Tag: Royaume Uni

  • Brexit: Le Royaume-Uni ouvre une nouvelle page de son histoire

    Après avoir parachevé sa rupture avec l’Union européenne, le Royaume-Uni a ouvert vendredi dernier une nouvelle page de son histoire pleine d’inconnues pour un pays profondément divisé et durement touché par la pandémie de coronavirus.

    A 23H00 locales et GMT jeudi (minuit à Bruxelles), sans la moindre effusion au sein d’une population massivement confinée, le pays a cessé d’appliquer les règles de l’UE, quittant le marché unique et l’union douanière. Après 47 ans d’orageuse intégration européenne et après quatre ans et demi de rebondissements suivant le référendum de 2016, c’est l’aboutissement du Brexit, officiel depuis le 31 janvier, mais aux effets repoussés par une période transitoire destinée à amortir le choc.

    Dans un éditorial publié dans le Daily Telegraph, le Premier ministre, Boris Johnson, grand artisan du Brexit, assure que 2021 sera «une année de changement et d’espoir», vantant l’accord de libre échange conclu avant Noël avec Bruxelles. «Pour nous, cela signifie la fin des querelles rancunières sur l’Europe qui ont empoisonné notre politique depuis si longtemps», plaide-t-il. «Pour nos amis, cela ne veut certainement pas dire qu’ils nous ont perdu, et encore moins notre appétit pour leurs Maseratis ou leur Gewurtztraminer».

    L’accord de libre échange, sans quota ni droit de douane, conclu in extremis avec Bruxelles, évite une rupture trop abrupte, dévastatrice économiquement. Toutefois le bouleversement est réel: la libre circulation permettant aux marchandises comme aux personnes de passer sans entrave la frontière a pris fin – sauf entre l’Espagne et l’enclave britannique de Gibraltar, ainsi qu’entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande. Il faut désormais remplir des déclarations de douanes et subir des inspections sanitaires pour exporter à travers la Manche, un titre de séjour pour s’installer de l’autre côté, et un certificat sanitaire pour les chiens et chats britanniques voyageant vers l’UE. Par contre, les ambitions mondiales du Royaume-Uni risquent de se heurter au départ de Donald Trump, Brexiter convaincu contrairement à son successeur à la Maison- Blanche, Joe Biden.

    Dans son pays, Boris Johnson doit tourner la page d’une saga qui l’a emmené au plus haut de l’échelle politique, mais a profondément divisé les Britanniques. L’unité du Royaume est fissurée, en particulier du côté de l’Ecosse, qui a voté à une large majorité pour rester dans l’UE. «L’Ecosse sera bientôt de retour, Europe», a tweeté la Première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, déterminée à organiser un nouveau référendum sur l’indépendance. A court terme, des perturbations sont redoutées dans le sud de l’Angleterre sur les routes menant vers les ports transmanches, si les nouvelles formalités ralentissent la circulation et allongent les files de camions, surtout la semaine prochaine.

    Contrairement à l’UE, le gouvernement britannique a décidé de mettre en œuvre graduellement les contrôles douaniers, qui ne concerneront pas toutes les marchandises qu’à partir de juillet. Dans un accord de 1.246 pages, l’UE offre au Royaume-Uni un accès sans droits de douane ni quotas à son marché de 450 millions de consommateurs, mais il prévoit, pour éviter toute concurrence déloyale, des sanctions et des mesures compensatoires en cas de non respect de ses règles en matière d’aides d’Etat, d’environnement, de droit du travail et de fiscalité. Les entreprises de la finance, secteur majeur à Londres, perdront, elles, leur droit automatique d’offrir leurs services dans l’UE, tandis que les pêcheurs britanniques sont déçus de devoir encore partager une grande partie de leurs eaux avec les Européens.

    Sud Horizons, 1 jan 2021

    Tags : Brexit, Royaume Uni, Union Européenne, UE, UK,

  • Le Maroc rouvre ses portes aux touristes

    Selon le site Travel Daily Media (TD), les autorités marocaines ont décidé d’assouplir les mesures concernant les frontières dans le but de permettre aux visiteurs internationaux de se rendre au Maroc, y compris les touristes britanniques.

    L’Office national du tourisme marocain (MNTO) a confirmé qu’à partir du 1er octobre, les voyageurs qui n’ont pas besoin de visa peuvent entrer dans le pays sur présentation d’un test PCR Covid-19 négatif fait dans les 72 heures avant le départ. Les passagers doivent également présenter soit une invitation émise par une société marocaine, soit une réservation d’hébergement pour la durée de leur séjour. “Le Maroc ne figure actuellement pas sur la liste des corridors de voyage FCO de l’Angleterre’, indique le site.

    A cet égard, TD signale que “le Maroc est actuellement desservi par deux compagnies aériennes du Royaume-Uni – Royal Air Maroc opère de Londres Heathrow à Casablanca trois fois par semaine, tandis qu’Air Arabia part de Londres Gatwick à Tanger deux fois par semaine”.

    Jamal Kilito, directeur du MNTO pour le Royaume-Uni et l’Irlande, a déclaré: «Alors que nous sortons de la pandémie, nous sommes impatients d’accueillir les voyageurs britanniques et irlandais au Royaume du Maroc où ils pourront vivre une expérience touristique vraiment exceptionnelle en toute tranquillité. Avec des mesures de santé et de sécurité sécurisées en place, nous sommes convaincus que nous pouvons reconstruire notre industrie du tourisme et offrir aux voyageurs le chaleureux accueil marocain dont ils ont toujours bénéficié.

    D’aprés la même source, les atouts du Maroc sont l’authenticité et la diversité au même temps qu’il “offre aux voyageurs l’occasion de découvrir une culture chargée d’histoire”.

    Parmi les destinations phares citées par Today Travel, on trouve Marrakech, Agadir et Fès. “Le pays offre aux visiteurs des expériences accessibles dans le désert, des randonnées dans les montagnes de l’Atlas, de nombreuses plages et sports nautiques, ainsi que de la détente et des paysages pittoresques, le tout avec en toile de fond les meilleures normes sanitaires et sanitaires”, conclue-t-il.

    Tags : Maroc, tourisme, coronavirus, covid 19, voyages, frontières, Royaume Uni, 

  • Délégation de l’ambassade britannique à Rabat souhaite se rendre au Sahara Occidental

    Tags : Maroc, Sahara Occidental, Royaume Uni,

    M. Hugh Cleary, Deuxième Secrétaire, Chef de Mission Adjoint a.i. à l’Ambassade britannique à Rabat souhaite se rendre à El Aaiun du 2 au 4 septembre 2014. Il sera accompagné par M. Mark Bell, qui arrivera au Maroc en septembre 2014 pour prendre ses fonctions en tant que Deuxième Secrétaire Chargé des Affaires Politiques à l’Ambassade britannique. L’objet de la visite est de rencontrer des représentants des autorités et de la société civile.

    Ils veulent rencontrer le Wali d’El Aaiun ou l’un de ses représentants, le président du Conseil Municipal d’El Aaiun et un représentant de l’Agence du Sud à El Aaiun.

    #Maroc #UK #Royaume_Uni #Sahara_Occidental

     
  • Le Royaume Uni soupçonne des menaces terroristes provenant du Maroc

    Tags : Maroc, Royaume Uni, terrorisme,

    Selon une note rédigée par la Direction des Affaires Européennes du MAEC marocain, les responsables sécuritaires britanniques soupçonnaient une menace imminente provenant des aéroports du Maroc.

    Le Chargé d’Affaires a.i. de l’ambassade du Royaume Uni à Rabat, lors d’une rencontre à sa demande avec le Directeur des Affaires Européennes du ministère marocain des affaires étrangères, a déclaré que “les responsables sécuritaires de son pays auraient des raisons de soupçonner une menace imminente et sérieuse (explosifs dissimulés) qui pèserait sur les avions à destination de Londres à partir de certains aéroports situés notamment en Afrique et Moyen Orient”, signale la note du 8 juillet 2014.

    Il a ajouté que les autorités en charge des questions terroristes au Royaume uni sont en contact avec leurs homologues marocaines à ce sujet.

    Afin de contenir cette menace, les aéroports concernés, en l’occurrence l’aéroport Mohammed V pour le Maroc, seront tenus de renforcer les mesures de sécurités pour les passagers de la Royal Air Maroc à destination de Londres avec effet immédiat. Ces mesures concernent principalement le contrôle aléatoire de 15% des passagers, leurs affaires et appareils électroniques à la recherche de traces d’explosifs.

    Selon le diplomate qui sera reçu aujourd’hui au Ministère des Transports, ces mesures sont provisoires, jusqu’au 21 juillet courant. Cependant, elles pourraient être reconduites si la menace persiste. 

     
     
    #Maroc #UK #Royaume_Uni #Menace_terroriste
     
     
  • UK : Pourquoi les musulmans sont particulièrement vulnérables au coronavirus?

    Les responsables du NHS m’ont dit que les ménages musulmans sont particulièrement vulnérables au coronavirus – il est important de comprendre pourquoi

    Au fur et à mesure que la crise se développe, il est probable que les traumatismes se propageront à travers des communautés dont la culture commune est construite autour précisément des choses que le gouvernement a déconseillé.

    Les musulmans britanniques sont parmi les plus durement touchés par la pandémie de Covid-19 – de hauts responsables du NHS m’ont dit que jusqu’à un quart des Britanniques morts de la maladie causée par le virus étaient des musulmans âgés.

    Pour ceux à l’intérieur des communautés musulmanes comme moi, c’est choquant mais pas surprenant. Les musulmans sont particulièrement vulnérables au virus et il doit être reconnu plus largement avant qu’il ne soit trop tard. Si les musulmans se sentent déçus, exclus ou oubliés par la réponse du gouvernement, il y aura des répercussions qui dureront plus longtemps que l’épidémie.

    Beaucoup de musulmans vivent dans des familles élargies, souvent, comme ma maison, avec trois générations sous un même toit. Cela signifie qu’il existe un nombre plus élevé de porteurs qui peuvent (et souvent infecteront) un parent âgé. Une personne âgée ne peut pas s’auto-isoler efficacement lorsqu’elle vit dans des quartiers proches avec ses enfants, petits-enfants et peut-être même sa famille élargie.

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    Nous sommes tous des créatures sociales, mais peut-être que les musulmans sont plus sociaux que la plupart. Nous mangeons ensemble – souvent dans une seule assiette, partageant des ustensiles et des plats d’accompagnement. Pour de nombreux musulmans, l’intimité sociale comme les poignées de main et les câlins est tellement liée à leur comportement que l’invention d’une semaine de la «distanciation sociale» leur est à la fois étrangère et absurde.

    C’est particulièrement le cas dans les 1600 mosquées britanniques (il y en a 130 seulement dans ma ville natale de Bradford). L’islam est une religion collective, et bien que d’éminentes organisations musulmanes britanniques comme le Muslim Council of Britain aient – conformément aux pays à majorité musulmane comme l’Arabie saoudite, la Turquie et l’Égypte – chargé les musulmans de prier chez eux, de nombreuses mosquées britanniques sont susceptibles de rester ouvert. Heureusement, la plupart des mosquées ont suivi ces conseils, mais les espaces de prière qui sont encore ouverts peuvent contenir encore plus de personnes que d’habitude, ce qui augmente le risque.

    Lors des prières du vendredi (dont la fréquentation est, dans des circonstances normales, une obligation pour la plupart des musulmans), la proximité immédiate des fidèles rend la propagation du coronavirus une quasi-certitude. Nous le savons par des événements dans le monde musulman: la propagation de Covid-19 en Malaisie a été retracée à un seul rassemblement religieux dans une mosquée, ce qui a permis au virus de se propager non seulement à travers ce pays, mais à six autres.

    Tout cela rend le coronavirus particulièrement préoccupant dans les communautés musulmanes, dont certaines, comme Bradford, dans les régions les plus défavorisées du pays, avec des résultats de santé médiocres.

    Les supermarchés ethniques de niche et les bouchers halal dont de nombreux musulmans dépendent pour leurs produits essentiels ont des chaînes d’approvisionnement moins fiables que les grands supermarchés, forçant de nombreux épiciers musulmans locaux à augmenter considérablement leurs prix. Et ce malgré le fait que leurs clients soient parmi les plus pauvres de Grande-Bretagne.

    Et dans les poches des communautés musulmanes, il y a une méfiance – ou une simple méconnaissance – des conseils du gouvernement. Le site Web officiel du NHS sur le coronavirus, qui a été mis en évidence lors des conférences de presse quotidiennes du Premier ministre, n’est disponible qu’en anglais.

    De nombreuses minorités dont l’anglais n’est pas suffisamment compétent pour comprendre pleinement les termes médicaux tels que «quarantaine» et «pandémie» dépendent de sources étrangères ou des médias sociaux pour leurs informations.

    Les blogs, TikTok et YouTubers en Asie ne devraient pas être une ressource principale pour les Britanniques en période de crise nationale – leur propre gouvernement devrait l’être.

    C’est particulièrement le cas pour les réfugiés, les demandeurs d’asile et les nouveaux arrivants, y compris les enfants de demandeurs d’asile pris en charge, qui sont susceptibles d’avoir un niveau d’anglais inférieur à la moyenne. Ils sont également plus susceptibles de souffrir déjà de traumatismes ou de problèmes de santé mentale, qu’un blocage proche ou total peut faire de mal en pis.

    Ce traumatisme va se propager à travers les communautés musulmanes à mesure que la crise se développe. Une interdiction des rassemblements de plus de 100 personnes est essentiellement une interdiction des funérailles musulmanes – je ne suis jamais allé à une réunion avec moins de 300 participants.

    De nombreux musulmans souhaitent que sans une action rapide, ils voient leurs parents et leurs grands-parents mourir de plus en plus nombreux, et ils ne pourront même pas les enterrer correctement. Et c’est à une époque où les rassemblements religieux qui pourraient les aider à traiter et à pleurer seront arrêtés.

    Les conseils du gouvernement dans ces circonstances sans précédent ont été clairs et cohérents. Maintenant, il doit devenir multilingue et multiculturel.

    Le sauvetage du coronavirus est encore minuscule par rapport aux financements mis à disposition pendant la crise financière. Assurément, les vies humaines sont plus importantes que les bilans bancaires? Un soutien devrait être mis à la disposition des autorités locales, des organisations caritatives et des volontaires à travers le pays pour fournir la nourriture, les fournitures et la compagnie dont les plus vulnérables ont besoin.

    Coordonné dans ma localité grâce à une application facilement accessible, l’effort logistique derrière ce déploiement est énorme: nous avons besoin de tout, des interprètes aux thérapeutes en passant par les contrôles DBS accélérés. Je ne doute pas que les communautés musulmanes joueront leur rôle, mais elles doivent être soutenues par leur gouvernement.

    L’hygiène, la santé et la responsabilité envers ses voisins sont étroitement liées à la culture islamique. Cela comprend la responsabilité de ne pas infecter les voisins avec une maladie mortelle. Mais nous ne pouvons utiliser ces valeurs pour assurer la sécurité de tous nos compatriotes britanniques que si nous nous mobilisons en même temps que nous nous isolons.

    Shadim Hussain est membre du groupe directeur du gouvernement sur l’adoption et PDG de My Foster Family

    Source : Independent, 19 mars 2020

    (Traduction non officielle)

    Tags : UK, Royaume Uni, coronavirus, musulmans, ménages musulmans,

  • Maroc : retirer sa confiance à Christopher Ross a créé des « énergies négatives » (ambassadeur UK)

    Un compte-rendu d’une réunion avec l’ambassadeur britannique Tim Morris à Rabat révèle l’état d’esprit de la communauté internationale suite à la décision des autorités marocaines de désavouer le diplomate américain Christopher Ross lors de sa mission en tant qu’Envoyé Personnel du Secrétaire Général de l’ONU pour le Sahara Occidental.

    Les arguments marocains à ce sujet ont été qualifiés “horribles”, “dure et contreproductive” et a déclaré qu’elle a créé une “énergie négative”.

    TEXTE DU COMTE-RENDU

    Compte rendu interne de la rencontre de M. le Ministre Délégué

    avec M.Tim Morris, Ambassadeur du Royaume Uni

    Le Ministre Délégué a reçu, le 28 Mai 2012, M. Tim Morris, Ambassadeur du

    Royaume Uni au Maroc. A cette occasion, la Question Nationale a été au centre des discussions.

    Après avoir informé l’Ambassadeur britannique de la teneur de sa conversation téléphonique avec M. Alistair Burt, vendredi dernier, M. le Ministre a réitéré le soutien du Maroc au Secrétaire Général de l’ONU, M. Ban Ki Moon, et au processus de négociation mené par l’ONU. M. Amrani a ajouté que la priorité pour le Maroc était de maintenir et de préserver le processus politique enclenché en redonnant aux négociations une dynamique positive, ce qui implique de mettre un terme aux différentes dérives qui ont été constatées et de renouer avec les paramètres clairs censés encadrer et guider le processus politique. Le statu quo n’est pas tenable, le temps est venu de sortir de l’impasse et d’aller de l’avant a-t-il poursuivi, en faisant remarqué que le Maroc n’avait épargné aucun effort pour contribuer positivement à ce processus. Qu’ont fait les autres parties ? Qu’ont-elles amené sur la table, s’est-il interrogé en s’adressant à M. Morris. Il a également souligné qu’il était aujourd’hui nécessaire d’impliquer concrètement l’Algérie dans ce processus en expliquant que ce pays détient la clé de la solution.

    L’Ambassadeur Morris a répondu combien Alistair Burt était enthousiaste quant au potentiel de développement des relations bilatérales. Selon l’Ambassadeur britannique, M. Burt se félicite de l’évolution positive de cette relation et affirme qu’il y a aujourd’hui une véritable volonté d’aller de l’avant. Concernant la Question Nationale, M. Morris a dit qu’il y avait des divergences entre le Maroc et le Royaume Uni, mais également des positions qui se rejoignent, notamment en ce qui concerne le caractère intenable du statu quo.

    Il a poursuivi en affirmant que dans le court terme il y aura une situation difficile à gérer. Nous comprenons la décision du Maroc de dire « enough is enougn », cependant, a-t-il ajouté, à l’exception de la France, la décision inattendue et soudaine du Maroc a engendré beaucoup d’incompréhension, y compris au niveau du Groupe des Amis (GOF) et du Secrétaire Général. Selon le représentant britannique, l’approche conflictuelle décidée par le Maroc est dans l’ensemble considérée comme 1étant dure et contreproductive. Il a également noté qu’il est difficile de distinguer le SG et le Conseil de Sécurité de cette défiance concernant C. Ross.

    L’Ambassadeur Tim Morris a par ailleurs qualifié d’horrible (« awful ») l’aide-mémoire justifiant la décision du Royaume de retirer sa confiance à C. Ross. Il a en outre fait savoir que le Royaume Uni ne pouvait pas soutenir un tel document dans la mesure où il ne partage pas certains des arguments avancés, et que ledit document révèle par ailleurs une démarche scientifique défaillante. M. Morris a répété une nouvelle fois que la situation sera difficile pour le Maroc sur le court terme et ce pour plusieurs raisons, en prenant soin de préciser : « mais vous vous êtes mis dans cette situation tout seul, vous devrez donc traverser cette période difficile ». Il a ensuite affirmé « Que les choses soient claires, nous allons soutenir le Secrétaire Général de l’ONU et son Envoyé Personnel quoi qu’il fasse. Nous ne voulons surtout pas donner l’illusion que nous sommes d’accord ».

    Au sujet de la Minurso, Tim Morris a dit comprendre le point de vue du Maroc sur la nécessité de ne pas polluer le mandat de la mission onusienne tout en notant que le Royaume Uni considérait qu’il devait y avoir une certaine flexibilité dans la mise en œuvre du mandat de la Minurso, notamment en ce qui concerne l’accès de la mission onusienne aux personnes résidant sur ce territoire. Il a ensuite déclaré soutenir tous les rounds informels de l’Envoyé Personnel du SG, tout en « comprenant que cela devait mener quelque part ». Il a en outre précisé que le Royaume Uni compte favoriser une approche équilibrée, « si vous êtes dans le jury, vous ne pouvez pas prendre partie ».

    Monsieur le Ministre a répondu à son interlocuteur en lui posant une série de question. Y a-t-il un problème avec le Royaume Uni ? Avons-nous failli dans la mise en œuvre de nos engagements ? Etes vous satisfait de la stagnation du processus de négociation ? Etes vous satisfait des résultats obtenus dans le cadre des réunions informelles? Voulez vous voir l’impasse se poursuivre ? Voulez vous vraiment préserver ce processus ? Comment voyez vous les perspectives d’évolution de ce processus politique ?

    M. Amrani a poursuivi en faisant savoir que le Maroc avait le sentiment d’être pénalisé malgré tous les efforts déployés pour soutenir ce processus et pour parvenir à une solution pacifique dans le cadre des paramètres de négociation arrêtés. Le statut quo est intenable a-t-il rappelé, avant de réitérer la volonté du Maroc de préserver le processus en le sortant de l’enlisement et en mettant un terme aux dérives répétées et inacceptables qui ont été constatées à plusieurs reprises malgré les mises en garde du Royaume.

    M. Amrani a également relevé que C. Ross était censé être le facilitateur, ce que le Maroc n’a malheureusement pas constaté. Par ailleurs, M. Ross n’a pas su ou pu impliquer l’Algérie alors que tout le monde sait, y compris à l’ONU, que cette question concerne directement le Maroc et l’Algérie. M. le Ministre a ensuite insisté 2sur le fait que la pression ne doit pas s’exercer uniquement sur le Maroc, ce qui est également une cause de frustration pour le Royaume.

    L’ambassadeur anglais a rétorqué qu’il n’y avait pas de moyen de mettre la pression sur l’Algérie. Il a encouragé le Maroc à envisager une nouvelle approche et offert dans ce cadre l’aide du Royaume Uni. Il a ajouté « nous savons où sont nos amis, vous avez notre intérêt, nous voulons aider ». Dans ce sens, il a précisé qu’il était réaliste et qu’il n’envisageait pas de demander au Maroc de faire « marche arrière », mais de faire preuve de psychologie afin de changer la donne créée par la décision marocaine de retirer sa confiance à C. Ross. Si votre position est rigide a-t-il poursuivi, elle ne sera pas perçue comme étant crédible. L’Ambassadeur a soutenu que le Maroc « devra faire des compromis » pour rectifier le tir et évacuer les « énergies négatives » générées par la décision marocaine. Il a ajouté que son « sentiment personnel c’est qu’il faudra un certain temps pour dépasser cette phase ».

    Le responsable britannique a réitéré à plusieurs reprises la disposition du Royaume Uni à contribuer à l’élaboration d’une nouvelle approche se concentrant sur les questions politiques. Dans ce cadre, Tim Morris a proposé d’envisager quatre initiatives en particulier :

    -Accepter que la France fasse du lobbying à l’adresse du Maroc et de l’Algérie. Tim Morris a suggéré de mettre en œuvre cette idée «immédiatement ».

    -Organiser une rencontre avec le polisario à Rabat, comme cela a déjà été le cas auparavant, pourrait créer un message positif. Cela permettrait selon T. Morris de donner plus de visibilité aux mesures de confiance et de les intégrer dans une certaine vision.

    -La mise en œuvre de la régionalisation constitue selon l’Ambassadeur « une autre voie intéressante ».

    -« La liberté de mouvement de la Minurso ». Selon le représentant britannique, la véritable question au sujet de la mission onusienne ce n’est pas les drapeaux ou les immatriculations, mais la liberté de mouvement pour la Mission de l’ONU. Selon lui, les membres de la mission ne sont pas en mesure d’entrer en contact avec les personnes sur place. Il a ajouté à ce sujet que « si vous faites une différence entre ce que vous permettez au corps diplomatique et ce que vous permettez à l’ONU ça pose un problème car l’ONU c’est aussi nous ».

    Revenant sur les événements de Gdim Izik, il a considéré que de ne pas avoir laissé la Minurso effectuer un rapport sur ce qui s’est passé a alimenté une perception négative.

    M. Amrani a souligné que le Maroc est transparent et de bonne foi, mais cela ne doit pas pour autant le conduire à tout accepter et à laisser la Minurso faire tout ce qu’elle veut sans considération pour le cadre précis de son mandat. Il a ajouté qu’il était établi que certaines personnes tentaient d’instrumentaliser la situation dans les 3 provinces du Sud, ce que le Royaume ne peut accepter. L’Ambassadeur Morris a qualifié de contreproductive l’interprétation stricte du Maroc relative au mandat de la MINURSO.

    Monsieur le Ministre a réitéré la détermination du Maroc à poursuivre le processus de négociation avec le concours d’un médiateur impartial. Il a également ajouté que le Royaume veut créer une nouvelle dynamique pour aller de l’avant vers une solution dans le cadre du processus actuel. Nous voulons continuer à travailler dans le respect des paramètres arrêtés, et nous comptons sur le soutien de nos amis, a-t-il fait savoir à son  interlocuteur en réitérant la nécessité d’impliquer l’Algérie. Il a par ailleurs noté que le projet de communiqué du GoF n’était pas constructif, tout en faisant observer la différence de traitement avec le cas de M. Van Walsum, lorsque ce dernier a perdu la confiance des autres parties.

    Il a conclut en affirmant que le Maroc avait le droit d’exprimer son point de vue et que personne ne pouvait être imposé. « Le Maroc ne veut plus perdre son temps. Le statu quo est intenable. Nous avons toute confiance en le SG Ban Ki Moon, et restons confiants quant à la décision qu’il prendra pour relancer les négociations en renouant avec une dynamique positive.

    Commentaires

    -Tim Morris a précisé à plusieurs reprises qu’il n’était pas porteur d’un message de Londres et qu’il souhaitait avoir cette rencontre avec Monsieur Amrani pour échanger de façon informelle. Cependant, malgré l’insistance de certaines questions, T. Morris n’a pas répondu et avait manifestement un message à passer ;

    -La position de l’ambassadeur Morris est de toute évidence figée ;

     -Le Royaume Uni semble penser que le moment est opportun pour faire pression sur le Maroc pour le forcer à accepter une certaine politisation tacite du mandat de la Minurso, à travers l’octroi d’une plus grande marge de manœuvre aux membres de cette mission ;

    -Dans une approche opportuniste, le Royaume Uni semble vouloir utiliser l’évolution récente du contexte pour imposer ses vues et négocier le renvoi de C. Ross contre des concessions politiques ;

    -Le Royaume Uni semble également vouloir renforcer le statut du polisario en promouvant des rencontres au Maroc, et à terme, obtenir du Maroc plus de concessions ;

    -L’Ambassadeur a lui-même avoué que le GoF n’avait pas les moyens de faire pression sur l’Algérie, ce qui revient à dire que les seules initiatives visant à faire évoluer cette situation pèseront sur le Maroc ;

    -La proposition de demander à la France de jouer un quelconque rôle de lobbying entre le Maroc et l’Algérie apparaît, dans la nouvelle configuration politique actuelle comme un piège. Le Président Hollande, et le parti socialiste en particulier ayant mis l’emphase sur le respect des droits de l’homme dans leur politique étrangère, il sera difficile au Maroc de refuser de faire des concessions sur ce plan sans en payer le prix en terme de soutien de son principal allié. L’objectif recherché serait donc de fissurer le rempart français protégeant le Maroc d’un élargissement du mandat de la Minurso.

    Rabat, le 29 mai 2012

    Tags : Maroc, Sahara Occidental, Front Polisario, ONU, MINURSO, Tim Morris, Royaume Uni, Christoper Ross,

  • Les mésaventures de l’ambassadeur britannique au Maroc avec la RAM

    Je vais vous raconter mon voyage ce week-end avec la Royal Air Maroc.

    Nous sommes allés à Londres pour le 80eme anniversaire de ma mère. Voyage privé, alors. Deux heures de retard au départ. Aucun mot d’explication ou d’excuses.

    J’ai envoyé un tweet portant plainte contre cette manque d’informations , puis je l’ai effacé car je ne voulais pas abuser de ma position.

    L’anniversaire s’est très bien passé. Et puis la tempête Clara est arrivée. Après mes derniers tweets RAM m’a prié de ne pas partager mes concernés par moyen de Twitter. J’ai alors contacte le siège social de RAM pour des renseignements hier avant de partir de chez mes parents

    Sans réponse. Nous sommes allés à l’aéroport. C’était chaotique. Le vol était retardé – normale. Tous les vols l’étaient. J’ai envoyé encore un message au siège sociale de RAM. Toujours pas de réponse. Notre avion, ne pouvant même pas atteindre Gatwick, a du atterrir à Nantes.

    Au lieu de nous dire à ce moment que le vol était annulé, RAM a continué d’afficher des horaires pour le vol de plus en plus tard – bien que l’avion était toujours à Nantes. J’ai envoyé encore une demande pour des renseignements à RAM. Toujours pas de réponse.

    Finalement à 18h00 RAM a admis qu’ils ne pouvaient pas nous offre un vol. À 19h30 nous sommes arrivés devant les guichets de RAM. Ils nous ont promise des autobus et des hôtels. Moi j’ai pris mes enfants et nous sommes allés loger dans un hôtel en centre-ville.

    Les autres passagers qui sont restés à l’aéroport sont finalement arrivés à leurs hôtels après 22h30 car il n’y avait pas de bus et ils ont dû trouver des taxis eux-mêmes. Sans explication. Sans excuses.

    Nous avons étés convoqués à l’aéroport ce matin à 0515. Personne n’est là. Aucun guichet n’est ouvert. Aucune responsable n’est ici pour nous fournir de l’information. J’ai envoyé encore un message à RAM, sans réponse.

    Autour de moi j’entends des commentaires “This is the worst customer care I have ever experienced” “I have flown over 3 million air miles and never experienced such appalling customer care”.

    Hier était une journée très difficile pour tous les passagers & les compagnies aériennes y inclus RAM: cela s’entend étant donné Storm Clara. Mais c’est la manque de service clientèle, la manque d’informations, la manque de respect & la manque de recevabilité qui est inacceptable.

    Thomas Reilly
    Ambassadeur du Royaume Uni à Rabata

    Source : Twitter 

    TAGS : Maroc, Royaume Uni, Thomas Reilly, Storm Clara, RAM, voyages,

  • Julian Assange est sorti de l’isolement à la prison de Belmarsh

    Australian Associated Press (AAP)

    Traduit par Le Grand Soir

    Le fondateur de Wikileaks, Julian Assange, a été sorti de l’isolement dans la prison britannique de haute sécurité de Belmarsh après une série de pétitions de son équipe juridique et de ses codétenus, indique son organisation.

    L’Australien est détenu presque au secret avec de sévères restrictions à l’accès de visiteurs dans la prison de Belmarsh près de Londres depuis avril, alors qu’il attend son procès d’extradition vaers les USA qui doit commencer le 24 février.

    L’ambassadeur de Wikileaks, Joseph Farrell, affirme que l’Australien de 48 ans a été transféré vendredi de l’aile médicale où il était à l’isolement à une autre aile avec 40 autres détenus.

    Il affirme que cette avancée a eu lieu après que son équipe juridique et trois pétitions distinctes de détenus au gouverneur de la prison ont déclaré que son traitement était injuste et inéquitable.

    Après des réunions entre les autorités de la prison, l’équipe juridique d’Assange et les détenus, il a été transféré.

    “Ce transfert est une énorme victoire pour l’équipe juridique d’Assange et pour les militants qui insistent depuis des semaines pour que les autorités de la prison mettent fin au traitement punitif d’Assange”, a déclaré M. Farrell à l’AAP.

    Assange doit être jugé le mois prochain pour déterminer s’il doit être extradé vers les USA, où il est accusé de 17 chefs d’accusation d’espionnage et d’un chef d’accusation de complot pour intrusion informatique.

    Les accusations portent sur des allégations selon lesquelles Assange aurait tenté d’aider l’ancienne analyste du renseignement de l’armée des USA Chelsea Manning à protéger son identité numérique alors qu’elle accédait à des fichiers classifiés du Pentagone sur les guerres d’Irak et d’Afghanistan.

    WikiLeaks a contribué à la publication de milliers de ces fichiers, dont certains ont révélé des crimes de guerre usaméricains dans les deux pays. Son cas est largement considéré comme un test décisif pour la protection des sources des journalistes.

    M. Farrell a déclaré que le transfert d’Assange hors de l’isolement après neuf mois est une petite victoire étant donné qu’il n’a toujours pas accès à ses avocats.

    Lors d’une récente audience de gestion de l’affaire, l’avocate Gareth Pierce a déclaré que l’équipe de défense n’avait eu droit qu’à trois heures avec Assange pour discuter de l’affaire.

    “Il se voit toujours refuser un accès adéquat à ses avocats, comme l’a reconnu le juge lors d’une audience de gestion de l’affaire au tribunal de Westminster”, a déclaré M. Farrell.

    “Et les militants continuent d’insister sur le fait qu’Assange ne devrait pas être en prison du tout, et encore moins dans la prison de haute sécurité de Belmarsh.”

    Tlaxcala, 6 fév 2020

    Tags : Julian Assange, Wikileaks, Royaume Uni, Etats-Unis, torture,

  • Rapport de Ethnographic Edge* sur le Maroc et le Sahara Occidental

    Tags : Maroc, Royaume Uni, Ethnographic Edge, Sahara Occidental,

    Rabat, le 27 juin 2014

    A Monsieur le Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération

    Objet : Rapports sur le Maroc et le sahara / Ethnographic Edge (projet d’analyse prévisionnelle) 

    J’ai l’honneur de porter à la connaissance de Monsieur le Ministre, que deux rapports sont parus en ligne (en anglais), jeudi 26 juin, sur le site d’Ethnographic Edge. Ces documents sont intitulés respectivement : « pression croissante sur le PJD s’agissant du dossier des droits de l’homme », et « attention renouvellée sur le sahara occidental et sur les camps de réfugiés ».

    I – Elements d’informations sur Ethnographic Edge : 

    Ethnographic Edge est une start-up, basée à Londres, qui fait de l’analyse prévisionnelle sur l’évolution des crises en Asie et au Moyen-Orient ; et sur la valeurs de multinationales côtées en bourse. 

    Elle a été créée par Dr Eduardo Zachary Albrecht. Celui-ci a combiné méthodes quantitatives d’analyse, technologies de l’information, et théories anthropologiques pour faire des prévisions concernant l’évolution des crises politiques et diplomatiques internationales. 

    Plus précisément, Ethnographic Edge mesure, dans le temps, les niveaux montants et descendants des opinions positives et négatives dans des millers de médias concernant une crise particulière ; en utilisant différents logiciels d’analyse de données pour évaluer les perceptions et dresser un “Tension & Trust” score. 

    La start-up a également lancé un site web, qui publie 3-4 nouveaux rapports tous les mois. Ces rapports exposent le raisonnement qui explique pourquoi selon eux, une crise est susceptible de démarrer, arrêter, s’aggraver ou s’améliorer. Le style d’écriture est « non-idéologique et a-politique » (selon le site) ; et prend en compte les considérations culturelles et stratégiques du point de vue de tous les acteurs impliqués. Un réseau d’informateurs locaux sont contactés et leurs opinions inclues dans les rapports. 

    Toujours selon leur site web, les tests effectués au cours des deux dernières années ont démontré que les niveaux de précision dans l’évolution des prévisions dépassent 75%.

    II – Le rapport sur le Maroc, intitulé « pression croissante sur le PJD s’agissant du dossier des droits de l’homme » :

    Les point majeurs du rapport sont que : 

    deux évenements récents ont attiré l’attention de l’opinion publique internationale s’agissant du Maroc. Le premier est l’affaire des 11 militants du 20 février (arrêtés le 06 avril, jugés et condamnés en mai, et à nouveau relâchés sous caution dans l’attente de leur procès en appel début juin). Le second évènement est le rapport sur la situation des droits humains au Maroc, présenté par le CNDH (Driss El Yazami) devant le Parlement. 

    La situation politique au Maroc est tendue depuis l’arrivée au pouvoir du PJD en 2011. 

    Le PJD s’est affaibli avec l’effrondrement des frères musulmans en Egypte et le retrait de l’Istiqlal de la coalition gouvernementale. Toutefois, ce parti a pu se maintenir au pouvoir, en évitant « toute confrontation directe avec la Monarchie ». 

    Or, « le PJD n’a pas pu apporter un changement politique réel » ; et tente de jouer le rôle d’équilibriste entre « une base électorale avide de changement » et « un establishment » désireux de maintenir le statut-quo. 

    La libération des militants du 20 février peut-être vue comme « un mouvement stratégique chronométré » par le PJD ; et conçu pour maintenir « cet équilibre délicat entre intérêts opposés ». 

    Des troubles sociaux sont à prévoir dans un avenir proche. Les pressions internationales et « ces ouvertures tactiques » du Gouvernement risquent de conduire à la multiplication des manifestations, pour la libération d’autres activistes (tels que le rappeur Mouad Belghouat, appelé Lhaqed, autre militant du mouvement du 20 février). 

    Il est probale que le Maroc continue d’être « sous le feu des projecteurs internationaux » dans les prochaines semaines. Pour Ethnographic Edge, « aux yeux de l’Occident, la question des droits de l’homme au Maroc est confondue avec la question des droits humains au sahara ». 

    Pour conclure, le rapport indique que « les tensions croissantes au Maroc représentent un feu qui couve ». Néanmois, signale t-on, « ce feu » ne menacera pas, dans l’immédiat, les « actifs economiques et financiers ». 

    III – Le rapport sur le sahara, intitulé « attention renouvellée sur le sahara occidental et sur les camps de réfugiés » : 

    Remarque : le rapport est assez confus, les analystes ne semblant pas maîtriser le dossier du sahara. Néanmoins, certains faits relevés semblent pertinents, et notamment : 

    L’attention internationale sur le sahara s’est accrue, ces dernières semaines, du fait de la visite de la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme au Maroc (qui est une visite de haut niveau). Depuis, indique le document, une « flopée » de délégations étrangères « inondent le désert ». 

    Western Sahara Resource Watch (WSRW), a publié une liste exhaustive des sociétés concernées par « les exportations marocaines de phospates provenant du sahara » ; et appellent les entreprises impliquées à cesser ce commerce avec le Maroc. 

    le polisario ne peut plus se contenter du statut-quo, car de nouvelles factions ont émergées à l’intérieur des camps de réfugiés ; dont le Mouvement des jeunes pour le changement (YMC). Celui-ci rejetterait (selon le rapport), à la fois, la direction du polisario et la position du Maroc. Les tensions dans les camps sont susceptibles de s’accroître jusqu’à ce que des changements se produisent. 

    L’industrie des phophates et des engrais risquent de pâtir de la situation actuelle au sahara, avance le document. Les investisseurs « pourraient vouloir revoir à la baisse la valeurs des actions en bourse de société telle que PotashCorp » (société américaine d’engrais qui est, selon WSRW, un des 10 importateurs de phosphates les plus importants pour la mine de Bou Craa). 

    IV – Appréciation globale : 

    Pertinence de ces rapports : 

    Sur le Maroc et la position du PJD : le rapport de Ethnographic Edge semble, globalement, avoir vu juste. 

    Sur le sahara : certaines confusions apparaissent tout le long du rapport. Ceci est probablement dû au fait que les principales sources sur le net sont pro- polisario. 

    Poids et influence potentielle de sociétés spécialisées dans l’analyse prévisionnelle : 

    Ce type de modélisation et d’anticipation des évènements a de plus en plus de succès dans les pays anglophones (principalement les Etats-Unis et les pays asiatiques). 

    Pour ce qui est d’Ethnographic Edge : nous n’avons pas d’informations sur ces clients (Gouvernements et entreprises). Toutfois, nous avons pu constater que beaucoup d’informations sont publiés, à la fois sur le Maroc, le PJD, le sahara, et Tanger-Med. Ce qui nous interpelle, c’est que 5 dossiers sur 20 concernent le Maroc. 

    V- Préconisations :

    Se tenir informé des analyses et prédictions pour nos propres besoins. 

    pour la question nationale : augmenter la présence des positions pro-marocaines sur le net et sur les médias classiques.

    * Ethnographic Edge est un projet qui permet de suivre l’évolution de la politique internationale. Nous utilisons une combinaison de l’analyse de données et l’analyse sociale pour comprendre les événements et leur impact. 

    Site web : http://ethnographicedge.com/