Category: Afrique

  • Maroc : Courriers confidentiels sur la Guinée-Bissau

    Tags : Guinée-Bissau, Maroc, Marocleaks, Sahara Occidental, RASD, Union Africaine,

    Septembre 2012 – Le Ministère marocaines des affaires étrangères a élaboré une fiche sur la Guinée-Bissau où il détaille les relations bilatérales entre les deux pays. Il y a lieu de relever le manque de véritables échanges économiques et de projets de coopération. On y trouve la signature d’accords et de conventions purement symboliques. Ce qui laisse présager que le secret du ralliement des responsables guinéens aux positions marocaines est à chercher dans le traitement qu’ils ont reçu lors de leurs visites au Maroc.

    Le 21 mai 2013, la Guinée rejoint la dénommée “déclaration du Sénégal” visant à empêcher l’Union Africaine de débattre sur le Sahara Occidental

    23 mai 2013 : La Guinée rejoint la dénommée “déclaration du Sénégal” visant à empêcher l’Union Africaine de débattre sur le Sahara Occidental

    8 juillet 2014 : A l’occasion de l’investiture du président José Mario Vaz, le roi du Maroc a ordonné la prise en charge de l’édification d’un grand Chapiteau pour assurer le déjeuner officiel et le cocktail de la soirée offerts aux invités de marque. L’exécution fut assurée par le traiteur Rahhal. « J’ai appris également, rapporte l’ambassadeur Taleb Barrada dans cette note, que le Royaume a fait un don de 15 véhicules qui sont en cours d’être acheminés ». « Auparavant, ajoute-t-il, j’ai été longuement reçu la veille, en sa résidence, par le Président José Mario Vaz, à qui j’ai remis la lettre de réponse de Sa Majesté le Roi assurant le Président de la volonté royale d’accéder à la requête d’inclure la Guinée-Bissau, tout en mettant en exergue lors du Sommet de l’Union Africaine dans un prochain périple de Sa Majesté le Roi ».

    Dans une autre notre datée du 18 juillet 2014, Barrada informe d’une “lettre de remerciements adressée au Ministre par l’ancien MAE de la Guinée-Bissau suite à l’appui accordé par Sa Majesté le Roi lors de la cérémonie d’investiture du nouveau président. Il a indiqué que « l’appui de votre pays a été la base de la réussite de cet événement historique”.

    Note du 16 juillet 2014 : Envoyée par l’Ambassade du Maroc à Dakar informant que « Cipriamo Cassama a adressé en juillet 2014 une lettre à Rachid Talbi Alami, président de la Chambre des Représentants du Maroc dans laquelle il sollicite un soutien financier de la Chambre « d’au moins 600 millions de Francs CFA (soit 916.000 euros) et ce pour couvrir une partie des besoins en budget de fonctionnement et de remise en marche des services de son Institution, qui s’élèvent à 2 Milliard 500 millions de Francs CFA (soit 3816793 Euros) ».

    Le 11 août 2014, le Dr Bacio DJA, Ministre de la Présidence, du Conseil des Ministres et des Affaires Parlementaires (Porte-parole du Gouvernement), Commissaire National Chargé des Affaires du Pèlerinage, de la République de Guinée Bissau a adressé une lettre demandant près d’un million d’euros pour payer les frais de pèlerinage pour 1000 personnes.

    Traduction de la lettre :

    Objet : Demande de bourses d’études pour les migrants

    Bissau, 11 août 2014

    Excellence,

    Tout d’abord, je veux implorer notre Tout-Puissant de nous aider et de nous pardonner, je voudrais Vous remercier pour tout ce qui est fait par Vous au service de l’Islam.

    Tout d’abord, je voudrais souligner ici, le sens et la valeur du Pèlerinage que le peuple de Guinée-Bissau réserve, comme un moyen de consolider les liens avec le monde islamique. Ceci en tenant compte du fait que le pourcentage des musulmans guinéens a augmenté considérablement, de 12% à 60% dans les années soixante, malgré cette augmentation, au fil du temps ils n’ont jamais réussi à organiser le déplacement d’une caravane de musulmans de Bissau directement vers la Terre Sainte (Djedda), tout cela par manque de moyens financiers et de faibles revenus de mes compatriotes.

    Selon les données mondiales, c’est l’un des pays les plus pauvres de la planète, c’est très triste à dire mais c’est en fait une réalité que l’on ne peut même pas imaginer. De plus, ils n’ont jamais réussi à atteindre le nombre de personnes nécessaires pour justifier le vol, et cette pratique s’est répétée à plusieurs reprises, ce qui a provoqué le découragement des organisateurs, qui ont abandonné l’ornithologie, et de leur propre initiative, ils préfèrent se rendre en République du Sénégal et en Gambie pour rejoindre les pérégrins de ces pays.

    Compte tenu de ce qui précède, c’est dans cette perspective que j’adresse à Votre Excellence, au nom du peuple de Guinée-Bissau et de la communauté musulmane en particulier, des demandes de bourses de pèlerinage pour 100 personnes à raison de 5000 dollars (cinq mille dollars) pour chacune d’entre elles.

    Dans l’attente d’une réponse favorable, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’assurance de ma haute considération.

    Le 1er Septembre 2014, dans une lettre adressée à son homologue marocain, le ministre guinéen des affaires étrangères “exprime le souhait de voir le Maroc prendre en charge, à l’instar des années précédentes, la participation de la délégation de la Guinée-Bissau à la 69ème Assemblée Générale de l’ONU, composée de cinq responsables, dont le coût est estimé à 46964 USD, et ce, compte tenu des difficultés budgétaires que rencontrent les nouvelles autorités de Bissau.

    Source : Maroc-leaks, 12/12/2022

    #Maroc #Guinée_Bissau #Union_Africaine #RASD #Sahara_Occidental #Marocleaks

  • Sénégal : Teranga, gifles au Parlement et Françafrique

    Tags : Sénégal, corruption, Françafrique, Maroc, Mankeur Ndiaye, Macky Sall, Sahara Occidental, Union Africaine,

    La tension était vive le jeudi 1er décembre à l’Assemblée nationale du Sénégal entre les députés de la majorité et ceux de l’opposition, au cours de la séance plénière consacrée au budget du ministère de la Justice.

    Dans une video qui a fait la une des reseaux sociaux, la députée nationale, Amy Ndiaye, de la majorité, a reçu une gifle d’un élu de l’opposition. Et s’en est suivi d’une bagarre entre les élus de deux camps. En effet, en pleine séance de l’assemblée nationale du Sénégal, le député, Massata Samb a foncé sur la dame pour la gifler.

    L’Assemblée nationale du Sénégal est devenue coutumière de ces scènes de pugilat entre députés, représentants du peuple qui se battent. Un scénario qui illustre le niveau médiocre des politiciens sénégalais. Non sans raison, ils sont les plus corrompues du continent africain. Le hacker français qui sévissait sous le pseudonyme de Chris Coleman a dévoilé comment l’ancien ministre sénégalais des affaires étrangères, Mankeur Ndiaye, se rendait chaque année à l’Ambassade du Maroc à Dakar pour quémander de l’argent sous prétexte de vouloir offrir le pèlerinage à des membres de sa famille.

    Pire encore, il s’en prenait à celui qui a été son ami, mais surtout son patron à la tête du ministère des Affaires Etrangères, Monsieur Cheikh Tidiane Gadio. Un épisode qui révèle les coups tordus qui caractérisent la mission de Monsieur Ndiaye á la tête de la diplomatie sénégalaise.

    Lorsque Ndiaye accepte de l’argent du Maroc, il n’est pas guidé par des convictions de nature politique. Il s’agit de pure mercenariat. En échange, Ndiaye doit défendre les intérêts du royaume chérifien auprès de l’Union Africaine. Notamment s’en prendre aux sahraouis et au membership de la RASD (République Arabe Sahraouie Démocratique) dans l’organisation panafricaine. Même après avoir été limogé de son poste de ministre des affaires étrangères, il poursuit l’agenda tracée à Rabat. Le 7 novembre dernier, il faisait partie d’un “groupe d’anciens responsables africains” qui, depuis le Maroc, ont lancé ce qu’ils ont dénommé “l’Appel de Tanger” dans lequel ils appellent à l’expulsion de la RASD de l’UA.

    Dans son offensive contre les sahraouis, Ndiaye est soutenu par le président Macky Sall dans le cadre de leurs efforts de maintenir en vie la Françafrique dont le Maroc, le Sénégal et le Côte d’Ivoire constituent les derniers vestiges.

    #Sénégal #Maroc

  • Maroc – Sénégal : Deux minables à la tête de la diplomatie

    Tags : Maroc, Sénégal, Mankeur Ndiaye, Salaheddine Mezouar, Hacker Chris Coleman, Mc Kinsey, Sahara Occidental,

    Il était une fois deux ministres de deux pays qui se disent très « amis », même alliés : Le Maroc et le Sénegal. Ils s’appellent Salaheddine Mézouar et Mankeur Ndiaye. Leurs points communs ? Ils dirigent tous les deux les diplomaties de leurs pays respectifs. Ils partagent aussi le point d’avoir été tous les deux touchés par les documents secrets du hacker Chris Coleman. A cause de leur sale manie de s’abaisser et se mettre à genoux pour quémander des mesquineries.

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    Ils sont minables dans leur nature. Y a-t-il de pire, ou plus minable, qu’un ministre qui dirige la diplomatie de son pays, de quémander les services d’un autre ministre pour intervenir en faveur de sa fille ? Sans doute non. Cela s’est passé au Maroc où le ministre Salaheddine Mézouar a demandé à son homologue français, Laurent Fabius, d’intervenir en faveur de sa fille pour que celle-ci obtienne un permis de travail et rejoigne l’équipe de la société Mc Kinsey France, une société connue pour ses trafics d’influence et ses plans de redressements autant au Maroc qu’au Sénégal. Dans une lettre datée du 20 novembre 2013 et envoyée á Mézouar, Fabius explique être intervenu à sa demande auprès de l’administration de la société en réponse à la demande de son homologue marocain. Une histoire on ne peut plus ridicule !

    Le hacker Chris Coleman a dévoilé une mesquinerie pareille dont l’acteur est ni plus ni moins que le chef de la diplomatie sénégalais, Mankeur Ndiaye. Son prénom donne déjà un avant-goût de sa personnalité : Mankeur, qui manke ou manque. Oui, il manque de finesse et de dignité au point d’aller quémander chez Mézouar trois billets pour La Mecque. Ce qu’il a reçu ce n’est pas trois billets mais l’équivalent en argent sonnant et trébuchant de trois billets pour aller jusqu’aux Diyars de la Pérégrination Sacrée. Qu’est-ce qu’il a fait de cette alléchante somme ? Il n’y a que lui qui répondre á cette question, même si on peut s’en faire une idée.

    Mankeur manque aussi de reconnaissance envers ceux qui lui ont donné un coup de pouce qui lui a permis d’arriver à la tête de la diplomatie sénégalaise. Comme le ministre Cheikh Tidiane Gadio. Mankeur n’hésite pas à lui poignarder dans le dos chez ses mentors marocains. Toujours pour une histoire d’argent. 

    En dépit de leurs flagrants crimes de corruption, Ndiaye et Mezouar sont couverts par leurs respetifs régimes. Deux régimes qui constituent les derniers bastions de la Françafrique. Les bases militaires de la France au Sénégal risquent d’être utilisées pour attaquer les pays africains qui ont annoncé leur rupture avec le néo-colonialisme et l’esclavage de l’Hexagone.

    A nos mis sénégalais qui veulent connaître davantage de scandales sur le pays que le Sénégal défend partout dans le monde, le Maroc, voici un lien qui fait une importante compilation de ce qui a été écrit sur le Maroc sur la base des documents révélés.

    LIEN : ARSO.ORG

    Encore un scandale de plus, après la fameuse intoxication au diner de l’Elysée, mais l’homme est là, debout

    Les récentes révélations sur les faveurs réclamées et accordées au Ministres des Affaires Etrangères du Sénégal, Mankeur Ndiaye, ne sont que la énième d’une longue série de scnadales qui entachent notre diplomatie, fragilisent notre pays, entament son image. Mais sans doute la plus insupportable des pratiques, notamment quand il est manifestement indiqué qu’il s’agit de faveurs accordées à des proches du ministre, malgré les « précisions » qui nous parviennent de ses affidés.

    Après le premier démenti, de nouvelles preuves viennent l’accabler, qu’il lui sera difficile de réfuter, Encore, quand s’ajoute au fait de corruption, des pratiques peu saines contre son ancien mentor et ministre, Cheikh Tidiane Gadio.

    

    Mankeur Ndiaye ne peut pas s’en tirer à si bon compte et faire comme si. Jusqu’ici, nous avons eu des scandales qui, quoique plus graves les unes que les autres, relevaient pour beaucoup de la vie privée de Monsieur Mankeur Ndiaye : vol de téléphone cellulaire et d’ordinateur portable á la veille du Sommet de l’Oci á Dakar, disparition lors d’une grande rencontre consacrée à la préparation du sommet de la Francophonie, justifiée par une intoxication aux crevettes à la suite d’un diner à l’Elysée (le comble est que l’Elysée a indiqué que des crevettes n’y ont pas été servies), soirées arrosées dans une maison close de Mermoz. Cette fois, il s’agit de l’image que renvoie notre diplomatie, notre pays, au moment où le discours est à la restauration au plan diplomatique.

    Qu’avons-nous en retour ? Des relations tendues avec notre voisinage, qui étaient pourtant notre priorité, une diplomatie économique qui n’est jamais sortir du cadre de nos relations traditionnelles avec nos partenaires et les pays amis. Mais surtout, un positionnement flou dans le Moyen-Orientm marqué par la reprise des relations avec l’Iran, pays avec lequel nous avons rompu après des preuves avérées qu’il tentait de financer le MFDC. Aujourd’hui qu’il est question de faveurs octroyées, il est légitime de se poser la question de savoir ce qu’a coûté cette porte ouverte à l’Iran, qui continue pourtant de financer notre position.

    La seule note positive, c’est notre entrée au Conseil de Sécurité. Malgré le bavardage qui l’accompagne, il s’agit simplement d’une entrée en même temps que d’autres pays africains beaucoup plus discrets que nous, meme si nous nous gaussons d’avoir eu le plus grand nombre de votes. Cette adhésion, il faut plutot la mettre à l’actif de nos diplomates émérites, à la tête desquels notre brillant ambassadeur Fodé Seck. Mais que nous vaut cette honneur, devant tant de déshonneurs ? Nos diplomates les plus chevronnés, face à cette légèreté dans le comportement, rasent les murs et osent à peine lever la tète. Jamais l’Etat n’a consenti autant d’efforts pour le rayonnement de notre diplomatie, jamais nous n’avons été l’objet d’autant de faits divers qui suscitent l’hilarité et parfois les moqueries dans les différentes chancelleries occidentales.

    Les accusations qui étaient portées contre le jeune Consul du Sénégal à Marseille, Tamsir Faye, lui avaient valu un liñogeage rapide et brusque à la demande de Monsieur Mankeur Ndiaye. Sans la moindre preuve pourtant, à cote de cette lettre accablante qui nous vient des marocains eux-mêmes. Le même s’est défaussé sur le général Dia, accusé de tous les maux, attaqué publiquement dans son honneur par le meme Mankeur Ndiaye, qui est pourtant le seul responsable moral de cette débacle, étant l’autorité admonistrative chargée de la bonne marche de tous ses services. Faut-il là rappeler qu’à aucun moment, le ninistre des Affaires étrangères ne s’est rendu au hanagar des pèlerins pour les assiter et les soutenir ? Ce qui, néanmois, laisse les sénégalais pantois, c’est l’inaction face à de telles dérives, quand on sait l’inutitilité politique de Monsieur Ndiaye et sa mauvaise image au sein de l’opinion : action de puissants lobbys et de vaillantes « confréries » ? La confirmation de la condamnation du Sénégal par l’ONU, dans l’affaire Karim Wade, vient rappeler la légèreté avec laquelle son dossier a été oublié dans le bureau de Mankeur Ndiaye, conduisant à la forclusion de l’Etat dans ses réponses à la plainte déposée par les avocats de M. Wade. Ce fait grave, à lui tout seul, devait conduire à la démission de Monsieur Ndiaye. Le Président Sall pourra-t-il encore expliquer son maintien à la tète de la diplomatie sénégalaise ?

    Senemedia

    SOURCE : Maroc-leaks, 01/08/2021

    #Maroc #Sahara_Occidental #Sénégal #Mankeur_Ndiaye #Salaheddine_Mezouar #Mc_Kinsey

  • Maroc: Les factures de Jeune Afrique payées par l’Intérieur

    Maroc, Jeune Afrique, François Soudan, Béchir Ben Yahmed, Françafrique, France, décolonisation,

    Dans ce courrier du directeur du cabinet de la DGED, Mourad El ghoul transmet “une facture envoyée par M. François Soudan, à remettre à Monsieur le Secrétaire d’Etat à l’Intérieur, suite communication téléphonique avec Monseur le Directeur Général” (en alussion au patron des services de renseignement extérieur du Maroc, Yassine Mansouri).

    Selon cette facture, pour un “contrat de communication” de Jeune Afrique pour l’année 2010-2011 le Maroc paie 700.000 euros “exonérés de TVA”.

    Selon l’auteur François Xavier Verschave, le magazine Jeune Afrique existe pour maintenir la Françafrique, ce système de “connivences franco-africaines” au détriment des peuples africains sournoisement conçu pour faire éche au mouvement de décolonisation imposé à la France, après la 2ème Guerre Mondiale, par les grandes puissances de l’époque : Les Etats-Unis et l’ex-URSS.

    Hasard ou nécessité, un curieux phénomène veut que la mise sur pied de cette politique de confiscation de l’indépendance des pays africains coïncide étrangement avec la naissance du journal “Jeune Afrique”, fondé le 17 Octobre 1960 à Paris par le Tunisien Béchir Ben Yahmed.

    De prime abord, l’appellation “Jeune Afrique”, sous-entend ce sinistre paternalisle dont le colon français n’arrivera jamais à se défaire, voulant toujours faire croire que l’Afrique — vieille de plusieurs millénaires et berceau de l’Humanité et de la civilisation — n’a existé qu’avec sa venue. Lui qui n’a qu’une histoire d’à peine quelques siècles. Lui qui n’a commencé à exister qu’avec son contact avec l’Afrique.

    La création de ce canard néocolonialiste relève de tout, sauf du hasard. C’est encore Verschave qui lève le voile sur ce point : « Vous savez que le JOURNAL FRANCO-AFRICAIN JEUNE AFRIQUE est devenu le LÉGATAIRE UNIVERSEL des œuvres de JACQUES FOCCART! Dans ses MÉMOIRES, celui-ci explique que, depuis 1983, il mangeait tous les mois avec BÉCHIR BEN YAHMED, le patron de Jeune Afrique. Ce ”MARIAGE” est le plus ancien et le plus connu… » (sic)

    Que peut-on rajouter à cette CONFESSION NON ÉQUIVOQUE? Sinon rappeler que ce « mariage » entre le FAUCON FOCCART et le VAUTOUR BEN YAHMED, cette UNION INCESTUEUSE entre le PRÉDATEUR et le CHAROGNARD – l’un abattant la victime pour se sustenter de sa chair fraîche, l’autre se repaissant des miettes de sa charogne – remonte bien plus longtemps que ce que le premier affirme dans ses mémoires, c’est à dire, à l’origine même de la ’’FRANÇAFRIQUE’’, de 1958 à 1960.

    #Maroc #Jeune_Afrique #Françafrique

  • Behind Morocco’s New Tango With the African Union

    Morocco, African Union, Western Sahara, bribery,

    By Yohannes Woldemariam

    Why is King Mohammed VI of Morocco suddenly keen to join the African Union (AU) after his late father King Hassan II condescendingly ditched the continental Organization of African Unity the (OAU) in 1984?

    Morocco is currently courting a number of African countries relentlessly, including Madagascar, Tanzania, Rwanda, and others. Morocco has signed 19 economic agreements with Rwanda and 22 with Tanzania—two countries that traditionally backed the Western Sahara’s quest for decolonization. Nigeria Morocco have signed a total of 21 bilateral agreements, a joint venture to construct a gas pipeline that will connect the two nations as well as some other African countries to Europe. It is easily transparent that the economic agreements with these countries imply ulterior motives for increasing Morocco’s leverage in its campaign to return to the AU and deal a blow to Western Sahara’s aspirations for self-determination. Morocco is waging a similar campaign internationally and in the halls of the U.S. congress by hiring expensive lobbyists and sleazy public relations firms.

    In this endeavor, it appears Morocco is making significant progress in isolating the Western Sahara. For Morocco, joining the AU is part of the tactic of trying to use the organization for its objective of neutralizing Western Sahara from inside the AU. Already, it has the backing of 28 African countries. However, it needs two thirds (36) of the votes from the 54 member countries of the AU to get Sahrawi Arab Democratic Republic (SADR) expelled. To return to the organization, it only needs a simple majority while overcoming resistance from powerful countries like South Africa and Algeria along with Zimbabwe and Equatorial Guinea. South Africa and Algeria have been reliable allies for SADR.

    This move by Morocco has become a terribly divisive wedge issue within the AU. Outside Africa, Morocco has powerful support for its position from influential Gulf States such as the United Arab Emirates (UAE) and Saudi Arabia, which are not members of the AU, but which can still use their political influence and the power of the purse to coerce and lobby cash-strapped African countries and the United Nations. In a clear show of muscle, Morocco, Saudi Arabia and UAE walked out from a meeting of the Arab and African foreign ministers meeting, which was held in the capital of Equatorial Guinea, Malabo, in preparation for the fourth Arab-African summit, because of opposition to the presence of a delegation from SADR. Notable here are Saudi Arabian and UAE’s forceful expressions of solidarity with Morocco. Among African countries, Senegal strongly backs Morocco’s position, undoubtedly due to great pressure from France and Moroccan economic investors in Senegal. Morocco is also the largest investor in Ivory Coast and therefore can count on strong Ivorian support. Morocco has stronger support in Francophone Africa.

    Kenya, which once supported SADR, reversed course in 2007 but now Foreign Minister Amina Mohamed, candidate to head the African Union Commission, is calling for holding, as quickly as possible, “the referendum on Western Sahara people’s self-determination.” Zambia has similarly vacillated after early support for the cause of Western Sahara. According to WikiLeaks, at least until 2009 Ethiopia’s position was to recognize the SADR, declared by the Polisario (Western Sahara’s guerrilla army) in 1976 as its representative body. It still remains to be seen, how countries will vote when it really matters.

    Ironically, according to the WikiLeaks report, Eritrea’s position is unknown but is not listed among the countries that recognized SADR, although the history of the territory bears striking resemblance to its own struggle for independence from Ethiopia and the independence struggles of Belize and East Timor. Both Belize and East Timor recognize SADR. Africa committed itself to maintain colonial borders, drawn arbitrarily in the 19th and 20th centuries, after the collapse of European colonialism. This commitment was not made because those borders made any sense: borders were rarely congruent with ethnic geographical homelands or previous historical delineations. One can debate the pros and cons of this but Africa made the decision in Cairo in 1964, to keep these borders in order to avoid disruptive and endless conflict of trying to rearrange colonial boundaries, to fit language groups or ethnicities. For better or worse, that is what was decided with the Cairo resolution (AHG/Res. 16(I)). Nevertheless, Morocco is choosing to mess with that resolution by gobbling up Western Sahara.

    But why does Morocco need the AU? And why does it need to bribe the African countries in order to return to the continental body as dysfunctional and weak as it is? The explanation for this dubious posturing lies in Morocco’s illegal Occupation of Western Sahara and its need to legitimize it by enlisting as many African countries as possible, to accept Western Sahara’s fate as fait accompli. Morocco has been occupying or colonizing (take your pick) the territory since 1974. Recently, U.N. General Secretary Ban Ki Moon characterized Morocco as an occupying force in Western Sahara, which obviously did not sit well with Morocco.

    Background

    The Western Sahara consists of the former Spanish colonies of Rio de Oro (River of Gold) and Saqiet al-Hamra (Red Creek) along the Atlantic coast, until the Spanish dictator Franco decided to leave the territories in 1974. The territories natural resources include phosphates, offshore fishing and potential oil. Morocco’s occupation has been aided by Spain and France (former colonizers) acting through the United Nations. Mauritania was also an early protagonist in occupying a part of Western Sahara but abandoned its claim after being soundly defeated by the Polisario, which precipitated the collapse of the Mauritanian government. Between Western Sahara and Morocco, there has been an impasse and a no-war, no-peace status quo since 1991, after a ceasefire brokered by the United Nations. Morocco has proposed “internal autonomy” for Western Sahara, but the Saharawis insist on a United Nations supervised referendum vote, with independence on the table. The International Court of Justice (ICJ) after consideration of materials and information provided by both sides concluded there is no evidence:

    establish[ING] any tie of territorial sovereignty between the territory of Western Sahara and the Kingdom of Morocco or the Mauritanian entity… the Court has not found legal ties of such a nature as might affect the application of General Assembly resolution 1514 (XV) in the decolonization of Western Sahara and, in particular, of the principle of self-determination through the free and genuine expression of the will of the peoples of the Territory.


    In a rare show of some backbone, the OAU welcomed Western Sahara’s membership, which incensed Morocco and caused its withdrawal from the organization in 1984—making it the only country to do so in the history of the organization. This was a strategic mistake by Morocco, which it seems to have finally realized. It is notable that the only country vocally supporting the Moroccan position at the time was the kleptocracy of Mobutu Sese Seko’s Zaire. Upon his overthrow, Mobutu was granted asylum in Togo but died in Morocco in 1997, where he was receiving medical treatment.

    Tit for Tat with Egypt

    In a setback for Morocco, relations with Egypt have been strained visibly since the end of October due to President Abdelfattah El Sissi permitting a delegation from the Polisario Front to enter Sharm El-Sheikh in an official capacity. The delegation reportedly met with presidents of Arab and African parliaments and with members of the Egyptian legislature during its stay. The visit by the King of Morocco to Addis Ababa is likely in retaliation by Rabat to exploit Cairo’s ongoing dispute with Addis Ababa over the sharing of Nile waters and specifically over the issues surrounding the Grand Ethiopian Renaissance Dam (GERD). Ethiopia has been accusing Egypt of helping and stroking the ongoing ethnic rebellions in Ethiopia.

    Illegal Mining of Western Sahara’s Potash Resource

    Morocco is exploiting and using Western Sahara’s potash resource to bribe and lobby countries like Ethiopia, casting doubt on the sincerity of its offer for “internal autonomy” to the territory.

    According to the financialpost.com:

    Two Canadian fertilizer firms have become the dominant buyers of phosphate rock from the disputed territory of Western Sahara after other companies stopped the practice… Western Sahara Resource Watch (WSRW) found that Potash Corp. of Saskatchewan Inc. and Agrium Inc. shipped a combined 916,000 tonnes of phosphate from the territory last year. That accounted for 64.5 per cent of all purchases from Western Sahara in 2015. Potash Corp. shipped 474,000 tonnes and Agrium shipped 442,000…
    Unholy Overtures



    At a time when the Ethiopian government is gripped by nationwide protests and foreign businesses are fleeing the country, there have been headlines that “Morocco signed an agreement…to invest over two billion dollars in Ethiopia over a five year period to build a fertilizer factory.” The Financial Times reported that the OCP (Morocco’s state-owned phosphate company) sealed a deal to build $3.7bn fertilizer plant in Ethiopia. This is hailed as the largest investment of Morocco outside the country and as an example of South-South cooperation. The dubious clue for this motive is to be found in “Ethiopia’s support for Morocco’s return to the African institutional family …articulated in a joint statement issued following King Mohammed VI’s … visit to Ethiopia, the first since his accession to the Throne.”

    Here, it needs to be asked: where is this resource feeding the fertilizer company coming from? And why is Ethiopia chosen for such an investment? Is this deal another case of partnership-in-crime?

    Moroccan robbery of Western Sahara’s resources is widespread. Hillary Clinton was complicit with relaxing U.S. foreign aid restrictions on Morocco during her tenure as Secretary of State, allowing U.S. funds to be used in the territory of Western Sahara where OCP operates phosphate-mining operations. Collaterally, Hillary’s favor to Morocco resulted in 12-million for the Clinton-Foundation, courtesy of King Mohammed VI.

    Morocco’s Questionable Commitment to South- South Cooperation

    Ethiopia is seen as key for Morocco’s goals, as a founding member of the OAU hosting the headquarters of the AU’s Chinese-funded 200-million-dollar building in Addis Ababa, showcasing Chinese soft power. Morocco is framing its charm offensive in Africa in terms of South- South cooperation. But what really is Morocco’s commitment to South-South cooperation? Like Ethiopia, Morocco’s commitment, first of all, is commitment to an extreme form of neoliberalism and to an environmental narrative that blames pastoralists and their overgrazing practices as an excuse for invading and appropriating land for commercial agriculture and other land grabs. In Morocco, state services such as health care and education have faced drastic reduction. The promotion of exports and the lowering of tariffs is the reality. For the majority of their populations, rampant degradation and poverty are the reality in both countries.

    A central tenet of South-South cooperation is poverty reduction, but neoliberalist market fundamentalism is incompatible with reducing inequality and protecting the environment. The beneficiaries from these policies are the elite and international capitalists; the results are a far cry from South-to-South cooperation that would alleviate poverty. Even the 22nd Conference of the Parties (COP22) to the United Nations Framework Convention on Climate Change (UNFCCC) was used by Morocco to insert itself in the 16 November 2016 meeting of the Africa Action Summit in Marrakesh. King Mohammed VI was the new face in the meeting, clearly pushing his campaign to get rid of SADR from the AU.

    The struggle to deal seriously with climate change should not be circumvented by the unjust political agendas of opportunistic leaders. As Hamza Hamouchene of War on Want, articulates: there cannot be authentic environmental justice in Morocco when its government ignores the political rights of the Saharawi people.

    In 2009, in his capacity as a designated negotiator, the late Ethiopian Prime Minister Meles Zenawi betrayed the G77’s and Africa’s collective stance in Copenhagen by making a back-door deal with France retreating from the agreed upon 1.5 degrees Celsius target to 2 degrees and thereby dealing a serious blow to the bargaining capacity of the global South. As Kate Sheppard of Mother Jones magazine wrote:

    The major powers welcomed Ethiopia’s defection from the 1.5-degree target. British Prime Minister Gordon Brown…endorsed the side deal with France….Obama placed a call to Zenawi [in which he] expressed his appreciation for the leadership [of] the Prime Minister… [In negotiating] with African countries on climate change.


    The truth was that Meles used Copenhagen to further his own immediate agenda at the expense of Africa in much the same way that King Mohammed VI used COP22 to support Morocco’s agenda of denying the rights of the Saharawi people.

    Moroccan and Ethiopian versions of South-to-South cooperation is simply a repackaged version of neoliberalism based on extractive activities and destroying the lives of the most vulnerable. It is not a coincidence that both Ethiopia and Morocco are facing internal resistance from their populations, which they are trying to suppress with extreme violence.

    The brutal death of the fish seller Mouhcine Fikri in the northern Moroccan town of Al Hoceima while trying to rescue his swordfish is being compared with the Tunisian fruit seller Mohamed Bouazizi in 2010, whose death sparked the Arab Spring uprisings. Neoliberal privatization is preventing and displacing folks who have been selling or consuming fish for as long as they have been living in the coastal towns of Morocco. In Ethiopia, it is land grab and extreme repression that is having similar effect on communities in Gambella, Benishangul, and the Amhara region, Sidama, Konso, Ogaden and Oromia.

    January 31, 2017, in Addis Ababa is the next AU summit, where Morocco is hoping to achieve its sinister goal against SADR. The honorable thing for the AU to do is to rebuff Morocco’s arm twisting and vigorously support the self-determination of the Saharawi people.

    Huffpost, 03 déc 2016

    #Morocco #African_Union #Western_Sahara #Bribery #Corruption



  • Le Maroc et le Sahel

    Maroc, Mali, Sahel, CEDEAO, République Centrafricaine, Congo, RDC, RCA, Guinée Bissau,

    Note envoyée au MAEC le 31.10.2013

    Nadia Elmahjoubi

    Position du Maroc

    A. Fondements de la position marocaine

    Le Maroc :

    -Estime que la priorité doit être donnée au recouvrement par le Mali de son intégrité territoriale, à la lutte contre les activités terroristes et criminelles perpétrées contre les populations de ce pays ;

    -Réitère son engagement en faveur de la préservation de l’unité, de la stabilité et de l’intégrité territoriale du Mali et son soutien aux efforts déployés pour le développement de ce pays ;

    -Encourage la recherche d’une solution politique et pacifique, qui reste le moyen le plus approprié au règlement de la crise malienne ;

    -S’engage à suivre de près la situation humanitaire dans la région et ne ménagera aucun effort pour assister les réfugiés jusqu’au rétablissement de la paix et de la stabilité dans la région du Sahel.

    Efforts déployés par le Maroc 

    Au Conseil de sécurité de l’ONU 

    Le Maroc en tant que pays africain membre non-permanent du Conseil de Sécurité :

    -A soutenu l’adoption par le C.S de l’ONU de la Résolution 2056 sur la situation au Mali, qui appelle les Etats du Sahel et du Maghreb à intensifier leur coopération en vue de lutter contre les activités de l’AQMI et des groupes qui y sont affiliés dans la région du Sahel ;

    -A co-parrainé l’adoption par le C.S de l’ONU de la Résolution 2071, appellant les autorités maliennes à engager un dialogue politique avec les groupes rebelles maliens et les représentants légitimes de la population locale du Nord du Mali ;

    -A soutenu l’adoption par le C.S de l’ONU de la Résolution 2085 autorisant le déploiement d’une opération africaine au Mali (après concertation avec la CEDEAO), avec pour objectif de permettre aux Maliens de recouvrer leur souveraineté et l’intégrité de leur territoire et de lutter contre le terrorisme international.

    En marge de la 67ème session de l’Assemblée générale de l’ONU 

    Le Maroc a :

    -Salué la résolution du C.S portant sur la mise en place d’une stratégie globale et intégrée pour la région du Sahel, qui pourra permettre la mise en place de mesures permettant de relever les défis sécuritaires, humanitaires, et de développement sur le court, moyen et long terme dans la région du Sahel ;

    -Favorablement accueilli la désignation par le SG des N.U d’un envoyé spécial des N.U pour le Sahel, et dont la mission sera basée sur l’accompagnement des efforts entrepris par la CEDEAO et par le Mali, pour trouver une solution à la question sécuritaire au Sahel et une issue pacifique à la sortie de crise ;

    -Appelé la communauté internationale à porter une attention particulière aux défis socio-économiques et à la question du développement humain, auxquels doivent faire face les pays sahélo-sahariens et les Etats ouest africains ;
    -Salué l’initiative française de mettre en place un Groupe des Amis du Sahel.

    En marge de la 68ème session de l’Assemblée générale de l’ONU 

    Le Maroc a :

    -Réaffirmé lors de la réunion de haut niveau sur le Sahel, son appui total pour la stratégie intégrée des Nations-Unies et appelle les pays de la région à sa mise en œuvre ;
    -Préconisé une approche profonde du développement en faveur des pays de la région afin de concrétiser la stabilité et le développement socio-économique dans la région sahelo-sahelienne ;
    -Salué les efforts de la communauté internationale et des organisations internationales et régionales visant à relever les défis de sécurité et de développement au Sahel, tout en relevant l’intérêt de réaliser la stabilité dans cette région.

    Sur le plan politique 

    Le Maroc réitère sa disposition à poursuivre les efforts en matière d’aide et d’assistance en vue de contribuer à la restauration de la paix et de la sécurité dans la région du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest et ce, a travers les initiatives suivantes :

    2. La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) 

    Le Maroc soutien les efforts de la CEDEAO visant à trouver une solution politique et pacifique à la crise malienne, fondée sur le dialogue entre les différentes parties au conflit et a manifesté son intention de fournir une aide humanitaire et un soutien politique pour parvenir à la résolution du conflit malien.

    3. La Communauté des Etats sahélo-sahariens (CEN-SAD)

    Le Maroc soutien les efforts de la CEN SAD en matière de lutte contre le terrorisme, le trafic de drogue et d’armes, et le crime organisé dans la région du Sahel (session extraordinaire du Conseil exécutif de la CEN-SAD tenue à Rabat dernièrement) ;

    Aussi, Conformément aux prescriptions de la session extraordinaire de la Conférence des Chefs d’Etats et de Gouvernement de la CEN-SAD, tenue le 17 février 2013 à Ndjamena, le Secrétariat Général de la CEN-SAD organisera conjointement avec le Maroc, la Retraite de haut niveau sur la nouvelle vision et les missions de la CEN SAD. Cette rencontre permettra à la CEN-SAD de jouer son rôle dans un espace sahélo-saharien empreint de défis et permettra une réflexion sur la recherche de solutions agissantes pour relever les défis de la région sahélienne.

    – La Conférence régionale pour la sécurité aux frontières

    Le Maroc réitère sa volonté a intensifier la coopération régionale, notamment a travers l’examen des problèmes de sécurité dans la région, dont la prolifération et le trafic d’armes transfrontaliers, le terrorisme, le trafic de stupéfiants, l’immigration clandestine, le crime organisé transfrontalier et le trafic de migrants ;

    Le Maroc encourage la consolidation du dialogue stratégique, l’échange d’expertises et d’informations ainsi que la coordination opérationnelle dans le domaine de la sécurité frontalière ;

    Conscients de l’impératif de développer une stratégie entre les pays du Sahel et ceux de l’Union du Maghreb arabe (UMA) visant à lutter contre le terrorisme, le Maroc a abrité en mars 2013 une conférence régionale sur le contrôle aux frontières au Sahel et au Maghreb.

    – La Conférence ministérielle des Etats d’Afrique riverains de l’Atlantique

    Le Maroc encourage les synergies interrégionales traitant des questions à caractère sécuritaire entre les différentes organisations présentes dans l’espace ouest africain. Le pays soutien une coopération élargie basée sur le principe de responsabilité partagée, nécessaire pour trouver des solutions concrètes à la menace du crime organisé.

    Sur le plan sécuritaire 

    Le Maroc :

    5. Estime que l’urgence doit porter sur le recouvrement par le Mali de son intégrité territoriale et sur la lutte contre les activités terroristes et criminelles commises à l’encontre des populations du pays et de la région sahélienne en général, tout en restant focalisé sur la nécessité d’aider et de soutenir les pays sahélien à renforcer leurs institutions sécuritaires pour assurer une meilleure gestion de leurs frontières et faire face au terrorisme, au crime organisé transnational et aux trafics de tous genres ;
    6. Constate que la région du Sahel fait face à des activités criminelles transfrontalières et terroristes sans précédent, soulignant les difficultés des Etats de la région à sécuriser les frontières et les conséquences de l’aggravation de la pauvreté qui amène de plus en plus de personnes à recourir à des activités criminelles pour subvenir à leurs besoins ;
    7. Pense que les effets de la crise libyenne n’ont fait qu’exacerber cette situation, alors que des initiatives louables ont vu le jour pour faire face aux défis sahéliens, d’où la nécessité d’asseoir une coopération régionale accrue afin de faire face aux problèmes structurels ;
    8. Regrette la persistance de visions sécessionnistes qui persistent dans les zones grises et qui facilitent la prolifération des activités terroristes et de la criminalité transnationale organisée dans la région du Sahel ;
    9. Reste préoccupé par la situation au Sahel et plus particulièrement au Nord du Mali, concernant les violations des droits de l’Homme, telles que les exécutions sommaires, la torture, les châtiments cruels, les recrutements d’enfants soldats, les violences à l’égard des femmes ;
    10. Est conscient des dangers de la dégradation continue de la situation sécuritaire au Sahel, alimentée par les tensions régionales, le terrorisme, les trafics transfrontaliers, les rébellions armées et déplacements de centaines de milliers de réfugiés ;
    11. Soutien toutes les initiatives visant la mise en place d’une stratégie globale et intégrée pour la région du Sahel et qui permettra l’instauration de mesures à même de relever les défis sécuritaires, humanitaires et de développement sur les court, moyen et long terme dans cette région ;
    12. Encourage le renforcement des capacités nationales en matière de sécurité et en matière de coopération bilatérale, plus particulièrement entre les pays voisins, et ce, dans l’objectif d’instaurer les bases d’une coopération sous-régionale effective.

    Sur le plan humanitaire 

    Le Maroc très présent sur le terrain, exprime sa profonde préoccupation quant à la détérioration de la situation humanitaire dont souffre un grand nombre de déplacés civils, en provenance notamment du Nord du Mali ;
    La crise au Nord du Mali a aggravé la sécurité alimentaire dans la région sahélienne, déjà désastreuse en raison des sécheresses et des aléas climatiques. D’importantes aides humanitaires ont été acheminés au profit de réfugiés maliens en Mauritanie, au Niger et au Burkina Faso sous forme de denrées alimentaires et de produits pharmaceutiques  (46 tonnes de denrées alimentaires au Niger et 50 tonnes de produits alimentaires et pharmaceutiques au Burkina Faso).

    Position du Maroc sur la crise malienne

    -Le Maroc est conscient des graves menaces engendrées par les groupes terroristes au Nord du Mali et qui mettent en péril la stabilité dans la région du Sahel et dans le reste du monde ;
    -Le Maroc a soutenu l’opération militaire française dans ce pays qui s’est traduite par la libération des zones qui étaient sous contrôle des groupes armés radicaux ;
    -Par ailleurs, le pays soutient également les efforts déployés par la CEDEAO et l’ONU visant à parvenir à une solution fondée sur le dialogue entre les différentes parties au conflit et a manifesté son intention de fournir une aide humanitaire et un soutien politique pour parvenir à la résolution du conflit malien ;
    -Lors de la présidence tournante, en décembre 2012 au Conseil de Sécurité, le Maroc a joué un rôle capital dans l’adoption à l’unanimité des Quinze dans la résolution 2085, autorisant le déploiement d’une force africaine au Mali pour une période initiale d’une année ;
    -Aussi, lors de la Conférence, tenue au siège de l’Union africaine (UA) à Addis-Abeba, en janvier 2013, le Maroc a décidé une contribution de 5 millions de dollars destinée à financer la Mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine (MISMA). A travers cette contribution, le Maroc a réaffirmé son soutien constant au Mali, ainsi que son appui aux efforts des pays de la région et de la communauté internationale en vue d’assurer la stabilité et le développement du Mali et de toute la région ;
    -Par railleurs, le Maroc se félicite de la réussite du processus électoral au Mali, des progrès enregistrés en matière de sécurité dans le pays et s’engage à maintenir son soutien au gouvernement et au peuple maliens particulièrement dans les domaines de la réconciliation nationale et de la justice transitionnelle ;
    -Le Maroc encourage la restauration de la légitimité politique au Mali à travers une transition politique, faisant suite à des élections libres, inclusives et démocratiques. A cet effet, le pays soutient le lancement des travaux et des mesures préliminaires en vue de la tenue des pourparlers inclusifs de paix au Mali, tels que prévus par l’accord de Ouagadougou du 18 juin 2013 ;
    -Le Maroc salue les initiatives prises en matière de réconciliation nationale, priorité du mandat du Président Ibrahim Boubakar Keita, ainsi que la mise en place de « mesures de confiance » et l’établissement d’un dialogue officieux avec les représentants de groupes armés implantés au Nord du Mali ;
    -Enfin le Maroc souligne que la dimension cultuelle et culturelle du pays constitue une composante fondamentale et nécessaire au processus de réconciliation nationale, à la reconstruction durable et à l’instauration d’une paix durable au Mali.

    Position du Maroc sur la crise bissau-guinéenne

    Au lendemain des élections présidentielles en Guinée Bissau, un coup d’Etat militaire a été perpétré le 12 avril 2012 en Guinée Bissau, suite auquel le Président de la République par intérim, M. Raimundo PEREIRA, a été séquestré ainsi que d’autres personnalités politiques.

    Le Maroc a :

    -Fermement condamné ce coup d’Etat militaire et a appelé au rétablissement pacifique de l’ordre constitutionnel et au renforcement des institutions de l’Etat ;
    -Réitéré son soutien au parachèvement du processus électoral en Guinée Bissau, ainsi qu’aux initiatives de la CEDAO visant le retour de la paix et de la stabilité dans ce pays ;
    -Egalement salué la constitution d’un gouvernement inclusif en Guinée Bissau, ainsi que l’instauration d’un Conseil National, tout en rappelant la nécessité de poursuivre les efforts pour rétablir l’ordre constitutionnel et permettre une meilleure intégration régionale du pays ;
    -Entretenu des relations équilibrées avec le Gouvernement de transition et a salué les développements positifs au niveau du processus de transition, soulignant la nécessité de tenir des élections libres, justes, démocratiques et inclusives, afin d’éviter tout risque de troubles (l’organisation de nouvelles élections générales est en principe prévue pour le 24 novembre 2013) ;
    -Encourage le pays à intensifier ses efforts pour parvenir à une solution politique et à un renforcement de la coopération avec les autres parties prenantes afin d’engager un processus commun et crédible pour mettre fin à la crise.

    Position du Maroc sur la crise centrafricaine

    -L’arrivée par la force au pouvoir de la rébellion « Seleka », le 24 mars 2013, a été largement condamnée par la communauté internationale et a entraîné la suspension de la participation de la République Centrafricaine aux instances internationales et régionales (Nations Unies, Union Africaine, Organisation Internationale de Francophonie…etc.) ;
    -Au lendemain de cette prise illégale du pouvoir,  le Maroc a fait part de sa volonté d’apporter son soutien aux efforts de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale en vue d’aider la République Centrafricaine à rétablir la sécurité et l’Etat de droit, à réaliser une Union nationale et à relancer le processus démocratique ;
    -Par ailleurs, le Maroc salue la mise en place de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA), qui a pris la relève de la Mission de consolidation de la paix en République centrafricaine (MICOPAX), conformément aux décisions du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine ;
    -Il convient de signaler que face à la situation d’insécurité et d’instabilité que connaît le pays, le Maroc a été sollicité pour répondre à des demandes d’aide, notamment humanitaires, auxquelles il a répondu favorablement par l’évacuation de plusieurs blessés de guerre. Le Maroc a été le premier à répondre aux besoins exprimés par la Centrafrique ;
    -Lors de sa visite au Maroc en mai 2013, le Ministre centrafricain de l’Economie, du Plan et de la Coopération Internationale, M. Abdalla-Kadre Assane, porteur d’un message adressé à Sa Majesté le Roi Mohammed VI par le Président centrafricain de transition, M. Michel Djotodia, a salué les actions humanitaires entreprises par le Maroc au profit du peuple centrafricain, notamment après le “changement politique” survenu en Centrafrique, en mars 2013.
    -Enfin le Maroc salue les efforts de l’Union Africaine en faveur d’une sortie de crise durable en République Centrafricaine et insiste sur la nécessité à ce que les initiatives africaines soient appuyées par une mobilisation de la communauté internationale, aussi bien au sein des Nations Unies que de l’Union Européenne.

    Position du Maroc sur la crise en République Démocratique du Congo (RDC)

    -Les Nations Unies sont un acteur majeur pour le maintien de la paix en RDC et la résolution de la crise en RDC. Le déploiement de la Mission des Nations Unies en République Démocratique du Congo (MONUC) a débutée en mars 2001 ;
    -Avec un contingent composé de 691 militaires et de 04 observateurs militaires, notre pays contribue activement à cette force qui compte plus de 15 000 militaires et de 1000 policiers de différentes nationalités ;
    -A noter qu’en juillet 2011, la MONUC est devenue la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (Monusco), avec un mandat reconduit par le Conseil de sécurité jusqu’au 31 mars 2014, dotant la mission d’une « brigade d’intervention » qui aura pour mandat de combattre et de neutraliser les groupes armés dans l’est de la RDC. Jusque là, le mandat de la Monusco était axé essentiellement sur la protection des civils ;
    -Le Maroc se félicite de la signature, le 24 février 2013 à Addis-Abeba, de l’accord-cadre de paix, de sécurité et de coopération pour la République démocratique du Congo et la région et encourage la RDC à mettre en œuvre les réformes annoncées par le Président Kabila ;
    -Cependant, le Maroc a condamné l’escalade des violences perpétrées par le M23 contre les populations civiles et la MONUSCO et a exprimé son inquiétude concernant la dégradation de la situation humanitaire et sécuritaire, les violations régulières des droits de l’homme par le M23 et d’autres groupes rebelles, incluant l’enrôlement d’enfants soldats ;
    -Enfin, le Maroc encourage à la mise en œuvre de l’accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération en RDC et dans la région (Accords de paix Addis-Abeba) et estime que les efforts politiques et diplomatiques régionaux devraient être poursuivis de manière intensive en vue de parvenir à la paix dans l’est de la RDC et dans la région des Grands Lacs.

    Nadia El Mahjoubi
    Secrétariat Général
    Ministère des Affaires Étrangères et de la Coopération du Royaume du Maroc
    Tel:  00212 37 67 60 39
    Fax: 00212 37 66 01 28
    Poste: 6039

    #Maroc #Mali #Sahel #Congo #RDC #RCA #Guinée_Bissau #CEDEAO

  • Crise malienne et situation dans le Sahel -Note du MAEC-

    Mali, Sahel Azawad, MNLA, Maroc, Al Qaïda, FLNA, MUJAO, Algérie, CEMOC, Ansar Eddine, CEDEAO, Mauritanie, Niger,


    ⦁ Depuis le mois de mars, le Mali connaît une grave crise : les rebelles du Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA) revendiquent la région de l’AZAWAD, coupant ainsi le pays en deux. D’une part, le groupe des Ansar-dine veulent une application stricte de la Chariaa sur l’ensemble du territoire national, d’autre part des sous-officiers s’estiment trahis par leur hiérarchie et provoquent une insurrection. Les trois régions du nord Mali, Tombouctou, Gao et Kidal ne sont plus sous le contrôle étatique. Le président Amadou Toumani Touaré est renversé, un nouveau gouvernement est mis en place.

    ⦁ Grave au Nord, la crise est violente à Bamako avec un risque de devenir une crise africaine généralisée avec une économie criminelle à travers les exportations irrégulières et illégales des produits nationaux (coton et or) et les trafics (armes et drogues). Au Libéria, au Sierra Léone et en Côte d’Ivoire, des cartels risquent d’entrer en action pour  promouvoir les trafics illicites en tout genre. Au Nord, les rebelles disposent déjà de trois aéroports  : Gao, Tessalit et Tombouctou qui peuvent accueillir de gros porteurs et recevoir tous les commerces, y compris ceux de la drogue, des armes et aussi des militants étrangers.

    ⦁ L’armée nationale est divisée à tous les niveaux et la classe politique est également éclatée.

    ⦁ Les radicaux (Aqmi, Ansar Dine, Mujao, Boko Haram) qui occupent le Nord et les autres groupes, le MNLA en particulier et le FLNA jouent la compétition au plus extrémiste. Les islamistes veulent renforcer globalement leur présence, ce qui cependant comporte des risques de division. L’incertitude politique et sécuritaire à Bamako les aident à renforcer leurs rangs, leur unité, leur expansion et l’exécution de leur agenda.

    ⦁ L’appel à l’envoi des troupes étrangères au Mali constitue une excellente publicité pour les jihadistes. Il facilite les recrutements, donne du prestige aux radicaux et attire les combattants étrangers. Si les troupes de la CEDEAO n’interviennent pas il y aura certainement une déconsidération pour cette organisation.

    I. La crise malienne
    1. Eléments de rappel  :
    ⦁ 22 mars 2012  : Prise du pouvoir à quelques jours des élections présidentielles. Le président malien, Amadou Toumani Touré (ATT) est renversé par des éléments de l’armée. Des mutins ont arrêté une grande partie des membres du gouvernement. Le Mali fait alors face à une crise institutionnelle et sécuritaire grave.

    ⦁ Ce coup d’état a été suivi d’un effondrement de l’armée malienne dans la partie nord du pays où la rébellion touarègue, aux côtés de laquelle évoluent des groupes relevant d’Al Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI), a annexé d’importants territoires, s’emparant successivement des villes de Kindal, Gao et Tombouctou.

    ⦁ 2 avril 2012  : Pour obliger les mutins à restituer le pouvoir aux autorités civiles, la CEDEAO adopte des sanctions économiques, financières et diplomatiques à l’encontre de la junte à Bamako, en décrétant notamment un embargo total sur le pays.

    ⦁ 6 avril 2012  : le principal groupe d’opposition touarègue, le MNLA, revendique Kidal, Gao et Tombouctou afin de créer un nouvel Etat, la République de l’Azawad, dont il a unilatéralement déclaré l’indépendance.

    ⦁ 7 avril 2012  : les sanctions imposées sont levées à la suite de l’acceptation par le Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’État (CNRDRE) d’un accord-cadre négocié par la CEDEAO, prévoyant un plan de transition pour un retour à l’ordre constitutionnel avec le transfert du pouvoir exécutif au président de l’Assemblée nationale.

    ⦁ 12 avril 2012  : investiture de Dioncounda Traoré. Le président intérimaire est chargé de conduire un gouvernement d’Union nationale pour rétablir l’intégrité du territoire national. Un intérim qui doit durer 40 jours pendant lesquels le président intérimaire est chargé d’organiser des élections. Compte tenu de la situation exceptionnelle que vit le Mali, ce délai est impossible à respecter.

    2. Les causes de la rébellion au Mali

    ⦁ Les Touaregs revendiquent le Nord du Mali (Azawad) comme leur territoire ancestral  : ils ont toujours été le relais des insurrections et des mutineries armées contre Bamako à travers notamment le MNLA. Autrefois leurs revendications étaient moins radicales  : elles étaient principalement liées au développement économique, commerciale ou à l’autonomie politique du Nord Mali. Désormais, le MNLA et ses alliés se radicalisent proclamant unilatéralement l’indépendance de l’Azawad. Mais ont-ils réellement les moyens pour dominer un territoire si étendu comme le Nord du Mali?

    ⦁ Le MNLA est un mouvement politico- militaire dont le désarmement n’a jamais été effectif même durant la période de trêve.

    ⦁ Grâce à la crise libyenne, le MNLA a multiplié et renforcé ses capacités militaires et son opérationnalisation au point de doubler l’armée régulière  : la chute de Kadhafi a entraîné une désintégration de la dictature libyenne, mais a eu pour conséquence une circulation incontrôlée d’armes à feu et de matériel létal lourd, ainsi que le repositionnement, voire redéploiement des islamistes, dont la présence s’est renforcée dans la zone sahélo-saharienne.

    ⦁ Les Touaregs autrefois combattants aux côtés de Kadhafi ont profité de cette nouvelle donne politique pour introduire des armes au Nord du Mali afin d’y préparer les futures hostilités. Il s’ensuit un renforcement et une réapparition de la rébellion au Nord  :

    ⦁ Ainsi, les touaregs dont l’assise est transnationale, habitent le Sahel et y exercent des manoeuvres militaires sans contraintes, connaissent le terrain mieux que l’armée régulière et une sérieuse disproportion existe entre l’étendue immense du pays qui fait plus d’un million 200 mille km et ne comptant que sur une armée de moins de vingt mille hommes. Cette armée reste confrontée a des difficultés relatives à la couverture administrative du territoire et dans la gestion de l’adversité découlant de la rébellion, mais aussi et surtout de la criminalité et du terrorisme. Cela fait qu’un pays pauvre comme le Mali, ne peut ni contrôler, ni maîtriser son territoire, encore moins la bande sahélienne qui couvre des centaines de milliers de kilomètres. Depuis le 27  juin, les groupes islamistes radicaux ont pris le contrôle de près de deux tiers du territoire malien.

    ⦁ Aussi, les rebelles visent deux principaux objectifs: cibler les grandes villes pour provoquer des déplacements massifs de populations et provoquer délibérément une crise humanitaire sans précédent au Mali.

    3. Les groupes armés présents au Nord du Mali  :

    ⦁ Le Mali est en présence d’un côté, le MNLA, branche politique qui revendique l’autodétermination du Nord Mali et d’un autre côté, les salafistes d’Ansar Dine qui ont des revendications plus religieuses que politiques, comme l’application de la Chariaa, sur l’ensemble du Mali. Enfin les Touaregs dont la rébellion n’est pas homogène.

    ⦁ Avec le soutien d’Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI) et le Mouvement intégriste nigérian Boko Haram, les extrémistes religieux contrôlent les villes principales comme Gao et Tombouctou, épicentres des plus grands risques.

    ⦁ L’interaction des mouvements politico-religieux entre d’une part, le MNLA et le Front de Libération Nationale de l’Azawad (FLNA) et d’autre part, les salafistes d’Ansar Dine, le Mouvement pour l’Unicité et le Jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) et les fondamentalistes de Boko Haram, constituent un réel danger pour toute la zone sahélo-saharienne, où terrorisme et trafic de drogue dans cette zone se fait en toute impunité.

    4. L’option diplomatique ou militaire  pour contrer la crise malienne :

    ⦁ La crise malienne nécessite un dialogue politique et l’option militaire ne doit en pincipe intervenir qu’après l’épuisement de tous les recours politiques possibles. Cependant, dans le cas où le dialogue échoue avec la junte et le MNLA, l’Union Africaine et la Communauté internationale doivent soutenir l’option militaire prônée par la Communauté Économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour rétablir l’intégrité territoriale du Mali.

    ⦁ Toutefois, pour éviter l’idée d’interventionnisme occidentale, la Communauté internationale doit mettre aux devant les troupes maliennes et de la CEDEAO, qui auront besoin de soutien logistique, comme les renseignements, la communication et la mobilisation des troupes et l’appui aérien pour leur progression dans les contingences du combat réel sur le terrain et afin d’assurer une victoire rapide et efficace.

    ⦁ Ainsi, toute action militaire doit se faire conformément à une stratégie politique en vue d’une réunification du pays. L’objectif de ce processus politique est de forger une vision nationale et inclusive pour l’avenir du Mali, ce qui exige une feuille de route pour la transition.

    ⦁ Tout processus politique au Mali doit permettre aux autorités de transition de s’engager dans des négociations avec les groupes rebelles du nord mais à condition de cesser tout contact avec les organisations terroristes et ce, conformément aux exigences de la résolution 2071 du Conseil de sécurité . Cette résolution donne 45 jours à la CEDEAO pour préciser les modalités d’une opération militaire, que le Conseil de sécurité se dit prêt à envisager.

    5. Les risques si la crise malienne perdure  :
    Si la crise malienne perdure :
    ⦁ Les divisions entre les différents centres du pouvoir à Bamako se multiplieront et s’approfondiront  ;
    ⦁ Les radicaux islamistes renforceront leurs positions locales et attireront des combattants étrangers  ;
    ⦁ Plus la crise fera partie du paysage international et plus elle se banalisera comme le cas des conflits de l’Afghanistan ou de la Somalie.

    II. Impact sur la sous-région sahélienne

    Le Sahel constitue un ensemble géopolitique cohérent  : plus la crise s’aggravera et plus elle affectera toute la région. Les principaux effets de la crise seront donc :

    ⦁ Le détournement de l’attention et des efforts des gouvernements  : les priorités politiques et économiques nationales seront relégué au second plan ;
    ⦁ La   diversion des ressources vers le sécuritaire au détriment de l’économique : achat d’armes, gonflement des effectifs des forces de sécurité… ;
    ⦁ Le découragement des investisseurs nationaux et surtout étrangers;
    ⦁ Une radicalisation des groupes et mouvements religieux par effet de contagion ou d’imitation et pour conserver leur espace  d’action. Des pays tel le que le Sénégal où les confréries sont puissantes peuvent être atteints ;
    ⦁ Une émergence de tensions et de suspicions entre états au Nord et au Sud du Sahel  ;
    ⦁ Le   ralentissement ou la suspension de l’aide internationale avec une priorité pour l’humanitaire.

    1. Position des pays dits du «  champ  »  :

    ⦁ L’Algérie, la Mauritanie, le Mali et le Niger sont les principaux pays acteurs concernés par la situation dans le Sahel  : l’Algérie, ayant elle-même connu le terrorisme islamiste dans les années 90 et disposant d’une armée puissante se prévaut d’un statut de leadership dans la sous-région sahélienne. Aucune solution viable ne pourrait être envisagée sans l’appui politique et militaire de cette dernière, notamment, pour ce qui est de la crise au Mali ou dans l’établissement d’une réelle coopération régionale dans la lutte contre les djihadistes au Sahel.
    ⦁ La Mauritanie quant à elle développe de bonnes relations avec tous ces partenaires dans la région  : préoccupée par les questions sécuritaires et de son intégrité territoriale, elle met l’accent sur la lutte armée contre les terroristes dans la région, mais ne souhaite pas intervenir militairement au Mali.
    ⦁ Le Mali est implicitement accusé par ces partenaires dans la région de laisser les réseaux djihadistes contrôler le nord du pays. ATT affirmait avant son renversement que l’AQMI n’était pas un problème malien et que par conséquent il ne pouvait lutter seul contre ce groupe.
    ⦁ Enfin, depuis l’élection du Président Mohamadou Issoufou en avril 2011, le Niger a réitéré sa volonté de lutter par tous les moyens contre le terrorisme islamiste dans la région, notamment en réglant si nécessaire la crise malienne par les armes. Le Niger jouit d’une certaine stabilité et d’une reconnaissance grâce à la réussite obtenue par les gouvernements précédents dans la négociation des crises avec les touaregs du Niger , alors que le Mali a échoué.

    2. Effets engendrés par les grandes crises politiques au Sahel  :

    ⦁ Circulation d’armes au Sahel
    ⦁ Il y a aurait  prés de 80 000 Kalachnikovs en circulation dans la région du Sahel (prix variant entre 200 et 300 euros l’unité). Selon l’ONG Oxfam,  prés de 640 millions d’armes légères sont disséminées à travers le monde, dont 100 millions en Afrique.
    ⦁ Selon l’OTAN, la trace d’au moins 10  000 missiles sol-air a été perdue en Libye post-conflit et d’après Human Rights Watch (HRW) après la fin du conflit libyen, la présence d’un arsenal de dizaines de milliers de tonnes de munitions de fabrication russe et française circule dans le Sahel.
    ⦁ Les inquiétudes les plus vives concernent les explosifs et les armes légères et de petit calibre  : une partie entre 800  000 à 1  000  000 d’armes légères seraient tombées entre les mains de l’AQMI.
    ⦁ Au nord du Niger, l’armée nigérienne aurait intercepté une importante quantité de Semtex (645 kilos) et 445 détonateurs et 11 000 munitions de différents calibres.
    ⦁ Début 2012, aux frontières algéro-nigériennes, un convoi a été intercepté disposant de 71 armes de guerre de type PM AK, 38 fusils mitrailleurs, 02 lance-roquettes de type RPG-7, 04 mitrailleuses, 05 fusils à lunettes ainsi que de 16 fusils mitrailleurs.
    ⦁ Un autre arsenal de guerre provenant de la Libye enterré dans le sable de la région désertique d’In Amenas aurait été découvert  : il comptait 15 missiles antiaériens de fabrication russe capable d’abattre des avions en plein vol, ainsi qu’une grande quantité de munitions.
    ⦁ Pour lutter contre le trafic d’armes au Sahel, certains Etats du Sahel ont lancé un certain nombre de programmes et d’initiatives pour sécuriser leurs frontières  : les mesures de sécurisation et les programmes de lutte contre le terrorisme et le trafic d’armes se sont donc multipliés, au niveau national ou régional.
    ⦁ Des initiatives nationales des pays concernés comme les services de sécurité d’Algérie, du Mali, du Niger et de la Mauritanie ont établi une liste de 26 trafiquants d’armes libyennes et ont lancé des mandats d’arrêt internationaux à leur encontre  : ils seraient originaires des pays du champ mais aussi des pays voisins comme le Tchad, le Nigeria, le Sénégal, le Burkina-Faso et bien sûr la Libye.
    ⦁ Le Mali quant à lui opté pour une nouvelle approche qui consiste à racheter des armes des militaires maliens qui étaient dans les rangs de Kadhafi en Libye. A cette fin, il a été établi une structure dans le nord du pays qui a pour mission de centraliser ces actions pour permettre d’éviter une dispersion dans les mains des indépendantistes.

    ⦁ Ce model a poussé le président nigérien récemment élu, à prendre soin de s’attacher aux Touaregs nigériens, eux aussi rentrés par milliers, bien armés et entraînés, en nommant l’un de leurs chefs Touaregs comme chef de gouvernement pour éviter une nouvelle révolte.
    ⦁ Réfugiés et déplacés

    ⦁ Aujourd’hui prés de 436.000 personnes déplacées ou réfugiées ont fui à cause de la crise au Mali depuis le début des attaques contre l’armée malienne dans le Nord. Ce total comprend 261.624 réfugiés maliens enregistrés dans les pays voisins par le Haut commissariat de l’ONU pour les réfugiés, et 174.000 maliens déplacés internes.
    ⦁ Tombouctou, Gao et Kidal, occupées par des islamistes armés comptent le plus de déplacés internes soit 105.000 personnes (plus de 60%). Elles sont suivies de Mopti (centre) comptant 32.500 déplacés, le reste étant réparti entre les autres villes et régions du Sud.

    ⦁ La crise humanitaire au Sahel

    ⦁ La région sahélienne est à une sévère crise alimentaire et nutritionnelle  : environ 15,6 millions de personnes sont déjà touchées par l’insécurité alimentaire et plus d’un million d’enfant souffre de malnutrition aiguë. Le Burkina Faso, le Tchad, le Mali, la Mauritanie, le Niger et l’Algérie ont déclaré l’état d’urgence et demandé une aide internationale. 20 millions d’euros serait nécessaire pour venir en aide aux victimes de cette crise.

    Pays Nombre de personnes
    Niger 5,5 millions
    Mali 3,5 millions
    Burkina Faso 2,85 millions
    Tchad 1,6 millions
    Sénégal 850 000
    Mauritanie 700 000
    Gambie 600 000
    Total 15,6 millions

    Personnes souffrant d’insécurité alimentaire – Répartition par pays

    ⦁ L’Impact de la crise en Côte d’Ivoire et en Libye et le retour massif de travailleurs migrants vers leur pays d’origine dans la région du Sahel, ont joué un rôle dans cette crise alimentaire. Le Niger et le Tchad sont les pays les plus touchés par les retours des migrants où le nombre de rapatriés est estimé à 103 297 personnes au Niger et à plus de 50 000 personnes au Tchad. Par ailleurs environ 3 millions de personnes dans le Sahel seraient directement touchées par la crise libyenne.
    ⦁ Du fait de la détérioration des conditions de sécurité au Sahel, il est devenu plus difficile pour les organismes des Nations Unies et leurs partenaires humanitaires de se rendre auprès des populations et de mener à bien leurs opérations.
    ⦁ Dans certaines zones isolées, privées d’assistance humanitaire en raison de l’insuffisance ou de l’absence de services de l’Etat, des organisations criminelles comme l’AQMI se chargent de fournir des services et une aide humanitaire. Cette situation pourrait permettre à AQMI de recruter davantage et de développer des réseaux locaux d’informateurs et de fournisseurs d’armes.
    ⦁ Criminalité transnationale organisée et trafic de drogues au Sahel
    ⦁ L’apparition récente de drogues parmi les articles faisant l’objet de contrebande et de trafic vient accroître encore les inquiétudes, compte tenu de leurs effets déstabilisateurs sur la région.
    ⦁ La zone du Sahel est devenue la plaque tournante du trafic de drogue en provenance de l’Amérique latine  : le Sahel étant un vaste espace dont le contrôle effectif échappe aux pays de la zone. 46 tonnes de drogue ont été saisies entre 2005 et 2008 à destination de l’Europe. Aujourd’hui, pas moins de 50 tonnes de cocaïne transitent tous les ans par ce canal. La Mauritanie, le Mali, la Guinée, le Niger et le Nigeria sont les plus touchés.

    ⦁ AQMI est impliquée  : une part du trafic de drogue alimente le budget du groupe terroriste en assurant la protection de la marchandise dans la zone du Sahel contre de fortes sommes d’argent pour financer son mouvement dans la région.
    ⦁ Impact sur l’économie
    ⦁ Après la Côte d’Ivoire, c’est au tour du Mali, connu jusqu’alors comme modèle de démocratie en Afrique de connaître une crise sans précédent. Pays enclavé avec des difficultés propres aux pays sahéliens, le Mali connait une récession sans précédent. L’économie malienne qui devait connaitre une croissance de 5.4% cette année, aura certainement une croissance négative (-1.2%) suite aux conséquences du coup d’état.
    ⦁ Les pertes d’emplois subséquentes aux fermetures d’entreprises, l’assèchement des revenus fiscaux, la détérioration des échanges extérieurs et la réduction de la production agricole ont entraînés une augmentation des prix des denrées de base, ainsi que des difficultés d’approvisionnement.
    ⦁ Les   fonds gelés par l’UEMOA, la BAD et la BOAD ajoutés à la suspension de financement de  certains projets de développement représentent plus de la moitié du budget national.
    ⦁ Les sanctions adoptées par la CEDEAO et par les pays voisins pour faire plier la junte ont contribué à aggraver la situation  : plus de 10% du budget devait provenir de la BCEAO, plus de 70% des biens de consommation doivent transiter par les pays frontaliers. Aussi, tout durcissement de mesures (conditions d’octroi de crédit de la BCEAO, embargo de la CDEAO, etc…) affecte négativement les conditions de vie des Maliens surtout ceux vivant dans le nord du pays.

    ⦁ Le risque d’une «  Afghanisation  » du Sahel
    ⦁ Parmi les différents groupes armés présents au nord du Mali, ce sont les groupes islamistes qui se sont imposé  : l’AQMI a déjà mis en place des camps d’entraînement dans le Nord-Mali. Son objectif est d’y instaurer «  un émirat islamique  » dans lequel les djihadistes marginalisés dans leur pays viendraient pour s’entraîner dans des structures beaucoup plus importantes, comme celles existant en Afghanistan.
    ⦁ Sur le long terme, l’AQMI veut créer une nouvelle base d’Al Qaida en Afrique pour organiser des attentats en Occident ou contre les intérêts occidentaux. A cet effet, le président nigérien Mahamadou Issoufo aurait affirmé qu’il aurait des djihadistes afghans, pakistanais (étrangers au Mali) et qui entraîneraient des groupes terroristes sur place.
    ⦁ D’un autre côté, le groupe Ançar Dine serait bien plus puissant au Mali, que les forces d’AQMI  : son objectif se limiterait à l’instauration d’un Etat islamique appliquant la Chariaa dans le pays.
    ⦁ La présence d’islamistes au nord du Mali pourrait également inciter d’autres rébellions dans la région du Sahel  : AQMI et Ançar Dine pourrait se constituer en assise au Burkina.
    ⦁ Les pays voisins redoutent surtout que la revendication d’indépendance des touaregs maliens ne fasse des rivaux dans leur propre pays  : l’Algérie, la Mauritanie, le Niger et le Burkina compterait entre 10 et 30  % de touaregs.
    ⦁ La CEDEAO a demandé au Conseil de sécurité de l’ONU d’autoriser une option militaire et se dit prête à envoyer entre 2 000 et 3 000 hommes, même si elle ne dispose pas de bras armé organisé. Mais une intervention armée ne ferait qu’empirer la situation car elle déstabiliserait davantage le Sahel, accélérera la scission du Mali, ce qui profiterait à l’AQMI.

    III. Réaction marocaine

    1. Fondements de la position marocaine

    Le Maroc  :

    ⦁ Estime que l’urgence doit porter sur le recouvrement par le Mali de son intégrité territoriale et sur la lutte contre les activités terroristes et criminelles commises à l’encontre des populations du pays et de la région sahélienne en général, tout en restant focalisé sur la nécessité d’aider et de soutenir les pays sahélien à renforcer leurs institutions sécuritaires pour assurer une meilleure gestion de leurs frontières et faire face au terrorisme, au crime organisé transnational et aux trafics de tous genres  ;
    ⦁ Soutien la mise en place d’une stratégie globale et intégrée pour la région du Sahel, qui pourrait permettre la mise en place de mesures permettant de relever les défis sécuritaires, humanitaires et de développement sur le court, moyen et long terme dans la région du Sahel  ;
    ⦁ Encourage la recherche d’une solution politique et pacifique, qui reste le moyen le plus approprié au règlement de la crise malienne  ;
    ⦁ S’oppose à toutes formes d’intervention militaire au Mali  (cette position va à l’encontre la position défendue par les membres de la CEDEAO qui exhortent l’ONU à approuver le déploiement d’une force de paix africaine dans le nord du pays);
    ⦁ Reste préoccupé par la situation au Sahel et plus particulièrement au Nord du Mali, concernant les violations des droits de l’Homme, telles que les exécutions sommaires, la torture, les châtiments cruels, les recrutements d’enfants soldats, les violences à l’égard des femmes  ;
    ⦁ Pense que les effets de la crise libyenne n’ont fait qu’exacerber cette situation, alors que des initiatives louables ont vu le jour pour faire face aux défis sahéliens, d’où la nécessité d’asseoir une coopération régionale accrue afin de faire face aux problèmes structurels  ;
    ⦁ S’engage à suivre de près la situation humanitaire dans la région et ne ménagera aucun effort pour assister les réfugiés, jusqu’au rétablissement de la paix et de la stabilité dans la région du Sahel.

    Le Maroc  en tant que pays africain membre non-permanent du Conseil de Sécurité :

    ⦁ Soutien l’adoption par le C.S de l’ONU de la Résolution 2056 sur la situation au Mali, qui appelle les Etats du Sahel et du Maghreb à intensifier leur coopération en vue de lutter contre les activités de l’AQMI et des groupes qui y sont affiliés dans la région du Sahel  ;
    ⦁ A co-parrainé l’adoption par le C.S de l’ONU de la Résolution 2071 autorisant le déploiement d’une opération africaine au Mali (après concertation avec la CEDEAO), avec pour objectif de permettre aux maliens de recouvrer leur souveraineté et l’intégrité de leur territoire et de lutter contre le terrorisme international  ;
    ⦁ Favorablement accueilli la désignation par le SG de l’ONU d’un envoyé spécial des N.U pour le Sahel et dont la mission sera basée sur l’accompagnement des efforts entrepris par la CEDEAO et par le Mali, pour trouver une solution à la question sécuritaire au Sahel et une issue pacifique à la sortie de crise  ;
    ⦁ Appelle la communauté internationale à porter une attention particulière aux défis socio-économiques et à la question du développement humain, auxquels doivent faire face les pays sahélo-sahariens et les Etats ouest africains.

    2. Sur le plan politique  :

    Le Maroc réitère sa disposition à poursuivre les efforts en matière d’aide et d’assistance en vue de contribuer à la restauration de la paix et de la sécurité dans la région du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest et ce, à travers les initiatives suivantes  :

    – Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) 

    Le Maroc soutien les efforts de la CEDEAO visant à trouver une solution politique et pacifique à la crise malienne, sans intervention militaire.

    – Conseil exécutif de la Communauté des Etats sahélo-sahariens (CEN-SAD)

    Le Maroc soutien les efforts de la CEN-SAD en matière de lutte contre le terrorisme, le trafic de drogue et d’armes, et le crime organisé dans la région du Sahel (session extraordinaire du Conseil exécutif de la CEN-SAD tenue à Rabat dernièrement 2012). Il encourage également la recherche de solutions agissantes pour relever les défis de la région sahélienne, toujours dans le cadre de la CEN-SAD.

    ⦁ Conférence régionale pour la sécurité aux frontières

    ⦁ Le Maroc réitère sa volonté a intensifier la coopération régionale, notamment a travers l’examen des problèmes de sécurité dans la région, dont la prolifération et le trafic d’armes transfrontaliers, le terrorisme, le trafic de stupéfiants, l’immigration clandestine, le crime organisé transfrontalier et le trafic de migrants  ;
    ⦁ Le Maroc encourage également la consolidation du dialogue stratégique, l’échange d’expertises et d’informations, ainsi que la coordination opérationnelle dans le domaine de la sécurité frontalière.

    – Conférence ministérielle des Etats d’Afrique riverains de l’Atlantique

    Le Maroc encourage les synergies interrégionales traitant des questions à caractère sécuritaire entre les différentes organisations présentes dans l’espace ouest africain. Le pays soutien une coopération élargie basée sur le principe de responsabilité partagée, nécessaire pour trouver des solutions concrètes à la menace du crime organisé. 

    3. Sur le plan humanitaire  :

    ⦁ Le Maroc très présent sur le terrain, exprime sa profonde préoccupation quant à la détérioration de la situation humanitaire dont souffre un grand nombre de déplacés civils, en provenance notamment du Nord du Mali  ;
    ⦁ La crise au Nord du Mali a aggravé la sécurité alimentaire dans la région sahélienne, déjà désastreuse en raison des sécheresses et des aléas climatiques. D’importantes aides humanitaires ont été acheminés au profit de réfugiés maliens en Mauritanie, au Niger et au Burkina Faso sous forme de denrées alimentaires et de produits pharmaceutiques  (46 tonnes de denrées alimentaires au Niger et 50 tonnes de produits alimentaires et pharmaceutiques au Burkina Faso).

    Nadia El Mahjoubi
    Secrétariat Général
    Ministère des Affaires Étrangères et de la Coopération du Royaume du Maroc
    Tel:  00212 37 67 60 39
    Fax: 00212 37 66 01 28
    Poste: 6039

    P.S.: Note envoyée au MAEC le 31 octobre 2013

    #Mali #Sahel #Niger #Mauritanie #Algérie #MNLA #FLNA #CEDEAO #CEMOC #MUJAO #AlQaida

  • Mali, Di Maio: pour arrêter les trafiquants, intervenir à la racine

    Mali, Di Maio: pour arrêter les trafiquants, intervenir à la racine
    Après la mission de deux jours

    Rome, 9 avril (askanews) – “Pour arrêter les flux migratoires irréguliers et lutter contre les trafiquants d’êtres humains, nous devons intervenir à la racine”, a écrit le ministre des Affaires étrangères Luigi Di Maio à l’issue de la mission de deux jours au Mali.

    «Les problèmes auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui en Italie et en Europe ont une origine claire. En aidant des pays comme le Mali, indispensable à la stabilisation de l’ensemble du Sahel, à endiguer et contrer les groupes terroristes et criminels, nous pourrons également sauvegarder notre sécurité », a-t-il ajouté sur sa page Facebook.

    «Lors des rencontres que j’ai eues entre hier et aujourd’hui à Bamako, j’ai réitéré à tous mes interlocuteurs la volonté de l’Italie de continuer à travailler ensemble pour renforcer nos relations bilatérales. L’ouverture prochaine de l’ambassade d’Italie à Bamako représente une première étape très importante pour atteindre ces objectifs. Nous sommes également en train de finaliser un mémorandum pour renforcer la collaboration sur les questions de migration et de sécurité », a souligné le ministre.

    «Les problèmes, pour être vraiment résolus, doivent être affrontés. Et il y a deux voies: celle des slogans, qui ne mène nulle part; et puis il y a celui du travail silencieux, qui à long terme produit des résultats stables. Nous avons choisi de suivre la deuxième voie parce que nous voulons laisser un pays meilleur aux générations futures ».

    Askanews, 9 avr 2021

    Etiquettes : Italie, Mali, Di Maio, trafic, migration,

  • Comment l’UE doit maintenant changer de cap au Mali

    Par Payam Ghalehdar, Ingo Henneberg, Gerrit Kurtz, Robin Schroeder

    En 2020, plus de civils ont été tués par les forces de sécurité maliennes que par les djihadistes. Ces forces de sécurité reçoivent une formation aux armes à feu de la Bundeswehr dans le cadre de la mission de formation de l’UE. La mission ne peut pas continuer comme ça, disent quatre experts dans ce commentaire invité.

    Depuis 2013, la Bundeswehr forme l’armée malienne dans le cadre de la mission de formation de l’UE (EUTM). L’objectif est de leur permettre de protéger efficacement la population civile, par exemple contre la menace du terrorisme islamiste. Mais la situation sécuritaire s’est massivement détériorée. Particulièrement problématique : en 2020, plus de civils ont été tués par les forces de sécurité maliennes que par les djihadistes. Les forces armées responsables de centaines de violations des droits de l’homme reçoivent donc une formation aux armes à feu de la part des forces armées allemandes. Il est donc grand temps de changer de cap et de lier plus étroitement la formation au Mali aux réformes visibles du secteur de la sécurité.

    EUTM Mali est confronté à plusieurs dilemmes majeurs à la fois : Le Mali a besoin de forces de sécurité efficaces, acceptées par la population, et d’un gouvernement civil qui les contrôle. Cependant, une grande partie de l’armée malienne est continuellement déployée, et sa reconstruction mobiliserait beaucoup de capacités. La formation aux compétences militaires de base est donc plus facile à mettre en œuvre que les réformes structurelles. Mais sans, par exemple, un système de ressources humaines fonctionnel, le Mali ne peut pas organiser efficacement son armée et l’EUTM ne peut pas enregistrer ses succès en matière de formation. Même une formation occasionnelle aux droits de l’homme en classe, comme c’est le cas actuellement, ne peut remédier aux déficits structurels tels que l’impunité et la corruption.

    L’UE est frustrée par la stagnation du processus de réforme et le succès limité de son engagement coûteux. Le gouvernement malien, quant à lui, est confronté à des exigences toujours nouvelles de la part de l’UE, qu’il peut difficilement satisfaire en raison de la faiblesse des structures étatiques. Pourtant, les intérêts européens et maliens – paix, stabilité, développement – sont fondamentalement complémentaires : l’empiètement des forces de sécurité éloigne encore plus la population du gouvernement et encourage l’afflux de groupes armés. En revanche, les forces de sécurité qui protègent systématiquement la population renforcent la confiance dans l’État. Et un environnement plus sûr permet la mise en place de projets d’aide civile et le retour d’un gouvernement local.

    L’UE et le Mali devraient donc conclure un accord sur des engagements conjoints et une responsabilité mutuelle pour la formation et la réforme des forces de sécurité. La logique devrait être de lier la prestation de formation à des progrès concrets en matière de réforme du secteur de la sécurité. Ces réformes devraient porter sur trois domaines essentiels : un système de ressources humaines et de logistique plus transparent, la lutte contre l’impunité et le contrôle parlementaire des forces armées.

    Les deux parties devraient convenir d’indicateurs contraignants et de repères qualitatifs sur la manière, le moment et l’ampleur des progrès dans ces domaines et sur la manière de traiter l’absence de progrès. Dans ce dernier cas, l’EUTM pourrait suspendre progressivement les unités d’entraînement en fonction du risque d’abus, par exemple l’entraînement au combat offensif avant l’entraînement au commandement, à la médecine ou à la logistique.

    Compte tenu de la situation actuelle, l’UE devrait, dans un premier temps, réduire sa formation jusqu’à ce que la mise en œuvre des réformes soit clairement démontrée. Par la suite, si les progrès sont clairement définis, des incitations positives telles que l’accompagnement des forces en formation sur le terrain sont envisageables. L’UE devrait également communiquer son approche de manière transparente à la population malienne et l’impliquer dans l’évaluation des réformes.

    L’occasion de le faire est favorable. Pas plus tard que le 19 mars, la Coalition internationale pour le Sahel, dont l’UE est membre, a convenu que des jalons et des mécanismes de révision définis conjointement devraient garantir le respect mutuel des accords dans le cadre du soutien aux États du G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Niger, Burkina Faso et Tchad). Cette décision pourrait constituer la base des mesures proposées ici en faveur d’une réforme sécuritaire plus durable au Mali. À cette fin, tous les États membres de l’UE doivent unir leurs efforts.

    Les auteurs sont des politologues. Payam Ghalehdar est chercheur à la Georg-August-Universität de Göttingen, Ingo Henneberg à la Freie Universität de Berlin, Gerrit Kurtz pour le Conseil allemand des relations étrangères et Robin Schroeder à l’université de Leiden.

    Welt, 8 avr 2021

    Etiquettes : Mali, Sahel, Union Européenne, UE, Mauritanie, Niger, Burkina Faso, Tchad, G5, Barkhane, MINUSMA,

  • Mali: La bavure de Bounty soulève la question du “respect des principes” liés aux hostilités

    La frappe aérienne française qui a causé la mort de 19 civils maliens, le 3 janvier dernier, dans la ville de Bounty “soulève des préoccupations importantes quant au respect des principes de la conduite des hostilités”, indique un communiqué rendu public mardi par la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (Minusma).

    La frappe française “soulève des préoccupations importantes quant au respect des principes de la conduite des hostilités, notamment le principe de précaution dont l’obligation de faire tout ce qui est pratiquement possible pour vérifier que les cibles sont bien des objectifs militaires”, précise le communiqué qui note que “le groupe touché par la frappe était très majoritairement composé de civils qui sont des personnes protégées contre les attaques au regard du droit international humanitaire”. Selon une enquête menée par la Division des droits de l’Homme de la Minusma, appuyée par la police scientifique des Nations unies la frappe de l’armée française a pris pour cible des personnes assistant à un mariage. “Au terme de l’enquête, la Minusma est en mesure de confirmer la tenue d’une célébration de mariage qui a rassemblé sur le lieu de la frappe, une centaine de civils parmi lesquels se trouvaient cinq personnes armées, membres présumés de la Katiba Serma”, souligne la mission onusienne. “Au moins 22 personnes, dont trois des membres présumés de la Katiba Serma présents sur le lieu du rassemblement, ont été tuées par la frappe de la Force Barkhane survenue le 3 janvier 2021 à Bounty”, poursuit le document. La Katiba Serma est affiliée au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM, ou JNIM en arabe), alliance terroriste elle-même affiliée à “Al-Qaïda”.

    “Sur les 22 personnes tuées, 19 l’ont été directement par la frappe dont 16 civils tandis que les trois autres civils ont succombé des suites de leurs blessures au cours de leur transfèrement pour des soins d’urgence. Au moins huit autres civils ont été blessés lors de la frappe. Les victimes sont tous des hommes âgés de 23 à 71 ans dont la majorité habitait le village de Bounty”, précise la Minusma. Par ailleurs, ” l’équipe n’a constaté sur le lieu de l’incident aucun élément matériel qui aurait pu attester la présence d’armes ou de motos tel qu’établi par le rapport des experts de la police scientifique des Nations unies”, assure la même source. D’autre part, la Minusma “recommande aux autorités maliennes et françaises de diligenter une enquête indépendante, crédible et transparente afin d’examiner les circonstances de la frappe et son impact sur la population civile de Bounty”.

    Elle recommande également “d’examiner de manière approfondie les processus de mise en œuvre des précautions lors de la préparation d’une frappe ainsi que des critères utilisés pour déterminer la nature militaire de l’objectif aux fins de l’application du principe de distinction y compris l’appartenance à un groupe armé à la lumière de cet incident et à y apporter des modifications si nécessaires”. La Minusma invite également les autorités maliennes et françaises à “enquêter sur les possibles violations du droit international humanitaire et du droit international des droits de l’Homme et d’établir les différentes responsabilités et d’octroyer le cas échéant une réparation appropriée aux victimes et aux membres de leurs familles”.

    Une enquête aux standards internationaux

    Dans son communiqué, la Minusma a insisté sur la rigueur dont ont fait preuve les enquêteurs chargés de faire la lumière sur cette bavure. Elle signale que l’équipe à laquelle a été confiée l’enquête était composée de “quinze (15) chargés des droits de l’Homme, avec le soutien de deux (2) experts de la police scientifique des Nations Unies et de deux (2) chargés de l’information publique”. L’équipe “a effectué ses travaux à Bamako, Mopti, Sévaré, Douentza et Bounty”, ajoute la mission des Nations unies. “Dans le cadre de cette enquête spéciale conduite conformément à la méthodologie du Haut commissariat des Nations Unies aux Droits de l’homme, l’équipe a observé des règles strictes de collecte d’information et de témoignages afin de s’assurer non seulement du respect des plus hauts standards en la matière, mais également de la crédibilité, la pertinence et fiabilité des éléments collectés”, affirme le communiqué. “L’équipe a organisé des entretiens présentiels individuels avec au moins 115 personnes et avec au moins 200 personnes lors des réunions groupées, et réalisé plus d’une centaine d’entretiens téléphoniques”, soutient le même document. “

    Elle a également analysé au moins 150 publications, notamment des communiqués et déclarations officiels, des articles de presse, des déclarations et positions d’autres acteurs et des sources ouvertes ainsi que des photographies et vidéos concernant la frappe de Bounty”, dira encore la Minusma. “Le 25 janvier 2021, avec l’appui et la couverture aérienne de la force de la Minusma, l’équipe s’est rendue à Bounty et visité le lieu de la frappe aérienne, l’endroit présumé d’enfouissement des dépouilles des personnes tuées par la frappe ainsi que le village”, rappelle-t-elle. “Je me félicite que ce travail important de la Minusma, en conformité avec son mandat relatif aux droits de l’Homme, ait pu être réalisé avec la coopération de toutes les parties concernées”, a déclaré, par ailleurs, le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies au Mali, et Chef de la Minusma, Mahamat Saleh Annadif.

    Le Maghreb, 1 avr 2021

    Etiquettes : Mali, France, Barkhane, bavure,