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  • Introduction à l’histoire du Chiisme (1)

    Le chiisme a vu le jour au cours du premier siècle de l’Hégire et plus exactement suite à « La Grande Discorde » qui opposa les musulmans du Cham (la Syrie aujourd’hui) partisans de Mouaouia aux musulmans de Basra et de Koufa (en Irak) partisans du 4ème Calife ‘‘bien guidé’’ Ali (cousin et gendre du Prophète).

    L’origine de ce mouvement fut politique et sa transformation en un mouvement politico-religieux ne s’effectuera que plus tardivement comme nous le verrons dans le cadre de cette introduction à l’histoire du Chiisme et des Chiites.

    J’attire votre attention dès maintenant sur le fait que le travail que vous allez lire n’est pas l’œuvre d’un historien et qu’il ne prétend pas dire la Vérité absolue sur ce mouvement d’autant plus que les sources écrites qui existent aujourd’hui et qui on servit à élaborer l’histoire du chiisme n’ont vus le jour qu’au 2ème siècle de l’Hégire, c’est à dire après plus de cent ans de l’existence effective de ce mouvement.

    Je ne rentrerai pas dans plus de détails quant aux conditions historiques de l’élaboration de l’histoire des Chiites mais j’ai simplement voulu attiré votre attention sur la relativité de certaines informations que vous pouvez lire dans cette introduction et ce malgré le fait que j’ai essayé de ne prendre en considération que les éléments les plus vraisemblables en érigeant la neutralité comme ma première référence.

    Après la mort de Uthman en 35 de l’Hégire (656), Ali prendra sa place en tend que Calife des musulmans. Seulement, son règne ne durera pas longtemps car il sera très vite contesté par Mouaouia contre lequel il mènera la bataille de Ciffin en 37 de l’Hégire.

    En l’an 40 de l’Hégire, Ali est assassiné par un Kharijite du nom d’Ibn Moljem et ce parce que les Kharijites considèrent que les deux parties qui ont provoqués la grande discorde des musulmans (Ali et Mouaouia) ainsi que leur partisans sont tous dans l’erreur, qu’ils étaient de grands pécheurs et qu’ils méritaient la mort et l’enfer.

    La constitution du chiisme en tant que mouvement politique réclamant le Califat pour Ali ne s’arrêtera pas pour autant avec la mort de ce dernier. Très vite, les Chiites prêteront allégeance à l’aîné de ses fils, Al Hassan pour succéder à son père. Et de la réclamation du Califat pour Ali, nous passerons à la réclamation du Califat pour Ahl Al Bayt (La famille du Prophète).

    Les historiens, relèvent qu’a part ces revendications, il n’y avait, à ce moment, entre les Chiites et le reste des musulmans aucune divergence doctrinal.

    Al Hassan qui estimait ne pas avoir les moyens pour combattre Mouaouia préféra lui prêter, en compagnie de ses partisans, allégeance, puis se réfugie, accompagné de son frère Al Hussein et de son demi frère Ibn al Hanafya, à Médine.

    Damas, ou le nouveau Calife compte le plus de partisans est devenue la capitale du Califat et les deux villes saintes de l’islam : La Mecque et Médine, céderont leur rôle politique à la nouvelle capitale et ne garderont qu’un rôle religieux.

    Suite à la victoire incontestée de Mouaouia -et même auparavant- une très grave pratique a vue le jour dans les mosquées : l’injure de Ali dans les prêches du vendredi. Une pratique qui renforcera davantage la haine que porte désormais les Chiites pour les Omeyyades (partisans de Mouaouia).

    En plus, l’allégeance de Al Hassan et de ses partisans ainsi que son ‘‘isolement’’ à

    Médine n’ont, semble-il, pas suffit à tranquilliser Mouaouia sur le sort du fils de son rival. Il donnera alors ses ordres pour la mise à mort du petit fils du Prophète.

    C’est ainsi que les agents de Mouaouia s’approchèrent de la femme d’Al Hassan et lui demandèrent de l’empoisonner en contre partie d’une très grande somme d’argent et du mariage avec le fils de Mouaouia Yazid.

    En homme de parole, et suite à l’empoisonnement d’Al Hassan par sa femme en 49 de l’Hégire, Mouaouia lui donnera ce qu’il lui avait promis en argent mais pas… son fils. Il avait très peur que son fils épouse une empoisonneuse !

    Avec la mort d’Al Hassan, c’est au tour d’Al Hussein de réclamer ‘‘l’héritage’’ de son Grand-père (le Prophète) et de son père (Ali).Mais il ne le fera pas aussitôt.

    D’abord, parce qu’à Médine ou il ne comptait que peu de partisans, Al Hussein ne pouvait pas déclarer les hostilités à Mouaouia.

    Ensuite, parce que, comme sot frère, il a jugé que les chiites n’avaient pas assez de moyens pour renverser les Omeyyades.


    Il fallait donc attendre le moment propice…

    C’est ce qui adviendra avec la mort de Mouaouia en l’an 60 de l’Hégire. Seulement, ce dernier avait préparé depuis quelques années son fils Yazid pour lui succéder. Mais ce Yazid passe auprès de beaucoup de musulmans pour un buveur de vin… et on lui impute tous les vices de la terre. C’est ce qui expliquera le fait que la majorité des fils des compagnons du Prophète refuseront de lui prêter allégeance.

    Seulement, si Yazid ne pouvait craindre l’ensemble des fils des compagnons du Prophète, tel ne pouvait être le cas du fils du rival de son père et qui dispose d’un nombre très important de partisans à Basra et à Koufa. C’est pour cette raison que le gouverneur de Médine, sous l’ordre de Yazid, pressa Al Hussein de prêter allégeance au nouveau Calife.

    Sans tempérer, ce dernier qui avait déjà reçu secrètement plusieurs missives lui demandant de rejoindre ses partisans (80.000 hommes armés) à Koufa et réclamer l’héritage de son père, rassura le gouverneur sur ses intentions et lui demanda qu’il le fasse le lendemain publiquement.

    Mais avant l’aube, Al Hussein quitta Médine avec ses femmes, ses enfants et certains de ses partisans pour rejoindre Koufa …à 1300 Km de Médine.

    Signalons ici que le demi frère d’Al Hussein, Ibn Al Hanafya, ainsi que son entourage à Médine, était opposé au ralliement d’Al Hussein aux opposants Chiites en avançant comme argument le fait que si vraiment insurrection il y avait, pourquoi les Chiites ne s’étaient pas révoltés contre le gouverneur de Koufa ?

    Que dire alors d’une révolte contre l’ensemble du royaume Omeyyade !

    Cette analyse pertinente ne sera pas entendue par Al Hussein.

    Alerté du départ de Al Hussein de Médine, Ibn Zied qui fut entre temps nommé par Yazid gouverneur de Koufa et chargé de mater l’insurrection, se prépara pour recevoir Al Hussein et ses quelques combattants après avoir tué le chef Koufi des Chiites Hani Ibn Arwa (jeté du haut du palais de Ibn Zied).

    L’insurrection était matée, les combattants chiites tués ou emprisonnés et la situation avait déjà tournée au profit des Omeyyades avant même l’arrivé de Al Hussein !

    Ibn Zied envoya à la rencontre de Al Hussein 4000 hommes afin de lui barrer la route de Koufa. Les informations dont nous disposons sont unanimes pour dire que le but n’était pas de tuer le petit fils du Prophète mais de lui faire prêter allégeance à Yazid. Pour cette raison les hommes de Ibn Zied laisseront Al Hussein et ses combattants se diriger vers Kerbala (50 km de Koufa).

    Seulement, après avoir refuser de prêter allégeance, et suite à l’ordre du Calife Yazid, les guerriers de Ibn Zied massacrèrent les combattants d’Al Hussein : tous les mâles, y compris les petits garçons, furent tués et décapités. Quant à Al Hussein, le petit fils du Prophète, en lui trancha la tête et en l’envoya en signe de victoire au Calife Yazid.

    Un seul miraculé a échappé à ce carnage : un jeune enfant d’Al Hussein, Ali, sauvé par sa tente.

    La vengeance des chiites

    Avec la mort d’Al Hussein, fils de Ali et petit-fils du Prophète, en 61 de l’Hégire, le Chiisme en tant que mouvement politico-religieux prendra naissance. Les Chiites ne veulent plus seulement remettre le Califat aux mains de Ahl Al Bayt mais ils incluent dans leur dogme la vengeance d’Al Hussein.

    Mais avec cet événement, le Chiisme connaîtra aussi des difficultés (Absence d’un chef charismatique d’une part et divergence sur le quatrième Imam d’autre part) ainsi que des transformations.

    En effet, pour ce qui est des difficultés, après la mort d’Al Hussein il n’y avait plus qu’un seul mâle dans la famille de Ali et de Fatima (fille du Prophète) susceptible de prétendre à l’Imamat : Ali Zine Al Abidine, qui fut le seul rescapé mâle de la bataille de Kerbala.

    Seulement, à la mort de son père, Ali n’était qu’un petit garçon incapable de conduire la révolte et la vengeance des Chiites. En plus, il n’était pas l’unique mâle dans la (grande) famille du Prophète. Il y avait aussi, Ibn Al Hanfya, qui est le fils de Ali -mais pas de Fatima- et qui prendra la direction spirituelle du mouvement.

    Et là réside l’un des premiers problèmes du Chiisme : en effet, alors que la définition de Ahl Al Bayt, devrait englober toute la famille du Prophète (cousins, oncles, tantes…) les Chiites ne considèrent membres de cette famille -et donc prétendants à l’Imamat- que les descendants mâles de Ali et Fatima.

    Nous verrons plus loin l’explication politique de l’exclusion du reste des membres de la famille (et notamment de Ibn Hanfya) qui ne verra le jour que suite à l’échec d’Ibn Hanfya à reconquérir l’Imamat.

    Car au temps de Ibn Hanafya, les Chiites le considéraient bien comme leur quatrième Imam.

    La preuve : après la mort d’Al Hussein, une délégation de Chiites est envoyée à Ibn Hanfya pour l’informer des préparatifs des Chiites et prendre son avis à propos de Al Mokhtar (duquel nous parlerons plus loin).

    Autrement dit, à cette époque, les Chiites considéraient que tant que Ibn Hanfya, le troisième fils de Ali était en vie, Ali Zine Al Abidine n’avait aucun droit à l’Imamat… une position qui changera par la suite.

    Pour ce qui est des nouveautés dans le Chiisme de cette époque on notera la nouvelle distinction faite entre le chef spirituel et le chef politique -ou guerrier- des Chiites :

    Ibn Hanfya et tous les Imams qui lui succéderont seront des chefs spirituels loin de la politique contrairement à Ali, Al Hassan et Al Hussein.

    ***

    Très vite -dès 62 de l’Hégire- les Chiites s’organisèrent sous l’égide de Soliman fils de Sourad et commencèrent à recruter de nouveaux partisans pour venger Al Hussein.

    En quelques années ils réussirent à rassembler plus de 15.000 combattants.

    Profitant de la mort accidentel du Calife Yazid en l’an 65 de l’Hégire, Ibn Sourad entra en guerre contre l’armée Omeyyade conduite par le gouverneur de Koufa, le sanguinaire, Ibn Zied. Mais des 15.000 combattants, il ne pourra compter que sur 3000 cavaliers. La mission de Ibn Zied fut donc facile et il n’aura pas beaucoup de peine à écraser la rébellion Chiite en tuant son chef politique Ibn Sourad.

    A ce moment précis, une étoile montante du chiisme, Al Mokhtar, prendra sa place dans la direction politique du mouvement. Il ferra allégeance au troisième fils de Ali, Ibn Al Hanfya, et se chargera de venger Al Hussein.

    Les historiens parlent à son propos d’un homme très intelligent ; rusé et opportuniste alors que les chiites l’élèvent au rang d’un saint à partir du moment ou il a réussit ou tous les autres faillirent : il a vengé Al Hussien.

    Après la mort de Ibn Sourad, en 65 de l’Hégire, Al Mokhtar réussit à réunir autour de lui plus de 24.000 soldats pour combattre Ibn Zied. Ce dernier sera en effet capturé par l’armée de Al Mokhtar, son armée vaincue et lui torturé puis décapité.

    Les narrations de la torture de l’ancien gouverneur de Koufa, Ibn Zied, sont insupportables : on lui enlevait des tranches de chair de sa cuisse qu’on l’obligeait à avaler après les avoir grillait !

    On en fit de même pour tous les responsables de la mort d’Al Hussein qui s’étaient réfugiaient dans l’armée de Ibn Zied.

    La tête d’Ibn Zied ainsi que les têtes de la majorité de ses soldats furent tranchées et envoyées en trophées de guerres à Koufa pour Al Mokhtar.

    Bilan : les sources Chiites parlent de quelques vingt mille têtes !

    Ainsi les Chiites vengèrent la mort d’Al Hussein.

    La consolidation du dogme

    Nous avons déjà vu, comment le Chiisme a commencé à se constituer en tant que mouvement politico-religieux dès l’an 61 de l’Hégire (date de l’assassinat d’Al Hussein) et ce en instaurant comme premiers éléments du dogme chiite : la vengeance d’Al Hussein et la revendication du Califat (devenu Imamat) pour Ahl Al Bayet.

    Avec Ibn Hanafya et Al Mokhtar, la construction se poursuivra et ces deux personnages auront beaucoup d’influence sur l’évolution postérieure du Chiisme.

    ***

    Nous sommes en 67 de l’Hégire lorsque l’armée d’Al Mokhtar livre bataille à celle de Abd Allah Ibn Zoubayr (le Calife du Hijaz qui avait profité de la faiblesse de la dynastie Omeyyade pour proclamer en 60 de l’H. son Califat et qui fut à cette époque militairement plus fort que les Omeyyades) conduite par son frère Mosab.

    Ibn Zoubayr avait peur de la nouvelle ‘‘puissance militaire’’ qui était entrain de se constituer entre les mains des Chiites.

    Seulement, les armées zoubayrites n’ont pas eu beaucoup de mal à écraser Al Mokhtar et son armée.

    ***

    Voila pour les événements politiques de cette époque. Voyant maintenant la situation sur le plan dogmatique.

    Ce qui est perceptible dans la constitution du Chiisme -et vous allez le remarquer- et que chaque fois que les Chiites perdent un Imam ou un dirigeant, leur dogme se radicalise de plus en plus…

    Cela va se vérifier encore après la défaite de Al Mokhtar :

    D’abord, Al Mokhtar qui est considéré par les Sunnites comme un charlatan, est pour les Chiites un saint serviteur du quatrième Imam.

    A coté du rôle politico-militaire qu’il joua (en tant que lieutenant de Ibn Hanafya), cet homme prétendait être capable d’illumination divine.

    Le grand historien Tabari nous raconte même que plusieurs de ses prédictions se révélèrent justes.

    Al Mokhtar sera ainsi derrière la naissance de l’un des principes du Chiisme : le Bida selon lequel Dieu aurait changé le cours des choses initialement prévues parce qu’il il a eu de nouvelles choses qui lui sont apparues.

    Pour les Sunnites, ce genre d’analyse est inadmissible : la science de Dieu ne saurait connaître d’altération ou de changement… et toute personne qui croit à la Bida est hérétique.

    Pour les Chiites par contre, la Bida (le changement) n’a pas lieu dans les sciences divines mais dans l’ordre des choses…

    Ensuite, quelques décennies après la mort d’Al Mokhtar, le Chiisme se radicalisera de plus en plus : les Chiites ne revendiquent plus seulement la vengeance d’Al Hussein et le retour du Califat aux mains de Ahl Al Bayt mais ils élargiront le cercle de leur ennemis : ce ne sont plus les Omeyyades seulement mais aussi et surtout les deux premiers Calife de l’Islam : Abou Bakr et Omar.

    Le pourquoi de cette évolution ?

    A cette époque, le Chiisme développa l’un de ses plus important principes : l’Imamat n’est pas un simple pouvoir politique, mais c’est aussi et surtout une continuation de la Prophétie.

    Sans Imamat, la Prophétie sera incomplète et le dessein de Dieu sur la terre inachevé : L’imamat est une pierre angulaire de l’islam.

    Pour son importance, l’Imamat ne peut pas être hérité et l’imam ne peut être choisi par les croyants. Il doit recevoir explicitement la mission de l’ancien Imam et doit être de la descendance de Ali et de Fatima.

    Poursuivant leur analyse, les Chiites considèrent que le Prophète aurait donc désigné l’Imam qui lui succéderait : Ali.

    Dans ce cas, Abou Bakr et Omar qui n’auraient pas donnés suites aux injonctions du Prophète, auraient commis un péché capital.

    Ainsi, nous remarquons que les premières divergences de taille entre les Sunnites et les Chiites remontent à cette époque (fin du premier siècle de l’Hégire – début du deuxième).

    A suivre…

    Tags : Religion, Islam, Sunnite, chiite, Maroc, Algérie, Tunisie, Arabie Saoudite, Irak, Iran,





  • Cinq choses à savoir sur Antony Blinken, le choix de Biden pour Secrétaire d’État

    Le président élu Biden a choisi cette semaine Antony Blinken, un assistant de longue date et l’un de ses plus proches conseillers en politique étrangère, pour le poste de secrétaire d’État.

    Blinken a une vaste expérience en matière de politique étrangère, et s’il est confirmé, il devra faire face à une série de défis émergents et persistants, le tout au milieu d’une pandémie dangereuse.

    Voici cinq choses à savoir sur Blinken.

    Blinken a une relation de travail de plusieurs années avec Biden

    La relation entre Blinken et Biden remonte à des décennies.

    Lorsque Biden a été président et membre de rang de la commission des relations étrangères du Sénat, Blinken a été son directeur du personnel démocrate pendant six ans. Il a ensuite suivi Biden à la Maison Blanche lorsque le sénateur a été élu vice-président, en tant que conseiller à la sécurité nationale de Biden.

    Blinken a ensuite occupé divers postes dans l’administration Obama, notamment en tant qu’assistant du président Barack Obama et en tant que principal conseiller adjoint du président pour la sécurité nationale.

    Il était de nouveau aux côtés de Biden après avoir lancé sa candidature à la présidence, en tant que conseiller clé en politique étrangère pour la campagne.

    Blinken a déclaré mardi qu’il acceptait sa nomination, a déclaré que sa relation avec le président élu avait été le point culminant de sa carrière professionnelle.

    “Monsieur. Président élu, travailler pour vous – et vous avoir comme mentor et ami – a été le plus grand privilège de ma vie professionnelle », a déclaré Blinken.

    Et Biden, en annonçant Blinken comme son choix en chef de la politique étrangère, l’a appelé l’un de ses «conseillers les plus proches et les plus fiables».

    Blinken s’est concentré sur le Moyen-Orient

    Blinken a reconnu qu’il était devenu hyper concentré sur la politique étrangère au Moyen-Orient après les attentats terroristes du 11 septembre et à nouveau pendant l’invasion américaine de l’Irak.

    Lorsque Biden était au Sénat, Blinken l’a aidé à élaborer un plan pour remédier aux divisions en Irak. Il a plaidé pour essayer de diviser les Irakiens par leur identité ethnique ou sectaire afin de créer trois zones qui auraient la capacité de se gouverner elles-mêmes. L’idée a cependant été largement rejetée, y compris par le Premier ministre irakien de l’époque.

    Pourtant, Blinken a façonné la politique américaine au Moyen-Orient.

    Sous l’administration Obama, il était responsable de la construction d’une coalition de dizaines de pays qui travaillaient pour contrer Daech dans la région. Blinken a également présidé les efforts de l’administration pour décider de la politique étrangère, qui portait sur des questions comme l’Afghanistan et le programme nucléaire iranien.

    Blinken veut remonter le moral de l’État

    En tant que secrétaire d’État adjoint sous l’administration Obama, l’un des derniers moments de Blinken – et des moments les plus mémorables selon à qui vous le demandez – a été tenu hors de la vue du public lors de la fête de vacances de l’agence, où il a pris la guitare dans le groupe du département d’État pour jouer. un riff sur un air de Bob Dylan, avec les paroles changées en hommage au personnel.

    «Il joue avec ses collègues du gouvernement depuis un certain temps», a déclaré Halie Soifer, qui a servi au département d’État sous Blinken.

    Aussi dans le groupe était Rep. Tom Malinowski (D-N.J.), Qui à l’époque était secrétaire adjoint, Bureau de la démocratie, des droits de l’homme et du travail.

    Blinken, en acceptant sa nomination au poste de secrétaire d’État du Delaware mardi, a remercié ses «compagnons de bande» aux côtés de ses collègues des administrations Obama et Clinton, du Sénat et du département d’État.

    «C’est vraiment ce que cela symbolisait. Il n’était pas seulement un leader en tant que secrétaire adjoint, en termes de prise de décisions au sommet, il était un leader en termes de soutien à l’ensemble du bâtiment », a déclaré Soifer.

    Lew Lukens, qui a été chef de mission adjoint à l’ambassade des États-Unis à Londres dans l’administration Obama jusqu’en 2018, a décrit Blinken comme «humble et discret», mais a déclaré qu’il apporterait une compréhension et une appréciation profondes au département d’État et qu’il est «bien informé et réfléchi aux priorités de Biden.

    “Je pense qu’il est clair que ce sera une équipe qui reconnaît l’importance de travailler avec des alliés et des partenaires pour faire face aux menaces mondiales et transnationales”, a déclaré Lukens. «Ils comprennent que nous pouvons mieux lutter contre le terrorisme, les pandémies, le changement climatique et d’autres menaces en travaillant en collaboration avec des pays partageant les mêmes idées au lieu de suivre une approche« américaine d’abord / seul ».»

    Blinken est le beau-fils d’un survivant de l’Holocauste

    Blinken a crédité sa vision des États-Unis comme étant façonnée à la fois par son père, qui a servi dans l’armée de l’air pendant la Seconde Guerre mondiale et était ambassadeur en Hongrie, ainsi que son beau-père, un survivant de l’Holocauste qui voyait les États-Unis comme un phare de liberté et liberté.

    Il a souligné leurs deux histoires dans ses remarques de mardi acceptant sa nomination, appelant son père Donald Blinken son modèle et son héros.

    Blinken a également raconté comment son beau-père, Samuel Pisar, est venu en Amérique. Pisar, l’un des rares membres survivants de sa famille, se cachait dans les bois polonais pour échapper à l’une des dernières marches de la mort à la fin de la Seconde Guerre mondiale, quand il a vu un char avec une étoile blanche à cinq branches peinte dessus. .

    «Il a couru vers le réservoir. La trappe s’ouvrit. Un Afro-américain G.I. le regarda. Il tomba à genoux et prononça les trois seuls mots qu’il savait en anglais que sa mère lui avait enseignés: «God Bless America». Le G.I. l’a emmené dans le réservoir, en Amérique, dans la liberté », a déclaré Blinken.

    Dan Fried, ancien ambassadeur américain et vétéran du service extérieur qui connaît Blinken depuis des décennies, a déclaré qu’il pensait que cette histoire illustre la vision de la politique étrangère de Blinken.

    «Je ne lui ai jamais dit cela, mais je soupçonne que sa réflexion sur la politique étrangère est dérivée de son sens de l’identité de l’Amérique en tant que pays de valeurs», a-t-il déclaré dans une interview avec The Atlantic Council, «un pays qui pourrait soulever son réfugié. beau-père en Amérique, et un pays qui savait que l’avancée de ses valeurs et intérêts était en quelque sorte liée.

    Blinken a deux jeunes enfants

    Blinken entrera dans le travail exigeant à un moment où lui et sa femme auront deux jeunes enfants à la maison, faisant de lui le premier secrétaire d’État des temps modernes à avoir de jeunes enfants en bas âge, y compris un enfant d’un an.

    Blinken est mariée à Evan Maureen Ryan, qui a également été actif dans la politique américaine. Les deux se sont rencontrés alors qu’ils servaient dans l’administration Clinton.

    Pendant son temps au gouvernement, Blinken a également montré un intérêt pour l’éducation précoce. En septembre 2016, Blinken est apparu dans la célèbre émission pour enfants Sesame Street dans le cadre d’un effort de sensibilisation au sort des réfugiés et au travail des Nations Unies.

    «Ce sera inspirant pour les parents qui travaillent partout dans le monde de voir le plus haut diplomate américain en action car il aide également à élever deux enfants en bas âge», a tweeté Samantha Power, son ancienne collègue qui a été ambassadrice d’Obama aux Nations Unies. «Merci à Tony et à l’incomparable Evan Ryan pour leur sacrifice familial.»

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    Source : The Hill

     

  • La recomposition géo-politique programmée du Moyen Orient

    par Pierre Hillard

    Les tensions et les violences qui secouent le Moyen-Orient depuis l’intervention israélienne au Liban, le 12 juillet 2006, ne sont que la partie visible d’un immense enjeu politique, économique, religieux et philosophique opposant l’Occident aux Etats islamiques de la région. L’occupation américaine de l’Irak en mars 2003 a permis le lancement d’un projet révolutionnaire en vue de remodeler une vaste zone géographique allant du Maroc au Pakistan: le Grand Moyen-Orient. Derrière cette appellation, c’est une recomposition profonde qui attend ces pays musulmans. Beaucoup de théories et de supputations courent sur les ambitions des Etats-Unis et d’Israël au sujet de la politique poursuivie par leurs dirigeants. Cependant, des signes avant-coureurs apparaissent et permettent d’apercevoir concrètement les plans en cours. C’est tout l’enjeu des cartes ci-jointes appelant à recomposer le Moyen-Orient.

    Ces cartes (« before » : situation en 2006 (ci-dessus) et « after » : situation après recomposition (ci-dessous)) sont parues dans une revue militaire américaine, AFJ (Armed Forces Journal), en juin 2006 sous la plume d’un lieutenant-colonel américain à la retraite, Ralph Peters. Ce dernier s’est illustré dans une division d’infanterie mécanisée à partir de 1976 pour, ensuite, poursuivre ses activités dans le renseignement militaire en 1980. Auteur de nombreux ouvrages traitant de la stratégie et des relations internationales, Ralph Peters s’est retiré officiellement de l’armée en 1999. Cependant, ses contacts restent étroits avec ce milieu puisqu’il fait partie de l’équipe dirigeante d’AFJ. Cette revue n’est qu’une partie d’un véritable empire de la presse militaire américaine. Fondé en 1863, ce mensuel s’adresse aux officiers des Etats-Unis traitant de sujets aussi variés comme : la technologie militaire, la logistique, la stratégie, la doctrine ou encore la tactique. En fait, AFJ est coiffé par une maison mère, Army Times Publishing Company, dont les publications s’articulent autour de trois axes :

    The Military Times Media Group qui publie: Army Times, Navy Times, Air Force Times et Marine Corps Times.
    The Defense News Media Group, groupe mondial des revues de défense et qui publie: Defense News, Armed Forces Journal (AFJ), Training § Simulation Journal et C4ISR Journal (renseignement, surveillance et reconnaissance).

    The Federal Times, hebdomadaire d’informations traitant des nouvelles technologies et des sujets financiers.

    Depuis le 1er août 1997, Army Times Publishing Company est une filiale d’un groupe encore plus puissant, la société Gannett. Fondé en 1906 par Frank Gannett, cet empire de presse et des médias publie aux Etats-Unis près de 90 quotidiens dont les plus connus sont USA Today et USA Weekend et contrôle 22 stations de télévision. Ses activités débordent aussi au Royaume-Uni puisque 17 quotidiens sont sous son influence. L’ensemble génère des revenus financiers colossaux estimés à 7,6 milliards de dollars pour 2005.

    Cette présentation permet de mieux saisir dans quel milieu la revue AFJ évolue et la signification des travaux de Ralph Peters. En effet, les propositions de ce dernier et les appels lancés à un changement radical des frontières du Moyen-Orient ne sont évidemment pas le résultat des réflexions d’un seul homme soucieux d’occuper son temps. De nombreuses études ont été lancées au sein des instances militaires américaines comme dans de nombreux think tanks appelant à revoir les limites frontalières de ces Etats. Comme le montre la carte (« after »), les modifications apportées aux frontières sont le fruit d’une lente mais sûre réflexion intellectuelle dont la publication dans une revue militaire américaine de haut rang n’est pas l’effet du hasard. Le but recherché est aussi de tester les réactions en particulier celles des musulmans de la région. Cela dit, il ne faut pas voir ce document comme définitif. En fait, c’est un prototype susceptible de connaître des changements que certains appelleraient des variables d’ajustement. En réalité, l’intérêt majeur de ces travaux est de révéler que les instances militaires et politiques des Etats-Unis se sont résolument engagées dans un domaine en n’hésitant plus à l’officialiser. En même temps, cette entreprise doit se faire en adéquation avec Israël concerné au premier chef par ces bouleversements. A l’égard de ce pays, Ralph Peters se définit comme un ami « de longue date » (New York Post, 22 juillet 2006).

    L’article de ce militaire américain, intitulé « Frontières ethniques, que faire pour améliorer le Moyen-Orient », part du principe qu’il faut lever le tabou de la sacro-sainte frontière inamovible. Pour l’auteur, les nouvelles frontières doivent se modeler en fonction du critère ethnique et confessionnel. Même s’il n’est pas possible de tracer des frontières respectant la totalité des particularismes en tout genre nombreux et numériquement très variables, il faut pour Ralph Peters se rapprocher au maximum de ce concept.

    Comme il le souligne : « Nous parlons de difformités énormes faites par les hommes qui n’arrêteront pas de générer la haine et la violence tant qu’elles n’auront pas été corrigées ». Dans son esprit, il s’agit de remettre radicalement en cause les frontières nées des Accords Sykes-Picot de 1916 préparant le démantèlement de l’Empire ottoman.

    En observant l’ensemble de cette zone en partant de la Péninsule arabique, on constate immédiatement le démantèlement du royaume d’Arabie Saoudite. Les propos de l’auteur sont très clairs à l’égard d’un pays qui a bénéficié de la protection américaine suite aux discussions entre le président Roosevelt et le roi Ibn Saoud, le 14 février 1945, à bord du croiseur USS Quincy. Désormais, le royaume d’Arabie Saoudite passe à la trappe. Deux grandes entités territoriales échappent à l’autorité de Riyad. Sur la côte Ouest, il s’agit de créer un « Etat sacré islamique ». Comme le précise Ralph Peters dans des propos lourds de conséquences : « La cause principale de la large stagnation du monde musulman réside dans le traitement réservé à la Mecque et à Médine considérés comme leur fief par la famille royale saoudienne. Les lieux saints de l’Islam soumis au contrôle de la police d’Etat de la part d’un des plus bigots et oppressifs régimes au monde ont permis au Saoud (ndlr : la famille régnante d’Arabie Saoudite) de projeter leur croyance wahhabite à la fois intolérante et disciplinée au-delà de leurs frontières. (…) Imaginez comme le monde musulman se sentirait mieux si la Mecque et Médine étaient dirigés par un Conseil représentatif tournant issu des principales écoles et mouvements de l’Islam dans le monde au sein d’un Etat sacré islamique – une sorte de super Vatican musulman – où l’avenir de la foi serait débattu au lieu d’être arbitrairement fixé ».

    Ce point est capital puisqu’il révèle la volonté de réformer l’Islam afin de l’adapter aux principes occidentaux. Une sorte « d’Islam des Lumières » élaboré au cœur de cet Etat sacré islamique permettrait de rayonner sur l’ensemble du monde musulman et de remodeler les esprits afin qu’ils épousent pleinement la philosophie mondialiste. Il est vrai que contrôler les esprits a toujours permis de contrôler les hommes. C’est d’ailleurs dans le même ordre d’idée que l’on retrouve ces mesures préconisées par la Fondation Bertelsmann, think tank allemand qui, dans ses travaux débattus dans le cadre des « Discussions de Kronberg » en 2002 et 2003 (Europe, the mediterranean and the Middle East, strengthening responsibility for stability and development et Die Zukunft der europäischen Politik im Nahen Osten nach dem Irak Krieg), relève l’inadéquation de l’Islam à l’évolution du monde moderne et prône une refonte des mentalités et la remise en cause des frontières. Ces recommandations allemandes soulignent aussi la convergence des buts à atteindre de part et d’autre de l’Atlantique pour refondre entièrement le Moyen-Orient. Il est vrai aussi que les concepts ethno-confessionnels développés par Ralph Peters cadrent parfaitement avec la vision ethniciste germanique.

    Sur la côte du Golfe persique, c’est la province de Hassa dont la population est majoritairement chiite qui est détachée de l’Arabie Saoudite et intégrée à un « Etat chiite arabe », vestige d’un Irak littéralement explosé. L’application de cette mesure entraînerait la mort économique du royaume car c’est à cet endroit que se concentre l’essentiel de l’extraction des hydrocarbures autour de la triade Dammam-Dharhan-Al-Khobar. L’Etat chiite arabe verrait ses réserves pétrolières et gazières monter en flèche et deviendrait incontournable car, outre les vastes ressources de Hassa et de la production off-shore, il faudrait ajouter celles de la région de Bassora (ex-Irak) et des provinces arabes iraniennes, détachées de Téhéran, riches en hydrocarbures jouxtant le Chatt el-Arab (Arabes chiites du Khouzistan et Arabes sunnites du Bouchir). De plus, Riyad perdrait ses provinces du Sud (Jizrane, Najran et l’Assir) au profit du Yémen, territoires acquis en 1934 lors du Traité de Taëf, et qui ont conservé leur identité yéménite. Enfin, la curée sera complète avec l’octroi d’une façade maritime à la Jordanie, Etat pro-occidental, en arrachant à l’Arabie Saoudite les provinces de Tabouk et une partie du Jouf.

    La destruction du royaume des Al Saoud affichée par la carte (« after ») de Ralph Peters n’est que la confirmation de projets élaborés au sein de certaines instances américaines. David Rigoulet-Roze, spécialiste du Moyen-Orient, dans son ouvrage « Géopolitique de l’Arabie Saoudite » (Editions Armand Colin) le souligne clairement :

    « Il y eut notamment la publication le 6 août 2002, par le Washington Post, d’un briefing qui a eu lieu le 10 juillet 2002 au Defense Policy Board (DPB, ndlr : organisme de planification stratégique créé en 1985 par Donald Rumsfeld), alors dirigé par le très influent Richard Perle, surnommé le Prince des ténèbres lorsqu’il officiait au Pentagone entre 1981 et 1987 sous l’administration Reagan. Au cours de ce briefing, l’Arabie Saoudite avait été qualifiée par Laurent Murawiec, un analyste du prestigieux centre de recherches stratégiques de la Rand Corporation, de pays ennemi. (…) Pire encore, Murawiec avait évoqué la légitimité de sanctions, dont le gel des avoirs saoudiens, voire… la scission de la province orientale du royaume renfermant ces gisements et ces réserves pétrolières qui font de l’Arabie le maître du quart des réserves d’or noir.

    (…) Quelques temps seulement après l’affaire Murawiec, c’était au tour d’un think tank proche des néo-conservateurs, le Hudson Institute – dont Perle est membre, et où officie désormais Murawiec – de reprendre et de développer les idées avancées par le DPB. Etait alors ouvertement évoqué un plan de démantèlement de l’Arabie Saoudite qui, en réalité, existe depuis la fin des années 70, à l’initiative d’Henry Kissinger, alors Secrétaire d’Etat de l’Administration Nixon. (…) C’est également dans le même ordre d’idées que semble s’inscrire un rapport remontant à la fin de l’année 2002, circulant au plus haut niveau dans les milieux officiels de Washington. Il envisagerait rien moins que le démembrement pur et simple de l’Arabie Saoudite selon le scénario suivant : les Lieux saints de la Mecque et de Médine se verraient confiés aux Hachémites qui, en tant que descendants du Prophète, bénéficient d’une légitimité qui fait largement défaut à la dynastie des Al Saoud et la province du Hassa serait poussée à faire sécession dans le but de se constituer en Emirat pétrolier. »

    Les révélations de ce spécialiste français continuent sur la même lancée puisqu’il affirme la volonté des Etats-Unis de favoriser une « recomposition politique radicale du Moyen-Orient qui passerait notamment en Irak même par une dévolution du pouvoir à la majorité chiite par les grâces d’une démocratie arithmétique ». C’est justement ce que révèle la carte (« after ») de Ralph Peters où l’Etat irakien a disparu au profit d’un Etat chiite arabe et d’un résidu appelé « Irak sunnite » que le militaire américain propose même d’unifier à la Syrie qui, entre-temps, a perdu sa façade maritime au profit d’un Grand Liban. Il est même évoqué sous sa plume la renaissance de l’antique Phénicie (Phoenecia reborn) tandis que l’Etat d’Israël est conservé dans ses frontières d’avant 1967. Il est étonnant de constater, en raison du véritable chambardement des frontières au Moyen-Orient, que Ralph Peters conserve le territoire de la Cisjordanie (West Bank) au rang de statut indéterminé. Peut-être que le statut définitif de Jérusalem, siège de trois grandes religions, nécessite de ne pas révéler tout de suite l’avenir d’une zone éminemment convoitée.

    En tout cas, la partition de l’Irak sur la carte (« after ») commence à prendre forme sur le terrain. L’ambassadeur britannique à Bagdad, William Patey, et le général américain John Abizaid ont clairement affiché leurs craintes d’une guerre civile suivie d’une division du pays comme l’a révélé un document confidentiel publié par la BBC (Spiegelonline, 3 août 2006). Leurs affirmations ne font que confirmer les propos du journal d’Istanbul, Vatan, qui évoquait les propos tenus à des représentants turques par des responsables américains, début 2006, au sein des think tanks de Washington : « Arrêtez de vous soucier de l’intégrité territoriale de l’Irak. En réalité, ce pays est déjà divisé ! Vous [les Turcs] feriez mieux de vous préoccuper maintenant de votre Sud-Est [région à majorité kurde]. Essayez d’imaginer quelles seront les répercussions de l’autonomie du Kurdistan irakien dans votre pays » (Courrier International n°805).

    C’est d’ailleurs le même son de cloche de la part des dirigeants européistes de Bruxelles qui susurrent à Ankara que « Si la Turquie se séparait de son Sud-Est, elle entrerait plus facilement dans l’Union européenne » (Courrier International n°805). L’ethno-régionalisme prôné par les instances bruxelloises ne ferait qu’accélérer le phénomène de décomposition de l’Etat turc. Finalement, les propos de Ralph Peters ne font que confirmer ces prises de position puisqu’il ajoute qu’un cinquième de la partie Est de la Turquie est un « territoire occupé » et qu’un « Kurdistan libre, s’étendant de Diyarbakir jusqu’à Tabriz deviendrait l’Etat le plus occidental entre la Bulgarie et le Japon ».

    La création d’un Etat kurde (Free Kurdistan) construit à partir des territoires Sud-Est de la Turquie, du Nord de la Syrie et de l’Irak, et de l’Ouest de l’Iran aboutirait à l’émergence d’un bloc estimé à environ 30 millions d’habitants. Fort des installations pétrolières de Kirkouk, cet Etat kurde pro-américain serait avec l’Etat chiite arabe les deux grands pôles de la production d’hydrocarbures et de gaz du Moyen-Orient. L’importance de cet Etat kurde serait d’autant plus grande que l’oléoduc BTC évacue le pétrole de la Mer Caspienne à partir de Bakou (Azerbaïdjan), passe par Tbilissi (Géorgie) pour, ensuite, traverser tout le Sud-Est de la Turquie et aboutir à Ceyhan en Méditerranée. Les Kurdes seraient donc les grands maîtres de ce corridor énergétique voulu par les Américains en 1994. En plus du pétrole, il faut ajouter l’autre grande richesse, l’eau. Le « Grand projet anatolien » (GAP) poursuit l’objectif, grâce à 22 barrages, de dompter le Tigre et l’Euphrate qui prennent leurs sources dans les montagnes kurdes. L’achèvement de ce projet qui doit avoir lieu vers 2013, permettant l’irrigation de 1,7 million d’hectares et la production d’électricité, sera une arme redoutable aux mains de l’Etat kurde et pèsera lourdement sur la vie des habitants de tout le Moyen-Orient.

    A l’Est des Etats kurdes et chiites, l’Iran est remodelé en fonction des critères ethniques. Après avoir cédé sa partie kurde, la zone turcophone du Nord est octroyée à l’Azerbaïdjan. En revanche, la province iranienne du Khorasân s’agrandit vers l’Est en acquérant le territoire Ouest de l’Afghanistan, la région de Hérat, en conformité avec la volonté de Ralph Peters de reconfigurer la région selon les critères ethno-linguistiques. Comme le confirme Bernard Hourcade, directeur au CNRS (équipe de recherche : monde iranien), dans son ouvrage « Iran, nouvelles identités d’une République » (Editions Belin) : « L’immense province de Khorasân, (…) les limites anciennes incluaient les régions de Hérat dans l’actuel Afghanistan et celles de Samarcande et Boukhara en Ouzbékistan ». Enfin, un « Baloutchistan libre » (Free Baluchistan) est créé à partir des deux entités iraniennes et pakistanaises tandis que l’Afghanistan se voit agrandi au dépens du Pakistan jusqu’au fleuve Indus afin d’y rattacher les populations pachtounes. L’Etat pakistanais réduit de près de la moitié de sa superficie verrait sa puissance économique fortement amoindrie au point d’être incapable de servir d’allié de revers au profit de la Chine face à l’Inde. Sur ce point, les Etats-Unis seraient gagnants. Seuls des Etats comme Oman, le Qatar, les Emirats arabes unis et le Koweït échappent à ces modifications. Cependant, cette carte (« after ») étant un prototype, rien n’interdit à leurs concepteurs de se rattraper. En tout cas, la finalité américaine est de contrôler tout ce Moyen-Orient par la parcellisation ethnique et religieuse selon le bon vieux principe « diviser pour régner ». Les Etats-Unis, cherchant à s’assurer la production d’hydrocarbures à leur profit, seraient en mesure de priver la Chine, puissance montante et rivale, de l’arme énergétique si nécessaire à son accession à la cour des grands.

    L’impression générale qui se dégage du remodelage annoncé par cet auteur comme de la part de nombreux think tanks américains et allemands est celle d’un bouleversement mettant à feu et à sang ces pays du Moyen-Orient. En effet, on ne voit pas ces Etats se laisser charcuter, voire disparaître, sans se laisser faire. Comment réagira, par exemple, le Pakistan qui possède l’arme nucléaire ? En réalité, l’objectif est d’intégrer ces immenses territoires à la sphère d’influence occidentale. Le discours de Joschka Fischer à la 40è Conférence de Munich sur la politique de sécurité dans le cadre de l’OTAN, le 7 février 2004, annonçait la volonté du monde occidental de mettre ces pays du Moyen-Orient aux normes euro-atlantistes. Ces mesures furent confirmées par « l’alliance germano-américaine pour le XXIè siècle » signée, le 27 février 2004, entre le président Bush et le chancelier Schröder à Washington, annonçant la couleur : « Nous devons construire un véritable partenariat qui relie l’Europe et l’Amérique aux Etats du Proche et Moyen-Orient (…) ». Cette immense construction politique et métaphysique doit obligatoirement obéir à des règles communes qui sont politiques, économiques et civilisationnelles.

    Une logique, mais une logique folle, anime les concepteurs de ce projet. C’est le think tank German Marshall Fund (GMF) qui, indirectement, a révélé l’engagement profond des instances atlantistes. En effet, il s’est engagé sous l’égide du très influent Bruce Jackson à développer une nouvelle politique en Mer Noire intitulée « A new euro-atlantic strategy for the Black Sea region ». Il s’agit en liaison avec l’Union européenne de créer une eurorégion de la Mer Noire qui doit voir le jour pour 2007 selon les affirmations de Giovanni di Stasi, président du Congrès des Pouvoirs Locaux et Régionaux d’Europe (CPLRE). Or une « petite » phrase résume tout. Paru en 2004, le rapport du GMF dans sa préface précise que « La Mer Noire est la nouvelle interface entre la communauté euro-atlantique et le Grand Moyen-Orient ». Une « interface » géographique obéit aux lois de la physique. Pour fonctionner et jouer pleinement sa mission de charnière, cette interface doit s’articuler entre deux mondes, le bloc euro-atlantiste d’une part, et le bloc moyen-oriental d’autre part, régis par les mêmes lois et les mêmes concepts édictés par la philosophie mondialiste. Cela suppose nécessairement une refonte généralisée de cet espace arabo/perse musulman pour qu’il y ait adéquation. Pour réussir cette entreprise, les moyens mis en œuvre risquent d’aboutir à un chaos inimaginable dans cette région et, par ricochet, à l’échelle planétaire. Tout compte fait, les adeptes de cette politique ne font qu’appliquer les fameux vers du poème de Goethe, « l’apprenti sorcier », qui rappelaient : « Les esprits que j’ai réveillés ne veulent plus m’écouter ».

    Pierre Hillard

    Pierre Hillard est docteur en sciences politiques, B.I n°113 (*) est professeur d’histoire-géographie. Il a publié différents articles dans Le Figaro, Géostratégiques, Conflits Actuels, Intelligence et Sécurité, Balkans-Infos.

    Emission « Le Dessous Des Cartes »

    Source : Knowledge-TV

    Tags : Moyen Orient, Proche Orient, Palestine, Syrie, Irak, Arabie Saoudite, Liban, Emirats Arabes Unis,

  • Robert Baer, ancien agent de la CIA : «L’Iran est gagnant dans la bagarre avec les USA»

    Comme agent de la CIA, il a autrefois infiltré des organisations terroristes islamistes. Aujourd’hui, Robert Baer critique vivement le gouvernement de Trump pour ses actions en Iran et estime que l’Iran a l’avantage.

    Robert Baer, avant…

    …et après

    t-online.de : Quelle a été votre première pensée lorsque vous avez entendu le discours de Donald Trump sur les attaques iraniennes contre les bases usaméricaines en Irak ?

    Robert Baer : J’ai pensé – pas pour la première fois d’ailleurs – que Trump n’est pas dans son état normal. Ce qui est intéressant ici, cependant, c’est que le président a admis la victoire des Iraniens dans ce conflit actuel, même si cela a été enveloppé dans des phrases.

    De quelle manière ?

    Donald Trump a affirmé dans son discours que le peuple américain devrait être “extrêmement reconnaissant et heureux”. – “L’Iran semble céder.” Le vice-président Michael Pence a ensuite déclaré ” que nous sommes plus en sécurité aujourd’hui ” qu’avant l’assassinat de Qassem Soleimani. C’est une absurdité totale, car un Soleimani vivant n’était pas un danger aigu pour les USA, et la position de l’Iran n’a pas été affaiblie de façon permanente par l’assassinat. Après tout, le successeur de Soleimani, Esmail Ghaani, a confirmé qu’il poursuivra le parcours de son prédécesseur assassiné.

    “Ma stratégie à long terme conrte l’Iran est claire”-Dessin de Walt Handelsman

    Dans votre livre, “The Perfect Kill : 21 Laws for Assassins” [Manuel du parfait tueur : 21 lois pour assassins], vous avancez la thèse que le meurtre ciblé comme stratégie des services secrets ne fonctionne pas.

    C’est exact. Le livre est basé sur mon expérience en tant qu’agent usaméricain sur le terrain, en particulier en tant que membre d’une opération en Irak impliquée dans l’assassinat planifié de Saddam Hussein. A l’époque, je me suis demandé ce que je faisais là. J’étais au milieu d’un champ de bataille avec une Kalachnikov à la main alors que les balles frappaient tout autour de nous. Peu après, j’ai été presque accusé par le FBI de tentative de meurtre sur Saddam Hussein. Dans ce livre, je traite de mes propres expériences, en passant par les assassinats ciblés de l’histoire, jusqu’à la guerre des drones d’aujourd’hui, qui d’ailleurs ne fonctionne pas non plus.

    Mais la guerre des drones n’est-elle pas vue par le Pentagone comme un succès sans précédent ?

    Je ne peux que vous dire que les déclarations et les allégations des agences de renseignement et des ministères de la Défense doivent être accueillies avec le plus grand scepticisme. L’utilisation massive des drones a été accélérée sous la présidence d’Obama. À l’époque, la CIA affirmait que cela servait à éliminer Al-Qaïda – une thèse très douteuse. Les drones provoquent principalement le chaos, répandent la peur et tuent de nombreux civils innocents. Si l’on suit la thèse selon laquelle une fin plus rapide de la guerre peut être obtenue grâce à l’abattage ciblé par des drones – ou, comme dans le cas de Soleimani, que des dangers ont été évités – alors c’est faux. L’utilisation de drones n’a ni permis d’éviter le danger ni d’instaurer la paix. Au contraire, les USA sont aujourd’hui beaucoup plus impliqués dans les conflits du Proche et du Moyen-Orient.

    De quelle manière ?

    Par exemple, depuis la liquidation de Ben Laden, il n’y a pas eu de stabilité, mais plutôt la montée de ” l’État islamique “. Il n’y a pas de preuve pour soutenir l’affirmation de la CIA selon laquelle des vies usaméricaines ont été sauvées par l’utilisation de drones. Je suis convaincu que les drones favorisent la terreur et la violence. Que ce soit dans le passé ou maintenant dans l’assassinat de Soleimani à Bagdad.

    Donc la stratégie de Trump contre l’Iran a échoué ?

    Trump n’a aucune stratégie, et ceux qui l’entourent ne connaissent pas la mentalité iranienne. En attaquant des bases usaméricaines en Irak, Téhéran a prouvé qu’il pouvait atteindre des cibles US dans la région avec une précision étonnante. Le fait que les USA aient été indirectement mis en garde par l’Iran afin d’éviter les morts du côté usaméricain ne change rien au fait que personne n’a pu intercepter les missiles. Les experts sont étonnés de la précision avec laquelle les missiles frappé, même si cela n’est pas publiquement admis. La compétence balistique des Iraniens est un fait et en même temps un avertissement qu’en cas de guerre on peut s’attendre à des pertes usaméricaines élevées. Les USA n’ont pas réussi à intercepter les missiles entrants avec leur système de défense aérienne – malgré l’avertissement préalable de Téhéran.

    Les USA ont-ils sous-estimé la réaction de l’Iran ?

    Oui. L’Iran est le gagnant dans bagarre. Téhéran a réussi à ramener le conflit d’une menace d’escalade militaire au niveau politique. Personnellement, je suis surpris que personne n’ait informé la Maison Blanche des conséquences possibles de l’attaque contre Soleimani.

    La déclaration de Trump, ses postures et ses déclarations le soulignent. Il a finalement reconnu son échec lorsqu’il a demandé à l’OTAN, qui à ma connaissance n’avait pas été informée auparavant, de s’impliquer davantage dans la région à l’avenir.

    Vous avez dit que l’administration usaméricaine n’a pas une connaissance très approfondie de la mentalité iranienne. N’est-ce pas aussi un échec des services de renseignement usaméricains ?

    La CIA et les autres services US ne sont guère actifs en Iran [sic, NdT]

    Qu’entendez-vous par là ?

    Le travail de la CIA est aujourd’hui dominé par la bureaucratie, la technologie moderne, la surveillance des réseaux sociaux, le contrôle des drones. Tout cela se passe dans les quartiers généraux, loin des zones opérationnelles, où presque personne ne parle les langues des pays concernés ou n’a de feeling pour les nations qui affectent les intérêts nationaux des USA.

    C’était différent à votre époque ? Ils avaient l’ordre d’infiltrer des organisations comme le Hezbollah ou Al-Qaïda.

    En effet. Nous avons risqué nos vies, nous nous sommes familiarisés au préalable avec la situation locale et avons étudié les langues et les cultures pendant des années. Ce n’était pas toujours comme James Bond, mais parfois ça l’était.

    Après l’attaque de Bagdad, le Premier ministre israélien Netanyahou a d’abord pris ses distances avec Washington. Il a dit que c’était une opération américaine et a souligné qu’Israël n’avait rien à voir avec elle.

    C’est vrai, il y a une profonde inquiétude en Israël concernant la compétence balistique des Iraniens – et pour cause. Le Hezbollah, l’un des plus proches alliés de Téhéran, est à proximité immédiate. C’est aussi une indication du désaccord entre Washington et Tel-Aviv. Les Israéliens sont profondément préoccupés par le fait que les troupes usaméricaines pourraient se retirer d’Irak, comme l’exige maintenant le gouvernement irakien. Cela augmenterait bien sûr l’influence iranienne là-bas. Mais les USA sont conscients de leur grande vulnérabilité sur le terrain, que les Iraniens leur ont maintenant fait comprendre une fois de plus.

    Quel est donc l’objectif stratégique de Téhéran ?

    Le gouvernement iranien considère les USA, la Grande-Bretagne et d’autres États occidentaux comme des puissances coloniales. Le but stratégique de Téhéran est de mettre fin à cette colonisation. La suprématie actuelle de l’Iran est le résultat d’erreurs occidentales. Cependant, la suprématie correspond également à la taille géographique et démographique de l’Iran. Donc, pendant que l’Occident essaie de freiner l’influence de l’Iran, ce pays fera tout ce qu’il peut pour maintenir et étendre cette influence.

    Voyez-vous une possibilité de désamorcer ce conflit à long ou moyen terme ?

    Seulement si Washington et Téhéran changent radicalement leurs orientations géopolitiques respectives. Actuellement, tant Washington que Téhéran ne remplissent pas les conditions nécessaires pour cela.

    Tlaxcala, 13 jan 2020

    Tags : Iran, Etats-Unis, Irak, missiles,

  • Irak arrête des suspects responsables de la fuite de données sur Suleimani aux États-Unis

    La sécurité irakienne arrête des suspects responsables de la fuite de données sur Souleimani aux États-Unis

    Qassem Suleimani, commandant de la Force Quds d’Iran, est tombé martyr tôt vendredi dernier, avec le sous-commandant des Unités de mobilisation populaire d’Irak (Al-Hashad Al-Shabi, en arabe), Abu Mahdi al-Muhandis et d’autres des combattants lors d’un assaut mené sur ordre direct du président américain Donald Trump, près de l’aéroport international de Bagdad.

    Les forces de sécurité irakiennes ont arrêté trois employés de l’aéroport de Bagdad pour leur coopération présumée avec les États-Unis dans l’assassinat du général iranien Qassem Suleimani.

    HispanTV a rapporté que selon des sources proches du groupe enquêtant sur l’attaque, ces trois suspects avaient divulgué des informations détaillées sur les mouvements de Suleimani vers Washington, qui a volé le jour de l’attaque de Bagdad, la capitale irakienne, après un voyage à Damas, en Syrie.

    Suleimani, commandant de la Force Qods iranienne, est tombé martyr tôt vendredi dernier, avec le sous-commandant des Unités de mobilisation populaire d’Irak (Al-Hashad Al-Shabi, en arabe), Abu Mahdi al-Muhandis et d’autres combattants dans une agression menée par ordre direct du président américain, Donald Trump, près de l’aéroport international de Bagdad.

    Les données fournies par les employés étaient essentielles pour les États-Unis. a consommé son opération aérienne contre le haut commandement iranien et ses compagnons dans la capitale irakienne.

    L’enquête se concentre principalement sur les interrogatoires du personnel de l’aéroport et les hypothèses impliquées dans le bombardement meurtrier américain.

    À leur tour, les autorités syriennes ont lancé une enquête parallèle à l’aéroport international de Damas pour recueillir davantage d’indices.

    Le Premier ministre intérimaire irakien, Adel Abdul-Mahdi, a déclaré qu’il s’attendait à rencontrer Suleimani le jour de son assassinat.

    En réponse à ce crime, le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) d’Iran a mené mercredi de fortes attaques de missiles contre des bases américaines en Irak, dans lesquelles le chef de file, l’ayatollah Sayyed Ali Jamenei, a décrit comme un simple « gifle “et non de vengeance.

    Selon des sources locales, les défenses antimissiles américaines n’ont pas réussi à intercepter un missile iranien tiré sur ses bases en territoire irakien et bien que la partie perse affirme qu’au moins 80 militaires américains sont morts, Trump a déclaré dans un message à la nation que il y avait des dommages entre les soldes.

    Après l’opération éclair de l’Iran, le président américain Il a retiré toutes ses menaces militaires précédentes contre le pays perse, bien qu’il ait affirmé qu’il n’y avait pas eu de morts dans l’offensive iranienne contre deux bases américaines.

    Al Mayadeen, 11 jan 2020

    Tags : Iran, Irak, Etats-Unis, Souleimani,

  • USA-Iran :Un conflit qui a réussi à aligner les élites, mais qui ne cache pas toutes les différences

    TUNISIE – La stratégie de “pression maximale” exercée sur l’Iran par le président américain, Donald Trump, qui a commencé avec la rupture de l’accord nucléaire et a abouti au meurtre du puissant général Qassem Soleimani, représente à la fois une menace et une bénédiction pour le régime des mollahs. En même temps que leurs sanctions mettent à genoux l’économie du pays, qui s’est contractée de près de 10% selon le FMI, le harcèlement intense de l’ennemi officiel du pays au cours des quatre dernières décennies excite le nationalisme perse et provoque une fermeture des rangs autour du gouvernement des élites du pays et d’une grande partie de l’opinion publique.

    L’Iran, héritier de l’ancien et puissant Empire perse, est une nation fière de son passé. Son histoire mouvementée du XXe siècle est le résultat de trois vecteurs idéologiques: le “modernisme” – bien qu’il soit plus approprié de parler d ‘”occidentalisme” -, l’islamisme et le nationalisme. Des trois, le seul capable d’unir la majorité de la société iranienne est le nationalisme, seul point commun entre le régime pro-américain de Sha Reza Pahlevi et la République islamique qui a été fondée par l’imam Ruhollah Khomeiny en 1979.

    Cette omniprésence du nationalisme iranien, au-dessus des profondes divisions idéologiques qui traversent la société iranienne, explique la foule qui s’est rassemblée ces derniers jours pour rendre hommage à Soleimani, le chef militaire le plus en vue du pays, un fait qui contraste avec la de nombreuses manifestations antigouvernementales récemment enregistrées.

    Dans un pays comptant des dizaines de prisonniers politiques, et donc sans enquêtes fiables, il est difficile de prendre le pouls de l’opinion publique. Probablement, une partie importante de la population iranienne s’est sentie humiliée par l’attaque américaine, sans vouloir dire qu’elle soutient le régime de manière transparente.

    Il ne fait aucun doute que le harcèlement des États-Unis a amené les élites politiques du pays, avec une histoire récente de dissidence, à resserrer les rangs. Depuis la mort du charismatique Khomeiny en 1989, la politique iranienne s’est structurée autour de la division entre «réformistes» et «conservateurs». Déjà sous la présidence de Mohammed Khatami à la fin des années 90, sa confrontation a atteint un haut degré d’acrimonie, mais son apogée a été en 2009, après la réélection de Mahmoud Ahmadinejad. Les réformistes ont dénoncé l’ajustement des élections, qui a donné lieu à la soi-disant “Révolution verte”, étouffée par le sang et le feu entre autres, les Gardiens de la révolution, l’organisme paramilitaire dirigé par Soleimani.

    “Sans aucun doute, le meurtre de Soleimani a uni les élites politiques de l’Iran et a déclenché la colère et la sympathie de millions d’Iraniens. Mais même l’idée souvent répétée que les Iraniens de toutes sortes sont désormais unis au régime, nécessite un examen minutieux.” Karim Sadjadpour, professeur iranien à l’Université de Georgetown, a écrit sur son compte Twitter qu’il se souvenait que Soleimani avait joué un rôle important dans la répression du mouvement kurde après la révolution islamique.

    L’unité renouvelée des élites politiques du pays se préparait depuis la rupture de l’accord nucléaire, un pari du président iranien Hassan Rohani, qui a provoqué une opposition frontale des secteurs conservateurs.

    Les nouvelles sanctions américaines, qui ont contrecarré la promesse du “réformiste” Rohani de relancer l’économie du pays, ont contraint le président à resserrer sa politique. Preuve en est sa réponse aux manifestations qui ont secoué le pays il y a quelques semaines: une répression brutale qu’un président faucon aurait pu parfaitement ordonner.

    Dans le contexte actuel, il semble difficile d’imaginer une nouvelle peur du ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, qui a présenté en février dernier sa démission. Certaines sources soulignent qu’il aurait été en colère d’avoir été exclu des réunions avec le président syrien Bachar al-Assad lors de sa visite à Téhéran. Fait intéressant, l’un des principaux dirigeants de la politique iranienne dans le conflit syrien était Soleimani.

    Enfin, la démission de Zarif n’a pas été acceptée et continue de diriger la diplomatie iranienne. Sa langue a été aussi dure après l’attaque de Trump que celle de Khamenei ou Rohani. Aujourd’hui plus que jamais, les différences entre réformistes et conservateurs s’estompent, en expulsant du système un secteur de la société qui a opté pour une réforme progressive du régime et a participé à ses élections. Alors que les relations avec Washington coulent à flots, l’évolution interne de l’Iran est plus incertaine que jamais.

    Fuente

    Tags : Iran, USA, Etats-Unis, Washington, Téhéran, Irak, Donald Trump,

  • Etats-Unis-Iran : Apocalypse à Aïn al-Asad!

    Un premier bilan recueilli sur place fait état de la mort de 80 militaires US…

    CNN le confirmait il y a peu : “l’Histoire nous le dira, le président Trump a perdu le Moyen-Orient”. L’attaque a eu lieu à 10.10 heures, heure de Téhéran, et les forces terroristes américaines continuaient à évacuer leurs morts et blessés, huit heures plus tard vers 10 heure, après que la première riposte militaire de l’Iran eut visé les troupes d’occupation US basés à Aïn al-Asad à l’ouest irakien. Un porte-parole de l’armée irakienne, joint par PressTV, affirme que l’évacuation des morts et des blessés américains continue toujours depuis la base américaine où les forces US ont lancé un appel de détresse aux hôpitaux irakiens. Les militaires américains, selon un porte-parole de l’US Army, “sont évacués à Bagdad” surtout que l’attaque a été “très intense”. Le porte-parole a également fait part de la présence des forces britanniques et canadiens sur la base alors que certaines informations depuis démenties par le ministère britannique des A.E. faisant état des morts et des blessés occidentaux et non américains.

    Selon le Renseignement du Corps des gardiens de la Révolution islamique, deux vagues de missiles tirés contre la plus importante base aérienne américaine à l’ouest d’al-Anbar se sont soldées par la mort d’au moins 80 soldats américains. Il s’agit de 15 missiles de haute précision dont aucun n’a raté sa ou ses cibles. Le bilan exact est à déterminer, au regard de la forte censure exercée par le Pentagone sur les médias.

    Al-Mayadeen qui confirme toujours le vol incessant des hélicoptères US sur la base à l’heure qu’il est midi passé en Irak, affirme que le commandement américain de la base a interdit aux forces irakiennes tout accès par crainte des fuites sur le vrai bilan des morts et des blessés. Cette tendance à occulter et à amoindrir le bilan des pertes a d’ailleurs un long précédent, les Américains ayant adopté la même approche au cours de la première Guerre du golfe Persique.

    Dans un communiqué publié ce matin, l’ambassade US aux Émirats arabes unis affirme que “tout est sous contrôle” et qu’il n’existe aucun changement dans la configuration sécuritaire des troupes US aux Émirats et dans la région”. Difficile d’y croire! Le rapport du renseignement du CGRI affirme : “Au moins 80 militaires américains ont été tués, 200 autres, blessés, les autorités de la base évacuant dans la hâte et la précipitation des blessés”.

    Et le rapport d’ajouter :” 20 points sensibles de la base ont été pris pour cible alors que toutes les composantes du complexe revêtent une importance stratégique pour les troupes d’occupation US. De nombreux hélicoptères et drones ont également été détruits. En dépit de l’alerte maximale pour les unités de la défense antiaérienne US, aucun missile antimissile n’a été tiré et donc aucune interception de la part des forces US n’a eu”. Le texte affirme que le Renseignement du CGRI a identifié “104 cibles stratégiques américaines dans la région et que ces cibles se trouvent toutes dans la viseur”. “Au moindre agissement hostile des États-Unis, elles vont être frappées”, dit le texte.

    Interrogé par les médias, le commandant en chef-adjoint du secteur “opérations militaires du CGRI, le général Nilforoushan apporte d’autres explications : ” les 15 missiles tirés ont frappé avec succès des objectifs très importants sur la base Aïn al-Asad, une base placée depuis 4 jours en état d’alerte maximal. Or aucun des systèmes radars ou DCA américains n’a été capable d’intercepter les missiles balistqiue du CGRI, ni même les faire dévier de quelques mètres que ce soit. Nos missiles se sont abattus avec précision sur les cibles d’où le nombre particulièrement élevé des morts américains. A vrai dire, nos missiles ont survolé deux bases où l’armée américaine n’a cessé de déployer ces deux derniers jours une impressionnante quantité d’armes, de munitions et de renforts. En effet, la DCA US était en état d’alerte maximum ce qui rend l’échec encore plus cuisant”.

    Quelques 4 000 militaires américains se trouvent toujours sur la base et leur présence est illégale depuis que le Parlement irakien a voté samedi le retrait des troupes US et ce, en représailles à l’attentat terroriste commis par les États-Unis vendredi 3 janvier et qui a coûté la vie au commandant en chef adjoint des Hachd al-Chaabi entre autres. C’est une base de 10 kilomètres de long soit autant que la Zone verte de Bagdad. En mars 2019, Donald Trump avait promis de “moderniser la base” moyennant “une somme de 3 milliards de dollars” et ce, ” dans l’objectif de mieux lutter contre le terrorisme”. Il semblerait que comme toujours ces dépenses sont inutiles.

    PressTV, 8 jan 2020

    Tags : Etats-Unis, Iran, Irak, Qassem Soleimani,

  • Déclaration du Parti communiste irakien sur l’assassinat par les Etats-Unis et les répercussions dangereuses

    Déclaration du Parti communiste irakien sur l’assassinat par les États-Unis et les répercussions dangereuses

    Le Bureau politique du Parti communiste irakien a publié la déclaration suivante aujourd’hui, 3 janvier 2019 :

    Plus tôt ce matin, les forces américaines ont mené une opération d’assassinat au cours de laquelle un certain nombre de personnalités officielles et de dirigeants irakiens des Unités de mobilisation populaire, qui avaient un rôle à jouer dans la lutte contre le terrorisme ISIS et la victoire sur celui-ci, ont été tués.

    Nous condamnons cet assassinat car il constitue une violation flagrante de la souveraineté irakienne et une grave escalade qui pousse la situation en Irak et dans la région vers de nouvelles tensions et augmente les chances d’intensifier les conflits armés et d’allumer la guerre.

    Nous pensons que la série de faits graves survenus ces derniers jours indique de plus en plus la transformation de l’Iraq en une arène de conflits régionaux et internationaux, pour lesquels notre peuple paie un lourd tribut en sang et en destruction. Des efforts concertés de toutes les forces patriotiques sont nécessaires pour épargner à notre pays les risques d’être partie aux conflits régionaux qui font rage.

    Il faut dire que la politique des forces au pouvoir au cours des seize dernières années, qui a conduit à miner l’autorité de l’État et à éroder la souveraineté nationale de l’Irak, est une raison majeure de cette violation flagrante et de la transformation du pays en un théâtre de règlements de comptes, parmi les puissances étrangères concurrentes, sur notre patrie.

    Dans ces circonstances instables, nous soulignons l’importance d’unifier la position nationale face à l’ingérence extérieure de toute partie et d’œuvrer au renforcement des capacités de l’État iraquien et de nos forces armées avec toutes leurs composantes, afin de défendre la souveraineté de l’Iraq, de protéger sa sécurité à l’intérieur et à l’extérieur et de maintenir son indépendance dans la prise de décisions nationales.

    Tout en appelant à la retenue, à la prudence et à la sagesse, et en faisant passer les intérêts de notre peuple et de notre pays en premier, nous attendons de la communauté internationale et de l’ONU qu’elles s’efforcent d’empêcher que notre pays ne se transforme en un champ de bataille pour la guerre, dont le peuple iraquien subit les conséquences, et de sauvegarder la sécurité et la paix dans la région.

    Les dangers imminents qui menacent l’Irak nous poussent à souligner à nouveau l’importance et la nécessité de nous engager sur la voie d’un changement global, en sauvant notre pays de ses crises et en le débarrassant du système de gouvernement défaillant qui est fondé sur le partage sectaire du pouvoir et la corruption.

    Source

    Tags : Iran, Etats-Unis, Irak, pétrole,

  • Irak : L’Iran lance plusieurs missiles contre la base américaine “Aïn al-Assad”

    Selon les Gardiens de la Révolution iranienne.

    Ahmed Ghanem Selouma | 08.01.2020

    Les Gardiens de la Révolution iranienne ont annoncé, mercredi à l’aube, avoir lancé des dizaines de missiles contre la base aérienne militaire américaine “Aïn al-Assad” dans la province d’Anbar, dans l’ouest de l’Irak.

    L’armée iranienne a fait savoir que plusieurs missiles balistiques ont été tirés vers la base abritant la majorité des forces américaines stationnées en Irak. En effet, une vidéo de l’attaque a été publiée par l’agence de presse iranienne Fars.

    Il est à rappeler que le président américain Donald Trump s’était rendu en Irak le 28 décembre pour rencontrer les soldats américains dans la base d’Aïn al-Assad.

    Cette attaque de missiles intervient, après seulement environ 24 heures de confusion américaine avec l’annonce du retrait des soldats américains d’Irak avant que le Pentagone ne réfute cette décision.

    Les services de renseignement américains ont révélé que des mouvements militaires iraniens auront lieu, au milieu d’une escalade de tensions avec les États-Unis suite au meurtre du Commandant de la Force al-Quds iranienne, Qassem Soleimani.

    Cette évolution représente une escalade majeure entre les États-Unis et l’Iran, deux alliés de Bagdad, au milieu des craintes généralisées en Irak que le pays ne devienne un champ de bataille entre Washington et Téhéran.

    De son côté, le président Trump a menacé, lundi, d’imposer des sanctions à l’Irak si Bagdad exigeait le départ des forces américaines.

    Il est à noter qu’environ cinq mille soldats américains sont déployés dans des bases militaires à travers l’Irak, dans le cadre de la coalition internationale pour lutter contre l’organisation terroriste “Daech”. (Anadolou)

    Tags : Iran, Etats-Unis, Irak, Donald Trump, Al Anbar, Qassem Soleimani,