Tag: Côte d'Ivoire

  • Côte d’Ivoire : un pays pillé par le colonialisme français.

    Laurent Gbagbo, ancien président de la Côte d’Ivoire, est actuellement incarcéré auprès de la Cour pénale internationale de La Haye pour crimes contre l’humanité. Quatre chefs d’accusation ont été retenus à l’encontre de celui qui a été présenté comme le mauvais perdant des élections de 2010, en qualité de coauteur : meurtres, viols et violences sexuelles, actes de persécutions et autres actes inhumains. Non, bien entendu, que l’intéressé soit accusé d’avoir lui-même commis ces atrocités, mais au titre de responsable hiérarchique voire d’inspirateur.

    Cette histoire semble être le énième épisode de la vie des nombreux dictateurs qui ont ensanglanté l’Afrique. Laurent Gbagbo a été appelé à répondre de ses actes après que les forces spéciales de l’opération Licorne l’ont capturé dans son palais présidentiel où il s’était barricadé.

    L’ex-président ivoirien est né en 1945. Il a baigné très tôt dans la politique et ses opinions socialistes et panafricaines l’ont rapidement amené à s‘opposer au régime autoritaire d’Houphouët-Boigny qui régna sur la Côte d’Ivoire pendant presque trente ans. Emprisonné à plusieurs reprises, il a finalement été contraint à l’exil à Paris.

    Surviennent les élections présidentielles de 2000. Laurent Gbagbo a de véritables chances de remporter le scrutin. Le 23 octobre, les premiers résultats indiquent qu’il arrive en tête, suivi par Robert Guéï. Au soir du premier tour, cet adversaire de taille lui dispute la victoire et dissout le 23 octobre la commission électorale, avant que le ministère de l’intérieur n’annonce sa victoire le lendemain. Mais le 25 octobre, des dizaines de milliers de manifestants descendent dans les rues et, malgré les soldats qui leur tirent dessus, obligent le chef de la junte à quitter les lieux. Laurent Gbagbo est enfin investi comme président de la République le 26 octobre et entame son mandat dans un climat délétère.

    Le président sortant se représente en 2010 contre Alassane Ouattara, un ancien ministre d’Houphouët-Boigny. Le scrutin est marqué par des violences. À l’issue du second tour, Ouattara est proclamé le 2 décembre quatrième président de Côte d’Ivoire avec 54,10 % des voix. Mais le conseil constitutionnel invalide les résultats dans les régions du Nord et annonce la réélection de Laurent Gbagbo avec 51,45 % des voix.

    Alassane Ouattara a le soutien de la « communauté internationale ». Le 11 avril 2011, Laurent Gbagbo est arrêté avec l’appui de l’armée française par les forces de l’ordre de son rival. Ce dernier est proclamé président le 6 mai 2011 et son investiture se déroule à Yamoussoukro le 21 mai 2011 en présence de nombreux chefs d’État, dont Nicolas Sarkozy.

    Quelques jours avant l’enlèvement du pouvoir du gouvernement démocratiquement élu, l’Élysée avait entamé une négociation avec lui. Selon des sources concordantes, les discussions ont tourné autour des richesses du sous-sol ivoirien. L’ex président français demande à son homologue ivoirien L. Gbagbo de retenir pour la France 80 % du pétrole ou des revenus du bassin pétrolier du Golfe de Guinée. Sur les 20 % restants, une ponction de 10 % devrait être faire pour le compte du Burkina Faso et le reste à la Côte d’Ivoire. Sur la question, les sources proches des discussions téléphoniques tripartites (Élysée, ambassade de France en Côte d’Ivoire, ministère français des affaires étrangères) indiquent que le chef d’État ivoirien aurait opposé un refus plus que catégorique. La France n’a eu d’autre alternative que d’ordonner le pilonnage de la résidence de L. Gbagbo et d’y positionner des rebelles.

    Depuis l’éviction de l’ex président ivoirien, Total a raflé une bonne part des hydrocarbures après avoir obtenu l’acquisition d’un deuxième bloc pétrolier off-shore dans le golfe de Guinée. Les investisseurs français en général se frottèrent les mains. Paris maintient un contrôle de plus en plus étroit sur l’économie de la Côte d’Ivoire : la Banque de France dirige sa monnaie par le biais de l’Union monétaire d’Afrique occidentale (franc CFA) et de nombreux investissements rendent l’économie ivoirienne dépendante de la métropole. Des groupes comme Bouygues, Orange, BNP Paribas, Société générale, Bolloré et Total y font aujourd’hui de juteux bénéfices.

    En dépit des efforts prodigués par Fadi El Abdallah, porte-parole de la Cour pénale internationale, et par Fatou Bensouda, procureure adjointe, la procédure est parsemée de nombreuses zones d’ombre et montre que la manœuvre n’avait pour but que de se débarrasser d’un personnage gênant. Par un subtil tour de passe-passe démocratique, l’opération est jouée. Exit Gbagbo et vive Ouattara ! L’ex puissance coloniale est encore bien présente en Afrique…

    La France n’a eu de cesse depuis les présidents Chirac et Sarkozy de revenir au premier plan sur le continent noir. Les nombreuses interventions de ces dernières années (Mali, Côte d’Ivoire, République centrafricaine, etc.) sont là pour le prouver. Pour Paris, la vieille doctrine de la Françafrique est plus que jamais d’actualité, avec son colonialisme basé sur l’exploitation et la violence. Mais cette fois-ci avec l’appui de la « communauté internationale ».

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    Tags : #Françafrique #Cotedivoire #France #AlassaneOuattara

  • Côte d’Ivoire : Alassane Ouattara : un blanc-seing ?

    Alassane Ouattara peut se réjouir : il a réussi son pari. Alors que les observateurs prévoyaient une situation tendue après la décision de maintenir l’élection au 31 octobre, celle-ci s’est finalement déroulée dans un contexte relativement apaisé. Le scrutin a reçu l’approbation des différentes missions d’observation présentes sur le terrain. L’heure est désormais au dialogue avec l’opposition – appelé de ses vœux par Alassane Ouattara et déjà en partie matérialisé par la rencontre, ce 11 novembre, entre le Président et Henri Konan Bédié, son principal opposant – mais aussi et surtout à l’action. Deux mandats n’auront pas suffi à l’homme fort d’Abidjan pour faire profiter à tous les Ivoiriens, de façon inclusive, de la croissance insolente du pays. Beaucoup reste à faire.

    Peu après le scrutin, la Mission internationale d’observation des libéraux et démocrate a salué “la maturité exemplaire et le sens des responsabilités élevés” du peuple ivoirien et félicité les organes en charge de l’élection pour la bonne organisation du scrutin. Même son de cloche du côté de l’Union africaine et de la Communauté économique des états de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Cette dernière a même récemment transmis ses félicitations au président Ouattara pour sa réélection, juste après la validation de sa victoire par le Conseil constitutionnel.

    Plus que la victoire d’Alassane Ouattara, ce succès électoral consacre l’échec de l’opposition. En effet, cette opposition disparate, composée d’ennemis d’hier et n’ayant pas d’autres projets que le « Ouattara doit partir » a péché. Elle aurait dû comprendre, elle qui regroupe une bonne partie de ce que la Côte d’Ivoire compte de vieux éléphants de l’univers politique, que la politique de la chaise vide est inopérante. En outre, son appel à la désobéissance civile a été un large échec et pour plusieurs raisons. En premier lieu, le traumatisme de 2010 est trop récent dans la mémoire des Ivoiriens, et peu ont envie d’aller risquer leur vie pour jouer un remake de cet épisode tragique. Ensuite, à part les appels au « dégagisme » ayant ciblé le président Ouattara, l’opposition n’a rien proposé, ou a été inaudible sur ses autres propositions. Enfin, Alassane Ouattara affichait à la fin de son second mandat un bilan à faire pâlir d’envie beaucoup de dirigeants de la planète. Il possédait donc un avantage certain.

    Alassane Ouattara : un blanc-seing ?

    Plutôt que de louvoyer, l’opposition aurait dû battre campagne, jouer selon les règles, même si elle ne les a pas édictées, et présenter un candidat unique. Si mathématiquement, elle avait de sérieuses chances de mettre en difficulté le président sortant, l’opposition aura péché par son égoïsme et ses petits calculs. Plus portée sur les déclarations tapageuses que sur l’action véritable auprès des populations, elle doit aujourd’hui prendre acte de sa défaite, et consolider ses propositions de réponses aux véritables problèmes des Ivoiriens en vue des prochaines élections.

    Plus que l’organisation du scrutin qui, à quelques incidents près, s’est déroulé dans le calme, l’après-scrutin est riche d’enseignements. Il y a 10 ans, l’annonce de la victoire d’Alassane Ouattara sur son rival d’alors, Laurent Gbagbo, avait plongé le pays dans le chaos, ce dernier ne souhaitant pas reconnaitre sa défaite. S’en était suivie une crise post-électorale ayant entrainé la mort de plus de 3 000 Ivoiriens. En 2020, en dépit des prévisions pessimistes des Cassandre, le pays a survécu, preuve de son désir de tourner la page d’une histoire tragique. La raison en est simple: les Ivoiriens ont préféré laisser sa chance à un système, qui, quoiqu’imparfait, éloigne les spectres du passé. La rencontre entre Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié, ce mercredi 11 novembre, ayant « brisé la glace » et « rétabli la confiance » selon les deux intéressés, même si elle n’est qu’un prélude à un processus d’apaisement qui devrait prendre plusieurs mois, traduit bien ce changement de paradigme, et consacre symboliquement la primauté du vote et du dialogue sur la rue et les armes.

    Le passage du cap dangereux des élections ne doit cependant pas inviter à percevoir la victoire d’Alassane Ouattara comme un blanc-seing. Sous la présidence de l’actuel chef d’État, le pays s’est hissé en tête des pays les plus riches d’Afrique de l’Ouest, selon une récente étude de la Banque mondiale. Avec un PIB par habitant de 2 286 dollars à la fin de l’année 2019, la Côte d’Ivoire devance le Ghana et le Nigeria. Le fait que sa croissance moyenne se soit établie, au cours des huit dernières années, à 8,3%, n’y est sans doute pas pour rien. La nation éburnéenne peut en outre se vanter de progressions impressionnantes ces dernières années au classement Doing Business de la Banque Mondiale, ainsi que d’être le pays ayant enregistré la plus forte progression au sein du classement Mo Ibrahim de la gouvernance africaine (fondé sur des critères de sécurité et d’état de droit, de droits humains, de développement économique et humain). Reste qu’une grande partie de sa population souffre toujours de pauvreté, problématique à laquelle n’a qu’en partie répondu le passage en 2013 du salaire minimum de 36 000 à 60 000 FCFA.

    Pas assez inclusive, la croissance ivoirienne ? Ouattara ne peut le nier. Le lundi 9 novembre, son premier message à la Nation depuis sa réélection y faisait d’ailleurs référence : « Place maintenant au temps de l’action. Et l’action pour moi, c’est le Projet de la Côte d’Ivoire Solidaire pour lequel j’ai été élu et qui va accélérer la transformation économique et sociale de notre pays, par une croissance plus inclusive. » Dont acte ? Réponse en 2025.

    Source : Decryptnewsonline, 18 nov 2020


    Tags : #Coted0voire #alassaneouattara

  • Maroc : Le racisme anti-noir implicitement institutionnalisé

    Lors de son premier séjours au Maroc invité par le roi Hassan II, Nelson Mandela, l’icone mondial de la lutte contre le racisme et l’Apartheid, a découvert le visage raciste du Maroc envers la race noire. Il a exprimé son indignation en voyant la Garde Royale composée d’anciens esclaves noirs affranchis qui vivent, jusqu’à présent dans la cité connue sous le nom de Touarga. Mandela a découvert que le racisme est inscrit dans le patrimoine du Makhzen.

    Si les marocains adorent brandir le slogan de “premier pays à avoir reconnu les Etats-Unis d’Amérique”, ils cachent un passé rempli d’histoire de marchandage d’esclaves destinés au Nouveau Monde. On dit même que la mère du roi Hassan II était une esclave affranchi du nom de “Abla” qui a été offerte en cadeau à son père Mohammed V par umn de ses Pachas du nom de Leglaoui.

    Au Maroc, on utilise le mot à connotation péjoratif de “azzi” en référence à l’homme noir. Mais le racisme anti-noir a été mise à nu par la présence des migrants africains sur le sol marocain où les violences contre eux se répètent incessament dans toutes les villes marocaines.

    En vue de dissimuler son racisme, le régime marocain incite la population à s’en prendre aux migrants africains. Nombreuses attaques à la machette et au couteau ont eu lieu à Tanger et Rabat. A cela s’ajoute, le traitement que leur réservent la police et la gendarmerie.

    La majorité de ces migrants son originaires du Sénégal, Côte d’Ivoire et Guinée Conakry. Les marocains peuvent continuer à agir ainsi puisque les dirigeants africains ne risquent pas de défendre les leurs tant que Rabat remplit leurs poches.

    Tags : Maroc, Afrique, africains, subsahariens, migration, racisme anti-noir, Sénégal, Côte d’Ivoire, Guinée Conakry,

  • La France est la cause du méchef africain

    Nombreux sont ceux s’autoproclamant parfois “opposants” et de fois alliés du pouvoir par nécessité du ventre, dans toute l’Afrique soumise, sont capables de dénoncer publiquement l’origine réelle de leur méchef qu’est la France.

    L’imposition sur le trône pour plusieurs décennies d’autocrates brutaux, leur protection militaire, les abus de pouvoir sur perpétrés partout, la falsification des constitutions, les conflits sans fin, l’impunité totale en matière des détournement massifs des biens publics, les élections truquées à fond, ainsi que le maintien permanent dans l’horrible sous-développement, etc… feront toujours parties intégrantes de l’imposture “démocratique” de la France officielle, et servent en premier leiu son interminable colonialisme.

    Tant que, par peur ou oar intérêt, les “différentes oppositions locales, organisations régionales et la soi-disant Union Africaine”, ne commandent pas les ingérences intolérables, et incessantes de la françafrique dans les intérieures du continent, elles seront perçues comme les instruments au service du fascisme français. De surcroît, les véritables ennemis de l’Afrique. Ce qui justifiera de “droit”, des jours heureux et tranquilles pour l’ordre impérialo-mafieux françafricain d’écumer comme il l’entend, ses gouvernorats bananiers.

    Ali Muhammad Diallo

    Source : Twitter

    Tags : Afrique, France, françafrique, Tchad, Mali, Niger, Burkina Faso, Guinée, RDC, RCA, Centrafrique, Sénégal, Côte d’Ivoire, Gabon, 

  • La Françafrique a de beaux jours devant elle

    Lors de l’élaboration des fondements et préceptes de la maçonnerie françafricaine, son pontife-négrier, Charles De Gaulle indiqua très bien que tout ce qui concerne la domination permanente des sous-préfectures bananières d’Afrique, relève exclusivement de l’Elysée, et en aucune manière à une autre institution étatique. C’est la parfaite illustration de la “démocratie” exemplaire de ce pays!

    Par conséquent, tout véritable débat sur le “devenir” de la maudite unité monnétaire, appelée le Franc CFA dans les pays l’utilisant dont le débat au parlement françaus reste illégalement interdit.

    Le jour bien lointain où il y aurait lieu dans l’ensemble des protectorats assrvis d’Afrique, ce serait effectivement le début du processus de l’affirmation des souveraintetés réelles.

    Ali Muhammad Diallo

    Source: Twitter

    Tags : Françafrique, Tchad, Niger, Mali, Côte d’Ivoire, Burkina Faso, Guinée, RCA, RDC, Congo, Sénégal, 

  • WikiLeaks : les Américains contre le réseau de la Françafrique

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    Au même temps qu’ils saluait l’annonce de Nicolas Sarkozy prétendant vouloir rompre avec les relations connues sous le nom de Françafrique, les Américains offrent leur propres analyses sur les relations unissant la France et ses anciennes colonies ainsi que les raisons de la survivance de la Françafrique.

    Dans un câble sur une réunion entre diplomates américains et Bruno Joubert, ancien monsieur Afrique de l’Elysée, ce dernier affirmaient que « beaucoup de leaders africains comme Sassou Nguesso ont grandi avec la Françafrique. Quand ils rencontraient Chirac, ce n’était que tapes dans le dos, plaisanteries, longs repas. Ils commencent à s’apercevoir qu’avec Sarkozy, le temps des tapes dans le dos est révolu ».



    Ce n’est pas l’avis des américains pour lesquels les réseaux d’influence parallèles sont loin de disparaître. Pour eux, le conseiller officieux pour l’Afrique de Nicolas Sarkozy, Robert Bourgi est la « quintessence de l’acteur de la Françafrique impliqué dans des intrigues n’importe où en Afrique ».

  • La Françafrique vue par Wikileaks

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    WIKILEAKS : UNE CERTAINE IDÉE DE LA FRANCE ET DE SA POLITIQUE ÉTRANGÈRE

    Si 2% seulement des câbles Wikileaks ont été rendus publics, ils ont déjà permis de brosser un bout de l’histoire contemporaine de la France vue par la diplomatie américaine.

    Ces dernières semaines, la publi­cation des câbles diplomatiques par Wikileaks s’est focalisée sur la Tunisie, l’Egypte et la Lybie, mettant en lumière les connivences de certaines chancelleries avec les régimes en place, notamment de la France avec celui de Ben Ali. Il ressort de ces télégrammes que les États-Unis sont à la fois admiratifs des dispositifs répressifs et inquiets du racisme français.

    Ils font état de la visite de différentes personnalités politiques françaises à l’ambassade des Etats-Unis à Paris ou sur le sol américain. Si certains n’y passent que pour livrer leurs opinions, d’autres, comme Alain Madelin s’y rendent pour demander un soutien à leur carrière [1]. D’autres encore pour assurer les diplomates américains de leur proximité idéologique : Brice Hortefeux ou Nicolas Sarkozy qui, en 2005, promet de faire en France « ce que Reagan a fait aux Etats-Unis ou Thatcher au Royaume-Uni » mais aussi Dominique Strauss-Khan ou Michel Rocard, qui propose la création d’un think tank franco-américain.



    Rwanda : le juge Bruguière en service commandé

    Parmi les visiteurs de l’ambassade américaine, on trouve aussi le juge anti-terroriste Jean-Louis Bruguière. Il y fournit les détails de plusieurs affaires en cours, racontant notamment comment il s’est coordonné avec l’exécutif français pour délivrer les mandats d’arrêt contre plusieurs personnalités rwandaises [2].

    Un responsable français affirme plus directement que le dossier Bruguière était une réponse de la France à l’enquête rwandaise sur les responsabilités fran­çaises dans le génocide de 1994. Bruguière n’aurait pas caché sa volonté d’isoler le gouvernement Kagamé lors de sa visite. Une volonté qu’on s’attendrait à retrouver chez un politicien plutôt que chez un juge, dont l’indépendance n’est manifestement pas la plus grande qualité…

    En mars 2007, un diplomate américain analyse les orientations en matière de politique étrangère des candidats Royal et Sarkozy et se félicite de leur volonté affichée de rompre avec la gestion interpersonnelle des affaires africaines de Chirac et de « réduire l’empreinte militaire » de la France en Afrique, ce qui, cependant, « ne signifie pas un retrait », puisqu’elle « voudra continuer à exercer son influence au maximum » [3].



    Dans plusieurs télégrammes ultérieurs, les diplomates décortiquent la réalité de cette promesse de rupture avec la Françafrique. Le terme est d’ailleurs explicitement employé dans plusieurs notes, pas comme dénonciation militante, mais comme grille d’analyse géopolitique par la diplomatie américaine.

    La Françafrique comme grille de lecture en Afrique

    En 2008, trois longues notes [4] brossent la définition d’une Françafrique quel­que peu édulcorée (les crimes de la Françafrique ne sont abordés que par le biais de quelques affaires arrivées en justice, comme l’assassinat du juge Borrel), qui connaîtrait un réel tournant avec l’arrivée de Sarkozy. Néanmoins, la politique africaine de la France continue d’être dictée par la cellule africaine de l’Elysée. L’un de ses membres, Romain Serman, reconnaît que les accords de défense encore en vigueur avec huit pays africains sont absurdes, donnant à la France « un accès monopolistique aux ressources naturelles ». Les diplomates américains semblent alors croire à la rup­ture annoncée par Sarkozy, qui n’aurait connu que « quelques accidents de parcours, comme l’éviction de Bockel impliquant le Gabon », mais qui pêcherait plus par manque de réussite que de volonté.

    La dernière note, concernant la présence militaire française en Afrique, conclut en excusant la non-rupture pour cause de difficulté de la tâche. Un fonctionnaire du ministère de la Défense français décrit, sans honte, la relation franco-africaine comme une relation « parent-enfant », dont l’enfant, maintenant « adulte, est capable et mérite plus d’autonomie, ayant cependant toujours besoin d’aide et d’orientation ».



    En 2009, lors d’un entretien, portant longuement sur la Françafrique [5], Stephan Gompertz, du ministère des Affaires étrangères, reconnaissait l’influence de Robert Bourgi, « opérant dans l’ombre ».

    Les diplomates américains concluaient que la France use d’un panel large de politiques en Afrique, « allant d’une approche idéale exprimée par Sarkozy » à ses débuts, « à des approches plus opaques mais probablement plus judicieuses, conformes au vieux modèle de la Françafrique. Les circonstances et la nature imprévisible, voire violente, des évènements en Afrique peuvent parfois inciter ou forcer les Français à agir moins idéalement qu’ils le voudraient – un comportement connu de tous les gouvernements de la planète – quand les décisions doivent conforter les intérêts nationaux par les méthodes les plus efficaces, même quand les méthodes les plus efficaces ne sont pas forcément les plus jolies ».

    La plus grande puissance impérialiste du monde ne peut que comprendre, évidemment…

    Les coulisses diplomatiques de la Françafrique

    Si la plupart des câbles ne contiennent que peu d’informations nouvelles, ils livrent parfois un aperçu du jeu diplomatique de la France pour influencer l’avenir des pays africains. Ainsi, en 2006, une proposition de résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU présentée par Chirac sur la Côte d’Ivoire inquiète les Anglais et les Américains [6]. Ils y voient une dérive qui pourrait aller « au-delà des lois et jurisprudences internationales » en se «substituant à la constitution d’un pays souverain».



    Ne souhaitant pas s’opposer à la France, les Anglais sont néanmoins surpris que les Français aient réussi à obtenir le soutien du Ghana et du Congo. Pour ce dernier, ce soutien n’a pourtant rien de surprenant quand on sait à quel point Denis Sassou Nguesso doit à la France sa longévité au pouvoir.

    En 2009, une note sur la perspective des élections en Côte d’Ivoire analyse les accords de « Ouaga IV » comme « essentiellement un accord entre Blaise Compaoré et Laurent Gbagbo sur le contrôle du nord » du pays.

    Les Américains considèrent alors que les « FAFN gardent, de facto, le contrôle de la région, en particulier en ce qui concerne les finances » et que « le désarmement et la réunification ne sont pas des processus séparés. Ils sont intimement liés ».

    Une grille de lecture qui semble avoir été oubliée de la communauté internationale aujourd’hui…

    En juin 2009, un autre télégramme (censuré à moitié) [7] rapporte que la France considère le président mauritanien Abdallahi renversé par les putschistes comme « un obstacle », à qui il faudrait forcer la main lors des négociations. Le rôle de Robert Bourgi y est à nouveau pointé du doigt, tant dans le rapprochement du putschiste Aziz avec les autorités françaises que dans le cas du Gabon ou de Madagascar. Pour Romain Serman, la Lettre du Continent sert régulièrement à Bourgi pour diffuser ses informations et que « tout ce qui [y] paraît avec un lien potentiel avec Bourgi doit être considéré avec précaution ».



    D’autres exemples de cet acabit se trouvent dans l’infime partie des câbles déjà publiés mais ils fournissent déjà un matériau riche.

    Le cablegate de Wikileaks nous parle avant tout de la diplomatie des Etats-Unis et la Françafrique n’est donc pas son objet principal. Néanmoins, les Américains s’y sont suffisamment intéressés pour qu’on puisse espérer que quelques affaires françafricaines récentes soient mises à jour.

    Notes:

    [1] 05PARIS6744 Alain Madelin Seeks U.s. Support For His Candidacy To Head The Oecd And His Project To Reform The Oecd

    [2] 07PARIS322, C/t Judge On France, Rwanda, Pakistan, And His Political Future, 07PARIS186, Rwanda : Effect Of Bruguiere Report On Usg, Status Of Mrs. Habyarimana , lire aussi France-Rwanda : l’enquête Bruguière était suivie de près à l’Elysée, Philippe Bernard, le Monde, 11 décembre 2010

    [3] 07PARIS921, French Foreign Policy Under Nicolas Sarkozy Or Segolene Royal

    [4] 08PARIS1501, France’s Changing Africa Policy : Part I (background And Outline Of The New Policy), 08PARIS1568, France’s Changing Africa Policy : Part Ii (french Implementation And African Reactions), 08PARIS1698, France’s Changing Africa Policy : Part Iii (military Presence And Other Structural Changes)

    [5] 09PARIS1534, “francafrique” — Mfa Disputes Reports On A Return To Business As Usual

    [6] 06LONDON7670, (c) Cote D’ivoire : Uk Shares U.s. Concerns But Does Not Want To Oppose France In Unsc

    [7] 09PARIS815, Mauritania : French See Abdallahi As Obstacle

    Source : Survie, 3 mai 2011

    Tags: Côte d’Ivoire, Rwanda, Mauritanie, Nicolas Sarkozy, Jean-Louis Bruguière, Wikileaks, Françafrique, Wikileaks, Afrique, Gabon, Tchad, Sénégal, RCA, RDC, Franc CFA, FCFA, colonisation, colonialisme, 

  • Côte d’Ivoire : Alpha Condé embrasse le charlatanisme pour lutter contre le covid-19

    Alpha Condé vient d’insulter ses concitoyens en leur proposant de boire de l’eau chaude pour éviter la contamination au coronavirus. Une action qui lui a valu un rappel à l’ordre de la part des experts africains de la santé.

    Alpha Condé et Andry Rajoelina ont été appelés à agir de manière responsable par les experts africains de la santé. Ce dernier avait conseillé ses concitoyens de prendre « covid-organiques », un médicament fait à base d’Artemisia, una plante qui a eu un certain succès dans la lutte contre le paludisme, mais dont l’efficacité dans la prévention ou le traitement du Covid-19 n’a pas encore été prouvée

    Covid-organique est “un médicament dont les preuves scientifiques n’ont pas encore été établies et qui risquent de nuire à la santé de la population, en particulier celle des enfants”, selon un communiqué publié par Selon l’Académie nationale de médecine de Madagascar (ANAMEM), il s’agit d’un « médicament dont les preuves scientifiques n’ont pas encore été établies et qui risquent de nuire à la santé de la population, en particulier celle des enfants”. 

     
    Tags : Madagascar, Côte d’Ivoire, pandémie, covid-19, Alpha Condé, Andry Rajoelina,