Tag: Migration

  • ONG marocaines et néerlandaises : L’accord signé avec le Maroc est « dégoûtant »

    Tags : Maroc, Pays Bas, Plan d’action Pays Bas-Maroc, droits de l’homme, migration, répression,

    Des ONG marocaines et néerlandaises signent une lettre commune rejetant l’accord “dégoûtant” conclu entre le Maroc et les Pays-Bas. Le gouvernement néerlandais a tenté de garder le secret, mais le Parlement l’a forcé à le rendre public.

    Dans une lettre ouverte, plusieurs ONG maroco-néerlandais ont fustigé le dénommé « plan d’action Pays-Bas-Maroc », qu’ils considèrent comme un diktat visant uniquement à faciliter l’impunité du régime marocain et ses violations constantes des droits de l’homme.

    Pour les signataires de cette lettre, suggérer que le Maroc, à l’instar des Pays-Bas, disposerait d’un système judiciaire indépendant est tout à fait ridicule et toute prise de position à partir de là est donc incorrecte.

    Plus important encore, en restreignant la liberté d’expression (y compris en ce qui concerne les médias sociaux) non seulement pour les Marocains au Maroc mais aussi pour ceux qui vivent à l’étranger, le Maroc restreint également les libertés constitutionnelles des citoyens marocains néerlandais telles que nous les connaissons et les embrassons aux Pays-Bas.

    Sachant que nous parlons ici d’un pays où des journalistes, des blogueurs, des rappeurs et des militants des droits de l’homme sont enfermés afin de dissuader quiconque aspire à une société juste et y travaille de quelque manière que ce soit, et d’un pays où des citoyens qui travaillent dur sont broyés dans des camions poubelles, il devrait être clair pour tout le monde que les Pays-Bas ne devraient en aucun cas s’identifier à cette situation.

    Outre le fait que l’ensemble du plan ne devrait pas avoir sa place ailleurs que dans une poubelle, nous soulignons ici certains points qui nécessitent une attention particulière :

    L’attitude répressive du régime marocain à l’égard des organisations de défense des droits de l’homme est renforcée par ce plan en raison de l’insistance du Maroc pour que ces organisations ne puissent recevoir une aide que si le Maroc est d’accord. La facilitation des ONG est ainsi virtuellement freinée. Cela ne profite qu’au Maroc et ne sert à rien d’autre qu’à maintenir et renforcer les politiques répressives du régime marocain.

    La participation active des Pays-Bas dans le soi-disant centre culturel (Dar Al Maghreb) n’est pas une tâche pour les Pays-Bas et ne mène à rien d’autre qu’à faciliter le bras long du Maroc. Il convient de noter qu’il est scandaleux que l’argent de nos contribuables soit détourné pour financer un projet de prestige du régime marocain.

    En ce qui concerne la “sécurité, la justice et la coopération policière”, il est question de lutte contre le terrorisme. Il convient de garder à l’esprit que le Maroc utilise abusivement cette rubrique pour emprisonner les opposants au régime.

    Tout ce qui est dit sur la coopération entre la police, la justice et le ministère public doit, à notre avis, être lu en sachant que la police, la justice et le ministère public au Maroc ne représentent en aucun cas ce que ces institutions représentent aux Pays-Bas. Après tout, au Maroc, ils sont caractérisés par une corruption de grande ampleur.

    En ce qui concerne les négociations proposées pour parvenir à un traité d’extradition, il convient de noter que le fait même d’avoir un traité légal avec le Maroc devrait déjà être examiné, et son élargissement devrait être considéré comme hautement indésirable.

    Nous demandons donc à tous les partis de la coalition et de l’opposition ainsi qu’à l’ensemble du Parlement de ne pas laisser se concrétiser cette coopération, qui est hautement préjudiciable aux Pays-Bas sur tous les fronts. Nous appelons également toutes les organisations de défense des droits de l’homme, de la société civile et du développement aux Pays-Bas à faire des efforts pour abolir ce plan dégoûtant.

    #Maroc #Pays_Bas #Plan_daction

  • Pays Bas : L’opposition de gauche remet en question l’accord avec le Maroc “autocratique”

    Tags : Maroc, Pays Bas, accord, plan d’action, migration,

    Le “plan d’action Pays-Bas-Maroc”, qui n’a pas encore été rendu public, suscite des interrogations parmi les partis d’opposition de gauche à la Chambre des représentants. Entre autres choses, les deux pays ont convenu de “ne pas s’ingérer dans les affaires intérieures”, indique le plan d’action.

    “Une capitulation stupéfiante”, estime le député de la gauche verte Van der Lee. “Nous faisons des concessions à un pays gouverné de manière autocratique sans rien de concret en retour”. Le PvdA estime que les Pays-Bas souhaitent entretenir de bonnes relations avec le Maroc afin de pouvoir renvoyer plus facilement les demandeurs d’asile déboutés. “Mais à quel prix ?”, demande le député PvdA Piri.

    Ne les jetez pas dans la rue

    Le plan d’action Pays-Bas-Maroc a été signé il y a plus d’un an, mais le texte complet n’avait pas encore été communiqué à la Chambre des représentants. Pas plus tard que la semaine dernière, le ministre Hoekstra a refusé de rendre le document public, déclarant que “nous avons diplomatiquement convenu de ne pas jeter de tels documents dans la rue”. La Chambre ne l’a pas accepté et Hoekstra, après avoir consulté le Maroc, a tout de même sorti le document traduit du français cet après-midi.

    Il contient quelque 26 accords sur l’intensification de la coopération en matière de politique, de sécurité, de migration, de sécurité sociale, de climat et de coopération culturelle. Par exemple, des efforts seront déployés pour rapprocher la communauté marocaine aux Pays-Bas et la communauté néerlandaise au Maroc. Le centre culturel marocain d’Amsterdam sera un “catalyseur d’inspiration”.

    Controversé
    Le document indique également que des négociations seront entamées “dans la perspective de la signature d’un traité d’extradition”. Le député PvdA Piri a qualifié cette décision de controversée car le Maroc ne dispose pas d’un système judiciaire indépendant. Il a également été convenu que des consultations seraient organisées avant le financement des ONG. “Il est très inhabituel de demander la permission à des régimes autocratiques de financer des ONG”, a déclaré le PvdA.

    Une dure réalité

    Le parti gouvernemental VVD pense que c’est en fait une bonne chose que les Pays-Bas cherchent à coopérer avec le Maroc dans une variété de domaines. “La dure réalité est que nous ne pouvons pas tout faire en même temps”, a déclaré le député VVD Brekelmans. “Vous ne pouvez pas réprimander le Maroc de toutes sortes de manières et en même temps attendre de nous que nous coopérions en matière de migration et de sécurité.”

    Bientôt, les demandeurs d’asile pourront probablement être renvoyés au Maroc.

    En 2018, les pourparlers sur le retour ont été interrompus après que Blok, alors ministre des Affaires étrangères, a critiqué la répression par le Maroc d’un mouvement de protestation dans les montagnes du Rif.

    NOS.NL, 06/12/2022

  • Pays-Bas-Maroc : réalisme efficace ou diplomatie de Saint-Nicolas ?

    Tags : Maroc, Pays Bas, Wopke Hoekste, migration, plan d’action,

    Les Pays-Bas devraient-ils moins toucher aux droits de l’homme pour atteindre d’autres objectifs – tels que le gaz, la sécurité ou la réduction de l’immigration ? Récemment, un débat très médiatisé a eu lieu à ce sujet à la Chambre des représentants, au cours duquel le ministre Wopke Hoekstra a plaidé pour un “réalisme effectif”. Ruben Brekelmans (VVD) a demandé : “Sommes-nous prêts à nous salir les mains ?”.

    La réponse à cette question réside dans l’offensive de charme des Pays-Bas à l’égard du Maroc. Avec Mark Rutte et les Quatre Amigos (Blok, Kaag, Knapen, Hoekstra). Pour comprendre l’ensemble de la saga, il faut remonter aux manifestations dans le Rif et au ministre Stef Blok qualifiant en 2018 les peines (jusqu’à 20 ans) de certains leaders de la contestation de “haut de gamme”. Cela a touché les longs orteils de Rabat. Aucun autre demandeur d’asile débouté n’a été repris.

    Fin 2019, l’ambassadeur du Maroc ici présent a annulé un rendez-vous avec la secrétaire d’État Ankie Broekers Knol – un affront diplomatique. Broekers-Knol s’est plainte qu’elle “ne vient pas au Maroc” pour parler des demandeurs d’asile déboutés. L’opposition a vu un “gâchis”, le VVD a demandé des “contre-mesures”.

    Le cabinet était proche du désespoir. Un premier ministre avec les mains dans les poches. Les diplomates ont failli ronger leurs cravates, c’était si grave. Il a été décidé de fuir devant. Les diplomates se sont mis au travail. Et voilà que le 8 juillet 2021, un “plan d’action” avec le Maroc a été signé.

    Une percée, il s’est avéré par la suite. C’est là que l’histoire entre dans la Quatrième Dimension. Au Maroc, la presse et les autorités ont publié des parties du plan d’action, qui prévoit une coopération dans de nombreux domaines. Aux Pays-Bas, les militants des droits de l’homme comme Habib el Kaddouri ont réagi avec inquiétude : comment échanger des informations sur le financement des ONG, comment “rassembler” la communauté marocaine aux Pays-Bas ?

    Sensible, chut, chut

    Sinon, il est resté silencieux. Ce même 8 juillet, date à laquelle son haut fonctionnaire a signé le plan d’action lors d’une fête virtuelle avec Rabat, la ministre Sigrid Kaag (successeur de Blok), interrogée sur le Maroc par Kati Piri (PvdA), n’a rien dit à ce sujet à la Chambre. Kaag a annoncé “un processus de consultations politiques”. Elle y reviendra, en raison des “intérêts différents et du risque de conflit” dans une lettre. Sensible, hush hush.

    Les procès de journalistes marocains, comme celui d’Omar Radi, accusé à tort d’être un espion des Pays-Bas ( !), “nous les suivons de près”, a déclaré M. Kaag. L’ambassade des Pays-Bas assiste également au procès. Seulement : ce n’était pas le cas, le ministère l’a reconnu par la suite. Pendant longtemps, les Pays-Bas ont manqué toutes les occasions d’envoyer un signal public indiquant que l’allégation était absurde. La pression exercée en coulisses est plus efficace, a-t-on dit. Peu de temps après avoir signé le plan d’action, Radi a été condamné.

    La lettre promise par Kaag est arrivée cinq mois plus tard, le 14 décembre, signée par Ben Knapen. Le Maroc est désormais “un facteur stable dans la région” et un “partenaire essentiel et stratégique”. Le plan d’action a fait son apparition, avec la nouvelle que l’on allait travailler sur un traité d’extradition – une question sensible pour les Néerlandais du Maroc qui craignent le bras long de Rabat. Après que Knapen ait été remplacé par Hoekstra, les Pays-Bas ont également pris le parti de Rabat sur le Sahara occidental, un cas de néocolonialisme marocain. Tout est sorti du placard !

    Plan d’action public

    La semaine dernière, après d’interminables questions, pressions et pressions de la part de Piri, le plan d’action a été rendu public, 16 mois après sa signature. Chacun peut désormais lire les petits caractères concernant la non-ingérence dans les affaires intérieures de l’autre, la coopération en matière de migration, y compris la “réadmission”. Et encore une autre nouvelle : il y aura un centre culturel marocain à Amsterdam – apparemment une surprise pour le conseil municipal d’Amsterdam.

    Tout cela, et peut-être plus encore, pour renvoyer des demandeurs d’asile déboutés ? Seulement une poignée jusqu’à présent, d’ailleurs. Piri n’est pas contre les accords de migration (comme avec la Turquie auparavant), mais pas en tant que compromis pour les droits de l’homme. Nous avons appris qu’il est difficile de conclure des accords avec des pays autocratiques, car ils ne les respectent jamais. Brekelmans se félicite de la direction prise et de la “priorité accordée à la sécurité et à la migration”.

    Le Maroc joue bien ce dossier, dit el Kaddouri. Ça ressemble à du chantage politique. Reste à savoir s’il s’agit d’un “réalisme efficace” ou de la diplomatie du Père Noël (tout donner et ne rien recevoir en retour).

    Si, après l’échec de toutes les autres approches, le cabinet a décidé d’une offensive de charme avec l’eau nécessaire avec le vin, pourquoi la rétention d’informations ? Nous n’avons pas à avoir honte ?

    Volkskrant, 04/12/2022

  • Maroc : Les révélations sur le drame de Melilla laissent des questions sans réponse

    Tags : Maroc, Espagne, Ceuta, Melilla, migration, migrants africains,

    Le gouvernement de Rabat garde le silence officiel après avoir répété qu’il a agi de manière “responsable”. La principale ONG humanitaire impute à l’Espagne et au Maroc une “responsabilité partagée”, alors que l’on ignore toujours où se trouvent les 77 personnes disparues.

    L’enquête conjointe de plusieurs médias, dont EL PAÍS, qui reconstitue la tragédie du 24 juin à la frontière entre Melilla et Nador a été reçue au Maroc dans le silence officiel. Les questions soulevées dans le documentaire restent sans réponse, au-delà du mantra du caractère exceptionnel du saut vers la barrière frontalière par des centaines de migrants soudanais.

    “Ce qui s’est passé ce jour-là était très différent de ce qui s’était passé auparavant”, réitère une source proche du dossier à Rabat avant de faire référence à la déclaration du vali (gouverneur) Khalid Zeruali peu après la tragédie. M. Zeruali, directeur de la migration et de la surveillance des frontières au ministère marocain de l’Intérieur, a imputé aux “réseaux criminels de trafic (d’êtres humains) la responsabilité de cette attaque quasi militaire, menée par des assaillants ayant le profil de miliciens originaires de pays déstabilisés par la guerre”.

    Le ministre marocain des affaires étrangères, Naser Burita, a reconfirmé la position officielle à Barcelone la semaine dernière. “Ce n’était pas un événement normal, ni dans son origine ni dans sa procédure (…) et ce n’était pas un mouvement spontané. C’était quelque chose de très violent, de très nouveau”, a-t-il souligné, justifiant que les autorités marocaines ont géré la situation “de manière responsable”, malgré le fait que les forces de sécurité étaient débordées.

    “L’image récente de trois Subsahariens arrivant aux îles Canaries cachés dans le gouvernail d’un bateau après 11 jours de traversée dangereuse depuis le Nigeria montre qu’il y a des gens qui sont prêts à tout (pour changer de pays)”, soutient la source consultée à Rabat. “Le modus operandi à Melilla était différent de ce qui se fait habituellement. Les assaillants n’ont pas suivi le parcours classique consistant à se jeter contre les barrières, mais ont décidé d’occuper un poste (frontalier)”, précise-t-il en réponse aux critiques sur la passivité des forces de sécurité marocaines (deux cents agents) qui ont été déployées alors qu’une colonne de centaines de migrants se dirigeait vers la frontière.

    Jadija Inani, responsable de l’immigration à l’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH), la principale ONG humanitaire du pays maghrébin, ne partage pas cette justification. “Il est très surprenant que les forces de sécurité ne soient pas intervenues pour disperser les migrants soudanais qui se dirigeaient vers la barrière frontalière”, dit-elle. “Nous avons émis l’hypothèse qu’ils voulaient les encercler pour leur couper la retraite et les laisser bloqués entre les barrières du passage et les forces marocaines et espagnoles”.

    Le président de l’AMDH de Nador, Mohamed Amín Abidar, s’attache à l’analyse des causes. “Après la normalisation des relations (entre le Maroc et l’Espagne), il y a eu un changement radical dans les formes d’intervention contre les personnes qui tentent de franchir la clôture de Melilla. Une plus grande coordination hispano-marocaine a conduit à une militarisation inhumaine de la frontière”, critique M. Abidar, qui reproche aux gouvernements espagnol et marocain leur “responsabilité partagée” dans ce qui s’est passé le 24 juin.

    La réponse initiale donnée par le vali des affaires migratoires marocain reste le point de référence de la doctrine brandie par Rabat face aux voix critiques. “Ce qui s’est passé est un véritable drame que nous déplorons”, a souligné peu après M. Zeruali à propos de l’incident survenu au poste frontière de Barrio Chino, entre Nador et Melilla. D’autre part, il a souligné la lutte intense menée par les forces de sécurité contre les mafias de la traite des êtres humains au Maroc, où 1 300 réseaux ont été démantelés au cours des cinq dernières années.

    Dans des déclarations à l’agence de presse étatique MAP, le directeur de la migration et de la surveillance des frontières a précisé que, depuis 2016, le Maroc a contenu 145 tentatives d’entrée à Ceuta et Melilla. Cette information officielle ne faisait pas référence à l’irruption, en mai 2021, de plus de 10 000 migrants qui ont réussi à entrer illégalement à Ceuta, dont 1 500 étaient considérés comme des mineurs.

    L’Association marocaine des droits de l’homme insiste également sur un autre point d’interrogation qui pèse sur les forces de sécurité : la passivité avec laquelle les agents des deux côtés de la frontière ont observé les Subsahariens blessés sans leur apporter d’assistance médicale. “Le documentaire qui vient de sortir coïncide avec notre analyse”, déclare Abidar, responsable de l’ONG à Nador. “L’absence d’équipes médicales sur le terrain pour soigner des centaines de migrants est en grande partie à l’origine du nombre élevé de morts : 27, selon nos rapports, et non 23, comme l’indiquent les chiffres officiels. Les migrants ont été retenus pendant neuf heures encerclés sans être secourus”, ajoute-t-il.

    Aucune nouvelle pour les familles au Soudan

    L’organisation humanitaire marocaine a dressé une liste de 77 personnes portées disparues, selon les témoignages recueillis auprès d’autres migrants et les appels reçus des familles des migrants. “Nous avons envoyé une lettre au ministère de l’Intérieur pour savoir où ils se trouvent, mais jusqu’à présent nous n’avons pas reçu de réponse des autorités marocaines”, regrette Inani, directeur de l’immigration de l’AMDH.

    “Nous avons parlé à des parents et à des migrants qui ont pris part (au saut de la frontière)”, révèle Abidar dans une conversation téléphonique depuis Nador. “Et ils nous ont confirmé que toutes les personnes portées disparues se trouvaient près de la clôture de Melilla et n’ont plus donné signe de vie”. Le président local de l’organisation qui a concentré les enquêtes de la société civile marocaine sur la tragédie du 24 juin dit ne pas avoir de réponses officielles pour identifier “clairement” les corps et répondre aux questions des familles qui se trouvent au Soudan ou dans des pays européens. “La seule chose que nous savons”, conclut-il, “c’est que les corps sont toujours à la morgue et que les tombes qui ont été creusées dans le cimetière de Nador sont toujours vides”.

    El Pais, 05/12/2022

    #Maroc #Espagne #Melilla #Migration

  • Pays Bas : Publication de l’accord controversé avec le Maroc

    Tags : Maroc, Pays Bas, extradition, migration, expulsion, rapatriement, asile, droits de l’homme,


    Un accord entre le Maroc et les Pays-Bas stipule que les deux pays n’interviendront pas dans leurs « affaires intérieures » respectives.

    Le ministre Wopke Hoekstra (Affaires étrangères, CDA) a-t-il dit la vérité sur un accord avec le Maroc ? C’est la question qui se pose maintenant qu’un plan d’action confidentiel entre les Pays-Bas et le Maroc a été rendu public. Dans l’accord, les deux pays promettent de ne plus s’ingérer dans les « affaires intérieures » de l’autre. Le ministre Hoekstra avait auparavant nié que des accords avaient été conclus sur les critiques à l’égard du Maroc.

    L’accord avec le Maroc date de l’année dernière, mais n’a été rendu public que la semaine dernière à la demande de la Chambre des représentants. Cette décision a été motivée par des rapports du NRC faisant état d’un « accord de rapatriement » : le Maroc coopérerait à nouveau pour reprendre les demandeurs d’asile déboutés, les Pays-Bas cessant en contrepartie de critiquer ouvertement la situation des droits de l’homme dans le pays.

    Le ministre Hoekstra a ensuite nié qu’un tel accord ait été conclu. « Je ne le reconnais pas », a-t-il écrit en réponse aux questions de la Chambre des représentants. « Aucun accord n’a été conclu pour que les Pays-Bas ne critiquent plus publiquement les droits de l’homme. »

    Hoekstra a d’abord refusé de rendre les accords publics. Ce ne serait pas « gentil ». « Ce que nous avons convenu sur le plan diplomatique, c’est que nous ne jetons pas ce genre de documents dans la rue », a-t-il déclaré. Sous la pression de la Chambre basse, le plan d’action a été publié la semaine dernière. Avec un passage étonnant sur la non-ingérence dans les « affaires intérieures ».

    Selon le ministère des affaires étrangères, cette phrase fait référence au « principe de non-ingérence » : la règle selon laquelle un État ne doit pas intervenir dans la politique intérieure d’un autre pays. Ce passage n’est qu’une « affirmation d’un principe juridique fondamental », déclare un porte-parole du ministère.

    Mais selon les connaisseurs du Maroc, le passage de l’accord signifie que les Pays-Bas ne critiqueront plus ouvertement la situation des droits de l’homme au Maroc. « Critiquer la détention des journalistes et des manifestants, telle que les Pays-Bas l’ont exprimée précédemment, est perçue par le Maroc comme une ingérence dans une affaire intérieure », déclare Jan Hoogland, expert du Maroc et ancien employé de l’ambassade des Pays-Bas à Rabat. « Le Maroc veut éviter cela, car il souhaite garder l’image d’un pays démocratique ».

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  • Le Maroc en veut toujours plus

    Tags : Maroc, Espagne, Ceuta, Melilla, Sahara Occidental, migration, espaces maritimes,

    Alors que le ministre de l’intérieur est sur le point de faire l’objet d’une enquête sur la crise de la tragédie de la clôture de Melilla, de nouveaux problèmes frontaliers arrivent de l’autre côté du détroit de Gibraltar. Le Maroc n’a pas renoncé à ses aspirations d’annexer les eaux au large de la côte sahraouie, la Méditerranée et celles qui chevauchent les îles Canaries.

    La volte-face diplomatique de l’Espagne en avril dernier concernant sa position sur le Sahara, dans laquelle Pedro Sánchez a accepté le plan d’autonomie du Maroc pour son ancienne colonie, loin d’avoir dissuadé Rabat de revendiquer la souveraineté sur ces espaces maritimes, semble l’avoir enhardi à continuer à exercer des pressions sur le gouvernement au sujet des affleurements rocheux et des îles espagnoles au large de ses côtes.

    Et tout cela parce que l’accord entre Sánchez et Mohamed VI, qui visait à pacifier les relations tendues entre les deux pays et à résoudre le problème de la migration, n’a pas établi de délimitation expresse du contrôle des eaux dans les îlots et les rochers. Et pas même dans les cas de Ceuta et Melilla, que le Maroc ne reconnaît pas non plus comme espagnols. En fait, l’un des points les plus critiqués du pacte était qu’il ne comportait aucune mention du statut espagnol des deux places nord-africaines.

    Madrid et Rabat tentent depuis des mois de parvenir à un accord sur la propriété des eaux territoriales frontalières. Mais l’absence d’une garantie explicite de respect de la souveraineté de l’Espagne sur les territoires africains a permis au pays voisin de poursuivre sa stratégie de pression, avec laquelle il tente de faire basculer la délimitation des espaces maritimes en sa faveur.

    Le Maroc a amplement démontré qu’il veut toujours plus dans ses relations avec l’Espagne. Cette insatiabilité est cohérente avec le concept du ” Grand Maroc “, le projet expansionniste qui inspire la politique étrangère du régime alaouite. Un programme néocolonial similaire à celui qui guide l’impérialisme de Poutine, et qui vise à restaurer les “frontières historiques” du Maroc en affirmant la propriété marocaine de Ceuta, Melilla, les îles Canaries, la Mauritanie et le Sahara occidental, qu’il a toujours considéré comme des territoires “occupés”.

    Il est donc naïf de penser qu’après l’annexion du Sahara, la monarchie alaouite se contentera de tout modèle de voisinage qui n’implique pas la co-souveraineté de Ceuta et Melilla.

    Le renversement par le gouvernement de la position historique de l’Espagne sur le Sahara occidental visait à clore la crise diplomatique en cédant l’ancienne colonie espagnole en échange d’une plus grande coopération du Maroc dans le contrôle des flux migratoires, que Rabat a toujours utilisé pour faire pression sur l’Espagne.

    Et si, dans les jours qui ont suivi la signature de la déclaration conjointe entre Sánchez et Mohammed VI, il semblait que le Maroc honorait son engagement de modérer le trafic frontalier, il a rapidement recommencé à autoriser les entrées illégales, qui se sont multipliées de manière exponentielle peu après.

    Jusqu’à présent, il n’y a guère eu de gains clairs pour l’Espagne après sa reddition à Rabat. Au contraire, le revirement sur le Sahara a ouvert au gouvernement une nouvelle crise diplomatique avec l’Algérie, qui a rompu le traité d’amitié avec notre pays en représailles au soutien de l’Espagne à la proposition d’autonomie marocaine.

    De plus, les preuves reliant Rabat à l’espionnage de membres de l’exécutif par le biais du logiciel Pegasus rendaient inévitable la suspicion d’un lien entre les deux événements. Ces soupçons sont renforcés par l’avertissement du CNI concernant la présence accrue d’espions marocains dans les consulats espagnols.

    Si le gouvernement n’affirme pas catégoriquement dans les forums pertinents l’intégrité territoriale de l’Espagne face aux aspirations expansionnistes insatiables du Maroc, il sera difficile de dissiper les doutes concernant la défense purement rhétorique par l’Espagne de sa souveraineté sur Ceuta et Melilla. Il n’est plus possible de contourner le fait, pourtant épineux, que Rabat affirme que “le Maroc n’a pas de frontières terrestres avec l’Espagne”. Le sommet bilatéral reporté – et encore indéterminé – avec le pays voisin pourrait être l’occasion pour le gouvernement espagnol de montrer sa fermeté face au marquage constant du régime alaouite.

    El espanol, 27/11/2022

    #Espagne #Maroc #Ceuta #Melilla #Migration #Sahara_Occidental

  • Un accord secret avec le Maroc agace les députés néerlandais

    Topics : Maroc, Pays Bas, migration, justice, coopération économique,

    LA HAYE – Au grand dam de la Chambre des représentants, le ministre Wopke Hoekstra (Affaires étrangères) garde secret un plan d’action sur la coopération avec le Maroc. Le document contient des accords sur la migration, la justice et la coopération économique avec le Maroc.

    Hoekstra confirme que des accords ont été conclus entre les Pays-Bas et le Maroc en 2021. Un « plan d’action » officiel aborde des questions telles que la migration, la police et la coopération judiciaire et économique. Il peut également indiquer que les Pays-Bas souhaitent que le Maroc coopère au retour des demandeurs d’asile déboutés.

    Public
    La députée du PvdA, Kati Piri, a demandé jeudi lors d’un débat de rendre publics les accords. Hoekstra ne veut pas ça : “Oui, il y a un plan d’action”, assure le ministre CDA. “Je n’ai jamais nié cela. Ce dont nous avons convenu diplomatiquement, c’est que nous ne jetterons pas ce genre de documents dans la rue. Cela fait partie de l’accord. Je pense que c’est chouette aussi”.

    La Chambre n’en était pas satisfaite. « La Chambre a le droit de savoir ce qui a été promis en échange de la reprise des demandeurs d’asile déboutés », déclare Piri. “Le fait que le cabinet se tortille dans toutes sortes de recoins depuis un an pour garder les accords avec le Maroc secrets vis-à-vis de la Chambre n’est certainement pas rassurant.”

    Piri a demandé à Hoekstra de partager l’article de manière confidentielle avec les députés, mais le ministre n’a pas voulu le promettre immédiatement non plus. Hoekstra en discutera d’abord avec son collègue ministre du Maroc, dit-il. Cela conduit au mécontentement des parlementaires.

    Confidentiel
    “C’est une chose assez fondamentale”, déclare le député D66 Sjoerd Sjoerdsma. « S’il y a des contacts entre ce ministre et son collègue, alors je comprends que le ministre ne peut pas en citer. Mais si quelque chose a été formellement mis sur papier, la Chambre doit pouvoir en prendre connaissance. Si cela ne peut pas être rendu public, alors confidentiel.”

    Le président de la Chambre des représentants, Martin Bosma (PVV), a également exhorté Hoekstra à l’ouverture : « Nous avons simplement le droit à l’information, en tant que président, je voudrais le souligner. Le député PS Jasper van Dijk qualifie de “très inquiétant” le fait que Hoekstra ne partage pas le plan d’action.

    Chantage
    Le mois dernier, il a été annoncé que les Pays-Bas seraient bientôt en mesure de renvoyer au Maroc les demandeurs d’asile marocains déboutés. Le gouvernement de Rabat coopère à la délivrance de documents de voyage pour ce groupe d’immigrants défavorisés. Selon le secrétaire d’État Van der Burg (Asile), les relations diplomatiques entre les Pays-Bas et le Maroc se sont considérablement améliorées récemment.

    Le NRC avait précédemment signalé que les Pays-Bas fermeraient les yeux sur les violations des droits de l’homme au Maroc en échange d’une coopération. Les critiques affirment que les Pays-Bas se laissent ainsi « faire chanter » par Rabat. Le ministère des Affaires étrangères dément.

    De Telegraaf, 24/11/2022

    #Maroc #PaysBas #Migration

  • Relations bilatérales Maroc – Espagne (1/2)

    Tags : Maroc, Espagne, Migration, Ceuta, Melilla, Sahara Occidental, coopération sécuritaire,

    Les relations bilatérales entre le Maroc et l’Espagne peuvent être qualifiées d’excellentes eu égard au dialogue politique permanent, à un échange de visites denses et régulier entre les hauts responsables des deux pays et à une concertation étroite au niveau des différents instances régionales et internationales.

    Les deux gouvernements se sont engagés à construire des relations solides et exemplaires basées sur la confiance mutuelle et la responsabilité partagée et ce, dans l’objectif de les ériger en un modèle de partenariat en Méditerranée. Cette volonté affichée de part et d’autre s’est traduite parallèlement par un approfondissement des relations d’amitié et une refonte de la coopération ainsi que la mise en place d’actions conformes aux priorités nationales marocaines.

    En effet, lors de sa première visite officielle au Maroc, en janvier 2012, le Président du Gouvernement Mariano Rajoy, a déclaré que son pays appuie fermement le processus de réformes lancé par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, soulignant que ces réformes ont placé le Maroc à « l’avant-garde » des pays de la région et constitue un « exemple » à suivre… Il a relevé que son pays est convaincu que la sécurité, la stabilité et la prospérité de son voisin du sud est «la sécurité, la stabilité et la prospérité de l’Espagne et de là, ce qui nous unit est beaucoup plus que ce qui nous sépare».

    A l’occasion de la 10ème session de la Réunion de Haut Niveau maroco-espagnole, tenue à Rabat en Octobre 2012, M. Rajoy été reçu en audience par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, au Palais Royal à Marrakech.

    Les deux nouveaux gouvernements se sont engagés désormais pour renforcer davantage les relations solides, exemplaires et préférentielles basées sur la confiance réciproque et la responsabilité partagée, et pour faire de leurs rapports privilégiés un modèle de partenariat stratégique, rénové et de bon voisinage sur les deux rives de la Méditerranée, ouvrant ainsi la voie à une nouvelle étape porteuse de nouvelles opportunités.

    Ainsi, la visite de travail officielle du Roi Juan Carlos d’Espagne au Maroc, den juillet 2013, témoigne, une fois de plus, des relations séculaires qui lient les deux pays de la volonté de consolider davantage le partenariat stratégique entre le Maroc et l’Espagne.

    En plus des 5 Ministres du gouvernement Mariano Rajoy, le Roi Juan Carlos était accompagné de 9 anciens ministres des Affaires étrangères, dont MM. Javier Solana, Miguel Angel Moratinos, Josep Piqué.

    Cette visite royale avait un caractère économique, notamment que le Roi d’Espagne était accompagné d’une trentaine de patrons de grandes entreprises, dont certaines sont déjà opérationnelles au Maroc, telles que « Acciona », « Inditex », « Iberia », « Ferrovial », « Telefonica », « Indra », dans l’objectif de renforcer la présence des entreprises espagnoles au Maroc, notamment dans le cadre des grands chantiers structurants.

    La visite de travail à Madrid, fin octobre 2013, de Monsieur le Ministre Salaheddine Mezouar, juste après sa nomination, témoigne de l’excellence des relations d’amitié et de coopération existant entre le Maroc et l’Espagne et de la volonté des deux parties d’imprimer une nouvelle cadence à leur action commune dans tous les domaines.

    A cette occasion, Monsieur le Ministre a été reçu en audience par Sa Majesté le Roi Juan Carlos I, et par le Chef du gouvernement espagnol, M. Mariano Rajoy, a eu un entretien avec le Président du Sénat, Pio Garcia-Escudero, et un déjeuner de travail avec son homologue espagnol, José Manuel Garcia Margallo, au cours duquel les discussions ont été consacrées au partenariat Maroc-UE.

    Globalement, les orientations des politiques étrangères des deux pays s’inscrivent dans une vision politico-stratégique partagée sur les grandes questions telles que la sécurité en Méditerranée, la lutte contre le terrorisme, l’immigration clandestine, le trafic de drogues…

    Les Réunions de Haut Niveau (RHN) demeurent le cadre adéquat pour tracer les orientations et les grandes décisions à même de renforcer notre relation bilatérale et en faire un partenariat sans cesse rénové.

    Lire la suite depuis la source (Maroc-leaks)

    #Maroc #Espagne #Ceuta #Melilla #Migration #Sahara_Occidental

  • Négociation d’un Accord de réadmission Maroc-UE – Fiche relative à certains moyens de preuve de nationalité

    Tags : Maroc, Union Européenne, migration, rapatriement, réadmission,

    19/10/2006
    Uniquement à usage interne


    Projet de texte consolidé par la Commission Européenne après la 11ème séance de négociation à Bruxelles le 19 mai 2006

    PROJET D’ACCORD

    entre le Royaume du Maroc et la Communauté européenne

    sur la réadmission des personnes en séjour irrégulier.

    LES PARTIES CONTRACTANTES,

    Le ROYAUME du MAROC, ci-après dénommé « Maroc »,

    et

    La COMMUNAUTÉ EUROPÉENNE, ci-après dénommée « Communauté »,

    Considérant que l’un des objectifs de l’Union européenne est de se maintenir et de se développer en tant qu’espace de liberté, de sécurité et de justice au sein duquel est assurée la libre circulation des personnes,

    Considérant qu’ afin de mettre en place cet espace, l’Union européenne a adopté des règles communes relatives aux conditions d’entrée et de séjour des ressortissants des pays tiers, notamment aux fins de regroupement familial et relatives à l’instauration d’un statut privilégié pour les résidents de longue durée,

    Soulignant que l’établissement d’un tel espace nécessite également d’assurer une gestion efficace et équilibrée des flux migratoires, et notamment d’adopter des mesures en matière d’immigration clandestine et de séjour irrégulier, y compris en ce qui concerne le rapatriement et la réadmission des personnes en séjour irrégulier,

    Convaincues qu’une gestion efficace des flux migratoires entre le Maroc et l’Union Européenne nécessite une coopération étroite fondée sur une responsabilité partagée et une approche commune, et déterminées à renforcer leur coopération à cette fin,

    Reconnaissant qu’il est également important de s’attaquer aux causes profondes de l’immigration clandestine, en particulier celles qui sont liées aux conditions politiques, socio-économiques et du respect des droits de l’homme dans les régions et pays d’origine et de transit,

    Tenant compte que, dans le nouveau titre IV du traité instituant la Communauté européenne, le traité d’Amsterdam du 2 octobre 1997, entré en vigueur le 1er mai 1999, a conféré des compétences à la Communauté dans le domaine de l’immigration clandestine, y compris en matière de réadmission,

    Faisant référence à l’accord d’association euro-méditerranéen entre la Communauté et ses États membres, d’une part, et le Maroc, d’autre part, conclu à Bruxelles le 26 février 1996, et notamment l’article 69 relatif au dialogue sur les conditions de retour des personnes en situation irrégulière, l’article 71 portant sur la coopération en matière de réinsertion des personnes rapatriées et la déclaration commune concernant la réadmission dans l’Acte final s’y rapportant,

    Désireux d’établir, au moyen du présent accord et sur la base de la réciprocité, des procédures efficaces d’identification et de rapatriement de personnes en séjour irrégulier sur le territoire du Maroc ou sur l’un des États membres de l’Union européenne, et faciliter le transit de ces personnes dans un esprit de coopération,

    Convaincues que les personnes en situation irrégulière doivent être traitées avec humanité en respectant pleinement leur dignité, droits matériel et procédural, notammentle droit d’accèsaux voies de recours contre les décisions d’éloignement, conformément aux législations nationales,

    Tenant compte des mesures législatives et administratives adoptées par les deux parties garantissant une protection renforcée des ressortissants du Maroc et des Etats membres résidents de longue durée contre l’expulsion,

    Soulignant que cet accord sera établi sans préjudice des droits, des obligations et des responsabilités des États membres de l’Union européenne et du Maroc en vertu du droit international ou régional, notamment dans le domaine des droits de l’homme;

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    #Maroc #UE #Réadmission #Migration #Rapatriement #Expulsion

  • Les autorités ont rendu Nador inhabitable pour les migrants

    Tags : Maroc, Nador, Migration, Europe, Ceuta, Melilla, Espagne,

    Certaines personnes passent des années à essayer de se rendre à Nador, au Maroc, une ville du nord-est du pays, bordant la ville enclavée espagnole de Melilla.

    C’est la frontière la plus méridionale de l’Europe, et aussi une porte d’entrée pour les migrants à la recherche de meilleures opportunités.

    Les gardes-frontières bordent une clôture à quatre niveaux de 20 pieds qui s’étend sur des kilomètres le long de la frontière. Juste au-delà se trouvent les collines de Nador, où vivent les migrants. Ils y attendent des semaines, parfois des mois, le moment le plus sûr pour sauter par-dessus la clôture.

    Les autorités ont rendu la ville de Nador inhabitable pour les migrants, qui sont pour la plupart noirs. Les commerçants ont subi des pressions pour ne pas leur vendre de marchandises, les hôteliers qui ont succombé aux pressions de la police marocaine ne leur louent pas de chambres.

    Les tactiques de la police ont suscité de nouvelles critiques après que des dizaines de personnes ont été tuées en tentant de sauter la clôture en juin.

    Les migrants et leurs alliés décrivent le traitement détestable et raciste de la police marocaine. Ils parlent également de leurs rêves de traverser la frontière et de trouver des emplois pour subvenir aux besoins de leur famille.

    ARI SHAPIRO, BYLINE : Il y a un endroit sur le continent africain qui fait techniquement partie de l’Europe. C’est une ville enclavée appelée Melilla – appartenant à l’Espagne, entourée par le Maroc et la mer Méditerranée. Des gens sont morts en essayant de franchir cette frontière terrestre vers l’Union européenne. Nous allons dans l’autre sens.

    Et avec cela, nous avons officiellement quitté l’Espagne. (Langue non anglophone parlée).

    AGENT FRONTALIERS NON IDENTIFIÉ : (langue non anglaise parlée).

    SHAPIRO : Oui.

    La frontière est entourée de couches de hautes clôtures et de gardes armés, mais si vous avez les bons papiers…

    AGENT FRONTALIERE NON IDENTIFIÉ : Oh, mon Dieu. Le Maroc est votre deuxième pays.

    SHAPIRO : Merci beaucoup.

    …Les agents frontaliers vous accueillent chaleureusement tant que vous ne posez pas les mauvaises questions. Cela fait partie d’un voyage que nous entreprenons à travers trois pays, reliant les points à travers trois grandes histoires. Au Sénégal, le changement climatique oblige les gens à quitter leur foyer. Au Maroc, des migrants de toute l’Afrique tentent de rejoindre l’Europe. Et en Espagne, ces tendances donnent un coup de pouce aux partis politiques d’extrême droite. Changement climatique, migration, politique xénophobe – c’est une histoire qui se déroule de différentes manières dans le monde entier.

    En parcourant la ville marocaine de Nador le matin, mes premières impressions sont des odeurs. De grands paniers d’épices sont disposés devant les boutiques. Les gens boivent du thé à la menthe. Et il y a des pains frais sortant des boulangeries qui sentent les graines de sésame et la levure.

    Nador était autrefois un endroit où de nombreux migrants d’Afrique subsaharienne passaient du temps à attendre leur chance de passer à Melilla. De nos jours, il est difficile de trouver des Noirs en ville.

    Nous arrivons à l’église de Nador. C’est l’un des rares endroits où les migrants peuvent venir chercher de la nourriture et un abri. Juste à l’extérieur de l’église, il y a des gardes de police qui montent la garde.

    Nous avons demandé à parler avec certaines des personnes qui dirigent les programmes de l’église, mais personne qui travaille ou qui y est bénévole ne veut faire une interview.

    PERSONNE NON IDENTIFIÉE #1 : (parlant espagnol).

    PERSONNE NON IDENTIFIÉE #2 : (parlant espagnol).

    SHAPIRO : Quelqu’un nous a dit que nous ne pouvions pas enregistrer du tout sans autorisation, alors nous avons rangé notre équipement. C’est compréhensible. Toute personne aidant les migrants à Nador est dans une situation précaire.

    PERSONNE NON IDENTIFIÉE #3 : (langue non anglaise parlée).

    SHAPIRO : Mais une femme du Mali avec une fillette de 2 ans et demi sur le dos n’hésite pas à discuter. Elle a essayé d’aller en Europe, et ça l’épuise. (Langue non anglophone parlée).

    PERSONNE NON IDENTIFIÉE #3 : (langue non anglaise parlée).

    SHAPIRO : L’appel islamique à la prière résonne derrière elle alors qu’elle dit : « La police nous harcèle tout le temps. Il y a beaucoup de racisme, beaucoup de violence. Nous ne nous en sortons pas bien. ” Avant de partir, elle se retourne et nous dit encore une chose.

    PERSONNE NON IDENTIFIÉE #3 : (langue non anglaise parlée).

    SHAPIRO : “Dites-leur d’ouvrir la frontière pour que nous puissions entrer”, dit-elle. “S’il vous plaît, dites-leur simplement d’ouvrir la frontière.”

    PERSONNE NON IDENTIFIÉE #3 : (langue non anglaise parlée).

    SHAPIRO : Elle ramasse ses deux sacs en plastique remplis de nourriture et de médicaments à l’église et s’en va avec sa fille sur le dos.

    Cette situation avec des migrants essayant de passer à Melilla donne au Maroc beaucoup de poids. L’Union européenne veut empêcher les Africains de se présenter en Europe, alors même que ces pays accueillent à bras ouverts des millions de réfugiés ukrainiens. Le Maroc a le pouvoir de réprimer la migration ou de fermer les yeux et de laisser passer les gens. Ainsi, tout ce que le Maroc veut de l’Europe, que ce soit de l’argent ou le contrôle du territoire contesté du Sahara Occidental, des gens comme la femme malienne deviennent des pions commodes que le Maroc peut utiliser dans ce jeu d’échecs géopolitique. En ce moment, l’Union européenne exhorte les autorités marocaines à adopter une ligne dure contre les migrants.

    (BRUIT DE PAS)

    SHAPIRO : Le bureau d’Omar Naji au sein de l’Association Marocaine des Droits de l’Homme est au quatrième étage d’un immeuble sans ascenseur.

    OMAR NAJI : Bonjour.

    SHAPIRO : Nous lui avons demandé s’il voulait faire cette interview autour d’un thé dans un café. Cela nous donnerait un cadre plus intéressant qu’un bureau austère – vous savez, le bruit d’une foule, des verres qui trinquent. Mais il a dit, non, mieux vaut parler en privé.

    NAJI : D’accord.

    SHAPIRO : Quand Omar a déménagé à Nador dans les années 1990, il dit qu’il a à peine remarqué la frontière ici.

    NAJI : (Langue non anglophone parlée).

    SHAPIRO : Les bus allaient et venaient. Vous n’aviez pas besoin de passeport. Maintenant, la frontière est militarisée. Les migrants passent parfois des mois à camper dans les collines environnantes, planifiant leur prochain déménagement.

    NAJI : (Langue non anglophone parlée).

    SHAPIRO : “Ici à Nador, ils n’ont même pas le droit de louer une chambre”, dit-il. “Les autorités l’ont interdit. Si quelqu’un loue une chambre à un migrant subsaharien, il peut être poursuivi pour complicité. On pourrait vous demander vos papiers dans la rue, être arrêté pour la couleur de votre peau.”

    NAJI : (Langue non anglophone parlée).

    SHAPIRO : Ces pressions ont explosé en juin de cette année. Partout dans le monde, des reportages ont raconté l’histoire de plus de 1 500 migrants se précipitant le long de la barrière frontalière.

    (EXTRAIT SONORE DE LA VIDÉO)

    FOULE NON IDENTIFIÉE : (inaudible).

    SHAPIRO : Cette vidéo montre des dizaines d’hommes au sol, leurs corps entassés les uns sur les autres au pied de la clôture séparant le Maroc de l’Espagne. La police marocaine a utilisé des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc pour repousser le groupe. Des dizaines de personnes ont été tuées dans le chaos qui a suivi, et beaucoup d’autres sont toujours portées disparues.

    NAJI : (Langue non anglophone parlée).

    SHAPIRO : “Maintenant, ils tuent des gens”, dit Omar. “La politique migratoire est devenue criminelle.”

    NAJI : (Langue non anglophone parlée).

    (SOUNDBITE DE SONNERIE DE TÉLÉPHONE)

    SHAPIRO : Aussi, si vous devez répondre au téléphone, ce n’est pas grave.

    Tout au long de notre entretien, le téléphone dans sa poche a bourdonné et sonné avec des messages et des appels. Finalement, il interrompt notre conversation pour répondre au téléphone et entre dans le couloir. Et quand il revient…

    NAJI : (parlant français).

    RICCI SHRYOCK, BYLINE : Avez-vous compris cela ?

    SHAPIRO : Oui, je le sais.

    C’est Ricci Shryock, notre photographe, qui interprétait également lors de notre interview.

    SHRYOCK : Vous avez bien compris ce qu’il a dit, n’est-ce pas ?

    SHAPIRO : Que la police vous suivra si…

    SHRYOCK : La police nous suit. Il vient de recevoir un appel.

    SHAPIRO : Oh, en ce moment la police suit ?

    Soudain, on comprend pourquoi Omar ne voulait pas nous parler autour d’un thé dans un café. Vous ne savez jamais qui pourrait être à la table à côté de vous.

    Pour être juste, nous ne sommes pas subtils. Vous avez une caméra. J’ai un cahier. Tu es la seule personne noire de la ville.

    SHRYOCK : Ouais.

    SHAPIRO : Nous ne sommes pas subtils. Tout le monde vous connaît.

    Il n’est pas rare que la police suive et interroge des journalistes travaillant au Maroc. C’est un pays autoritaire, et le gouvernement ne veut pas que les gens rendent compte du contrôle des migrations. Nous décidons de continuer.

    Il n’y a plus des milliers de personnes vivant dans les collines autour de Nador. Les autorités marocaines s’en sont assurées. Mais il y en a, alors nous nous sommes mis à essayer de les trouver, sachant que la police nous refoulerait probablement avant que nous n’atteignions le camp.

    Nous passons devant des collines arides, des oliveraies. C’est très, très brun et poussiéreux. Il y a très peu de bâtiments ou de personnes.

    D’ACCORD. Nous quittons la route principale sur un chemin de terre cahoteux qui monte dans un village où deux écolières avec des sacs à dos marchent sur la route.

    Un vieil homme tient ici un magasin général. Nous n’utilisons pas son nom pour des raisons qui deviendront bientôt évidentes. Il dit que les migrants descendent des collines et visitent son magasin de temps en temps, et il essaie de les aider – tout le monde dans le village le fait.

    PERSONNE NON IDENTIFIÉE #4 : (Par l’intermédiaire d’un interprète) Ils viennent parfois ici sans chaussures parce qu’ils ont été pourchassés. Je leur donne mes chaussures. Ils ont déchiré ou brûlé des vêtements. Parfois, ils ont des blessures. J’essaie de leur donner les premiers soins mineurs.

    SHAPIRO : Que font les autorités lorsqu’elles vous voient aider ?

    PERSONNE NON IDENTIFIÉE #4 : (Par l’intermédiaire d’un interprète) C’est toujours un problème pour moi, mais ils ne peuvent vraiment rien vous faire. Ils vont demander des papiers, m’emmener à la préfecture de police jusqu’à minuit, me harceler.

    SHAPIRO : Et pourquoi continuez-vous à offrir de l’aide même si vous savez que la police vous harcèlera pour cela ?

    PERSONNE NON IDENTIFIÉE #4 : (Par l’intermédiaire d’un interprète) Eh bien, je ne peux pas rester sans rien faire. Je ne peux pas m’empêcher. Vous voyez quelqu’un qui a besoin d’aide, ne peut même pas marcher, n’a pas de chaussures, vous devez le faire. Avant-hier, des gens sont venus. Il n’y avait que quatre ou six personnes. Mais les autorités ont brûlé tout ce qu’elles avaient. J’ai vu la fumée de cette colline.

    SHAPIRO : Vous avez cette philosophie selon laquelle si vous voyez quelqu’un dans le besoin, vous devez l’aider. Et donc, quand vous voyez de la fumée s’élever de la colline voisine, où les autorités ont brûlé les quelques biens que les gens ont, dont certains que vous leur avez donnés, qu’est-ce que cela vous fait ressentir ?

    PERSONNE NON IDENTIFIÉE #4 : (Par l’intermédiaire d’un interprète) Vous ne pouvez pas exprimer ce sentiment avec des mots. Vous ne pouvez pas le décrire. Je ferme les yeux et j’entre car, comme dit le proverbe, le cœur ne peut pas sentir ce que les yeux ne voient pas.

    SHAPIRO : Pourriez-vous avoir des ennuis pour avoir parlé avec nous ? Les autorités pourraient-elles venir vous harceler pour avoir cette conversation maintenant ?

    PERSONNE NON IDENTIFIÉE #4 : (Par l’intermédiaire d’un interprète) Qui sait ce qu’il y a dans sa tête ? Selon la loi, ils ne peuvent rien nous faire pour avoir dit la vérité. Ils ne peuvent rien me faire. Les gens sont libres de parler.

    SHAPIRO : Comme au bon moment, une vieille voiture cabossée roule et un homme avec une casquette de baseball en sort. Il demande si nous avons l’autorisation.

    Le policier s’est arrêté, a dit que nous n’avions pas le droit d’être ici, a pris une photo de la plaque d’immatriculation et a téléphoné. Alors…

    Il nous dit d’attendre l’arrivée du superviseur.

    Ouais, tu sais quoi ? Au cas où, je vais retirer la carte son et la mettre en place…

    SHRYOCK : Ouais.

    SHAPIRO : … Au fond de mon sac en ce moment. C’est donc le dernier de l’enregistrement, les amis.

    Après environ 20 minutes, un SUV beaucoup plus agréable arrive et un homme en costume sort. Il se présente comme l’autorité dans le domaine. Il ne donne pas son nom. En anglais, il demande nos papiers et photographie nos passeports. Il me dit qu’il m’est interdit de publier des photos ou des vidéos, et je réponds honnêtement que je n’ai pas de photos ou de vidéos. Il ne mentionne pas l’audio. Quand il demande ce que nous faisons, nous disons que nous essayons de savoir s’il y a des gens qui vivent dans les collines. L’autorité en costume sourit, secoue la tête et dit en anglais, entre guillemets, “nous travaillons là-dessus pour qu’il n’y ait pas de Noirs ici”.

    (EXTRACTION SONORE DE MUSIQUE)

    SHAPIRO : Demain, notre voyage vers le nord se poursuit, et nous avons la vue depuis l’intérieur de l’enclave, en discutant avec les agents de l’immigration et certaines des personnes chanceuses qui ont réussi à franchir la clôture.

    PERSONNE NON IDENTIFIÉE #5 : (Par l’intermédiaire d’un interprète) L’immigration, c’est comme l’eau. Si vous le bloquez à un endroit, l’eau va s’écouler ailleurs. C’est comme ça.

    Source : NPR

    #Maroc #Nador #Migration #UE #Ceuta #Melilla