{"id":3973,"date":"2018-12-15T14:44:11","date_gmt":"2018-12-15T13:44:11","guid":{"rendered":"https:\/\/www.moroccomail.fr\/?p=3973"},"modified":"2018-12-15T14:44:11","modified_gmt":"2018-12-15T13:44:11","slug":"les-ecoles-libyennes-de-tunisie-enjeux-politiques-et-recomposition-dune-communaute-en-exil","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/xnalgrt.cluster100.hosting.ovh.net\/index.php\/2018\/12\/15\/les-ecoles-libyennes-de-tunisie-enjeux-politiques-et-recomposition-dune-communaute-en-exil\/","title":{"rendered":"Les \u00e9coles libyennes de Tunisie : enjeux politiques et recomposition d\u2019une communaut\u00e9 en exil"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">Par Thomas ROSENTHAL, dipl\u00f4m\u00e9 en Relations Internationales (Sciences Po Aix et Paris 1), charg\u00e9 de contenus et de m\u00e9diation \u201cimmigration et int\u00e9gration\u201d \u00e0 Biblioth\u00e8ques Sans Fronti\u00e8res<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les \u00e9tudes sur les migrations issues de conflits se focalisent bien souvent, dans les sciences sociales, sur l\u2019int\u00e9gration des populations dans la soci\u00e9t\u00e9 d\u2019accueil, sur la politisation des r\u00e9fugi\u00e9s ou migrants ou sur la question de la pr\u00e9servation de leur identit\u00e9 culturelle \u00e0 l\u2019\u00e9tranger[1]. Moins de travaux ont \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9s \u00e0 un enjeu qui s\u2019av\u00e8re pourtant central \u2013 d\u2019autant plus quand ce sont des familles qui se d\u00e9placent \u2013 \u00e0 savoir celui de l\u2019\u00e9ducation des enfants des migrants. Toutefois, la notion d\u2019\u00ab \u00e9ducation en situation de crise \u00bb, adopt\u00e9e depuis une dizaine d\u2019ann\u00e9es par le Haut-Commissariat aux R\u00e9fugi\u00e9s (HCR) et interrog\u00e9e dans quelques travaux scientifiques traduit une volont\u00e9 d\u2019autonomiser les enjeux \u00e9ducatifs de l\u2019aide humanitaire en situation de conflit, postconflit ou de crises en g\u00e9n\u00e9ral, afin d\u2019en souligner l\u2019importance. Divers et sensibles, les enjeux \u00e9ducatifs en situation de crise sont une composante centrale de l\u2019aide humanitaire. Cela se caract\u00e9rise par une \u00ab standardisation et (une) normalisation croissante \u00bb [2] des interventions \u00e9ducatives en situation d\u2019urgence de la part des organisations internationales (OI) et non gouvernementales (ONG). Les \u00e9tudes sur ce type d\u2019interventions \u00e9ducatives, au croisement de la sociologie de l\u2019\u00e9ducation, des migrations, de la socio-anthropologie des espaces publiques[3] et des relations internationales, sont toutefois encore peu nombreuses.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors que le nombre de crises et de conflits se multiplient et se complexifient, produisant une augmentation des flux de r\u00e9fugi\u00e9s et de migrants, la notion d\u2019\u00ab \u00e9ducation en situation de crise \u00bb apporte des outils d\u2019analyse pertinents pour \u00e9tudier les strat\u00e9gies et les r\u00f4les des diff\u00e9rents acteurs impliqu\u00e9s dans les migrations (migrants, pays d\u2019origine, d\u2019accueil, OI, ONG\u2026). En effet, qu\u2019elles visent \u00e0 prot\u00e9ger les enfants des violences, \u00e0 leur apporter une continuit\u00e9 \u00e9ducative ou encore \u00e0 pr\u00e9server une identit\u00e9, ces \u00e9coles pour exil\u00e9s influencent bien souvent les parcours migratoires et la vie en exil.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le pr\u00e9sent article entend d\u00e9montrer qu\u2019une \u00e9cole pour exil\u00e9s, en plus d\u2019apporter une continuit\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9ducation des enfants, est un lieu hautement politique permettant de rassembler et de (re)constituer une communaut\u00e9 en exil, \u00e0 travers l\u2019\u00e9tude empirique d\u2019une \u00e9cole pour exil\u00e9s libyens \u00e0 Sfax, en Tunisie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Depuis 2011 et la chute du r\u00e9gime de Mouammar Kadhafi, des milliers de Libyens vivent en exil en Tunisie. Leur nombre r\u00e9el est difficile \u00e0 \u00e9tablir ; si les Libyens vivant en exil en Tunisie ne sont pas entre 1 et 2 millions, des estimations plus s\u00e9rieuses consid\u00e8rent qu\u2019ils sont bien quelques centaines de milliers. Alors que cette migration libyenne a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9e en 2011 comme \u00e9tant temporaire car li\u00e9e aux incertitudes de la transition politique en Libye[4] \u2013 pens\u00e9e \u00e9galement comme \u00e9tant de courte dur\u00e9e \u2013, quatre ans apr\u00e8s la situation s\u2019est d\u00e9t\u00e9rior\u00e9e et la pr\u00e9sence libyenne en Tunisie n\u2019est plus uniquement temporaire[5]. L\u2019ouverture en 2013 de cinq \u00e9coles publiques libyennes, \u00e0 Tunis, Hammamet, Sousse, Mahdia et Sfax attestent de l\u2019inscription dans la dur\u00e9e de la pr\u00e9sence d\u2019exil\u00e9s libyens en Tunisie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019initiative en elle-m\u00eame interpelle : ces \u00e9coles, ouvertes et financ\u00e9es par l\u2019ambassade libyenne \u00e0 Tunis sont destin\u00e9es aux enfants d\u2019exil\u00e9s qui ont fui la Libye. La Tunisie, qui refuse de reconna\u00eetre les exil\u00e9s libyens autrement que comme des touristes b\u00e9n\u00e9ficiant de visas de 3 mois, reconna\u00eet donc implicitement la pr\u00e9sence libyenne sur son territoire en tol\u00e9rant ces \u00e9coles. \u00c9tant donn\u00e9 que les Libyens ne sont pas reconnus comme des \u00ab r\u00e9fugi\u00e9s \u00bb \u2013 au sens strict du terme \u2013 en Tunisie, nous pr\u00e9f\u00e9rons utiliser le terme d\u2019\u00ab exil\u00e9s \u00bb plut\u00f4t que celui de \u00ab migrants \u00bb, qui renvoie \u00e0 une trop grande vari\u00e9t\u00e9 de situations (migrants \u00e9conomiques, forc\u00e9s, environnementaux\u2026). La notion d\u2019exil, plus neutre, renvoie surtout \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience de l\u2019exil des Libyens en Tunisie, qui \u00ab se d\u00e9finit \u00e0 partir de trois dimensions : la contrainte, la rupture et l\u2019ind\u00e9termination \u00bb[6].<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette \u00e9tude s\u2019appuie sur une enqu\u00eate de terrain effectu\u00e9e entre mars et juin 2015 aupr\u00e8s de l\u2019\u00e9cole libyenne de Sfax, compos\u00e9e d\u2019observations et d\u2019entretiens r\u00e9alis\u00e9s aupr\u00e8s de huit p\u00e8res[7] de familles libyens et de quatre employ\u00e9s de l\u2019\u00e9cole. Deuxi\u00e8me grande ville de Tunisie et p\u00f4le \u00e9conomique majeur, Sfax est la grande ville tunisienne la plus proche de la fronti\u00e8re libyenne. \u00c0 travers cette \u00e9tude nous avons pu appr\u00e9hender plusieurs facettes de la communaut\u00e9 libyenne de Sfax ; si nous ne pouvons pas n\u00e9cessairement g\u00e9n\u00e9raliser nos conclusions \u00e0 l\u2019ensemble des Libyens exil\u00e9s en Tunisie, elles nous permettent tout de moins d\u2019envisager une premi\u00e8re approche sur l\u2019exil libyen en Tunisie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans une premi\u00e8re partie, nous pr\u00e9senterons la gen\u00e8se et le fonctionnement de cette \u00e9cole publique \u00e0 l\u2019adresse de populations exil\u00e9es. Puis, nous \u00e9tudierons en quoi cette \u00e9cole est un lieu qui concentre des enjeux identitaires et m\u00e9moriels. Enfin, nous verrons en quoi cette \u00e9cole a un r\u00f4le central dans la recomposition d\u2019un capital social en exil.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Une \u00e9cole publique libyenne \u00e0 l\u2019adresse de Libyens en exil<\/strong><br \/>\n<em>Quelle \u00e9ducation pour les enfants en exil ?<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans un document de l\u2019UNESCO[8] publi\u00e9 en 2003, l\u2019\u00ab \u00e9ducation pour des enfants perturb\u00e9s par des situations d\u2019urgence \u00bb est d\u00e9finie ainsi : \u00ab \u00c9ducation qui prot\u00e8ge le bien-\u00eatre, favorise les possibilit\u00e9s d\u2019apprentissage et nourrit le d\u00e9veloppement global (social, \u00e9motionnel, cognitif, physique) d\u2019enfants perturb\u00e9s par des conflits et des catastrophes \u00bb[9]. L\u2019\u00e9ducation en situation \u00ab d\u2019urgence \u00bb ou \u00ab de crise \u00bb, est ainsi suppos\u00e9e r\u00e9pondre \u00e0 des situations \u00ab extr\u00eames \u00bb telles que les conflits arm\u00e9s, les d\u00e9placements forc\u00e9s ou encore les catastrophes naturelles causant des situations de rupture, d\u2019incertitudes et d\u2019instabilit\u00e9 qui portent atteintes aux opportunit\u00e9s d\u2019\u00e9ducation des enfants[10]. Depuis les ann\u00e9es 1990 l\u2019\u00e9ducation est devenue une des composantes d\u2019interventions humanitaires \u00ab complexes \u00bb, et des cadres d\u2019actions ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s par les OI et les ONG, notamment depuis le Forum Mondial sur l\u2019\u00e9ducation de Dakar en 2000, pour r\u00e9pondre aux besoins \u00e9ducatifs en \u00ab situation d\u2019urgence \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans l\u2019introduction au dossier \u00ab \u00c9ducation et conflits \u00bb[11], les auteurs montrent les limites de la standardisation et la normalisation des interventions \u00e9ducatives en situation d\u2019urgence. En effet, ils constatent que ces interventions en \u00ab situation de crise \u00bb qui se multiplient sont peu \u00e9tudi\u00e9es et discut\u00e9es alors qu\u2019elles partent de postulats contestables et que leur efficacit\u00e9 est limit\u00e9e[12]. Aussi, alors que la \u00ab situation de crise \u00bb est bien d\u00e9finie pour un certain nombre de conflits, il semblerait qu\u2019elle ne le soit pas pour les centaines de milliers de Libyens vivant en Tunisie depuis le d\u00e9but du conflit. Au sens strict, la situation des enfants libyens devrait rentrer dans la d\u00e9finition de l\u2019\u00e9ducation en situation de crise, or une \u00ab crise \u00bb doit \u00eatre reconnue par certains acteurs cl\u00e9s pour \u00eatre d\u00e9clar\u00e9e comme telle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette situation est li\u00e9e au statut m\u00eame des Libyens en Tunisie : ni \u00ab r\u00e9fugi\u00e9s \u00bb ni \u00ab touristes \u00bb, la plupart du temps en situation irr\u00e9guli\u00e8re en Tunisie, les Libyens sont depuis cinq ann\u00e9es maintenus dans une zone grise sur le plan notionnel[13], et leur situation est aussi malais\u00e9e \u00e0 d\u00e9finir que leur statut est flou. Alors qu\u2019un \u00ab brouillage de cat\u00e9gories \u00bb grandissant entoure la d\u00e9finition de la migration[14], la pr\u00e9sence libyenne en Tunisie, bien que potentiellement cons\u00e9quente, n\u2019est envisag\u00e9e par aucune organisation internationale comme \u00e9tant une \u00ab situation de crise \u00bb. Comme nous l\u2019avons mentionn\u00e9 plus haut, la Tunisie, qui a d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 au HCR la responsabilit\u00e9 de s\u2019occuper des cas des r\u00e9fugi\u00e9s[15], ne reconna\u00eet pas les Libyens comme des r\u00e9fugi\u00e9s, ce qui implique que les Libyens ne rentrent pas dans la domaine d\u2019action du HCR. Par cons\u00e9quent, aucun programme d\u2019organisations internationales ou non gouvernementales n\u2019a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9 au sujet des exil\u00e9s libyens en Tunisie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pourtant, les probl\u00e9matiques de l\u2019\u00e9ducation en situation de crise se posent bel et bien pour les Libyens en Tunisie. \u00ab Est-il pr\u00e9f\u00e9rable que (les enfants) suivent le programme d\u2019enseignement de leur pays d\u2019origine ou celui du pays d\u2019asile \u00bb[16] ? \u00c0 qui faire confiance ? Comment prot\u00e9ger les enfants du traumatisme de la guerre et de l\u2019exil ? De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, scolariser des enfants en exil (ou r\u00e9fugi\u00e9s) dans des \u00e9coles qui leur sont sp\u00e9cifiques suivant le programme scolaire du pays d\u2019origine permet d\u2019assurer une continuit\u00e9 \u00e9ducative pour les enfants et de faciliter un potentiel retour au pays, que ce soit tant au niveau \u00e9ducatif qu\u2019au niveau humain. De plus, cela permet de les inscrire dans un contexte rassurant et de leur assurer un soutien psychologique cibl\u00e9[17]. Ainsi, trois options s\u2019offrent aux exil\u00e9s libyens : ne pas scolariser leurs enfants, les scolariser dans une \u00e9cole tunisienne ou les scolariser dans une \u00e9cole libyenne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Gen\u00e8se et formation de l\u2019\u00e9cole<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par bien des aspects, la situation des Libyens en Tunisie comporte des similarit\u00e9s avec celle des Irakiens en Syrie (et dans une moindre mesure en Jordanie) apr\u00e8s 2003. En effet, comme les Irakiens en Syrie, la pr\u00e9sence libyenne en Tunisie est ancienne, et la migrants qui se sont install\u00e9s apr\u00e8s le conflit de 2011, sont majoritairement install\u00e9s dans les centres urbains et n\u2019ont pas de v\u00e9ritable statut de r\u00e9fugi\u00e9[18].<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019importance des liens politiques, \u00e9conomiques et d\u00e9mographiques[19] historiquement d\u00e9velopp\u00e9s entre la Tunisie et la Libye permettent d\u2019expliquer les trajectoires migratoires de Libyens qui, d\u00e8s 2011, ont cherch\u00e9 refuge en Tunisie. Avant les \u00ab printemps arabes \u00bb, les Libyens s\u00e9journaient r\u00e9guli\u00e8rement en Tunisie pour divers motifs : affaires, tourisme baln\u00e9aire, tourisme m\u00e9dical[20], \u00e9tudes etc\u2026 En terme d\u2019entr\u00e9es sur le territoire tunisien, les Libyens sont, depuis l\u2019ouverture de la fronti\u00e8re \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1980, la nationalit\u00e9 qui entre le plus sur le territoire tunisien. Ainsi, si la pr\u00e9sence libyenne en Tunisie est loin d\u2019\u00eatre une nouveaut\u00e9, elle est juste plus cons\u00e9quente alors que les contextes tunisiens et libyens ont bien chang\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En effet, la migration libyenne en Tunisie cumule plusieurs profils migratoires. Beaucoup de Libyens effectuent de nombreux aller-retours entre la Libye et la Tunisie. Que ce soit pour se faire soigner dans les cliniques des grandes villes tunisiennes[21], pour visiter des proches, se ravitailler ou simplement pour s\u2019extraire d\u2019un climat politico-\u00e9conomique extr\u00eamement tendu, ces d\u00e9placements temporaires composent la part la plus importante des migrations libyennes en Tunisie depuis 2011. Les Libyens qui r\u00e9sident en exil en Tunisie sont num\u00e9riquement moins nombreux et forment le deuxi\u00e8me grand groupe de migrants libyens en Tunisie. Qu\u2019ils soient venus en Tunisie en 2011 au moment de la r\u00e9volution ou du fait de la fragmentation ult\u00e9rieure du paysage politique et militaire libyen[22], les exil\u00e9s libyens sont surtout en Tunisie pour des motifs politiques et s\u00e9curitaires. On peut distinguer deux vagues migratoires distinctes : celle de 2011 qui correspond au changement de r\u00e9gime, et celle de 2014 qui est moins politique que la pr\u00e9c\u00e9dente et qui est li\u00e9e \u00e0 la prise de Tripoli par les forces de \u00ab Fajr Libya \u00bb \u00e0 l\u2019\u00e9t\u00e9 2014[23].<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Loin de correspondre \u00e0 l\u2019image classique du r\u00e9fugi\u00e9, les Libyens d\u00e9pensent beaucoup en Tunisie et certains secteurs de l\u2019\u00e9conomie, comme ceux du logement ou des cliniques priv\u00e9es, s\u2019enrichissent de leur pr\u00e9sence. En effet, les Libyens, du fait de la redistribution de la rente p\u00e9troli\u00e8re du temps de Kadhafi[24], sont d\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale plut\u00f4t ais\u00e9s[25] et se sont majoritairement install\u00e9s en milieu urbain[26]. Souvent stigmatis\u00e9s en Tunisie[27], les Libyens sont maintenus dans une \u00ab zone grise \u00bb juridique qui permet au gouvernement tunisien de ne pas prendre position au sujet d\u2019un conflit libyen aux ramifications externes potentiellement tr\u00e8s dangereuses[28]. Ce parti pris par les autorit\u00e9s tunisiennes, coupl\u00e9 \u00e0 l\u2019inscription dans la dur\u00e9e de la pr\u00e9sence d\u2019exil\u00e9s libyens a \u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019origine de l\u2019ouverture d\u2019\u00e9coles publiques libyennes en Tunisie en 2013.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019initiative ayant men\u00e9 \u00e0 l\u2019ouverture d\u2019\u00e9coles libyennes dans plusieurs villes de Tunisie a \u00e9t\u00e9 coordonn\u00e9e par l\u2019ambassade de Libye \u00e0 Tunis et est \u00e9galement li\u00e9e \u00e0 des dynamiques locales tr\u00e8s sp\u00e9cifiques. Tout d\u2019abord, il y a le constat de la difficult\u00e9 d\u2019int\u00e9gration pour nombre d\u2019enfants libyens dans l\u2019\u00e9cole tunisienne. Si cet enjeu ne semble pas probl\u00e9matique de prime abord \u2013 les deux pays \u00e9tant de langue arabe, sont tr\u00e8s li\u00e9s \u00e9conomiquement et d\u00e9mographiquement \u2013 il existe n\u00e9anmoins un d\u00e9calage \u00e9ducatif non n\u00e9gligeable entre les deux pays. En effet, \u00e0 partir de l\u2019\u00e9quivalent du CE2 fran\u00e7ais, les enfants tunisiens apprennent le fran\u00e7ais \u00e0 l\u2019\u00e9cole. Au lyc\u00e9e, les sciences sont en fran\u00e7ais et la plupart des cours en universit\u00e9 sont en langue fran\u00e7aise \u00e9galement. Ainsi, pour les enfants de plus de 8 ans qui entrent dans l\u2019\u00e9cole tunisienne, et particuli\u00e8rement \u00e0 l\u2019adolescence, il est difficile de suivre des cours en fran\u00e7ais.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En ce qui concerne l\u2019\u00e9cole de Sfax, des parents d\u2019\u00e9l\u00e8ves libyens exil\u00e9s se sont fait \u00ab courtiers \u00bb de l\u2019\u00e9ducation (Biershenck et al. 2000) en \u00e9mettant la volont\u00e9 de voir leurs enfants inscrits dans une \u00e9cole libyenne et en faisant les d\u00e9marches aupr\u00e8s de l\u2019ambassade libyenne pour pouvoir la cr\u00e9er. Dans ce cas pr\u00e9cis, c\u2019est la secr\u00e9taire tunisienne d\u2019une entreprise g\u00e9r\u00e9e par un homme d\u2019affaires libyen vivant en Tunisie depuis le milieu des ann\u00e9es 2000 qui s\u2019est occup\u00e9e de trouver le lieu o\u00f9 sera \u00e9tablie l\u2019\u00e9cole, de s\u2019occuper des d\u00e9marches administratives ainsi que de la logistique et de recruter les professeurs. Ainsi, l\u2019\u00e9quipe \u00e9ducative, d\u2019une trentaine de professeurs, de l\u2019\u00e9cole libyenne de Sfax est \u00e0 moiti\u00e9 compos\u00e9 de professeures libyennes \u2013 dont certaines sont \u00e9galement des m\u00e8res de familles en exil \u2013 et de professeurs tunisiens, qui sont mieux r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s que s\u2019ils travaillaient \u00e0 l\u2019\u00e9cole publique tunisienne. Le reste du personnel est compos\u00e9 de femmes de m\u00e9nage et de vigiles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces \u00e9coles ouvertes \u00e0 tous et faciles d\u2019acc\u00e8s pour les enfants libyens ont en premier lieu un objectif \u00ab humanitaire \u00bb, comme l\u2019affirme M. S., le directeur de l\u2019\u00e9cole de Sfax[29]. Surtout, elles sont gratuites : l\u2019ambassade de Libye paye les loyers (ou le terrain) d\u2019installation de l\u2019\u00e9cole, les salaires des employ\u00e9s tunisiens et libyens, s\u2019occupe des infrastructures, des travaux etc. Ainsi, de 30 \u00e9l\u00e8ves \u00e0 la rentr\u00e9e 2013, l\u2019\u00e9cole libyenne de Sfax en compte 145 en juin 2015, ce qui atteste de l\u2019attractivit\u00e9 de l\u2019\u00e9cole aupr\u00e8s des familles libyennes, qu\u2019elles soient \u00e9tablies \u00e0 Sfax ou ailleurs. Toutefois, comme nombre d\u2019interventions \u00e9ducatives en situation de crise, les \u00e9coles libyennes ne disposent pas de beaucoup de moyens. Les parents d\u2019\u00e9l\u00e8ves refusant de payer pour am\u00e9liorer la qualit\u00e9 des \u00e9coles[30], leur fonctionnement reste sommaire. En effet, en ce qui concerne l\u2019\u00e9cole de Sfax, \u00e9tablie dans une villa lou\u00e9e par l\u2019ambassade libyenne de Tunis, elle ne dispose ni d\u2019une biblioth\u00e8que, ni d\u2019une cantine, ni de climatisation. Concernant la qualit\u00e9 des enseignements des 12 niveaux du programme \u00e9ducatif libyen, elle reste al\u00e9atoire car, outre les difficult\u00e9s d\u2019adaptation des professeurs tunisiens au syst\u00e8me \u00e9ducatif libyen, la plupart des enseignants n\u2019ont pas une r\u00e9elle formation. Enfin, le personnel n\u2019est plus r\u00e9mun\u00e9r\u00e9 depuis janvier 2015, ce qui illustre bien la faiblesse des ressources des \u00e9coles libyennes en Tunisie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces \u00e9coles, administr\u00e9es par l\u2019ambassade libyenne \u00e0 Tunis repr\u00e9sentant depuis 2014 le gouvernement de Tobrouk, interpellent par leur d\u00e9marche. Ouvertes \u00e0 tous \u2013 et \u00e0 n\u2019importe quel moment de l\u2019ann\u00e9e \u2013 ces \u00e9coles semblent \u00eatre de v\u00e9ritables institutions qui encadrent l\u2019exil libyen en Tunisie. En outre, il s\u2019av\u00e8re que ces \u00e9coles sont bien plus politiquement marqu\u00e9es qu\u2019au premier abord. Ainsi, comme le rappelle Marie-France Lange, la v\u00e9ritable question de l\u2019\u00e9ducation pour tous, \u00e9lude bien souvent celle, plus politique qui est celle de l\u2019\u00e9ducation \u00ab pour qui, avec qui et pour quel projet de soci\u00e9t\u00e9 \u00bb[31]. Si les \u00e9coles libyennes sont politiquement marqu\u00e9es de par leur rattachement au gouvernement de Tobrouk, elles le sont d\u2019autant plus de par leur fonctionnement quotidien.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Enjeux politiques et identitaires<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un quotidien fortement marqu\u00e9 par la politique<br \/>\nSi l\u2019\u00e9cole, de par sa mission de former de bons citoyens, a une dimension politique \u00e9vidente dans les soci\u00e9t\u00e9s contemporaines, celle-ci est exacerb\u00e9e dans un contexte d\u2019instabilit\u00e9 politique, comme celui de l\u2019exil libyen. Ainsi, elle devient un \u00ab lieu par excellence de transmission d\u2019une m\u00e9moire extr\u00eamement politis\u00e9e de la violence \u00bb[32]. Dans le contexte de l\u2019\u00e9cole libyenne de Sfax, les enjeux politiques et identitaires sont centraux dans le quotidien de l\u2019\u00e9tablissement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019\u00e9tude des familles libyennes qui ont inscrit leurs enfants dans cette \u00e9cole permet de d\u00e9terminer une certaine homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 dans leurs profils : en effet, tous les p\u00e8res de famille que nous avons rencontr\u00e9s faisaient partie en Libye des classes moyennes sup\u00e9rieures. Ing\u00e9nieurs, professeurs, hommes d\u2019affaires, cadres dans l\u2019administration ou militaires, tous nos enqu\u00eat\u00e9s vivaient aisEnjeux politiques et identitaires\u00e9ment dans la Libye de Kadhafi. Sur nos huit p\u00e8res de famille, six sont venus en Tunisie d\u00e8s ao\u00fbt 2011 et la chute du r\u00e9gime de Kadhafi et deux sont arriv\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9t\u00e9 2014, lorsque les forces de \u00ab Fajr Libya \u00bb sont entr\u00e9es dans Tripoli. Ainsi, la grande majorit\u00e9 des parents d\u2019\u00e9l\u00e8ves de l\u2019\u00e9cole de Sfax affichent une nostalgie et un soutien \u00e0 Kadhafi, quand quelques familles \u2013 dont nos enqu\u00eat\u00e9s arriv\u00e9s en 2014 \u2013 revendiquent les couleurs de la Libye r\u00e9volutionnaire. Ainsi, si ces institutions en exil ne manquent pas de construire un quotidien et une routine pour les familles, elles ne sont en fait c\u00f4toy\u00e9es que par certains groupes de Libyens, qui sont ceux susceptibles d\u2019accepter (\u00e0 d\u00e9faut de s\u2019y reconna\u00eetre) d\u2019inscrire leurs enfants dans une \u00e9cole de Tobrouk.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quels que soient les motifs les ayant conduits \u00e0 l\u2019exil, ces familles s\u2019accordent sur le constat que leur s\u00e9curit\u00e9 n\u2019est plus assur\u00e9e en Libye, mais \u00e9galement sur celui d\u2019un d\u00e9classement collectif depuis 2011, et enfin sur le fait que \u00ab c\u2019\u00e9tait mieux avant \u00bb. Surtout, nos enqu\u00eat\u00e9s ont une conscience commune de leur condition d\u2019exil\u00e9s. Ils se d\u00e9finissent tous comme \u00ab muhajer \u00bb, que l\u2019on traduit par \u00ab migrant \u00bb en fran\u00e7ais, mais qui peut avoir un sens plus fort. Comme le montre Pierre Centlivres, le terme de \u00ab muhajer \u00bb a une connotation religieuse qui implique une forme de valorisation de l\u2019acte migratoire : le muhajer est celui qui, \u00e0 l\u2019image de la hijra du Proph\u00e8te Mahomet, est parti pour se sauver et au nom de ses valeurs et de sa foi[33]. Par cons\u00e9quent, les \u00e9coles libyennes de Tunisie regroupent des familles qui ont des profils socio\u00e9conomiques proches et qui ont un v\u00e9cu commun et une identit\u00e9 commune, celle du libyen muhajer, en exil en Tunisie, qui attend de pouvoir revenir au pays.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab M\u00eame travailler avec des Juifs aurait \u00e9t\u00e9 moins dur que \u00e7a \u00bb. C\u2019est ainsi que Khadija, une employ\u00e9e tunisienne de l\u2019\u00e9cole de Sfax consid\u00e8re le quotidien de l\u2019\u00e9tablissement libyen. En effet, bien que les enjeux politiques \u00ab doivent rester en dehors de l\u2019enceinte de l\u2019\u00e9cole \u00bb comme l\u2019affirme M. S, ceux-ci sont bien au c\u0153ur de la routine d\u2019une \u00e9cole qui, de fait, est un lieu de transmission d\u2019une m\u00e9moire politis\u00e9e de l\u2019exil. Ainsi, souvent traumatis\u00e9s par la guerre et l\u2019exil, les enfants expriment les tensions politiques familiales \u00e0 l\u2019\u00e9cole. Nombre de bagarres entre \u00ab chiens de Kadhafi \u00bb et \u00ab rats de r\u00e9volutionnaires \u00bb font partie du quotidien des \u00e9coles libyennes de Tunisie. Se pose \u00e9galement la question de l\u2019adaptation d\u2019un personnel \u00e0 moiti\u00e9 tunisien au sein de l\u2019\u00e9cole, que ce soit en terme d\u2019autorit\u00e9 par rapport aux \u00e9l\u00e8ves ou de cr\u00e9dibilit\u00e9 au regard des parents ou de leurs coll\u00e8gues. Par exemple, les enseignantes tunisiennes non voil\u00e9es sont des cibles privil\u00e9gi\u00e9es de remarques d\u00e9sobligeantes concernant leurs m\u0153urs de la part leurs coll\u00e8gues et des parents d\u2019\u00e9l\u00e8ves, ce qui est une v\u00e9ritable contrainte dans leur quotidien \u00e0 l\u2019\u00e9cole.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Les parents d\u2019\u00e9l\u00e8ves et l\u2019\u00e9cole<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si la politique est th\u00e9oriquement exclue de l\u2019\u00e9cole, les parents d\u2019\u00e9l\u00e8ves la remettent souvent au milieu, comme l\u2019illustre cet entretien avec trois p\u00e8res de famille qui, dans le bureau du directeur, M. S, faisaient l\u2019\u00e9loge du r\u00e9gime de Kadhafi. De fait, nos enqu\u00eat\u00e9s entretiennent un rapport ambivalent \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019\u00e9cole. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, ils montrent une faible implication concernant le cadre et le fonctionnement de l\u2019\u00e9cole quand ils savent se montrer tr\u00e8s pointilleux sur les enjeux politiques ou moraux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tout d\u2019abord, nous avons pu remarquer qu\u2019il n\u2019y a pas de pression sociale quant \u00e0 l\u2019inscription des enfants \u00e0 l\u2019\u00e9cole de Tobrouk. Ainsi, nous avons rencontr\u00e9 Khaled, qui scolarise ses enfants \u00e0 l\u2019\u00e9cole tunisienne car il \u00ab refuse de reconna\u00eetre autre chose que la Libye de Kadhafi \u00bb, conna\u00eet bien M. S. ainsi que de nombreux parents d\u2019\u00e9l\u00e8ves. Alors que le programme de l\u2019\u00e9cole libyenne est grosso modo le m\u00eame que celui qui \u00e9tait en vigueur \u00e0 l\u2019\u00e9poque de Kadhafi, ici les questions d\u2019ordre politiques pr\u00e9dominent sur celles d\u2019ordre \u00e9ducatives.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Plusieurs ph\u00e9nom\u00e8nes tendent \u00e0 renforcer cette id\u00e9e. Que ce soit le fait qu\u2019il est naturel pour les parents d\u2019\u00e9l\u00e8ves de ne pas aider financi\u00e8rement au fonctionnement de l\u2019\u00e9cole (qui a du d\u00e9m\u00e9nager pour payer un loyer moins \u00e9lev\u00e9s et o\u00f9 le personnel n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 pay\u00e9 de l\u2019ann\u00e9e 2015) , qu\u2019il n\u2019y ait ni association de parents d\u2019\u00e9l\u00e8ves ni activit\u00e9s extrascolaire, et enfin le fait qu\u2019aucun de nos enqu\u00eat\u00e9s n\u2019avait inscrit auparavant leurs enfants (m\u00eame les plus jeunes) \u00e0 l\u2019\u00e9cole tunisienne, ces indices tendent \u00e0 montrer que le fait qu\u2019une \u00e9cole libyenne assure des cours \u00e0 leurs enfants satisfait tous les parents. En effet, \u00ab M. S. fait du tr\u00e8s bon travail \u00bb, comme l\u2019affirme Ali, 45 ans, un ancien homme d\u2019affaire de Tripoli arriv\u00e9 \u00e0 Sfax en 2011 ; sa gestion des probl\u00e8mes internes a souvent \u00e9t\u00e9 cit\u00e9 par les enqu\u00eat\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En ce qui concerne les questions politiques ou de m\u0153urs, les parents se montrent bien plus impliqu\u00e9s. En effet, la question de l\u2019hymne, habituellement chant\u00e9 tous les matins avant de commencer les cours a \u00e9t\u00e9 la source de nombreuses tensions. Finalement, le directeur a tranch\u00e9 en acceptant que les parents qui ne veulent pas que leurs enfants chantent l\u2019hymne de la Libye r\u00e9volutionnaire puissent amener leurs enfants un peu apr\u00e8s. Concernant les questions de m\u0153urs, les parents sont \u00e9galement tr\u00e8s pointilleux. Ainsi, si un gar\u00e7on et une fille sont trop proches l\u2019un de l\u2019autre, les sanctions sont tr\u00e8s s\u00e9v\u00e8res \u00e0 leur encontre, les parents sont convoqu\u00e9s etc\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi, quand des p\u00e8res de famille, qui ont eux-m\u00eames fait des \u00e9tudes, ont une implication limit\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9gard du contenu \u00e9ducatif de l\u2019\u00e9cole fr\u00e9quent\u00e9e par leurs enfants[34], cela illustre bien l\u2019id\u00e9e selon laquelle cette \u00e9cole a d\u2019autres vertus qu\u2019\u00e9ducatives. Le d\u00e9calage dans l\u2019implication des p\u00e8res des \u00e9l\u00e8ves, tr\u00e8s pr\u00e9sents sur les questions politiques, symboliques ou de m\u0153urs, et bien moins en ce qui concerne l\u2019\u00e9ducatif, tend \u00e0 montrer qu\u2019\u00e0 leurs yeux l\u2019\u00e9cole repr\u00e9sente avant tout un r\u00f4le communautaire et identitaire[35]. Lieu hautement politique de par sa fr\u00e9quentation et son fonctionnement quotidien, l\u2019\u00e9cole libyenne de Sfax est ainsi \u00e9galement le lieu du rassemblement des muhajer en exil \u00e0 Sfax.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L\u2019\u00e9cole dans la recomposition d\u2019un capital social en exil<\/strong><br \/>\nLa reconstitution d\u2019une communaut\u00e9<br \/>\n\u00ab Pour de nombreuses raisons, la vie est plus facile dans une communaut\u00e9 dot\u00e9e (\u00ab blessed \u00bb) d\u2019un stock cons\u00e9quent de capital social \u00bb[36] affirme Robert Putman. Sans entrer dans les grands d\u00e9bats th\u00e9oriques inh\u00e9rents \u00e0 la notion de capital social (est-ce un bien individuel ou une ressource collective, son accumulation est elle int\u00e9ress\u00e9e ou non etc.), celui-ci est un bon outil pour tenter de comprendre comment des individus et des institutions peuvent atteindre le plus efficacement et le plus justement possible des objectifs communs[37]. Le principe m\u00eame du capital social est qu\u2019il est extr\u00eamement malais\u00e9 de le d\u00e9finir th\u00e9oriquement quand bon nombre de travaux scientifiques en montrent l\u2019expression concr\u00e8te. Toutefois, il s\u2019av\u00e8re, comme le montre Alejandro Portes, que quatre \u00e9l\u00e9ments sont \u00e0 la source et structurent le capital social, qu\u2019il soit individuel ou collectif : l\u2019int\u00e9riorisation de valeurs communes, des \u00e9changes de r\u00e9ciprocit\u00e9, des formes de solidarit\u00e9 collective ainsi qu\u2019une confiance impos\u00e9e par des sanctions, positives ou n\u00e9gatives[38].<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En ce qui concerne notre \u00e9tude, nous consid\u00e9rons le capital social tant comme un bien individuel inh\u00e9rent \u00e0 chaque famille de muhajer, que comme une ressource qui structure le groupe des Libyens en exil \u00e0 Sfax. En effet, la sensation d\u2019avoir un destin commun \u2013 qui implique des valeurs communes ainsi que des objectifs communs \u2013 est le point de d\u00e9part permettant la constitution d\u2019une communaut\u00e9 en exil. Surtout, de nombreuses familles arrivent en Tunisie, et par cons\u00e9quent \u00e0 Sfax, sans conna\u00eetre personne. L\u2019\u00e9cole repr\u00e9sente alors le meilleur moyen de rencontrer d\u2019autres Libyens. De fait, la constitution d\u2019un nouveau capital social s\u2019effectue d\u2019autant plus naturellement que ces familles connaissent des exp\u00e9riences de l\u2019exil bien similaires. En effet, la plupart des p\u00e8res de famille subissent leur exil[39], qu\u2019ils assimilent \u00e0 un d\u00e9racinement[40]. Ne travaillant pas \u2013 \u00ab comment pourrait-on travailler alors que le ch\u00f4mage est d\u00e9j\u00e0 si \u00e9lev\u00e9 en Tunisie \u00bb r\u00e9sume Mohamed, 45 ans \u2013 et passant beaucoup de temps au caf\u00e9, ou parfois dans les cliniques priv\u00e9es, les p\u00e8res de famille libyens partagent ensemble leur attente du retour au pays. Si l\u2019\u00e9cole ne repr\u00e9sente pas l\u2019unique lieu de reconstitution d\u2019un capital social en exil pour les Libyens muhajer, c\u2019en est un lieu privil\u00e9gi\u00e9 dans le sens o\u00f9 le fait d\u2019y inscrire ses enfants signifie, d\u2019une certaine mani\u00e8re, \u00eatre politiquement \u00ab fr\u00e9quentable \u00bb pour les autres parents. Plus qu\u2019un simple lieu de rencontre entre exil\u00e9s libyens partageant quelques fondamentaux politiques (opposition au r\u00e9gime de \u00ab Fajr Libya \u00bb au pouvoir \u00e0 Tripoli et sentiment de d\u00e9classement li\u00e9 \u00e0 la r\u00e9volution), ces \u00e9coles sont un moyen efficace pour les familles de se constituer ou bien d\u2019avoir acc\u00e8s aux r\u00e9seaux d\u2019entraide.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si nous ne pouvons pas affirmer une centralit\u00e9 de l\u2019\u00e9cole dans l\u2019existence des r\u00e9seaux d\u2019entraide libyens, il est au demeurant clair que l\u2019\u00e9cole permet aux exil\u00e9s de se faire conna\u00eetre, pr\u00e9alable n\u00e9cessaire \u00e0 l\u2019obtention d\u2019une aide. Bien que le conflit ait rendu les Libyens particuli\u00e8rement m\u00e9fiants envers leurs concitoyens, le fait de partager une situation difficile commune g\u00e9n\u00e8re une forte solidarit\u00e9 entre exil\u00e9s. En effet, que ce soit du fait de probl\u00e8mes \u00e9conomiques (les logements et les soins dans les cliniques priv\u00e9es sont particuli\u00e8rement hors de prix pour les Libyens), de tracas avec la police tunisienne ou avec d\u2019autres libyens, nombreux sont les enjeux susceptibles de rassembler les exil\u00e9s. \u00ab Nous sommes en contact avec les familles en difficult\u00e9, affirme Karim, la cinquantaine, originaire d\u2019El Ajilet. Parfois nous faisons des collectes pour ces familles l\u00e0. Nous sommes pr\u00eats \u00e0 aider les fr\u00e8res pour apr\u00e8s rentrer au pays tous ensemble. \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces r\u00e9seaux d\u2019entraide sont vari\u00e9s et loin d\u2019\u00eatre unifi\u00e9s. Les \u00e9coles de par leur accessibilit\u00e9 sont dans tous les cas un \u00e9l\u00e9ment important dans l\u2019\u00e9laboration et la diffusion de ces r\u00e9seaux : \u00ab l\u2019\u00e9cole est surtout un lieu d\u2019entraide \u00bb comme le confirme M. S. Pens\u00e9s pour aider ceux qui se trouvent dans une situation difficile, ces r\u00e9seaux sont surtout une agglom\u00e9ration de r\u00e9seaux personnels, constitu\u00e9s avant ou apr\u00e8s 2011. Ainsi, alors que certains en sont \u00e0 leur quatri\u00e8me ann\u00e9e d\u2019exil, ces r\u00e9seaux subsistent gr\u00e2ce aux montages mis en place par des exil\u00e9s qui r\u00e9ussissent \u00e0 recevoir des fonds de la part de leur famille (au sens d\u2019une parent\u00e8le \u00e9largie) rest\u00e9e en Libye. Ainsi, les quatre sources du capital social de Portes sont pr\u00e9sentes ici : uniformit\u00e9 des valeurs, existence de r\u00e9seaux d\u2019entraide, des formes de solidarit\u00e9 collectives, et des sanctions, qui sont li\u00e9es aux opinions politiques de chacun.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais, d\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, ces r\u00e9seaux permettent, avant toutes consid\u00e9rations d\u2019ordre \u00e9conomique, de ne pas \u00eatre seul au quotidien, de pouvoir partager entre muhajer l\u2019exp\u00e9rience de l\u2019exil. De fait, le maillage de relations des Libyens est assez complexe \u00e0 \u00e9tudier. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, on observe que, si les Libyens et les Tunisiens se c\u00f4toient chaque jour, ils m\u00e8nent bien une existence parall\u00e8le. A cet \u00e9gard, les \u00e9coles en tant qu\u2019institution de l\u2019exil maintiennent cette dichotomie et nourrissent une attente d\u2019un retour le plus rapide possible en Libye. En effet, on peut voir dans le directeur de l\u2019\u00e9cole de Sfax un v\u00e9ritable notable de la communaut\u00e9 libyenne qui y r\u00e9side en exil : en plus d\u2019avoir un r\u00f4le de protecteur pour les enfants et de r\u00e9f\u00e9rent pour les parents, il conna\u00eet et est connu de tous, m\u00eame de ceux qui ne fr\u00e9quentent pas l\u2019\u00e9cole. Pourtant, on ne peut pas non plus consid\u00e9rer les liens entre muhajer comme des \u00ab liens forts \u00bb au sens de Granovetter[41]. Si les informations circulent bien au sien de la communaut\u00e9 libyenne, les muhajer restent m\u00e9fiants les uns envers les autres.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On pourrait \u00eatre tent\u00e9 de penser que, \u00e9tant donn\u00e9 que ces \u00e9coles sont des institutions \u00e0 l\u2019\u00e9tranger du gouvernement de Tobrouk, ceux qui les fr\u00e9quentent soient des soutiens affirm\u00e9s de Tobrouk. En r\u00e9alit\u00e9, si ces \u00e9coles sont administr\u00e9es par l\u2019ambassade libyenne \u00e0 Tunis, les familles qui y scolarisent leurs enfants n\u2019ont pas pour autant \u00e0 s\u2019y enregistrer. A Sfax, tous les Libyens connaissent Sadok, qui travaille au consulat libyen, car il scolarise ses enfants \u00e0 l\u2019\u00e9cole libyenne ; ainsi, quand ils ont besoin d\u2019un service administratif, les Libyens l\u2019appellent, sans avoir \u00e0 se pr\u00e9senter dans une institution officielle du gouvernement de Tobrouk[42]. L\u2019\u00e9cole de Tobrouk permet ainsi aux familles de pr\u00e9server une ambig\u00fcit\u00e9 car elle ne les engage pas daL\u2019\u00e9cole dans la recomposition d\u2019un capital social en exil<br \/>\nns un soutien envers Tobrouk.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Une communaut\u00e9 politiquement mobilis\u00e9e ?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On pourrait penser, \u00e0 la suite des travaux de Lischer[43] que, comme pour les r\u00e9fugi\u00e9s syriens[44], la constitution d\u2019une communaut\u00e9 en exil, dont l\u2019existence est difficile, pourrait \u00eatre le socle d\u2019une mobilisation d\u2019ordre politique. Or, le groupe de Libyens en exil \u00e0 Sfax, bien que politiquement marqu\u00e9, n\u2019est pas porteur de revendication politique. L\u2019\u00e9cole libyenne est, outre le lieu de constitution d\u2019un carnet d\u2019adresse, avant tout un rep\u00e8re dans la reconstitution d\u2019un cadre rassurant pour les familles, mais cela ne d\u00e9passe pas cette fonction. En effet, les exil\u00e9s, sont dans une posture passive d\u2019attente d\u2019un r\u00e8glement du conflit, sans aucune dynamique proactive de constitution ni d\u2019affiliation \u00e0 aucun groupe ayant une vis\u00e9e politique[45]. Cela fait \u00e9cho aux travaux de Lisa Anderson qui affirmait en 2000 que \u00ab la soci\u00e9t\u00e9 civile n\u2019existe pas en Libye \u00bb[46]. Ainsi, cette passivit\u00e9 pourrait-elle s\u2019expliquer par l\u2019ancrage d\u2019habitudes politiques consistant \u00e0 attendre que l\u2019\u00c9tat prenne en charge leur existence ? Difficile \u00e0 dire. Toujours est-il que, si l\u2019\u00e9cole est politis\u00e9e, elle n\u2019est pour autant pas un lieu de politisation ni d\u2019aucune mobilisation, que ce soit concernant la situation des Libyens en Tunisie ou concernant la situation en Libye m\u00eame.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u2019une certaine mani\u00e8re, le seul acte politique accompli par les familles, est celui de donner de la l\u00e9gitimit\u00e9 au gouvernement de Tobrouk en scolarisant leurs enfants dans ces \u00e9coles. \u00c9tant donn\u00e9 que les autorit\u00e9s de Tobrouk sont reconnues par la communaut\u00e9 internationale, celles-ci peuvent par cons\u00e9quent se poser en garant de l\u2019ordre \u00e9tatique et en protecteur des exil\u00e9s libyens en Tunisie. Ce qui, dans l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019une victoire des forces du g\u00e9n\u00e9ral Haftar[47] ou d\u2019une r\u00e9conciliation nationale, pourrait \u00e9ventuellement permettre d\u2019envisager un soutien futur des muhajer en faveur de Tobrouk.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">***<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous avons ainsi montr\u00e9 qu\u2019un ph\u00e9nom\u00e8ne a priori anodin comme l\u2019ouverture d\u2019\u00e9coles pour exil\u00e9s \u00e9claire beaucoup sur les trajectoires migratoires et les objectifs des migrants ainsi que sur les caract\u00e9ristiques d\u2019un entre soi libyen reconstitu\u00e9 sur le territoire tunisien. Exil\u00e9s dans un pays arabe \u00ab fr\u00e8re \u00bb, les Libyens m\u00e8nent de fait une existence parall\u00e8le aux Tunisiens, dans l\u2019attente d\u2019un hypoth\u00e9tique retour au pays. Et \u00e0 cet \u00e9gard les \u00e9coles en tant qu\u2019institution chaperonnant l\u2019exil, tout en offrant une continuit\u00e9 \u00e9ducative aux enfants, est un \u00e9l\u00e9ment central dans l\u2019affirmation de cette dichotomie. Ainsi, nous avons montr\u00e9 qu\u2019une intervention \u00e9ducative en situation de crise peut \u00eatre envisag\u00e9e par ceux qui en b\u00e9n\u00e9ficient comme une institution aux vertus plus \u00e9conomiques et sociales qu\u2019\u00e9ducatives. Plus qu\u2019un lieu de transmission d\u2019une m\u00e9moire politis\u00e9e de l\u2019exil, l\u2019\u00e9cole permet de reconstituer une petite Libye \u00e0 Sfax.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La migration libyenne en Tunisie, est une cons\u00e9quence peu \u00e9tudi\u00e9e du \u00ab printemps arabe \u00bb qui ne manque pas d\u2019\u00eatre probl\u00e9matique pour la Tunisie. En effet, plus la situation en Libye se prolongera, plus les conditions de la pr\u00e9sence libyenne en Tunisie se poseront, notamment du fait des externalit\u00e9s du chaos libyen sur le processus d\u00e9mocratique tunisien.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bibliographie<br \/>\nBaujard Julie, \u00ab Les r\u00e9fugi\u00e9s au c\u0153ur d\u2019une offre \u00e9ducative multiple. Le cas de Delhi (Inde) \u00bb, Autrepart, 2010\/2 (n\u00b054), p.81-96.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Beaud Stephane, Weber Laurence, Guide de l\u2019enqu\u00eate de terrain, Paris, La d\u00e9couverte, 2010, 336p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bennani-Chra\u00efbi Mounia, Filleule Olivier, \u00ab Chapitre 1, Exit, voice, loyalty et bien d\u2019autres choses encore\u2026 \u00bb, in Bennani-Chra\u00efbi Mounia, Filleule, Olivier, (eds.), R\u00e9sistances et protestations dans les soci\u00e9t\u00e9s musulmanes, Paris, Presses de Sciences Po, 2004, pp. 45-126.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bensa\u00e2d Ali, \u00ab Changement social et contestations en Libye \u00bb, Politique africaine 2012\/1 (N\u00b0 125), p. 5-22.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bevort Antoine, Lallement Michel (dir.), \u00ab Le capital social \u00bb, Paris, Editions La D\u00e9couverte, 2006, 336p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bierschenk Thomas, Chauveau Jean-Pierre et Olivier de Sardan Jean-Pierre, Courtiers en d\u00e9veloppement. Les villages africains en qu\u00eate de projets. Paris, Karthala ; Mayence, APAD, 2000, 318 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Boubakri Hassan, \u00ab Les migrations en Tunisie apr\u00e8s la r\u00e9volution \u00bb, Confluences M\u00e9diterran\u00e9e, 2013\/4 N\u00b0 87, p.31-46.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bourdieu Pierre, \u00ab Le capital social. Notes provisoires \u00bb, Actes de la recherche en sciences sociales, 31, janvier 1980, p. 2-3.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bourdieu Pierre, Passeron Jean-Claude, La reproduction. El\u00e9ments pour une th\u00e9orie du syst\u00e8me d\u2019enseignement, Paris, Minuit, 1970, 284p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Centlivres Pierre, \u00ab Les trois p\u00f4les de l\u2019identit\u00e9 afghane au Pakistan \u00bb, L\u2019Homme, tome 28 n\u00b0108, p.134-146.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Chatelard G\u00e9raldine, Dorai Mohamed Kamel, \u00ab La pr\u00e9sence irakienne en Syrie et en Jordanie : dynamiques sociales et spatiales, et modes de gestion par les pays d\u2019accueil \u00bb, Maghreb-Machrek, n\u00b0199, 2009, pp.43-60.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Chelpi-den Hamer Magali, Fresia Marion, Lanoue Eric, \u00ab Education et conflits. Les enjeux de l\u2019offre \u00e9ducative en situation de crise \u00bb, Autrepart, 2010\/2 (n\u00b054), p.3-22.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Chelpi-den Hamer Magali, \u00ab Ecoles de r\u00e9fugi\u00e9s ou int\u00e9gration dans les \u00e9coles locales ? Le parcours des r\u00e9fugi\u00e9s lib\u00e9riens en C\u00f4te d\u2019Ivoire (1992-2007) \u00bb, Autrepart, 2010\/2 (n\u00b054), p.43-63.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dora\u00ef Mohamed Kamel, \u00ab Du brouillage des cat\u00e9gories de r\u00e9fugi\u00e9 et de demandeur d\u2019asile \u00e0 partir d\u2019exemples moyen-orientaux \u00bb, in CAMBREZY Luc et al. L\u2019Asile au Sud, La dispute, Paris, 2008, pp.89-109.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dufoix Stephane, \u00ab Fausses \u00e9vidences. Statut de r\u00e9fugi\u00e9 et politisation \u00bb, Revue Europ\u00e9enne des Migrations internationales, 2000 (16) 3, pp. 147-164.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dufoix St\u00e9phane, Les diasporas, Paris, PUF, Coll. Que Sais-Je, 2003, 128p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Hachimi Alaoui Myriam, Les Chemins de l\u2019exil, Paris, L\u2019Harmattan, 2007, 202p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">International Crisis Group, \u00ab La Tunisie des fronti\u00e8res (II) : terrorisme et polarisation r\u00e9gionale \u00bb, 21 octobre 2014, 20p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Leenders Reinoud, \u00ab L\u2019adieu aux armes : la politique des r\u00e9fugi\u00e9s irakiens et son impact s\u00e9curitaire sur la r\u00e9gion \u00bb, Maghreb-Machrek, n\u00b0198, 2008, pp.93-122. entraide qui structurent le quotidien de ces gens l\u00e0) conduit \u00e0 leur ouverture que dans leur fonctionnement. Externalit\u00e9s potententraide qui structurent le quotidien de ces gens l\u00e0) conduit \u00e0 leur ouverture que dans leur fonctionnement. Externalit\u00e9s potent<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mazella Sylvie, Sociologie des migrations, Paris, PUF, collection \u00ab Que sais-je ? \u00bb, 2014, 128p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Revue Moyen-Orient, n\u00b025, Dossier \u00ab Libye de la r\u00e9volution au chaos \u00bb coordonn\u00e9 par Ali Bensa\u00e2d, 2015, pp.15-61.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Rouland Betty, Jarraya Mounir, Fleuret S\u00e9bastien, \u00ab Du tourisme m\u00e9dical \u00e0 la mise en place d\u2019un espace de soins transnational. L\u2019exemple des patients libyens \u00e0 Sfax (Tunisie) \u00bb, Revue francophone sur la sant\u00e9 et les territoires, octobre 2016, 21p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Said Edward, Reflexions on Exile and Other Essays, Cambridge, MA, Harvard University Press, 2000, p.173.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Trigano Shmuel, Le Temps de l\u2019exil, Paris, Editions Payot et Rivages, 2001, 128p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Notes<br \/>\n[1] DUFOIX Stephane, \u00ab Fausses \u00e9vidences. Statut de r\u00e9fugi\u00e9 et politisation \u00bb, Revue Europ\u00e9enne des Migrations internationales, 2000 (16) 3, pp. 147-164.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[2] CHELPI-DEN HAMER Magali, FRESIA Marion et LANOUE Eric, \u00ab Education et conflits. Les enjeux de l\u2019offre \u00e9ducative en situation de crise \u00bb, op.cit.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[3] Voir OLIVIER DE SARDAN Jean-Pierre, \u00ab De la nouvelle anthropologie du d\u00e9veloppement \u00e0 la socio-anthropologie des espaces publics africains \u00bb, Revue Tiers Monde 3\/2007 (n\u00b0 191) , p. 543-552<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[4] BOUBAKRI Hassan, POTOT Swanie, \u00ab De l\u2019\u00e9lan citoyen \u00e0 la mise en place d\u2019une politique migratoire en Tunisie : l\u2019accueil des r\u00e9fugi\u00e9s libyens en 2011 \u00bb ; in Migrations Soci\u00e9t\u00e9, Volume 24, n\u00b0143, septembre-octobre 2012, pp. 121-137.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[5] BOUBAKRI Hassan, \u00ab Migrations Internationales et R\u00e9volution en Tunisie \u00bb, se\u0301rie : \u201cMPC RR 2013\/01\u201c, Robert Schuman Centre for Advanced Studies, San Domenico di Fiesole (FI):<br \/>\nInstitut universitaire europe\u0301en, 2013.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[6] HACHIMI ALAOUI Myriam, Les Chemins de l\u2019exil, Paris, L\u2019Harmattan, 2007, p.16.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[7] Il nous a \u00e9t\u00e9 impossible d\u2019avoir des entretiens avec des femmes libyennes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[8] SINCLAIR Margaret, \u00ab Planifier l\u2019\u00e9ducation en situation d\u2019urgence et de reconstruction \u00bb, Principes de planification de l\u2019\u00e9ducation, n\u00b073, 2003. Lien : http:\/\/unesdoc.unesco.org\/images\/0012\/001293\/129356f.pdf<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[9] ibid. p27<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[10]K\u00d6SSLER Z\u00e9lie, \u00ab L\u2019\u00e9ducation en situation d\u2019urgence \u00bb, CIPADH, 11 f\u00e9vrier 2015. Lien : http:\/\/www.cipadh.org\/fr\/l\u2019\u00e9ducation-en-situations-d\u2019urgence<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[11] Publi\u00e9 par la revue Autrepart, coordonn\u00e9 en 2010 par Magali Chelpi-den Hamer, Marion Fresia et Eric Lanoue, et qui apporte une r\u00e9flexion synth\u00e9tique sur les plans th\u00e9oriques et pratiques autour de la notion d\u2019\u00ab \u00e9ducation en situation de crise \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[12] CHELPI-DEN HAMER Magali, FRESIA Marion et LANOUE Eric, \u00ab Education et conflits. Les enjeux de l\u2019offre \u00e9ducative en situation de crise \u00bb, op.cit.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[13] BEN ACHOUR Souhayma, BEN JEMIA Monia, \u00ab Guerre en Libye : la situation des migrants et des r\u00e9fugi\u00e9s en Tunisie \u00bb, EUI, CARIM, notes d\u2019analyse et de synth\u00e8se 2011\/70, module juridique, 2011.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[14] DORA\u00cf Mohamed Kamel, \u00ab Du brouillage des cat\u00e9gories de r\u00e9fugi\u00e9 et de demandeur d\u2019asile \u00e0 partir d\u2019exemples moyen-orientaux \u00bb, in CAMBREZY Luc et al. L\u2019Asile au Sud, La dispute, Paris, 2008, pp.89-109.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[15] La Tunisie travaille actuellement sur l\u2019\u00e9laboration d\u2019un droit d\u2019asile<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[16] CHELPI-DEN HAMER Magali, \u00ab Ecoles de r\u00e9fugi\u00e9s ou int\u00e9gration dans les \u00e9coles locales ? Le parcours des r\u00e9fugi\u00e9s lib\u00e9riens en C\u00f4te-d\u2019Ivoire (1992-2007) \u00bb, op.cit. p. 43.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[17] CHELPI-DEN HAMER Magali, FRESIA Marion et LANOUE Eric, \u00ab Education et conflits. Les enjeux de l\u2019offre \u00e9ducative en situation de crise \u00bb, op.cit. p. 3.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[18] DORA\u00cf Mohamed Kamel, Le ro\u02c6le de la Syrie dans l\u2019accueil des r \u0301efugi \u0301es irakiens depuis 2003 : espace de transit, espace d\u2019installation. M \u0301editerran \u0301ee : revue g \u0301eographique des pays m \u0301editerran \u0301eens, Publications de l\u2019Universit \u0301e de Provence, 2009, pp.138-146.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[19] Voir BOUBAKRI Hassan, Echanges transfrontaliers et commerce parall\u00e8le aux fronti\u00e8res tuniso-libyennes, Monde Arabe Maghreb-Machrek, n\u00b0170, oct-d\u00e9c. 2000, p.39-51, et CHANDOUL Moustapha, BOUBAKRI Hassen, \u00ab Migrations clandestines et contrebande \u00e0 la fronti\u00e8re tuniso-libyenne \u00bb, Revue europ\u00e9enne des migrations internationales, vol.7, n\u00b02, 1991, p.155-162.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[20] LAUTIER Marc, Les exportations de services des pays en d\u00e9veloppement. Le cas tunisien, Agence Fran\u00e7aise de D\u00e9veloppement, Notes et Documents n\u00b025, d\u00e9cembre 2005, 172p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[21] ROULAND Betty, JARRAYA Mounir, FLEURET S\u00e9bastien, \u00ab Du tourisme m\u00e9dical \u00e0 la mise en place d\u2019un espace de soins transnational. L\u2019exemple des patients libyens \u00e0 Sfax (Tunisie) \u00bb, Revue francophone sur la sant\u00e9 et les territoires, octobre 2016, 21p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[22] Voir le dossier de Politique Africaine datant de 2012 sur la \u00ab Libye r\u00e9volutionnaire \u00bb, et coordonn\u00e9 par Ali Bens\u00e2ad.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[23] BENS\u00c2AD Ali, \u00ab Les trajectoires chaotiques d\u2019une reconstruction \u00e9tatique \u00bb, Moyen-Orient, n\u00b025, Janvier-Mars 2015, pp. 18-23.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[24] MARTINEZ Luis, Violence de la rente p\u00e9troli\u00e8re : Alg\u00e9rie-Irak-Libye, Paris, Presses de Sciences Po, 2010, 230p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[25] M\u00eame des familles peu ais\u00e9es ou qui sont arriv\u00e9es en Tunisie avec peu de ressources, comme celle d\u2019Omar, d\u00e9pensent beaucoup d\u2019argent en Tunisie, ce qui contribue \u00e0 l\u2019image de \u00ab riches \u00bb qu\u2019ont les Libyens en Tunisie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[26] Il est possible \u00e0 ce propos d\u2019\u00e9tablir un parall\u00e8le avec la situation des Irakiens en Syrie et en Jordanie apr\u00e8s la guerre de 2003.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[27] La perception des Tunisiens \u00e0 leur \u00e9gard est tr\u00e8s contrast\u00e9e. S\u2019ils ont toujours eu l\u2019habitude de beaucoup d\u00e9penser lors de leurs s\u00e9jours en Tunisie (qui est habituellement un pays de d\u00e9tente pour les Libyens), ce qu\u2019ils continuent de faire depuis 2011 (on leur impute notamment la responsabilit\u00e9 de la flamb\u00e9e actuelle de l\u2019immobilier), leur pr\u00e9sence dans la dur\u00e9e agace en Tunisie. Cf cet article tir\u00e9 de l\u2019\u00e9mission \u00ab Les Observateurs \u00bb de France 24 dont le titre est assez repr\u00e9sentatif de la vision des Tunisiens sur les Libyens in \u00ab Riches et grossiers : les Libyens stigmatis\u00e9s en Tunisie \u00bb. http:\/\/observers.france24.com\/fr\/20140930-video-libye-refugies-tunisie-alcool-prostitution : visit\u00e9 le 25 novembre 2015.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[28] Ce qu\u2019illustre bien l\u2019incursion de djihadistes li\u00e9s \u00e0 l\u2019Etat Islamique venus de Libye dans la ville frontali\u00e8re de Ben Guerdane, le 7 mars 2016. Voir aussi SERINI Jean-Pierre, \u00ab La Tunisie malade de l\u2019implosion libyenne \u00bb, Orient XXI, 4 juin 2014. Lien : http:\/\/orientxxi.info\/magazine\/la-tunisie-malade-de-l-implosion-libyenne,0607<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[29] Les noms ont \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[30] D\u2019apr\u00e8s l\u2019attach\u00e9 culturel \u00e0 l\u2019ambassade libyenne \u00e0 Tunis.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[31] LANGE Marie-France, \u00ab \u00c9cole et mondialisation \u00bb, Cahiers d\u2019\u00e9tudes africaines, 169-170, 2003, p.149.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[32] CHELPI-DEN HAMER Magali, FRESIA Marion et LANOUE Eric, \u00ab Education et conflits. Les enjeux de l\u2019offre \u00e9ducative en situation de crise \u00bb, op.cit. p. 11.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[33] Cf la synth\u00e9tique analyse de Pierre Centlivres \u00e0 propos des \u00ab mohajer \u00bb dans CENTLIVRES Pierre, \u00ab Les trois p\u00f4les de l\u2019identit\u00e9 afghane au Pakistan \u00bb, L\u2019Homme, tome 28 n\u00b0108, p.134-146.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[34] Voir l\u2019\u00e9tude de Bernard Favre et de Jean-Marc Jaeggi sur le rapport entre l\u2019implication des parents et les performances scolaires des enfants. FAVRE Bernard, JAEGGI Jean-Marc, \u00ab Capital social et performances scolaires \u00bb, in BEVORT Antoine, LALLEMENT Michel (dir.), Paris, Editions La D\u00e9couverte, 2006, p.146-160.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[35] Comme nous n\u2019avons pu rencontrer de femmes libyennes exil\u00e9es, nous en savons moins sur l\u2019implication des m\u00e8res de famille, dans le cadre familial, \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la scolarit\u00e9 de leurs enfants.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[36] PUTMAN Robert, \u00ab Bowling Alone : America\u2019s Declining Social Capital \u00bb Journal of Democracy, 6 (1), pp.65-78.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[37] LALLEMENT Michel, \u00ab Capital social et th\u00e9ories sociologiques \u00bb, in Bevort Antoine, Lallement Michel (dir.), Paris, Editions La D\u00e9couverte, 2006, pp.71-88.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[38] PORTES Alejandro, \u00ab Social Capital : Its Origins and Applications in Modern Sociology \u00bb, Annual Review of Sociology, 24, pp.1-24.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[39] Voir HACHIMI ALAOUI Myriam, Les chemins de l\u2019exil. Les Alg\u00e9riens exil\u00e9s en France et au Canada depuis les ann\u00e9es 1990, Paris, L\u2019Harmattan (\u00ab Logiques sociales \u00bb), 2007, 202 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[40] TRIGANO Shmuel, Le Temps de l\u2019exil, Paris, Editions Payot et Rivages, 2001, 128p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[41] GRANOVETTER Mark, \u201cThe strength of weak ties\u201d, American Journal of Sociology 78(6), 1973, pp.1360-1380.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[42] C\u2019est pourquoi l\u2019ambassade libyenne a Tunis a fait circuler \u00e0 partir de mai 2015 un formulaire de recensement \u00e0 l\u2019adresse des Libyens qui r\u00e9sident en Tunisie, qui octroie 400 dollars \u00e0 tout Libyen qui le remplit. Cette initiative a \u00e9t\u00e9 accueillie avec beaucoup de m\u00e9fiance par nos enqu\u00eat\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[43] LISCHER Sarah Kenyon, Dangerous Sanctuaries : Refugee Camps, Civil War And the Dilemmas of Humanitarian Aid, Cornell University Press, Ithaca et Londres, 2005, pp.11-15.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[44] CHEVEE Adelie, \u00ab Les r\u00e9fugi\u00e9s syriens au Liban : l\u2019affirmation d\u2019une existence politique \u00bb, BERTHELOT Pierre (dir.), Th\u00e9orie et pratique des relations internationales au Moyen-Orient, CCMO-Editions du Cygne, Paris, 2013, pp.9-26.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[45] Ce qui pourrait \u00e9galement s\u2019expliquer par le manque de tradition d\u2019une v\u00e9ritable soci\u00e9t\u00e9 civile libyenne li\u00e9 au r\u00e9gime omnipr\u00e9sent de Mouammar Kadhafi. Cf BENSAAD Ali, \u00ab Changement social et contestations en Libye \u00bb, Politique africaine 2012\/1 (N\u00b0 125), p.5-22, MARTINEZ Luis, \u00ab Libye : les usages mafieux de la rente p\u00e9troli\u00e8re \u00bb, Politique africaine 2012\/1 (N\u00b0 125), p. 23-42 \u00bbt R\u00e9volution en Tunisie \u00bbrdane, leibye dans la ville de Ben Guerdane iens\u00e8s le conflit de 2011, sont majoritairement dans les c<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[46] ANDERSON Lisa, \u00ab La Libye de Kadhafi \u00bb, Maghreb`Machrek, n\u00b0170, 2000, p.12-15.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[47] BENS\u00c2AD Ali, \u00ab Les trajectoires chaotiques d\u2019une reconstruction \u00e9tatique \u00bb, Moyen-Orient, n\u00b025, Janvier-Mars 2015, pp. 18-23.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"https:\/\/cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com\/2018\/01\/19\/les-ecoles-libyennes-de-tunisie-enjeux-politiques-et-recomposition-dune-communaute-en-exil\/\">Source<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Thomas ROSENTHAL, dipl\u00f4m\u00e9 en Relations Internationales (Sciences Po Aix et Paris 1), charg\u00e9 de contenus et de m\u00e9diation \u201cimmigration et int\u00e9gration\u201d \u00e0 Biblioth\u00e8ques Sans&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":3979,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2618,386],"tags":[2617,29,55,31],"class_list":["post-3973","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-libye","category-opinions-analyses","tag-ecoles-libyennes","tag-libye","tag-migration","tag-tunisie"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/xnalgrt.cluster100.hosting.ovh.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3973","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/xnalgrt.cluster100.hosting.ovh.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/xnalgrt.cluster100.hosting.ovh.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/xnalgrt.cluster100.hosting.ovh.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/xnalgrt.cluster100.hosting.ovh.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3973"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/xnalgrt.cluster100.hosting.ovh.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3973\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/xnalgrt.cluster100.hosting.ovh.net\/index.php\/wp-json\/"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/xnalgrt.cluster100.hosting.ovh.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3973"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/xnalgrt.cluster100.hosting.ovh.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3973"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/xnalgrt.cluster100.hosting.ovh.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3973"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}