Tag: Espagne

  • Diario República: La princesse Leonor et Moulay El Hassan

    Tags : Maroc, Espagne, princesse Leonor, Moulay El Hassan,

    Dans le passé, les empires ont été renforcés et les royaumes ont évité les guerres avec des mariages d’état et de convenance politique et militaire. Et c’est dans cet esprit qu’il ne serait pas mauvais que, au moins, l’Espagne et le Maroc nous offrent à la Coupe du monde au Qatar un bon geste d’amitié avec la présence de la princesse Leonor et de Mulay Hassan dans la loge VIP du match de football qui, ce mardi, entouré d’une forte tension politique et émotionnelle, opposera les équipes nationales espagnole et marocaine en huitième de finale.

    Nous n’allons pas spéculer sur un éventuel mariage entre les princes héritiers des royaumes d’Espagne et du Maroc et leurs dynasties respectives, les Bourbons et les Alaouites, car un tel mariage est inimaginable. Et encore moins pour une conception politique et sans amour. Bien que cela donnerait naissance à un puissant État hispano-marocain et transméditerranéen (avec des antécédents possibles dans “Al Andaluz”), qui intégrerait le territoire marocain dans l’Union européenne.

    Mais il semble inévitable que, dans quelques années, la reine Aliénor d’Espagne et le roi Hassan III du Maroc assumeront tous les protagonistes de leurs nations respectives de part et d’autre du détroit de Gibraltar, et un bon traité de paix, d’amitié et de coopération entre les deux pays ne peut être exclu.

    Mais, pour l’instant, nous avons devant nous le huitième de finale de la Coupe du monde au Qatar où les ” enfants de chœur ” de Luis Enrique, âgés d’une vingtaine d’années, affronteront une équipe alaouite puissante, physiquement et tactiquement, dans un match qui s’annonce tendu et équilibré. A la suite de quoi des incidents comme ceux qui se sont produits en Belgique et aux Pays-Bas pourraient éclater en Espagne et au Maroc en raison de la victoire du Maroc sur la Belgique.

    Gardons donc la fête en paix, surtout maintenant que le président Sánchez a “donné” au roi Mohamed VI le Sahara occidental. Parce que Sánchez est toujours très généreux avec ce qui ne lui appartient pas, même si cela fait partie de la souveraineté nationale.

    Et tout comme il a donné le Sahara à Mohammed VI, il a gracié les putschistes catalans, la police de la route de Navarre à Bildu, les lois “oui, c’est oui” et “Trans” au ministre maladroit Montero, le crime de sédition à Junqueras et le crime de détournement de fonds à Puigdemont. Et divers cadeaux au PNV, car Sánchez est “un fleuve” pour le populisme confédéral.

    Et les habitants de Ceuta et Melilla tremblent à l’idée qu’un de ces jours, Sánchez pourrait vouloir offrir davantage de cadeaux à Mohamed VI, dans la lignée de ce que l’ancienne ministre (des gouvernements ZP) Trujillo, qui a proposé comme solution aux problèmes de logement en Espagne ce qu’elle a appelé des “solutions de logement”, c’est-à-dire des appartements de 25 mètres carrés avec des services à l’extérieur de la pièce, vante.

    Cependant, compte tenu de la situation sportive actuelle du Maroc (le gouvernement de Rabat voudrait que Luis Enrique utilise Marlaska comme gardien de but, car c’est une “passoire”), il serait préférable de penser à une “solution de logement” du type jaima. Mais dans un plan modeste et non comme cette somptueuse Jaima que Kadhafi a fait venir en Espagne à l’époque d’Aznar, le conquérant de Perejil, à qui le leader libyen a offert un beau cheval arabe appelé “El rayo del líder”.

    Après tout, comme l’a écrit Manuel Machado, nous avons encore dans ce pays “l’âme narde de l’Arabe espagnol”.

    República, 05/12/2022

    #Maroc #Espagne #Princesse_Leonor #Moulay_el_hassan

  • Maroc : Les révélations sur le drame de Melilla laissent des questions sans réponse

    Tags : Maroc, Espagne, Ceuta, Melilla, migration, migrants africains,

    Le gouvernement de Rabat garde le silence officiel après avoir répété qu’il a agi de manière “responsable”. La principale ONG humanitaire impute à l’Espagne et au Maroc une “responsabilité partagée”, alors que l’on ignore toujours où se trouvent les 77 personnes disparues.

    L’enquête conjointe de plusieurs médias, dont EL PAÍS, qui reconstitue la tragédie du 24 juin à la frontière entre Melilla et Nador a été reçue au Maroc dans le silence officiel. Les questions soulevées dans le documentaire restent sans réponse, au-delà du mantra du caractère exceptionnel du saut vers la barrière frontalière par des centaines de migrants soudanais.

    “Ce qui s’est passé ce jour-là était très différent de ce qui s’était passé auparavant”, réitère une source proche du dossier à Rabat avant de faire référence à la déclaration du vali (gouverneur) Khalid Zeruali peu après la tragédie. M. Zeruali, directeur de la migration et de la surveillance des frontières au ministère marocain de l’Intérieur, a imputé aux “réseaux criminels de trafic (d’êtres humains) la responsabilité de cette attaque quasi militaire, menée par des assaillants ayant le profil de miliciens originaires de pays déstabilisés par la guerre”.

    Le ministre marocain des affaires étrangères, Naser Burita, a reconfirmé la position officielle à Barcelone la semaine dernière. “Ce n’était pas un événement normal, ni dans son origine ni dans sa procédure (…) et ce n’était pas un mouvement spontané. C’était quelque chose de très violent, de très nouveau”, a-t-il souligné, justifiant que les autorités marocaines ont géré la situation “de manière responsable”, malgré le fait que les forces de sécurité étaient débordées.

    “L’image récente de trois Subsahariens arrivant aux îles Canaries cachés dans le gouvernail d’un bateau après 11 jours de traversée dangereuse depuis le Nigeria montre qu’il y a des gens qui sont prêts à tout (pour changer de pays)”, soutient la source consultée à Rabat. “Le modus operandi à Melilla était différent de ce qui se fait habituellement. Les assaillants n’ont pas suivi le parcours classique consistant à se jeter contre les barrières, mais ont décidé d’occuper un poste (frontalier)”, précise-t-il en réponse aux critiques sur la passivité des forces de sécurité marocaines (deux cents agents) qui ont été déployées alors qu’une colonne de centaines de migrants se dirigeait vers la frontière.

    Jadija Inani, responsable de l’immigration à l’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH), la principale ONG humanitaire du pays maghrébin, ne partage pas cette justification. “Il est très surprenant que les forces de sécurité ne soient pas intervenues pour disperser les migrants soudanais qui se dirigeaient vers la barrière frontalière”, dit-elle. “Nous avons émis l’hypothèse qu’ils voulaient les encercler pour leur couper la retraite et les laisser bloqués entre les barrières du passage et les forces marocaines et espagnoles”.

    Le président de l’AMDH de Nador, Mohamed Amín Abidar, s’attache à l’analyse des causes. “Après la normalisation des relations (entre le Maroc et l’Espagne), il y a eu un changement radical dans les formes d’intervention contre les personnes qui tentent de franchir la clôture de Melilla. Une plus grande coordination hispano-marocaine a conduit à une militarisation inhumaine de la frontière”, critique M. Abidar, qui reproche aux gouvernements espagnol et marocain leur “responsabilité partagée” dans ce qui s’est passé le 24 juin.

    La réponse initiale donnée par le vali des affaires migratoires marocain reste le point de référence de la doctrine brandie par Rabat face aux voix critiques. “Ce qui s’est passé est un véritable drame que nous déplorons”, a souligné peu après M. Zeruali à propos de l’incident survenu au poste frontière de Barrio Chino, entre Nador et Melilla. D’autre part, il a souligné la lutte intense menée par les forces de sécurité contre les mafias de la traite des êtres humains au Maroc, où 1 300 réseaux ont été démantelés au cours des cinq dernières années.

    Dans des déclarations à l’agence de presse étatique MAP, le directeur de la migration et de la surveillance des frontières a précisé que, depuis 2016, le Maroc a contenu 145 tentatives d’entrée à Ceuta et Melilla. Cette information officielle ne faisait pas référence à l’irruption, en mai 2021, de plus de 10 000 migrants qui ont réussi à entrer illégalement à Ceuta, dont 1 500 étaient considérés comme des mineurs.

    L’Association marocaine des droits de l’homme insiste également sur un autre point d’interrogation qui pèse sur les forces de sécurité : la passivité avec laquelle les agents des deux côtés de la frontière ont observé les Subsahariens blessés sans leur apporter d’assistance médicale. “Le documentaire qui vient de sortir coïncide avec notre analyse”, déclare Abidar, responsable de l’ONG à Nador. “L’absence d’équipes médicales sur le terrain pour soigner des centaines de migrants est en grande partie à l’origine du nombre élevé de morts : 27, selon nos rapports, et non 23, comme l’indiquent les chiffres officiels. Les migrants ont été retenus pendant neuf heures encerclés sans être secourus”, ajoute-t-il.

    Aucune nouvelle pour les familles au Soudan

    L’organisation humanitaire marocaine a dressé une liste de 77 personnes portées disparues, selon les témoignages recueillis auprès d’autres migrants et les appels reçus des familles des migrants. “Nous avons envoyé une lettre au ministère de l’Intérieur pour savoir où ils se trouvent, mais jusqu’à présent nous n’avons pas reçu de réponse des autorités marocaines”, regrette Inani, directeur de l’immigration de l’AMDH.

    “Nous avons parlé à des parents et à des migrants qui ont pris part (au saut de la frontière)”, révèle Abidar dans une conversation téléphonique depuis Nador. “Et ils nous ont confirmé que toutes les personnes portées disparues se trouvaient près de la clôture de Melilla et n’ont plus donné signe de vie”. Le président local de l’organisation qui a concentré les enquêtes de la société civile marocaine sur la tragédie du 24 juin dit ne pas avoir de réponses officielles pour identifier “clairement” les corps et répondre aux questions des familles qui se trouvent au Soudan ou dans des pays européens. “La seule chose que nous savons”, conclut-il, “c’est que les corps sont toujours à la morgue et que les tombes qui ont été creusées dans le cimetière de Nador sont toujours vides”.

    El Pais, 05/12/2022

    #Maroc #Espagne #Melilla #Migration

  • Le Maroc en veut toujours plus

    Tags : Maroc, Espagne, Ceuta, Melilla, Sahara Occidental, migration, espaces maritimes,

    Alors que le ministre de l’intérieur est sur le point de faire l’objet d’une enquête sur la crise de la tragédie de la clôture de Melilla, de nouveaux problèmes frontaliers arrivent de l’autre côté du détroit de Gibraltar. Le Maroc n’a pas renoncé à ses aspirations d’annexer les eaux au large de la côte sahraouie, la Méditerranée et celles qui chevauchent les îles Canaries.

    La volte-face diplomatique de l’Espagne en avril dernier concernant sa position sur le Sahara, dans laquelle Pedro Sánchez a accepté le plan d’autonomie du Maroc pour son ancienne colonie, loin d’avoir dissuadé Rabat de revendiquer la souveraineté sur ces espaces maritimes, semble l’avoir enhardi à continuer à exercer des pressions sur le gouvernement au sujet des affleurements rocheux et des îles espagnoles au large de ses côtes.

    Et tout cela parce que l’accord entre Sánchez et Mohamed VI, qui visait à pacifier les relations tendues entre les deux pays et à résoudre le problème de la migration, n’a pas établi de délimitation expresse du contrôle des eaux dans les îlots et les rochers. Et pas même dans les cas de Ceuta et Melilla, que le Maroc ne reconnaît pas non plus comme espagnols. En fait, l’un des points les plus critiqués du pacte était qu’il ne comportait aucune mention du statut espagnol des deux places nord-africaines.

    Madrid et Rabat tentent depuis des mois de parvenir à un accord sur la propriété des eaux territoriales frontalières. Mais l’absence d’une garantie explicite de respect de la souveraineté de l’Espagne sur les territoires africains a permis au pays voisin de poursuivre sa stratégie de pression, avec laquelle il tente de faire basculer la délimitation des espaces maritimes en sa faveur.

    Le Maroc a amplement démontré qu’il veut toujours plus dans ses relations avec l’Espagne. Cette insatiabilité est cohérente avec le concept du ” Grand Maroc “, le projet expansionniste qui inspire la politique étrangère du régime alaouite. Un programme néocolonial similaire à celui qui guide l’impérialisme de Poutine, et qui vise à restaurer les “frontières historiques” du Maroc en affirmant la propriété marocaine de Ceuta, Melilla, les îles Canaries, la Mauritanie et le Sahara occidental, qu’il a toujours considéré comme des territoires “occupés”.

    Il est donc naïf de penser qu’après l’annexion du Sahara, la monarchie alaouite se contentera de tout modèle de voisinage qui n’implique pas la co-souveraineté de Ceuta et Melilla.

    Le renversement par le gouvernement de la position historique de l’Espagne sur le Sahara occidental visait à clore la crise diplomatique en cédant l’ancienne colonie espagnole en échange d’une plus grande coopération du Maroc dans le contrôle des flux migratoires, que Rabat a toujours utilisé pour faire pression sur l’Espagne.

    Et si, dans les jours qui ont suivi la signature de la déclaration conjointe entre Sánchez et Mohammed VI, il semblait que le Maroc honorait son engagement de modérer le trafic frontalier, il a rapidement recommencé à autoriser les entrées illégales, qui se sont multipliées de manière exponentielle peu après.

    Jusqu’à présent, il n’y a guère eu de gains clairs pour l’Espagne après sa reddition à Rabat. Au contraire, le revirement sur le Sahara a ouvert au gouvernement une nouvelle crise diplomatique avec l’Algérie, qui a rompu le traité d’amitié avec notre pays en représailles au soutien de l’Espagne à la proposition d’autonomie marocaine.

    De plus, les preuves reliant Rabat à l’espionnage de membres de l’exécutif par le biais du logiciel Pegasus rendaient inévitable la suspicion d’un lien entre les deux événements. Ces soupçons sont renforcés par l’avertissement du CNI concernant la présence accrue d’espions marocains dans les consulats espagnols.

    Si le gouvernement n’affirme pas catégoriquement dans les forums pertinents l’intégrité territoriale de l’Espagne face aux aspirations expansionnistes insatiables du Maroc, il sera difficile de dissiper les doutes concernant la défense purement rhétorique par l’Espagne de sa souveraineté sur Ceuta et Melilla. Il n’est plus possible de contourner le fait, pourtant épineux, que Rabat affirme que “le Maroc n’a pas de frontières terrestres avec l’Espagne”. Le sommet bilatéral reporté – et encore indéterminé – avec le pays voisin pourrait être l’occasion pour le gouvernement espagnol de montrer sa fermeté face au marquage constant du régime alaouite.

    El espanol, 27/11/2022

    #Espagne #Maroc #Ceuta #Melilla #Migration #Sahara_Occidental

  • Maroc: Note confidentielle sur la kafala des enfants abandonnés

    Tags : Maroc, Espagne, Kaffala, enfants abandonnés, évangélisation,

    Vers la fin de l’année 2012 et le début de l’année 2013, il y a pratiquement une année, la polémique question de la kafala des enfants marocains abandonnés a pris une nouvelle et complexe tournure, suite à la diffusion, en septembre 2012, d’une nouvelle circulaire du ministère marocain de la Justice et des Libertés, qui a conduit au blocage de plusieurs dossiers de demande de kafala, en faveur de nombreux couples de diverses nationalités, en particulier espagnols.

    La nouvelle circulaire que le ministre Mustapha Ramid, a envoyée aux Parquets généraux du Royaume, consistait à arrêter et à rejeter les demandes d’adoption ou de Kafala, aux familles qui ne pouvaient pas justifier une résidence habituelle au Maroc, suspendant ainsi plus de 80 dossiers en cours.

    Selon le ministre de la Justice la raison principale de ces rejets est la religion car la majorité des enfants adoptés par des non musulmans seraient poussés vers le christianisme. Si le Maroc autorise des familles non musulmanes à adopter des orphelins marocains, 30.000 enfants risquent d’être évangélisés dans les 20 prochaines années.

    Cette question se posait avec une telle force et insistance qu’une réunion s’est tenue à l’ambassade d’Espagne au Maroc, en présence du Roi Juan Carlos et de quelques parents espagnols en instance de Kafala, suite à la nouvelle exigence du Maroc d’un certificat de résidence des parents adoptifs.

    Le Roi d’Espagne, qui s’était auparavant entretenu avec Sa Majesté le Roi Mohammed VI, a avoué aux parents la complexité de la situation «Nous sommes en train de traiter la question, mais il faut savoir que c’est la justice qui aura le dernier mot ».

    A l’occasion de sa visite en Espagne, le 7 mai 2013, le ministre de la Justice et des Libertés, M. Mustapha Ramid, a eu des entretiens avec son homologue espagnol M. Alberto Ruiz Gallardon sur les moyens de promouvoir les relations de coopération entre les deux pays dans le domaine de la Justice, dont une importante partie a concerné la question de la Kafala des enfants marocains par des familles espagnoles.

    A cette occasion, le ministre marocain s’est engagé auprès de son homologue espagnol à accélérer la procédure de l’examen des juges des demandes d’adoption d’enfants marocains par des familles espagnoles. Le ministre Gallardón a plaidé pour « une solution qui soit avant tout humaine » à même de mettre un terme aux inquiétudes des parents.

    La veille de cette rencontre, près de quarante familles espagnoles ont adressé une lettre ouverte aux deux ministres réclamant une solution d’urgence pour relancer leurs processus d’adoption, freinés à cause de la nouvelle norme.

    D’autre part, il est à noter que, suite à la découverte d’une bande criminelle spécialisée dans l’« achat » des bébés du Maroc, dans le but de les vendre en Espagne à travers la ville occupée de Melilia, l’affaire de la Kafala des enfants marocains par des familles espagnoles a ferait surface, causant un large écho aussi bien dans la presse espagnole que marocaine.

    L’affaire de la kafala a revêtu un caractère politique, notamment, avec la demande du gouvernement espagnol au Maroc de changer les dispositions de la loi 01/15 relative à la Kafala des enfants abandonnés, et ce afin de résoudre le problème des 61 familles espagnoles qui ont demandé l’adoption d’enfants orphelins marocains et de les aider à compléter les procédures correspondantes, après que le gouvernement marocain ait mis des conditions strictes sur les demandeurs de la Kafala.

    La circulaire signée par M. Mustapha Ramid, exigeait que le postulant à la Kafala soit domicilié au Maroc de manière permanente, arguant que la sortie des enfants du Maroc, rend difficile de vérifier le respect des dispositions de la Kafala, qui stipule principalement la sauvegarde de la religion et de la nationalité de l’enfant.

    Selon le ministre Ramid, un certain nombre d’étrangers, bénéficiaires de la Kafala des enfants marocains, intervient dans le changement de leurs prénoms et dans la perte de leur foi. Il a souligné que la loi n’autorise que les étrangers résidant au Maroc à être des Kafils d’enfants marocains, ainsi que les Marocains résidant à l’étranger. La raison d’empêcher des étrangers d’être des Kafils d’enfants marocains réside dans la difficulté de s’assurer des normes morales/étiques et sociales des postulants à la Kafala, et leur capacité à élever un enfant abandonné selon les préceptes de l’Islam, en plus de la difficulté de prendre des décisions d’annulation de cette Kafala, en cas de non-respect de ces étrangers des conditions de la Kafala et la complexité de suivre la situation de l’enfant objet de la Kafala.

    Il a, également, conclu que la remise des enfants marocains aux étrangers résidant à l’étranger est «répréhensible et inacceptable», de sorte que lorsqu’une famille étrangère accomplit les formalités de la Kafala et quitte le territoire national, avec l’enfant abandonné, le lien de l’enfant avec son pays prend fin et il devient sous la responsabilité de la nouvelle famille, dont on ne sait plus rien. Par conséquent, la surveillance et la tutelle du pays où l’enfant est né s’arrêtent aussi, devenant même sous la tutelle de ses nouveaux kafils qui agissent, avec toute liberté, envers cet enfant, tant en ce qui concerne la foi qu’ils veulent l’inculquer ou en ce qui concerne son exploitation à leur guise, sans aucun contrôle, puisque ces enfants ne sont pas enregistrés comme des citoyens marocains, que les représentations diplomatiques et consulaires marocaines auprès des pays étrangers ont le droit de protéger et défendre les intérêts contre tout ce qui pourrait leur causer préjudice ou porter atteinte à leur foi.

    Selon la loi relative à la kafala promulguée en 2002, le contrôle de l’éducation des enfants -peu appliqué dans les faits- était du ressort des consulats marocains.

    Face à ces inquiétudes, l’exécutif espagnol s’est montré très compréhensif. Ainsi, le ministre espagnol Alberto Ruiz Gallardón, s’est engagé à garantir aux enfants adoptés en Espagne une éducation conforme aux préceptes de la religion musulmane. Il a aussi assuré à son homologue marocain que les services sociaux rédigeront des rapports, qui seront remis aux consulats marocains, sur l’évolution religieuse des enfants. Et c’est sur la base de ces documents, qu’un juge marocain pourrait décider de l’arrêt de la Kafala.

    Dans ce même, la Député Parlementaire (PJD), Mme Amina Mae El Ainine, a souligné que la remise des enfants marocains aux étrangers est susceptible de les exposer au danger de tomber entre les mains des réseaux de trafic d’organes ou des réseaux d’exploitation sexuelle des enfants.

    Par ailleurs, nulle de doute que la proximité géographique entre l’Espagne et le Maroc, le nombre croissant d’enfants abandonnés au Maroc, où les statistiques officielles parlent d’environ 5.000 enfants abandonnés chaque année, en plus des facilités des procédures administratives, ont conduit à faire du Maroc, depuis 1995, la destination d’adoption internationale par des citoyens espagnols. Le nombre des demandes annuelles a atteint 2.500 déposées par des familles marocaines et étrangères. L’année 2011, dernière année avant l’interruption de la Kafala, a enregistré la concrétisation de 254 opérations de Kafala d’enfants adoptés par des ressortissants espagnols, pour la plupart de la région de la Catalogne.

    Parmi les dispositions mises en place par la loi marocaine relative aux enfants abandonnés, figue la condition de l’Islam dans le couple, excluant de cette manière du droit à la Kafala tout non -musulman parmi les Marocains juifs ou chrétiens, de même si l’épouse n’est de pas confession monothéiste. Elle n’a pas non plus pris en compte la résidence d’un couple de musulmans à l’extérieur du Maroc, d’où la question de la nationalité et la résidence permanente en dehors du Maroc n’interdisent pas l’obtention du droit de la Kafala d’un enfant abandonné, si les conjoints sont musulmans.

    En général, l’exigence de l’Islam pour un couple n’est pas suffisante pour garantir la vie d’un enfant sous un toit de musulmans, vu qu’il est possible de contourner la loi en prétendant se convertir à l’Islam, puisqu’un couple de mariés, non musulmans, ou une femme non musulmane, s’adonnent à prétendre être convertis à l’Islam, de façon temporaire, uniquement dans le but d’obtenir la Kafala d’un enfant.

    Cette affaire a d’ailleurs soulevé de nombreuses complexités, sachant, notamment, que certaines parties déclarent que l’Islam de ces étrangers n’est que formel/artificiel et administratif, à l’image de celui des étrangers souhaitant effectuer un mariage mixte, c’est-à-dire qu’il s’agit d’un « Islam d’intérêts ».

    En effet, il faut reconnaître la conformité de cette vérité avec la réalité, et qui a été témoignée et admise par un bon nombre de Kafils étrangers, ayant reconnu leur conversion purement « formelle » à l’Islam, sans aucune foi réelle et authentique, afin de s’assurer la Kafala d’un enfant.

    L’importance de cette question est telle qu’elle fait partie des priorités dans l’agenda politique du gouvernement espagnol dans ces relations bilatérales avec le Maroc et intéresse, également, la Maison Royale espagnole.

    En septembre 2013, le gouvernement marocain a décidé de délivrer les premiers passeports à une trentaine d’enfants « adoptés » par des familles espagnoles dans le cadre du régime islamique de la kafala, ce qui a été considéré comme une bouffée d’air pour les familles kafiles. Par contre, un nombre similaire, notamment, dans les villes de Casablanca, Agadir et Tanger est en cours du traitement.

    D’après l’Ambassade d’Espagne à Rabat, 14 familles à Agadir sont en cassation, alors qu’à Casablanca, un cas sur six a été réglé. (Le problème qui se pose pour ces familles est que les rapports préparés par les Consulats doivent parvenir aux Juges dans leurs versions originales).

    Selon les chiffres du ministère marocain de la Justice, les demandes d’adoption d’enfants marocains sont en amont depuis 2009, année qui a connu la délivrance de 147 passeports, alors qu’en 2010 et 2011, ils étaient 227 et 254, respectivement.

    Source : Maroc-leaks, 20/11/2022

    #Maroc #Espagne #Kaffala #Enfants_abandonnés #Evangélisation

  • Relations bilatérales Maroc – Espagne (1/2)

    Tags : Maroc, Espagne, Migration, Ceuta, Melilla, Sahara Occidental, coopération sécuritaire,

    Les relations bilatérales entre le Maroc et l’Espagne peuvent être qualifiées d’excellentes eu égard au dialogue politique permanent, à un échange de visites denses et régulier entre les hauts responsables des deux pays et à une concertation étroite au niveau des différents instances régionales et internationales.

    Les deux gouvernements se sont engagés à construire des relations solides et exemplaires basées sur la confiance mutuelle et la responsabilité partagée et ce, dans l’objectif de les ériger en un modèle de partenariat en Méditerranée. Cette volonté affichée de part et d’autre s’est traduite parallèlement par un approfondissement des relations d’amitié et une refonte de la coopération ainsi que la mise en place d’actions conformes aux priorités nationales marocaines.

    En effet, lors de sa première visite officielle au Maroc, en janvier 2012, le Président du Gouvernement Mariano Rajoy, a déclaré que son pays appuie fermement le processus de réformes lancé par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, soulignant que ces réformes ont placé le Maroc à « l’avant-garde » des pays de la région et constitue un « exemple » à suivre… Il a relevé que son pays est convaincu que la sécurité, la stabilité et la prospérité de son voisin du sud est «la sécurité, la stabilité et la prospérité de l’Espagne et de là, ce qui nous unit est beaucoup plus que ce qui nous sépare».

    A l’occasion de la 10ème session de la Réunion de Haut Niveau maroco-espagnole, tenue à Rabat en Octobre 2012, M. Rajoy été reçu en audience par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, au Palais Royal à Marrakech.

    Les deux nouveaux gouvernements se sont engagés désormais pour renforcer davantage les relations solides, exemplaires et préférentielles basées sur la confiance réciproque et la responsabilité partagée, et pour faire de leurs rapports privilégiés un modèle de partenariat stratégique, rénové et de bon voisinage sur les deux rives de la Méditerranée, ouvrant ainsi la voie à une nouvelle étape porteuse de nouvelles opportunités.

    Ainsi, la visite de travail officielle du Roi Juan Carlos d’Espagne au Maroc, den juillet 2013, témoigne, une fois de plus, des relations séculaires qui lient les deux pays de la volonté de consolider davantage le partenariat stratégique entre le Maroc et l’Espagne.

    En plus des 5 Ministres du gouvernement Mariano Rajoy, le Roi Juan Carlos était accompagné de 9 anciens ministres des Affaires étrangères, dont MM. Javier Solana, Miguel Angel Moratinos, Josep Piqué.

    Cette visite royale avait un caractère économique, notamment que le Roi d’Espagne était accompagné d’une trentaine de patrons de grandes entreprises, dont certaines sont déjà opérationnelles au Maroc, telles que « Acciona », « Inditex », « Iberia », « Ferrovial », « Telefonica », « Indra », dans l’objectif de renforcer la présence des entreprises espagnoles au Maroc, notamment dans le cadre des grands chantiers structurants.

    La visite de travail à Madrid, fin octobre 2013, de Monsieur le Ministre Salaheddine Mezouar, juste après sa nomination, témoigne de l’excellence des relations d’amitié et de coopération existant entre le Maroc et l’Espagne et de la volonté des deux parties d’imprimer une nouvelle cadence à leur action commune dans tous les domaines.

    A cette occasion, Monsieur le Ministre a été reçu en audience par Sa Majesté le Roi Juan Carlos I, et par le Chef du gouvernement espagnol, M. Mariano Rajoy, a eu un entretien avec le Président du Sénat, Pio Garcia-Escudero, et un déjeuner de travail avec son homologue espagnol, José Manuel Garcia Margallo, au cours duquel les discussions ont été consacrées au partenariat Maroc-UE.

    Globalement, les orientations des politiques étrangères des deux pays s’inscrivent dans une vision politico-stratégique partagée sur les grandes questions telles que la sécurité en Méditerranée, la lutte contre le terrorisme, l’immigration clandestine, le trafic de drogues…

    Les Réunions de Haut Niveau (RHN) demeurent le cadre adéquat pour tracer les orientations et les grandes décisions à même de renforcer notre relation bilatérale et en faire un partenariat sans cesse rénové.

    Lire la suite depuis la source (Maroc-leaks)

    #Maroc #Espagne #Ceuta #Melilla #Migration #Sahara_Occidental

  • Les autorités ont rendu Nador inhabitable pour les migrants

    Tags : Maroc, Nador, Migration, Europe, Ceuta, Melilla, Espagne,

    Certaines personnes passent des années à essayer de se rendre à Nador, au Maroc, une ville du nord-est du pays, bordant la ville enclavée espagnole de Melilla.

    C’est la frontière la plus méridionale de l’Europe, et aussi une porte d’entrée pour les migrants à la recherche de meilleures opportunités.

    Les gardes-frontières bordent une clôture à quatre niveaux de 20 pieds qui s’étend sur des kilomètres le long de la frontière. Juste au-delà se trouvent les collines de Nador, où vivent les migrants. Ils y attendent des semaines, parfois des mois, le moment le plus sûr pour sauter par-dessus la clôture.

    Les autorités ont rendu la ville de Nador inhabitable pour les migrants, qui sont pour la plupart noirs. Les commerçants ont subi des pressions pour ne pas leur vendre de marchandises, les hôteliers qui ont succombé aux pressions de la police marocaine ne leur louent pas de chambres.

    Les tactiques de la police ont suscité de nouvelles critiques après que des dizaines de personnes ont été tuées en tentant de sauter la clôture en juin.

    Les migrants et leurs alliés décrivent le traitement détestable et raciste de la police marocaine. Ils parlent également de leurs rêves de traverser la frontière et de trouver des emplois pour subvenir aux besoins de leur famille.

    ARI SHAPIRO, BYLINE : Il y a un endroit sur le continent africain qui fait techniquement partie de l’Europe. C’est une ville enclavée appelée Melilla – appartenant à l’Espagne, entourée par le Maroc et la mer Méditerranée. Des gens sont morts en essayant de franchir cette frontière terrestre vers l’Union européenne. Nous allons dans l’autre sens.

    Et avec cela, nous avons officiellement quitté l’Espagne. (Langue non anglophone parlée).

    AGENT FRONTALIERS NON IDENTIFIÉ : (langue non anglaise parlée).

    SHAPIRO : Oui.

    La frontière est entourée de couches de hautes clôtures et de gardes armés, mais si vous avez les bons papiers…

    AGENT FRONTALIERE NON IDENTIFIÉ : Oh, mon Dieu. Le Maroc est votre deuxième pays.

    SHAPIRO : Merci beaucoup.

    …Les agents frontaliers vous accueillent chaleureusement tant que vous ne posez pas les mauvaises questions. Cela fait partie d’un voyage que nous entreprenons à travers trois pays, reliant les points à travers trois grandes histoires. Au Sénégal, le changement climatique oblige les gens à quitter leur foyer. Au Maroc, des migrants de toute l’Afrique tentent de rejoindre l’Europe. Et en Espagne, ces tendances donnent un coup de pouce aux partis politiques d’extrême droite. Changement climatique, migration, politique xénophobe – c’est une histoire qui se déroule de différentes manières dans le monde entier.

    En parcourant la ville marocaine de Nador le matin, mes premières impressions sont des odeurs. De grands paniers d’épices sont disposés devant les boutiques. Les gens boivent du thé à la menthe. Et il y a des pains frais sortant des boulangeries qui sentent les graines de sésame et la levure.

    Nador était autrefois un endroit où de nombreux migrants d’Afrique subsaharienne passaient du temps à attendre leur chance de passer à Melilla. De nos jours, il est difficile de trouver des Noirs en ville.

    Nous arrivons à l’église de Nador. C’est l’un des rares endroits où les migrants peuvent venir chercher de la nourriture et un abri. Juste à l’extérieur de l’église, il y a des gardes de police qui montent la garde.

    Nous avons demandé à parler avec certaines des personnes qui dirigent les programmes de l’église, mais personne qui travaille ou qui y est bénévole ne veut faire une interview.

    PERSONNE NON IDENTIFIÉE #1 : (parlant espagnol).

    PERSONNE NON IDENTIFIÉE #2 : (parlant espagnol).

    SHAPIRO : Quelqu’un nous a dit que nous ne pouvions pas enregistrer du tout sans autorisation, alors nous avons rangé notre équipement. C’est compréhensible. Toute personne aidant les migrants à Nador est dans une situation précaire.

    PERSONNE NON IDENTIFIÉE #3 : (langue non anglaise parlée).

    SHAPIRO : Mais une femme du Mali avec une fillette de 2 ans et demi sur le dos n’hésite pas à discuter. Elle a essayé d’aller en Europe, et ça l’épuise. (Langue non anglophone parlée).

    PERSONNE NON IDENTIFIÉE #3 : (langue non anglaise parlée).

    SHAPIRO : L’appel islamique à la prière résonne derrière elle alors qu’elle dit : « La police nous harcèle tout le temps. Il y a beaucoup de racisme, beaucoup de violence. Nous ne nous en sortons pas bien. ” Avant de partir, elle se retourne et nous dit encore une chose.

    PERSONNE NON IDENTIFIÉE #3 : (langue non anglaise parlée).

    SHAPIRO : “Dites-leur d’ouvrir la frontière pour que nous puissions entrer”, dit-elle. “S’il vous plaît, dites-leur simplement d’ouvrir la frontière.”

    PERSONNE NON IDENTIFIÉE #3 : (langue non anglaise parlée).

    SHAPIRO : Elle ramasse ses deux sacs en plastique remplis de nourriture et de médicaments à l’église et s’en va avec sa fille sur le dos.

    Cette situation avec des migrants essayant de passer à Melilla donne au Maroc beaucoup de poids. L’Union européenne veut empêcher les Africains de se présenter en Europe, alors même que ces pays accueillent à bras ouverts des millions de réfugiés ukrainiens. Le Maroc a le pouvoir de réprimer la migration ou de fermer les yeux et de laisser passer les gens. Ainsi, tout ce que le Maroc veut de l’Europe, que ce soit de l’argent ou le contrôle du territoire contesté du Sahara Occidental, des gens comme la femme malienne deviennent des pions commodes que le Maroc peut utiliser dans ce jeu d’échecs géopolitique. En ce moment, l’Union européenne exhorte les autorités marocaines à adopter une ligne dure contre les migrants.

    (BRUIT DE PAS)

    SHAPIRO : Le bureau d’Omar Naji au sein de l’Association Marocaine des Droits de l’Homme est au quatrième étage d’un immeuble sans ascenseur.

    OMAR NAJI : Bonjour.

    SHAPIRO : Nous lui avons demandé s’il voulait faire cette interview autour d’un thé dans un café. Cela nous donnerait un cadre plus intéressant qu’un bureau austère – vous savez, le bruit d’une foule, des verres qui trinquent. Mais il a dit, non, mieux vaut parler en privé.

    NAJI : D’accord.

    SHAPIRO : Quand Omar a déménagé à Nador dans les années 1990, il dit qu’il a à peine remarqué la frontière ici.

    NAJI : (Langue non anglophone parlée).

    SHAPIRO : Les bus allaient et venaient. Vous n’aviez pas besoin de passeport. Maintenant, la frontière est militarisée. Les migrants passent parfois des mois à camper dans les collines environnantes, planifiant leur prochain déménagement.

    NAJI : (Langue non anglophone parlée).

    SHAPIRO : “Ici à Nador, ils n’ont même pas le droit de louer une chambre”, dit-il. “Les autorités l’ont interdit. Si quelqu’un loue une chambre à un migrant subsaharien, il peut être poursuivi pour complicité. On pourrait vous demander vos papiers dans la rue, être arrêté pour la couleur de votre peau.”

    NAJI : (Langue non anglophone parlée).

    SHAPIRO : Ces pressions ont explosé en juin de cette année. Partout dans le monde, des reportages ont raconté l’histoire de plus de 1 500 migrants se précipitant le long de la barrière frontalière.

    (EXTRAIT SONORE DE LA VIDÉO)

    FOULE NON IDENTIFIÉE : (inaudible).

    SHAPIRO : Cette vidéo montre des dizaines d’hommes au sol, leurs corps entassés les uns sur les autres au pied de la clôture séparant le Maroc de l’Espagne. La police marocaine a utilisé des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc pour repousser le groupe. Des dizaines de personnes ont été tuées dans le chaos qui a suivi, et beaucoup d’autres sont toujours portées disparues.

    NAJI : (Langue non anglophone parlée).

    SHAPIRO : “Maintenant, ils tuent des gens”, dit Omar. “La politique migratoire est devenue criminelle.”

    NAJI : (Langue non anglophone parlée).

    (SOUNDBITE DE SONNERIE DE TÉLÉPHONE)

    SHAPIRO : Aussi, si vous devez répondre au téléphone, ce n’est pas grave.

    Tout au long de notre entretien, le téléphone dans sa poche a bourdonné et sonné avec des messages et des appels. Finalement, il interrompt notre conversation pour répondre au téléphone et entre dans le couloir. Et quand il revient…

    NAJI : (parlant français).

    RICCI SHRYOCK, BYLINE : Avez-vous compris cela ?

    SHAPIRO : Oui, je le sais.

    C’est Ricci Shryock, notre photographe, qui interprétait également lors de notre interview.

    SHRYOCK : Vous avez bien compris ce qu’il a dit, n’est-ce pas ?

    SHAPIRO : Que la police vous suivra si…

    SHRYOCK : La police nous suit. Il vient de recevoir un appel.

    SHAPIRO : Oh, en ce moment la police suit ?

    Soudain, on comprend pourquoi Omar ne voulait pas nous parler autour d’un thé dans un café. Vous ne savez jamais qui pourrait être à la table à côté de vous.

    Pour être juste, nous ne sommes pas subtils. Vous avez une caméra. J’ai un cahier. Tu es la seule personne noire de la ville.

    SHRYOCK : Ouais.

    SHAPIRO : Nous ne sommes pas subtils. Tout le monde vous connaît.

    Il n’est pas rare que la police suive et interroge des journalistes travaillant au Maroc. C’est un pays autoritaire, et le gouvernement ne veut pas que les gens rendent compte du contrôle des migrations. Nous décidons de continuer.

    Il n’y a plus des milliers de personnes vivant dans les collines autour de Nador. Les autorités marocaines s’en sont assurées. Mais il y en a, alors nous nous sommes mis à essayer de les trouver, sachant que la police nous refoulerait probablement avant que nous n’atteignions le camp.

    Nous passons devant des collines arides, des oliveraies. C’est très, très brun et poussiéreux. Il y a très peu de bâtiments ou de personnes.

    D’ACCORD. Nous quittons la route principale sur un chemin de terre cahoteux qui monte dans un village où deux écolières avec des sacs à dos marchent sur la route.

    Un vieil homme tient ici un magasin général. Nous n’utilisons pas son nom pour des raisons qui deviendront bientôt évidentes. Il dit que les migrants descendent des collines et visitent son magasin de temps en temps, et il essaie de les aider – tout le monde dans le village le fait.

    PERSONNE NON IDENTIFIÉE #4 : (Par l’intermédiaire d’un interprète) Ils viennent parfois ici sans chaussures parce qu’ils ont été pourchassés. Je leur donne mes chaussures. Ils ont déchiré ou brûlé des vêtements. Parfois, ils ont des blessures. J’essaie de leur donner les premiers soins mineurs.

    SHAPIRO : Que font les autorités lorsqu’elles vous voient aider ?

    PERSONNE NON IDENTIFIÉE #4 : (Par l’intermédiaire d’un interprète) C’est toujours un problème pour moi, mais ils ne peuvent vraiment rien vous faire. Ils vont demander des papiers, m’emmener à la préfecture de police jusqu’à minuit, me harceler.

    SHAPIRO : Et pourquoi continuez-vous à offrir de l’aide même si vous savez que la police vous harcèlera pour cela ?

    PERSONNE NON IDENTIFIÉE #4 : (Par l’intermédiaire d’un interprète) Eh bien, je ne peux pas rester sans rien faire. Je ne peux pas m’empêcher. Vous voyez quelqu’un qui a besoin d’aide, ne peut même pas marcher, n’a pas de chaussures, vous devez le faire. Avant-hier, des gens sont venus. Il n’y avait que quatre ou six personnes. Mais les autorités ont brûlé tout ce qu’elles avaient. J’ai vu la fumée de cette colline.

    SHAPIRO : Vous avez cette philosophie selon laquelle si vous voyez quelqu’un dans le besoin, vous devez l’aider. Et donc, quand vous voyez de la fumée s’élever de la colline voisine, où les autorités ont brûlé les quelques biens que les gens ont, dont certains que vous leur avez donnés, qu’est-ce que cela vous fait ressentir ?

    PERSONNE NON IDENTIFIÉE #4 : (Par l’intermédiaire d’un interprète) Vous ne pouvez pas exprimer ce sentiment avec des mots. Vous ne pouvez pas le décrire. Je ferme les yeux et j’entre car, comme dit le proverbe, le cœur ne peut pas sentir ce que les yeux ne voient pas.

    SHAPIRO : Pourriez-vous avoir des ennuis pour avoir parlé avec nous ? Les autorités pourraient-elles venir vous harceler pour avoir cette conversation maintenant ?

    PERSONNE NON IDENTIFIÉE #4 : (Par l’intermédiaire d’un interprète) Qui sait ce qu’il y a dans sa tête ? Selon la loi, ils ne peuvent rien nous faire pour avoir dit la vérité. Ils ne peuvent rien me faire. Les gens sont libres de parler.

    SHAPIRO : Comme au bon moment, une vieille voiture cabossée roule et un homme avec une casquette de baseball en sort. Il demande si nous avons l’autorisation.

    Le policier s’est arrêté, a dit que nous n’avions pas le droit d’être ici, a pris une photo de la plaque d’immatriculation et a téléphoné. Alors…

    Il nous dit d’attendre l’arrivée du superviseur.

    Ouais, tu sais quoi ? Au cas où, je vais retirer la carte son et la mettre en place…

    SHRYOCK : Ouais.

    SHAPIRO : … Au fond de mon sac en ce moment. C’est donc le dernier de l’enregistrement, les amis.

    Après environ 20 minutes, un SUV beaucoup plus agréable arrive et un homme en costume sort. Il se présente comme l’autorité dans le domaine. Il ne donne pas son nom. En anglais, il demande nos papiers et photographie nos passeports. Il me dit qu’il m’est interdit de publier des photos ou des vidéos, et je réponds honnêtement que je n’ai pas de photos ou de vidéos. Il ne mentionne pas l’audio. Quand il demande ce que nous faisons, nous disons que nous essayons de savoir s’il y a des gens qui vivent dans les collines. L’autorité en costume sourit, secoue la tête et dit en anglais, entre guillemets, “nous travaillons là-dessus pour qu’il n’y ait pas de Noirs ici”.

    (EXTRACTION SONORE DE MUSIQUE)

    SHAPIRO : Demain, notre voyage vers le nord se poursuit, et nous avons la vue depuis l’intérieur de l’enclave, en discutant avec les agents de l’immigration et certaines des personnes chanceuses qui ont réussi à franchir la clôture.

    PERSONNE NON IDENTIFIÉE #5 : (Par l’intermédiaire d’un interprète) L’immigration, c’est comme l’eau. Si vous le bloquez à un endroit, l’eau va s’écouler ailleurs. C’est comme ça.

    Source : NPR

    #Maroc #Nador #Migration #UE #Ceuta #Melilla

  • Ambassadeur espagnol: Les affaires sont difficiles au Maroc

    Tags : Maroc, Espagne, Etats-Unis, Sahara Occidental, migration, islamisme, investissements,

    Source : Câble Wikileaks sur une réunion entre les Ambassadeurs des Etats-Unies et de l’Espagne àa Rabat

    Résumé : Au cours du déjeuner du 20 mars, l’ambassadeur espagnol Planas Puchades a déclaré à l’ambassadeur Riley que l’Espagne continuait d’encourager le Maroc à produire un plan d’autonomie crédible pour le Sahara occidental. Il a rejeté les prétendues scissions au sein du Polisario, suggérant que la faction récemment apparue “Ligne des martyrs” semblait être composée de membres mécontents ou d’anciens membres du Polisario vivant aux îles Canaries, et “ce n’est pas significatif”. Planas n’a pas réitéré l’inquiétude espagnole concernant les remarques de Van Walsum sur le retrait du Conseil de sécurité du différend sur le Sahara ou l’intérêt des États-Unis pour la réduction des effectifs de la MINURSO. Sur la migration, Planas a exprimé sa déception face à la décision apparente de l’Algérie de ne pas participer à la conférence régionale de juillet à Rabat, qui, selon Planas, a bénéficié de l’adhésion de l’UE. Planas s’est intéressé à un récent sondage de l’Institut républicain international (IRI) paru dans le numéro du 18 mars de l’hebdomadaire marocain Le Journal, qui indiquait un fort soutien au parti islamiste marocain.

    La conversation a brièvement abordé le prochain événement de haut niveau de l’OTAN à Rabat, les investissements espagnols au Maroc et les stupéfiants. Fin du résumé.

    Sahara occidental

    Poursuivant une série de déjeuners réciproques, l’ambassadeur espagnol Planas Puchades a invité l’ambassadeur Riley et le Conseiller Politique à déjeuner à la résidence espagnole le 20 mars.

    Planas était accompagné de son nouveau adjoint et ancien ambassadeur d’Espagne au Nigeria, Alfonso Portabales, arrivé au Maroc la semaine précédente.

    Planas a déclaré que le gouvernement espagnol suivait avec grand intérêt la visite très attendue du roi au Sahara Occidental (20-25 mars ; voir réf. A). L’Ambassadeur Riley a noté que nous suivions également la visite avec intérêt. Planas a déclaré que le principal message de l’Espagne au Maroc à ce stade était celui qu’il croyait que nous partagions : le Maroc devrait présenter un plan d’autonomie crédible.

    Planas a déclaré que l’Espagne devrait revoir le plan avant de prendre position, mais qu’entre-temps, le gouvernement soudanais fournissait “confort et soutien” au gouvernement marocain pour produire un plan sérieux.

    Planas a quelque peu dédaigné le processus de consultation avec les partis politiques marocains, affirmant qu’il comprenait que les réunions des partis avec le conseiller du palais Mohamed Moatassim n’étaient “pas vraiment un échange”. Il a dit, néanmoins, que des conférences comme celle tenue par le PJD et le FC il y a quelques semaines (Réf B) “étaient acceptables”. Planas a déclaré que les Espagnols avaient été clairs avec le Maroc sur le fait que le plan d’autonomie devait être concret et non conservateur. L’ambassadeur Riley a déclaré qu’il s’agissait également d’un message clé des États-Unis.

    Planas a déclaré que la scission signalée au sein du Polisario (la dénommée Ligne de Martyrs, ou Ligne des Martyrs) n’était pas significative. Il s’agissait principalement de personnes basées aux îles Canaries. Bien que la scission elle-même ne soit pas significative, Planas pensait qu’il y avait une frustration croissante à Tindouf, mais cela pourrait ne pas être uniquement lié à la pression pour la négociation.

    Planas a noté que la cause du Polisario continuait de résonner auprès des Espagnols, qui visitaient Tindouf en grand nombre chaque année alors que des familles restées en Espagne ouvraient leurs portes à 5 000 à 10 000 Sahraouis pour des séjours à domicile.

    Planas n’a pas fait écho aux inquiétudes du Alfonso Portabales concernant le recul possible du conflit du Sahara occidental par le Conseil de sécurité, comme le préconise l’envoyé de l’ONU Van Walsum ; il n’a pas non plus exprimé d’inquiétude quant à un éventuel retrait de la MINURSO.

    Migration

    Planas a déclaré qu’il y avait toujours une bonne coopération entre le Maroc et l’Espagne sur les questions de migration, en particulier après les décès malheureux aux frontières des enclaves espagnoles l’automne dernier. Planas a déclaré que le Alfonso Portabales était heureux que le Maroc ait annoncé qu’il organisait une conférence régionale sur la migration à Rabat en juillet, mais il a regretté que l’Algérie ait apparemment décidé de ne pas participer (il a en fait déclaré que la non-participation de l’Algérie était “dangereuse”) au motif que l’UA organisait déjà des conférences sur la migration.

    La conférence de Rabat, a déclaré Planas, a bénéficié d’un solide soutien de la part de la France et de l’UE, ainsi que de l’Espagne. Il s’est inquiété de la croissance des réseaux de trafiquants dans la région, notant que certains migrants achetaient des “packs de voyage” (un ensemble de déplacements — par route, voiture, bateau, avec une série de manutentionnaires à chaque étape — pour en amener un à la destination souhaitée), qui, d’après ses informations, coûtent des milliers de dollars, sans aucune certitude que l’on atteindra jamais la destination.

    Islamistes

    Planas avait lu avec intérêt la couverture récente par l’hebdomadaire marocain Le Journal d’un “sondage américain” sur les attitudes politiques marocaines (le sondage a été réalisé par l’Institut Républicain International mais n’était pas destiné à être partagé avec la presse ; selon l’IRI, l’un des partis qui avaient contribué au sondage l’ont probablement divulgué. Tous les détails et l’analyse des résultats par l’ambassade peuvent être trouvés dans la réf. C). Planas a déclaré que les résultats, censés prévoir une victoire probable du PJD aux élections législatives de 2007, étaient très intéressants. Planas a déclaré que même s’il remportait de nombreux sièges, le PJD ne serait probablement pas en mesure de gouverner sans coalition. D’autres partis politiques tardent à se démocratiser, a déclaré Planas ; leurs dirigeants sont âgés et il y a peu de dynamisme dans les rangs. Le PJD semble suivre la voie d’Erdogan, a-t-il ajouté (voir Réf C).

    Événement de haut niveau de l’OTAN

    Planas a évoqué l’accueil par le Maroc du prochain événement de haut niveau de l’OTAN (6-7 avril à Rabat) et a déclaré qu’il s’agissait d’un événement important pour le Maroc, d’autant plus qu’il faisait suite à la réunion des ministres de la Défense de l’OTAN et du Dialogue Med à Taormina en février. Planas a ajouté que le prochain 50e anniversaire des Forces armées marocaines était également un événement phare pour le Maroc, et il espérait que les États-Unis y participeraient vigoureusement. (Commentaire : nous confirmons une solide participation américaine aux célébrations du 50e anniversaire des FAR et avons provisoirement obtenu un embarquement DV à bord d’un porte-avions américain dans le cadre de l’événement. Fin de commentaire).

    L’ambassadeur Riley a remercié Planas pour le soutien espagnol à la récente conférence de planification d’un exercice à venir, Phoenix Express, qui a réuni des officiers de marine marocains, algériens et espagnols pendant une semaine à Rabat.

    Investissement espagnol

    L’Ambassadeur Riley a noté l’annonce par l’Espagne en février d’un plan de 200 millions d’euros pour faciliter les petites et moyennes entreprises au Maroc. (L’Espagne est le deuxième investisseur du Maroc). Planas a déclaré qu’il espérait que le plan aiderait les entreprises espagnoles, mais a déclaré que le Maroc restait un endroit difficile pour faire des affaires en raison du manque de transparence.

    En termes d’aide au Maroc, l’ambassadeur Riley a déclaré qu’il devrait y avoir une meilleure coordination entre les donateurs et a suggéré de petites réunions pour les donateurs pour des régions spécifiques au Maroc, et non pour tous les programmes dans tout le pays, en particulier compte tenu des activités du MCA. Planas a accepté et a souligné que les deux tiers de l’aide espagnole au Maroc allaient au nord du pays.

    Stupéfiants

    Planas a noté que l’Espagne élaborait des plans pour promouvoir la production de tabac dans la province de Larache (entre Rabat et Tanger) comme moyen de promouvoir des alternatives à la culture des stupéfiants dans le nord du Maroc.

    #Maroc #Sahara_Occidental #Wikileaks #Espagne #Planas_Puchades #Algérie

  • Parlement européen : Le carnage de Melilla au menu d’une réunion

    Maroc, Espagne, Melilla, migration, UE,

    Par Mohamed Kouini

    La Commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures du Parlement européen débattra, ce jeudi, du drame migratoire de Nador-Melilla en juin dernier.

    Ce carnage aurait fait au moins 23 victimes, parmi des migrants subsahariens, certaines sources avancent la mort de plusieurs dizaines. 70 autres migrants sont portés disparus depuis ce massacre. Ces migrants ont été brutalement tués par la police marocaine alors qu’ils tentaient de franchir les frontières espagnoles depuis le Maroc. La majorité des tués sont de nationalité soudanaise.

    Depuis cet horrible carnage, les autorités du Makhzen refusent toute enquête indépendante de la part des organisations internationales, alors que les familles des victimes et des disparus ne cessent de porter cette affaire dans les médias et les instances onusiennes et européennes.

    Selon l’agence Europa Press qui a rapporté l’information, “les eurodéputés examineront cette question en l’absence du ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, qui a décliné l’invitation qui lui a été adressée formellement par la Commission parlementaire le 25 octobre dernier”.

    Le dossier du drame de Melilla a été examiné pour la première fois par la Commission parlementaire en juillet dernier, à l’initiative du Groupe pour la gauche unitaire européenne.

    “En examinant le dossier, les eurodéputés ont confirmé leur volonté de discuter cet automne de ce qui s’est passé, en présence du ministre espagnol de l’Intérieur, de la Commission espagnole d’aide aux réfugiés (CEAR) et de l’Association marocaine des droits de l’Homme (AMDH)”, a indiqué Europa Press.

    Mais Fernando Grande-Marlaska a finalement rejeté l’invitation et ne sera pas présent.

    Mardi, le procureur général de l’Etat, Alvaro Garcia Ortiz, a assuré que la mort d’au moins 23 migrants le 24 juin dernier près de la clôture de Melilla méritait une “enquête approfondie”, faisant savoir que ses services “ont ouvert une enquête, afin de contribuer à l’enquête menée jusqu’ici par le ministère de l’Intérieur”, dont la gestion a été largement critiquée par l’opposition espagnole, particulièrement après la diffusion d’un documentaire de la chaîne de télévision BBC et une visite de parlementaires sur les lieux.

    Alvaro Garcia Ortiz a précisé, à ce sujet, que ses services sont “dans la phase d’analyse du matériel disponible”, ajoutant qu’ils continueront “à faire des recherches et ce, de la meilleure façon possible pour comprendre toutes les circonstances difficiles dans lesquelles ces événements pitoyables se sont produits”.

    Le nombre de 23 morts avancé par les autorités marocaines est contesté par de nombreuses organisations de défense des droits humains au Maroc et ailleurs.

    De nombreuses vidéos et images ont circulé sur les réseaux sociaux montrant des dizaines de migrants au sol, quasiment inertes. Certaines montraient également les forces de sécurité marocaines en train de tabasser des migrants.

    De nombreux pays et organisations internationales ont exigé l’ouverture d’une enquête internationale indépendante, afin de faire la lumière sur ce qui s’est réellement passé et sanctionner les auteurs des crimes commis le 24 juin.

    Le Jeune Indépendant, 16/11/2022

    #Maroc #Espagne #Melilla #UE

  • Le projet de tunnel entre l’Espagne et le Maroc réactivé

    Tags : Maroc, Espagne, tunnel, Gibraltar,

    MADRID – Depuis près de 40 ans, on parle et on écrit sur une liaison par tunnel entre l’Espagne/Europe et le Maroc/Afrique. Il s’agit d’aller sous la surface de la mer du détroit de Gibraltar et les plans ont reçu un soutien supplémentaire grâce à un coût de 750 000 euros dans le budget de l’État 2023.

    La personne responsable de la réalisation des études de faisabilitéde cet ambitieux projet côté espagnol, l’Association espagnole d’études pour les communications fixes via le détroit de Gibraltar (Segecsa), affiliée au ministère des Transports. Avec l’aide de fonds européens, une étude antérieure sera encore élargie pour étudier la faisabilité. Ce n’est pas seulement une connexion hispano-marocaine, mais une connexion euro-africaine.

    Les plans publiés en 2021 indiquent que la construction d’un tunnel euro-africain pourrait commencer dans les années 2030 ou 2040. Les dernières recherches de 2018 parlent d’un tunnel d’une longueur totale de 38,67 kilomètres dont 27,75 kilomètres passeraient sous la mer à une profondeur de 475 mètres et auraient une pente de 3%.

    Le projet de création d’un tunnel de liaison entre l’Europe via l’Espagne et l’Afrique via le Maroc a débuté dès 1980, mais a ensuite été complètement rayé de la carte car techniquement irréalisable. Il a alors été envisagé de construire un long pont pour franchir les 14 kilomètres.

    Au début des années 90, on parlait à nouveau d’un pont reliant les deux continents, mais c’était tout. Après la construction de l’Eurotunnel entre la France et la Grande-Bretagne et son ouverture définitive en 1994, l’idée d’un tunnel entre l’Espagne et le Maroc a également été étudiée qui a finalement abouti en 2013 aux plans d’un tunnel dans lequel, comme l’Eurotunnel, des trains pour le transport de fournir.

    Projet
    Cependant, deux grandes fissures terrestres d’environ quatre kilomètres de long ont été découvertes sur le tracé envisagé, rendant la construction plus difficile. Cependant, le plus grand fabricant de tunneliers au monde, Herrenknecht en Allemagne, a estimé qu’il était possible de construire les foreuses et équipements nécessaires pour un coût d’environ 32 millions d’euros.

    La construction du tunnel prendrait environ 15 ans et se compose de deux tunnels pour trains de près de 40 kilomètres de long et d’un tunnel de service au milieu. Le tunnel doit relier la Punta Malabata à Tanger au Maroc (Afrique) à la Punta Paloma, à 40 kilomètres à l’ouest de Gibraltar en Espagne.

    L’Espagne et le Maroc semblent toujours intéressés par un projet de tunnel et les deux pays devraient supporter les coûts estimés à environ huit milliards d’euros, bien que les coûts soient estimés beaucoup plus élevés.

    Les coûts de ce tunnel ne devraient pas seulement provenir des caisses de l’État des deux pays, mais aussi du secteur privé comme les entreprises qui peuvent investir et probablement aussi de l’Union européenne.

    #Maroc #Espagne #Gibraltar #Tunnel

  • Maroc : La CIA dévoile la vérité sur la ” marche verte “

    Tags : Maroc, Sahara occidental, Espagne, Juan Carlos, marche verte,

    Juan Carlos a secrètement convenu des termes de la Marche verte avec Hassan II.

    Le prince de l’époque a accepté le retrait des troupes et a autorisé 50 Marocains à dépasser la frontière.

    Le prince Juan Carlos assure l’intérim du chef de l’État face à la faiblesse physique de Francisco Franco, et les revendications en provenance du Sahara nécessitent l’intervention de la plus haute autorité nationale : le roi Hassan II du Maroc a conçu une invasion du territoire – et entend l’annexer à son pays – qu’il baptise la Marche verte. “Tout ce qui est nécessaire sera fait pour que notre armée garde intacts son prestige et son honneur”, a déclaré le prince Juan Carlos lors d’une visite à El Aaiún à la veille des événements.

    Mais les documents de la CIA détaillent que le rôle du roi émérite ne s’est pas limité à la médiation pour résoudre un conflit qui s’est terminé par le retrait de l’armée espagnole du Sahara. C’est en tout cas ce que le prince Juan Carlos a avoué à l’ambassadeur américain Wells Stabller : “Madrid et Rabat ont convenu que les manifestants n’entreraient que sur quelques kilomètres dans le Sahara espagnol et qu’ils resteraient peu de temps à la frontière, où il n’y a plus de troupes espagnoles”.

    Texte intégral del telegrama de la CIA :

    L’Espagne et le Maroc ont conclu un accord visant à réduire la menace d’un affrontement majeur lors de la marche de volontaires marocains non armés vers le Sahara espagnol, dont le roi Hassan a annoncé le début aujourd’hui. Malgré cela, une certaine violence est probable.

    Le Prince Juan Carlos a déclaré à l’Ambassadeur Stabler que Madrid et Rabat se sont mis d’accord pour que les marcheurs ne pénètrent que de quelques kilomètres dans le Sahara espagnol et ne restent que quelques instants dans la zone frontalière, d’où les troupes espagnoles ont été retirées. Le Prince a ajouté qu’une délégation symbolique d’environ 50 Marocains sera autorisée à se rendre dans la capitale territoriale d’El Aaiun.


    La zone au-delà de laquelle les marcheurs ne sont pas censés aller est délimitée par des champs de mines clairement marqués, selon un autre responsable espagnol. Juan Carlos a déclaré que les forces espagnoles utiliseraient tous les moyens à leur disposition pour empêcher les Marocains de dépasser la zone convenue.

    Le roi Hassan n’a fait aucune mention de l’accord avec Madrid lors de son bref discours d’hier annonçant que sa marche verte aurait lieu aujourd’hui. Dans le même temps, il n’a donné aucune indication sur la distance que les marcheurs allaient parcourir sur le territoire, ce qui laisse penser qu’il pourrait avoir l’intention de respecter l’accord.

    Hassan a souligné la nécessité de maintenir l’ordre et la discipline pendant la marche et a demandé aux volontaires marocains d’être ” hospitaliers ” envers les Espagnols qu’ils rencontreraient. Hassan n’a pas menacé d’utiliser la force si les Espagnols opposaient une résistance armée, mais il a assuré les marcheurs que si ” quelqu’un d’autre ” tirait sur eux, l’armée marocaine les défendrait. Il faisait évidemment référence à l’Algérie et au Front Polisario, un groupe indépendantiste de Sahraouis soutenu par l’Algérie.

    Une fois que les marcheurs auront franchi la frontière, la situation pourrait facilement devenir incontrôlable (…)

    Le Front Polisario va très certainement tenter d’attaquer les marcheurs. Certains membres du groupe se trouvent déjà dans la zone d’où les troupes espagnoles ont été retirées et pourraient se trouver dans la zone côtière où les Marocains doivent franchir la frontière.

    Source : CIA

    #Maroc #Sahara occidental #Espagne #Juan_Carlos #Marche_verte