Author: xnalgrtayache58

  • Libye: comment le paysage change après Sarraj

    Des sources locales expliquent à TPI la direction politique que prendra le pays africain après la démission du premier ministre de Tripoli, à la lumière des développements qui ont émergé des dernières discussions tenues au Maroc, en Égypte, en Suisse et en Allemagne.

    La forme que prendra la prochaine phase en Libye dépend de multiples facteurs, qui seront tous sur la table des prochaines négociations prévues pour la mi-mois en Suisse, d’où une série de nouvelles pourraient émerger sur qui gérera le produit du pétrole, principale source de revenus du pays. Alors que les efforts arabes et internationaux pour pousser les parties libyennes à dialoguer et à trouver une solution à la crise s’accélèrent, l’attention se concentre désormais sur les caractéristiques que prendra la prochaine saison politique libyenne, en particulier après la démission annoncée du président du gouvernement. d’accord national (Gna), Fayez al Sarraj, qui entend céder sous peu ses pouvoirs au prochain exécutif.

    A l’issue du deuxième cycle de pourparlers qui s’est tenu récemment à Bouznika, au Maroc, les délégations de la Chambre des représentants de Tobrouk et celle du Conseil d’Etat de Tripoli ont annoncé la conclusion d’une série “d’accords complets” concernant les institutions souveraines+ soulignant comment ces accords visent à l’approbation des institutions constitutionnelles du pays.

    Des sources informées au sein des parties du dialogue libyen, présentes lors des réunions au Maroc, ont reconnu la réalisation de “certains points d’accord lors des deux tours de négociations”. Les mêmes sources ont souligné que les «sept positions souveraines» désormais connues, apparues au cours des négociations, étaient traitées à la fois géographiquement et politiquement entre le Conseil d’État de Tripoli et le Parlement de Tobrouk.

    Selon des sources, les parties libyennes ont convenu que le gouverneur de la banque centrale, où circulent les revenus pétroliers, doit provenir de l’est de la Libye et son adjoint de l’ouest du pays.

    Tout cela alors que les participants à la deuxième Conférence de Berlin sur la Libye, y compris l’Italie, ont appelé à la création d’une zone démilitarisée dans et autour de la ville de Syrte, appelant à un accord de cessez-le-feu permanent.

    Les personnes présentes à la réunion interministérielle sur la Libye qui s’est tenue en marge de la 75e session de l’Assemblée générale des Nations Unies ont réaffirmé leur engagement à mettre en œuvre ce qui a émergé de la première Conférence de Berlin, en soulignant l’importance de la production et de l’exportation de pétrole. En outre, alors que la trêve semble tenir, les participants aux pourparlers ont appelé au lancement d’un processus politique mondial dans lequel toutes les composantes libyennes sont représentées dans le cadre des négociations de Berlin.

    Il convient également de rappeler qu’au début du mois dernier, les consultations entre les parties libyennes à Montreux, en Suisse, ont ouvert la voie à de nouveaux progrès, avec la conclusion d’un accord sur la tenue de nouvelles élections dans les 18 mois. Fin septembre, des négociations ont également commencé à Hurghada, en Égypte, entre les représentants militaires de l’Armée nationale libyenne (ANL), dirigée par le général Khalifa Haftar, et le gouvernement d’accord national (GNA) de Tripoli, ouvrant la voie. à un cessez-le-feu permanent.

    Maintenant, après les négociations tenues à Bouznika, Hurghada, Berlin et Montreux, l’ONU et toute la communauté internationale parient sur la reprise du “Dialogue de Genève” entre les parties libyennes, qui devrait avoir lieu au milieu de ce mois. Parallèlement, divers rapports médiatiques évoquent un éventuel déménagement du siège des pourparlers sur l’île de Djerba, en Tunisie, pour des raisons logistiques.

    Cette rencontre vise à parvenir à une série de nouveaux accords concernant la forme que prendront les nouvelles autorités libyennes. En fait, une négociation est prévue sur la séparation de l’exécutif du Conseil présidentiel, réduisant les membres de cet organe de 9 à 3 membres seulement.

    Fathi al Marimi, conseiller du parlement libyen de Tobrouk, a révélé à TPI les caractéristiques de la phase politique post-Sarraj en Libye, soulignant comment les participants à la session de dialogue entre les parties libyennes à Genève discuteront de la formation d’un nouveau conseil présidentiel composé de un président et deux députés et un gouvernement dirigé par un premier ministre et deux vice-premières, négociant également un accord sur diverses autres questions afin de consolider la stabilité dans le pays.

    Le Comité de dialogue, qui représente le parlement libyen, et un autre organe similaire au nom du Conseil suprême d’État, ainsi que certaines personnalités choisies par la Mission d’appui des Nations Unies, participeront à cette réunion, a ajouté le conseiller du parlement libyen. en Libye (Unsmil). “Comme prévu, cette réunion sera décisive pour le choix d’un nouveau conseil présidentiel composé d’un président et de deux députés et d’un gouvernement dirigé par un Premier ministre et deux vice-premières”, a révélé Al Marimi.

    Par ailleurs, le politicien libyen a expliqué que le nouveau Premier ministre, après avoir formé son propre gouvernement, devra alors le présenter au parlement. «Le parlement n’a qu’une seule session disponible pour approuver le nouvel exécutif. Au cas où la Chambre ne l’approuverait pas, des discussions se tiendront à nouveau au sein du Comité de dialogue pour réunifier les institutions libyennes et mettre fin à la crise dans le pays, notamment les coupures d’électricité, le manque de liquidités et les prix trop élevés pour produits alimentaires et pharmaceutiques “.

    Al Marimi a souligné que l’objectif des pourparlers consistait, après tout, à adopter les dispositions nécessaires en vue des prochaines élections présidentielles et législatives pour parvenir à la stabilisation du pays.

    Selon le conseiller du parlement libyen, à l’issue de ce processus, la phase de réconciliation entre les Libyens devrait commencer, avec divers accords contraignants visant à consolider la stabilité, conduisant “à la consolidation des institutions et à l’état de droit, afin de mettre un terme à la crise et ramener la Libye dans les pays qui jouent un rôle important dans le respect de la Charte des Nations Unies et au sein de la Ligue arabe et de l’Union africaine ».

    Pour sa part, Ahmed Lenki, membre du Conseil d’État libyen, a déclaré que ce qui avait été convenu entre la Chambre des représentants de Tobrouk et le Conseil d’État de Tripoli à Bouznika constituait une étape très importante pour la réunification des institutions de l’État.

    Dans une déclaration à la presse, l’homme politique libyen a ajouté que les réunions à Genève seront très importantes car elles auront pour objectif de réunir les institutions de l’État et de revoir la composition du Conseil présidentiel dans un format composé d’un président et de deux députés. , confiant la création d’un gouvernement distinct du Conseil à une figure d’importance nationale.

    Source : tpi.it, 8 oct 2020

    Tags : Libye, Al Sarraj, GNA, Haftar, Tripoli, Benghazi, pétrole, 

  • Algérie : Le procès indirect d’Abdelaziz Bouteflika

    Le procès de la “prétendue fille de Bouteflika” se poursuit!

    Le procès de Nachinachi Zoulikha-Chafika dite “Maya”, poursuivie dans des affaires liées à la corruption, qui se déroule au tribunal de Chéraga (Alger) a vu l’audition du reste des accusés et témoins impliqués dans cette affaire dans laquelle d’anciens responsables sont poursuivis et à leur tête, Abdelghani Zaalane et Mohamed Ghazi en leurs qualités respectives de walis d’Oran et de Chlef ainsi que l’ancien Directeur général de la Sûreté nationale (DGSN), Abdelaghani Hamel.

    Les griefs retenus contre les accusés sont notamment « blanchiment d’argent », « trafic d’influence », « octroi d’indus avantages », « dilapidation de deniers publics », « incitation d’agents publics pour l’octroi d’indus avantages » et « transfert illicite de devises vers l’étranger ».

    Après avoir auditionné l’accusée principale “Maya”, la séance de l’après-midi a été consacrée à l’audition du reste des prévenus. Il s’agit de Mohamed Ghazi qui a nié toutes les charges retenues contre lui, les qualifiant d’”infondées”, expliquant que Mohamed Rougab, ancien secrétaire particulier de l’ex-président de la République, Abdelaziz Bouteflika lui avait présenté Mme Maya.

    Il a précisé que Rougab lui avait demandé d’aider la famille de cette femme, en tant que proche de l’ex-Président. A ce titre, un « projet de restauration d’un parc d’attraction à Chlef » a été attribué à cette femme, lorsqu’il était le wali de cette wilaya.

    Parmi les privilèges accordés également à la principale prévenue, il y a lieu de citer un lot de terrain à la localité d’Oum Drou à Chlef.

    Ghazi a fait savoir qu’il traitait avec elle en sa qualité de proche de l’ex-Président et qu’il ignorait son vrai nom et sa véritable identité.

    Il était également intervenu auprès du wali d’Oran en 2017 (Abdelghani Zaalane) à sa demande (Maya) pour régulariser les dossiers d’investissement de ses proches et lorsqu’il avait découvert qu’elle n’avait aucun lien avec l’ex-Président, il avait entamé les procédures d’annulation des contrats de concession qu’elle a obtenus à Chlef, a-t-il dit.

    Quant à l’ancien DGSN, Abdelghani Hamel, il a dit au cours de son audition qu’il était victime et que la première fois qu’il a vu cette femme, c’était dans la maison de l’ancien ministre du Travail et ancien wali de Chlef, Mohamed Ghazi qui lui avait demandé de procurer des caméras de surveillance à cette femme, présentée en tant que « fille de l’ex-président » pour les installer à sa maison à Moretti dans la capitale.

    Le mis en cause Hamel a nié par ailleurs avoir donné des instructions pour assurer une sécurité permanente à Mme Maya.

    Pour sa part, l’ancien wali d’Oran, devenu par la suite ministre des Transports, puis des Travaux publics, Abdelghani Zaalane a confirmé ses déclarations devant le conseiller enquêteur près la Cour suprême concernant ce dossier, affirmant avoir rencontré Mme Maya dans les couloirs des tribunaux.

    Il a réaffirmé avoir reçu en janvier 2017, alors qu’il était wali d’Oran, un appel téléphonique de Mohamed Ghazi qui lui demandait d’accueillir des membres de la famille de l’ancien président, en application des instructions de son secrétaire particulier à l’époque, Mohamed Rougab pour la régularisation de leurs dossiers d’investissement en suspens depuis 2011.

    Effectivement Zaalane avait accueilli les dénommés Belaïd Abdelghani et Mohamed Benaïcha, en tant que proches de la famille du président à l’époque. Ces derniers lui avaient demandé de régulariser leurs dossiers et ont obtenu des contrats d’exploitation de la zone d’activité industrielle dans les régions de Tafraoui et Sidi Chahmi.

    L’accusé Abdelghani Zaalane a affirmé que le comportement inconvenant et l’audace de Belaïd Abdelghani a éveillé ses soupçons au sujet des deux individus, ce qui l’a amené à appeler directement le conseiller de l’ancien président «Saïd Bouteflika» qui avait nié avoir donné une quelconque instruction pour la prise en charge des dossiers de ces deux accusés.

    Après avoir réalisé qu’il s’agissait d’une opération d’escroquerie, le wali d’Oran a annulé les décisions signées le 5 janvier 2017.Le juge a écouté par la suite le témoignage de Mohamed Rougab, secrétaire particulier de l’ex président Bouteflika qui a affirmé à son tour ignorer le véritable nom de la dénommée Maya, et que c’était dans la presse qu’il avait entendu pour la première fois le nom de « Nachinachi Zoulikha ».

    Il a affirmé être intervenu une seule fois auprès du wali de Chlef «Ghazi » pour la prise en charge des revendications de la principale accusée, et ce en application des instructions du président de la République à l’époque.

    Ensuite, d’autres témoignages ont été écoutés, dont ceux des femmes de ménage de l’accusée qui étaient rémunérées par le ministère du Travail, et des agents de police choisis pour assurer la sécurité du domicile de cette dernière.

    Echourouk Online, 8 oct 2020

    Tags : Algérie, Bouteflika, Nachinachi Zoulikha, 

  • Les Ahmadites, ces musulmans interdits de Mecque

    Par Jean-Claude Buhrer

    Qualifié d’ « hérétique » par l’islam orthodoxe, ce courant non violent, hors la loi au Pakistan, est à l’origine du premier minaret de Suisse

    Dans le cadre du débat sur les minarets et accessoirement de la place de l’islam dans les sociétés européennes, les médias ont évoqué l’exemple de la première mosquée de Suisse, inaugurée officiellement en 1963 dans un quartier résidentiel de Zurich en présence de l’ancien ministre pakistanais des affaires étrangères Zafrulla Khan et du maire de la ville. Depuis lors, le minaret de dix-huit mètres de haut de l’édifice fait bon ménage avec le clocher de l’église réformée voisine sans faire de vagues. Or, il convient de préciser que, si ses fidèles sont plutôt discrets, la mosquée Mahmud a été bâtie par la communauté ahmadite, un courant musulman réformiste et pacifique considéré comme « hérétique » par l’islam orthodoxe et dont les adeptes sont persécutés dans plusieurs pays.

    Aujourd’hui stigmatisé comme secte par ses détracteurs, le mouvement ahmadite (Ahmadiyya Muslim Jamaat), du nom de son fondateur Hazrat Mirza Ghulam Ahmad, vit le jour en 1889 à Qadian, un village du Pendjab, en Inde d’avant la Partition. Estimant que l’islam s’était sclérosé, ce prédicateur musulman prêcha pour un renouveau et se proclama mahdi (messie), alors que pour les orthodoxes Mahomet passe pour le dernier prophète. A sa mort en 1908, un califat fut instauré et à ce jour cinq califes élus à vie lui ont succédé à la tête du mouvement, ce qui a encore alimenté l’hostilité des autres mahométans.

    Avec pour devise Amour pour tous, haine envers personne, les ahmadites prônent l’ouverture et la bonne entente dans la société, rejetant l’interprétation agressive du djihad et toute forme de terrorisme. Au nombre de vingt à trente millions à travers le monde selon les sources, ils sont actifs dans les œuvres sociales et l’humanitaire, notamment en Afrique où vivent d’importantes communautés indo-pakistanaises. Relativement prospères et dynamiques, les communautés d’Amérique du Nord, d’Australie et de Grande-Bretagne se sont signalées par la construction d’imposantes mosquées financées par de généreux donateurs, comme celle de Londres pouvant accueillir dix mille croyants et dotée d’une chaine satellitaire dernier cri.

    Alors qu’ils cohabitaient jusque là avec leurs coreligionnaires et que certains avaient même occupé de hautes fonctions dans leurs pays respectifs, les ahmadites ont été mis au ban de la société depuis qu’en 1973 l’Organisation de la Conférence islamique (OCI), créée quatre ans plus tôt pour « libérer Jérusalem », les a déclarés « non-musulmans », leur interdisant du même coup de faire le pèlerinage de La Mecque. Ensuite, en 1979, le mouvement ahmadite était exclu de la communauté musulmane par la Ligue islamique mondiale, si bien que la mosquée de Zurich est désormais boycottée par les autres obédiences.

    C’est en République islamique du Pakistan, berceau de leur foi et où ils étaient bien représentés dans l’élite intellectuelle, que la condition des quelques millions d’ahmadites que compte le pays n’a cessé d’empirer. Jugés hérétiques et déclarés « minorité non-musulmane » par un amendement constitutionnel introduit en 1974 pour donner satisfaction aux fondamentalistes, ils en sont réduits à raser les murs et font l’objet de toutes sortes de vexations : leurs lieux de culte sont étroitement surveillés, ils n’ont pas le droit de les appeler mosquée, ni même d’inscrire sur les murs des versets du Coran et encore moins de se déclarer musulman ou d’entrer dans une mosquée reconnue.

    En vertu d’une ordonnance de 1984 sur l’interdiction des activités « anti-islamiques », puis l’année suivante d’une loi prévoyant la peine de mort pour blasphème, la situation s’est encore détériorée pour les ahmadites ainsi que pour les minorités chrétienne et hindouiste, en bute à des raids meurtriers et boucs émissaires tout désignés dès qu’une flambée de mécontentement éclate quelque part. Ainsi, le 1er août, dans un village du Pendjab, une foule en colère a tué six chrétiens et en a blessé une dizaine d’autres quelle accusait d’avoir profané le Coran. Près de Lahore, un chrétien a été battu à mort pour avoir bu du thé dans une tasse réservée aux musulmans, tandis qu’à Islamabad un mur a été construit pour protéger les musulmans des chrétiens d’un bidonville.
    Même les témoins muets du passé préislamique n’échappent pas au vent de folie meurtrière qui souffle sur le « Pays des purs ».

    En 2007, les islamistes avaient dynamité un bouddha de sept mètres de haut dans la vallée de Swat, l’un des derniers vestiges de la civilisation du Gandhara depuis la destruction par les talibans des bouddhas de Bamyan en 2001 en Afghanistan. Dans l’indifférence générale. Ensuite ils ont fait sauter des écoles de filles, parce que pour eux l’éducation n’est pas faite pour les femmes, avant d’imposer la charia et leur régime de terreur qui a fait fuir des centaines de milliers de paisibles civils de la vallée naguère l’un des lieux de villégiature les plus prisés. Le 17 novembre encore, une nouvelle école de filles, la troisième en un mois, était détruite à l’explosif près de Peshawar, alors que dans le reste du pays, y compris dans la capitale, les écoles doivent fermer régulièrement sous les menaces des islamistes. Sans parler des attentats-suicides, presque quotidiens et même contre des mosquées, commis par des musulmans contre d’autres musulmans. Plus sanglants que d’autres conflits surmédiatisés, ces règlements de comptes inter-mahométans n’émeuvent guère l’ONU et encore moins le monde islamique.

    Toujours prompt à faire la leçon aux autres comme porte-parole de l’OCI, le Pakistan ne se prive pas de fouler impunément au pied la liberté religieuse garantie par la Déclaration universelle des droits de l’homme. D’ailleurs, l’Organisation internationale du travail la rappelé à l’ordre pour «recours au travail forcé ou obligatoire en tant que mesure de discrimination religieuse ».

    Aujourd’hui on imagine difficilement une personnalité ahmadite éminente comme naguère Zafrulla Khan accéder aux plus hautes fonctions. Pourtant, ce musulman fervent qui ne pourrait plus s’affirmer comme tel a fait honneur à son pays : premier ministre des affaires étrangères du Pakistan en 1947 et chef de sa délégation à l’ONU, élu juge à la Cour internationale de justice de La Haye en 1954, il fut ensuite appelé en 1962 à présider l’Assemblée générale des Nations unies. A sa mort en 1983, il fut enterré dans la petite ville de Rabwa, centre de la communauté ahmadite et où des islamistes provoquèrent de sanglantes émeutes.

    C’est également à Rabwa que repose le Dr Abdus Sallam, premier musulman honoré en 1979 du Prix Nobel de physique. Comme d’autres ahmadites victimes de persécution religieuse, il avait été amené à s’expatrier en Grande-Bretagne pour faire carrière. Lors de ses obsèques en 1996, les oulémas sunnites décrétèrent que personne ne pouvait prier Allah pour ce « mécréant » ni inscrire un verset du Coran sur son tombeau. L’épitaphe Abdus Sallam, 1er musulman lauréat du Prix Nobel avait été gravée sur la stèle, mais les docteurs de la loi firent supprimer le mot «musulman » et la pierre porte maintenant l’absurde « inscription « Abdus Sallam, 1er lauréat du Prix Nobel ».
    Les ahmadites ne sont pas mieux traités au Bangladesh et dans d’autres pays islamiques. En Indonésie, pourtant réputée plus modérée, le conseil de oulémas les a également qualifiés «d’hérétiques ».

    Depuis que des manifestants survoltés ont mis le feu à une mosquée ahmadite et saccagé son école coranique dans la ville de Sukabumi en avril 2008, d’autres lieux de culte de la communauté on été incendiés et une milice musulmane a commis plusieurs attentats contre des édifices lui appartenant. En réponse à ce déchainement de violence, le gouvernement interdit par décret aux ahmadites de diffuser leur enseignement sous prétexte de préserver l’harmonie religieuse et l’ordre public. A Zurich, la communauté ahmadite peut au moins appeler sa mosquée par son nom et s’enorgueillir d’un minaret, ce qui lui est dénié dans des pays officiellement musulmans. Dans son pays d’origine, sa situation n’est pas sans rappeler celle des Baha’is en Iran eux aussi opprimés sur la terre qui a vu naître leur foi et définis par les lois comme « infidèles dénués de protection ». Au-delà de querelles de minarets, l’ostracisme qui frappe les ahmadites et d’autre minorités en terre d’islam pose le problème de la montée du fondamentalisme, aussi dangereux pour ses cibles que pour les musulmans eux-mêmes.

    Jean-Claude Buhrer

    Source : Malka Markovitch

    Tags : Islam, Ahmadites, Pakistan, Sunnites, La Mecque, Arabie Saoudite, 

  • « Une violente et cruelle histoire d’amour … »

    “El erss khayeb, l’basstela kane’t berda » : « La fête de mariage était nulle, la pastella était froide”.

    Voilà la première phrase qui m’est venue à l’esprit en entamant ce post … Allez savoir pourquoi ?

    Ce que je retiens pour l’heure des tueries dans la rédaction de Charlie Hebdo et du supermarché casher et que ma colère et ma tristesse peuvent commencer à entrevoir, se précise dans ce tourbillon où viennent se mêler passion, affecte et « déraison »… Comme une violente et cruelle histoire d’amour…

    Amour des mots, de la satire, de la liberté et de la folie.

    « Je préfère mourir debout que vivre à genoux »

    Charb

    Le poids des religions, de toutes les religions ça n’existait pas il y a 20 ans.

    On est là pour ça, même si on traite de choses graves, il faut faire rire, c’est notre fonction.

    Cabu

    Un jour je vais faire des dessins sur le sexe, le lendemain je vais faire un dessin su F.Hollande, mais parfois le dessin sur le sexe peut être sur Hollande aussi, il nous a donné des exemples.

    Wolinski

    Waw, c’est maintenant que vous n’êtes plus que je vous découvre.

    Certaines analyses à chaud d’internautes en mal d’inspiration, voient derrière cette tragédie l’occasion de régler des pathos identitaires, si lourdement justifiés, vous ne trouvez pas ?

    Ils crient souvent à l’insoutenable et sempiternel sentiment de justification « imposé », du sentiment d’obligation d’une prise de position « si attendue ».

    Un fraternel message à cette majorité silencieuse indignée, qu’elle descende dans les rues, qu’elle envahisse l’espace public, l’heure est à la condamnation, l’heure est à la symbolique. Si cet espace reste vide, il sera envahi par des porte-voix autoproclamés.

    Avec ceci comme slogan par exemple :

    Au nom d’Allah et de son Prophète on a tué ici, comme on le fait au nom de la démocratie là-bas !

    Ces mots pèseront pour certains comme une attaque au bélier devant la porte du silence !

    D’autres préfèrent jouer avec des notions complexes, plutôt que de condamner sans ambivalence.

    Ceux qui craignent les amalgames peuvent être rassurés, ils existent depuis bien longtemps. Le manque de clarté ne fera que les renforcer.

    Aujourd’hui, moi, je me sens le devoir de me prononcer, mais personne ne m’oblige…

    Le sens des mots dans de pareilles circonstances a une importance capitale.

    De plus, je refuse toutes formes de prise d’otage et de braquage intellectuel, au nom d’un certain appel au consensus dans un camp comme dans l’autre.

    Zmagri, moi le zmagri, parti depuis un petit temps en croisade identitaire, victime d’un racisme occidental comme d’un racisme oriental, je vous la laisse votre terre sacrée que vous choisirez et je vous emmerde tous !

    Laissez-moi pleurer en paix, laissez-moi le droit de pleurer qui je veux en liberté.

    Au-delà des individus qu’était cette bande de potes, je pleure aujourd’hui ce qu’ils représentaient. Une voix discordante à l’ordre établi et à la « bonne conscience ».

    Je n’en étais même pas un lecteur, mais je me retrouve dans la notion de défenseur de la liberté qu’ils insufflaient.

    Aujourd’hui, nos têtes bien pensantes au gré de leurs humeurs distribuent ou confisquent des attestations de liberté d’expression à qui bon leur semble.

    Cela dénote d’un manque de maturité et d’iniquité flagrante !

    Complot or not complot … ?

    Pleurer Charlie, c’est comme souhaiter Joyeux Noël, c’est haram … !

    Hein ????
    Cela va du complexe militaro-industriel aux illuminatis en passant par les sionistes … Les médias nous mentent et sont cadenassés, la carte d’identité retrouvée dans le véhicule, l’employé caché dans un carton à Dammartin-en–Goële, la couleur des rétroviseurs qui mue, l’absence de sang sur le trottoir …

    Le complot fait office de foi, il explique tout, mais ne résout rien, servant de camouflet par moment. Je l’ai pratiqué et en suis revenu depuis.

    Et de lire et entendre aussi :

    Ils l’ont bien mérité, tu as vu ce qu’ils ont fait en Syrie et en Palestine …

    Hein ??
    Les adeptes des théories multifonctions ne font que réconforter leurs préjugés et leurs thèses sont même considérées pour certains, comme des écrits immuables, voire sacrés qu’ils répètent liturgiquement, en se gardant bien le droit de pratiquer toutes formes de remise en question …

    Ces théories sortent souvent de la bouche de ceux qui croient venir à bout des crimes commis par l’Etat d’Israël en arrêtant de manger des kiwis.( je précise LOL)

    Why not … Tout le monde a le droit d’avoir un avis, tout le monde a aussi le droit de dessiner en paix !

    -« Au nom d’Allah on tue aussi sur cette terre, il serait plus que temps de l’avouer … »

    -Moi j’ai juste envie de pleurer des grands rêveurs qui jouent avec des Magic Colors.

    Il y aura un après 7 janvier, souhaitons le plus humain que l’après-11- Septembre.

    -Moi je veux juste les pleurer …

    « Pour énerver les cons aussi on est manifestement utile, donc c’est agréable … ».

    Tignous

    Les manifestations ont été phénoménales avec évidemment des bémols et selon moi la triste palme revient au Maroc.

    Et l’attitude du ministre marocain des Affaires étrangères, Salahedinne Mezouar, qui s’est rendu à Paris, mais n’a pas participé à la marche prétextant qu’il y aurait des caricatures du prophète …

    Hein ??
    Toutefois, il est excusé, qu’attendre de plus d’une classe politique qui est encore selon la théorie freudienne au « stade anal ». Faites déjà bien caca les gars, bientôt vous pourrez vous tenir la bite tout seuls!

    Ensuite cette polémique sur certains représentants : Netanyahu aura fait parler de lui, une telle attitude, ça vous surprend ? cette arrogance est le propre des sans vergogne !

    Ils en auraient fait une superbe couverture satirique les gars de Charlie Hebdo …

    Et que dire des représentants de l’Arabie saoudite présents à Paris, alors qu’ au même moment était fouetté sur la place publique à Jeddah, le blogueur saoudien Raif Badawi …

    Et bien d’autres qui sans scrupule pointèrent leur gueule en front de manifestation, c’est juste dégueulasse… C’est dégueulasse !!!!

    Le clivage entre les « Je suis Charlie » et les « Je ne suis pas Charlie ».

    Il n’est guère étonnant celui-là.

    Pour ce qui est de notre cher royaume surréaliste, il est même logique.

    Nous restons encore en 2015 un pays communautariste, pour le vivre ensemble, on repassera aussi !

    Il pourrait trouver une partie de son explication dans la manière dont a été gérée l’immigration maghrébine et turque en Belgique.

    Dans la manière dont a été géré le culte musulman en Belgique …

    Vous me suivez toujours ?

    Avec dans les premières années, un entrisme édifiant du plus obscur et rétrograde des courants qui soient, made in Arabie saoudite : le wahhabisme.

    -L’argent n’a pas d’odeur… C’est des conneries ça… L’argent a une odeur et dans le cas qui nous préoccupe ici, une vilaine odeur de fuel !!

    Chère Belgique tu as été très gourmande en Afrique et ça ne t’a pas suffit, ton inquiétante naïveté et ta vanité t’ont poussé à faire des choses pas très catholiques !

    Et bien évidemment une connerie ne vient jamais seule. Des années plus tard, ce fut les partis politiques qui voyant un potentiel électoral significatif se sont lavés de tout principe séculier dans certaines de leurs opérations de séduction visant ces électeurs-là !

    Les espaces culturels, déjà maigres, se sont vus très vite dépassés par une multitude de mosquées qui pour certaines ont servi de lieu de propagande de courants tantôt anodins tantôt plus inquiétants.

    Enfin les stratégies de quadrillage des pays d’origine, Ankara et Rabat veulent faire partie du festin.

    Contrôler et cogérer voir gérer complètement l’obédience spirituelle de leur diaspora respective. Et nous savons tous que ces deux pays sont loin d’être des Etats de droit, de liberté d’expression et de libertés individuelles.

    Ils ont tous bossé en toute tranquillité depuis des décennies et aujourd’hui ils récoltent.

    Une politique non réfléchie sur des enjeux cruciaux se paie un jour ou l’autre

    Me voilà donc baisé, et tellement bien que je finis par y prendre plaisir.

    A chacune de mes positions, chacun de mes choix, mes identités me rappellent à l’ordre, l’une me trouvant trop flou m’invitant continuellement à lui présenter des gages de loyauté , l’autre jouant avec mon affect d’un attachement à des racines qu’elle m’octroie par moments et me confisque à d’autres.

    – « Aujourd’hui, il n’y a pas que les travestis prostitués du quartier « Yser » qui se lèvent en ayant mal au cul ! »

    Sauf que moi je ne veux plus de ça moi , je ne l’ai pas choisi ! Je veux être libre, comme le vent, me défaire de tout attachement communautariste et chérir moi-même mes identités , en les façonnant comme bon il me semble .

    « Je suis Charlie » au nom de l’esprit de liberté qu’insufflait cette presse, je le suis ne veut pas dire que j’en étais féru. Je le suis, car c’est nécessaire pour les personnes qui cultivent la liberté de pensée, d’expression et d’écriture.

    Il est nécessaire aussi, car derrière ce canard volontairement provocateur, irrévérencieux à souhait, brisant les limites de la bienséance et des « bonnes consciences », se trouve un refuge pour les bousculeurs… pour les affranchis. Et leur place est indispensable dans nos sociétés.

    Que nos gouvernants agissent en cohérence lorsqu’il s’agit de liberté d’expression.

    LA LIBERTE D’EXPRESSION EST PLEINE ET ACCESSIBLE POUR TOUS !!!!!

    Bordel de merde !!!!!

    Une manifestation à Bruxelles

    Lors de la manifestation à Bruxelles, je suis passé chez ma mère qui depuis le décès de mon père est morte aussi et que la télévision marocaine est en train de tuer une 2e fois.

    Mais dans un sursaut de lucidité, elle m’a dit :

    « Allah y Baadek min oulad el haram »

    -Que Dieu te tienne éloigné des “personnes indignes ».

    De qui parlait-elle ?

    Finalement, c’est ma sœur qui m’accompagna avec ses deux enfants. Près de 20 000 personnes dans les rues de la capitale, une très faible présence de la « communauté musulmane » s’il y a lieu de la nommer ainsi, comme le fait une grande majorité de la presse.

    Une chose est vraie, cette faible affluence est un signal pour la citoyenneté qu’il faudra avoir le courage d’analyser !

    Crispation justifiée ?

    Oui , oui et re-oui !

    C’est l’expression d’un malaise et d’ un mal-être qui ankylosent cette volonté de solidarité

    Il serait temps que ces anthropologues et que cette élite belge se penchent sérieusement là-dessus !

    Oui, les Belges d’origine turque et maghrébine sont mal aimés, ils sont mis au ban de la société, ils sont pointés du doigt quotidiennement !

    Oui, ils sont assignés à vivre l’ émancipation dans quartiers et écoles ghettos !

    Oui, on ne peut pas s’ouvrir aux autres si on ne s’est pas encore révélé à soi-même !

    Oui, ça crie à l’aide depuis des décennies. Personne ne l’entend vraiment !

    Oui, ça a payé, ça paie et paiera probablement encore !

    Oui, ça vit dans l’indifférence de sa différence sans qu’elle ne soit jamais valorisée, comme cet enfant né par accident à qui on a reproché « d’être » toute sa vie et qui réclame juste un peu d’amour …

    Cet amour… De cet amour absent et tant recherché, cette reconnaissance sincère « d’être » qui poussa peut-être deux frères dans cette escalade de la folie .

    Deux frères qui se sont aimés dans un schéma dénué d’humanité.

    Cela pourra en choquer plus d’un ce que j’écris là, j’en suis conscient… Mais tout ça, ça sent juste le manque d’amour.

    Conclusion facile me diront certains, peut-être …

    Non, à dire vrai il n’y a pas de conclusion.

    Et s’il devait y en avoir une pour moi, elle ressemblerait à ça :

    Je pleure ces grands rêveurs qui dessinent avec des Magic colors, je pleure Ahmed et toutes les autres victimes, je pleure pour la liberté, je pleure pour le musulman, je pleure pour le juif, je pleure pour l’athée , je pleure pour le chrétien, je pleure pour l’humanité …

    J’ai déjà moins mal au cul aujourd’hui, mais je mesure avec effroi la profondeur de l’enculade !

    En hommage à Charlie et à tous ceux qui sont tombés.

    Reposez en paix …

    Zmagri

    Source : Zmagri déliquescent, 14 janv 2015

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  • Morocco intercepts over 200 migrants trying to reach Europe

    Morroco’s coastguard said that it intercepted 231 migrants at sea earlier in the week. They were reportedly all coming from sub-Saharan Africa. The Agence France-Presse (AFP) news agency quoted Morocco’s official MAP news agency as saying that the migrants traveling in kayaks and other small boats had been intercepted and taken to safety on Tuesday. Some had to be given first aid, according to military sources that were cited in the original report. Morocco has repeatedly intercepted irregular migrants headed for Europe in recent months.

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    Tags : Morocco, Migrants,

  • L’Algérie fournit le Maroc en électricité

    L’Algérie, pays voisin du Maroc a toujours été en avance dans le domaine énergétique, en raison de l’abandon de ses ressources naturelles, essentiellement le gaz, et son réel savoir faire dans la production et la gestion de l’énergie . Malgré sa superficie ( 5fois la France ), le taux d’électrification global Algérien ( donc rurale compris)est de 98%, un chiffre comparable à ceux des pays développés . et Malgrès les différents contentieux qui opposent les deux pays, le volet énergétique et principalement l’électricité a toujours été considéré par les deux parties comme un sujet sensible, stratégique, et ne souffre donc d’aucune contrainte . Beaucoup de Maghrébins ignorent que les réseaux Algériens, Marocains, et Tunisiens sont interconnectés, et donc l’Algérie à maintes reprises a lissé son surplus d’électricité au Maroc comme avec la Tunisie également .

    Sonelgaz fournit au Maroc depuis plusieurs années, selon l’économist, entre 5 et 10% de la consommation Marocaine.

    Après avoir bouclé son dernier exercice avec un chiffre d’affaire de 1.5 milliards d’euros ( soit 2 milliards de dollars) Sonelgaz s’est lancé dans un énorme programme d’investissement , plus de 5000 Mw d’électricité, et sans compter les futurs investissements à court terme, et qui feront , de la compagnie Algérienne un producteur et un distributeur d’électricité de premier plan dans le bassin méditerranéen.

    ONE qui n’est pas producteur, mais distributeur, est donc entrains d’étudier, à la demande de Sonelgaz, la création d’un joint venture avec Sonelgaz-ONE, qui leur permet d’approvisionner le Marché Marocain, et d’ exporter l’électricité Algérien vers l’Europe . Cependant une telle association supposerait que l’ONE assainirait sa délicate situation financière, en raison de ses endettements lourds à long terme de 16 milliards de dirhams et une trésorerie déficitaire de près de 3 milliards de dirhams. Pour ne rien arranger, le redressement fiscal auquel a eu droit l’ONE en 2006 a engendré une perte abyssale de 1,7 milliard de dirhams, alors que les provisions sur des créances clients quasiment irrécupérables lui coûteront près de 1,5 milliard de dirhams. L’Office doit en plus débourser quelque 13,5 milliards de dirhams pour externaliser sa caisse de retraite, un montant qu’il ne pourra mobiliser par ses propres moyens. Une recapitalisation de l’Office est d’ailleurs prévue dans le projet de loi sur la libéralisation du secteur de l’électricité, projet qui tarde à atterrir dans le circuit législatif, et qui pourrait peut être intéressé la compagnie Algérienne Sonelgaz.

    La compagnie nationale algérienne Sonelgaz envisage d’exporter de l’électricité en Espagne en installant un réseau de distribution d’électricité transitant par le Maroc, a déclare Nouredine Bouterfa, PDG du groupe, à Reuters.

    Il a ajouté que Maroc achevait une ligne de 400 KW qui sera reliée au réseau de Sonelgaz, dans l’ouest de l’Algérie, et transportera de l’électricité en Espagne.

    Rappelons que Sonelgaz a la possibilité d’acheminer son électricité directement en Europe, sans passer par le Maroc, comme est entrains de le faire Sonatrach pour le gaz, mais ce rapprochement énergétique entre les deux pays voisins pourrait relancer un partenariat économique et durable, où non seulement le Maroc pourrait combler ses insuffisances énergétiques, mais même gagner des royalties de transit sur l’électricité Algérien qui sera fourni à l’Espagne.

    Source : algerie-dz.com

    L’Algérie va vendre son électricité au Maroc via la bourse de l’électricité d’Espagne

    L’Algérie compte dorénavant vendre son excédent d’électricité à certains pays, dont le Maroc, via la bourse de l’électricité en Espagne, a déclaré le ministre de l’Energie Mustapha Guitouni.

    « Le dossier relatif à l’exportation de l’électricité est ancien, il remonte à plusieurs années. La nouveauté dans ce dossier est que l’Algérie va aller vers la bourse pour vendre son excédent de l’électricité vers la Tunisie et le Maroc », a-t-il déclaré à l’agence de presse APS.

    « Cet excédent, nous allons le commercialiser, nous devons être prêts pour cela avec la préparation des réseaux et la mise en place de mesures de protection nécessaires afin de vendre, à condition qu’il soit mis sur le marché », a-t-il ajouté, rappelant que son pays jouit d’une capacité électrique de 19.000 megawatts, et un excédent de 9000 megawatts en hiver.

    Source : Bladi.net

    Tags : Maroc, Algérie, énergie, électricité, Espagne, 

  • Maroc :”Like a virgin”

    Des hymens artificiels, promettant de simuler «la première fois», sont commercialisés par une société chinoise qui entend bien percer dans les pays musulmans. Exemple au Maroc avec le récit de TelQuel.

    Se refaire une virginité comme on s’achète un string. Au souk du coin, en moins de cinq minutes et pour moins de 26 euros. On dirait une pub, ce sera bientôt une réalité. L’hymen artificiel, produit chinois digne d’une boutique de farces et attrapes, risque de faire fureur sur le marché informel marocain. Quèsaco ? Une petite poche translucide de quelques centimètres de large contenant du liquide rouge, placée à l’intérieur du vagin environ vingt minutes avant le rapport sexuel. Sous l’effet de la chaleur corporelle, la membrane se dilate et, lors de la pénétration, une sensation de défloration est ainsi recréée, le liquide rouge se répand, imitant la rupture de l’hymen et tachant de quelques gouttes les draps. Le tour est joué pour une somme modique.

    Ce produit d’origine japonaise, conçu dans les années 1990 par un fabricant d’accessoires coquins, était proposé comme sex-toy pour couple débridé. Mais la société chinoise Gigimo, qui propose une livraison dans le monde entier, sous pli discret, pour 21 euros, a saisi le potentiel commercial d’un tel produit dans les pays musulmans. Bien décidé à pénétrer ces marchés, Gigimo s’est offert, fin septembre, une publicité – en arabe – sur les ondes égyptiennes. Stupeur dans les chaumières. La presse locale enfonce le clou en affirmant que le produit serait bientôt disponible sur le marché pour 10 euros. Scandale dans le landerneau politique. Les députés conservateurs montent au créneau. Le cheikh Sayed Askar, membre des Frères musulmans et de la commission parlementaire des Affaires religieuses, demande au gouvernement l’interdiction d’importer et de commercialiser ce produit “dangereux”, qui permettrait aux femmes de “succomber à la tentation du vice”. La polémique franchit vite les frontières et arrive au Maroc avant même le produit incriminé.

    “Depuis quelques semaines, je reçois des patientes qui me demandent mon avis sur cet hymen artificiel. Elles veulent savoir s’il existe des risques pour leur santé et où se le procurer”, raconte Aboubakr Harakat, sexologue à Casablanca. Ne relevant pas du domaine médical, c’est sur le marché informel que le produit pourrait être disponible. Mais, pour l’heure, l’hymen chinois n’a pas envahi les étals comme les autres produits made in China. “Vous ne trouverez pas ça ici”, lance, catégorique, le propriétaire chinois d’une boutique du souk casablancais, se faisant presque menaçant. Pourtant, dans ce quartier, tous semblent bien connaître Gigimo. A la vue de la photo, les vendeuses sourient jaune. “Les Chinois sont extrêmement méfiants. Ils ont conscience que la virginité est un sujet sensible et ne commercent qu’avec des acheteurs qu’ils connaissent bien”, confie un employé d’une échoppe chinoise, convaincu que le produit circule en petites quantités, même s’il n’en a pas vu lui-même. Quelques portes plus loin, un autre commerçant, marocain, lâche : “Cela n’existe pas au Maroc. C’est bloqué à la douane.” A-t-il tenté de l’importer ? Impossible d’en savoir plus.

    Il n’en fallait pas plus au Conseil des oulémas de Rabat, qui, fidèle à l’adage “mieux vaut prévenir que guérir”, n’a pas attendu pour se prononcer sur le sujet. Sans surprise, il condamne cette “brèche ouverte” aux relations illégitimes. Dans une fatwa émise fin octobre, ces gardiens du temple religieux réaffirment que, selon le Coran, “l’hymen ne peut être recousu” et déclarent que l’utilisation d’un hymen artificiel est une “tricherie interdite” qui porte “atteinte aux principes et valeurs de l’islam”. Les oulémas s’attaquent aux utilisatrices et aux vendeurs du gadget, qui portent préjudice aux maris. Mais les théologiens ne sont pas unanimes. Pour Abdelbari Zemzami, député islamiste du Parti de la renaissance et de la vertu, l’hymen artificiel peut être licite pour les femmes victimes de viol ou en cas de perte accidentelle de la virginité. Et l’ancien imam d’ajouter qu’il n’existe pas d’obligation d’en informer l’époux. “Le mariage est souhaitable dans l’islam, et tout moyen pour y parvenir est légitime”, a-t-il expliqué dans la presse. Les artifices de simulation de la virginité se banaliseront suffisamment pour que l’hypocrisie sociale sur ce sujet s’arrête, se prête à rêver Aboubakr Harakat. “Ce produit aura peut-être le mérite d’ouvrir un débat de société sur la virginité”, estime le sexologue. Qui conclut : “A ce rythme, dans deux ou trois générations, la virginité sera tombée aux oubliettes.”
    Wafaa Lrhezzioui

    Source : telquel-online.com, 21 janvier 2010

    Tags : Maroc, virginité, kit virginité, mariage, société, traditions, 

  • Maroc / Dossier : Les folles soirées de Hassan II

    Par Fahd Iraqi avec Azzedine El Hadef

    Couche-tard, lève-tard, Hassan II a dédié de longues, longues soirées à sa passion de toujours : la musique. Une vie parallèle où le “roi mélomane” récompensait les artistes, les blâmait, les accompagnait au bendir ou à l’accordéon et parfois même… les inspirait. TelQuel a retrouvé les témoins de cette folle époque.

    Le rideau s’ouvre sur un décor d’enchantement : un orchestre philharmonique au grand complet, une brochette des meilleurs musiciens du royaume, des artistes de tous genres, chanteurs,

    animateurs, conteurs, des invités de marque et des hôtes sur leur 31, emplis de joie, de fierté. Et de stress. Car le roi, le “maâlem”, maître absolu du pays, se tient juste là, confortablement assis, savourant cette ambiance musicale enivrante de son oreille de mélomane. Derrière les moucharabieh qui compartimentent les allées du palais, de là où elles peuvent “tout voir sans êtres vues”, les femmes du harem suivent le spectacle sans oser y prendre part… Non, ce n’est pas une scène droit sortie des mille et une nuits, mais juste le prototype d’une (folle) soirée hassanienne, artistique, musicale, enchanteresse. “Et toujours, toujours, stressante”, comme aiment à le répéter tous les artistes qui y ont pris part. C’est là, au milieu de ce cérémonial d’un autre âge, que Hassan II laissait transparaître sa sensibilité. C’est là qu’il se montrait, à l’occasion, extrêmement généreux, parfois cruel, avec ses hôtes. C’est là, enfin, qu’il a pu trouver, par moments, l’inspiration nécessaire pour réfléchir à d’importantes décisions politiques.

    Chef d’orchestre pour Abdelhalim Hafez

    Passionné de musique, Hassan Ben Mohamed l’est depuis son jeune âge (lire encadré). En dehors des fêtes nationales et religieuses, ou encore des cérémonies familiales, Hassan II ne se fait pas prier pour multiplier les soirées privées en l’honneur de ses invités étrangers : chefs d’Etat ou hommes d’affaires. Il lui arrive aussi d’improviser des soirées simplement “pour se laver les tympans”, au sortir d’une dure journée de travail. Les artistes marocains, trouvant grâce à ses yeux, assurent fièrement le spectacle, et le roi prend un malin plaisir à donner le “la”. Qui joue quoi, quand et comment : Hassan II décide de tout, un peu comme en politique…

    A l’époque, le déroulé de ces cérémonies relève presque du secret défense. Mais, depuis la disparition d’Al Fannane Al Awwal (le premier des artistes), les langues se sont déliées. Les musiciens ne se contentent plus de chanter ou de jouer, ils parlent. Enfin. Dans un livre intitulé Les amis du roi, depuis peu sur les étals, l’écrivain Saïd Houbal concentre les témoignages de plusieurs musiciens. On peut y lire, au hasard des anecdotes, que “lors du mariage de Lalla Asmae à Marrakech, Hassan II avait demandé à voir le programme de la soirée. Il a piqué une colère quand il s’est aperçu que personne n’avait eu l’idée d’inviter le chanteur Mohamed Mezgueldi pour interpréter la fameuse chanson Laâroussa Merhouna (la mariée est promise). Ils ont dû tout arrêter pour le ramener en urgence de son domicile à Fès”.

    En règle générale, Hassan II ne perd pas une seule occasion de mettre en avant son côté mélomane, pour étaler ses connaissances musicales. Surtout devant les grands artistes venus d’Orient. Un soir où le “Rossignol du Nil”, Abdelhalim Hafez, et son orchestre jouent pour Hassan II, le roi décide ainsi de s’emparer de la baguette du chef d’orchestre et de diriger lui-même la formation mythique. “C’était sur la chanson Zayyi L’hawa (comme l’air), se souvient l’écrivain Mohamed Mouak (auteur d’un ouvrage sur la mosquée Hassan II), habitué des soirées musicales du Palais. A la fin, tous les musiciens de la troupe se sont levés pour applaudir le roi, qui avait été magistral en chef d’orchestre”. Le crooner égyptien, idole du public arabe, était aussi le chouchou de Hassan II. Une anecdote, narrée dans les pages de Saïd Houbal, raconte comment Abdelhalim Hafez “a été pris d’un malaise suite à un repas partagé avec le chanteur Mohamed Gharbaoui dans un boui-boui de la capitale. On a dû réveiller le roi à 3 heures du matin…”. La suite ? “Le roi a immédiatement ordonné à un avion militaire de décoller pour emmener Abdelhalim se faire soigner à Londres”. En plus de Hafez, bon nombre de célébrités de la chanson égyptienne ont défilé dans les palais hassaniens. D’Oum Kalthoum à Mohamed Abdelwahab, en passant par Farid Al Atrach ou Sabah, les plus belles voix de l’époque se sont produites en privé pour le monarque.

    Entre Farid Al Atrach et Ahmed Bidaoui

    Devant ces monstres sacrés, Hassan II s’amuse souvent à vanter la qualité des artistes marocains. Exemple : lors d’une soirée avec Farid Al Atrach, il décide de faire découvrir à sa guest star son luthiste préféré. Instructions sont alors données pour ramener Ahmed Bidaoui. Sauf qu’il faut se lever tôt, beaucoup chercher, et s’armer de patience, pour espérer retrouver la trace du jeune compositeur. Qu’à cela ne tienne, les forces de police sont “missionnées” pour mettre la main sur Bidaoui. Qui se terre, quelque part, dans un bistrot casablancais. “Debout, le roi te demande”, lui assènent les policiers. Pris d’un mélange de joie et de panique, le musicien ne tient plus sur ses jambes. Il est alors escorté jusqu’au palais royal de Rabat. Quelques tasses de café et une douche froide plus tard, Ahmed Bidaoui fait son entrée sur scène, où il récupère le luth que vient de poser Farid Al Atrach. Les musiciens de l’orchestre redoutent le pire, mais leur frayeur se dissipe devant les premières notes magiques du compositeur marocain. Sa prestation lui vaut même une standing ovation de Farid Al Atrach et Hassan II himself.

    Sauf que l’acclamation honorifique provoque en Bidaoui une réaction inattendue. L’homme se lève de son siège et assène un violent coup de pied… à son luth, qui se brise en mille morceaux. Le tout sous le regard médusé de Hassan II. Un ange passe dans la salle… L’assistance reste hagarde, tandis que les serviteurs se mettent à scander : “Que Dieu donne longue vie à Sidi”. Fin de la soirée, le monarque se couche, et la vie reprend son tonus normal. Saleh Charki, musicien et fidèle compagnon de Bidaoui, raconte que ce dernier est resté silencieux sur le chemin du retour. Mais il fallait bien qu’il explique son geste, dès le lendemain, devant le souverain. Convoqué par Hassan II après sa sieste, Bidaoui se surpasse en implorations et en improvisations : “Que Dieu donne la vie à Sidi. J’ai cassé le luth car je ne voulais plus que quelqu’un touche l’instrument sur lequel a joué Farid Al Atrach et qui m’a donné toute cette inspiration”. Bonne réponse : le monarque sourit. Et passe l’éponge.

    Hayani et le bain de minuit

    Pour bien moins que cela, Hassan II pouvait se montrer peu commode. Le chanteur Mohamed Hayani l’a appris à ses dépens. Un invité rapporte que lors d’une soirée sur la plage, à la résidence royale de Casablanca, “Hayani est surpris par la main du roi sur son épaule lui demandant si tout allait bien. Hayani répond sur le ton de la rigolade : Que Dieu glorifie Sidi, tout est parfait, il ne nous manque qu’une bonne baignade”. Mal lui en a pris : quelques minutes plus tard, le chanteur est surpris par les membres de la sécurité royale qui lui remettent un maillot de bain en lui hurlant : “Le roi t’ordonne de te jeter à l’eau”. De retour sur la plage après son long bain de minuit, Hassan II le sermonne : “Plus jamais tu ne dis qu’il manque quoi que ce soit en ma présence. Je suis le tout, et le tout c’est moi”. On ne badine pas avec le roi…

    Influencé par les rituels sultaniens d’Orient, le protocole des soirées hassaniennes ne laisse aucune marge à l’improvisation ou à la fausse note. Les invitations ressemblent souvent à des arrestations. Mostapha Chater, membre de la troupe Izenzaren, se rappelle encore, en détails, de la première soirée du groupe au palais. C’était à quelques jours du ramadan, en 1981, à Skhirat. “Les membres du groupe étaient dispersés dans les environs d’Agadir quand un message est tombé à 3 heures du matin à la préfecture, qui ordonnait de nous rassembler. Le lendemain à 16 heures, toute la troupe s’est retrouvée à l’aéroport, où un avion spécial nous attendait pour nous emmener jusqu’à Rabat. Nous sommes descendus à l’hôtel Balima et, vers 20 h, nous étions au palais, attendant le début de la soirée”. Sauf qu’Izenzaren ignore tout du protocole musical. Une fois sur scène, la troupe n’attend pas l’ordre royal pour se mettre à jouer. Artistes, chambellans, ministres, généraux et autres invités se rendent compte de l’ampleur de “l’offense” faite à Sa

    Majesté. “Leurs visages étaient livides et un silence de mort pesait sur la salle, se rappelle Chater. On s’est alors arrêtés sec”. Mais Hassan II ne leur en voudra pas et, à la surprise de l’assistance, il saisit même un bendir et se joint aux Izenzaren, heureux de l’étrange retournement de situation.

    Les pneus de Doukkali

    Les habits des invités et des artistes n’ont jamais échappé à la rigidité du protocole de Dar Al Makhzen. Tenue de soirée exigée pour ces fêtes où Hassan II reçoit en nœud papillon et smoking. Les femmes, évidemment, sont en caftan. Et ont la formelle interdiction de se mélanger à la gent masculine. “Il y avait une certaine retenue en présence du souverain. Par exemple, personne ne pouvait applaudir si le roi ne l’ordonnait pas”, explique Mohamed Mouak. L’humoriste Gad Elmaleh, invité en 1998 pour jouer son tout premier spectacle au palais, confirme avoir eu affaire à un public particulier. Un public courtisan. “Au début, j’avais super peur. Il (Hassan II) était à deux mètres de moi, c’était impressionnant, raconte alors la star internationale. Quelques personnes dans la salle ne se permettaient pas de rire si Hassan II ne riait pas”.

    Pour le reste, la ponctualité est la moindre des politesses dans les soirées hassaniennes, même si celles-ci ne commencent jamais à l’heure. Abdelouahab Doukkali l’a compris à ses dépends. Saïd Houbal raconte comment Doukkali, un jour, “a décidé de prendre son temps avant d’arriver à une cérémonie à la résidence d’Ifrane. Malheureusement pour lui, Hassan II arrive cette fois-ci à l’heure et apprend que Doukkali n’est pas encore là”. L’artiste le paie très cher : Hassan II le programme exprès en dernier et, quand son tour arrive, il décide subitement que le spectacle était fini. Ce n’est pas tout : “Au parking, Doukkali trouve les quatre pneus de sa voiture crevés. Il a failli mourir de froid cette nuit-là, si ce n’était les mokhaznis qui lui sont venus en aide”. La vengeance royale est un plat qui se mange froid, dans le froid.

    Chez le roi, on ne fait pas non plus de manières devant le buffet. Cherif, joueur de saxophone à l’orchestre national, en a fait les frais. Invité en 1971, le musicien, souffrant d’une rage de dents, fait une grimace à la vue d’un plat de dattes que lui présente un serveur. Hassan II remarque le rictus et se dirige vers Cherif. Le roi pioche dans le plat et propose au musicien de faire de même. “Il m’a dit?: ces dattes sont trop bonnes, n’est-ce pas ? Je n’ai eu d’autre choix que de manger une datte après l’autre tandis qu’il en vantait les mérites”. La rage de dents du saxophoniste est alors à son paroxysme. Comme pour se délecter de la tournure des événements, Hassan II se tourne par la suite vers les autres musiciens, leur lançant : “Voilà ce qui arrive quand on refuse la naâma (nourriture) du palais”.

    Le roi des Ikramiyate… quand tout va bien

    Plus que le buffet, c’est le moment de distribuer les enveloppes qui est généralement le plus attendu. Point de barème précis pour les donations royales. Tout dépend, bien entendu, de l’humeur du monarque. Argent, agréments, propriétés terriennes : c’était selon. Mahmoud Idrissi est ainsi l’un des rares artistes auxquels Hassan II aime offrir ses costumes… quand il joue bien au luth. Sinon, “il lui retire tout simplement la veste qu’il venait de lui offrir”, nous raconte notre source. Une sentence bien clémente quand on rappelle le sort de ces deux musiciens qui, pour avoir multiplié les fausses notes, ont été chassés du palais… pieds nus.

    Les primes royales sont distribuées par l’intermédiaire du compositeur Ahmed Bidaoui. Ce dernier est alors l’objet de toutes les critiques, ses “amis” artistes le soupçonnant d’alléger régulièrement le contenu des enveloppes…. Dans le livre de Saïd Houbal, Omar Sayed, de Nass El Ghiwane, raconte comment Hassan II a insisté, un jour, pour savoir combien ils percevaient. “Quand il a su que nous touchions 8000 DH pour toute la troupe, il s’est mis en colère en criant : je suis entouré de voleurs !”. Le verdict est alors sans appel : Ahmed Bidaoui est banni des soirées hassaniennes et même licencié de sa fonction de membre de la commission d’écoute de la radio nationale. Ce n’est pas la première fois que Hassan II sévit pour détournement de donations. Aux premières années de son règne, un de ses chambellans, appelé Haj Larabi, aurait été licencié pour le même motif…

    Généreux, soucieux que ses dons arrivent à bon port, Hassan II déteste par-dessus tout voir « ses » artistes dans le besoin. Il n’aime pas, non plus, quand ils demandent expressément de l’argent. Le chanteur Hamid Zahir, lors d’une soirée en l’honneur d’un homme d’affaires américain, aurait lancé au roi : “Que Dieu glorifie Sidi, la chanson est toujours en attente de votre générosité”. Hassan II le fusille alors du regard avant de rétorquer : “Si tu n’arrêtes pas tes mesquineries, je te fais arrêter sur le champ”. Un autre jour, un artiste serait venu quémander un logement à Hassan II. Riposte royale : “L’Kelb (le chien) me prend pour un agent immobilier”….

    Autre coup de sang hassanien : le jour où on lui rapporte que certains artistes marocains reprochent à l’Egyptien Abdelhalim Hafez de repartir avec des valises pleines de dollars. “Le roi a alors rassemblé ses artistes pour leur asséner : sachez que je ramène des artistes internationaux pour que vous puissiez apprendre d’eux. Ce que je donne aux uns et aux autres ne concerne personne. C’est mon argent, pas celui de l’Etat. Compris ?”. La suite ? Les artistes se constituent en délégation qui se rend au palais pour implorer le pardon royal. Mais les humeurs du monarque sont changeantes et il lui arrive d’apprécier les plus altruistes parmi ses artistes. Mohamed Mezgueldi, par exemple, a grandi dans l’estime royale le jour où, à la question “Demande-moi ce que tu veux !”, il a choisi de plaider la cause d’un autre chanteur : “Majesté, je ne manque de rien, c’est plutôt Maâti Benkacem qui va très mal et est menacé d’expulsion de son domicile”.

    L’histoire du luth

    Forcément, jalousies, coups bas et autres intrigues de cour ont longtemps caractérisé les rapports entre les artistes du Palais. Un membre de Nass El Ghiwane raconte à Saïd Houbal comment Ahmed Bidaoui a voulu les “cramer” en présence du souverain. “Il lui a dit que nous ne répondions pas aux invitations pour la Fête du trône. Heureusement, Hassan II n’en a pas tenu compte”. Le luthiste Haj Younès a souffert du boycott de ses pairs. “Certains artistes ne voulaient pas que je mette les pieds au palais, mais j’ai fini par avoir ma chance en 1982”, nous raconte l’intéressé. “Je suis resté seul dans le parking quand les services de sécurité m’ont appelé. Je me suis retrouvé à accompagner Abdelhadi Belkhayat et j’essayais de repérer le roi, quand je me suis aperçu qu’il était à un mètre de moi, épris par la chanson. Il m’a demandé de jouer en solo et j’ai improvisé, improvisé”. A la fin, le roi, visiblement satisfait, demande à l’un de ses conseillers : “Je veux que vous commandiez un oud pour (Haj) Younès”. Quelques mois plus tard, Haj Younes est à nouveau convoqué au palais et le roi lui offre, alors, son nouveau luth. à la suite de l’épisode Haj Younès, le roi, décidément épris de cet instrument à cordes, va jusqu’à ordonner qu’un luth illustre la nouvelle coupure de 10 dirhams produite dans les années 1980.

    Souvenir, souvenir. Sawt Al Hassan…

    Nombreux sont les artistes qui le soutiennent : Hassan II aurait directement inspiré plusieurs standards connus du patrimoine de la chanson marocaine. “Kheffet Rjel d’Ahmed Ismail, Khali Omar de Tagadda et bien d’autres tubes sont plus ou moins attribués à Hassan II”, souligne le chercheur Saïd Houbal. Le roi défunt chérissait par ailleurs les chansons à sa gloire ou celles vantant les mérites de son royaume. “Ichi ya bladi de Mahmoud Idrissi et Habib Ljamahir de Doukkali appartiennent à cette catégorie”, explique notre source. Plus généralement, les interférences entre art et politique ont toujours été légion. Exemple : quand des artistes émettent le souhait de prendre part à la Marche verte, en 1975, Hassan II leur explique que le mieux à faire est de produire des chansons patriotiques pour exalter l’élan populaire. Les artistes acquiescent et produisent, alors, ce qui reste le meilleur témoignage de ces folles années hassaniennes : “Sawt Al Hassan ynadi (la voix de Hassan II appelle)“, tube transgénérationnel…

    Profil. Le musicien-roi

    Hassan II est littéralement un musicien-né. Déjà enfant, il a apprivoisé l’accordéon. Quelques années plus tard, et alors qu’il était étudiant en droit à Bordeaux, il s’est inscrit en cachette au conservatoire de la ville. Au programme : solfège et piano. La fibre musicale du futur Hassan II est déjà bien palpitante… La légende raconte qu’un rapport secret des renseignements français a prévenu le sultan Mohammed Ben Youssef de l’intérêt grandissant (inquiétant ?) du prince héritier pour la musique. Le sultan décide alors de rendre une visite surprise à Moulay Hassan dans sa résidence bordelaise. Et tombe sur un phonographe et une collection inestimable de vinyles. “Il y avait plus de disques que de livres dans la résidence princière”, raconte le chercheur Saïd Houbal. Pris de colère, Mohammed V piétine la collection de disques et lance à son fils aîné : “Tu veux être roi, marhba. Tu veux suivre l’art, que Dieu te vienne en aide”. Le prince Moulay Hassan a décidé, depuis, de mettre un bémol à sa passion avant de la laisser s’exprimer pleinement, de la manière la plus exubérante, une fois roi.

    © telquel-online.com, 2009

    Tags : Maroc, Hassan II, soirées, fête, luth, Mohammed V, 

  • Le Maroc : point commun entre les attentats terroristes qui ont secoué l’Europe

    Le feuilleton de la terreur marocaine a débuté en 2004 avec l’explosion des trains de Madrid qui a laissé 200 morts et près de 2000 blessés. Cette attaque est connue avec le code de 11-M en référence au 11 mars, date que les espagnols remémorent chaque année pour ne pas oublier ce massacre commis essentiellement par des marocains.

    La même année, le cinéaste néerlandais Théo Van Gogh est lâchement assassiné par un marocain du nom de Mohammed Bouyari.

    Mais ce n’est pas tout. En 2015, c’est au tour de la France de faire connaissance avec les terroristes marocains qui ont exécuté les attentats de Paris. Parmi eux les frères Abdeslam. Belgian-Moroccan Islamic terrorist Abdelhamid Abaaoud was the ringleader of the Paris attacks while Moroccan brothers Salah and Ibrahim Abdeslam carried out the attacks.

    Le 22 mars 2016, des terroristes de Daesh perpétuent des attentats suicides à l’aéroport de Bruxelles puis dans une rame du métro Maelbeek à Bruxelles, tuant 32 personnes et faisant près de 350 blessés. Les attentats de Bruxelles ont été vraisemblablement commis par une cellule terroriste commune aux attentats de Paris et Saint-Denis du 13 novembre 2015, cellule dirigé par le marocain Najim Laachraoui.

    Le 3 juin 2017, au Pont de Londres, 8 personnes laissaient la vie et 48 blessés par le trio Khuram Butt, pakistanais, 27 ans, les marocains Rachide Redouane, 30 ans et Youssef Zaghba.

    Le 21 août 2017, en Finlande, le marocain Abderrahman Mechkah, 18 ans, a laissé deux morts et huit blessés vendredi à couteau.

    C’est le cas aussi, la même année, de la cellule dirigée par l’imam de la ville de Ripoll et de Younes Abouyaaqoub, le boucher de l’Espalanade de Las Ramblas, à Barcelone qui s’est servi de sa voiture comme véhicule-bélier pour écraser les passant le 17 et 18 août 2017.

    Il serait trop naïf de penser qu’un phénomère si répétitif puisse être le produit d’un hazard, notamment sachant que le pays originaire des terroristes, le Maroc, a toujours été qualifié de “havre de paix” et reste, selon les dires du D Charles Saint-Pro, Directeur Général de l’Observatoire des Etudes Géopolitiques à Paris, un pays stable et un acteur important contre les risques de radicalisation.

    Selon d’anciens prisonniers salalfistes marocains, les services secrets marocains utilisent des méthodes très sophistiquées en vue de manipuler des simples citoyens dans le but de les pousser à commetre des actes terroristes. Dans ce contexte, il utilise les fiches “S” obtenues gràce au policier ripoux de l’aéroport d’Orly. Les individus suspectés par les services français sont des cibles potentiels qui seront rapprochées par les agents marocains en vue de les manipuler.

    Tags : Maroc, terrorisme, moroccan connection, Daech, ISIS, Charlie Hebdo, Bataclan, Barcelone, Las Ramblas, Ripoll, Imam, Fiche S,

  • Nichane saisi, TelQuel détruit – Ce qui s’est vraiment passé

    Maroc, août 2007 –  Nichane saisi, TelQuel détruit, Benchemsi inculpé… La liberté de la presse selon Mohammed VI

    (Ahmed Reda Benchemsi et le secrétaire général du syndicat de la presse, Younes Mujahid)

    En matière de répression contre les journalistes, les escalades, au Maroc, sont toujours particulièrement inattendues, fulgurantes et brutales. Samedi 4 août 2007 en fin de journée, tout allait encore bien : Nichane était en kiosque, TelQuel sous presse et leurs deux équipes en congé après un bouclage difficile (232 pages au total !). 48 heures plus tard, les deux magazines avaient été saisis et détruits sur ordres du premier ministre et du ministre de l’Intérieur. Tous les journaux ne parlaient que de ça et j’étais moi-même, après avoir été très longuement interrogé par la police, inculpé du plus grand crime qui soit en matière de presse au Maroc : l’offense au roi.

    L’objet de “l’offense”

    Mon tort, selon mes accusateurs : avoir procédé dans mon dernier éditorial (publié dans les deux magazines) à une lecture analytique du dernier discours royal, m’interrogeant sur le rôle des partis, la séparation des pouvoirs, etc., et de surcroît, en darija (dans Nichane). Une langue estimée irrespectueuse, s’agissant d’analyser un discours royal. Telle n’est pas mon appréciation. La darija est la langue de tous les Marocains. Comme toutes les langes, elle comporte des mots insultants, mais je n’en ai employé aucun dans cet éditorial. Ce n’est pas mon habitude d’offenser quiconque et, s’agissant du roi, j’estime l’avoir toujours respecté et entends continuer à le faire, tout en exerçant mon métier d’éditorialiste : analyser librement les institutions politiques de mon pays, y compris la première et la plus importante d’entre elles : l’institution monarchique.

    20 heures d’interrogatoire

    Les 20 heures d’interrogatoire que j’ai subies à la préfecture de police de Casablanca (samedi 4 août, de 18h à 2h du matin, puis dimanche 5, de 9h à 21h) ont été particulièrement éprouvantes. Non que j’aie été maltraité : la douzaine d’officiers de police chargés de m’interroger ont été corrects, et eux aussi ont passé ces 20 heures à la préfecture en ma compagnie, sans sortir. Mais ils avaient visiblement pour consigne de me déstabiliser autant que possible. Officiellement, je n’étais ni en état d’arrestation ni en garde à vue. Mais je n’avais pas le droit d’utiliser mon téléphone, ni de quitter les lieux tant que l’interrogatoire durait. Et de fait, il s’est étiré de façon aussi interminable que chaotique : mêmes questions reposées à plusieurs heures d’intervalle par différents interlocuteurs, longues périodes de silence, les yeux dans les yeux (jusqu’à deux heures !), suivies de rafales de questions intensives (toujours les mêmes), une mauvais foi constante et dure à supporter, mes interlocuteurs feignant de ne pas comprendre, ou donnant un sens dévoyé à des expressions en darija qu’ils connaissent parfaitement pour les utiliser quotidiennement – comme tous les Marocains…

    Tout ça pour ça…

    Au final, le PV qu’on m’a demandé de signer comportait 5 malheureux feuillets, alors qu’il aurait facilement pu en faire 30. C’est en le lisant, dimanche en soirée, que j’ai fini par comprendre le but de toutes ces manœuvres policières : m’épuiser nerveusement en me posant interminablement les mêmes questions, entre deux longues périodes de silence, pour ne retenir au final que les plus imprécises de mes réponses. Des réponses qui étaient, de surcroît, amputées de tout ce qui pouvait jouer en ma faveur en perspective du procès à venir : mon accord avec les orientations générales fixées par le discours royal (Etat de droit, démocratie sociale, etc. – sauf que ce n’était tout simplement pas mon sujet), mes dénégations fermes à chaque fois qu’on m’accusait d’avoir délibérément offensé le monarque… On me faisait même dire, dans la première version du PV qui m’a été présentée, des choses que je n’avais pas dites et qui visaient clairement à m’enfoncer. J’ai bien entendu refusé de signer le PV, tant qu’on n’y avait pas introduit toutes les modifications que je demandais. Ce qui fut fait, mais non sans mal. A noter que durant la dernière heure, celle où je leur ai demandé de saisir mes corrections, plus aucun officier de police ne cherchait à être (faussement) aimable. Ils me fusillaient du regard dans un bel ensemble, regrettant sans doute de ne pouvoir en faire plus…

    Nichane saisi, TelQuel détruit

    Si Nichane a été retiré des kiosques dès samedi 4 août, TelQuel, lui, a été tout simplement détruit. Dimanche 5 en début d’après-midi, un bataillon de policiers ont fait irruption à l’imprimerie Idéale, à Casablanca, et y ont détruit les 50 000 exemplaires de TelQuel imprimés, mais pas encore façonnés. Un acte parfaitement illégal et non notifié par écrit à ce jour. Si la loi prévoit les saisies de journaux, elle ne prévoit en aucun cas leur destruction alors qu’ils ne sont pas encore sur le marché. Pendant toute la durée de cet ahurissant exercice, l’imprimerie a été bouclée, personne ne pouvait y entrer ni en sortir. Un groupe de journalistes de TelQuel et Nichane s’y est rendu vers 17h, se heurtant à des vigiles très nerveux qui leurs barraient le passage. Le directeur général de l’imprimerie était ce jour en vacances à l’étranger et son second… interrogé à la préfecture de police, où je l’ai croisé dimanche en début de soirée. Il y était depuis midi. Au total, les saisies et destructions des 100 000 exemplaires imprimés ont fait perdre plus d’un million de dirhams au groupe TelQuel. En 2 jours !

    Et maintenant ?

    Le fait que vous teniez cette revue entre vos mains est un premier succès : TelQuel est de retour, Nichane aussi. Pour ne pas interférer avec le procès en cours, le fameux éditorial a bien entendu été supprimé, ainsi que les autres sujets sur lesquels avait porté mon interrogatoire-marathon (mais sans, au final, qu’aucun chef d’accusation n’en soit tiré). Pour le reste, le procureur du roi près le tribunal correctionnel de Casablanca m’a signifié, lundi 6 août, ma mise en accusation pour “manquement au respect dû au roi”. Un chef d’inculpation passible de 5 ans de prison et de 100 000 dirhams d’amende. Mon procès démarre le 24 août, et j’entends bien y démontrer mon innocence et ma bonne foi. Mais sans jamais renoncer au fondement de mon métier : la liberté d’informer, de commenter et d’analyser. Rendez-vous en septembre

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    Tags : Maroc, Telquel, Ahmed Benchemsi, Nichane, presse, répression,