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  • Le Maroc met en quarantaine les voyageurs en provenance de France

    Le Maroc a mis à jour sa liste B comprenant tous les pays avec une propagation de variants ou une absence de statistiques précises sur la situation épidémiologique. Trois nouveaux pays dont la France font désormais partie de cette liste.

    La France, l’Espagne et le Portugal sont les trois nouveaux pays admis sur la liste B, portant le nombre de pays sur cette liste à 81. Le ministère des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger a annoncé, dimanche 11 juillet, l’ajout de ces trois nouveaux pays.

    Les voyageurs entièrement vaccinés – par l’un des vaccins reconnus par les autorités marocaines – en provenance de l’un des pays figurant sur la liste B ne seront pas soumis à une quarantaine de 10 jours à leurs frais. Ils devront seulement présenter un test PCR négatif datant de moins de 48 heures.

    Quant aux voyageurs qui n’ont pas été vaccinés ou qui n’ont pas terminé leur processus de vaccination à double dose de la liste B, ils devront présenter un test PCR négatif datant de moins de 48 heures entre la collecte et l’embarquement, et observer une quarantaine contrôlée de 10 jours, à leurs frais dans les structures désignées par les autorités marocaines avec un test PCR de contrôle le 9ème jour.

    Etiquettes : Maroc, France, coronavirus, covid 19, confinement, liste B, pandémie, test PCR, vaccination,

  • Photo du drone transporteur de haschich entre le Maroc et l’Espagne

    Il s’agit du premier “narcodrone” découvert à Malaga pour transporter du haschisch entre le Maroc et l’Espagne.

    -Le système professionnel a une envergure de 4,35 mètres et une autonomie de vol de sept heures.

    -Un complot criminel basé sur la côte de Malaga et composé de ressortissants français d’origine marocaine a été démantelé.

    Des agents de la police nationale, en collaboration avec la police française, conformément à une ordonnance d’enquête européenne du parquet de la coopération internationale de Malaga, ont démantelé une organisation criminelle partiellement basée dans la région de l’Axarquia, à Malaga. L’organisation criminelle se serait consacrée à l’achat de lots de haschisch et de marijuana au Maroc pour les transporter et les distribuer ensuite sur le territoire français.

    Trois personnes arrêtées

    L’opération Piñas s’est conclue par l’arrestation de trois personnes en France et d’une quatrième à Almáchar, cette dernière en vertu d’un mandat d’arrêt européen et d’une remise, toutes étant déférées devant la justice en tant que responsables présumés des délits de trafic de drogue et d’appartenance à une organisation criminelle. Lors de la perquisition d’une maison servant de lieu de stockage de drogue à Almáchar, un drone professionnel d’une envergure de 4,35 mètres – d’un bout à l’autre des ailes – et d’une autonomie de vol de sept heures, a été saisi, entre autres effets, qui servait à transporter de la drogue entre le Maroc et l’Espagne.

    Début de l’enquête

    Au début de cette année, les enquêteurs ont pris connaissance de l’existence d’un groupe criminel, basé sur la côte de Malaga et composé de ressortissants français d’origine marocaine, qui se consacrerait à l’achat de stupéfiants au Maroc. Par la suite, les stupéfiants ont été transportés vers leur destination finale, la France, soit par la méthode Go Fast – à bord de véhicules volés – soit par colis en dissimulant les drogues parmi des marchandises légales.

    Les investigations ont permis de localiser l’une des principales enquêtes dans un village rural isolé d’Almáchar, utilisé comme “pépinière”, où le haschisch et la marijuana seraient cachés jusqu’à leur exportation vers le pays gaulois.

    Coopération policière internationale

    Grâce aux liens de coopération policière internationale, on a appris que la police nationale française enquêtait sur les membres de la même organisation basés en France, qui étaient chargés de recevoir les drogues pour les distribuer au détail. Tout cela a conduit à l’émission d’une décision d’enquête européenne à l’encontre des enquêteurs basés en Espagne.

    Ainsi, alors que les agents espagnols ont mené des enquêtes sur les cibles basées dans la province de Malaga, leurs homologues français ont mené des enquêtes sur les membres qui ont reçu la marchandise en France, tous appartenant au même groupe criminel.

    Suite au travail des deux organismes, il a été constaté que l’organisation disposait d’un drone professionnel de grandes dimensions – 4,35 mètres d’envergure et une autonomie de vol de sept heures -, conditionné dans la villa exploitée à Almáchar pour l’importation de lots de haschisch entre le Maroc et l’Espagne de manière régulière.

    C’est pourquoi, dans la phase finale de l’opération, les agents français ont arrêté trois membres de l’organisation en France, saisissant 12 kilogrammes de haschisch prêts à être distribués au détail. Dans le même temps, et étant donné qu’il s’est avéré être le lien entre les parties de l’organisation basées dans les deux pays, les autorités françaises ont émis un OEDE sur la principale personne enquêtée, qui résidait dans la ville d’Almáchar.

    Ainsi, le 15 juin, l’arrestation de ce membre a été réalisée. Lors de la perquisition de son domicile ont été saisis divers équipements informatiques, des outils liés à la manipulation, la préparation et l’expédition de stupéfiants et un drone professionnel modifié, à longue portée, dont les agents avaient connaissance pour l’importation de drogues. Toutes les personnes détenues ont été remises à l’autorité judiciaire compétente.

    Malaga, 13 juillet 2021

    Etiquettes : Maroc, Espagne, drones, haschich, cannabis, trafic de drogue,

  • Photo du drone transporteur de haschich entre le Maroc et l’Espagne

    Il s’agit du premier “narcodrone” découvert à Malaga pour transporter du haschisch entre le Maroc et l’Espagne.

    -Le système professionnel a une envergure de 4,35 mètres et une autonomie de vol de sept heures.

    -Un complot criminel basé sur la côte de Malaga et composé de ressortissants français d’origine marocaine a été démantelé.

    Des agents de la police nationale, en collaboration avec la police française, conformément à une ordonnance d’enquête européenne du parquet de la coopération internationale de Malaga, ont démantelé une organisation criminelle partiellement basée dans la région de l’Axarquia, à Malaga. L’organisation criminelle se serait consacrée à l’achat de lots de haschisch et de marijuana au Maroc pour les transporter et les distribuer ensuite sur le territoire français.

    Trois personnes arrêtées

    L’opération Piñas s’est conclue par l’arrestation de trois personnes en France et d’une quatrième à Almáchar, cette dernière en vertu d’un mandat d’arrêt européen et d’une remise, toutes étant déférées devant la justice en tant que responsables présumés des délits de trafic de drogue et d’appartenance à une organisation criminelle. Lors de la perquisition d’une maison servant de lieu de stockage de drogue à Almáchar, un drone professionnel d’une envergure de 4,35 mètres – d’un bout à l’autre des ailes – et d’une autonomie de vol de sept heures, a été saisi, entre autres effets, qui servait à transporter de la drogue entre le Maroc et l’Espagne.

    Début de l’enquête

    Au début de cette année, les enquêteurs ont pris connaissance de l’existence d’un groupe criminel, basé sur la côte de Malaga et composé de ressortissants français d’origine marocaine, qui se consacrerait à l’achat de stupéfiants au Maroc. Par la suite, les stupéfiants ont été transportés vers leur destination finale, la France, soit par la méthode Go Fast – à bord de véhicules volés – soit par colis en dissimulant les drogues parmi des marchandises légales.

    Les investigations ont permis de localiser l’une des principales enquêtes dans un village rural isolé d’Almáchar, utilisé comme “pépinière”, où le haschisch et la marijuana seraient cachés jusqu’à leur exportation vers le pays gaulois.

    Coopération policière internationale

    Grâce aux liens de coopération policière internationale, on a appris que la police nationale française enquêtait sur les membres de la même organisation basés en France, qui étaient chargés de recevoir les drogues pour les distribuer au détail. Tout cela a conduit à l’émission d’une décision d’enquête européenne à l’encontre des enquêteurs basés en Espagne.

    Ainsi, alors que les agents espagnols ont mené des enquêtes sur les cibles basées dans la province de Malaga, leurs homologues français ont mené des enquêtes sur les membres qui ont reçu la marchandise en France, tous appartenant au même groupe criminel.

    Suite au travail des deux organismes, il a été constaté que l’organisation disposait d’un drone professionnel de grandes dimensions – 4,35 mètres d’envergure et une autonomie de vol de sept heures -, conditionné dans la villa exploitée à Almáchar pour l’importation de lots de haschisch entre le Maroc et l’Espagne de manière régulière.

    C’est pourquoi, dans la phase finale de l’opération, les agents français ont arrêté trois membres de l’organisation en France, saisissant 12 kilogrammes de haschisch prêts à être distribués au détail. Dans le même temps, et étant donné qu’il s’est avéré être le lien entre les parties de l’organisation basées dans les deux pays, les autorités françaises ont émis un OEDE sur la principale personne enquêtée, qui résidait dans la ville d’Almáchar.

    Ainsi, le 15 juin, l’arrestation de ce membre a été réalisée. Lors de la perquisition de son domicile ont été saisis divers équipements informatiques, des outils liés à la manipulation, la préparation et l’expédition de stupéfiants et un drone professionnel modifié, à longue portée, dont les agents avaient connaissance pour l’importation de drogues. Toutes les personnes détenues ont été remises à l’autorité judiciaire compétente.

    Malaga, 13 juillet 2021

    Etiquettes : Maroc, Espagne, drones, haschich, cannabis, trafic de drogue,

  • France : Le lobby du Maroc s’agite pour sauver la peau de Dupond-Moretti

    Les deux députés Naïma Moutchou (LRM) et Antoine Savignat (LR) ont décidé de démissionner de la Cour de justice de la République en guise de solidarité avec le ministre français de la Justice, Eric Dupond-Moretti, suite à sa prochaine convocation par cette Cour en vue de répondre à des soupçons de conflits d’intérêts.

    Le Maroc se trouve être un dénominateur commun entre le Garde des Sceaux et Naïma Moutchou. Le premier est l’avocat du roi Mohammed VI et la deuxième est vice-présidente du Groupe d’Amitié France-Maroc à l’Assemblée Nationale. Antoine Savignat est membre d’un parti dont la collision avec le royaume chérifien n’est plus à prouver. Non sans raison, il a été choisi pour faire partie de la délégation de Dupond-Moretti qui a fait le déplacement au Maroc le 6 décembre 2020 en tant que co-rapporteur dans les négociations sur les mineurs non accompagnés.

    Etiquettes : Maroc, France, Eric Dupond-Moretti, Mohammed VI, Naïma Moutchou, Antoine Savignat,

  • France : Le lobby du Maroc s’agite pour sauver la peau de Dupond-Moretti

    Les deux députés Naïma Moutchou (LRM) et Antoine Savignat (LR) ont décidé de démissionner de la Cour de justice de la République en guise de solidarité avec le ministre français de la Justice, Eric Dupond-Moretti, suite à sa prochaine convocation par cette Cour en vue de répondre à des soupçons de conflits d’intérêts.

    Le Maroc se trouve être un dénominateur commun entre le Garde des Sceaux et Naïma Moutchou. Le premier est l’avocat du roi Mohammed VI et la deuxième est vice-présidente du Groupe d’Amitié France-Maroc à l’Assemblée Nationale. Antoine Savignat est membre d’un parti dont la collision avec le royaume chérifien n’est plus à prouver. Non sans raison, il a été choisi pour faire partie de la délégation de Dupond-Moretti qui a fait le déplacement au Maroc le 6 décembre 2020 en tant que co-rapporteur dans les négociations sur les mineurs non accompagnés.

    Etiquettes : Maroc, France, Eric Dupond-Moretti, Mohammed VI, Naïma Moutchou, Antoine Savignat,

  • Washingon dénonce l’emprisonnement des journalistes au Maroc

    Les États-Unis ont critiqué lundi leur allié marocain pour avoir condamné un journaliste à cinq ans de prison et ont exhorté le royaume à protéger la liberté des médias.

    Le département d’État s’est dit “déçu” par la condamnation, vendredi, de Soulaimane Raissouni, rédacteur en chef du journal Akhbar Al Yaoum, aujourd’hui disparu, dont les alliés affirment qu’il a été pris pour cible en raison de ses articles critiques.

    Soulaimane Raissouni, qui a perdu beaucoup de poids après une grève de la faim de plus de 90 jours, a été reconnu coupable d’attentat à la pudeur contre un autre homme, ce qui fait de lui le dernier d’une série de journalistes poursuivis pour des crimes sexuels présumés.

    “Nous pensons que le processus judiciaire qui a conduit à ce verdict contredit la promesse fondamentale du système marocain de procès équitables pour les individus accusés de crimes et est incompatible avec la promesse de la constitution de 2011 et le programme de réforme de Sa Majesté le Roi Mohammed VI”, a déclaré aux journalistes le porte-parole du Département d’État, Ned Price.

    “La liberté de la presse est un élément fondamental des sociétés prospères et sûres, et les gouvernements doivent veiller à ce que les journalistes puissent s’acquitter en toute sécurité de leur rôle essentiel sans craindre une réaction injuste, des violences ou des menaces”, a-t-il ajouté.

    M. Price a indiqué que les États-Unis soulevaient également avec le Maroc d’autres cas de journalistes, notamment celui d’Omar Radi, qui est détenu en isolement cellulaire sous l’accusation d’agression sexuelle et d’atteinte à la sécurité de l’État.

    Le Maroc est un allié de longue date des États-Unis, qui sous l’ancien président Donald Trump a reconnu sa revendication sur le Sahara occidental contesté après que le royaume a accepté de normaliser ses relations avec Israël.

    Yahoo! News, 12/07/2021

    Etiquettes : Maroc, Etats-Unis, Soulaiman Raïssouni, Omar Radi, presse, journalistes, répression,

  • “Hot Maroc” fait la satire de Marrakech et de la société marocaine.

    El Habib Louai

    Hot Maroc est une œuvre de fiction satirique qui dépeint les failles de la société marocaine et les tribulations politiques qu’elle a traversées dans les années 1990 et au début des années 2000, alors qu’Internet venait d’être introduit dans la texture de la vie marocaine, entraînant un changement radical. Il le fait à travers une multiplicité de personnages bestiaux qui révèlent les possibilités concrètes de l’homme dans un pays ruiné par la corruption, le népotisme, l’hypocrisie sociale et la cupidité. L’un de ces personnages est un homme fantasque, petit et mince, nommé Rahhal Laâouina, qui est le point central et le porteur d’action de l’intrigue de Hot Maroc.

    Laâouina est un lâche désespéré qui mène une vie marginale dans l’ombre de la ville animée de Marrakech. Ignoré et raillé par ses camarades de classe et ses amis en raison de son dénuement et de son apparence physique, Laâouina est poussé à en vouloir aux gens qui réussissent et s’inquiète constamment de tomber en disgrâce, ce qui l’amène à utiliser des moyens dégénérés pour parvenir à des fins ignobles. Bien qu’il se considère comme un écureuil, il est facilement identifiable par son “visage de rat et ses deux yeux étroits”, qui l’aident à devenir un expert en natures animales, découvrant facilement l’animal correspondant à chaque personne en examinant attentivement leur visage, leur tempérament, la logique de leur pensée et leur style d’argumentation. Ses insécurités et sa faiblesse font de lui un homme sans principes, prêt à abandonner son pouvoir et ses aspirations aux autres. Il se contente d’actes héroïques réalisés en rêve, de diffamation, d’invention d’accusations et de falsification de pseudonymes sur des sites d’information et des médias sociaux comme Facebook.

    Laâouina est né dans une famille ouvrière pauvre. Sans emploi, son père se débrouillait en récitant le Coran au cimetière tandis que sa mère était une femme au foyer qui attendait le panier de nourriture ramené par le père à la fin de la journée. Pourtant, Laaouina a pu se sortir de l’abîme de la pauvreté et du dénuement après que la famille ait quitté un quartier marginal pour vivre avec son oncle dans la vieille ville, où il a travaillé dur pour terminer ses études universitaires dans le département de littérature arabe, qu’il a rejoint après son échec en histoire et en géographie. À l’université Cadi Ayaad, il se familiarise avec le mouvement étudiant sous ses formes gauchiste, islamique, révolutionnaire, réformiste, légitime et interdite, avant de succomber et de finir par épouser sa collègue Hosnia, qui l’aide à trouver un emploi dans un café Internet situé dans l’un des quartiers populaires de la ville.

    Le cybercafé, où Laâouina découvre pour la première fois le site Hot Maroc, devient le quartier général d’où il lance sa guerre dévastatrice en dénonçant, diffamant, fabriquant des accusations et alimentant des rumeurs sur ses amis, ses collègues et même des personnalités publiques. Il le fait avec beaucoup de malveillance, exercée sur des ennemis réels et imaginaires à travers de multiples personas et profils anonymes qu’il orchestre de manière immorale. Cependant, Hot Maroc n’est pas un simple site web, c’est un faux titre qui utilise la traduction française de Maroc ou “Maghreb” et le mot anglais “hot” pour transmettre ou plutôt briser les nouvelles d’un Maroc déplorable démembré par des escrocs virtuels et réels qui abusent systématiquement des médias et des débouchés politiques pour apprivoiser les masses et faire avancer leurs agendas personnels.

    Deux de ces personnages se distinguent par leur prédominance et leur grande popularité : le religieux Abou Qatada et le Fils du Peuple qui se distingue par ses penchants patriotiques et populistes. L’une des premières victimes de la ruse impitoyable et de la “détresse gastrique” de Laâouina est Wafiq Daraai, le jeune poète bien-aimé dont Laâouina abhorre la popularité et l’accueil favorable parmi les étudiants de l’université, assurés par sa beauté et son excellence dans le poème en prose. De retour à l’université, et par pure méchanceté, il fournit à l’un des étudiants de fausses informations sur les rapports de Daraai aux services de sécurité sur tout ce qui se passe au sein des organisations gauchistes de l’université, obligeant le poète à se retirer de l’espace public. Des années plus tard, il poursuivra sa diffamation de Daraai par ses “commentaires enflammés, ses ruses” sur l’attribution non méritée du prix Ibn Wanan à Daraai par le ministère de la Culture. Daraai disparaît de la scène en éteignant son téléphone au dernier moment et la cérémonie de remise des prix “a provoqué un certain désordre lorsqu’un groupe d’une vingtaine de participants a pris sur lui de crier des slogans critiquant la corruption culturelle et politique, ainsi que le poème en prose et le gaspillage de l’argent public.”

    Quant à la deuxième victime, Emad Qatifa, Laâouina ne ménage aucun effort pour l’attirer dans le piège d’un faux rendez-vous avec Hiyam, la personnalité Facebook qu’il a créée pour gâcher la relation matrimoniale d’Emad par jalousie et haine de ses réussites, malgré le fait qu’il n’ait pas obtenu le baccalauréat.

    Pourtant, Laâouina, qui avait jusqu’alors soigneusement vécu en reclus et s’était habitué aux identités anonymes et multiples qu’il revêt, se retrouve soudain sous les feux de la police et de la politique. Il découvre que le commissaire des services de renseignement qui l’a interrogé et recruté n’est autre que son vieux camarade Moukhtar, l’une des figures zélées de la fraction de gauche du mouvement étudiant. De manière intrigante, l’auteur nous invite à pénétrer dans l’atmosphère du mouvement étudiant à travers une description méticuleuse et hilarante des caractéristiques de cette phase historique, lorsque le conflit éclatait fréquemment entre les factions étudiantes et que les slogans étaient criés avec fracas tandis que les autorités observaient prudemment avant d’intervenir. Le commissaire Ayad simplifie les choses pour Laâouina lorsqu’il déclare clairement : “Aujourd’hui, nous devons simplement changer de style. Nous allons passer du domaine amateur au domaine professionnel. Tu comprends, Rahhal ? Tu resteras comme tu es. Mais les manœuvres seront plus serrées.”

    Il est devenu un “lapin de course”. Un des lapins de course qui courent dans tous les sens pour garder le Caméléon en tête.” Dès lors, Laâouina se retrouve à perdre le contrôle de toutes ses identités virtuelles lorsqu’il est contraint de travailler pour la campagne électorale de l’ami le plus proche du roi, contre le parti islamique, et de collaborer comme agent électronique des services secrets. L’auteur décrit l’absurdité de cette campagne électorale de manière satirique à travers des incidents liés à ce qui a été appelé l’affaire de l’escargot avant de conclure que “les gens n’avaient plus l’énergie pour […] des débats [idéologiques] abstraits, surtout pour les principes des partis et les plans politiques. Les gens voulaient des élections carnavalesques, avec du spectacle, des chansons et des danses, des festins et des banquets, des petits gains palpables qu’ils gagneraient pendant la campagne. Au bout du compte, tous les candidats sont les mêmes. Tous vont disparaître pour travailler pour leurs propres intérêts et devenir des personnes importantes dans la capitale.”

    À travers des vies individuelles, Adnan dissèque la réalité du journalisme au Maroc, ses lacunes et la subordination de certains de ses professionnels à des agendas imposés par les services secrets de l’État comme dans les cas de Naim Marzouk, chroniqueur d’opinion du journal Al-Mustaqbal, et Anouar Mimi, rédacteur en chef du site d’information Hot Maroc. Ces quasi-journalistes ne sont que des pions employés pour exécuter les instructions et les agendas dictés par les responsables des services de renseignement sans aucun souci d’éthique et de conscience professionnelle. Le rôle principal de ces faux journalistes est d’interférer avec l’opinion publique, de distraire les masses et de détourner leur attention des véritables questions et préoccupations de leur société. Dans ce sens, les médias deviennent un jouet entre les mains de quelques escrocs dont le but principal est de surveiller les nouvelles concernant les stars, les artistes, les politiciens, les scandales et les rivalités littéraires pour les prix et les invitations. De plus, Adnan expose les failles et les erreurs linguistiques dans le discours des journalistes à la tête vide dont le seul but est de s’assurer plus d’adeptes qui soutiendraient des candidats et des politiciens sans cervelle se battant pour des sièges au parlement.

    Le message implicite d’Adnan souligne ici le fait que la transition de l’ère du roi Hassan II à celle de Mohamed VI n’a pas entraîné de changement substantiel malgré la manipulation douce de la liberté d’expression, du pluralisme et des multiples partis politiques, dont certains sont inconscients de leurs idéologies et n’exploitent que la religion pour attirer davantage d’électeurs.

    Le roman tente d’aborder la question de l’immigration en se concentrant sur les conditions des immigrants subsahariens au Maroc et de leurs homologues marocains. Alors que les personnages mineurs subsahariens Amelia, Flora et Yakabo se tournent vers la prostitution comme moyen simple et commode de gagner de l’argent, le jeune Marocain Qamar Eddine est prêt à tout abandonner et même à se convertir au christianisme pour passer à l’Eldorado européen. Le sexe est également vu sous un nouveau jour, comme une marchandise qui pourrait être achetée et vendue virtuellement sur Internet ; Fadoua et Samira, par exemple, fréquentent le cybercafé pour fournir somptueusement des services sexuels à toutes sortes de clients sur le Web, contre rémunération.

    Du point de vue stylistique, la version originale du roman utilise à la fois l’arabe standard classique et l’arabe familier quotidien, la darija, en particulier dans les dialogues pour les rendre plus authentiques et réels. Elle mélange des événements imaginaires avec des fragments de l’autobiographie de l’auteur dans une histoire relativement linéaire qui cherche à perturber l’horizon d’attente du lecteur par des flashbacks alternatifs, des souvenirs et des rêves comme au début du roman. Les événements sont relatés du point de vue d’un narrateur omniscient à la troisième personne, amer et sarcastique, qui ne participe pas à l’histoire.

    La traduction d’Elinson est méticuleuse car elle prend également en considération ces éléments stylistiques, notamment l’humour et les registres linguistiques (politique, religieux, poétique et journalistique) caractéristiques de certains personnages issus d’une classe sociale particulière. Elinson s’étend plus en détail sur les défis impliqués dans le processus de traduction de Hot Maroc :

    “Dans cette traduction, j’ai fait de mon mieux pour refléter la multiplicité linguistique qui existe au Maroc aujourd’hui. Comme Adnan passe habilement d’une variété d’arabe parlé à une variété d’arabe écrit, le lecteur est capable de sentir, d’entendre, les voix qui traversent les bidonvilles, les salles de classe universitaires, les quartiers chics et ouvriers, les rassemblements politiques et toutes sortes de mondes en ligne.

    Hot Maroc est une comédie sarcastique digne d’éloges qui expose les animalités historiques, politiques et urbaines de la société marocaine contemporaine à travers les yeux d’un protagoniste psychologiquement endommagé qui a subi des décennies d’abus.

    La traduction d’Elinson est méticuleuse car elle prend également en considération ces éléments stylistiques, notamment l’humour et les registres linguistiques (politique, religieux, poétique et journalistique) caractéristiques de certains personnages issus d’une classe sociale particulière. Elinson s’étend plus en détail sur les défis impliqués dans le processus de traduction de Hot Maroc :

    “Dans cette traduction, j’ai fait de mon mieux pour refléter la multiplicité linguistique qui existe au Maroc aujourd’hui. Comme Adnan passe habilement d’une variété d’arabe parlé à une variété d’arabe écrit, le lecteur est capable de sentir, d’entendre, les voix qui traversent les bidonvilles, les salles de classe universitaires, les quartiers chics et ouvriers, les rassemblements politiques et toutes sortes de mondes en ligne.

    Hot Maroc est une comédie sarcastique digne d’éloges qui expose les animalités historiques, politiques et urbaines de la société marocaine contemporaine à travers les yeux d’un protagoniste psychologiquement endommagé qui a subi des décennies d’abus.

    Il se trouve que ma première rencontre avec Yassin Adnan s’est faite par inadvertance lors d’une conférence organisée par la Southern Writers’ Society le 27 mai 2011 à l’université Ibn Zohr d’Agadir, au Maroc. Je n’avais aucune connaissance préalable d’Adnan et je n’avais lu aucune de ses œuvres bien que j’avais fréquemment entendu parler de sa poésie parmi les aficionados de la poésie. Ce jour-là, je me suis rendu à l’université pour rencontrer mon ancien professeur de culture et de littérature arabes, avec lequel j’ai passé un moment mémorable à débattre de la poésie américaine moderniste, de Pound aux Beats, lorsque j’étais enseignant stagiaire au Centre pédagogique régional de Marrakech. Curieusement, mon ex-professeur de littérature et de culture arabe présupposait que je connaissais Yassin Adnan et s’est contenté d’une courte introduction sans aucun détail élaboré sur ses intérêts ou ses aspirations littéraires. Adnan a tendu une main froide que j’ai également serrée avec beaucoup de froideur. Il semblait fixer quelque chose au loin et me regardait d’un air hautain.

    Quelques années plus tard, nous nous sommes retrouvés au Festival du poème en prose de Marrakech en 2018, mais cette fois-ci pour être accueillis chaleureusement, peut-être parce que j’ai courageusement tenu bon en tant que poète participant, traducteur et chef de groupe entouré d’un groupe de poètes établis de différents pays étrangers. Au cours des années suivantes, j’ai appris à connaître Adnan à la fois en tant que poète avec deux recueils (I Could Barely See et The Passerby’s Notebook) et en tant que polémiste familier plus connu pour être présentateur de l’émission de télévision “Masharif”. Au cours de l’un de nos débats nocturnes, un collègue aux penchants politiques et historiques radicaux a annoncé que le roman d’Adnan, Hot Maroc, publié par Dar Al Ain en 2016, avait été sélectionné pour le Prix international du roman arabe 2017. J’ai été interloqué par la nouvelle et, par simple curiosité, j’ai pris le roman et l’ai lu en trois jours pendant des vacances scolaires de mi-trimestre. J’ai été stupéfaite et extrêmement amusée car il s’est avéré que le roman capturait de manière vivante l’essentiel de la société marocaine contemporaine avec toutes ses contradictions et ses paradoxes.

    À l’instar de la métamorphose malaisée et tumultueuse à laquelle les Marocains ont assisté au cours des années décrites dans Hot Maroc, le roman lui-même est le résultat d’un travail en cours qu’Adnan a commencé lors d’une résidence littéraire de trois semaines sur la Côte d’Azur en 2011, et qu’il a continué à écrire pendant ses voyages de vacances en Amérique et à Bruxelles. Là-bas, en Provence, le livre a d’abord été conçu comme une idée de nouvelle avant de se transformer en un merveilleux roman à part entière qui a englouti l’auteur dans son récit entrelacé et labyrinthique.

    Ironiquement, Adnan affirme qu’aucun des chapitres qui constituent la texture symphonique du roman n’a été écrit à Marrakech, la ville où se déroulent les incidents décrits. C’est comme si une certaine forme d’auto-exclusion et d’autodistinction était nécessaire pour faire face au malaise déprimant, à la morosité et à l’indignité que l’auteur ressentait à l’époque. Dans ses propres mots, Adnan confesse : “J’ai alors été blessé par certains bandits électroniques qui ont sali Facebook et la réputation des gens. Je me suis demandé qui étaient ces individus anonymes avec des pseudonymes, qui empoisonnaient l’atmosphère électronique sur Facebook et diverses plateformes internet interactives ? Et pourquoi s’empressaient-ils de banaliser les rêves des gens et de tirer sur tout ce qui bouge ? Ce phénomène s’est largement répandu au Maroc et c’est la raison pour laquelle j’ai décidé de travailler sur ce sujet.”

    La tentative de Yassin Adnan d’exposer les répercussions de la confusion politique et des bouleversements sociaux du Maroc contemporain par le biais de métaphores frappantes de personnages bestiaux totalement grotesques lui a assuré une place sur la scène culturelle parmi certains des auteurs de fiction les plus vendus du Maroc. Pourtant, la vertu distinctive d’être un auteur de best-sellers est sujette à circonspection, surtout lorsqu’elle est renforcée par une armada de commentateurs médiatiques. Hot Maroc d’Adnan est une belle œuvre de fiction qui mérite l’attention, mais il ne faut pas la surévaluer comme l’a fait Fouad Laroui lorsqu’il a écrit : “Elle se classe parmi les trois meilleurs romans marocains écrits dans n’importe quelle langue.” Un tel éloge fait à la hâte amène à s’interroger sur les mérites des œuvres littéraires trop souvent méconnues et sous-estimées de Mohammed Khair-Eddine, Mohamed Choukri, Mohamed Zafzaf et Rachid El Hamri, dont Le Silence Éclatant des Rêves et Le Néant Blue constituent quelques-unes des meilleures œuvres de fiction sur la patrie, l’appartenance culturelle, les identités ambivalentes et l’immigration.

    L’œuvre d’Adnan continue d’attirer un grand nombre de jeunes lecteurs de différents horizons, en grande partie parce qu’elle traite d’une réalité déplorable que la plupart des Marocains perçoivent vraisemblablement mais pour laquelle ils manquent de mécanismes et d’ardeur pour changer.

    The Markaz Review, 12/07/2021

    Etiquettes : Maroc, réseaux sociaux, société marocaine, corruption, népotisme, hypocrisie sociale, cupidité,

  • Vague de chaleur au Maroc, «records absolus» de températures battus

    Le Maroc a enregistré des « records absolus » de températures ce week-end lors d’une vague de chaleur « exceptionnelle », le mercure frôlant les 50 degrés et dépassant par endroit la normale mensuelle de 5 à 12 degrés, ont indiqué lundi les autorités météorologiques.

    Samedi était « la journée la plus chaude avec des températures exceptionnelles, jamais mesurées tous mois confondus sur certaines régions », selon le communiqué de la direction générale de la météorologie (DGM), qui précise que « des records absolus de températures maximales ont été battus ».

    En cette journée caniculaire, le thermomètre a affiché 49,6 degrés Celsius à Sidi Slimane (nord-ouest), la température la plus élevée ce week-end dans le royaume.

    « Ce temps caniculaire est dû à la remontée d’une masse d’air sec et chaud par le Sud causant une hausse sensible des températures », a expliqué la DGM, prévoyant une baisse des températures durant les prochains jours dans le nord et l’est du pays.

    L’année 2020 a déjà été la plus chaude jamais enregistrée au Maroc, avec « une température moyenne annuelle nationale de +1,4°C par rapport à la normale climatologique sur la période 1981-2010 », d’après un précédent communiqué de la direction de la météorologie.

    Cette vague de chaleur inédite intervient tandis que plusieurs pays comme l’Espagne, le Canada ou les États-Unis font face à une hausse des températures à des nivaux extrêmes.

    Selon les scientifiques, les canicules sont un marqueur sans équivoque du réchauffement de la planète et ces vagues de chaleur sont appelées à encore se multiplier, s’allonger et s’intensifier.

    Jusqu’ici, l’activité humaine a provoqué une hausse des températures mondiales de plus de 1°C par rapport à l’ère pré-industrielle, entraînant des tempêtes plus destructrices, des vagues de chaleur plus intenses, des sécheresses et une multiplication des feux de forêt.

    La décennie 2010-2019 a été la plus chaude jamais enregistrée et les cinq années les plus chaudes jamais relevées l’ont été ces cinq dernières années.

    Le Journal de Montréal, 12/07/2021

    Etiquettes : Maroc, chaleur, températures, canicule, réchauffement climatique,

  • Le roi du Maroc sollicité pour la libération du journaliste Raissouni

    La condamnation vendredi soir d’un célèbre journaliste très critique du pouvoir, Soulaimane Rassouni à 5 ans de prison ferme par le tribunal de Casablanca, a été fortement condamné par la société civile au Maroc. Le motif officiel? Agression sexuelle, une accusation devenue habituel dans les dernières années pour museler les voix critiques et les activistes des droits de l’homme.

    L’association Reporters sans frontières demande sa « libération immédiate » en dénonçant un « procès non équitable » contre un journaliste qui mène une grève de la faim depuis plus de trois mois.

    Samir Bouaziz en a appelé au roi du Maroc, Mohammed VI, pour sauver un homme dont la vie est désormais en danger. Selon lui, Soulaiman Raïssouni était le dernier journaliste dont la plus était caractérisée par des éditos critiques contre les pratiques du pouvoir, la corruption, la gestion de la crise sanitaire…

    Avec RFI

    Etiquettes : Maroc, Soulaiman Raïssouni, pressem journalistes, liberté de presse, liberté d’expression, RSF, répression,

  • Le Maroc veut acquérir deux nouvelles fregates FREMM

    Selon la Revue Italienne de Défense (RID), le Maroc souhaite acheter deux nouvelles fregates du type FREMM (frégates multi-missions).

    Le Maroc dispose déjà d’une frégate FREMM française. Il est actuellement intéressé par la version italienne (anti-sous-marins). “L’intérêt est concret et des discussions avec Fincantieri sont en cours”, rapporte RID.

    “La FREMM s’est aujourd’hui imposée comme un produit de référence sur le marché mondial des frégates. Le récent succès en Indonésie – avec la vente de 6 unités, 4 à produire en Italie et 2 dans les chantiers navals indonésiens PT-Pal – a augmenté le nombre d’unités, commandes et options comprises, du modèle produit par “notre” Fincantieri à 30. : 10 pour la marine américaine, 2 + 2 pour la marine égyptienne – d’ailleurs : les 2 options égyptiennes sont en variante antisom – et 10 (8 déjà en service plus les 2 remplaçantes de celles vendues à l’Egypte déjà sous construction) pour la Marine”, précise la même source.

    Selon RID, d’autres pays ont commandé la FREMM : La Grèce, le Canada, les Etats-Unis et l’Indonésie.

    Pour rappel, Le programme de frégates multi-missions (FREMM) est mené en coopération entre la France et l’Italie. Il a été lancé en 2005. Il constitue le programme phare du renouvellement de la composante de frégate de lutte anti-sous-marine (ASM) et d’action vers la terre de la Marine nationale. Les FREMM sont développées et produites par Naval Group, maître du programme pour la France, et Fincantieri, maître du programme pour l’Italie. 

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