de près de cinq fois supérieure à celle du reste du monde (abritant près de 70 % de toutes les personnes vivant avec la maladie dans le monde), pour éviter d’enregistrer un autre triste record si jamais ce nouveau coronavirus trouve son bon chemin dans ses contrées.

    La petite expérience de la gestion de la crise sanitaire qui sévit depuis plusieurs mois dans le monde, bientôt une année, a montré qu’il ne faut à aucun moment baisser la garde ou relâcher la vigilance en matière de respect des gestes barrières. Une règle d’une simplicité déconcertante qui ne rime pas, forcément, avec facilité d’application.

    Le Quotidien d’Oran, 7 nov 2020

    Tags : Afrique, coronavirus, covid 19,

  • Afrique, à quand le réveil de l’Union Africaine ?

    On peut souvent se poser la question sur le role de l’Union Africaine alors que le Continent est souvent plongé dans de graves crises et des conflits qui causent beaucoup de dégats tant humains que sociaux, matériels et financiers.

    L-Afrique-est-a-l-avenir.jpgOn a vu ce qui s’est passé au Mali.Il a fallu l’intervention salvatrice de la France pour sauver l’intégrité territoriale du Mali.

    On suit également ce qui se passe en République Centrafricaine. Là encore, disons merci à la France et à François Hollande.

    Le Nigéria, le géant africain vit des moments sombres et difficiles avec Boko Haram.

    Maintenant sur le faux débat organisé par certains dirigeants africains qui veulent des présidences à vie et la monarchisation du pouvoir, que fait l’Union Africaine?

    Il existe une Charte Africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance, adoptée en 2007 lorsque le Président Denis Nguesso en assurait la présidence, qui interdit en son article 23 tout amendement ou toute révision de la Constitution qui porte atteinte à l’alternance démocratique. Et malgré cela, l’Union Africaine ne condamne aucun Chef d’Etat qui entreprend de changer ou de modifier la Constitution pour demeurer au pouvoir, tout en sachant que cela constitue une menace pour la paix dans les pays concernés.

    En janvier 2013,le Président Boni Yayi avait appelé ses collègues à ne plus tripatouiller les Constitutions pour demeurer au pouvoir. Il les invitait plutôt à les respecter, à les appliquer et à les défendre.

    Les positions claires sur la question sont affichées par les Présidents Barack Obama et François Hollande. Ceux-ci ne demandent qu’une chose simple aux dirigeants africains: c’est le respect de leurs propres textes.

    Dans le cas du Congo par exemple, le Président de la République a conformement à l’article 69 de la Constitution, prêté le serment de respecter et de défendre la Constitution.

    Paul-Biya-Denis-Sassou-Nguesso.jpgQuand j’ai suivi sur les médias que l’Union Africaine demande une transition démocratique et civile au Burkina Faso, je me suis demandé pourquoi n’est-elle pas intervenue plus tôt?

    Ne pense-t-elle pas qu’il est mieux de prévenir que de guérir?

    Peut on penser qu’il faut qu’il y’ait d’abord des dégâts importants, surtout de lourdes pertes de vies humaines pour intervenir?

    Ne doit-elle pas agir maintenant au Congo par exemple ,pays où le Président qui a déjà passé 30 ans au pouvoir veut changer la Constitution pour demeurer au pouvoir. Ce qui pose un problème de morale, d’éthique et de sagesse d’autant que cela n’est prévu nulle part dans la Constitution actuelle.

    Ce qui me réjouis ,c’est de me référer au dicton qui dit:

    “Vaut mieux tard que jamais”.

    L’espoir reste permis.

    Clément Mierassa

    Ancien Ministre

    Président du Parti

    Social-Démocrate Congolais

    Il est important pour le Mali et pour l’ensemble de la région de consolider ses institutions et d’aller encore plus loin en matière de gouvernance et de démocratie. À cet égard, le Burkina Faso pourrait être un exemple pour la région si, dans les mois qui viennent, il avançait lui aussi dans cette direction en évitant les risques d’un changement non consensuel de Constitution. Vous pourriez alors compter sur la France pour vous soutenir, si vous souhaitez mettre votre expérience et vos talents à la disposition de la communauté internationale.

    Mr le président 2En vous remerciant de nouveau pour votre engagement en faveur de la paix et de la sécurité au Mali, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’assurance de ma très haute considération.

    Nous savons qu’au plus fort des événements au Burkina-Faso, François Hollande a transmis ce courrier à Denis Sassou Nguesso et ses pairs concernés par l’envie de se maintenir au pouvoir.

    Qu’en pense l’Union Africaine?

    Source : BVMA, 3 nov 2014

    Tags : Afrique, constitution, dictature, dictateurs, despotes, pouvoir,

  • Présidentielle sous haute tension en Côte d’Ivoire

    Les ivoiriens s’apprêtent ce samedi à élire un nouveau président parmi quatre candidats le président Ouattara (78 ans), l’ancien président Henri Konan Bédié (86 ans), chef du principal parti d’opposition, Pascal Affi N’Guessan (67 ans), ancien Premier ministre de Laurent Gbagbo et un indépendant, Kouadio Konan Bertin (51 ans).

    L’élection présidentielle ivoirienne se déroule dans un climat de haute tension caractérisée par des violences provoquées par la candidature du président sortant Alassane Ouattara dont la candidature pour un troisiéme mandat est contestée par l’opposition. Une candidature jugée d’anticonstitutionnelle. Ses détracteurs ont appelé leur partisans à la « désobéissance civile ».

    Avant son coup d’Etat constitutionnel, Ouattara a bien pris le soin d’écarter ses principaux rivaux en poussant le Conseil Constitutionnel à disqualifier l’ancien président Laurent Gbagbo, 75 ans, et l’ex-chef de la rébellion et ancien Premier ministre Guillaume Soro, 48 ans. Malgré qu’ils ont été contraints à l’exile, la popularité de Gbagbo et Soro fait des soucis dans les rangs du présdient “putchiste”.

    La communauté internationale a exprimé ses craintes de voir une répétition du scénario de 2010 dont les affrontements ethniques ont laissé plus de 3000 morts. Une intervention militaire mandatée par Nicolas Sarkozy a incliné la bascule en faveur de Ouattara qui, dix ans après, tente encore de rester au pouvoir.

    Tags : Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, élection présidentielle, Laurent Gbagbo, Guillaume Soro,

  • L’Afrique doit se préparer à une “deuxième vague” de Covid

    La semaine dernière, l’Afrique a enregistré 12% de nouvelles infections supplémentaires avec le nouveau coronavirus et 15% de décès en moins, a annoncé aujourd’hui le chef du CDC Afrique, qui a averti que le continent doit se préparer à “une deuxième vague” de la maladie.

    Selon le directeur du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies de l’Union africaine (CDC Afrique), John Nkengasong, lors de la conférence de presse hebdomadaire de l’institution, les 55 pays qui composent l’organisation ont enregistré entre 1400 et 27 octobre près de 1400 décès (1393), entraînant une réduction du taux de propagation de la maladie de 15%, et le nombre de nouvelles infections a été de 74595, pour un total de 1715130, 12% de plus que la semaine précédente, soit 3,9 % du total mondial.

    “Le moment est venu de préparer une deuxième vague”, a déclaré John Nkengasong.

    “Le continent a très bien réussi à inverser la tendance, avec la plupart des pics vers juillet, puis une baisse constante, mais maintenant nous commençons à voir une certaine stagnation”, a-t-il averti.

    Nkengasong a souligné que tous les pays devraient renforcer les systèmes de test et de surveillance et recommander l’utilisation de masques.

    “Si nous faisons cela ensemble, nous préparons en fait le continent pour une deuxième vague, qui viendra sans aucun doute”, a-t-il déclaré.

    “Nous voyons ce qui se passe en Europe. Nous voulons nous assurer de préserver ce que nous avons accompli au cours des 10 derniers mois”, a-t-il ajouté.

    Au cours de la période sous revue, le continent a enregistré plus de 1,4 million de guérisons, soit 82% du total des cas d’infection signalés en Afrique; et plus de 41 000 décès (41 203), ce qui indique un taux de mortalité de 2,4%.

    Un groupe de 13 pays a rapporté des taux de mortalité supérieurs au ratio mondial (2,7%): la République arabe sahraouie (7,1%), le Tchad (6,7%), le Soudan (6,1%), le Libéria (5,8%), Égypte (5,8%), Niger (5,7%), Mali (3,8%), Algérie (3,4%), Gambie (3,3 %), La Sierra Leone (3,2%), le Malawi (3,1%), le Zimbabwe (2,9%) et l’Angola (2,8%).

    La région de l’Afrique du Nord a enregistré le plus de nouveaux cas de contagion au cours de la semaine sous revue (55%), suivie de l’Afrique australe (25%), de l’Afrique de l’Est (16%), de l’Afrique de l’Ouest (3%) et de l’Afrique centrale (1 %).

    L’ensemble des pays avec l’incidence la plus élevée de cas de contagion (covid-19 cas pour 100000 habitants) comprend la Libye (110), le Cap-Vert (107), le Maroc (57), la Tunisie (49), le Botswana (26), l’Afrique Sud (21) et Namibie (14).

    Six pays sont le théâtre de nouveaux cas de contagion dans la semaine du 20 au 27 octobre, emmenés par le Maroc (31%), l’Afrique du Sud (18%), la Libye (11%), la Tunisie (9%), le Kenya ( 7%) et l’Éthiopie (6%).

    Le nombre de tests effectués sur le continent s’élève à plus de 17 millions et le taux de résultats positifs est de l’ordre de 10,4%, ce qui représente une augmentation de 6,9% par rapport à la semaine précédente.

    Le nombre de décès en Afrique dus à la covid-19 a eu lieu au cours des dernières 24 heures de 360, totalisant désormais 42 151, tandis que les infections ont augmenté à 1 748 335, plus 11 836, selon les données officielles. Le CDC Afrique a enregistré dans les 55 États membres de l’organisation 7 216 récupérés, pour un total de 1 430 558.

    Le premier cas de covid-19 en Afrique est apparu en Égypte le 14 février, et le Nigéria a été le premier pays d’Afrique subsaharienne à signaler des cas d’infection le 28 février.

    La pandémie de covid-19 a déjà fait plus de 1,1 million de morts et plus de 44 millions de cas d’infection dans le monde, selon un rapport de l’agence française AFP.

    La maladie est transmise par un nouveau coronavirus détecté fin décembre 2019 à Wuhan, une ville du centre de la Chine.

    Source : Noticias ao minuto, 29 oct 2020

    Tags : Afrique, coronavirus , covid 19, pandémie, confinement, deuxième vague,

  • Chasser la France de l’Afrique reste la seule solution


    Par Ali Muhammad Diallo

    Par principe, tout authentique valet doit à vie reconnaissance à son maître. Se retrouver à Brazzaville pour célébrer un supposé “appel” de Charles de Gaulle, comme gourou-fasciste et fondateur de la loge négrière de la Françafrique est und evoir minimal en matière de vassalité assumée. Que peuvent être aujourd’hui les différents larbins imposés au pouvoir en Afrique par l’Elysée sans l’ordre templier françafricain?

    Indéniablement, ce de Gaulle reste un des théoriciens de l’esclavagisme le plus maléfique et funeste de l’histoire d’asservissement des autres. Et pour cause, sa maçonnerie continue à plomber efficacement sans aucune résistance d’usage et en toute impunité, s’il vous plaît, la souveraineté réelle de plusieurs nations dominées depuis plus de sept décennies successives. Tout semble démontrer dans la pratique qu’elle ne s’éteindra par magie durant les prochaines décades au nom surtout d’interminables intérêts colonialistes de la France.

    La crainte et le poltronnerie du pouvoir français exprimées par la bouche de Jean-Yves Le Drian, sont adressées plus aux populaces de l’ensemble de la Françafrique qu’aux vassaux bien installés et ultraprotégés par leurs soins. En clair, face aux dangers exponentiels pesants sur ses intérêts, l’Elysée se doit renforcer davantage tous les systèmes dictatoriaux sous ses ordres.

    La charge finale leur revient de réprimer avec la brutalité requise, toute dissidence active ou simplement la corrompre. Ce précepte découle des enseignements du chef-esclavagiste Charles De Gaulle qui conseilla que les intérêts coloniaux de sa France ont pour fidèles défenseurs les despotes dévoyés qu’elle installe illégalement au pouvoir.

    Au contraire, la promotion de la liberté, de la démocratie, ainsi que de l’Etat de droit, constituent les pires ennemis à combattre. Nous devons, les uns comme les autres, bien intégrer cette réalité irréfutable : La France ne cessera pas avec facilité son infâme domination, sauf être chassée définitivement de nos patries.

    Elle continue à s’ingérer de manière inacceptable dans les affaires intérieures africaines. Et pour preuve, pas plus loin qu’au début de la semaine, elle affirme s’opposer au nécessaire dialogue inter-malien. Car la guerre, les tyrannies sanguinaires, et le chaos sont le carburant du colonialisme français.

    Le début de la fin des intolérables ingérences et du razzia de l’Afrique françafricaine par le colonialisme français fut enclenché avec la chute d’IBK. Le S.O.S. d’un Jean-Yves Le Drian s’apparente à une prêche inutile dans le désert.

    Face aux grandissimes pressions d’autres puissance, plus puissantes que la France, présentes en Afrique, la Françafrique ne jure mordicus, au-delà de son cynisme et hypocrisie habituels que par le pouvoir à vie dans l’ensemble de ses gouvernorats bananiers.

    Toute foi nouvelle commence par une hérésie (Aron Robert)

    Source : Twitter

    tags : Afrique, France, françafrique, Franc CFA, FCFA, colonialisme, corruption, spoliation, pillage, Charles de Gaulle, Tchad, Mali, Niger, Côte d’Ivoire, RCA, RCD, Congo, Guinée, Sénégal, Burkina Faso,

  • L’Occident peut-il vaincre le «terrorisme islamique»?

    L’Occident ne semble remarquer l’incendie qu’il a provoqué aux quatre coins de la planète que lorsque les flammes la lèchent et ressentent sa chaleur.

    Peu importe que les souffrances causées par certains événements dont il est coresponsable aient été infligées beaucoup plus largement par la «périphérie», avant même qu’il n’y ait de rétroaction au «centre». En résumé: ce qui se passe ici n’est qu’une fraction de ce qui se passe là-bas.

    En ce qui concerne le «terrorisme islamique», cette dynamique atteint le paroxysme: n’est-ce pas peut-être l’Occident – de concert avec les monarchies pétrolières du Golfe – qui l’a utilisé et diffusé pour atteindre ses objectifs géopolitiques?

    De l’Afghanistan, au moment de la guerre menée par l’URSS, en passant par les Balkans lors du processus (induit) de désintégration de la Yougoslavie et de l’agression contre la Serbie puis, pour atteindre l’Afrique et le «Moyen-Orient» avec la guerre contre la Libye d’abord et à la Syrie – qui a échoué – et avant cela à l’Irak.

    Opérations visant le “Chaos Créatif”, avec des effets secondaires incontrôlés, comme cela est typique des effets dévastateurs causés par chaque apprenti sorcier …

    Mais ce ne sont pas les seuls territoires où ce «cancer» – comment le définir, sinon? – reproduit. Pensez simplement au Caucase, par exemple, à la Chine au Xinjiang ou ailleurs en Asie, que les populations ont payé dans l’indifférence internationale. Souvenons-nous simplement des effets du terrorisme islamiste tchétchène en Russie …

    Certes, cependant, la perception du phénomène – complice des appareils informationnels-culturels «au casque», embauchés par les classes dirigeantes – ne commence à se manifester que lorsque cette longue traînée de mort et de destruction nous revient.

    Peut-être sous la forme d’un meurtre odieux d’un citoyen ordinaire, perpétré par un “extrémiste islamique”, comme ce fut le cas avec le professeur de français décapité en banlieue parisienne par un Français d’origine tchétchène il y a quelques jours. Dont la famille, liée à la guérilla islamique tchétchène, avait «fui» la Russie pour obtenir l’asile politique en France.

    Il est difficile de trouver une analyse qui corrèle les effets du néocolonialisme et la propagation du djihadisme dans le cadre des États postcoloniaux, où les politiques d’indépendance vis-à-vis des anciens et des nouveaux parrains ont échoué en partie ou totalement, ainsi que dans la construction d’entités étatiques solides capables de satisfaire les besoins de leurs citoyens avec un développement autocentré, comme dans le cas de certains pays africains.

    Nous avons traduit ici une enquête multi-mains, publiée dans «Le Monde», qui fait le point sur l’évolution du djihadisme sur le continent africain, à partir de là où s’articulent les intérêts néo-coloniaux français et pas seulement, désormais menacés par l’insurrection Islamique, comme cela se produit par exemple autour des gisements de gaz au Mozambique.

    Exploitation des ressources sans contrepartie (à part les descendants qui vont engraisser les élites locales complaisantes), déracinement de la population, insertion des jihadistes dans cette contradiction et donc militarisation des territoires; à la fois par des armées «régulières» et par des milices privées hautement rémunérées.

    C’est le scénario qui se répète de plus en plus souvent, dans un cercle vicieux où la dynamique: extractivisme / déracinement / militarisation est rejoint par le «facteur islamique», qui agit selon toute vraisemblance «pour le compte de tiers» pour contrer les tentatives de pénétration d’autres acteurs mondiaux.

    On ne voudrait pas faire de mal aux auteurs, mais il semble que le principal moteur de leurs préoccupations, au-delà de la validité de l’étude, soit la menace pesant sur le plus grand projet d’extraction de gaz africain impliquant le français Total, au Mozambique (le neuvième plus grande ressource estimée de la planète), plus que la souffrance des 1 300 morts et des plus de 210 000 personnes déplacées, dans une vraie guerre qui ne s’appelle même pas ainsi et qui évidemment ne fait pas d’histoires.

    Une approche «euro-centrique», fondamentalement plus intéressée par les intérêts matériels de son propre impérialisme, pratiquement indifférente aux souffrances causées aux populations locales.

    Soit dit en passant, ENI est également impliquée dans l’extraction de gaz offshore au Mozambique …

    Si vous listez les différentes agences de sécurité privées impliquées dans les étapes ultérieures, vous trouverez les principales sociétés mercenaires mondiales: Blackwater, Wagner, Dyck Advisory Group, etc.

    Dans un autre article du Monde sur cette guerre peu oubliée, Total avoue avoir fait appel à 5 ​​de ces agences et qu’un appel d’offres était en cours pour confier le contrat à 7 autres!

    Ce n’est pas le seul nouveau projet de la multinationale française aux effets dévastateurs. Pensez à l’oléoduc de pétrole brut de l’Afrique de l’Est, un oléoduc de 1445 km qui part du lac Alberta en Ouganda et atteint la côte nord-est de la Tanzanie, dans l’océan Indien.

    Malgré le “capitalisme vert”, sur les 400 puits d’extraction prévus à Tilenga, en Ouganda, 132 se trouvent dans un parc national protégé, avec un projet qui a un impact négatif sur environ 100 000 personnes, leur refusant les activités les plus élémentaires de subsistance par l’agriculture.

    Pour les oligarchies européennes, la «transition écologique» s’arrête à leurs propres frontières.

    Revenant à l’article traduit, nous avons une image assez réaliste de la façon dont les principales “sociétés holding” du terrorisme islamique “investissent également en Afrique”, qui ces dernières années est devenue l’un des principaux théâtres du Jihad mondial, avec tout le respect dû à ceux qui pensaient que L’Etat islamique avait été vaincu parce qu’il avait été battu militairement au «Moyen-Orient». Nous voyons aussi les «coupures islamiques» à la solde de la Turquie, pour agir en Libye ou dans le conflit arméno-azerbaïdjanais.

    Comme le dit un chercheur cité dans l’enquête: tant que l’État islamique continuera d’avancer en Afrique, le rêve du «califat» mondial n’est pas mort. Nous ajoutons: tant que les conditions d’existence dans lesquelles des millions de personnes en Afrique sont contraintes sont celles dictées par la logique coloniale, ce «rêve» ou cauchemar aura un véritable espace social.

    Les stratégies d’enracinement changent – parfois la guérilla islamique prend la place d’une administration étatique absente – et les modes de fonctionnement, qui profitent des défaites subies. Mais la principale condition pour laquelle ils peuvent prospérer est la destruction que l’Occident a apportée et continue d’apporter dans ces territoires également par le biais de ses propres troupes d’occupation – comme c’est le cas au Sahel – ou par l’utilisation de soldats de fortune du XXIe siècle. .

    L’Occident capitaliste peut remporter des victoires limitées et limitées contre le djihadisme mais certainement pas gagner la guerre ou à l’intérieur de ses propres frontières – dans la mesure où il impose des politiques répressives – ou en dehors de cela – dans la mesure où les coalitions internationales sont préparées – car c’est l’une des premières causes de mal qu’il voudrait guérir.

    Bonne lecture!

    Source : Contropiano, 21 oct 2020

    Tags : Islam, Occident, terrorisme, djihadisme, Daech, ISIS, Etats Islamique, capitalisme, Afrique,

  • Tchad : Muhammad Diallo répond à Amine Abba Siddick

    A l’occasion de sa visite au Maroc, le ministre tchadien des affaires étrangères, Amine Abba Diallo, a traité la RASD, l’Etat sahraoui, de “pseudo-Etat”. Une réponse cinglante lui vient d’Ali Muhammad Diallo, le secrétaire général et fondateur du parti anti-colonialiste et progressiste M.N.R.T. Voici le texte intégrale de cette réponse:

    Si le présumé Amine Abba Siddick prétend considérer la RASD de “pseudo-Etat” nous lui indiquons ainsi qu’aux autres illuminés:

    – Le Maroc et le Tchad demeurent deux sous-Etats bananiers asservis dans les faits par l’ignoble système colonialo-maçonnique de la Françafrique.

    – Le jour très lointain où ils deviendront des véritables nations souveraines, leur rapprochment aura au moins un sens…

    Tags : Tchad, Sahara Occidental, RASD, Amine Abba Siddick, Front Polisario, Maroc,

  • La Françafrique, les intérêts contre la démocratie

    Alpha Condé et Alassane Ouattara s’avèrent deux nouveau dictateurs africains. Avec l’aide de la France, ils veulent s’octroyer un troisième mandat présidentiel. C’est tout juste s’il ne veulent pas s’introniser Monarques en Côte d’Ivoire et en Guinée Conakry!

    La France qui joue ses intérêts économiques a démontré qu’elle les soutient afin qu’elle puisse continuer à exploiter les ressources naturelles de ces deux pays sans avoir recours à de moult négociations qui peuvent éventuellement subir un échec…

    La France ne désire pas prendre le risque de se faire dégager de ces pays. Aussi, elle fait tout pour le maintien de Condé et Ouattara au pouvoir, deux hommes qu’elle a déjà réussi à pervertir et mouiller dans des affaires de corruption.

    Un constat frappant! Les pays occidentaux affichent un mépris abominable aux populations africaines au moment où ils targuent d’être des prophètes de la Démocratie dans le monde! Quelle dérision! En naïfs qu’ils sont, les africains continuent à croire leurs balivernes! Croient-ils toujours que des pays occidentaux aux appétits mercantiles vont leur offrir de l’aide au développement de leurs contrées? Pourtant, leurs ancêtres leur ont légués des adages instructifs mais ils n’y prêtent aucune attention. L’un de ces adages leur renseigne bien que nulle personne ne s’occupera à vous remplir les poches mais il s’appliquera plutôt à remplir tout d’abord les siennes!!!!!

    La France est un de ces pays qui ne fait pas de scrupules lorsqu’il s’agit de défendre ses intérets! Ce pays où sont élaborés les principes de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme,ne semble pas être au diapason de ceux-ci hors de son territoire.

    La France , ne cesse de clamer son appartenance aux respect des libertés individuelles mais, se désinteresse totalement de leur application dans les pays africains où leurs intérets économiques seraient en péril si elle venait à les faire prévaloir! Aussi, elle soutient mordicus toutes les politiques des pouvoirs de tous les pays qui leur sont serviles. Les exemples de la Côte d’Ivoire, du Gabon, de la Guinée Conakry et du Maroc sont évidemment trés frappants!

    Tags : Françafrique, France, Afrique, colonisation, colonialisme, esclavage, Guinée Conakry, Côte d’Ivoire, Gabon, Sénégal,