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  • Maroc / Accusations de pédophilie : des témoins étayent les déclarations de Luc Ferry

    Plusieurs personnes ont raconté aux policiers que leurs vacances au Maroc avaient été perturbées par des affaires d’agressions sur mineurs.

    Stéphane Sellami | Publié le 24.06.2011, 07h00

    Alors que beaucoup la pensaient déjà terminée, l’« affaire » Luc Ferry connaît un prolongement inattendu. Selon nos informations, plusieurs personnes se sont présentées, ces dernières semaines, dans les locaux de la brigade de protection des mineurs (BPM) de la police judiciaire de Paris, après les déclarations de l’ancien ministre de l’Education nationale (2002-2004) sur des actes de pédophilie dont se serait rendu coupable un ancien ministre de la République au Maroc.

    Ces témoins ont livré des éléments « concrets » aux enquêteurs, notamment sur les dates et les lieux des faits relayés par Luc Ferry, le 30 mai sur les plateaux de Canal +.

    A l’époque, le philosophe avait déclaré avoir eu connaissance de l’histoire d’un ministre qui se serait fait « poisser » avec de jeunes garçons, il y a quelques années, alors qu’il se trouvait dans un hôtel à Marrakech. Luc Ferry avait assuré tenir cela des « plus hautes autorités de l’Etat » et notamment d’un Premier ministre, sans en préciser le nom.

    « A la suite de ces déclarations et de l’audition de l’ancien ministre de l’Education nationale par les policiers, le 3 juin, différentes personnes ont décidé de témoigner spontanément, confie une source proche de l’affaire. Plusieurs ont notamment relaté s’être retrouvés bloquées, pendant plusieurs heures, dans leur hôtel par la police marocaine au cours de leur séjour à Marrakech. Elles ont ensuite été informées qu’elles avaient été retenues après la découverte de faits criminels commis sur des mineurs dans leur hôtel. »

    Toujours selon nos informations, plusieurs des personnes entendues ont fourni des précisions sur leur période de présence dans le royaume chérifien. Les policiers de la BPM ont ainsi pu « resserrer » leurs investigations sur les années 2001 et 2004.

    « Ces témoignages ont été recueillis avec beaucoup d’attention par les enquêteurs, poursuit la même source. Des vérifications sont en cours, notamment sur la liste des clients des hôtels désignés aux dates précisées par ces témoins. D’autres auditions sont à venir pour étayer ces informations. » A commencer par celles de diplomates français en poste au Maroc à l’époque des faits présumés. Le ministère des Affaires étrangères a été saisi, à ce sujet, d’une demande par les policiers de la brigade des mineurs.

    Egalement entendu par les policiers de la BPM, le 10 juin, Yves Bertrand, l’ancien patron des renseignements généraux (1994-2002) — dont le nom avait été évoqué par Luc Ferry lors de son audition — avait assuré avoir « fait état », en 2001, auprès des « autorités de tutelle » de rumeurs d’actes pédophiles par un ex-ministre au Maroc. Dans ses célèbres carnets saisis par la justice dans l’affaire Clearstream, Yves Bertrand évoque une affaire de pédophilie au Maroc, qu’il date de novembre 2001, impliquant un ancien ministre. De son côté, Luc Ferry avait indiqué que ces faits supposés étaient « bien antérieurs » à 2002.

    Le Parisien 

    Tags : Maroc, Luc Ferry, Jack Lang, Marrakech, pédophilie, Clearstream,

  • Maroc : Le jour où le peuple a été dupé par le Makhzen

    Maroc : De la Constitution secrète et octroyée à la Constitution “baltagique” imposée

    Après trois mois de concoction d’une Constitution secrète, et après la divulgation de ce bouillon, qui est plus enfoncé dans la tyrannie et la suppression du pouvoir du peuple, celui-ci est sorti, aujourd’hui dimanche 19 juin, dans des marches imposantes pour annoncer son rejet de la constitution octroyée, de manière despotique quant à la méthode, la forme et le contenu, et continuer d’exiger toutes les revendications levées depuis le 20 février, et qui ont été complètement ignorées par le Pouvoir.

    La réponse officielle a été le débarquement des “voyous du pouvoir”, communément connus sous le nom de “Baltagiya”, soutenus par les forces de sécurité, et utilisant les moyens publics.

    Ainsi, l’Etat révèle que la méthode adoptée est l’imposition de la Constitution, pour passer de la Constitution secrète à la Constitution “Baltagique”.

    Mais, malgré tout cela, la détermination du peuple a été la plus forte. Ainsi des milliers de personnes ont marché pacifiquement dans plus de 70 villes, ne laissant pas d’opportunité aux fomenteurs de troubles, et révélant la vérité de la Constitution octroyée et de ses promoteurs et les fausses allégations de démocratie et de ses dérivés comme l’entend le makhzen à sa manière.

    Tags : Maroc, Makhzen, printemps arabe, constitution, baltagiya,

  • DSK, son pactole planqué dans un paradis fiscal

    “A l’évidence, Dominique Strauss-Kahn n’a jamais gagné autant d’argent de sa vie.”

    La confidence est signée par un proche de l’ancien ministre socialiste dans les colonnes de L’Obs.

    Sa société basée au Maroc a affiché près de 21 millions d’euros de bénéfices en cinq ans, exonérés d’impôt.

    Avec 5,3 millions d’euros de revenus en 2018, DSK gagnait plus que de nombreux patrons du CAC 40 notamment… et depuis 2014.

    C’est dans la plus grande discrétion et sans faire de vagues que Dominique Strauss-Kahn a monté en 2013 sa société, qui affiche aujourd’hui une santé éclatante. D’après les informations de L’Obs, l’ancien candidat à la présidentielle de 2012 aurait gagné pas moins de 21 millions d’euros entre 2013 et 2018. Installé au Maroc, à quelques kilomètres de la capitale économique Casablanca, l’homme d’affaires a lancé Parnasse International, dont il est le seul actionnaire et employé.

    Installée dans la zone franche de Casablanca, au Maroc, un paradis fiscal qui permet de ne pas payer de taxe durant les cinq premières années de résidence, puis, d’en payer à un taux très bas (8,75 %), la société de l’ancien ministre socialiste n’a pas payé d’impôts sur ses bénéfices en 2018. Comme le mentionne L’Obs, Dominique Strauss-Khann s’est occupé de prestigieux clients à l’instar du président de la République du Congo Denis Sassou-Nguesso, ou encore Rosneft, une société d’État russe que dirige le proche de Vladimir Poutine Igor Setchine.

    Il a aussi prospecté pendant au moins deux ans pour le groupe suisse Sicpa, leader mondial des encres de sécurité, ce qui lui a assuré 80.000 euros de revenus par mois. De quoi lui faire oublier le fait qu’il n’a pas été recruté par la banque d’affaires Lazard en 2011, en raison de sa réputation, ou que la BNP, sa propre banque de dépôt, a stoppé toute relation avec lui. Sa société Leyne Strauss-Kahn & Partners, montée avec l’homme d’affaires israélien Thierry Leyne en 2013, a aussi été un échec, avec 100 millions d’euros de dettes et 150 clients qui ont perdu de l’argent.

    Pour rappel, la société que DSK avait fondée en compagnie de l’homme d’affaires Thierry Leyne, retrouvé mort en bas d’une tour de Tel Aviv en 2014, accusait un passif de 100 millions d’euros au moment de sa liquidation. Entendu sous le statut de témoin assisté dans l’affaire de la faillite de sa société LSK (anciennement Parnasse International) en 2019, l’ex-patron du FMI a choisi de plaider l’incompétence et l’inconséquence.

    Alors qu’il aurait vu au moins deux fois Emmanuel Macron selon l’ancien secrétaire d’Etat aux relations avec le Parlement Jean-Marie Le Guen (durant la campagne présidentielle et il y a environ un an), Dominique Strauss-Kahn ne compte pour autant revenir en politique. Car, selon Jean-Marie Le Guen, “il a conscience que les électeurs lui reprocheront pendant longtemps d’avoir trahi la confiance qu’ils avaient placée en lui”.

    La petite entreprise africaine de DSK engrange des millions d’euros de bénéfices.

    Devenu indésirable en France, l’ancien patron du Fonds monétaire international, Dominique Strauss-Kahn, est très sollicité en Afrique. Conseiller de nombreux présidents, il y a des activités lucratives.

    Présidents africains

    Fort de son expérience dans les domaines économique, financier et politique, Dominique Strauss-Kahn vend son expertise à des présidents africains, dont certains à la gouvernance autoritaire et sans partage. DSK est régulièrement auprès de Denis Sassou-Nguesso, à la tête du Congo depuis 35 ans, qu’il conseille sur la restructuration de la dette abyssale de son pays, ou auprès de Faure Gnassingbé, qui vient d’être réélu pour un quatrième mandat à la tête du Togo, alors qu’il avait à l’origine succédé à son père. Il a également été reçu par Ibrahim Boubacar Keïta, le président malien.

    Des activités très lucratives pour Dominique Strauss Kahn. Selon des informations de L’Obs, reprises par la presse africaine, sa société a affiché, “entre 2013 et 2018, près de 21 millions d’euros de bénéfices […]. Unique actionnaire et unique employé de Parnasse international, sise à Marrakech, il s’est versé 5,3 millions d’euros de revenus, ce qui place sa rémunération au 13e rang du CAC40.” D’autant que ces bénéfices sont exonérés d’impôts, selon le magazine français. “Un pari gagnant”, écrit ainsi Forbes Afrique, quand FinancialAfrik.comemploie le terme de “renaissance.”

    COURRIER INTERNATIONAL – PARIS – Publié le 25/02/2020

    Tags : DSK, Dominique Strauss Kahn, Maroc,

  • Reconnaissance de la RASD : les zigzags de la diplomatie mauricienne

    En 2014, le gouvernement de Ramgoolam retire sa reconnaissance officielle de la République arabe sahraouie démocratique. Celui de Jugnauth la restaure moins de deux ans plus tard. Derrière ce revirement, une question de « philosophie » et d’opinions politiques. En toile de fond, une accusation contre Arvin Boolell.

    D’un gouvernement à l’autre, l’État mauricien a retiré sa reconnaissance de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), puis l’a rétablie en l’espace de quelques années. L’affaire refait surface depuis que le site Maroc Leaks a publié des facsimilés de correspondances de Mohammed Amar, l’ancien ambassadeur du Maroc à Madagascar, alléguant qu’Arvin Boolell voulait que le gouvernement marocain finance sa campagne électorale en 2014, afin de garantir son soutien dans la non-reconnaissance de la RASD. Des allégations qu’Arvin Boolell rejette.

    Reconnaissance retirée

    Dès 1982, Maurice reconnaît la RASD, contrôlée par le Front Polisario, comme état indépendant, alors que le Maroc clame que le territoire concerné lui appartient. Le 8 janvier 2014, Arvin Boolell est ministre des Affaires étrangères quand le gouvernement décide de retirer cette reconnaissance. Le même Boolell explique cette décision au parlement suite à une question d’Ariane Navarre-Marie, le 8 avril suivant. « The decision to withdraw recognition of the Sahrawi Arab Democratic Republic (SADR) as a State was motivated by the belief that this recognition does not help in the settlement of the issue of the self-determination of the Sahrawi people. It was felt that the decision of recognizing a territory as a State ahead of the conclusion of a process under the aegis of the United Nations was not fully justified and therefore was deemed premature », avait indiqué l’ex-ministre à l’Assemblée nationale.

    Sauf que l’actuel gouvernement renversera la décision, le 20 novembre 2015. Le communiqué du conseil des ministres explique sommairement : « Cabinet has agreed to Mauritius recognizing anew SADR as a sovereign State […] The recognition of the SADR as a sovereign and independent State is a reaffirmation of the support of Mauritius for the inalienable right of self-determination of the people of Western Sahara. »

    Revirement

    Il ne faut pas chercher bien loin les explications derrière ce revirement. « C’est une question de philosophie », selon une source de la diplomatie mauricienne.

    « L’Union Africaine (UA) reconnaît la RASD. Les changements de politique étrangère sont toujours subtils et le gouvernement avait retiré sa reconnaissance de la RASD uniquement comme état. Il n’y a aucune raison de croire qu’il y ait eu d’autres motivations de revenir sur cette décision en dehors des convictions fortes de certains partis sur le sujet », affirme cette source. Parmi ces partis, le MMM, qui était au pouvoir en 82 quand le pays a reconnu la RASD.

    Un ancien diplomate explique au Défi Quotidien que les relations entre le Maroc et les pays de l’Union africaine (UA) sont très complexes. « Le Maroc s’était retiré de l’UA, en 1984, parce que celle-ci avait soutenu le Front Polisario, explique cette source. En 2012, il y avait les élections pour les sièges au Conseil de sécurité de l’Onu et le Maroc a été élu aux dépens de la Mauritanie, candidat officiel de l’UA. » Preuve que les pays africains soutenaient le Maroc, selon cette ancienne source, sinon cette élection n’aurait jamais été possible. Un résultat qui indiquait déjà « un changement au niveau des pays africains », selon notre source. Finalement, en janvier de cette année, le Maroc a réintégré l’UA, n’imposant plus comme condition préalable l’exclusion de la RASD.

    Un diplomate marocain qui n’est pas pris au sérieux

    Faut-il vraiment croire qu’Arvin Boolell a demandé au gouvernement marocain de financer sa campagne ? Ce dernier nie en bloc et dans le giron de la diplomatie mauricienne, on peine à prendre ces allégations au sérieux. Car l’accusateur est Mohammed Amar, qui a passé dix ans à Antananarivo en tant qu’ambassadeur du Maroc. En 2016, il a été accusé de détournement de fonds et d’ingérence dans les affaires internes de Madagascar.

    « Si Boolell voulait réellement être financé, ce n’est certainement pas vers le Maroc qu’il se serait tourné, explique un ancien diplomate. ça saute aux yeux, vu les antécédents de l’ambassadeur, qu’il a voulu soutirer de l’argent à son gouvernement. » Si le gouvernement marocain voulait effectivement financer Arvin Boolell pour obtenir son soutien, l’argent serait forcément passé par l’ambassadeur, selon cette source. L’argent serait alors resté dans les poches de ce dernier. « C’est clairement une démarche personnelle », assure notre source.

    Dans sa lettre officielle, Mohammed Amar affirme que « Arvin Boolell m’a confié son souhait très urgent de voir le Maroc l’aider à couvrir la campagne qui est déjà lancée et qui va coûter extrêmement cher ». Le mercredi 4 octobre, Arvin Boolell a nié ces allégations sur Radio Plus. « J’invite le public à lire cet article et à comprendre pourquoi le gouvernement marocain a révoqué l’ambassadeur. Je suis très serein, mais ce qui m’intrigue, c’est pourquoi venir dire de telles choses maintenant. À qui profitent ces allégations ? J’ai déjà rencontré l’ambassadeur, comme c’est le cas avec les autres ambassadeurs et je n’ai jamais eu de financement auprès d’étrangers. »

    Source 

    Tags : Maroc, Arvin Boolell, Maurice, campagne électorale,

  • Maroc leaks révèle comment la banque « attijariwafa » blanchit l’argent de la drogue et finance le terrorisme

    Les sous et les dessous du Makhzen commencent décidément à monter en surface et à être balancés sur la place publique.

    Le site MarocLeaks vient de révéler un nouveau scandale suite à la découverte par la police marseillaise, dans le sud-est de la France, d’un vaste réseau de blanchiment de la drogue produite au Maroc et vendue à travers le monde

    Et c’est Attijariwafa Bank, connue pour être la banque du roi Mohamed VI qui est prise en flagrant délit de dissimulation des fonds engrangés par le trafic de cannabis.

    De fait, l’implication «personnelle» du monarque dans ces «activités criminelles», est clairement établie selon MarocLeaks.

    Tout a commencé quand, en juin 2015, des douaniers français découvrent dans une bourgade du Vaucluse, la somme rondelette de 300 000 euros en espèces à l’intérieur d’un véhicule

    L’affaire est confiée à des enquêteurs de Marseille, membres d’une section spécialisée dans la délinquance financière.

    En coopération avec leurs confrères de plusieurs pays d’Europe, un travail de fourmi permet de remonter la filière aux ramifications importantes et dont le quartier général se situerait au «sommet de l’Etat marocain».

    On y apprend ainsi, de la bouche de Xavier Tarabeux, qui représente le ministère public, cité par l’AFP, qu’une somme faramineuse de 400 millions d’euros a été blanchie durant ces quatre dernières années (2005-2019) et qu’une partie aurait transité par la France où Attijariwafa Bank possède plusieurs agences

    Bien qu’une bonne partie de la presse française, copieusement arrosée par le makhzen ait évoqué une «Hawala (système traditionnel de paiement informel dans la culture arabe), les experts du domaine, eux, pointent la banque marocaine Attijariwafa Bank qui couvre un important flux financier, notamment en Afrique de l’Ouest qu’elle inonde de sa résine de cannabis.

    MarocLeaks précise en effet que les brigades anti terroristes ont repéré, dès l’année 2012, les «mécanismes frauduleux du financement de groupes terroristes proches du Makhzen tel le Mujao dont les mercenaires ont tenté d’infiltrer les camps de réfugiés sahraouis de Tindouf en même temps qu’ils ont investi le nord du Mali avant de disparaître dans la nature»…En clair, la responsabilité du Makhzen dans le blanchiment de l’argent de la drogue et, pire encore, du financement des groupes armés terroristes pour travailler son agenda diplomatique (dans le dossier du Sahara occidental) n’est plus une simple vue de l’esprit

    Mais MarocLeaks s’attend à ce que le Makhzen sorte son chéquier pour offrir de gros sous pour s’acheter des responsables européens chargés de l’enquête, en les dissuadant de révéler les dessous de cette dangereuse affaire d’Etat

    Ceci, au moment où un coup de filet est lancé en France, en Belgique et aux Pays-Bas, où des dizaines de personnes liés aux narcotrafiquants sont arrêtés

    Tags : Maroc, Marocleaks, Attijari wafabank, Hawala, blanchiment,

  • Lobby marocain en France : « Maroc Leaks » lève le voile

    Le site Maroc Leaks, spécialisé dans le décryptage de l’actualité politique et économique du royaume du Maroc, vient de rendre publique une liste exhaustive de députés français à la solde de Rabat.

    Au nombre de 120, ces élus sont membres du Groupe d’amitié France-Maroc au sein de l’Assemblée nationale et sont pour la plupart, comme on peut le constater, issus du parti du président Macron, Les Républicains en Marche, majoritaire au Parlement, suivi du parti de droite, La République, avec 24 députés. On y trouve plusieurs députés d’origine marocaine, comme Mustapha Laabid, Nadia Hai ou Saïd Ahamada, d’anciens militants socialistes, comme Jacques Maire, et des hommes d’affaires à l’image d’Olivier Dassault.

    Cette présence massive de lobbyistes français pro-marocains au sein de ce parti de création récente illustre l’ampleur de la compromission d’une large partie de la classe politique française avec un régime corrompu et corrupteur. Elle confirme aussi l’entrée en masse des militants du Parti socialiste (PS) dans le parti du Président, après la débâcle de ce dernier à la dernière élection présidentielle. Les socialistes français étaient réputés très engagés dans le lobbying pro-marocain. Les anciens ministres de la Culture, Fréderic Mitterrand et Jack Lang, étaient les figures les plus connues.

    À la tête de l’Institut du monde arabe (IMA) depuis 2012, ce dernier continue à servir le royaume du Maroc avec un zèle qui a fini par le discréditer. Avec des discours à l’emporte-pièce louant «les avancées démocratiques» du royaume alaouite et énumérant les raisons d’«une alliance stratégique» avec le Maroc, les politiques français achètent en réalité le silence des autorités marocaines sur les multiples scandales (pédophilie, homosexualité…) dont ils ont tous été un jour coupables dans les hôtels et autres riyadhs du royaume.

    Et c’est naturellement que les services de renseignements marocains, qui détiendraient des preuves compromettantes pour avoir filmé leurs séjours fastueux, les tiennent en chantage et leur imposent ainsi de promouvoir systématiquement l’image et les intérêts du Maroc dans l’Hexagone.

    Nous reviendrons plus en détail sur les articulations de ce lobby dévoilé dans les moindres détails par le journaliste marocain Omar Brousky, dans son livre La République de sa majesté. Jusqu’à la révélation sur la mise au point du plan mort-né « d’autonomie » élaboré dans le moindre détail dans le bureau du Mae français Dominique de Villepin à la demande de l’ex- président Chirac. Deux soutiens inconditionnels du Maroc. En retour le Makhzen les traitait royalement.

    M.B.

    Source

    Tags : Maroc, Makhzen, lobby, France, Assemblée Nationale,

  • Ephéméride/Maroc : Il y a 5 ans, Lalla Salma rentrait d’une visite en Côte d’Ivoire

    Il y a 5 ans, le 16 mars 2014 plus précisément, la princesse Lalla Salma rentrait au Maroc après un séjour de deux jours à Abidjan en qualité d’Invitée d’honneur du gala de bienfaisance organisée par la Fondation Children of Africa, dont la présidente est Mme Dominique Ouattara, l’épouse du président ivoirien.

    A cette occasion, la Princesse Lalla Salma, épouse du Roi Mohammed VI du Maroc et Présidente de la Fondation Lalla Salma pour la Prévention et Traitement des cancers, a pris le soin d’équiper le Service d’Oncologie ivoirien en matériel médical comme elle entreprendra des démarches auprès des professionnels pharmaceutiques marocains afin d’établir des conventions avec le ministère ivoirien de la Santé et de lutte contre le sida, permettant de bénéficier de tarifs préférentiels sur les médicaments.

    Aujourd’hui, les citoyens marocains se posent des questions sur le sort de leur princesse favorite disparue de la scène publique depuis plus de 2 ans. En effet, depuis décembre 2017, celle qui est désormais connue comme la « princesse fantôme » n’a plus été vue publiquement.

    Quelques semaines après sa disparition, elle a été la cible d’une virulente attaque de la part d’un blog proche du pouvoir qui l’a qualifiée de : « Arrogante », « dédaigneuse et méprisante », « colérique et agressif », ou bien « teintée d’un ego démesuré et d’un souci disproportionné pour l’apparence et l’image ».

    L’éclatement du conflit de l’Emir d’Abou Dhabi avec son épouse, la princesse Haya, sœur du roi de Jordanie, a poussé les autorités marocaines à simuler un voyage en Grèce de Lalla Salma avec son fils Moulay Hassan. L’absence de photos caractérisera toutes les prétendues apparitions de Salma Bennani, de son nom de jeune fille.

    Tags : Maroc, Mohammed VI, Lalla Salma, Fondation Lalla Salma-Prévention traitement cancers,

  • Le Brexit GB risque de copier les erreurs de l’UE sur le Sahara

    Le gouvernement britannique est sur le point de conclure un nouvel accord commercial avec le Maroc, qui inclut le territoire du Sahara Occidental, sans tenir compte des récentes décisions de justice de l’UE et du Royaume-Uni, ni du peuple des terres occupées.

    Le gouvernement britannique pourrait bientôt finir par ignorer à la fois sa cour et la Cour de justice européenne, en mettant en œuvre un nouvel accord commercial au Sahara Occidental. Ils le feraient en copiant l’approche de l’UE sur le sujet et en ignorant le résultat d’une longue bataille juridique devant les tribunaux britanniques et européens. Les groupes de la société civile britannique sont préoccupés.

    Le résultat d’un tel processus serait contraire à la clarté géographique dont le Royaume-Uni a fait preuve dans son accord commercial similaire avec Israël.

    En mars 2015, la Campagne Sahara Occidental au Royaume-Uni (WSCUK) a entamé une procédure judiciaire contre le gouvernement britannique, faisant valoir que le Revenue and Customs Service du Royaume-Uni (ou HMRC) agirait illégalement s’il accordait un traitement préférentiel aux produits importés au Royaume-Uni en provenance du Maroc mais venant en fait du Sahara Occidental. WSCUK avait pointé que les produits originaires du Sahara Occidental étaient importés au Royaume-Uni et traités comme marocains sous couvert de « l’accord d’association UE-Maroc ».

    En outre, l’organisation affirmait que le Département britannique de l’environnement, de l’alimentation et des affaires rurales (DEFRA) ne pouvait pas légalement accorder des quotas de pêche aux navires de pêche britanniques dans les eaux au large du Sahara Occidental.

    La Haute Cour de justice du Royaume-Uni a renvoyé l’affaire devant la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) et, le 27 février 2018, la CJUE a jugé que la compétence territoriale marocaine ne s’étend pas au territoire du Sahara Occidental ou à la mer territoriale adjacente au Sahara Occidental. Cette décision a été confirmée par la Haute Cour du Royaume-Uni en avril 2019.

    Dans une affaire distincte intentée par le Front Polisario contre la Commission européenne, la Cour de justice de l’Union Européenne, dans son arrêt (affaire C-104/16 P) du 21 décembre 2016, a déterminé que l’accord 2012 UE-Maroc concernant les mesures de libéralisation réciproques sur les produits agricoles et les produits de la pêche ne fournissaient aucune base juridique pour inclure le Sahara Occidental dans son champ d’application territorial.

    Malgré les décisions de la cour, la Commission européenne a fait passer un nouvel accord commercial et de pêche avec le Maroc qui inclut exactement le Sahara Occidental. Elles n’a fait aucun effort pour obtenir le consentement du peuple du Sahara Occidental, mais ont mené ce qu’elle a appelé un « processus de consultation » avec les institutions marocaines dans le territoire occupé. Le mouvement de libération le Polisario conteste actuellement la décision de conclure l’accord devant la CJE.

    Le gouvernement britannique cherche de nos jours à « reconduire » l’accord d’association UE-Maroc dans la législation britannique.

    L’accord a donc été soumis à la Loi sur la réforme constitutionnelle et la gouvernance du Royaume-Uni (2016), qui exige que le gouvernement soumette l’accord au Parlement et est devenu loi le 11 février 2020.

    Bien qu’il n’y ait aucune garantie d’un débat parlementaire ou d’un vote au Parlement britannique, Barry Gardiner, le secrétaire d’État fictif au Commerce international, a interpelé le 23 janvier de cette année au ministre du Commerce international Conor Burns au sujet de l’accord. Dans sa question, M. Gardiner a déclaré : “Dans sa décision rendue en mars 2019, la Haute Cour d’Angleterre et du Pays de Galles a confirmé que le territoire du Sahara Occidental est séparé du Maroc en vertu du droit international. Elle a jugé que le gouvernement britannique agissait illégalement en ne faisant pas la distinction entre le territoire du Maroc et le territoire occupé du Sahara Occidental. Pourtant, l’accord commercial entre le Royaume-Uni et le Royaume du Maroc vise à s’appliquer au territoire du Sahara Occidental, malgré l’absence totale de consentement du peuple sahraoui. La secrétaire d’État peut elle en expliquer la raison ? Étant donné que le processus de ratification de l’accord en vertu de la Constitutional Reform and Governance Act 2010 est en cours, a-t-elle l’intention de tenir un débat pour discuter des raisons pour lesquelles le gouvernement procède à la ratification d’un traité qui la Haute Cour a jugé illégale ? “

    Le ministre britannique du Commerce international, M. Burns, n’a pas répondu à la question. Il a dit que la question avait été soulevée avec le Maroc, cependant, il n’a pas mentionné ce qui avait été fait pour l’obtention de la permission du peuple du Sahara Occidental, qui est un territoire distinct du Maroc.

    Les groupes de la société civile britannique ont exhorté leurs parlementaires à n’accepter l’accord commercial que s’ils sont en mesure d’obtenir des garanties solides que le commerce au Sahara Occidental n’y participe qu’avec le plein consentement du peuple sahraoui, de sorte qu’il décide lui-même qui profite des ressources naturelles de leur territoire.

    Le manque de clarté contraste clairement avec l’accord commercial conclu entre le Royaume-Uni et Israël après le Brexit à partir de 2019. L’exposé des motifs de cet accord stipule :

    “En ce qui concerne Israël, les accords commerciaux UE-Israël s’appliquent à l’État d’Israël. La même position est intégrée dans l’accord commercial entre le Royaume-Uni et Israël (conformément aux articles 3 et 4). Le Royaume-Uni ne reconnaît pas les territoires palestiniens occupés, y compris les colonies, comme faisant partie de l’État d’Israël. Les territoires palestiniens occupés ne sont pas couverts par les accords commerciaux UE-Israël actuels, ni par l’accord Royaume-Uni-Israël.
    Les produits fabriqués dans les colonies israéliennes situées sur les territoires placés sous administration israélienne depuis juin 1967 ne peuvent bénéficier d’un traitement tarifaire préférentiel au titre des accords commerciaux UE-Israël. L’accord par lequel cela sera réalisé sera reproduit dans le cadre de l’accord entre le Royaume-Uni et Israël. “

    L’accord commercial du Royaume-Uni avec le Maroc ne peut entrer en vigueur qu’à partir de janvier 2021. Jusque-là, une période de transition s’applique pendant laquelle le Royaume-Uni se conformera aux règles de l’UE sur le commerce et les affaires.

    WSRW, 8 mars 2020

    Tags : Maroc, Sahara Occidental, Roayume Uni, Brexit,

  • Au Maroc, l’étouffement des dernières voix dissidentes

    Une vague de répression s’abat depuis quelques mois sur des personnes qui, à l’intérieur du Maroc et de manière tout à fait assumée, critiquent sur les réseaux sociaux le roi Mohamed VI, dont la popularité s’étiole.

    Ils ne sont ni opposants ni journalistes engagés ni militants professionnels, mais pour la plupart des Marocains lambda : jeunes lycéens, chanteurs en herbe, petits commerçants ou encore chômeurs. Tous des jeunes, voire pour certains des adolescents. Leur point commun : ils ont exprimé, via YouTube, le désespoir de la jeunesse marocaine et le fossé qui ne cesse de se creuser entre riches et pauvres, ce qui est assez courant ; mais ils ont également critiqué le roi Mohamed VI et raillé ses discours « qui ne servent plus à rien et qui n’emballent plus », ce qui est inédit. Jusqu’à présent en effet, ceux qui s’en prenaient au roi étaient souvent des « MRE », des Marocains résidant à l’étranger s’exprimant à l’abri d’une loi qui punit de prison toute critique de la monarchie. Il s’agit donc d’un véritable point de basculement dans les formes de contestation politique.

    « Ma vie n’a pas de but »

    Tout a commencé le 29 octobre 2019 par une chanson postée sur YouTube. On y voit trois jeunes rappeurs dénoncer avec des mots crus la corruption, les inégalités sociales, tout en désignant ouvertement le roi Mohamed VI :

    Qui a broyé le pays et qui continue à chercher la richesse ? […] Qui nous a mis dans ce pétrin ? Vous avez violé notre dignité […]. Si on est 40 millions dans ce pays, 30 millions restent avec toi parce qu’ils y sont forcés […]. Ma vie n’a pas de but […]. Je suis celui qui t’a fait confiance et qui a été trahi […]. Je suis le Rifain qui rêve d’un Rif meilleur…

    À l’heure où ces lignes sont écrites, la chanson a recueilli près de 22 millions de vues sur YouTube (les Marocains qui ont voté lors des dernières législatives sont 13 millions seulement…). Ses auteurs ? Trois jeunes rappeurs issus des quartiers populaires de Casablanca surnommés L’Zaar, Weld Legriya et L’Gnawi (Gnawi, Simo Gnawi). Le titre de la chanson est un slogan très en vogue parmi la jeunesse contestataire : Aacha chaab (vive le peuple), une paraphrase subversive de « vive le roi ».

    La machine judiciaire se met aussitôt en branle. L’Gnawi, de son vrai nom Mohamed Mounir est arrêté puis condamné le 24 novembre 2019 à un an de prison ferme. L’accusation ne mentionne aucun motif politique : le rappeur est condamné pour « outrage à la police ».

    Quelques jours plus tard, c’est une véritable avalanche d’arrestations et de condamnations qui se déclenche contre de jeunes Marocains, pour la plupart inconnus.

    Le 15 décembre, un adolescent de 18 ans, Ayoub Mahfoud, écope de trois ans de prison ferme après avoir partagé la chanson Aacha chaab sur sa page Facebook. Cette fois l’accusation est ouvertement politique : le jeune lycéen est condamné pour « atteinte au roi ». Devant l’émoi que cette affaire suscite, le tribunal décide, le 16 janvier, de le remettre en liberté provisoire, mais les poursuites sont maintenues et son procès devrait avoir lieu fin mars.

    Le 26 décembre, Mohamed Sekkaki, surnommé « Moul Kaskita » (l’homme à la casquette), un chômeur de Settat, ville pauvre entre Casablanca et Marrakech est arrêté et accusé d’« outrage à corps constitués ». Le motif politique est là aussi occulté ; en réalité, il a posté une vidéo dans laquelle il se moque copieusement du roi :

    Ces discours que tu lis en tremblant ne nous emballent plus […]. Quand tu tombes malade, tu ne te soignes pas ici, dans ton pays, dans nos hôpitaux, tu vas à l’étranger pour te soigner. Tu dis ‘’mon cher peuple’’ alors que ton peuple souffre le martyre à cause des inégalités et des injustices…

    Il est condamné à quatre ans de prison ferme.

    Le 26 décembre, pour un tweet publié en avril 2019 [1] dans lequel il s’en est pris au juge qui a dirigé les procès du Hirak du Rif, le journaliste Omar Radi est incarcéré à la prison de Casablanca pour « outrage à magistrat ». Là aussi, devant la mobilisation de la société civile, le juge a décidé de le remettre en liberté provisoire le 31 décembre, tout en maintenant les poursuites.

    « On n’a jamais compris »

    Le 1er janvier, un adolescent de 17 ans, Hamza Asbaar, est condamné à quatre ans de prison après avoir posté sur YouTube sa chanson On a compris dans laquelle il attaque ouvertement le roi et ses discours « qu’on n’a jamais compris », chante-t-il :

    On n’arrête pas d’écouter ses discours, qu’on n’a jamais compris […]. La Constitution est taillée sur mesure pour lui […]. Tu as compris, on a compris…

    Le 16 janvier, le tribunal de Lâayoun, au Sahara occidental, a réduit sa peine de quatre ans à huit mois. Il reste donc en prison.

    Cette vague de répression — la liste est longue — contre de jeunes youtubeurs vivant au Maroc et ayant, de manière tout à fait assumée, critiqué le monarque et sa politique s’explique sans doute par la volonté de tordre le cou à toute forme de libération de la parole, et, selon un proche du palais, de « rétablir l’hiba [2] de la monarchie et de l’État », incarné par un monarque de plus en plus impopulaire.

    Pendant des années Mohamed VI a construit sa communication politique sur l’image et le mouvement : celle d’un jeune roi populaire qui va à la rencontre de ses sujets. Des images où on le voit inaugurer des projets locaux ou distribuer des dons en nature (parfois des cartables ou des paniers contenant de l’huile et de farine) à des personnes choisies par les agents du ministère de l’intérieur dans certaines villes ou villages, généralement à la veille du ramadan.

    Il est également présenté par les chaînes officielles (Al-Oula, 2M, Medi1TV… dont les journalistes ressemblent davantage à de petits fonctionnaires de l’état civil qu’à des reporters) comme la seule institution « qui marche, qui bouge », la seule qui vaille. Face au monarque décrit aussi comme « le seul acteur fiable », le gouvernement, les partis politiques ou encore le Parlement incarneraient quant à eux la médiocrité, l’opportunisme et l’inefficacité — ce qui n’est pas tout à fait faux. Dans une rengaine proprement orientale, il est souvent présenté comme le bon calife entouré de mauvais vizirs : Lmalik zouine, lidayrine bih li khaybine (le roi est bon, les méchants, ce sont ceux qui l’entourent).

    Des discours royaux qui « n’emballent » plus

    Aujourd’hui, ces stratégies se sont essoufflées et la popularité de M6 bat de l’aile. Après plus de vingt ans d’un pouvoir absolu, l’image du roi Mohamed VI est abîmée par l’ampleur des problèmes sociaux auxquels fait face une large partie de la population marocaine. Les « projets » de développement maintes fois promis par le souverain dans ses discours, les chantiers dits « structurants » et les promesses de réforme semblent n’avoir profité qu’à une minorité de chanceux, selon les propres aveux du monarque. Sans parler de la réforme de l’enseignement, de la lutte contre la corruption, de la pauvreté et des injustices sociales qui atteignent des proportions dangereuses, y compris pour la stabilité du régime.

    Outre ses discours qui n’« emballent » plus, les décisions du roi manquent de plus en plus de cohérence et de rigueur, ce qui n’arrange pas les choses en termes de popularité. L’arrestation d’Omar Radi a eu lieu quelques jours seulement après la nomination par le roi d’une « commission pour le développement » présidée par l’ambassadeur du Maroc à Paris, Chakib Benmoussa. Indigné, l’un de ses membres, Rachid Benzine, un universitaire pourtant proche du palais écrit dans un tweet : « La mise en détention d’Omar Radi nous interpelle et nous rappelle qu’aucun modèle de développement ne saurait être défendable ni viable sans la garantie de la liberté d’expression et d’information. Le développement implique la critique et le débat d’idées, ou il n’est pas. »

    Même si elle reste relative en l’absence de sondages sur la monarchie (interdits au Maroc), l’impopularité croissante de Mohamed VI se mesure surtout via les réseaux sociaux où des milliers de Marocains peuvent s’exprimer avec une relative liberté. Le fait, par exemple, qu’Aacha chaab ait été entendue par près de 22 millions de Marocains, et commentée positivement par des milliers d’internautes en dit long sur la popularité abîmée du « roi des pauvres ».

    Une police qui rappelle celle de Ben Ali

    Par ailleurs, si les critiques et les moqueries des jeunes youtubeurs n’épargnent par la personne du roi, ses discours sont particulièrement visés, et pour cause : il est le maître absolu des horloges et les Marocains le savent. C’est ce qui explique qu’au début de son règne, ses paroles généraient de grandes attentes, mais aussi qu’ils suscitent désormais autant de déception.

    Pour faire taire ces voix qui émergent spontanément, critiquent le roi sans le diffamer via les réseaux sociaux, la monarchie s’appuie sur une police qui rappelle l’ancien régime tunisien de Zine El-Abidine Ben Ali et des juges peu respectueux de leur indépendance.

    Depuis la fermeture du Journal hebdomadaire (fleuron de la presse indépendante au Maroc entre 1997 et 2010) il y a juste dix ans, les pressions économiques et la menace judiciaire continuent de peser sur ce qui reste de la presse privée. À ce niveau aussi, le rôle de la justice, inféodée au palais et à l’entourage royal, est crucial.

    Au fur et à mesure que la répression prend de l’ampleur, la justice marocaine est mise à l’index par les ONG (marocaines et internationales) et présentée comme le bras séculier du roi et de son entourage. Non seulement le monarque nomme les magistrats, mais les verdicts sont prononcés en son nom et il est le président du Conseil supérieur de la magistrature. Dans les procès politiques qui continuent de se dérouler à Meknès, Lâayoun ou Casablanca, il est implicitement à la fois juge et partie, constatent avec amertume les défenseurs des droits humains, qui ne cessent d’appeler à une véritable séparation des pouvoirs.

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    Tags : Maroc, Mohammed VI, monarchie, répression,

  • Maroc : Lettre confidentielle filtrée du bureau de Dlamini Zuma

    Les espions de la DGED sont partout en quête de légitimation du pillage des ressources du Sahara Occidental. Le Maroc ne lésine pas dans les moyens dans le but de réaliser ses rêves expansionnistes.
    Ainsi, après avoir piraté les ordinateurs du Secrétariat général de l’ONU en vue d’espionner ses activités de l’, le voilà avec un document subtilisé du bureau de Dlamini Zuma, présidente, à l’époque, de la Commission Africaine.
    Pour cela, le Maroc pouvait compter sur les fidèles services d’un de ses collaborateurs les plus proches, le Burkinabè Jean–Baptiste Toubo Tanam Natama, Directeur de cabinet de Nkosazana Dlamini–Zuma, aujourd’hui décédé.
    Tags : Sahara Occidental, Maroc, Jean-Baptiste Natama, Union Africaine, commission africaine, Dlamini Zuma,