Tag: Mali

  • Mali : Les confidences de Tiéman Hubert Coulibaly au Maroc

    A

    Monsieur Le Ministre

    Objet : Compte-rendu de l’entrevue de M. le Ministre avec son homologue malien M. Tiéman Hubert Coulibaly.

    M. le Ministre a reçu le 2 mai 2013 son homologue malien S.E.M. Tiéman Hubert Coulibaly. Durant cette entrevue le ministre malien a exprimé sa grande joie d’être au Maroc et son intime conviction que les échanges qu’il a eus pendant cette visite seront l’occasion pour permettre aux deux pays de travailler et construire un meilleur avenir.

    – Situation au Mali :

    Le ministre malien a décrit la situation dans son pays comme s’orientant vers de plus en plus de paix et de sécurité. L’option militaire se poursuit avec succès et ouvre, désormais, la voie à une normalisation politique à travers l’instauration d’un dialogue politique entre les différentes composantes maliennes. La feuille de route, établie dans ce sens, prévoit des échéances électorales présidentielles et législatives qui seront organisées à partir du mois de juillet prochain. Ce rendez-vous électoral va consacrer, selon le haut responsable malien, le retour à la normalité.

    En réponse M. le Ministre a rappelé la position du Maroc vis-à-vis de l’évolution de la situation au Mali et sa disponibilité à contribuer à l’instauration de conditions optimales pour permettre à la coopération bilatérale d’entamer un nouvel élan et permettre la prospection de nouvelles perspectives par le biais de la coopération tripartite.

    – Relations bilatérales :

    M. le Ministre a accepté l’invitation que lui a adressée son hôte malien. La tenue de la Grande Commission Mixte Maroco-Malienne à Bamako, à une date qui sera définie en commun accord, sera l’occasion de passer à une page opérationnelle et écrire une nouvelle page de l’histoire des relations entre les deux pays frères et amis. Le responsable malien a exprimé à ce sujet sa conviction de l’instauration d’un axe Bamako-Rabat se projetant vers l’avenir. Les secteurs du logement social, de l’agriculture, de la santé, de la condition de la femme, de la formation seront les domaines qui feront l’objet d’une attention particulière des experts des deux pays dans la préparation de la Grande Commission Mixte Maroco-Malienne.

    – Question nationale :

    M. le Ministre a rappelé l’attachement du Maroc à la légalité internationale qui a été une nouvelle fois confirmée par la résolution 2099 du Conseil de Sécurité qui a rappelé à cette occasion sur la recherche d’une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable du conflit.

    L’attention du haut responsable malien a été attirée notamment sur l’obligation de recensement par le Haut Commissariat aux Réfugiés des réfugiés à Tindouf.

    Le ministre malien a rétorqué en s’adressant à M. le Ministre en disant : « vous êtes dans votre Sahara, nous vous voulons dans votre Sahara » et a réitéré la position du Mali en considérant que son accueil au Maroc est « un accueil d’un ami qui croit à l’intégrité du Maroc ».

    S’agissant des récentes tentatives du commissaire de l’Union Africaine (UA) Mme Nkosazana Dlamini-Zuma, M. le Ministre a fait savoir à son hôte que le Maroc s’oppose à ce que le sujet du Sahara soit réouvert au niveau de l’UA, l’évolution du dossier étant désormais aux mains du Conseil de Sécurité des Nation Unies et de son Secrétaire Général. Ces tentatives d’ingérence de l’UA ne feront que nuire au travail accompli au niveau de l’instance onusienne. En réponse le ministre malien a affirmé que le Conseil de Sécurité ne s’est jamais dessaisi d’une affaire au profit d’une organisation régionale, en précisant que ces nouvelles tentatives vont mettre à mal la cohérence au niveau de l’UA. Le ministre malien s’est dit rester convaincu que ses homologues africains trouveront dans un courrier que pourrait leur adresser M. le Ministre une raison de se constituer en front d’opposition à ces tentatives initiées, selon lui, par la Zambie.

    Source : Maroc Leaks, 9 fév 2020

    Tags : Maroc, Mali, Sahara Occidental, Union Africaine, UA, Algérie, Tiéman Hubert Coulibaly,

  • Niger : 6 personnes tuées par Boko Haram à Diffa

    AA/Niamey/Kané Illa

    Au moins six personnes ont été tuées, dans la nuit de vendredi à samedi, dans une attaque attribuée à Boko Haram à Diffa, au sud-est du Niger, a appris Anadolu de sources locales concordantes.

    “Six personnes, dont trois frères, ont été tuées dans l’attaque perpétrée la nuit dernière dans le village de Gogone situé à quelque 3 kilomètres au sud-est de la commune rurale de Toumour, dans le département de Bosso”, a rapporté le mouvement de la société civile “Urgence Diffa” dans un communiqué diffusé samedi sur sa page Facebook.

    “La situation sécuritaire dans la région de Diffa reste très fragile au regard de la fréquence des attaques et enlèvements des groupes terroristes”, a ajouté la même source.

    Joint par Anadolu, Lawan Boukar, correspondant local de la radio “Studio Kalangou” a confirmé l’attaque.

    Aucune déclaration officielle n’a été faite sur cette attaque et aucune partie ne l’a encore revendiquée samedi à 14h30 GMT.

    Cette attaque est la deuxième attribuée à Boko Haram enregistrée dans la région de Diffa depuis le début de la semaine.

    Dans la nuit de lundi à mardi, au moins trois personnes avaient été tuées et deux autres blessés dans une attaque contre des camps des déplacés dans les localités de Makintari et Kangouri.

    La région de Diffa est confrontée, depuis février 2015, aux attaques du groupe terroriste Boko Haram basé au Nigeria. Dès les premières attaques un état d’urgence a été instauré dans la région et est toujours en cours.

    Anadolou

    Tags : Niger, Boko Haram, terrorisme, Sahel, Barkhane, Mali,

  • Le Maroc espionnait l’Algérie à travers le Secrétariat Général de l’ONU (document confidentiel)

    Dans un document révélé par le hacker Chris Coleman, un mail envoyé par Lotfi Boucharaa, à l’époque représentant permanent du Maroc aux Nations Unies, au ministre marocain des affaires étrangères, souligne le caractère « internet et confidentiel » de ce document onusien.

    Bouchaara indique qu’il s’agit des « éléments de langage preparés pour Ban Ki-moon pour sa rencontre avec le chef de la délégation algérienne en marge de l’AG de l’ONU ».

    Texte intégral du mail :

    Tr : algerie /onu

    Lotfi Bouchaara

    Date d’envoi : mardi 2 septembre 2014 17:47

    À : SALAHEDDINE MEZOUAR

    Doc interne et conf de l onu.Les elements de langage prepares pour ban kemon pour sa rencontre avec chef de delegation algerienne en marge de l ag de l onu.lotfi

    Envoyé depuis mon smartphone Samsung Galaxy.

    ——– Message d’origine ——–

    De : I T

    Date :02/09/2014 17:37 (GMT+00:00)

    A :

    Objet : Fwd:

    pour info. (TP pour le voisin)

    [Objectives of the meeting: (i) To inquire about the implementation of political reforms; (ii) encourage Algeria to continue to support the mediation process for Western Sahara and MINURSO; (iii) thank Algeria for leading the Malian peace process and advocate for an inclusive peace process ; (iv) to discuss the situation in Libya and (v) the Sahel.]

    Political Reforms

    · Quels sont les derniers développements dans la mise en œuvre des réformes constitutionnelles lancées par le Président ? [What are the latest developments in the implementation of the constitutional reforms launched by the President?]

    Western Sahara

    · Je remercie l’Algérie de son soutien constant au processus de médiation sur le Sahara occidental mené par mon Envoyé personnel, M. Christopher Ross. Je m’inquiète du manque de progrès dans les négociations et espère que mon Envoyé personnel pourra bientôt relancer le dialogue entre les parties avec l’appui des pays voisins. Que pouvons-nous faire pour rendre le processus de médiation plus efficace? [I thank Algeria for its continued support to the mediation process on Western Sahara led by my Personal Envoy, Mr. Christopher Ross. I am concerned by the lack of progress in the negotiations and hope that my Personal Envoy will soon be able to renew the dialogue between the parties with the assistance of the neighboring States. What more can we do to make the mediation process more efficient?]

    · Je remercie également l’Algérie de sa coopération avec la MINURSO et encourage la poursuite de relations constructives entre les autorités algériennes et la Mission. [I would also like to thank Algeria for its cooperation with MINURSO and look forward to continued, constructive relations between the Algerian authorities and the Mission.]

    · J’espère sincèrement que le Maroc et l’Algérie poursuivront leurs efforts pour améliorer leurs relations bilatérales. Les Nations Unies demeurent prêtes à continuer à soutenir ce processus. [It is my sincere hope that Algeria and Morocco will resume their efforts to improve bilateral relations. The UN remains ready to continue to support this process.]

    Mali (See also generics)

    · L’Algérie joue un rôle clé dans le processus de paix au Mali. Je me réjouis de la collaboration de l’Algérie, des pays voisins du Mali, des organisations régionales et de mon Représentant spécial dans l’élaboration d’une feuille de route à Alger. Il est essentiel que tous les acteurs concernés continuent à travailler ensemble pour soutenir le processus politique. [Algeria is playing an important role in supporting Mali’s peace process. I was encouraged to see Algeria and Mali’s neighbours, regional organizations and my Special Representative working together in Algiers to produce a roadmap. It is essential that all actors involved continue to coordinate their support to the political process.]

    · Seul un processus inclusif peut déboucher sur une paix durable. Nous espérons que les parties et l’équipe de médiation incluront l’ensemble de la société malienne dans les pourparlers. [Only an inclusive process can create sustainable peace. We hope the parties and the mediation team will ensure that broader Malian society is included in the talks.]

    · Je comprends que le calendrier des pourparlers est ouvert. Avez-vous établi avec la médiation des jalons ou des mesures spécifiques provisoires qui pourraient aider à faire avancer les discussions? [I understand that the timetable for the talks is open-ended. Have you and the mediation established milestones or specific interim steps that could help advance the discussions?]

    The Sahel (See generics)

    Libya (See also generics)

    · J’encourage l’Algérie à soutenir les efforts de mon nouveau Représentant spécial, M. Bernardino León, pour parvenir à un accord d’ensemble sur le futur de la transition en Libye. Il est important d’accroître la coopération régionale pour sécuriser les frontières. [I would like to encourage Algeria to support the efforts of my new Special Representative, Mr. Bernardino León, to facilitate broad agreement on the way forward for the transition in Libya. Increased cooperation with neighbours on border security is important.]

    Source : Maroc Leaks, 7 fév 2020

    Tags : Maroc, Algérie, Sahara Occidental, ONU, Ban Ki-moon, Secrétariat Général de l’ONU, espionnage, Mali, Libye,

  • Le Rôle de l’Algérie au Sahel, selon une note confidentielle de la diplomatie marocaine

    L’Algérie s’appuie souvent sur les structures de l’Union africaine pour faire passer sa pensée à l’égard des questions africaines notamment celles relatives à la paix et à la sécurité. Elle alimente une vision hégémonique dans la région par la création de groupements et coalisions, visant à empêcher le Maroc de jouer son rôle au service de la Sécurité et du Développement au Sahel.

    A cet effet, l’Algérie fait partie du Comité d’Etat-Major Opérationnel Conjoint. Il s’agit d’une structure militaire d’état-major créée le 21 avril 2010. Elle est basée à Tamanrasset et regroupe des forces armées de plusieurs pays du Sahel sous l’égide de l’Algérie pour « mener des opérations de localisation et de destruction des groupes terroristes ». S’y sont associés le Mali, le Niger et la Mauritanie. Ce Comité reste une Coquille vide, du fait que les pays du Sahel sont dépourvus d’une forte armée, d’autant plus que la constitution algérienne interdit l’Armée d’intervenir en dehors du territoire du pays.

    Alger abrite également le siège de l’Unité de fusion et de liaison. Créée le 6 avril 2010, cette structure coordonne l’action de lutte contre le terrorisme et mène une propagande contre ses méfaits. La création de l’UFL est une application des recommandations des ministres des Affaires étrangères en mars 2010 des sept pays concernés par la question terroriste dans le Sahel. Il s’agit de l’Algérie, de la Mauritanie, du Niger, du Burkina Faso, de la Libye, du Mali et du Tchad. Cette unité a pour mission de collecter, de traiter et de diffuser des renseignements sur l’activité terroriste. Le Nigeria a adhéré à l’instance en novembre 2011.

    L’Algérie est membre du Processus de Nouakchott, qui a été initié par la Commission de l’Union africaine en 17 mars 2013 et a pour objectif de renforcer l’échange d’information, la sécurité aux frontières ainsi que le renforcement des capacités des services de sécurité et de renseignement dans la région sahélo-saharienne.  Onze pays sont partie prenante de ce Processus: l’Algérie, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée, la Libye, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Nigeria, le Sénégal, et le Tchad.

    L’Algérie entretient de bonnes relations avec les pays du Sahel. Elle a tenu le 18 mars avec le Tchad la 3ème commission mixte et a conclu avec ce pays sept accords de coopération.

    Quant à ses relations avec le Mali, l’Algérie ne cesse de se chercher des moyens pour écarter le Maroc de la médiation dans la crise malienne. De ce fait, elle soutient Ibrahim Ag Mohamed Assaleh, qui annoncé d’Alger la création de la Coalition du Peuple pour l’Azawad (CPA). Cette personnalité ….

    Sur le Plan religieux, l’Algérie cherche à concurrencer le Maroc en instrumentalisant certaines personnalités religieuses algériennes, notamment adoptant la Tijania, à savoir M. Khalaoui Cheikh Mousa, qui a récemment effectué une visite à Darfour, oû il a été accueilli à bras ouvert par les autorités religieuses soudanaises. Il se veut une coopération bilatérale avec les pays du Sahel

    Source : note confidentielle de la diplomatie marocaine

    Tags : Maroc, Algérie, Sahel, Mali, Tchad, Niger, Mauritanie,

  • Algérie : Le grand retour de la diplomatie algérienne à la médiation internationale

    Le chef de la diplomatie algérienne, Sabri Boukadoum, a reçu, hier, son homologue émirati Cheïkh Abdullah Bin Zayed Al Nahyan, qui a pu s’entretenir également avec le Premier ministre Abdelaziz Djerad. Le communiqué des Affaires étrangères au sujet de cette visite est laconique.

    Il indique qu’il s’agit d’« évaluation de la coopération bilatérale », mais glisse également qu’il est question pour le ministre algérien, M. Boukadoum, et son hôte, d’« échanger autour des questions régionales et internationales d’intérêt commun, notamment la situation en Libye ».

    Ce pays voisin où, ce n’est un secret pour personne, les Emirats jouent la carte du maréchal autoproclamé Khalifa Haftar et sont donc considérés parmi les pays étrangers s’ingérant dans les affaires libyennes, sans doute même parmi ceux qui continuent, selon l’avertissement de la mission onusienne en Libye, la Manul, avant-hier dimanche, de violer l’embargo sur les armes et d’acheminer des armes et des équipements au bénéfice de l’homme fort de la Cyrénaïque.

    En attendant des indications relatives à ce contact entre les diplomaties algérienne et émiratie sur la question libyenne précisément, qui est sans doute le premier, officiellement, depuis plusieurs mois déjà, le fait que le ministre Abdullah Bin Zayed Al Nahyan fasse le déplacement à Alger confirme le retour de l’Algérie à son action diplomatique traditionnelle et prestigieuse : celle d’un médiateur international, cette fois-ci en particulier sur le terrain sahélo-maghrébin où la réputation qui lui est prodiguée est d’y disposer d’une connaissance et d’une expertise susceptibles de maîtriser, voire d’apaiser et de stabiliser des conflits complexes comme ceux qui empêchent la normalisation politico-institutionnelle en Libye et au Mali dont la question a justement été évoquée hier par le ministre français des Affaires étrangères.

    Lors de ses vœux à la presse au Quai d’Orsay, Jean- Yves Le Drian, a semblé confirmer le retour de la diplomatie algérienne à son rôle de médiateur et au paradigme qui fait sa singularité au moins depuis la négociation de la libération des otages américains en Iran en 1980. « J’ai pu constater lors de mes entretiens (le 21 janvier à Alger) et avec mon homologue Sabri Boukadoum et avec le président Abdelmadjid Tebboune la volonté d’être beaucoup plus actifs dans le règlement de la crise malienne et de la crise du Sahel ».

    Retour diplomatique sur la scène malienne

    «Pendant très longtemps, l’Algérie n’était pas vraiment présente dans ces discussions» autour du suivi de l’accord de paix, a relevé le ministre français des Affaires étrangères. «J’ai le sentiment d’une volonté de coopérer de manière beaucoup plus forte avec l’ensemble des acteurs qu’auparavant et c’est un signe très, très positif », a-t-il ajouté. « On a même envisagé que nous puissions aller ensemble M. Boukadoum et moi-même à un prochain CSA (comité de suivi de l’accord) pour manifester notre volonté de faire en sorte qu’il puisse être mis en œuvre », a-t-il précisé.

    Le 19 janvier dernier, le secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères, chargé de la Communauté nationale et des compétences à l’étranger, a présidé à Bamako où il était en visite la 4e réunion de Haut niveau du Comité de Suivi de l’Accord (CSA) pour la Paix et la réconciliation au Mali, issu de l’accord d’Alger de 2015. Rachid Bladehane y a souligné « l’importance de tout entreprendre en vue d’accélérer la mise en œuvre de l’Accord qui reste la seule option pour un retour définitif et durable de la paix et de la stabilité au Mali », selon un communiqué des Affaires étrangères. La réunion de Bamako (la première depuis septembre 2019) a, selon la même source, permis de « définir les principales questions devant figurer à l’ordre du jour de la prochaine réunion du CSA. Il s’agit entre autres de relancer l’accord de paix d’Alger et discuter notamment du retour des soldats maliens à Kidal, ville du Nord aux mains d’ex-rebelles touaregs, et du désarmement de groupes rebelles et leur intégration dans les forces de défense maliennes.

    Reportersdz, 28 jan 2020

    Tags : Algérie, diplomatie, Libye, Sahel, Mali, Azawad, Barkhane,

  • Pourquoi la France se tait sur le trafic du cannabis du Maroc au Sahel ?

    La France porte à bout de bras le Maroc, un pays considéré par Paris comme un allié. Grâce à l’Elysée, Rabat est devenu premier pays africain à obtenir un « statu avancé » avec l’UE.

    Cette alliance franco-marocaine est négative pour le Sahel, la région que la France prétend protéger contre le terrorisme, alors que son allié, le Maroc, est le principal fournisseur du cannabis dont les saisis constituent plus de 80 % des saisis réalisées durant les dernières années.

    En vue de défendre ses intérêts au Sahel, la France protège le Maroc, un narco-Etat dont les citoyens ont terrorisé l’Europe et le Proche Orient et dont les revenus de hashich équivalent à 23 % du PIB marocain.

    Selon le dernier rapport de l’ONUDC, «le Maroc figure comme pays d’origine dans 83% des cas signalés par les pays de la sous-région» et d’Europe occidentale et centrale (43% des cas). «Une partie de la résine de cannabis d’origine marocaine est également acheminée vers l’Europe de l’est et le sud-est de l’Europe», poursuivent les rédacteurs du rapport.

    Le Maroc est une des principales armes de la France pour s’infiltrer en Afrique et tous ses services sont mises à disposition de l’Hexagone en vue de continuer d’imposer le diktat de la françafrique. Et un de ses moyens est le terrorisme et le trafic de drogue pour le financer. Maintenant que les voix protestataires contre la présence française en Afrique se sont levées, Rabat et Paris ont augmenté sensiblement les opérations de déstabilisation terroriste dans le but de pousser les dirigeants de la région à réclamer la « protection » de la France.

    Tags : France, Maroc, trafic de drogue, cocaïne, cannabis, haschich, Kif, Sahel, Mauritanie, Mali, Niger, Burkina Faso, Paris,

  • Le haschich marocain, source de financement du terrorisme au Sahel (document européen)

    Le Sahel est situé au carrefour de deux grands itinéraires de trafic de stupéfiants destinés à être acheminés vers l’Europe. À la suite des conflits en Libye et au Mali, l’acheminement d’armes dans la région a augmenté spectaculairement. La région devient de plus en plus un itinéraire majeur pour les trafiquants de stupéfiants.

    Deux itinéraires principaux coexistent dans le Sahel. Le premier itinéraire permet d’acheminer la cocaïne depuis l’Amérique du Sud jusqu’en Europe en passant par l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, et le deuxième itinéraire permet d’acheminer jusqu’en Libye le cannabis marocain qui transite ensuite jusqu’en Europe via les Balkans ou vers l’Est jusqu’à la Péninsule arabique. Le rôle de l’Algérie dans ces activités n’est pas clair mais est certainement important. Comme la frontière est fermée entre le Maroc et l’Algérie, le cannabis transite par des territoires du Sahel (la Mauritanie et le Mali) jusqu’en Libye.

    Le Sahel est situé au carrefour de deux grands itinéraires de trafic de stupéfiants destinés à être acheminés vers l’Europe. À la suite des conflits en Libye et au Mali, l’acheminement d’armes dans la région a augmenté spectaculairement. La région devient de plus en plus un itinéraire majeur pour les trafiquants de stupéfiants.

    Deux itinéraires principaux coexistent dans le Sahel. Le premier itinéraire permet d’acheminer la cocaïne depuis l’Amérique du Sud jusqu’en Europe en passant par l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, et le deuxième itinéraire permet d’acheminer jusqu’en Libye le cannabis marocain qui transite ensuite jusqu’en Europe via les Balkans ou vers l’Est jusqu’à la Péninsule arabique. Le rôle de l’Algérie dans ces activités n’est pas clair mais est certainement important. Comme la frontière est fermée entre le Maroc et l’Algérie, le cannabis transite par des territoires du Sahel (la Mauritanie et le Mali) jusqu’en Libye.

    Source : L’Algérie: un potentiel sous-exploité pour la coopération en matière de sécurité dans la région du Sahel

    tags : Algérie, Sahel, Mali, touaregs, Libye, trafic, cocaïne, cannabis,

  • Mali : la production d’or augmente de 7% en 2019

    La production industrielle d’or a atteint 65,1 tonnes en 2019, contre 60,8 tonnes en 2018.

    Lassaad Ben Ahmed | 16.01.2020

    AA/Tunis/Yemna Selmi

    L’Assemblée des Représentants du Peuple (Parlement tunisien, ARP) a adopté, jeudi, un projet de loi relatif à l’approbation du transfert de l’emprunt obligataire émis par la Banque Centrale de Tunisie (BCT) sur le marché financier international au profit de l’Etat, d’une valeur de 500 millions d’euros.

    Selon la correspondante d’Anadolu ce projet de loi a été adopté avec 93 voix pour, 43 voix contre et 9 abstentions sur les 145 députés présents.

    “La BCT a émis, le 31 octobre 2018, des obligations sur le marché financier international d’une valeur de 500 millions d’euros (environ 1630 Millions de Dinars) avec un taux d’intérêt d’environ 6,75% par an et qui sera remboursé sur une seule tranche avec 5 ans de grâce (31 octobre 2023)”, selon l’agence de presse tunisienne (TAP, Officiel).

    Selon le document explicatif du projet de loi, l’Etat n’a obtenu que 494,25 millions d’euros, compte tenu de la déduction des dépenses d’émission de cet emprunt (commission des banques, honoraires d’avocats…).

    Répondant aux interrogations des députés, le ministre des Finances Ridha Chalghoum a souligné que l’endettement a régressé de 5 points en 2019, prévoyant que ce rythme descendant pourrait se poursuivre et atteindre le niveau enregistré en 2003, soit 50% du PIB.

    Une grande partie des crédits en cours de remboursement par l’Etat, ont été obtenus après 2011, indique encore le ministre, rappelant que la Tunisie traverse une période transitoire difficile, caractérisée par l’aggravation de la masse salariale, laquelle est passée de 7 à 19 milliards de dinars en 2019.

    Chalghoum a souligné que le recours de l’Etat à l’emprunt “n’est pas un choix mais une obligation”, soulignant que la sortie sur le marché financier international, au cours des prochaines années, se fera à des taux d’intérêt meilleurs.

    Au sujet de la pression fiscale, le ministre a mis l’accent sur l’impossibilité de la réduire, en dépit de la stabilité du taux d’imposition dans les lois de finances de 2019 et de 2020, sans pour autant apporter une modification sur la subvention des carburants et la masse salariale.

    L’aggravation du déficit du compte courant, qui dépasse actuellement 10 milliards de dinars, nécessite la mobilisation de devises pour importer les carburants, les céréales, les médicaments et les autres produits de première nécessité.

    Chalghoum a, également, rappelé que le projet de loi relatif à la régularisation des infractions de change soumis à l’ARP, permettra aux personnes disposant de ressources en devises de régler leur situation tout en payant un taux de 5% du montant.

    Anadolou

    Tags : Mali, Sahel, or, gisements, ressources naturelles, Barkhane, France,

  • Interview d’Alain Juillet : « Les néocons français vont souvent plus loin que les Américains »

    INTERVIEW EXCLUSIVE : Ex-numéro 2 de la DGSE, ancien haut responsable chargé de l’intelligence économique au sein du SGDN, actuellement senior advisor au sein du cabinet Orrick Rambaud Martel, Alain Juillet nous fait l’honneur d’être le premier expert à répondre aux questions de Deep-News.media. Éminent spécialiste du Renseignement, ayant des décennies d’expérience dans ce domaine, Alain Juillet a le mérite de ne pas avoir la langue dans sa poche. Son franc-parler sur les questions les plus sensibles est en parfaite adéquation avec la philosophie de Deep-News.media. Nous avons donc le plaisir de vous dévoiler cette première interview décapante, tout en vous signalant que d’autres personnalités tout aussi intéressantes répondront à nos questions dans les prochaines semaines.

    Maxime Chaix : Dans The Economist, le Président Macron a reconnu que les récentes guerres de changement de régime soutenues par les néoconservateurs et les partisans du droit d’ingérence avaient engendré des catastrophes. En août dernier, il avait mis en garde ce qu’il a nommé l’« État profond » contre toute tentative de blocage de ses initiatives de rapprochement avec la Russie. Plus récemment, il a fustigé l’OTAN dans sa forme actuelle, évoquant sa « mort cérébrale » à la suite de l’intervention turque au Nord-Est de la Syrie. Quel regard portez-vous sur ces déclarations?

    Alain Juillet : On ne peut pas reprocher au Président Macron de dire une vérité gênante : toutes les guerres que les États-Unis et nous-mêmes avons mené au nom du droit d’ingérence et de la mise en place de la démocratie à l’occidentale ce sont révélées catastrophiques par rapport à nos objectifs : la Libye, le Kosovo, l’Irak, la Syrie en sont la démonstration. Après la chute du mur de Berlin et la disparition du bloc soviétique, l’OTAN a changé de périmètre et d’objectifs et ne répond plus à nos besoins car c’est une alliance avec des visions stratégiques différentes entre les anciens pays de l’Est devenus européens, la Turquie, et les pays du Sud qui, à part la France et l’Angleterre, ne veulent pas assurer leur part des dépenses comme l’a rappelé le Président Trump. Les États-Unis veulent une OTAN aux ordres pour mener la politique américaine. Les pays du Nord veulent une alliance défensive contre la Russie. Les autres la considèrent comme une armée supranationale qui évite de s’impliquer dans un effort de défense. Quand le Président Macron parle de se rapprocher de la Russie, il ne fait que reprendre l’idée du Général de Gaulle d’une Europe de l’Atlantique à l’Oural. Il reprend également celle du Président Mitterrand, qui avait bien compris ce qui allait se passer après la chute du mur de Berlin. Elle est évidemment combattue par l’Allemagne, les pays du Nord de l’Europe et les néoconservateurs français, qui vont souvent plus loin que les Américains.

    MC : En 2016, dans une interview à Paris Match, vous aviez déclaré que l’État français s’était fait « manipuler en aidant des gens, prétendument rebelles, alors qu’en réalité il s’agissait d’équipes d’al-Qaïda poussées par des pays du Golfe [en Syrie]. » Vous aviez ajouté que nos services de renseignement faisaient remonter la présence d’al-Qaïda dans cette rébellion à nos dirigeants politiques, qui ne les ont pas écoutés. Comment peut-on expliquer un tel aveuglement, d’autant plus que nos services spéciaux coopéraient en Syrie avec la Turquie et les puissances du Golfe, qui étaient accusées de financer et de soutenir différents groupes djihadistes ?

    AJ : Lorsque l’on remonte au début de l’histoire de la guerre en Syrie, on voit qu’elle a été le résultat du croisement de trois problèmes très différents : la migration vers les villes de la population rurale qui n’avait pas été anticipée et a créé de gros problèmes sociaux dans les zones périphériques des grandes villes ; la volonté étrangère de mettre au pouvoir les Frères Musulmans dans le cadre d’un « printemps arabe » à la syrienne, comme cela avait été fait en Tunisie, en Égypte et en Turquie ; et la décision de Bachar el-Assad de choisir le projet de gazoduc iranien au détriment du gazoduc qatari. 1 Le premier a réellement généré des rebelles, les deux autres inspirés de l’étranger ont armé des combattants dont la suite de l’histoire a montré que la grande majorité était des islamistes. Là-dessus se sont greffés des combattants irakiens venus de la zone sunnite qui ont été très vite fédérés par Daech. Au début, on a parlé d’une « Armée Syrienne Libre » alors qu’elle ne représentait qu’une faible partie des combattants. Or, cette fable permettait aux Occidentaux, dans le cadre de l’opération Timber Sycamore, d’injecter du matériel militaire en quantité sans se poser de questions vis-à-vis des katibas dont chacun savait qu’elles étaient financées ou aidées par la Turquie, l’Arabie saoudite et d’autres puissances du Golfe.

    Les services de renseignement comme la diplomatie ne connaissaient que partiellement la situation. En effet, ils n’avaient plus de contact avec les loyalistes et recevaient par leurs alliés du Moyen-Orient des informations tendancieuses. Pour ceux qui connaissaient la situation réelle, il est évident que les services étant mal renseignés, ils ont donc mal informé l’État. On a pu l’observer quand le Président Obama – qui avait des informations de meilleure qualité –, refusa de suivre le Président Hollande après l’attaque chimique de la Ghouta en août 2013, ou quand la Russie est entrée en guerre deux ans plus tard. La question à laquelle les historiens devront répondre sera de savoir si les informations reçues par les services étaient incomplètes, ou si c’est le système et ses dirigeants qui ne voulaient pas voir la réalité en face pour d’autres raisons.

    MC : Depuis avril 2015, un nombre restreint de journalistes français – dont Régis Soubrouillard, Georges Malbrunot et Claude Angeli –, ont dénoncé la cobelligérance de la France au Yémen, soit le fait que nos services de renseignement épauleraient l’Arabie saoudite et les Émirats Arabes Unis dans leur offensive. De son côté, l’État français nie toute implication directe dans ce conflit, alors que les journalistes en question ne se sont jamais rétractés. Selon vous, la France est-elle directement engagée dans la guerre au Yémen (renseignement satellitaire, aide au ciblage, appui des troupes émiraties par nos Forces spéciales…) ? Ou s’agit-il d’un soutien exclusivement matériel en faveur de l’Arabie saoudite et des Émirats via nos ventes d’armes ?

    AJ : Il faut s’entendre sur les mots. La France ne s’est pas engagée militairement au Yémen. Elle l’affirme et jusqu’à maintenant personne n’a pu faire la preuve du contraire sur le terrain, y compris les journalistes dont vous parlez. Par contre, ayant vendu du matériel militaire à l’Arabie saoudite et aux Émirats, elle doit assurer la formation des personnels locaux et la maintenance lourde sur une longue période, avec des effectifs dédiés à cet effet. Dans ce cadre, si l’Arabie met ses canons à la frontière et tire sur des objectifs au Yémen, on est obligé de reconnaître que le matériel est utilisé pour faire la guerre – mais n’est-ce pas la destination de ce type d’armes ? Par contre, cela ne permet pas de dire que les Français font la guerre. De même pour le renseignement satellitaire : former des opérationnels à l’utilisation de ce type de matériel dans des situations réelles fait partie du contrat, mais former n’est pas agir. 2 Derrière, se pose le problème des ventes d’armes à des pays étrangers et ce qu’ils en font à chaque fois qu’il y a un conflit armé.

    MC : Un nombre croissant d’experts estiment que la France est en train de s’enliser au Mali. Dans le même temps, plusieurs sources m’ont fait état de la présence d’anciens combattants du djihad syrien aux côtés des groupes armés terroristes locaux. Entre 2013 et 2016, certains officiers français avaient même affirmé que le Qatar et l’Arabie saoudite finançaient plusieurs milices djihadistes au Mali (Mujao, Ansar Dine…). En clair, nos alliés du Golfe sont-ils engagés dans une guerre par proxy contre la France au Mali, voire dans l’ensemble du Sahel ?

    AJ : Il est certain que l’opération Barkhane n’arrive pas à régler avec 4 500 hommes un problème qui s’étend sur une zone plus grande que l’Europe du Sud. Au départ, dans le Nord du Mali, le gros des djihadistes venait d’Algérie, d’où ils avaient été chassés, et ils s’appuyaient sur une population touareg, majoritairement en opposition avec le pouvoir central, qui voulait pour certains l’autonomie et d’autres l’indépendance. La Libye et les pays du Golfe ont encouragé cette volonté par des aides diverses tandis que nous apportions une aide militaire quand il fallait une solution politique. Notez qu’Iyad Ag Ghali, chef d’Ansar Dine, a été ambassadeur du Mali en Arable saoudite et en est revenu chef rebelle islamiste. Les difficultés en Syrie ont amené des combattants du djihad syrien à se joindre aux katibas locales et ce phénomène s’amplifie. Par contre, le soutien des pays du Golfe en leur faveur diminue du fait de leur nouvelle politique internationale. On ne peut pas dire qu’ils sont contre la France, mais ils voient d’un bon oeil le développement du salafisme dans la zone sahélienne, avec l’espoir de voir l’arrivée de gouvernements amis dans la zone.

    MC : En Libye, l’on peut observer l’un des plus grands désastres de la politique étrangère française de cette dernière décennie. Or, sous l’impulsion de Nicolas Sarkozy, le colonel Kadhafi s’était rapproché de la France avant ce conflit. Comment expliquez-vous un tel revirement ?

    AJ : La France était proche de Bachar el-Assad à l’époque du président Chirac, et ce jusqu’à l’attentat contre le Premier Ministre Hariri au Liban. Le changement de politique a été la conséquence d’un événement majeur. En Libye, il n’y a rien eu de tel car les tensions sont récurrentes entre la région de Benghazi et le pouvoir central, comme d’ailleurs avec les autres tribus libyennes que Kadhafi contrôlait tant bien que mal. Personne ne comprend pourquoi la situation réelle du moment justifiait une intervention qui n’avait jamais été faite auparavant. Comme il est impossible de croire que c’est Bernard-Henri Lévy qui a convaincu le Président français, il s’est passé autre chose que l’on découvrira un jour ou l’autre. L’une des clés est sans doute la présence confirmée de katibas djihadistes financées par le Qatar lors du lancement de l’opération militaire. Au-delà du pourquoi de l’intervention militaire, et de sa finalité qui nous a brouillés avec la Russie, il reste que cette campagne fut une victoire militaire sans grand risque qui s’est achevée en désastre politique, car rien n’avait été prévu pour la suite. Nous en payons les conséquences au Sahel, où le pillage des arsenaux militaires libyens a permis d’équiper les djihadistes et groupes touareg ou peuls avec l’armement récupéré.

    MC : Dans le monde occidental, l’approche de la lutte antiterroriste à l’étranger semble être quasi-exclusivement militaire. Or, l’on peut observer que, dans des pays tels que l’Afghanistan ou le Mali, ces opérations ne réduisent pas nécessairement la menace terroriste. Selon vous, existe-t-il d’autres moyens non-militaires de combattre l’expansion du djihadisme ? Par exemple, avons-nous des moyens de pression suffisants vis-à-vis de nos alliés du Golfe pour les dissuader de financer l’islamisme global ?

    AJ : C’est le coeur du problème. Les pays du Golfe, à commencer par l’Arabie saoudite, ont commencé à financer le djihadisme quand ils sont devenus très riches grâce aux cours du pétrole. Après la lutte contre les Russes en Afghanistan, la deuxième étape significative a été l’arrivée des groupes de moudjahidines islamistes dans les Balkans pour défendre et appuyer les populations musulmanes contre les Serbes à la fin des années 1990. À cette époque, l’OTAN n’y voyait pas d’objections. Il a fallu le 11-Septembre pour que les Américains et leurs alliés prennent conscience du risque que ces groupes représentaient par leur prosélytisme et leur application de la Charia. On a alors commencé à lutter contre leur développement avec une intensité variable selon les pays et les intérêts politico-économiques, si l’on se rappelle du choix des Frères Musulmans pour porter le « printemps arabe » ou l’appui aux groupes armés syriens qui se sont révélés djihadistes. L’action militaire peut freiner ou stabiliser l’expansion islamiste, mais la vraie solution est de tarir les sources de financements venant du Moyen-Orient, d’investir dans le développement des régions pauvres soumises à la pression djihadiste, et de faire la promotion d’un Islam « normal » comme il est pratiqué en Indonésie, pays qui compte le plus de musulmans dans le monde. Ceci exige du temps, des moyens et de la volonté.

    Notes de la rédaction :

    1. Selon nous, et bien qu’il le cite dans la suite de sa réponse, Alain Juillet a oublié dans cette liste un quatrième facteur déterminant dans la guerre en Syrie : la volonté saoudienne de renverser Bachar el-Assad par tous les moyens, et ce pour contrer l’influence iranienne grandissante au Levant. Ainsi, comme l’a dévoilé le New York Times en janvier 2016, l’Arabie saoudite a été le principal financeur de l’opération de changement de régime coordonnée par la CIA contre Assad, une campagne qui faisait partie d’un « plus vaste effort de plusieurs milliards de dollars impliquant l’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie » – trois États pourtant accusés par des hauts responsables américains d’avoir soutenu la nébuleuse djihadiste au Moyen-Orient, dont l’« État Islamique » (Daech). Pour plus de détails sur cette opération, nous vous recommandons le livre La guerre de l’ombre en Syrie, publié en mars 2019 aux éditions Erick Bonnier.

    2. Nous émettons des réserves sur cette réponse d’Alain Juillet, sachant que l’ambassadeur français au Yémen – qui a certes nié la présence d’officiers français dans la « war room » cogérée par la « coalition arabe », les États-Unis et la Grande-Bretagne –, a néanmoins confirmé que la France fournissait du renseignement satellitaire à l’Arabie saoudite et aux Émirats Arabes Unis dans le cadre de leur offensive yéménite. En outre, ni Claude Angeli, ni Georges Malbrunot, qui sont des journalistes chevronnés, n’ont démenti leurs révélations sur la cobelligérance de l’État français au Yémen. Comme l’avait souligné en avril dernier l’expert des questions de défense Jean-Dominique Merchet, « la guerre, ce n’est pas de savoir la nationalité de l’obus qui va tuer quelqu’un, c’est tout un système de renseignement, de logistique et de formation et c’est ce système qui fait la guerre. Enfin, il est clair que la France participe à ce système saoudien et émirati, en leur fournissant des équipements, de l’information et du renseignement et donc nous sommes engagés, nous avons une part de responsabilité. » Bien que l’on n’en connaisse pas les détails, la cobelligérance française dans ce que Jean-Yves Le Drian a appelé la « sale guerre » du Yémen nous semble être avérée, d’autant plus que nos propres sources dans les milieux de la Défense et du Renseignement nous l’ont unanimement confirmée.

    Source : Deep News Media, 6 jan 2020

    Tags : France, Afrique, françafrique, Franc CFA, FCFA, Barkhane, Sahel, Mali, Niger,

  • Mali: des manifestants veulent le départ des militaires étrangers du pays

    Mali – Niger : IBK et Issoufou acculés par les manifestations contre la France
    Ça devait arriver, ce n’était qu’une question de temps. Les africains se sont révoltés contre le pillage de la France et ses pions africains. Leur révolte est d’autant plus justifiée du fait que les populations du Sahel ne voient aucun progrès dans la situation sécuritaire et la force Barkhane n’a prouvé aucune efficacité dans la lutte contre la menace terroriste. Pire encore, la situation va de mal en pire, notamment depuis que le débat sur le France CFA et la présence de l’armée française en Afrique est devenu quotidien.

    Vendredi dernier, la population de Bamako est de nouveau sortie pour revendiquer le départdes troupes militaires étrangères du territoire malien. À l’appel d’associations et de partis politiques notamment, les manifestants se sont regroupés devant le monument de l’Indépendance de Bamako. De nombreux drapeaux maliens étaient visibles. Des responsables de la société civile et de la classe politique malienne étaient également présents.

    Banderoles, drapeaux et des slogans à gogo la Place de l’Indépendance de Bamako. Des citoyens décidés à chasser les derniers vestiges de la colonisation française. Une colonisation maintenue par des dirigeants sans aucune dignité et qui ne pensent qu’à remplir leurs poches au détriment de la misère d’une population meurtrie par les souffrances.

    Macky Sall, IBK, Alassane Ouattara doivent comprendre qu’il est temps de réagir en défense des intérêts des peuples et non des métropoles.

    Tags : Mali, Niger, France, Barkhane, Françafrique, Sahel, terrorisme,