Author: xnalgrtayache58

  • Le HCDH chargé de surveiller les droits de l’homme au Sahara Occidental

    Au Conseil de Sécurité, il semble que la France a levé son veto sur la question des droits de l’homme. Du moins, partiellement!. Les Nations Unies semblent avoir confié la mission de la surveillance de la situation des droits de l’homme au Sahara Occidental au Haut Commiassariat des Nations Unies aux Droits de l’homme (CHDH). Dans son dernier rapport sur l’ancienne colonie espagnole, le SG de l’ONU a inclu une nouvelle rubrique appellée “Droits Humains” dans laquelle il fait part de la surveillance des droits de l’homme dans ce territoire.

    Rappelan que le Conseil de sécurité a encouragé vivement le renforcement de la « coopération avec le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH), y compris en facilitant des visites dans la région », Guterres indique que “la surveillance des droits humains au Sahara occidental demeure fortement entravée par le manque d’accès du HCDH à ce territoire ». « Les défenseurs et défenseuses des droits humains, les chercheurs et chercheuses, les avocats et avocates et les représentantes et représentants d’organisations non gouvernementales internationales continuent également de rencontrer des contraintes similaires », a-t-il ajouté.

    Le Chef de l’ONU a signalé l’inquiétude du HCDH concernant “la persistance des restrictions imposées par les autorités marocaines à la liberté d’expression, au droit de réunion pacifique et au droit d’association au Sahara occidental ».

    A cet égard, Guterres indique que durant la période considérée, le HCDH « a reçu des signalements de harcèlement, d’arrestations arbitraires et de condamnations de journalistes, d’avocates ou avocats et de défenseurs ou défenseuses des droits humains ». « Il a également reçu plusieurs signalements de faits de torture, de mauvais traitements et de négligence médicale dans les prisons marocaines, tandis que des organisations de la société civile et des avocats demandaient la remise en liberté, pendant la pandémie de COVID-19, de prisonniers sahraouis, tels que le groupe Gdeim Izik et un groupe d’étudiants », ajoute-t-il.

    Tags : Sahara Occidental, Front Polisario, Maroc, droits de l’homme, Antonio Guterres, ONU, HCDH,

  • Paragraphes intéressants du rapport du SG-ONU sur le Sahara Occidental

    Le Maroc renforce le mur de défense militaire

    -“À l’ouest du mur de sable, la MINURSO a constaté que les activités d’entretien le long de tronçons du mur de sable à Oum Dreyga et Auserd avaient dépassé le cadre autorisé, de nouvelles rangées de blocs de pierre ayant été installées sur les lieux. Ces activités ont été désignées comme étant des violations d’ordre général, respectivement en mai et en juin 2020, puis ajoutées, respectivement en juillet et août, à la liste des violations persistantes. La Mission a essayé de faire retirer ces rangées de blocs mais l’Armée royale marocaine s’y est opposée, indiquant notamment, dans une lettre du 16 avril 2020 adressée à la Mission, qu’elles avaient été installées pour limiter la circulation de véhicules utilisés pour le trafic de drogue. La position de l’Armée royale marocaine n’est pas conforme aux règles définies dans l’accord militaire no 1”.


    -“En mai, la MINURSO a observé le redéploiement de membres de l’Armée royale marocaine sur la ligne de postes d’observation installés le long du mur de sable, dans la zone d’accès restreint, en plusieurs points d’Auserd et Oum Dreyga. Désignés en août 2012 comme constituant une violation persistante, ces postes d’observation avaient été abandonnés en 2019 par l’Armée royale marocaine à l’issue de négociations avec la MINURSO. La rubrique correspondante de la liste d es violations persistantes avait alors été supprimée. La MINURSO avait par la suite donné son accord pour qu’ils soient utilisés de manière strictement encadrée et à court terme au titre de la lutte contre le trafic de drogue, mais l’Armée royale marocaine l’a informée verbalement, lors d’une réunion de coordination officielle, qu’elle entendait aller au – delà des termes de cet accord et continuer d’en faire usage. L’utilisation de ces postes a été déclarée en juillet comme une violation d’ordre général de l’accord militaire n o 1 et la rubrique correspondante a été réinscrite en août sur la liste des violations persistantes.

    -“La MINURSO a constaté une divergence entre la dotation en armes et en équipements consignée dans l’ordre de bataille et le nombre d’armes lourdes déployées sur le terrain à Oum Dreyga et l’a qualifiée de violation en mars. Une violation commise par l’Armée royale marocaine a également été enregistrée en janvier, celle-ci ayant pénétré dans la zone tampon, à proximité d’Auserd, pour tenter d’en retirer un camion des forces militaires du Front POLISARIO [dont la présence a conduit également à la déclaration d’une violation commise par ce dernier (voir par. 29)]. Une autre violation ayant trait à la restriction de la liberté de circulation de la MINURSO dans la région de Mahbas a été consignée en juin”.

    Le Maroc continue de s’opposer à un changement dans les plaques des véhicules de la MINURSO

    -“En outre, la confiance de la population en l’impartialité de la Mission continue d’être compromise par le fait que le Maroc exige que les véhicules de la MINURS O utilisent des plaques d’immatriculation marocaines à l’ouest du mur de sable, ce qui contrevient à l’accord sur le statut de la Mission. En mars 2014, mon Représentant spécial et le Gouvernement marocain ont convenu verbalement de remplacer progressivement les plaques d’immatriculation marocaines par des plaques d’immatriculation de l’ONU (S/2014/258, par. 50), mais aucune suite n’a encore été donnée à cet accord. Cette question en suspens, ainsi que l’apposition par le Maroc de cachets sur les passeports de la MINURSO, continue d’être régulièrement dénoncée par le Front POLISARIO”.

    Guterres demande au Front Polisario de nommer un coordinateur avec la MINURSO

    J’engage S/2020/938 20-12400 17/21 également le Front POLISARIO à nommer un nouvelle personne chargée de la coordination avec la MINURSO dans la zone de la Mission.

    L’intérêt de Guterres pour les droits de l’homme n’inclue pas les prisonniers politiques sahraouis

    -“J’exhorte à nouveau les parties à respecter et promouvoir les droits humains de toutes les personnes au Sahara occidental, notamment en réglant les questions en suspens en la matière et en resserrant leur coopération avec le HCDH et les mécanismes des Nations Unies chargés des droits humains, et à faciliter leurs missions de suivi”.

    Source : Rapport du SG-ONU du 23 septembre 2020

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, Front Polisario, ONU, MINURSO, Antonio Guterres, Conseil de Sécurité, 

  • Sahara Occidental : “Nous sommes dans les limites de la patience (Brahim Ghali)

    CHEF DU POLISARIO: NOUS SOMMES DANS LES LIMITES DE LA PATIENCE, ET TOUTE ATTAQUE CONTRE UN SAHRAOUI SIGNIFIE LE RETOUR DE LA GUERRE

    Le chef du Front Polisario qui réclame l’indépendance du Sahara Occidental de la tutelle du Maroc, M. Brahim Ghali, a déclaré que les sahraouis sont au bout des limites de la patience, et que toute attaque contre un Sahraoui signifierait le retour de la guerre.

    Dans une interview accordée à la télévision algérienne, Ghali a ajouté que le front polisario a été conduit à se positionner dans certaines zones pour protéger ses citoyens qui ont bloqué spontanément, le passage terrestre de la zone tampon « guerguerat » confirmant qu’ils ont averti le Maroc et les Nations Unies de prendre la responsabilité de ce qui pourrait advenir, signalant que toute attaque contre eux signifie le retour de la guerre.

    Ghali a déclaré que les sahraouis ont beaucoup enduré, demandant: Combien de temps allons-nous attendre pour répondre aux appels répétés (de nos compatriotes) pour un retour à la guerre, indiquant que les enfants sahraouis nés en septembre 1991 sont devenus papas et mamans.

    Les nouveaux propos de Ghali sont considérés les plus forts prononcés -jusqu’ici- par les parties en conflit sur le Sahara occidental.

    Mourassiloun

    Source : adrar.info, 2 oct 2020

    Tags : Sahara Occidental, Front Polisario, Maroc, El Gargarat, ONU, MINURSO, 

  • Les voix d’une patrie perdue : la poésie du Sahara occidental

    La poésie sahraouie retrace des expériences allant de la guerre et du déplacement aux odes de Badi à « une douce existence pleine de vie »

    Par Sam Berkson – TINDOUF, Algérie

    Cela fait près d’un an que le poète sahraoui Mohamed Mustafa Mohamed Salem, connu sous le nom de « Badi », est mort à l’âge de 83 ans.

    Sa mort a fait l’objet de peu de nécrologies, mais sa poésie continue d’inspirer les jeunes générations exilées si loin de la patrie dont il parle, et qui n’en gardent aucun souvenir.

    Badi a vécu la seconde moitié de sa vie dans les camps de réfugiés autour de Tindouf, une région aride de l’ouest de l’Algérie.

    Comme des milliers d’autres réfugiés, il a fui son foyer après l’annexion du Sahara occidental par le Maroc en 1975.

    Vivre dans les camps, avec leurs ressources limitées et leur isolement géographique, signifiait une publication et une distribution restreintes de sa poésie sous forme écrite. Mais elle a survécu pendant des années par la récitation.

    La poésie sahraouie elle-même, composée en hassanya (un dialecte arabe), est peu connue au-delà de son propre peuple. Dans les territoires occupés, elle est souvent réprimée, avec d’autres initiatives culturelles hassanya.

    Selon Amnesty International, en 2019 au Sahara occidental, « les autorités ont harcelé des journalistes, des blogueurs, des artistes et des activistes pour avoir exprimé leurs opinions pacifiquement, en ont condamné au moins cinq à des peines de prison pour avoir ‘’insulté’’ des fonctionnaires et en avoir apparemment pris pour cible d’autres avec des logiciels espions ».

    Les dangers pour les poètes y sont démontrés par ce qu’a connu Hadjatu Aliat Swelm, qui a publié des poèmes en ligne sous pseudonyme.

    Après la découverte de son identité, elle dit avoir été soumise à ce qu’elle appelle la « pression » de fréquentes descentes de police et avoir été suivie dans la rue. En 1999, elle a choisi de se faire réfugiée plutôt que de disparaître, comme cela est arrivé à beaucoup d’autres dans sa situation.

    Le poème de Badi, Tishuash, recrée avec une beauté mélancolique la vie traditionnelle des Bédouins, que de nombreux Sahraouis n’ont jamais connue.

    Tishuash est un hymne à la gloire d’un mode de vie perdu. Le titre signifie, à peu près, « le plaisir de se souvenir de choses qui sont passées ».

    Il regorge de mots que même les traducteurs locaux ne connaissaient pas : des mots comme srei, signifiant « le voyage fait avant l’aube », torda, qui est « un petit trou creusé où l’on trouve de l’eau près de la surface après les pluies au milieu d’une vallée », ou as’geig, « l’eau qui forme des flaques sur les rochers concaves sur le lit d’une rivière asséchée ».

    Ces mots issus d’une langue orale sont pratiquement oubliés après 45 ans de colonisation forcée.

    Ainsi, leur récitation dans la poésie est elle-même un acte de résistance. Il s’agit des apocryphes « centaines de mots désignant la neige » des Inuits et d’un intéressant défi de traduction.

    Cependant, se souvenir de ces lieux perdus et de la connaissance perdue était, pour Badi, presque un devoir sacré. Comme il le dit dans son poème Paysage :

    Après toute cette douleur,
    incapable de marcher à Lejouad,
    sachez que louer les noms de ces lieux
    les rapproche du Tout Miséricordieux.

    « Douce existence pleine de vie »

    Né berger dans la ville d’Aousserd en 1936, Badi a appris la poésie et le chant auprès des femmes de sa région. Il a voyagé en Algérie, en Libye et en Mauritanie, et après une sécheresse qui l’a privé de son troupeau, il a rejoint l’armée espagnole.

    Après la formation d’un mouvement d’indépendance sahraoui unificateur, le Front Polisario, Badi a rejoint sa nouvelle « Armée de libération du peuple sahraoui », mais il n’a jamais été porté sur la poésie politique de la guerre.

    Selon sa fille, Sumaya Mohamed Salem, Badi « ne pouvait pas écrire ce que les gens voulaient qu’il écrive ». Comme l’a dit Badi un jour : « Les poètes expliquent l’humanité et ce que signifie être humain. La véritable poésie doit être proche de la vérité, honnête vis-à-vis de ce que vous ressentez et fidèle à vous-même. »

    Mohamed Salem confie qu’il y a beaucoup de choses qu’elle ne savait pas sur son père : « Une étrange coutume que nous avons, c’est que nous ne pouvons pas parler de quoi que ce soit avec nos parents. Nous ne pouvons pas demander leur avis sur les choses ou leurs véritables sentiments. »

    « Badi était plus ouvert d’esprit que la plupart des gens, mais il était toujours très strict sur les coutumes. Il était très résistant à toute nouveauté. Pour lui, les jeunes étaient l’ennemi, plus encore que les Marocains. »

    Mohamed Salem a très peu de liens avec la terre à laquelle son père faisait référence avec tant d’émotion.

    En 2011, elle a rejoint son père lors de son voyage vers ce que les Sahraouis appellent al-Bedir, littéralement la « campagne », mais c’est-à-dire la « zone libre » – les 20 % à l’est du territoire du Sahara occidental qui n’ont pas été bouclés par la « berme », les 2 700 km de mur défensif du Maroc, un espace extrêmement miné et faisant l’objet de patrouilles intensives, achevé en 1987.

    Badi a pleuré de revoir sa patrie, mais sa fille explique n’avoir rien ressenti : « Le Sahara occidental pour moi, c’est comme Paris ou Berlin – un endroit dont j’ai entendu parler, mais où je ne suis jamais allée. »

    Écrit après son voyage dans la zone libérée, Tishuash parle de la « douce existence pleine de vie » du nomade du désert que la génération de sa fille n’a jamais connue. Le poète est transporté dans cette vie à travers ses souvenirs des vues, sons et odeurs, un peu comme, en un autre lieu et un autre temps, John Keats a été transporté par le chant du rossignol.

    Les souvenirs sensoriels ramènent Badi dans ce monde perdu, mais quand il s’approche si près qu’il peut « sentir la peau de cet animal à côté de la broche / et voir les os propres à côté de cette peau », cette image de la mort termine brusquement le voyage imaginaire.

    Il arrive à la même prise de conscience que Keats, quand il a été forcé de reconnaître que, « Car malgré ce qu’on dit, les chimères / Ne peuvent tout à fait nous abuser, – elfe joueur ».

    Dans le présent, Badi s’interroge dans le vide, « comment se fait-il, mon frère, que tu ne te souviens pas de cela ? » Il répond pour le lecteur :

    Il n’est plus avec nous,
    et si tishuash pourrait le ramener
    il ajouterait tishuash
    au tishuash
    de mon tishuash.

    Pourtant, le tishuash de Badi fait renaître quelque chose. Il ravive la perte : il ranime le sentiment de privation, mais aussi ce mode de vie perdu pendant le court laps de temps que dure le récit du poème. Nous l’entendons dans le « bruissement de la queue des chameaux / avant que le soleil ne se lève jusqu’à nos yeux » ; sentir, avec le poète, « le sable humide » sur lequel il dort près de « la bouche d’un puits » ; et goûter son thé, aromatisé aux herbes du désert.

    Sa poésie préserve les pratiques, la langue et les coutumes qui sont étrangères même à sa fille, qui parle le rabouni hassinaya (la langue des camps, pas celle du Sahara occidental).

    Comme la poésie traditionnelle d’avant la guerre, on retrouve la fonction et l’esthétique dans la composition de son travail – la préservation et la transmission de la connaissance. Pourtant, à cause de la rupture qui s’est produite entre les générations, même sa fille déclare : « Je ne comprends pas ses poèmes. »

    Poésie et chanson

    En février de cette année, une célébration culturelle a eu lieu dans les camps de réfugiés du Sahara occidental à Tindouf.

    Cet événement annuel, qui marque l’anniversaire de la déclaration de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) en 1976 par le Polisario, a été organisé par le ministère de la Culture du gouvernement du Sahara occidental en exil. Pendant cinq heures, les poètes ont récité leur travail dans une « tente culturelle ».

    « Ce n’est pas tous les jours qu’on voit tous les grands poètes, surtout les anciens », explique Mohamedsalem Wared, un militant sahraoui de 35 ans qui est né et a grandi dans les camps. « Cela me parle en tant qu’être humain et Sahraoui. Je me sens plus représenté dans la poésie que dans toute autre chose. »

    En tant que peuple largement pastoral et nomade, la poésie et le chant (les deux sont si étroitement liés que le mot hassiniya leghna signifie à la fois le chant et la poésie lyrique) avait traditionnellement des fonctions vitales dans la vie de la société.

    Comme la poésie orale en générale, la leur était composée selon des règles métriques et formelles strictes, restées plus ou moins inchangées pendant des siècles. Les poèmes doivent avoir deux hémistiches (teefelwatan), avec une rime à la fin de chacun. Les rimes qu’un poète a choisies fixent alors le rythme que suivra le poème.

    Comme l’explique Mustafa El-Kattab, ministre du Polisario et chercheur en poésie sahraouie, « le type de voyelles utilisées dans chaque hémistiche détermine le choix du mètre pour le poème ».

    La tente culturelle qu’a visitée Wared recréait l’aspect social du rassemblement, de l’écoute et de l’appréciation des vers. Avant le colonialisme, elle avait aussi des fonctions plus pratiques : se souvenir et transmettre les noms des lieux et des pratiques qui servaient les gens du désert à l’élevage de chèvres et de chameaux ; préserver le folklore, la sagesse et les mœurs ; et fournir un moyen d’interagir avec d’autres « tribus ».

    Contrairement à la Mauritanie voisine, le statut de poète n’est pas (du moins de mémoire vivante) une fonction de caste. Certains poètes naissent dans des familles de poètes, d’autres le deviennent en écoutant et en apprenant le métier. Ce n’est pas non plus un rôle sexué : femmes et hommes sont poètes.

    Dans les années 1970, tout a changé. Un mouvement indépendantiste croissant a uni les « tribus » en un peuple du Sahara – les Sahraouis – et poussait à l’autodétermination de l’Espagne, semblable à celle qui avait déjà été accordée à l’Algérie voisine et aux États de l’ancienne Afrique-occidentale française.

    Malgré la reconnaissance par l’ONU du Front Polisario, la promesse espagnole d’un référendum et la décision de la Cour internationale de Justice, après la mort du dictateur espagnol Franco, en 1975, le territoire a été transféré au Maroc et à la Mauritanie. La guerre a éclaté, qui a duré jusqu’à un cessez-le-feu en 1991.

    Pendant ce temps, la poésie sahraouie a changé radicalement aussi. Elle a conservé sa forme et structure particulière, mais le contenu était complètement différent. Un nouveau genre a vu le jour, qu’El-Kattab qualifie de « poésie socialement engagée ».

    Al Khadra Mabrook, aujourd’hui octogénaire, indique que sa propre poésie a subi ce changement, passant de la poésie qui « célébrait principalement la beauté féminine », aux poèmes qui lui donnaient le surnom de « poétesse du fusil ».

    Dans l’un de ses poèmes les plus connus, plutôt que de célébrer la beauté, elle célèbre la vue d’un nouveau char soviétique acquis par l’armée de guérilla du Polisario. Elle termine en s’adressant à l’ennemi :

    Pillards ! Sachez que ce char sera impitoyable pour ses ennemis
    Et réduira en poussière les envahisseurs et toutes leur artillerie

    Dès le début de la guerre, son travail n’avait « qu’un seul objectif : inspirer et encourager, louer une armée qui sauvait des gens en danger, au mépris du danger pour eux-mêmes ». Elle-même fait partie de la moitié de la population sahraouie qui, fuyant la guerre en 1975, a été « sauvée » par cette armée et vit maintenant dans les camps de réfugiés près de Tindouf.

    Mabrook livre sa poésie avec théâtralité et force, et tout cela, dit-elle, « est pour la révolution ».

    Poésie de la guerre

    La poésie sahraouie des années de guerre a un dynamisme unique, un sens de l’humour et elle est directe et utile. Pourtant, à certains égards, elle est figée dans le temps, appartenant à une période qui ne peut pas être recréée et inspirant chez ses jeunes auditeurs non seulement un sentiment de gloire de l’unité, la victoire et le sacrifice, mais aussi des sentiments de honte ou d’insuffisance pour avoir grandi en des temps moins héroïques.

    Le travail de Mabrook a été diffusé par sa petite-fille, la chanteuse Aziza Brahim, qui vit en Espagne et a mis en musique la poésie de sa grand-mère.

    Mariam Hassan, qui est restée dans les camps et est morte en 2015, a également connu un succès international et a enregistré trois albums studio, qui contiennent des chansons créées à partir de la poésie sahraouie.

    Cependant, l’histoire distinctive de la poésie sahraouie et le conflit géopolitique, dont il est difficile de démêler les poèmes, n’ont pas aidé à sa diffusion.

    Et, selon le poète et bibliothécaire du ministère de la Culture du Polisario, Mahmoud Hadri, trouver un éditeur arabe prêt à publier de la poésie sahraouie peut être un défi, de sorte qu’elle reste principalement l’apanage des gens dont la vie et les luttes en ont été l’inspiration.

    Pourtant, pour ces gens, la poésie reste inestimable. Pendant la guerre, le rôle de la poésie dans la société était clair. Quelques années avant sa mort, Beyibouh El Haj déclarait : « Le temps des combats et de la libération était le temps de l’épanouissement de la poésie. »

    Comme beaucoup de poètes sahraouis, il considérait ses poèmes en termes militaires. La poésie était « une arme pour révéler le vrai visage du Maroc… aucun missile ne peut la détruire ».

    Après des décennies d’incertitude, d’exil et d’oppression continue dans la patrie – l’année dernière, une femme a été tuée et des dizaines de personnes blessées dans une violente répression lors des célébrations de la victoire de l’Algérie dans la Coupe d’Afrique des nations – le problème aujourd’hui, c’est : que peuvent écrire les poètes maintenant ?

    L’un des poèmes ultérieurs de Beyibouh, Aux Jeunes, exhorte directement une génération née en exil à ne pas abandonner la lutte pour l’indépendance :

    Écoutez les jeunes,
    je ne veux pas me montrer critique,
    mais pourquoi tournez-vous le dos à la patrie ?

    Les poèmes que Wared a entendus lors du festival culturel semblaient « s’adresser à moi, qu’ils évoquent ce que les gens ont vécu pendant la guerre ou qu’ils disent à ma génération que nous n’en faisons pas assez ».

    Nadgem Said est un poète de la même génération de Wared. Il dit essayer d’utiliser sa poésie « pour contribuer à la cause ». Formé en Libye et en Algérie, son Poème sur le devoir de l’étudiant universitaire tente de reprendre l’exhortation de Beyibouh à agir dans son propre appel à ses pairs (et lui-même) :

    Donnez de la voix à ce que vous avez appris :
    décrivez les douleurs de votre race souffrante,
    l’abus et l’agonie qui sont devenus lieux communs
    tandis que les yeux du monde se fermaient.

    Badi était un grand ami de Beyibouh, mais sa poésie nostalgique pour la terre et un mode de vie perdu a également inspiré une nouvelle génération, d’une manière différente de la poésie de la guerre de Beyibouh.

    Badi était résolument contre la modernité. Lorsque le wi-fi a été installé dans les camps, il en a été convaincu, « désormais, nous ne rentrerons plus dans notre pays ». Il dédaignait même la poésie moderne, qu’il rejetait, selon sa fille, comme étant de la « fast food », quelque chose qui « vous remplit, mais ne vous nourrit pas. Elle est simplement faite pour la célébration ».

    Pourtant, malgré cela, elle observe que « la meilleure poésie de Badi est universelle parce qu’elle est si particulière. Il est honnête et fidèle à sa vie et donc l’auditeur s’y retrouve avec lui ».

    Face à ce que les universitaires américains Stephen Zunes et Jacob Mundy appellent « un génocide lent », où, au cours de quatre décennies, « les politiques marocaines visaient l’effacement symbolique de la nation sahraouie », des poèmes comme Tishuash préservent un mode de vie et une identité.

    En se souvenant et en recréant le mode de vie de sa génération, alors qu’en tant que pasteurs nomades, ils étaient intimement liés à la terre dont le peuple tient son nom, les poèmes de Badi ont aidé les nouveaux Sahraouis connectés numériquement à se sentir ancrés dans quelque chose qui leur appartient et à ressentir un sentiment d’appartenance à un lieu, même s’ils n’ont jamais été en mesure de le visiter.

    Un recueil de poésie sahraouie, Settled Wanderers, est disponible auprès de Influx Press, traduit en anglais par SamBerkson, en collaboration avec l’artiste sahraoui Mohamed Sulaiman, avec une introduction par les universitaires américains Stephen Zunes et Jacob Mundy

    Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.

    Source : Middle East Eye, 3 oct 2020

    Tags : Sahara Occidental, Front Polisario, Poésie, litérature, chants, vers, 

  • Insolite : Une cargaison de cocaïne envoyée avec la photo de Pablo Escobar

    Les services de sécurité du Port de Roterdam ont mis la main sur trois cargaisons de cocaïne dont l’une était décorée avec la photo du célèbre baron colombien de la drogue Pablo Escobar.

    En total, plus de 2 000 kilogrammes de cocaïne ont été découvertes dans le port de Rotterdam ces derniers jours. Une première cargaison de 1 050 kilogrammes de cocaïne provenait du Maroc, de la ville de Tanger plus précisément. La drogue était dissmulée dans un conteneur qui conternait des pièces automobiles provant du Brésil et dont la destination était une entreprise en France.

    Dans le même sillage, les services de douanes du port ont saisi 420 kilogrammes de cocaïne qui se trouvaient dans un conteneur contenant une cargaison de papier porvant du Chili et était destiné à une entreprise en Afrique du Sud.

    Dans un troisième conteneur plein de raisins secs, les douanes ont trouvé 531 kilogrammes de cocaïne.

    Source : VRT NEWS, 2 oct 2020

    Tags : Pays Bas, cocaïne, drogue, Port de Roterdam, stupéfiants, Pablo Escobar, 

  • Pays Bas : Saisie d’une tonne de cocaïne en provenance de Tanger, Maroc

    Trois découvertes de drogue pour un total de deux tonnes de cocaïne dans le port de Rotterdam

    Les douanes ont découvert plusieurs lots de cocaïne jeudi et vendredi. Au total, cela concerne 2 001 kilos de coke. Les douanes ont trouvé la drogue lors de divers contrôles dans le port de Rotterdam.

    1050 kilos

    Lors du premier contrôle, jeudi, les douanes ont trouvé 1 050 kilos de cocaïne sur un navire en provenance de Tanger au Maroc. Les drogues étaient cachées dans un conteneur rempli de pièces de voiture. Le conteneur venait du Brésil. Les pièces automobiles étaient destinées à une entreprise en France, ce qui n’a probablement rien à voir avec la contrebande.

    420 kilos

    La deuxième découverte a été faite vendredi. Les douanes ont trouvé un total de 420 kilos de cocaïne dans un conteneur chargé de papier. Le conteneur est venu du Chili et est arrivé vendredi dans le port de Rotterdam. Le papier était destiné à une entreprise en Afrique du Sud, cette entreprise n’a probablement rien à voir avec les drogues.

    531 kilos

    La troisième et dernière découverte a également eu lieu vendredi et concernait 531 kilos de cocaïne. Les drogues étaient à nouveau cachées dans un conteneur, cette fois chargé de raisins secs. Les fruits secs étaient destinés à une entreprise en Suède qui n’a probablement rien à voir avec la contrebande.

    L’équipe HARC, en partenariat entre les douanes, la FIOD, la police du port maritime et le ministère public de Rotterdam, enquête davantage sur l’affaire. Les drogues ont depuis été détruites.

    Source : Crimesite.nl, 2 oct 2020

    Tags : Maroc, Pays Bas, drogue, cacaïne, cannabis, haschich, trafic, stupéfiants, 

  • L’Algérie entre Moscou et Washington

    C’est le chassé-croisé des dirigeants des deux grandes puissances militaires au monde à Alger ! Tant mieux si notre pays commence à sortir la tête de l’eau après une longue période d’hibernation diplomatique à cause de ses troubles politiques dans le sillage de la chute du régime de Bouteflika. Que deux hauts responsables de la défense de la Russie et des Etats Unis arrivent successivement chez nous est tout sauf une banalité.

    Mardi le Chef d’Etat-major de l’ANP, le général d’armée Saïd Chengriha a reçu Dmitri Shugaev Directeur du Service fédéral de coopération militaro-technique de la Fédération de Russie, accompagné d’une forte délégation d’experts. Partenaire historique et traditionnel de l’Algérie en matière de défense et d’armement, la Russie est considérée en Algérie et à juste titre, comme un pays «ami». Une amitié qui ne s’est jamais démentie mis à part un petit nuage passager en 2008 quand la Russie nous avait fourgué des MIG défectueux.

    Pour le reste, les courbes diplomatiques et stratégiques d’Alger et de Moscou se sont toujours croisées. Tel n’est pas tout à fait le cas des Etats Unis bien que les deux pays soient liés par un partenariat stratégique notamment dans le domaine de la lutte anti-terroriste. Mais au Maghreb, le cheval de Troie des Américains c’est le royaume du Maroc qui ne refuse absolument rien à l’Oncle Sam. Mais en parfaits pragmatiques, les Etats Unis ont surtout des intérêts à défendre et pas des amis à chérir.

    En l’occurrence, l’arrivée aujourd’hui à Alger du chef du Pentagone Mark Esper, pour une visite en Algérie, première du genre depuis quinze ans, (Donald Rumsfeld en 2006) suppose que les Américains ont jugé très utile de se rapprocher d’Alger.

    Sous la formule aussi vague que passe-partout d’ «approfondir la coopération avec l’Algérie sur des questions clés de sécurité régionale, comme la menace posée par les groupes extrémistes», se cache une volonté de peser sur le cours des événements au Maghreb et au Sahel. Sans doute que les Américains n’apprécient pas l’installation des forces russes en Libye et verraient d’un très mauvais œil la perspective de l’installation d’une base militaire au pays de feu Kadhafi. Pas plus qu’ils ne soient rassurés par le forcing de leur ennemie juré la Chine qui est bien lancée dans son «Safari» aux quatre coins de l’Afrique.

    Le chef du Pentagone qui arrivera aujourd’hui de Tunis avant de rejoindre demain Rabat depuis Alger, cherche sans doute des appuis à la stratégie américaine dans la sous-région. Le fait est que Mark Esper va avoir des entretiens avec les chefs d’Etats des trois pays pour tenter de tirer le Jackpot de sa virée maghrébine.

    Mais si le soutien de la Tunisie politiquement et économiquement convalescente, et celui du Maroc «partenaire traditionnel» lui sont acquis, rien n’est moins sûr pour l’Algérie dont l’agenda diplomatique n’est pas conforme à l’«American way» notamment au Moyen Orient. Il va sans dire que, pour le président Tebboune ces prestigieux invités russo-américains apportent de précieux dividendes en interne au-delà de leur dimension géopolitique.

    Imane B

    L’Est Républicain, 1er oct 2020

    Tags : Algérie, Etats-Unis, USA. Pentagone, Sahel, terrorisme, sécurité,

  • Algérie : Le PT secoué par un vent de fronde

    Un vent de fronde souffle chez Louisa Hanoune: Démissions en cascade au Parti des Travailleurs

    Parce qu’ils estiment que « le parti n’appartient plus à la base militante », et qu’ils déplorent « un gel de leurs activités partisanes depuis près de deux ans », des membres du bureau politique et du comité central du parti des Travailleurs ont annoncé hier leur démission. Pour ce qui le concerne Smain Kouadria, membres du bureau politique du PT, qui lancé cette information, dira qu’après avoir « gelé » ses « activités politiques » au sein du parti « depuis presque une année, j’ai décidé hier de déposer officiellement ma démission ».

    Interrogé sur les raisons de cette décision, M Kouadria soulignant que « cela fait 14 ans que mes collègues et moi sommes militants et dirigeants politiques au sein du PT », rétorquera que « les décisions politiques se prennent (à la direction) en restreint à Alger, sans débats ni consultations des structures politiques au niveau de la base ».

    S’abstenant de communiquer « plus d’informations pour le moment, car je n’ai pas envie de polémiquer avec eux », il dira que « chacun est libre de prendre la décision qui lui convient, mais personnellement et avec d’autres cadres du parti avons décidé de quitter le parti à l’amiable ». En outre, faisant faire part de la même démarche chez leurs collègues de Chlef, le syndicaliste indiquera que « d’autres démissions vont suivre dans plusieurs wilaya prochainement ».

    En effet, dans un communiqué daté du 29 septembre écoulé rendu public hier matin, les membres du comité central du PT pour son bureau de Guelma, ont fait part « aux militants et à la direction du parti » de leur « démission collective ».

    Ainsi, bien que ces derniers évoquent « des raisons personnelles », cependant dans leurs explications fournies, diront que cette décision intervient suite au gel depuis près deux années de leurs activités politiques ». « Un sujet qui devait être mis sur la table de la direction du parti bien avant mais nous avons préféré tempérer en raison de la situation sécuritaire de la secrétaire générale qui était en détention, et ce afin d’éviter toute interprétation mal fondée et malentendu ». « Aujourd’hui, poursuivront les rédacteurs du document, que la secrétaire générale a été mise en liberté et qu’elle a repris ses activités partisanes, nous déposons de manière officielle notre démission tant du comité central que des rangs du parti des Travailleurs ».

    Plus tard dans la matinée, ceux sont leurs collègues de Chlef qui annonceront leur retrait collectif. Eux, évoqueront des raisons d’ordre « organisationnelles et personnelles ».

    Lynda Naili

    Le Jour d’Algérie, 2 oct 2020

    Tags : Algérie, PT, Louisa Hanoune, fronde,

  • Tunisie : Couvre-feu réinstauré dans l’Est pour freiner le coronavirus

    Un couvre-feu a été réinstauré jeudi soir dans les régions côtières de Sousse et de Monastir, dans l’est tunisien, pour tenter de freiner la flambée de cas de coronavirus, qui menace de saturer les hôpitaux tunisiens.

    Les appels à prendre des mesures de prévention plus strictes se sont multipliés et les professionnels de la santé ont tiré la sonnette d’alarme, alors que le nombre de personnes en réanimation a atteint 87 sur 130 lits consacrés aux patients atteints du Covid-19, selon le ministère de la Santé.

    A partir de jeudi et pour quinze jours, la circulation est interdite dans la région de Sousse, dans le centre-est, de 20h00 jusqu’à 5h00 de matin, a indiqué le gouverneur dans un communiqué publié sur Facebook. Les fêtes et rassemblements dans les espaces publics sont interdits, ainsi que les chichas dans les cafés, précise ce communiqué.

    Dans la région voisine de Monastir, le couvre-feu est instauré de 20h00 à 6h00 du matin durant 15 jours également, selon un communiqué du gouverneur de cette région. Les marchés hebdomadaires resteront fermés pendant deux semaines, tout comme les salles de fêtes, salles de sport et boîtes de nuits. Le port du masque sera obligatoire dans les transports publics.

    La Tunisie enregistre environ mille nouveaux cas confirmés par jour actuellement, contre quelques dizaines au plus fort de la première vague au printemps, et le pays compte au total plus de 18.000 malades identifiés.

    Les décès, atteignant 265 selon un bilan publié mercredi, ont été multipliés par plus de cinq depuis la levée des restrictions et l’ouverture des frontières fin juin. Le Premier ministre tunisien Hichem Mechichi, arrivé au pouvoir en septembre, avait écarté la semaine dernière un nouveau confinement, appelant à respecter les gestes barrière.

    Le confinement imposé durant trois mois au printemps en Tunisie a frappé de plein fouet les nombreux travailleurs informels et mis un coup d’arrêt à une économie déjà fragile.

    Tags : Tunisie, Coronavirus, covid 19, confinement, déconfinement, 

  • Etats-Unis : Le face à face Trump-Biden, un échec

    Changements:
    COMMENTAIRE PAR FOUZIA MAHMOUDI

    Une majorité d’observateurs s’accordent à dire que le premier débat présidentiel entre le président sortant républicain, Donald Trump et son adversaire démocrate, l’ex-vice président Joe Biden a été un échec pour les deux hommes. La réactivité de Biden a été remarquée, alors que l’on s’attendait à voir le candidat démocrate bafouiller ou perdre ses mots, comme cela lui est souvent arrivé tout au long de sa campagne.

    Ainsi, Trump, qui a par ailleurs été testé, ainsi que son épouse, positif au Covid-19, qui espérait balayer son adversaire grâce à une stratégie brutale et sans concessions, se voit obligé d’attendre le prochain débat dans deux semaines pour tenter de prendre le dessus. Surtout que des voix s’élèvent pour un changement dans le déroulement des prochains face-à-face entre Trump et Biden.

    En effet, le président américain s’est dit jeudi opposé à un changement des règles pour ses prochains débats avec le candidat démocrate, après un premier duel télévisé chaotique. La commission chargée d’organiser les débats électoraux aux États-Unis a ainsi annoncé, il y a quelques jours, la mise en place de mesures additionnelles afin de «maintenir l’ordre» lors de deux prochains duels entre les candidats à la Maison-Blanche. «Pourquoi est-ce que j’autoriserais la Commission des débats à changer les règles pour les deuxième et troisième débats alors que j’ai facilement remporté le premier ?», a tweeté le président américain.

    Le locataire de la Maison-Blanche martèle, sans éléments concrets à l’appui, qu’il est sorti grand vainqueur de son affrontement avec son rival démocrate. «J’ai largement gagné le débat, selon une compilation de sondages etc.», a-t-il lancé sur son réseau social préféré, sans autres explications sur le «et cætera».

    Malgré ses tentatives répétées, Chris Wallace, le modérateur du premier débat, présentateur chevronné de Fox News, n’a pas pu empêcher le dialogue entre les deux candidats septuagénaires de virer à la cacophonie. «Je suis juste attristé par la manière dont la soirée s’est déroulée», a-t-il reconnu dans une interview au «New York Times». «Je n’aurais jamais pensé que ça déraillerait de cette manière».

    Les deux autres débats présidentiels sont prévus les 15 et 22 octobre, respectivement à Miami, en Floride et à Nashville, dans le Tennessee. Le vice-président républicain Mike Pence affrontera de son côté la colistière de Joe Biden, la sénatrice Kamala Harris, le 7 octobre à Salt Lake City, dans l’Utah. Trump, pour sa part, doit se ressaisir car les sondages continuent inlassablement de donner Biden vainqueur avec une large avance. L’une de ses seules chances aujourd’hui est de briller dans les deux débats qui restent, prouver à ses électeurs de 2016 qu’ils doivent continuer de le soutenir et convaincre ceux qui hésitent encore à le choisir pour quatre nouvelles années à la Maison-Blanche.

    Le Jour d’Algérie, 2 oct 2020

    Tags : Etats-Unis, Donald Trump, Joe Biden, face à face, élections, présidentielles,