Tag: Maroc

  • ONU : soulignée l’urgence de la nomination d’un Envoyé Personnel pour le Sahara Occidental

    Les délégués demandent instamment la nomination rapide d’un Envoyé personnel pour le Sahara occidental, alors que la Quatrième Commission poursuit le débat général conjoint

    Les délégués ont appelé aujourd’hui à des discussions inclusives et à la nomination rapide d’un nouvel Envoyé personnel du Secrétaire général pour faire avancer le processus de paix au Sahara occidental, alors que la Quatrième Commission (questions politiques spéciales et décolonisation) poursuivait son débat général conjoint sur un éventail de sujets.

    Le représentant de la Namibie s’est déclaré préoccupé par l’absence de détermination ferme de la part de certains États Membres de mettre l’accent nécessaire sur le respect et la pleine application des résolutions du Conseil de sécurité au Sahara occidental. Les tentatives de l’État occupant de proposer une solution unilatérale, sans le consentement exprès du peuple touché du Sahara occidental, ne manqueront pas d’entraîner un conflit prolongé et le refus continu du peuple sahraoui d’exercer ses droits inaliénables à l’autodétermination, il averti.

    Dans le même ordre d’idées, le représentant de l’Algérie a souligné que le règlement de la question du Sahara occidental devait impliquer les populations sur le terrain, avertissant que toute autre approche irait à l’encontre du Conseil de sécurité et annulerait les efforts internationaux de décolonisation du territoire. Notant que le processus de paix est au point mort depuis la démission de l’ancien Envoyé personnel, il a déclaré que l’inertie plane sur le travail des Nations Unies au Sahara occidental, mettant en péril la mise en œuvre du processus de paix. Il a ensuite souligné que le peuple sahraoui perd patience et a appelé le Secrétaire général à nommer un nouvel Envoyé spécial dès que possible. De plus, les discussions de paix doivent impliquer un climat de confiance entre le Front populaire de libération de Saguia el-Hamra et Rio de Oro (Front Polisario) et le gouvernement du Maroc, a-t-il ajouté.

    Le représentant de la Namibie, s’associant au Mouvement des pays non alignés, s’est déclaré préoccupé par le fait que certains États Membres n’avaient pas la ferme volonté de mettre l’accent sur le respect et l’application intégrale des résolutions du Conseil de sécurité sur le cas du Sahara Occidental. Les tentatives de l’État occupant de proposer une solution unilatérale, sans le consentement exprès du peuple concerné du Sahara occidental, ne manqueront pas d’entraîner un conflit prolongé et le refus continu du peuple sahraoui d’exercer ses droits inaliénables à l’autodétermination, il souligné. Passant à la question de l’archipel des Chagos, il a déclaré que la Namibie accordait une grande importance aux travaux de la Cour internationale de Justice et avait le plus grand respect pour ses avis consultatifs et ses arrêts. Quant aux Territoires palestiniens, il a noté que la population a été gravement touchée par la pandémie COVID-19. Il a poursuivi en se déclarant préoccupé par les mesures de plus en plus partiales prises par le Gouvernement israélien, appelant dans ce contexte les États Membres à rallier un soutien et une action collective pour soutenir l’exercice par le peuple palestinien de son droit inaliénable à l’autodétermination.

    Le représentant de l’Algérie a souligné que l’ONU devait assumer sa responsabilité de protéger le statut juridique des territoires non autonomes, de consolider les efforts et de multiplier les initiatives pour achever le processus de décolonisation. Le statut du Sahara occidental a été confirmé par de nombreuses résolutions des Nations Unies qui reconnaissent le droit légitime de son peuple à l’autodétermination, a-t-il déclaré, soulignant que la Cour internationale de justice et la Cour de justice de l’Union européenne ont confirmé cette position en reconnaissant la nature distincte du Sahara occidental. Soulignant qu’un règlement du conflit doit impliquer les populations sur le terrain, il a averti que toute autre approche irait à l’encontre du Conseil de sécurité et anéantirait les efforts de la communauté internationale pour décoloniser le territoire.

    Il a ajouté que le processus de paix était au point mort depuis la démission de l’Envoyé personnel du Secrétaire général. L’inertie plane sur le travail des Nations Unies au Sahara occidental et met en péril la mise en œuvre de la conférence de paix, a-t-il dit, avertissant que le peuple sahraoui perd patience. Appelant à la nomination d’un nouvel Envoyé personnel dès que possible, il a déclaré que les discussions de paix doivent impliquer la création de la confiance entre le Polisario et le Gouvernement marocain. L’Union africaine a également un rôle important à jouer, a-t-il ajouté. L’Algérie a toujours agi en tant que facilitateur de la paix dans la région, soutenant les efforts du Secrétaire général pour trouver une solution au conflit, a-t-il déclaré, ajoutant que le gouvernement de son pays avait contribué en tant qu’acteur humanitaire en aidant les réfugiés sahraouis et en coopérant avec les organisations des Nations Unies. pour fournir une assistance.

    UN press release, 3 nov 2020

    Tags : Sahara Occidental, Front Polisario, Maroc, ONU,

  • Sahara Occidental : Dans quelle direction les développements vont-ils à Guerguerat?

     Par Said Zarwal*

    À la suite de l’adoption de la résolution 2548 du Conseil de sécurité sur le Sahara occidental, la partie sahraouie a annoncé son rejet implicite du contenu de la résolution, tandis que l’occupation marocaine s’en félicitait. Cette évolution coïncide avec les événements internationaux et régionaux qui ont un impact direct sur la question du Sahara Occidental. Tout le monde commence à s’interroger sur l’avenir du statut à Guerguerat et son influence sur la question du Sahara occidental. Je pense que la réponse à cette question devrait tenir compte des possibilités et développements suivants:

    – Si le blocage du passage de Guerguerat continue d’entraîner la suspension des exportations des entreprises marocaines et européennes, les forces d’occupation marocaines pourraient mener une tentative d’occupation de la zone comme cela s’est produit en 2016.

    – Voter “ oui ” au référendum algérien signifie que l’armée algérienne a la base constitutionnelle pour intervenir au-delà des frontières de son pays, y compris le Sahara occidental, et c’est un fait nouveau qui pourrait dissuader le Maroc de se retirer en lançant une nouvelle aventure militaire au Sahara occidental.

    – La question de Guerguerat pourrait être la base de toute négociation future au cas où le Maroc accepterait de participer aux négociations sans poser la condition que la partie sahraouie se retire de Guerguerat dans un premier temps en échange d’un retour au plan de règlement onusien.

    – Tout retrait de la zone de Guerguerat en échange de fausses promesses du Maroc, revient à répéter le même scénario de siège de la zone de Zag qui s’est terminé par le retrait de Rabat de ses obligations.

    – Le Maroc tentera de profiter de ses relations avec l’Espagne pour faire pression sur le POLISARIO, d’autant plus que les hommes d’affaires espagnols sont touchés par le blocage de Guerguerat.

    – Au cas où la Mauritanie ne trouverait pas d’alternative pour compenser sa pénurie alimentaire, elle pourrait reconsidérer son traitement de la question de Guerguerat.

    – Le puissant lobby marocain en Mauritanie pourrait agir dans le cadre des pressions exercées sur les cercles de décision à Nouakchott pour qu’ils soumettent une protestation officielle contre ce qu’on pourrait appeler «le siège de la Mauritanie et nuire à sa sécurité alimentaire».

    – La victoire de Trump aux élections présidentielles américaines pourrait conduire à une accélération des étapes de normalisation entre Rabat et Israël en échange de la reconnaissance américaine de la souveraineté du Maroc sur les territoires sahraouis occupés, sans inclure les territoires libérés, ce qui peut impliquer une reconnaissance américaine de la souveraineté sahraouie sur ces zones libérées.

    – Quelles que soient les tendances de la politique internationale et régionale, la partie sahraouie devrait s’efforcer d’éviter le retrait de la zone de Guerguerat sous des slogans et des justifications qui ne sont plus convaincants pour les masses populaires, comme ce fut le cas avec la question du redéploiement.

    – En cas de pression externe accrue sur la question de Guerguerat, il ne faut pas se retirer sans obtenir des résultats tangibles, notamment:

    • La libération des prisonniers politiques sahraouis.

    • Obliger la partie marocaine à éviter d’exporter les richesses sahraouies par le passage de Guerguerat.

    • Changer la réglementation des transactions douanières à Guerguerat en ajoutant un poste de contrôle sahraoui et en garantissant des revenus au Trésor public, comme le font le Maroc et la Mauritanie.

    • Urbanisation des territoires libérés s’étendant des frontières algériennes à la région de Lagouira.

    • Exiger de la partie mauritanienne de reconsidérer l’autorité de facto qu’elle impose à la ville de Lagouira.

    * Rédacteur en chef de Futuro Sahara)

    Source : Futuro Sahara, 3 nov 2020 (traduction non officielle)

  • ONU : soulignée l’urgence de la nomination d’un Envoyé Personnel pour le Sahara Occidental

     Les délégués demandent instamment la nomination rapide d’un Envoyé personnel pour le Sahara occidental, alors que la Quatrième Commission poursuit le débat général conjoint

    Les délégués ont appelé aujourd’hui à des discussions inclusives et à la nomination rapide d’un nouvel Envoyé personnel du Secrétaire général pour faire avancer le processus de paix au Sahara occidental, alors que la Quatrième Commission (questions politiques spéciales et décolonisation) poursuivait son débat général conjoint sur un éventail de sujets.

    Le représentant de la Namibie s’est déclaré préoccupé par l’absence de détermination ferme de la part de certains États Membres de mettre l’accent nécessaire sur le respect et la pleine application des résolutions du Conseil de sécurité au Sahara occidental. Les tentatives de l’État occupant de proposer une solution unilatérale, sans le consentement exprès du peuple touché du Sahara occidental, ne manqueront pas d’entraîner un conflit prolongé et le refus continu du peuple sahraoui d’exercer ses droits inaliénables à l’autodétermination, il averti.

    Dans le même ordre d’idées, le représentant de l’Algérie a souligné que le règlement de la question du Sahara occidental devait impliquer les populations sur le terrain, avertissant que toute autre approche irait à l’encontre du Conseil de sécurité et annulerait les efforts internationaux de décolonisation du territoire. Notant que le processus de paix est au point mort depuis la démission de l’ancien Envoyé personnel, il a déclaré que l’inertie plane sur le travail des Nations Unies au Sahara occidental, mettant en péril la mise en œuvre du processus de paix. Il a ensuite souligné que le peuple sahraoui perd patience et a appelé le Secrétaire général à nommer un nouvel Envoyé spécial dès que possible. De plus, les discussions de paix doivent impliquer un climat de confiance entre le Front populaire de libération de Saguia el-Hamra et Rio de Oro (Front Polisario) et le gouvernement du Maroc, a-t-il ajouté.

    Le représentant de la Namibie, s’associant au Mouvement des pays non alignés, s’est déclaré préoccupé par le fait que certains États Membres n’avaient pas la ferme volonté de mettre l’accent sur le respect et l’application intégrale des résolutions du Conseil de sécurité sur le cas du Sahara Occidental. Les tentatives de l’État occupant de proposer une solution unilatérale, sans le consentement exprès du peuple concerné du Sahara occidental, ne manqueront pas d’entraîner un conflit prolongé et le refus continu du peuple sahraoui d’exercer ses droits inaliénables à l’autodétermination, il souligné. Passant à la question de l’archipel des Chagos, il a déclaré que la Namibie accordait une grande importance aux travaux de la Cour internationale de Justice et avait le plus grand respect pour ses avis consultatifs et ses arrêts. Quant aux Territoires palestiniens, il a noté que la population a été gravement touchée par la pandémie COVID-19. Il a poursuivi en se déclarant préoccupé par les mesures de plus en plus partiales prises par le Gouvernement israélien, appelant dans ce contexte les États Membres à rallier un soutien et une action collective pour soutenir l’exercice par le peuple palestinien de son droit inaliénable à l’autodétermination.

    Le représentant de l’Algérie a souligné que l’ONU devait assumer sa responsabilité de protéger le statut juridique des territoires non autonomes, de consolider les efforts et de multiplier les initiatives pour achever le processus de décolonisation. Le statut du Sahara occidental a été confirmé par de nombreuses résolutions des Nations Unies qui reconnaissent le droit légitime de son peuple à l’autodétermination, a-t-il déclaré, soulignant que la Cour internationale de justice et la Cour de justice de l’Union européenne ont confirmé cette position en reconnaissant la nature distincte du Sahara occidental. Soulignant qu’un règlement du conflit doit impliquer les populations sur le terrain, il a averti que toute autre approche irait à l’encontre du Conseil de sécurité et anéantirait les efforts de la communauté internationale pour décoloniser le territoire.

    Il a ajouté que le processus de paix était au point mort depuis la démission de l’Envoyé personnel du Secrétaire général. L’inertie plane sur le travail des Nations Unies au Sahara occidental et met en péril la mise en œuvre de la conférence de paix, a-t-il dit, avertissant que le peuple sahraoui perd patience. Appelant à la nomination d’un nouvel Envoyé personnel dès que possible, il a déclaré que les discussions de paix doivent impliquer la création de la confiance entre le Polisario et le Gouvernement marocain. L’Union africaine a également un rôle important à jouer, a-t-il ajouté. L’Algérie a toujours agi en tant que facilitateur de la paix dans la région, soutenant les efforts du Secrétaire général pour trouver une solution au conflit, a-t-il déclaré, ajoutant que le gouvernement de son pays avait contribué en tant qu’acteur humanitaire en aidant les réfugiés sahraouis et en coopérant avec les organisations des Nations Unies. pour fournir une assistance.

    UN press release, 3 nov 2020

    Tags : Sahara Occidental, Front Polisario, Maroc, ONU,

  • Mauritanie : L'ambassadeur d'Espagne reçu par le ministre des Pêches

    Le ministre mauritanien des Pêches et de l’Economie maritime, M. Abdel Aziz Ould Dahi a reçu mardi l’ambassadeur d’Espagne en Mauritanie, Jesus Santos Aguado, a rapporté l’agence officielle de presse mauritanienne AMI.

    Le ministre mauritanien était accompagné du secrétaire générale du ministère des Pêches et de l’économie maritime, Mme El Alya Mint Menkouss, du directeur général de l’exploitation de la ressource maritime, M. Sidi Ali Ould Sidi Boubacar, du directeur de la programmation et de la coopération, M. Mohamed Ould Ali Ould Birham et du commandant des garde-côtes mauritaniens, le colonel Mohamedou Ould Abderrahmane.

    Selon AMI, les sujets abordés par les deux étaient  parties ont discuté la coopération bilatérale dans les domaines du développement de la pêche en Mauritanie, de l’appui à la société mauritanienne de distribution du poisson et aux garde-côtes mauritaniens, en plus de la lutte contre la migration illégale.

    L’entretien a eu lieu à un moment où les conséquences de la fermeture de El Guergarate sont plausibles. A Nouadhibou, le secteur d’embllage du poisson surgelé est paralysé par le manque du carton importé du Maroc. Le poisson mauritanien exporté vers l’Espagne a aussi été secoué par cette fermeture. 

    Au lieu de débarquer à Nouadhibou, les bateaux de pêche européens opérant en Mauritanie ont été obligés de changer de cap vers Dakhla comme plan de sortie pour contourner le barrage organisé par les sahraouis.

    Selon Western Sahara Ressources Watch, “il existe des exportations terrestres à grande échelle de produits de la pêche des entreprises marocaines et internationales basées au Sahara Occidental occupé via le port de Nouadhibou en Mauritanie” tout comme “un trafic allant dans l’autre sens, de l’industrie mauritanienne, sur le transport terrestre par camion vers le marché européen via le Sahara Occidental occupé”. 

    “Les Sahraouis ont bloqué la semaine dernière la route entre les territoires occupés et la Mauritanie, en signe de protestation contre les violations persistantes du droit international par le Maroc, à travers le pillage des ressources du territoire”, indique l’ONG qui rappelle qu’un cas “similaire s’est produit en avril 2019, lorsqu’un barrage routier sahraoui a interrompu le commerce à travers le territoire illégalement occupé. L’industrie de la pêche espagnole en Mauritanie a ensuite fait pression sur la Commission européenne pour qu’elle modifie l’accord de pêche UE-Mauritanie afin d’inclure une possibilité de débarquer des captures mauritaniennes “au Maroc”. “Selon un rapport de presse, le commissaire aux pêches a promis de prendre de telles mesures une fois que le ministre espagnol de la pêche lui aurait fait part des conséquences de l’arrêt du trafic sur le territoire”, ajoute-t-elle.

    Pour WSRW, l’utilisation du territoire occupé du Sahara Occidental pour le transbordement de poisson, quelle que soit sa provenance, est illégal.

    Tags : Sahara Occidental, Front Polisario, Maroc, Mauritanie, ressources naturelles, poisson, exportation, importation, El Guergarate, 

  • Maroc – Mauritanie : Le rêve d’Ould Ahmeyche

    Le 22 juillet 2019, le Maroc a décidé de prolonger la route entre El Guerguerate et le poste frontalier mauritanien PK55 en vue de promouvoir les échanges commerciaux avec la Mauritanie et l’Afrique subsaharienne. Ainsi, les autorités marocaines ont entamé les travaux d’asphaltage. Après avoir avancé de quelques kilomètres, leurs engins se sont heurtés à une unité de la police sahraouie qui a avorté le projet marocain.

    Pour le Maroc, c’était une façon d’imposer son contrôle sur cette zone qui fait partie des territoires libérés sahraouis et de par sa proximité du mur de défense marocain pourrait être considéré comme une zone tampon et, par conséquent interdite aux deux parties. Rabat était loin de deviner que cette provocation allait se retourner contre lui un an après. En effet, l’arroseur a été arrosé. L’arme qu’il voulait utiliser contre les sahraouis a été retournée contre lui au point de voir ses marchandises périmer sur le chemin d’El Guergarate.

    Dans le but de sortir de ce guêpier, les marocains se sont mobilisés à New York dans l’espoir de voir le Conseil de Sécurité demander aux sahraouis de se retirer de la zone. Tout ce qu’ils ont réussi à décrocher c’est une déclaration du porte-parole du Secrétaire Général de l’ONU, Antonio Guterres dans laquelle il exhorte “toutes les parties concernées à faire preuve de retenue et à prendre toutes les mesures nécessaires pour désamorcer toute tension”. “Nous rappelons que le trafic civil et commercial régulier ne doit pas être entravé et qu’aucune mesure ne doit être prise qui pourrait constituer un changement du statu quo de la bande tampon”, a-t-il ajouté.

    A la demande du Maroc, la représentation permanente de la France auprès des Nations Unies a exprimé son inquiétude “de la situation de blocage en cours dans la zone tampon de Guerguerate, qui est susceptible de créer des tensions de nature à porter atteinte au processus politique” pour ensuite exprimer son “plein soutien à la déclaration du porte-parole du Secrétaire général appelant les parties à la retenue, afin d’éviter toute escalade, notamment à Guerguerate”. “Nous appuyons également son appel à ne pas entraver le trafic commercial et civil et à ne pas changer le statu quo de la zone tampon”, souligne le communiqué français publié suite au vote du Conseil de Sécurité sur l’extension du mandat de la MINURSO.

    Selon la presse marocaine, l’ambassadeur des Etats-Unis à Rabat s’est prononcé aussi sur la fermeture d’El Guerguerate appelant à la retenue. Le lundi 26 octobre, le ministre des affaires étrangères mauritanien a reçu l’ambassadeur du Maroc à Nouakchott. Il va de soi que la question d’El Guergarate faisait partie du menu de l’entretien.

    C’est dire que le Maroc a frappé à toutes les portes dans l’espoir de voir ses marchandises écouler de nouveau vers l’Afrique. En vain!

    Face à ses échecs, le Maroc tente de semer la discorde entre sahraouis et mauritaniens en recrutant des plumes mercenaires et en actionnant ses trolls médiatiques qui empruntent des pseudonymes mauritaniens en vue de déverser leur poison sur les sahraouis. Le Makhzen rêve de semer la zizanie entre deux peuples frères qui partagent les liens de sang et de culture. Le cas du Maroc ressemble à celui d’Ould Ahmeych, un personnage dont le rêve, selon la culture des bidhanes, s’est transformé en cauchemar lorsqu’il s’est réveillé le matin. Il avait vidé ses intestins dans son lit.

    Pour rappel, les algériens, l’ennemi juré, peuvent se rendre au Maroc sans visa. Ce n’est pas le cas pour les mauritaniens dont il prétend être un pays frère.

    Tags : Maroc, Mauritanie, Sahara Occidental, Front Polisario, visa, El Guergarate,

  • Sahara occidental: l’ONU proroge le mandat de la MINURSO

    Le Conseil de sécurité a décidé vendredi soir de proroger pour une durée d’un an le mandat de la MINURSO, la Mission des Nations Unies chargée de l’organisation d’un référendum au Sahara occidental.

    A l’exception de la Russie et l’Afrique du Sud, 13 membres du Conseil de sécurité ont adopté la résolution 2548 (2020), qui appelle les deux parties au conflit, le Maroc et le Front Polisario, à reprendre les négociations sous les auspices du Secrétaire général, sans conditions préalables et de bonne foi, afin de parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui permette l’autodétermination du peuple du Sahara occidental.
    Jusqu’en 2017 inclus, le mandat de la MINURSO était renouvelé par cycle de 12 mois. En avril 2018, les Etats-Unis, pays porte-plume, avaient obtenu un renouvellement semestriel, l’idée étant que la Mission devait soutenir les bons offices de l’Envoyé spécial du Secrétaire général et qu’un renouvellement plus court était un moyen de démontrer la détermination du Conseil en ce sens.
    Alors que les Etats-Unis souhaitaient que le texte soit approuvé par consensus, le vote d’aujourd’hui a enregistré l’abstention de la Russie et de l’Afrique du Sud. Moscou considère que le principe de l’autodétermination du peuple sahraoui n’a pas été suffisamment souligné dans la nouvelle résolution.
    Lors de la séance d’aujourd’hui, plusieurs membres du Conseil, ont appelé le Secrétaire général à désigner sans tarder un nouveau Emissaire au Sahara occidental pour succéder à l’ancien président allemand Horst Kohler.
    Le Front Polisario a, à plusieurs reprises, dénoncé le Maroc qui n’avait aucune intention de mettre en œuvre les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité ou de lever les obstacles aux efforts de la communauté internationale pour le règlement https://www.jeune-independant.net/sahara-occidental-lonu-proroge-le-mandat-de-la-minurso/du conflit.
    Le représentant du Front Polisario auprès de l’ONU, M. Sidi Mohamed Omar, a soutenu récemment que le Front Polisario n’attend rien de nouveau de ces consultations du Conseil de sécurité sur le renouvellement du mandat de la Minurso, expliquant que les consultations ne rapporteront rien de nouveau par rapport à la session de l’année dernière au cours de laquelle le mandat de la mission de l’ONU a été renouvelé pour une nouvelle année.
    Le diplomate sahraoui a déclaré que l’absence d’un émissaire de l’ONU ne sert pas le processus politique qui est dans un état de paralysie complète depuis la démission de l’Envoyé personnel du Secrétaire général des Nations Unies, l’ancien président allemand, Horst Kohler en mai dernier.
    Dans son nouveau rapport sur la situation au Sahara occidental, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guteress, a affirmé qu’une solution politique juste permettant l’autodétermination du peuple sahraoui était “possible”.
    “Je demeure convaincu qu’il est possible de trouver une solution à la question du Sahara occidental, malgré la suspension du processus politique depuis la démission de mon envoyé personnel, Horst Kohler, pour raisons de santé”, écrit le SG de l’ONU.
    Relevant la dynamique enclenchée par l’ancien émissaire, Guterres a jugé “impératif” d’entretenir ce processus politique. A ce titre, il s’est dit “déterminé” à nommer un nouvel émissaire pour progresser sur la base des acquis obtenus lors des discussions de Genève.
    Guterres a appelé à la reprise du processus politique “de bonne foi et sans conditions préalables” dès la nomination d’un nouvel envoyé personnel.
    Inscrit depuis 1966 à la liste des territoires non autonomes, et donc éligible à l’application de la résolution 1514 de l’Assemblée générale de l’ONU portant déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et peuples coloniaux, le Sahara occidental est la dernière colonie en Afrique, occupé depuis 1975 par le Maroc, soutenu par la France.
    Source : Le Jeune Indépendant, 31 oct 2020
    Tags : Sahara Occidental, MINURSO, ONU, Conseil de Sécurité, Maroc,
  • Des associations d'amis du peuple sahraoui "indignées" du retard dans la tenue du référendum d'autodétermination

    BARCELONE – Plus de 40 associations d’amis du peuple sahraoui ont exprimé leur indignation face au retard dans la mise en œuvre du plan de paix au Sahara Occidental à savoir la tenue du référendum d’autodétermination.

    Ces associations espagnoles ont appelé, dans un communiqué repris par l’Agence sahraouie SPS, l’ONU à “assumer définitivement ses fonctions et obliger le Maroc à se conformer et à respecter le contenu et l’esprit du Plan de paix”. Elles affirment également que “la tenue du référendum d’autodétermination est la seule option qui garantit la paix et la stabilité dans toute la région”.

    Par rapport à la situation actuelle dans la région d’El-Guerguerat, le mouvement de solidarité avec le peuple sahraoui en Catalogne a exprimé son ferme soutien aux manifestants sahraouis et exigé que l’ONU prenne des mesures pour fermer la brèche illégale “construite par l’occupation marocaine pour faciliter le pillage des ressources naturelles du Sahara occidental”.

    De même, un appel est lancé à “l’Union européenne et au gouvernement espagnol pour qu’ils appliquent la légalité internationale afin de mettre fin au pillage des ressources naturelles du Sahara occidental” et de “prendre les mesures appropriées, en tant que puissance administrante et parachever le processus de décolonisation du Sahara occidental”.

    Dans la déclaration, les associations ont exprimé leur soutien inconditionnel aux manifestants dans les zones sahraouies occupées, dans les territoires libérés et dans les camps de réfugiés pour dénoncer l’occupation illégale du Sahara occidental et exiger le strict respect du droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination et indépendance.

    Inscrit depuis 1966 sur la liste des territoires non autonomes, et donc éligible à l’application de la résolution 1514 de l’Assemblée générale de l’ONU portant déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et peuples coloniaux, le Sahara occidental est la dernière colonie en Afrique, occupé depuis 1975 par le Maroc, soutenu par la France.

    APS, 3 nov 2020

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, Front Polisario,
  • Le photographe du roi du Maroc objet d’un scandale

    IL IMPLIQUE SON PHOTOGRAPHE « INTIME » ET LA FILLE D’UN MINISTRE EN EXERCICE : Scandale dans l’entourage de Mohammed VI

    Ce n’est pas « Sa Majesté » qui est directement cité dans ce nouveau scandale. Mais c’est comme si, puisque l’affaire implique son photographe de notoriété publique et une fille d’un actuel dignitaire du gouvernement marocain.

    « À Autant dire une frasque de trop qui jettera l’opprobre sur le règne du roi Mohammed VI. Depuis son accession au pouvoir en 99, M6 multipliait les incartades qui, lorsqu’elles ne le touchaient pas en personne, elles éclaboussent son entourage immédiat.

    Et c’est le cas de le dire pour cette nouvelle affaire impliquant deux jeunes personnages très proches l’un comme l’autre de la famille royale. La partie de tension a opposé le dénommé Sofiane El Bahri, un jeune marocain connu et reconnu par tous comme étant le photographe « intime » de Mohammed VI et la fille d’un ministre en exercice, Lahcène Daoudi. L’affaire a fait beaucoup de bruit à telle enseigne qu’une dizaine de titres de la presse électronique a repris l’information.

    Les faits se sont déroulés dans la nuit de samedi à dimanche dernier dans un bar-restaurant situé dans un quartier d’affaire à Rabat, le très chic et luxueux Hay Riyad. Les deux chouchous gâtés de la famille royale s’offraient une soirée bien arrosée de boissons alcoolisées, lorsque, soudainement, la partie a tourné au vinaigre. Sofiane El Bahri, après s’être bien soulé la gueule a quitté les lieux en zigzag avant que la jeune Nadia – fille de l’actuel ministre délégué aux Affaires générales et à la Gouvernance Lahcène Daoudi- ne l’intercepte en se déclinant être l’une de ses admiratrices.

    A noter en effet, que le photographe proche de M6 tient une page facebook dédiée exclusivement aux photos et vidéos retraçant les villégiatures privées du roi marocain. Se procurant presque tout sur la vie privée de « Sa Majesté ». Cette page des réseaux sociaux créée en 2008 compte aujourd’hui plus de 3,5 millions de fans. C’est à partir justement du contenu des publications diffusées par l’administrateur que ses relations privilégiées avec M6 ont été tirées au clair. Pour l’incident, la fille du ministre Daoudi, en tentant s’accoquiner avec Sofiane El Bahri, ne s’attendait à ce que ce dernier la prenne à partie. En la repoussant, Nadia Daoudi, qui était également en état d’ébriété, n’a pas trouvé mieux que d’asséner un coup de bouteille dans le visage de celui qui lui a manqué de respect. Du coup, et alertés sur cette rixe qui allait virer à l’irréparable, les services de sécurité sont intervenus pour séparer les deux adversaires.

    Ensuite, les deux jeunes ont été arrêtés et conduits immédiatement vers le commissariat de police du deuxième arrondissement de la capitale Rabat. Après un interrogatoire, les deux mis en cause de la « haute société » royale ont été mis en garde à vue sur instruction du parquet de Rabat.
    Au-delà d’une simple rixe entre deux jeunes ivres à mort, le fait que les deux personnes sont en lien direct avec la famille royale posera de sérieux problèmes au roi et à son gouvernement. D’abord, le fait d’évoquer le comportement voyou du paparazzi « attitré » de M6 d’un côté. De l’autre, la fille d’un ministre d’obédience islamiste (cadre du Parti de la justice et du développement –PJD-) qui s’adonne à l’alcool. C’est dire, les errements et les incartades à succès de la famille royale marocaine.

    F. Guellil

    Le Courier d’Algérie, 3 nov 2020

    Tags : Maroc, Mohammed VI, Soufiane El Bahri, Lahcène Daoudi, Nadia Daoudi, scandale,

  • Sahara Occidental : La Russie hausse le ton

    Moscou dénonce la parti pris des Etats-Unis dans la rédaction de la résolution 2548 (2020)

    Dans un communiqué expliquant le vote sur la résolution renouvellant le mandat de la MINURSO, la représentation permanente de la Russie auprès des Nations Unies a dénoncé une résolution dont un texte manque de transparence et d’équilibre.

    Texte intégral du communiqué de la Russie

    Explication de vote sur un projet de résolution sur le renouvellement du mandat de la MINURSO

    La Fédération de Russie s’est abstenue lors du vote sur le projet de résolution sur le renouvellement du mandat de la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO), présenté par les États-Unis. Cela est dû au fait que le processus d’élaboration et d’approbation de cette décision n’a été ni transparent ni consultatif. Aucune de nos considérations de principe et bien étayées, y compris celles de nature compromissoire, que nous avons portées à plusieurs reprises à l’attention de la partie américaine, n’a été prise en compte. Toute une série de propositions pratiques formulées par d’autres membres du Conseil sont également restées sans réponse. En conséquence, le texte reste déséquilibré. Tout cela ajoute aux doutes concernant les arrangements concernant la rétention informelle des dossiers des pays au Conseil de sécurité.

    Ces dernières années, les résolutions sur le renouvellement du mandat de la MINURSO ont reçu des amendements qui, à notre avis, affectent l’approche neutre et impartiale du Conseil de sécurité à la question du Sahara occidental. La substitution des principes fondamentaux du règlement du Sahara occidental par des remarques générales sur la nécessité de s’en tenir à des approches réalistes et de rechercher un compromis produit de l’ambiguïté, sape la confiance dans notre travail et obscurcit les perspectives de reprise du processus politique. La tentative de relancer le processus de paix en utilisant un langage qui brouille les paramètres précédemment convenus du règlement du Sahara occidental apporterait plutôt le résultat opposé. Nous n’avions pas accepté cet amendement auparavant et nous n’avons pas été en mesure de l’appuyer aujourd’hui.

    Une fois de plus, nous tenons à réaffirmer notre position constante concernant le règlement du Sahara occidental. Nous défendons une approche équilibrée et impartiale, soutenons les négociations directes entre le Maroc et le Front Polisario. En notre qualité de membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies et de membre du Groupe des amis du Sahara occidental, nous maintenons des contacts actifs avec toutes les parties prenantes intéressées – nous travaillons avec les Marocains, les sahraouis, les Algériens et les Mauritaniens. Nous appelons toutes les parties concernées à s’abstenir de toute mesure unilatérale qui pourrait saper les efforts visant à relancer un dialogue politique de fond.

    Nous sommes convaincus que seule une solution politique fondée sur les résolutions pertinentes du CSNU peut surmonter les différends et garantir un règlement juste et durable au Sahara occidental. La formule finale doit être basée sur le compromis et l’accord mutuel des Marocains et des sahraouis et envisager l’autodétermination du peuple du Sahara occidental dans le cadre de procédures et conformément aux objectifs et principes de la Charte des Nations Unies. Ce concept est au cœur de la colonisation du Sahara occidental et il ne doit pas être remplacé par d’autres formules.

    A l’instar des autres États membres du CSNU, nous attendons avec intérêt la nomination d’un nouvel Envoyé personnel du Secrétaire général et la reprise du processus de négociation entre les parties pour la résolution du conflit duSahara occidental avec la participation de leurs États voisins. Cependant, nous devons avertir que le document adopté aujourd’hui pourrait, contrairement aux attentes de ses auteurs, avoir un effet négatif sur les efforts du futur Envoyé personnel.

    La Russie restera un acteur impartial pour le règlement du Sahara occidental, qui maintient des contacts avec toutes les parties régionales. Nous réitérons notre soutien à la MINURSO qui joue un rôle stabilisateur prééminent dans la création d’un environnement favorable sur le terrain pour la reprise du dialogue entre le Maroc et le Front Polisario et dans la promotion du processus de paix.

    Tags : Sahara Occidental, Front Polisario, Maroc, ONU, MINURSO, Russie, Etats-Unis, résolution 2548(2020),

  • Guerre des plumes entre le Maroc et l’Algérie (Le Monde diplomatique)

    Par Ali Chibani

    Quand la presse algérienne défend « la Gandhi du Sahara Occidental », les titres marocains décèlent un « piège algérien (1) ». La grève de la faim observée depuis le 15 novembre par la militante sahraouie Aminatou Haïdar à l’aéroport de Lanzarote, aux Canaries, après qu’elle a été refoulée par les autorités marocaines, a ravivé les querelles entre journalistes des deux pays. Une vieille guerre que chaque camp justifie.

    Nourdine Jouhari, directeur de la rédaction de Maroc Hebdo International, estime que la défense du territoire, le maintien du Sahara Occidental sous l’autorité de la monarchie, fait l’unanimité dans son pays. Pour lui, seule l’autonomie du « Sahara marocain » est acceptable, car « il y va de la survie de la marocanité et de l’intégrité territoriale du pays ». Son hebdomadaire n’a de cesse d’évoquer un possible conflit armé avec le voisin algérien. Ces dernières années ont en effet été marquées par un renforcement de l’arsenal militaire algérien, et la presse marocaine suit de près ce dossier. C’est le cas de Maroc Hebdo International, qui énumère dans le détail les nouvelles acquisitions algériennes et conclut : « “Qui veut la paix prépare la guerre”, conseille le dicton. Alger, surtout, et, dans une moindre mesure, Rabat, ne dérogent pas à la règle (1) . »

    « Notre position [pour l’indépendance des territoires sahraouis] est déterminée par notre histoire, rétorque Mohammed Touati journaliste au quotidien algérien L’Expression. Nous avons vécu cent trente ans d’un colonialisme brutal, nous ne pouvons donc pas accepter que d’autres peuples vivent la même expérience. » Merzak Tigrine, journaliste à Liberté, partage cet avis : « Nous condamnons l’occupation du territoire sahraoui comme nous condamnons la barbarie israélienne contre les Palestiniens. Nous sommes passés par là ! »

    Tout porte à polémique. Le 18 septembre 2009, la presse marocaine rapporte que des « violations des droits de l’homme [dans les camps des réfugiés] à Tindouf ont été dénoncées vigoureusement à Genève par une délégation de Sahraouis unionistes ». L’Expression réplique par une diatribe sans concession contre la « délégation sahraouie fantoche (2) » dont les membres sont traités de « harkis ». Néanmoins, le journal algérien appelle les Marocains à se prononcer en faveur de l’autodétermination du Sahara occidental. Et il leur rappelle leur engagement passé en faveur de l’indépendance de l’Algérie : « Le peuple marocain, dont la longue tradition de lutte contre la torture et le respect des droits de l’homme est devenue un symbole, trouve en la cause sahraouie le plus bel exemple de fraternité entre les peuples… »

    Karim Boukhari, directeur de rédaction à l’hebdomadaire indépendant marocain TelQuel, se méfie des surenchères : « Nous nous efforçons de garder la tête froide au sujet du Sahara. On tente d’éviter des termes comme “séparatistes” – on parle plutôt d’“indépendantistes” – pour qualifier les membres du Front Polisario. On évite des expressions comme “la cause de tous les Marocains”, et tout ce qui ressemble de près ou de loin à la propagande, tant marocaine que non marocaine. Ce n’est pas toujours évident, puisque cela peut nous valoir des incompréhensions, même chez certains de nos lecteurs. »

    Certains d’entre eux sont, en effet, habitués à une condamnation sans nuance de l’Algérie, censée être la seule à entraver le processus de paix au Sahara Occidental à cause des « appétits de la junte militaire […], qui avance sans ambages la solution du partage d’un territoire séculairement rattaché au Royaume (3). »

    « L’Algérie crée tous les problèmes possibles pour éviter la fin du conflit avec le Sahara Occidental », affirme Nourdine Jouhari. A quoi les médias algériens ripostent que la monarchie n’offre aux Sahraouis que le statut de province autonome et refuse l’organisation d’un référendum sur leur indépendance. Mohammed Touati insiste : « Nous défendons, certes, la cause sahraouie, mais ce n’est pas pour autant que nous voulons être partie prenante du conflit. Nous souhaitons la tenue d’un référendum pour permettre aux Sahraouis de faire leur choix. Et s’ils optent pour leur rattachement à la monarchie marocaine, nous respecterons leur décision. »

    Une chose est sûre : les journalistes algériens se sentent confortés par l’Organisation des Nations unies (ONU), qui considère le Sahara Occidental comme l’un des seize derniers « territoires non autonomes » entrant dans ses efforts de « décolonisation ». Le directeur d’Aujourd’hui le Maroc minimise ces résolutions et tranche : « La solution réaliste ne peut tourner qu’autour du projet d’autonomie proposé par le Maroc. Un point c’est tout (4). »

    Aussi, Nourdine Jouhari peut expliquer : « La proposition d’organiser un référendum sur l’“autonomie des provinces sahariennes” a été acceptée par la communauté internationale. Mais Alger veut empêcher sa réalisation. »

    Dans cette lutte au couteau, le journaliste tente souvent de ternir l’image du camp adverse. Côté algérien, la presse opère un parallèle entre les peuples sahraoui et palestinien, et utilise une même terminologie pour les deux conflits, parlant de « territoires occupés » et d’« Intifada » ; La Tribune dénonce les « forces d’occupation marocaines ».

    El Moudjahid se fait la voix du Front Polisario en couvrant les voyages de M. Mohamed Abdelaziz, « président de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) », et en reprenant les informations de l’agence de presse sahraouie SPS. Quant à Mohammed Touati, il égratigne ses confrères marocains : « Nous reprenons les articles pour rectifier le tir. Nous nous sentons agressés par tous ceux qui refusent l’indépendance des populations colonisées. »

    Les journalistes marocains, eux, exploitent les mouvements sociaux chez leurs voisins, notamment ceux du « pays kabyle (5) », que Maroc Hebdo International décrit aussi comme une « Intifada ». Rappelant la naissance d’un mouvement autonomiste kabyle, l’hebdomadaire ironise sur le soutien aux Sahraouis et fait mine de s’interroger : « Et si le Maroc, sans autre forme de cynisme à l’algérienne, revendiquait devant les instances internationales le droit du peuple kabyle à disposer de lui-même, quitte à se constituer en Etat souverain… (6) ? » « Cette extrapolation me fait rire ! Que je sache, en Algérie, il n’y a pas de peuple en danger », réplique Mohammed Touati. « Nous n’avons pas inventé de revendications pour le peuple algérien, se défend le rédacteur en chef de Maroc Hebdo International. Nous ne sommes pas pour le démembrement de l’Algérie. »

    Des deux côtés, les journalistes s’alignent le plus souvent sur les positions des autorités politiques. Les accusations réciproques fusent. Ainsi, le quotidien arabophone algérien Al Khabar désigne les hôpitaux marocains comme destinataires d’un trafic d’organes d’enfants qui se fournit en Algérie. Maroc Hebdo International riposte en dénonçant les « nombreuses dérives de la presse algérienne (7) ».

    Les journalistes sont-ils manipulés par le pouvoir ? « Je ne subis aucune pression et personne ne me force à écrire mes articles, se défend Mohammed Touati. Pour moi, c’est la presse marocaine qui n’est pas libre… ». Nourdine Jouhari soutient que le Palais n’exerce aucune pression sur sa profession. « Il n’y a pas non plus d’autocensure, mais de la responsabilité. Quand nous écrivons sur le Sahara marocain, nous avons en tête le conflit avec l’Algérie et avons conscience de la nécessité de défendre l’intégrité de notre territoire. » Karim Boukhari, lui, rappelle que TelQuel est allé enquêter sur les camps de Tindouf en Algérie et que « les conclusions de [ses] reporters allaient à l’encont re de la propagande marocaine ». Un reportage mal perçu par des internautes marocains, qui ont accusé l’hebdomadaire de « manque de professionnalisme ».

    Cette guerre des plumes contribue à l’enracinement du conflit dans les consciences. Toute nuance devient suspecte. Quand le souverain marocain fait part de sa volonté d’ouvrir ses frontières, El Watan y voit un signe de « l’aggravation de la situation socioéconomique au Maroc (8) » et Le Soir d’Algérie une volonté d’envoyer en Algérie les Marocains pauvres.

    Pour Jamal Berraoui, de La Gazette du Maroc, « le véritable conflit est entre le Maroc et l’Algérie. Le Sahara marocain sert de prétexte à deux nationalismes qui s’affrontent ! » Karim Boukhari ajoute : « Le conflit du Sahara est essentiellement une guerre de diplomatie officielle et parallèle, une guerre de “lobbies”, de propagande, etc. Je crois que toutes les parties l’acceptent et s’en accommodent. C’est même devenu un cache-misère et un bon moyen de désinformation. »

    « La presse des deux pays devrait agir pour une solution humaine du problème, estime Jamal Berraoui, qui voit « la société sahraouie en pleine transformation alors que les journalistes ne suivent pas ». Et d’ajouter : « Les deux presses se sont dévalorisées parce qu’elles ne font pas leur travail d’information. Elles relaient seulement la position officielle », avant de conclure : « S’il n’y a pas de dialogue entre Alger et Rabat, ce problème durera encore trente ans. »

    Notes

    (1) Maroc Hebdo International, Casablanca, 9 au 15 décembre 2009.

    (1) Maroc Hebdo International, 25 septembre au 1er octobre 2009.

    (2) L’Expression, Alger, 20 septembre 2008.

    (3) La Gazette du Maroc, Casablanca, 4 mars 2002.

    (4) Aujourd’hui le Maroc, Casablanca, 1er septembre 2008.

    (5) Maroc Hebdo International, 30 octobre au 5 novembre 2009.

    (6) Maroc Hebdo International, 23 au 29 mai 2008.

    (7) Maroc Hebdo International, 23 au 29 mai 2008.

    (8) El Watan, Alger, 22 mars 2008.

    Source : Le monde diplomatique, 30 déc 2009

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