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  • Maroc / Sahara occidental : Dégradation de l’état de santé en détention de Mme Mahfouda Bamba Lefkir

    L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, un partenariat de la FIDH et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), a reçu de nouvelles informations et vous prie d’intervenir de toute urgence sur la situation suivante au Maroc / Sahara Occidental.

    Nouvelles informations :

    L’Observatoire a été informé de sources fiables de la poursuite de la détention arbitraire et de la dégradation de l’état de santé en détention de Mme Mahfouda Bamba Lefkir, défenseure sahraouie pour le droit à l’auto-détermination et membre du collectif Gdeim Izik[1].

    Selon les informations reçues, les conditions difficiles dans lesquelles est détenue Mme Mahfouda Bamba Lefkir depuis son arrestation ainsi que le refus systématique d’accès aux soins de la part des autorités pénitentiaires engendrent une détérioration générale de son état de santé.

    En effet, depuis le début de son placement en détention le 15 novembre 2019 (cf. rappel des faits), Mme Mahfouda Bamba Lefkir connaît diverses complications de santé dues à son manque d’accès aux soins au sein de la prison. Plus particulièrement, elle souffre d’une maladie chronique au niveau des sinus qui risque de s’aggraver si elle ne prend pas de médicaments. Elle souffre également d’asthme et de sensibilité cutanée.

    Depuis le début de sa détention, tout transfert dans un hôpital en dehors de la prison ainsi que la visite de son médecin lui ont été refusés. Les autorités pénitentiaires refusent également de lui prodiguer des soins ou de lui fournir des médicaments. En raison de son asthme et de ses difficultés respiratoires, elle a cependant pu être transférée dans une petite clinique au sein de la prison, où elle a eu accès à un appareil d’oxygène mais n’a pas pu consulter de médecin.

    Par ailleurs, son état psychologique se dégrade en raison des agressions verbales qu’elle subit régulièrement de la part d’une détenue de droit commun encouragée par le personnel pénitentiaire.

    L’Observatoire est préoccupé par le fait que Mme Mahfouda Bamba Lefkir n’ait pas accès à des soins de santé adéquats et condamne fermement la poursuite de sa détention arbitraire qui ne semble viser qu’à sanctionner ses activités légitimes de défense des droits humains.

    L’Observatoire appelle les autorités marocaines à prodiguer les soins nécessaires à l’amélioration de l’état de de santé de Mme Mahfouda Bamba Lefkir et à procéder à sa libération immédiate et inconditionnelle ainsi qu’à celle de l’ensemble des défenseurs des droits humains détenus au Sahara occidental.

    Rappel des faits :

    Le 15 novembre 2019, Mme Mahfouda Bamba Lefkir a été arrêtée après avoir pris la parole pour dénoncer les injustices contre les prisonniers sahraouis lors du procès de son cousin M. Mansour Othman al Moussaoui, condamné ce jour-là à un mois de prison en raison de sa participation à des manifestations à Laâyouneappelant à l’auto-détermination et à un référendum sur le Sahara occidental. Elle a alors été interrogée pendant plusieurs heures par le Procureur du Roi au sein même du Tribunal avant d’être transférée au commissariat local pour y être de nouveau interrogée par la police judiciaire au sujet de son militantisme et de ses liens supposés avec le Front Polisario. Durant ce transfert, elle a été maltraitée physiquement par les policiers, passant presque toute la journée les mains menottées. Elle n’a pas eu accès à un avocat pendant toute la durée de ces interrogatoires.

    Le 16 novembre 2019, Mme Mahfouda Bamba Lefkir a été transférée à la prison de Lakhal, où elle reste détenue à ce jour.

    Durant les cinq premiers jours de sa détention, toute visite lui a été interdite et elle n’a pu obtenir ni couverture, ni médicament. Elle a, depuis, pu recevoir la visite de sa famille mais pas celle de son avocate et n’a toujours pas accès aux soins dont elle a besoin.

    Fédération Internationale pour les droits humains, 6 fév 2020

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, répression, Mahfouda Bamba Lefkir, territoires occupés,

  • In Algeria, a dangerous crackdown on independent trade unions

    For the past two decades, workers in Algeria have been fighting for the right to form trade unions independent of the government and the official trade union organization UGTA. And, for decades, the government has responded with systematic harassment and repression. A 2014 Human Rights Watch article, Algeria: Workers’ Rights Trampled, traces their struggle…

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    Tags : Algeria, trade union, human rights, repression, 

  • L’Algérie, une puissance régionale de premier plan

    Un souvenir, un regret

    Il est bien difficile en France de traiter de l’Algérie de manière totalement extérieure et dépassionnée. La guerre d’Algérie, la violence de la rupture après cent trente ans de colonisation, les exactions, les départs forcés, la mémoire de la domination, l’impact du conflit sur la société française restent des blessures ouvertes. Il en est de même en Algérie, où le souvenir de la France est très vivace, obsédant, constamment ravivé par la présence au sein de l’ancienne puissance coloniale d’un nombre croissant d’Algériens ou de binationaux, par la continuité d’échanges multiples entre les deux sociétés. Les générations ont passé, la guerre d’Algérie est une mémoire vive et à beaucoup d’égards elle n’est pas terminée.

    Mémoire vive, mais aussi mémoire en partie refoulée et latente. Quels Français d’Algérie ou leurs descendants ne gardent pas la nostalgie de ce qui fut leur pays, dont ils furent chassés ? Quels sont ceux qui y ont vécu, même temporairement, qui ne conservent pas l’amitié de son peuple et l’admiration de ses paysages ? Quant aux Algériens, combien ne considèrent-ils pas la France comme un pays qui leur est proche, pour le pire et le meilleur ? Le pire, la conquête brutale, l’injustice de la discrimination, les massacres de la guerre de libération. Le meilleur, la langue et la culture dont elle est le véhicule, les valeurs mêmes que la colonisation a trahies, l’attraction exercée par ce qui reste un pays d’accueil pour nombre d’entre eux.

    Dans Le  Joli Mai, film témoignage de Chris  Marker tourné en  1962 1 , un jeune Algérien vivant en France, militant pour l’indépendance et inquiété pour son engagement, déclare : « La France est notre mère. C’est une mère sévère, mais c’est notre mère. » Qu’est-il devenu ? Peu d’Algériens, sans doute, accepteraient aujourd’hui cette position. Le ressentiment l’emporte, même si l’attirance reste forte. Sans doute faut-il distinguer entre État et société. L’État algérien tient la France en méfiance et en fait volontiers le bouc émissaire de difficultés internes. La société est plus ambiguë, et la fierté nationale, très forte, va souvent de pair avec un sentiment de familiarité à l’égard des Français. Au fond, même tendues, les relations francoalgériennes demeurent des relations de famille.

    Voici plus d’un demi-siècle que l’Algérie est indépendante. C’est beaucoup au regard d’une vie humaine, c’est peu au regard de l’histoire. Le Maghreb, l’Afrique, le monde ont beaucoup changé. D’environ neuf millions d’habitants en 1962, l’Algérie est par exemple passée à plus de quarante millions, plus que quadruplant sa population. Nombre de données se sont cependant imprimées durablement dès la naissance de l’État algérien. Il reste dominé par les traits qui ont marqué sa création. Problèmes de construction de l’État et de la nation, d’équipement et de développement, volonté d’indépendance, de répudiation totale du régime colonial, d’affirmation sur la scène internationale… En même temps, la brève histoire de l’Algérie a été mouvementée et cruelle, comme si la guerre originelle comportait récurrences ou menaces permanentes. Le pays est devenu une puissance régionale de premier plan, mais il est toujours sous pression

    Une puissance régionale de premier plan

    L’Algérie est le plus grand pays d’Afrique, le plus peuplé et le plus puissant des pays de l’ancien empire colonial français du continent, la seconde population arabe après l’Égypte, un verrou contre le terrorisme. Elle affirme fortement son identité arabo-islamique. Elle est animée par une permanente volonté d’indépendance diplomatique et stratégique. Chacun de ces éléments comporte ses défis et contraintes. Dans une région marquée par une instabilité croissante, le pays apparaît comme un pôle de stabilité, tout en restant sous une menace extérieure diffuse et difficile à maîtriser.

    Une position unique en Afrique

    Le gigantisme du territoire algérien, surtout par rapport à ses voisins immédiats du Maghreb, doit être mis en relation avec l’étroitesse de son espace fertile et peuplé, une large et profonde bande côtière au bord de la Méditerranée occidentale. Le Sahara est loin d’être sans ressources. Il est à l’inverse riche en hydrocarbures, mais son immensité, ses frontières ouvertes sur des voisins dont beaucoup sont fragiles et pour certains défaillants – Tunisie, Libye, Niger, Mali, Mauritanie, Maroc et la République arabe sahraouie démocratique (RASD) du Front Polisario, que l’Algérie seule reconnaît et soutient fermement – sont autant de défis sécuritaires pour le pays. Le Sahara est entre autres choses le chemin de multiples trafics criminels et de migrations incontrôlées en provenance de l’Afrique subsaharienne. En revanche, l’importance de la population algérienne dans son environnement régional, environnement qui plus est francophone pour l’essentiel, au moins pour les catégories dirigeantes, est un élément d’influence que le pays ne met peut-être pas suffisamment à profit.

    L’Algérie dispose aussi de la deuxième armée du continent, avec ses composantes terrestres, aériennes et maritimes. Son équipement s’alimente à des sources variées – Russie, Chine, pays européens – avec un grand souci de diversification et un effort de développement national d’une industrie de défense. Le lien entre politique de défense et politique étrangère servie par un réseau diplomatique de qualité est puissant, le souci de cohérence constant, ce qui est un signe parmi d’autres du poids de l’armée dans le pays. Aussi bien le partenariat avec l’Algérie est-il recherché, même s’il est incommode en raison d’un souverainisme sourcilleux, et toujours incertain du fait de l’opacité du pouvoir et de son goût pour les menées souterraines. Un souci, le Maroc, l’autre grande puissance du Maghreb, pays frère et rival dont les principes internes et internationaux lui sont opposés – une monarchie à fondement religieux, un enracinement occidental marqué. Mais surtout, considération géopolitique, affleure le désir algérien d’avoir un accès à l’Atlantique, dont la RASD serait l’instrument.

    Un verrou contre le terrorisme

    L’Algérie a un lien ancien avec le terrorisme, puisque le Front de libération nationale (FLN) y a largement recouru lors de la guerre d’indépendance, avant le terrorisme suicidaire de l’Organisation armée secrète (OAS) – un terrorisme qui a frappé les institutions publiques, les populations civiles sur place comme en métropole. Sans doute la stratégie du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) a été autant sinon plus politique et diplomatique que terroriste. Elle a en outre bénéficié d’un soutien croissant de la population musulmane, mais enfin, avant même que le terrorisme palestinien ne se réclame d’une cause légitime, le mouvement de libération algérien s’en est fait le parangon. Il a appelé des mesures coercitives rigoureuses de la part du colonisateur, sécuritairement efficaces, à ce point que le film La Bataille d’Alger, qui présente les méthodes contre-terroristes de l’armée française, est devenu quelques décennies plus tard comme un manuel d’instruction pour les armées occidentales, en Afghanistan et en Irak. Son analyse montrait ce qu’il convenait de faire et de ne pas faire.

    Avant cette rédemption douteuse, dans la décennie 1990, c’est l’Algérie elle-même, par un choc en retour, qui était frappée par un terrorisme islamique intérieur, celui du Groupe islamique armé (GIA). Il a été la préfiguration d’une expansion plus internationale au début du XXIe  siècle jusqu’à aujourd’hui, dont l’origine est davantage moyen-orientale et qui tend à se diffuser dans divers continents, dont l’Afrique. L’Algérie semble avoir éradiqué son terrorisme intérieur et permis la réconciliation au prix de certaines concessions, mais paie toujours le prix d’une arabisation trop rapidement et mal conduite. Elle a chassé du pays nombre d’intellectuels francophones, elle a permis l’influence au sein de la jeunesse de mouvements religieux radicaux qui ont fait le lit des groupes terroristes. Dans la lutte contre eux, l’armée a recouru aux mêmes méthodes que l’armée coloniale, aux mêmes exactions, aux mêmes brutalités, de façon plus souterraine et moins critiquée. La disparition de la menace intérieure n’a pas pour autant éliminé l’instabilité aux frontières et les dangers qui en résultent pour le pays.

    L’Algérie est en effet enserrée par des menaces terroristes, qu’elles proviennent de la Tunisie, de la Mauritanie, des pays du Sahel subsaharien, Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), Daech qui s’implante en Libye. La circulation autour voire à l’intérieur des frontières, la prolifération dans ces espaces des armes de petit calibre liées à l’intervention récente en Libye, la faiblesse des États voisins, toutes ces données créent une tension permanente dans l’environnement immédiat du pays et même en son sein. Dans ces conditions l’Algérie, de par sa position géopolitique, de par sa politique sécuritaire et son poids militaire, apparaît comme un partenaire indispensable et précieux contre des mouvements nomades, fluides et fugitifs, qui frappent, détruisent, tuent, rançonnent et s’évanouissent avant de resurgir un peu plus loin. Les puissances occidentales qui interviennent au soutien des États affectés ont besoin du concours logistique de l’Algérie, des facilités qu’elle accorde, des appuis militaires discrets qu’elle donne. C’est le cas pour la France au Mali, tandis que les États-Unis participent à la surveillance au et du Sahara.

    Une volonté d’indépendance

    L’indépendance semble consubstantielle à l’Algérie depuis les conditions de sa naissance en tant qu’État. Elle s’est d’abord exercée à l’encontre de la France, dont les liens résiduels prévus par les accords d’Evian n’ont pas résisté longtemps après le départ massif des Européens. Elle a conduit à prendre rapidement la maîtrise du territoire par l’évacuation des dernières bases militaires françaises, puis des ressources en hydrocarbures avec la création de la Sonatrach en 1963 et la dénonciation en 1971 d’un accord bilatéral sur l’exploitation du pétrole. Cette conception sourcilleuse de l’indépendance diversifie les partenariats, mais rejette toute participation à une alliance militaire voire à une coalition organisée, dans l’esprit du non-alignement qui a été le maître mot des pays du tiers-monde dans la suite de la décolonisation. L’Algérie tirait alors son prestige d’une indépendance conquise et non octroyée, et apparaissait comme un phare politique et diplomatique en Afrique.

    Le rayonnement algérien s’est notamment exprimé avec la thématique du nouvel ordre économique international (NOEI) qui visait à compléter l’indépendance politique par un rééquilibrage des relations économiques au profit des pays récemment indépendants, en développement. Cette thématique a agité les débats de l’Assemblée générale de l’ONU et de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED, 1964). Droit au développement, droit du développement, inégalité compensatrice étaient des formules très en vogue. L’Algérie, avec notamment Mohammed Bedjaoui, éminent juriste 3 , a joué un rôle de premier plan dans la promotion du NOEI. Il a culminé en 1974, avec la Charte des droits et devoirs économiques des États, grande résolution déclaratoire de l’Assemblée générale. Auparavant, en 1962, elle avait reconnu la souveraineté permanente des États sur leurs ressources naturelles, ouvrant la voie à diverses nationalisations. Le droit du développement était appuyé par l’URSS et les démocraties populaires, auxquelles il ne coûtait rien.

    L’Algérie indépendante n’était pas pour autant d’obédience communiste, contrairement aux craintes réelles ou feintes de certains. Elle était avant tout nationaliste, et collectiviste sur le plan économique. Elle regardait en outre avec faveur du côté des États-Unis, qui avaient soutenu son indépendance. Cela ne la dirigeait nullement vers un rapprochement poussé et, suivant la formule du président Boumédiène, l’Algérie n’avait pas rejeté le petit colonialisme français pour tomber sous le grand impérialisme américain. Le non-alignement dont elle se réclamait gardait ses distances. Toute cette thématique, droit du développement et, il faut bien le dire, non-alignement, a sombré avec la chute du mur de Berlin. Économiquement, le collectivisme a échoué, le NOEI a été remplacé par l’économie de marché et la mondialisation. Politiquement, le modèle soviétique de gouvernement est apparu comme un immense désastre historique, et les pays qui s’en inspiraient ont dû chercher d’autres formules, même si certains d’entre eux ont été confrontés à l’affaiblissement voire à la défaillance de leur État.

    Tel n’a pas été le cas de l’Algérie, qui a surmonté de grandes vicissitudes internes sans changer ses principes d’indépendance. Ils la conduisent à une posture parfois revêche. Or l’acrimonie ne fait pas bon ménage avec la diplomatie. L’Algérie a dû renoncer à transformer les rapports internationaux, même si elle conserve une préférence pour le multilatéralisme. Mais elle est confrontée à une querelle avec le Maroc qui nuit à son influence en Afrique, et elle est peu favorable au régionalisme maghrébin en dépit des déclarations. De la même manière, elle refuse de participer à l’Organisation internationale de la Francophonie, alors qu’elle y trouverait un multiplicateur d’influence. Sur le plan sécuritaire, elle n’entend pas participer à des actions armées au Yémen ou en Irak et en Syrie, alors qu’elle lutte contre le terrorisme international. Droit des peuples et non-intervention demeurent des principes organisateurs. L’ouverture est plus sensible sur le plan économique que sur le plan politique. Et, sur le plan interne, l’Algérie est un pays sous pression.

    Un pays sous pression

    La première impression lorsque l’on considère la situation interne de l’Algérie est celle de la stabilité, en dépit de changements démographiques considérables et d’une vie politique toujours sous le coup de la violence. En y regardant de plus près, on est frappé par l’importance des défis intérieurs, politiques, économiques et sociétaux qui maintiennent le pays sous une pression permanente.

    L’apparence de la stabilité Cette stabilité n’est bien sûr que relative, elle doit être mise en regard des secousses qui ont ébranlé le pays depuis sa naissance : dès l’indépendance, accession au pouvoir par la force d’Ahmed Ben Bella, qui écarte le GPRA avec lequel avaient été conclus les accords d’Evian ; puis coup d’État de Houari Boumédiène qui renverse le régime précédent et occupe durablement le pouvoir ; puis des successions plus ou moins démocratiquement assurées jusqu’à l’interruption d’un processus électoral qui promettait d’installer des islamistes au gouvernement ; après de nouvelles péripéties dont des assassinats politiques, la présidence d’Abdelaziz  Bouteflika, qui entraîne une nouvelle période plus calme. L’Algérie parvient durant ce demi-siècle à surmonter une véritable guerre civile face à un terrorisme intérieur aux ramifications internationales. Mais la génération des moudjahidin, combattants de l’indépendance, demeure pour l’essentiel aux commandes, même si certains chefs historiques ont été progressivement éliminés par des luttes internes. S’y ajoute une administration solide, et le rôle de l’École nationale d’administration (ENA) locale permet d’associer compétence, ascension sociale et loyauté. L’État algérien est en profondeur un État solide, en dépit des fragilités inhérentes à ce type de régime, fondamentalement autoritaire.

    Comment le caractériser ? Deux types de comparaison se proposent. Le premier, contemporain, est le modèle poutinien, régime nationaliste dont le ressort est la frustration après la disparition de l’URSS et la volonté de réaffirmation nationale, appuyée par un fort soutien populaire et relayée par des oligarques qui ont largement tiré profit de la privatisation des richesses collectives. Peut-être y a-t-il quelques éléments communs, notamment avec certaines formes de clanisme et de corruption 4 . La situation est cependant différente. Le président Bouteflika n’a ni le rayonnement ni l’autorité effective d’un Vladimir Poutine, et le problème de l’Algérie n’est pas de transformer un empire défunt en État-nation, il est plutôt celui du développement. Une deuxième référence possible est un modèle plus ancien, le modèle Atatürk (1923-1938), un pouvoir personnel et même personnalisé, d’apparence civile, appuyé sur un État profond dominé par l’armée, avec un souci de modernisation de la société. Là aussi, quelques éléments communs, notamment quant au rôle de l’armée, colonne vertébrale du régime, mais on peut douter de la volonté de moderniser la société, plutôt conduite à une régression traditionaliste du fait de l’arabisation et des compromis avec l’islamisme. La société civile algérienne dynamique et moderne se définit plutôt en opposition avec le régime.

    Le régime algérien ne se compare pas non plus avec ceux de la Tunisie ou du Maroc. L’empreinte étatique du colonisateur, plus forte en Algérie, et les conditions violentes de la décolonisation lui ont donné des traits originaux. L’un de ceux-ci est la violence politique, une certaine dureté des rapports humains, une société sans doute plus égalitaire et plus éruptive que dans les pays voisins. Un autre, d’origine plus ancienne, tient à un pluralisme culturel et social, avec la question kabyle ou de la vallée du Mzab, qui s’ajoutent à un esprit public très politique et volontiers rebelle. Bien sûr, opacité, corruption et clanisme accompagnent le pouvoir. Ce modèle est toutefois loin d’être propre à l’Algérie, il tend même à se développer partout derrière une façade démocratique et pluraliste. Quoi qu’il en soit, l’État a dominé des périodes agitées, il a largement équipé le pays – communications, logements – et favorisé l’éducation d’une jeunesse surabondante. Il reste nombre de défis qui s’ajoutent aux menaces extérieures, le moindre d’entre eux n’étant pas la succession de l’actuel président.

    Des défis pressants

    ● Le défi d’ordre politique est à la fois permanent et récurrent. Récurrent avec le problème de la succession du président Bouteflika. Dans une démocratie ordinaire, une telle succession ne soulève pas de difficulté et s’insère dans le fonctionnement régulier des institutions, elle est prévue et organisée par une votation authentiquement pluraliste. Dans les régimes autoritaires, elle est toujours un moment de doute et de fragilité, avec un risque de saut dans l’inconnu. Ceci renvoie à une question plus permanente, celle de la démocratie et de l’État de droit, qui sont loin d’être réalisés en Algérie. Elle a progressé dans cette voie, il existe un certain pluralisme, la liberté des médias est plus forte, mais les verrous autour du pouvoir sont toujours présents, renforcés par les menaces sécuritaires. La dévolution du pouvoir gouvernemental apparaît encore relever d’un processus opaque, et l’élection davantage une ratification qu’une décision. L’indépendance des corps intermédiaires est également sujette à caution, même si le FLN a cessé d’avoir une emprise dominante sur le pays.

    ● Les défis économiques sont parmi les plus pressants. Longtemps, l’Algérie a pu se reposer sur une rente pétrolière et gazière. Elle lui a dans un premier temps permis, après les avoir financés, de surmonter des choix économiques initiaux, celui des « industries industrialisantes », un collectivisme d’État aux conséquences néfastes. Puis l’Algérie, suivant le mouvement général des pays socialistes, a su passer d’une économie collectiviste à une économie partiellement de marché. On a même relevé la montée en puissance d’oligarques actifs sur le plan national comme international. La rente des hydrocarbures a enfin contribué à couvrir les besoins fondamentaux d’une population à la démographie explosive et d’investir dans les équipements de base. L’inégalité dans le partage de cette rente était ainsi moins visible. La chute récente du cours des hydrocarbures remet cet équilibre économique et financier en cause, et risque d’aboutir à un endettement croissant du pays en attendant que des alternatives puissent être trouvées, dans un pays qui refuse depuis l’indépendance le développement d’une industrie touristique, en toute hypothèse fortement menacée dans la région.

    ● Quant aux défis sociétaux, ils tiennent pour une part à la croissance démographique qui aboutit à ce que nombre de jeunes Algériens aspirent à l’émigration, alors que les pays européens tendent à restreindre l’immigration pour des raisons économiques autant que culturelles. Ils tiennent aussi à ce que l’Algérie est, elle-même, zone d’accueil de migrants en provenance d’Afrique subsaharienne, immigration qui ajoute à ses difficultés et dont le transit vers l’Europe est de plus en plus difficile. L’Algérie est un pays jeune et sa jeunesse semble manquer de confiance en son avenir, face à un pouvoir à la fois fermé et gérontocratique. S’y ajoute l’emprise de l’islamisme, dont la fraction insurrectionnelle a été combattue et réduite, mais dont la pression sur la société civile et les contraintes sur les mœurs, la liberté individuelle et le statut des femmes restent puissantes. Cette société civile contenue, de plus en plus instruite et ouverte sur le monde, pourra-t-elle prendre son autonomie, et comment ? Là est sans doute la clé de la réussite de l’Algérie indépendante.

    Et le regret  ? Certainement pas l’Algérie coloniale, plutôt les conditions de l’accès à l’indépendance, qui aurait pu être plus pacifique et consensuelle au lieu de cet arrachement cruel pour tous. La responsabilité principale en incombe au colonisateur qui n’a pas su accepter à temps les évolutions nécessaires. Pour la France, le problème algérien s’achève le 5 juillet 1962. Pour l’Algérie, son histoire comme État commence. À cet égard, regret que les relations avec la France n’aient pas pu ensuite être normalisées, devenir apaisées et confiantes, que l’on n’ait pas réussi avec l’Algérie le type de réconciliation mis en œuvre avec l’Allemagne. La méfiance et les mésententes entre les deux pays sont à somme négative pour chacun des deux. Le fait par exemple que l’Algérie ne soit pas membre de l’Organisation internationale de la Francophonie réduit son influence dans ce qui devrait être un espace naturel d’entente et de coopération. Cette méfiance ne favorise pas non plus l’intégration en France d’une immigration massive provenant d’Algérie, qui aurait toutes raisons de se fondre dans l’ensemble national n’étaient les survivances d’un ressentiment que le temps ne semble pas effacer, quand il ne l’alourdit pas. Voici quelques années, le projet d’un traité d’amitié entre les deux pays a malheureusement échoué. Formulons le vœu qu’un jour des hommes ou femmes d’État sachent sur le métier remettre cet ouvrage.

    Serge Sur

    Source : Centre Thucydide, sept-oct 2016

    Tags : Algérie, France, Guerre d’Algérie, guerre de libération, mémoire,

  • Algérie : La presse à l’heure de l’adaptation

    La liberté de la presse est un acquis irréversible dans un pays qui a tout donné pour l’ériger en valeur incontournable et en modèle unanimement reconnu par la communauté internationale. En rempart contre la dérive totalitaire de la décennie sanglante, les journalistes ont consenti tous les sacrifices pour la sauvegarde d’un héritage important appelé à être capitalisé.

    Le poids des mutations internationales, porteuses du défi technologique et de la mondialisation impitoyable, l’impose. Et, plus encore, à l’heure du changement global et profond traduit par la nouvelle République en construction, le temps d’une adaptation organisationnelle et juridique se légitime par la nécessité de remettre de l’ordre dans une profession confrontée aux dérives des fake news, colportées par les réseaux sociaux, et des atteintes aux principes et règles régissant le noble métier d’informer.

    Il y a effectivement urgence à régulariser «la situation juridique» des médias électroniques domiciliés en Algérie qui seront traités sur «le même pied d’égalité que la presse écrite en matière de couverture des activités nationales et officielles, et d’accès à la publicité, et ce, dans le strict cadre de la loi et de la déontologie de la profession», a indiqué dans un communiqué la présidence de la République. Cette instruction adressée par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, au Premier ministre, Abdelaziz Djerad, s’inscrit dans une nouvelle approche de la communication qui pose pour seule limite à la liberté d’expression la loi, bannit toute forme de marginalisation et combat la spéculation et la désinformation.

    Les fondements d’une communication ouverte et professionnelle, exprimée par les rencontres régulières avec les responsables des médias publics et privés, se conçoivent dans la décision de rendre publics les communiqués de la Présidence par l’APS et de classer «toute information rapportée en dehors de ce canal dans la case de la propagande et de la désinformation», susceptibles de poursuites judiciaires. La nomination du ministre conseiller à la communication, Belaïd Mohand Oussaïd, participe d’un réaménagement en règle d’un secteur hanté par les faussaires du monde de l’information et les apôtres du chaos. La remise à niveau d’un secteur stratégique est inévitable.

    Horizons, 6 fév 2020

    Tags : Algérie, presse, liberté de presse,

  • L’Italie octroie une aide de 500.000 € aux réfugiés du Sahara Occidental

    ALGER – Le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations Unies accueille favorablement une contribution de 500 000 € (570 000 $ US) du gouvernement italien pour fournir une aide vitale aux réfugiés du Sahara occidental en Algérie.

    La contribution italienne permet au PAM de couvrir les besoins alimentaires de base de milliers de familles de réfugiés sahraouis; leur fournir une ration alimentaire mensuelle comprenant des céréales (riz, orge et farine de blé), des légumineuses, de l’huile végétale, du sucre et des aliments composés enrichis.

    Le PAM utilisera une partie de la contribution pour son programme d’alimentation scolaire qui vise à encourager environ 40 000 enfants des écoles et jardins d’enfants des camps à s’inscrire et à fréquenter les cours régulièrement. Chaque enfant reçoit une collation en milieu de matinée qui comprend des biscuits nutritifs et du lait pour éviter la faim qui affecte la capacité des enfants à se concentrer pendant la journée.

    «Le timing de cette contribution est extrêmement opportun pour couvrir les besoins urgents au début de l’année», a déclaré Imed Khanfir, représentant du PAM et Directeur Pays en Algérie. «Le PAM est très reconnaissant au peuple et au gouvernement italiens pour leur soutien continu qui nous permet d’aider des milliers de réfugiés, hommes, femmes et enfants sahraouis.»

    L’Italie a été un partenaire important du PAM Algérie, donnant un total d’environ 2,5 millions de dollars EU au cours des cinq dernières années.

    «La Coopération Italienne est fortement engagée dans l’aide humanitaire aux populations les plus vulnérables du monde, dans le but de contribuer à répondre à leurs besoins fondamentaux, tels que l’accès à la nourriture et à l’eau», a affirmé Pasquale Ferrara, ambassadeur d’Italie en Algérie. «C’est pourquoi nous avons confirmé notre contribution annuelle au PAM – ainsi qu’à l’UNICEF – pour soutenir leurs activités remarquables ciblant les réfugiés sahraouis à Tindouf. Nous remercions chaleureusement le PAM et toutes les organisations internationales ainsi que les ONG qui opèrent avec engagement et humanité dans les camps. Nous espérons renforcer encore notre coopération avec le PAM afin d’améliorer les conditions de vie des réfugiés, en particulier de la jeune génération ».

    Depuis plus de 40 ans, les Sahraouis vivent dans des conditions extrêmement difficiles dans le désert du Sahara au sud-ouest de l’Algérie. Hébergées dans cinq camps de réfugiés, près de la ville algérienne de Tindouf, les familles de réfugiés dépendent principalement de l’assistance du PAM pour leurs besoins alimentaires, car les possibilités d’emploi et de subsistance sont limitées.

    Le PAM soutient les réfugiés du Sahara occidental en Algérie depuis 1986. Les opérations du PAM en Algérie sont menées et surveillées en collaboration avec des organisations nationales et internationales pour garantir que l’aide alimentaire parvienne aux personnes auxquelles elle est destinée.

    Source : PAM 

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, réfugiés, Tindouf, PAM, Italie, aide humanitaire,

  • Union africaine : Une réunion, de nombreux dossiers et des «défis» pour les Etats membres

    Le sommet de l’Union Africaine est prévu les 9 et 10 février prochain à Addis-Abeba en Ethiopie. Ce sera le moment pour l’Egypte, actuelle présidente de l’UA, de laisser la place à l’Afrique du Sud. L’arrivée de ce grand pays du continent à la tête de l’organisation panafricaine aura certainement des effets importants sur de nombreux dossiers et « défis » posés aux Etats membres.

    Parmi eux, celui du Sahara occidental qui a connu durant ces derniers mois de nouveaux développements qui ne sont pas en faveur d’un règlement pacifique du conflit, notamment après la décision de plusieurs pays d’ouvrir des représentations consulaires à Laâyoune , en contradiction avec le droit international et les résolutions des Nations unies.

    Autre dossier, celui de l’accès des femmes africaines à l’indépendance économique. «Avec l’entrée en vigueur de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA) cette année, nous avons la possibilité de permettre aux femmes entrepreneures de bénéficier de manière significative de ce qui deviendra le plus grand marché commun dans le monde», a dit hier le président sud-africain Cyril Ramaphosa, dans son message hebdomadaire : «From the Desk of the President» (du bureau du président).

    Tout comme il ne peut y avoir de véritable égalité entre les sexes sans émancipation économique des femmes, il ne peut non plus y avoir de croissance économique durable sans la pleine participation des femmes au développement de leur pays, a-t-il précisé. Il a noté également que la présidence sud-africaine de l’UA coïncide avec la fin de la décennie des Nations unies pour les femmes africaines et le 25e anniversaire de la Conférence mondiale sur les femmes, où les pays membres des Nations Unies ont adopté le vaste programme d’action de Beijing pour une plus grande égalité pour les femmes.

    «Nous voulons utiliser notre mandat en tant que président de l’UA pour améliorer la représentation des femmes dans les processus de prises de décisions économiques et politiques dans leur pays d’origine, à l’UA, à l’ONU et dans d’autres organisations multilatérales», a-t-il poursuivi.

    Le président Ramaphosa a souligné récemment, lors d’un séminaire avec les chefs de missions sud-africaines dans les pays africains, que son pays placera l’approfondissement de l’intégration économique en Afrique au cœur de ses priorités durant sa présidence de l’UA.

    Il s’agit, selon le chef d’Etat sud-africain, d’«un moment historique» que l’Afrique du Sud doit saisir pour contribuer «aux côtés des frères africains à la concrétisation de l’accord sur la zone de libre-échange continentale africaine».

    ReportersDz, 5 fév 2020

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, Union Africaine, Futsal, CAN, FIFA, UA, femmes, égalité des sexes,

  • Sahara Occidental : l’UE inflige un sacré camouflet au Maroc

    La Commission européenne a déclaré mercredi que les produits originaires du Sahara Occidental doivent être étiquetés comme tels. Une déclaration qui risque de faire un tollé au Maroc, qui, soutenue par la France, occupe ce territoire depuis 1975.

    L’UE a récemment conclu des accords commerciaux avec le Maroc qui s’étendent sur le Sahara Occidental, territoire non autonome selon les résolutions des Nations Unies. Dans ce contexte, la commission européenne reconnaît que l’étiquetage des produits agricoles du Sahara Occidental doit mentionner l’origine de ces produits.

    Dans une réponse à une question posée par la député Heidi Hautala, Janusz Wojciechowski , le commissaire européen à l’Agriculture, considère que les produits originaires du Sahara occidental et les envois contenant ces produits sont conformes aux exigences qui imposent l’obligation de fournir des informations exactes et non trompeuses sur le pays d’origine ou la provenance de ces produits.

    Selon le responsable européen, « le règlement d’exécution (UE) no 543/2011 de la Commission établissant les modalités d’application du règlement (CE) no 1234/2007 du Conseil en ce qui concerne les secteurs des fruits et légumes et des fruits et légumes transformés prévoit les critères à respecter pour la commercialisation de ces produits. Tous les produits importés, y compris ceux originaires du Sahara occidental, doivent se conformer à la législation pertinente, y compris l’obligation de fournir des informations exactes et non trompeuses sur le pays d’origine ou la provenance de ces produits, qui dans ce cas doit donc être «Sahara Occidental».

    « Conformément à l’article 15.4 du règlement (UE) n ° 543/2011 de la Commission, le Maroc est l’un des pays tiers où les contrôles de conformité ont été approuvés par la Commission. Les autorités marocaines sont chargées de contrôler la conformité aux normes de commercialisation des fruits et légumes frais sous leur contrôle et ces autorités sont responsables des contacts avec l’Union », a-t-il ajouté dans sa réponse écrite.

    « À la suite de l’arrêt de la Cour de justice du 21 décembre 20162, l’Union européenne et le Royaume du Maroc ont conclu un accord sur la modification des protocoles nos 1 et 4 de l’accord euro-méditerranéen établissant une association entre les deux parties, qui est entré en vigueur le 19 Juillet 2019 », précise-t-il.

    Concernant les modalités à suivre à cet égard, M. Wojciechowski indique qu’il attend encore le verdict de la Cour Européenne de Justice. « La décision relative à la conclusion de cet amendement fait actuellement l’objet d’une procédure devant le Tribunal (affaire T-279/19 Front Polisario / Conseil). Dans l’attente de l’arrêt de la Cour, la Commission n’est pas en mesure de commenter plus en détail l’interprétation ou la mise en œuvre de l’accord modifié », dit-il.

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, Front Polisario, ONU, MINURSO,

  • Ross répond aux rumeurs sur sa prétendue démission

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, Christopher Ross, ONU,

    Selon Alifpost, l’Envoyé Personnel de l’ONU pour le Sahara Occidental, Christopher Ross, a l’intention de jeter l’éponge. D’après Abderrazak Laassel, représentant permanent adjoint du Maroc auprès de l’ONU à New York, la question a été posée lors du briefing quotidien de l’ONU le 4 août, et la réponse du porte-parole a été beaucoup plus courte. “Nous avons vu ces rapports médiatiques sur l’envoyé personnel du Secrétaire Général pour le Sahara Occidental. Ces rapports n’ont aucun fondement. M. Ross, l’Ambassadeur Ross, poursuit ses consultations avec les parties, à la fois sur leurs préoccupations évidemment, mais aussi sur le calendrier de sa prochaine visite dans la région”, précise le resposable onusien. “

    En réponse à ces allégations, Ross a envoyé un email au SG du MAE marocain, Nasser Bourita. “L’article le plus récent qui est paru à mon sujet dans la version arabe d’AlifPost est une pure invention. Je n’ai absolument pas l’intention de démissionner, et les prétendues sources de l’Union européenne d’al-Quds al-`Arabi/AlifPost se trompent à cent pour cent sur ce point !”

    Dans un autre courrier reçu par Bourita, Ross précise qu’il n’est “pas au courant d’un quelconque effort au sein du Secrétariat pour générer des questions et des réponses visant à faire pression sur le Maroc. Après plusieurs séries de spéculations, d’abord dans la presse marocaine, puis plus largement dans la presse régionale, selon lesquelles j’envisageais de démissionner, j’ai préparé la réponse suivante le 21 juillet, au cas où le porte-parole se verrait poser une question sur ces rapports”. “Les rapports des médias nord-africains prétendant que l’Envoyé personnel du Secrétaire général pour le Sahara Occidental pourrait démissionner ou qu’il pourrait proposer la fin du processus de négociation qu’il a facilité sont de pures inventions et sans fondement. Avec le plein soutien du Secrétaire général et du Conseil de sécurité, l’Envoyé personnel, M. Christopher Ross, poursuit ses consultations concernant les préoccupations des parties et le calendrier de sa prochaine visite dans la région. Son mandat demeure celui d’aider les parties à parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable, qui permette l’autodétermination du peuple du Sahara Occidental, et ses activités continuent d’être guidées par les résolutions successives du Conseil de Sécurité, qui, entre autres, appellent les parties et les Etats voisins à coopérer plus pleinement avec les Nations Unies et entre eux dans la recherche d’un règlement. Cette réponse se voulait juste et équilibrée. Il n’y avait aucune allusion à une pression sur le Maroc. En revanche, la dernière phrase se voulait un signal pour l’Algérie”, indique-t-il.

    Fwd: Press Exploitation of Issue of My Travel

    Hilale [hilale@mission-maroc.ch]

    Date d’envoi : jeudi 21 août 2014 04:59

    À : 

    message de ross

    bourita

    Date d’envoi : mercredi 16 juillet 2014 12:00

    À : Lotfi Bouchaara

    ________________________________________

    De : Christopher Ross [rossc@un.org]

    Date d’envoi : mercredi 16 juillet 2014 02:27

    À : bourita

    Objet : Most Recent AlifPost Article

    Dear Nasser,

    The most recent article that has appeared about me in the Arabic version of AlifPost is pure invention. I have absolutely no intention of resigning, and the supposed European Union sources of al-Quds al-`Arabi/AlifPost are one hundred percent wrong on this score!

    Please give my best regards to your Minister .

    Christopher Ross

    ——– – – – – – — – – – – – – – – – – – – – – – – – 

    Fwd: MAP Interview

    Hilale [hilale@mission-maroc.ch]

    Date d’envoi : vendredi 15 août 2014 02:05

    À : 

    Mbarka Bouaida; SALAHEDDINE MEZOUAR; Lotfi Bouchaara

    Envoyé de mon iPhone

    Début du message transféré :

    > Expéditeur: Christopher Ross

    > Date: 14 août 2014 19:51:07 UTC-5

    > Destinataire: “Hilale”

    > Cc: bourita@maec.gov.ma

    > Objet: MAP Interview

    > Dear Omar,

    > I hope that you are enjoying your vacation. I read your interview with MAP with great interest, and I have noted and absorbed your points on the needs of the negotiating process. On a couple of other points, I have some comments I will share with you when we next see each other.

    > I do wish to address one point even now. I am not aware of any effort within the Secretariat to generate questions and answers aiming to put pressure on Morocco. After several rounds of speculation first in the Moroccan press and then more widely in the regional press to the effect that I was thinking of resigning, I did prepare the following answer on 21 July for use in the event the spokesperson was asked a question about these reports.

    > North African media reports claiming that the Personal Envoy of the Secretary-General for Western Sahara may resign or that he may propose an end to the negotiating process he has been facilitating are pure inventions and without foundation. With the full support of the Secretary-General and of the Security Council, the Personal Envoy, Mr. Christopher Ross, is continuing to consult regarding the parties’ concerns and the timing of his next visit to the region. His mandate remains that of assisting the parties to achieve a just, lasting, and mutually acceptable political solution, which will provide for the self-determination of the people of Western Sahara, and his activities continue to be guided by successive Security Council resolutions, which, among other things, call upon the parties and the neighbouring states to cooperate more fully with the United Nations and with each other in the search for a settlement.

    > That response was intended to be fair and balanced. There was no hint of pressure on Morocco. Par contre, the last sentence was intended as a signal to Algeria.

    > In the absence of any questions, the UN Press Office shared the above statement with the MAP correspondent on 23 July.

    > As it happened, the question did come up in the daily UN briefing on 4 August, and the spokesperson’s response was much shorter:

    > Question: Yes, I have a question on the Western Sahara if we are finished with Gaza. There are persistent rumours that Christopher Ross is no longer trusted by both parties in the conflict and is about to resign or is thinking about resigning. Could you comment about that and tell us also if Mr. Ross is about to go to the region at a given point?

    > Associate Spokesperson: We’ve seen those media reports about the Secretary-General’s Personal Envoy for Western Sahara. Those reports have no foundation. Mr. Ross, Ambassador Ross, is continuing his consultation with the parties, both on their concerns obviously, but also on the timing of his next visit to the region.

    > The question was differently asked on 11 August, but the spokesperson gave no new response:

    – – – – — – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – 

    Fwd: Throne Day 2014

    Hilale [hilale@mission-maroc.ch]

    Date d’envoi : jeudi 7 août 2014 22:42

    À : 

    farhane

    Envoyé de mon iPhone

    Début du message transféré :

    > Expéditeur: Christopher Ross

    > Date: 7 août 2014 16:23:04 UTC-4

    > Destinataire: “Hilale”

    > Objet: Throne Day 2014

    > Dear Omar,

    > I was looking forward to attending the reception for Throne Day that you hosted on July 30, but found myself stuck in Washington to help deal with a friend’s health problems. I’m sure that it was a grand event and am sorry that I missed it. Had I been present, I would have asked you to transmit my very best wishes to His Majesty. Perhaps you can do so even though they are late.

    > I trust that you are enjoying your vacation!

    > Christopher Ross

    – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – 

    Fwd: noon briefing by un spoksperson

    Hilale [hilale@mission-maroc.ch]

    Date d’envoi : lundi 4 août 2014 22:47

    À : 

    SALAHEDDINE MEZOUAR; Mbarka Bouaida; Lotfi Bouchaara; hilale@mission-maroc.ch

    Envoyé de mon iPhone

    Début du message transféré :

    > Expéditeur: laassela

    > Date: 5 août 2014 00:29:09 UTC+2

    > Destinataire: “hilale@mission-maroc.ch”

    > Objet: noon briefing by un spoksperson

    > Monsieur l’Ambassadeur,

    > Aujourd’hui la porte parole adjointe des NU a répondu à une question posée par André IOlaz sur la question nationale:

    > Question : there have been press reports that christopher Ross is no longer trusted by both sides of the conflict ans is about or is thinking about resigning. What is your comment on that?

    > Answer: We have seen those reports abount UNSG envoy for western Sahara. Those reports have no foundatio. Ambassador Ross is continuiing his consultations with the parties both on their concerns, but also on the timing of his next visit to the region.

    > j’ ai appris par la suite que la question a été suggérée par Ross lui même à travers la porte parole adjointe Banina Mastratti qui est une proche de lui et de Feltman.

    > Abderrazzak Laassel

    > Deputy Permanent Representative

    > Permanent Mission of the Kingdom Of Morocco to United Nations

    > Tel : 212 4211580

    > Fax: 212 421 7826

    > cell: 646 6101755

    > Email: laassela@maec,gov.ma

    > laassela41@hotmail.fr

    – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – 

    Fwd: Press Exploitation of Issue of My Travel
    Hilale [hilale@mission-maroc.ch]
    Date d’envoi : jeudi 21 août 2014 04:59
    À : 
    message de ross
    bourita
    Date d’envoi : mercredi 16 juillet 2014 12:00
    À : 
    Lotfi Bouchaara
     
    ________________________________________
     
    De : Christopher Ross [rossc@un.org]
    Date d’envoi : mercredi 16 juillet 2014 02:27
    À : bourita
     
    Objet : Most Recent AlifPost Article
     
    Dear Nasser,
     
    The most recent article that has appeared about me in the Arabic version of AlifPost is pure invention. I have absolutely no intention of resigning, and the supposed European Union sources of al-Quds al-`Arabi/AlifPost are one hundred percent wrong on this score!
     
    Please give my best regards to your Minister .
     
    Christopher Ross
     
    ——– – – – – – — – – – – – – – – – – – – – – – – – 
     
    Fwd: MAP Interview
    Hilale [hilale@mission-maroc.ch]
    Date d’envoi : vendredi 15 août 2014 02:05
    À : 
    Mbarka Bouaida; SALAHEDDINE MEZOUAR; Lotfi Bouchaara
    Envoyé de mon iPhone
    Début du message transféré :
     
    > Expéditeur: Christopher Ross
    > Date: 14 août 2014 19:51:07 UTC-5
    > Destinataire: “Hilale”
    > Cc: bourita@maec.gov.ma
     
    > Objet: MAP Interview
     
    > Dear Omar,
     
    > I hope that you are enjoying your vacation. I read your interview with MAP with great interest, and I have noted and absorbed your points on the needs of the negotiating process. On a couple of other points, I have some comments I will share with you when we next see each other.
     
    > I do wish to address one point even now. I am not aware of any effort within the Secretariat to generate questions and answers aiming to put pressure on Morocco. After several rounds of speculation first in the Moroccan press and then more widely in the regional press to the effect that I was thinking of resigning, I did prepare the following answer on 21 July for use in the event the spokesperson was asked a question about these reports.
     
    > North African media reports claiming that the Personal Envoy of the Secretary-General for Western Sahara may resign or that he may propose an end to the negotiating process he has been facilitating are pure inventions and without foundation. With the full support of the Secretary-General and of the Security Council, the Personal Envoy, Mr. Christopher Ross, is continuing to consult regarding the parties’ concerns and the timing of his next visit to the region. His mandate remains that of assisting the parties to achieve a just, lasting, and mutually acceptable political solution, which will provide for the self-determination of the people of Western Sahara, and his activities continue to be guided by successive Security Council resolutions, which, among other things, call upon the parties and the neighbouring states to cooperate more fully with the United Nations and with each other in the search for a settlement.
     
    > That response was intended to be fair and balanced. There was no hint of pressure on Morocco. Par contre, the last sentence was intended as a signal to Algeria.
     
    > In the absence of any questions, the UN Press Office shared the above statement with the MAP correspondent on 23 July.
     
    > As it happened, the question did come up in the daily UN briefing on 4 August, and the spokesperson’s response was much shorter:
     
    > Question: Yes, I have a question on the Western Sahara if we are finished with Gaza. There are persistent rumours that Christopher Ross is no longer trusted by both parties in the conflict and is about to resign or is thinking about resigning. Could you comment about that and tell us also if Mr. Ross is about to go to the region at a given point?
     
    > Associate Spokesperson: We’ve seen those media reports about the Secretary-General’s Personal Envoy for Western Sahara. Those reports have no foundation. Mr. Ross, Ambassador Ross, is continuing his consultation with the parties, both on their concerns obviously, but also on the timing of his next visit to the region.
     
    > The question was differently asked on 11 August, but the spokesperson gave no new response:
     
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    Fwd: Throne Day 2014
    Hilale [hilale@mission-maroc.ch]
    Date d’envoi : jeudi 7 août 2014 22:42
    À : 
    farhane
    Envoyé de mon iPhone
    Début du message transféré :
     
    > Expéditeur: Christopher Ross
    > Date: 7 août 2014 16:23:04 UTC-4
    > Destinataire: “Hilale”
     
    > Objet: Throne Day 2014
     
    > Dear Omar,
     
    > I was looking forward to attending the reception for Throne Day that you hosted on July 30, but found myself stuck in Washington to help deal with a friend’s health problems. I’m sure that it was a grand event and am sorry that I missed it. Had I been present, I would have asked you to transmit my very best wishes to His Majesty. Perhaps you can do so even though they are late.
     
    > I trust that you are enjoying your vacation!
     
    > Christopher Ross
     
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    Fwd: noon briefing by un spoksperson
    Hilale [hilale@mission-maroc.ch]
    Date d’envoi : lundi 4 août 2014 22:47
    À : 
    SALAHEDDINE MEZOUAR; Mbarka Bouaida; Lotfi Bouchaara; hilale@mission-maroc.ch
    Envoyé de mon iPhone
    Début du message transféré :
     
    > Expéditeur: laassela
    > Date: 5 août 2014 00:29:09 UTC+2
    > Destinataire: “hilale@mission-maroc.ch”
     
    > Objet: noon briefing by un spoksperson
     
    > Monsieur l’Ambassadeur,
     
    > Aujourd’hui la porte parole adjointe des NU a répondu à une question posée par André IOlaz sur la question nationale:
     
    > Question : there have been press reports that christopher Ross is no longer trusted by both sides of the conflict ans is about or is thinking about resigning. What is your comment on that?
     
    > Answer: We have seen those reports abount UNSG envoy for western Sahara. Those reports have no foundatio. Ambassador Ross is continuiing his consultations with the parties both on their concerns, but also on the timing of his next visit to the region.
     
    > j’ ai appris par la suite que la question a été suggérée par Ross lui même à travers la porte parole adjointe Banina Mastratti qui est une proche de lui et de Feltman.
    > Abderrazzak Laassel
    > Deputy Permanent Representative
    > Permanent Mission of the Kingdom Of Morocco to United Nations
     
    > Tel : 212 4211580
     
    > Fax: 212 421 7826
     
    > cell: 646 6101755
     
    > Email: laassela@maec,gov.ma
     
    > laassela41@hotmail.fr
     
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  • Le Maroc est malade de ses partis politiques

    Une liberté malheureuse

    Résigné  et non désespéré, décidé mais libéré de tout dogme, derrière se déploie une longue chaîne de déceptions, de défis et de victoires. Il faut   implacablement bien verser un tribut  pour avoir choisi de vivre  dans un minimum de liberté  quand  la liberté  serait beaucoup plus une  révolte spontanée contre les injustices  qu’une intelligence  foncièrement mesquine dans la nécessité.

    A vrai dire , c’est une vie qui  vacille beaucoup plus du côté des ténèbres que des lumières. Dès que tu mets tes pieds en dehors de chez toi, tu dois être extrêmement agile; faire attention aux chauffards  sans conscience, aux gangsters sans  pitié, aux marchands ripoux, aux fonctionnaires corrompus, aux policiers espiègles, aux faux mendiants, aux filles de joie prêtes à jeter leur opprobre sur les innocents  …

    Un Etat  estropié

    Mais le grand malheur qu’on puisse subir dans un pays comme le Maroc est causé par une pseudo élite à qui sont confiées les tâches les plus  délicates et les plus importantes. Les parvenus politicards qui baignent dans la médiocrité sous toutes ses formes, les pillards qui considèrent le pays comme une proie à arracher des dents des affamés  avant d’aller s’enfuir ailleurs. Laissons de côté une minorité  qui garde  d’une manière ou d’autre  le sens de l’honneur et de la responsabilité…Pour ce qui est de l’humanisme proprement dit, le plus souvent il est introuvable… Le mal gît dans les articulations de l’Etat, là où s’incubent les ténèbres et fleurit l’arbitraire.

    Cette pseudo-élite formée d’apprentis-sorciers en perpétuelle formation   n’épargnent ni politique ni  éthique pour escalader les échelons de la société. Car la stratégie de l’Etat marocain, depuis bien longtemps, est échafaudée sur  l’épave d’une ascenseur sociale  sabotée sciemment.

    Les partis politiques marocains sont des sociétés à capital limité et non pas des zaouïas

    Les partis politiques fonctionnent comme de vraies entreprises  de service et non pas comme des zaouïas comme l’avaient souligné des sociologues marocains Allah Hammoudi. La différence est sensible au niveau de la nature de lien. Devenir disciple d’une zaouïa  est un acte délibéré  entrepris par un individu en vue de donner sens à son existence tandis qu’appartenir à un parti politique  au  Maroc du XXI siècle  signifie incontestablement beaucoup plus une volonté de réaliser des intérêts personnels que de se caser  socialement ou politiquement. Qui sont par exemple les militants d’un parti comme le MP ou le RNI .. ? Que veulent-ils ? C’est quoi leurs projets ????? Vous les connaissez ? Où sont-ils ?

    RNI, MP, Istiqlal,PAM, USFP… Des refuges  pour parvenus des élites  suspectes

    Pour  le Rassemblement national des indépendants par exemple, les voix obtenues lors des dernières  élections s’élevaient à   883421  qui a permis de remporter 4400 siège avec un pourcentage de 13,99 %. Quant au    Mouvement  populaire,  646415 voix lui a permis de gagner  3007 sièges, c’est dire  9,54%  … Mais que signifient  réellement  ce chiffres ? Absolument rien car, il ne s’agit que de nouveaux notables, parvenus et opportunistes par-dessus le marché, garnissant leurs listes  parfois par des démunis  sans conscience politique ni sociale. Ce sont   les vrais propriétaires de ces partis, les patrons  qui, à la limite, tiennent  maintiennent,   à titre personnel, pignon sur rue, juste pendant  la phase des élections .

    Les nouveaux patrons de la politique

    Lors d’une  étude  du phénomène du leadership au Maroc qui serait une version froissée de la question des élites, le chercheur Chahir a souligné  dans son enquête que 63,4% des conseillers de la ville  sont des dirigeants de leurs partis, 31,4% des adhérents  et seulement 2,3% des militants…Mais qui ont les adhérents ? Où se réunissent-ils ? Quelles sont leurs actions au cours de l’année ?Quel est leur impact  avant et après les élections  sur la vie des populations ???

    Le RNI par exemple ne possède point de siège dans les plus grandes villes du Maroc. A Meknès, d’où est issu son chef actuel Mezouar et où il présente sa candidature, le parti rassemble ses « troupes » dans des cafés ou des maisons privées.

    Donc il faut bien lire les chiffres  et reconnaître que ces partis sont la pierre angulaire de la tragédie  marocaine. Dans leur état actuel, ils  servent de  refuge à des élites pourries  jusqu’aux os  qui se sont illégitimement  emparées   dans la plupart des cas   des biens du peuple et qui veulent accéder aux commandes  pour barrer le chemin aux  volontés libres et  étouffer les   voix récalcitrantes  susceptibles de dévoiler leurs subterfuges  et de les affronter.

    Presque tous les partis marocains qui se sont partagés le gâteau  s’inscrivent dans ce schéma. Chez le PJD,  ce schéma est  pour le moment en état d’incubation, il est surtout invisible  grâce à l’épaisse fumée de la religiosité et de la moralité qui ensevelissent l’action politique profondément tordue, dopée et hybride. Le faire persuasif bat son plein, la netteté de la vérité tardera à apparaître. Pour l’USFP, la cuirasse est toujours brandie  quoique faiblement  efficace. L’Istiqlal offre une assimilation parfaite mais plus ou moins flexible  de ce schéma …

    Source

    Tags : Maroc, partis politiques, PJD, USFP, Istiqlal, RNI,

  • The New York Times : « A coups d’armes, d’argent et de terrorisme, les états du Golfe se déchirent pour le pouvoir en Somalie. »

    Ronen Bergman & David D. Kirkpatrick

    Traduction : DKE

    « Le port de Bosaso est dirigé par une compagnie émiratie. Une récente attaque qui y a eu lieu pourrait avoir été diligentée afin de faire progresser les intérêts qataris et de mettre dehors les émiratis.

    A la suite de l’explosion d’une voiture piégée dans la rue du tribunal très fréquentée de la ville portuaire de Bosaso au nord de la Somalie, les chaînes locales ont attribué cet attentat à un groupe de militants islamistes agissant en représailles aux frappes américaines. Au moins 8 personnes ont été blessées et une branche locale du groupe État Islamique [Daesh] a revendiqué l’attentat.

    Quoiqu’il en soit, cet attentat pourrait être aussi un élément dans un autre conflit bien différent : celui qui oppose les richissimes monarchies du golfe dans leur course à la mainmise et aux profits sur la région de la corne de l’Afrique.

    Durant ces deux dernières années, la Somalie déchirée par la guerre est devenue l’enjeu d’un champ de batailles central avec à la fois les EAU et le Qatar qui déversent des armes et des conseillers militaires et mènent une course aux contrats afin de prendre possession des ports et de l’exploitation des ressources minières.

    Dans un enregistrement audio que le New York Times s’est procuré, on peut y entendre un riche homme d’affaires proche de l’émir du Qatar dire à l’ambassadeur du Qatar en Somalie, que les jihadistes ont commis cet attentat afin d’avancer les pions qataris au détriment des intérêts des EAU.

    «Nous savons qui se cache derrière les meurtres et les attaques à la bombe» dit Khalifa Kayed al-Muhanadi (خليفة كايد المهندي) dans son coup de fil du 18 mai, soit une semaine après l’attentat.

    Cette violence est faite pour que «les larbins de Dubaï se sauvent de là et ne renouvellent pas leurs contrats et ça me permettra de récupérer les contrats pour Doha».

    Si cela est avéré, ces preuves offrent un regard nouveau sur le potentiel destructeur de la compétition entre les états du Golfe qui attisent les luttes intérieures en Afrique de l’Est.

    «La Somalie est l’exemple le plus frappant du potentiel de déstabilisation orchestré par cette rivalité entre les royaumes du Golfe» déclare Zach Vertin universitaire à la Brookings Institution et ex-diplomate dans la région. «Le Golfe voit tous ces pays comme des clients. Tout repose pour eux sur le contrôle de l’espace : planter son drapeau, verrouiller le territoire et toutes les relations avant qu’un rival le fasse».

    La ruée pour le pouvoir en Somalie et sur la corne de l’Afrique, est d’une certaine façon une extension de la Guerre Froide qui s’exacerbe dans la région depuis le début des printemps arabes il y a 8 ans environ. Les EAU et la Turquie se sont opposés aux soulèvements et aux partis islamistes qui en prenaient la tête et ont accusé le Qatar de soutenir les manifestants.

    Il y a deux ans, les EAU, l’Arabie Saoudite, l’Égypte et d’autres états alliés ont rompu toute relations commerciales ou diplomatiques avec le Qatar dans l’espoir de mettre la pression sur ce royaume et de décrédibiliser sa politique.

    La Somalie est un pays à la pauvreté endémique, mais ses immenses territoires côtiers offrent un accès à un marché grandissant et une zone d’influence sur les couloirs maritimes qui vont vers le Golfe Persique. C’est un émirati qui est à la tête du port de Bosaso.

    Interrogés sur l’enregistrement téléphonique, l’ambassadeur et le gouvernement du Qatar n’ont pas réfuté son authenticité mais ont déclaré qu’il s’agissait d’une conversation privée entre un ambassadeur et un homme d’affaires et pas avec un membre du gouvernement.

    «La politique extérieure du Qatar a toujours reposé sur le désir de créer des relations prospères et stables, nous n’intervenons pas dans les affaires internes des états souverains», telle est la déclaration officielle du bureau des Communications qataries dans un communiqué officiel au Times. «Ceux qui font ce genre d’actions, ne le font pas au nom de notre gouvernement».

    Cependant, après la révélation de l’enregistrement de la conversation par un service secret étranger, l’ambassadeur n’a pas nié ni démenti que le Qatar ait pu jouer un rôle dans l’attentat.

    «Nos amis étaient derrière cette attaque» a affirmé M. Al Muhanadi, homme d’affaires à l’ambassadeur.

    L’ambassadeur Hassan bin Hamza a répondu à cela : «c’est pour cela qu’il y a des attentats dans cette régions, pour les faire partir».

    M. Al Muhanadi est connu pour sa proximité avec l’émir Hamad al-Thani. Il existe des photos d’eux ensemble et de nouveaux rapports provenant de services secrets font état d’échanges de textos et de mails ainsi que de voyages effectués ensemble.

    Dans une courte interview au NY Times, l’ambassadeur a nié connaître M. Al Muhanadi et a raccroché.

    Tandis que lors d’une autre interview M Al Muhanadi avait déclaré qu’il était un «camarade de classe de l’ambassadeur». Rajoutant «je suis un homme d’affaires à la retraite, je ne représente plus mon gouvernement».

    Lorsqu’on lui a demandé pourquoi il avait parlé «d’amis» derrière les attentats, il a répondu «tous les somaliens sont nos amis».

    Si l’attentat de Bosaso était fait pour faire déguerpir les émiratis, ça n’était pas la première attaque dirigée contre eux.

    En février, deux assaillants déguisés en pécheurs avaient tué le directeur d’une entreprise émirati travaillant à la gestion du port. La compagnie P&O avait déclaré que trois autres employés avaient été blessés dans l’attaque. Cette attentat avait été revendiqué par Al Shababs et dans leur revendication ils avaient déclaré que c’était «parce qu’un émirati occupait le port de Bosaso. Nous l’avions averti, mais il ne nous a pas écoutés, il occupe illégalement la Somalie» a déclaré un porte-parole d’Al Shababs à l’agence Reuters.

    Dans l’enregistrement téléphonique, M. Al Muhanadi fait référence aux contrats gouvernementaux avec DP World, la principale entreprise affrétée pour gérer le port de Bosaso ainsi qu’une ville d’une province de Somaliland. Il dit «un des membres de la famille du président est avec moi» et rajoute que les contrats seront transférés au Qatar.

    Les Shababs affiliés à Al-Qaïda et au Groupe EI en Somalie, sont considérés comme des ennemis de premiers plans par le gouvernement somalien. Les EAU ont exercé des opérations contre ces deux groupes et il n’est pas clair encore de comprendre pourquoi ces groupes seraient affiliés au Qatar qui a également apporté son soutien au gouvernement somalien.

    Le Qatar a nié soutenir les Shababs ou tout autre groupe terroriste. Le président Trump a déjà accusé le Qatar de financer le terrorisme mais a qualifié «d’ami» l’émir al Thani et le ministre du budget et l’a remercié de son investissement financier dans le contre-terrorisme.

    Les officiels américains, déclarent que les accusations contre le Qatar sont à géométrie variables, et reconnaissent que les monarchies du Golfe ont lancé des alliances tactiques avec des groupes terroristes et en même temps luttent pour faire cesser les dons d’argent d’individus riches à des associations terroristes.

    De nombreux états du Golfe sont des partenaires militaires étroits des USA et le Qatar est une base arrière précieuse.

    De tous les états du Golfe, c’est les EAU qui ont montré le plus d’agressivité afin d’accroître leur influence sur la corne de l’Afrique. Les émiratis ont envoyé des troupes de mercenaires et des commandos en Somalie et ce, depuis 2012 déjà afin de combattre la piraterie côtière et ont étendu leurs opérations aériennes afin de combattre les Shababs et d’autres groupes terroristes. Avec le temps, les émiratis ont établi une douzaine de ports commerciaux et de bases militaires autour d’un golfe d’Aden et de la corne de l’Afrique, avec notamment l’énorme base située à Assab en Erythrée qui est une base arrière pour les lancements d’attaques vers le Yémen.

    En 2011, durant la famine qui a touché la Somalie, la Turquie et d’autres alliés du Qatar ont apporté une importante aide humanitaire et ont ensuite investi commercialement dans la région. Ils ont également établi une base militaire et un camp d’entraînement à Mogadiscio en 2017.

    Dans un premier temps, le gouvernement somalien a tenté de garder une neutralité dans cette guerre intra arabes.

    Mais en avril 2018, les autorités somaliennes ont saisi 9.6 millions de dollars en cash dans l’avion privé d’un émirati à l’aéroport de Mogadiscio. Les émiratis ont déclaré que cet argent était destiné à payer le salaire de soldats et policiers privés somaliens qu’ils entraînaient. Les somaliens les ont accusés en revanche d’utiliser cet argent afin d’accroître leur influence pour déstabiliser le pays.

    La Somalie a exigé des excuses auxquelles les EAU ont répondu en cessant toute coopération avec la Somalie qu’ils ont accusée de se rapprocher de la Turquie et du Qatar. Les émiratis accordant alors leur soutien à deux provinces indépendantistes du Somaliland et à la province semi autonome du Puntland où se situe Bosaso.

    La compagnie émiratie DP World a annoncé en 2017, qu’elle venait d’investir 336 M$ dans un contrat de 30 ans qui lui donnait la gestion et l’extension du port de Bosaso et s’est engagé à investir 440 M$ l’an dernier afin de développer un port au Somaliland.

    La Qatar s’est rapidement placé pour capitaliser sur la rupture de relations entre les EAU et le gouvernement somalien et pour consolider de nouveaux liens. Le mois qui a suivi la rupture diplomatique les officiels qataris ont annoncé qu’ils investissaient 385m$ dans des infrastructures et dans l’éducation en Somalie, de même qu’ils ont déclaré apporter une assistance humanitaire. En janvier, ils ont également dit qu’ils fournissaient 68 véhicules blindés afin de soutenir la lutte contre les Shababs et autres groupes terroristes.

    Les Shababs quant à eux ont combattu contre les deux camps dans la guerre intra-arabes. Ils ont attaqué la Turquie qui a apporté un soutien militaire au gouvernement somalien. En mai, ils ont lancé une attaque à la voiture piégée contre un chantier turc déclarant qu’il s’agissait d’un camp d’entraînement militaire à Mogadiscio. Ils ont attaqué en 2013, l’ambassade de Turquie faisant 3 morts et 9 blessés.

    Si cela est confirmé, la conversation de l’homme d’affaires qatari M. Al Muhanadi signifierait que le Qatar a pour le moins tactiquement toléré les attentats à Bosaso même si les groupes terroristes sont combattus par le gouvernement somalien. Un ex officiel du Département de la Défense a déclaré qu’il ne serait pas surpris que le Qatar joue sur deux tableaux tirant un avantage des deux situations.

    Tricia bacon, une spécialiste de la Somalie à l’Université de Washington et une analyste du contre-terrorisme a suggéré l’idée que le Qatar n’a pas besoin de nouer des relations très étroites avec les Shababs afin d’enrôler des extrémistes locaux pour des actions limitées, «en tant qu’agents locaux pour mener des actions et déjouer les plans des émirats».

    Le gouvernement du Qatar a déclaré qu’il enquêterait sur la conversation téléphonique de M. Al Muhanadi avec l’ambassadeur. «Nous ferons tout notre possible mais nous réitérons l’idée que ces propos ne représentent nos principes. La Somalie représente un partenaire important mais nous n’intervenons pas dans ses affaires internes».

    Lors de l’entretien téléphonique Al Muhanadi accuse également les émiratis d’être responsables de désordres en Somalie : «j’ai parlé de nos amis au petit peuple de Somalie, ils savent que les émiratis sont responsables de toutes ces destructions.» »

    Lire l’article en anglais, ici 

    Source : Ecrire sans censures