Tag: terrorisme

  • Un ex prisonnier politique sahraoui arrêté en Tunisie et risque d’être extradé en raison de ses vidéos sur Facebook

    Mohamed Dihani, défenseur des droits humains et ex-prisonnier politique sahraoui arrêté par les autorités tunisiennes, vendredi 16 mai, et risque d’être extrader vers le Maroc, alerte les médias tunisiens.
    L’activiste s’est rendu en Tunisie dans le cadre d’un programme de soin organisé et sponsorisé par Amnesty International, et a été arrêté en Tunisie après avoir publié des vidéos en direct sur Facebook pour parler de “son arrestation par les services marocains de sécurité et l’implication des services secrets marocains dans les attentats terroristes commis au Maroc”.
    Il a vécu de longues années de torture entre les prisons de Temara et Salé-2 suite à son refus de collaborer avec les services de sécurité dans la création de fausses cellules terroristes dans le cadre des pratiques marocaines visant à instrumentaliser la menace terroriste contre le peuple sahraoui et attirer le soutien de l’Occident à ses ambitions de contrôler les ressources naturelles du territoire du Sahara Occidental, indique le média tunisien Kapitalis.
    Dihani a raconté son histoire en détail, et il a décrit avec précision les méthodes inhumaines de torture qu’il a subies dans le tristement célèbre camp de détention secret marocain, la prison de Tmara. Il a souligné que cette prison est en fait une “usine” dans laquelle les services de renseignements marocains ont pratiqué une torture psychologique et physique brutale pour laver le cerveau de centaines de détenus, les forçant à subir des tortures insupportables et les menaçant de “passer aux aveux” et de déclarer qu’ils sont des terroristes, explique de son côté le site Sahrawi.
    Dihani a également affirmé dans ses vidéos que toutes les cellules terroristes que le régime marocain déclare avoir été démantelées grâce à la finesse de son intelligence ne sont que des arnaques fabriquées de toutes pièces, dont les prétendus membres sont pris aux mêmes victimes qui sont forcées sous la torture d’avouer des crimes qu’elles n’ont pas commis pour être exploitées dans la propagande et les médias marocains. Et le but est de faire chanter certains pays, notamment européens, ajoute la même source.
    Ainsi, selon plusieurs source, l’activiste fait l’objet d’un mandat d’extradition délivré par le Maroc après ses déclarations sur Facebook.
    Courrier du Rif, 17 mai 2020
    Tags : Maroc, Sahara Occidental, Front Polisario, Mohamed Dihani, terrorisme, 
  • Enfants de Salafistes : victimes malgré eux

    Les enfants des présumés terroristes des attentats de Casablanca se souviennent de l’arrestation de leur père comme si c’était hier. Depuis, ils sont marginalisés par la société. Encore plus que les autres enfants aux conditions précaires, ils n’ont d’autre choix que de s’en remettre à Dieu. Témoignages à Sidi Moumen, quartier qui a vu naitre des kamikazes du 16 mai.

    par Hicham Bennani

    Les enfants du bidonville des carrières Thomas, en périphérie de Casablanca vivent toujours dans des conditions précaires. Mais certains sont plus marginalisés que d’autres. En ce lieu appelé «Kariane Toma», un grand nombre de présumés terroristes ont été arrêtés par la police, suite aux attentats de Casablanca du 16 mai 2003. Selma Mouhim avait 5 ans, lorsque son père Abdelhak a été enlevé à son domicile. Abdelhak Mouhim, 36 ans, peintre en bâtiment, a été condamné à trente ans de prison ferme. «Je m’en souviens comme si c’était hier. Une vingtaines d’hommes en civil ont pénétré par la force dans la maison. En nous injuriant, ils nous ont demandé où était mon père. L’un d’eux m’a violemment frappé à la jambe. Ma mère venait d’accoucher, ils ont alors dit «mabrouk ziada» (bienvenue au nouveau né) !», témoigne la jeune fille aujourd’hui âgée de 12 ans. Après cela, Selma a continué de se rendre à l’école. «Les premiers mois, mes camarades m’insultaient et me traitaient de fille de terroriste. Une institutrice m’a reproché de porter le voile. Ils me disaient : comment se fait-il que tu obtiennes de très bonnes notes, alors que tu es fille de terroriste, tu ne le mérites pas ! Lorsque je rentre à la maison, je me réfugie dans le travail et je pleure. Je veux que l’innocence de mon père soit faite par la justice», lance Selma en éclatant en sanglots. Pour acheter leurs livres et leur matériel scolaire, les enfants de ceux qui ont été incarcérés après les attentats de Casablanca font avec les moyens du bord, car leurs familles sont coupées de toutes aides extérieures. Et personne n’a le droit de leur apporter de l’assistance. «Nous sommes surveillés en permanence, les voisins sont solidaires, mais on leur passerait les menottes s’ils nous donnaient quoi que ce soit», assure Khamissa Rtimi, sœur de Abderazak Karaoui, condamné à 30 ans de prison ferme.

    Où est mon père ?

    «A chaque rentrée des classes, Sidna envoie des cartables aux élèves, nous ne bénéficions plus de la totalité de ce don depuis les attentats !», déplore K. Rtimi qui ajoute que sous prétexte que les enfants sont «fils de terroristes», ils ne bénéficient pas des mêmes avantages. Cette femme âgée de 42 ans ajoute qu’: «avant les attentats, la préfecture nous convoquait régulièrement pour nous donner de la nourriture, mais depuis les condamnations nous n’en bénéficions plus, alors que nous faisons partie des habitants des bidonvilles les plus défavorisés du Maroc».

    Naima Karaoui habite à Kariane Toma. Elle est l’épouse de Abderazak Karaoui, qui purge sa peine à la prison de Kénitra. Cette femme de 50 ans est mère de sept enfants. L’un d’eux, Othman, 22 ans, a arrêté ses études. «Une enseignante le traitait d’enfant de terroriste. Il était pénalisé dans ses notes et ne supportait pas le regard de ses camarades», raconte Naima Karaoui. Hamza, 14 ans, ne va plus au lycée depuis qu’il a été victime d’un accident de voiture. Selma et Assia, deux jumelles âgées de 8 ans sont très marquées par l’enlèvement de leur père. Elles ne ratent jamais la série mexicaine «Ayna abi ?» (où est mon père ?) diffusée sur la chaîne Al Aoula. «C’est notre feuilleton préféré. Nous espérons retrouver notre père à la fin de chaque épisode. Nous cherchons notre père à chaque fois dans l’image», précise Assia.

    Naima Karaoui lance un dernier cri du cœur : «Nous sommes des islamistes, pas des terroristes ! Nos enfants moisissent. Nous demandons à Sidna, commandeur des croyants, que Dieu le garde, d’intervenir. Nous n’avons aucun autre espoir pour eux !»

    Tous les deux mois, les enfants Karaoui rendent visite à leur père à Kénitra. «A l’entrée de la prison, Imane a été dénudée dans une petite pièce et fouillée, je ne sais même s’ils l’ont violenté… Les enfants sont traumatisés par la police. Ils ne peuvent pas voir un policier sans changer de trottoir», constate Khamissa Rtimi. «Un petit garçon dont je ne vous dirais pas le nom nous a dit : quand je grandirais, ma mission sera de tuer les policiers pour me venger !», atteste Naima Najari, mère de Abdelaziz Chafai, 29 ans, ancien marchant ambulant, condamné à 30 ans de prison. Après un long périple jusqu’à Kénitra, une attente interminable et une petite heure passée avec leur père qui est atteint d’une sciatique et survit dans des conditions difficiles, «nos enfants ne peuvent que devenir des voyous, des terroristes et maudire l’Etat, vu ce que l’on nous inflige», conclut Naima Karaoui.

    Même son de cloche du côté de Rachid Mesli, directeur juridique du Forum Al Karama, association pour les droits de l’homme dans les pays arabes basée à Genève. Selon lui, dans tout le monde arabe, on retrouve à peu près la même situation critique au niveau des familles. «Lorsque le principal soutien de famille est arrêté et détenu, elles sont systématiquement marginalisées. Cela a des conséquences sur la situation matérielle de ces familles et engendre de graves problèmes pour la société», constate Rachid Mesli qui explique qu’une fois devenus adultes, les enfants suivent les traces de leur père. A long terme, leur devenir peut être «assez imprévisible», prévient R. Mesli.

    «Il n’y a pas de droits, de l’homme, pas de droits des femmes, pas de droits des enfants au Maroc», martèle Naima Karaoui en désespoir de cause. A chaque fois que les familles tentent de faire entendre leurs voix sous forme de manifestations pacifiques dans la rue, elles sont matées par les forces de l’ordre.

    Le «rêve» danois

    Changement de décor. Mercredi 20 janvier 2010. Non loin du bidonville Kariane Toma, dans un quartier modeste, proche de Sidi Moumen, les enfants de Omar Maarouf, s’apprêtent à partir dans l’après-midi pour le Danemark, pays où ils ont grandi. En juillet 2003, la Cour d’Appel de Casablanca avait condamné Omar Maarouf, considéré comme faisant partie des principaux accusés dans l’affaire des 31 membres de la «salafia jihadia», à la peine capitale. Ses enfants Hamza, 16 ans, Zineb, 14 ans, Mouad, 11 ans et Amar, 9 ans possèdent la double nationalité. Omar Maarouf a été interpellé à Tanger, alors qu’il s’apprêtait à quitter le territoire marocain. «Je n’ai jamais compris ce qui s’est passé. Le jour de son arrestation, mon père m’a dit qu’il avait un problème avec le service des douanes», se souvient Hamza. «Notre pays c’est le Danemark. Quel avenir au Maroc ? On se sent vraiment bien à Copenhague. Nous sommes chez nous. Personne ne nous fait de réflexions déplacées… », soutien l’ainé. A entendre la famille Maarouf, le Danemark, un pays dont la réputation a été ternie avec les pays musulmans, suite à la publication de caricatures du prophète Mohammed, est de toute évidence moins dur à vivre lorsqu’on est étiqueté «enfants de terroriste» que le Maroc. Le Danemark est même «un véritable rêve! Personne ne nous fait sentir que nous sommes des marginaux. Les gens qui nous connaissent de près ou de loin nous demandent même régulièrement des nouvelles de mon mari, indique Araba Hassania, femme de Omar Maarouf, L’école danoise nous a donné des vacances supplémentaires pour que les enfants puissent se remettre de leurs émotions.» Une fois par an, ces enfants passent leurs vacances au Maroc. Tous les deux jours, ils rendent visite à leur père. Et comme tous les autres enfants qui ont un père présumé terroriste, ils subissent l’humiliation à l’entrée de la prison de Kénitra. «On nous isole, on nous dénude, on nous fouille… », témoigne la petite Zineb. La veille, Mouad, le plus jeune, avait été très choqué par les conditions de détention de son père. «Il vomi et est couvert de boutons depuis qu’il l’a vu…», fait remarquer la mère. A chaque rentrée scolaire, les enseignants demandent aux enfants de raconter par écrit ce qu’ils ont fait de leurs vacances. Pas étonnant qu’en étalant au grand jour le contraste de leur vie entre les deux royaumes, ils soient totalement déboussolés. Au Danemark, les quatre enfants de Omar Maarouf sont suivis par un psychiatre. «Amar est le plus atteint. Il souffre d’une grave maladie mentale», atteste Araba Hassania. Pour cette femme, «le Maroc est notre pays. Mais c’est le Danemark qui nous a aidé. J’ai écrit plusieurs lettres au roi, qui sont restées sans réponse. Omar ne peut pas rester en prison. La lumière apparaitra. Ce n’est pas un homme qui est pénalisé, c’est une famille toute entière !»

    Pour Fatiha Mejjati, veuve de Karim Mejjati, soupçonné d’être un des organisateurs des attentats de Madrid, tous ces enfants restés sans père, qui sont souvent des «innocents derrière les barreaux», sont démunis de leur citoyenneté. De véritables «bombes à retardement».

    Article paru dans le dernier numéro du Journal Hebdomadaire (426)

    Source: Maroc Infos, 2 fév 2010

    Tags : Maroc, terrorisme, attentats de Casablanca, 16 mai 2003,

  • Maroc : Témoignage de Mohamed Hajib sur les attentats de Casablanca de 2003

    A l’instar du sahraoui Mohamed Dihani, Mohamed Hajib a tenu à partager son témoignage sur les faux attentats de Casablanca de 2003.

    A l’occasion du 17ème anniversaire des attentats de Casablanca, M. Hajib a précisé que les services secrets marocains étaient derrière ce massacre dans le cadre d’une opération visant à honorer un engagement du roi Mohammed VI envers le président George Bush, Jr.

    Selon Mohamed Hajib, lors de sa visite à Washington, du 19 au 22 juin 2002, le roi du Maroc a promis de passer à la visite supérieure dans la lutte contre le terrorisme.

    C’est ainsi que peu avant les explosions de Casablanca, la DST a vidé les secteurs M-1 et M-2 de la prison de Zaki en vue d’accueillir d’enfermer ceux qui allaient être inculpés dans le dossier de Casablanca. Ce sont de milliers de jeunes dont l’ignorance et l’innocence allait être exploitée par les officiels marocains en vue de les pousser au crime et à des aveux forcés par la torture.

    Mohamed Hajib rappelle qu’il n’est pas le premier à révéler cette vérité. Il cite, à titre d’exemple les déclarations faites à Aljazeera par l’ancien ministre marocain de l’intérieur, Driss Basri. «  Les attentats de Casablanca ont été commis par des marocains qui n’ont rien à voir avec l’Islamisme. 3000 ont été jugés, 7200 torturés », avait-il déclaré.

    Dans une réunion à huit clos du PJD, l’ancien premier ministre Abdelilah Benkirane a clairement fait allusion à la responsabilité du palais dans les explosions de Casablanca. L’ancien chef du parti islamiste au gouvernement a affirmé que « les marocains ont droit à connaître la vérité sur les ce qui s’est passé à Casablanca en 2003 ».

    Mohamed Hajib exige la vérité sur milliers de marocains qui ont été victimes de graves violations des droits de l’homme de 2002 jusqu’à la fermeture de la prison de Temara.

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, terrorisme, prison de Temara, attentats de Casablanca,

  • Maroc : Un sahraoui ouvre la boîte de Pandore terroriste

    Lorsque Mohamed Dihani a entamé son travail de thérapie, il était loin d’imaginer que sa sortie était si attendue par des milliers de jeunes marocains qui ont été sacrifiés au nom de la lutte antiterroriste.
    L’activiste sahraoui des droits de l’homme est arrivée en Tunisie dans le cadre d’un programme de thérapie conçu pour aider les victimes de la torture à se débarrasser des séquelles de celle-ci. Il y a un peu plus d’une semaine, il a entamé une série de live à travers les réseaux sociaux en vue de partager avec le public marocain son expérience dans les prisons marocaines.
    Dihani a été arrêté pour la deuxième fois en 2010 dans la ville d’El Aaiun, capitale du Sahara Occidental occupée par le Maroc depuis 1975. Dans la prison de Temara, il a subi les pires supplices en vue de le forcer à accepter de participer dans un plan de conception de fausses cellules terroristes en vue d’accuser les sahraouis de collision avec la mouvance terroriste.
    Pendant son séjours en prison, qui a duré plus plus de 5 ans, il a eu l’occasion de rencontrer d’autres marocains qui ont été manipulés dans le cadre des opérations des services secrets marocains en vue d’instrumentaliser la menace terroriste au service des thèses expansionnistes marocaines, notamment le soutien des Etats-Unis à l’occupation du Sahara Occidental par le Maroc.
    Les révélations faites par Dihani sur la toile ont eu un large écho au niveau des milliers de marocains qui se sont identifiés avec lui dans sa souffrance et dans l’injustice qu’il a vécue en prison pour la simple raison de refuser de participer à une mascarade visant à tromper les alliés occidentaux du Maroc.

    Des dizaines de marocains ont exprimé leur solidarité avec lui et ont promis de révéler ceux qu’ils ont vu dans les prisons Temara et de Salé-2 et comment les services marocains poussent des jeunes innocents à s’impliquer dans des opérations terroristes téléguidées par les services de la DST marocaine et comment, moyennant les méthodes de torture les plus cruelles, ces jeunes sont poussés aux aveux forcés.
    Conscient de la boîte de Pandore que M. Dihani vient d’ouvrir, le Makhzen tente de faire pression sur la Tunisie pour l’amener à extrader ce sahraoui dont le seul crime a été de raconter son calvaire sur les réseaux sociaux.
    Selon son avocat, Nicolo Bussolti, Mohamed Dihani a été informé par les autorités tunisiennes que le Maroc a sollicité son extradition pour des accusations liées au terrorisme. Après avoir entendu sa version des faits, il a été reconduit chez lui en vue d’apporter quelques documents relatifs à sa présence en Tunisie. Il a déclaré avoir reçu un traitement courtois et respectueux.
    Tags : Sahara Occidental, Maroc, front Polisario, terrorisme, menace terroriste, 
  • Mohamed Dihani sera extradé de la Tunisie vers le Maroc

    L’activiste des droits de l’homme sahraoui, Mohamed Dihani, a été arrêté vendredi par les autorités tunisiennes en vue d’être extradé demain vers le Maroc.

    Après son arrestation, Dihani a été informé qu’il y a un mandat d’extradition délivré par le Maroc pour liaison avec le terrorisme.

    M. Dihani se trouvait en Tunisie dans le cadre d’un programme de soin organisé et sponsorisé par Amnesty International. Depuis quelques jours, il a entamé l’enregistrement de plusieurs vidéos en direct sur son arrestation par les services marocains de sécurité et l’implication de ceux derniers dans les attentats terroristes commis au Maroc.

    Mohamed Dihani a été victime des pires atrocités en vue de le contraindre à accepter de collaborer avec le Département de Surveillance du Territoire (DST) dans un plan visant à manipuler des citoyens en vue de les faire passer pour des terroristes.

    Tags : Maroc, terrorisme, DST, Mohamed Dihani, Sahara Occidental,

  • Lutte antiterroriste : Comment le Maroc a dupé ses alliés occidentaux

    Avec la fin de la Guerre Froide, le Maroc a perdu un de ses principaux atouts pour attirer le soutien de l’Occident dans la question du Sahara Occidental : La lutte contre l’expansion du socialisme. Grâce à cela, la France, les Etats-Unis et les monarchies bananières du Golfe Persique, versaient sans compter dans les caisses de l’armée marocaine qui se livrait à des combats acharnés contre les guérilleros sahraouis. A cette époque-là, le roi Hassan II n’hésitait pas à crier qu’il y avait des combattants cubains et vietnamiens parmi les rangs des maquisards sahraouis. Pour renforcer ses liens avec les prétendues démocraties occidentales, le Maroc envoyait, régulièrement, ses soldats combattre à côté de ceux de l’OTAN en Afrique, en Irak et ailleurs. « Vous voulez empêcher l’influence soviétique d’envahir le continent noir, je suis votre homme pour la réussite de cette entreprise”, ressassait sans cesse l’ancien despote marocain. Mobutu et certains autres dirigeants africains, imposés à leurs peuples par l’Occident, disaient pareil.

    Cependant, cette situation a changé avec la chute de l’Empire Soviétique. Le grand loup du communisme n’existe plus laissant lieu à une nouvelle configuration dans laquelle le Maroc doit se positionner en vue de garder le soutien de ses alliés occidentaux contre les droits légitimes du peuple sahraoui. Cette nouvelle configuration est caractérisée par la création d’un nouvel ennemi. Avec l’aide de ses anciens protégés des monarchies des pétrodollars, en vue de garder sa mainmise sur les ressources pétrolières, l’OTAN a créé la menace terroriste.

    Dès l’annonce de la fin de la Guerre Froide, les Etats-Unis ont décidé qu’il est temps de mettre fin au conflit du Sahara Occidental. C’est ainsi que l’ONU a imposé un cessez-le en 1991 proclamant le droit à l’autodétermination comme seule issue à ce long contentieux.

    Acculé par cette nouvelle donnée qui lui ôtait sa carte maîtresse, Hassan II qui ne pouvait plus vendre de l’anticommunisme et par le désir de léguer à son fils une monarchie stable accepta le cessez-le-feu proclamé par l’ONU au Sahara Occidental en 1991. Au même temps qu’il libérait les prisonniers politiques sahraouis, il décréta une amnistie générale en faveur des survivants du mouroir de Tazmamart et des centaines de détenus politiques qui croupissaient dans ses geôles.

    Pour s’assurer l’éternité de sa monarchie, rien de mieux qu’une opération de maquillage pour relooker un pouvoir fondé sur le sang et le crime. Ainsi, les centaines de détenus politiques purent, à la faveur de cette opération, recouvrer leur liberté et obtenir des réparations financières symboliques pour les tortures et les privations infligées par le roi le plus sanguinaire de l’histoire du Maroc.

    Les rentes provenant de l’Occident se tarissaient sans cesse puisque le danger communiste qui “menaçait” l’Afrique a disparu inexorablement.

    Ainsi, du jour au lendemain, les autorités marocaines se sont retrouvés dos au mur face à la légalité internationale et sans plus rien à vendre aux alliés occidentaux. La seule voie se trouvant devant eux était de participer au jeu de la menace antiterroriste. Sans foi ni loi, les responsables marocains, dirigés par un roi affaibli par la maladie et le goût des loisirs, n’ont pas hésité à manipuler leurs citoyens en vue de les pousser à commettre des attentats terroristes.

    Leur premier objectif a été l’Espagne, pays qui aux yeux de l’ONU est considéré comme puissante administrante du territoire sahraoui et dont le président José María Aznar a donné des fils à tordre à la monarchie marocaine en raison de sa ferme position de défense du droit à l’autodétermination. Son parti, le Parti Populaire, était censé gagner les élections pour la troisième fois consécutive. L’attentat visant les trains de Madrid le 11 mars 2004 a bouleversé la donne. Avec une majorité assez confortable, les socialistes ont pris les rennes du pouvoir en Espagne. L’écrasante majorité des auteurs de cet acte criminel était des marocains et les services secrets marocains ont été pointé du doigt par un large secteur de l’opinion publique espagnole.

    Le succès récolté après ces attentats était énorme. Du jour au lendemain, le gouvernement espagnol a opéré un revirement de 180 degrés dans sa politique vis-à-vis de son ancienne colonie. De fervent défenseur du référendum, l’Espagne est passé à être le premier défenseur d’une solution basée sur une autonomie au sein du Royaume du Maroc. Depuis, les socialistes sont devenus des ambassadeurs de la « cause marocaine ».

    Grâce au soutien inconditionnel d’une France guidée toujours par ses ambitions en Afrique, le Maroc obtiendra un « statu avancé » auprès de l’Union Européenne et poursuivra son action dans l’art de gagner sans mérite des aides économiques substantielles sans se soucier de ces actes criminels ni de ses violations quotidiennes des droits de l’homme.

    La montée de plus en plus reconnue de l’Algérie en tant que puissance régionale après son succès dans la lutte contre le terrorisme a suscité les craintes des voisins de l’Est. Pour le pouvoir marocain, ce positionnement algérien est synonyme d’indépendance du Sahara Occidental, une question considérée comme vitale pour la monarchie marocaine.

    Face à cette indéniable réalité, les autorités marocaines ont poussé des milliers de salafistes marocains à rejoindre l’État Islamique en Irak et en Syrie au même temps qu¡ils multipliaient les annonces de démantèlement de cellules terroristes présumées.

    Concluant que les annonces accompagnés de fortes opérations médiatiques et de communiqués triomphalistes n’ont pas contribué à pencher la balance diplomatique en faveur du Maroc dans son ambitionne de raffermir sa colonisation du territoire sahraoui riches en ressources naturelles, les décideurs marocains sont passés à la vitesse supérieure en frappant au cœur de cet Europe qui, en échange des accords commerciaux bilatéraux, tente de leur imposer un agenda démocratique dont ils ne veulent pas. C’est ainsi qu’arrivèrent les attentats de Paris, Bruxelles, Barcelone en 2015, 2016 et 2017.

    Mohamed Dihani, un prisonnier politique sahraoui a eu l’occasion de connaître certaines des méthodes préconisées par les services de la DST marocaine en vue de pousser leurs concitoyens à commettre des attentats terroristes. Dans ce but, des membres du clergé salafiste agissent de l’intérieur de la prison de Salé-2, devenue le premier usine de fabrication de terroristes marocains.

    Tags : Maroc, Algérie, Sahara Occidental, terrorisme, menace terroriste, guerre froide, Mohammed VI, Hassan II,

  • Maroc : L’histoire du « nif » algérien qui a fait le tour des prisons marocaines

    Parmi les histoires racontées par le prisonnier politique sahraoui, Mohamed Dihani (voir vidéo), se trouve celle d’Ahmed El Mayloudi, un citoyen qui, selon ses propres déclarations, appartient à une famille connue en Algérie. Un simple citoyen algérien qui a quitté son pays natale après avoir été poursuivi en justice pour des simples faits de contrebande de produits alimentaires. En arrivant au Maroc, il a demandé l’asile politique.

    [youtube https://www.youtube.com/watch?v=Gto0RjDtwck&w=560&h=315]

    Selon M. Dihani, « pour le Makhzen, trouver un algérien pareil était une occasion d’or » pour solder ses comptes avec le pays voisin. « Il a été livré à la Brigade Nationale de Lemaarif où on lui a confectionné un dossier comme s’il était Ben Laden ou Aboubakr El Baghdadi. Ils allaient le présenter comme l’homme qui allait détruire la planète toute entière », affirme-t-il.

    Il a été présenté au juge Abdelkader Chentouf, un dangereux voyou originaire de Tanger, qui lui a dit : « Tu vas aller te reposer dans une prison dans des conditions semblables à celles d’un hôtel  et dans une vingtaine de jours tu sortiras avec tes documents de réfugié politique».

    Il a été conduit à la prison de Salé-2. Il était très gentil et poli. Après 20 jours, il a été convoqué pour lui demander de patienter encore un petit peu. Deux jours après, il a reçu toute une série de graves accusations dont la planification d’attentats terroristes téléguidés par des parties étrangères, en allusion à l’Algérie. L’accusation a été suivie par une ample campagne médiatique relayée par la presse marocaine.

    Face à cette situation, il a décidé de mener une grève de la faim. Après environ 20 jours de grève, il a reçu la visite de membres des services de sécurité marocains pour le conduire auprès du magistrat d’instruction dénommé Chentoufi. « Ils étaient conscients qu’il allait leur créer des problèmes ». Le juge lui a amené de la nourriture et l’a convaincu qu’il allait sortir de prison le lendemain.

    Après avoir passé quelques jours en prison, il a été de nouveau convoqué. Fou de joie, il a dit au revoir à ces compagnons de cellule convaincu qu’il allait être libéré. « Il était beaucoup trop naïf ». Il a été conduit au tribunal. Quelques heures après, il était de retour en prison dans un état avancé de choc. Il avait écopé d’une peine de 20 ans de prison ferme.

    Le choc était si fort qu’en prison, il a arrêté de manger et de boire. A cause de sa consistance physique faible, après 15 jours de grève de la faim, il a commencé à vomir du sang et aux toilettes, il y avait du sang dans ses selles.

    Face à une telle situation, ses compagnons de cellule lui ont conseillé d’accepter son destin et arrêter la grève de la faim et qu’ils vont essayer de contacter des ONG humanitaires pour l’aider. Sa réponse a été : « Vous, les marocains, vous avez été allaités avec du lait. Nous, avec du nif (l’orgueil). Jamais je n’accepterai 20 ans de prison. Plutôt crever».

    Après 50 jours de grève, il a été enlevé par le dénommé Moustapha El Hajli qui était accompagné de quelques bourreaux. Il a été torturé et contraint à boire du lait avec un tuyau, mais une fois de retour à sa cellule, il s’arrangeait pour tout vomir.

    « En remarquant que sa santé s’était gravement dégradée, ils ont décidé de le ramener chez nous, dans son ancienne celule, dans l’espoir que nous puissions le convaincre de désister », affirme Dihani.

    « Nous avons tout essayé pour le convaincre et sa réponse était toujours la même : « Jamais, après ce que Mohammed VI m’a fait ! ». « Pour lui, c’était une question de vie ou de mort ».

    Après plus de 70 jours, il a commencé à vomir un mélange de lait et de sang. Peu après, il est décédé.

    Le lendemain, ils ont déclaré à la presse qu’il était mort dans l’ambulance lors de son évacuation vers l’hôpital.

    Sa déclaration sur l’orgueil algérien a fait le tour des prisons du Maroc. Un mois après, tous les détenus politiques au niveau national ont mené une grève de la faim en solidarité avec lui. Selon M. Dihani, « il a apporté un nouvel élan à la lutte contre la répression dans les prisons marocaines ».

    Tags : Algérie, Maroc, répression, terrorisme, Ahmed El Mayloudi,

  • Maroc : La pandémie utilisée pour museler les libertés – Le chantage de Mohammed VI

    LE MAROC PREND PRÉTEXTE DE L’ÉPIDéMIE DU CORONA POUR MUSELER LES LIBERTÉS : Le chantage de Mohamed VI

    Alors que des lois liberticides ont été « passées en catimini » à la faveur de cette pandémie, les services secrets marocains n’hésitent pas à recourir aux procédés les plus vils et les plus bas qui soient pour neutraliser toutes les voix et voies « dissonantes ».
    Cette fois-ci, les révélations et les dénonciations nous viennent d’un ex-détenu politique, auteur d’un témoignage tout aussi poignant que révoltant. Profitant de l’état de confinement provoquée par la pandémie du covid-19, le gouvernement marocain a ainsi tenté de faire approuver par le Parlement un projet de loi visant à serrer l’étau autour de l’utilisation des réseaux sociaux portant ainsi une grave atteinte à la liberté d’expression. 
    Craignant la fermeture de cet espace de liberté après l’approbation du projet de loi 22.20 par le Conseil du Gouvernement le 19 mars 2020, l’activiste des droits de l’homme sahraoui, Mohamed Abdelmoula Dihani, a souhaité laisser un témoignage audiovisuel sur ce qu’il a vécu dans la sinistre prison marocaine de Temara et dénoncer les pratiques des services secrets marocains visant à instrumentaliser la menace terroriste pour des visées politiques et pour raffermir son occupation du Sahara occidental.

    En avril 2010, Dihani se trouvait à la ville d’El Ayoune, capitale du Sahara occidental occupée par le Maroc. Il était arrivé d’Italie à l’occasion de la libération d’un de ses proches parents. Le 28 de ce même mois, il est sorti pour fumer une cigarette et a été interpellé par des agents des services secrets marocains. Menotté, embarqué dans un véhicule et amené au poste des renseignements sis à l’Avenue de la Mecque. De là, il a été conduit à la prison de Temara où, selon lui, se trouvait, à l’époque, le bureau d’Abdellatif El Hammouchi et où étaient planifiées toutes les opérations destinées au territoire du Sahara occidental et la création et prétendu démantèlement de cellules terroristes en vue de faire pression sur certains pays et obtenir leur soutien, dont l’Union européenne et les États-Unis. 
    Dans une cellule, complètement dénudé et menotté, pour subir les pires sévices corporels ainsi que d’indicibles humiliations. Après 3 jours de supplices, il a été conduit dans un bureau d’interrogatoire où il y avait Abdelhak Alkhiam, le n° 2 de la DST, et le général Abdelaziz Bennani, commandant de la région sud. « Tu vas nous dire où tu as caché les armes que tu as introduites de l’Algérie ou de la Mauritanie», lui disaient-ils. «Nous avons des informations sûres que tu as introduit des armes. Nous ne voulons pas te garder en prison. Tout ce que nous souhaitons c’est que tu nous dises où se trouvent ces armes. Nous savons où elles se trouvent et nous savons qui étaient avec toi et comment vous les avez introduites », ont-ils affirmé. 
    Après avoir nié toutes ces accusations, il a été reconduit dans sa cellule pour subir de nouvelles séances de tortures les plus cruelles. Ils lui ont proposé 10 millions de DH (1 million de dollars) s’il acceptait de travailler avec eux et jouer le jeu qui consiste à recruter, sous les directives des services de renseignement marocains, un groupe de personnes qui, selon eux, avait des idées radicales et les amener au Sahara occidental. L’objectif était d’accuser ce groupe de vouloir commettre des attentats contre la MINURSO ou des personnalités sahraouies connues pour leur défense des thèses marocaines et commettre un attentat terroriste dans le territoire sahraoui et présenter les sahraouis comme une menace potentiel pour les intérêts des États-Unis et de l’Europe.
    Ce n’est du reste pas la première fois que le Maroc s’acoquine avec des terroristes dans le but de s’en servir contre l’Algérie et le Polisario. Les sévères retours de flamme qu’il en a subis ne semblent donc pas lui avoir servi de leçon puisqu’il persiste et signe dans cette voie suicidaire. Bref, et suite à la condamnation par la communauté internationale de la violente répression qui a accompagné le démantèlement du camp de Gdeim Izik le 8 novembre 2010, les autorités marocaines ont annoncé le 5 janvier 2011, l’arrestation de 27 personnes, «dont un membre d’al-Qaïda au Maghreb islamique», dans le cadre de la prétendue «cellule d’Amgala», une localité sahraouie se trouvant à la limite entre les territoires sahraouis occupés par le Maroc et ceux contrôlés par le Front Polisario. «C’est la première fois que le Maroc fait état de l’arrestation d’un membre actif d’AQMI sur son territoire », indique une dépêche de Radio France International. 
    Après sa rencontre avec les accusés, Dihani raconte qu’ils affirment avoir été manipulés par l’État marocain, qu’ils étaient loin de porter des idées intégristes et que la majorité des membres de ce groupe n’était pas pratiquant (ils n’accomplissaient pas la prière). Mohamed Dihani est convaincu que ses bourreaux avaient l’intention de l’impliquer dans cette mascarade destinée à diaboliser les sahraouis. Pendant son séjour dans la prison de Temara, M. Dihani a rencontré de nombreux marocains innocents qui se trouvaient en prison après avoir été manipulés par les services secrets marocains en vue de commettre des attentats au Maroc. Parmi eux, des auteurs des attentats de Casablanca (2003) qui lui ont assuré que le commanditaire de cette opération n’a pas été arrêté en raison de son appartenance aux services de sécurité marocains. Entre décembre 2011 et mars 2012, il a aussi rencontré Adil El Othmani, l’auteur présumé de l’attentat contre le Café Argana (avril 2011), à Marrakech qui lui a assuré qu’en tant que collaborateur des services de renseignements marocains, il avait reçu l’ordre de rejoindre l’État Islamique en Irak.
    Dans ses tentatives, il a été arrêté par les autorités libyennes et syriennes et libéré grâce à l’intervention des autorités marocaines. Une fois de retour au Maroc, il a reçu l’ordre de déposer une bombe au Café Argana. Dihani affirme aussi avoir rencontré un groupe de marocains inculpés de tentative d’attentat contre la base américaine de Tan-Tan. Tout en proclamant leur innocence, ils affirment avoir été manipulés de bout en bout dans ces scabreuses affaires.
    Mohamed Abdoun
    Tags : Maroc, Sahara occidental, Front Polisario, terrorisme, menace terroriste, Mohamed Dihani, cellule d’Amgala, MINURSO,
  • Un ex-prisonnier politique sahraoui dénonce l’instrumentalisation de la menace terroriste par le Maroc.

    Profitant de l’état de confinement provoquée par la pandémie de covid-19, le gouvernement marocain a tenté de faire approuver par le Parlement un projet de loi visant à serrer l’étau autour de l’utilisation des réseaux sociaux portant ainsi une grave atteinte à la liberté d’expression.

    Craignant la fermeture de cette espace de liberté après l’approbation du projet de loi 22.20 par le Conseil de Gouvernement le 19 mars 2020, l’activiste des droits de l’homme sahraoui, Mohamed Abdelmoula Dihani, a saouhaité laisser un témoignage audio-visuel sur ce qu’il a vécu dans la prison marocaine de Temara et dénoncer les pratiques des services secrets marocains visant à instrumentaliser la menace terroriste pour des visées politiques et pour raffermir son occupation du Sahara occidental.

    En avril 2010, Dihani se trouvait à la ville d’El Aaiun, capitale du Sahara Occidental occupée par le Maroc. Il était arrivée d’Italie à l’occasion de la libération d’un de ses proches parents.

    Le 28 avril, il est sorti pour fumer une cigarette et a été interpellé par des agents des services secrets marocains, menotté, embarqué dans un véhicule et amené au post des renseignements sis à l’Avenue de la Mecque. De là, il a été conduit à la prison de Temara où, selon lui, se trouvait, à l’époque, le bureau d’Abdellatif El Hammouchi et où étaient planifiées toutes les opérations destinées au territoire du Sahara Occidental et la création et prétendu démantèlement de cellules terroristes en vue de faire pression sur certains pays et obtenir leur soutien, dont l’Union Européenne et les Etats-Unis.

    Dans une cellule, complètement dénudé et menotté, son calvaire a été illustré par le dessinateur marocain Abdellatif Zeraïdi (voir images ci-jointes)

    Après 3 jours de supplices, il a été conduit dans un bureau d’interrogatoire où il y avait Abdelhak Alkhiam, le nº 2 de la DST, et le général Abdelaziz Bennani, commandant de la région sud.

    « Tu vas nous dire où tu as caché les armes que tu as introduites de l’Algérie ou de la Mauritanie», lui disaient-ils.  « Nous avons des informations sûres que tu as introduit des armes. Nous voulons pas te garder en prison. Tout ce que nous souhaitons c’est que tu nous dises où se trouvent ces armes. Nous savons où elles se trouvent et nous savons qui étaient avec toi et comment vous l’avez introduites », ont-ils affirmé.

    Après avoir nié toutes ces accusations, il a été reconduit dans sa cellule pour subir de nouvelles séances de tortures les plus cruelles. Ils lui ont proposé 10 millions de DH (1 million de dollars) s’il acceptait de travailler avec eux et jouer le jeu qui consiste à recruter, sous les directives des services de renseignement marocains, un groupe de personnes qui, selon eux, avait des idées radicales et les amener au Sahara Occidental. L’objectif était d’accuser ce groupe de vouloir attenter contre la MINURSO ou des personnalités sahraouies connues pour leur défense des thèses marocaines et commettre un attentat terroriste dans le territoire sahraoui et présenter les sahraouis comme une menace potentiel pour les intérêts des Etats-Unis et de l’Europe.

    Suite à la condamnation par la communauté internationale de la violente répression qui a accompagné le démantèlement du camp de Gdeim Izik le 8 novembre 2010, les autorités marocaines ont annoncé le 5 janvier 2011, l’arrestation de 27 personnes, “dont un membre d’al-Qaïda au Maghreb islamique”, dans le cadre de la prétendue « cellule d’Amgala », une localité sahraouie se trouvant à la limite entre les territoires sahraouis occupés par le Maroc et ceux contrôlés par le Front Polisario. « C’est la première fois que le Maroc fait état de l’arrestation d’un membre actif d’AQMI sur son territoire », indique une dépêche de Radio France International.

    [youtube https://www.youtube.com/watch?v=6HBWwhCe3dQ&w=560&h=315]

    Après sa rencontre avec les accusés, Dihani raconte qu’ils affirment avoir été manipulés par l’État marocain, qu’ils étaient loin de porter des idées intégristes et que la majorité de ce groupe n’était pas pratiquant (ils n’accomplissaient pas la prière).

    Mohamed Dihani est convaincu que ses bourreaux avaient l’intention de l’impliquer dans cette mascarade destinée à diaboliser les sahraouis.

    Pendant son séjour dans la prison de Temara, M. Dihani a rencontré de nombreux marocains innocents qui se trouvaient en prison après avoir été manipulés par les services secrets marocains en vue de commettre des attentats au Maroc. Parmi eux, des auteurs des attentats de Casablanca (2003) qui lui ont assuré que le commanditaire de cette opération n’a pas été arrêté en raison de son appartenance aux services de sécurité marocains.

    Entre décembre 2011 et mars 2012, il a aussi rencontré Adil El Othmani, l’auteur présumé de l’attentat contre le Café Argana (avril 2011), à Marrakech qui lui a assuré qui, en tant que collaborateur des services de renseignements marocains, avait reçu l’ordre de rejoindre l’État Islamique en Irak. Dans ses tentatives, il a été arrêté par les autorités libyennes et syriennes et libéré grâce à l’intervention des autorités marocaines. Une fois de retour au Maroc, il a reçu l’ordre de déposer une bombe au Café Argana.

    Dihani affirme avoir rencontré un groupe des marocains inculpés de tentative d’attentat contre la base américaine de Tan-Tan. Toute en proclamant leur innocence, ils affirment avoir été manipulés.

    Annexe :

    Avis adoptés par le Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire de Mohamed Dihani

    Imagina que eres Mohamed Dihani, Observatorio aragonés para el Sahara Occidental

    El inquietante caso del «terrorista» y supuesto yihadista saharaui Mohamed Dihani, Espacios Europeos

    Tags : Sahara Occidental, Front Polisario, Mohamed Dihani, Maroc, menace terroriste, terrorisme, manipulation, instrumentalisation, services secrets marocains,

  • France-Maroc : Des relations glaciales

    On s’en doutait depuis que le roi Mohamed VI a boudé la cérémonie des obsèques de celui qui était le plus grand ami du Maroc de toute l’histoire de la France, Jacques Chirac. Devant un tel acte, le roi du Maroc a envoyé son fils, le prince héritier Moulay Hassan, un gamin de 16 ans. Depuis, on a observé un échange d’attaques via la presse des deux pays. En particulier, de la presse marocaine. Qu’est-ce qu’il se passe entre Rabat et son principal allié dans la question du Sahara Occidental, considéré par le palais royal comme la « cause national numéro 1 »? Des deux côtés, c’est le silence assourdissant.

    Lundi dernier, 27 avril, un homme à bord de sa voiture a volontairement foncé sur deux motards de la police. Selon la presse locale, qui cite une source proche du dossier, l’auteur de ce crime « voulait mourir en tuant des policiers », ce qui a poussé les enquêteurs à s’interroger sur un éventuel mobile terroriste.

    Comme par hasard, le même jour, le Programme d’Alimentation Mondial (PAM) annonçait sur sa web un « nouveau partenariat entre la France et le PAM  en faveur des enfants sahraouis réfugiés en Algérie » inauguré par le gouvernement français avec un don de 400.000 euros.

    Selon une dépêche publiée aujourd’hui par un site proche du pouvoir marocain, citant des sources judiciaires, la police a trouvé dans la voiture de l’auteur une lettre dans laquelle il proclamait son « allégeance à Abou Walid al-Sahraoui, nouvel émir de l’Etat islamique et digne héritier d’Abou Bakr Al-Baghdadi ». L’intention d’incriminer les sahraouis est évident autant dans la dépêche que dans l’acte criminel perpétré. D’ailleurs, il y a lieu de se poser de questions sur cet attentat perpétré à un moment où les relations entre la France et le Maroc traversent un froid glaciale.

    L’initiative humanitaire française constitue, probablement, un tournant important dans le conflit quadragénaire du Sahara Occidental. En adoptant une attitude positiviste, on peut dire que, dans ces temps de crise, le Maroc n’a plus rien à offrir aux entreprises françaises qui monopolisent déjà la totalité des activités économiques dans ce pays. La France a besoin de se tourner vers le marché vierge algérien en vue de se créer de nouvelles opportunités et, au même temps, freiner l’avance chinoise en Algérie. Conscients du fait que leur soutien inconditionnel aux velléités expansionnistes marocaines pourraient freiner leurs ambitions et acculées dans le dossier de la mémoire coloniale, les autorités françaises seraient tentés de faire un geste de bonne volonté dans le contentieux sahraoui qui, aux yeux de la communauté internationale, n’a que trop duré. C’est ce qui, probablement, met Rabat dans tous ses états.


    Vu toujours d’un point de vue positive, l’Elysée aurait changé d’attitude après avoir découvert un indice qui pointerait vers les services secrets marocains dans le dossier des attentats commis en Europe et dont les auteurs sont majoritairement des ressortissants marocains.

    D’un point de vue négatif, on dirait que la France, avec ce geste vise, probablement, à rappeler aux marocains que la France possède dans ses mains des cartes de pression tel que le soutien aux sahraouis.

    Pour rappel, lors de l’apparition du mystérieux hacker qui se faisait appeler Chris Coleman en pleine crise entre la France et le Maroc suite à la tentative de la justice française d’interroger le patron des services secrets marocains pour acte de torture contre deux citoyens franco-marocains, le ministre marocain des affaires étrangères a accusé la France d’être derrière ce hacker qui a inondé la toile de documents confidentiels de la diplomatie marocaine.

    Tags : France, Maroc, Sahara Occidental, Algérie, terrorisme, économie, crise financière,