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  • Entre l’Algérie et le Maroc : un face-à-face militaire ?

    Tags : Maroc, Algérie, Sahara Occidental, frontières, armée,

    Entre les deux géants du Maghreb, les lourds contentieux provenant de la colonisation et de la décolonisation ont rapidement pris une tournure militaire. Aujourd’hui, dos à dos, Alger et Rabat durcissent leur politique de défense : le Maroc crée une nouvelle zone militaire, la zone « est », à sa frontière avec l’Algérie, tandis que les nouveaux accords pour l’acquisition d’équipement militaire ne cessent de renforcer les arsenaux respectifs.

    La question des frontières est l’élément décisif qui va marquer soixante ans d’opposition marqués par des accès de violence directe ou par proxy (le Front Polisario). Elle influence profondément l’élaboration des politiques de défense des deux pays. La France coloniale porte une grande responsabilité dans la genèse de ce différend. Le contentieux des frontières fut le marqueur indépassable de la querelle. Il trouve ses racines dans le découpage desdites frontières par la France, à chaque fois au bénéfice de l’Algérie (alors trois départements français (1). Par ailleurs, le partage du Maroc en zones d’influence hispano-françaises, à la suite de la conférence d’Algésiras du 7 avril 1906 et du traité de Fès du 30 mars 1912, va contraindre le pouvoir chérifien à récupérer son territoire morceau par morceau (« en kit » comme dira Hassan II un jour (2) : le nord espagnol, la zone franche de Tanger, Ifni et le cap Juby et enfin à exiger la restitution du Sahara espagnol qu’il ne récupérera qu’en 1975, dans un coup de force face à un pouvoir franquiste épuisé. Cette restitution tardive favorisa l’émergence d’un acteur local, le Front Polisario, qui refusa l’annexion marocaine et réclama la tenue d’un référendum d’autodétermination. Le Maroc refusa et chassa le mouvement indépendantiste qui prit les armes. L’Algérie, après une hésitation initiale, prit fait et cause pour le Front Polisario et les affrontements se multiplièrent. Les deux armées se heurteront d’ailleurs, en 1976, à Amgala, dans une bataille en deux temps. Mais la prudence prévalut et, pour éviter une guerre sans merci, les deux pays ne s’affrontèrent plus que par Polisario interposé.

    Une lente structuration des politiques de défense

    Au début de la période postcoloniale, les deux États se soucient peu des conditions juridiques et politiques de l’exercice de la défense nationale. Des deux côtés, l’élément principal est l’incarnation. Les deux chefs d’État assument dans leur personne la souveraineté nationale et sont les garants de sa protection. Côté marocain, la simple appellation « forces armées royales » (FAR) de l’armée démontre le caractère propriétaire, néo-patrimonial, assumé de ce corps. En Algérie, l’Armée de libération nationale (ALN) devient l’Armée nationale populaire (ANP) mais demeure sous le contrôle exclusif du président Houari Boumédiène après sa prise de pouvoir en 1965, qui assume aussi la fonction de ministre de la Défense.

    La politique de défense algérienne : grands principes et schéma directeur

    La politique de défense algérienne, depuis l’indépendance, s’appuie sur de grands principes théoriques. Sur le plan interne, le soldat est l’héritier du moujahid de l’ALN et du fellagha de la résistance intérieure. Le maintien de la conscription, qui fit l’objet de grands débats à l’orée des années 2000, est vécu par le pouvoir comme un élément symbolique majeur, et ce, même si la professionnalisation de l’armée a été largement engagée. La terrible guerre civile algérienne (1991-2002) démontra, en ses premières années, l’incapacité des conscrits à tenir l’arrière-pays et surtout à combattre à armes égales avec les jihadistes des Groupements islamiques armés (GIA) et de l’Armée islamique du salut (AIS). Aujourd’hui, le quadrillage efficace du pays (en dehors de quelques endroits reculés) est une réalité.

    Sur le plan des frontières extérieures, l’Algérie a toujours assuré une surveillance étroite de la zone contiguë avec la Libye, toujours inquiète des sautes d’humeur du bouillant colonel Mouammar Kadhafi. Avec la Tunisie, après des années de gel, une coopération réciproque s’établit avec un droit de suite dans le cadre de la lutte contre les maquis antiterroristes. Au sud, l’APN assure le contrôle des maquis et de la guérilla jihadiste repoussée sur les franges maliennes pendant la guerre civile. À l’ouest, la défense de la frontière ouest avec le Maroc est évidemment la priorité, même si l’action militaire potentielle contre le royaume chérifien est dévolue aux forces combattantes de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), épigone étatique du Front Polisario, proclamée en 1976, et dont la population est en exil à Tindouf depuis cette date.

    Les capacités de l’Algérie à projeter ses forces avaient été entravées dès l’origine par le refus initial de ses constitutionnalistes d’autoriser les interventions extérieures (ce principe fit l’objet d’une exception pendant les guerres israélo-arabes.) Cette autocensure était liée au traumatisme initial de sa propre guerre d’indépendance et voulait éviter que le pays ne s’engageât dans des « aventures » coloniales ou impérialistes. L’Algérie ne prit pas moins part à quelques opérations des Nations Unies, mais sans commune mesure avec l’activisme du Maroc dans ce domaine. La politique de défense algérienne est fortement marquée par la guerre d’indépendance. Le renvoi perpétuel aux « martyrs » (chahid) comme mémoire et exemplarité en est l’illustration. La dernière révision de la Constitution (en 2020, après l’ère Bouteflika) donne les principes suivants : « Digne héritière de l’Armée de Libération Nationale, l’Armée Nationale Populaire assume ses missions constitutionnelles avec un engagement exemplaire ainsi qu’une disponibilité héroïque au sacrifice, […]. Le peuple algérien nourrit une fierté et une reconnaissance légitimes à l’endroit de son Armée Nationale Populaire, pour la préservation du pays contre toute menace extérieure, et pour sa contribution essentielle à la protection des citoyens, des institutions et des biens, contre le fléau du terrorisme, […]. »

    L’État veille à la professionnalisation et à la modernisation de l’ANP, de sorte qu’elle dispose des capacités requises pour la sauvegarde de l’indépendance nationale, de la défense de la souveraineté nationale, de l’unité et de l’intégrité territoriale du pays, ainsi que de la protection de son espace terrestre, aérien et maritime (3).

    La mission de l’ANP est prioritairement dédiée à la défense du pays, mais cette dernière mouture constitutionnelle n’interdit plus à cette force militaire d’intervenir au-delà de la frontière.

    Même si le texte est plus explicite sur le maintien de la paix, c’est aussi la possibilité d’un droit de suite qui est ainsi libéré.

    Algérie : un regard de plus en plus sudiste

    Au début, le jeune État algérien s’est peu préoccupé des régions sahariennes. Dès 1963, avec la guerre des sables opposant l’Algérie et le Maroc, l’ouest fut la préoccupation principale. Au fil du temps, un colonel, Mouammar  Kadhafi —  de plus en plus imprévisible  —, la nécessité de détruire les convois de jihadistes remontant les armes des vieux dépôts tchadiens, et les infiltrations dans ces zones moins défendues, conduisirent les responsables militaires à investir sur la défense du sud. Trois nouvelles régions militaires furent alors créées  : Ouargla, Tamanrasset, Illizi.

    Le renforcement de la frontière sud se poursuivit car l’effectif était notoirement insuffisant : « Seule 10 % de l’armée algérienne est positionnée dans la zone saharienne (la moitié étant positionnée à la frontière avec le Maroc) (4). » Mais ce désintérêt est en cours de correction active depuis  2012  (5). Vis-à-vis des voisins, un embryon de coopération existe : un «  comité d’état-major opérationnel conjoint » (CEMOC) avec la Mauritanie, le Mali et le Niger, mais il n’a donné que peu de résultats depuis sa création en 2010. La nouvelle stratégie algérienne a été conçue pour tenter de répondre plus efficacement à la fluidité et à la rapidité des groupes jihadistes (6).

    En résumé, la politique de défense algérienne s’accroche toujours à ses fondamentaux (esprit moujahid, défense nationale du territoire contre toutes les menaces, obsession marocaine) mais elle tente également de s’adapter à un environnement fluctuant et plus conflictuel. La guerre en Libye, pour abattre Kadhafi, a traumatisé l’exécutif et la haute hiérarchie militaire. Les attaques venues des jihadistes du Sahel aussi. Sur le plan multilatéral, l’Algérie a perdu la prééminence absolue en matière de sécurité qu’elle avait à l’Union africaine. Le Maroc est revenu dans l’organisation. La RASD est affaiblie. La chute du clan Bouteflika, la mort du puissant chef d’état-major Ahmed Gaïd Salah, et la reconstitution d’un nouveau pouvoir, ont entraîné un repliement sur les fondamentaux de défense traditionnels. Parmi ceux-ci, le Sahara occidental revient en première ligne.

    Le Maroc : présent sur deux fronts ?

    Depuis le référendum constitutionnel du 7 juillet 1962, le Maroc est une monarchie constitutionnelle. Les quatre autres constitutions ne modifieront pas ce principe. Cependant, si la souveraineté revient au peuple, le monarque est le cœur à partir duquel convergent tous les pouvoirs et notamment celui de conduire les armées. Comme nous le disions, « le Roi est la figure centrale et absolue du dispositif de défense. On peut même dire, avec Abdelwahab  Maalmi, que le Roi, pris en tant qu’organe de l’État, est le “véritable producteur de sens” » (7).

    Les coups d’État de 1971-1972, dans lesquels l’armée a été impliquée à tous les niveaux, entraînent un raidissement du pouvoir et conduisent à une purge profonde puis à une centralisation accrue avec tous les pouvoirs dans les mains royales. Si le dispositif s’est en partie décentralisé, à partir de la deuxième moitié de la guerre du Sahara, pour pouvoir répondre à la mobilité de l’adversaire, le Palais exerce cependant un contrôle étroit sur la haute hiérarchie.

    Dans la dernière constitution du 1er juillet 2010, le roi demeure l’élément central, à la fois politique et symbolique, des principes et de l’organisation de la défense. Le préambule précise qu’en tant qu’« État musulman souverain, attaché à son unité nationale et à son intégrité territoriale, le Royaume du Maroc entend préserver, dans sa plénitude et sa diversité, son identité nationale une et indivisible  ». L’article  42, qui détaille les pouvoirs et les compétences royales, stipule que le monarque est « le Garant de l’indépendance du pays et de l’intégrité territoriale du Royaume dans ses frontières authentiques ». L’article 53, quant à lui, précise que le roi est le « Chef Suprême et Chef d’État-major Général des Forces Armées Royales ». Comme le note Brahim Saydi, « la politique de défense marocaine a toujours été définie en fonction de son combat pour l’intégrité territoriale du pays et des menaces que représentent ses voisins. La principale composante de cette menace est associée à l’Algérie […]. Les relations hispano-marocaines constituent le deuxième élément de cette perception de la menace » (8)

    Les notions d’indivisibilité et d’authenticité des frontières font référence, bien évidemment, au Sahara occidental mais aussi aux présides, ces possessions espagnoles au nord que sont les villes de Ceuta et Melilla, les îlots Leïla/Perejil et les îles Chaffarines. La récupération de ces petits territoires demeure un élément central du récit nationaliste marocain — lui-même contesté par l’Espagne, qui fait valoir une antériorité historique sur ces terres africaines (9). Cette préoccupation n’est pas totalement anecdotique, et le Maroc poursuit l’Espagne sur le terrain des instruments internationaux de décolonisation. Elle utilise aussi désormais l’arme des migrants. À deux reprises, en 2021 et en mars 2022, elle a laissé 8.000 puis 1.200 migrants prendre d’assaut les barbelés des deux villes, et par la mer. Les défenses furent saturées. Mais la véritable affaire demeure celle de l’opposition avec l’Algérie et la question du Sahara occidental. Depuis le succès de la stratégie des murs à partir de 1981, le Maroc contrôle l’essentiel du territoire contesté, renvoyant la RASD aux confins de la Mauritanie et de l’Algérie. Le dispositif de défense s’est perfectionné et l’investissement financier pour le développement du territoire a été considérable, mais rien n’est réglé sur le fond. Le référendum d’autodétermination prévu par les plans Baker n’a jamais pu se tenir et les deux camps se renvoient depuis la responsabilité de l’échec (10).

    Pendant presque vingt ans, la situation du territoire est restée figée. Le référendum s’est enlisé alors que des crises politiques chez les Sahraouis limitaient leur capacité d’action. La guerre civile algérienne n’arrangea rien car le pouvoir algérien se replia sur la survie. Depuis quelques années, le réarmement algérien, rendu possible par la remontée du prix des hydrocarbures et l’élimination de la menace intérieure, a permis de relancer l’intérêt pour la cause de la RASD. La question sahraouie est devenue un enjeu de politique interne en Algérie. L’armée en a fait aussi une cause sacrée.

    Conclusion : une paix armée ?

    La période Bouteflika a été celle d’un réarmement massif de l’Algérie, devenue la deuxième armée d’Afrique (11). Des achats d’armements colossaux à la Russie ont fait progresser ses capacités militaires dans tous les domaines. En face, le Maroc — ne pouvant pas s’aligner au niveau financier — joue la carte de la qualité et s’approvisionne, surtout aux États-Unis, en matériel de très haute technologie. Les nombreuses coopérations de ce pays visent également à mettre les armées à la pointe de la technologie. Dans cet environnement militarisé, il n’y a pas d’ouverture de paix prévisible. Le nouveau gouvernement algérien s’est engouffré dans le dossier sahraoui pour renforcer, si besoin était, sa légitimité en revenant aux fondamentaux et le Maroc a lancé une offensive diplomatique tous azimuts pour bétonner sa position politique. Au milieu, des accrochages commencent à se produire, impliquant d’un côté la RASD et de l’autre les forces marocaines. La volatilité de la situation stratégique mondiale et, dans l’affaire ukrainienne, la réhabilitation de l’usage de la guerre par la Russie comme règlement des contentieux peuvent faciliter la libération de volontés jusqu’alors contenues par un environnement international juridique et politique positif. Le face-à face-va donc continuer…

    Jean-François Daguzan

    Notes

    (1) Voir, entre autres, Michel Foucher, Fronts et frontières : un tour du monde géopolitique, Paris, Fayard, 1991, p. 207-211.

    (2) Hassan II & Éric Laurant, La mémoire d’un Roi : entretiens avec Éric Laurent, Paris, Plon, 1993.

    (3) «  Algérie  : Constitution de  1996 (version consolidée du 30 décembre 2020) », Digithèque MJP (https://mjp.univ-perp.fr/constit/ dz2020.htm).

    (4) Jean-Pierre Dufau, « Rapport autorisant l’approbation de l’accord de coopération dans le domaine de la défense entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République algérienne démocratique et populaire  », Assemblée nationale, 7  novembre  2012 (https://www.assemblee-nationale.fr/14/rapports/r0343.asp).

    (5) Voir Salim Chena, « L’Algérie : de la puissance idéologique à l’hégémonie sécuritaire », in Mansouria Mokhefi & Alain Antil, Le Maghreb et son Sud : vers des liens renouvelés, IFRI, CNRS éditions, Paris, 2012, p. 19-37 (https:// books.openedition.org/editionscnrs/22836?lang=fr).

    (6) Abdennour Benantar, « Sécurité aux frontières : portée et limites de la stratégie algérienne », L’année du Maghreb, 14, juin 2016, p. 147-163 (https://journals.openedition.org/anneemaghreb/2712?lang=ar).

    (7) Jean-François  Daguzan, Le dernier rempart  ?  : forces armées et politiques de défense au Maghreb, Publisud-FMES-FED, Paris, 1998, p. 138.

    (8) Brahim Saidy, « La politique de défense marocaine : articulation de l’interne et de l’externe  », Maghreb-Machrek, n°202, hiver  2009-2010, p. 124 (https://www.cairn.info/revue-maghreb-machrek-2009-4-page-115. htm).

    (9) Leila ou Perejil (persil) selon que l’on parle du Maroc ou d’Espagne. Pour la dimension historique et politique, voir Yves Zurlo, Ceuta et Melilla : histoire, représentations et devenir de deux enclaves espagnoles, L’Harmattan, Paris, 2005.

    (10) Du nom de l’ancien secrétaire d’État américain, James Baker III, chargé de la médiation par l’ONU. Voir Lucile  Martin, «  Le dossier du Sahara occidental », Les Cahiers de l’Orient, 2011/2, n°102, p. 43-57 (https://www. cairn.info/revue-les-cahiers-de-l-orient-2011-2-page-43.htm).

    (11) «  Le Maroc 55e   puissance militaire au rang mondial  », Challenge, 21 janvier 2022 (https://www.challenge.ma/le-maroc-55eme-puissancemilitaire-au-rang-mondial-231143/)

    Source : Diplomatie SciencesPo

    #Maroc #Algérie #Sahara_Occidental #Frontières

  • CIA: Hassan II a consacré une grande partie de son temps au plaisir

    Tags : Maroc, Etats-Unis, Armée, Hassan II, coup d’Etat, CIA,

    ESTIMATION SPECIALE DU RENSEIGNEMENT NATIONAL
    SNIE 61-1-72

    14 septembre 1972

    PERSPECTIVES POUR LA MONARCHIE MAROCAINE

    NOTE SOMMAIRE

    Cette estimation a été demandée par le Département d’État pour évaluer les perspectives de la monarchie marocaine à la lumière de la tentative de coup d’État du 16 août. Elle n’est pas destinée à remplacer NIE 61-72, « Les perspectives du Maroc », daté du 15 juin 1972, SECRET, car l’analyse des problèmes sociaux, politiques et économiques sous-jacents dans ce document reste généralement valable.

    Cet article conclut que le roi Hassan est dans une position sérieusement affaiblie et qu’une attaque réussie contre lui pourrait avoir lieu à tout moment. Il conserve certains atouts et est un habile manipulateur politique, mais il ne consacre pas suffisamment d’efforts à gouverner. La loyauté de l’establishment militaire, sur laquelle le trône s’est traditionnellement appuyé, est mise à rude épreuve et le roi ne peut plus compter sur son rôle hérité de chef religieux et temporel pour le soutenir.

    À court terme, une tentative contre Hassan est plus susceptible d’être un coup porté par une poignée d’officiers militaires déterminés à évincer un monarque qu’ils considèrent désormais comme un obstacle au progrès du Maroc. À plus long terme, une action contre Hassan pourrait s’inscrire dans le cadre d’une détérioration plus large du corps politique, y compris peut-être une rupture de l’ordre public ou le développement d’un mouvement révolutionnaire. Depuis que Hassan s’est isolé des sources de soutien les plus importantes du pays, il y a de fortes chances que l’une ou l’autre tentative contre lui réussisse.

    L’Estimation

    1. En un peu plus d’un an, il y a eu deux tentatives pour éliminer le roi Hassan. Les détails de l’attaque du 16 août contre son avion et la planification de celle-ci ne sont toujours pas clairs, mais il existe de bonnes preuves que le ministre de la Défense et homme fort des Forces armées marocaines, le général de division Mohamed Oufkir, était impliqué dans le complot. En tout cas, il est largement admis au Maroc qu’il a dirigé l’attentat et qu’il a été tué pour cette raison. Il ne semble pas y avoir d’officiers capables de remplacer Oufkir en tant que commandant fort des Forces armées marocaines. Le roi Hassan a aboli le poste de ministre de la Défense et a pris le contrôle direct de l’establishment militaire.

    2. Il convient de noter que la tentative de renversement du roi de juillet 1971 et celle d’août 1972 ont été menées par de petits groupes d’officiers militaires. Nous avons peu de preuves tangibles sur les croyances et les objectifs ultimes de ces hommes. Le Maroc a des problèmes sociaux et économiques fondamentaux, et le mécontentement grandit dans de nombreuses parties de la population, un état de malaise qui se reflète – bien que de manière plutôt inefficace – dans les partis politiques. Cependant, à notre connaissance, il n’y a pas eu de contacts entre les comploteurs et les dirigeants politiques civils. Les comploteurs militaires étaient presque exclusivement des Berbères ruraux conservateurs – l’élément majoritaire du corps des officiers. Les preuves disponibles indiquent que les prétendus régicides visaient à éliminer le roi et à se débarrasser de l’entourage corrompu et gaspilleur qui l’entoure. Les officiers ne semblaient pas déterminés à provoquer des changements sociaux et économiques radicaux, bien qu’ils aient cherché à restreindre au moins secrètement le pouvoir de la monarchie. Relativement peu d’officiers ont été directement impliqués dans chaque tentative, et parmi d’autres qui peuvent avoir eu des connaissances préalables, aucun ne semble avoir été suffisamment loyal pour signaler les plans au palais.

    3. Les deux tentatives ont eu lieu dans un isolement presque complet du grand public. Il y avait peu d’enthousiasme exprimé pour l’un ou l’autre, et peu parmi la population semblent se soucier de savoir si Hassan survit ou non. Au cours de ses 11 années au pouvoir, Hassan a dépensé une grande partie du capital politique qu’il a hérité de son père – la légitimité religieuse et politique d’une dynastie de trois cents ans, le rôle de premier plan du trône dans la lutte pour l’indépendance, et une mesure de considération populaire pour l’efficacité du monarque en tant que dirigeant.

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    #Maroc #HassanII #Armée #Etats_Unis

  • Les sous-marins, un point clé de la puissance algérienne

    Tags : Espagne, France, armée, marine, sous-marins, Maroc, Algérie, Israël, Egypte, OTAN,

    Une approche rapide et simple, mais non moins vraie, pour définir les capacités d’un sous-marin est qu’il s’agit d’unités de combat d’une grande puissance offensive et stratégique dont le principal avantage par rapport aux navires de surface est qu’ils sont difficiles à détecter et à détruire lorsqu’ils naviguent à grande profondeur.

    C’est précisément leur discrétion et leur furtivité qui font des sous-marins la principale arme de dissuasion après les armes nucléaires, au point qu’aucune opération navale n’est menée sans tenir compte de la présence de sous-marins dans la zone. D’un autre point de vue, le simple fait de soupçonner la présence d’un éventuel sous-marin sur le théâtre des opérations limite la capacité de mouvement d’une flotte entière, d’où son pouvoir de dissuasion.

    L’année prochaine marquera le 20e anniversaire du conflit de Perejil. Un détail de cette époque, qui est peut-être passé inaperçu, est l’écrasante puissance navale mobilisée par l’Espagne, alors que le Maroc n’a pas mobilisé ses fleurons. Très probablement parce que l’Espagne a maintenu le sous-marin Tramontana à un endroit indéterminé du détroit de Gibraltar. D’autre part, l’Espagne aurait-elle mobilisé un tel nombre de navires si le Maroc avait eu une force sous-marine ?

    La guerre de 2011 en Libye a mobilisé une force navale de l’OTAN pour assurer la couverture des attaques terrestres depuis la Méditerranée, le blocus naval des principaux ports et les opérations de renseignement. Rien de tout cela n’a eu lieu avant que l’Alliance ne s’assure que la Libye n’exploite aucun des sous-marins qu’elle était censée exploiter.


    Ces deux exemples mettent en évidence le pouvoir furtif et dissuasif des sous-marins.

    En plus de leur indétectabilité, ils ont une grande puissance offensive. Il est tout simplement terrifiant de penser qu’une seule torpille lourde tirée depuis les profondeurs qui abritent un sous-marin est suffisante pour couler un navire de surface, alors qu’il est extrêmement difficile de le faire avec un seul missile lancé depuis les airs ou depuis une autre unité de surface.

    Avec ce qui a été dit jusqu’à présent et en tenant compte des capacités présentées, nous pouvons préciser un peu plus clairement les missions d’un sous-marin d’attaque :

    – Recherche et attaque.

    – Projection de forces sur terre.

    – Missions de reconnaissance, de renseignement et de surveillance.

    – La guerre des mines.

    – Soutien de la force.

    – Garantir la liberté d’action des forces de surface.

    – L’intelligence.

    – Poste de reconnaissance et d’information avancé destiné à soutenir une force navale.

    – Infiltration du rivage ennemi et couverture des commandos.

    L’un des points à prendre en compte selon la Strategic Defence Review et en relation avec les forces navales est de maintenir la capacité d’opérer sur des théâtres d’opérations éloignés, en mettant l’accent sur la projection navale sur terre. En d’autres termes, la prévalence de l’action côtière et du soutien à la force navale. Actions de couverture traditionnellement associées aux sous-marins.

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    #Espagne #Armée #Armes #Maroc #Algérie #Marine #Sous-marins



  • Maroc: L’armée participera à la conférence militaire israélienne

    Maroc, Israël, armée, conférence militaire israélienne,

    Le Maroc et Israël ont signé un certain nombre d’accords – en particulier des accords militaires – depuis que Rabat et Tel-Aviv ont normalisé leurs relations fin 2020.

    Un porte-parole de l’armée israélienne a révélé que des membres des Forces armées royales du Maroc devraient participer à une conférence militaire qui se tiendra en Israël la semaine prochaine.

    Avichay Adraee, porte-parole de l’armée israélienne pour les médias arabes, a déclaré dans un tweet publié jeudi que l’armée israélienne organisera une conférence internationale sur le renouvellement et la modernisation de l’armée, et inclura la participation de dirigeants militaires mondiaux, y compris arabes.

    La conférence, selon Adraee, devrait avoir lieu du 12 au 15 septembre.

    Les participants possibles incluent des chefs de l’armée de l’Inde, des États-Unis , d’un certain nombre de pays européens, ainsi que du Maroc, selon une affiche partagée par Adraee sur son compte Twitter.

    La conférence portera sur les “mécanismes de changement et d’innovation sur le champ de bataille moderne, en mettant l’accent sur la défense multidimensionnelle, l’accès au territoire et les frappes, ainsi que la gestion du spectre militaire”, selon son message.

    L’annonce intervient alors que Tel-Aviv et Rabat ont renforcé leurs liens militaires en juillet lors d’un certain nombre de réunions dans le royaume entre le chef militaire israélien Aviv Kochavi et des responsables de la défense marocains.

    Kochavi, a rencontré l’inspecteur général des Forces armées royales ainsi que le chef des services de renseignement et le délégué du ministère du royaume nord-africain chargé de l’administration de la défense.

    La visite de Kochavi au Maroc était la première d’un chef de l’armée israélienne et s’est heurtée à des protestations de la part de manifestants pro-palestiniens dans le royaume.

    Le Maroc et Israël ont normalisé leurs relations fin 2020 par le biais des accords d’Abraham controversés négociés par les États-Unis, qui ont vu d’autres États arabes établir des relations diplomatiques avec Tel-Aviv, notamment les Émirats arabes unis et Bahreïn.

    Les liens nouvellement établis entre les États arabes ont provoqué la colère des États à majorité arabe et musulmane. Les factions politiques palestiniennes ont critiqué cette décision comme un coup de poignard dans le dos pour la cause palestinienne.

    Depuis lors, le Maroc et Israël ont signé un certain nombre d’accords, notamment scientifiques, commerciaux et militaires.

    Israël ouvrira également une ambassade permanente à Rabat , suite à une annonce en août, dont la construction prendrait un an et demi, selon le média israélien Yedioth Ahronoth .

    The New arab, 10/09/2022

    #Maroc #Armée #FAR #Conférence_militaire_israélienne #Israël

  • USA livre des systèmes de communications sophistiqués au Maroc

    Maroc, Etats-Unis, armée, armes, équipements militaires, systèmes multifonctionnels de distribution d’informations tactiques interarmées, MIDS-JTRS,

    WASHINGTON, le 25 août 2022 – Le Département d’État a pris une décision approuvant une éventuelle vente militaire étrangère au gouvernement du Maroc d’équipements de commandement et de contrôle au sol et connexes pour un coût estimé à 141,1 millions de dollars. L’Agence de coopération en matière de sécurité pour la défense a délivré aujourd’hui la certification requise informant le Congrès de cette éventuelle vente.

    Le gouvernement du Maroc a demandé l’achat de six (6) systèmes multifonctionnels de distribution d’informations tactiques interarmées (MIDS-JTRS). Sont également inclus : Terminaux bande étroite/large bande KY-100M ; Appliques cryptographiques KIV-78 et KIV-77 ; Chargeur de clé simple AN / PYQ-10 (SKL); communications sécurisées supplémentaires, dispositifs cryptographiques et équipement de navigation de précision ; logiciels non classifiés et classifiés, support logiciel et équipement de support ; pièces de rechange et de réparation; équipement de soutien et de test ; publications et documentation technique; formation du personnel et équipement de formation; Ingénierie du gouvernement américain et des entrepreneurs ; services d’assistance technique et logistique; et d’autres éléments connexes de soutien logistique et de programme. Le coût total estimé est de 141,1 millions de dollars. Cette vente proposée soutiendra la politique étrangère et la sécurité nationale des États-Unis en aidant à améliorer la sécurité d’un Allié majeur non membre de l’OTAN qui continue d’être une force importante pour la stabilité politique et le progrès économique en Afrique du Nord.

    La vente proposée améliorera la capacité du Maroc à faire face aux menaces actuelles et futures en fournissant des services de renseignement, de surveillance et de reconnaissance (ISR) en temps opportun et en acquérant des cibles pour sa sécurité et sa défense. La capacité est un moyen de dissuasion face aux menaces régionales et de renforcer son autodéfense. Le Maroc a démontré son engagement à moderniser son armée et n’aura aucune difficulté à intégrer ces articles dans ses forces armées.

    La vente proposée de cet équipement et de ce soutien ne modifiera pas l’équilibre militaire de base dans la région.

    Les principaux contractants seront General Atomic Aeronautical Systems Inc., San Diego, CA ; Lockheed Martin Inc., Bethesda, MD ; Raytheon Inc., Waltham, MA ; et Leonardo SpA, Rome, Italie. L’acheteur demande généralement des compensations. Tout accord de compensation sera défini lors de négociations entre l’acheteur et l’entrepreneur.

    La mise en œuvre de cette vente proposée ne nécessitera pas l’affectation de représentants supplémentaires du gouvernement américain ou de l’entrepreneur au Maroc.

    Il n’y aura aucun impact négatif sur l’état de préparation de la défense américaine à la suite de cette vente proposée.

    Cet avis de vente potentielle est exigé par la loi. La description et la valeur en dollars correspondent à la quantité et à la valeur en dollars estimées les plus élevées en fonction des besoins initiaux. La valeur réelle en dollars sera inférieure en fonction des exigences finales, de l’autorisation budgétaire et des accords de vente signés, s’ils sont conclus.

    Toutes les questions concernant cette vente militaire étrangère proposée doivent être adressées au Bureau des affaires militaires politiques du Département d’État, Bureau des affaires du Congrès et publiques, pm-cpa@state.gov.

    DEFENSE SECURITY COOPERATION AGENCY, 25/08/2022

    #Maroc #Etats_Unis #MIDS_JTRS #Armes

  • Le Maroc renforce ses liens militaires avec Israël

    Maroc, Israël, armée, coopération militaire, Sahara Occidental, Algérie, Aviv Kohavi,

    Le Maroc renforce ses liens militaires avec Israël, fournisseur de “drones suicide” en plein conflit du Sahara occidental
    Le chef de l’armée israélienne se rend pour la première fois dans le pays maghrébin, dans un contexte de tension croissante entre Rabat et l’Algérie.
    Francisco Peregil
    Le Maroc accueille pour la première fois un chef de l’armée israélienne en visite officielle. Le général Aviv Kohavi, 58 ans, a atterri à Rabat lundi en fin d’après-midi et prolongera son séjour officiel jusqu’à mercredi. L’objectif de cette visite, selon l’armée israélienne, est de renforcer la coopération avec le Maroc, sans préciser davantage de détails sur les ventes d’armes. Kohavi rencontrera, entre autres, le ministre marocain chargé de l’administration de la défense, Abdelatif Loudiyi, et l’inspecteur général des Forces armées royales et commandant de la zone sud, le général El Farouk Belkheir.

    Cette visite intervient au moment où le Maroc est engagé dans un conflit armé de faible intensité avec le Front Polisario, dont le principal allié et protecteur est l’Algérie. La tension entre les deux pays du Maghreb a atteint son point le plus sensible en novembre 2021, lorsque la présidence algérienne a publié un communiqué annonçant que trois civils algériens avaient été “lâchement tués” dans un “bombardement barbare” alors qu’ils se rendaient avec leurs camions de la capitale mauritanienne Nouakchott à la ville algérienne de Ouargla. La présidence algérienne a affirmé que “divers facteurs” suggéraient que le massacre avait été perpétré par “les forces d’occupation marocaines au Sahara occidental” à l’aide d’”armes sophistiquées”. Selon les sources du Front Polisario, c’est Israël qui est à l’origine de cet armement de pointe.

    Le principal fabricant de drones israélien, Israel Aerospace Industries (IAI), produit les drones suicide Harop, un petit avion sans pilote d’une portée de plus de 1 000 kilomètres, difficile à détecter par les radars et capable de transporter plus de 20 kilos de charge explosive. Cette société a reçu 19,4 millions d’euros du Maroc en 2021, au plus fort du conflit du Sahara occidental, selon le quotidien Haaretz, en accédant aux deux rapports trimestriels que le fabricant israélien a fournis à la Bourse de Tel Aviv. L’État marocain maintient un silence hermétique sur ces questions.

    Pendant ce temps, la tension continue de couver au Sahara occidental. Le Front Polisario a publié un communiqué samedi dans lequel il affirme avoir mené une “attaque massive au missile” contre plusieurs positions de troupes marocaines dans le nord et le sud-est du Sahara occidental. Les autorités marocaines ne commentent jamais leurs propres actions militaires ou celles de leurs ennemis au Sahara. Cette fois-ci, ils ont également opté pour le silence, tout en continuant à tisser des liens plus étroits avec l’armée israélienne.

    Le Maroc a commencé à normaliser ses relations avec Israël en décembre 2020, un mois après que le Front Polisario a considéré que le cessez-le-feu qu’il maintenait avec le Maroc depuis 1991 était rompu. C’est à l’hiver 2020 que le président américain de l’époque, Donald Trump, a reconnu la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental en échange de la normalisation par Rabat de ses relations avec l’État hébreu.

    Rabat est devenu le quatrième pays arabe à normaliser ses relations avec l’État juif, après les Émirats arabes unis en août, suivis de Bahreïn en septembre et du Soudan en octobre. Ces pactes de normalisation, négociés par Donald Trump dans sa dernière phase en tant que président, ont été appelés les accords d’Abraham. Les accords n’obligent pas Israël à reconnaître l’existence d’un État palestinien.

    “La normalisation est une trahison”.

    Les plus grandes manifestations enregistrées depuis des décennies au Maroc sont celles que l’État marocain lui-même encourage chaque année en faveur de la cause palestinienne. Mais depuis ce décembre 2020, tout le monde au Maroc sait que c’est le roi lui-même qui parraine la normalisation des relations. Cela n’a pas empêché la dernière escalade des attaques de l’armée israélienne contre la bande de Gaza en mai 2021 de déclencher des manifestations dans les principales villes du Maroc, où l’on a crié “la normalisation est une trahison”. Mais les deux pays ont continué à tisser des liens inexorablement plus étroits.

    La coopération militaire entre Israël et le Maroc existe depuis plus de 50 ans, mais toujours de manière semi-secrète, dans les coulisses. Jusqu’à ce que le chef de la défense israélienne, l’ancien général Benny Gantz, se rende à Rabat en novembre 2021 pour signer un accord militaire sans précédent dans le monde arabe. Une délégation militaire israélienne s’est rendue au Maroc le 25 mars et a signé un deuxième accord, portant sur la participation à des exercices internationaux et la vente d’armes. Aujourd’hui, c’est le chef des forces armées israéliennes lui-même qui s’est rendu au Maroc pour une visite à forte valeur symbolique.

    Aviv Kohavi a prêté serment en tant que chef d’état-major des forces armées en 2019. Parmi ses opérations les plus critiquées au cours des trois dernières années figure le bombardement et l’abattage par l’aviation israélienne de l’immeuble de 12 étages abritant les bureaux de l’agence Associated Press et de la chaîne Al Jazeera, le 15 mai 2021. Fin mai, le général Kohavi a déclaré à la télévision israélienne que le bâtiment avait été “détruit à juste titre” et qu’il ne ressentait “pas une once de regret”. La destruction du bâtiment s’est produite au cours d’une escalade de 11 jours qui a fait plus de 250 morts chez les Palestiniens et 13 en Israël.

    El Pais, 19/07/2022

    #Maroc #Israël #Algérie #Sahara_Occidental

  • Le Maroc va recevoir des hélicoptères Ah-64 Apache

    Maroc, armée, armes, hélicoptères Ah-64 Apache,

    Un premier lot de 24 hélicoptères « AH-64 Apache » que le Maroc avait commandé au constructeur américain Boeing sera bientôt livré.

    Selon une source bien informée, le Maroc recevra le premier lot de ces avions l’année prochaine, rapporte Hespress. Initialement prévue en 2022, la livraison du premier lot a été repoussée à 2023, l’avion étant en cours de finalisation. Des modifications techniques doivent également être ajoutées à cette commande. Le constructeur américain Boeing devra livrer les 24 appareils au Maroc d’ici 2025. En prévision de la réception du premier lot, le royaume a entrepris la réhabilitation de l’aéroport militaire de Khouribga.

    Un contrat pour l’achat de 24 hélicoptères AH-64 Apache a été conclu entre l’avionneur américain Boeing et les Forces armées royales (FAR) en juin 2020. L’hélicoptère AH-64 Apache est un modèle équipé des derniers systèmes de communication, navigation, des capteurs et des armes, qui est actuellement déployé en Irak et en Afghanistan sur des hélicoptères de l’armée américaine et sur des avions de la marine et de l’armée de l’air américaines. Le coût d’un AH-64 Apache est estimé à plus de 14,5 millions de dollars.

    The Maghreb Times, 03/07/2022

  • Maroc: Sit-in de retraités militaires violemment réprimé

    Maroc, militaires retraités, veuves d’anciens militaires, armée, Lalla Meryem,

    Les forces de l’ordre ont intervenu violemment contre une manifestation pacifique organisée par des retraités militaires et leurs femmes devant l’Institution sociale des forces armées dans le quartier de Riyad, à Rabat. Les manifestants revendiquait une amélioration de leurs conditions de vie. Certains parmi eux font partie des militaires qui ont été dans les centres de captivité du Front Polisario au sud de la ville de Tindouf, en Algérie. Ils ont été ignorés et malmenés par les autorités marocains après leur libération et rapatriement par le CICR.

    Pour rappel, le roi du Maroc, Mohammed VI, est le chef suprême des forces armées royales (FAR) et sa soeur Lalla Meryem dirige les Services Sociaux de l’armée.

    Parmi les manifestants se trouvaient les veuves d’anciens militaires.

    #Maroc #FAR #Armée #Retraités

  • La lutte pour le leadership n’a pas lieu d’être

    La lutte pour le leadership n’a pas lieu d’être – Algérie, Maroc, Palestine, Sahara Occidental, Israël, normalisation, armée, armement, ressources naturelles,

    Si certains experts mettent aujourd’hui, les divergences entre Alger et Rabat sur le compte d’une lutte pour le leadership régional, d’autres experts estiment que cette lutte n’a aucune raison d’être, car les deux pays voisins ne jouent pas dans la même division, et que ce serait mésestimer les cartes de l’un et surestimer celles de l’autre pour les mettre à égalité de chances et de performances. Or ce n’est le cas, l’Algérie étant dans un autre niveau de compétences, de performances, d’atouts géopolitiques et de crédit au sein du vaste monde arabo-musulman.

    Pour faire vite et court, il faut d’abord, garder en mémoire que l’Algérie est le plus grand pays d’Afrique, du monde arabe et du pourtour méditerranéen ; ce sont déjà là, trois points d’avance, quasi « irrattrapables ». A ces trois atouts s’ajoute un autre, d’une importance décisive : l’Algérie partage les frontières terrestres et maritimes de neuf pays : sept terrestres, avec la Tunisie, la Libye, le Niger, le Mali, la Mauritanie, le Sahara occidental et le Maroc, ainsi que deux frontières maritimes avec l’Italie et l’Espagne. Ces frontières permettent d’être à cheval de deux continents, africain et européen, d’être l’axe des pays maghrébin et subsaharien, position privilégiée dont seule l’Algérie peut se prévaloir.

    Pour la puissance de feu, le classement fait par les revues militaires internationales spécialisées donnent une très large avance à l’Algérie ; sur le continent africain, seule l’Égypte peut se permettre la comparaison, et plus. Le Maroc se situant à des échelles plus bas.

    Pour les ressources naturelles, présentes et futures, avec une superficie de 2.381 741 km2, l’Algérie est un continent qui regorge de toutes les richesses naturelles imaginables. Les principaux gisements en Algérie sont parmi les plus importants dans le monde. Pétrole, gaz, fer, sel, zinc, plomb, barytine, marbre, or, tungstène, diamant, terres rares, métaux rares et pierres précieuses et semi-précieuses, plomb-zinc, bentonite, sel, phosphate, uranium, etc. Pour les énergies du futur, l’énergie solaire et les terres rares donnent une avance encore sur le Maroc. De même que les eaux souterraines du Sahara central, qui font de la région sud de l’Algérie le réservoir mondial de l’avenir.

    Avec plus de 43 millions d’habitants (bientôt le curseur pointera à 45), dont une large majorité de jeunes, c’est une force et une vitalité pleine de promesses totalement tournées vers l’avenir.

    Au plan de la référence politique et morale, l’Algérie peut se réclamer d’un crédit sans faille auprès des populations du monde arabe et musulman, pour au moins les deux dossiers dont elle s’est fait le chantre, le dossier palestinien et celui du Sahara occidental.

    La normalisation avec Israël n’a pas arrangé les choses pour Rabat, loin s’en faut. Les retombées escomptées par le Palais tardent à voir le jour, et le Maroc est en train de s’enliser, jour après jour, dans une logique de fait, qui lui sera préjudiciable, comme on peut le constater avec la montée au créneau du front social, la descente aux enfers du PJD, largement discrédité par les populations marocaines pour ses compromissions avec le Palais royal, les critiques de son propre camp et les remontées du djihadisme.

    Pour les casseroles qu’il traîne, le Maroc a perdu crédit et crédibilité auprès de ces mêmes populations arabes et musulmanes. Dernier pays colonisateur sur tout le continent africain, il se trouve en bon ménage avec Israël, colonisateur de la Terre sainte de la Palestine, cœur battant du monde de l’islam depuis quatorze siècles. A la longue, ce discrédit, peut être périlleux et les populations marocaines elles-mêmes ressentent ces frustrations et ce discrédit, car elles sont, au bout du compte, une pièce de ce bloc arabo-musulman.

    Si l’on ajoute le « paradoxe du sol » que vivent les Marocains, on en arrive à ces dix raisons invoquées et qui font que les deux pays voisins et frères ne jouent pas dans la même division. Par paradoxe du sol, on entend cette propension à coloniser un pays faible (Sahara occidental) alors que dans le même temps, ses propres terres (le littoral rifain) sont sous joug d’un pays plus fort depuis près de cinq longs siècles. Ce seul paradoxe marocain résume tout un univers de contradiction nourri par un expansionnisme qui cache de bien piètre manière les frustrations et les échecs dont il cherche à en atténuer les amertumes.

    ̈́L’Express, 30/12/2021

    #Algérie #Maroc #Palestine #SaharaOccidental #Israël #Normalisation #armée #RessourcesNaturelles

  • I24News: L’armée marocaine prête à combattre l’Algérie

    Maroc, Algérie, armée – I24News: L’armée marocaine prête à combattre l’Algérie

    Les parachutistes marocains se disent prêts à combattre contre l’Algérie. C’est ce qu’a rapporté un journaliste d’une chaîne d’information israélienne lors de la visite du ministre de la Défense Benny Gantz au Maroc. Le reporter a cependant constaté un “excès de confiance” similaire à celui des soldats israéliens avant la guerre du Kippour.
    La visite du ministre israélien de la Défense au Maroc, les 24 et 25 novembre, a été perçue comme un acte d’hostilité par Alger. Durant ces deux jours, les deux parties ont signé un accord de coopération sécuritaire stratégique. Cette intensification de la coopération militaire est perçue comme une réelle menace par les responsables algériens. Matthias Inbar, l’envoyé spécial de la chaîne d’information en continu israélienne I24News, a rapporté les propos “en off” d’un parachutiste marocain qui semble démontrer l’état d’esprit au sein des troupes.

    Phrase assassine
    Les Forces armées royales (FAR) sont donc prêtes à engager le combat contre les militaires algériens. Le traitement va-t-en-guerre de ce sujet par le journaliste israélien Matthias Inbar a provoqué quelques réactions sur les réseaux sociaux.

    Sauf qu’en faisant allusion à “l’excès de confiance” des soldats d’élite marocains “comme cela a été vécu en Israël à la veille de la guerre du Kippour en 1973”, le reporter d’I24News insinue que les FAR ne sont pas prêts à une confrontation armée contre les troupes de l’Armée nationale populaire (ANP). Contacté par Sputnik, Akram Kharief, journaliste spécialiste en question de défense et directeur du site Menadefense, relève que cette allusion à la guerre israélo-arabe de 1973 atteste que les militaires marocains ne sont pas prêts à une éventuelle confrontation.
    “La remarque du journaliste israélien sur la guerre du Kippour dénote un état de fébrilité dans l’attitude de l’armée marocaine. Cet excès de confiance constaté par les Israéliens est totalement le contraire de l’attitude de l’armée algérienne qui se montre réservée et prudente. Les militaires algériens donnent l’impression de se préparer sérieusement, sans fanfaronnade”, note Akram Kharief.

    “Ni la Géorgie ni l’Éthiopie”
    Qui sont ces paras-commandos qui se disent prêts à la guerre contre l’Algérie? Selon le directeur de Menadefense, il s’agit des membres de la 1ére Brigade d’infanterie parachutiste basée à Rabat et de la 2e Brigades d’infanterie parachutiste de Marrakech.
    “Les BIP sont des structures qui ont très peu de faits d’armes mais qui participent beaucoup aux exercices internationaux, notamment à l’African Lion qui se déroule régulièrement au Maroc. Les 2e BIP avaient participé à des manœuvres aux côtés du Régiment de fusiliers royaux britanniques de Gilbraltar. En fait ce sont de petites structures chargées de protéger certaines infrastructures, dont les palais royaux de Rabat et de Marrakech”, précise-t-il.

    Si l’on devait comparer les troupes d’élite des deux pays, l’avantage en nombre d’unités et surtout en expérience pèserait certainement en faveur de l’Algérie. L’armée de terre à elle seule possède six Régiments de paras-commandos (RPC) et deux Régiments de manœuvres opérationnels (RMO). Ces structures cumulent une trentaine d’années d’expérience de lutte antiterroriste dans des terrains aussi différents que le désert, les forêts et en milieu urbains.

    Mais le désavantage du Maroc face à l’Algérie n’est pas uniquement opérationnel, il est surtout économique. Ce pays, qui supporte un endettement de 35 milliards d’euros, et dont l’économie nécessite une stabilité sécuritaire du fait du tourisme et des investissements étrangers, ne pourra supporter un tel effort de guerre. D’autant plus qu’il sera confronté à deux fronts: les troupes algériennes et celle du Polisario. Quel serait alors l’apport d’Israël en cas de confrontation armée? Aucun d’après Akram Kharief. “Israël ne protégera pas le Maroc comme elle n’a pas protégé la Géorgie pourtant stratégique pour elle contre l’Iran ni aujourd’hui l’Éthiopie”.

    Sputnik France, 26/11/2021

    #Maroc #Algérie #Armée