Tag: El Guerguerate

  • Pour qui roule l’OCI ?

    par Abdelkrim Zerzouri


    Au nom de qui parle l’Organisation de la coopération islamique (OCI) quand elle apporte son soutien à l’intervention militaire des forces armées marocaines dans la zone tampon d’El Guerguerat ? Le secrétariat général de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) a exprimé, avant-hier, son soutien aux mesures prises par le Maroc « pour garantir la liberté de circulation civile et commerciale dans la zone tampon d’El Guerguerat, au Sahara occidental ». Tout en condamnant toute menace de trafic dans cette région reliant le Maroc et la Mauritanie, et appelant à la désescalade et au respect des décisions de légitimité internationale. L’agression militaire du Maroc contre des civils qui manifestaient pacifiquement contre l’exploitation illégale de ce poste frontalier, situé dans une zone sous contrôle de l’ONU et non des Marocains, commence à donner lieu à la formation des blocs de soutien à l’une ou l’autre partie.

    C’est compréhensible que des pays, y compris parmi ceux qui appellent les deux antagonistes, le Maroc et le Front Polisario, au calme et à la retenue, se rangent derrière l’un ou l’autre, selon les tendances politico-militaires clairement exprimées ou cachées, mais quand l’OCI affiche une pareille position, franche et sans équivoque, épousant la cause des Marocains contre le Front Polisario, on ne peut qu’être époustouflé devant cet impair. De par la nature de cette organisation intergouvernementale, composée de 57 Etats membres, dont l’Algérie et d’autres pays, qui ont déploré, eux, clairement les «graves violations» du cessez-le-feu enregistrées vendredi dans la zone d’El Guerguerat au sud-ouest du Sahara occidental, appelant à la «cessation immédiate» de ces opérations militaires, ainsi que ses buts, parmi lesquels figurent l’élimination de la discrimination raciale et le colonialisme sous toutes ses formes, ce soutien n’a vraiment pas lieu d’être.

    On comprendrait pareille position qui émanerait d’Israël, des Emirats arabes unis, d’autres pays du Golfe, mais pas celle de l’OCI à laquelle sied la neutralité dans ce conflit entre musulmans, à défaut de défendre la légalité internationale et l’élimination du colonialisme, comme le définit sa charte. Et si ce soutien n’est qu’une orientation de l’Arabie Saoudite, pourquoi d’autres pays feraient-ils, alors, partie d’une organisation dont les intérêts et les principes sont à l’opposé de leur dogme ? A fortiori, l’OCI devait consulter les Etats membres à travers un sommet ou un Conseil des ministres des Affaires étrangères (CMAE), qui est le deuxième organe décisionnel après le sommet, avant de faire part de sa position à l’égard de ce problème qui se trouve sur la table de l’ONU depuis près d’un demi-siècle, sans avoir encore trouvé une solution. Quelles conséquences pourrait avoir ce comportement unilatéral et empressé de l’OCI, qui se met à la même longueur d’onde de pays qui ont déjà normalisé, ou favorable à une normalisation, de leur relation avec Israël ?

    Le Quotidien d’Oran, 16 nov 2020

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, OCI, Organisation de la coopération islamique, El Guerguerate,

  • Sahara occidental : Enfin le réveil de l’ONU ?

    Sahara occidental / Attaque marocaine de Guerguerat : Enfin le réveil de l’ONU ?

    L’attaque marocaine dans la zone tampon de Guerguerat et la déclaration de «guerre» du Polisario rappellent l’existence du conflit du Sahara occidental et mettent les Nations unies devant leurs responsabilités à lui trouver une solution politique afin d’éviter un retour des belligérants aux hostilités interrompues par le cessez-le-feu en vigueur depuis septembre 1991. La réaction d’inquiétude du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, et des capitales occidentales jugées influentes semble annoncer un réveil de la «communauté internationale» et l’inscription en priorité du dossier sahraoui à l’ordre du jour du Conseil de sécurité. Ce que veulent depuis des années les indépendantistes sahraouis…

    Le regain de tension entre le front Polisario et le Maroc à Guerguerat n’est pas une surprise pour les observateurs du dossier du conflit du Sahara occidental. Depuis 2016 au moins, cette zone tampon fait parler d’elle régulièrement en tant que terrain de confrontation permanent entre les indépendantistes sahraouis et l’armée marocaine. Signalés depuis ces quatre dernières années, et créant au passage, comme durant l’été 2016, une forte e crispation dans les relations entre Rabat et Nouakchott à qui il était reproché de fermer les yeux devant le trafic et la contrebande en tous genres profitable au Polisario, ces heures et échauffourées sporadiques dans ce périmètre frontalier démilitarisé et surveillé par la mission onusienne au Sahara occidental, la Minurso, révélaient la nouvelle bataille de positions que se mènent les belligérants depuis ce temps-là depuis le cessez-le-feu proclamé il y a près de 30 ans et surtout d’incapacité, voire de frilosité de l’ONU à trouver une solution au conflit.

    Cette bataille entre le Polisario et le Maroc s’est intensifiée au fur et à mesure que Guerguerat prenait de l’importance en tant que couloir d’échanges économiques et commerciaux entre le Sahara occidental sous contrôle de Rabat et la Mauritanie voisine et porte ouverte sur l’Afrique de l’Ouest, une destination de plus en plus prisée par les entreprises marocaines et internationales transitant par le Maroc ou ayant des intérêts économiques dans le royaume. Tous ceux qui ont voyagé dans cette région reviennent avec le souvenir d’une route aménagée par le Maroc traversant (en dépit de la légalité internationale) le mur militaire et la zone tampon, fréquentée par des norias de poids lourds qui passent quotidiennement de la partie sahraouie occupée par le Maroc vers la Mauritanie ; et par l’apparition au fil des ans d’une «zone franche» qui ne dit pas son nom et dont les profits reviennent à la partie marocaine qui accompagne ce «dynamisme» par un renforcement militaire d’abord discret puis de plus en plus visible. Ceci, au détriment du Polisario qui, conscient du danger du statu quo actuel sur le dossier du conflit du Sahara occidental et de la tournure prise par les flux commerciaux via Guerguerat, lesquels n’ont jamais été condamnés par les Nations unies en dépit de leurs conséquences sur le cessez-le-feu en vigueur depuis le 6 septembre 1991, multiplie les manifestations de présence dans ce périmètre devenu ultra stratégique.

    Quand ce ne sont pas des Sahraouis qui manifestent leur réprobation de cette drôle de situation par eux-mêmes, le Front n’hésite pas à harceler les forces marocaines postées illégalement sur place et à contrôler les poids lourds en circulation en réaction à l’inertie des éléments de la mission de la Minurso à ce poste frontière. Avant l’attaque marocaine de vendredi dernier suivie de combats qui n’ont pas cessé, hier, selon un communiqué du Polisario, des incidents ont été signalés depuis septembre dernier lorsque le gouvernement de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) a réaffirmé mardi 1er septembre 2020, son rejet «catégorique» de la persistance du passage illégal de Guerguerat, appelant le Conseil de sécurité «à contraindre d’urgence l’État d’occupation marocaine à la fermeture immédiate» de ce passage qui demeure «une source permanente de tension dans la région, ayant des conséquences désastreuses». «Il est inacceptable que la mission des Nations unies pour l’organisation du référendum au Sahara occidental (Minurso) continue de fermer les yeux sur la persistance de ce passage illégal et sur le transit quotidien de marchandises, y compris les énormes tonnes de drogue», avait déploré la RASD dans son communiqué, appelant à permettre à la Minurso «de mener à bien la mission pour laquelle elle a été mandaté par le Conseil de sécurité le 6 septembre 1991, afin de parachever le dernier cas de décolonisation en Afrique».

    Réveil de l’ONU

    La réaction du secrétariat général de l’ONU a été d’appeler «à la plus grande retenue», mais sans agir véritablement jusqu’à l’annonce vendredi par le Polisario de la fin du cessez-le-feu, une défaillance rappelée par l’Algérie qui a appelé l’organisation à assumer ses missions et imposer un retour au processus de négociations politiques. Ce qui, en attendant l’évolution sur le terrain des hostilités, semble se dessiner aujourd’hui avec la réaction observée à l’échelle internationale et conduire les indépendantistes sahraouis à un succès tactique au vu de l’inscription à nouveau annoncée du conflit sahraoui parmi les priorités du Conseil de sécurité de l’ONU, qui devrait se réunir durant cette semaine. D’ici-là, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est dit «préoccupé par les conséquences possibles» de l’attaque marocaine à Guerguerat. Selon son porte-parole, Stéphane Dujarric, le chef de l’ONU «reste déterminé à faire tout son possible pour éviter l’effondrement du cessez-le-feu» et à «à faire tout son possible pour éliminer tous les obstacles à la reprise du processus politique». Pour sa part, le chef de l’Union africaine (UA) s’est inquiété hier samedi des «menaces graves» sur le cessez-le-feu en vigueur depuis 1991 entre Maroc et Front Polisario au Sahara occidental et sur le statu quo dans la zone tampon. Dans un communiqué publié samedi, le président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat, «exprime sa profonde préoccupation suite à la détérioration de la situation au Sahara occidental, notamment dans la zone des Guerguerat, et des menaces graves de rupture du cessez le feu en vigueur depuis 1991». M. Faki salue aussi «les efforts du secrétaire général des Nations unies et des pays de la région pour encourager vivement les parties à s’abstenir de tout changement du statu quo et à revenir dans les meilleurs délais à la table de

    L’Espagne, ancienne puissance coloniale au Sahara occidental, «exhorte les parties à reprendre le processus de négociation et à avancer vers une solution politique, juste, durable et mutuellement acceptable», a indiqué le ministère espagnol des Affaires étrangères dans un communiqué publié vendredi soir. «Le gouvernement espagnol soutient les efforts du Secrétaire général des Nations unies pour garantir le respect du cessez-le-feu au Sahara occidental», a ajouté le ministère. «Ces derniers jours, l’Espagne a fait des démarches en ce sens, en appelant à la responsabilité et à la retenue», a-t-il encore indiqué. Autre pays clé, la France a appelé vendredi à «tout faire pour éviter l’escalade et à revenir au plus vite à une solution politique», a déclaré le ministère français des Affaires étrangères. «Ces événements démontrent l’importance d’une relance rapide du processus politique, qui passe notamment par la nomination dans les meilleurs délais d’un nouvel Envoyé personnel du Secrétaire général des Nations unies», a-t-il ajouté.

    Le chef de la Commission des Affaires étrangères du Parlement italien, Piero Fassino, s’est dit vendredi lui aussi préoccupé et a appelé à «ne pas alimenter la tension, éviter tout recours à la force et à reprendre le processus de paix sur la base des résolutions et des engagements du Conseil de sécurité». Le parlementaire italien a également exhorté les Nations unies à nommer un nouvel envoyé au Sahara occidental afin de «reprendre le processus de paix» à l’arrêt depuis la démission en mai 2019 de l’ancien président allemand Horst Kohler. 

    ReportersDZ, 15 nov 2020

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, Polisario, El Guerguerate,

  • Reprise de la guerre au Sahara occidental: une ligne de fracture entre les anciens enjeux économiques et les nouveaux calculs géopolitiques

    Après le Nagorno Kara Bagh, les conflits reprennent en Afrique: en Éthiopie, la guerre du Tigré (Tigray) menace de déborder sur la province voisine de l’Amhara mais également sur l’Érythrée au risque de rallumer les feux d’une guerre régionale; au Sahara Occidental, le Maroc et le front Polisario reviennent à la case départ et reprennent le chemin de la guerre. L’Organisation de l’Union Africaine (UA) semble aux abonnés absents et son inertie totale au Sahel, en Afrique australe, dans la Corne de l’Afrique et en Libye met en doute non seulement sa crédibilité mais sa raison d’être.

    Au Sahara Occidental, le Polisario a toujours décrié les agissements de la Minurso, dont le staff a toujours été dominé par des officiers égyptiens jugés trop favorables aux thèses marocaines. Dans les faits, des membres de la Minurso sont impliqués dans la corruption, le pillage d’objets et de sites archéologiques non répertoriés et le trafic de drogues.

    Des éléments du Polisario et beaucoup de militaires marocains sont également impliqués dans divers circuits de corruption.

    La crise autour du point de contrôle de Guerguerat sis à l’extrême Sud du Sahara Occidental a d’ailleurs pour enjeux l’extension du trafic de stupéfiants jusqu’en Libye via le Sahel.

    La Libye est considérée comme un véritable eldorado pour le hashish marocain dont la diffusion se heurte à la fermeture des frontières avec l’Algérie. La Libye est également un point de redistribution de la drogue marocaine vers la Tunisie, l’Égypte et l’Europe via l’immigration clandestine en Méditerranée. Cet enjeu est vital au Maroc dont l’économie gonflée par les aides des pays du Golfe souffre de la crise du tourisme mondial et d’une dette avoisinant 91 % du P.I.B marocain. D’où l’importance vitale pour le Maroc d’ouvrir une route commerciale avec la Mauritanie à travers la zone démilitarisée (tampon). Ce que le Polisario considére comme une violation de l’accord de cessez-le-feu de 1991 et une première tentative d’occupation de ce que le Polisario considéré comme la « Zone Libre » ou « territoires libérés ». C’est donc le retour des hostilités.

    Cependant, mener une guerre ou une guérilla dans l’un des environnements les plus extrêmes de la planète n’est pas à la portée des belligérants qui souffrent de carences systémiques graves. Le Maroc ne peut que continuer à diffuser des communiqués de victoire destinés à une partie de l’opinion interne tout en incriminant l’Algérie tandis que le Polisario ne dispose d’aucune véritable force susceptible de changer le statu quo et surtout effectuer des brèches le long des 2700 kilomètres du mur de défense marocain, lui même défendu par des millions de mines antipersonnel. De son côté, l’Algérie ne répond jamais aux accusations marocaines et se contente de réitérer que la question du Sahara Occidental est un conflit de décolonisation opposant le Maroc au Polisario et dont la gestion incombe uniquement à l’Organisation des Nations Unies. En réalité, l’Algérie se soucie beaucoup moins du Maroc, pays avec lequel il existe des contacts et des réseaux souterrains que de de l’hostilité concertée des pays du Golfe et principalement le royaume d’Arabie Saoudite, les Émirats Arabes Unis, le Qatar, le Koweït et le Bahreïn, en y voyant un prélude à un ciblage d’une amplitude dépassant de loin ce que Alger qualifie de « gamineries du Sahara Occidental ». D’un point de vue stratégique, les pays du Golfe financent déjà une sorte d’encerclement géopolitique de l’Algérie dans un contexte n’ayant rien à voir avec le Sahara Occidental ou les relations avec le Maroc et c’est cela qui inquiète le plus l’armée algérienne. Fait significatif, une des chaînes TV publiques algériennes a diffusé pour la première fois l’essai d’un missile balistique tactique Sol-Sol 9K720 Iskander E (SS-26 Stone) par l’armée algérienne. Un message clair aux forces soutenues et financées par les Émirats Arabes Unis et les autres pays du CCG (Conseil de Coopération du Golfe) en Libye.

    Pour la première fois, une chaîne de la télévision publique algérienne a diffusé l’essai d’un tir de précision d’un missile balistique tactique Sol-Sol Iskander E. Un fait rarissime compte tenu que toute information sur d’eventuels vecteurs balistiques est un sujet totalement tabou en Algérie depuis 1989.

    Reste le principe de réalité. Le Maghreb n’est pas du préparé aux bouleversements qui s’annoncent et toute déstabilisation de cette région aura des conséquences apocalyptiques sur l’Europe occidentale. A titre de comparaison, la déstabilisation de la Libye, l’un des pays du Maghreb les moins peuplés (six millions d’habitants) et où il n’y avait aucune forme de flux migratoire vers l’Europe, a ouvert les vannes d’un véritable déluge migratoire sur l’Europe qui se poursuit jusqu’à cet instant. Qu’en sera t-il si les autres pays du Maghreb totalisant une population de 120 millions de personnes s’effondrent et qui sont traditionnellement connus pour être des réservoirs de migrants vers l’Europe ? Ce sera à coup sûr la fin definigive d’une Europe déjà très mal au point et en état de pourrissement avancé.

    Source : Strategika51, 15 nov 2020 (traduction non officielle)

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, Algérie, Polisario, Libye, trafic de drogue, cannabis, haschich, El Guerguerate,

  • Mauritanie : Quand la HAPA siffle la fin de la récréation!

    Depuis la fermeture d’El Guerguerate, le Maroc semble avoir laissé tomber la discrétion dans ses activités de lobbying en Mauritanie. Ses nervis aussi! C’est ainsi que l’ampleur de ses liens avec les médias mauritaniens a été étalée au grand jour. A voir leurs déchaînements contre les sahraouis, on dirait qu’ils ne sont pas au courant que le Maroc impose un visa à leurs concitoyens pour leur entrée au Maroc alors que ce n’est pas le cas avec l’Algérie, son ennemi juré depuis la nuit des temps.

    L’attitude de ces pseudo-médias rappellent tristement celle des républiques bananières de l’Afrique de l’Ouest qui ont ouvert des prétendus consulats dans les villes martyres du Sahara Occidental. Leur point commun? Les pots-de-vin, le soudoiement et la corruption dont les marocains sont maîtres.

    C’est ainsi que ces pseudo-journalistes, au nom de quelques misérables ouguiyas, ont fait de la sphère médiatique virtuelle un terrain de compétition dont le gagnant remportera une médaille en méchanceté envers le peuple sahraoui et en allégeance à la monarchie médiévale du Maroc. L’esprit rêveur de certains les a poussé à faire recours à des vieux épisodes de la guerre imposée par Mokhtar Ould Daddah sous les directives de la France. Mais, ils sont allés si loin qu’ils ont provoqué l’indignation de la Haute Autorité mauritanienne pour la Presse et l’Audiovisuel (HAPA).

    Dans un communiqué on ne peut plus claire, la HAPA leur a signalé son désaccord avec leur traitement du dossier d’El Guerguerate soulignant leur manque de professionnalisme et d’objectivité et leur tendance à attiser les feux de la discorde et la haine dans une affaire dont la Mauritanie n’est pas concernée et ne cesse d’exprimer sa neutralité à ce sujet. Etonnamment, aucun média francophone n’a daigné relayer le communiqué de la HAPA.

    Dans le passé, le hacker Chris Coleman a révélé la collusion du président de Sahara Médias avec les services secrets marocains. L’affaire El Guerguerate a révélé qu’il n’est pas le seul. Seul bémol, maintenant que l’affaire Guerguerate est finie, ils seront contraints de se dêmeler pour trouver un sujet susceptible de leur apporter l’occasion de s’en prendre au peuple sahraoui.

    S’il y a quelques jours, la HAPA a organisé un séminaire pour lutter contre les “fake news”, elle se retrouve, désormais, dans le besoin d’un autre séminaire pour lutter contre l’argent marocain qui fait des ravages dans la presse mauritanienne.

    Tags : Mauritanie, médias, Maroc, corruption, soudoiement, pots-de-vin, El Guerguerate,

  • Brèche de Guerguerate : Quand les alliés du Maroc soutiennent un acte illégal

    par Tarek Hafid

    Depuis plusieurs semaines, les alliés du Maroc appuient le droit de ce pays de jouir du «passage frontalier» de Guerguerat et de permettre le transit de marchandises marocaines des territoires sahraouis occupés vers la Mauritanie. Sauf que ce «passage» est une brèche illégale ouverte dans le mur de «défense» puisque, concrètement, il n’y a pas de contact frontalier entre les territoires sous occupation marocaine et la Mauritanie.

    Pour mieux comprendre cette situation, il est nécessaire de revenir à l’accord de cessez-le-feu signé entre les deux belligérants en 1991 et à l’accord militaire n°1 entériné conjointement avec la Mission des Nations-Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara Occidental (Minurso) en 1997. Ces textes ont institué deux zones d’accès restreint, respectivement de 25 km au sud et à l’est et à 30 km au nord et à l’ouest du mur marocain de 2 700 km, ainsi qu’une bande-tampon de 5 km de large au sud et à l’est de ce mur. Il est important de préciser que les tirs d’armes, le redéploiement ou le mouvement de troupes, l’entrée d’armes et de munitions et l’amélioration des infrastructures de défense ne sont pas autorisés dans ces espaces.

    Pour permettre le déplacement des éléments de la Minurso dans le cadre de leurs activités, les deux parties ont validé l’ouverture de cinq points de passage qui permettent de passer du territoire occupé au territoire libéré. Ces points se trouvent dans les zones d’El Farsia, Smara, Guelta-Zemour, Oum-Dreygua et Aousserd. Autre précision importante : les accords ne prévoient pas l’ouverture de brèches pour des activités «civiles», «commerciales» ou autre au long du mur marocain. La brèche de Guerguerat a été ouverte illégalement par les autorités militaires marocaines vers la fin des années 90 pour relier le territoire occupé à la Mauritanie. En mars 2001, la tentative du Maroc de construire une voie asphaltée a provoqué la ferme opposition des Nations-Unies. Mais l’administration coloniale a réussi à imposer le fait accompli malgré les multiples doléances du Front Polisario.

    Guerguerat est devenue le point de passage privilégié des marchandises du royaume du Maroc vers la Mauritanie et l’Afrique de l’Ouest. Mais il reste un passage illégal au vu du droit international. Une voie commerciale stratégique pour ce pays qui en est finalement devenu dépendant. Le blocage depuis le 21 octobre de centaines de semi-remorques par des citoyens sahraouis était devenu insupportable pour l’économie marocaine. C’est ce qui explique la réaction violente de l’armée marocaine qui est intervenue, vendredi 13, contre ces civils. Un acte qui a finalement provoqué la reprise de la guerre au Sahara Occidental.
    T. H.

    Le Soir d’Algérie, 15 nov 2020

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, Front Polisario, El Guerguerate, Emirats Arabes Unis, Arabie Saoudite,

  • Réaction de la Russie au sujet des affrontements de Guerguerate

    Suite à la montée de la tension dans la zone de Guerguerate, la Russie a réagi avec la publication d’un communiqué sur le site du ministère russe des affaires étrangères dont voici le contenu:

    Commentaire du Service Information et Presse sur les développements au Sahara Occidental
    Nous avons pris note de la tension croissante dans la bande tampon de Guerguerat, une ville près de la frontière mauritanienne dans la zone de responsabilité de la Mission des Nations Unies pour le Référendum au Sahara Occidental (MINURSO). Des manifestants locaux bloquent la circulation au point de passage depuis quelques jours.
    Nous exhortons les parties concernées du Sahara Occidental – le Maroc et le Front POLISARIO – à faire preuve de la plus grande retenue, à s’abstenir de prendre des mesures qui peuvent exacerber la situation et à respecter strictement l’accord de cessez-le-feu.
    L’approche cohérente de la Russie à l’égard du conflit au Sahara occidental est qu’une paix juste et durable peut être obtenue exclusivement par des moyens politiques fondés sur le droit international, en premier lieu les résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies et de l’Assemblée générale, et dans le cadre de procédures qui correspondent aux principes et objectifs de la Charte des Nations Unies. Nous appelons à la reprise des pourparlers directs entre le Maroc et le POLISARIO dans les meilleurs délais, afin de redoubler d’efforts pour promouvoir un règlement, notamment la nomination d’un nouvel envoyé personnel du Secrétaire général des Nations Unies à cet effet, et d’assurer la sécurité et l’efficacité de la MINURSO.
    Nous continuerons d’utiliser nos contacts avec toutes les parties concernées pour promouvoir une solution mutuellement acceptable à ce problème récurrent.
    Tags : Sahara Occidental, Maroc, El Guerguerate, Polisario, Russie,
  • Sahara Occidental : Le commissaire politique de l'armée annonce officiellement la fin du cessez-le-feu (vidéo)

    Depuis Rabouni, le centre administratif du Front Polisario, Youssef Ahmed, le directeur du Département d’Orientation Politique de l’armée sahraouie a annoncé la fin du cessez-le-feu en cours depuis plus de 19 ans.

    Se prononçant devant une multitude de jeunes sahraouis, le responsable militaire sahraoui a a annoncé la reprise de la guerre et a appelé les militaires sahraouis à regagner leurs postes et aux jeunes volontaires à s’engager immédiatement dans les rangs de l’Armée Populaire de Libérations Sahraouie (APLS).
    M. Youssef a insiste sur le fait que c’est le Maroc qui a violé le cessez-le-feu, ce qui a poussé le Front Polisario à s’en désengager.
    Dans les camps des réfugiés sahraouis au sud-ouest de l’Algérie les manifestants de joie se sont multiplié depuis l’annonce ce matin des accrochages avec l’armée marocaine dans la région d’El Guerguerate.
    Entre-temps, la MINURSO brille par son absence et son silence. Certaines sources l’accusent d’être au courant de l’attaque marocaine du fait qu’elle a quitté El Guerguerate à 4 heures du matin pour dégager la voie devant les marocains.
    Tags : Sahara Occidental, Maroc, Front Polisario, El Guerguerate,

  • Sahara Occidental : Réaction du SG de l'ONU sur les affrontements à El Guerguerate

    Dans un point de presse ce matin, le porte-parole du Secrétaire Général des Nations Unies, Stephane Dujarric a fait la déclaration suivante au sujet des événements à El Guerguerate:

    “Ces derniers jours, les Nations Unies, y compris le Secrétaire général, a participé à de multiples initiatives visant à éviter une escalade de la situation dans la bande tampon de la région de Guerguerguerat et à mettre en garde contre les violations du cessez-le-feu et les conséquences graves de tout changement du statu quo.
    Le Secrétaire général regrette que ces efforts se soient révélés infructueux et se déclare vivement préoccupé par les conséquences possibles des derniers développements.
    Le Secrétaire général reste déterminé à tout mettre en œuvre pour éviter l’effondrement du cessez-le-feu en place depuis le 6 septembre 1991 et il est déterminé à tout mettre en œuvre pour lever tous les obstacles à la reprise du processus politique.
    La MINURSO s’engage à poursuivre la mise en œuvre de son mandat et le Secrétaire général appelle les parties à assurer la pleine liberté de circulation de la Mission conformément à son mandat. Stéphane Dujarric, porte-parole du Secrétaire général, New York, 13 novembre 2020. »
    Tags : Sahara Occidental, Maroc, Front Polisario, El Guerguerate, ONU,, MINURSO,
  • Sahara Occidental : Affrontements entre militaires marocains et sahraouis à El Guerguerat

    Selon le ministre sahraoui de l’information, Hammada Selma Daf, dans la nuit du jeudi à vendredi, l’armée marocaine a ouvert trois brèches dans le mur de sable en vue d’ouvrir un nouveau corridor vers la frontière mauritanienne avec le Sahara Occidental..

    Ce matin, l’armée sahraouie a répliqué en bombardant les unités marocaines. Des photos des combats ont été relayées sur les réseaux sociaux.

    Pour rappel, la brèche illégale d’El Guerguerate a été fermée le 21 octobre par des activistes sahraouies pour dénoncer le caractère illégal du passage ouvert par le Maroc en 2001.

    D’après des sources fiables, le Polisario a constitué une céllule de crise en réunion en ce moment pour déterminer les pas à suivre après les derniers événements.

    Tags : Sahara Occidental, Front Polisario, Maroc, El Guerguerate,

  • Avec la fermeture du passage de Guerguerate, le Polisario apporte un soutien indéniable au Mali et à la Mauritanie

    Au Mali, les terroristes ont deux méthodes pour fincancer leurs opérations: l’argent des rançons payé par la France et la collusion avec les réseaux criminels transnationaux occupés, dans un premier temps dans la contrebande de Marlboro, ensuite, dans le trafic de cocaïne et du cannabis provenant d’Afrique subsaharienne et du Maroc. Au Mali, les armes utilisées pour terroriser la population ont été financées par le trafic de cannabis.

    Du passage d’El Guerguerat sortaient le cannabis cultivé au Maroc et la cocaïne qui débarque dans des bateaux marocains dans le port de Dakhla, au sud du Sahara Occidental. Une information corroborée par le rapport des experts de l’ONU sur la situation au Mali.

    Par conséquent, l’initiative de la société civile sahraouie contribuera à fermer un des principaux robinets qui alimentaient le terrorisme au Mali et dans toute la région sahélo-saharienne.

    Tags : Mali, Maroc, Sahara Occidental, El Guerguerate, cannabis, cocaïne, terrorisme, drogue, contrebande, finance,