Tag: normalisation

  • Maroc : Le Makhzen sur une pente glissante

    Le Makhzen est-il sur une pente glissante? Tout porte à le croire. Et ce, d’autant plus que le retour de manivelle à ses dernières actions s’est très vite produit. A une vitesse et d’une ampleur auxquelles, à l’évidence, il ne s’attendait guère. Aveuglé par le soutien que lui apportent ses parrains et protecteurs occidentalo-sionistes et arabes – les pétromonarchies du Golfe, essentiellement et pour être plus clair -, et qu’il pensait à même de lui assurer une impunité pérenne, il a été, en effet, fortement ébranlé par les réactions, dans un premier temps, aux événements d’El Guerguerat, dans l’extrême sud-ouest du Sahara Occidental occupé, survenus le 13 novembre 2020, et dans un second, à la normalisation de ses relations avec l’entité sioniste; une normalistion obtenue, faut-il le rappeler, en contrepartie de la reconnaissance par le président américain sortant, Donald Trump, de son illusoire souveraineté sur le Sahara Occidental.

    Tous les faits qui ont suivi l’agression militaire caractérisée, perpétrée par la soldatesque marocaine à El Guerguerat, contre des manifestants sahraouis civils qui protestaient pacifiquement contre la brèche ouverte, en contradiction avec les dispositions de l’accord de cessez-le-feu signé en septembre 1991, sous les auspices de l’ONU, entre le Front Polisario et le Maroc, dans le “mur de la honte et de l’humiliation”, attestent, on ne peut mieux, du désarroi dans lequel le Makhzen a été plongé après l’annonce par le Front Polisario de sa double décision de ne plus se considérer lié à l’accord de cessez-le-feu précité et, surtout, de reprendre la lutte armée. Le plus manifeste de ces faits est le black-out total qu’il impose, aidé en cela par une presse, locale, aux ordres et, internationale, complice, sur les attaques et les revers que son armée subit au quotidien, depuis le 13 novembre dernier, au Sahara Occidental; un black-out qu’il croit, contre tout bon sens, à même de tromper les opinions publiques marocaine et internationale sur la réalité de la situation y prévalant.

    La trahison, une tradition chez le Makhzen…

    Dénué de tout argument solide pouvant justifier la normalisation de ses relations avec l’entité sioniste, le Makhzen, dans une pitoyable tentative de faire oublier que celle-ci n’est que la contrepartie éhontée de la reconnaissance, par un président américain en fin de parcours, de son illusoire souveraineté sur le Sahara Occidental, essaye, tordant ce faisant le cou à une réalité amère, d’expliquer ladite normalisation par “les liens solides existant entre le royaume et la communauté des juifs marocains” établis en terre palestinienne et, summum de la duplicité, par le devoir qu’a celui-ci de protéger “ces sujets de Sa Majesté”, feignant sournoisement, dans le même temps, d’ignorer que ces derniers ne sont que des sionistes convaincus. C’est ce qu’a asséné au Makhzen, Fuad Batayneh, un ancien diplomate jordanien, dans un article paru, il y a quelques jours, dans le site électronique “rai alyoum” que dirige l’éminent journaliste palestinien Abdelbari Atwan. Ne se contentant pas de s’étaler sur l’ancienneté et la profondeur des relations entre le royaume du Maroc et l’entité sioniste, l’ancien diplomate jordanien a également dévoilé que le Palais royal a carrément versé dans la trahison. Plus précis concernant ce point, il a révélé que le défunt Hassan II avait remis à des agents sionistes les enregistrements de tout ce qui s’était dit lors du Sommet de la Ligue arabe qui s’est tenu, à Casablanca, en 1965; une “remise” qui a permis à l’entité sioniste de prendre connaissance de toutes les mesures arrêtées par les dirigeants arabes dans le cas où une guerre venait à se déclarer au Moyen Orient. Et, partant, de préparer et de mener, avec les résultats que l’on connaît, la Guerre des six jours de juin 1967. Une manière de dire que “le coup de poignard” que le Makhzen vient, par la normalisation de ses relations avec l’entité sioniste, de donner à la cause paslestinienne, n’est pas venu du néant. Et qu’il s’inscrit plutôt en droite ligne dans une tradition de trahison et de revirements qui est la sienne.

    Un revirement éhonté…

    Une “tradition”, au demeurant parfaitement illustrée par l’incroyable revirement du chef du gouvernement marocain et, néanmoins, secrétaire général du PJD (Parti de la justice et du développement), un parti d’obédience islamiste, dans la question de la normalisation (avec l’entité sioniste). Oublieux de ce qu’il avait publiquement déclaré, dans un premier temps, en 2008, dans un rassemblement populaire de protestation contre la visite que devait effectuer au Maroc la ministre des Affaires étrangères sioniste d’alors et feignant, à l’évidence, de ne pas se rappeler qu’il avait, au moment de la normalisation, par les Emirats arabes unis et le Bahreïn, de leurs relations respectives avec l’entité sioniste, clamé haut et fort que son pays ne leur emboîterait jamais le pas, Saadeddine Al Othmani, c’est son nom, n’a pas hésité, quand le Maroc s’est engagé dans la même voie, à apposer sa propre signature, à côté de celle du représentant de l’entité sioniste, au bas de l’accord officialisant ladite normalisation. Faut-il dire que cette attitude n’a pas été du tout appréciée et ce, aussi bien au sein de sa formation politique que par les partis arabes affilés à la même mouvance idéologique; celle des Frères musulmans. Si la gronde et la fronde qui sévissent présentement au sein du PJD demeurent circonscrites dans un cadre interne, le mécontentement de ses pairs arabes islamistes s’est traduit par une décision du Congrès nationaliste islamiste de le suspendre de toute participation à ses travaux et activités; une suspension qui, selon des sources concordantes, peut se muer en exclusion de ses rangs si la situation au sein du PJD demeure en l’état; en clair, si Saadeddine Al Othmani demeure à sa tête.

    L’opposition à la normalisation s’étend…

    Si le Makhzen donne l’impression de maîtriser la situation, des informations concordantes laissent supposer que tel ne sera plus le cas dans un avenir proche. A l’appui de leurs prévisions, ces mêmes sources font état d’une montée en cadence et en ampleur des manifestations de rue dénonçant la normalisation des relations avec l’entité sioniste; une montée (en puissance et ampleur) que la répression exercée par les forces de sécurité du Makhzen contre toute expression populaire hostile au rapprochement “makhzéno-sioniste” n’a pu freiner mais que les médias aux ordres tentent d’en réduire l’importance quand ils ne la passent pas sous silence. Ce qui n’empêche pas que cette opposition s’étende de plus en plus. Et ce, avec l’implication d’organisations ayant un poids certain dans la société marocaine. A l’instar de l’association Al Adl Wal Ihsane ( Justice et bienfaisance), la plus importante dans son genre, dit-on, bien qu’elle demeure, depuis sa création en 1973, toujours non reconnue. Dans un entretien accordé au site Arabi21.com que rapporte El portal diplomatico (Le portail diplomatique), un site proche des thèses du Front Polisario, Mohamed Abadi, son secrétaire général, a fait porter toute la responsabilité de cette normalisation à l’institution royale. Ceci non sans critiquer vertement la mainmise totale de cette dernière sur toute la vie politique, économique et sociale du royaume. Une mainmise, a-t-il explicité, qui vide même certaines institutions officielles des prérogatives que leur confère pourtant la Constitution en vigueur. Une manière, on ne peut plus claire, de dire que la situation au royaume de M6 est “grave”. Pour ne pas dire explosive.

    Mourad Bendris

    Source : Dzair-tube, 5 jan 2021

    Tags : Maroc, Algérie, Sahara Occidental, Front Polisario, Israël, Donald Trump, normalisation,


  • La normalisation, une menace sérieuse tant pour le Maroc que pour l’Algérie

    La normalisation représente une “menace sérieuse et existentielle tant pour le Maroc que l’Algérie”, a averti le président de l’Observatoire marocain contre la normalisation, Ahmed Wihmane, appelant les peuples du Maghreb à contrer “les plans sionistes visant l’unité et la stabilité de la région”.

    “Nous sommes face à une menace sérieuse et existentielle tant pour le Maroc que l’Algérie, voire pour toute la région du Maghreb”, a souligné M. Wihmane dans un entretien à l’APS depuis Rabat. Etayant son propos concernant les dangers de cette normalisation pour les pays du Maghreb et pour l’Algérie, en particulier, il a rappelé les allégations faites par le sioniste Bernard-Henri Lévy lors d’une conférence à Marseille (France), affirmant que “l’Algérie (…) est juive et française”.

    Pour le militant marocain, “il n’est pas exagéré de dire que nous assistons à la préparation d’un transfert de l’Etat d’Israël vers le Maroc, d’où la percée sioniste sans précédent dans le Maghreb et principalement dans le royaume marocain”, a-t-il dit.

    Il a évoqué, à cet égard, plusieurs articles publiés par la presse israélienne et révélant un dangereux scénario visant la région, notamment l’article publié récemment par le journal Yediot Aharonot et faisant état d’un ancien plan sioniste remontant à 1903 et visant l’établissement de “l’Etat d’Israël” au Royaume du Maroc.

    Mis de côté après la mort du fondateur du mouvement sioniste Theodor Herzl, ce plan est exhumé aujourd’hui “faute de perspectives en Palestine après l’expérience de soixante-dix ans de résistance”, a expliqué le président de l’Observatoire marocain contre la normalisation.

    S’agissant des revendications des “juifs marocains” relatives à la récupération de “leurs biens au Maroc” en engageant de grands cabinets d’avocats, l’activiste marocain a affirmé “qu’ils ne se contenteront jamais de réparations pour des bien qu’ils n’ont même pas laissé puisque qu’ils ont vendu avant de partir pour la Palestine occupée”. Soutenant que leur objectif “est la main mise sur le Maroc et la région tout entière à travers ces prétentions et les mythes de tombeaux de prophètes et de saints patrons juifs”, il a cité, à ce propos, le titre : “Maroc, terre juive” de la Une d’un des magazines marocains francophones.

    Pour ce qui est du bien-fondé de l’action en justice intentée par des avocats marocains pour contester la décision de normalisation, M. Ahmed Wihmane a déclaré :”Nous avons fait notre devoir sur le plan juridique comme nous le faisons sur d’autres. Nous fondons notre espoir sur Dieu et le grand peuple marocain”. “Ouvert dans le cadre des accords d’Oslo, le bureau de liaison sioniste avait été fermé pour la première fois en 2000 et nous le fermerons encore cette fois, car le danger guette tous les Etats du Maghreb arabe”, a assuré le président de l’Observatoire marocain contre la normalisation.

    Concernant le rejet de la normalisation par la rue marocaine et la campagne de restrictions sécuritaires visant les activistes marocains, M. Wihmane a indiqué qu’”en dépit des restrictions et du blocus contre toute opinion contraire à la position officielle au sujet de la normalisation, les manifestations n’ont pas cessé dans plusieurs villes marocaines”. A cette occasion, il a déploré “la violation par la police marocaine du droit constitutionnel des Marocains à l’expression pacifique et la répression des différentes contestations dénonçant la normalisation sans le moindre respect des engagements internationaux en matière de droits de l’Homme”.

    Pour le président de l’Observatoire marocain contre la normalisation, “la violation des droits, la restriction des libertés et le blocus sécuritaire ne sont que les premiers fruits de la normalisation”. “La confrontation entre le peuple et l’Etat est l’un des principaux objectifs stratégiques de la bombe jetée par l’entité sioniste et l’administration américaine au Maroc pour faire exploser toute la région”, a-t-il poursuivi expliquant que “lorsque l’Etat réprime le peuple, la tension est attisée et l’Etat affaibli, ce qui facilitera le passage à la phase d’affaiblissement et de la division puis à la domination totale pour la mise en œuvre du plan “B”, à savoir l’établissement d’un “nouvel Israël”.

    Agences

    Tags : Maroc, Algérie, Sahara Occidental, Israël, normalisation,

  • David Schenker veut désamorcer la crise entre le Maroc et l’Algérie

    Il veut désamorcer la crise entre le Maroc et l’Algérie: Le Secrétaire d’Etat adjoint américain attendu à Alger

    par Z. Mehdaoui


      Donald Trump tente de désamorcer la crise entre Alger et Rabat après son incroyable décision de reconnaître une prétendue souveraineté marocaine sur le Sahara occidental mais va aussi essayer de justifier son «forcing» sur le royaume chérifien qui a abdiqué, contre toute attente, en recevant une représentation de l’Etat hébreu sur son sol.

    A quelques jours donc de son départ du bureau ovale, Trump va dépêcher un «émissaire» à Alger, pour atténuer la colère des responsables algériens qui voient d’un très mauvais œil la présence d’Israël à ses frontières de l’Ouest, avec tout ce que cela implique en termes de sécurité.

    «Le secrétaire d’État adjoint aux Affaires du Proche-Orient, David Schenker, se rendra en Jordanie, en Algérie et au Maroc du 3 au 12 janvier pour discuter de la coopération dans les domaines de l’Economie et de la Sécurité avec des dirigeants gouvernementaux», annonce à cet effet le département des Affaires étrangères américain qui précise que lors de son déplacement, le Secrétaire adjoint Schenker «soulignera le profond engagement des États-Unis à favoriser la prospérité économique, la paix et la stabilité au Moyen-Orient et en Afrique du Nord».

    Les derniers développements dans la région, notamment, le conflit du Sahara occidental, serait à l’origine de cette tournée qui intervient à la veille du départ problématique de Donald Trump.

    La visite intervient dans un contexte explosif du fait de la reprise des hostilités entre le Front Polisario et l’armée marocaine depuis plusieurs mois et qui a mis toute la région sur une véritable poudrière qui risque d’exploser à tout moment. Il faut rappeler que le Maroc devient ainsi le quatrième pays arabe à normaliser ses relations avec l’entité sioniste, depuis le mois d’août dernier, après les Emirats arabes unis, le Bahreïn et le Soudan. Le Maroc a annoncé jeudi dernier, la reprise des relations diplomatiques avec Israël «dans les meilleurs délais», avec la reprise des contacts officiels et ouverture des bureaux de liaisons dans les deux pays.

    Cadeau «royal» et empoisonné livré par le président américain Trump avant son départ ? Certainement. D’autant que la rue marocaine commence, après avoir accusé le coup, à s’agiter. Et il serait très aléatoire de prévoir jusqu’où elle pourrait aller… Toutefois il y a lieu de préciser que durant longtemps, un des souhaits les plus chers de l’Etat hébreu, à travers notamment son service de renseignement, le Mossad, était de s’incruster dans la proche périphérie de l’Algérie. Le Sahara, gorgé de pétrole, était un point de fixation. Mais le rêve était d’autant plus impossible à réaliser que le renseignement algérien tournait au quart de tour. Le tour de passe-passe que le Mossad a imaginé alors était de se rendre utile à de nombreux régimes, notamment pour les questions sécuritaires. Des liens discrets, mais concrets, avec certains États-clés lui laissaient espérer nouer des relations économiques et politiques toujours plus étroites. Aujourd’hui avec l’officialisation de la normalisation israélienne avec le Maroc, avec la bénédiction américaine le Rubicon a été franchi dans la région.

    La position de l’Algérie par rapport à cette question ou sur le dossier sahraoui a toujours été immuable. En dépit d’une puissance de feu jamais égalée dans toute l’Afrique, l’Algérie a toujours privilégié le règlement des crises par les voies pacifiques et diplomatiques. Mais cette «doctrine» semble dépassée par les événements car ce «repli» de l’Algérie est perçu comme une faiblesse dans la région ce qui a encouragé notamment le Maroc à afficher clairement son hostilité envers son voisin de l’Est. C’est dans ce contexte que le sous-secrétaire américain va entamer sa visite dans les deux pays en tentant de réconcilier l’inconciliable en faisant valoir bien évidemment la place «de juge et partie» des USA dont l’image est ternie durablement par la politique de Donald Trump.

    Le Quotidien d’Oran, 5 jan 2021

    Tags : Maroc, Algérie, Sahara Occidental, Front Polisario, Normalisation, Israël, Donald Trump, David Schenker,

  • Normalisation avec Israël : “Une sérieuse menace pour le Maroc et l’Algérie”

    L’OBSERVATOIRE MAROCAIN MONTE AU FRONT CONTRE LA NORMALISATION MAROC-ISRAEL : Une sérieuse menace pour le Maroc et l’Algérie

    La normalisation marocaine avec Israël représente une « menace sérieuse et existentielle tant pour le Maroc que l’Algérie », a averti le président de l’Observatoire marocain contre la normalisation, Ahmed Wihmane. Il a appelé les peuples du Maghreb à contrer « les plans sionistes visant l’unité et la stabilité de la région ». « Nous sommes face à une menace sérieuse et existentielle tant pour le Maroc que l’Algérie, voire pour toute la région du Maghreb », a souligné M. Wihmane. Étayant son propos concernant les dangers de cette normalisation pour les pays du Maghreb et pour l’Algérie, en particulier, il a rappelé les allégations faites par le sioniste Bernard-Henri Lévy lors d’une conférence à Marseille affirmant que « l’Algérie (…) est juive et française ».

    Pour le militant marocain, « il n’est pas exagéré de dire que nous assistons à la préparation d’un transfert de + l’État d’Israël+ vers le Maroc, d’où la percée sioniste sans précédent dans le Maghreb et principalement dans le royaume marocain », a-t-il dit. Il a évoqué, à cet égard, plusieurs articles publiés par la presse israélienne et révélant un dangereux scénario visant la région, notamment l’article publié récemment par le journal sioniste Yediot Aharonot et faisant état d’un ancien plan sioniste remontant à 1903 et visant l’établissement de « l’État d’Israël » au Royaume du Maroc. Mis de côté après la mort du fondateur du mouvement sioniste Theodor Herzl, ce plan est exhumé aujourd’hui « faute de perspectives en Palestine après l’expérience de soixante-dix ans de résistance », a expliqué le président de l’Observatoire marocain contre la normalisation.

    S’agissant des revendications des israéliens d’origine marocaine relatives à la récupération de « leurs biens au Maroc » en engageant de grands cabinets d’avocats, l’activiste marocain a affirmé « qu’ils ne se contenteront jamais de réparations pour des biens qu’ils n’ont pas laissé puisque qu’ils ont vendu leurs biens avant de partir pour la Palestine occupée ». Soutenant que leur objectif « est la main mise sur le Maroc et la région tout entière à travers ces prétentions et les mythes fabriqués de toutes pièces de tombeaux de prophètes et de saints patrons juifs » au sud du Maroc , il a cité, à ce propos, le titre : « Maroc, terre juive » à la Une d’un des magazines marocains francophone , dans l’air du temps. Pour ce qui est du bien-fondé de l’action en justice intentée par des avocats marocains pour contester la décision de normalisation, M. Ahmed Wihmane a déclaré : « Nous avons fait notre devoir sur le plan juridique comme nous le faisons sur d’autres. Nous fondons notre espoir sur Dieu et le grand peuple marocain ». « Ouvert dans le cadre des accords d’Oslo, le bureau de liaison sioniste avait été fermé pour la première fois en 2000 et nous le fermerons encore cette fois, car le danger guette tous les États du Maghreb arabe », a assuré le président de l’Observatoire marocain contre la normalisation.

    Concernant le rejet de la normalisation par la rue marocaine et la campagne de restrictions sécuritaires visant les activistes marocains, M. Wihmane a indiqué qu’ »en dépit des restrictions et du blocus contre toute opinion contraire à la position officielle au sujet de la normalisation, les manifestations n’ont pas cessé dans plusieurs villes marocaines ». À cette occasion, il a déploré « la violation par la police marocaine du droit constitutionnel des Marocains à l’expression pacifique et la répression des différentes contestations dénonçant la normalisation sans le moindre respect des engagements internationaux en matière de droits de l’Homme ». Pour le président de l’Observatoire marocain contre la normalisation, « la violation des droits, la restriction des libertés et le blocus sécuritaire ne sont que les premiers fruits de la normalisation ». « La confrontation entre le peuple et l’État est l’un des principaux objectifs stratégiques de la bombe jetée par l’entité sioniste et l’administration américaine au Maroc pour faire exploser toute la région », a-t-il poursuivi expliquant que « lorsque l’État réprime le peuple, la tension est attisée et l’État affaibli, ce qui facilitera le passage à la phase d’affaiblissement et de la division puis à la domination totale pour la mise en œuvre du plan « B », à savoir l’établissement d’un « nouvel Israël ».
    M. B.

    Le Courrier d’Algérie, 5 jan 2021

    Tags : Maroc, Israël, Algérie, Normalisation,

  • Maroc : Le Makhzen, véritable menace sur le Maghreb

    PAROLES D’OFFICIERS DISSIDENTS DE L’ARMÉE ROYALE : Le Makhzen, véritable menace sur le Maghreb

    Ils sont de plus en plus nombreux, ces anciens officiers de l’armée marocaine, entrés en dissidence avec le régime du Makhzen, à monter au créneau pour dénoncer les velléités de la maison militaire alaouite. Aujourd’hui, en effet, l’impact de la menace du pacte maroco-israélien, conclu récemment, sur la stabilité du Maghreb, est un secret de Polichinelle.
    Abderrahim El Mernissi, ancien officier des Forces armées royales marocaines (FAR) a mis en garde contre le « complot qui se trame contre l’Algérie » par l’entité israélienne et le régime marocain, soulignant que le Makhzen était devenu une « véritable menace pour la sécurité et la stabilité du Maghreb ».
    « Le plus grand ennemi qui menace la stabilité dans la région du Maghreb est la monarchie marocaine, surtout après avoir ouvert la voie à l’entité sioniste avec tous les risques sécuritaires et socioéconomiques que ce pas implique pour le Maroc mais aussi pour ses pays voisins », a indiqué Abderrahim El Mernissi dans une déclaration à l’APS depuis la capitale française, Paris.
    Pour M. Abderrahim El Mernissi, l’Algérie est « la cible principale de cette normalisation, car elle constitue le plus grand obstacle face à l’entité israélienne qui tente de diverses manières, depuis des années, d’entamer sa stabilité », relevant que « les positions historiques de l’État algérien face aux desseins sionistes et son soutien aux mouvements de libération l’ont placée au cœur des conspirations israéliennes ». Il a également relevé « le danger des groupes extrémistes soutenus par l’entité israélienne en Afrique du Nord qui menacent la sécurité de toute la région », a-t-il fait remarquer ajoutant qu’ »Israël, avec la complicité du Makhzen, jouera toutes les cartes afin de semer la destruction dans la région qui ne supportera pas davantage de tensions ». « C’est le régime marocain qui est à l’origine de la dégradation que connait le Maroc et non pas l’Algérie », a-t-il affirmé , soulignant que « l’Algérie n’a pas ramené l’entité sioniste au Maroc et ne s’adonne pas au trafic de drogue, mais elle est plutôt le seul pays du Maghreb qui soutient toujours les peuples opprimés ».
    Selon lui la normalisation du Maroc avec l’entité sioniste accélèrera la chute de la monarchie marocaine car le » régime marocain est à la veille d’une chute historique « .
    « Menacées, les familles des soldats réduites au silence »
    Évoquant la situation militaire au Sahara occidental l’ancien officier des FAR , révèle que » Le Maroc tente de cacher la vérité sur le terrain ainsi que les pertes que subit son armée « .
    » Il y a un grande black out sur la guerre au point où les familles des soldats ont été menacées pour garder le silence quant aux décès de leurs enfants sous couvert de la sécurité nationale » , a-t-il encore révélé.
    Cependant, ajoute-t-il le black out n’est plus de mise à l’ère du numérique et des réseaux sociaux où l’on parle des pertes humaines et matérielles infligées par l’armée sahraouie dans les rangs des militaires marocains. Il a estimé que la violation par le Maroc de l’accord de cessez-le-feu, le 13 novembre dernier constituait pour le Maroc une «erreur stratégique fatale», a-t-il souligné, qualifiant l’action du Maroc à El-Guerguerat de «crime odieux» dont la responsabilité incombe aux dirigeants marocains. De son côté, Farid Boukas, chercheur, journaliste et ex-agent des services de renseignements marocains, a évoqué sur sa page Facebook une « baisse de confiance et de sérénité au sein du commandement de l’armée marocaine » après le déclenchement de la 2e guerre au Sahara occidental. Il a parlé sur sa chaîne youtube et sa page Facebook, du recrutement de 600 agents du Makhzen chargés de lancer des campagnes d’intox et de désinformation à travers les réseaux sociaux et de dénigrer la cause sahraouie, à l’intérieur et à l’extérieur du Maroc.
    L’ancien agent des renseignements marocains a, lui aussi, révélé, citant des sources fiables, que l’armée marocaine a transféré plusieurs de ses soldats gravement blessés lors des affrontements militaires avec l’armée sahraouie vers les hôpitaux de Dakhla et de Smara occupées » dans la discrétion la plus totale et camouflant la réalité de leur état. » Farid Boukas a également parlé de plusieurs cas de désertions et de désobéissance dans les casernes marocaines des territoires occupés mais aussi au Maroc » et la » mise sur écoute de plusieurs officiers » marocains. Il a aussi évoqué les difficultés pour le commandement militaire marocain de dépêcher suffisamment de troupes au Sahara occidental et de graves problèmes de logistique dont l’armement et les munitions .
    Comme beaucoup d’opposants marocains et de nombreux anciens officiers marocains réfugiés à l’étranger, il a évoqué les pressions exercées sur lui par les services de renseignements marocains et les campagnes de diffamation menées sur les réseaux sociaux à leur encontre .
    M. Bendib
    #SaharaOccidental #Maroc #Makhzen #Maghreb  #Israël #Normalisation #Algérie
  • Maroc-Israèl: Le makhzen va regretter ses relations avec le sioniste

    Le président de l’Observatoire Marocain Ahmed Wihame, averti d’emblée le danger qui menace la stabilité du maroc et de l’algerie. Ahmed Wihame, appel les peuples du Maghreb à contrer les plans sionistes qui vise la destabilisation de toute la région de l’Afrique du Nord.

    « Nous sommes face à une menace sérieuse et existentielle tant pour le Maroc que l’Algérie, voire pour toute la région du Maghreb, a souligné M. Wihmane dans un entretien à l’APS depuis Rabat. Etayant son propos concernant les dangers de cette normalisation pour les pays du Maghreb et pour l’Algérie, en particulier, il a rappelé les allégations faites par le sioniste Bernard-Henri Lévy lors d’une conférence à Marseille France, affirmant que l’Algérie est juive et française. Pour le militant marocain, il n’est pas exagéré de dire que nous assistons à la préparation d’un transfert de l’Etat d’Israël vers le Maroc, d’où la percée sioniste sans précédent dans le Maghreb et principalement dans le royaume marocain.
    Les prémices du chao des pays maghrébins
    Il a évoqué, à cet égard, plusieurs articles publiés par la presse israélienne et révélant un dangereux scénario visant la région, notamment l’article publié récemment par le journal Yediot Aharonot et faisant état d’un ancien plan sioniste remontant à 1903 et visant l’établissement de l’Etat d’Israël au Royaume du Maroc. Mis de côté après la mort du fondateur du mouvement sioniste Theodor Herzl, ce plan est exhumé aujourd’hui faute de perspectives en Palestine après l’expérience de soixante-dix ans de résistance, a expliqué le président de l’Observatoire marocain contre la normalisation. S’agissant les revendications des « juifs marocains » relatives à la récupération de « leurs biens au Maroc » en engageant de grands cabinets d’avocats, l’activiste marocain a affirmé qu’ils ne se contenteront jamais de réparations pour des bien qu’ils n’ont même pas laissé puisque qu’ils ont vendu avant de partir pour la Palestine occupée.
    Ferhath Fekrach/APS
    Algérie62, 4 jan 2021
    Tags : Algérie, Maroc, Maghreb, Israël, Normalisation, Sahara Occidental, 
  • Les accords d’Abraham ont sapé la paix indispensable avec les Palestiniens


    Par Ghassan Michel Rubeiz

    Depuis de nombreuses décennies, je préconise la paix entre Israël et les Palestiniens. ( Justice et Intifada: les Palestiniens et les Israéliens parlent de la paix, Friendship Press, 1991; Unified in Hope: les Arabes et les Juifs parlent de la paix , publications du COE, 1987). Malheureusement, j’ai vu le «processus de paix» être exploité, maintes et maintes fois, avec des tactiques évolutives pour adoucir les attitudes envers l’injustice.

    Il est difficile d’imaginer que quelque chose de bon puisse sortir d’un projet politique dirigé par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, gardien du statu quo, le président américain le plus unilatéraliste Donald Trump et certains dirigeants imprudents du Golfe arabe. Pourtant, le dernier produit de «paix» au Moyen-Orient récemment sorti de Tel-Aviv, de Washington et du Golfe a reçu une réaction plutôt favorable dans les médias occidentaux.

    Je parle des soi-disant accords d’Abraham, une récente vague d’accords de «normalisation» entre Israël et les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Soudan et le Maroc. Ces accords ont été intelligemment conçus pour influencer l’opinion publique. Ils sont présentés comme des initiatives de paix, de réconciliation (entre les communautés religieuses) et de mesures de défense justifiables contre un adversaire «belligérant» commun, à savoir l’Iran.

    Tout en critiquant surtout le président Trump, les médias occidentaux ont été indulgents envers le président américain en ce qui concerne sa politique sur Israël. Et pour les accords d’Abraham, les commentateurs américains ont donné un soutien inhabituel; le message de «paix» a été efficace. Pour illustrer, dans le numéro du 1er janvier du Washington Post, Marc A. Thiessen met en évidence les 10 meilleures choses que Trump a faites en 2020. Le chroniqueur affirme que Trump a «transformé le Moyen-Orient» avec les accords d’Abraham: le président américain a «négocié» quatre Les accords de paix israéliens. Une telle réalisation «digne d’un prix Nobel» a démontré qu’il pouvait y avoir «une paix séparée sans les Palestiniens». Le parti pris de Thiessen devient clair quand on regarde le reste ses 10 «meilleures choses»; la réalisation la plus étonnante répertoriée est «l’amélioration de la vie d’une majorité d’Américains ».Comme le reste des analystes qui trouvent des signes d ‘«espoir» dans ces accords, Thiessen n’explique pas comment Israël fait progresser la paix dans la région. En ignorant le fait qui donne à réfléchir que la population palestinienne sous la sphère de contrôle d’Israël – c’est-à-dire ceux qui vivent entre le Jourdain et la mer Méditerranée – a déjà dépassé la population juive israélienne? L’apartheid doit-il être ignoré à jamais? Comment parvenir à la paix en élargissant constamment les colonies, en élargissant les annexions, en promulguant deux poids deux mesures et en violant les accords internationaux établis sur la guerre et la gouvernance? Cliquez ici .

    On se demande comment Abraham-ic (œcuménique) sont ces accords. Le nom biblique Abraham est généralement utilisé pour mettre en évidence les points communs entre les trois religions monothéistes enracinées au Moyen-Orient: le judaïsme, le christianisme et l’islam. Les accords qui lient Israël fort à quatre pays arabes sunnites peu sûrs, censés affronter la République islamique (chiite) d’Iran, ne sont pas en harmonie avec l’esprit du patriarche de l’Ancien Testament. Abraham des temps modernes parle d’œcuménisme, pas d’accords politiques.
     
    Et dans quelle mesure ces actes de normalisation sont-ils «normaux»? Les accords d’Abraham ne constituent pas un véritable mouvement de réconciliation entre Arabes et Juifs, comme ses auteurs le prétendent. Il n’y a absolument aucun remède contre les tensions régionales, ce que font ces accords. Depuis que ces accords ont émergé, les observateurs internationaux ont regardé si Trump et / ou Netanyahu lanceraient une attaque aérienne sur les sites nucléaires iraniens. Washington et Tel Aviv poussent de plus en plus Téhéran à riposter, peut-être pour préparer le terrain à une contre-attaque collective contre la République islamique. Regardez les nouvelles quotidiennes au cours des prochaines semaines alors que Trump et Netanyahu cherchent des moyens de maintenir la légitimité, le pouvoir et l’influence.  Cliquez ici .

    Chacun des cinq États impliqués dans les accords d’Abraham a ses propres raisons de normalisation. Israël parvient à détourner l’attention du monde de son occupation en concluant des «accords» de paix avec des «Arabes modérés», c’est-à-dire des sunnites non palestiniens. Bahreïn cherche à s’abriter de l’Iran et de la montée des troubles intérieurs; à Manama, la royauté sunnite règne sur une population majoritairement chiite. Le Maroc se normalise avec Israël, en partie, afin de recevoir la reconnaissance par le président Trump de sa prétendue souveraineté sur le territoire du Sahara occidental. Washington récompense le Soudan pour sa normalisation en le retirant de la liste des États terroristes. Et Washington récompense la conformité des Émirats arabes unis en vendant à Abu Dhabi des armes lourdes et meurtrières que les émirats fragiles ont utilisé imprudemment dans la guerre désastreuse au Yémen. Cliquez ici .

    En résumé, les accords de normalisation entre Israël et les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Soudan et le Maroc sont en fait des actes de normalisation de l’injustice.

    Le printemps arabe sert de toile de fond aux accords d’Abraham. Les accords ressemblent à des mesures désespérées de la part de régimes arabes du Golfe très peu sûrs qui cherchent la protection d’un État colonial puissant. Et Israël, ironiquement l’agence de l’abri et du confort, légitime son occupation tout en se mobilisant avec les nations arabes sunnites contre l’Iran chiite.

    Marc A. Thiessen rêve-t-il d’un prix Nobel pour les accords d’Abraham?

    The Arab Daily News, 3 jan 2021

    Tags : Proche Orient, Palestine, Israël, normalisation, Maroc, Soudan, Emirats Arabes Unis, EAU, UAE, Sahara Occidental, Iran, sunnistes, chiites,

  • Le Sahara Occidental sous les projecteurs

    par Hussein Flamand

    Dernière colonie d’Afrique sous occupation marocaine, le Sahara Occidental est depuis 1991 absent des titres de presse ainsi que des relations diplomatiques. Le 13 novembre, les forces coloniales marocaines décident de passer à l’offensive en expulsant des civils sahraouis de la ville de Guerguerat provoquant la rupture du cessez-le-feu et le retour aux combats entre les forces armées royales et l’armée du Front Polisario. Un mois plus tard, le 14 décembre, Trump annonce une reconnaissance américaine de la souveraineté marocaine sur le Sahara Occidental en échange d’une reprise des relations entre Rabat et Tel-Aviv. Malgré le geste de Trump, Mohammed 6 et ses conseillers ont tout simplement rendu service au Polisario et à son peuple : la médiatisation de la cause sahraouie avec des conséquences politiques, juridiques et économiques à terme.
    La communauté internationale derrière le principe d’autodétermination du peuple Sahraoui
    Très rapidement après l’annonce de Trump, de nombreuses chancelleries sont montées au créneau pour rappeler le principe immuable de l’autodétermination au Sahara Occidental. L’Espagne, ancienne puissance coloniale et qui s’était rapproché du Maroc dans sa thèse a immédiatement rappelé à travers la voix de sa ministre des affaires étrangères, le rôle exclusif de l’ONU dans le règlement du conflit entre le Maroc et le Front Polisario. Pris de court, Pedro Sanchez, premier ministre espagnol a renoncé à sa visite d’Etat au Maroc le 17 décembre 2020 tout en prenant contact avec l’équipe de Biden pour renverser la décision de l’administration de Trump. Partout en Europe, les diplomaties de ces pays ont rappelé le respect que le Maroc doit à l’autodétermination du peuple sahraoui. Des nations comme le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Suède, la Russie etc. ont défendu le principe d’autodétermination du peuple sahraoui en laissant les Etats-Unis sur le plan diplomatique complètement seuls.
    L’ONU par la voix de son porte-parole a considéré que la reconnaissance américaine était “sans effet”. En Afrique, le Maroc parait isolé malgré son coup de force à Guerguerat et la reconnaissance de Trump. Les grandes puissances du continent soutiennent massivement la République arabe sahraouie et démocratique (RASD) comme c’est le cas avec l’Afrique du Sud, l’Algérie mais aussi l’Éthiopie, l’Angola, la Mozambique, le Nigeria, l’Ouganda, la Namibie, le Kenya… Bourita pourra toujours se contenter d’un “soutien” de l’Afrique en s’appuyant sur les récentes ouvertures “consulaires ” au Sahara Occidental occupé de pays en guerre comme la Somalie ou la Centrafrique.
    L’alliance israélo-marocaine rapproche les points communs de la cause Palestinienne et Sahraouie
    Après avoir reconnu Israël, Mohammed 6 a tenté au cours de 2 appels téléphoniques avec Mahmoud Abbas, le 10 décembre et le 23 décembre de rappeler le soutien “sacré” du Maroc à l’égard de la cause palestinienne. Le président de la Palestine par colère n’a même pas relayé dans les médias palestiniens, les échanges avec le souverain marocain. La rue palestinienne a copieusement insulté le roi du Maroc pour sa trahison à leur égard. Le Hamas et le Jihad Islamique ont également condamné la normalisation entre le Maroc et Israël comme une trahison à l’égard de la Palestine. Sans le vouloir, le roi marocain en reprenant contact avec Netanyahu a tout simplement confirmé les anciens propos de Bouteflika rappelant que la colonisation marocaine au Sahara Occidental était identique à celle des israéliens en Palestine. Ce rapprochement des deux causes a toujours été combattu par les marocains avec un accord tacite de l’autorité palestinienne. Mais, aujourd’hui, il est impossible pour cette dernière d’éviter le rapprochement entre les deux causes indépendantistes car le Maroc par sa normalisation l’a permis. Hanane Ashrawi désormais ex-membre du comité exécutif de l’OLP dans une interview le 11 décembre sur Democracy Now! avait expliqué que l’occupation israélienne en Palestine était identique à celle du Maroc au Sahara Occidental provoquant au passage la colère des agents du Makhzen sur les réseaux sociaux et de plusieurs partis politiques marocains.
    L’administration Biden renversera la décision de Trump
    Biden sera le nouveau président des Etats-Unis le 20 janvier après une campagne électorale mouvementée par la crise du Covid et la volonté affichée de Trump de détruire la transition avec la future administration. Démocrate et militant affiché du multilatéralisme, Biden a déjà annoncé qu’il changerait l’approche de la politique étrangère américaine durant les 4 prochaines années. Selon le New York Times, l’administration Biden reviendrait assez rapidement sur la reconnaissance américaine de la “marocanité” au Sahara Occidental afin de ne pas rompre une politique d’équilibre dans la région mais aussi pour permettre à l’ONU de continuer à régler pacifiquement le conflit. Cette décision de Biden est facilitée également par le faible statut juridique de la déclaration de Trump étant donné qu’une “proclamation” du président américain à force de loi seulement lorsque le congrès le ratifie par un Act of Congress ce qui ne sera pas le cas jusqu’à l’arrivée de Biden. Israël au courant de cette situation a déjà annoncé qu’elle ne reconnaîtrait pas la souveraineté marocaine sur le Sahara Occidental tant que la situation n’est pas clarifiée. Peut-être que la carte du Maroc séparé du Sahara Occidental par Netanyahu était déjà un signe de ce que sera le 20 janvier pour les stratèges du Makhzen…
    Hussein le Flamand
    Kassaman Times, 2 janvier 2021
    Tags : Sahara Occidental, Polisario, Maroc, Israël, Normalisation, Donald Trump,
  • Maroc : une normalisation pour rien ?

    par Rahim Ibn Ziane

    « Un nouveau progrès historique aujourd’hui ! Nos deux amis Israël et le Royaume du Maroc ont accepté d’établir des relations diplomatiques. » Voici comment le 10 décembre 2020 Donald Trump annonce sur Twitter[1] que le Maroc est devenu le quatrième pays musulman à normaliser ses relations avec Israël après les Emirats Arabes Unis, le Bahreïn et le Soudan. Nonobstant le tweet suivant du 45e Président des Etats-Unis d’Amérique qui annonce reconnaitre la marocanité du Sahara Occidental[2] « seule solution possible pour la paix et la prospérité » (après que le Maroc a violé le cessez-le-feu à Guerguerat[3]) il est fort probable de penser que le Maroc à négocié le rétablissement des relations diplomatiques avec Israël contre la reconnaissance par les Etats-Unis à minima de la marocanité du Sahara Occidental.

    Néanmoins les Etats-Unis n’ont pas été suivi, la Russie a condamné cette reconnaissance[4] tandis que l’Union Européenne et la Chine se murent dans le silence. L’ONU elle maintient la même position « Sur la question de la souveraineté (du Sahara occidental), la position du secrétaire général reste inchangée. Il demeure convaincu qu’une solution à la question du Sahara occidental est possible, et doit se conformer aux Résolutions 2440 et 2548 du Conseil de sécurité, pour n’en citer que deux »[5]. Israël aussi n’affiche pas une volonté de reconnaitre la marocanité du Sahara Occidental vu le dernier tweet de Benjamin Netanyahu comportant une vidéo ou il montre une carte de l’Afrique avec le Sahara Occidental bien distinct du Maroc[6].

    Cette normalisation des relations israélo-marocaine (des relations diplomatiques entre Israël et le Maroc ont déjà existé dans le passé en 1994 sous le règne de Hassan II[7] jusqu’en 2000) a été marchandée avec en contrepartie – en plus de la reconnaissance des Etats-Unis de la marocanité du Sahara Occidental par une presidential proclamation de Donald Trump – la vente de 4 drones MQ-9 Reaper au Maroc (sous condition de l’autorisation du Congrès), l’ouverture d’un Consulat des Etats-Unis dans la partie du Sahara Occidental contrôlé par le Maroc et la promesse d’un investissement de 3 milliards de dollar étasunien au Maroc par les Etats-Unis[8].

    Néanmoins cette normalisation perçue par la rue arabe et marocaine comme une trahison à la cause palestinienne va-t-elle être bénéfique au Maroc, en particulier pour le dossier saharaoui ?

    Le deal négocié par le Maroc et les Etats-Unis commence déjà à s’effriter, Biden peut très bien enterrer la reconnaissance et le futur du dossier peut très bien desservir le Maroc.

    Un deal qui s’effrite

    Lors de l’annonce du rétablissement des relations israélo-marocaine il a été annoncé en même temps l’investissement des Etats-Unis de 3 milliards de dollar au Maroc. Une excellente annonce pour le Royaume dans cette période de coronavirus qui lui a privé d’une grosse source de devises (le tourisme), un secteur agricole avec de massives pertes à cause de la sécheresse qu’a connu le Royaume cette année 2020 et avec une récession qui s’annonce très dur pour le royaume alaouite avec en prévision une contraction de 6,3%[9].

    Néanmoins le New York Times nous apprend que cette promesse de 3 milliards de dollar sera surtout destinée aux banques et hôtels du royaume et à la constitution d’une société d’énergie renouvelable appartenant à la holding royal Al Mada[10].

    Premier couac, en effet cette promesse d’investissement a été vendu au peuple marocain comme étant une chose qui allait leurs bénéficier directement. Sauf que le secteur bancaire et hôtelier marocain est détenu soit par les majors occidentaux soit par le Roi d’une manière ou d’une autre. De plus ce sont des secteurs qui sont peu pourvoyeurs d’emploi contrairement à l’industrie. En dehors du souverain marocain qui pourra développer ses affaires gratuitement le peuple risque de peu ou ne pas voir l’investissement promis par la superpuissance étasunienne.

    Le deuxième couac le 22 décembre 2020. Jared Kushner conseiller présidentiel étasunien et Meir Ben-Shabbat conseiller israélien à la défense nationale se rendent au Maroc pour rencontrer Mohammed VI, célébrer le rétablissement diplomatique israélo-marocain et signer certains accords prévus. Or dans le Memorandum of Understanding signé entre le Maroc et l’United States International Development Finance Corporation il est prévu que l’aide de 3 milliards de dollar étasunien concernera finalement le Maroc et pays d’Afrique subsaharienne[11]. Les Etats-Unis ont peu d’influence au sein de l’Afrique subsaharienne contrairement à la France ou la Chine. Trump cherche dans sa logique de conflit commercial contre la Chine à prendre une part du gâteau africain et le Maroc grâce à ses relations avec la France dispose d’un réseau au sein des pays de l’Afrique francophone qui peut lui permettre de s’implanter en Afrique (quitte en doublant son allié français). Néanmoins cette histoire de victoire des 3 milliards de dollar investi au Maroc voir directement dans la partie marocaine du Sahara Occidental a disparu pour se transformer en un investissement au profit d’entreprises du roi au Maroc et dans quelques pays d’Afrique subsaharienne.

    Autre grande victoire pour la diplomatie marocaine selon Bourita, l’ouverture par les Etats-Unis d’un consulat à Dakhla[12]. Le Maroc cherche depuis des années à faire installer des consulats soit à Laâyoune ou à Dakhla pour montrer au peuple marocain que personne ne reconnait pas le Sahara Occidental comme étant un Etat indépendant sauf le voisin de l’est. Cette démarche est similaire à Israël essayant de faire installer ses ambassades à Jérusalem au lieu de Tel-Aviv, les deux pays cherchent à passer outre les résolutions onusiennes pour imposer par le fait accompli leurs autorité au monde entier sur ces territoires litigieux (alors que le Sahara Occidental est sur la liste des territoires non-autonome de l’ONU et que la résolution 181 de l’Assemblée Générale des Nations Unies proclame Jérusalem comme corpus separatum sous contrôle international). Le Maroc par ailleurs s’est illustré cette année dans un scandale de corruption au Lesotho ou elle a payé le chef de la diplomatie lesothien pour qu’il abandonne sa reconnaissance du Sahara Occidental et reconnait le Sahara Occidental territoire marocain[13].

    Lorsque Bourita annonce que les Etats-Unis vont installer un consulat étasunien à Dakhla c’est la joie dans le Royaume. Des journalistes marocains prédisent déjà après l’ouverture imminente du consulat étasunien le reste des grandes nations occidentales et le nouvel allié israélien qui se dépêcheront aussi d’ouvrir un consulat au Sahara Occidental reconnaissant eux aussi de fait la souveraineté du Maroc sur ce territoire. Or, les jours suivant l’annonce de Donald Trump, le Secrétaire d’Etat Mike Pompeo annonce uniquement l’ouverture d’un « consulat virtuel » au lieu d’un consulat à Dakhla[14]. Pompeo annonce que « les procédures sont en cours » pour l’ouverture d’un consulat physique mais l’administration Biden aura le dernier mot sur l’ouverture ou non du consulat, administration Biden qui n’est pas du tout sur la ligne trumpienne concernant cette concession faite au Maroc.

    Le sort réservé aux concessions trumpiennes accordé au Maroc par Biden
    Le 20 janvier 2020 c’est Inauguration day, Biden et Haaris vont devenir Président et Vice-Présidente des Etats-Unis d’Amérique. Quel scénario Biden peut-il adopter face à la presidential proclamation de Trump reconnaissant le Sahara Occidental marocain ?

    Selon Robert Malley conseiller de Biden et proche du futur Secrétaire d’Etat Blinken, Biden va revenir sur les avantages octroyés par Trump aux pays musulmans ayant normalisé avec Israël notamment la vente de F-35 aux Emirats Arabes Unis mais aussi la presidential proclamation reconnaissant le Sahara Occidental marocain[15]. D’ailleurs la diplomatie marocaine au courant de ce risque s’en émeut et commence déjà le lobbying auprès de la futur administration Biden pour éviter que Biden retire la proclamation[16].

    Biden s’il ne souhaite pas lui-même retirer la presidential proclamation peut très bien adopter deux stratégies pour lui priver de son entrée en vigueur ou de la faire retirer. En effet pour qu’une presidential proclamation entre en vigueur aux Etats-Unis il faut l’accord du Congrès (qui est à majorité démocrate aujourd’hui), la proclamation seule n’a aucune valeur légale[17]. Biden peut très bien choisir soit de demander aux démocrates du Congrès de reporter aux calendes grecques la ratification de la presidential proclamation trumpienne ou avec le lobby présidentiel faire pression sur le Congrès pour que la presidential proclamation soit rejetée.

    Biden et ses conseillers sont en tout cas comme le révèle le New York Times pas du tout favorable aux concessions accordé par Trump aux pays musulmans contre la reconnaissance d’Israël et va progressivement démanteler les concessions octroyées aux pays arabes. Néanmoins quid de la position du nouvel allié israélien et du futur concernant le dossier saharaoui ?

    Le refus de reconnaitre le Sahara Occidental marocain par Israel et le retour de la médiatisation du conflit saharaoui devant les Nations Unies
    Lors de l’annonce du Président des Etats-Unis de la normalisation des rencontres israélo-marocaines et de la reconnaissance du Sahara Occidental marocain tous les analystes marocains prévoyait aussi qu’Israël allait reconnaitre le Sahara Occidental comme marocain et allait installer un consulat israélien au Sahara Occidental. On nous prédisait déjà la venue de touristes israéliens à Dakhla et Laâyoune venir découvrir les « Provinces du Sud ».

    Néanmoins un porte-parole du Ministère des Affaires Etrangères israélien le 10 décembre 2020 affirme que Israël ne compte pas reconnaitre la marocanité du Sahara Occidental[18]. D’ailleurs Benyamin Netanyahu dans une vidéo posté sur Twitter ou il se félicite du rétablissement des relations diplomatique entre Israël et le Maroc se filme avec derrière lui une carte ou le Sahara Occidental apparait clairement seul sans être rattaché au Maroc[19].

    Dans le concert des nations des voies s’élèvent contre la décision de Trump comme la Russie[20] ou la Chine[21] qui maintiennent la même ligne que celle adopté par l’ONU : le conflit saharaoui doit se régler par un référendum d’autodétermination. L’Allemagne elle a convoqué une réunion du Conseil de Sécurité de l’ONU après la reconnaissance étasunienne du Sahara Occidental marocain[22]. Par la même occasion António Guterres a réaffirmé l’attachement de l’institution onusienne au référendum d’autodétermination pour trancher le conflit. Des voies s’élèvent pour régler le conflit de la même manière que le Timor Oriental[23] (cas très similaire, l’Indonésie s’est emparée du Timor Oriental après le retrait des portugais en 1975. En 1999 un référendum organisé par l’ONU a conduit à l’indépendance du Timor Oriental). Aussi le Chef de la MINURSO va bientôt quitter son poste, un nouveau chef risque de donner une nouvelle impulsion diplomatique à ce conflit.

    Au final le deal entourant la normalisation des relations israélo-marocaine est une bonne chose pour les affaires privées du Roi, pour les Etats-Unis qui vont pouvoir faire du business en Afrique, pour Israël et dans l’immédiat pour le Makhzen et les affaires étrangères alaouite mais est-ce que c’est une bonne chose pour le peuple marocain foncièrement attaché à la cause palestinienne et pour le Makhzen au long terme avec une médiatisation de l’affaire saharaoui ?

    [1] Tweet de Donald J. Trump 10 décembre 2020 https://twitter.com/realDonaldTrump/status/1337067073051238400

    [2] Tweet de Donald J. Trump 10 décembre 2020 https://twitter.com/realDonaldTrump/status/1337067019385057290

    [3] El-Guerguerat: la violation marocaine du cessez-le-feu largement condamnée Algérie Presse Service 3 décembre 2020 http://www.aps.dz/monde/113674-el-guerguerat-la-violation-marocaine-du-cessez-le-feu-largement-condamnee

    [4] La diplomatie russe condamne la nouvelle position américaine sur le Sahara occidental Russia Today 11 décembre 2020 https://francais.rt.com/international/81636-diplomatie-russe-condamne-nouvelle-position-americaine-sahara-occidental

    [5] La position du secrétaire général de l’ONU sur le Sahara occidental reste inchangée, selon son porte-parole Xinhua 11 décembre 2020 http://french.china.org.cn/foreign/txt/2020-12/11/content_77000513.htm

    [6] Tweet de Benjamin Netanyahu 26 décembre 2020 https://twitter.com/netanyahu/status/1342904087264845825

    [7] Maroc – Israël. Ouverture de « bureaux de liaison » dans les deux pays Encyclopædia Universalis 1er septembre 1994 http://www.universalis.fr/evenement/1er-septembre-1994-maroc-israel-ouverture-de-bureaux-de-liaison-dans-les-deux-pays/

    [8] Maroc – Etast-Unis : 3 milliards de dollars pour soutenir des projets d’investissement privés 23 décembre 2020 https://afrique.latribune.fr/afrique-du-nord/maroc/2020-12-23/maroc-etast-unis-3-milliards-de-dollars-pour-soutenir-des-projets-d-investissement-prives-868559.html

    [9] Covid-19 : le Maroc prévoit une récession plus brutale pour 2020 à cause de la crise sanitaire Le Monde 23 septembre 2020 https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/09/23/le-maroc-prevoit-une-recession-plus-brutale-pour-2020-a-cause-de-la-crise-sanitaire_6053262_3212.html

    [10] Les Etats-Unis envisagent 3 milliards de dollars d’investissements au Maroc après l’accord avec Israël i24news 11 décembre 2020 https://www.i24news.tv/fr/actu/international/1607709592-les-etats-unis-envisagent-3-milliards-de-dollars-d-investissements-au-maroc-apres-l-accord-avec-israel-rapport

    [11] 3 milliards de dollars d’aide américaine et 6 accords signés entre le Maroc, les États-Unis et Israël TelQuel 22 décembre 2020 https://telquel.ma/2020/12/22/3-milliards-de-dollars-daide-americaine-et-6-accords-signes-entre-le-maroc-les-etats-unis-et-israel_1705916

    [12] Bourita annonce l’ouverture imminente de quatre nouveaux consulats à Laâyoune et Dakhla le360.ma 12 décembre 2020 https://fr.le360.ma/politique/video-bourita-annonce-louverture-imminente-de-quatre-nouveaux-consulats-a-laayoune-et-dakhla-229221

    [13] Sahara occidental: le Maroc embourbé dans un scandale de corruption au Lesotho Algérie Presse Service 5 novembre 2020 http://www.aps.dz/monde/112356-sahara-occidental-le-maroc-embourbe-dans-un-scandale-de-corruption-au-lesotho

    [14] Tweet de Mike Pompeo 24 décembre 2020 https://twitter.com/secpompeo/status/1342172296975446022

    [15] Trump Incentives for Signing Peace Accords With Israel Could Be at Risk The New York Times 20 décembre 2020 https://www.nytimes.com/2020/12/20/us/politics/trump-israel-sudan-peace-accord.html

    [16] Pour Robert Malley proche de Binken, Biden pourrait revenir sur la proclamation présidentielle de Trump Ledesk.ma 24 décembre 2020 https://ledesk.ma/enoff/pour-robert-malley-proche-de-blinken-joe-biden-pourrait-revenir-sur-la-proclamation-presidentielle-de-trump/

    [17] Cooper, Phillip J. (1 August 1986). « By Order of the President: Administration by Executive Order and Proclamation« . Administration & Society.

    [18] Israel does not rule out recognizing Moroccan sovereignty over Western Sahara The Times of Israël 10 décembre 2020 https://www.timesofisrael.com/liveblog_entry/israel-does-not-rule-out-recognizing-moroccan-sovereignty-over-western-sahara/

    [19] Tweet de Benjamin Netanyahu 26 décembre 2020 https://twitter.com/netanyahu/status/1342904087264845825

    [20] La diplomatie russe condamne la nouvelle position américaine sur le Sahara occidental Russia Today 11 décembre 2020 https://francais.rt.com/international/81636-diplomatie-russe-condamne-nouvelle-position-americaine-sahara-occidental

    [21] La position du secrétaire général de l’ONU sur le Sahara occidental reste inchangée, selon son porte-parole Xinhua 11 décembre 2020 http://french.china.org.cn/foreign/txt/2020-12/11/content_77000513.htm

    [22] U.N. Security Council to talk Western Sahara after Trump policy switch Reuters 17 décembre 2020 https://www.reuters.com/article/israel-usa-morocco-un-idUSKBN28R0D1

    [23] The East Timor Model Offers a Way out for Western Sahara and Morocco Foreign Policy 9 décembre 2020 https://foreignpolicy.com/2020/12/09/east-timor-western-sahara-morocco/


    Kassaman Times, 31 décembre 2020

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, Algérie, Front Polisario, Donald trump, Israël, Normalisation, Palestine, Joe Biden, Western Sahara,

  • Sahara occidental : ce qui manque à l’Algérie pour remporter sa guerre contre l’Empire?

    Les propos du ministre algérien des A.E., Sabri Boukadem, qui, ayant rencontré l’ambassadeur de Damas à Alger, lui a présenté ses condoléances pour le décès de son homologue syrien, Walid al-Mouallem, méritent réflexion.

    A l’issue de cette rencontre, Boukadem a déclaré à Al-Mayadeen que la « perte d’un diplomate chevronné comme Walid al-Mouallem n’était pas propre à la Syrie », mais que « le monde arabe et la diplomatie arabe venaient de subir une grande perte » : ” L’Algérie apporte son soutien à la Syrie. Le peuple syrien devra décider de son propre destin et aucun pays étranger ne devra s’immiscer dans cette question. La position de l’Algérie est décisive et fondée sur des principes : l’Algérie avait été aux côtés de la Syrie dans les circonstances les plus difficiles et elle restera toujours à ses côtés, pas seulement en paroles, mais en pratique ».

    En effet, en mars 2020 et alors même que l’axe US/OTAN faisait une première percée au Maghreb par la Turquie et les Émirats interposés, via la pseudo guerre libyenne, Alger a rapidement compris que son soutien à la Syrie ne pouvait se réduire à des appels lancés aux pays arabes pour créer les conditions d’un retour de Damas au sein de la Ligue arabe. A l’époque et alors même que la Turquie continuait, à l’aide de l’OTAN à faire débarquer des terroristes takfiristes à bord de ses navires et puis après avoir pris le contrôle d’al-Watiya, à bord de ses avions, en Libye, non loin des portes de l’Algérie, une importante délégation algérienne s’est rendue à Damas pour faire part de la volonté algérienne de coopérer avec l’armée syrienne. Vint ensuite une nouvelle percée turque au Sahel avec en toile de fond le projet de déstabilisation des frontières algéro-maliennes et là encore, le besoin de davantage de coopération algéro-syrienne s’est fait sentir.

    La guéguerre inter OTAN autour du gaz méditerranéen n’étant qu’un prétexte, on a vu dans la foulée, l’armada otanienne occuper la Méditerranée occidentale, projetée même d’y ériger des bases navales, là encore pour imposer un blocus de facto à l’Algérie. Le parallèle avec la Syrie venait à tout esprit jusqu’à ce que n’éclate cette rupture de trêve au Sahara occidental. Le feu que l’axe US/OTAN vient d’allumer au Maghreb islamique rien que pour faciliter l’emprise israélienne dans la région pourrait-il s’éteindre sans une alliance effective avec la Syrie et autres États et groupes de Résistance?

    Inquiète du danger des terroristes en Afrique du Nord, l’Algérie continue non seulement la politique du soutien au gouvernement syrien qui lutte contre la propagation du terrorisme dans d’autres régions du monde, mais elle a autorisé le déploiement de l’armée algérienne à l’étranger selon sa nouvelle Constitution. Dans ce sens, il a décidé de lutter contre le terrorisme au Mali, mais aussi la possibilité d’une intervention militaire pour défendre l’allié stratégique de l’Algérie dans la région : La République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD), membre à part entière de l’Union africaine.

    En effet, la rupture de la trêve Rabat/Polisario, décidé par l’axe US/Israël avec en toile de fond une intervention militaire éminemment dangereuse des forces marocaines dans la zone tampon de Guerguerat, ne ne pourrait avoir d’autre objectif que celui de porter atteinte à la profondeur sécuritaire et stratégique algérienne. C’est d’autant plus vrai que les Emirats et Israël ont décidé cette fois de ne plus jouer à visages masqués, mais direct et sur table. Le fait d’ouvrir des consulats au Sahara occidental, ce qu’ont fait les Émirats, cadre d’ailleurs parfaitement la volonté US/OTAN/Israël de voir cette région se transformer en une « nouvelle Syrie » ou un « nouveau Yémen », propre à justifier le déploiement des troupes étrangères occidentales, « mobilisées évidemment à l’effet de porter l’assistance à un Maroc qui vient de signer un accord militaire de dix ans avec les USA.

    D’ici peu, il faudrait d’ailleurs s’attendre à ce que le trône marocain soit soumis à de fortes pressions pour lancer des appels aux États Unis, à la France, à leurs satellites golfiens pour combattre les “terroristes et séparatistes sahraouis” et tout ceci, parallèlement à des opérations de déstabilisation internes qu’Abou Dhabi et Tel-Aviv mènent depuis deux ans en Algérie, sans succès, mais dont le rythme serait sans doute accéléré. L’histoire des incendies du Nord algérien n’y étant pas étranger. Il va sans dire que l’ANP s’y prépare, mais face à une “coalition”, il faut faire partie d’une coalition. L’allusion faite par le MAE algérien au soutien pratique à l’armée syrienne voudrait peut-être dire cela, note un analyste qui affirme :

    ” Près de dix jours après la reprise de la guerre au Sahara Occidental, le Conseil de sécurité brille par son silence, quitte à pousser à ce que la mèche de la guerre, une énième, soit allumée au Maghreb qui abrite les musulmans les plus anti-sionistes du monde. Etre Kidnappé par l’axe US/Israël rend possibles tous les comportements, y compris les crimes de guerre contre la population civile dans les territoires occupés, à un moment où la MINURSO n’a d’autre mandat que de surveiller un cessez-le-feu qui a volé en éclats en raison de l’action marocaine dans la zone tampon. En cherchant à imposer aux Sahraouis, et partant à l’Algérie une guerre, l’axe US/Israël impose aussi à l’allié marocain un fardeau au moment où l’économie du royaume tend à s’écrouler sous l’effet de la pandémie. Au lieu de lui livrer le riche territoire sahraoui, ils poussent le Maroc à l’effondrement. C’est ce qu’ils ont fait à l’Arabie saoudite, en l’entrainant dans la guerre au Yémen et à la Turquie, en la poussant à s’enliser en Syrie. Pour l’axe US/Israël, toute alliance signifie l’asservissement ».

    Pars Today, 23 nov 2020

    #SaharaOccidental #Maroc #Polisario #WesternSahara #Normalisation #Israël #Palestine