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  • Cannabis : Le Maroc craint l’adhésion de l’Algérie à l’OICS

    Décidément, les responsables sont rangés par le sentiment de culpabilité originé par la production de cannabis dont le Maroc est le premier exportateur mondial. Un secret de polichinelle dont les ficelles sont tirées par le palais royal, selon des révélations faites par Wikileaks et dont les revenus équivalent, selon le Département d’État américain, au 23 % du PIB.

    L’Algérie, reconnue première puissance régionale, lutte inlassablement contre ce fléau marocain qui contribue largement au financement du terrorisme au Sahel et en Afrique du Nord. Une réalité constamment dénoncée par les autorités algériennes. La possibilité que le voisin de l’Est devienne membre de l’Organisation International du Contrôle des Stupéfiants (OICS) empêche les responsables marocains de dormir.

    Dans une lettre confidentielle, le Service des Candidatures et des Contributions fait part de cette possibilité au ministre marocain des affaires étrangères et ses craintes à ce sujet. Voici son contenu :

    A Monsieur e Ministre

    Objet : Maroc-Algérie/Union Africaine : Lecture dans la décision du dernier Sommet de l’Union Africaine relative à l’endossement des candidatures africaine aux organes des Nations Unies.

    J’ai l’honneur de porter à votre connaissance que la 25ème Session du Conseil Exécutif de l’Union Africaine (UA) a adopté une décision sous la côte Ex.CL/Dec.848(XXV)

    Cette décision appelle, de la part de cette Direction, les commentaires et observations ci-après :

    1. Le paragraphe 7 de cette décision « lance un appel pressant » aux Etats membres de l’UA « d’observer les engagements pris », notamment « la situation vécue dans le cas de l’élection des membres au sein de l’Organe International de Contrôle des Stupéfiants (OICS) où l’Afrique a perdu des postes » ;

    2. Le langage de ce paragraphe fait référence, implicitement, à l’élection du Maroc, en la personne du Professeur Jallal TOUFIQ à l’OICS, où 6 pays africains membres de l’UA ont été éliminés (l’Afrique du Sud, le Ghana, le Nigeria, le Burundi, le Togo et le Cameroun. Seul le Maroc, représentant l’Afrique, a été élu, par l’ECOSOS à New York, au 1er tour par 37 voix en tête de liste ;

    ·3. L’inclusion de ce paragraphe, certainement par l’Algérie, reflète son désarroi suite à la seule élection du Maroc à cet Organe et l’élimination des autres candidats africains, alors qu’elle ne cesse de dénigrer le Maroc, notamment à Vienne et à Bruxelles, comme étant « le premier producteur de Cannabis qui inonde ses frontières de stupéfiants » ;

    4. L’adjonction de ce paragraphe dans la décision du Sommet serait, probablement, un prélude dans la stratégie algérienne visant à exclure le Maroc des candidatures africaines et entériner une décision invitant les Etats africains, membres de l’UA, à sursoir de voter en faveur des candidatures marocaines, en faisant prévaloir la vive réaction du Maroc à l’égard de la maison commune africaine « UA », suite à la nomination de l’envoyé spécial de l’UA pour le Sahara ;

    5. L’Algérie ne manquerait pas de mobiliser son appareil diplomatique, l’année prochaine, pour promouvoir une candidature à l’OICS, lui permettant de siéger au sein de cet Organe, dont le mandat est l’élaboration du rapport annuel sur « la situation des drogues dans le monde ».

    Tags : Maroc, Algérie, Organisation International du Contrôle des Stupéfiants, OICS, drogue, stupéfiants, cannabis, haschich, trafic,

  • Espagne : conflit entre le Maroc et Carrefour

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    Juillet 2014. Le supermarché Carrefour à Majorque expose des produits marocains sous étiquette de la République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD). L’ambassadeur marocain s’insurge et sollicite rencontrer le Directeur du centre commercial. Les détails de la rencontre sont exposés dans une lettre envoyé au ministère marocain des affaires étrangères. Voici son contenu :

    Consulado General de Marruecos
    Palma de Mayorca
    Nº555/2014
    Monsieur le Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération
    Objet : Produits marocains exposés sous drapeau du « Polisario » / Démarche aurpès du Directeur du Centre commercial à Majorque
    J’ai l’honneur de porter à votre connaissance que j’ai entrepris, aujourd’hui, une démarche auprès du Directeur du Centre Commercial « Carrefour » à Majorque, M. José García Minguz, au sujet de l’exposition de produits marocains, sous le dessin du drapeau de la prétendue « rasd ».
  • Il y a 30 ans, Mandela sortait de prison

    Le président sud-africain Cyril Ramaphosa s’est rappelé mardi, trente ans jour pour jour après la libération de Nelson Mandela, du “moment grisant” de la libération du héros de la lutte contre l’apartheid qui a marqué “la mort” du régime raciste.

    “Le jour où Mandela a été libéré, nous savions tous que l’apartheid était mort”, a lancé Cyril Ramaphosa devant des centaines d’écoliers et des combattants de la libération au Cap, la capitale parlementaire. “C’était un moment grisant”, s’est-il rappelé depuis le balcon de la mairie, là-même où Nelson Mandela, libre après vingt-sept ans passés derrière les barreaux, s’était exprimé devant des milliers de ses partisans le 11 février 1990.

    Ce jour-là, le jeune Ramaphosa, âgé de 37 ans, se tenait aux côtés de l’ex-prisonnier le plus connu au monde. “Je tenais le micro alors qu’il s’exprimait pour la première fois” depuis sa libération, s’est souvenu le président Ramaphosa. “Rien ne pouvait décrire cette brève seconde quand le micro a crépité”, a-t-il ajouté.

    Ce 11 février 1990, “les gens dans le monde entier avaient les yeux remplis de larmes et c’était des larmes de joie”, s’est rappelé Cyril Ramaphosa mardi, à côté d’une statue de Nelson Mandela. “On se rappellera de ce jour comme l’un des jours les plus mémorables de l’histoire mondiale”, a-t-il ajouté.

    Le leader de la lutte anti-apartheid émergeait de prison après 27 ans de détention, lorsque des milliers de Sud-Africains ont commémoré devant la prison du Groot Drakenstein, près du Cap, les premiers pas d’un homme libre.

    Mandela a été arrêté à plusieurs reprises dans les années 60. En 1962, il a été arrêté pour avoir mené une campagne contre le gouvernement de l’apartheid. En avril 1964, le militant antiapartheid, qui encourait une peine de mort en compagnie de sept codétenus, a souligné qu’il se battait contre la domination blanche et contre la domination noire.

    “Je poursuis l’idéal d’une société libre et démocratique dans laquelle toutes les personnes vivent en harmonie et disposent de chances égales. C’est un idéal pour lequel je vis et que j’espère atteindre. Mais s’il le faut, c’est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir”, avaitil déclaré. Le procès tenu le 12 juin 1964, avait retenu l’attention de la communauté internationale et des appels venus du monde entier pour la libération des accusés.

    Quatre ans après sa libération, en 1994, Nelson Mandela deviendra le premier président démocratiquement élu de l’Afrique du Sud.

    L’ex-président sud-africain est décédé en 2013, à 95 ans. La presse internationale l’avait qualifié de dernier géant politique du 20e siècle.

    La célébration du 30è anniversaire de la libération de Mandela, icône de la lutte en Afrique contre la ségrégation raciale érigée en système, et idole incontesté de la défense des valeurs des droits de l’Homme, intervient dans un contexte dans lequel un nombre de pays du continent africain butte sur des conflits armés internes en plus des problèmes liés au développement.

    La Tribune des lecteurs, 13 fév 2020

    Tags : Afrique du Sud, Apartheid, Nelson Mandela, Afrique, racisme, lutte,

  • La Chine face au défi du Coronavirus… La théorie du complot

    On croise les doigts: l’Algérie reste pour l’heure épargnée de l’épidémie du coronavirus, dernière version après le SRAS en 2003 et le MERS de 2012. Face au fléau rampant baptisé 2019-nCoV, les services sanitaires compétents, veillent au grain, calmement, sûrement, évacuant tout signe d’appréhensions, dès lors que rien ne présage de la présence du virus dans nos murs.

    Cependant, le concentré de dangers que véhicule la nouvelle souche de coronavirus, ne s’est pas sédentarisé en Chine, se rappelant à son mauvais souvenir dans un paquebot de croisière placé en quarantaine au large de Tokyo, puis en France dans la région de Haute Savoie. Ce sévère syndrome respiratoire aigu, s’éparpille donc rapidement, en laissant des traces irréversibles, d’où son caractère sournois et dangereux. Le nombre de contaminés dans le navire américain de plaisance, le Diamond Princess, s’est multiplié par 22 en 10 jours, faisant bondir le nombre des infectés de 8 à 174 hier mercredi, sur les 3700 touristes interdits de quitter leur hôtel flottant.

    Dans la station d’hiver de Haute Savoie, les responsables français reconnaissent que 4 adultes et un enfant sont infectés. Et face à cette situation qui a émergé dans la ville chinoise de Wuhan, l’OMS demeure impuissante, la période d’incubation s’étale entre 1 et 12,5 jours, se projetant même sur 14 jours, nul médicament spécifique n’est recommandé pour prévenir ou traiter l’infection et aucun vaccin n’a encore été élaboré. Parce qu’il faut savoir que lorsqu’une nouvelle maladie apparaît, un vaccin ne devient disponible qu’à l’issue d’un processus de mise au point des vaccins, ce qui peut prendre des années…», dixit l’OMS. Et cerise sur le gâteau, l’OMS annonçait lundi dernier que «nous n’avons pas pu examiner les données pertinentes pour ce nouveau coronavirus, ni déterminer comment la transmission a été évaluée».

    L’Organisation Mondiale de la Santé, exprime en personne ses craintes sur l’évolution de cette épidémie. Entre les 1113 décédés et 44.633 infectés dans le pays du soleil levant, l’un des représentants de l’institution planétaire, reconnaissait ce mardi dans un plateau de télévision, que «beaucoup de personnes ont été contaminées sans jamais avoir voyagé en Chine». Enfin, autre curiosité de cette souche qui se balade dans l’atmosphère, même une personne ne présentant aucun signe de contamination par le 2019-nCoV, peut infecter un simple passant qui la croise ou la côtoie. Des informations récentes, attestent que les personnes infectées par le syndrome contaminent autrui avant de présenter eux-mêmes des symptômes manifestes. Comme quoi, et l’un des experts de l’OMS l’a confié, «n’importe quelle étincelle isolée est susceptible dorénavant, allumer un feu que n’importe quel pays ne pourra contrôler».

    La situation inquiète l’ensemble du globe terrestre, parce que chercheurs et spécialistes avancent dans le brouillard. L’OMS ne réagit par ses recommandations, seules armes pour juguler l’épidémie dont souffre terriblement la Chine. Cette maladie influe sur sa prospérité, laissant à présent percevoir son image en trompe l’œil. Si l’agent qui sème le désarroi à Pékin et dans tous les pôles économiques de l’univers, est identifié, les images de l’opulence se tarissent. La Chine a réussi à quadrupler son PIB alors que pour le reste du monde occidental et américain, il a difficilement doublé. Dans cette conjoncture sanitaire, les Chinois ne bondissent pas de joie, la prospérité s’est transformée en mirage, mais la mobilisation autour du 2019-nCoV, renvoie à toutes les batailles et défis de l’histoire ancestrale et moderne de l’Empire. L’épidémie est cernée à Wuhan, Huang gang, comme dans d’autres foyers secondaires et les Chinois s’évertuent à «comprendre» les contours du troisième virus de la famille des corona pour résoudre le mal. Combien de temps prendront-ils ? A ce jour, aucune éventualité. Surtout qu’en cet épisode compliqué du quotidien chinois, le fléau donne cours à de bizarres et étranges réactions envers le pays de X Jinping, entre actes discriminatoires à l’égard des asiatiques qui se sont multipliés dans plusieurs pays occidentaux et honteuses exploitations médiatiques américaines et européennes.

    Car, au lieu d’apprécier les efforts chinois, beaucoup de titres du vieux et nouveau Continent se sont focalisés à répandre des critiques diverses et amplifiées sur les retards des scientifiques et chercheurs à développer un vaccin. La réponse du Dr Ryan de l’OMS lors d’une récente conférence de presse sur le sujet, rétablit entièrement la vérité et cible directement les attaques des médias dirigés: Personnellement, je pense moi-même ainsi que le DG de l’OMS, n’avons jamais vu un engagement d’une telle ampleur comme réponse à l’endémique. La réaction du gouvernement chinois, a été massive et mérite un crédit énorme».

    C’est ce qu’on appelle la théorie des complots.

    Par Fayçal Haffaf

    Ouest Tribune, 12 fév 2020

    Tags : Chine, coronavirus, Etats-Unis, concurrence, conspiration, complot,

  • Palestine : Le deal de toutes les prédations

    Trois grands conflits en Afrique et au Moyen Orient ont jeté un voile sur un vieux problème que l’humanité traîne depuis plus de 70 ans. En effet, le Mali, la Libye et la Syrie vers où convergent les inquiétudes des Occidentaux, des Africains et des Arabes, ont relégué au second plan la question de décolonisation en Palestine. La récente sortie de Trump avec son «deal du siècle» renseigne, si besoin, des conséquences de l’absence de vigilance sur le dossier palestinien.

    Certes, les deux époques sont différentes, l’origine des conflits également, mais l’on constate dans les deux cas une volonté occidentale de maintenir la plaie ouverte. Les Britanniques, les Français et les Américains, le trio de pays qui n’ont pas hésité à attaquer l’Egypte de Nasser en 1956, pour sauver Israël, pousser ces dernières années les pays du monde à entrer dans un conflit international et ouvert contre la Syrie. Un seul objectif sous-tend cette attitude guerrière: fragiliser au maximum le pays-cible pour le rendre dépendant de leur volonté et l’offrir à Israël, dont le rêve de contrôler le monde arabe, n’a jamais été aussi près d’être réalisé.

    Dans ce monde arabe, il y a également l’Algérie. Après l’échec de l’anéantissement de cette grande Nation, le même trio milite «secrètement» pour allumer la mèche d’un autre conflit aux conséquences insoupçonnables aux frontières sud et est du pays. Pareille perspective n’anéantira certainement pas l’Algérie, mais risque de l’affaiblir au sens où elle aura, en tant que puissance régionale, à gérer une situation inextricable où des dizaines de pays impliqués dans la guerre, voudraient tirer profit de la situation.

    Le but des Occidentaux à travers l’internationalisation des conflits libyen, syrien et malien, est sans doute de créer des foyers de tension permanents qui viendraient s’ajouter à la question palestinienne. Cela reléguera aux calendes grecques le règlement d’une des plus importantes et légitimes revendications de l’humanité depuis l’imposition par les pays du tiers-monde du principe de l’autodétermination.

    Il est vrai que ces conflits arrangent deux alliés objectifs de l’Occident: Israël. Le printemps arabe et Daech ont complètement occulté les souffrances du peuple palestinien encore sous le joug de l’occupation. Comme quoi les «Révolutions» et le terrorisme servent les pouvoirs les plus injustes de la planète.

    Par Nabil G.

    Ouest Tribune, 12 fév 2020

    Tags : Palestine, Etats-Unis, Israël, deal du siècle, autodétermination, Proche Orient, monde arabe, terrorisme, Daech, printemps arabe,

  • Algérie – Essais nucléaires français au Sahara : Le visage de la barbarie coloniale

    En 1960, l’Algérie, malgré les épreuves, n’était pas loin de l’indépendance dont les lueurs clignotaient dans un tunnel dont on entrevoyait le bout.

    Après les manifestations du 11 décembre, peu en doutaient, sinon ceux qui allaient, pour reprendre la bonne formule d’Yves Courrière, allumer «les feux du désespoir». Le général de Gaulle, revenu aux affaires deux années auparavant, cherchait à sortir du bourbier algérien. Il organise en janvier 1961 un référendum sur l’autodétermination pour recueillir l’assentiment du peuple pour sa politique.

    Les résultats confortèrent sa démarche sans se résigner encore à prononcer le mot indépendance. Mais des négociations vont bientôt s’amorcer, d’abord à Melun puis à Evian 1 où la question du Sahara se révélera vite un point d’achoppement entre les délégations du gouvernement français et du FLN.

    L’enjeu était double. Il s’agissait d’abord d’exploitation du pétrole découvert en 1956 et qui assurait déjà 40% des besoins de l’économie française. Pouvoir poursuivre les essais nucléaires était l’autre souci des Français. Sans la possession de l’arme nucléaire alors détenue par trois pays (USA, Urss et Grande-Bretagne), la France ne pouvait prétendre au rôle de puissance que lui assignait son «chef» si attaché à la souveraineté au point de répudier, un peu plus tard, l’Otan.

    C’est le 13 février 1960, à 7h04, qu’explose Gerboise bleue au sud de Reggane. C’est sur le même site d’expérimentation que se produiront trois autres essais en surface. Gerboise sera successivement, bleue blanche, rouge puis verte le 27 décembre 1960. Le choix des couleurs n’était pas fortuit mais renvoie à celles du drapeau tricolore. Jusqu’à 1966, l’armée française va changer de site. Treize autres bombes vont exploser à In Ekker, au nord de Tamanrasset.

    En vertu des accords d’Evian signés le 18 mars 1962, l’article 5 de la déclaration de principe relative aux questions militaires stipule que la France utilisera pour une durée de cinq ans les sites comprenant les installations d’In Ekker, de Reggane et de l’ensemble de Colomb-Béchar Hamma Guir. Longtemps, les officiels et les médias évitaient soigneusement le sujet qui, comme toutes les questions militaires, relevait quelque peu du tabou. La première fissure se produit en 1985 avec le très beau documentaire d’Azzedine Meddour.

    A partir d’un montage ingénieux d’archives, «Combien je vous aime» évoque cet épisode de la barbarie coloniale. Tout au long des années 1990 du siècle dernier et 2000, les langues vont se délier, tant en France qu’en Algérie, pour relater les effets de ces essais.

    Les circonstances du déroulement des effets et les accidents longtemps occultés sont mieux connus. Des associations, les médias ne cesseront pas de mettre en valeur cet épisode.

    A une demande de repentance est associée une exigence de réparation et d’indemnisation des victimes. Mais le dossier paraît conditionné par l’issue du traitement du contentieux de la mémoire qui relève des relations entre les Etats.

    R. Hammoudi

    Sud Horizons, 12 fév 2020

    Tags : Algérie, France, bombe atomique, essais nucléaires, repentance,

  • Le Pentagone déploie ses forces en Afrique pour «mieux concurrencer la Chine et la Russie»

    Afin de «mieux concurrencer la Chine et la Russie», le Pentagone a annoncé mercredi un premier ajustement de ses forces en Afrique avec le rapatriement d’une unité de combat qui sera remplacée par des «instructeurs» chargés de former leurs collègues africains.

    Le ministre de la Défense Mark Esper a «ordonné le déploiement de la 1e Security Force Assistance Brigade (SFAB) de l’armée de terre sur le continent pour conduire des missions de formation, conseil et assistance dans des pays phares d’Afrique», a indiqué une porte-parole du Pentagone, Alyssa Farah, dans un communiqué, cité par l’AFP.

    Leur arrivée, destinée à «mieux concurrencer la Chine et la Russie» en Afrique, permettra à l’armée américaine de rapatrier les unités de combat de la 101e Division aéroportée vers sa base de Fort Campbell, dans le Kentucky (sud), a-t-elle précisé.

    Selon un responsable du Pentagone ayant requis l’anonymat, cet échange, qui est prévu dans quelques semaines, ne signifie pas qu’il y aura moins de militaires américains sur le terrain, les unités rapatriées représentant à peu près les mêmes effectifs que les 800 «instructeurs» qui les remplaceront.

    La Russie et la Chine, une menace pour Washington en Afrique

    Les États-Unis veulent réduire leurs opérations antidjihadistes dans le monde pour mieux se préparer à répondre à ce qu’ils considèrent comme une menace de la Russie et de la Chine envers leur suprématie militaire dans le monde.

    Mais en même temps, ils ne veulent pas laisser le champ libre en Afrique à Moscou et Pékin, qui cherchent à accroître leur influence sur le continent, a souligné mercredi le patron des forces terrestres américaines en Afrique, le général Roger Cloutier.

    «Le message que je transmets à mes partenaires (africains), c’est que nous ne partons pas», a indiqué le général Cloutier au cours d’une téléconférence au Pentagone. «Nous sommes encore impliqués».

    Selon un récent rapport du bureau de l’inspecteur général du Pentagone, un organisme indépendant dont c’est le premier rapport public sur les opérations militaires américaines sur le continent africain, «la menace terroriste en Afrique persiste et en certains endroits, s’accroît».

    L’Africom modifie sa stratégie

    Le commandement militaire américain pour l’Afrique (Africom) a modifié sa stratégie face aux groupes extrémistes sur le continent, en se fixant désormais l’objectif de les «contenir» et non plus de les «affaiblir», note l’inspecteur général Glenn Fine, dans ce rapport.

    Quelque 6.000 militaires américains sont actuellement déployés en Afrique, précise le rapport, dont 800 en Afrique de l’Ouest où ils soutiennent notamment les efforts antidjihadistes de la France au Sahel, et 500 éléments des forces spéciales en Somalie où ils combattent les djihadistes shebabs, affilés à Al-Qaïda.

    La plus grosse base américaine est celle de Camp Lemonnier, à Djibouti

    Echouroukonline, 13 fév 2020

    Tags : Afrique, Etats-Unis, Africom, Chine, concurrence, commerce, économie,

  • Le slovaque Miroslav Lajcak pourrait être le prochain envoyé de l’ONU pour le Sahara occidental

    L’AFP vient de confirmer le scoop du site sahraoui Ecsaharaui et Lakome2. Citant une source diplomatique des Nations Unies qui a requis l’anonymat, l’agence de presse française confirme que le Ministre slovaque des Affaires Etrangères Miroslav Lajcak pourrait succéder l’Allemand Horst Koehler à la tête du processus de paix onusien entamé il y plus de 30 ans en vue de régler l’épineux conflit du Sahara Occidental qui oppose le Maroc au Front Polisario.

    Rappelant que M. Lajcak a déjà présidé l’Assemblée générale des Nations Unies, AFP indique que le poste d’Envoyé Personnel du Secrétaire Général de l’ONU pour le Sahara Occidental est vacant depuis mai 2019, date à laquelle l’ancien président allemand Koehler a été poussé à la démission par le parti pris de certaines puissances, notamment la France, en vue d’imposer une solution basée sur une autonomie, ce qui est rejeté par le mouvement de libération sahraoui.

    Le poste est vacant depuis mai 2019, lorsque l’ancien président allemand Horst Kohler a démissionné pour des raisons de santé.

    A moins qu’une des parties officielles au conflit ne s’y oppose, la nomination de Lajcak devrait être confirmée dans les semaines à venir, ont indiqué les diplomates à l’AFP sous couvert d’anonymat.

    Pour Antonio Guterres, la tache de trouver un successeur à Kohler n’a pas été facile. « Plusieurs candidats ont refusé de prendre leurs fonctions à leur demande, ou ont été rejetés par l’une des parties au conflit, ont indiqué des diplomates », indique la même source.

    Kohler avait réussi à ramener les parties à la table des négociations en Suisse en décembre 2018 et à nouveau en mars 2019, mais aucun progrès significatif n’a été réalisé.

    Selon un média marocain, le chef de la diplomatie slovaque porte dans CV « un savoir référendaire » en raison de l’expérience acquise dans le contentieux qui a conduit le Montenegro à l’indépendance en 2006. « Lajcak a aidé à négocier, organiser et superviser pour l’Union européenne un référendum sur l’indépendance du Monténégro, avant d’être le haut représentant de la communauté internationale en Bosnie », signale-t-il.

    Tags : Maroc, Sahara Occidental, Front Polisario, Algérie, Mauritanie, ONU, MINURSO, Miroslav Lajcak, envoyé personne de l’ONU,

  • Libya: Banned cluster munitions used in Tripoli

    Forces affiliated with the Libyan National Army (LNA) used cluster munitions in a residential area in Tripoli on December 2, 2019, Human Rights Watch said today. The forces, under the command of Khalifa Hiftar, have been battling forces loyal to the United Nations-recognized Government…

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    Tags : Libya, cluster munitions,

  • Principes simples de cryptographie expliqués

    La plupart des responsables sécurité et des informaticiens considèrent la cryptographie, ou « crypto », comme une « boite noire » où l’on ne souhaite pas forcément comprendre comment cela fonctionne, car cela fait appel à des concepts mathématiques complexes et inaccessibles au commun des mortels. C’est vrai, mais les principes de base sont très simples à comprendre. L’objectif de cet article est de passer ces principes en revue, mais aussi de voir lequel il faut utiliser, dans quel cas, et avec quel degré de sécurité réelle.

    NOTA BENE : Pour éviter toute confusion, on appellera « crypté » tout élément non « lisible », et « décrypter » les techniques qui permettent de le rendre lisible. Si on dispose de la clef on parlera de « déchiffrer » au lieu de « décrypter ». « Décrypter » c’est donc rouler dans une voiture sans avoir la clef de contact, alors que « déchiffrer » c’est rouler dans une voiture où l’on a la clef (ce qui ne veut pas forcément dire que l’on est le propriétaire)…

    Un peu d’histoire…

    Dans son histoire courte « The Gold bug » éditée en 1843, Edgar Allan Poe explique les rudiments du cassage de code secret, et imagine que l’esprit humain pourra casser n’importe quel code que l’ingéniosité humaine pourrait concevoir. Pendant le siècle et demi suivant, la bagarre entre les fabricants de codes et les briseurs de code a connu des intrications et les complications qui auraient enchanté Poe. Un code réputé incassable a bien été inventé en 1918, bien que son invulnérabilité n’ait pas été prouvée avant les années 1940. Le code dit « symétrique » était plutôt impraticable parce qu’il exigeait de l’expéditeur et du récepteur de convenir à l’avance d’une clef -un chiffre aléatoire secret-, avec dans certains cas une utilisation unique chaque fois qu’un message secret a été transmis. Des codes plus pratiques, avec des clefs courtes et réutilisables, voire aucune clef secrète du tout, ont été développés dans les années 70, mais à ce jour ils demeurent dans un flou mathématique, sans qu’aucune preuve de « cassabilité » ou d’invulnérabilité ne soit établie.

    L’art de la cryptographie a commencé il y a au moins 2.500 ans, avec les Egyptiens, Les Grecs puis les Romains, Jules César et son fameux « code 3 », et a joué un rôle important dans l’histoire depuis. Un des messages codés ou « cryptogramme » le plus célèbre, la note de Zimmermann, a probablement précipité l’entrée des États-Unis dans la 1ère Guerre Mondiale. Quand le cryptogramme a été cassé en 1917, les Américains comprirent que l’Allemagne avait essayé d’attirer le Mexique à adhérer à son effort de guerre, en promettant des territoires Américains au Mexique en cas de victoire.

    Pratiquement simultanément, les Américains Gilbert S. Vernam d’ATT Company et Joseph Mauborane des transmissions de l’armée Américaine, ont développé le premier code réputé incassable appelé le chiffre de Vernam. Une particularité distinctive de ce code est son besoin de clef unique utilisée pour crypter le message transmis, en n’étant jamais réutilisée pour envoyer un autre message. (Le chiffre de Vernam est également connu comme le carnet à feuilles jetable des espions, chaque feuille étant utilisée pour coder un message puis détruite soigneusement, comme le magnétophone dans « Mission Impossible »….) La découverte du chiffrement de Vernam n’a pas généré beaucoup d’utilisations industrielles à l’époque parce que l’invulnérabilité n’a été prouvée que beaucoup plus tard, et parce que ses conditions d’utilisation étaient peu pratiques pour les particuliers et les entreprises, jusqu’à l’apparition de l’ordinateur personnel en 1980.

    Un exemple de crypto symétrique : Le code de Che Guevara

    Quand en 1967 l’armée bolivienne a capturé et a exécuté le révolutionnaire Che Guevara, elles ont trouvé sur son corps un brouillon de message à transmettre au Président cubain Fidel Castro. Le Che a employé le fameux chiffrement réputé incassable inventé par Gilbert Vernam en 1918. Les lettres composant le message du Che (en Espagnol) sont traduites une première fois en un nombre décimal à deux chiffres par une règle fixe, à savoir :

    Par lui-même ce procédé n’aurait assuré pratiquement aucune protection. Les chiffres du message sont alors répartis dans des blocs à cinq chiffres. Ils deviennent la ligne supérieure de chaque groupe de trois lignes sur la feuille de brouillon. La ligne au milieu de chaque groupe est la clef, une combinaison de chiffres aléatoires connus seulement de Guevara et Castro :

    On additionne alors le chiffre de la première et deuxième ligne pour produire un cryptogramme, formant le résultat sur la troisième ligne, qui est la seule envoyée par des moyens classiques interceptables comme le télégraphe ou la radio ondes courtes. En raison de l’addition des chiffres principaux avec ceux aléatoires, ce cryptogramme est lui-même une chaine décimale aléatoire, ne diffusant aucune information sur le message original, excepté à quelqu’un qui connait la clef. A l’autre bout, le bureau du code de Castro soustrait les mêmes chiffres au message reçu reconstruisant alors dans l’ordre les nombres de la rangée supérieure, ce qui donne le message en clair. Beaucoup d’espions et de diplomates ont employé le chiffre de Vernam tout au long du 20ème siècle. La clef, plutôt que d’utiliser des chiffres décimaux, utilise maintenant des éléments binaires 0 et 1, et les additions et les soustractions étant effectuées en base 2 par la machine, plutôt qu’en base 10 à la main. Néanmoins, la clef doit encore être disponible à la fois où elle produit le code et à l’endroit du déchiffrement, et donc elle doit être parfaitement gardée pendant toutes les phases de la livraison et de stockage pour l’empêcher de tomber dans les mains d’un adversaire.

    En raison de cette limitation les soldats et les diplomates ont continué à utiliser des systèmes plus faibles utilisant des clefs plus courtes ou réutilisées. En conséquence, pendant la deuxième guerre mondiale, les alliés ont pu lire la plupart des messages secrets transmis par les Allemands et les Japonais. Il n’était nullement facile casser ces codes, mais c’était une question de temps. Par exemple certaines lettres ont une fréquence plus élevée dans une langue, le « e » ou le « s » que par exemple que le « q » ou le « x »… En comptant les occurrences d’une série on pouvait éventuellement en déduire des lettres, voire des syllabes utilisées d’avantage dans une langue, comme « et » ou « par »… Ce dispositif s’appelle la cryptanalyse. Les américains ont donc utilisé des indiens Cherokee pour leurs messages « source » ce qui brouillait le message en clair pour les Japonais qui cherchaient des mots en Anglais… Mais en essayant toutes les combinaisons possibles avec 26 lettres et 10 chiffres, ont finira fatalement par casser le code. On appelle cette technique le « brute force ». La tâche formidable de casser des codes de plus en plus sophistiqués fût donc l’un des facteurs qui ont stimulé le développement des ordinateurs capables d’exécuter des millions d’opérations donc de tentatives par seconde.

    CRYPTO Asymétrique

    Sous l’impulsion de l’armée Américaine, l’intérêt universitaire pour la cryptologie s’est développé au milieu des années 70, quand Whitfield Diffie, Martin E. Hellman et Ralph C. Merkle, de l’Université de Stanford, ont découvert le principe de la cryptographie à clefs publiques (PKC).

    Un peu après, en 1977, Ronald L. Rivest, Adi Shamir et Leonard M. Adleman, du MIT, ont conçu une application pratique : L’infrastructure à clefs publiques asymétriques ou PKI. Ces systèmes diffèrent de tous les codes précédents, du fait que les parties souhaitant communiquer n’ont pas besoin de convenir d’une clef secrète à l’avance. L’idée de la PKI pour un utilisateur, que nous appellerons Alice, est de choisir aléatoirement une paire mutuellement inversible employée à la fois pour le chiffrage et le déchiffrage ; Elle publie alors les instructions pour effectuer le chiffrage (clef publique) mais pas le déchiffrage (clef privée).

    Un autre utilisateur, appelé Bob, peut alors utiliser l’algorithme public d’Alice pour préparer un message que seule Alice peut déchiffrer. Ainsi, n’importe qui, y compris Alice, peut utiliser l’algorithme de chiffrement public de Bob pour préparer un message que seulement lui peut déchiffrer. C’est simple il suffisait d’y penser ! Ainsi, Alice et Bob peuvent converser secrètement sans partager le moindre secret préalable. Les PKI sont donc particulièrement appropriées pour chiffrer le courrier électronique et les transactions commerciales, qui se produisent souvent entre les parties qui, à la différence des diplomates et des espions, n’ont pas prévu préalablement leur besoin de communiquer secrètement. En contrepartie on ne sait pas si ces systèmes utilisés dans toutes nos transactions bancaires -par exemple à travers SSL et HTTPS- sont réellement solides. En effet, Shamir en 1982, maintenant à l’institut de Weizmann de la Science en Israël, à craqué l’un de ces systèmes le knapsack cipher. En Juillet 2004, deux jeunes femmes de l’Université de Shanghai ont annoncé la possibilité de calcul d’inversion de MD5 et SHA1, protocoles largement utilisés dans toutes nos communications chiffrées. Edgar Poe va sourire dans sa tombe : il se pourrait qu’il y ait une méthode d’attaque intelligente, jusqu’ici non découverte, qui pourrait casser tout code secret actuel en quelques minutes, voire « au fil de l’eau ». Il se peut qu’Alice et Bob aient du souci à se faire si une puissance nationale ou économique disposait d’une telle puissance de calcul… Diffie et Hellman ont d’ailleurs alerté de nombreuses fois la communauté scientifique dans les années 90, en expliquant qu’il y avait une faille grossière dans le codage de deux bits de DES (triple DES est largement utilisé dans nos communications chiffrées notamment dans HTTPS). Il se pourrait que cette faille ait été introduite volontairement lors de la conception du code pour permettre à une puissance nationale de décoder facilement les échanges cryptés sur son territoire. Ainsi la confidentialité des données et des flux chiffrés ne la serait pas pour tout le monde…

    Le talon d’Achille de la crypto

    En fait le talon d’Achille des solutions existantes de cryptographie est le processus d’échange des clefs. Tandis que les techniques conventionnelles de distribution se fondent sur la clef publique ou l’échange manuel. Une entité qui « renifle » le flux peut donc intercepter l’échange de clef, générer une fausse clef et se faire passer pour l’entité émettrice. Le récepteur va donc coder son message avec la fausse clef ce qui aura pour conséquence, primo que le message sera décodé par l’intrus en temps réel, et deuxio que le destinataire ne recevra pas le message d’origine, mais éventuellement un message modifié…

    Voici un exemple d’interception de flux SSL dans un aéroport en WIFI, basé sur le principe du « man in the middle » et de la génération d’une fausse clef publique.

    La STEGANOGRAPHIE : dissimuler l’information au lieu de la crypter.

    La steganographie a été inventée par les Grecs pour dissimuler des informations à leurs ennemis. Ils inscrivaient sur le crane d’un esclave une information sensible, les cheveux repoussaient, puis le moment venu ils décapitaient l’esclave et récupéraient l’information… Ce « one time password », bien que cruel, leur garantissait de cacher une information de manière parfaite. En effet, le mot steganographie vient du Grec « steganos » qui veut dire « caché » mais dans le sens de « enfoui », comme un sous-marin… Le mot Grec « crypto » veut dire également « caché », mais dans le sens « on ne comprend pas la signification ». Deux mots de Grec donc, pour deux traitements des informations sensibles, distincts et complémentaires.

    Dans la « crypto » si on reprend notre mot Grec, on chiffre le message avec une clef et on transmet la clef à tous les destinataires potentiels, permettant ainsi le déchiffrement ; En cas d’interception, le message ne pourra pas être lu sans la clef. Par exemple, le message chiffré sera « DAH » et la clef « 3 ». Le message en clair sera donc « AVE », « D-3=A » et ainsi de suite. En décalant de trois caractères la lettre d’origine on obtient le message en clair.

    Le problème est, qu’une donnée cryptée attire l’attention dans une masse de données en clair. Il est évident pour un hacker ou une puissance étrangère, que les données chiffrées sont les données les plus « intéressantes ».

    Il faut donc appliquer une autre stratégie pour les données dites « secrètes », les plus sensibles de toutes, celles qui ne doivent pas attirer l’attention. La steganographie moderne utilise un programme qui va encapsuler le fichier secret à protéger dans un autre fichier dit « hôte », plus grand, et qui sera anodin comme une photo ou une musique. Ce logiciel rend le fichier secret totalement invisible et perdu dans la masse de fichiers « en clair »…

    Plusieurs avantages à cette technique : Lors de la perte d’un ordinateur portable, les fichiers réellement sensibles ne seront pas visibles par le voleur. Les douanes et autres systèmes de scan qui se concentrent sur les fichiers cryptés ne verront pas ces contenus. Des données secrètes au niveau même de l’entreprise ne seront pas visibles par d’autres personnes que celles au courant de l’existence du fichier. Même les informaticiens ne seront pas au courant de ces fichiers et ne pourront pas les lire.

    Quelques inconvénients : Au niveau de la sécurité d’un pays, tous les délinquants peuvent utiliser ces techniques pour éviter d’être interceptés dans leurs agissements frauduleux. Les fuites d’informations à travers l’envoi d’un email sont facilitées pour les personnels indélicats.

    Il faut donc connaître ces techniques et les expliquer aux dirigeants des entreprises afin de mieux protéger les données secrètes. « Un secret n’existe pas, sinon ce n’est plus un secret …», comme disent les militaires.

    De quels programmes dispose-t-on pour mettre en œuvre la steganographie ? J’en utilise deux : Invisible Secrets 4, un shareware Roumain…

    Et Truecrypt qui me permet de cacher un volume virtuel de mon disque dur, lui-même crypté…

    Voici la photo « hôte » et la photo contenant le fichier caché ; Bien entendu on ne voit aucune différence à l’œil nu. La différence est dans le contenu du fichier, et dans la « vraie vie » le fichier d’origine n’étant pas disponible, il faut d’abord trouver quel fichier parmi des centaines de milliers, celui qui contient l’information steganographiée. Bien entendu on peut renforcer la sécurité en combinant la steganographie avec un chiffrement à l’intérieur du fichier… J’ai fait un challenge sur mon blog sur ces fichiers pour bien comprendre le mécanisme : www.netwizz.com

    Image hôte « normale »

    Image contenant le fichier steganographié

    Si vous arrivez à déchiffrer le document vous aurez l’email qui prouvera votre exploit…

    La CRYPTO Quantique

    Un développement inattendu et récent est l’utilisation de la mécanique quantique afin d’exécuter des exploits cryptographiques irréalisables par les seules mathématiques. Les équipements cryptographiques quantiques utilisent typiquement des photons de lumière polarisés et tirent profit du principe de Heisenberg, un principe d’incertitudes, selon lequel la mesure d’un système quantique modifie l’état du système qu’il cherche à mesurer. L’écoute clandestine d’un flux crypté par la crypto quantique permettrait donc de manière absolue de modifier les données par une perturbation inévitable, alertant les utilisateurs légitimes. La cryptographie quantique exploite cet effet pour permettre à deux parties qui ne se sont jamais réunies ou vues, et donc qui ne partagent aucune information secrète à l’avance, de communiquer dans un secret absolu sous le nez d’un adversaire. Les techniques quantiques aident également à l’accomplissement des buts cryptographiques plus subtiles, importants dans un monde « post guerre-froide », tels que permettre à deux parties mutuellement méfiantes de prendre des décisions communes basées sur une information privée, tout en compromettant sa confidentialité le moins possible. Vous n’avez pas tout compris ? Voici donc la métaphore du « petit chat est mort »…

    Pour décrire ce phénomène, on parle parfois du paradoxe du chat de Schrödinger qui est pour l’observateur à la fois mort et/ou vivant. Lorsque le chat dort, il est immobile, et l’on ne peut pas dire en le regardant s’il dort ou s’il est mort. Le chat peut donc être dans deux états différents que l’on ne peut différencier uniquement par l’observation.

    L’observateur qui veut étudier avec une certitude absolue l’état de mort du chat ne pourra s’assurer qu’il est bien mort qu’en essayant de le réveiller. Si le chat est bien mort, le chat ne se réveille pas, donc ne change pas de position, donc l’état n’est pas perturbé, et l’on peut étudier cet état de mort du chat en étant certain que le chat que l’on observe est bel et bien mort.
    Mais l’observateur qui veut étudier avec une certitude absolue l’état de sommeil du chat ne pourra s’assurer de cet état qu’en réveillant le chat. C’est ici qu’est le paradoxe : en réveillant le chat, l’observateur altère l’état qu’il voulait étudier, et il ne peut donc plus l’étudier. L’astuce consiste donc à supposer que le chat est endormi (probabilité = 50% = 1 chance sur 2), à l’observer d’abord, puis à vérifier ensuite en essayant de le réveiller. On ne conserve les résultats de l’observation que si le chat se réveille.

    Avec seulement 2 états possibles, le raisonnement est simple. Tout se complique si l’on considère qu’il y a plusieurs chats à étudier en même temps et qu’il y a 3 états possibles, c’est à dire que chaque chat peut être soit mort, soit endormi, ou bien les 2 états à la fois en superposition…
    Cependant au niveau quantique, il ne s’agit pas seulement d’un modèle permettant de rendre compte de notre ignorance du système. Les particules sont véritablement dans cet état superposé, et il en découle un certain nombre de propriétés inédites à notre échelle. Une mesure sur un système quantique va le forcer à choisir un des états. On parle de projection.

    La cryptographie quantique résout définitivement le problème de la distribution de clés. Cette technologie de rupture protège de manière absolue les communications voix, données et images. Au lieu de transmettre les clés, ce procédé les fabrique de manière dynamique grâce aux principes universels de la physique quantique. Pour la première fois dans l’histoire de la cryptographie, les clés ainsi obtenues sont invulnérables.

    La nette différence entre la crypto traditionnelle et la cryptographie quantique réside dans le fait que l’émetteur transmet au récepteur une chaîne continue de bits véhiculés par des grains de lumière appelés photons. Si un intrus essaie de les intercepter, leur état changera de manière irréparable. L’émetteur et le récepteur détecteront la tentative d’espionnage. La chaîne corrompue est alors rejetée. Aucun de ces bits douteux ne sera utilisé pour établir une clé. Seuls les photons intègres fournissant une information sans risque participent à la génération de clés secrètes.

    En cryptographie traditionnelle, le risque d’une attaque par « man in the middle » reste indétectable. Les pirates réalisent alors une copie des messages transmis et procèdent ensuite à leur cryptanalyse en vue de briser les codes secrets. Les crypto systèmes actuels n’offrent aucune résistance contre de telles interceptions.

    En revanche, la cryptographie quantique détecte systématiquement les intrusions et supprime le risque d’espionnage. Si un intrus tente de cloner les informations transportées par les photons envoyés sur la fibre optique reliant deux interlocuteurs, la mécanique quantique garantit que cette attaque entraînera une perturbation détectable. Les utilisateurs légitimes de la ligne retarderont alors l’envoi d’informations sensibles jusqu’à ce que la sécurité du lien soit de nouveau assurée.

    Pour la toute première fois dans l’histoire de la cryptographie, la sécurité absolue des communications via liaisons optiques est rendue possible grâce aux lois de la physique quantique. Mais Edgar Poe aurait-il encore raison ? N’y a-t-il pas un moyen de casser le code ?

    L’ordinateur quantique : le passage de la télé « noir et blanc » à la télé couleurs…

    L’algorithme de Shor est un algorithme quantique pour factoriser un nombre N en temps O((log N)3) et en espace O(log N), nommé en l’honneur de Peter Shor. Beaucoup de crypto systèmes à clé publique, tels que le RSA, deviendraient cassables par un tiers si l’algorithme de Shor était un jour programmé dans un calculateur quantique pratique. Un message chiffré avec RSA peut être déchiffré par factorisation de sa clef publique N, qui est le produit de deux nombres premiers. Il est connu que les algorithmes classiques ne peuvent pas faire cela en temps O((log N)k) pour n’importe quel k, donc, ils deviennent rapidement impraticables quand N augmente, à la différence de l’algorithme de Shor qui peut casser le RSA en temps polynomial. Autrement dit, un ordinateur quantique changerait une durée exponentielle en durée linéaire en utilisant tous les états intermédiaires entre 0 et 1. Un peu comme si l’ordinateur au silicium actuel était une télé en « noir et blanc – zero et un » alors que l’ordinateur quantique était une télé « couleurs » avec une palette d’états entre le blanc et le noir…

    Comme tous les algorithmes pour calculateur quantique, l’algorithme de Shor est probabiliste : il donne la réponse correcte avec une haute probabilité et la probabilité d’échec peut être diminuée en répétant l’algorithme. L’algorithme de Shor fut utilisé en 2001 par un groupe d’IBM, qui factorisa 15 en 3 et 5, en utilisant un calculateur quantique de 7 qubits. Le qubit est le bit de base d’un ordinateur quantique. Si une entité était capable de fabriquer un ordinateur quantique de, par exemple, 8 qubits, il serait équivalent à la puissance de 256 ordinateurs (2 puissance 8)… Avec un ordinateur à 40 qubits on aurait l’équivalent de puissance de 1 099 511 627 776soit 1099 milliards d’ordinateurs au silicium… Sachant que si l’on utilisait simultanément tous les ordinateurs de la planète on aurait une puissance de calcul maximum de 1 milliard d’ordinateurs soit 1000 près de fois moins…

    Autrement dit un mot de passe de 12 caractères qui résisterait près de 43.000 ans à une attaque « brute force », ne résisterait plus que 1,2 secondes avec un ordinateur quantique, ou un code de 16 caractères (128 bits, c’est-à-dire nos communications SSL) qui résisterait à une attaque brute force pendant 2,8 x 10 puissance 35 années (c’est-à-dire 35 zéros derrière 2,8), ne résisterait plus que 2 minutes et demi avec un ordinateur quantique à 64 qubits… Aujourd’hui certaines compagnies annoncent des ordinateurs quantiques de 512 voire 1024 qubits en préparation, sans pour autant que l’on ait vu le moindre prototype…

    Conclusion (temporaire)

    Edgar Poe aura-t-il finalement tort ou raison ? A chaque avancée de la cryptographie, il y a des possibilités nouvelles de décryptage. Ce qui apparaît clair, est que toute puissance économique et militaire qui voudra se maintenir à la pointe devra constamment engager des recherches, et la voie semble toute tracée pour l’ordinateur quantique, la cryptographie quantique et les nanotechnologies nécessaires pour l’atteindre.

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