Fric, sou, oseille, flouze, blé, pépètes, thune, pèze, maille, galette… les qualificatifs ne manquent pas pour qualifier le pognon. Jusqu’où vont les magouilles ? Les Marocains se mentent-ils à eux-mêmes pour s’enrichir en faisant fi de leurs principes ?
par HICHAM BENNANI
« Pour rémunérer le plébiscite du vice-roi, l’Etat a injecté 7 milliards de ressources publiques d’un coup dans un petit patelin qui était encore inconnu il y a quelques années ! Le désintérêt de l’Etat pour une redistribution véritablement rationnelle et équitable saute aux yeux ! ». Cette vérité de la Palice a été lâchée par l’économiste Fouad Abdelmoumni le vendredi 23 mai lors d’un colloque intitulé L’argent et l’éthique.
La manifestation qui s’est déroulée à Rabat a été mise en place par la revue Economia et le Centre d’Etudes Sociales, Economiques et Manageriales (HEM) en partenariat avec la fondation Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG). Une vingtaine d’économistes, sociologues, politologues, anthropologues, philosophes ou encore professeurs ont échangé leurs réflexions sur une vaste question : comment ouvrir les yeux sans être aveuglé par l’argent ? S’intéressant de très près à la réalité marocaine, le colloque a aussi évoqué d’autres contextes pour favoriser une approche comparative. Vieux comme le monde, ce débat démontre que l’argent qui était censé accompagner l’autonomisation des individus engendre aujourd’hui l’effet contraire. L’argent régit le monde. En profonde mutation, la société marocaine possède un rapport spécifique à l’argent, codifié par des lois, avec en toile de fond le poids des traditions, de la religion et du passé. Quels rapports entretiennent les Marocains vis-à-vis de leur portefeuille ? Se dirigent-ils tout droit vers le mur de l’individualisme ? Est-ce que l’enrichissement se fait toujours dans le respect des règles éthiques ? Plusieurs intervenants du colloque ont répondu au Journal Hebdomadaire afin de mettre en lumière la relation ambiguë que les Marocains entretiennent avec l’argent
S’enrichir facilement
Abdelsselam Aboudrar, président de la commission anti-corruption à la CGEM démontre que despotisme et économie de rente ont sévi pendant des décennies, voire des siècles, et permis à un grand nombre de personnes et de familles de s’enrichir de manière indue. D’où la conviction chez le plus grand nombre que la richesse est rarement légitime et méritée mais est plutôt acquise par des moyens douteux. Kamel Mesbahi, membre dirigeant de Transparency Maroc, a animé la séance du colloque intitulée : « Argent transparent, argent juste. Dilemmes éthiques et socio-économiques ». Sa théorie est la suivante. Le rapport qu’entretien un peuple avec l’argent n’est que le condensé d’une construction plurielle dans la durée. Plusieurs facteurs participent à la mise en place de ce lien et aux formes de son évolution : l’histoire, la culture, l’état de l’économie, la nature des besoins, satisfaits ou pas, le niveau de confiance ou de défiance entre acteurs, le statut du droit et le degré d’effectivité de ses textes. L’acte de recevoir et celui de donner créent des situations à la limite du comportement schizophrène. Les Marocains sont beaucoup plus attentifs et exigeants dans le premier cas, et plutôt réticents, équivoques et plaintifs dans le second. A tel point que leurs liens à l’argent transcendent leurs différences et homogénéisent leurs comportements. Leurs positions par rapport aux impôts en témoignent. « Quand j’entends un haut responsable déclarer que 2/3 des entreprises marocaines ne paient pas d’impôts, ou encore quand certaines estimations laissent entendre que moins de 200 entreprises paieraient entre 60 et 65 % du montant global de l’IS, cela préoccupe et confirme que devant l’acte de donner, le comportement actuel des Marocains devant l’argent n’est pas seulement complexe, il est surtout porteur de risques pour la construction d’une économie moderne et pour la consolidation du lien social » dénonce l’économiste. Pour le journaliste Driss Ksikes, la situation est tout aussi alarmante : les Marocains n’ont pas un rapport « spécialement » complexe avec l’argent et le désir de (tout) pouvoir par l’argent est universel. Le directeur de rédaction de la revue Economia explique que ce qui est nouveau dans le contexte marocain est l’aptitude à s’enrichir facilement par la spéculation, qui s’ajoute à d’autres facilités, ancrées dans la société et ne répondant pas à des règles éthiques, comme l’argent de la drogue, de l’héritage monopolisé par « le mâle » ou du fisc détourné pour construire « sa grande villa ». Il y a dans cette situation quelque chose de l’ordre de l’égoïsme pur. L’argent est perçu comme un moyen pour « changer de statut social » et nullement comme un moyen pour « échanger avec les autres classes sociales » dans le cadre d’un vivre ensemble normé et régulé.
L’archaïsme musulman
En évoquant de but en blanc la houleuse question de l’héritage, Driss Ksikes pointe du doigt le caractère profondément « machiste » des religions monothéistes. L’éthique et l’équité, au vu du contexte actuel, voudraient qu’hommes et femmes héritent à parts égales. « Mais encore faut-il que les musulmans sachent se débarrasser d’un dogme aussi archaïque » poursuit-il, avant de préciser que le problème n’est pas particulier au Maroc : « Tous les pays arabes, qui prennent l’héritage musulman au pied de la lettre, ont du mal à favoriser l’équité sociale sur les conventions coraniques ». L’éthique concerne les questions du bien et du mal, du juste et de l’injuste par rapport aux codes qui sont censés régir la vie en société. Elle renforce et inspire le droit et la légalité mais ne peut prétendre s’y substituer. Autrement dit, dès lors que l’on dissocie le droit de la morale, une part importante du comportement est laissée à la liberté des individus. Chacun serait donc libre d’agir comme il l’entend, dans le respect des lois. Ce principe n’aurait aucune portée s’il n’était pas complété par celui de la responsabilité. « Lorsqu’on constate qu’au Maroc, une catégorie sociale dépense en moyenne 12 fois plus qu’une autre, cela est peut-être statistiquement légal, mais est-ce éthique devant le dénuement total des franges les plus pauvres ? » se demande Kamal Mesbahi. Lorsqu’il s’agit de comparer le cas marocain à un pays comme la France, le témoignage de l’anthropologue Michel Peraldi brille de pertinence. D’après lui, il ne faut pas confondre en matière d’argent, ce qui est moral, légal et pénal. Comme dans toutes les sociétés, ce qui est moral est défini par la culture, donc a toujours un caractère local. Ce qui est légal est défini par le droit. « Nous n’avons pas tous la même culture du droit, notamment, à propos des inégalités d’héritage et de succession » énonce Michel Peraldi. Et d’ajouter : « Ce qui est pénal est défini par l’Etat, et là encore nous n’avons pas tous le même rapport à l’Etat ». Les moralistes à tous crins auraient donc tendance à faire trop d’amalgames
Bricolage financier
Dans chaque société, les règles du droit tracent la frontière entre « argent sale » et « argent propre ». Comment la délimiter au Maroc ? Toute transgression de la loi en matière de production des richesses constitue une source d’argent sale : actes commerciaux illégaux, corruption, détournement de biens publics, criminalité en tous genres. « On devrait y ajouter le fruit d’activités légales mais non déclarées » ironise Kamel Mesbahi. La pratique du noir, notamment dans l’immobilier et le foncier est le parfait exemple de ce processus. « L’argent sale devient une véritable menace pour l’économie de plusieurs pays et pour la stabilit
é de leurs institutions » indique-t-il. La raison est cartésienne. Comme pour la monnaie, l’argent sale finit par chasser l’argent propre, notamment en agissant artificiellement sur la hausse des prix des facteurs de productions et la création de bulles spéculatives sur plusieurs produits. Le professeur Driss Khrouz s’inscrit dans la même sphère de pensée. Directeur de la bibliothèque nationale, il pense qu’au-delà de la question légale, ce qui est intéressant est la perception que les Marocains se font de l’argent propre et de l’argent sale et les relations qu’elles entretiennent à travers l’argent de façon générale. Pour ce spécialiste, « la notion de rizk occulte l’origine pour ne s’intéresser qu’à l’utilisation de la richesse. Les riches sont courtisés pour leur richesse et on ne se pose pas la question de l’éthique, surtout quand le riche est caritatif et entretient des réseaux qui dépendent de ses bonnes volontés et de ses distributions ». La frontière entre argent propre et argent semble donc difficile à tracer d’une ligne claire. Les ouvrages du célèbre philosophe Ibn Khaldun définissent l’argent sale comme celui de l’usure, ce qui n’est pas le cas de l’argent gagné dans des commerces lointains, au prix de grands dangers. La frontière entre le licite et l’illicite est également obscure. Le travail de terrain de Hsaïn Llahiane, professeur à l’Iowa State University intitulée « Quelles représentations de l’argent halal dans l’imaginaire des Marocains ? » a eu le mérite durant le colloque de traiter de l’épineuse relation entre argent et religion. Il bat en brèche le plan de communication des banques aux formules islamiques. Ses recherches démontrent que la monnaie en islam est en dernier ressort un moyen d’échange. La définition du comportement halal ne serait qu’un « bricolage financier » : l’argent, outre son acception économique et sociologique, comporte une dimension culturelle et religieuse. Il obéit à une distinction morale entre halal et haram. Pourtant, ce qui est permis ou proscrit par la religion dépend beaucoup de l’interprétation des textes religieux. Faut-il s’en tenir à la lettre ? Faut-il faire fi du contexte ? « Certaines interprétations littérales extrêmes vont jusqu’à décréter licites tous les revenus provenant de la contrebande et de trafics divers pour peu qu’on paie la « zakat » dessus et qu’on pratique la « sadaka » » analyse Abdesselam Aboudrar, directeur adjoint de la CDG. Et de poursuivre : « certains vont même jusqu’à considérer que c’est l’impôt « laïc » qui est illégitime car non prescrit et non utilisé dans « la voie de Dieu ». Peu leur importe les impacts nocifs de ces trafics sur la santé des citoyens et l’économie du pays, et peu importe d’utiliser les infrastructures et les services publics en refusant de contribuer à leur financement ! ». Il nuance ses propos en déclarant que dans l’absolu, le message religieux bien compris ne peut permettre des interprétations et déboucher sur des comportements non éthiques.
L’autarcie des riches
Au Maroc, certaines personnes font le choix de ne pas recourir à un crédit (pour des raisons religieuses) alors qu’elles sont dans le besoin ou pourraient faire de bonnes affaires. D’autres construisent des mosquées pour blanchir leur argent. N’y a-t-il pas un malaise de certains Marocains vis-à-vis de l’argent à cause de la religion qui est très présente dans le pays ? Non ! fustige Driss Ksikes. Ce dernier préfère tirer à boulets rouges sur la banque universelle. Les concernés n’auraient pas un problème avec l’argent (ils thésaurisent, réinvestissent…) mais un manque de confiance en l’intermédiaire. En ce sens, l’islam n’est pas une religion austère, il encourage le gain. Il ne s’agit pas d’une affaire de religion, mais de préjugés. « La banque demeure encore très loin de la société, une île à part, peuplée par des gens qui s’enrichissent grassement sur le dos des autres ». Pour Driss Ksikes, les banques doivent faire un triple effort : se démocratiser, s’autoréguler davantage et se mettre à la concurrence. C’est un secret de polichinelle, le système marocain s’auto-protège par une forme d’autarcie qui profite aux plus riches. Une anecdote datant de 1999 illustre admirablement un exemple de l’état d’esprit de certains Marocains lorsque argent et religion sont dans le même sac. À l’époque, l’Etat soumet au Parlement un projet de loi relatif aux activités de microcrédit. Le PJD, nouvellement présent dans l’hémicycle, se retrouve confronté à la première occasion de s’attaquer à ce qu’il présente comme une négation d’un texte explicite de la loi coranique. Il mène alors sa plus grosse campagne contre cette loi, et descend dans la rue pour dénoncer le système de microcrédit, à travers la presse, les meetings et les prêches dans les mosquées. Les associations qui s’adonnaient alors à cette activité servaient des dizaines de milliers de clients, qui ont tous été alarmés par le risque d’être en contradiction avec un édit religieux formel. Ils se sont adressés aux associations pour demander des explications, et celles-ci n’ont pu que leur donner les indications selon lesquelles elles n’exigeaient que ce qui est nécessaire pour garantir l’offre pérenne du service de financement. Lorsque ces personnes sont revenues vers les prêcheurs pour leur dire qu’elles étaient tout à fait prêtes à cesser tout commerce qui risquerait d’être contraire à la loi religieuse, mais qu’il faudrait qu’on leur offre une alternative viable, les chantres du PJD ont répondu qu’ils ne disposaient d’aucune offre autre que celle de s’en remettre à Dieu. Les 20 000 clients concernés sont aujourd’hui au nombre de 500 000, toutes couches populaires confondues, dans tous les métiers, milieux urbains et ruraux.
Corruption flagrante
Pour revenir aux formules bancaires islamiques, elles sont adoptées par de grands groupes internationaux et ce n’est certainement pas par pour faire plaisir aux musulmans… Ces groupes offrent la possibilité de capter des fonds et de consolider leurs encours, voire de bancariser des gens qui ne l’étaient pas pour des raisons de convictions ou d’éthique. Autant de flux financiers utiles pour le fonctionnement de l’économie. Kamel Mesbahi trouve que ce qui est surprenant au Maroc, « c’est que nous ayons attendu tout ce temps-là pour commencer à réfléchir sur la question des formules bancaires islamiques ». La raison ne serait-elle pas à chercher ailleurs ? Notamment au niveau des barrières d’entrée du secteur financier marocain. Mais ceci est une autre histoire. Fouad Abdelmoumni n’y va pas de main morte dans sa conception de ces formules bancaires qu’il qualifie de « supercherie ». « Dès que nous passons à une échelle massive des financements et une échelle réduite des entreprises financées, la prétention de faire du financement de type sociétaire, avec un risque capitalistique pour le financier, ne peut tenir la route » explique l’économiste. Les bailleurs « islamiques » utilisent donc des noms trompeurs qui ne sont que des leurres. Suite à ces réflexions, la vue du triste tableau des rapports entre les Marocains et l’argent ferait hérisser les poils de plus d’un observateur. Le Maroc est pratiquement le seul pays du monde où il n’existe aucune fondation spécialisée dans le financement des activités associatives. Plus grave, le bilan des recherches d’Abdesselam Aboudrar met en exergue la corruption du système marocain. Il parle d’un système de patronage généralisé dans lequel, à chaque niveau, le patron entretient et retient par des faveurs des clients indispensables à son maintien et à son rang. Il conclut que la colonisation et l’édification d’un Etat et d’une bureaucratie modernes sont loin d’avoir eu raison de ce système qui continue à doubler les
rapports légaux et la hiérarchie administrative en les vidant de leur contenu. Ce chercheur prouve aussi fort habilement que la langue marocaine témoigne de la corruption qui gangrène le pays. Parmi les arguties décelées, figure le mot « Makhzen ». Ce terme séculaire pour désigner le pouvoir central, a une connotation financière renvoyant à un mode de « conservation » donc de prélèvement et de redistribution des produits de l’impôt. Pathétique constat. Comment les Marocains pourraient retrouver un rapport plus sain à l’argent ? « Par l’exemple visible et concret, systématique et généralisé, dans lequel la transparence, la méritocratie, le respect de la règle de droit et l’éducation sont les vecteurs majeurs et par le dépassement du sentiment d’insécurité qui fait que les gens n’ont jamais assez confiance en l’avenir pour arrêter leur course effrénée vers l’accumulation » répond sans sourciller Fouad Abdelmoumni.
La légende colporte que les touristes ont souvent le souvenir d’un peuple généreux lorsqu’ils reviennent du Maroc. L’érosion du pouvoir d’achat de millions de Marocains, la précarité galopante, les conditions difficiles de la vie au quotidien font que ce « label » de générosité s’effrite de plus en plus. La privatisation des gains, la captation des opportunités d’affaires et la mutualisation des pertes semblent devenir les nouvelles formes de générosité à la marocaine…
Le Journal Hebdomadaire, juin 2008
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Les Marocains et l’argent
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Espagne : sexe, mensonges et millions dans la vie de Juan Carlos et Corinna
Juan Carlos et Corinna, sexe , mensonges et millions
Meghan avait un peu chauffé la salle mais cela reste petit joueur versus une certaine ex princesse Corinna …enfin désormais, elle est obligée de se faire appeler Larsen.
On avait laissé Juan Carlos, affaibli, mis à retraite d’office après trop de scandales. Finalement, son passé sulfureux le rattrape de nouveau.
Le parquet de Genève investigue depuis 2018 les malversations financières du roi émérite. Motif; une étrange rétrocommission de 100 millions d euros du roi saoudien lors de la commande du TGV espagnol reliant la Mecque.
Juan Carlos pensait profiter d’une retraite tranquille, entre régates et virées gastronomiques entre copains, et copine.
Bien avachi, le descendant de Louis XIV n’en a pas fini avec les séquelles de sa fin de règne désastreuses. Pire, on découvre les coulisses pas du tout catholiques d’un roi qui monta sur le trône avec relativement peu d’argent, succédant au dictateur totalitaire Franco.
Impossible de savoir son patrimoine, qui semble être un secret d Etat bien gardé par une franche de l’establishment traditionnaliste voire franquiste. C’est la même frange qui n’a pas envie qu’on parle des crimes de guerre du franquisme.
Juan Carlos est protégé. La preuve, ses deux enfants naturels n »ont jamais pu obtenir ne serait-ce qu’ un test ADN malgré des présomptions évidentes. Sa fille Cristina a été épargnée in extremis par un non-lieu alors qu’il y avait un dossier de complicité de corruption serré . Finalement, c’est son mari et son associé qui morfleront. Après deux ans seul en cellule à faire du vélo d’appartement en lisant la Bible, dans une prison de femmes ( étonnant régime carcéral sciemment choisi pour éviter des co-détenus hommes) , Inaki bénéficie d’un régime allégé depuis quelques mois, mais il doit dormir en prison après avoir bossé dans une association ( job trouvé par un ami) .
Inaki va bientot avoir une permission mais il ne pourra pas aller à Genève voir sa femme et ses enfants, comme il eut voulu . Cristina a en effet choisi de rester à Genève où elle travaille désormais à 100% pour la Fondation de l’Aga Khan, ayant quitté récemment la Fondation Caixa Bank.
NB- L’Aga Khan est ami princier , leader spirituel des musulmans ismaéliens, très cher pote de Juan Carlos et de tout le Gotha. Son fief se trouve entre le Pakistan et l’Afghanistan actuels. C’est une famille qui vit en Europe, épouse des femmes européennes non musulmanes et la ligne n’a plus grand chose à voir avec le peuple local. la Fondation assure cependant une aide financière sur-place.
Mais la Suisse n’en a cure et a entrepris une enquête sur du blanchiment d’argent par le roi ibère. Il aurait touché 100 millions du roi saoudien de l’époque ( pas le débile sanguinaire MBS) lors de la vente d’une ligne d’AVE ( TGV espagnol) à L’Arabie Saoudite.
Il aurait prélevé régulièrement mais laissé le reste à Corinna, sa chère amie de coeur de l’époque, la favorite brésilo-danoise , ex princesse allemande, qui pensait devenir la prochaine reine d’Espagne. Le reste faisait … 65 millions.
Anecdote, on a aussi trouvé un virement d’un million à une Suissesse inconnue avec qui le libidineux roi Bourbon avait une liaison en plus de Corinna. Il parallèlise le bougre comme nombre de ces types à femmes genre Mitterrand, Napoléon, Clinton, Trump, Bocuse, Chirac, VGE, DSK, …
Convoquée dès 2018, la Corinna avait montré à la justice divers justificatifs montrant que l’argent était une donation du bon roi, via une fondation ayant un compte de banque suisse basé aux Bahamas.
Bref…cela aurait abouti à mettre Corinna sous surveillance des services secrets espagnols, selon ses récentes accusations dans la presse anglaise. Corinna se plaint d avoir vu son appartement de Monaco squatté par des mercenaires , soi disant pour sa protection. Son assistante le certifie aussi. On a du mal à le croire vu que le Rocher est un havre de paix et qu’elle est l’amie du Prince de Monaco,pour qui elle avait participé au montage des Laureus Awards du Sport Mondial. Elle avait tenté de corrompre Inaki Urdangarin en lui proposant un contrat de complaisance faramineux qu’il refusa.
Si sa sécurité était en jeu, elle pouvait demander au tout puissant Albert d’intervenir.
La justice anglaise enquete aussi sur une étrange intrusion dans la maison que possède Corinna dans le Shropshire ( outre un appartement londonien à Belgravia) . La demeure vaut 6 millions avec son terrain de cricket. Un jour, on constate dans la chambre de Corinna un carreau de fenêtre découpé d’un cercle. On se demande pourquoi. Rien n’a été volé ou bougé. Intrusion ou pas intrusion ?
Mythomanie , menace, ou véritable harcèlement ?
On ne sait que penser.
Il faut dire que Corinna est un cas qui sème le doute etle drame partout où elle passe.
Son premier mari est subitement sorti des bois pour défendre Juan Carlos, son cher ami, et pour se désolidariser de son ex femme qu’il avait jadis complimentée pour sa loyauté, à l’époque où la liaison royale était sortie dans la presse, une véritable humiliation pour « Sainte Sophie. »
Ce Philip J Adkins , patron d’une société Fairstar qui fait dans le transport portuaire commercial d’envergure, est le premier à avoir cédé aux sirènes de la Brésilo-Danoise, Corinna Larsen, fille d’un patron de la compagnie aérienne brésilienne Varig. Présentés par des amis lors d’un dîner à Paris ( Corinna travailla un temps chez l Oreal à Paris ) Ils auront une fille Sarah, …qui fut pistonnée pour un stage de communication et web au Musée du Prado de Madrid.
Leur mariage ne tint que quelques années; Corinna cible un cadre de chez Mercedes ( qui n’en veut pas àla fin) avant de séduire un prince allemand, un certain Casimir, plus jeune qu’elle de plusieurs années . Corinna devient la princesse sérénissime Corinna zu Sayn-Wittgenstein , égale des SAS Grimaldi. Un enfant nait , un fils.
Mais Corinna se grise de ses accès au Gotha et passe à un roi. Corinna n’est pas petite joueuse comme Meghan, les princes cadets, très peu pour elle, il lui faut de la Couronne sonnante et trébuchante. Là où Meghan drague à Toronto et Londres , Corinna arpente Monaco, Gstaad, Ascot, du lourd. A Meghan le menu fretin, à Corinna la pêche au gros. Meghan papote avec Jessica Mulroney à euh..Toronto, quand Corinna pavoise avec Hillary Clinton à Davos.
Elle divorce par la suite de son jeune prince Casimir, encore sonné, mais la liaison avec Juan Carlos est entamée. Elle part à Madrid et établit son business de lobbying là bas. Elle se met à l’espagnol en vitesse. Elle banque sur le carnet d’adresses qu’elle a bâti grâce à ses fréquentations jet set, finance, haute sphère, fait du business dans le Golfe, chose rare pour une femme Européenne non politique. Etre princesse aura aidé, car ces familles du Golfe sont toutes royales.
A un moment, elle occupe une villa sur un domaine royal en périphérie de Madrid. Corinna s y connait en lobbying, en montages financiers. Elle se vante de faire du business partout y compris dans le Golfe où les hommes refusent de travailler avec des femmes .
Adkins n’est pas amer, il dit que c’est lui qui avait initié Corinna à la chasse au fusil. Il devient bon ami de Juan Carlos et il sera même du fameux voyage au Botswana, cette chasse à l’éléphant organisée par Corinna, financée par un prince arabe, mais visiblement pour une marque d’armes. Le roi tombe et se casse la hanche, le monde entier découvre qu’il chasse l’éléphant et qu’en plus il a une maitresse. Sophie est ulcérée, elle qui se démène pour la Couronne d Espagne depuis des décennies. Elle met des jours à venir le voir à l’hosto et encore une demi heure top chrono.
L’abdication suivra. Officiellement pour raison de santé…
Corinna est divorcée depuis des années, mais continue à se pavaner avec un titre que la maison princière allemande lui demande de ne plus utiliser, exaspérée au point de prendre des avocats, en vain. Perso, je trouve que c’est un signe d’indignité quand on voit qu’elle a trompé le prince , divorcé et en plus continué d’exploiter ce nom pour ouvrir des portes. C’est de la perversion.
Quand Casimir se remarie l’an dernier, elle finit par reprendre son nom de jeune fille roturière de Larsen. Pffff.
Même les Grimaldi se sont distanciés de cette gênante et impudente résidente. Elle a été snobbée aux derniers Laureus Awards l’automne dernier. Monaco, aussi olé olé soit-il, n’aime pas le scandale.
Autre avatar, Adkins s’est laché dans Vanity Fair Magazine, affirmant que Corinna dépasse les bornes et qu’elle montre en privé tous les signes de sociopathie narcissique. Pire, il affirme qu’elle est morte de l’intérieur ! En gros, elle n’a aucun sentiment et aucune empathie, sauf pour ses objectifs. Il insiste qu’aucun chirurgien esthétique ne pourra la guérir et la ramener à la vie.
J’ai dégoté un article d’une criminologue, Sylvia Bréger, tout à fait édifiant et instructif.
Le sociopathe, lui, ne ressent pas ou a peu de sentiments envers les autres. Le comportement en lui-même est malveillant et il traite ses semblables comme des objets. C’est souvent tout en finesse que les sociopathes agissent : ils savent eux aussi montrer une image charmante de leur personne, mais à l’intérieur, c’est la rage qui domine ! Notons qu’ils évoluent dans la vie, comme ils évolueraient dans un jeu vidéo : ils n’éprouvent aucun attachement réel à qui que ce soit…
Le narcissique accorde une attention toute particulière à sa propre personne et à son apparence. A ses yeux, il est le seul à savoir, le seul à comprendre et le seul individu qui compte réellement. Il a donc un niveau très élevé d’estime de soi et a besoin d’être admiré plus qu’il n’a besoin d’aimer
Narcissiques et sociopathes sont les rois de l’observation et flairent avec facilité les personnes qu’ils pourront manipuler avec aisance. Ils arrivent à faire en sorte que ce soient les autres qui se remettent en question, alors que ces derniers devraient normalement s’interroger sur le comportement adopté par ceux qui les font souffrir.
Je ne sais pas pour vous, mais je ne puis m’empêcher de penser à certaine duchesse californienne. …mais elle est beaucoup moins maline que Corinna, qui a étudié dans les meilleures écoles, parle plusieurs langues ( danois, portugais, français, anglais, allemand , espagnol ), vise toujours plus haut.
Je me souviens que Corinna aurait raccroché au nez de Juan Carlos quand il lui annonça qu’il décidait d’abdiquer. Elle lui envoya un texto cinglant lui disant qu’il faisait l erreur de sa vie. Normal, elle se voyait reine. L’intelligence a des limites. Corinna ne comprenait pas que le peuple puisse la trouve putassière et briseuse de ménage, et Juan Carlos un salopard, surtout que Sophie est une sainte de la Couronne . Corinna n’avait qu’une idée en tête, porter une couronne.
Corinna a investi de son joli corps pour obtenir cette position de favorite du roi espagnol. On la voyait partout avec lui en sortie officielle, sagement en retrait dans le convoi. Pour elle, tout investissement mérite profit.
Juan Carlos n’est pas exempt de reproches. Outre sa vie dissolue, on dit qu’il prélevait volontiers des rétrocommissions sur des contrats divers et variés comme celui de l’AVE en Arabie. Ce serait ainsi qu’il aurait acquis un patrimoine faramineux.…dont la valeur reste tue, un scandale de non démocratie selon les détracteurs de la monarchie.
Certes les revenus de la famille royale sont publics, mais pas la valeur du patrimoine existant. Cela reste un sujet délicat qui nuit à la crédibilité de la monarchie ibère, vs d autres pays d ‘Europe.
Bref, un nouvel orage pour les Bourbons d’Espagne, comme par hasard au même moment que les Windsor traversent une annus horribilis bis. Souvenez vous qu’en 1992, ce fut aussi une annus horribilis pour l’Espagne. ( et même en Suède)
Corinna, face aux portes qui se referment, a entrepris de se lancer dans la mode à Londres, où vit aussi son ex Casimir et sa 2e femme. Ainsi, les deux peuvent encore voir leur fils en commun.
Corinna s’invite dans des défilés de mode comme ici Carolina Herrera, avec un écrivain reporter peu connu par nos latitudes. Un nouveau gogo du nom de Bob Colacello.
Bref, étonnant qu’elle travaille encore si elle a engrangé 65 millions. A 56 ans, elle pourrait se calmer et devenir rentière.
Je serais aux Bahamas à me la couler douce , si j’étais elle.
Corinna s’est entourée d’une équipe juridique blindée qui a écrit au Mi5 et au Mi6 pour se plaindre et faire du bruit . Des fuites liées à un commissaire de la police espagnole fait état du fait qu’elle fut toujours surveillée et contrôlée. Ce n’est pas un scoop, il est normal de surveiller les personnes étranges gravitant autour du roi. Au moins les services espagnols ne font pas comme les service britanniques avec Andrew.
C’est vrai qu’on aurait mieux fait de surveiller le Roi.
En tous les cas, il a été abdiqué.
Corinna prévoit de porter plainte contre le roi à Londres pour menaces… à voir combien de temps elle va jouer à ce petit jeu dangereux pour elle. Elle s’acharne sur un type qui a un pied dans la tombe. On ne sait pas de quoi il en retourne mais c’est un vrai bouillon de culture là dedans.Source : L’effet collibri, 6 mars 2020
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Covid19: Les enseignements d’une pandémie
Le coronavirus sévit sur toute la planète et oblige 3 milliards de terriens au confinement. Les 4 milliards qui restent suivront certainement. C’est juste une question de temps.
L’envahissement inexorable de la maladie nous apprend, en effet, qu’aucun pays n’est à l’abri de la fameuse vague épidémique. Les épidémiologistes n’ont d’autre traitement que le confinement pour ralentir un tant soi peu la progression de la pandémie mondiale. Notez bien qu’il est question de ralentissement et non pas de traitement.
Il est donc demandé aux êtres humains de mettre un maximum de distance entre eux, rien que pour permettre aux systèmes de santé de par le monde, de pouvoir gérer dans des conditions plus ou moins acceptables le flux de malades dont rien n’empêche l’infection.
S’il fallait voir un enseignement dans ce qui arrive à l’humanité ces deux derniers mois, serait de conclure que cette nouvelle réalité pandémique est imposée par un sous-équipement généralisé à l’échelle de l’ensemble des pays de la planète.
En effet, retenons que si les pays où le coronavirus a déjà sévi disposaient d’assez de masques, de gants et de respirateurs, on n’aurait jamais enregistré autant de décès. En Chine d’abord, en Europe ensuite et pour finir aux Etats Unis, depuis hier.
Malgré les équipements dont disposent ces grands pays, ils sont tous dans l’incapacité de prendre en charge plus de 1 % de leur population en même temps. Car il faut se rendre à l’évidence que le Covid 19 ne tue que 5 % des malades qu’il infecte.
A ce jour, ce ne sont pas toutes les populations de ces pays qui ont été touchées. Cela pour dire qu’à 5% de mortalité, aucun pays n’est en mesure d’éviter la fameuse vague et encore moins la tragique décision de choisir entre deux malades. En laisser un mourir pour sauver l’autre !
L’horreur ne s’arrête pas là. Il y a aussi l’indécence où vit le 1% de l’humanité. Pas celle touchée par le coronavirus, mais l’extrême petite minorité qui profite, jusqu’à la débauche, des bienfaits de la mondialisation. Une partie des richesses accumulée par les milliardaires de la planète suffirait à fournir à l’humanité assez de respirateurs pour prendre en charge, non pas 5 % de mortalité, mais bien plus. C’est dire donc, qu’il y a un 2ème enseignement à cette pandémie, à savoir, que l’accumulation de richesses entre les mains d’une minorité est plus que nocive pour l’humanité.
L’après coronavirus sera-t-il différent ? Permettons-nous d’en douter, à voir les miettes que donnent ces milliardaires à l’effort de solidarité dans leur pays.
Par Nabil G.
Ouest Tribune, 31 mars 2020
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