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  • 69 personnes tuées dans une attaque terroriste

    69 personnes ont été tuées, hier, dans une attaque terroriste contre un village d’éleveurs dans le nord-est du Nigeria. Selon un bilan communiqué par des sources sécuritaires, les assaillants ont attaqué le village de Felo, dans le district de Gubio mardi après-midi.

    Plusieurs sources ont indiqué que le bilan initial de 59 morts communiqué mardi avait revu après la découverte de dix nouveaux corps autour du village. “En réalité, 69 personnes ont été tuées, des cadavres supplémentaires ont été découverts dans les étendues alentour”, a indiqué un haut responsable militaire. Ibrahim Limam, un membre d’une milice locale soutenue par le gouvernement, a donné les mêmes chiffres.

    “Les corps jonchaient le sol sur une vaste étendue, car les assaillants ont poursuivi leurs victimes, leur tirant dessus et les écrasant avec leurs véhicules”, a-t-il déclaré. Selon un chef de communauté, les 69 victimes sont “des hommes et des enfants” qui surveillaient le bétail à un point d’eau à l’extérieur du village. Ils “ont été encerclés par surprise par des hommes armés”, a-t-il expliqué, “il s’agit d’une étendue ouverte, avec nulle part où se cacher”.

    Mardi, un chef du village avait estimé que l’attaque était en représailles à lamort de terroristes tués par la milice d’autodéfense locale qui protège le bétail du village contre le vol. Gubio, située à 80 kilomètres de la capitale régionale Maiduguri, a été à plusieurs reprises la cible des terroristes.

    En réaction, plus de 100 miliciens et chasseurs traditionnels ont été déployés par les autorités locales pour protéger la localité et ses environs contre les attaques.

    APS

  • Paris: Un Algérien sans-papiers régularisé après un «acte héroïque»

    Abderrahim Aissaoui, quadragénaire algérien, a obtenu son titre de séjour de la part de la préfecture de Seine-et-Marne. Il avait en effet sauvé une jeune femme d’une tentative de viol en faisait fuir l’agresseur, lequel était armé d’un couteau. Le préfet a estimé que cet «acte héroïque» méritait une récompense.

    Samedi 6 juin, une jeune femme de 22 ans a été victime d’une agression à Chelles, en Seine-et-Marne. L’individu, armé d’un couteau, a tenté de la violer, mais c’était sans compter sur l’intervention d’Abderrahim Aissaoui, qui se baladait à proximité avec deux de ses quatre enfants, rapporte Le Parisien. Ce ressortissant algérien de 49 ans a mis en fuite l’agresseur, puis a prévenu la police et est resté aux côtés de la victime jusqu’à l’arrivée des secours.

    Sans papiers, il était logé avec sa famille par le Samu social dans un hôtel de la ville. Il était arrivé en France en février 2019 grâce à un visa touristique.

    «C’est mon sauveur, sans lui je ne serais certainement plus en vie ou alors je ne serais plus que le fantôme de moi-même!», s’est exclamée la jeune femme, hospitalisée pour une blessure au bras.

    Quelques heures plus tard, le suspect de 22 ans a été interpellé et mis en examen pour tentative de viol avec arme, puis placé en détention provisoire. Le parquet de Meaux a demandé l’ouverture d’une enquête, indique le quotidien.

    Un titre de séjour pour lui et sa famille

    Pour ce geste qu’il qualifie d’«héroïque», le préfet de Seine-et-Marne, Thierry Coudert, a décidé mardi 9 juin d’attribuer à titre exceptionnel un titre de séjour à Abderrahim, à sa femme et à leurs quatre enfants. «C’est un geste que tout le monde aurait fait mais c’est tombé sur moi», a humblement répondu l’intéressé, ajoutant que la nouvelle est tombée le jour de son anniversaire.

    La victime s’est également réjouie de sa régularisation: «lors de notre audition ce lundi au commissariat, il m’a dit que j’étais comme sa fille, nous nous sommes pris dans les bras et j’ai fondu en larmes. Je suis très agréablement surprise que la préfecture ait réagi si vite pour récompenser cet acte citoyen».

    La demande a été introduite par Jean-François Chalot, président de l’association Droit au logement (DAL 77) où Abderrahim est venu plusieurs fois aider en tant que bénévole. «Il est couturier et lors de la crise sanitaire il nous a confectionné une vingtaine de masques en tissu pour l’association. Nous avons proposé de les lui acheter mais il a refusé», a-t-il témoigné auprès du Parisien.

    Le ressortissant algérien souhaiterait se mettre à travailler dès la remise de son titre de séjour, assurant qu’il a «plusieurs pistes pour travailler comme couturier à Melun». Il espère ainsi pouvoir bientôt payer le loyer de son propre logement et laisser celui du Samu social à une autre famille dans le besoin.

    Echouroukonline, 10 juin 2020

    Tags : France, Algérie, clandestins, sans papiers,

  • Algeria: The end of the 51/49 rule, the beginning of a new era for foreign investments in renewables?

    The adoption of the Law 20-07 on 04 June 2020 marks the beginning of a new Algerian investment strategy unlocking and encouraging foreign investment with a set of long-awaited measures. Combined with the recently announced…

    Read more from the source : Eversheds Sutherland

     

     

     

     

     

    Tags : Algeria, investment, 51/49 rule,

  • Services publics hexagonaux pas toujours au top sous covid: Education Nationale

    Certains services publics dont l’Hexagone se vante régulièrement ont montré des lacunes pendant la pandémie et lors de la reprise. Au regard d’autres secteurs de la société, plus actifs.

    L’hyper protection personnelle de certains fonctionnaires semble avoir dominé ce alors que la Fonction Publique hospitalière poursuivaient elle – ô combien- l’activité malgré tout, avec l’énergie qui est la sienne. Soignants applaudis chaque soir.

    La POSTE: le courrier qui ne partait pas, renvoyé à l’envoyeur (cela s’est vu). Surtout le scandale des bureaux de poste fermés alors que le service de réglement/paiement des retraites et autres prestations passe par ces guichets. Les zones rurales et périphériques gravement impactées par ces bureaux fermés.

    Les MUNICIPALITES. Premier parmi tous les Services publics… Certaines mairies refusent de réouvrir les écoles. Au point de se voir traînées en justice par l’Etat (Marseille. Bobigny).

    L’Education Nationale présente elle une reprise difficile. Totalement déconnectée. Certes un protocole sanitaire délirant a été concocté par des hauts fonctionnaires du Ministère en surchauffe. Un ensemble normatif de 75 pages dit-on qui a refroidi personnels et maires rendant la reprise impossible.

    Alors que l’accès à l’école à tous est un droit, seuls quelques enfants reprennent et quelques jours par semaine par roulement: incompréhension des parents. Les enfants handicapés eux ne reprennent pas le chemin de l’école !

    Le retour s’apparente à de la garderie !

    POURQUOI CES ATTEINTES A l’EDUCATION DES ENFANTS? QUE LEUR FAIT-ON ?

    Les parents pointent aussi un personnel de l’Education Nationale en retrait en raison de ceux qui ne veulent pas retourner travailler.

    Seulement 50% a repris le travail ! Le mammouth Education Nationale reste dans sa grotte :(JDD 8/06/20) “Depuis le 11 mai, seuls 27% des écoliers et 18% des collégiens ont été accueillis en classe. Bien souvent à temps partiel, à raison d’un ou deux jours par semaine. Parmi les parents, désormais plus nombreux à vouloir remettre leurs enfants à l’école, le mécontentement monte. Les enseignants sont parfois montrés du doigt. “Une partie ne veut pas retourner à l’école pour un mois, parce que ça les ennuie ou qu’ils ne veulent pas faire garder leurs enfants, estime un médecin. Le mammouth existe!”

    La réouverture semble un enfer pour les familles. Certains ont même organisé des classes sauvages dans la forêt pour dénoncer le dysfonctionnement du système éducatif!

    Les pédiatres disent ne pas comprendre cette atteinte aux droits éducatifs. La société française de pédiatrie réclame le retour rapide à l’école de tous les enfants.

    Idem. Les enfants doivent rejouer entre eux. Les normes sanitaires appliquées à outrance angoissent les petits. Au résultat, les enfants ne vont pas bien.

    Que fait-on à l’enfance? Alors que les adultes reprennent leur mode social “relativement” normal certes avec masque, les enfants sont toujours séparés strictement. D’où le nombre très faible accueilli en milieu scolaire.

    GENERATION COVID : GENERATION SACRIFIEE ? QUEL VOCABULAIRE…

    La crise covid est terrible également pour les lycéens, étudiants également qui ne trouvent plus de stage, plus de contrats en alternance. On commence de parler de “génération sacrifiée”. Génération covid aussi …Quel vocabulaire.

    Dans le genre surprise, alors que l’Education Nationale ne favorise pas la reprise scolaire pour tous, les enseignants ont reçu par le site Eduscol qui leur est dédié une note du Ministère qui invite les enseignants à signaler les élèves qui mettraient en doute les actions de l’Etat dans la crise covid-19. Un mode d’emploi de reprise très pointilleux (à l’image des 75 pages de normes)

    Les enseignants s’insurgent !

    Juste glaçant, alors que l’enseignement de base n’est plus (ou mal) assumé de voir un Etat donner beaucoup d’importance à la manière dont il est perçu. Jusqu’à demander aux personnels la délation si une discussion de classe critique le-dit Etat. C’est juste totalitaire comme démarche. Inadapté à la situation surtout.

    Blog de Sylvie Neidinger

    Tags : France, covid19, enseignement, coronavirus, pandémie,

  • Algérie : Le Consul du Maroc à Oran était un espion

    Le désormais ex- consul du Royaume du Maroc à Oran, qui avait osé qualifier l’Algérie de «pays ennemi» a bel et bien pris un aller simple jeudi dernier vers Rabat. 
    En effet, la présidence de la République par la voix de son porte-parole, a confirmé ce mardi le départ de ce diplomate qui a accompagné la semaine dernière le rapatriement de 300 ressortissants marocains à partir d’Oran à bord de deux avions de la Royal Air Maroc (RAM). 
    «Le consul a quitté effectivement le territoire algérien. Il a dépassé ses limites », a déclaré, hier, le porte-parole de la présidence de la République Mohand Oussaid Belaid, au cours de la traditionnelle conférence de presse actuellement au siège de la Présidence. « Nous avons demandé son départ. Son comportement était prévisible. Nous avons découvert que c’est un agent des services de renseignements marocains qui a été désigné consul à Oran pour d’autres raisons», a révélé M. Belaid, en soulignant que «la page de cet incident est tournée». 
    Voilà des éléments nouveaux qui confirment que la saillie inélégante et agressive du sulfureux diplomate marocain n’était finalement pas sortie malencontreusement de sa bouche mais bien assumée. En précisant qu’il s’agissait d’un «agent des services de renseignement» et non pas un diplomate, le porte-parole de la présidence remet les pendules à l’heure s’agissant des propos de ce diplomate qui avait déclaré au sujet de l’Algérie en s’adressant à ses compatriotes à Oran: «Nous sommes dans un pays ennemi, je vous le dis franchement». Une déclaration tellement gravissime que le ministre des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum, avait convoqué le lendemain l’ambassadeur du Maroc en Algérie pour lui faire savoir que le consul de son pays était indésirable en Algérie après les propos inacceptables qu’il avait tenus à Oran.
    L’Est Républicain, 10 juin 2020
    Tags : Maroc, Algérie, consul du Maroc à Oran, Aherdane Boutaher, 
  • Shifting tides in Libya require more active U.S. involvement

    Directly engaging all parties is essential if Washington hopes to advance a national dialogue and prevent a Turkish-Russian accommodation that establishes their presence in Libya indefinitely. On June 8, President Trump held a phone call with Turkish President Recep Tayyip Erdogan to discuss …

    Read more from the source : The Washington Institute for Near East Policy

     

     

     

     

    Tags : Libya, USA, dialogue,

  • Can Libya be saved from partition?

    The civil war in Libya is entering a potentially decisive new phase. A 14-month offensive led by renegade warlord Khalifa Hifter against the U.N.-recognized government in Tripoli, the Libyan capital in the country’s west, is in full-fledged retreat. Backed by Turkish firepower, the Tripoli-based…

    Read more from the source : The Washington Post

     

     

     

     

    Tags : Libya, partition, Haftar,

  • Changes to the Libyan File and its Effect on Syria

    Regional files are witnessing the crossing of wires in terms of variables, actors and the nature of the conflict. The Syrian and Libyan realities bore several similarities since the start of the conflict despite subsequent significant variables and paradoxes. And now the two files are again…

    Read more from the source : Jusoor for studies

     

     

     

     

    Tags : Libya, Syria,

  • Un déni français

    par Paris : Akram Belkaïd


    Il ne pouvait en être autrement. Dès les premières manifestations aux Etats-Unis en protestation contre l’assassinat, par un policier, de George Floyd, un afro-américain de Minneapolis (Minnesota), les médias français ont été pris de leur habituelle empathie à l’égard des combats antiracistes que connaît l’Amérique depuis si longtemps. Toutes les grandes chaînes d’information en continu mais aussi les radios et les principaux quotidiens ont consacré une large place à cet énième épisode de violence policière débouchant sur la mort d’un être humain.

    Les informations et les analyses concernant ce drame et les impressionnantes marches populaires qui ont suivi offrent une image plutôt fidèle de la réalité américaine. On citera en exemple les articles consacrés à la ville de Minneapolis, dirigée par un démocrate, dont l’image « progressiste » ne parvient pas à faire oublier des décennies d’inégalités et d’impossibilité pour la population noire d’accéder à la propriété immobilière. Les provocations et surenchères du président Donald Trump, appelant à mater les protestataires et menaçant de déployer l’armée, ajoutent à l’intérêt des médias français qui peuvent gloser à l’infini sur le racisme et la violence intrinsèques des forces de l’ordre américaines.

    Ironie de l’histoire, quelques jours auparavant, la France a connu une polémique sur le même sujet. Camélia Jordana, chanteuse et actrice née en France et de grands-parents algériens, a provoqué le tumulte avec deux déclarations prononcées dans une émission de grande écoute sur France 2 : « Il y a des hommes et des femmes qui se font massacrer quotidiennement en France, tous les jours, pour nulle autre raison que leur couleur de peau. », a-t-elle ainsi déclaré avant de préciser :« Il y a des milliers de personnes qui ne se sentent pas en sécurité face à un flic, et j’en fais partie ».

    On regrettera l’usage du verbe « massacrer » pris au premier degré par de nombreux commentateurs trop heureux de discréditer le propos de l’artiste. Mais pour le reste ? Qu’a-t-elle dit pour mériter un tel torrent de critiques et de haine avec, à la clé, des menaces de poursuites judiciaires proférées par des syndicats de policiers ? En France, une bonne partie des élites vit dans le déni d’une réalité sordide. Celle de la violence policière structurelle, pour ne pas dire systémique, infligée aux minorités et aux classes populaires. Même les violences subies par les Gilets jaunes – qui ont découvert en 2018 ce qu’enduraient depuis longtemps les jeunes des quartiers – n’ont pas modifié la donne.

    La peur du flic est une réalité. Le seul changement, c’est qu’elle s’est étendue à d’autres catégories de la population. Aujourd’hui, les gens vont aux manifestations avec la peur au ventre parce qu’en face, c’est buffet ouvert. Recours à la stratégie de la nasse, usages intensifs de gaz lacrymogènes alors que les cortèges sont calmes, tirs aux lanceurs de balles de défense (LBD) sont devenus des actes courants symbolisés par les outrances du préfet de Paris Didier Lallement. Ebranlé par la crise des gilets jaunes, discrédité par son impréparation et sa désinvolture face à l’épidémie de coronovirus, le gouvernement français semble craindre sa police. A chaque bavure, le message est toujours le même. Il n’y a rien eu ou s’il y a eu quelque chose, il faut faire preuve de compréhension.

    Il est très probable que l’on ne sache jamais qui est le policier qui a tiré une grenade lacrymogène dans le visage de feu Zineb Redouane. Ce sujet qui devrait constituer une indignation nationale n’a jamais fait la une des journaux. Il est vite évoqué et on passe à autre chose. L’affaire Adama est encore plus symbolique. En juillet prochain, cela fera quatre ans que la famille d’Adama Traoré, mort à 24 ans dans une gendarmerie, réclame justice. Et cela fait quatre ans qu’une conspiration du silence vise à relativiser l’importance des mobilisations. Mardi 2 juin, d’impressionnantes manifestations ont eu lieu à Paris et Marseille pour réclamer la vérité. Le soir, les grands journaux télévisés ont consacré des dizaines de minutes à la situation américaine mais presque rien pour le rassemblement à la mémoire d’Adama Traoré. L’évitement, toujours et encore… L’incapacité à reconnaître qu’il y a un vrai problème de violences policières en France.

    Il y a bientôt quinze ans (misère…), je consacrais une chronique à ce qui fut le prélude aux émeutes de l’automne 2005 (*). Je faisais le lien entre ces violences et le passé colonial qui a façonné bien plus qu’on ne le croit la police. J’y racontais comment on peut habiter le très chic septième arrondissement de Paris, avoir une situation confortable dans la finance et avoir peur d’entrer seul dans un commissariat pour y déclarer le vol de son scooter, tout cela parce que l’on a un nom et un faciès maghrébin. J’ai revu cette personne il n’y a pas longtemps. Nous avons reparlé de cette affaire. Elle m’a déclaré que cette peur n’avait pas disparu, bien au contraire. Dans cette même chronique, j’évoquais les contrôles d’identité musclés de la Brigade anti-criminalité (BAC). Le tutoiement, les gifles qui fusent et l’impossibilité de protester sous peine d’être embarqué pour le bien commode motif de rébellion. A dire vrai, rien de tout cela n’a changé. Et le déni demeure.

    (*) Après Clichy-sous-Bois, 5 novembre 2005. Chronique reprise par Courrier International, le 12 novembre 2005… (précision qui sera peut-être utile pour les exégètes de ma dernière chronique).

    Source

    Tags : France, George Floyd, racisme,

  • La très longue route de George Floyd

    L’histoire ne serait elle qu’un long serpent qui se mord la queue, un récit qui s’enroule et se répète ? Depuis la place Royale jusqu’au Palais de Justice, des milliers d’homme et de femmes, monocolores sous leur masque et leur tenue sombre, ont marché pour George Floyd, cette victime de trop, tombé en bout de chaîne, dont la mort soudain nous révulse. Nous ignorons qui étaient les ancêtres de cet homme jeté à terre, mais, nous souvenant des statues barbouillées parce qu’elles évoquent notre passé colonial, devant les pancartes rappelant que toutes les vies comptent, nous sommes retournés quatre siècles en arrière, en songeant que tout se tient. Peut être les ancêtres de cet homme étouffé étaient ils originaires de la Côte atlantique, ou avaient ils été capturés dans les forêts d’Afrique centrale pour être emmenés, enchaînés, à fond de cale, dans les navires négriers ? Peut-être, arrivés sur le sol américain, avaient ils été pesés, séparés, réduits à la valeur marchande de leur force de travail ? Durant quatre siècles, les Afro Américains se sont battus pour devenir des citoyens à part entière et dans le Minnesota où il cherchait du travail, Floyd aurait du jouir du même respect et des mêmes droits que les descendants d’autres migrants, souvent venus de Scandinavie…Sauf que lui, il était Noir…

    Et qui se souvient du fait que dans le continent de ses ancêtres supposés, la traite négrière a emporté Outre Atlantique plus de trente millions d’hommes et de femmes enchaînés, (une estimation approximative) ? Cette razzia, en réalité un commerce organisé et fructueux, menée depuis les côtes atlantiques et celles de l’Océan indien, a dépeuplé les villages de l’intérieur jusqu’au cœur du continent, siphonnant les forces vives de l’Afrique. Et, lorsqu’au 19 en siècle, les explorateurs européens, mandatés par les puissants de l’époque, dont « notre » Léopold II, entreprirent de « découvrir » des terres déjà traversées par les caravanes esclavagistes, les populations locales, déjà affaiblies, leur opposèrent une moindre résistance. Ne restait plus, par le fer et la contrainte, qu’à apporter la civilisation. A dominer pour mieux exploiter, à mater les révoltes et à rapatrier les bénéfices.

    L’histoire tourne en boucle et les jeunes manifestants mélangent tout, avec raison : l’esclavage, ce travail gratuit qui jeta les fondements de la prospérité américaine, la colonisation qui accéléra le décollage des puissances européennes, le déséquilibre persistant des relations Nord Sud, qui, 60 ans après le temps des indépendances, inspire la quête d’une vie meilleure et les flux migratoires. Les panneaux brandis devant le Palais de Justice ont rappelé tout cela : la révolte et l’espoir, la colère aussi, qui a malheureusement dérapé. Le seul contre feu possible, c’est de mieux connaître l’histoire. Pour faire un travail de vérité mais aussi parce que l’amnésie et l’ignorance contribuent au racisme.

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    Tags : George Floyd, racisme, discrimination,