{"id":427419,"date":"2025-12-13T12:40:44","date_gmt":"2025-12-13T12:40:44","guid":{"rendered":"https:\/\/marocleaks.moroccomail.fr\/?p=427419"},"modified":"2025-12-13T12:40:44","modified_gmt":"2025-12-13T12:40:44","slug":"maroc-sex-tourisme-sexuel-marrakech-prostitution-virginite-orgasme-feminin","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/xnalgrt.cluster100.hosting.ovh.net\/index.php\/2025\/12\/13\/maroc-sex-tourisme-sexuel-marrakech-prostitution-virginite-orgasme-feminin\/","title":{"rendered":"Maroc : Sex in the medina"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-cyan-bluish-gray-color has-text-color has-link-color wp-elements-c5db913d51de0dcdcf15f1f7044c7c33\"><strong>Tags : Maroc, sexe, relations homme-femme, amour, orgasme f\u00e9minin, virginit\u00e9, prostitution, tourisme sexuel, Marrakech,<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Par Karim Boukhari<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Derni\u00e8res techniques de drague, qu\u00eate de l\u2019orgasme f\u00e9minin, \u00e9mergence du \u201cje\u201d sexuel\u2026 Enqu\u00eate sur les nouvelles tendances au Maroc.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Elle : \u201cAlors, tabite o\u00f9 ?\u201d. Lui : \u201cTu veux dire ma\u2026\u201d. Elle : \u201cNon, je veux dire tu habites o\u00f9 : chitoi ou chimom ?\u201d. Lui : \u201cChimoi, alors \u00e7a te tente ?\u201d. Elle : \u201c\u00c7a d\u00e9pend\u2026 t\u2019as une copine, t\u2019as un PCR en ce moment ?\u201d. Lui : \u201cUne copine, oui, non, mmm\u2026 mais un PCR ch\u00e9 pas, c\u2019est quoi ?\u201d. Elle : \u201cUn plan Q r\u00e9gulier, on dit PCO pour un plan Q occasionnel. Le Q remplace le C. Je te fais un dessin ?\u201d. Lui : \u201cNon, une pipe plut\u00f4t\u201d. Elle : \u201cD\u00e9j\u00e0 ?\u201d. Lui : \u201cOk, ok, tu veux bien \u00eatre mon PCO, l\u00e0, tout de suite, pour commencer ?\u201d. Elle : \u201c\u00c7a d\u00e9pend, pour le moment je caste un PCR, mais il va \u00e9chouer aux tests d\u2019admission car il ma pr\u00e9sent\u00e9 tout son groupe d\u2019amis. Il ne m\u2019aura pas de sit\u00f4t\u201d\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Elle et lui ont \u201c\u00e9chang\u00e9\u201d comme \u00e7a, sur le Net. Ils ne s\u2019\u00e9taient jamais vus et, deux heures auparavant, chacun ignorait jusqu\u2019\u00e0 l\u2019existence de l\u2019autre. Cela s\u2019appelle le chat. De trois \u00e0 cinq heures du matin, le parfait plaisir solitaire, virtuel, un peu anonyme. Les deux insomniaques se sont livr\u00e9s comme sur le divan d\u2019un psy. Des mots pour dire le sexe, peut-\u00eatre bien une certaine id\u00e9e de l\u2019amour, s\u2019y pr\u00e9parer, partager des sensations, en procurer l\u2019un \u00e0 l\u2019autre. Et aller se coucher comme des b\u00e9b\u00e9s. Parce qu\u2019ils ne l\u2019ont pas fait ! Pour lui, c\u2019est partie remise. Pour elle aussi, c\u2019est ce qu\u2019elle dit. Ou alors c\u2019est un jeu, plus adulte qu\u2019une Playstation ou une partie de poker. Plus frustrant aussi. Cela d\u00e9pend des jours, des nuits, des opportunit\u00e9s qui peuvent bien se pr\u00e9senter, demain, un jour, \u00e0 elle, \u00e0 lui.<\/p>\n\n\n\n<p>Il en va ainsi de la vie sexuelle d\u2019un homme de 30 ans, d\u2019une femme du m\u00eame \u00e2ge, peut-\u00eatre plus jeune. Sur le Net, on aborde la \u201cchose\u201d, on plonge litt\u00e9ralement dans son intimit\u00e9 sexuelle, sans d\u00e9cliner sa carte d\u2019identit\u00e9 nationale. Pas besoin d\u2019avoir l\u2019\u00e2ge de ses art\u00e8res, juste celui de son PC, l\u2019imagination comblera le reste. Aucune barri\u00e8re, pas de limite, on se d\u00e9voile via le sexe, des histoires de sexe. Et le sexe, on aura toujours le moyen de le v\u00e9rifier aupr\u00e8s du psy le plus proche, c\u2019est aussi la t\u00eate, c\u2019est les mots.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>On en parle, on y pense<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u201cIl n\u2019y a pas de sant\u00e9 sans sant\u00e9 sexuelle\u201d, nous rappelle le Professeur Driss Moussaoui, directeur du Centre psychiatrique universitaire (CPU) \u00e0 Casablanca. L\u2019\u00e9quation sexuelle peut parfaitement trouver son \u00e9quilibre dans le virtuel. \u201cJe chatte, je me masturbe\u201d est un leitmotiv bien connu des internautes. Un truc tendance. \u00c7a peut finir au lit, ou plus, si affinit\u00e9s. Souvent, \u00e7a nourrit juste l\u2019imagination de son homme. \u201cMais tout se passe dans la t\u00eate, tout est \u00e0 la base virtuel. Avant Internet, il y avait les films, les bouquins. Un chat sexuel, c\u2019est un peu l\u2019\u00e9quivalent d\u2019une lecture de Cheikh Nefzaoui (auteur du fameux \u201cJardin parfum\u00e9\u201d), pour la jeune g\u00e9n\u00e9ration\u201d, soutient un psychologue \u00e0 Casablanca, qui n\u2019a pas souhait\u00e9 d\u00e9cliner son identit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Amina, 34 ans, informaticienne, appartient au genre BCBG. C\u2019est une affranchie. Elle lit, elle plane, elle est en qu\u00eate effr\u00e9n\u00e9e de l\u2019homme id\u00e9al. Amina cherche un homme, \u201cun mari ou un homme\u201d, comme elle explique pour montrer sa d\u00e9termination. Ses \u00e9panchements intimes, elle les confesse au sexologue. \u201cJe d\u00e9sesp\u00e8re de trouver mon homme. Mais je vis. Je surfe sur Internet, je vais dans les forums, les chats. J\u2019\u00e9tablis mes fiches et je s\u00e9lectionne les hommes avec lesquels je souhaite aller plus loin. Sur dix s\u00e9lectionn\u00e9s, je peux en tester deux et aller jusqu\u2019\u00e0 coucher avec eux. Et je raconte tout cela \u00e0 mon sexo\u201d.<\/p>\n\n\n\n<p>En 2008, le sexe bascule dans les r\u00e9flexes de consommation. On travaille, on respire, on consomme tout, le sexe compris. M\u00eame si, comme le relativise le sociologue Jamal Khalil, \u201cce n\u2019est pas tant la pratique sexuelle que le r\u00e9flexe d\u2019en parler qui a progress\u00e9\u201d. Les Marocains ne sont pas subitement devenus de chauds lapins, des libertins new age. Ils le font, un peu comme avant, un peu plus, un peu mieux. Et ils en parlent.<\/p>\n\n\n\n<p>Le sexe, on l\u2019a dit, c\u2019est les mots. La drague dans la rue, au travail, les commentaires enflamm\u00e9s des exploits de la veille. Hakim, Casablancais de 28 ans, admet qu\u2019un cercle de trois amis est pratiquement au courant de ses aventures sexuelles au d\u00e9tail pr\u00e8s. \u201cJe leur dis tout, parce qu\u2019ils me demandent tout. Les positions, les g\u00e2teries, m\u00eame les pannes et les ratages\u201d. Hakim n\u2019appartient pourtant pas au parfait moule du Marocain moyen, comme nous le confirme le sexologue Aboubakr Harakat, install\u00e9 \u00e0 Casablanca. \u201cEn fait, ce sont surtout les femmes qui disent tout. Elles d\u00e9voilent leur intimit\u00e9 et livrent toutes sortes de d\u00e9tails sur leurs partenaires. Les hommes ont tendance \u00e0 avoir la m\u00e9moire s\u00e9lective, ils effacent des pans entiers de leurs souvenirs, ils arrondissent les angles et refoulent davantage\u201d.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>On le consomme, on en redemande<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Vir\u00e9e dans une bo\u00eete in qui pointe au milieu de la corniche casablancaise. Sur la piste, beaucoup parmi les corps qui se d\u00e9hanchent ont une chance, parfois juste le r\u00eave, de finir la nuit ensemble. \u201cIl n\u2019y a aucun regard moralisateur \u00e0 porter sur le ph\u00e9nom\u00e8ne. Chaque fois qu\u2019un homme et une femme se retrouvent dans une situation de proximit\u00e9, il se produit un r\u00e9flexe de rapprochement, d\u2019attirance, entre les deux. M\u00eame quand c\u2019est purement mental. C\u2019est hormonal, c\u2019est naturel. Il n\u2019y a aucune posture sexiste l\u00e0-dedans\u201d, commente Aboubakr Harakat. Le sexe, dans les vapeurs d\u2019une bo\u00eete de nuit, n\u2019est pas seulement un clich\u00e9. On sort pour s\u2019amuser. Et s\u2019exposer. \u201cQuand je sors, il m\u2019arrive d\u2019aligner quelques lignes de coke, parfois m\u00eame un cachet d\u2019Ecsta. Quand, au bout, il y a le sexe, le plaisir est d\u00e9cupl\u00e9\u201d, souligne cette f\u00eatarde de 30 ans.<\/p>\n\n\n\n<p>Le sexe tendance conso est, aujourd\u2019hui, un ph\u00e9nom\u00e8ne purement urbain, citadin, qui se conjugue au f\u00e9minin comme au masculin. \u201cC\u2019est une question de pouvoir et d\u2019ind\u00e9pendance financi\u00e8re\u201d, r\u00e9sume Jamal Khalil. \u201cEt de logistique\u201d encha\u00eene, plus terre-\u00e0-terre, Aboubakr Harakat.Rachid, semsar \u00e0 Casablanca, peut en dire autant. Il est aussi psychologue dans son genre, plut\u00f4t fin. Son GSM n\u2019arr\u00eate pas de sonner et il voit d\u00e9filer, tous les jours, femmes et hommes au bord de la crise de nerfs. Certains cherchent l\u2019appartement de leur vie, d\u2019autres juste un espace intime, s\u00e9curis\u00e9, pour une nuit \u00e0 deux. \u201cQuand un client me demande un appartement pour la nuit, sans \u00eatre regardant sur le prix, je sais qu\u2019il y a une chance sur deux que l\u2019enjeu soit purement sexuel. Ce n\u2019est pas de la prostitution et, de toutes les fa\u00e7ons, \u00e7a regarde les clients, et les propri\u00e9taires des maisons. Ce n\u2019est pas mon affaire\u201d. <\/p>\n\n\n\n<p>La nuit peut co\u00fbter entre 400 et 2000 dirhams, selon le standing et l\u2019offre du march\u00e9. La demande est toujours individuelle, elle peut \u00e9maner d\u2019une femme ou d\u2019un homme, invariablement. Les pi\u00e8ces d\u2019identit\u00e9 ne sont pas forc\u00e9ment obligatoires, loin de l\u00e0. C\u2019est discret, \u00e7a rend service et \u00e7a se termine g\u00e9n\u00e9ralement bien. Ou alors mal, comme les histoires d\u2019amour. \u201cIl arrive que des voisins se plaignent, que la police intervienne. Ces cas sont rares car, pour en arriver l\u00e0, il faut qu\u2019il y ait de l\u2019exc\u00e8s, de l\u2019abus : un scandale, du tapage, etc.\u201d, nuance Rachid.<\/p>\n\n\n\n<p>Un d\u00e9tail : Rachid fait de bonnes affaires avec ces clients d\u2019un genre particulier, qui habitent parfois \u00e0 quelques centaines de m\u00e8tres de l\u2019appartement qu\u2019ils louent pour la nuit. \u201cCe sont parfois des gens mari\u00e9s, souvent m\u00fbrs. Ou alors des c\u00e9libataires qui logent encore chez leurs parents, mais qui ont les moyens de se payer l\u2019appart. Tous ces gens ont les moyens d\u2019aller \u00e0 l\u2019h\u00f4tel, ils l\u2019\u00e9vitent pour ne pas \u00eatre refoul\u00e9s sous pr\u00e9texte qu\u2019ils ne sont pas mari\u00e9s\u201d.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le syndrome du \u201cpritch\u201d<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Salim, 40 ans, est un pur produit du moule c\u00e9libataire endurci. Sa devise : \u201cLes filles, je les aime toutes. Mais pas autant que ma m\u00e8re !\u201d. Donc seul. Salim dispose de cinq exemplaires de la cl\u00e9 de son appartement. \u201cMais elles ne sont pas toutes chez moi. J\u2019en garde deux pour moi, deux sont chez des copains, la cinqui\u00e8me il faut la chercher chez ma m\u00e8re !\u201d. On l\u2019a compris, le quadra est du style \u00e0 rendre service aux petits copains. Un ami, une amie, press\u00e9(e) d\u2019en d\u00e9coudre avec un partenaire, entre midi et deux ou le temps de la pause-caf\u00e9 au milieu de l\u2019apr\u00e8s-midi. Le syndrome du \u201cpritch\u201d. \u201cParfois, je fais remarquer \u00e0 mes amis, en plaisantant, que je pourrais monnayer mes services. C\u2019est une menace que je ne mets jamais \u00e0 ex\u00e9cution. Mais il m\u2019arrive de r\u00e9cup\u00e9rer un fond de bouteille, de la charcuterie, ou un paquet de pr\u00e9servatifs parfum\u00e9s \u00e0 la vanille, apr\u00e8s le passage de l\u2019un de mes amis\u201d explique, un brin cynique, notre interlocuteur.<\/p>\n\n\n\n<p>Amal, 27 ans, est le pendant f\u00e9minin de Salim. Elle vit en coloc\u2019 avec un ami, et il lui arrive de confier son demi-appart \u00e0 l\u2019une de ses connaissances, fille ou gar\u00e7on. \u201cLes filles aussi prennent les devants. Elles connaissent parfaitement le syndrome du pritch\u201d, explique-t-elle avec cet air entendu des jeunes gens tr\u00e8s up to date sur les m\u0153urs de leur \u00e9poque. Parce que les filles aussi. Elles savent tout, font tout, exactement comme les hommes. \u201cC\u2019est m\u00eame la principale \u00e9volution dans les nouvelles attitudes adopt\u00e9es face au sexe. Les filles osent, s\u2019affranchissent\u2026 et vont jusqu\u2019\u00e0 draguer dans la rue, \u00e0 leur mani\u00e8re bien s\u00fbr\u201d, commente Aboubakr Harakat, qui lie l\u2019\u00e9mancipation de la douce moiti\u00e9 du pays tant aux progr\u00e8s de la Moudawana qu\u2019au d\u00e9veloppement des nouvelles technologies et \u00e0 l\u2019am\u00e9lioration du pouvoir d\u2019achat.<\/p>\n\n\n\n<p>\u201cClassiquement, les hommes sont plus dans l\u2019aventure, donc le sexe, et les femmes dans la construction, donc l\u2019affectif\u201d, r\u00e9sume ce psychologue \u00e0 Casablanca. Les hommes consomment, les femmes aiment. Un peu classique, limite ronflant. Mais la bataille de l\u2019amour et du sexe s\u2019\u00e9quilibre, la tendance est au nivellement de part et d\u2019autre. \u201cLes hommes aiment plus, les femmes consomment plus, les deux berges se rapprochent\u201d, conclut notre source.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019orgasme, ce Graal<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Aboubakr Harakat tient depuis 20 ans un cabinet de sexologie nich\u00e9 dans l\u2019un des meilleurs quartiers de Casablanca. Au d\u00e9but, 90% de sa client\u00e8le \u00e9taient des hommes. Aujourd\u2019hui, c\u2019est du fifty-fifty avec m\u00eame un l\u00e9ger avantage aux femmes. Les motifs de consultation sont, bien entendu, nettement contrast\u00e9s selon les sexes. Globalement, les hommes consultent d\u2019abord pour des probl\u00e8mes d\u2019\u00e9jaculation, qui ont d\u00e9tr\u00f4n\u00e9 les pannes li\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9rection, longtemps obsession num\u00e9ro 1 du m\u00e2le moyen. Les femmes, elles, consultent prioritairement pour des questions li\u00e9es au vaginisme, \u00e0 un degr\u00e9 moindre aux troubles du plaisir et du d\u00e9sir, commun\u00e9ment d\u00e9sign\u00e9s par le g\u00e9n\u00e9rique anorgasmie. \u201cDans les deux cas, chez les hommes et plus encore chez les femmes, il se produit un important saut qualitatif. Un palier a \u00e9t\u00e9 franchi. On est pass\u00e9 de l\u2019\u00e9rection vers quelque chose d\u2019autre, le plaisir, le d\u00e9sir, le raffinement, etc.\u201d, explique le sexologue.<\/p>\n\n\n\n<p>Fait exceptionnel, nouveau, les clientes sont parfois des m\u00e8res de famille, qui viennent consulter pour leurs enfants, g\u00e9n\u00e9ralement adolescents. Des phrases comme \u201cDocteur, mon enfant a une panne sexuelle\u201d ou \u201cMon fils a un zizi trop petit\u201d pouvaient pr\u00eater \u00e0 sourire, peut-\u00eatre bien heurter les \u00e2mes sensibles. Aujourd\u2019hui, elles correspondent \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 de tous les jours. On les dit parce qu\u2019il le faut bien. Evacuer, tout dire, oser, c\u2019est un peu cela le leitmotiv d\u2019un certain Maroc, urbain, affranchi, de 2008.<\/p>\n\n\n\n<p>Et le sexe, dans tout cela ? La r\u00e9ponse ne devrait gu\u00e8re s\u2019\u00e9carter de la ligne \u201cOn fait comme on peut\u201d. On s\u2019arrange, on deale. Comme ce haut cadre financier, mal mari\u00e9, qui rattrape le temps perdu en composant r\u00e9guli\u00e8rement l\u2019un des innombrables num\u00e9ros du t\u00e9l\u00e9phone rose. \u201cJe suis devenu addict\u201d, confie-t-il \u00e0 son th\u00e9rapeute. Une mani\u00e8re de demander, en sous-ligne : \u201cEst-ce normal ? Est-ce qu\u2019il est possible de basculer dans autre chose ? Est-ce que je peux conna\u00eetre l\u2019amour, le pratiquer, jouir ?\u201d.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le saut qualitatif<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Marocains, Marocaines, le sexe vous int\u00e9resse. Il vous importe au point que vous \u00eates en qu\u00eate r\u00e9elle, assum\u00e9e, de plus en plus affich\u00e9e, de qualit\u00e9. \u201cC\u2019est tout \u00e0 fait cela\u201d, rench\u00e9rit Aboubakr Harakat qui met toutes ces interrogations nouvelles (taille du p\u00e9nis, dur\u00e9e de l\u2019orgasme, positions sexuelles, et autres subtilit\u00e9s de la vie intime) sur le compte d\u2019un glissement progressif vers la qualit\u00e9. L\u2019\u00e9rection n\u2019est plus le seul mythe qui vaille. \u201cChercher la qualit\u00e9, c\u2019est d\u2019abord penser \u00e0 soi, \u00e0 l\u2019individu qui sommeille en chacun de nous, et c\u2019est aussi penser \u00e0 l\u2019autre, \u00e0 son plaisir et \u00e0 son degr\u00e9 de confort. En bref, la qualit\u00e9 c\u2019est se faire plaisir et se donner toutes les chances de garder l\u2019autre\u201d, r\u00e9sume ce sociologue qui a requis l\u2019anonymat. Le psy, le sexo et le socio sont d\u2019accord : la qualit\u00e9, et l\u2019impact de cette qualit\u00e9, ne sont pas sp\u00e9cialement l\u2019apanage des jeunes. La qu\u00eate du Graal les concerne tous et toutes, de 20 \u00e0 80 ans. Oui, oui, m\u00eame nos grands-p\u00e8res. Un psychiatre raconte : \u201cUne fois, j\u2019ai re\u00e7u un octog\u00e9naire venu consulter, affirmait-il, pour ses probl\u00e8mes avec sa femme, toute nouvelle, de 30 ans. On pouvait croire qu\u2019il \u00e9tait impuissant. En fait, non. Il s\u2019inqui\u00e9tait de ne pas honorer sa jeune femme plusieurs fois par jour. Il craignait qu\u2019elle ne soit tent\u00e9e d\u2019aller, selon son expression, combler le retard ailleurs, aupr\u00e8s de partenaires plus vigoureux\u201d.<\/p>\n\n\n\n<p>Au-del\u00e0 de toute pudeur, donc. Le sexe, m\u00eame sous son jour le plus conso, est l\u2019affaire de tous. On dit aussi qu\u2019il vaut mieux \u00eatre vigoureux, pas pauvre, et habiter dans un grand centre urbain pour \u00eatre tout \u00e0 fait dans le coup. Un clich\u00e9 ? Oui et non, cela d\u00e9pend. \u201cBien s\u00fbr que l\u2019on m\u00e9conna\u00eet g\u00e9n\u00e9ralement la sexualit\u00e9 du pauvre, de l\u2019homme de la campagne, de ceux qui ne savent ni lire ni \u00e9crire. Mais ils y sont aussi. Ils dealent \u00e0 leur mani\u00e8re, c\u2019est tout\u201d, explique Jamal Khalil.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pas plus d\u2019une boussa !<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Hakima est une jeune femme de 33 ans. Mari\u00e9e, trois gosses. Pour elle, tous les jours de la semaine se ressemblent. Sauf le lundi, parfois le mercredi. \u201cJe ne parle pas du dimanche, que je d\u00e9die exclusivement \u00e0 ma famille\u201d. Lundi, ou mercredi, Hakima rend visite \u00e0 un ami, son amant. Un c\u00e9libataire qu\u2019elle avoue aimer secr\u00e8tement, depuis des ann\u00e9es. \u201cJe sais que c\u2019est haram, que cela ne se fait pas. Je sais que cela se fait, pourtant. Moi, je le fais parce que j\u2019ai l\u2019impression de rattraper le temps perdu. Je revis. C\u2019est vital\u201d, confie la jeune femme. Ce n\u2019est pas une question d\u2019oxyg\u00e8ne, de vie ou de mort, juste de confort personnel. D\u00e9bauche ? Plut\u00f4t transgression. Et puis, c\u2019est bien connu, on ne vit qu\u2019une fois et il vaut mieux que ce soit la bonne. \u201cLe sentiment de culpabilit\u00e9 a toujours \u00e9t\u00e9 li\u00e9 \u00e0 l\u2019acte sexuel, parfois \u00e0 la seule pens\u00e9e sexuelle. Mais il serait r\u00e9ducteur de croire que le sexe dope le c\u00e9libat, l\u2019infid\u00e9lit\u00e9 conjugale, la d\u00e9composition de la cellule familiale, l\u2019anarchie sociale, etc.\u201d, explique un psy.<\/p>\n\n\n\n<p>La caravane passe, les chiens aboient. <\/p>\n\n\n\n<p>Ou alors : la \u201cboule\u201d sexuelle avance, les r\u00e9flexes culturels pas forc\u00e9ment. Ce que traduit, \u00e0 sa fa\u00e7on, Aboubakr Harakat. \u201cCe qui est rest\u00e9 fig\u00e9, c\u2019est surtout la perception, l\u2019acceptation de la sexualit\u00e9 chez les jeunes, les femmes surtout\u201d. On le fait, mais on ne le dit pas. On le fait, mais cela ne se sait pas. C\u2019est comme si on ne le faisait pas ! \u201cAujourd\u2019hui, une m\u00e8re de famille moyenne peut accepter que sa fille ait un petit copain, elle peut m\u00eame lui \u00eatre pr\u00e9sent\u00e9e sans probl\u00e8me. Mais la maman a tendance \u00e0 id\u00e9aliser la relation entre les deux jeunes, \u00e0 lui conf\u00e9rer une puret\u00e9 et une innocence tout \u00e0 fait irr\u00e9elles, en un mot \u00e0 adopter la politique de l\u2019autruche\u201d, poursuit notre source.<\/p>\n\n\n\n<p>Karima, justement, une jeune fille bien sous tous rapports, papa la\u00efc et maman \u00e0 la maison. Elle raconte : \u201cJe ne comprends pas le double discours de mes parents. Maman tol\u00e8re que j\u2019aie des petits copains, mais elle n\u2019arr\u00eate pas de me r\u00e9p\u00e9ter, avant et apr\u00e8s : surtout, pas plus d\u2019une boussa ! Elle est bien la seule \u00e0 le croire\u201d. Rideau.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Sex, love, etc. Les Marocains (presque) champions du monde<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u201cLes Marocains, comme l\u2019ensemble des M\u00e9diterran\u00e9ens, sont g\u00e9n\u00e9ralement plus port\u00e9s sur le sexe, au d\u00e9triment de l\u2019amour\u201d, nous r\u00e9sume ce psychologue \u00e0 Casablanca. Mmmm\u2026 Les statistiques de Google Trends semblent plut\u00f4t contredire cette v\u00e9rit\u00e9 un peu \u201crapide\u201d. Le premier moteur de recherche dans le monde nous apprend que les Marocains tr\u00f4nent au sommet du top ten des \u201cclickeurs\u201d du mot Amour sur Internet. Les clicks les plus nombreux sont enregistr\u00e9s, successivement, \u00e0 Rabat et Casablanca. Il est int\u00e9ressant de noter, par ailleurs, que les deux autres pays qui compl\u00e8tent le podium sont nos voisins arabo-musulmans : dans l\u2019ordre, Tunisie, Alg\u00e9rie. Rayon sexe, par contre, les Marocains sont \u201cseulement\u201d troisi\u00e8mes du hit-parade mondial, derri\u00e8re l\u2019Alg\u00e9rie et la France. Les Etats-Unis ne sont que neuvi\u00e8mes. Derni\u00e8re singularit\u00e9 marocaine : les vocables Amour et Sexe ne sont pas forc\u00e9ment click\u00e9s dans les m\u00eames langues : l\u2019amour est d\u2019abord recherch\u00e9 en fran\u00e7ais et en arabe, le sexe en fran\u00e7ais et en anglais.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Virginit\u00e9. Dans deux g\u00e9n\u00e9rations, si tout va bien<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u201cOn s\u2019en fout, ce n\u2019est qu\u2019un morceau de tissu macul\u00e9 de sang, c\u2019est une prison dont on est sortis depuis longtemps, etc.\u201d. La virginit\u00e9 ne fait plus recette dans les milieux g\u00e9n\u00e9ralement port\u00e9s sur la consommation, en gros les citadins plut\u00f4t affranchis, financi\u00e8rement ind\u00e9pendants. Fils \u00e0 papa, diront les uns. Jeunes gens de leur temps, r\u00e9pondront les autres. Mais tout n\u2019est pas si simple. \u201cIl est clair qu\u2019un verrou, un frein, a saut\u00e9. La virginit\u00e9, qui \u00e9tait l\u2019affaire de toute la communaut\u00e9, a rejoint le cercle tr\u00e8s ferm\u00e9 du couple. C\u2019est une question qui se r\u00e8gle entre conjoints, ou partenaires, loin de la traditionnelle enqu\u00eate familiale\u201d, explique le sociologue Jamal Khalil. Il y a bien un Mais dans l\u2019affaire. Le frein est lev\u00e9, mais le pied n\u2019est pas tout \u00e0 fait sur l\u2019acc\u00e9l\u00e9rateur. Le sexologue Aboubakr Harakat, qui a beaucoup travaill\u00e9 sur le sujet, dresse le constat : \u201cLe r\u00e9flexe Andak H\u2019di Min R\u2019jal (Attention aux hommes) est toujours int\u00e9gr\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9ducation que l\u2019on offre \u00e0 nos enfants. Il n\u2019est jamais clairement explicit\u00e9. C\u2019est un h\u00e9ritage de l\u2019\u00e8re o\u00f9 la virginit\u00e9 \u00e9tait consacr\u00e9e tabou national. Malgr\u00e9 les ouvertures op\u00e9r\u00e9es au fil du temps, il faudrait au moins attendre deux g\u00e9n\u00e9rations avant de d\u00e9sint\u00e9grer la virginit\u00e9 des r\u00e9flexes du Marocain moyen\u201d. Pessimiste ? Un psychiatre \u00e0 Casablanca se rappelle, par exemple, d\u2019une enqu\u00eate de terrain effectu\u00e9e dans la r\u00e9gion de Kela\u00e2t Sraghna, qui a conclu que \u201c80% des femmes \u00e9taient mari\u00e9es avant leurs premi\u00e8res r\u00e8gles\u201d. C\u2019\u00e9tait en 1965. \u201cQuand on voit d\u2019o\u00f9 on vient, en si peu de temps, on mesure le chemin parcouru. C\u2019est valable aussi pour l\u2019impact social clairement d\u00e9clinant de la virginit\u00e9\u201d, conclut notre source. Amen.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Plus loin. Le \u201cJe\u201d sexuel<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Parce que c\u2019est de cela qu\u2019il s\u2019agit. L\u2019ambition de ce dossier est de traquer un air du temps, \u00e0 renifler comme un doux parfum. Le sexe, c\u2019est une affirmation du Je, du Moi. L\u2019individu fait loi. Les Marocains, comme nous l\u2019ont affirm\u00e9 tous les sp\u00e9cialistes consult\u00e9s, ne sont raisonnablement pas dans la fr\u00e9n\u00e9sie sexuelle. Ils ne sont ni d\u00e9bauch\u00e9s, ni ali\u00e9n\u00e9s mentaux. Il y a juste qu\u2019ils jouissent d\u2019une plus grande libert\u00e9 sexuelle. Et qu\u2019ils sont d\u00e9cid\u00e9s \u00e0 en arracher plus. Le ph\u00e9nom\u00e8ne est int\u00e9ressant. Parce qu\u2019il nous met en face de nos contradictions. La libert\u00e9 angoisse, elle met tout de suite en opposition l\u2019individu et la collectivit\u00e9. Elle peut, et c\u2019est \u00e9videmment d\u00e9j\u00e0 le cas, provoquer le rejet de la bonne soci\u00e9t\u00e9 des moeurs, radicaliser les gardiens du temple. Ce n\u2019est pas cela qui freinera la conqu\u00eate des espaces de libert\u00e9. <\/p>\n\n\n\n<p>Le sexe, heureusement, est une \u201cvaleur\u201d universelle. Quand un citoyen du monde, \u00e0 Tokyo, Ryad ou Casablanca, va mal, deux de ses compartiments au moins marquent le pas comme par enchantement : le sommeil et la sexualit\u00e9. On dort moins bien, on n\u2019est pas bien. Que faire alors ? Les psys, les socios, les sexos, le d\u00e9fendent depuis les grandes th\u00e9ories freudiennes : il faut oser. Et d\u2019abord en parler. En face des sp\u00e9cialistes, monsieur et madame tout le monde aussi ont compris. La douce moiti\u00e9 du pays s\u2019interroge sur le d\u00e9sir, le plaisir. Une maman peut consulter pour (le zizi de) son fils, l\u2019hyperactivit\u00e9 sexuelle de sa fille. C\u2019est nouveau. Une mari\u00e9e peut amener son beau conjoint \u00e0 consulter \u201cparce ce n\u2019est pas \u00e7a\u201d. La sexualit\u00e9, comme dirait un grand psychiatre marocain, c\u2019est de l\u2019ordre de la sant\u00e9 mentale. Il suffit d\u2019un grain de poussi\u00e8re pour que tout s\u2019enraye. Toute la cha\u00eene, tout ce qui fait l\u2019individu. Regardons bien le Je sexuel : il est narcissique, h\u00e9doniste, individualiste. Mais pas seulement : il relie le Moi \u00e0 l\u2019universel. Le r\u00e9primer, c\u2019est se r\u00e9soudre \u00e0 ne rien comprendre \u00e0 ce que l\u2019on est. Lourde, lourde condamnation, les enfants.<br><strong>Karim Boukhari<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Source : <a href=\"https:\/\/tel-quel-articles.blogspot.com\/2008\/11\/n-333-sex-in-medina.html\">Blog Soule\u00efman Benche\u00efkh<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>#Maroc #Tourisme #Sexe #Marrakech #Tourismesexuel #orgasmefeminin #virginit\u00e9<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Tags : Maroc, sexe, relations homme-femme, amour, orgasme f\u00e9minin, virginit\u00e9, prostitution, tourisme sexuel, Marrakech, Par Karim Boukhari Derni\u00e8res techniques de drague, qu\u00eate de l\u2019orgasme f\u00e9minin,&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":435355,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[20],"tags":[2810,7,1050,2811,1309,2812,2813,309,2814],"class_list":["post-427419","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-maroc","tag-amour","tag-maroc","tag-marrakech","tag-orgasme-feminin","tag-prostitution","tag-relations-homme-femme","tag-sexe","tag-tourisme-sexuel","tag-virginite"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/xnalgrt.cluster100.hosting.ovh.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/427419","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/xnalgrt.cluster100.hosting.ovh.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/xnalgrt.cluster100.hosting.ovh.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/xnalgrt.cluster100.hosting.ovh.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/xnalgrt.cluster100.hosting.ovh.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=427419"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/xnalgrt.cluster100.hosting.ovh.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/427419\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/xnalgrt.cluster100.hosting.ovh.net\/index.php\/wp-json\/"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/xnalgrt.cluster100.hosting.ovh.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=427419"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/xnalgrt.cluster100.hosting.ovh.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=427419"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/xnalgrt.cluster100.hosting.ovh.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=427419"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}