{"id":51704,"date":"2020-10-13T09:34:07","date_gmt":"2020-10-13T07:34:07","guid":{"rendered":"http:\/\/moroccomail.fr\/?p=51704"},"modified":"2020-10-13T09:34:07","modified_gmt":"2020-10-13T07:34:07","slug":"enquete-les-marocaines-vues-par-les-arabes","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/xnalgrt.cluster100.hosting.ovh.net\/index.php\/2020\/10\/13\/enquete-les-marocaines-vues-par-les-arabes\/","title":{"rendered":"Enqu\u00eate: les Marocaines vues par les Arabes"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br \/>Affranchie. Dans les pays moyen-orientaux, majoritairement despotiques, l\u2019image d\u2019une femme lib\u00e9r\u00e9e est forc\u00e9ment associ\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9rotisme. (AFP)<br \/><br \/>Sexe, drogue et sorcellerie : dans le monde arabe, voil\u00e0 ce qui d\u00e9finit le plus beau pays du monde. D\u00e9cryptage, entre clich\u00e9s grossiers et v\u00e9rit\u00e9 qui blesse.<br \/><br \/>Durant ramadan, les Marocains aiment rire d\u2019eux-m\u00eames, devant leur petit \u00e9cran. Lorsque la moquerie vient d\u2019ailleurs, le second degr\u00e9 n\u2019est plus \u00e0 l\u2019ordre du jour. Preuve en est avec le mini-scandale provoqu\u00e9 par un \u00e9pisode de la s\u00e9rie anim\u00e9e kowe\u00eftienne Bouktada et Abou Nabil, diffus\u00e9e sur la cha\u00eene priv\u00e9e El Watan. On y suit les p\u00e9rip\u00e9ties des h\u00e9ros, partant \u00e0 la d\u00e9couverte du Maroc. Ils y trouvent femmes \u00e0 la cuisse l\u00e9g\u00e8re, sorcellerie et corruption.<br \/><br \/>Une image d\u00e9vastatrice qui fait r\u00e9agir les Marocains du Web au quart de tour : p\u00e9titions, mails au minist\u00e8re de la Communication, groupes sur Facebook et autres blogs d\u00e9noncent l\u2019\u00e9pisode et les clich\u00e9s qu\u2019il colporte, exigeant excuses officielles et m\u00eame expulsion de l\u2019ambassadeur du Kowe\u00eft au Maroc. Mardi 24 ao\u00fbt, une d\u00e9p\u00eache de la MAP annonce les excuses officielles du minist\u00e8re des Affaires \u00e9trang\u00e8res kowe\u00eftien.<br \/><br \/>Ce qui aurait pu \u00eatre un simple fait divers a failli se transformer en crise diplomatique. Parmi les commentaires des internautes, il n\u2019y a pas que des Marocains outr\u00e9s. En r\u00e9ponse \u00e0 la vid\u00e9o, cette jeune femme \u00e9crit : \u201cPas besoin de s\u2019\u00e9nerver, [\u2026] c\u2019est simplement \u00e7a notre Maroc\u201d. Car il n\u2019y a pas de fum\u00e9e sans feu. Ni de prostitu\u00e9es sans clients. Dans les pays arabes, l\u2019image n\u00e9gative du Maroc &#8211; et surtout, il faut le dire, celle de ses femmes &#8211; n\u2019est ni pure diffamation ni v\u00e9rit\u00e9 absolue. Lecture des clich\u00e9s les plus r\u00e9pandus et de leurs origines.<br \/><br \/><strong>\u201cToutes des putes\u201d, disent-ils<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Meriem a 27 ans. Consultante dans le secteur des t\u00e9l\u00e9coms \u00e0 Duba\u00ef, elle a souvent d\u00fb affronter des regards inquisiteurs et entendus sur son origine. \u201cAh, vous \u00eates Marocaine ? Vous savez ce que l\u2019on dit sur vos femmes, elles sont belles mais tr\u00e8s l\u00e9g\u00e8res\u201d. Ce genre de remarque reste ce qu\u2019on lui a dit de plus poli depuis qu\u2019elle vit aux Emirats arabes unis. Beaucoup de Khalijis ne s\u2019encombrent pas d\u2019autant de bonnes mani\u00e8res, et leur sentence est terrible : pour certains, les Marocaines sont toutes des prostitu\u00e9es. \u201cCe clich\u00e9 est une caricature qui grossit les traits d\u2019une r\u00e9alit\u00e9. M\u00eame s\u2019il a d\u00e9teint injustement sur toute une soci\u00e9t\u00e9, il n\u2019est pas usurp\u00e9\u201d, nous explique le psychologue et sexologue Aboubakr Harakat<br \/><br \/>C\u2019est dans les ann\u00e9es 1980 que la mauvaise r\u00e9putation des Marocaines s\u2019est \u00e9tablie. Les Moyen-orientaux, qui avaient pour coutume de faire la bringue au Liban et en Egypte, se sont d\u00e9tourn\u00e9s de ces r\u00e9gions secou\u00e9es par la guerre civile libanaise et celle d\u2019octobre 1973 pour se rabattre sur le Maroc, au climat politique stable, mais en pleine crise \u00e9conomique et \u00e0 la veille du Plan d\u2019ajustement structurel. Dans ce contexte aust\u00e8re, les p\u00e9trodollars ont constitu\u00e9 un appel d\u2019air pour le royaume qui a donc gracieusement ouvert ses fronti\u00e8res aux Saoudiens les plus libidineux. \u201cLe tapis rouge a \u00e9t\u00e9 d\u00e9roul\u00e9 pour ces Moyen-orientaux qui payaient nos fonctionnaires. Des p\u00e8res se sont transform\u00e9s en maquereaux et certaines femmes ont offert leur \u2018savoir-faire\u2019. C\u2019est ainsi que de nombreuses familles pauvres se sont enrichies avec \u2018Flouss Sa3oud\u2019\u201d, t\u00e9moigne Harakat.<br \/><br \/>La tendance s\u2019est poursuivie et acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e durant les ann\u00e9es 1990, o\u00f9 est apparue la \u201cOmra Business\u201d. Des centaines de Marocaines se sont rendues dans le Golfe pour offrir leur corps contre de la marchandise luxueuse qu\u2019elles importaient au Maroc, ou pour exercer de petits m\u00e9tiers (coiffeuse, couturi\u00e8re) le jour et se prostituer la nuit. Ce journaliste marocain se souvient. En 2005, dans le cadre d\u2019un article \u00e0 propos de l\u2019objectif \u201c10 millions de touristes\u201d, il consulte les chiffres et les provenances des touristes au Maroc. \u201cSur Casablanca, 50% d\u2019entre eux venaient du Moyen-Orient et \u00e9taient class\u00e9s dans la case tourisme d\u2019affaires\u201d. Il d\u00e9cide alors d\u2019interpeller le minist\u00e8re du Tourisme. A l\u2019\u00e9poque, un responsable de la cellule communication lui r\u00e9pond, en riant : \u201cNous savons tr\u00e8s bien que ce ne sont pas des affaires qu\u2019ils viennent conclure. Mais on ne peut pas les classer dans le tourisme sexuel, cette rubrique n\u2019existant pas dans la nomenclature internationale\u201d.<br \/><br \/>Lorsque l\u2019on consulte la presse moyen-orientale, que ce soit le Gulf daily news (Bahrein) ou le Khaleej Times (Emirats arabes unis), les articles renvoyant au Maroc sont pour la plupart li\u00e9s \u00e0 la prostitution. Floril\u00e8ge : 16 femmes accus\u00e9es de prostitution dont 7 Marocaines, un homme force sa femme marocaine \u00e0 se prostituer, une star s\u00e9ropositive d\u2019origine marocaine contamine ses partenaires, etc. Une r\u00e9alit\u00e9 donc, qui nous force \u00e0 admettre notre part de responsabilit\u00e9. \u201cOn a connu pr\u00e8s de vingt ans de prostitution tol\u00e9r\u00e9e par les autorit\u00e9s marocaines, et organis\u00e9e avec la complicit\u00e9 des chauffeurs de taxi, des ma\u00eetres d\u2019h\u00f4tel, etc. Il n\u2019en faut pas moins pour qu\u2019un clich\u00e9 s\u2019installe\u201d, conclut Harakat.<br \/><br \/><strong>Une r\u00e9alit\u00e9 plus nuanc\u00e9e<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pourtant, aujourd\u2019hui, \u201cla situation des Marocaines du Golfe ne se r\u00e9sume pas \u00e0 la prostitution. Celles que l\u2019on remarque le plus, avec leur maquillage et leur attitude ostentatoires, ne sont pas repr\u00e9sentatives de notre communaut\u00e9 et sont tout au plus quelques centaines\u201d, nuance Imane Bentaout, consultante marocaine install\u00e9e \u00e0 Duba\u00ef, qui a men\u00e9 une enqu\u00eate sur la situation des Marocaines dans les pays du Khaleej. En effet, il ressort de cette enqu\u00eate que sur les 150 femmes sond\u00e9es, pr\u00e8s de 42% sont des c\u00e9libataires, cadres sup\u00e9rieurs au niveau d\u2019\u00e9ducation tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9. \u201cBon nombre des Marocaines qui choisissent de s\u2019installer \u00e0 Duba\u00ef viennent pour travailler au sein de multinationales ou de grands cabinets internationaux, avec des \u00e9volutions de carri\u00e8re int\u00e9ressantes et une r\u00e9mun\u00e9ration cons\u00e9quente\u201d, explique la consultante.<br \/><br \/>L\u2019autre tranche importante des Marocaines du Khaleej est constitu\u00e9e de jeunes femmes \u00e2g\u00e9es entre 23 et 28 ans, employ\u00e9es en tant que secr\u00e9taires au sein de cabinets m\u00e9dicaux ou encore dans des h\u00f4tels. Percevant un salaire mensuel moyen de 7000 dirhams, la plupart de ces femmes envoient une bonne partie de leur revenu \u00e0 leur famille rest\u00e9e au Maroc. \u201cPour elles, c\u2019est une aubaine de travailler \u00e0 Duba\u00ef car le logement et le transport sont pris en charge par leurs employeurs. Et ces derniers appr\u00e9cient chez elles leur professionnalisme et leur ma\u00eetrise de l\u2019arabe\u201d, poursuit Bentaout.<br \/><br \/><strong>La \u201cMarocaine\u201d, marque d\u00e9pos\u00e9e<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais ces fourmis travailleuses ne font pas oublier pour autant la mauvaise r\u00e9putation des Marocaines chez nos fr\u00e8res arabes. \u201cImaginez que m\u00eame les prostitu\u00e9es alg\u00e9riennes et tunisiennes dans le Golfe se font passer pour des Marocaines pour aguicher leurs clients\u201d, s\u2019insurge Bentaout. La Marocaine est devenue une marque d\u00e9pos\u00e9e, et au-del\u00e0 de la prostitution, \u201cson image est associ\u00e9e \u00e0 la libert\u00e9, \u00e0 l\u2019\u00e9rotisme. Elle est l\u2019Occidentale du monde arabe\u201d, nous explique l\u2019\u00e9crivain Jalal El Hakmaoui, familier des pays du Golfe. Les femmes dans la soci\u00e9t\u00e9 marocaine tiennent depuis toujours un r\u00f4le important, rappelle Harakat : \u201cContrairement aux femmes saoudiennes, elles sortent, travaillent, existent et ne se couvrent pas de la t\u00eate aux pieds. Il faut garder \u00e0 l\u2019esprit l\u2019image forte de la princesse Lalla A\u00efcha apparue d\u00e8s 1947 sans voile\u201d.<br \/><br \/>Cette image de la Marocaine \u201clib\u00e9r\u00e9e\u201d est de plus en plus refl\u00e9t\u00e9e par le cin\u00e9ma moyen-oriental, o\u00f9 l\u2019on propose beaucoup aux Marocaines des r\u00f4les jug\u00e9s ol\u00e9-ol\u00e9. R\u00e9cemment, les producteurs \u00e9gyptiens du film Al Wa\u00e2d ont sollicit\u00e9 plusieurs actrices marocaines pour camper des r\u00f4les de prostitu\u00e9es. \u201cLes gens n\u2019arrivent pas \u00e0 faire la diff\u00e9rence entre le personnage interpr\u00e9t\u00e9 et l\u2019acteur. Personne n\u2019a le droit de me juger. C\u2019est mon travail qu\u2019il faut juger, pas moi\u201d, s\u2019\u00e9tait d\u00e9fendue l\u2019actrice Sanaa Akroud lors de la pol\u00e9mique soulev\u00e9e par son r\u00f4le dans le film \u00e9gyptien Ihki Ya Shahrazade, o\u00f9 elle apparaissait dans une position suggestive en compagnie d\u2019un homme. \u201cLes pays du Moyen-Orient sont dans une \u00e9crasante majorit\u00e9 despotiques, avec une marge de libert\u00e9 tr\u00e8s restreinte. Le Maroc leur oppose une libert\u00e9 qui les fascine mais \u00e0 laquelle ils attribuent tout et n\u2019importe quoi. Ils vivent avec le Maroc un choc de la modernit\u00e9\u201d, analyse El Hakmaoui. Un choc qui se v\u00e9rifie sur le terrain puisque \u201cles hommes du Moyen-Orient sont tr\u00e8s ferm\u00e9s, contrairement aux Marocains. Je n\u2019ai jamais fait la connaissance d\u2019une femme locale, elles restent inaccessibles aux \u00e9trangers. M\u00eame lorsqu\u2019on rencontre un homme de Duba\u00ef, il ne pr\u00e9sente pas sa femme \u00e0 ses amis et ne les invite pas chez lui\u201d, t\u00e9moigne Wafae, Marocaine r\u00e9sidente \u00e0 Duba\u00ef depuis trois ans et demi. Le clich\u00e9 sur les m\u0153urs des Marocaines viendrait donc aussi du conservatisme de nos voisins.<br \/><br \/><strong>No pasaran<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et les clich\u00e9s ont la peau dure. On les retrouve m\u00eame dans les administrations, ambassades et postes-fronti\u00e8res. Salma, 23 ans, r\u00eavait d\u2019un circuit incluant la Jordanie, la Syrie et Al Qods : \u201cJ\u2019ai pass\u00e9 mon \u00e9t\u00e9 \u00e0 attendre des visas que je n\u2019ai jamais obtenus\u201d. Mais notre baroudeuse a vite d\u00e9chant\u00e9 une fois confront\u00e9e au labyrinthe administratif, \u00e0 base de papiers introuvables, dossiers \u00e0 remplir et autres contraintes occultes. \u201cPour aller dans ces pays, il faut \u00eatre accompagn\u00e9 d\u2019un mahram, un p\u00e8re, un mari, un fr\u00e8re\u201d. Elle, c\u2019est accompagn\u00e9e de son cousin qu\u2019elle comptait voyager. Ses r\u00eaves syriens se sont \u00e9croul\u00e9s en un coup de fil. Du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019ambassade de Jordanie, elle n\u2019a jamais eu de r\u00e9ponse. Sauf une vague allusion \u00e0 une enqu\u00eate de quatre semaines, devant \u00eatre men\u00e9e par le minist\u00e8re de l\u2019Int\u00e9rieur marocain. \u201cJe n\u2019ai plus envie d\u2019aller voir comment c\u2019est de ce c\u00f4t\u00e9 du monde\u201d, s\u2019attriste-t-elle. Et de rench\u00e9rir : \u201cNon seulement on vous fait attendre, mais en plus, on vous traite mal. J\u2019avais l\u2019impression d\u2019\u00eatre une prostitu\u00e9e, on ne me laissait m\u00eame pas le temps de m\u2019expliquer\u201d.<br \/><br \/>C\u2019est un fait, les pays du Golfe limitent l\u2019octroi de visa aux jeunes Marocaines, automatiquement assimil\u00e9es \u00e0 des prostitu\u00e9es potentielles. Au Qatar, la proc\u00e9dure est claire : sans visa de travail, pas d\u2019entr\u00e9e. \u201cC\u2019est un pays qui ne table pas sur le tourisme. Ce n\u2019est ni Duba\u00ef, ni l\u2019Arabie Saoudite.<br \/><br \/>Il faut avoir un membre de sa famille sur place, un billet aller-retour, une r\u00e9servation d\u2019h\u00f4tel\u201d, explique ce cadre marocain install\u00e9 au Qatar. Notre minist\u00e8re charg\u00e9 des MRE confirme : \u201cParmi les principales mesures mises en place par les pays du Golfe, il y a une exigence d\u2019\u00e2ge minimum, et un embargo sur certaines professions comme les artistes ou les esth\u00e9ticiennes\u201d.<br \/>De son c\u00f4t\u00e9, le Maroc, depuis une dizaine d\u2019ann\u00e9es, semble vouloir rompre avec la politique de l\u2019autruche. Les autorit\u00e9s n\u2019h\u00e9sitent plus \u00e0 proc\u00e9der \u00e0 des expulsions de ressortissants des pays du Golfe, inculp\u00e9s dans des affaires de prostitution, et d\u00e9mant\u00e8lent chaque ann\u00e9e des r\u00e9seaux de prostitution. Des accords ont aussi \u00e9t\u00e9 conclus entre le Maroc et les pays du Golfe pour juguler la prostitution des Marocaines. Par exemple, pour qu\u2019un mariage entre une Marocaine et un Khaliji soit possible, une autorisation du minist\u00e8re de l\u2019Int\u00e9rieur marocain est indispensable.<br \/><br \/><strong>Omra, for men only<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Seulement, \u00e0 vouloir prendre trop de pr\u00e9cautions, certains pays tombent dans la discrimination. R\u00e9cemment, le PJD s\u2019est fendu d\u2019un communiqu\u00e9 accusant les autorit\u00e9s saoudiennes de manquer de respect \u00e0 la dignit\u00e9 des Marocaines. En refusant de d\u00e9livrer des visas pour accomplir la Omra \u00e0 des jeunes femmes du royaume \u00e2g\u00e9es de 18 \u00e0 22 ans, consulats et ambassade d\u2019Arabie Saoudite se sont attir\u00e9s les foudres du parti de Abdelilah Benkirane. \u201cSelon les dires de certaines familles, l\u2019explication avanc\u00e9e par ces services consulaires est li\u00e9e soit au fait que les candidates sont jeunes, soit qu\u2019elles ont une intention autre que la Omra en voulant faire ce voyage\u201d, explique le communiqu\u00e9. C\u2019est l\u00e0 que le b\u00e2t blesse : une jeune fille marocaine, m\u00eame lorsqu\u2019elle d\u00e9sire accomplir un devoir religieux, peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e aux yeux des autorit\u00e9s de ce pays comme une prostitu\u00e9e potentielle. \u201cNous sommes parfaitement conscients que certaines femmes pourraient agir de fa\u00e7on inappropri\u00e9e, mais ceci ne peut \u00eatre g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 \u00e0 l\u2019ensemble des Marocaines. Certains jeunes Saoudiens se comportent au Maroc de mani\u00e8re obsc\u00e8ne, et pourtant personne ne conteste leur droit de circuler au royaume, car nous savons qu\u2019il s\u2019agit bel et bien d\u2019une minorit\u00e9\u201d, indique \u00e0 juste titre le communiqu\u00e9.<br \/><br \/><strong>Ma sorci\u00e8re mal-aim\u00e9e<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Autre clich\u00e9 tenace, clam\u00e9 dans une bonne partie des pays arabes : le Maroc est un pays de magie noire, ses femmes sont des sorci\u00e8res doubl\u00e9es de voleuses de maris.<br \/><br \/>D\u2019ensorceleuses, dans sa d\u00e9finition la plus f\u00e9erique, les Marocaines sont pass\u00e9es au rang de sorci\u00e8res. En usant de leurs charmes et de potions mal\u00e9fiques, elles attireraient les hommes (riches) dans leurs filets. Lorsque Hala, Libanaise, annonce autour d\u2019elle qu\u2019elle va travailler au Maroc, voil\u00e0 ce que lui conseille son entourage : \u201cAttention aux femmes, ce sont des sorci\u00e8res, elles vont te jeter des sorts\u201d. En 1926, l\u2019historien Georges Hardy \u00e9crivait d\u00e9j\u00e0 que \u201cdans toute l\u2019\u00e9tendue des pays musulmans, le Maroc est toujours pass\u00e9 pour la terre des sorciers par excellence\u201d. Aboubakr Harakat pr\u00e9cise que \u201cle m\u00e9lange de cultures (amazighe, arabe, juive, africaine) donnerait, pour ceux qui y croient, une sorcellerie plus puissante et redoutable\u201d.<br \/><br \/>Le fait que la magie noire soit une pratique commune aux hommes et aux femmes conf\u00e8re encore plus de poids au clich\u00e9. Selon l\u2019\u00e9crivain Jalal El Hakmaoui, \u201cdans l\u2019inconscient collectif des Moyen-orientaux, les Marocains sont des ex\u00e9g\u00e8tes, des grammairiens et des fqihs dont le savoir est associ\u00e9 \u00e0 une science occulte\u201d. Pour l\u2019homme de lettres, nos fr\u00e8res arabes attribueraient \u00e0 la culture marocaine un c\u00f4t\u00e9 diabolique, \u201cque l\u2019on donne souvent \u00e0 une culture qu\u2019on ne ma\u00eetrise pas\u201d. L\u2019avis du psychologue Harakat abonde dans ce sens : \u201cDans un pays comme l\u2019Arabie Saoudite, l\u2019orthodoxie est de rigueur depuis au moins deux si\u00e8cles. Il n\u2019y a pas de culte de marabouts\u201d. Plus encore, la sorcellerie y est passible de la peine de mort. La perception des pratiques marocaines n\u2019en est que plus facile \u00e0 g\u00e9n\u00e9raliser.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Edmond Doutt\u00e9, professeur \u00e0 l\u2019\u00c9cole Sup\u00e9rieure des Lettres d\u2019Alger au d\u00e9but du XX\u00e8me si\u00e8cle, affirmait \u00e0 l\u2019\u00e9poque qu\u2019au Maroc \u201cla femme est un auxiliaire pr\u00e9cieux de la magie\u201d. Et ce mythe est aussi pr\u00e9sent dans l\u2019inconscient marocain. Pour justifier les raisons de l\u2019adult\u00e8re chez l\u2019homme, la sociologue Soumaya Na\u00e2mane Guessous \u00e9crit, dans Au-del\u00e0 de toute pudeur (1988, Eddif), que les femmes accusent \u201c\u2018les voleuses de maris\u2019, filles perverses et redoutables, figure n\u00e9gative du d\u00e9sir qui trouve son reflet dans le personnage l\u00e9gendaire de A\u00efcha Kandisha\u201d, \u201cogresse qui se transforme en cr\u00e9ature s\u00e9duisante et \u00e0 laquelle aucun homme ne r\u00e9siste\u201d. Un clich\u00e9 nourri par une l\u00e9gende bien de chez nous.<br \/><br \/><strong>Fa\u00e7onner son image<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il ne faut pas se leurrer : la plupart des poncifs \u00e0 propos du Maroc d\u00e9passent les pays arabes. Sauf que la critique, lorsqu\u2019elle vient de pays fr\u00e8res, est souvent plus vexante pour nos compatriotes. La proximit\u00e9 de la langue aidant, les Marocains regardent plus de cha\u00eenes arabophones qu\u2019europ\u00e9ennes, et sont donc directement touch\u00e9s par l\u2019image que leur renvoient leurs fr\u00e8res arabes. Preuve en est que l\u2019\u00e9pisode de la vid\u00e9o kowe\u00eftienne a \u00e9gratign\u00e9 plus de Marocains que foultitude de sketchs fran\u00e7ais bourr\u00e9s de clich\u00e9s sur le Maroc. C\u2019est bien connu, les coups sont plus douloureux quand ils viennent de la famille. \u201cNotre principal \u00e9chec est de ne pas avoir su nous construire une histoire culturelle assez forte, et donc une image positive aupr\u00e8s des pays arabes, comme ce fut le cas pour le Liban par exemple, que l\u2019on n\u2019associe pas \u00e0 la prostitution ou aux femmes l\u00e9g\u00e8res, mais plut\u00f4t \u00e0 Fairouz ou \u00e0 ses grands hommes politiques et \u00e9crivains\u201d, analyse El Hakmaoui. Bless\u00e9s dans leur ego, les Marocains pleurent l\u2019image qu\u2019ils renvoient alors qu\u2019ils en sont peut-\u00eatre les premiers responsables.<br \/><br \/><strong>Regards crois\u00e9s. Une nationalit\u00e9, deux exp\u00e9riences<br \/><\/strong><br \/>Deux jeunes femmes marocaines ayant v\u00e9cu \u00e0 Duba\u00ef, de milieux socioprofessionnels diff\u00e9rents, nous livrent leur t\u00e9moignage.<br \/><br \/><strong>\u201cJ\u2019avais honte d\u2019\u00eatre marocaine&#8221; Hiba, 30 ans, charg\u00e9e de client\u00e8le dans un h\u00f4tel.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Fra\u00eechement dipl\u00f4m\u00e9e de mon \u00e9cole d&#8217;h\u00f4tellerie casablancaise, la solution la plus rapide et la plus efficace pour engranger de l&#8217;argent a \u00e9t\u00e9 d&#8217;aller tenter ma chance \u00e0 Duba\u00ef. J&#8217;y ai v\u00e9cu quatre ans. Au bout de quelques mois, je ne voyais plus les filles de ma promotion, venues aussi tenter leur chance. Elles avaient clairement d&#8217;autres ambitions que de gagner de l&#8217;argent \u00e0 la sueur de leur front. Entre celles qui se sont offert des voitures de luxe, celles qui se faisaient entretenir par des Emiratis ais\u00e9s ou celles qui se sont mari\u00e9es avec le premier riche venu, j&#8217;ai d\u00e9cid\u00e9 de couper les ponts, pour qu&#8217;on ne m&#8217;associe pas \u00e0 elles. J&#8217;ai pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 la compagnie des Philippins, dont je me suis sentie beaucoup plus proche. Pour la plupart des personnes que j&#8217;ai rencontr\u00e9es l\u00e0-bas, \u00eatre marocaine voulait dire \u00eatre une fille facile, accepter de passer du bon temps en \u00e9change de liasses d&#8217;argent.<br \/><br \/>Dans l&#8217;h\u00f4tel o\u00f9 je travaillais, je mettais un point d&#8217;honneur \u00e0 ne pas prononcer un mot d&#8217;arabe, lui pr\u00e9f\u00e9rant l&#8217;anglais. Ce que j&#8217;ai vu durant mes ann\u00e9es de travail m&#8217;a \u00e9c\u0153ur\u00e9. Des prostitu\u00e9es marocaines de tout \u00e2ge et de standings diff\u00e9rents, boulimiques du fric. Et surtout, cette horrible sensation de n&#8217;\u00eatre rien face \u00e0 l&#8217;argent. J&#8217;ai re\u00e7u de nombreuses propositions libidineuses, que j&#8217;ai cat\u00e9goriquement refus\u00e9es.<br \/><br \/>J&#8217;envoyais les trois-quarts de mon p\u00e9cule \u00e0 mes parents. L&#8217;id\u00e9e de rentrer au Maroc me traversait l&#8217;esprit \u00e0 peu pr\u00e8s trois fois par jour, mais j&#8217;ai tenu bon. Apr\u00e8s quatre ans de bons et loyaux services, j&#8217;ai enfin pu revenir, avec des \u00e9conomies et une exp\u00e9rience incontestable. Plus jamais je ne retournerai l\u00e0-bas, je n&#8217;ai plus envie d&#8217;avoir honte d&#8217;\u00eatre marocaine.<br \/><br \/><strong>\u201cMarocaine ce n\u2019est pas une nationalit\u00e9, mais une profession\u201d Sanaa, 27 ans, consultant<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Avant de m\u2019installer \u00e0 Duba\u00ef, j\u2019avais peur pour mes libert\u00e9s de femme et j\u2019appr\u00e9hendais la r\u00e9action des hommes \u00e0 mon \u00e9gard, surtout dans les relations professionnelles. Finalement, mon installation s\u2019est tr\u00e8s bien pass\u00e9e. J\u2019\u00e9volue dans un milieu d\u2019expatri\u00e9s compos\u00e9 d\u2019Iraniens, de Fran\u00e7ais, d\u2019Indiens, de Philippins, etc. Dans ce microcosme, il y a tr\u00e8s peu de pr\u00e9jug\u00e9s sur les Marocaines. Avec les Khalijis c\u2019est une autre histoire. Dans les taxis ou dans la vie de tous les jours, j\u2019entends souvent des remarques d\u00e9sobligeantes sur mes compatriotes. Mon coiffeur m\u2019a dit un jour : \u201cMarocaine dans le Golfe ce n\u2019est pas une nationalit\u00e9, mais une profession\u201d. Du coup, lorsque je suis avec des Emiratis, j\u2019\u00e9vite de parler arabe, car ils reconnaissent tr\u00e8s vite \u00e0 mon accent que je suis marocaine et l\u00e0 ils se l\u00e2chent. Ils me draguent de mani\u00e8re tr\u00e8s directe en pensant que je suis forc\u00e9ment int\u00e9ress\u00e9e. Quant aux femmes, lorsque je me rends dans une administration par exemple, je sens qu\u2019elles sont d\u00e9sagr\u00e9ables avec moi car elles m\u2019associent \u00e0 la \u201csahara, voleuse de mari\u201d. D\u2019ailleurs, un ami \u00e9mirati a refus\u00e9 de venir me rendre visite au Maroc car sa fianc\u00e9e lui a dit que s\u2019il allait l\u00e0-bas, les femmes allaient l\u2019ensorceler. Mais dans un cadre professionnel, les Emiratis ont int\u00e9gr\u00e9 que bon nombre de Marocaines sont comp\u00e9tentes et les respectent pour leur travail.<br \/><br \/><strong>Haschich. Le peuple de l&#8217;herbe<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">A la base, le Maroc n&#8217;a pas vol\u00e9 son image de pays de la drogue. Malgr\u00e9 une diminution des zones de culture de cannabis (de 134 000 hectares en 2003 \u00e0 60 000 en 2008), le royaume reste le premier producteur et exportateur de haschisch dans le monde. Avant m\u00eame la vague d\u00e9ferlante de hippies venus s&#8217;adonner aux plaisirs de la fumette, le Maroc cultivait le kif en toute tranquillit\u00e9. Selon une enqu\u00eate sur le cannabis men\u00e9e par l&#8217;ONUCD (Office des Nations Unies contre le crime et la drogue) et publi\u00e9e en 2004, la culture de cannabis dans la r\u00e9gion de K\u00e9tama \u00e9tait \u00e9tablie au XV\u00e8me si\u00e8cle, remontant \u00e0 l&#8217;arriv\u00e9e des conqu\u00e9rants arabes au VII\u00e8me si\u00e8cle qui ont sem\u00e9 sur leur chemin de petites graines venues d&#8217;Asie et d&#8217;Orient. Servant \u00e0 plusieurs confr\u00e9ries du Maroc lors de rituels mystiques, l&#8217;herbe du bonheur passera des mains des religieux \u00e0 celle de toute une frange de la population. Comme quoi, il n\u2019y a pas de clich\u00e9 sans feu<br \/><br \/><strong>Maghreb vs Mashreq. La guerre des clich\u00e9s<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Si les r\u00e9actions aux clich\u00e9s renvoy\u00e9s par les pays arabes sont plus \u00e9pidermiques chez nos compatriotes, c&#8217;est aussi parce que le Maroc a souvent \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9 par ces pays comme une pi\u00e8ce rapport\u00e9e de la Oumma. M\u00e9lange des cultures et des civilisations, \u00e0 la fois arabes, juives et berb\u00e8res, sa langue hybride et sa flop\u00e9e de traditions lui conf\u00e8rent un statut particulier aux yeux des pays fr\u00e8res. Ce que nous consid\u00e9rons aujourd&#8217;hui comme une richesse a fait l&#8217;objet d&#8217;une \u00e9ternelle ritournelle, opposant un Mashreq savant, arabe jusqu&#8217;au bout des ongles, \u00e0 un Maghreb barbare et b\u00e2tard. Au XI\u00e8me si\u00e8cle, le philosophe et historien andalou Ibn Hazm \u00e9crivait d\u00e9j\u00e0 : \u201cJe suis le soleil qui brille au firmament de la sagesse\/ Mon unique d\u00e9faut est d&#8217;\u00eatre n\u00e9 en Occident (Maghreb)\/ Si je m&#8217;\u00e9tais lev\u00e9 au firmament de l&#8217;Orient (Mashreq)\/ Rien ne serait perdu de ma renomm\u00e9e\u201d. Hier canard boiteux aux yeux des \u00e9rudits orientaux, repaire de stupre et de sorcellerie aujourd&#8217;hui, le Maroc a gagn\u00e9 en savants, \u00e9crivains et puits de science, mais ne s&#8217;estime pas assez reconnu pour \u00e7a. Si les clich\u00e9s contemporains ulc\u00e8rent les Marocains, c&#8217;est aussi parce que leur pays \u201cest un arbre dont les racines plongent en Afrique et qui respire par ses feuilles en Europe\u201d, dixit Hassan II. Se consid\u00e9rant comme l&#8217;un des pays arabes les plus ouverts, le Maroc, pointe la plus occidentale du monde arabe, invoque sa particularit\u00e9 et singularit\u00e9 et l&#8217;oppose\u2026aux pays des \u201cHwala\u201d (moutons). Comprenez les Moyen-orientaux, jug\u00e9s arri\u00e9r\u00e9s, obs\u00e9d\u00e9s et corpulents, dont la seule qualit\u00e9 serait d&#8217;\u00eatre riches et d&#8217;avoir du p\u00e9trole. Un clich\u00e9 pour un autre, en somme&#8230;<br \/><br \/><strong>Alg\u00e9rie. Maghreb United<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nos voisins sont souvent ceux qui nous connaissent le mieux. Les pr\u00e9jug\u00e9s sur les Marocains existent en Alg\u00e9rie aussi et ne sont pas diff\u00e9rents de ceux qu\u2019a le reste du monde (prostitution et drogue). Mais les Alg\u00e9riens sont sans conteste ceux qui nous renvoient une image plus nuanc\u00e9e de ce que nous sommes. Sans concessions sur certains aspects, ils ne tarissent pas d\u2019\u00e9loges sur leur voisin marocain. \u201cPour l\u2019Alg\u00e9rien, le Marocain est un \u00eatre bienveillant et accueillant. Il sait se faire discret. Il n\u2019est pas un r\u00e9volt\u00e9 et a m\u00eame une tendance \u00e0 accepter l\u2019\u00e9tat de soumission\u201d, nous explique le journaliste alg\u00e9rien Chafaa Bouaiche. Les principaux reproches que nous font nos voisins portent sur le baisemain royal, qu\u2019ils consid\u00e8rent comme d\u00e9gradant, ou encore sur notre tropisme prononc\u00e9 pour l\u2019Occident.<br \/><br \/>Mais les clich\u00e9s sur les Marocains ne sont pas nombreux : \u201cLes Alg\u00e9riens, en plus de se sentir tr\u00e8s proches des Marocains, ont tendance \u00e0 consid\u00e9rer que leurs voisins vivent mieux qu\u2019eux et qu\u2019ils n\u2019ont pas, malgr\u00e9 le p\u00e9trole, de bonnes raisons de se moquer d\u2019eux\u201d, analyse Bouaiche. Quant \u00e0 la question du Sahara, elle n\u2019a pas de r\u00e9elle incidence sur la perception qu\u2019ont les Alg\u00e9riens des Marocains. \u201cC\u2019est dans la presse alg\u00e9rienne qu\u2019il y a une tendance pavlovienne \u00e0 appr\u00e9hender le Maroc par le prisme de la question du Sahara (il en est de m\u00eame pour une partie de la presse marocaine) et c\u2019est dans ce m\u00e9tier que l\u2019on a tendance \u00e0 reproduire le plus de clich\u00e9s\u201d, conclut Bouaiche.<br \/><br \/>source : Telquel, 2010<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Affranchie. Dans les pays moyen-orientaux, majoritairement despotiques, l\u2019image d\u2019une femme lib\u00e9r\u00e9e est forc\u00e9ment associ\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9rotisme. (AFP) Sexe, drogue et sorcellerie : dans le monde arabe, voil\u00e0 ce qui d\u00e9finit le plus beau pays du monde. D\u00e9cryptage, entre clich\u00e9s grossiers et v\u00e9rit\u00e9 qui blesse. Durant ramadan, les Marocains aiment rire d\u2019eux-m\u00eames, devant leur petit \u00e9cran. [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":51712,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[31],"tags":[],"class_list":["post-51704","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-maroc"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/xnalgrt.cluster100.hosting.ovh.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/51704","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/xnalgrt.cluster100.hosting.ovh.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/xnalgrt.cluster100.hosting.ovh.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/xnalgrt.cluster100.hosting.ovh.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/xnalgrt.cluster100.hosting.ovh.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=51704"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/xnalgrt.cluster100.hosting.ovh.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/51704\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/xnalgrt.cluster100.hosting.ovh.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=51704"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/xnalgrt.cluster100.hosting.ovh.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=51704"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/xnalgrt.cluster100.hosting.ovh.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=51704"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}