{"id":60452,"date":"2021-01-07T10:35:09","date_gmt":"2021-01-07T09:35:09","guid":{"rendered":"http:\/\/moroccomail.fr\/?p=60452"},"modified":"2021-01-07T10:35:09","modified_gmt":"2021-01-07T09:35:09","slug":"maroc-de-loseille-pour-jeune-afrique","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/xnalgrt.cluster100.hosting.ovh.net\/index.php\/2021\/01\/07\/maroc-de-loseille-pour-jeune-afrique\/","title":{"rendered":"Maroc : De l&#8217;oseille pour Jeune Afrique"},"content":{"rendered":"\n<p><em>Maroc, Jeune Afrique, Makhzen, Alg\u00e9rie, #Maroc, #Alg\u00e9rie,<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Selon une facture obtenue par Maroc Leaks, le Makhzen a pay\u00e9, pour la p\u00e9riode 2010-2011, le montant de 700.000 euros au magazine Jeune Afrique. De quoi r\u00e9pondre \u00e0 la fameuse question \u00ab qui finance les publications de Fran\u00e7ois Soudan \u00bb?.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/moroccomail.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Facture-jeune-afrique.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-60384\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p>En 2005, le Journal Hebdomadaire a enqu\u00eat\u00e9 sur les liens occultes existant entre le r\u00e9gime marocain et Jeune Afrique. Voici le texte int\u00e9gral de leur enqu\u00eate :<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le r\u00e9gime du maroc finance le groupe jeune Afrique<br>Maroc: De l&#8217;oseille pour \u00ab jeune afrique \u00bb <br><\/strong><br>Le Journal Hebdo, 04-10-2005<\/p>\n\n\n\n<p><em>Comment le r\u00e9gime \u00ab finance \u00bb le groupe de B\u00e9chir Ben Yahmed pour soigner son image. <\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Quelle est la vraie nature des liens que tisse le Maroc avec le groupe Jeune Afrique ? Un coin du voile est d\u00e9sormais lev\u00e9 sur la face cach\u00e9e des relations, entre le royaume et le groupe de presse Jeune Afrique. Les documents que le Journal Hebdomadaire s&#8217;est procur\u00e9 attestent d&#8217;une relation plus catholique. Les accusations n&#8217;ont jamais manqu\u00e9. Voyons plut\u00f4t. Selon les donn\u00e9es figurant sur l&#8217;\u00e9ch\u00e9ancier de paiement que le Journal s&#8217;est procur\u00e9, le Maroc s&#8217;est engag\u00e9 \u00e0 verser 994.000 euros \u00e0 DIFCOM, agence de communication et r\u00e9gie publicitaire appartenant au groupe Jeune Afrique. Cet \u00e9ch\u00e9ancier d&#8217;encaissement stipule que le Maroc doit s&#8217;acquitter de ce montant en trois tranches ou versements, \u00e9tal\u00e9s sur un an. Toutefois, les modes de r\u00e8glement n&#8217;ont pas \u00e9t\u00e9 pr\u00e9cis\u00e9s\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Qu&#8217;a obtenu le r\u00e9gime marocain en contrepartie de ces 994.000 euros ? DIFCOM s&#8217;est-elle engag\u00e9e \u00e0 assurer la publication d&#8217;une s\u00e9rie d&#8217;articles positifs sur le Maroc ? La constellation Jeune Afrique mettait-elle \u00e0 la disposition du royaume son r\u00e9seau \u00ab France-Afrique \u00bb ? Pourquoi payer autant d&#8217;argent \u00e0 ce groupe pour qu&#8217;il soigne l&#8217;image du Roi du Maroc ? Les \u00e9ch\u00e9anciers de DIFCOM attestent qu&#8217;en 2002 et 2003, les pr\u00e9sidents de pays comme la Mauritanie, le Gabon, le Cameroun, la Guin\u00e9e \u00e9quatoriale, le Togo, ou le Rwanda ont assur\u00e9 au groupe Jeune Afrique une manne de plusieurs millions d&#8217;euros. Pourquoi le Maroc recourrait-il \u00e0 ce qui semble bien \u00eatre des stratag\u00e8mes de r\u00e9publiques banani\u00e8re pour soigner son image ? A noter que l&#8217;Alg\u00e9rie passe aussi \u00e0 la caisse pour un montant quasi \u00e9gal \u00e0 celui vers\u00e9 par le Maroc (950.000 euros). Preuve, sans doute, des talents de n\u00e9gociateurs des dirigeants de JAI qui savent tirer le maximum des rivalit\u00e9s r\u00e9gionales sur le continent africain.<\/p>\n\n\n\n\n\n<p><strong>Les visites du \u00ab Grand blond \u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les articles de JAI consacr\u00e9s au royaume et au roi du Maroc, en 2003 par exemple, se passent de tout commentaire (voir P. 32).<br>Les visites de Fran\u00e7ois Soudan, le directeur de la r\u00e9daction de JAI, au Maroc se suivent et se ressemblent. Elles sont r\u00e9guli\u00e8res. Le \u00ab grand blond normand \u00bb, comme l&#8217;appellent famili\u00e8rement ses amis, est royalement accueilli. Log\u00e9 dans les meilleurs palaces, Fran\u00e7ois Soudan dispose, pendant tout son s\u00e9jour au Maroc, d&#8217;une voiture et d&#8217;un chauffeur 24h\/24. Ce traitement VIP dont b\u00e9n\u00e9ficie le directeur de la r\u00e9daction de JAI au royaume fait vraisemblablement partie de ce fameux \u00ab contrat de communication \u00bb. En tout cas, Fran\u00e7ois Soudan multiplie les \u00ab missions sp\u00e9ciales \u00bb au Maroc. Il est re\u00e7u et brief\u00e9 par tous les hommes forts du pouvoir comme Fouad Ali El Himma, Hamidou La\u00e2nigri, Meziane Belfkih et Andr\u00e9 Azoulay. Au Maroc et ailleurs, les accusations pointent constamment du doigt le groupe Jeune Afrique. Un article du Canard Encha\u00een\u00e9, dat\u00e9 du 8 juin 1994 consid\u00e8re J.A.I. comme le \u00ab sp\u00e9cialiste des dossiers de pub politique \u00bb. Et encha\u00eene, \u00e0 propos d&#8217;une commande encensant l&#8217;ex-dictateur du Togo : \u00ab A croire que cirer les pompes du g\u00e9n\u00e9ral Eyadema, un peu massacreur sur les bords, ne g\u00eane en rien les dirigeants de Jeune Afrique. Des r\u00e9cidivistes, d&#8217;ailleurs \u00bb. Pour d\u00e9velopper et rentabiliser ses \u00ab march\u00e9s \u00bb sur le continent noir, B\u00e9chir Ben Yahmed profitait de son amiti\u00e9 avec un certain Jacques Foccart, le monsieur Afrique de la France. Ce dernier, pour mener \u00e0 bien sa diplomatie parall\u00e8le, mettait le patron de Jeune Afrique sur des sujets \u00ab porteurs \u00bb. Cette amiti\u00e9 avec l&#8217;homme qui joua un r\u00f4le de premier plan dans le maintien de la d\u00e9pendance des pays africains en dit long sur l&#8217;action \u00e9mancipatrice du groupe Jeune Afrique, v\u00e9ritable machine \u00e0 sous ! Les sommes vers\u00e9es par le Maroc pour s&#8217;adjuger les faveurs \u00e9ditoriales de JAI est une pratique qui ne date pas seulement du nouveau r\u00e8gne. Hassan II a souvent eu du mal \u00e0 g\u00e9rer BBY.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une vieille histoire<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Tant\u00f4t, il profite de ses \u00e9crits pan\u00e9gyriques, tant\u00f4t, il subit ses foudres \u00ab \u00e9ditoriales \u00bb. Cela d\u00e9pend-il de la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 du palais royal ? Il y eut des hauts et des bas. Irrit\u00e9 par la m\u00e9chancet\u00e9 de BBY qui n&#8217;h\u00e9site pas \u00e0 l&#8217;attaquer personnellement dans ses \u00e9ditos, Hassan II d\u00e9cide d&#8217;interdire la diffusion de Jeune Afrique au Maroc pendant toute une d\u00e9cennie, entre 1965 et 1975. Mais, pendant toute cette p\u00e9riode, Ben Yahmed profite du soutien inconditionnel de l&#8217;Alg\u00e9rie de Houari Boumediene. \u00ab B\u00e9chir a eu tout ce qu&#8217;il voulait d&#8217;Alger. Jeune Afrique \u00e9tait ouvertement pro-alg\u00e9rien et cat\u00e9goriquement anti-marocain \u00bb, explique un ancien journaliste rescap\u00e9 de la bo\u00eete, qui coule sa retraite \u00e0 Paris. \u00ab L&#8217;anti-marocanisme \u00bb de Jeune Afrique est alors essentiellement d\u00e9clin\u00e9 par des enqu\u00eates accusant l&#8217;implication des barbouzes du roi dans l&#8217;enl\u00e8vement de Medhi Ben Barka, et des articles soutenant les deux putschs avort\u00e9s contre Hassan II, en 1971 et 1972. Des papiers qui portent la signature de Younes Berri, qui n&#8217;est autre que l&#8217;ancien opposant socialiste exil\u00e9 \u00e0 Paris, Hamid Barrada. Toutefois, gr\u00e2ce aux bons offices de Houphou\u00ebt Boigny, ancien pr\u00e9sident de la C\u00f4te d&#8217;Ivoire, et un lobby pro-marocain men\u00e9 par Serge Guetta, un financier parisien, ami de Ben Yahmed et Andr\u00e9 Azoulay, alors directeur commercial du groupe fran\u00e7ais Scoa, les relations entre Rabat et Jeune Afrique reprennent de plus belle. Profitant d&#8217;un incident avec l&#8217;Alg\u00e9rie, Ben Yahmed ferme, sans h\u00e9siter, son bureau \u00e0 Alger en f\u00e9vrier 1975, tourne le dos \u00e0 Houari Boumediene et entame une nouvelle page avec le Maroc. D\u00e9sormais, BBY compte sur ses appuis dans l&#8217;entourage du Roi \u00ab C&#8217;\u00e9tait Mohamed Cherkaoui, alors ambassadeur du roi dans l&#8217;Hexagone et son beau-fr\u00e8re qui \u00e9tait l&#8217;\u00e9missaire de Hassan II aupr\u00e8s de Jeune Afrique \u00bb, nous r\u00e9v\u00e8le cet ancien collaborateur de Jeune Afrique. A quelques mois de la Marche verte, Jeune Afrique l\u00e2che Alger et \u00e9pouse, corps et \u00e2me, la th\u00e8se de Hassan II, conseill\u00e9 par Ahmed R\u00e9da Gu\u00e9dira. L&#8217;hebdo va d&#8217;ailleurs jouer un grand r\u00f4le dans la m\u00e9diatisation de sa version du dossier Sahara aupr\u00e8s d&#8217;une grande partie de l&#8217;Afrique francophone. A la mani\u00e8re d&#8217;un attach\u00e9 de presse&#8230; Boumediene fulmine, il se sent trahi. Lui qui comptait beaucoup sur Ben Yahmed et son canard dans sa campagne de propagande en faveur de la RASD. Au sein m\u00eame de la r\u00e9daction de la rue d&#8217;Auteuil, trois journalistes d\u00e9fendent, depuis quelques ann\u00e9es d\u00e9j\u00e0, la cause marocaine. Il s&#8217;agit de l&#8217;Alg\u00e9rien Hamza Kaidi, du Tunisien Abdelaziz Dahmani et du Marocain Mohamed Selhami. Ce trio dispose d&#8217;un bon carnet d&#8217;adresses au royaume. Leurs rapports avec les d\u00e9cideurs marocains sont plus qu&#8217;excellents. Ce qui arrange in\u00e9vitablement les affaires de Ben Yahmed. Ce dernier accueille, les bras ouverts le g\u00e9n\u00e9ral Ahmed Dlimi, un de ses contacts marocains les plus privil\u00e9gi\u00e9s, \u00e0 chacun de ses passages \u00e0 Paris. \u00ab Avec Dlimi, Ben Yahmed finissait toujours par avoir ce qu&#8217;il voulait du Maroc \u00bb, nous explique-t-on. La lune de miel entre Rabat et Jeune Afrique ne va pas pour autant \u00eatre affect\u00e9e par la mort subite de l&#8217;ex-patron du CAB1. Et puis, en pleine guerre du Sahara, Hassan II a toujours besoin des \u00ab pr\u00e9cieux services \u00bb du magazine des \u00ab pr\u00e9sidents africains \u00bb. Driss Basri, ministre de l&#8217;Int\u00e9rieur et de l&#8217;Information, l&#8217;a d&#8217;ailleurs tr\u00e8s bien compris. Il r\u00e9pond favorablement \u00e0 toutes les sollicitations et les d\u00e9marches de Fran\u00e7ois Soudan, d\u00e9sormais le journaliste attitr\u00e9 et l&#8217;\u00e9missaire officiel de Ben Yahmed au Maroc.<\/p>\n\n\n\n\n\n<p><strong>Op\u00e9ration s\u00e9duction \u00e0 1 million<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Pendant plusieurs ann\u00e9es, nous avons financi\u00e8rement soutenu Jeune Afrique. Et l&#8217;on n&#8217;a pas l\u00e9sin\u00e9 sur les moyens pour satisfaire leurs dol\u00e9ances qui \u00e9taient r\u00e9currentes \u00bb, reconna\u00eet D.Basri. Ce dernier confie ainsi \u00e0 Othmane Bouabid, son chef de Cabinet, la gestion du \u00ab dossier Jeune Afrique \u00bb. Le soutien financier auquel fait allusion l&#8217;ancien ministre de l&#8217;Int\u00e9rieur se r\u00e9partit globalement en \u00e9ditions sp\u00e9ciales et autre manne publicitaire des annonceurs institutionnels publics marocains, voire m\u00eame priv\u00e9s. Apr\u00e8s son retrait spectaculaire de l&#8217;OUA, en 1984, Hassan II ne peut pas se permettre pour autant le luxe de la politique de la chaise vide. Il a compris que la bataille du Sahara se joue aussi dans les m\u00e9dias. C&#8217;est ainsi qu&#8217;\u00e0 l&#8217;occasion de l&#8217;assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale des Nations Unies \u00e0 New York, en 1985, le Maroc commande \u00e0 Jeune Afrique une \u00e9dition sp\u00e9ciale de cent mille exemplaires consacr\u00e9e au dossier du Sahara, en trois langues. Mais en raison d&#8217;un probl\u00e8me technique, la photo de Hassan II en couverture de cette \u00e9dition a \u00e9t\u00e9 d\u00e9form\u00e9e. Les Marocains ont demand\u00e9 et obtenu son ramassage. Trois semaines plus tard, B\u00e9chir Ben Yahmed exige et finit tout de m\u00eame par \u00eatre pay\u00e9 malgr\u00e9 son \u00e9dition rat\u00e9e. L&#8217;op\u00e9ration aurait co\u00fbt\u00e9 la bagatelle de 1 million de francs fran\u00e7ais.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais Hassan II en a ras-le-bol. La chute du mur de Berlin, le cessez-le-feu avec le Polisario en 1991 et le plan de r\u00e9f\u00e9rendum propos\u00e9 par l&#8217;ONU, finissent par convaincre Hassan II de la caducit\u00e9 de son \u00ab partenariat \u00bb avec Jeune Afrique. \u00ab Nous avons alors d\u00e9cid\u00e9 d&#8217;arr\u00eater notre collaboration pour des consid\u00e9rations mutuelles, en 1993 \u00bb (sic !), dira D.Basri. Ce dernier avoue m\u00eame avoir personnellement donn\u00e9 quelque temps apr\u00e8s l&#8217;ordre d&#8217;interdire la distribution de Jeune Afrique au Maroc, et ce \u00e0 maintes reprises. Malgr\u00e9 ce \u00ab divorce \u00bb, Jeune Afrique a continu\u00e9 \u00e0 souffler le chaud et le froid sur Hassan II, depuis sa maladie jusqu&#8217;\u00e0 son d\u00e9c\u00e8s, et m\u00eame apr\u00e8s ! Dans Jeune Afrique n\u00b02012, du 30 juillet au 9 ao\u00fbt 1999, qui contient un sp\u00e9cial sur la mort de Hassan II, B\u00e9chir Ben Yahmed fait d&#8217;une pierre deux coups. Il instruit un proc\u00e8s de Hassan II \u00e0 titre posthume et envoie des messages cod\u00e9s \u00e0 son successeur. Messages que son entourage aurait finir par recevoir cinq sur cinq !<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le tr\u00f4ne \u00ab Peopolis\u00e9 \u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Cette \u00e9volution est int\u00e9ressante car elle souligne une r\u00e9gression notable dans la gestion de l&#8217;image du nouveau r\u00e8gne. D\u00e9j\u00e0, Hassan II avait pu se passer des services d&#8217;une presse \u00ab commerciale \u00bb puisque les r\u00e9formes entam\u00e9es durant les derni\u00e8res ann\u00e9es de son r\u00e8gne se \u00ab vendaient toutes seules \u00bb. La presse \u00e9conomique internationale a, la premi\u00e8re, soulign\u00e9 les r\u00e9formes \u00e9conomiques du Royaume avec, notamment, un programme de privatisation et de r\u00e9forme des march\u00e9s financiers qui a suscit\u00e9 les commentaires favorables des quotidiens d&#8217;affaires les plus cr\u00e9dibles. Le Financial Times consacre ainsi, d\u00e8s 1994, un suppl\u00e9ment, \u00e0 la tonalit\u00e9 positive, sur l&#8217;\u00e9conomie marocaine. Avec l&#8217;alternance et la nomination d&#8217;Abderrahman Youssoufi \u00e0 la t\u00eate du gouvernement, Hassan II r\u00e9alise une formidable op\u00e9ration de marketing politique. La tr\u00e8s anti-monarchiste \u00ab l&#8217;Huma \u00bb titre un de ces articles sur le royaume en avril 1999, c&#8217;est-\u00e0-dire 4 mois avant le d\u00e9c\u00e8s de Hassan II : \u00ab Le printemps marocain \u00bb. L&#8217;av\u00e8nement du r\u00e8gne de Mohammed VI est accueilli avec encore plus d&#8217;enthousiasme. Le Wall Street Journal se fend d&#8217;un article, \u00e0 la limite du dithyrambe, pour saluer l&#8217;arriv\u00e9e du nouveau roi. Time Magazine publie la premi\u00e8re interview du successeur de Hassan II avec reportage photo \u00e0 l&#8217;appui. Avec les premiers errements, et notamment les d\u00e9rapages s\u00e9curitaires, l&#8217;image du r\u00e9gime s&#8217;\u00e9tiole. Les architectes de la communication de la monarchie r\u00e9agissent par la \u00ab peopolisation \u00bb de la famille royale avec l&#8217;octroi d&#8217;un acc\u00e8s privil\u00e9gi\u00e9 aux reporters de Paris Match. L&#8217;autre r\u00e9action, nous le savons aujourd&#8217;hui, est le retour des bonnes vieilles m\u00e9thodes avec ce cher JAI. L&#8217;ann\u00e9e 2003 est symptomatique de ce revirement. Pourquoi ? D&#8217;abord parce que c&#8217;est l&#8217;ann\u00e9e, avec 2002, o\u00f9 l&#8217;existence d&#8217;un contrat de communication entre le Maroc et Difcom est prouv\u00e9e. Mais aussi parce que 2003 est l&#8217;ann\u00e9e o\u00f9, depuis l&#8217;accession de Mohammed VI au tr\u00f4ne, le pouvoir a le plus eu besoin de \u00ab communiquer \u00bb avec la communaut\u00e9 internationale et avec les Marocains.<\/p>\n\n\n\n\n\n<p>Flash-back. 2003 est sans conteste l&#8217;\u00ab annus horribilis \u00bb pour le Maroc. Tout d&#8217;abord avec les attentats de Casablanca le 16 mai qui traumatisent l&#8217;opinion et relancent le d\u00e9bat sur la place des islamistes en politique. Mais aussi avec l&#8217;encaissement d&#8217;un s\u00e9rieux revers diplomatique lorsque Washington avalise le plan Baker II rejet\u00e9 par un Maroc somm\u00e9 de faire une contre-proposition. A cela s&#8217;ajoutent des \u00e9l\u00e9ments de politique int\u00e9rieure d\u00e9stabilisants pour le r\u00e9gime : le sempiternel d\u00e9bat sur la sacralit\u00e9 du roi dans une hypoth\u00e9tique r\u00e9forme de la Constitution, des rumeurs portant sur des irr\u00e9gularit\u00e9s lors du scrutin de septembre 2002, la mont\u00e9e du PJD et d&#8217;Al Adl wal Ihsane\u2026 Sans oublier un durcissement \u00e0 l&#8217;encontre de la presse ind\u00e9pendante comme en t\u00e9moigne l&#8217;affaire Ali Lmrabet.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s lors, on devine les tentations du r\u00e9gime : rebondir sur les attentats de Casablanca pour positionner le roi au sein d&#8217;une nouvelle donne alors qu&#8217;il entre dans sa 4\u00e8 ann\u00e9e de r\u00e8gne et pr\u00eate le flan \u00e0 un vrai premier bilan. Et, pourquoi pas, au passage, en profiter pour affaiblir les islamistes, grand d\u00e9fi \u00e0 la monarchie pour les ann\u00e9es \u00e0 venir et cette presse dite \u00ab ind\u00e9pendante \u00bb qui stigmatise chaque faux pas ? R\u00e9sultat : ballott\u00e9e au rythme de l&#8217;actualit\u00e9, l&#8217;image du royaume se ternit au point que de r\u00e9elles avanc\u00e9es comme la r\u00e9forme de la Moudawana ne suffisent plus \u00e0 redorer son blason. D&#8217;o\u00f9 la tentation d&#8217;emprunter des chemins de traverse\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Tags : #Maroc #MonarchieAlaouite #JeuneAfrique #Fran\u00e7oiaSoudan #B\u00e9chirBenyahmed #Fran\u00e7afrique<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Maroc, Jeune Afrique, Makhzen, Alg\u00e9rie, #Maroc, #Alg\u00e9rie, Selon une facture obtenue par Maroc Leaks, le Makhzen a pay\u00e9, pour la p\u00e9riode 2010-2011, le montant de&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":60385,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[20,2],"tags":[3,4,6,662,663,12,7],"class_list":["post-60452","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-maroc","category-marocleaks","tag-algerie-5","tag-maroc-2","tag-algerie","tag-francafrique","tag-jeune-afrique","tag-makhzen","tag-maroc"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/xnalgrt.cluster100.hosting.ovh.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/60452","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/xnalgrt.cluster100.hosting.ovh.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/xnalgrt.cluster100.hosting.ovh.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/xnalgrt.cluster100.hosting.ovh.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/xnalgrt.cluster100.hosting.ovh.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=60452"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/xnalgrt.cluster100.hosting.ovh.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/60452\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/xnalgrt.cluster100.hosting.ovh.net\/index.php\/wp-json\/"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/xnalgrt.cluster100.hosting.ovh.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=60452"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/xnalgrt.cluster100.hosting.ovh.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=60452"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/xnalgrt.cluster100.hosting.ovh.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=60452"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}