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  • Light, life, and peace in Libya

    Conflict, divisions and war have affected Libya for many years. International actors and the United Nations have certainly not stood idly by. They have committed to support Libyans as they build a peaceful, inclusive state. The recent Berlin Summit has opened a new window of…

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    Tags : Libya, UNDP, peacekeeping,

  • La CIA révèle dans des documents déclassifiés que le Front Polisario a pu faire plier le Maroc

    10 millions de pages sur le conflit du Sahara occidental sont rendus publics. Des pays arabes et européens ont aidé le régime marocain en pleine guerre froide entre l’URSS et les USA.

    Défilé des troupes du Front Polisario lors duème anniversaire de la RASD; Photo AFP

    La CIA, l’Agence de renseignement US, révèle dans des documents secrets que le Polisario a pu gagner la guerre du Sahara contre le Maroc, selon une série d’informations déclassifiées qui n’avaient pas vu le jour depuis des décennies et qui, alors que les négociations pour un accord de paix dans la région sont au point mort, deviennent actuelles grâce à de nouvelles autorisations d’accès à leur contenu.

    La CIA a donné le feu vert pour faciliter l’accès à plus de 10 millions de pages dont 900.000 sont des documents déclassifiés qui permettent de savoir ce qui s’est passé depuis mars 1979, 4 ans après la sortie précipitée de l’Espagne qui avait constaté que 300.000 Marocains attendaient dans une petite localité précaire au milieu du désert appelée Taj, situé à un jet de pierre de la frontière du 27ème parallèle, qui est à moins de 100 kilomètres des Canaries.

    Aujourd’hui, Taj est encore un minuscule lieu de passage abandonné à son sort, mais en 1975, il est devenu le point de départ d’un des plus grands exodes de l’histoire ‘Afrique du Nord, baptisé la Marche verte.

    Aujourd’hui, 44 ans plus tard, les services de renseignements US mettent à la disposition du public les dossiers qu’ils ont partagés avec les organismes et gouvernements occidentaux.

    La CIA révèle que le Maroc était en train de perdre la guerre contre le Front Polisario jusqu’à ce que les pays européens et arabes interviennent tactiquement et logistiquement pour aider la dictature de Hassan II.

    « L’annexion du Sahara Occidental par le Maroc en 1975 s’est faite par la force et a conduit à la guerre », selon des documents déclassifiés.

    La guerre du Sahara est l’un des conflits les plus singuliers que l’Afrique ait connu.

    Elle a fait l’objet d’une âpre confrontation entre le Front Polisario et le Maroc, et ses conséquences se sont étendues à l’Algérie voisine, avec laquelle le régime marocain a rompu en 1994 les relations diplomatiques et frontalières.

    Les effets collatéraux se sont également étendus à la Mauritanie qui, à ce jour, n’a pratiquement pas de relations avec le Maroc. Et, au milieu de l’Atlantique, les Canaries, qui ont accueilli une bonne partie des Sahraouis qui n’ont pas fui vers les camps algériens de Tindouf.

    Dans le conflit et l’invasion du Sahara par le Maroc, l’aide que les Marocains ont reçue des USA, de la France, de l’Espagne et de l’Arabie Saoudite a été décisive grâce aux relations entre Hassan II et Henry Kissinger, alors conseiller à la sécurité nationale des USA.

    Le document de base, intitulé ” Sahara Occidental, le boulet du Maroc “, a été diffusé par tranches en 2017 mais retrouve aujourd’hui sa notoriété en raison de l’arrêt bilatéral des ébauches de négociations qui ont eu lieu depuis janvier 2019 entre les représentants du Maroc, du Polisario, de l’Algérie et de la Mauritanie pour jeter les fondations d’un futur accord.

    Parmi les pages de la CIA figurent, par exemple, les chiffres des effectifs des troupes terrestres, maritimes et aériennes des pays riverains du Sahara, dont les forces du Polisario. On y détaille même le volume des troupes militaires, en plus des unités françaises et soviétiques déployées dans la région.

    L”analyse de la CIA sur les effectifs militaires en présence. (Source : CIA)

    Le conflit a duré jusqu’en 1991, après le cessez-le-feu imposé par les Nations Unies avec la promesse institutionnelle d’organiser un référendum d’autodétermination qui n’a jamais eu lieu du fait du boycott constant des négociations par le Maroc.

    Le processus de décolonisation du Sahara occidental est le plus ancien au monde.

    Le 21 août 1975, le Département d’Etat US donne le feu vert à un projet stratégique secret de la CIA, financé par l’Arabie Saoudite, visant à arracher l’ancienne province du Sahara (une zone de 270 000 kilomètres carrés) à l’Espagne.

    La colonie espagnole est considérée comme sensible d’un point de vue géostratégique.

    La Grande-Bretagne avait été chargée d’effectuer la due diligence (audit préalable) de l’ensemble de la province et avait établi sa richesse en phosphates, en fer, en pétrole et en gaz.

    Les techniciens britanniques ont identifié et scellé les puits de pétrole susceptibles d’être exploités après plusieurs décennies, afin d’éviter que la guerre du Sahara ne devienne un conflit économique aux yeux de la communauté internationale.

    Dans ce contexte, les USA n’étaient pas disposés à laisser entre les mains de l’Espagne l’avenir politique et commercial de la région qui allait passer sous le contrôle de la RASD, car ils entretenaient aussi des relations étroites avec l’Algérie, un des États les plus proches du régime communiste de l’Union soviétique.

    Les attaques sahraouies contre les troupes espagnoles se poursuivaient depuis 1969, faisant des dizaines de blessés et de morts. Même la mort de l’architecte du Polisario, Mohamed Basiri, des mains de l’espionnage espagnol, n’a pas suffi à étouffer la flamme indépendantiste.

    Aujourd’hui, le président de la RASD est Brahim Gali,qui était avec Basiri un combattant et co-fondateur du Front. Gali a également fait partie du premier gouvernement officiel de la RASD en tant que ministre des Affaires étrangères et, plus tard, a été responsable de la Défense.

    La guerre froide pesait aussi comme le couvercle d’un jerrycan sur les priorités de l’Occident pour que le Maroc assume le Sahara, si bien que le 6 octobre 1975, les services de renseignements de l’armée espagnole recommandèrent aux ministres et conseillers de Franco, d’élaborer une stratégie sur la colonie africaine.

    Franco est mort le 20 novembre 1975, mais le général agonisait depuis des semaines. Rabat appuya sur l’accélérateur et le 16 octobre 1975, la Marche Verte annoncée par Hasan II fut activée, en même temps que la Cour Internationale de Justice de l’ONU dénonçait les prétentions annexionistes du Maroc.

    Hassan II est allé jusqu’à déclarer publiquement : « Nous devons, cher peuple, nous lever comme un seul homme, avec ordre et organisation, pour aller au Sahara et rencontrer nos frères ».

    Le 21 novembre 1975 (au lendemain de la mort de Franco), le Prince Juan Carlos de Bourbon refuse d’accepter le poste de chef de l’Etat à titre provisoire.

    Carte pour comprendre le conflit du Sahara

    Le 31 octobre 1975, le prince avait présidé un Conseil des ministres à La Zarzuela où la crise du Sahara avait été abordée en priorité.

    Don Juan Carlos a exprimé son engagement à s’occuper le dossier du Sahara face au risque d’une occupation marocaine imminente.

    Cependant, il n’a pas informé les ministres qu’il avait déjà envoyé à Washington son homme de confiance, Manuel Prado y Colón de Carvajal, afin d’obtenir la couverture de Kissinger.

    Les conseillers militaires et politiques du futur roi d’Espagne ont compris qu’une guerre coloniale avec le Maroc à l’époque pourrait précipiter les événements à l’instar de ce qui s’était passé au Portugal (Révolution des œillets) et risquer ainsi l’avenir de la couronne.

    Le secrétaire d’État usaméricain a accepté la médiation demandée par le nouveau chef d’État espagnol, et est intervenu auprès de Hassan II et dans les heures qui ont suivi, un pacte secret a été signé par lequel le Sahara occidental (jusque-là considéré comme la 53e province espagnole) a été cédé.

    L’Espagne a reçu de l’autre côté de l’Atlantique le soutien promis par les USA, mais à seulement 100 kilomètres des îles Canaries, une guerre s’est déclenchée qui est toujours en cours et, ce qui est plus stupéfiant pour la communauté internationale, les Nations unies n’ont pas encore résolu le plus ancien conflit colonial du monde.

    Tlaxcala

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, Front Polisario, CIA, guerre, armée sahraouie,

  • L’Union Africaine noyautée

    Finalement, le retour (à moitié) du Maroc dans les rangs de l’UA (Union africaine), à l’époque OUA (Organisation de l’Union africaine), dont il avait claqué la porte depuis 32 longues années, ne s’est pas opéré sans arrière-pensées, ni manœuvres de coulisses d’une gravité extrême. Des documents exclusifs, dont des échanges de mails entre des cadres du ministère des Affaires étrangères, dont nous nous sommes procuré des copies, révèlent enfin le pot aux roses. Epoustouflant !

    Par Ali Oussi :

    Le Maroc était présent en tant qu’observateur au dernier sommet de l’UA, clôturé ce lundi à Kigali. Il a également formulé officiellement sa demande d’intégrer cette structure. Une demande qui fera qu’il reconnaîtrait de facto la RASD (république arabe sahraouie et populaire), étant donné qu’elle en est membre et que Rabat avait pris la décision d’en claquer la porte pour protester contre cette reconnaissance. Etait-il normal, dès lors, que le Maroc se tirât une balle dans le pied en formulant pareille demande ?

    Des documents, tout aussi exclusifs que confidentiels de 2013 et 2014 révèlent enfin que le Maroc préparait ce retour en coulisses depuis des années, qu’il compte plusieurs complices parmi les pays membres et qu’il n’hésite jamais à mettre la main à la poche pour s’assurer du soutien des pays indécis. C’est ainsi qu’un document de juin 2014 indique que les ambassadeurs du Sénégal et de Côte d’Ivoire étaient à cette époque les informateurs attitrés du Maroc.

    Le cadre qui a rédigé le rapport y indique que » ces entretiens (avec lesdits ambassadeurs) ont permis de savoir que le projet de l’ordre du jour adopté par le comité des représentants permanents ne comporte pas de point concernant la question du Sahara. » Il n’en ajoute pas moins, trahissant ainsi la fragilité de la position marocaine vis-à-vis de l’Afrique concernant sa politique coloniale, que, » malgré cela, il n’y a aucune certitude qu’un rapport distinct concernant le Sahara prévu par la décision de janvier 2013 ne soit présenté par le conseil de paix et de sécurité (CPS) qui est une instance à composition restreinte et dont le commissaire est M. Chergui, un Algérien qui a succédé à Lamamra. C’est un risque toujours d’actualité « .

    Et pour expliciter comme il se doit le peu de cas, voire le mépris, que voue le Maroc à ses pairs du continent, le même document, ironique, ajoute que » le CPS pourrait être utilisé pour éviter un débat au sein du COREP, puisqu’il fait rapport directement à la conférence des chefs d’Etats. En effet, la matrice de la décision de janvier mentionne le CPS comme étant l’organe responsable de sa mise en oeuvre alors que la décision mandate la présidente de la commission.

    Le recours à cette manœuvre de contournement pour escamoter le débat serait non conforme du point de vue procédural, puisque la décision stipule que le rapport sur le Sahara doit être présenté au conseil exécutif (donc, au Corep) par la présidente de la commission. Cependant, l’UA n’étant pas spécialement connue pour son orthodoxie en matière de respect de procédures (Sic !), il n’est pas exclu que le CPS soit utilisé pour atteindre les objectifs qui ne peuvent l’être autrement… « .

    Dans un autre document, daté de juin 2014, on découvre de la manière la plus claire et explicite qui soit comment le Maroc utilise le chantage économique pour acheter la voix du Tchad. Le document cite un ministre tchadien qui se serait exprimé en ces termes : » Il est vrai que le Maroc qui commence à montrer un intérêt économique réel pour le Tchad « …

    Le même ministre, chef de la diplomatie tchadienne à l’époque (rien que ça !), va encore plus loin (pour qui connait la géographie et l’histoire de la région, il est facile de saisir la nature et la gravité du propos) en ajoutant que » nous étions par le passé pris en otage par l’Algérie et par la Libye qui nous guettaient. Aujourd’hui, nous avons une plus grande marge pour agir sur ce genre de question « .

    Durant la même période, un autre document énumère les pays qui soutiendraient la politique marocaine ou ceux qui sont contre, au demeurant, largement majoritaires. C’est donc en vue d’effectuer un travail de lobbying, quitte à faire voler en éclat l’UA, que le Maroc tente aujourd’hui d’en réintégrer les rangs. Preuve en est un mail daté de juin 2014, adressé au chef de la diplomatie marocaine, lui-même, Salah Mezouar, où on découvre même son adresse mail, il est fait état de » travail de lobbying « . Celui-ci, relatif au sommet Afrique-Europe, a consisté à empêché que les pays du continent noir n’imposent à ce sommet les membres de l’UA, et donc de la RASD, au détriment du Maroc. Au lieu de quoi, Rabat, avec ses manipulations, a imposé les Etats africains, donc, le Maroc au lieu de la RASD, non encore reconnu en tant qu’Etat par l’ONU. A la lumière de ces graves révélations, on se rend compte que l’UA vient d’admettre en son sein une dangereuse taupe, une vipère qui n’hésite jamais à mordre pour faire très mal, voire tuer ! Méfiance !

    La Tribune des lecteurs, 20 jui 2016

  • Expanding Sino–Maghreb Relations

    China’s presence in the Maghreb has increased in recent years, raising concerns among Western powers. China has focused on bilateral relations with these countries while also working within the Forum on China–Africa Cooperation (FOCAC) and the China–Arab States Cooperation Forum (CASCF). However, this engagement has limited strategic value compared to relations China has with Saudi Arabia or the United Arab Emirates.

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    Tags : Maghreb, China,

  • LE VIRUS ET LE VIDE AFRICAIN

    par Abdou BENABBOU

    Le mot est lancé : pandémie ! Malgré les timides déclarations rassurantes de l’Organisation mondiale de la santé, la lame du coronavirus continue d’avancer à travers le globe emportant des milliers de morts. La comptabilité morbide s’amplifie et ne semble pas près de s’arrêter. Le phénomène non encore éclairci n’offre plus à la majorité des Etats que le palliatif des recommandations et les oblige à ériger une variété de remparts dans une apparente similitude avec les démêlés des temps très anciens quand la peste ou la grippe espagnole avaient sévi.

    Tous les continents sont touchés par ce curieux tsunami d’un nouveau genre auquel personne ne s’attendait et curieusement seule l’Afrique semble épargnée par cette vague maléfique. Le seul et unique cas de contamination annoncé est égyptien. On a du mal à confirmer que le continent africain a bénéficié de la grâce des dieux pour être épargné et comprendre comment une des plus vastes régions du monde, sans doute la plus faible et la plus vulnérable, a pu être mise à l’abri d’une catastrophe planétaire.

    De rares semblants d’hôpitaux, un désert de médecins et d’infirmiers et des moyens de surveillance et de contrôle de la circulation des personnes dérisoires prédisposaient un continent très en retard à la déferlante biologique actuelle. L’absence flagrante de structures sanitaires, le vide total de praticiens médicaux renvoyaient en toute logique à penser que les Africains seraient les premiers à être touchés.

    S’il faut s’en féliciter bien que le virus n’a pas encore dit son dernier mot, il est permis aussi de tenir compte de deux paramètres importants. D’abord faute de moyens conséquents et à cause des ravages de la misère, la culture africaine privilégie l’arme de la fatalité. Elle étouffe et ralentit ensuite la communication permettant aux dirigeants l’art du mensonge et de la dissimulation pour éviter la panique au sein de leurs populations déjà grandement perturbées.

    Le seul gain de la parade providentielle est celui d’avoir pour le moment soustrait aux différentes extrêmes droites du grain à moudre pour amplifier leur haine de l’étranger et particulièrement celle de l’Africain.

    Le Quotidien d’Oran, 26 fév 2020

    Tags : Virus, coronavirus, Afrique, épidémie, pandémie,

  • Maroc : Le Makhzen s’en prend à Lisa-Léa Westerhoff

    La journaliste française n’est pas du goût du Makhzen. Voici ce que nous avons sur elle dans les courriers confidentiels de la DGED (le commentaire a été rédigé par Abdelmalek Alaoui) :

     

    Lisa-Léa Westerhoff et France 24, une correspondance si particulière

    Certains correspondants de médias étrangers accrédités au Maroc semblent de plus en plus glisser vers une couverture partisane. Une dérive inquiétante qui fait peser des soupçons sur les motivations réelles de journalistes qui sont censés relater de manière factuelle les évènements au Maroc.

    Parmi eux, le cas de Lea-Lisa Westerhoff, correspondante hyper-active et prolifique de France 24 ainsi que de pas moins de 7 médias français, constitue un exemple emblématique pour analyser la nature des risques de dérives journalistiques, parfois motivés par des agendas très personnels.
    En effet, les règles de déontologie les plus élémentaires du métier de journaliste veulent que l’on « dépose ses convictions » au vestiaire lorsque l’on effectue la couverture d’évènements, de surcroit dans un pays étranger. Dans le cas de Mme Westerhoff, cette dernière est tout à la fois correspondante de la chaîne France 24, mais également journaliste pour un journal français partisan (Libération), tout en couvrant le Maroc pour RFI, France Info, ou encore … France Culture, excusez du peu.

    Comment peut-on concilier ces opinions partisanes en écrivant pour un journal français engagé politiquement et la nécessaire objectivité qui sied aux médias publics de l’audiovisuel extérieur de la France  (France 24, ainsi que RFI sont des médias publics français) ? C’est semble-t-il, un exercice d’équilibriste que parvient à réaliser chaque jour la jeune correspondante et sa chaîne France 24, glissant imperceptiblement entre sujets sur le « 20 Février », avant de réaliser un portrait de la « contestation de la jeunesse », tout en affirmant que « les militants ne s’arrêteront pas avant que le régime change ».

    Si la responsabilité de Mme Westerhoff est patente, et que son choix de sujets est , comme nous allons le voir, toujours orienté vers le micro-journalisme, il faut ici souligner que France 24 est également responsable des sujets qu’elle passe et des commentaires exprimés par ses journalistes. En moins d’un mois, plusieurs dérapages majeurs, qui nuisent à l’image de la chaîne, ont ainsi été constatés. L’on aurait pu penser que la crise de la vraie-fausse interview de l’ambassadeur syrien –qui a soulevé une bronca internationale- aurait du pourtant obliger la chaîne à vérifier la qualité de ses intervenants lorsqu’elle organise un plateau ou une interview.

    Cependant, vendredi dernier, voilà que France 24 récidive, en résumant maladroitement et de manière péremptoire le discours royal, à travers l’une de ses journalistes, qui a cru bon de résumer en moins de deux minutes une réforme aussi majeure par une formule réductrice et lapidaire, qui ne fait qu’illustrer sa profonde méconnaissance du droit et de ses subtilités.

    La formidable latitude qui est donnée à Mme Westerhoff au Maroc par France 24 donne l’impression que rien ne se passe dans notre pays, si ce n’est les manifestations d’opposants, qui pourraient faire croire au téléspectateur que le pays est à feu et à sang s’il devait se référer uniquement à la couverture très partiale de cette journaliste. Peu importe que les manifestations n’aient réussi, au mieux, qu’à mobiliser une centaine de milliers de personnes sur une population de 30 millions, cette journaliste n’a d’yeux que pour cette minorité qu’elle a voulu rendre « visible », aidée en cela par les plans serrés des caméras, qui masquent mal la foule clairsemée.

    A ces techniques de couverture, bien connue par les spécialistes de l’info-sensationnalisme, il faut ajouter un décrochage systématique entre l’image, le titre et le contenu. Ceci marque malheureusement la couverture de France 24 et de sa correspondante d’un sceau partisan et idéologique, ce qui pourrait faire penser qu’ils souhaitent tous deux promouvoir l’agenda des mouvements d’extrême gauche marocains, ce qui constitue une ingérence intolérable dans la vie politique marocaine.

    Imaginons maintenant l’inverse. Que diraient les pouvoirs publics français si le correspondant de l’agence officielle MAP ou de la RTM en France se mettait en tête de ne couvrir que les activités de la Ligue Communiste Révolutionnaire ou du Nouveau Parti Anticapitaliste ? Gageons que cette focale exclusive aurait pour effet immédiat un rappel à l’ordre de l’intéressé de la part de sa hiérarchie afin qu’il fasse preuve de plus d’objectivité et qu’il couvre l’ensemble de la vie politique française.

    Au Maroc, il ne se trouve donc pas un seul acteur politique, ni associatif qui trouve grâce aux yeux de France 24 et de sa correspondante, qui n’a eu de cesse de tendre son micro vers le premier manifestant venu ? C’est là un parti pris et une atteinte à la déontologie du métier de journaliste inacceptable, car si Mme Westerhoff a bien entendu le loisir de couvrir les manifestations au Maroc, elle a également le devoir de rendre compte de l’ensemble d’une réalité politique et sociale, autrement plus riche et complexe qu’elle ne veut bien le montrer, confortablement cachée derrière sa carte de presse.

    Pour paraphraser Emile de Girardin, qui, dans une boutade, affirma que ce qui caractérise un « bon journaliste » c’est qu’« (il) ne lit qu’un journal, le sien, et dans ce journal, il ne lit qu’un article, le sien. », l’on peut aisément en déduire que les seuls articles ou sujets que cette correspondante lit ou compulse sur le Maroc sont les siens, avec ce prisme si particulier.

    Plus grave, les écrits ou la couverture de Mme Westerhoff ont pu avoir des conséquences dramatiques, poussant les marocains les uns contre les autres, notamment sur la question du Sahara. En effet, le summum de la couverture partiale aura été atteint à l’automne dernier, lorsque, couvrant les événements dramatiques de Gdem Izik, la correspondante a carrément pris position en faveur des campeurs, reprenant une logorrhée qui ne déparerait pas le site Internet du Polisario, en affirmant : « 35 ans après l’annexion par le Maroc de cette zone, beaucoup se sentent marginalisés sur leur propre terre et des citoyens de seconde classe ». Une phrase à rajouter à de nombreuses autres, qui sonnent toutes comme un crachat sur la tombe des membres des forces de sécurité morts pour la patrie lors du démantèlement de ce camp illégal.

    Plus récemment, la correspondante livre une analyse post-discours royal du 17 Juin qui reflète une absence manifeste de compréhension du texte constitutionnel ainsi qu’une grille d’analyse commune à sa rédaction à France 24. Cette lecture évacue systématiquement les composantes de la société civile et politique marocaine pour ne favoriser que les opposants les plus farouches, et donc aux idées les plus extrêmes.

    Face à ce traitement « si particulier » de l’information, l’on ne peut que se féliciter du sang-froid des pouvoir publics qui, en d’autres temps, auraient peut être réagi autrement, cédant à ce qui pourrait être considéré comme des provocations et non du journalisme. En s’abstenant de réagir, peut être est-ce là la plus belle réponse que fait le Maroc à cette politique du « deux poids deux mesures » de la part de certains médias internationaux qui gagneraient à céder à la tentation de l’objectivité.

    Fiche sur Westerhof:

    Lea-Lisa Westerhoff

    Lea-Lisa Westerhoff est une reporter française qui s’est fait une spécialité de la couverture Maroc. qui collabore actuellement avec au moins 7 médias français : RFI, Le Figaro, France Info, France Inter, France 24, France Culture et Libération !!!.

    Parmi ses contacts sur les réseaux sociaux, on compte Ali Bouabid, Omar Balafrej, Ali Lmrabet, Karim Ben Cheikh (responsable presse de l’ambassade de France à Rabat), Nizar Bennamate & Omar Radi (20fev) , ainsi que divers journalistes comme Aicha Akalay, Ayla Mrabet, Hicham Bennani, Rachid Jankari, Youssef Aït Akdim, Zakaria Choukralah et Zineb Dryef…

    Thématiques

    A ses débuts au Maroc, Lea-Lisa Westerhoff semblait s’intéresser d’avantage à des thématiques d’ordre socio-culturel, à travers notamment des reportages sur des festivals ou des phénomènes de société. Son inflexion vers des sujets plus politiques est survenue avec le dossier Gdem Izik. Après analyse de sa production audiovisuelle et écrite depuis les campements a proximité de Laayoune, il apparait que son traitement de l’actualité marocaine tend à se déséquilibrer progressivement en défaveur du royaume.

    Sahara

    Lea-Lisa Westerhoff a produit des reportages sur place depuis l’intérieur du camp de Gdeim Izik et depuis Laayoune. RFI, 08 novembre : « Certains le surnommaient déjà le camp de la liberté. C’était la plus grande manifestation sociale au Sahara occidental depuis 1975 ». Avant le démantèlement du campement, les reportages présentaient largement les points de vue des manifestants séparatistes, comme le dénommé Bourial, membre du comité d’organisation du campement qui n’a pas hésité à donner aux revendications un caractère purement politique indépendantiste. « cela fait 35 ans que nos droits ne sont pas respectés…comment ça se fait qu’on n’a pas de travail alors qu’on est les habitants autochtones ici…la majorité des gens qui travaillent dans le phosphates sont des marocains  »

    Reportage pour RFI : « 35 ans après l’annexion par le Maroc de cette zone, beaucoup se sentent marginalisés sur leur propre terre et des citoyens de seconde classe ».

    La journaliste a exprimé une position partiale à travers un ton anti-marocain en adoptant des formules du type « 7000 tentes contre le Maroc ». L’opération de démantèlement a été décrite comme un « assaut des militaires marocains contre un camp de contestataires pacifique ». Les reportages sur place de Lea lisa Westerhoff ont de plus dénaturé la réalité des événements en omettant de signaler l’identité des personnes tuées (membres des forces de l’ordre marocains).

    20 février

    Dans la rédaction et la réalisation de ses reportages et articles, Lea-Lisa Westrehoff affiche une proximité certaine avec la mouvance du 20 février. Dans un reportage réalisé pour RFI, intitulé le « Maroc est-il une exception ? » la journaliste a brossé un portrait flatteur de certains activistes, notamment Oussama Khlifi, décrivant un jeune chômeur insensible aux menaces contre sa personne et sa famille. Reportage RFI du 18 mars : « Oussama n’est pas le seul à faire état de menaces, mais il dit ne pas avoir peur. Ne pas écouter sa peur c’est déjà ce qui a motivé le jeune homme à sortir du bois fin janvier… ». Ce reportage est presque entièrement façonné de manière à infirmer la thèse de l’exception marocaine.

    Ses analyses accréditent et légitiment généralement les témoignages d’activistes et militants au détriment des voix institutionnelles ou établies. Il en est ainsi du décès de Kamal Ammari à Safi décrit exclusivement comme un « militant du 20 février » et imputant son décès aux blessures causées par les forces de l’ordre. « jeudi Kamal Ammari, 30 ans du mouvement du 20 février est décédé à l’hôpital après avoir été blessé lors du rassemblement de dimanche dernier à Safi ». Libération 15-06

    Les titres utilisés sont parfois provocateurs et pourraient même prêter à confusion : « Au Maroc, les militants ne s’arrêteront pas avant que le régime change » (Libération 06-06-2011). Léa-Lisa Westerhoff a publié le 20 juin dans Libération un article intitulé « Une nouvelle constitution marocaine en trompe l’œil », annonçant que la réforme renforce le rôle du Premier Ministre « sans vraiment limiter les pouvoirs du Roi » ; elle semble réagir avec ironie à la brièveté de la campagne précédant le référendum : « Sans surprise, quasiment toutes les formations politiques ont applaudi la réforme proposée par le roi et appelé à voter oui au référendum qui sera organisé dans… deux semaines ! »

    Sur France Inter le 19 juin, Lea-Lisa Westerhoff a laissé entendre que les pouvoirs publics favorisaient les contre manifestations : « du jamais vu, impossible pour eux de tenir le rassemblement comme prévu, l’ambiance est électrique, voire violente (…) sans que la police n’intervienne immédiatement (…). La journée d’aujourd’hui est donc un test pour voir à quel point le pouvoir est prêt à tolérer de nouvelles manifestations »

    Les initiatives Royales

    Les discours royaux du 9 mars et du 17 juin annonçant les réformes et des mesures d’accompagnement comme la libération de détenus n’ont pas non plus été traités de manière équilibrée. Principalement, les articles de Lea-Lisa Westerhoff mettent en avant les doutes exprimés par les militants du 20 février quant à l’effectivité de telles mesures. Le caractère novateur des réformes annoncées est relativisé et les mesures présentées comme des réponses à la pression de la rue.

    Reportage RFI du 21 mars : « un lifting de la constitution plutôt qu’une réforme en profondeur qui donne plus de pouvoir au peuple, c’est pour éviter ça que younes Chebi est sorti… »

    La grille d’analyse de la journaliste privilégie généralement dans ses reportages l’hypothèse d’un champ politique marocain dominé par un rapport de force dualiste entre la Monarchie et les mouvements de contestation, évacuant ainsi les autres composantes de la société civile et politique. Les réformes annoncées sont présentée comme « une façon de calmer la révolte, de calmer la colère, sans véritablement résoudre les problèmes profonds ».

    Les mesures de libération de certains détenus présentées officiellement comme une réponse à un mémorandum du Conseil national des droits de l’homme sont décrits comme une victoire des manifestants. Reportage du 14/04 « …sans aucun doute, le contexte régional a joué. Les manifestants réclament depuis plus d’un mois que tous les détenus soient relâchés »

    Le commentaire du dernier Discours Royal du 17 juin va dans le sens d’une lecture minimaliste à travers le prisme réducteur des pouvoirs du Roi : « Ce discours se place dans la continuité plutôt que dans la rupture, le Roi conserve l’essentiel du pouvoir, il garde sa main partout tout est soumis à son veto ».

    La méthodologie suivie pour la réforme constitutionnelle est qualifiée de non transparente, épousant clairement les positions des activistes du mouvement du 20 février.

    Les droits de l’homme

    Les reportages de Westerhoff se focalisent également sur l’état des droits de l’homme dans le Royaume en décrivant souvent des cas de « répression » à travers des couvertures biaisées de certains événements. Un reportage RFI en date diffusé le 14 mars a présenté exclusivement les déclarations de personnes présumées victimes de la répression. Reportage du 14 mars sur RFI : « pacifique et pourtant des dizaines de personnes ont été frappées au visage à coups de matraque. Trois jours Mohammed VI a promis une nouvelle étape dans la démocratie» Le comportement des forces de l’ordre est analysé à l’aune des promesses de réformes annoncées par SM Le Roi de manière à relativiser les avancées démocratiques.

    Au-delà des mouvements de contestation, d’autres thèmes ont été approchés dans le même esprit. Un reportage sur la disparition de Houcine Manouzi a été l’occasion d’établir la persistance de ces pratiques « le plus inquiétant selon Jawad Skalli représentant de l’ONG Vérité et justice, c’est que ces pratiques existent toujours, Jawad Skalli : « les composantes de la disparition forcée sont toutes présentes, les gens sont arrêtés par des gens en civil, on sait qu’ils appartiennent à la DST, ils les emmènent dans des lieux qui ne sont pas des lieux de détention connus ». commentaire Westerhoff : seule différence avec les années 70, les personnes arrêtées réapparaissent après quelques semaines mais non quelques années…la loi antiterroriste qui permet ce genre de dérives

    Le commentaire de la libération de K. Tehrzaz est l’occasion pour jeter le doute sur le procès « cette lourde condamnation a toujours été une sorte d’énigme ». les raisons de la grâce Royale sont qualifiée de « politiques » mais aussi « énigmatiques »

    Tags : Léa-Lisa Westerhoff, Maroc, DGED, presse, journaliste, Gdeim Izik, Sahara Occidental,

  • Maroc : Le professeur Jean-Pierre, engagé par la DGED pour écrire un article

    Jean-Pierre Massias est professeur de droit public à l’Université de Pau et des pays de l’Adour, doyen honoraire de la faculté de droit, spécialiste des transitions démocratiques et de la justice transitionnelle, professeur de droit public. Il est aussi spécialiste du processus de paix au Pays Basque sur lequel il a écrit trois livres :

    -Faire la paix au Pays Basque, 2011

    -Victimes et poseurs de bombes : un dialogue basque, 2013

    -Sur la route… de la société civile dans la construction de la paix au Pays Basque, 2017

    En juin 2011, il a été contacté par Abdelmalek Alaoui pour la rédaction d’un article qui encense le pouvoir marocain. Il répond en demandant pour le prix. Voici le texte de son mail :

    En fait il faudrait que je voie si la Montagne me la prend… mais il faut que je leur parle today

    De : karim karimi [mailto:karim.karimi15@gmail.com]
    Envoyé : mardi 21 juin 2011 10:03
    À : Abdelmalek Alaoui
    Objet : Re: URGENT/tribune massias

    Salut,

    J’en ai encore parlé à nos amis outre-méditerranéen, hier. Ils me semblent encore évasifs. Ils m’ont promis qu’ils allaient la diffuser. Mais je ne crois que ce que je vois, comme Saint Thomas.

    As-tu une autre possibilité ? auquel cas, on envoie nos amis paître !

    Amitiés

    Le 21 juin 2011 10:53, Abdelmalek Alaoui <a.alaoui@global-intel.com> a écrit :

    Tu as une réponse pour la tribune de Massias? CF message ci dessous

    —–Message d’origine—–
    De : Jean-Pierre Massias [mailto:jean-pierre.massias@univ-pau.fr]
    Envoyé : mardi 21 juin 2011 09:48
    À : Abdelmalek Alaoui
    Objet :

    Cher Abdelmalek,
    je reviens vers vous à propos de la tribune pour en connaitre les
    perspectives de publications et pour la suite (forme du paiement,
    perspective de colloque ou d’ouvrage sur la nouvelle constitution).
    Dites moi vos préférences et vos disponibilités
    bien à vous
    jean-pierre

    Le 25 novembre 2011 il participe en tant qu’observateur aux élections législatives. Trois jours plus, il en parle dans un article publié sur Le Nouvel Obs intitulé “Maroc : des élections synonymes de reconstruction démocratique”.

    Maroc : des élections synonymes de reconstruction démocratique

    LE PLUS. Les islamistes modérés du Parti justice et développement (PJD) ont remporté les législatives du 25 novembre au Maroc avec 107 sièges sur 395. Jean-Pierre Massias, observateur international, a constaté sur place les motivations des électeurs.

    Les élections législatives au Maroc ont donc rendu leur verdict : à l’issue du vote, où plus de 45% des électeurs se sont rendus aux urnes, c’est le Parti de la Justice et du Développement (PJD, islamiste modéré) qui arrive largement en tête et au sein duquel, du fait des dispositions de la nouvelle constitution, sera choisi par le roi le nouveau chef de l’exécutif.

    Toutefois, au delà de ce constat, une réalité bien plus complexe s’impose. En effet, observer de l’intérieur le processus électoral permet également, par la plongée dans le quotidien politique que suppose cet exercice, de compléter ses connaissances et de partager, au fil des conversations et des rencontres, un certain nombre de réalités souvent négligées.

    Ainsi, ce jour de vote, pour l’observateur international que j’étais, c’est une réalité plus originale de la démocratisation marocaine qui s’est parfois fait jour et qui mérite d’être prise en compte.

    Cette originalité s’exprime d’abord par ses contradictions.

    Avant ces élections, le risque était d’abord celui de l’abstention et donc de l’indifférence populaire. Celle-ci aurait été d’autant plus délicate qu’elle aurait été immanquablement mise en perspective avec la participation massive lors des législatives tunisiennes organisées quelques semaines auparavant. Ce risque était d’autant plus réel que le scrutin de 2007 avait été marqué par une abstention record.

    A cet égard, les 45 % de participation ont été considérés positivement par les observateurs. Témoignant d’une progression sensible au regard de 2007, ce rebond électoral témoigne que de nombreux électeurs en dépit des appels au boycott ont compris l’échéance de novembre pour ce qu’elle était, c’est-à-dire l’amorce d’une reconstruction du processus démocratique après l’adoption de la nouvelle constitution de juillet dernier.

    Ce sentiment a d’ailleurs été maintes fois exprimé autour des bureaux de vote par de nombreux électeurs. “Pourquoi voter ? Les parlementaires n’ont pas de pouvoirs et les partis ne tiennent aucune de leurs promesses. Avec eux rien ne change…”

    Ces paroles d’électeurs anonymes sont d’ailleurs très significatives de la réelle portée de cette participation encore timide : celle-ci, bien plus que la volonté de démocratisation, conteste directement la crédibilité des partis politiques et de l’institution parlementaire dont l’image bien peu flatteuse au sein de la société marocaine explique véritablement la portée de cet abstentionnisme.

    A cet égard, l’originalité du processus transitionnel marocain tient aussi de ces paradoxes.

    En effet, au-delà de ces difficultés, c’est bien la réalité humaine du processus démocratique qui s’est imposée aux témoins de ces élections. Au-delà des interrogations sur les “pressions” présumées subies par les partisans du boycott, aucune malversation n’est apparue lors du scrutin.

    Dans l’ensemble des bureaux de vote, les personnes responsables faisaient preuve d’une grande implication et de réelles compétences. Les membres, souvent jeunes, des formations politiques présentes s’impliquaient pleinement dans leur fonctions. Si des cafouillages purent avoir lieu, ces difficultés – qui réduisirent la participation effective contre les intérêts du gouvernement organisateur – ne furent pas de nature à remettre en cause la sincérité d’un processus électoral où, – il convient de le rappeler –, la formation victorieuse ne soutenait pas le gouvernement en place avant les élections.

    Si le processus électoral a pu parfois pêcher, c’est bien plus par son organisation et sa complexité (plus de trente formations en lice sur le même bulletin de vote comportant deux scrutin), que par manque de sincérité.

    Désormais, c’est une nouvelle étape qui s’ouvre et qui sera capitale pour la construction démocratique au Maroc. Tous les acteurs vont donc se trouver impliqués dans un processus où chacun devra pleinement assumer ses responsabilités dans le double contexte des révolutions arabes et de la récente reforme constitutionnelle.

    C’est dire l’importance de la période qui s’ouvre. Pour mener à bien leur tâche, les acteurs politiques devront sans doute garder à l’esprit cette réflexion d’un électeur – pourtant critique – qui confiait que, même si on citait toujours en exemple l’Espagne ou le Portugal, “il n’y avait aucune raison que le Maroc n’accède pas lui aussi un jour à ce niveau démocratique…”

    Tags : Maroc, élections, printemps arabe, Jean Pierre Massias,

  • L’avenir du Congo est insulté

    Le Congo cessera-t-il un jour de nous indigner ? A satiété, les meilleurs auteurs ont dénoncé les abus de la colonisation, le portage, le travail forcé…

    Les crimes politiques et les violences qui ont accompagné une indépendance mal préparée ont été longuement analysés, y compris au sein d’une commission d’enquête parlementaire.

    La dictature de Mobutu, sur laquelle l’Occident a fermé les yeux durant trois décennies a fini par disparaître dans l’opprobre général. Les guerres qui ont suivi, dévastant l’Est du pays, n’ont pas encore livré tous leurs secrets : guerres menées par les voisins, conflits ethniques, captation des ressources comme le coltan.

    Les crimes commis dans les deux Kivu n’ont même pas encore été jugés et à Beni, les morts se comptent toujours par dizaines. Malgré les carences de la justice et l’impuissance de la communauté internationale, on croyait tout savoir des souffrances du Congo, souvent incarnées par le viol des femmes et le recrutement des enfants soldats. Eh bien non. Force est de constater, la rage au cœur, qu’on ne savait pas encore tout.

    La confirmation du scandale nous frappe au visage comme un coup de poing : l’avenir lui aussi est insulté, hypothéqué. L’exploitation minière qui devrait permettre le développement des générations présentes se révèle une bombe à retardement pour les générations futures.

    Au Katanga, où les mines devraient servir à construire des routes, des écoles, des hôpitaux, alimenter le budget de l’Etat et permettre le décollage, elles font la fortune des grandes sociétés et se révèlent un fardeau pour l’avenir.

    Le Congo certes, a toujours possédé les ressources dont le monde avait besoin, qu’il s’agisse du cuivre, de l’uranium, du coltan et aujourd’hui du cobalt et du lithium. Mais non seulement ces pactoles successifs n’ont jamais bénéficié aux populations congolaises, aujourd’hui c’est l’avenir lui-même qu’elles hypothèquent. Car ces minerais qui devraient nous assurer une énergie propre et nous libérer de notre dépendance au pétrole, se révéleront peut-être un poison pour les Congolais eux-mêmes, soumis aux radiations, victimes de la contamination de leurs sols, de la mort clinique de leurs rivières, sans parler des menaces qui pèsent sur la forêt tropicale, réservoir de biodiversité !

    Si l’avenir est ainsi hypothéqué, ce n’est cependant pas à cause des ressources naturelles elles mêmes, qui auraient pu être une source de richesse partagée.

    Le véritable ennemi du Congo, qui risque de le détruire, c’est une fois de plus, l’avidité d’un monde obnubilé par le profit immédiat et dominé par les « majors » qu’elles soient occidentales et aujourd’hui chinoises. C’est aussi la complicité des élites nationales, au plus haut niveau du pouvoir, allègres partenaires du pillage ou vilipendées dès lors qu’elles veulent modifier les termes de l’échange.

    Tags : Congo, RDC, République Démocratique du Congo, mines, coltan, cobalt, multinationales, prédation,

  • NASDAQ : Le Maroc gêné par la présence de Cécilia Sarkozy

    Reporting événement NASDAQ New York

    La présentation de l’économie marocaine à New York a été marquée par plusieurs moments forts et a connu un certain succès, du en partie à l’organisation impeccable ordonnancée par Richard Attias. Parmi les éléments saillants, nous notons une présence importante de la communauté marocaine active dans les secteurs financiers à New York. Cette dernière relaie les mêmes reproches aux pouvoirs publics marocains que les autres communautés (prix des billets d’avions, non représentativité des instances des RME etc.), mais est beaucoup moins politisée et souhaite participer à la construction économique du pays, à travers les différents secteurs présentés lors de cette conférence tenue au Plaza. Elle regarde les événements au Maroc en s’intéressant fortement à la dynamique constitutionnelle, et a profité des questions à la salle pour interpeller le ministres présents sur ce sujet.

    Il est à noter également que la communauté juive marocaine vivant à New York était très présente et a échangé avec les capitaines d’industrie marocains, exprimant son souhait de s’investir plus au Maroc.

    Au niveau des entrepreneurs marocains présents, l’on notera le peu d’implication et de dynamisme des acteurs représentés à New York, ce qui tranche avec le volontarisme affiché et réel des représentants des pouvoirs publics.

    La venue de Cécilia Sarkozy a suscité la curiosité des participants et des médias présents. A cet égard, nous avons sensibilisé les médias nationaux sur le fait qu’il ne faut pas que l’ex première dame apparaisse sur les images, pour deux raisons essentielles :

    • Ne pas projeter le Maroc comme un vassal de Paris

    • Ne pas créer de frictions inutiles avec l’Elysée

    Le message a été reçu par les différents médias nationaux et devrait être appliqué.

    Néanmoins, la présence très marquée de l’ex première dame à des événements tels que celui ci pourrait, à l’avenir, poser un certain nombre de problèmes avec les autorités françaises.

    Au niveau du fond, nous avons été très surpris de constater que M. Mezouar a annoncé la date du 7 octobre pour les élections législatives ainsi que le 30 juillet pour le référendum. M. Mezouar est désormais entré résolument dans un calendrier politique, et semble faire campagne à travers cette plateforme qu’a constitué l’événement du NASDAQ.

    Tags : Maroc, NASDAQ, économie,

  • Maroc : D’où vient le riad du couple DSK-Sinclair?

    De notre envoyé spécial Boris Thiolay

    DSK et Anne Sinclair ont acheté ce petit palais du XIXe siècle en octobre 2000 pour un peu moins de 500 000 euros. Avant d’y entreprendre d’importants travaux. L’Express dresse l’histoire de cette demeure.

    A 500 mètres de la célèbre place Jemaa el-Fna, le quartier Sidi Mimoun est un havre de tranquillité. Après avoir longé le palais du roi Mohammed VI, gardé par des sentinelles en uniforme d’apparat, il faut s’enfoncer dans l’une de ces ruelles tortueuses de la médina de Marrakech. Des gamins tapent dans un ballon et interpellent gaiement quelques touristes égarés. A côté de la mosquée, une façade discrète, peinte en rose et blanc. Seule la hauteur de la porte en bois, à double battant, permet de supposer qu’elle s’ouvre sur une riche demeure traditionnelle, dotée d’un patio, avec fontaine et jardin arboré.

    Depuis la rue en impasse, orientée au sud, impossible de savoir jusqu’où s’étend cette propriété. Mais c’est bien ici que se trouve l’entrée du riad où Dominique Strauss-Kahn et Anne Sinclair viennent se reposer, deux ou trois fois l’an, en famille. Ils y reçoivent à l’occasion les barons de la “Strauss-Kahnie” – Jean-Christophe Cambadélis, Jean-Paul Huchon -, les conseillers en communication Stéphane Fouks et Ramzy Khiroun, et les vieux amis: l’avocat Jean Veil, le chanteur Patrick Bruel, le journaliste Michel Field ou le philosophe Bernard-Henri Lévy, propriétaire de l’immense palais de la Zahia, deux pas plus loin.

    Bien sûr, ces rares privilégiés sont d’une discrétion exemplaire sur le logement du couple DSK-Sinclair. Ce qui a pour effet d’alimenter la machine à fantasmes: ce riad -le jardin, en arabe- serait digne d’un “conte des Mille et Une Nuits”, avec son immense parc et son labyrinthe d’alcôves toutes plus luxueuses les unes que les autres…

    La résidence sert de “base arrière” à Dominique Strauss-Kahn et à son épouse, qui viennent s’y reposer plusieurs fois par an.

    Anne Sinclair précise régulièrement qu’elle a acheté ce petit bijou grâce aux indemnités de départ que TF1 lui a versées. Dans un ouvrage paru en 2006, Dominique Strauss-Kahn fournissait une autre explication: “Anne possédait une maison à Valbonne, dans le Midi. […] Elle l’a revendue pour acheter, il y a cinq ans, un riad au coeur de Marrakech. Tout était à refaire. Il n’y avait ni eau ni électricité. Aujourd’hui, c’est parfait. Marrakech, c’est ma base arrière.”

    Dans le voisinage immédiat, personne ne semble connaître l’identité des propriétaires actuels. Cependant, le vénérable Mohamed, qui tient depuis des lustres une petite échoppe, se souvient que “la maison a changé plusieurs fois de mains. Autrefois, elle était habitée par une grande dame de Marrakech”. D’ailleurs, tout le monde ici connaît la demeure sous le nom de Dar Cherifa: littéralement, la maison d’une femme noble, appartenant à la famille royale, et descendant en ligne directe du prophète Mahomet…

    Un jardin très secret pour un véritable rêve d’Orient

    Une résidence princière, donc. Certes, la famille Strauss-Kahn-Sinclair n’est pas la plus somptueusement lotie au sein des happy few européens de Marrakech. Un ancien secrétaire d’Etat français, Thierry de Beaucé, exploite, en compagnie d’un associé, un hôtel de luxe avec jardin, sur 3500 mètres carrés. Un héritier de la maison Hermès possède un riad pharaonique, avec piscine sur le toit et ascenseur. Mais la demeure marrakchie d’Anne Sinclair et de DSK a d’autres charmes: plus que d’un riad, ils jouissent en fait d’un “petit” palais du XIXe siècle. Un jardin très secret, dont l’histoire, l’emplacement et la valeur composent un véritable rêve d’Orient.

    “Ils ont fait une très bonne affaire”, commente malicieusement un Marrakchi, fin connaisseur du business des riads de luxe.

    Le premier occupant dont la tradition a retenu le nom fut le cadi Si Mustapha, l’un des quatre principaux juges de Marrakech. L’homme, expert en droit musulman, épouse une parente du sultan Hassan Ier, qui régna de 1873 à 1894. C’est ainsi que la demeure a acquis ses titres de noblesse. C’est aussi ce qui explique sa situation géographique, à proximité du mausolée de Youssef ben Tachfine, le fondateur de Marrakech, de la grande mosquée de la Koutoubia et du palais royal.

    Transmise au fil des générations, elle est enregistrée pour la première fois au cadastre en avril 1944, sous la dénomination de “riad Moulay Abdallah”. Superficie au sol: 1270 mètres carrés. Elle vaut alors 51 200 dirhams, une petite fortune à l’époque. Après la mort, en 1988, de Lalla Aïcha, une descendante de Si Mustapha, les héritiers décident de s’en séparer. Un entrepreneur juif marocain en fait l’acquisition un an plus tard, pour la somme de 1,9 million de dirhams (167 000 euros). La propriété comprend huit pièces, plus un salon et une cuisine, ouvrant sur deux patios avec jardins.

    Durant les années suivantes, l’ensemble change encore deux fois de propriétaire. En 1997, il devient le pied-à-terre de Laura Gomez, ex-femme de Kyle Eastwood, le fils du grand Clint. C’est finalement le 30 octobre 2000 qu’Anne Hélène Sinclair et Dominique Gaston Strauss-Kahn l’achètent. Selon un document marocain officiel que L’Express a pu consulter, Madame possède neuf dixièmes des parts. Montant de la transaction: 5,5 millions de dirhams (moins de 500 000 euros). “Ils ont fait une très bonne affaire”, commente malicieusement un Marrakchi, fin connaisseur du business des riads de luxe.

    Une vue imprenable sur le minaret de la Koutoubia

    Combien vaut une telle propriété aujourd’hui? “Tout dépend des travaux de rénovation effectués, indique un agent immobilier français installé dans la ville ocre. Quoi qu’il en soit, une demeure de cette dimension, dans la médina, est extrêmement difficile à trouver aujourd’hui. Même à rénover entièrement, ce genre de bien ne se négocie pas à moins de 3 millions d’euros.”

    Les travaux d’embellissement ont d’autant plus dopé la valeur de ce petit palais qu’ils ont été effectués dans les règles de l’art. Le couple a fait appel aux meilleurs artisans locaux pour restaurer à l’identique les plafonds en cèdre, les stucs et les zelliges, ces petits carreaux colorés d’argile émaillée dont on décore le sol et les murs. Le chantier a duré environ 18 mois. A ce propos, un témoin rapporte une scène cocasse : “En 2002, on a apporté le permis d’habiter au maire de Marrakech, pour qu’il le signe de toute urgence. Ce qu’il a fait, le parapheur posé sur le capot d’une voiture garée devant l’hôtel de la Mamounia.”

    L’aile nord de la propriété borde un terrain en friche convoité par les promoteurs. Mais les projets immobiliers y sont tous refusés.

    Que cachent réellement les grandes portes du riad? L’entrée, encadrée par deux colonnes de marbre, débouche sur une première cour intérieure, bordée, sur deux côtés, d’appartements de plain-pied. C’est l’endroit réservé aux invités. Le tout est embelli par une végétation luxuriante, à l’ombre d’un énorme palmier. Au-delà de cet espace doté d’une piscine, on pénètre dans la demeure proprement dite. Les salons et appartements du couple se distribuent au rez-de-chaussée et à l’étage, sur quatre côtés, autour d’un deuxième patio intérieur. Là, une fontaine centrale, des parterres de cyprès, orangers, bananiers et rosiers apportent fraîcheur et agrément. L’ensemble est chapeauté par une grande pergola.

    Dans son riad -symbole du paradis sur terre dans la tradition arabo-musulmane-, le couple ne risque pas d’être dérangé par de nouveaux voisins. L’aile nord de la propriété est longée par un vaste terrain en friche très convoité par les promoteurs immobiliers, car proche de lieux prestigieux (Mamounia, mausolée, etc.). Mais tous les projets sont systématiquement refusés. Surplombant cet étrange no man’s land, un balcon couvert, à l’angle du riad, offre une vue imprenable sur le minaret de la Koutoubia. Lors de ses séjours à Marrakech, accoudé à la balustrade, peut-être DSK songe-t-il à un autre palais.

    L’Express, 11/05/2011

    Tags : Maroc, Marrakech, DSK, Anne Sinclair, tourisme sexuel,