Author: xnalgrtayache58

  • Sahara Occidental : L'ONU a toléré les activités d'espionnage et de lobbying du Maroc

    The Guardian : Fuite de câbles: le Maroc a fait pression sur l’ONU pour fermer les yeux sur le Sahara occidental dans le cadre de l’opération « House of Cards »

    Un rapport de l’ONU accuse le gouvernement marocain d’intercepter les communications et d’utiliser des «tactiques contraires à l’éthique» pour influencer l’organisation en territoire occupé
    Le gouvernement marocain a intercepté les communications des Nations Unies et utilisé des «tactiques contraires à l’éthique» dans une opération de type «château de cartes» visant à amener l’organisation à fermer les yeux sur la situation humanitaire au Sahara occidental, selon un rapport de l’ONU divulgué.
    Le rapport divulgué est une analyse par l’ONU de la correspondance entre le gouvernement marocain et l’ambassadeur permanent du pays auprès de l’ONU à Genève et plus tard à New York, Omar Hilale, entre janvier 2012 et septembre 2014. La correspondance marocaine a été rendue publique l’année dernière par une source anonyme utilisant le pseudo Twitter @ chris_coleman24.
    La correspondance marocaine semble montrer que le pays d’Afrique du Nord a intercepté les communications internes de l’ONU; fait des dons importants au Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) avec l’intention exprimée d’influencer l’organisme; fait pression pour annuler les missions d’enquête dans la région de hauts fonctionnaires; et a tenté de mettre fin à un mandat de surveillance des violations des droits de l’homme confié à la mission de maintien de la paix des Nations Unies dans le territoire.
    Le rapport de l’ONU divulgué par le Département des opérations de maintien de la paix de l’ONU (DOMP) indique que «l’analyse de ces câbles indique que la confidentialité des communications de l’ONU a été gravement compromise, le Maroc indiquant à plusieurs reprises qu’il avait intercepté la correspondance interne de l’ONU en provenance de Genève. , New York et Laâyoune ». Dans un câble daté du 22 août 2014, Hilale a fait explicitement référence aux «écrits du secrétariat qui ont été interceptés».
    Le Maroc occupe le Sahara occidental depuis 40 ans depuis le retrait de l’Espagne coloniale en 1975, menant une guerre de guérilla de 15 ans avec le Front Polisario, un groupe militant composé de sahraouis indigènes appelant à l’indépendance, dans le processus. L’ONU a négocié un accord de paix entre les factions en 1991 et a eu une mission de maintien de la paix – la Mission des Nations Unies pour le référendum au Sahara Occidental (Minurso) – surveillant la situation dans la région depuis, y compris les camps de réfugiés contrôlés par le Polisario en Algérie. .
    Ils exposent également les motivations derrière certains des dons importants faits par le Maroc, qui a fait un don de 250 000 dollars au HCDH en 2011 avec l’intention exprimée de rendre la Haut-Commissaire des Nations Unies, Navi Pillay, «plus attentive» à leurs préoccupations concernant la contribution de son bureau. au prochain rapport sur le Sahara Occidental du Secrétaire général des Nations Unies. Un télégramme daté du 22 janvier 2013 se lit comme suit: «Je voudrais rappeler la priorité du transfert des 250 000 dollars restants au titre de la contribution du Maroc au budget du HCDH pour 2011, et dont la Haut-Commissaire a exprimé à deux reprises le souhait de les recevoir… Ce virement contribuera à rendre Mme Pillay plus attentive à nos préoccupations concernant la contribution de son bureau au prochain rapport du Secrétaire général sur le Sahara.
    Depuis 1998, le gouvernement marocain a fait don de plus de 7 millions de dollars au HCDH. En comparaison, son voisin l’Algérie a donné un peu plus de 1,5 million de dollars au cours de la même période.
    Selon le rapport du DOMP, ces communications soulèvent des questions sur la «vulnérabilité des agences des Nations Unies aux interférences externes» à la lumière de leurs contraintes budgétaires.
    Un porte-parole du HCDH a déclaré qu’il encourageait autant d’États que possible à faire des contributions volontaires car il n’était «pas sain de dépendre de quelques donateurs seulement», ajoutant que les dons du Maroc en 2013 et 2014 représentaient 0,4% du revenu total du département.
    La correspondance marocaine divulguée détaille comment les responsables marocains ont cherché à empêcher le haut-commissaire du HCDH, Pillay, de se rendre au Sahara occidental pour faire rapport sur la situation humanitaire dans le territoire, l’ambassadeur du Maroc Hilale avertissant ses collègues que son «contact avec le HCDH» l’avait informé que diverses Nations Unies les organismes font pression pour que Pillay se rende au Sahara Occidental. Dans des câbles ultérieurs, Hilale parle de la nécessité de bloquer les souhaits des hauts fonctionnaires pour empêcher Pillay de se rendre au Maroc.
    Le gouvernement marocain est poursuivi depuis des années par des allégations de violations des droits de l’homme au Sahara Occidental, et le DOMP va jusqu’à suggérer que les câbles montrent que le Maroc n’a aucune volonté de «résoudre ou même s’engager sur la question du Sahara Occidental à travers une véritable processus de négociation demandé par le Conseil de sécurité ».
    Les câbles révèlent le lobbying marocain pour s’assurer que les droits de l’homme ne sont pas inclus dans le mandat du Minurso, l’une des rares missions de maintien de la paix de l’ONU à ne pas avoir un tel mandat. En janvier 2013, Hilale a écrit pour dire qu’il avait demandé à un responsable de l’ONU «de sensibiliser Pillay à l’importance d’éviter tout engagement sur l’élargissement éventuel du mandat de la Minurso aux droits de l’homme, ou sur la création d’un mécanisme indépendant au Sahara occidental» .
    Le rapport du DOMP écrit que cela implique que le gouvernement marocain tenait à affirmer que «les fonctions de base de maintien de la paix telles que le rapport sur les développements sur le terrain et l’accès à tous les interlocuteurs ne s’appliquent pas au Minurso».
    Plus tôt cette année, malgré les appels de Ban Ki-Moon, de l’Union africaine, de Human Rights Watch et du gouvernement américain à donner à Minurso un mandat en faveur des droits de l’homme, le Conseil de sécurité de l’ONU a voté le renouvellement de la mission de Minurso sans mandat. Hilale, désormais représentant du Maroc auprès de l’ONU à New York, a salué la décision du Conseil de sécurité.
    Amnesty International a déclaré au Guardian que l’ONU devait surveiller les violations des droits humains au Sahara occidental. «Il est difficile de voir l’intérêt de la présence de la force de maintien de la paix de l’ONU alors qu’elle ne parvient pas à surveiller les violations des droits de l’homme. Ceux qui risquent d’être arrêtés ou torturés pour avoir revendiqué l’indépendance du Sahara occidental peuvent avoir l’impression que l’ONU était témoin de violations tout en restant inactive », a déclaré Sirine Rached, chercheuse pour l’Afrique du Nord.
    Il est noté dans le rapport du DOMP que les Marocains sont peu susceptibles de confirmer l’authenticité de ces câbles. Bien que le rapport indique lors d’une réunion avec Jeffrey Feltman, sous-secrétaire général aux affaires politiques, en octobre 2014, l’ambassadeur Hilale n’a pas rejeté leur substance globale, déclarant seulement qu’une partie des câbles avait été éditée. Comme l’indique le rapport, «il est important de noter que toutes les mesures et tous les événements prévus dans ces correspondances ont bien eu lieu».
    Le gouvernement marocain a présenté au Guardian une longue réponse aux preuves présentées dans cet article.
    Un porte-parole du gouvernement a déclaré: «Nous refusons de commenter ou d’accorder la moindre crédibilité aux documents qui ont été divulgués, grossièrement falsifiés et exploités de manière malveillante par un individu ou un groupe d’individus, qui se sont cachés derrière de faux comptes de réseaux sociaux et de fausses identités tout en prétendant clairement leur intention de déstabiliser notre pays et de nuire à nos intérêts nationaux.
    Le porte-parole a rejeté les allégations de violations des droits humains faites par Amnesty International et a accusé l’ONG d’une «approche unilatérale et partiale». Ils ont insisté sur le fait que le pays d’Afrique du Nord avait un «engagement de longue date en faveur des droits de l’homme» et prenait des mesures législatives pour améliorer cela.
    Source : The Guardian, 17 juin 2015
    Tags : Maroc, Sahara Occidental, Hacker Chris Coleman,

    #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #Marruecos #WesternSahara

  • Coronavirus : Le long tunnel noir

    par Abdou BENABBOU

    Des pays forts d’institutions solidement structurées et de savoir-faire avéré se débattaient déjà dans des difficultés économiques sans issue avant que la pandémie ne survienne. Des Etats supposés bien assis peinaient à redresser une barre de leurs économies et n’avaient comme ressorts échappatoires que la gonflée de leurs dettes publiques au détriment de leurs générations futures. Des crises décennales se succédant, les états-majors gouvernants tentaient sans conviction de trouver des parades si ce n’est de verser dans l’amplification de la dette, ce qui donnait un autre apparat subtilement invisible au déroulé permanent de la planche à billets.

    La rupture de l’équilibre social entre les droits et les devoirs censé donner un sens à la démocratie n’a pas attendu que le coronavirus apporte sa malédiction pour contrarier le bien-fondé de la citoyenneté. Le contentement des nombreux vœux des populations n’avait pas pu aboutir et les recettes politiques des différents pouvoirs se sont manifestées en flops. Les sujets à guider vers le progrès n’avaient déjà depuis lors que les ressentiments et les émeutes pour protester contre le grand échec. Peu de pays dits nantis échappaient à ce chagrin. Les autres se sont focalisés sur des nations souffre-douleurs accusées d’être les causes de tous les malheurs.

    On en était encore là quand l’épidémie est arrivée avec fracas transformant les inquiétudes en torpeur pour que l’existence des hommes soit davantage et sérieusement contrariée.

    Le long tunnel noir s’est élargi pour le monde entier pour s’interroger sur un devenir impossible à partager entre l’espoir dérisoire et la certitude d’un futur compromis. La notion de démocratie s’est parée de différentes couleurs pour que chacun l’utilise selon ses intérêts. Face à cette marmelade planétaire, la question à poser est de se demander comment les peuples plus atrophiés que les autres et en mal de développement pourraient-ils présager de quoi demain sera né.

    Inutile de remuer le couteau dans la plaie et d’interroger le restaurateur ou le cafetier du coin. S’il est armé du seul jerricane d’essence, il prendra la demande pour la pire des insultes.

    Le Quotidien d’Oran, 5 déc 2020

    Tags : #Coronavirus #Covid19, #Pandémie

  • Macron avait 15 ans quand il « connut » Brigitte Macron, adulte: sa prof, de 25 ans son aînée

    Retour de l’Ordre moral à LREM: une députée veut interdire tout acte sexuel entre un mineur de moins de 15 ans et un majeur

    La macronie pénètre dans la vie intime des Français
    Un rapport remis ce vendredi 4 novembre au gouvernement préconise de changer la loi, pour interdire tout acte sexuel impliquant un mineur de moins de 15 ans et un majeur, avec des exceptions pour les « très jeunes majeurs ».
    Il faut changer la loi pour interdire tout acte sexuel impliquant un mineur de moins de 15 ans et un majeur, mais avec des exceptions concernant les relations entre deux adolescents dont l’un serait un « très jeune majeur », préconise un rapport remis ce vendredi 4 novembre au gouvernement.
    La législation actuelle sur ce point, adoptée en 2018, est considérée par beaucoup comme « insuffisante », car elle ne « marque pas un interdit assez fort » et « ouvre encore trop le débat autour du discernement » des mineurs, ou de leur supposé consentement à un acte sexuel, a observé la rapporteure, la députée LREM Alexandra Louis, chargée par le gouvernement d’évaluer l’application de la loi.
    Mieux pénaliser les agressions sexuelles sur mineurs
    Actuellement, une condamnation pour viol ou agression sexuelle – que la victime soit majeure ou mineure — suppose que les juges démontrent l’absence de consentement à travers les notions de « violence, menace, contrainte ou surprise » de la part de l’auteur.
    Dans l’optique de mieux pénaliser les viols ou agressions sexuelles sur mineurs, la loi de 2018 a précisé que, lorsque les faits concernent un mineur de moins de 15 ans, « la contrainte morale ou la surprise sont caractérisées par l’abus de la vulnérabilité de la victime ne disposant pas du discernement nécessaire pour ces actes ».
    Cette formulation a été élaborée pour « laisser une marge d’appréciation au juge tout en guidant son choix », permettant de renforcer la répression sans pour autant rendre « automatiques » les condamnations, ce qui serait anticonstitutionnel, observe l’avocate Alexandra Louis.
    Engagée sur les violences sexistes et sexuelles, l’habitat indigne, les droits humains et la protection de la jeunesse et députée LREM des Bouches-du-Rhône, à la suite de la socialiste Sylvie Andrieux, , Alexandra Louis est rapporteur de la loi sur les violences sexistes et sexuelles (dite loi Schiappa).
    Pour autant, cette formulation du texte ne satisfait pas les associations de protection de l’enfance, qui estiment qu’un « enfant » de moins de 15 ans ne peut pas consentir à un acte sexuel avec un majeur, quelle que soit l’origine éthnique du mineur.
    Un article à part dans le Code pénal
    La majorité pénale des mineurs de 16 ans reste intouchée…
    Pour sortir de cette situation, Alexandra Louis propose que les actes sexuels impliquant un majeur et un mineur de moins de 15 ans fassent l’objet d’un article à part dans le Code pénal et soient interdits par principe. Ainsi, on évacuerait tout débat sur le consentement des mineurs.
    Toutefois, des exceptions sont nécessaires, pour laisser une part de libre appréciation aux juges, estime Alexandra Louis. Notamment afin d’éviter, par exemple, qu’une relation consentie – et légale – entre jeunes de 17 ans et demi et 14 ans tombe automatiquement sous le coup de la loi dès que le ou la plus âgé(e) atteint sa majorité.
    Pour ce faire, la loi pourrait par exemple préciser une différence d’âge maximale admissible, et/ou une exception dans le cas où la relation a débuté alors que les deux partenaires étaient encore mineurs.
    Source : Pas si dupes, 4 déc 2020
  • Mali: le colonel Malick Diaw élu président du Conseil national de transition

    Le colonel Malick Diaw, numéro deux de la junte au Mali qui a dirigé le pays après le putsch du 18 août, a été élu samedi à la tête du Conseil national de transition, un organe législatif.

    Le Conseil, qui compte 121 sièges et regroupe des partis politiques, des représentants de la société civile, des syndicats et des militaires, était réuni à Bamako pour sa session inaugurale.

    Unique candidat, le colonel Diaw a été élu par 111 voix. Il a été choisi parmi les candidats parrainés par au moins 40 membres, disposition qui était elle aussi favorable aux militaires qui s’étaient arrogé par avance 22 sièges sur 121.

    De jeunes officiers de l’armée du Mali ont renversé le président Ibrahim Boubacar Keïta le 18 août après des semaines de manifestations antigouvernementales.

    Sous la menace de sanctions internationales, les officiers ont remis le pouvoir entre septembre et octobre à un gouvernement intérimaire, censé diriger le pays pendant 18 mois avant la tenue d’élections.

    Après la désignation d’un président, d’un Premier ministre et d’un gouvernement de transition entre fin septembre et début octobre, il restait aux autorités mises en place après le putsch du 18 août à créer le troisième organe, législatif, de cette période supposée transitoire.

    Les conditions de nomination des membres de cet organe, qui ont fait la part belle aux militaires, puis le temps mis à les choisir ont alimenté une grogne de plus en plus manifeste contre les autorités, dissipant progressivement l’a priori initialement favorable aux putschistes.

    La composition de cet organe et le refus de certaines forces d’y participer semblent avoir considérablement compliqué la tâche des autorités.

    La liste des 121 membres de ce Conseil national de transition, fixée par décret présidentiel, a fini par être lue jeudi soir à la télévision nationale.

    Tags : colonel Malick Diaw, Mali, transition,

  • L’UE menace la Turquie de recourir aux sanctions

    L’Union européenne est prête à sanctionner la Turquie en raison de la poursuite «des actes unilatéraux et de la rhétorique hostile» d’Ankara, a annoncé vendredi le président du Conseil européen, Charles Michel. Or l’unanimité est requise au sein de l’UE pour l’utilisation de sanctions.

    L’Allemagne a jusqu’à présent bloqué leur adoption dans l’espoir de trouver un accord pour «développer une relation réellement constructive avec la Turquie». «Nous avons tendu la main à la Turquie en octobre et notre évaluation n’est pas positive avec le constat de la poursuite des actes unilatéraux et de la rhétorique hostile. Nous aurons un débat lors du Sommet européen le 10 décembre et nous sommes prêts à utiliser les moyens dont nous disposons pour sanctionner cette situation», a-t-il déclaré au cours d’une conférence de presse. «Je pense que le jeu du chat et de la souris doit cesser», a-t-il averti.

    L’UE avait adressé en octobre une proposition d’ouverture à Ankara, mais assortie d’une menace de sanctions si la Turquie ne cessait pas ses actions déjà condamnées par l’UE. Une décision avait été prise afin d’examiner la situation lors du Sommet de décembre.

    «Si Ankara poursuit ses actions illégales, nous utiliserons tous les instruments à notre disposition», avait averti Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, lors du Sommet européen en octobre. L’exécutif européen a été chargé d’élaborer des sanctions économiques et elles sont prêtes à être «utilisées immédiatement», avait-elle précisé.

    «Nous avons tendu la main, nous avons vu les réponses d’Ankara», a déploré Charles Michel. Le comportement agressif d’Ankara et sa politique du fait accompli dans plusieurs crises régionales, notamment en Libye et au Nagorny Karabakh, ont été condamnés mardi dernier par le secrétaire d’Etat américain sortant, Mike Pompeo, lors de sa dernière réunion avec ses homologues de l’Otan.

    La Turquie, membre de l’Alliance, a été invitée par les Etats-Unis à «revenir à un comportement d’allié».

    Tags : Turquie, UE, OTAN

    #Turquie #OTAN #UE

  • Sahara Occidental : Le défi d’El Guerguerat

    L’Afrique unie et solidaire, rêvée par les pères fondateurs du panafricanisme triomphant de la barbarie coloniale, est aujourd’hui interpellée par l’urgence du parachèvement de la décolonisation dans la dernière colonie africaine et les enjeux de la paix dans un continent marqué par la prolifération des crises, notamment au Sahel, confronté à la montée de la menace terroriste et à l’ingérence étrangère aux relents néocoloniaux. Cette problématique, placée sous le sceau de «faire taire les armes en 2020», au cœur des travaux de la 21e session extraordinaire du comité exécutif de l’Union africaine, est tributaire de la capacité de l’Afrique à s’imposer en acteur incontournable dans la gestion et le règlement pacifique des conflits.

    L’Afrique du Sud, présidant le Conseil de sécurité le mois décembre, considère, par la voix de la ministre des Relations internationales et de la Coopération, Naledi Candor, qu’il s’agit d’une opportunité pour contribuer à la dynamique de la paix qui conditionne le développement durable. Ce défi majeur est fondamentalement lié à la nécessité de faire front pour combattre les tentatives d’ingérence étrangères, participant à la marginalisation de la nouvelle Afrique pour imposer, comme c’est le cas en Libye, des agendas au service d’intérêts commerciaux et géostratégiques.

    La situation suscite de légitimes appréhensions. Dans son intervention, le ministre des Affaires étrangères, Sabri boukadoum, prenant acte de la résurgence des conflits et l’occultation de la responsabilité africaine, a évoqué les derniers développements survenus au Sahara occidental source de «grandes inquiétudes» pour l’Algérie soucieuse de la stabilité et de la sécurité dans la région.

    La crise de Guerguerat est non seulement une violation des dispositions statutaires, mais constitue aussi un défi lancé à l’Union africaine, solidement ancrée dans le socle anti-colonial et tenue de traduire en actes concrets son engagement contracté par les accords de paix signés en septembre 1991 entre le Maroc et le Front Polisario. Car par-delà la politique du fait accompli, la violation du cessez-le-feu est une sérieuse menace contre la stabilité dans la région soumise au diktat de l’Etat narcotrafiquant rêvant, révèlent le magazine Strategika et le comité d’experts de l’ONU au Mali, d’une extension du commerce du hachich à travers les filières de l’immigration clandestine e long de la bande sahélienne.

    Ce redéploiement est motivé par la fermeture de la frontière algérienne et la lutte contre le trafic de drogue, menée avec professionnalisme par l’Armée nationale populaire, en rempart infranchissable, contre le terrorisme et le crime organisé sous toutes ses formes. Cette face cachée de la guerre d’El Guerguerat traduit la crise d’une monarchie aux abois secouée par une grave crise financière et économique.
    Horizons, 4 déc 2020

    #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #Marruecos #WesternSahara #Algérie



  • France: des syndicats policiers remontés contre Emmanuel Macron

    Le président français Emmanuel Macron est sous le feu des critiques des syndicats policiers après avoir annoncé vendredi la mise en place d’une plateforme de signalement des discriminations et des sanctions contre « certains policiers violents ».


    L’entretien d’Emmanuel Macron diffusé en direct sur « Brut » vendredi après-midi n’est pas passé chez les syndicats de policiers, ont rapporté des médias français. Au moins deux d’entre eux, Alliance et Unité SGP, ont diffusé dans la foulée sur les réseaux sociaux des tracts appelant à ne plus faire de contrôles d’identité voire à ne plus mener d’interpellations.

    Selon les mêmes sources, ce qui froisse en particulier ces syndicats est l’annonce, par le chef de l’Etat français, de la mise en place d’une plateforme de signalement des discriminations. Celle-ci sera gérée par l’Etat, le Défenseur des droits et des associations.

    « Aujourd’hui, quand on a une couleur de peau qui n’est pas blanche, on est beaucoup plus contrôlé […] On est identifié comme un facteur de problème et c’est insoutenable », a regretté Emmanuel Macron. Plusieurs études, dont l’une publiée en 2017 par le Défenseur des Droits Jacques Toubon, attestent en effet de l’existence de ce genre de contrôles au faciès.

    « Blocage total »

    « Vous décidez de discriminer et de cloîtrer en banlieue des populations puis nous le faites payer ? Non. Ça ne se passera pas comme ça », assène sur Twitter Unité SGP, qui prône un « blocage total ». « Non la Police nationale n’est pas raciste et elle ne choisit pas sa délinquance », s’agace de son côté Alliance.

    « La présomption de culpabilité de racisme et de contrôle au faciès n’aura pas lieu », martèle la section Grand Est du syndicat.

    Les syndicats reprochent également au locataire de l’Elysée d’avoir évoqué l’existence de « policiers violents » et « qu’il faut sanctionner ». « Je n’ai pas de problème à répéter le terme de violences policières mais je le déconstruis », car « c’est devenu un slogan pour des gens qui ont un projet politique », avait ajouté Emmanuel Macron.

    « Nous sommes violents, n’interpellez plus! Nous sommes racistes, ne contrôlez plus! », rétorque Unité SGP, alors que près de 90 manifestations sont prévues dans plusieurs villes de France ce samedi pour protester contre la proposition de loi sécurité globale.


    En juin dernier, les syndicats policiers s’étaient déjà mis en colère après les propos de Christophe Castaner. Ministre français de l’Intérieur à l’époque, ce dernier avait évoqué l’existence de « soupçons avérés » de racisme dans la police et annoncé la fin progressive de la technique de la clé d’étranglement.

    Rappelons que la proposition de loi sécurité globale a suscité une grande polémique ces derniers jours, notamment l’article 24 qui prévoit de pénaliser la diffusion “dans un but malveillant” d’images de policiers ou de gendarmes sur les réseaux sociaux.

    Echourouk Online, 5 déc 2020

    Tags : Macron; France, syndicats, SGP, police,

  • Soupçons d’espionnage marocain à la Grande Mosquée du Cinquantenaire

    La justice a rendu un avis négatif concernant la reprise des activités de la Grande Mosquée du Cinquantenaire, à Bruxelles. Certains de ses nouveaux dirigeants, qui avaient été désignés pour mettre fin à l’influence de l’Arabie Saoudite, sont soupçonnés d’espionnage pour le compte du Maroc, rapportent vendredi De Morgen et Het Laatste Nieuws.

    En avril dernier, la gestion du lieu de culte, financé depuis des décennies par l’Arabie Saoudite, avait été confiée à l’Exécutif des Musulmans. Ce dernier avait mis en place une direction provisoire, dans l’attente du dépôt d’un dossier de reconnaissance.
    Cette demande a été soutenue par la plupart des autorités concernées, mais le ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne (Open Vld) a néanmoins rendu un avis négatif, sur base d’éléments de la Sureté de l’Etat. Ces derniers font état d’une emprise marocaine qui aura pris la suite de l’influence saoudienne. De l’espionnage est même évoqué, la Sureté désignant trois collaborateurs de la mosquée, dont un dirigeant, comme membres des services de renseignement marocains.
    La procédure de reconnaissance est suspendue et le ministre exige de l’Exécutif des Musulmans qu’il fasse le ménage. L’un des espions présumés y siège également et fait partie de l’association censée mettre en place un trajet de formation pour les imams.
    Source : 7sur7, 4 déc 2020
    #Maroc #Belgique #Mosquée #EMB #Terrorisme
  • Sahara Occidental : Boukadoum demande à l’UA d’assumer ses responsabilités

    ALORS QUE LAVROV APPELLE À UNE REPRISE DES NÉGOCIATIONS : Boukadoum demande à l’UA d’assumer ses responsabilités 

    Le ministre des Affaires étrangères de Russie, Sergueï Lavrov, a appelé les parties au conflit au Sahara occidental, le Maroc et le Front Polisario, à faire preuve de retenue et à reprendre le processus onusien.
    Dans un entretien téléphonique avec son homologue marocain, M. Lavrov a discuté des développements de la situation au Sahara occidental, face aux affrontements militaires incessants dans la région d’El-Guerguerat, dans le sud du Sahara occidental, suite à la violation par le Maroc de l’Accord de cessez-le-feu le 13 novembre dernier, appelant à la retenue, au respect du cessez-le-feu et à la reprise des négociations sous l’égide de l’ONU, a indiqué un communiqué du MAE russe.
    De son côté, le ministre des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum, avait appelé l’Union africaine (UA) à assumer sa responsabilité face aux graves développements de la situation au Sahara occidental et aux tentatives d’imposer la politique du fait accompli dans les territoires d’un membre fondateur de l’UA. Dans son intervention, par visioconférence lors des travaux de la 21e session extraordinaire du Conseil exécutif de l’Union africaine, le chef de la diplomatique algérienne a précisé que « face aux graves développements de la situation au Sahara occidental, notre organisation continentale, qui a joué un rôle constructif dans l’élaboration et l’adoption du plan de règlement onusien, ne peut pas rester en marge », soulignant que « vu l’échec total du mécanisme de la Troïka, le Conseil africain de paix et de sécurité doit assumer la responsabilité qui lui incombe, conformément au texte de son protocole d’institution ». Après avoir affirmé que la situation actuelle au Sahara occidental « constitue une source de grande inquiétude pour l’Algérie », M. Boukadoum a prévenu qu’ »outre les tentatives d’imposer la politique du fait accompli dans les territoires d’un membre fondateur de notre organisation, les violations enregistrées contre des civils dans la région d’El-Guerguerat ont posé de sérieux défis susceptibles de mettre en péril la paix et la sécurité dans toute la région ».
    Ces développements, a ajouté le ministre des Affaires étrangères, « interviennent au moment où le processus politique de l’ONU, pour le règlement de la question sahraouie, se trouve dans une impasse sans précédent qui a exacerbé les souffrances du peuple sahraoui en l’absence de perspectives de négociations politiques sérieuses permettant l’autodétermination du peuple sahraoui ».
    La passivité de l’Union européenne pointée du doigt
    Ces déclarations interviennent au moment où une parlementaire européenne (PE), du parti social-démocrate suédois, Mme. Jytte Guteland a affirmé que « l’inertie et la passivité de l’Union européenne (UE) devant la décolonisation du Sahara occidental ouvrirait le champ à une autre guerre sanglante ».
    « Au lieu de s’employer au soutien des efforts visant la décolonisation pacifique tant attendue de la dernière colonie en Afrique, l’UE a tenu à conclure un accord commercial au-dessus de la tête des Sahraouis et contre leur volonté, afin de continuer à exploiter les ressources sahraouies et préserver les intérêts économiques du Maroc dans les territoires occupés », a écrit Mme. Guteland dont les propos sont cités et rapportée par l’Agence sahraouie SPS. Pour la député européenne, il est impératif pour l’UE de se prononcer et de défendre le Sahara occidental où le Maroc occupe illégalement de grands territoires depuis 1975, sous les yeux de la Minurso créée en 1991 et qui a échoué durant 29 ans dans sa principale mission, à savoir l’organisation d’un référendum sur l’autodétermination au profit du peuple sahraoui. Exaspéré contre la violation par le Maroc du cessez-le-feu à El-Guerguerat, Mme. Guteland a avoué avoir transmis, conjointement avec des députés membres du Groupe des amis du Sahara occidental, une correspondance au haut représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, Josep Borrell, dans laquelle le groupe a invité l’UE à condamner l’attitude du Maroc et à parvenir à une solution pacifique au conflit, en faisant respecter le droit international et le droit des Sahraouis à l’autodétermination.
    Le statu quo au Sahara occidental, précise la députée socio-démocrate, a nourri davantage la désespérance chez les réfugiés sahraouis qui assistent, depuis 45 ans de conflit, à l’échec du processus politique onusien, 29 ans après son lancement, censé garantir au peuple sahraoui son droit à l’indépendance. « L’occupation marocaine du Sahara occidental est inadmissible, de même que le blackout sur la violation flagrante du droit international est intolérable, c’est pourquoi, la Commission européenne est appelée à faire respecter les chartes internationales et les droits de l’Homme même avec les pays étroitement liés au plan économique », a-t-elle écrit.
    Elle a appelé la Commission à « mettre un terme à la passivité afin d’éviter le danger d’une autre guerre de sang aux abords de l’UE ».
    M. Bendib

    #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #Marruecos #WesternSahara

  • Soupçons d’espionnage marocain à la Grande Mosquée de Bruxelles

    La Sûreté de l’Etat a remis des éléments au ministre de la Justice, qui a remis un avis négatif pour la reconnaissance de l’institution.

    a justice a rendu un avis négatif concernant la reprise des activités de la Grande Mosquée du Cinquantenaire, à Bruxelles. Certains de ses nouveaux dirigeants, qui avaient été désignés pour mettre fin à l’influence de l’Arabie Saoudite, sont soupçonnés d’espionnage pour le compte du Maroc, rapportent vendredi De Morgen et Het Laatste Nieuws.

    En avril dernier, la gestion du lieu de culte, financé depuis des décennies par l’Arabie Saoudite, avait été confiée à l’Exécutif des Musulmans. Ce dernier avait mis en place une direction provisoire, dans l’attente du dépôt d’un dossier de reconnaissance.

    Influence marocaine

    Cette demande a été soutenue par la plupart des autorités concernées, mais le ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne (Open VLD) a néanmoins rendu un avis négatif, sur base d’éléments de la Sureté de l’Etat. Ces derniers font état d’une emprise marocaine qui aura pris la suite de l’influence saoudienne. De l’espionnage est même évoqué, la Sureté désignant trois collaborateurs de la mosquée, dont un dirigeant, comme membres des services de renseignement marocains.

    La procédure de reconnaissance est suspendue et le ministre exige de l’Exécutif des Musulmans qu’il fasse le ménage. L’un des espions présumés y siège également et fait partie de l’association censée mettre en place un trajet de formation pour les imams.

    Lesoir.be, 4 déc 2020

    Tags : Maroc, Belgique; Islam, Grande Mosquée du Cinquantenaire, Exécutif des Musulmans de Belgique,

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