Tag: logiciels espions

  • Espionnage : Le Maroc dans le collimateur de l’Europe

    Tags : Maroc, Union Européenne, UE, espionnage, Pegasus, logiciels espions,

    Espionnage des chefs d’Etat européens : Le Makhzen accablé par les preuves

    Par Mohamed Kouini

    Les services secrets marocains ont été formellement accusés d’espionnage sur des dizaines de personnalités occidentales par le Parlement européen. Ces accusations sont le fruit d’une longue enquête menée par une commission parlementaire, dirigée par une députée libérale néerlandaise, Sophie In’t Veld.

    Selon un rapport préliminaire, qui sera examiné et adopté prochainement, le Makhzen est directement désigné comme principal acteur de l’utilisation à grande échelle des logiciels espions, destinés à attaquer les smartphones sous IOS et Android. Le logiciel israélien Pegasus a été le principal moyen que les services de Mohamed VI avaient usé et abusé, d’une manière scandaleuse, dans leurs campagnes d’espionnage, lesquelles n’ont épargné aucun dirigeant politique européen ni même les intellectuels, les journalistes, les acteurs de la société civile ou les militants associatifs.

    Ce logiciel Pegasus a été conçu et commercialisé depuis 2013 par la société israélienne NSO. Les services du Makhzen ont été les premiers clients de cette société, en exécutant une stratégie d’écoutes et d’espionnage à des fins répressives contre des entités privées, se permettant non seulement d’espionner les opposants politiques marocains mais également des activistes et autres militants des droits de l’homme qui vivent à l’étranger.

    Selon les premières ébauches de ce rapport, le Maroc a utilisé ces logiciels d’espionnage en Espagne, en Italie et en France. Ainsi, le rapporteur du compte rendu, la libérale néerlandaise Sophie In’t Veld, pointe le Makhzen comme le principal utilisateur de Pegasus mais aussi de « spywares » dans différents pays européens.

    « Les révélations de juillet 2021 sur le projet Pegasus ont montré un grand nombre de cibles en Espagne. Cependant, ils semblent avoir été ciblés par différents acteurs et pour différentes raisons. Ce que l’on sait jusqu’à présent, c’est que les autorités marocaines ont attaqué le Premier ministre Pedro Sánchez, la ministre de la Défense Margarita Robles et le ministre de l’Intérieur Fernando Grande Marlaska », indique le texte du rapporteur.

    Dans ce rapport, il est mentionné de nombreuses preuves de cette opération de grande envergure. Ce document, qui fera encore l’objet de nombreuses modifications avant d’être voté en plénière dans les prochains jours, a également levé le voile sur d’autres actions d’espionnage ayant ciblé, cette fois-ci, de hauts responsables politiques en France.

    Le texte de la commission d’enquête révèle que le président français lui-même, Emmanuel Macron, et plusieurs de ses ministres de son cabinet ont été victimes d’espionnage par le Maroc.

    Même l’Italie n’a pas échappé à cette opération marocaine. Selon le même texte, les conclusions relevées par la commission d’enquête font état d’actions d’espionnage dont a été victime l’ancien Premier ministre et ancien membre de la Commission européenne, Romano Prodi qui, selon le rapport, « a été espionné avec Pegasus par les services secrets marocains ».

    Selon In’t Veld Prodi, il a été « une cible intéressante » pour le Maroc en raison de son rôle d’ancien envoyé spécial de l’ONU pour le Sahel et en raison de ses « éventuels contacts avec des personnalités de haut niveau au Sahara occidental et en Algérie ».

    Il va sans dire que cette vaste opération d’espionnage menée par le Makhzen n’a pas épargné d’autres personnalités politiques de haut rang dans d’autres pays européens. Des soupçons pèsent lourdement sur des actions des services marocains en Allemagne, en Belgique, aux Pays-Bas et dans les pays scandinaves.

    #Maroc #UE #Pegasus #Espionnage #NSOGroup #Parlement_européen

  • Pegasus : Le HCDH enfonce le Maroc

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    Le droit à la vie privée est de plus en plus menacé par l’utilisation de technologies numériques modernes en réseau, dont les caractéristiques en font des outils de surveillance, de contrôle et d’oppression, selon un nouveau rapport des Nations unies, exhortant les Etats à mieux encadrer et réglementer ces outils.

    Le rapport du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) a ainsi examiné trois domaines clés : l’utilisation abusive d’outils de piratage intrusifs (logiciels espions) par les autorités publiques, le rôle clé des méthodes de cryptage robustes dans la protection des droits de l’homme en ligne, et les impacts de la surveillance numérique généralisée des espaces publics, à la fois hors ligne et en ligne.

    Le document de l’ONU décrit en détail comment des outils de surveillance tels que le logiciel Pegasus peuvent transformer la plupart des smartphones en dispositifs de surveillance 24 heures sur 24. De tels outils permettent ainsi à l’intrus d’accéder non seulement à tout ce qui se trouve « sur nos mobiles, mais aussi de les armer pour espionner nos vies », a-t-elle souligné.

    Pegasus, un scandale international

    En juillet 2021 une enquête mondiale menée par des médias internationaux a révélé l’utilisation, entre autres, par le Maroc du logiciel d’espionnage Pegasus mis au point par l’entreprise sioniste NSO Group. Des journalistes marocains et internationaux ainsi que des hommes politiques étrangers figurent parmi les victimes de ce logiciel.

    Selon Omaima Abdeslam, représentante du Front Polisario à Genève « le Maroc n’a pas seulement espionné ses citoyens, mais tous ceux qui parlent des violations marocaines au Sahara occidentale, notamment les activistes sahraouis » et même des hauts responsables européens à l’image des certains ministre et cadres français, ajoute-t-elle.

    Ce scandale international a été révélé par seize rédactions coordonnées par l’organisation Forbidden Stories, avec l’appui technique d’Amnesty International, se basent sur une liste de plus de 50 000 numéros de téléphone, présélectionnés par certains clients de NSO Group pour une éventuelle mise sous surveillance.

    Pegasus qui permet de prendre le contrôle d’un téléphone, donne accès à l’intégralité du contenu de l’appareil ainsi qu’à son microphone et à sa caméra. A côté du Maroc, une dizaine d’autres pays ont été pointés du doigt par les auteurs de l’enquête journalistique baptisée Projet Pegasus.

    #Maroc #HCDH #Espionnage #Pegasus #LogicielsEspions #NSOGroup

  • L’UE a fourni au Maroc des puissants logiciels d’espionnage

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    L’Union européenne a discrètement fourni au Maroc de puissants systèmes de piratage des téléphones

    Pour renforcer le contrôle des migrants, l’Union européenne a fourni à la police marocaine des logiciels d’extraction de données des téléphones. Faute de contrôle, ces technologies pourraient servir à accentuer la surveillance des journalistes et défenseurs des droits humains au Maroc.

    Délits d’opinions, harcèlements, intimidations policières. Au Maroc, la répression contre celles et ceux qui contestent le régime s’est durement intensifiée. Abdellatif Hamamouchi, 28 ans, en a fait les frais. Un soir de juillet 2018, le journaliste et militant de l’Association marocaine des droits humains a été victime d’une violente agression par des hommes qui appartenaient, selon lui, à la police politique du régime. Ils l’ont « battu et jeté par terre » avant de lui prendre son téléphone portable. « Grâce à lui, ils ont pu avoir accès à mes e-mails, ma liste de contacts, mes échanges avec mes sources », se souvient-il.

    Comme lui, une dizaine de journalistes et militants marocains dont nous avons recueilli le témoignage expliquent s’être vu confisquer leurs téléphones à la suite d’une arrestation arbitraire. Selon eux, cette pratique obéirait à un unique objectif : renforcer le fichage des opposants présumés en collectant un maximum d’informations personnelles. Un contrôle qui, depuis 2019, pourrait être facilité par le soutien technologique et financier de l’Union européenne.

    Disclose, en partenariat avec l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, révèle que l’UE a livré au Royaume du Maroc des puissants systèmes de surveillance numérique. Des logiciels conçus par deux sociétés spécialisées dans le piratage des téléphones et l’aspiration de données, MSAB et Oxygen forensics, avant d’être livrés aux autorités marocaines par Intertech Lebanon, une société franco-libanaise, sous la supervision du Centre international pour le développement des politiques migratoires (ICMPD). Objectif de ce transfert de technologies financé sur le budget du « programme de gestion des frontières pour la région Maghreb » de l’UE : lutter contre l’immigration irrégulière et le trafic d’êtres humains aux portes de l’UE.

    Selon des documents obtenus par Disclose et Der Spiegel auprès des institutions européennes, la société MSAB, d’origine suédoise, a fourni à la police marocaine un logiciel baptisé XRY capable de déverrouiller tous types de smartphones pour en extraire les données d’appels, de contacts, de localisation, mais aussi les messages envoyés et reçus par SMS, WhatsApp et Signal. Quant à Oxygen forensics, domiciliée pour sa part aux Etats-Unis, elle a livré un système d’extraction et d’analyse de données baptisé « Detective ». Sa spécificité ? Contourner les verrouillages d’écran des appareils mobiles afin d’aspirer les informations stockées dans le cloud (Google, Microsoft ou Apple) ou les applications sécurisées de n’importe quel téléphone ou ordinateur. La différence notable avec le logiciel Pegasus, les deux logiciels nécessitent d’accéder physiquement au mobile à hacker, et ne permet pas de surveillance à distance.

    LA POLICE MAROCAINE FORMÉE AU PIRATAGE NUMÉRIQUE

    A l’achat des logiciels et des ordinateurs qui vont avec, l’Union européenne a également financé des sessions de formations dispensées aux forces de police marocaine par les collaborateurs d’Intertech et les salariés de MSAB et Oxygen Forensics. Mais ce n’est pas tout. Selon des documents internes obtenus par l’ONG Privacy International, l’Europe a aussi envoyé ses propres experts issus du Collège européen de police, le CEPOL, pour une formation de quatre jours à Rabat entre le 10 et le 14 juin 2019. Au programme : sensibilisation à « la collecte d’information à partir d’Internet » ; « renforcement des capacités d’investigation numérique », introduction au « social hacking », une pratique qui consiste à soutirer des informations à quelqu’un via les réseaux sociaux.

    CONTRÔLE INEXISTANT
    Reste à savoir si ces outils de surveillance sont réellement, et exclusivement, utilisés à des fins de lutte contre l’immigration illégale. Or, d’après notre enquête, aucun contrôle n’a jamais été effectué. Que ce soit de la part des fabricants ou des fonctionnaires européens. Dit autrement, le Maroc pourrait décider d’utiliser ses nouvelles acquisitions à des fins de répression interne sans que l’Union européenne n’en sache rien. Un risque d’autant plus sérieux, selon des chercheurs en sécurité numérique joints par Disclose, que les logiciels XRY et Detective ne laissent pas de traces dans les appareils piratés. A la grande différence d’une autre technologie bien connue des services marocains : le logiciel israélien Pegasus, qui permet de pirater un appareil à distance. Le système Pegasus a été massivement employé par le Maroc dans le but d’espionner des journalistes, des militants des droits humains et des responsables politiques étrangers de premier plan, comme l’a révélé le consortium de journalistes Forbidden Stories, en 2021.

    Avec les solutions XRY et Detective, « dès que vous avez un accès physique à un téléphone, vous avez accès à tout », souligne Edin Omanovic, membre de l’ONG Privacy international. Un élément qu’il estime « inquiétant », poursuit-il, « dans un contexte où les autorités ciblent les défenseurs des droits de l’homme et les journalistes ».

    Afin de garantir que le matériel ne sera pas détourné de son objet officiel, la Commission européenne affirme qu’un document d’engagement a été signé par les autorités marocaines – il ne nous a pas été transmis. D’après un porte-parole sollicité par Disclose, ledit document stipulerait que ces technologies ne serviront que pour lutter « contre le trafic d’êtres humains. » Rien d’autre ? « L’UE fait confiance à Rabat pour respecter son engagement, c’est de sa responsabilité », élude le porte-parole.

    « PROBLÈMES DÉMOCRATIQUES »
    En réalité, ce transfert de technologies devrait faire l’objet d’une attention particulièrement accrue. Pour cause : les systèmes fournis par l’UE sont classés dans la catégorie des biens à double usage (BDU), c’est-à-dire des biens qui peuvent être utilisés dans un contexte militaire et civil. Ce type d’exportation est même encadré par une position commune de l’UE, datée de 2008. Celle-ci stipule que le transfert des biens à double usage est interdit dès lors qu’il « existe un risque manifeste » que le matériel livré puisse être utilisé à des fins de « répression interne ». Un risque largement établi dans le cas marocain, comme l’a démontré l’affaire Pegasus.

    Contactés, MSAB et Oxygen Forensics ont refusé de nous répondre. Même chose du côté des régulateurs suédois et américains sur les exportations de biens à double usage. Aucune réponse non plus des autorités marocaines. Alexandre Taleb, le PDG d’Intertech, la société responsable du déploiement des technologies, a été plus loquace. « Mes clients savent ce qu’ils achètent, je n’ai pas à les juger. Ils ont plus de 400 millions d’habitants qui peuvent s’en charger, déclare-t-il. Si le Maroc a des problèmes démocratiques, c’est une chose, mais nos outils ne sont pas la cause de ces problèmes ». Pour ce marché, Intertech a empoché près de 400 000 euros.

    Au parlement européen, ces exportations sont loin de faire l’unanimité. « Sous prétexte de sécuriser nos frontières, nous ne pouvons pas nous contenter des promesses d’un régime autoritaire, déplore ainsi l’eurodéputée Markéta Gregorová (groupe des Verts). C’est une négligence délibérée et moralement inacceptable de la part de l’Europe ». Une négligence qui passe d’autant plus mal que la société MSAB a été accusée d’avoir équipé la police birmane en 2019, à un moment où des exactions contre des civils étaient connues et documentées.

    Zach Campbell et Lorenzo D’Agostino

    Source : Disclose, 24/07/2022

    #Maroc #Union_Européenne #UE #Migration #Logiciels_espions #Hacking

  • Israël va priver le Maroc de ses logiciels espions

    Pegasus, Arabie Saoudite, EAU, cybertechnologie – Israël va priver le Maroc de ses logiciels espions

    Israël interdira au Maroc, à l’Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis d’importer sa cybertechnologie, selon un rapport
    Le journal Calcalist dit qu’Israël a réduit d’environ 60% le nombre de pays éligibles pour acheter ses cybertechnologies
    Israël a réduit le nombre de pays éligibles pour acheter ses cybertechnologies d’environ 60 %, a rapporté jeudi le journal financier israélien Calcalist , suite aux inquiétudes internationales concernant le logiciel espion Pegasus vendu par la société israélienne NSO Group.

    Le journal, qui n’a pas divulgué ses sources, a déclaré que le Mexique, le Maroc , l’ Arabie saoudite et les Émirats arabes unis faisaient partie des pays qui seraient désormais interdits d’importer la cyber-technologie israélienne.

    La liste des pays autorisés à acheter la technologie a été réduite à seulement 37 États, contre 102.

    En réponse au rapport, le ministère israélien de la Défense a déclaré à Calcalist dans un communiqué qu’il avait pris des « mesures appropriées » lorsque les conditions d’utilisation définies dans ses licences d’exportation étaient violées, mais n’a pas confirmé que les licences avaient été révoquées.

    Middle East Eye a contacté le ministère israélien de la Défense et le NSO pour commenter le rapport.

    En juillet, Amnesty International, Forbidden Stories et un groupe d’organisations médiatiques internationales ont révélé que le logiciel espion Pegasus avait été utilisé pour pirater des smartphones appartenant à des journalistes, des représentants du gouvernement, des militants des droits humains et des dirigeants politiques.

    Le groupe d’enquête a révélé qu’il avait acquis une liste de 50 000 numéros de téléphone qui semblaient être des cibles identifiées par les clients de la société israélienne à espionner en utilisant Pegasus.

    Le Maroc et les Émirats arabes unis, qui ont tous deux normalisé leurs relations avec Israël l’année dernière, ainsi que l’Arabie saoudite, étaient des pays où Pegasus était lié à la surveillance politique, selon l’enquête.

    Poursuites, listes noires financières
    Depuis la publication du rapport, Israël a subi des pressions pour freiner les exportations de logiciels espions, tandis que NSO – qui nie tout acte répréhensible – a fait face à un certain nombre de revers juridiques et financiers.

    Plus tôt ce mois-ci, le département américain du Commerce a placé NSO et une autre entreprise israélienne de logiciels espions, Candiru, sur une liste noire commerciale pour avoir vendu des logiciels espions aux gouvernements qui en ont « abusé ».

    Cette décision interdit aux deux entités d’acheter des pièces et des composants à des sociétés américaines sans licence spéciale. Lundi, le service de notation Moody’s a découvert qu’après les restrictions aux États-Unis, NSO était confronté à un risque croissant de défaut sur environ 500 millions de dollars de dette.

    NSO a également fait l’objet de poursuites et de critiques de la part de grandes entreprises technologiques qui l’accusent d’exposer leurs clients au piratage. Mardi, Apple a déposé une plainte contre la firme israélienne pour l’utilisation de son logiciel espion Pegasus pour attaquer les utilisateurs du géant de la technologie.

    Apple a également déclaré qu’il souhaitait empêcher définitivement NSO d’utiliser tout logiciel, service ou appareil Apple, une décision qui pourrait potentiellement rendre le produit logiciel espion de l’entreprise sans valeur.

    Middle East Eye, 25/11/2021

    #Maroc #Israël #Logiciels_espions #NSOGroup #Pegasus

  • La France a failli acheter le logiciel espion israélien Pegasus

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    Selon Europe1, “plusieurs fonctionnaires français ont échangé” avec la société israélienne NSO Group productrive du logiciel espion Pegasus “pour trouver des solutions permettant d’aspirer plus facilement les données cryptées”. Ils étaient même “sur le point de signer un contrat”, indique Europe1. “Le sujet étant ultra-sensible”, ils ont fini par demander l’avis du président Emmanuel Macron.

    “Un vrai débat s’est suivi entre les spécialistes qui conseillent le chef de l’État en matière de Défense et de renseignement”, signale le site français. “Mais le “non” catégorique présidentiel a mis fin aux discussions, six mois avant le scandale Pegasus”, a-t-il ajouté.

    “Depuis ces révélations, Laurent Nunez, le coordonnateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme à l’Élysée, fait le point sur cette affaire Pegasus avec les principaux services chaque semaine. Preuve s’il en fallait que le potentiel de dangerosité de ce type de logiciel est pris très au sérieux, au plus haut niveau de l’État, rapporte la même source.

    Pour rappel, une enquête publiée en juillet par un consortium de 17 médias internationaux, a révélé que le logiciel Pegasus, élaboré par l’entreprise sioniste NSO Group, aurait permis d’espionner les numéros d’au moins 180 journalistes, 600 hommes et femmes politiques, 85 militants des droits humains ou encore 65 chefs d’entreprise de différents pays.

    Le logiciel espion Pegasus, introduit dans un smartphone, permet d’en récupérer les messages, photos, contacts et même d’écouter les appels de son propriétaire. Ces révélations ont suscité l’indignation dans le monde entier d’organisations de défense des droits humains, de médias et de dirigeants politiques.

    NSO, régulièrement accusé de faire le jeu de régimes autoritaires, assure que son logiciel sert uniquement à obtenir des renseignements contre des réseaux criminels ou terroristes.

    Le travail mené par les 17 médias, dont les quotidiens français Le Monde, britannique The Guardian et américain The Washington Post, se fonde sur une liste obtenue par le réseau basé en France Forbidden Stories et l’ONG Amnesty International. Elle compte, selon eux, 50.000 numéros de téléphone sélectionnés par les clients de NSO depuis 2016 pour une surveillance potentielle.

    Plusieurs pays ont acheté ce logiciel, dont le Maroc, accusé d’avoir piraté le téléphone portable du président français Emmanuel Macron.

  • Pegasus: Des experts de l’ONU demandent un moratoire

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    Vente de logiciels espions : Des experts de l’ONU demandent un moratoire

    Des experts de l’ONU ont demandé jeudi un moratoire international sur la vente de technologies de surveillance en attendant de fixer un cadre réglementaire garantissant les droits humains, après le récent scandale d’écoutes lié au logiciel israélien Pegasus.

    A la mi-juillet, une enquête, publiée par un consortium de 17 médias internationaux, a révélé que le logiciel Pegasus, conçu par l’entreprise israélienne NSO Group et utilisé par le Maroc qui est fortement impliqué dans cette affaire, aurait permis d’espionner les numéros d’au moins 180 journalistes, 600 hommes et femmes politiques, 85 militants des droits humains ou encore 65 chefs d’entreprise de différents pays.

    « Nous sommes profondément préoccupés par le fait que des outils intrusifs très sophistiqués sont utilisés pour surveiller, intimider et réduire au silence les défenseurs des droits humains, les journalistes et les opposants politiques », ont déclaré les experts de l’ONU, cité dans un communiqué.

    « De telles pratiques violent les droits à la liberté d’expression, à la vie privée et à la liberté, peuvent mettre en danger la vie de centaines de personnes, mettent en péril la liberté des médias et sapent la démocratie, la paix, la sécurité et la coopération internationale », ont-il ajouté.

    Le communiqué est signé par trois Rapporteurs spéciaux de l’ONU, dont celle sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression, Irene Khan, et le Groupe de travail sur la question des droits de l’Homme et des sociétés transnationales et autres entreprises.

    « Ces dernières années, nous avons à plusieurs reprises tiré la sonnette d’alarme sur le danger que représentent les technologies de surveillance pour les droits humains. Une fois de plus, nous exhortons la communauté internationale à élaborer un cadre réglementaire solide pour prévenir, atténuer et réparer l’impact négatif des technologies de surveillance sur les droits humains et, en attendant, à adopter un moratoire sur leur vente et leur transfert », ont-ils indiqué.

    Le travail journalistique portant sur Pegasus se fonde sur une liste de 50.000 numéros de téléphone sélectionnés par les clients de NSO depuis 2016, obtenue par l’organisation Forbidden Stories et Amnesty International.

    Les experts de l’ONU exhortent Israël « à divulguer pleinement les mesures qu’il a prises pour examiner les transactions d’exportation de NSO à la lumière de ses propres obligations en matière de droits humains ».

    « Il est du devoir des Etats de vérifier que des entreprises comme le Groupe NSO ne vendent pas ou ne transfèrent pas de technologies à des Etats et des entités susceptibles de les utiliser pour violer les droits humains, ou ne passent pas de contrats avec eux », insistent-ils.

  • Pegasus: Des experts de l’ONU demandent un moratoire

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    Vente de logiciels espions : Des experts de l’ONU demandent un moratoire

    Des experts de l’ONU ont demandé jeudi un moratoire international sur la vente de technologies de surveillance en attendant de fixer un cadre réglementaire garantissant les droits humains, après le récent scandale d’écoutes lié au logiciel israélien Pegasus.

    A la mi-juillet, une enquête, publiée par un consortium de 17 médias internationaux, a révélé que le logiciel Pegasus, conçu par l’entreprise israélienne NSO Group et utilisé par le Maroc qui est fortement impliqué dans cette affaire, aurait permis d’espionner les numéros d’au moins 180 journalistes, 600 hommes et femmes politiques, 85 militants des droits humains ou encore 65 chefs d’entreprise de différents pays.

    « Nous sommes profondément préoccupés par le fait que des outils intrusifs très sophistiqués sont utilisés pour surveiller, intimider et réduire au silence les défenseurs des droits humains, les journalistes et les opposants politiques », ont déclaré les experts de l’ONU, cité dans un communiqué.

    « De telles pratiques violent les droits à la liberté d’expression, à la vie privée et à la liberté, peuvent mettre en danger la vie de centaines de personnes, mettent en péril la liberté des médias et sapent la démocratie, la paix, la sécurité et la coopération internationale », ont-il ajouté.

    Le communiqué est signé par trois Rapporteurs spéciaux de l’ONU, dont celle sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression, Irene Khan, et le Groupe de travail sur la question des droits de l’Homme et des sociétés transnationales et autres entreprises.

    « Ces dernières années, nous avons à plusieurs reprises tiré la sonnette d’alarme sur le danger que représentent les technologies de surveillance pour les droits humains. Une fois de plus, nous exhortons la communauté internationale à élaborer un cadre réglementaire solide pour prévenir, atténuer et réparer l’impact négatif des technologies de surveillance sur les droits humains et, en attendant, à adopter un moratoire sur leur vente et leur transfert », ont-ils indiqué.

    Le travail journalistique portant sur Pegasus se fonde sur une liste de 50.000 numéros de téléphone sélectionnés par les clients de NSO depuis 2016, obtenue par l’organisation Forbidden Stories et Amnesty International.

    Les experts de l’ONU exhortent Israël « à divulguer pleinement les mesures qu’il a prises pour examiner les transactions d’exportation de NSO à la lumière de ses propres obligations en matière de droits humains ».

    « Il est du devoir des Etats de vérifier que des entreprises comme le Groupe NSO ne vendent pas ou ne transfèrent pas de technologies à des Etats et des entités susceptibles de les utiliser pour violer les droits humains, ou ne passent pas de contrats avec eux », insistent-ils.

  • ONU: Pour un moratoire sur la vente des logiciels espions

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    Scandale des logiciels espions : des experts de l’ONU appellent à un moratoire sur la vente de technologies de surveillance “mettant la vie en danger”

    GENÈVE (12 août 2021) – Des experts des droits de l’homme de l’ONU* ont appelé aujourd’hui tous les États à imposer un moratoire mondial sur la vente et le transfert de technologies de surveillance jusqu’à ce qu’ils aient mis en place des réglementations solides garantissant son utilisation conformément aux normes internationales des droits de l’homme.

    « Il est hautement dangereux et irresponsable de permettre à la technologie de surveillance et au secteur commercial de fonctionner comme une zone sans droits humains », ont averti les experts.

    « Nous sommes profondément préoccupés par le fait que des outils intrusifs hautement sophistiqués sont utilisés pour surveiller, intimider et réduire au silence les défenseurs des droits humains, les journalistes et les opposants politiques », ont déclaré les experts. « De telles pratiques violent les droits à la liberté d’expression, à la vie privée et à la liberté, mettent peut-être en danger la vie de centaines de personnes, mettent en péril la liberté des médias et sapent la démocratie, la paix, la sécurité et la coopération internationale.

    Il y a deux ans, le rapporteur spécial de l’ONU sur la liberté d’opinion et d’expression a publié un rapport sur l’impact dangereux de la technologie de surveillance sur les droits de l’homme et a recommandé un moratoire immédiat sur sa vente et son transfert jusqu’à ce que des réglementations internationales incorporant des garanties des droits de l’homme soient adoptées. La communauté internationale n’a pas répondu à son appel.

    Le 18 juillet 2021, Forbidden Stories et Amnesty International ont dénoncé la surveillance généralisée des appareils mobiles de centaines de journalistes, de défenseurs des droits humains et de dirigeants politiques, à l’aide du logiciel espion Pegasus du groupe NSO. Le groupe NSO a rapidement rejeté les allégations concernant son implication dans ces pratiques illégales.

    « Compte tenu de l’extraordinaire audace et du mépris des droits de l’homme que montre une telle surveillance généralisée, si le déni de collusion par le groupe NSO doit avoir une quelconque crédibilité, l’entreprise doit divulguer si elle a ou non effectué une diligence raisonnable en matière de droits de l’homme dans aligner les Principes directeurs des Nations Unies relatifs aux droits de l’ homme et aux entreprises et publier pleinement les conclusions de toutes les sondes internes qu’il aurait pris sur cette question « .

    « Nous exhortons également Israël, en tant que pays d’origine du groupe NSO, à divulguer pleinement les mesures qu’il a prises pour examiner les transactions d’exportation de NSO à la lumière de ses propres obligations en matière de droits humains », ont-ils ajouté. « Il est du devoir des États de vérifier que des entreprises comme le groupe NSO ne vendent ni ne transfèrent de technologie ni ne concluent de contrat avec des États et des entités qui sont susceptibles de les utiliser pour violer les droits de l’homme. »

    « Ces dernières années, nous avons à plusieurs reprises sonné l’alarme sur le danger que la technologie de surveillance fait peser sur les droits humains. Une fois de plus, nous exhortons la communauté internationale à développer un cadre réglementaire solide pour prévenir, atténuer et réparer l’impact négatif de la technologie de surveillance sur les droits humains et en attendant, d’adopter un moratoire sur sa vente et son transfert », ont-ils déclaré.

    « Le droit international des droits de l’homme exige de tous les États qu’ils adoptent de solides garanties juridiques nationales pour protéger les individus contre la surveillance illégale, l’atteinte à leur vie privée ou les menaces à leur liberté d’expression, de réunion et d’association », ont-ils conclu.

    Les experts des droits de l’homme de l’ONU sont en communication directe avec le gouvernement d’Israël et le groupe NSO.

    OHCHR, 12/08/2021

  • ONU: Pour un moratoire sur la vente des logiciels espions

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    Scandale des logiciels espions : des experts de l’ONU appellent à un moratoire sur la vente de technologies de surveillance “mettant la vie en danger”

    GENÈVE (12 août 2021) – Des experts des droits de l’homme de l’ONU* ont appelé aujourd’hui tous les États à imposer un moratoire mondial sur la vente et le transfert de technologies de surveillance jusqu’à ce qu’ils aient mis en place des réglementations solides garantissant son utilisation conformément aux normes internationales des droits de l’homme.

    « Il est hautement dangereux et irresponsable de permettre à la technologie de surveillance et au secteur commercial de fonctionner comme une zone sans droits humains », ont averti les experts.

    « Nous sommes profondément préoccupés par le fait que des outils intrusifs hautement sophistiqués sont utilisés pour surveiller, intimider et réduire au silence les défenseurs des droits humains, les journalistes et les opposants politiques », ont déclaré les experts. « De telles pratiques violent les droits à la liberté d’expression, à la vie privée et à la liberté, mettent peut-être en danger la vie de centaines de personnes, mettent en péril la liberté des médias et sapent la démocratie, la paix, la sécurité et la coopération internationale.

    Il y a deux ans, le rapporteur spécial de l’ONU sur la liberté d’opinion et d’expression a publié un rapport sur l’impact dangereux de la technologie de surveillance sur les droits de l’homme et a recommandé un moratoire immédiat sur sa vente et son transfert jusqu’à ce que des réglementations internationales incorporant des garanties des droits de l’homme soient adoptées. La communauté internationale n’a pas répondu à son appel.

    Le 18 juillet 2021, Forbidden Stories et Amnesty International ont dénoncé la surveillance généralisée des appareils mobiles de centaines de journalistes, de défenseurs des droits humains et de dirigeants politiques, à l’aide du logiciel espion Pegasus du groupe NSO. Le groupe NSO a rapidement rejeté les allégations concernant son implication dans ces pratiques illégales.

    « Compte tenu de l’extraordinaire audace et du mépris des droits de l’homme que montre une telle surveillance généralisée, si le déni de collusion par le groupe NSO doit avoir une quelconque crédibilité, l’entreprise doit divulguer si elle a ou non effectué une diligence raisonnable en matière de droits de l’homme dans aligner les Principes directeurs des Nations Unies relatifs aux droits de l’ homme et aux entreprises et publier pleinement les conclusions de toutes les sondes internes qu’il aurait pris sur cette question « .

    « Nous exhortons également Israël, en tant que pays d’origine du groupe NSO, à divulguer pleinement les mesures qu’il a prises pour examiner les transactions d’exportation de NSO à la lumière de ses propres obligations en matière de droits humains », ont-ils ajouté. « Il est du devoir des États de vérifier que des entreprises comme le groupe NSO ne vendent ni ne transfèrent de technologie ni ne concluent de contrat avec des États et des entités qui sont susceptibles de les utiliser pour violer les droits de l’homme. »

    « Ces dernières années, nous avons à plusieurs reprises sonné l’alarme sur le danger que la technologie de surveillance fait peser sur les droits humains. Une fois de plus, nous exhortons la communauté internationale à développer un cadre réglementaire solide pour prévenir, atténuer et réparer l’impact négatif de la technologie de surveillance sur les droits humains et en attendant, d’adopter un moratoire sur sa vente et son transfert », ont-ils déclaré.

    « Le droit international des droits de l’homme exige de tous les États qu’ils adoptent de solides garanties juridiques nationales pour protéger les individus contre la surveillance illégale, l’atteinte à leur vie privée ou les menaces à leur liberté d’expression, de réunion et d’association », ont-ils conclu.

    Les experts des droits de l’homme de l’ONU sont en communication directe avec le gouvernement d’Israël et le groupe NSO.

    OHCHR, 12/08/2021

  • Le Maroc veut acheter le logiciel espion Quadream

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    Quadream, le rival de NSO, est en pourparlers avec le gouvernement marocain.

    Les produits de piratage de téléphones mobiles de la société israélienne Quadream ne nécessitent pas de licence d’exportation du ministère israélien de la défense, car sa société mère est basée à Chypre.

    Les plus grands gagnants de l’enquête internationale sur la société israélienne de cyberattaques NSO ont été ses rivaux. L’un d’entre eux est Quadream, qui a son centre de développement à Ramat Gan et vend ses produits par l’intermédiaire de sa société mère basée à Chypre. Une source proche de l’affaire a déclaré à “Globes” que des représentants de Quadream ont visité la semaine dernière les bureaux des services de sécurité marocains afin de discuter de la vente de ses systèmes de surveillance au gouvernement marocain.

    Selon le rapport d’enquête international publié le mois dernier par une équipe de 80 journalistes de 17 organisations médiatiques dans 10 pays, dirigée par Amnesty International et Forbidden Stories, NSO a vendu son logiciel espion Pegasus à des gouvernements du monde entier, qui l’ont utilisé pour espionner non seulement des criminels et des terroristes, mais aussi des journalistes, des militants des droits de l’homme et des dirigeants politiques du monde entier, dont le président français Emmanuel Macron.

    Les discussions entre Quadream et le Maroc ont progressé ces dernières semaines et une réunion supplémentaire a été fixée. Le Maroc et l’ONS n’ont jamais admis une quelconque coopération. Mais maintenant, le Maroc pourrait être en mesure d’utiliser les systèmes de surveillance de Quadream, ce qui permettra au pays d’avoir plus de flexibilité que les systèmes de NSO, qui sont soumis à des accords d’exportation de défense israéliens et limités dans leur capacité à se conformer à toutes les exigences des clients.

    Quadream développe des systèmes de cyberattaque aux capacités similaires à celles des produits de NSO, en permettant aux services de sécurité de pirater les téléphones portables et les ordinateurs. L’entreprise a mis au point un produit qui permet aux autorités d’installer des logiciels espions en envoyant un lien ou une photo sur le téléphone de sa cible, qui s’active lorsque le suspect appuie dessus. Comme NSO, Quadream a développé la capacité d’installer le logiciel espion sans contact avec le suspect et a commercialisé ses produits récemment. Le système de Quadream est nettement moins cher que celui de NSO et n’est pas soumis au contrôle réglementaire du ministère israélien de la Défense.

    Le Maroc n’a jamais admis avoir utilisé le Pegasus de NSO, mais au fil des ans, des enquêtes ont été publiées, qui auraient révélé son utilisation contre des journalistes critiques. L’une des affaires révélées par l’enquête d’Amnesty du mois dernier a non seulement provoqué un différend entre Israël et le Maroc, mais aussi une crise diplomatique entre le Maroc et la France. Le président français Emmanuel Macron a été contraint de changer son numéro de téléphone portable et sa signature électronique après que le journal français Le Monde a rapporté que les services de sécurité marocains avaient utilisé Pegasus pour le suivre à la trace.

    Le Maroc a démenti ces allégations et a même porté plainte pour diffamation en France et en Allemagne contre Amnesty et Forbidden Stories, qui ont fait ces allégations. L’audience du tribunal de Paris doit commencer en octobre. Les enquêtes menées par le ministère israélien de la défense n’ont pas permis de tirer de conclusions concernant la violation des téléphones de M. Macron et d’autres ministres.

    Quadream maintient le plus grand secret. L’entreprise n’a pas de site web et les employés ne mentionnent pas sur leurs comptes de médias sociaux qu’ils y travaillent. Sur LinkedIn, les employés de Quadream écrivent qu’ils sont employés par une entreprise de cybersécurité. L’une des raisons de ce secret est le fait que Quadream, même si son centre de développement se trouve en Israël, n’est pas soumise aux lois israéliennes sur les exportations de produits de défense.

    Au lieu de vendre ses produits depuis Israël, comme le font NSO et 15 autres sociétés spécialisées dans les cyberattaques, Quadream opère en collaboration avec une société de vente chypriote appelée InReach. Selon le registre des sociétés, InReach détient les parts de la société israélienne Quadream. InReach est dirigée par Roy Gelsenberg et appartient à Christos Shiakallis et Nenad Grozdanic. Quadream et InReach ont un différend juridique qui se déroule au tribunal de Limassol depuis 2020. Selon le site Intelligence Online, Quadream et InReach avaient un accord depuis 2017, selon lequel Inreach devait verser à Quadream 92 % de ses revenus issus des exportations technologiques de cyberattaques. Mais en 2019, InReach a interrompu ses paiements à Quadream et il a récemment été découvert qu’un des hauts dirigeants d’InReach avait même ouvert un compte bancaire suisse et y avait transféré une partie des revenus tirés des activités conjointes, rapporte Intelligence Online.

    Ainsi, alors que son bureau de vente opère depuis Chypre, Quadream peut tirer profit de l’embauche d’ingénieurs israéliens expérimentés, d’une part, et les employer à Ramat Gan, d’autre part, vendre ses produits par le biais d’une société “offshore”, loin des yeux du ministère de la défense. Ainsi libérée des réglementations, Quadream peut même théoriquement vendre à des particuliers et à des entités non gouvernementales. Dans le passé, Quadream a vendu ses produits à l’Arabie Saoudite et au Ghana.

    Les autres actionnaires de la société sont Ilan Dabelstein, un ancien officier supérieur des services de renseignement des FDI, Nimrod Reznik et Guy Geva. Quadream s’est refusé à tout commentaire.

    Le ministère israélien de la Défense a déclaré : “L’État d’Israël est chargé de superviser tout ce qui concerne la commercialisation et l’exportation de produits cybernétiques depuis Israël, conformément à la loi de 2007 sur la supervision des exportations de produits de défense.”

    Globes, 10 août 2021