{"id":437218,"date":"2017-02-22T05:08:00","date_gmt":"2017-02-22T05:08:00","guid":{"rendered":"https:\/\/maroc-confidentiel.moroccomail.fr\/2017\/02\/22\/quand-la-france-colonisait-le-maroc-par-la-dette\/"},"modified":"2017-02-22T05:08:00","modified_gmt":"2017-02-22T05:08:00","slug":"quand-la-france-colonisait-le-maroc-par-la-dette","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/xnalgrt.cluster100.hosting.ovh.net\/index.php\/2017\/02\/22\/quand-la-france-colonisait-le-maroc-par-la-dette\/","title":{"rendered":"Quand la France colonisait le Maroc par la dette"},"content":{"rendered":"<div style=\"clear: both; text-align: center;\"><a href=\"https:\/\/2.bp.blogspot.com\/-RDlqSXCfdVs\/WK0cveOFg-I\/AAAAAAAApr4\/E90nKAAd0CYwOFn6xtE0-m4BNaER5JthQCLcB\/s1600\/BMCI.jpg\" style=\"clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" border=\"0\" height=\"166\" src=\"https:\/\/2.bp.blogspot.com\/-RDlqSXCfdVs\/WK0cveOFg-I\/AAAAAAAApr4\/E90nKAAd0CYwOFn6xtE0-m4BNaER5JthQCLcB\/s200\/BMCI.jpg\" width=\"200\" \/><\/a><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">CADTM \u2013 17 f\u00e9vrier par Adam Barbe<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\"><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">Si\u00e8ge de la Banque marocaine pour le commerce et l\u2019industrie (BMCI), filiale de BNP Paribas, \u00e0 Casablanca. (CC \u2013 Flickr \u2013 Milamber\u2019s portfolio)<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\"><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">Le r\u00f4le de la <a href=\"http:\/\/www.cadtm.org\/Dette,970\">dette<\/a> dans l\u2019\u00e9tablissement du protectorat fran\u00e7ais au Maroc n\u2019est plus \u00e0 d\u00e9montrer. Guy de Maupassant y fait m\u00eame allusion vingt ans plus t\u00f4t dans son roman Bel-Ami (1885) ! Du milieu du XIXe si\u00e8cle \u00e0 1912, le Maroc affronte en effet des difficult\u00e9s financi\u00e8res croissantes. L\u2019engrenage infernal de la dette qui lui fut fatal ne commence toutefois qu\u2019au d\u00e9but du XXesi\u00e8cle, avec l\u2019emprunt de 1904.<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\"><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">Les racines de l\u2019endettement marocain vis-\u00e0-vis de la France menant \u00e0 l\u2019emprunt 1904 sont multiples. \u00c0 long terme, la faiblesse des ressources de l\u2019\u00c9tat sultanien r\u00e9side dans la dichotomie entre l\u2019espace o\u00f9 l\u2019\u00c9tat exerce son autorit\u00e9, le bled el-makhzen, et l\u2019espace non soumis \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 centrale, dissident, contestataire, le bled Siba. Ce v\u00e9ritable mode de r\u00e9gulation de l\u2019empire ch\u00e9rifien |<a href=\"http:\/\/www.cadtm.org\/Quand-la-France-colonisait-le#nb2-1\">1<\/a>| entra\u00eene un niveau \u00e9lev\u00e9 de d\u00e9penses militaires sans que la soumission des tribus ne soit d\u00e9finitivement acquise.<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\"><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\u00c0 moyen terme, le Maroc souffre d\u2019un d\u00e9ficit commercial devenu structurel depuis la fin des ann\u00e9es 1870. L\u2019exportation massive de capitaux qui en d\u00e9coule nourrit une crise mon\u00e9taire sans fin appelant sans cesse des flux de capitaux entrants. Ce d\u00e9ficit commercial est la cons\u00e9quence directe de l\u2019ouverture commerciale du Maroc, entam\u00e9e d\u00e8s 1856 par le trait\u00e9 commercial sign\u00e9 avec le Royaume-Uni. L\u2019expansion du droit de protection \u2014 l\u2019exemption de toute taxe \u2014 dont b\u00e9n\u00e9ficient les Europ\u00e9ens vampirise par ailleurs les ressources fiscales du Maroc tout en minant l\u2019autorit\u00e9 du sultan.<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\"><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">Enfin, un certain nombre d\u2019\u00e9v\u00e9nements politiques d\u00e9clenchent la crise dans ce contexte d\u2019affaiblissement structurel. En 1900, le r\u00e9gent Ahmed Ben Moussa dit Ba Ahmed d\u00e9c\u00e8de et son neveu, le jeune Abdelaziz Ben Hassan (22 ans) acc\u00e8de au tr\u00f4ne. Il devient alors le jouet d\u2019influences \u00e9trang\u00e8res. Ses d\u00e9penses somptuaires et extravagantes (chemin de fer dans son palais \u00e0 Mekn\u00e8s, voitures, appareils photos en or massif\u2026) encourag\u00e9es par des missions europ\u00e9ennes \u00e0 sa cour creusent le d\u00e9ficit commercial, en plus d\u2019accr\u00e9diter les accusations d\u2019impi\u00e9t\u00e9 qui le visent. Plus grave encore, la r\u00e9forme de l\u2019imp\u00f4t, le tertib, d\u00e9cid\u00e9e en 1901 sous l\u2019impulsion de l\u2019envoy\u00e9 britannique Arthur Nicholson d\u00e9sorganise le syst\u00e8me fiscal : la suppression des anciens imp\u00f4ts islamiques et l\u2019instauration d\u2019un nouvel imp\u00f4t bas\u00e9 sur la surface cultiv\u00e9e provoquent une lev\u00e9e de boucliers g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e. Le sultan est d\u00e8s lors brusquement dans l\u2019impossibilit\u00e9 de percevoir tout imp\u00f4t direct aupr\u00e8s de ses sujets.<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\"><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">Le contexte europ\u00e9en est \u00e9galement crucial pour comprendre la gestation de cet emprunt. En France, le minist\u00e8re des affaires \u00e9trang\u00e8res cherche \u00e0 assurer progressivement la pr\u00e9pond\u00e9rance fran\u00e7aise au Maroc, en \u00e9vitant de froisser ses concurrents \u00e0 une \u00e9poque d\u2019intenses rivalit\u00e9s imp\u00e9riales. La doctrine de \u00ab p\u00e9n\u00e9tration pacifique \u00bb du ministre Th\u00e9ophile Delcass\u00e9 le m\u00e8ne \u00e0 placer ses espoirs dans l\u2019arme financi\u00e8re. M\u00e9fiant \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la Banque de Paris et des Pays-Bas (Paribas), qui incarne la haute finance internationalis\u00e9e, il soutient d\u2019abord la petite soci\u00e9t\u00e9 Gautsch du groupe industriel Schneider. C\u2019est elle qui \u00e9met l\u2019emprunt marocain de 1902 de 7,5 millions de francs. Elle ne d\u00e9tient toutefois pas suffisamment de capitaux pour se montrer \u00e0 la hauteur des ambitions du Quai d\u2019Orsay. Il doit alors traiter avec la banque Paribas, avec laquelle il ne parvient pas \u00e0 s\u2019accorder. Ces divergences menacent l\u2019avance prise par les Fran\u00e7ais : en 1903, des emprunts anglais et espagnols subviennent aux besoins imm\u00e9diats du sultan. Ce n\u2019est qu\u2019apr\u00e8s l\u2019Entente cordiale d\u2019avril 1904 |<a href=\"http:\/\/www.cadtm.org\/Quand-la-France-colonisait-le#nb2-2\">2<\/a>| entre la France et le Royaume-Uni que l\u2019emprunt peut \u00eatre conclu, en juin 1904.<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">Vers l\u2019instauration du protectorat<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\"><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">L\u2019emprunt n\u2019am\u00e9liore pas la situation financi\u00e8re du Maroc, bien au contraire. Sur les 62,5 millions de francs pr\u00eat\u00e9s au Maroc, le sultan n\u2019en per\u00e7oit que 10,5 millions, le reste servant \u00e0 rembourser des dettes pr\u00e9c\u00e9dentes et \u00e0 couvrir les frais d\u2019\u00e9mission. Le Makhzen se retrouve \u00e0 nouveau \u00e0 court de <a href=\"http:\/\/www.cadtm.org\/fr-Liquidites\">liquidit\u00e9s<\/a> avant m\u00eame la fin de l\u2019ann\u00e9e. L\u2019emprunt 1904 inaugure ainsi une d\u00e9cennie de d\u00e9tresse financi\u00e8re durant laquelle l\u2019empire ch\u00e9rifien ne peut que contracter de nouvelles dettes pour rembourser les pr\u00e9c\u00e9dentes. En 1910, un nouvel emprunt de consolidation s\u2019\u00e9levant \u00e0 101 millions de francs parach\u00e8ve l\u2019asphyxie financi\u00e8re du Maroc.<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\"><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">Malgr\u00e9 cet engrenage, l\u2019\u00e9tendue de l\u2019endettement marocain calcul\u00e9 au regard des crit\u00e8res standards apparait \u00e9tonnamment faible. La <a href=\"http:\/\/www.cadtm.org\/Dette,970\">dette<\/a>, mesur\u00e9e selon l\u2019indicateur le plus courant (dette publique\/<a href=\"http:\/\/www.cadtm.org\/PIB-Produit-interieur-brut\">PIB<\/a>, voir encadr\u00e9) n\u2019est que de 10 % en 1904, et s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 35 % en 1912. La faiblesse de cet endettement r\u00e9v\u00e8le sa nature. Si le Maroc dans sa totalit\u00e9 produit suffisamment de richesses pour que le poids de la dette n\u2019apparaisse pas \u00e9crasant, le pouvoir central n\u2019y a en r\u00e9alit\u00e9 pas acc\u00e8s. L\u2019expansion europ\u00e9enne a de fait bris\u00e9 le lien fiscal qui unit le Makhzen \u00e0 sa population. \u00c0 la suite de la d\u00e9sastreuse r\u00e9forme fiscale de 1901, le sultan Abdelaziz accus\u00e9 d\u2019\u00eatre \u00e0 la solde des Europ\u00e9ens affronte de surcro\u00eet une r\u00e9volte g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e. Il est finalement destitu\u00e9 en 1907 au profit de son fr\u00e8re Moulay Abdelhafid Al Hassan, qui ne pourra plus infl\u00e9chir la situation. Entre 1903 et 1912, la dette repr\u00e9sente en effet entre 10 et 16 ann\u00e9es de recettes fiscales, tandis qu\u2019en moyenne 40 % de ces recettes sont absorb\u00e9es par le <a href=\"http:\/\/www.cadtm.org\/Service-de-la-dette,1026\">service de la dette<\/a>chaque ann\u00e9e.<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">Le stock de dette est calcul\u00e9 en r\u00e9alisant l\u2019agr\u00e9gation en francs courants de l\u2019ensemble des dettes du Maroc recens\u00e9es pour une ann\u00e9e donn\u00e9e. Le PIB est extrapol\u00e9 \u00e0 partir des estimations en francs constants de Samir Amin (1966) et d\u2019Angus Maddison (2006). L\u2019indice de prix utilis\u00e9 pour calculer le PIB en francs courants a \u00e9t\u00e9 construit \u00e0 la fois \u00e0 partir de <a href=\"http:\/\/piketty.pse.ens.fr\/en\/articles-de-presse\/56\">l\u2019indice<\/a>disponible sur le site de Thomas Piketty et de celui des Tableaux \u00e9conomiques du Maroc, 1915-1959, Maroc, minist\u00e8re de l\u2019\u00e9conomie nationale, division de la coordination \u00e9conomique et du plan, service central des statistiques, 1960. L\u2019ensemble des donn\u00e9es mentionn\u00e9es avant comme apr\u00e8s 1912 concerne seulement la partie fran\u00e7aise du Maroc.<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\"><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\"><b>Un acteur majeur, la banque Paribas<\/b><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\"><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">Mais la force de la dette en tant qu\u2019instrument de conqu\u00eate coloniale ne r\u00e9side pas seulement dans sa nature financi\u00e8re. Car la dette est politique : elle implique la cr\u00e9ation d\u2019institutions n\u00e9cessaires \u00e0 sa gestion qui empi\u00e8tent n\u00e9cessairement sur les fonctions \u00e9tatiques. D\u00e8s la signature du contrat de l\u2019emprunt 1904, une administration du contr\u00f4le de la dette est cr\u00e9\u00e9e pour pr\u00e9lever les revenus douaniers n\u00e9cessaires \u00e0 son service. \u00c0 la suite de celui de 1910, cette administration collecte la totalit\u00e9 des douanes et des taxes urbaines de Casablanca, en plus d\u2019organiser la police et la s\u00e9curit\u00e9 \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur m\u00eame du pays.<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\"><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">Le contrat de l\u2019emprunt 1904 pr\u00e9voyait \u00e9galement une Banque d\u2019\u00c9tat du Maroc (BEM) qui ne sera cr\u00e9\u00e9e qu\u2019en 1907, apr\u00e8s la conf\u00e9rence d\u2019Alg\u00e9siras |<a href=\"http:\/\/www.cadtm.org\/Quand-la-France-colonisait-le#nb2-3\">3<\/a>| (1906). Si la BEM est g\u00e9r\u00e9e par les puissances occidentales signataires d\u2019Alg\u00e9siras, elle d\u00e9tient n\u00e9anmoins les cl\u00e9s du syst\u00e8me mon\u00e9taire marocain : elle obtient le monopole d\u2019\u00e9mission de la monnaie, le statut de tr\u00e9sorier-payeur et un droit pr\u00e9f\u00e9rentiel pour l\u2019\u00e9mission des emprunts futurs.<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\"><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">En 1912, un acteur \u00e9conomique est en position de force dans le Maroc nouvellement conquis : Paribas. La banque a de fait pris la t\u00eate du consortium bancaire \u00e9metteur des emprunts 1904 et 1910. \u00c0 ce titre, Paribas dirige la BEM : son pr\u00e9sident \u00e0 sa cr\u00e9ation, L\u00e9opold Renouard, n\u2019est autre que le vice-pr\u00e9sident de Paribas. D\u00e8s 1912, Paribas est soucieuse de d\u00e9velopper son activit\u00e9 au Maroc : \u00e0 travers le consortium bancaire qu\u2019elle pilote, elle fonde la Compagnie g\u00e9n\u00e9rale du Maroc (G\u00e9naroc), vaste conglom\u00e9rat pr\u00e9sent dans tous les domaines de l\u2019\u00e9conomie marocaine. Un pr\u00e9sident de la BEM, Edmond Spitzer, r\u00e9sumait : \u00ab La Banque de Paris et des Pays-Bas est le chef de file indiscut\u00e9 de tous les groupes intervenant au Maroc : en fait, elle contr\u00f4le la plupart des secteurs importants de l\u2019\u00e9conomie en liaison avec notre Banque d\u2019\u00c9tat, la Compagnie g\u00e9n\u00e9rale du Maroc et l\u2019Omnium nord-africain \u00bb |<a href=\"http:\/\/www.cadtm.org\/Quand-la-France-colonisait-le#nb2-4\">4<\/a>|.<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\"><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">La dette, en tant qu\u2019elle implique des transferts financiers r\u00e9guliers, \u00e0 long terme et formalis\u00e9s par de nouvelles institutions, modifie durablement l\u2019\u00e9quilibre des pouvoirs au sein d\u2019une \u00e9conomie. Le fait qu\u2019elle ait jou\u00e9 un r\u00f4le majeur dans la colonisation du Maroc -\u2013 comme en <a href=\"http:\/\/www.cadtm.org\/La-dette-comme-instrument-de-la\">\u00c9gypte<\/a> ou en <a href=\"http:\/\/www.cadtm.org\/La-dette-l-arme-qui-a-permis-a-la\">Tunisie<\/a> -\u2013 a fa\u00e7onn\u00e9 l\u2019\u00e9conomie du pays pendant sa p\u00e9riode coloniale. Ainsi, si l\u2019importance de Paribas dans l\u2019\u00e9conomie coloniale marocaine est consid\u00e9rable, il est important de noter que le march\u00e9 marocain est n\u00e9gligeable pour Paribas, qui op\u00e8re dans le monde entier. L\u2019intensit\u00e9 de cette asym\u00e9trie synth\u00e9tise le d\u00e9s\u00e9quilibre de la relation coloniale.<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\"><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">Source : <a href=\"http:\/\/orientxxi.info\/magazine\/quand-la-france-colonisait-le-maroc-par-la-dette,1709\">Orient XXI<\/a><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\"><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">Notes<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\"><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">|<a href=\"http:\/\/www.cadtm.org\/Quand-la-France-colonisait-le#nh2-1\">1<\/a>| L\u2019opposition entre le bled el-makhzen et le bled Siba ne doit pas \u00eatre exag\u00e9r\u00e9e ni comprise comme dysfonctionnelle. La reconnaissance par le Makhzen d\u2019un espace de dissidence en son sein est au contraire un fait structurant de la sociologie politique du Maroc au XIXe si\u00e8cle. Voir Ben Mlih, Structures politiques du Maroc colonial (1990).<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\"><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">|<a href=\"http:\/\/www.cadtm.org\/Quand-la-France-colonisait-le#nh2-2\">2<\/a>| NDLR. Le Royaume-Uni et la France signent le 8 avril 1904 une s\u00e9rie d\u2019accords bilat\u00e9raux couramment d\u00e9sign\u00e9e sous le nom d\u2019\u00ab Entente cordiale \u00bb pour r\u00e9soudre plusieurs diff\u00e9rends coloniaux, notamment la reconnaissance de la domination britannique sur l\u2019\u00c9gypte et du protectorat fran\u00e7ais sur le Maroc.<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\"><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">|<a href=\"http:\/\/www.cadtm.org\/Quand-la-France-colonisait-le#nh2-3\">3<\/a>| NDLR. La conf\u00e9rence d\u2019Alg\u00e9siras est une conf\u00e9rence internationale sur le Maroc qui se tient du 16 janvier au 7 avril 1906 sous l\u2019\u00e9gide des \u00c9tats-Unis, r\u00e9unissant l\u2019empire allemand et ses alli\u00e9s, l\u2019Autriche-Hongrie et le royaume d\u2019Italie ; la France, son alli\u00e9 l\u2019empire russe, et le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d\u2019Irlande ; le royaume d\u2019Espagne, celui du Portugal, ainsi que la Belgique, les Pays-Bas et la Su\u00e8de. Ses conclusions placent le Maroc sous observation de ces grandes puissances, sous couvert de r\u00e9forme, de modernit\u00e9 et d\u2019internationalisation de l\u2019\u00e9conomie marocaine.<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\"><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">|<a href=\"http:\/\/www.cadtm.org\/Quand-la-France-colonisait-le#nh2-4\">4<\/a>| Michel Poniatowski, M\u00e9moires, \u00e9ditions Plon\/Le Rocher (Paris), 1997, p. 243.<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\"><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">Auteur.e<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/www.cadtm.org\/Adam-Barbe?lang=fr\">Adam Barbe<\/a><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\"><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">Source : <a href=\"http:\/\/www.anti-k.org\/2017\/02\/21\/france-colonisait-maroc-dette\/\">Anti-K<\/a><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>CADTM \u2013 17 f\u00e9vrier par Adam Barbe Si\u00e8ge de la Banque marocaine pour le commerce et l\u2019industrie (BMCI), filiale de BNP Paribas, \u00e0 Casablanca. 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