{"id":211180,"date":"2020-10-11T16:13:52","date_gmt":"2020-10-11T14:13:52","guid":{"rendered":"http:\/\/moroccomail.fr\/?p=51594"},"modified":"2020-10-11T16:13:52","modified_gmt":"2020-10-11T14:13:52","slug":"maroc-reportage-sur-les-voisins-du-roi-les-touarga","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/xnalgrt.cluster100.hosting.ovh.net\/index.php\/2020\/10\/11\/maroc-reportage-sur-les-voisins-du-roi-les-touarga\/","title":{"rendered":"Maroc: Reportage sur les voisins du roi, les Touarga"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"text-align: justify;\"><em>Ils vivent dans un Maroc \u00e0 part, cern\u00e9s par une \u00e9paisse muraille dont les portes ferment la nuit. Visite guid\u00e9e \u00e0 Touarga, cit\u00e9 du palais royal et des esclaves affranchis.<\/em><br \/><br \/>Par Chadwane Bensalmia<br \/><br \/>&#8220;Quand j&#8217;\u00e9tais enfant, je pensais que Touarga \u00e9tait le Maroc. Tout y \u00e9tait r\u00e9uni pour le croire. Le dispensaire, l&#8217;\u00e9cole, le march\u00e9, la mosqu\u00e9e, la police, les gendarmes, les militaires\u2026 enfin tout. Et puis on avait le palais du roi \u00e0 c\u00f4t\u00e9. Pour moi, c&#8217;\u00e9tait \u00e9vident. Je n&#8217;osais m\u00eame pas mettre les pieds dehors, parce que j&#8217;\u00e9tais convaincu que derri\u00e8re la muraille se trouvait un autre pays&#8221;. La confession de cet adolescent touargui se suffit \u00e0 elle-m\u00eame. Lui qui a grandi en ayant le roi pour voisin, ne pouvait pas deviner qu&#8217;il \u00e9tait, ainsi que ses voisins l&#8217;objet de la jalousie ou quelques fois de la commis\u00e9ration de ses concitoyens d&#8217;outre-mur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 Rabat, Touarga, c&#8217;est cette cit\u00e9 singuli\u00e8re aux yeux de tous, qui \u00e9volue \u00e0 quelques m\u00e8tres du palais royal et qui vit sous son aura protectrice. L&#8217;acc\u00e8s y est soumis \u00e0 un contr\u00f4le identitaire et policier. Et il ne suffit pas de le vouloir pour pouvoir en arpenter les ruelles. D&#8217;ailleurs, personne n&#8217;en ressent le besoin ni l&#8217;envie car tout autour, il y a beaucoup plus s\u00e9duisant&#8230;<br \/>Touarga est r\u00e9partie en deux grands quartiers, faqa (ceux d&#8217;en haut) et t&#8217;hata (ceux d&#8217;en bas). Dans ce dernier, qui commence \u00e0 l&#8217;entr\u00e9e du Mechouar, une partie porte le nom de Derb Jdid (le nouveau quartier). C&#8217;est \u00e0 l&#8217;entr\u00e9e des t&#8217;hata que se construit actuellement le si\u00e8ge de Diwan Al-Madalim. Et c&#8217;est \u00e0 la fin des faqa que se trouve le palais royal. Entre les deux, vivent tous ceux que l&#8217;on appelle &#8220;Hachiyate al malik&#8221; (la cour du roi).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 Touarga, les rues ne portent pas de noms. \u00c0 l&#8217;exception d&#8217;une seule, la rue Mehdi Meniari. On nous dira que c&#8217;\u00e9tait un fonctionnaire du palais, mort dans un accident de voiture il y a quelques ann\u00e9es et qu&#8217;on a voulu honorer. Rien de plus. Les autres rues sont, quant \u00e0 elles, totalement anonymes. Trois types de b\u00e2timents y cohabitent. Des petites villas sans pr\u00e9tention et \u00e0 l&#8217;architecture peu homog\u00e8ne, des immeubles plut\u00f4t jeunes dont les fa\u00e7ades vertes et ocres, et les volets en moucharabieh ne laissent pas indiff\u00e9rent, et puis des immeubles blancs de type \u00e9conomique, regroup\u00e9s en blocs, portant chacun une lettre de l&#8217;alphabet.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 Tourga, la bachaouiya, la &#8220;wilaya locale&#8221;, est une sorte de concentr\u00e9 d&#8217;administrations. \u00c0 l&#8217;entr\u00e9e, sur le comptoir, on peut lire respectivement : &#8220;service des livrets de famille&#8221;, &#8220;service des passeports&#8221;, &#8220;bureau d&#8217;ordre&#8221; puis &#8220;direction g\u00e9n\u00e9rale&#8221;. Pour une si petite communaut\u00e9, on a pens\u00e9 qu&#8217;il \u00e9tait plus simple de r\u00e9unir tous les services dans un m\u00eame local. Nul besoin de pr\u00e9senter mille et un papiers pour un certificat de r\u00e9sidence ni de subir les files d&#8217;attente. Juste derri\u00e8re, le bureau du ca\u00efd. Sur sa porte, une inscription &#8220;r\u00e9serv\u00e9 aux citoyens&#8221;\u2026 Marocains, ne cherchez plus le guichet unique : il est \u00e0 Touarga.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Son chef, le pacha, son bureau n&#8217;est pas sous ce toit, mais dans un ruelle mitoyenne. C&#8217;est lui qui veille sur l&#8217;ordre. Sur les lettres postales que les touarga re\u00e7oivent, on peut lire le nom du destinataire ; et en dessous, l&#8217;adresse se r\u00e9sume au num\u00e9ro ou \u00e0 la lettre correspondant \u00e0 son b\u00e2timent. En d\u00e9ambulant, on en arrive pourtant \u00e0 oublier la royale adresse \u00e0 laquelle on se trouve. Des constructions que l&#8217;on rangera naturellement dans &#8220;l&#8217;habitat anarchique&#8221; ont pouss\u00e9 ici et l\u00e0. Il y a quelques mois encore, des bidonvilles compl\u00e9taient le d\u00e9cor. Ras\u00e9s depuis, leurs habitants, des militaires pour leur grande majorit\u00e9, se sont vus attribuer &#8211; &#8220;pour quelques 20.000 DH symboliques&#8221;, nous a-t-on confi\u00e9 &#8211; des logements \u00e0 Hay Salam \u00e0 Sal\u00e9. Et le site s&#8217;est transform\u00e9 un parking.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au d\u00e9tour d&#8217;une ruelle, sur chaque petite place des deux quartiers de la cit\u00e9, on peut croiser un vieillard, assis sur sa chaise, un verre de th\u00e9 pos\u00e9 par terre, sondant l&#8217;horizon dans un calme curieux. Ce vieillard, c&#8217;est probablement un Qajoui, ou un Chtak Atak, des personnages au cr\u00e9puscule de l&#8217;\u00e2ge, que l&#8217;on ne croisera probablement plus jamais dans le Maroc actuel et futur. Ceux que l&#8217;on a connu sous le nom de &#8220;mo\u00e2niss assoultan&#8221; (compagnon du sultan). Ces vieillards sont aussi souvent des retrait\u00e9s, qui faisaient autrefois partie du personnel du palais. Ils saluent tout le monde, car ils connaissent chacun et sont respect\u00e9s par tous. &#8220;Ce sont nos sages. Ce sont eux qui nous transmettent tout le savoir dont nous avons besoin&#8221;. Le savoir, c&#8217;est l&#8217;art d&#8217;\u00eatre un touargui digne de ce nom.<br \/><br \/><strong>Etre touargui<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quand on est touargui, on &#8220;sait&#8221; qu&#8217;on est le descendant de Moulay Ali Cherif. C&#8217;est du moins ce qu&#8217;on affirme. Du reste, les recherches socio-historiques sur les esclaves achemin\u00e9s d&#8217;Afrique subsaharienne durant le 19e si\u00e8cle n&#8217;ont pas beaucoup d&#8217;adeptes ici bas. Et puis d&#8217;ailleurs, nous dit-on, &#8220;s&#8217;il y a eu du vrai autrefois dans ces \u00e9tudes, ce n&#8217;est plus le cas aujourd&#8217;hui&#8221;. Il est vrai que le clich\u00e9 des dizaines de Noirs, en djellaba blanche, chachiya rouge sur la t\u00eate, escortant le roi, peut pr\u00eater \u00e0 une vision \u00e0 mi-chemin entre l&#8217;orientalisme et le folklore. Les touarga ne sont pas tous des Noirs. Le m\u00e9tissage est pass\u00e9 par l\u00e0. T\u00e9moignage d\u2019un touargi anonyme : &#8220;\u00c0 l&#8217;origine, certains avaient \u00e9t\u00e9 mari\u00e9s \u00e0 des femmes blanches par le soin des d\u00e9funts rois Hassan II et Mohammed V, pour ne pas remonter plus loin. Les concubines des sultans \u00e9taient parfois donn\u00e9es en mariage \u00e0 des &#8220;\u00e2abides&#8221; (esclaves)&#8221;. &#8220;Mais l&#8217;\u00e8re des concubines est r\u00e9volue, tout le monde le sait. \u00c0 son intronisation, Mohammed VI a rendu leur libert\u00e9 \u00e0 toutes&#8221;. Au fil des ann\u00e9es, les r\u00e9alit\u00e9s ont chang\u00e9 et ce d\u00e9j\u00e0 sous le r\u00e8gne de Hassan II. Touargui n&#8217;est depuis longtemps plus synonyme d&#8217;esclave. La vie en quasi-r\u00e9clusion rel\u00e8ve d&#8217;un lointain pass\u00e9. Les touarga sont d\u00e9sormais des citoyens marocains comme les autres\u2026 \u00e0 quelques exceptions et privil\u00e8ges pr\u00e8s. Ils paient un loyer, m\u00eame si celui-ci demeure symbolique. Ils paient \u00e9galement leur consommation d&#8217;eau et d&#8217;\u00e9lectricit\u00e9. Beaucoup travaillent en dehors du Mechouar, d&#8217;autres ont chang\u00e9 d&#8217;adresse apr\u00e8s s&#8217;\u00eatre mari\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quand on est touargui, on fait ses premi\u00e8res classes \u00e0 l&#8217;\u00e9cole du Mechouar, Essa\u00eed (heureux). Apr\u00e8s cela, on devra passer de l&#8217;autre c\u00f4t\u00e9 de la muraille, mais on sera quand m\u00eame un enfant de touarga. Ce qui n&#8217;est pas sans perturber les rep\u00e8res de certains. &#8220;C&#8217;est vrai qu&#8217;on se sent un peu sup\u00e9rieur aux autres. Certains peuvent en abuser et en abusent. Mais \u00e7a s&#8217;est calm\u00e9 depuis quelques ann\u00e9es&#8221; conc\u00e8de notre jeune adolescent avant de poursuivre &#8220;cependant, il y a toujours la loi pour corriger. Il y a Dar Tarbiya ( la maison de l&#8217;\u00e9ducation)&#8221;. \u00c7a, c&#8217;est la prison de Touarga. Elle se trouve \u00e0 son tour dans l&#8217;enceinte du Mechouar. Un touargui ne passera pas la nuit dans un cachot de la ville, mais dans cette fameuse Dar Tarbiya, s&#8217;il y a lieu de le r\u00e9primander.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quand on est touargui, on peut se voir payer ses \u00e9tudes par le Palais, notamment quand on y a un p\u00e8re en fonction (&#8220;il y a une mani\u00e8re de demander&#8221;). On peut aussi rejoindre le centre de formation professionnelle en tourisme et h\u00f4tellerie du Mechouar ou encore l&#8217;atelier de c\u00e9ramique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et puis, on sait que peut-\u00eatre, plus \u00e2g\u00e9, on travaillera au palais. Dans ce but, on est pr\u00e9par\u00e9 d\u00e8s l&#8217;enfance. Une mani\u00e8re de parler qui consiste \u00e0 peser ses mots avant de les prononcer et de rechercher le non-dit derri\u00e8re les propos des autres : &#8220;Nous pouvons parler pendant des heures sans vraiment rien dire. Et on sait qu&#8217;\u00e0 chaque phrase, on peut trop en dire&#8221;. On apprend donc tr\u00e8s jeune \u00e0 ma\u00eetriser les conventions et le protocole, surtout si on est promis \u00e0 une &#8220;carri\u00e8re&#8221; au palais. Les &#8220;moulay&#8221; et &#8220;lalla&#8221; accompagnent immanquablement les salamaleks. D&#8217;ailleurs, presque tout le monde se conna\u00eet par ici. Les \u00e9trangers aux lieux sont vite rep\u00e9r\u00e9s et \u00e9pi\u00e9s. &#8220;M\u00eame si on ne travaille pas au palais, on a le devoir de prot\u00e9ger ce qui nous est le plus cher. Ici, l&#8217;addition de deux z\u00e9ros donne un 1. Il n&#8217;y a pas de nul. Tout a de l&#8217;importance. On a donc le devoir de rapporter ce qui nous semble important&#8221;.<br \/><br \/>Quand on est touargui et qu&#8217;on est employ\u00e9 du palais, une nouvelle donne intervient, selon qu&#8217;on soit affect\u00e9 \u00e0 une maslaha (service) ou une autre. Et le service le plus proche du roi est la maslaha1. Cependant, tout le monde ici ne fera pas forc\u00e9ment partie du personnel du palais. L&#8217;\u00e9ligibilit\u00e9 est soumise, bien s\u00fbr, \u00e0 l&#8217;h\u00e9r\u00e9dit\u00e9\u2026 entre autres. &#8220;Ensuite, on passe un stage, on fait ses preuves ou pas. On est promu ou non&#8221;. On peut aussi toucher le Smig toute sa vie : &#8220;Ici, c&#8217;est la nature de ton travail qui d\u00e9cide du niveau de vie que tu dois avoir. C&#8217;est une sagesse dont la logique peut \u00e9chapper \u00e0 beaucoup. En touchant 1800 DH, on ira rarement dehors. Avec de l&#8217;argent, on peut sortir d&#8217;ici trop souvent, on peut boire, parler plus qu&#8217;il n&#8217;en faut&#8221;. Etre en fonction au palais ne facilite pas toujours la vie &#8220;parce que le choix de vie s&#8217;impose \u00e0 nous. Mais on ne peut pas s&#8217;en plaindre. Tout ce qu&#8217;on fait, on le fait pour notre pays. On peut penser qu&#8217;on est plus patriote que la plupart de nos concitoyens. Tout individu r\u00eave d&#8217;avoir une maison, une voiture, un bon poste et un compte en banque pour vivre comme il l&#8217;entend. Une fois que tout cela lui est fourni, il se fichera pas mal du sort des autres. Le roi, lui, a tout ce dont il peut r\u00eaver, mais se soucie de chaque Marocain. Une fois que l&#8217;on a compris cela, on n&#8217;a plus aucun doute sur la noblesse du moindre petit poste que l&#8217;on peut occuper au palais&#8221;.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette logique, certains de ces voisins royaux ne la comprennent pas. Pris entre l&#8217;opulence et la pauvret\u00e9, ceux qui ne veulent pas se poser de questions se r\u00e9fugient dans le haschisch (dont les dealers touarga sont r\u00e9put\u00e9s \u00e0 Rabat), le maajoun ou l&#8217;alcool. En Chine, le palais de l\u2019empereur est dit &#8220;cit\u00e9 interdite&#8221;. Au Maroc, la cit\u00e9 royale n\u2019est interdite qu\u2019\u00e0 partir de 21h, heure \u00e0 laquelle ferment ses imposantes portes.<br \/><br \/><strong>Incident : 4 commissaires et un engagement<\/strong><br \/><br \/>Les photos qui illustrent cet article ne sont pas celles que vous auriez d\u00fb y voir. Les vraies (un reportage-photo complet) ont \u00e9t\u00e9 effac\u00e9es de la m\u00e9moire de l&#8217;appareil dans l&#8217;enceinte du commissariat de Touarga, o\u00f9 Chadwane Bensalmia, reporter de TelQuel, a \u00e9t\u00e9 retenue 2 heures, jeudi dernier. Le commissaire Gueddar, charmant du reste, lui reprochait d&#8217;avoir pris des photos d&#8217;innocents immeubles et autres jardinets. R\u00e9flexe classique de policier marocain, s&#8217;il n&#8217;\u00e9tait assorti de l&#8217;inqui\u00e9tante injonction &#8220;d&#8217;oublier ce reportage&#8221;. Le commissaire Touhami Filali, ainsi que deux autres venus en renfort (4 commissaires pour notre envoy\u00e9e sp\u00e9ciale, quel honneur !), ont alors expliqu\u00e9 qu&#8217;il \u00e9tait interdit de publier quoi que ce soit, article ou photos, sur le quartier qui abrite &#8220;le palais de Sidna nassarahou llah&#8221;. Sauf autorisation expresse du pacha de la commune de Touarga. On a alors enjoint \u00e0 Chadwane de signer un curieux PV : non seulement elle y avouait que oui, elle \u00e9tait bien journaliste, venue ici en reportage, mais elle s&#8217;y &#8220;engageait \u00e0 ne rien \u00e9crire au sujet du quartier de Touarga, des gens de Touarga, du palais royal et des administrations y aff\u00e9rentes sans autorisation du pacha&#8221;. Chadwane a eu un mal fou \u00e0 convaincre le(s) commissaire(s) qu&#8217;elle ne se sentait en rien tenue d&#8217;ob\u00e9ir aux instructions d&#8217;un pacha &#8211; d&#8217;autant qu&#8217;elle n&#8217;avait rien fait d&#8217;ill\u00e9gal.<br \/>Finalement, tout s&#8217;est bien termin\u00e9 : photos effac\u00e9es, notes confisqu\u00e9es (mais Chadwane a de la m\u00e9moire) et l&#8217;imp\u00e9trante gentiment reconduite \u00e0 la gare de Rabat-ville. De sa courte et plaisante garde \u00e0 vue, notre journaliste a gard\u00e9 un excellent souvenir &#8211; et beaucoup d&#8217;amis. A.R.B<br \/><br \/>telquel-online.com, 2010<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ils vivent dans un Maroc \u00e0 part, cern\u00e9s par une \u00e9paisse muraille dont les portes ferment la nuit. Visite guid\u00e9e \u00e0 Touarga, cit\u00e9 du palais royal et des esclaves affranchis. Par Chadwane Bensalmia &#8220;Quand j&#8217;\u00e9tais enfant, je pensais que Touarga \u00e9tait le Maroc. Tout y \u00e9tait r\u00e9uni pour le croire. 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