Blog

  • Maroc : Le Makhzen dissimule sa brouille avec la France

    Après s’être battu contre l’Algérie, la Mauritanie et l’Espagne, les relations du Maroc avec la France se trouvent en crise. La raison ? Difficile à savoir, puisque les deux parties tentent de dissimuler le froid traversée par leurs relations.

    En 2014, Paris et Rabat ont connu une situation semblable suite à la décision de la justice française d’interroger Abdellatif El Hammouch car il est visé par plusieurs plaintes pour torture et complicité de tortures par plusieurs associations et ressortissants franco-marocains.

    Le Makhzen suspend aussitôt sa coopération judiciaire avec la France et remet en cause de nombreux accords bilatéraux.

    A Paris c’est l’affolement aux Affaires étrangères qui vont tout faire pour débloquer cette situation.

    Le 31 janvier 2015 un nouvel accord sur la coopération judiciaire, quasi secret, est signé. Selon Le Canard Enchaîné vient, pour qu’il n’y ait plus d’affaire comme celle concernant Hammouchi, chacun des deux pays doit immédiatement informer l’autre des procédures et des faits pénalement punissables. Les plaintes déposées en France contre un marocain doivent être transmises sans délai à Rabat, et inversement. Il appartiendra au pays concerné de décider des suites à donner, soit l’ouverture d’une procédure, soit son renvoi dans l’autre pays. Ainsi le pays concerné pourra décider unilatéralement la « clôture » du dossier. Les magistrats saisis du cas Hammouchi n’ont plus qu’à classer le dossier. »

    Jusqu’à présent la France s’est incliné devant le Maroc pour des raisons économiques et stratégiques. Cependant, avec la configuration de la situation mondiale, au Sahel notamment, Paris est contraint de changer de politique. La nouvelle configuration exige l’amélioration des relations avec l’Algérie, ce qui implique la résolution du conflit du Sahara Occidental qui empoisonne l’atmosphère entre Al Mouradia et l’Elysée.

    Selon des experts, le roi du Maroc fait la tête parce que la France n’est plus en mesure de soutenir la position du Maroc sur le contentieux sahraoui, notamment au Conseil de Sécurité.

    Ainsi, le statu quo tant défendu par le Maroc a fini par se retourner contre lui. La France lui tourne le dos et l’Algérie a repris sa position de puissance et son poids dans l’échiquier régional. Acculé par sa politique de chantage et de fait accompli, le Makhzen se retrouve seul. Même ses pseudo-démocrates ne peuvent s’envoler à son secours.

    Tags : Maroc, Sahara Occidental, France, ONU, Makhzen,

  • Quand l’ex-directeur d’Al Jazeera accusait le Maroc d’avoir «soutenu le terrorisme en Algérie»

    Dans un message publié sur son compte Twitter, l’ex-directeur de la chaîne d’information qatarie Al Jazeera, Yasser Abou Hilalah, a accusé le Maroc d’avoir soutenu le terrorisme en Algérie durant la décennie noire des années 1990. Il a également indiqué que les deux pays ruinaient leurs capacités en se faisant indirectement la guerre par procuration en soutenant le Front Polisario pour l’Algérie et les berbères pour le Maroc.

    «Le Maroc est impliqué dans l’appui au Groupe islamique armé (GIA)», écrit-il sur son compte Twitter.

    Selon l’ex-patron d’Al Jazeera, rapporte l’agence russe Sputnik, les deux pays se font «une guerre d’usure».

    «Il est inutile de demander pardon. L’Algérie soutient les extrémistes sahraouis et le Maroc défend les amazighs», souligne-t-il, indiquant que «les deux nations pourraient mettre fin à la problématique à travers le respect de la diversité culturelle».

    Tout en rappelant que l’Algérie ne soutient pas “les extrémistes sahraouis” tel qu’indiqué dans le twit d’Abou Hilala, elle soutient le Front Polisario, le mouvement de libération du Sahara Occidental reconnu par l’ONU comme seul et unique représentant du peuple sahraoui avec lequel le Maroc est contraint de négocier.

    Avec cette déclaration, l’ancien directeur d’Aljazeera a jeté un énorme pavé dans la mare du Makhzen connu pour ses accointances avec les organisations terroristes au Proche Orient, au Sahel et en Europe où tous les terroristes qui ont perpétré les derniers attentats étaient des dealers de haschich marocains manipulés par la DGED. Le haschich étant justement une des principales raisons de la fermeture des frontières, étant donné qu’il fait partie des sources des finances des mouvements terroristes.

    Tags : Maroc, MUJAO, terorisme, décennie noire, Layada, GIA, FIS,

  • Les millions de DSK et le Brexit…

    « Ce que je vois aujourd’hui me désespère un peu, moi qui ai consacré beaucoup de ma vie à ce travail. Je crains que l’Europe aujourd’hui ne soit en train de passer en seconde division. » (Dominique Strauss-Kahn, JDD le 12 octobre 2019).

    Le procès de François Fillon, prévu le 24 février 2020 et reporté ce mercredi 26 février 2020 pour cause de grève des avocats, fait penser à un autre candidat à l’élection présidentielle, soi-disant favori lui aussi, qui a été empêché de se présenter. C’était le 14 mai 2011 : Dominique Strauss-Kahn, homme le plus populaire de France, imposant Directeur général du Fonds monétaire international (FMI), devait gagner l’Élysée l’année suivante sur un plateau d’argent (comme Édouard Balladur en 1995 et Alain Juppé en 2017). Il était tellement sûr de lui que cela ne le gênait pas d’être vu à Paris en compagnie de son épouse au volant de la Porsche Panamera d’un ami (son conseiller en communication), alors qu’on reprochait déjà à Nicolas Sarkozy de fréquenter un peu trop les “riches”. DSK, lui, fréquentait surtout les chefs d’État et les patrons de grandes multinationales et allait déclarer sa candidature présidentielle le 28 juin 2011 (selon une indiscrétion de BFM-TV).

    L’affaire du Sofitel (qui fit le bonheur de François Hollande) a définitivement discrédité Dominique Strauss-Kahn et même si aujourd’hui, il en est ressorti sans condamnation (comme après d’autres affaires dont celle, sordide, du Carlton de Lille), sa capacité à rebondir dans la vie politique française est complètement nulle. Qu’importe, puisque DSK a choisi une autre vie.

    Il est devenu un homme d’affaires et un financier. Certes, il a parfois mal choisi ses associés, son alliance avec l’un d’eux a terminé par le suicide d’un escroc qui a volatilisé 100 millions d’euros de plus de 150 créanciers, dont 1 million de la propre poche de l’ancien ministre. Cependant, ses relations internationales lui ont permis de proposer ses services dans différents pays, notamment en Chine, en Serbie, en Russie, au Soudan du Sud, au Togo, à la République du Congo, etc.

    L’hebdomadaire “L’Obs” a sorti ce mardi 25 février 2020 une enquête sur ce qu’est devenu Dominique Strauss-Kahn et il en a déduit qu’il était actuellement millionnaire. En effet, dans ses recherches, celui qui habite désormais à quelques kilomètres de Marrakech, serait “heureux”, “libre” et “riche”. Il n’aurait jamais été aussi riche. Les journalistes du magazine ont ainsi pu vérifier dans les registres du commerce de Casablanca que l’entreprise de Dominique Strass-Kahn, l’unique actionnaire, affichait un bénéfice cumulé de plus de 20 millions d’euros entre 2013 et 2018 et que lui-même avait une rémunération d’un patron du CAC40, à savoir plus e 5 millions d‘euros annuels.

    Faut-il le fustiger pour cela ? J’imagine qu’en France, on serait tellement jaloux qu’on voudrait le mettre au pilori pour cause de trop grande réussite pécuniaire. Pourtant, qu’un éminent spécialiste de l’économie internationale, dont les compétences n’ont jamais été réfutées par personne (ce qui fait que son affaire de mœurs est un grand gâchis pour le personnage mais aussi pour beaucoup d’institutions), puisse gagner très largement sa vie en créant et dirigeant une entreprise est plutôt rassurant. En effet, les économistes sont souvent des “praticiens non pratiquants” de l’économie et en plus, ils se trompent souvent. Là, au moins, il est capable de faire gagner une entreprise, et cela malgré quelques choix hasardeux (comme un mauvais associé, déjà écrit plus haut).

    En revanche, même s’il est très discret sur le plan politique, Dominique Strauss-Kahn, le symbole de la mondialisation et un chaud partisan de la construction européenne, considérant que l’Union Européenne a pour but d’être un interlocuteur économique fort dans la planète qui s’organise, a laissé entendre qu’il était heureux du Brexit. Au point que le Huffingtonpost a titré le 13 octobre 2019 : « Dominique Strauss-Kahn se définit comme un “brexiter” ». Serait-il bojolien ?

    Dans une interview accordée au “Journal du dimanche” le 12 octobre 2019, DSK a effectivement précisé sa pensée sur le Royaume-Uni : « C’est très bien que les Anglais fassent leur chemin de leur côté (…). Une bonne partie de la difficulté de construction de l’Europe depuis quarante ans est liée à la présence de nos amis britanniques, qui n’ont jamais voulu jouer le jeu. ». Au moins, c’est dit avec grande franchise, mais ce n’est pas sûr que ce discours débridé aurait été le même s’il était resté dans la vie politique.

    Mais peut-on encore entendre DSK ? Certainement pas. Il est inaudible. Sa parole est définitivement dévaluée et la seule chose qui peut lui rester, c’est de rester discret et de se fondre dans l’anonymat national, même si je ne doute pas que la raison des bénéfices et des millions qu’il accumule aujourd’hui est liée à sa notoriété dans le domaine de l’expertise économique (dont il est, rappelons-le quand même, un docteur et un agrégé).

    Quant à s’investir personnellement dans le monde des affaires après la fin de leurs illusions élyséennes, Dominique Strauss-Kahn n’est pas le seul puisque Dominique de Villepin, Nicolas Sarkozy et François Fillon, parmi d’autres, l’ont imité…

    Sylvain Rakotoarison (25 février 2020)

    Tags : Maroc, DSK, Nicolas Sarkozzy,

  • Aminatou Haidar rencontre la commissaire onusienne des droits de l’homme

    Aminatou Haidar a rencontré ce matin la Haut Commissaire des Nations Unies pour les droits de l’homme, Michelle Bachelet, pour discuter de la grave situation au Sahara occidental.

    Lors de sa rencontre avec Mme Bachelet, la militante sahraouie a dénoncé l’absence d’une composante de surveillance des droits de l’homme dans le mandat de la MINURSO et a exhorté l’ONU à envoyer une mission technique pour surveiller les droits humains au Sahara occidental.

    Après cette rencontre, Aminatou Haidar a exprimé, dans un twit, son espoir de voir son message transmis à la responsable onusienne « soit bien entendu et qu’ il contribue à la mise en place d’actions et mesures concrètes au champs des droits humains aux territoires occupés du Sahara Occidental ».

    Pour rappel, un hacker dénommé Chris Coleman a dévoilé comment les services de ce commissariat était noyautés par la diplomatie marocaine à travers un haut fonctionnaire suédois dénommé Anders Kompass.

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, MINURSO, ONU; droits de l’homme, Michelle Bachelet, OCDH,

  • Maroc : Il y a 13 ans, Lalla Salma donnait naissance à son deuxième enfant

    Le 28 février 2007, la princesse Lalla Salma, épouse du roi du Maroc Mohammed VI, donnait naissance à leur deuxième enfant. Une petite fille, la princesse Lalla Khadija, venait agrandir leur famille. Le couple royal avait déjà un fils, le prince Moulay El Hassan, né le 8 mai 2003.

    La petite princesse Lalla Khadija, la fille du roi du Maroc Mohammed VI et de la princesse Lalla Salma, a fêté ce mardi son 13e anniversaire et le 3ème anniversaire qu’elle fête en l’absence de sa mère, la princesse Lalla Salma.

    L’ambiance est gâchée par l’absence de la mère de Lalla Khadija. Elle ne pourra dissimuler sa tristesse de ne pas avoir à ses côtés celle qui l’a engendrée et qui lui a donné toute la tendresse des mères. Pire encore, probablement, elle ne sait rien sur le sort d’elle. Depuis sa disparition, personne ne peut confirmer qu’elle vit encore. Le palais royal n’a pas été en mesure de donner des preuves crédibles que attestent que Lalla Salma est encore en vie et en liberté. Selon certaines rumeurs, elle serait enfermée dans un des palais de Mohammed VI, pendant que les racontars populaires prétendent qu’elle est décédée d’une balle tirée par sa belle-sœur Lalla Hasna.

    Au Maroc, un silence entoure la disparition de celle qui a été appelée « princesse fantôme » parce qu’elle apparaît et disparaît sans laisser aucun trace ni photo de son passage. La presse parle sans l’avoir vue.

    Lalla Salma fait du nouveau groupe de têtes royales qui ont décidé de se révolter contre leur situation dans leurs prisons dorées. Elle n’est pas la seule à avoir disparue. En Thaïlande, une des ex-femmes du roi Maha Vajiralongkorna a fui le pays après le divorce, tandis qu’une autre – dont les parents ont été arrêtés et emprisonnés – se cache. Aux richissimes Emirats Arabe Unis, la belle Haya de Jordanie a échappé des griffes de l’Emir d’Abou Dhabi, connu pour sa cruauté envers ses deux filles emprisonnées pour tentative de fuite. Elle se trouve actuellement à Londres et a entamé un procès pour la garde de ses enfants.

    Avec Lady Di, Meghan Markle et Haya de Jordanie, Lalla Salma fait partie de la nouvelle tendance de liberté qui a envahi les palais de leurs majestés les rois despotiques.

    Tags : Maroc, Mohammed VI, Lalla Salma, Lalla Khadija, anniversaire, Lady Di, Meghan Markle, Haya de Jordanie,

  • The Mirage of human rights: Sahrawi youth and the occupation of Western Sahara

    Since 1975, the Sahrawi people have suffered a persistent and prolonged occupation of part of their territory, which has produced the division of the population across multiple geographic regions. Each group has suffered …

    Read more from the source : Mundubat

     

     

     

     

     

    Tags : Western Sahara, Morocco, human rights,

  • Le Roi prédateur est un séisme pour le palais royal

    Interview de Catherine Graciet par Bernard Strainchamps ( 1 avril 2012)

    Mohammed VI, roi du Maroc, est désormais le premier banquier, le premier assureur, le premier entrepreneur de bâtiments de son pays. Entretien avec Catherine Graciet co-auteure du document Le roi prédateur.

    Quelle est la genèse de ce livre ? Pourquoi avoir travaillé à deux journalistes sur ce sujet ?

    Eric Laurent et moi-même travaillons depuis longtemps sur le Maroc mais avec des expériences et des parcours différents. En 1993, Eric Laurent a longuement interviewé Hassan II pour un livre intitulé Mémoires d’un roi puis a gardé un contact privilégié avec le monarque jusqu’à sa mort, en 1999. Il a donc connu le palais royal et la Cour de l’intérieur. C’est rare pour un journaliste français. Mon parcours est très différent. De 2004 à 2007, j’ai travaillé comme journaliste d’investigation pour Le Journal hebdomadaire, un titre phare de la presse indépendante marocaine que les autorités ont fermé en 2009 pour lui clouer le bec. J’ai notamment passé un an au Maroc, à Casablanca, où j’ai multiplié les reportages et les enquêtes pour Le Journal hebdomadaire, tout en assumant les correspondances pour Radio Canada International et le quotidien Sud-Ouest. Pendant cette période, j’ai écrit avec le journaliste Nicolas Beau un premier livre sur le Maroc, intitulé Quand le Maroc sera islamiste (ed. La Découverte, 2006). Nous y traitons la question de l’islamisme politique mais aussi la corruption des autorités. Puis je suis rentrée en France à la fin 2007 pour rejoindre le site internet Bakchich dont j’ai géré le service Monde jusqu’en 2010, tout en ayant un œil sur le Maroc. Connaissant Eric Laurent depuis longtemps, l’idée d’unir nos forces, nos contacts et nos deux parcours sur le Maroc s’est imposée petit à petit. Au début, nous avions pensé travailler sur les relations franco-marocaines puis, au retour d’un premier voyage au Maroc, en juillet 2011, il nous est apparu évident que LE sujet à traiter était la prédation économique pratiquée par le roi Mohammed VI.

    Vous décrivez les étapes successives de la mise en place d’un système de prédation de l’économie marocaine au service du roi. Comment écrire un document avec des témoins qui sont obligés de rester dans l’anonymat ?

    Nous avons volontairement préservé l’anonymat de certaines de nos sources parce que c’était la condition sine qua non pour qu’elles parlent. Qu’elles soient au cœur du Palais ou qu’il s’agisse de diplomates étrangers ou d’hommes d’affaires, ces sources auraient eu beaucoup à perdre si leur anonymat était révélé ! Licenciement, harcèlement judiciaire ou fiscal, intimidations en tous genres… Les services secrets marocains savent très bien s’y prendre avec leurs ressortissants quand il s’agit d’essayer de faire taire quelqu’un. Il ne faut pas oublier qu’au Maroc, la personne du roi n’est plus considérée comme “sacrée” depuis peu mais reste “inviolable”. On peut aller en prison pour critiquer Sa Majesté ! Un peu comme si ceux qui critiquent Nicolas Sarkozy étaient embastillés ou poursuivis en justice. Travailler avec ces sources requiert donc une très grande prudence (pas d’échanges par mail ni de longues conversations téléphoniques…) mais aussi le fait de “croiser” les informations qu’elles nous communiquent avec plusieurs autres sources, pour s’assurer qu’elles ne sont pas en train de nous manipuler. Nous avons été particulièrement vigilants sur ce point. Il y a d’ailleurs des informations sensibles que nous n’avons pas publiées faute de pouvoir les confirmer avec une certitude de 100 %. Il faut aussi rendre hommage à toute une génération de journalistes marocains qui, malgré les intimidations, ont enquêté sur des sujets extrêmement sensibles comme la corruption ou l’argent de la monarchie.

    La chronologie des faits et l’ampleur des participations du roi dans les différentes holdings sont-elles connues par les décideurs français ?

    Des diplomates français savent puisque au moins l’un d’entre eux nous a textuellement dit que « Mohammed VI possédait directement ou indirectement 70 % de l’économie marocaine ». Ce chiffre est sans doute exagéré mais a le mérite de montrer que la prédation économique de Mohammed VI n’est pas inconnue ! En 2006 et 2007, quand de grands groupes français comme Danone, Axa et Auchan ont connu de gros problèmes avec des holdings appartenant au roi, on sait que leurs patrons respectifs se sont plaints à l’Elysée des mauvaises manières qui leur étaient faites au Maroc. Rien n’a bougé. D’abord parce que l’image voulant que Mohammed VI soit un roi moderne et réformateur, qui fasse rempart contre l’islamisme radical et sorte son pays de la pauvreté a la vie dure. D’autre part parce qu’avec le Maroc, comme cela était le cas avec la Tunisie, la France privilégie des relations d’Etat à Etat. Voire de chefs d’Etat à chefs d’Etat. On sait que Jacques Chirac était très proche de la famille royale marocaine et que Nicolas Sarkozy négocie directement avec Mohammed VI lorsqu’il s’agit de grands contrats comme celui de la ligne de TGV Casablanca-Tanger que la France offre au Maroc. Cet état d’esprit et cette manière diplomatique de faire rappellent l’attitude de la France envers la Tunisie de l’ancien président Ben Ali. A force de fermer les yeux sur les dérives dictatoriales et corruptrices des clans au pouvoir la France n’a pas vu venir la révolution tunisienne. Et n’a toujours pas compris ce qui s’est passé…

    Pourquoi les tunisiens ont dégagé Ben Ali et les marocains ont approuvé la nouvelle constitution proposée par « le roi des pauvres » à plus de 90% ?

    Parce que le score du référendum approuvant la nouvelle constitution marocaine est bidonné ! Non seulement il est digne de la Corée du Nord mais, en plus, le taux d’abstention était beaucoup plus élevé que ce que les autorités ont prétendu. Ce référendum est une farce qui a fait rire jusque dans les chancelleries européennes. Plus sérieusement, contrairement au Tunisien Zine el Abidine Ben Ali, Mohammed VI a su faire preuve d’un sursaut réformateur, sans doute motivé par la peur d’être emporté par la lame de fonds qui a balayé l’Egyptien Moubarak et Ben Ali. Il a eu l’intelligence d’organiser, en décembre 2011, des élections législatives qui sont les plus transparentes que le Maroc ait connu mais aussi de nommer un Premier ministre islamiste. Une révolution au Maroc !

    Si Mohammed VI a donc su introduire des réformes d’un point de vue politique, il en va tout autrement d’un point de vue économique. Là, c’est l’opposé qui se passe et les exemples ne manquent pas. Ainsi, en 2010, les deux principales holdings royales, SNI et ONA, ont fusionné pour créer un mastodonte opaque et en ont profité pour se retirer de la Bourse. Résultat : personne ne sait ce que fait la nouvelle entité aujourd’hui… Autre exemple, dans le domaine des énergies renouvelables, l’entreprise royale Nareva remporte d’importants marchés dans le domaine de l’éolien…

    Vous écrivez dans ce livre que le Maroc est un des rares pays au monde où les pauvres et les élites veulent de concert émigrer. Avez-vous des retours de lecture de votre document du Maroc ?

    Oui, toutes les informations sont convergentes : Le Roi prédateur est un séisme pour le palais royal, qu’il s’agisse de Mohammed VI ou de ses principaux conseillers que nous épinglons dans le livre. On sait aussi qu’il a suscité un vrai engouement auprès des jeunes Marocains. Un indice en est l’activité liée au livre sur les réseaux sociaux Facebook et Twitter. Sur You Tube, on a trouvé des passages où des lecteurs se sont enregistrés en train de le lire à voix haute ! On relève aussi de nombreuses traductions “à la sauvage” en arabe. Enfin, Le Roi prédateur a suscité un véritable engouement dans les médias marocains qui ne sont pas aux ordres. Plus qu’en France, en tout cas, où c’est le service minimum. Au Maroc, les médias arabophones, notamment sur internet, comme Goud, Lakome ou Hespress ont abondamment traité du livre au moment de sa sortie. Saluons aussi l’hebdomadaire francophone Tel Quel qui a publié des bonnes feuilles à ses risques et périls.

    Tags : Maroc, Le roi prédateur, Catherine Graciet, Eric Laurent, Mohammed VI, monarchie marocaine,

  • Intervention de M. Ghalbouni Abdel au parlement européen sur la question rifaine

    J’espère du fond du coeur, que vous ne prenez plus pour des idiots en Europe. Vous les européens , vous le savez pertinemment , que le maroc ne contribue en rien dans ce qu’on appelle la guerre globale contre le terrorisme , celui qui aide les saoudiens dans l’assassinat d’être humaines , la-bas , il les tuent dans le RIF.

    Je suis né en 1958 , et je sais que la situation n’a pas changé depuis 1958 jusqu’à ce jour.

    Deuxio , l’Europe , connait tout du régime marocain, dans les moindres détails.

    Je voudrais insister sur une question. Quand vous évoquez le partenariat, la coopération, avec le Maroc, dans la guerre globale contre le terrorisme , soit ! Personnellement, j’en doute et je mets un point d’interrogation !
    Quant à la guerre contre le trafic de drogue, le régime exporte partout ses produits, [en toute impunité] à l’est comme à l’ouest.

    Tout le régime marocain , son centre de pouvoir, ses politiques, et ses institutions, oeuvrent jour et nuit, dans l’exportation de la cocaïne , le hachich et tout.

    Je tiens à m’adresser à Kati( Piri) et Marie christine ( Vergiat) quel est le bilan de tout ce travail, de cette coopération, tandis que nos frères dans les prisons, dans les rues, et assiégés à Al hoceima, ? Quel est le résultat ?
    Je dis et réaffirme : Nos frères, les prisonniers, dans toutes les prisons marocaines, et nos frères assiégés dans le RIF … nous, dans la diaspora, nous en sommes malades.

    Les ressortissants marocains, de l’Espagne… qui nous a dispersé ici ? qui nous a forcé à venir ici ? N’est ce pas le régime marocain ? qui nous a dispersé ?.

    S’il était un régime démocratique libre, qui respecte l’être humain, qui redistribue les richesses , à tous les citoyens marocains, nous ne serions pas ici , Piri et Marie-Christine , seraient des émigrés à Al Hoceima. 


    Je tiens à conclure, ici dans cet endroit respectable, qui a été construit avec le sang des européens.

    Vous les européens , vous avez souffert de la religion, et de toutes les vicissitudes. Par vos sacrifices, vous êtes parvenues, à la démocratie.

    La France et l’Espagne nous tuent en ce moment, car la France et l’espace ont des intérêts.

    L’Espagne nous a vendu aux français, et a présent , un peuple , les Arabes, nous tuent jour et nuit, et personne ne bouge le petit doigt, et nous , depuis Al Hoceima, nous sentons la liberté et la dignité, en Europe.

    Depuis Al Hoceima, nous sentons la liberté et la dignité en Europe, ils meurent.

    Je termine, en disant que nous avons 40 cadavres dans la mer Méditerranée, et personne n’en parle !

    Toutes mes salutations aux rifains d’Europe, espérions que nous unifierons nos rangs, nos actes et nos discours, et poursuivre notre lutte pour la libération de tous les détenus politiques rifains.

    Tags : Maroc, Rif, Hirak, Parlement Européen, PE,

  • Maroc : Abdelmalek Alaoui publiait des articles au nom d’Amina Bouayach

    Abdelmalek Alaoui, à l’époque patron de la boîte de conseil et lobbying Global Intelligence Partners, rédigeait des articles qu’il proposait à la DGED de publier avec la signature d’Amina Bouayach, président du CNDH. Dans ce cas, il propose l’article suivant

    Projet des Médias au Maroc : projet de censure ?

    Par Mme Amina BOUAYACH*

    A l’heure des mutations et de l’aspiration des sociétés de l’Afrique du Nord et du Moyen Orient à la liberté et au respect des droits humains, les réformes mises en place par le Maroc ont pour finalité d’affronter les impératifs de modernisation de ses institutions et la restructuration de la gestion des Affaires publiques. L’opinion publique est confrontée, à nouveau, à l’éclaircissement du cadre référentiel des mutations qu’elle a entreprise.

    Le débat actuel relatif au cahier des charges des médias publics marocains reflète-t-il peut-être une certaine réticence vis-à-vis des nouvelles dispositions constitutionnelles précisant l’identité plurielle et garantissant les droits et libertés des individus et la place des langues dans la société.
    Le projet en question aspire à l’uniformisation de l’opinion publique, par l’imposition d’une langue dominante, la limitation des ressources financières provenant de la publicité, et la dissuasion à la créativité artistique aussi bien individuelle que collective.

    Ce débat musclé et acharné n’est pas limité uniquement à la répartition des heures d’antennes ou d’écoute, le contenu des émissions, mais s’étend au-delà, touchant à la problématique de la modernité des médias quant aux valeurs des droits de l’homme et le pluralisme de la société
    En effet, l’histoire de l’organisation des médias publics au Maroc, a toujours été intimement liée aux tentatives de démocratisation et d’ouverture de la société.

    La décision politique d’ouvrir les médias aux différents courants de pensée présents au Maroc fut prise dès 1993 lors d’un séminaire national. Elle fut suivie par l’autorisation de la mise en place d’une radio étrangère à Tanger,
    *Ancienne Présidente de l’Organisation Marocaine des Droits Humains
    l’installation d’une deuxième chaine, la libéralisation des médias en fin de mandant du gouvernement Youssoufi en 2002 , l’accréditation des radios privées et puis d’un débat national relatif au médias et la société tenu au parlement en Janvier 2010.

    Le débat actuel met- il la société marocaine et ses représentants à l’épreuve de son pluralisme et de son identité diverse, de ses acquis en matière de consolidation de la démocratie et de l’élargissement de ses libertés ?
    Bien que les clauses énoncées par le cahier de charge exhortent à la protection de la spécificité culturelle et l’identité de la société marocaine, ces valeurs ne sont-elles que des outils s’intégrant dans le système universel des droits de l’homme qui est le référentiel adopté par la communauté internationale pour le respect de la dignité et des droits fondamentaux de l’être humain.

    Autant une société « se démocratise », autant le champ des libertés individuelles et collectives s’élargit et devient une priorité dans l’action de protection des droits de l’homme, autant la spécificité culturelle et l’identité de la société sont appelées à changer et à progresser, au sein d’un référentiel universel constant constituant la norme hiérarchique assimilant les spécificités de chacun.

    Le cahier des charges des médias veut substituer un système de médias/ service public dédié à la prédication et au sermon à des médias détenant le rôle fondamental de 4ème pouvoir de la société.

    L’instabilité inhérente au processus de mutation que subit l’Afrique du Nord et du Moyen Orient est un nouveau défi auquel les médias devront s’adapter et jouer leur rôle de catalyseur du débat politique et culturel multiple dont toute la société en phase de démocratisation a besoin.

    Ainsi les médias doivent-ils non seulement refléter la dynamique d’une société en progression, mais aussi de libérer les initiatives d’appréhender les aspirations de la société dans sa lutte pour le pluralisme, pour la promotion de la participation aux affaires publiques, et son combat pour la bonne gouvernance.

    Tags : Maroc, printemps arabe, droits de l’homme, médias, presse,

  • Tunisia: Unfinished rights business

    Tunisia’s new government, approved by Parliament on February 27, 2020, should make human rights a priority, Human Rights Watch said today. The government should protect fundamental rights in eight key areas: ending criminal prosecutions …

    Read more from the source : Human rights watch

     

     

     

     

    Tags : Tunisia; HRW, human rights,