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  • Maroc: le roi, les bijoux volés et l’exil de sa femme informatienne

    Tags : Maroc, Mohammed VI, fortune du roi, Lalla Salma, bijoux,

    Vingt-cinq personnes jugées (dont un garde du corps et quelques bijoutiers) pour vol dans le palais de Marrakech. Le mystère de l’absence de la princesse Lalla Salma


    Parmi les bijoux volés, il y a aussi l’horloge du scandale: une Patek Philippe incrustée de 893 diamants de 1,2 million d’euros, avec laquelle il n’était apparu en public qu’une seule fois, en 2018, provoquant un grand scandale sous son règne, celui qui a succédé au père Hassan il y a vingt ans en se présentant comme “le roi des pauvres”. Mohammed VI, monarque absolu du Maroc, s’est fait voler des millions d’euros en bijoux, montres et or: 25 suspects comparaîtront devant le tribunal de Rabat la semaine prochaine, dont un chambellan de la famille royale, des bijoutiers, un gardien du corps et de certaines filiales d’un groupe criminel dans la capitale. Pour le reste du procès, on sait très peu de choses: l’identité des suspects, mais aussi les biens volés précis et la date du vol, restent enveloppés de mystère: un vol au Palais Royal n’est pas une chose courante et soulève des doutes sur la sécurité du famille royale.


    Exil


    De plus, presque tout ce qui se passe dans les murs du palais royal de Rabat est enveloppé de secret. Qu’est-il arrivé, par exemple, à la princesse consort Lalla Salma, qui n’est apparue en public depuis décembre 2017, aux côtés de Mohammed, qu’à deux reprises, en avril et en octobre dernier? Au cours de ses deux années d’exil médiatique, les conjectures se sont multipliées: une enquête du Figaro en avril dernier parlait «d’exil dans un lieu secret», au Maroc, en Grèce ou aux États-Unis, mais quelques jours après ses cheveux du rouge avait été repéré, en liberté, à Marrakech.

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    #Maroc #MohammedVI #Lalla_Salma

  • Tunisia turns a corner against the jihadist movement

    For the first time since its 2011 revolution, Tunisia is not on the defensive in its battle with the Islamic State and al-Qaeda. Data from 2019, paired with a more holistic approach to combating jihadists, bears out this claim. Specifically, Tunis is expanding its toolkit beyond a purely military or law enforcement approach. Because of these advances, which have developed …

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    Tags : Tunisia, jihadism, ISIS, Al Qaeda,

  • Le roi du Maroc et son petit faible pour les bars gays d’Amsterdam

    Le petit faible du roi du Maroc pour les bars gays d’Amsterdam est un sujet largement traité par la presse des Pays Bas, notamment depuis que le souverain marocain a surpris tout le monde avec une visite éclair aux bars LGBT de la capitale hollandaise. 
    Selon le site IUVMPRESS, les autorités néerlandaises ont découvert le cortège royal grâce aux nombreux paparazzis et le bruit des voitures qui accompagnaient le souverain marocain lorsqu’il a débarqué dans la plus ancienne discothèque gay du centre-ville d’Amsterdam, le Spijker Bar. Pour des raisons de sécurité, il était absolument vital de connaître les intentions du roi Mohammed VI afin que son séjour se déroule dans les meilleures conditions, surtout qu’il est connu pour sa générosité à l’étranger. 
  • The GHG mitigation concept of Tunisia’s National Urban Mobility Policy (NUMP)

    The motorisation growth of Tunisia’s transport sector has turned this sector into the first consumer of final energy products in the country with 2.6 million tonnes of oil equivalent, 65% of those consumed as diesel, 26% as gasoline and the rest…

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    Tags : Tunisia, transport,

  • Maroc : “ Rappelez-moi comment c’est à l’extérieur (Ali Aarrass)

    “ Rappelez-moi comment c’est à l’extérieur.0148 Un texte inédit d’Ali Aarrass

    “… Un désir profond de serrer ma fille dans mes bras…”

    Ce texte inédit d’Ali Aarrass, avec ses Lettres de prison, publiées en 2016, a sa place à côté des plus beaux textes de prison du Palestinien Mahmoud Darwish, de l’Américaine Assata Shakur ou de l’Allemande Rosa Luxembourg.

    Il y a quelque temps j’avais demandé à Ali d’écrire la préface d’un livre que j’avais l’intention d’écrire, regroupant des textes parus sur le site Free Ali pendant ses années de détention. Pour de multiples raisons ce livre ne s’est pas fait. La préface d’Ali, je l’ai gardée pour moi comme un précieux cadeau. Aujourd’hui, deux mois avant sa libération (le 2 avril 2020), j’en partage quelques extraits avec vous. Ce texte est un message d’humanité, aussi poétique et émouvant que bouleversant. Une réflexion profonde sur la liberté et la dignité, que seuls ceux qui ont dû traverser l’enfer, sont capables d’écrire. Que tout le monde en puise des forces pour continuer son combat pour la justice et l’égalité. Merci de faire connaître les paroles d’Ali et de les partager autour de vous.

    Luk Vervaet

    « … Demain, je serai honoré de vous connaître sur le terrain. Vous, le Comité de soutien et tous les sympathisants. Si je sors un jour à la vie, ma maison n’aura pas de clés. Elle sera toujours ouverte, comme la mer, le soleil et l’air. Qu’ils entrent : les oiseaux, le jour, la nuit, la pluie bleue, et la lune, ma douce amante… Mais avant, rappelez-moi comment c’est le monde à l’extérieur ? Parce que la prison, c’est comme un insatiable vampire, qui peu à peu absorbe mes souvenirs. Dites-moi aussi comment est la justice, car là où je me trouve entre ses quatre murs maudits, la justice est une caricature, une mascarade ! Mais ne me dites pas ce qu’est la dignité. Parce que je l’ai connu intimement. C’est avec elle que je me couche, avec elle je me lève, je mange à sa table, je lui offre ma faim, elle est la pure essence de la liberté. C’est elle qui m’a fait comprendre que j’étais incarcéré, mais libre. Aujourd’hui, je me dois un grand respect vers ceux qui croient et voient en elle la sincérité, la cohérence, un compromis d’amour actif envers les autres, en particulier envers les plus humiliés, les offensés. Vous comprendrez que l’homme n’est homme que s’il se convertit à l’humanité.
    Luk, en dépit des circonstances souvent désastreuses, a-t-on le droit de rêver ? Car un de mes rêves, c’est de voir un monde sans faim, sans guerres, sans inégalités sociales, où le soleil sort et nous réchauffe tous. Mais sommes-nous prêts à tout accepter, quoi qu’il arrive ? Il faut avoir confiance en soi, connaître ses capacités, avoir la volonté d’arriver au but. Se réaliser que toutes les expériences négatives qu’on vît, doivent être perçues comme de véritables opportunités pour se remettre en question, et jamais, à aucun moment, permettre aux échecs apparents de nous décourager.

    Si nous tombons, relevons-nous tout simplement. Et essayons encore. Et ne soyons à aucun moment satisfaits de rester statiques. Il faut aller en avant, toujours en avant ! Nous devons être parmi ses hommes qui pendant des siècles ont été à l’image de l’arbre privé à la fois d’air et de racines. Ce n’est pas la première fois que des hommes auront joué ce rôle dans la cristallisation de la conscience, de l’espoir et de souvenirs. Et cela malgré la répression, la prison ou le bannissement quand ils n’ont pas choisi l’exil. Aujourd’hui, plus que jamais, l’être humain doit être solidaire, il doit simplement défendre la paix, la liberté et la sécurité des siens.

    Luk, alors que je suis plongé dans l’écriture, mon stylo s’arrête de lui-même et observe une minute de silence. Que se passe-t-il ? Y-at-t-il un opprimé qui meurt quelque part ? Oui, nombreuses sont les lampes qui ont honte de ce qui se passe autour d’elles. Elles détournent le regard vers le plafond… Quant à moi, je me sens toujours prisonnier de celui qui me tend la main. Durant toutes ces années en prison, au lieu d’être angoissé, ça a donné plus de valeur à mon existence, dans une dimension spéciale, avec un désir profond de sentir un jour la liberté, de pouvoir marcher sur l’herbe, de regarder le grand ciel bleu, les étoiles, et de serrer ma fille dans mes bras. Ce sentiment de pouvoir découvrir, de posséder à nouveau un jour, me rendait heureux.

    Oui, je sais parfaitement encaisser les chocs, en me serrant les dents, en mobilisant mes ressources pour affronter et traverser les épreuves pendant les tempêtes. Il fallait que je reste concentré sur mon objectif pour arriver à bon port, sain et sauf. Je dois reconnaître aussi que le recours à l’endurance provient d’un long entrainement. Qui prend très souvent une source dans l’enfance. C’est là, que j’ai dû apprendre à ne compter que sur moi pour m’en sortir des situations difficiles. Le choc de l’épreuve non seulement ne provoque pas l’effondrement, mais il met celui qui le subit en contact direct avec ses ressources et ses compétences de survie. C’est pour cela que nous devons savoir que la volonté et la possession d’une boîte à outils personnelle nous permet de ne pas se sentir démuni face à adversité. De se programmer pour résister dans le temps. Aide-toi, le ciel t’aidera !

    Celui qui doit endurer ne quitte pas son armure. Il vît comme s’il fallait être prêt à tout moment à affronter une épreuve. Aujourd’hui, toutes ces épreuves ne m’ont pas broyé ! Je suis toujours là, ici. Ils ont voulu me briser dans des conditions de détention inhumaines, mais au contraire je suis resté debout et bien raide avec ma dignité inséparable. Je les remercie d’avoir fait de moi un homme plus fort encore, avec ma conscience et ma dignité d’homme libre toujours dans mon esprit. Je dois dire que j’ai pleinement conscience d’être un privilégié, Dieu merci, de toutes ces années dures et difficiles. Je sais de quoi je parle.

    Je me pose cette question : peut-on faire un grand pas dans la vie sans avoir des garanties ? Ou devons-nous prendre le taureau par les cornes et s’engager très vite sur une autre voie, si ce n’est que pour éviter cette catastrophe ou au moins tenter de l’atténuer.

    Luk, au nom de tous les opprimés du monde, je vous remercie, et tout le Comité de soutien, ainsi que tous les hommes et toutes les femmes dont l’aide nous a été précieuse pour mener à bien votre combat. Et surtout de ne jamais avoir baissé les bras… ».

    Ali Aarrass

    Solidarité Maroc, 22 jan 2020

    Tags : Maroc, Ali Aarrass, répression, terrorisme, Belgique, Belliraj,

  • Libya: UN report urges accountability for deadly attack against migrant centre

    The appeal was made by the UN Support Mission in Libya (UNSMIL) and the UN human rights office in Geneva, which on Monday published a joint report calling for accountability for the attack targeting the Daman building complex, which houses the detention centre. “As I have said…

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    Tags : Libya, UN, migrants,

  • Algérie : Les hommes d’affaires enfoncent Saïd Bouteflika

    Son nom est cité dans plusieurs dossiers : Les hommes d’affaires enfoncent Saïd Bouteflika

    Le nom de Saïd Bouteflika est revenu de manière récurrente lors de plusieurs auditions auxquelles ont été soumis les hommes d’affaires incarcérés dans le cadre de la lutte anti-corruption. Des sources concordantes indiquent que le frère-conseiller de l’ancien président de la République a été une nouvelle fois cité dans le dossier Tahkout.

    Abla Chérif – Alger (Le Soir) – Il s’agit d’un dossier très lourd dans lequel 149 personnes ont été d’ailleurs auditionnées ,et plus de douze mandats de dépôt prononcés à l’encontre de Mahieddine Tahkout et ses trois frères, mais aussi des fonctionnaires, directeurs d’entreprises de transport, et cadres de sociétés publiques.

    Les principaux accusés, les frères Tahkout, ont tenté de se défendre comme ils le pouvaient, nous dit-on, mais en citant toutefois l’intervention faite par Saïd Bouteflika dans certaines situations, dont les détails seront connus lors du procès à venir. Aucune date n’a été encore retenue à ce propos, apprend-on de la même manière, mais l’instruction de l’affaire a tiré à sa fin il y a un peu plus de quinze jours.

    Durant ce processus, le nom de Ahmed Ouyahia est également apparu de manière très évidente, sur la base de témoignages qui risquent de l’accabler une nouvelle fois. L’ancien frère-conseiller de Abdelaziz Bouteflika a, d’autre part, été cité dans les déclarations faites par Tahkout (durant les enquêtes dont il a fait l’objet), au sujet du financement occulte de la campagne électorale pour le cinquième mandat. «L’invitation» de contribuer au financement de cette campagne venait de Saïd Bouteflika, et c’est également lui qui semblait gérer cette opération par hommes de confiance interposés. L’un d’entre eux s’est avéré être Ali Haddad, lequel n’a, cependant, pas hésité à évoquer publiquement le rôle joué par le frère de Bouteflika durant cette période.

    Face au juge, l’ancien patron de l’ETRHB avait livré des détails sur la manière dont avait débuté la collecte destinée au financement du cinquième mandat. «Il m’avait demandé de garder l’argent à mon niveau, car la période était très sensible», avait, alors, déclaré Ali Haddad.

    D’autres hommes d’affaires jugés durant le procès de l’automobile ont enfoncé, à leur tour, Saïd Bouteflika en déclarant que l’ordre de contribuer au financièrement de la campagne électorale venait de lui, mais en révélant également qu’il était informé des privilèges qui leur ont été octroyés.
    D’autres hommes d’affaires, dont l’instruction demeure toujours en cours (les frères Eulmi et Benhammadi en font partie), ont fait, eux aussi, des déclarations similaires.

    «Toutes les pistes, tous les témoignages mènent à Saïd Bouteflika», commentent des avocats constitués pour la défense des prévenus incarcérés pour obtention d’avantages. «La logique voudrait que de nouvelles instructions soient ouvertes à l’encontre de l’ancien frère-conseiller de Abdelaziz Bouteflika, car toutes les cartes se jouaient à son niveau. Il était le véritable détenteur du pouvoir et c’est de lui qu’émanaient toutes les instructions en faveur des hommes d’affaires.»

    Interrogés sur le sujet, les avocats de Saïd Bouteflika nous ont affirmé qu’ils n’avaient été informés d’aucune ouverture d’instruction dans le cadre de nouvelles affaires. «Il ne serait pas étonnant qu’une nouvelle affaire survienne. On entend son nom cité par plusieurs prévenus», soutiennent, par contre, ces derniers.

    Durant le procès de l’automobile, Saïd Bouteflika avait été amené au tribunal de Sidi-M’hamed à la demande du juge qui avait interrompu l’audience en attendant son arrivée. Face au juge, celui-ci avait refusé de répondre aux questions qui lui étaient posées. Vêtu de la tenue carcérale attribuée aux détenus après leur condamnation, il a gardé le silence jusqu’au bout.

    Les avocats chargés de la défense des deux anciens Premiers ministres, Ouyahia et Sellal, et des hommes d’affaires qui comparaissaient durant ce procès, ont considéré ce geste comme une «entrave au bon fonctionnement de la justice». «Les prévenus, ont-ils déclaré, ont le droit de garder le silence durant leur procès, c’est aussi un moyen de défense. Mais lorsqu’ils comparaissent en qualité de témoins, et c’était le cas de Saïd Bouteflika, ils sont obligés de répondre aux questions qui leur sont posées, auquel cas ce geste est considéré comme étant une manière d’empêcher la justice d’effectuer son travail». Aucune suite n’avait été donnée à cet évènement. En sera-t-il de même dans les autres dossiers ?

    A. C.

    Tags : Algérie, Hirak, corruption, Saïd Bouteflika, Ouyahia, Sellal,

  • Des vieilles dames européennes vont au Maroc chercher du sexe payant. Le tourisme sexuel gay est aussi commun.

    Alors que beaucoup sont en vacances sur la plage ou dans la piscine et ont la possibilité de se détendre, des centaines de grands-mères européennes ont réservé leur tournée érotique pour ces dates avec de jeunes corps marocains et sportifs.

    Que se passe-t-il lorsque les femmes, en particulier les femmes âgées, vont chercher des hommes et payer pour le sexe? La montée du tourisme sexuel féminin est une question difficile à aborder et qui suscite de nombreux rebondissements. Ce que l’on n’ose pas faire en France se passe désormais au Maroc.

    Au Maroc, la clientèle est en majorité composée de femmes, et ce type de voyage se pratique discrètement. Les relations commencent par une conversation simple et à partir de là, elles progressent en fonction de l’affinité et du traitement. Des voyageurs échangent leurs bonnes adresses, parlent des tarifs exigés, des hôtels consentants, des codes sociaux et de tous les renseignements utiles à la planification d’un voyage à des fins sexuelles.

    De nombreux courants féministes considèrent la prostitution comme un prolongement de la violence patriarcale, nient que ce type de tourisme conduise à la prostitution de la part des hommes et préfèrent l’appeler “échange”.

    Source : Lgbtculture

    Tags : Maroc, prostitution, vieilles dames, dames âgées,

  • Morocco’s Sovereignty over Natural Resources in Saharan provinces

    When I first learned about the capture of the NM Cherry Blossom vessel in Port Elizabeth, I was at home in Japan, away from Morocco and South Africa. I was not interested in this news, simply because, after more than twenty years…

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    Tags : Western Sahara, Morocco, Cherry Blossom,

  • Les péripéties des prostituées marocaines dans la II Guerre Mondiale

    Les bordels militaires de campagne.

    Les expéditions et les guerres coloniales donnèrent lieu aux départs de nombreux bateaux chargés d´hommes partant pour longtemps. Parfois, des “contingents de femmes” empruntaient le même chemin, envoyées en tant que bordel dans le but d´”apaiser les guerriers”. Le bordel à soldats n’est pourtant pas une invention des guerres coloniales. Il a du exister sous Alexandre ou sous les Romains.

    En France, l´histoire le fait remonter à la croisade de Philippe Auguste qui, “choqué de l’étendue des viols et des pratiques sodomites attribués aux Francs , les remit dans le chemin de Dieu en faisant venir de France un plein bateau de filles de joie”. Depuis, l’armée françaises en fait bon usage, même si en 1946, une loi interdit l´exploitation des maisons closes en France.

    Depuis des siècles, “le Soldat et la putain” font bon ménage. Longtemps, les militaires et les prostituées ont partagé la même histoire. Mais sans que la présence des prostituées ne soit rapportée dans les documents de l´armée. Pour Christian Benoit, qui a étudié la question, il s’agit même d’un couple indissociable : “Cela s’explique par le fait que les armées sont des groupements d’hommes jeunes et célibataires qui ont besoin de temps en temps de rencontrer une femme, pas toujours pour coucher avec elle d’ailleurs, mais pour avoir aussi une présence. Cette masse d’hommes constitue une clientèle pour la prostitution. Les proxénètes arrivent tout de suite là où il y a des soldats ” et les fournissent en prostituées. Ces professionnelles n’ont pas bonne publicité. Alors qu’une vague de moralisme s’abat sur une France qui part en guerre, elles sont accusées de tous les maux : “Cela a été vrai à toutes les époques. On l’a vu en 1870 ou en 1944. On s’en prend à elles. On les traite d’espionnes parce qu’elles rencontrent tout le monde. On cherche à les éloigner de l’armée, mais cela ne marche pas.” Sans compter qu´elles propagent les maladies vénériennes, dont la syphilis”, incurable avant 1945.

    Il y a aussi des villages non loin des combats où il reste encore de la population. Une partie des habitantes de ces villages se livre elle-même à la prostitution pour diverses raisons. Là où les filles de joie manquent aux soldats, ou l´armée, ou les proxénètes font vite venir des prostituées. Celles-ci “travaillent” dans des maisons proches des casernes, et se déplacent en tentes, quand l´armée part au front.

    L´armée française avait des bordels militaires de campagne (BMC) dans ses colonies, au Maroc, en Algérie, en Indochine etc…mais ce n’est que lors de la première guerre mondiale, quand la France fait appel à ses troupes stationnées outre-mer, que les BMC vont arriver en métropole.

    Côté ennemi, de 1914 à 1918 l’armée allemande disposait d’établissements analogues et, l´armée allemande avait des “maisons closes” distinctes pour les officiers, et pour les soldats.

    Plus tard, le commandement militaire optera pour les BMC dans le but de restreindre la contamination des troupes par les maladies vénériennes, principalement la syphilis “responsable de la contamination de 400 000 hommes lors de la première guerre mondiale”.

    Les bordels militaires se sont multipliés pendant l’entre-deux-guerres, presque chaque ville ayant une garnison ou un régiment militaire, possédait son propre bordel. Lors des guerres coloniales, l’organisation et la fréquentation des BMC était de notoriété publique et encouragée par l’armée, notamment en Indochine et en Algérie .

    D´esprit raciste, le commandement militaire, colonialiste aussi, tenait à faire la différence entre ses recrues de Blancs de métropole d´avec les “Indigènes”, provenant d´Afrique noire, d´Afrique du Nord ou d´Indochine. Pour cette raison, durant la seconde guerre mondiale, des “Indigènes”, soldats venus d’Afrique du Nord, surtout les Goumiers du Maroc qu´on placait en première ligne, étaient accompagnés de BMC. Les prostituées d´Afrique du nord de ces BMC, les ont suivies jusqu’en Allemagne, où s´acheva leur parcours avec la victoire finale des alliés.

    En Indochine, pays rural et pauvre, la prostitution fit son apparition au grand jour avec l´arrivée en nombre des troupes françaises. Les hommes des premières troupes débarquées (fin du XIX ième siècle) n´avaient certaiment pas de scrupules à violer ces “demi-sauvages” comme ils qualifiaient les Vietnamiennes. Au XXiéme siècle, à 13000 km de chez eux, les hommes étaient facilement tentés par les femmes locales vendant leurs charmes pour vivre. Beaucoup de soldats se “mariaient” ou prenaient maîtresses, avec des femmes locales, comme le firent avant eux, les Hollandais en Indonésie.

    En France les bordels ferment leurs portes en 1946, avec la promulgation de la loi Marthe Richard, interdisant les maisons closes.

    Cependant en octobre 1946, le ministère des Armées autorise le maintien de BMC pour les unités d’Afrique du Nord stationnées en France, les prostituées venant alors d’Algérie pour la plupart. Une autre exception est faite pour la Légion étrangère.

    Pas un détachement de la Légion étrangère, ne quittait la Métropole, sans qu´il soit accompagné de son BMC. Les prostituées de ce BMC étaient françaises pour la plupart. Leur nombre était au moins égal au dixième du nombre des légionnaires. Certains légionnaires emmenaient leur”femme”.

    En Indochine, le nombre des soldats en croissante augmentation, jusque´à dépasser le demi-million en 1952, le nombre de prostituées suivit. Pour mettre de l´ordre dans ses troupes, le ministère des armées (françaises) crée dès 1946, des bordels militaires (BMC) d´Indochine, pour mieux gérer le côté sanitaire de la “détente” des soldats, rapportant que “les maladies vénériennes étaient aussi efficaces pour décimer les troupes que le Viet Minh “(la guérilla Vietnamienne).

    La métropole, mais aussi le Sénégal ou le Maroc, d’où viennent les nombreux tirailleurs, sont à trois semaines de bateau d´Indochine. Les soldats ne revoient leur foyer qu’une fois tous les deux ans, au mieux. La guerre de tous les instants menée par un ennemi caché dans la population crée un stress terrible. Pour le vaincre, il n’y a que «l’alcool, l´opium et les filles». Le premier se trouve en abondance. Le deuxième, la France Coloniale en est l´exploitant, avec des bénéfices qui vont renflouer les caisses de la métropole. Mais les troisièmes ? Certains optent pour la tradition coloniale des congaïs, ces concubines choisies parmi les filles du pays.

    Les autres ont recours aux prostituées locales, qui se vendent dans des conditions de misère et d’insalubrité terribles, d’où l´éclosion des maladies vénériennes.

    Pour éviter les maladies vénériennes, l’armée offre des sortes de «délégation de service public» à des mères-maquerelles, qui peuvent ouvrir leurs bordels sous protection militaire, en échange d’une soumission totale de leur personnel à la surveillance médicale. Les filles sont visitées par les médecins militaires plusieurs fois par semaine.

    Saïgon, la capitale était la ville où affluaient tous les soldats en permission, à la recherche d´alcool et de femmes.

    C´est donc en 1946 à Saïgon, que le plus grand bordel fut installé, boulevard Gallieni à Cholon, boulevard qui s’appelle aujourd´hui Tran Hung Dao, dans le quartier chinois, et qu´on surnomma le “parc aux buffles”.

    Au “parc aux buffles”, les hommes ne peuvent aller coucher avec une prostituée qu’après une visite “médicale” consistant à faire examiner son sexe par un infirmier chargé de l’enduire de permanganate.

    Le parc aux buffles, mais aussi d´autres établissements sous contrôle de l´armée vont bon train, supprimant le spectre de la syphilis, et la prostitution non contrôlée des filles qui se vendaient sur les trottoirs des rues.

    Par ailleurs, le gros des clients étant en “campagne” hors des villes, certaines «maisons-closes» se transforment en maisons volantes, et les putains, en escouade, suivent les bataillons en opération. Les soldats sollicitant leurs services aux heures de repos.

    L´armée, si pointilleuse dans ses rapports, ses notifications et ses archives n´a rien consigné sur les bordels militaires de campagne. Seules sont connues aujourd´hui quelques prostituées Marocaines, dont la plus célèbres est Fadma.

    Cependant, dans les mémoires (1952 ) du capitaine des Goums Marocains J. Augarde, celui-ci écrit qu´après la prise de Rome, et juste à l´embarquement de la troupe des Goums Marocains pour la Corse (1943), il refuse de donner un fusil à une fille du BMC qui le lui demande pour combattre, lui disant qu´elle ne sait pas tirer. La fille (prostituée) lui répond : Moi, je t’ai dit : « Donne-moi une moukala (fusil), va te mettre à quatre cents mètres. Je tire. Si tu es vivant, tu payes le «piritif !» et tu n’as pas voulu.”.

    A la fin de la guerre d´Algérie, la légion étrangère a même ramené en France avec elle ses BMC et ses prostituées. Jusqu’en 1978, il y en avait encore dans quatre garnisons : à Corte, à Bonifacio, à Calvi et à Orange.” Le tout dernier BMC de l’armée en territoire français a fermé ses portes en 1995, à Kourou, en Guyane . En 2003 celui de Djibouti fonctionnait encore, et peut-être, fonctionne -t-il aujourd´hui encore.

    Photos:

    – 1. Note : Horaire de travail d´un BMC.

    – 2. BMC allemand dans une synagoge à Brest 1943

    – 3. Le Chabanais, bordel pour soldats Allemands à Paris, 1940.

    – 4. Le Parc aux buffles, vue aérienne.

    – 5. Prostituées dans Le Parc aux buffles à Saïgon, Vietnam.

    Photos, toutes empruntées à la littérature sur le sujet.

    Nafredy

    Source 

    Tags : Maroc, armée, prostitution, France, armée, II Guerre Mondiale,