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  • Héritage africain de Chirac : Ombres et lumières

    Jacques Chirac, après 12 ans à la tête de l’Etat français, cède sa place à Nicolas Sarkozy, vainqueur au second tour de l’élection présidentielle du 6 mai 2007.

    Il a fait ses adieux en tant que président de la république non seulement aux Français et à la France, mais aussi aux Africains et à une partie non négligeable de l’Afrique. Il s’agira désormais, pour les uns et les autres, de comptabiliser l’héritage qu’il leur aura laissé, et d’en faire le meilleur usage qu’ils pourront.

    Pour les premiers, c’est-à-dire les Français et la France, le règne de Chirac aura été mi-figue, mi-raisin, en termes de résultats. Et pour les derniers ? Quelles leçons tireront-ils du passage à l’Elysée de celui-là même qui se vantait d’être le meilleur continuateur de la politique africaine de De Gaulle, artisan principal de la loi cadre de 1956 et de la décolonisation de l’Afrique francophone des années 60 ? Car, en réalité, l’héritage africain de Chirac ne peut être objectivement établi sans ces références de l’histoire des relations entre la France et l’Afrique.

    Incontestablement, on dira, comme cela est propre à toute oeuvre humaine, qu’il y aura aussi bien des ombres que des lumières. Avant l’Elysée, la formule de Chirac qui a retenu l’attention des africains est : “Les Africains ne sont pas mûrs pour la démocratie” et, de surcroît, quoique gentils, leurs “bruits” et les “odeurs fortes” rendent la cohabitation avec eux difficile !

    Au-delà de ce qui peut paraître anecdotique dans cette formule (dont le fond est loin d’être faux) et qui trahit des survivances racistes sinon coloniales de son auteur, on peut dire que globalement l’héritage africain du chiraquisme se conjugue avec la “France-Afrique”, dont l’idéologie sous-jacente a traversé tous les régimes de la Ve République jusqu’à Chirac. Même le “Maître d’ouvrage” de la Baule (1991) n’a pas pu remettre fondamentalement en cause la politique néocoloniale paternaliste qui est, en dernière analyse, contre l’émancipation des peuples africains et pour l’exploitation de l’Afrique.

    Une exploitation qui se déploie avec la complicité plus ou moins consciente des chefs d’Etat africains, à travers le précarré africain de la France. Tous y ont contribué. Tous en ont profité, sauf les peuples de l’Afrique francophone. Depuis De Gaulle et Focart, et au nom des intérêts et de la “grandeur” de la France, la presque totalité des présidents français, à des degrés divers, ont entretenu des amitiés “douteuses” et suspectes dites personnelles avec des tyrans, despotes, empereurs et autres dictateurs africains qu’ils ont maintenus au pouvoir contre la volonté de leur peuple, parfois même en tirant sur ce peuple ou en maintenant une situation de conflit intérieur incompatible avec le développement.

    Jacques Chirac n’y a pas fait exception. Bien au contraire. La politique du précarré et la “cellule africaine” de l’Elysée n’ont guère favorisé le développement réel et authentique des Etats africains : le marasme économique sévit encore aujourd’hui, alors que la démocratie a du mal à prendre dans les faits, malgré la présence effective des institutions formelles censées la créer et la maintenir, et les conditionnalités tout aussi formelles énoncées alors par Mitterrand. Des Etats classés derniers dans les indices de développement du PNUD sont africains et francophones.

    Les crises et les conflits se sont multipliés, voire renforcés sur le continent, comme l’atteste la situation en Côte d’Ivoire, au Tchad, en République Centrafricaine, etc. Autant d’éléments qui illustrent l’échec de la politique française en Afrique sous Chirac, même si celui-ci y a trouvé les germes. La France, tous régimes confondus, s’est toujours “nourrie” de l’Afrique, politiquement, diplomatiquement… et économiquement. “La France n’a pas d’amis, elle n’a que des intérêts”. La situation, sous Chirac, n’a pas structurellement changé. Est-ce pour cela que les intentions et la réelle sympathie de Chirac pour l’Afrique n’ont pas réussi à se matérialiser dans des opérations durables pour le développement et la réduction sensible de la pauvreté ?

    Les intentions, Chirac en a eu. De très nobles et dans tous les domaines : santé, environnement, aides publiques au développement… et plusieurs tribunes en France, en Afrique ou ailleurs ont été des lieux de plaidoirie de l’avocat “africain” en faveur de l’Afrique : les sommets France-Afrique, la Francophonie, les sommets de l’ONU, etc. Il a même fait des propositions hardies, parfois osées, parmi lesquelles le relèvement des prix des billets d’avion pour aider au financement du développement de l’Afrique, en particulier. Au moins dans les déclarations et les intentions, dont on peut ne pas douter de la sincérité, Chirac aura été l’avocat de l’Afrique le plus régulier et le plus intrépide, notamment au cours de son second et dernier mandat.

    Comme pour se repentir et laisser des idées favorables dans l’esprit des peuples avant de s’en aller, Chirac a eu des idées généreuses pour le continent et même au-delà : son non ferme à la guerre contre l’Irak, la culture du devoir de mémoire (au sujet de l’esclavage et de la colonisation) qu’il a imposée à la conscience collective française participent de cette volonté qu’il a toujours eue de reconnaître la “dette africaine” de la France. Et ce n’est pas rien, dès lors qu’on reconnaît que le développement des peuples passe aussi et surtout par le développement des idées et la reconnaissance de l’histoire.

    In fine, on peut, sans pour autant absoudre celui qui sera bientôt présenté comme l’ancien président de la France, affirmer qu’aussi bien pour les lumières que pour les ombres, Chirac n’est pas seul responsable : la logique implacable du nouvel ordre économique mondial fait de néolibéralisme intégral, l’Europe, la situation intérieure de la France et surtout l’attitude des chefs d’Etat africains eux-mêmes peuvent et ont pu limiter l’effectivité des rêves chiraquiens pour l’Afrique. On ne répétera jamais assez la responsabilité des pouvoirs africains dans la situation délétère de leurs Etats : pour l’essentiel, ils ont tous “trouvé leur compte” dans la politique africaine de la France de Chirac.

    Les rapports difficiles et mouvementés de Gbagbo et de Paul Kagamé avec la France, au travers des crises qu’ont connues leur pays, sont par ailleurs révélateurs de l’émergence d’un nouvel esprit coïncidant avec l’avènement d’une nouvelle génération de chefs d’Etat africains. Peut-être verrons-nous pointer à l’horizon une nouvelle race de chefs d’Etats qui oseront “tenir tête” à l’ancien maître colonial qui, sous des oripeaux divers, reste congénitalement le même. Vu sous cet angle, le départ de Chirac pourrait être le déclic d’une nouvelle conscience politique de l’Afrique vis-à-vis de la France.

    Source : Bakary Goudiabo, 17 mai 2007

    Tags : France, Afrique, françafrique, Jacques Chirac, Laurent Gbagbo, Paul Kagamé, 

  • Maroc : Le racisme anti-noir implicitement institutionnalisé

    Lors de son premier séjours au Maroc invité par le roi Hassan II, Nelson Mandela, l’icone mondial de la lutte contre le racisme et l’Apartheid, a découvert le visage raciste du Maroc envers la race noire. Il a exprimé son indignation en voyant la Garde Royale composée d’anciens esclaves noirs affranchis qui vivent, jusqu’à présent dans la cité connue sous le nom de Touarga. Mandela a découvert que le racisme est inscrit dans le patrimoine du Makhzen.

    Si les marocains adorent brandir le slogan de “premier pays à avoir reconnu les Etats-Unis d’Amérique”, ils cachent un passé rempli d’histoire de marchandage d’esclaves destinés au Nouveau Monde. On dit même que la mère du roi Hassan II était une esclave affranchi du nom de “Abla” qui a été offerte en cadeau à son père Mohammed V par umn de ses Pachas du nom de Leglaoui.

    Au Maroc, on utilise le mot à connotation péjoratif de “azzi” en référence à l’homme noir. Mais le racisme anti-noir a été mise à nu par la présence des migrants africains sur le sol marocain où les violences contre eux se répètent incessament dans toutes les villes marocaines.

    En vue de dissimuler son racisme, le régime marocain incite la population à s’en prendre aux migrants africains. Nombreuses attaques à la machette et au couteau ont eu lieu à Tanger et Rabat. A cela s’ajoute, le traitement que leur réservent la police et la gendarmerie.

    La majorité de ces migrants son originaires du Sénégal, Côte d’Ivoire et Guinée Conakry. Les marocains peuvent continuer à agir ainsi puisque les dirigeants africains ne risquent pas de défendre les leurs tant que Rabat remplit leurs poches.

    Tags : Maroc, Afrique, africains, subsahariens, migration, racisme anti-noir, Sénégal, Côte d’Ivoire, Guinée Conakry,

  • Il est temps que l’Afrique s’affranchisse de l’odieux colonialisme français

    Avant de prétendre délier les crises constitutionnelles ainsi qu’électorales, semblables à une malédiction sans fin, l’Afrique françafricaine doit, en premier lieu, s’affranchir définitivement de l’odieux colonialisme français. Car sans véritable souveraineté nationale, il est impossible d’instaurer une “démocratie” crédible, un Etat de droit digne de ce nom, et d’amorcer l’indiespensable dynamique du développement.

    Autrement dit, tous les protectorats bananiers soumis par Paris, seront toujours à la traîne du progrès et de la prospérité économique, comme depuis 1960.

    Entretemps, les despotes et néo-autocrates continueront de sévir, grâce à la protection inqualifiable de la France. Il n’existe pas d’autre noble combat et vrai débat. Tou raccourci soporifique n’est qu’inuutile et vaine incantation.

    Ali Muhammad Diallo

    Source : Twitter

    Tags : France, Afrique, françafrique, colonialisme, colonisation, démcoratie, dictature, despotisme, 

  • La France est la cause du méchef africain

    Nombreux sont ceux s’autoproclamant parfois “opposants” et de fois alliés du pouvoir par nécessité du ventre, dans toute l’Afrique soumise, sont capables de dénoncer publiquement l’origine réelle de leur méchef qu’est la France.

    L’imposition sur le trône pour plusieurs décennies d’autocrates brutaux, leur protection militaire, les abus de pouvoir sur perpétrés partout, la falsification des constitutions, les conflits sans fin, l’impunité totale en matière des détournement massifs des biens publics, les élections truquées à fond, ainsi que le maintien permanent dans l’horrible sous-développement, etc… feront toujours parties intégrantes de l’imposture “démocratique” de la France officielle, et servent en premier leiu son interminable colonialisme.

    Tant que, par peur ou oar intérêt, les “différentes oppositions locales, organisations régionales et la soi-disant Union Africaine”, ne commandent pas les ingérences intolérables, et incessantes de la françafrique dans les intérieures du continent, elles seront perçues comme les instruments au service du fascisme français. De surcroît, les véritables ennemis de l’Afrique. Ce qui justifiera de “droit”, des jours heureux et tranquilles pour l’ordre impérialo-mafieux françafricain d’écumer comme il l’entend, ses gouvernorats bananiers.

    Ali Muhammad Diallo

    Source : Twitter

    Tags : Afrique, France, françafrique, Tchad, Mali, Niger, Burkina Faso, Guinée, RDC, RCA, Centrafrique, Sénégal, Côte d’Ivoire, Gabon, 

  • Le coordinateur adjoint du Bureau de lutte contre le terrorisme du Département d’État américain se rend en Mauritanie

    Christopher Harnisch, le coordinateur adjoint du Bureau de lutte contre le terrorisme du Département d’État américain, se rendra à Nouakchott, en Mauritanie, pour discuter d’un éventail de problèmes de lutte contre le terrorisme avec ses homologues mauritaniens, y compris les combattants terroristes étrangers, la lutte contre l’extrémisme violent, et le rôle du gouvernement et de la société civile la société joue dans la lutte contre le terrorisme.

    M. Harnisch discutera de ces questions et d’autres avec des représentants du gouvernement et la société civile les 6 et 7 octobre.

    Nouakchott le 4 octobre 2020.

    Source : Ambassade US à Nouakchott 

    Selon des sources de la presse locale, le responsable américain a été reçu mardi par le ministre de l’Intérieur et de la Décentration, M. Mohamed Salem Ould Merzoug.

    L’audience a porté sur les relations de coopération unissant les deux pays ainsi que les moyens permettant de les développer et de renforcer les efforts de la Mauritanie dans le domaine de la lutte contre le terrorisme, ajoute la même source.

    M. Christopher Harnisch a salué l’action menée par notre pays dans ce domaine.

    L’audience s’est déroulée en présence de l’ambassadeur des Etats Unis d’Amérique en Mauritanie, SEM Michael Dodman.

    Tags : Mauritanie, USA, Etats-Unis, terrorisme, Afrique,

  • Nelson Mandela, un archétype de la jeunesse d’aujourd’hui

    Nelson Mandela, figure emblématique, en quelque sorte le héros, de la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud. nous pouvons donc souligné qu’il a atteint ses objectifs et est devenu lui même une sorte d’objectif pour d’autres.

    Né en 1918, il sera membre du Congrès National Africain (en anglais, African National Congres en sigle ANC) dès 1943 et en deviendra rapidement un des leaders incontournables. C’est en durcissant la position de l’ANC contre l’apartheid qu’il sera condamné à la prison à perpétuité en 1964.

    Il y passa 27 ans de sa vie. Il fut libéré en 1990 après avoir passé 18 ans à Robben Island, 6 ans à Pollsmoor, et ensuite assigné à résidence. Mais l’ANC réussit à mettre à genoux l’apartheid avec l’appui de la population Sud-Africaine. Loin d’être oublié, fort de sa conviction que « l’homme se fait lui-même » et qu’il est « le maître de son destin » (selon les vers de William Ernest Henley qu’il aimait répéter), il s’y forgerait, face au gouvernement Sud-Africain et aux yeux du monde entier.

    Après vingt-sept années d`emprisonnement dans des conditions souvent très dures, Mandela est relâché le 11 février 1990, et soutient la réconciliation et la négociation avec le gouvernement du président Frederik de Klerk. En 1993, il reçoit avec ce dernier le prix Nobel de la paix pour avoir conjointement et pacifiquement mis fin au régime d`apartheid et jeté les bases d`une nouvelle Afrique du Sud démocratique.

    En 1993, il reçoit le prix Nobel de la paix. Nelson Mandela sera élu premier président noir de la République d’Afrique du Sud ; lors des premières élections multiraciales du pays en 1994. Durant son mandat, il mène une politique de réconciliation nationale entre Noirs et Blancs et il lutte contre les inégalités économiques.

    Après un unique mandat, il se retire de la vie politique active, mais continue à soutenir publiquement le Congrès national africain tout en condamnant ses dérives. C’est ainsi qu’il affirme dans son discours d’investiture, le 10 mai 1994, « qu’aucun de nous, en agissant seul, ne peut atteindre le succès. »

    La liberté ne s’acquiert pas un jour mais c’est un long chemin. Mais avec plusieurs obstacles on finit par triompher “le long chemin vers La liberté”. Dixit Nelson Mandela… donc va s’y fonce!!!

    Source : Alcanzar el objetivo, 23 fév 2018

    Tags : Afrique du Sud, Afrique, Nelson Mandela, Apartheid, African National Congres en sigle, ANC, racisme, discrimination, 

  • WikiLeaks : les Américains contre le réseau de la Françafrique

    Au même temps qu’ils saluait l’annonce de Nicolas Sarkozy prétendant vouloir rompre avec les relations connues sous le nom de Françafrique, les Américains offrent leur propres analyses sur les relations unissant la France et ses anciennes colonies ainsi que les raisons de la survivance de la Françafrique.

    Dans un câble sur une réunion entre diplomates américains et Bruno Joubert, ancien monsieur Afrique de l’Elysée, ce dernier affirmaient que « beaucoup de leaders africains comme Sassou Nguesso ont grandi avec la Françafrique. Quand ils rencontraient Chirac, ce n’était que tapes dans le dos, plaisanteries, longs repas. Ils commencent à s’apercevoir qu’avec Sarkozy, le temps des tapes dans le dos est révolu ».

    Ce n’est pas l’avis des américains pour lesquels les réseaux d’influence parallèles sont loin de disparaître. Pour eux, le conseiller officieux pour l’Afrique de Nicolas Sarkozy, Robert Bourgi est la « quintessence de l’acteur de la Françafrique impliqué dans des intrigues n’importe où en Afrique ».

    Les câbles américains indiquent clairement que, les interventions de Robert Bourgi exaspèrent ses collègues africanistes officiels de l’Elysée. Tout en reconnaissant que ce dernier fournit de précieux conseils sur le Sénégal, le Gabon ou le Congo-Brazzaville, les responsables français le présentent comme un « mercenaire seulement préoccupé par son bien être », un « opportuniste » qui ne cherche qu’à se faire promotionner dans le but de doper sa fortune personnelle.

    Bourgi a laissé, ces deux derniers années. ses empreintes sur les dossiers malgaches et mauritaniens. Ses détracteurs français ne sont plus en poste à l’Elysée.

    Dans les fuites documentées de Wikileaks, le pays de l’Oncle Sam ne cache pas son intérêt par la « rupture » avec les vestiges de la Françafrique que Nicolas Sarkozy a faussement promis. Cet intérêt est palpable dans un câble datant de 2008. Il indique en toute clarté que « cette nouvelle politique peut donner aux Etats-Unis des occasions d’étendre leur influence en Afrique sans rencontrer de résistance de la France ».

    Les diplomates américains analysent les choses ainsi : les Français veulent « partager le fardeau africain », et cela les rend plus ouverts aux initiatives américaines sur le continent, d’Africom à la lutte anti-terroriste dans le Sahara. En plus, laisser les Etats-Unis étendre leur influence en Afrique permet aux Français d’y contrer la percée chinoise.

    Autant dire que la diplomatie américaine a donc suivi de près la réorganisation des bases militaires françaises en Afrique, qui a abouti à la concentration des forces à Djibouti et Libreville.
    Réalistes, les diplomates américains constatent toutefois que « tuer la Françafrique est plus facile à dire qu’à faire ». Ils soulignent que certains leaders africains eux mêmes sont réticents au changement, notamment ceux qui tiraient des avantages du système, ceux qui, comme le rappelle l’ambassade américaine à Paris, « ont pu amasser des fortunes privées parfois transformées en un vaste patrimoine immobilier et autre, en France et en Europe ».

    Tags : Etats-Unis, France, Afrique, Françafrique, réseaux, intérêts, USA, Nicolas Sarkozy, Gabon, Tchad, Mali, Niger, Mauritanie, Sénégal, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Togo, RCA, RDC, Congo, 

  • La Françafrique est-elle enterrée?

    Hollande, la Françafrique et la crise !

    par Kamal Guerroua*

    La Françafrique est-elle enterrée? Le rêve de «l’Afrique sans la France», tel que conçu par l’intellectuel centrafricain Jean-Paul Ngoupandé dans un ouvrage portant le même nom (Albin Michel éditions, 2002) serait-il possible ? Il serait presque une utopie ou une chimère d’y croire.

    Et pourtant son annulation est l’une des trente propositions ayant permis à François Hollande d’accéder au palais de l’Elysée en mai 2012 ! En réalité, cette Afrique en pleine effervescence, militarisée à outrance, appauvrie et dessaisie de ses richesses est victime de ses contradictions historiques et la France y est liée tantôt par intérêt stratégique tantôt par esprit de grandeur et d’hégémonie sous couverture humanitaire. Les leaders des Etats africains postcoloniaux étaient, dès le sommet d’Addis-Abeba en 1963, lequel fut à l’origine de l’instauration de l’organisation de l’unité africaine (O.U.A), ancêtre de l’union africaine (U.A) actuelle très naïfs comme l’a bien analysé le Dr Tlemçani. Car, penser à une unité «formelle» sans une vision globale d’avenir ni un regard clairvoyant sur les rapports à entretenir avec l’ex-puissance colonisatrice est un saut dans l’inconnu. De même, ne pas résoudre les problèmes des frontières hérités de la période coloniale ni pouvoir désamorcer à temps les bombes à retardement des complexités ethniques, tribales et religieuses qui sapent le continent noir en cimentant la citoyenneté au cœur des naissants Etats-Nations fut une erreur fatale qui ne pardonne jamais en ces temps incertains de la mondialisation-laminoir. L’opération militaire Sangaris menée en décembre dernier par la France en Centrafrique en est un cas de figure qui prouve, à lui seul, la quadrature du cercle dans laquelle s’embourbent et les Etats africains et l’ancienne métropole.

    En effet, un pays comme la Centrafrique qui dort dans le ventre de l’Afrique, déstructuré, infesté par des milices armées jusqu’aux dents, gagné par des bisbilles ethniques, rongé par la rouille des pronunciamientos et des coups de force, sans aucune assise institutionnelle viable (armée et forces de l’ordre) est on ne peut plus un casse-tête troublant pour la métropole parisienne qui en avait fait, depuis l’ère de la décolonisation, avec la plupart des pays du Sahel, un point de mire et un terrain d’essai de ses stratégies d’influence dans la région. Bien que les réalités sociopolitiques africaines soient différentes les unes des autres, elles se rangent toutefois sous un dénominateur commun : l’instabilité politique. La Centrafrique en est une. Rien à avoir avec le spectre de la guerre malienne où le syndrome Sanogo, du nom de ce fameux capitaine ayant renversé par un coup d’Etat militaire le président Amadou Toumani Touré en mars 2012 compose, nonobstant tous les aléas, une équation aux contours bien gérables. Car, quoiqu’envahi dans sa partie nord par des groupuscules d’A.Q.M.I et des rebelles Touarègues d’ Azawad, le Mali reste relativement sécurisé dans sa partie sud. En plus, il dispose d’un semblant d’Etat sur lequel, le cas échéant, les forces françaises pourraient s’appuyer pour pousser dans ses derniers retranchements la nébuleuse intégriste. La curée anarchique des islamistes au nord fut, il est vrai, pour l’Hexagone le fil curseur pour une lecture objective des rebondissements pouvant avoir lieu bien après. A proprement parler, l’opération ” Serval “, en dépit de sa complexité pratique (les forces françaises ont mené des attaques du type asymétrique sans ennemi réellement identifiable sur le terrain), s’est avérée, à la longue, tactiquement jouable (objectifs clairs, soutien citoyen), politiquement justifiable (combattre l’intégrisme), et pratiquement explicable même si elle s’est déclenchée dans le sillage de l’intervention critiquée de Nicolas Sarkozy en Libye contre les milices d’El-Gueddafi dans le contexte fort confus du printemps arabe. Laquelle opération a, du reste, donné à l’époque une impression de “replay de scénarios interventionnistes aux relents néocolonialistes”. En revanche, le cas de la Centrafrique est problématique, l’opération militaire ” Sangaris ” est une plongée dans le chaos, l’opinion publique hexagonale n’y distingue pas clairement les belligérants. Les rebelles de Séléka, ces guerriers déjà invétérés au Darfour (Soudan) et au Tchad (20 000 éléments environ) qui ont mis à la porte fin mars un certain François Bozizé, lâché, atrophié, peu ou prou estimé, encore moins soutenu par l’Elysée n’affichent pas, quant à eux, un profil bien discernable (coalition de factions hétéroclites).

    En fait, ceux-ci furent déjà aux portes de la capitale Bangui dès le début mars sans que l’U.A ou la France ne bougent le petit doigt. Bozizé aux abois a beau crier au secours, à l’Elysée pas âme qui vive, ses murs n’ont cette fois-ci, paraît-il, pas d’oreilles ! Hollande boude, raccroche ! Peine perdue pour le leader centrafricain puisque le locataire de l’Elysée n’est pas du tout prêt à se scinder en deux fronts (Mali et Centrafrique). En plus, en ce moment très dur des vaches maigres, la France craint les folies budgétaires, se serre la ceinture et le président ” normal ” a d’autres chats à fouetter : un front social sur le qui-vive, le chômage massif (en effet, une simple annonce par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault d’une inversion de la courbe du chômage 20 500 de demandeurs d’emploi en moins au mois d’octobre dernier a emballé, chose étonnante, médias et classe politique compris), la crise des banlieues (le climat d’insécurité et les règlements de compte à Marseille), la montée dans les sondages du front national de Marine le Pen en perspective des municipales et des européennes prochaines ainsi que, cerise sur le gâteau, une impopularité présidentielle inquiétante qui fait tache de l’huile, du jamais-vu dans l’historique de la V république! La seule solution d’urgence à portée de main : temporiser, tergiverser, attendre que le brouillard se dissipe pour y voir clair. Bref, gagner du temps ! Une rengaine peu commode devenue style de gouvernance chez Hollande. Cinq mois plus tard, la situation est allée de mal en pis, Bangui suffoque sous la violence. Mise à sac, pillée, vandalisée, elle s’est transformée en un théâtre de lynchages publics, de tueries et de conflits confessionnels entre chrétiens et musulmans.

    L’Etat centrafricain ou ce qui en reste est à terre, Bozizé prend la fuite, le désordre y règne ! La France des ” droits de l’homme ” ne peut pas se taire, elle est là pour assumer sa responsabilité historique et renouer avec cette vieillotte politique de la Françafrique. Intervenir pour des raisons humanitaires est plus qu’une obligation, c’est un devoir ! En chef guerrier, Hollande tranche cette fois-ci, retrousse les manches et mobilise les troupes. Mais avant de s’y aventurer, un point d’orgue est nécessaire : il va falloir convaincre une opinion publique sceptique, peu enthousiaste et, plus qui est, touchée par les effets de la crise de l’urgence et du bien-fondé d’une telle campagne militaire. Avantage de taille à son actif, le président français bénéficie du soutien inconditionnel de toute la classe politique. Reste à déterminer toutefois le coût de la guerre, sa durée, ses implications et ses retombées immédiates puisque même sous mandat de l’O.N.U, l’intervention n’attire pas grand monde, les pays européens et les alliés stratégiques (Etats Unis et Angleterre) se contentent de regarder le spectacle depuis les tribunes alors que l’armée française est au front : première moisson de la guerre, deux soldats tués le 10 décembre dernier mais à côté de ce décompte macabre, le président Obama fait un clin d’œil généreux à Paris et touche au porte-monnaie : 60 millions de dollars sont alloués à l’opération par l’Oncle Sam qui s’ajoutent aux 40 millions du mois de novembre dernier.

    Du retour des obsèques de Mandela , Hollande fait escale en Centrafrique, rend hommage aux deux soldats tués et rencontre le vice-président Michel Djotodia, chef des rebelles de sélékas qui s’est autoproclamé président dès la chute de Bozizé. La réalité du terrain va de soi, une situation humanitaire qui laisse à désirer, un pays retourné en champ miné, à l’aspect d’un capharnaüm à ciel ouvert : le haut-commissariat aux réfugiés des nations unies (H.C.R) tire la sonnette d’alarme, environ 935 000 personnes sont déplacées et plus de 510 000 hébergées à la capitale. En conséquence de quoi, le rêve d’une intervention courte et sans grands frais s’évanouit, le ” timing ” qui a été fixé à 5 mois au départ pourrait bien se rallonger davantage. Dans l’espoir d’organiser des élections présidentielles avant 2015, les 1600 soldats français déployés, un nombre moins important par rapport au Mali (environ 4500) seraient confrontés selon beaucoup d’analystes à une configuration de terrain beaucoup plus complexe que celle au Nord du Mali. La guerre urbaine ou les guérillas des rues sont très difficiles à maîtriser, les missions de ratissage portent des risques majeurs, les rivalités interethniques nécessitent une présence pérenne. En ce sens, débusquer les milices qui sévissent dans un milieu quasiment tropical prend du temps et coûte des énergies et des moyens énormes. Ce qui contraste avec la topographie désertique du Mali, caractérisée par des étendues vastes et vides dans lesquelles les moindres agissements ou mouvements des djihadistes d’A.Q.M.I sont faciles à repérer. L’ennemi à abattre serait plus efficace dans les broussailles que dans un désert. Une telle différence ne saurait qu’alourdir le bilan des pertes humaines (déjà 2 soldats tués le 10 décembre dernier comparativement au 7 tués depuis le 11 janvier au Mali), cependant, le ministre de la défense Jean-Yves le-Drian relativise ce tableau pessimiste et renvoie ses détracteurs aux faux pronostics déjà projetés avant la guerre au Mali. Une première grande tâche se profile : les milices devraient être désarmées et démantelées. Compter sur la mission internationale de soutien à la Centrafrique (M.I.S.C.A) serait sans effet immédiat. Peu pointé du doigt que dans l’opération ” Serval “, Hollande craint l’enlisement dans le bourbier centrafricain, c’est une guerre intestine inextricablement confuse qui non seulement appelle à ” une pacification ” d’urgence mais aussi et surtout à une restrucuration voire à une refondation d’un Etat déficitaire, la mise en place de mécanismes de gouvernance démocratiques efficaces et la garantie de l’alternance, un long chemin ! L’enjeu est d’autant plus colossal que l’U.A devrait, elle aussi, s’engager sur le fond du problème. C’est en vérité la mission que devraient s’assigner déjà au départ les démocraties occidentales avant que le feu prenne racine dans la maison africaine!

    Au travers le prisme des exemples ivoirien avec Gbagbo, malien et centrafricain pour n’en citer que trois de ces dernières années, l’Afrique a donné l’image peu reluisante d’un continent sous tutelle, défait, incohérent, incapable de se prendre en charge, assurer sa sécurité et venir en aide à des populations au bord du désespoir. Or, la mémoire d’un géant comme Mandela (1918-2013) est là vivante, féconde et jaillissante pour confirmer que les africains sont aussi des artisans de miracles ! Aujourd’hui, la leçon à retenir des bouleversements du monde est que les leaders africains ne peuvent guère s’attendre à ce que des panacées universelles viennent de l’extra-muros, d’amples priorités doivent être accordées au développement national, à la relève intergénérationnelle et à la démocratie participative ! Par ailleurs, sur le plan médiatique, toutes les épithètes tombent d’un seul coup : génocide, tragédie, chaos. D’un côté, on assimile le Centrafrique au Mali, d’un autre, on y voit le fantôme du génocide interethnique du Rwanda entre les hutu et les tutsi qui date de 1994. Un conflit que, il faut bien le rappeler, la France s’était peu engagée à résoudre. Le Centrafrique est un pays anéanti qu’il faudrait ressusciter de ses cendres et remettre en ordre afin de permettre aux deux communautés chrétiennes et musulmanes de vivre en osmose, ce qui prendrait peut-être beaucoup plus du temps qu’il n’y paraît à priori. Et sûrement qui dit temps, dit logistique, moyens financiers, plans à moyen et à long terme. Comment réunir tous ces ingrédients alors qu’à l’autre bout du miroir, l’orthodoxie libérale a du mal à s’enraciner dans une France accrochée au social et aux idéaux de l’Etat-providence, où les réformes ne mènent pas nécessairement aux réussites économiques, où les ondes du tourbillon de la zone euro commencent à s’y faire ressentir. La majorité de gauche au pouvoir fissurée et déchirée en interne est tenue à la gorge par l’imminence des échéances électorales où elle n’attend pas vraiment récolter l’assentiment populaire dans une France qui, effets de crise obligent, ” se droitise ” davantage, et où les slogans ” lepinistes ” gagnent sérieusement du terrain. Profitant de cette aubaine, Sarkozy tente ” un come-back ” discret après le non-lieu obtenu in extremis dans l’affaire d’ ” abus de faiblesse ” concernant la milliardaire Bettencourt. Dernièrement même, il a posé devant Hollande au stade de Soweto en Afrique du Sud et a multiplié des allusions et des déclarations à l’emporte-pièce à l’encontre des cadres de l’U.M.P (union pour le mouvement populaire), formation plus que jamais divisée (Copé-Fillon) sur fond de l’échéance présidentielle de 2017 ! A l’extrême, Jean-Luc Mélenchon, le leader du front de gauche crie, quant à lui, du haut de son piédestal d’eurosceptique et d’activiste anti-capitaliste convaincu sur tous les toits son ras-le-bol en galvanisant les foules pour l’avènement d’une VI république et aussi pour une révolution fiscale où les pauvres auront pleinement leur place. Sans l’ombre d’un doute, sous une grille de lecture semblable, la guerre en Centrafrique est une boîte à fantasmes mais aussi une source de bien mauvaises surprises dont il faudrait bien savoir pour la gauche hexagonale en tirer les dividendes à moindres frais. L’héritage colonial de la Françafrique, quoique avantageux à bien des égards pour l’ex-puissance coloniale, pèse d’un poids lourd sur une réalité française faite aujourd’hui de crispations, d’austérité et de polémiques. Serait-ce alors le début de la fin de la Françafrique?

    * universitaire

    Source : Le Quotidien d’Oran

    Tags : Afrique, France, françafrique, impot colonial, spoliation, pillage, colonialisme, colonisation, 

  • AFRICOM : Contrôle de l’Afrique

    A l’horizon 2013, un quart du pétrole et des matières premières consommés aux USA et devraient provenir d’Afrique. Sur la base de constat, un think tank israélo-états-unien l’Institute for Advanced Strategic & Political Studies (IASPS) a préconisé la création d’un commandement militaire US pour l’Afrique, l’Africom. Il a été inauguré par l’administration W. Bush à la fin de son mandat et placé sous le commandement du général afro-américain William E. Ward, ancien coordinateur de la sécurité entre Israël et l’Autorité palestinienne.

    L’annonce de ce dispositif a suscité une forte résistance en Afrique et aucun État n’a accepté d’héberger le commandement général, lequel s’est en définitive installé en Allemagne et en Italie.
    La montée en puissance de l’Africom devrait s’articuler autour de la base US de Djibouti où stationnent déjà des troupes israéliennes. Une emphase particulière devrait êre portée au contrôle du Golfe de Guinée. Dans un premier temps, pour des raisons diplomatiques, elle devrait prendre la forme d’un réseau de petites bases, plutôt que de la construction de grandes installations. Washington devrait aussi prendre des initiatives pour se donner une image plus conciliante, notamment en acceptant l’exploitation chinoise des champs pétroliers soudanais, donc en cessant de déstabiliser ce pays.

    Simultanément, la France devrait réduire sa présence militaire, la partager avec d’autres États de l’Union européenne, et la mettre au service des opérations de maintien de la paix de l’Union africaine. Paris dispose encore de 9 000 hommes sur place, stationnés en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Gabon, en Centrafrique, au Tchad et à Djibouti.

    « L’Art de la guerre »
    Les Missionnaires de l’AfriCom
    par Manlio Dinucci

    Présenté par le Prix Nobel de la Paix Barack Obama comme une œuvre humanitaire d’aide au développement de l’Afrique, l’AfriCom est en réalité une force de projection permanente destinée à coloniser le continent noir. Son premier exploit médiatique est de soigner des enfants malades, mais sa première mission réelle aura été de bombarder la Libye.

    A première vue on dirait des missionnaires comboniens [1]. Mais ce sont les militaires de l’AfriCom, le Commandement des États-Unis pour l’Afrique. À Djibouti ils soignent les pauvres, tandis qu’en Éthiopie ils construisent des écoles et au Malawi ils font face à une urgence humanitaire. Ces bonnes actions et bien d’autres sont l’œuvre de l’Africom. « L’Amérique a la responsabilité de travailler avec vous comme partenaire », a dit le président Obama dans son discours « historique » du 11 juillet 2009 au Ghana [2], en garantissant que l’AfriCom allait avant tout contribuer à « résoudre pacifiquement les conflits ». Et en assurant que « l’Amérique (Etats-Unis, NdT) n’essaiera d’imposer aucun système de gouvernement à aucune autre nation », parce que « la vérité essentielle de la démocratie est que chaque nation détermine son propre destin ».

    Vingt mois plus tard, le 19 mars 2011, l’AfriCom a lancé l’opération Odissey Dawn, la première phase de la guerre dont le but réel est de renverser le gouvernement de Tripoli pour imposer à la Libye (pays qui a les plus grandes réserves pétrolifères d’Afrique) un gouvernement qui plaise à Washington. Obama a aussi dit que les États-Unis s’emploient à soutenir en Afrique des « démocraties fortes et durables », parce que « le développement dépend du bon gouvernement ». Mission que l’AfriCom réalise en formant en Afrique des « forces militaires partenaires, professionnelles et compétentes, pour créer une situation stable et sûre en soutien de la politique extérieure USA ».

    L’AfriCom contribue donc au bon gouvernement en Afrique en s’appuyant sur ces sommets militaires que Washington juge fiables ou pouvant être conquis. De nombreux officiers sont formés au Centre d’études stratégiques pour l’Afrique et dans divers programmes, surtout l’ACOTA à travers lequel ont été entraînés environ 50 000 instructeurs et soldats africains. Même objectif pour les manœuvres militaires conjointes, comme l’Africa Lion actuellement en cours au Maroc, où ont débarqué 2 000 Marines. La manœuvre, à laquelle participent 900 militaires marocains, est dirigée par un commandement conjoint mobile (Djc2) envoyé par la US Army Africa, le quartier général de Vicence (région Frioul Vénétie Julie, NdT) des forces terrestres AfriCom, relié à celui des forces navales basé à Naples.

    Le Djc2, explique un officier, peut être déployé « dans n’importe quelle condition, dans n’importe quelle partie du continent ». Même si le quartier général de l’AfriCom reste à Stuttgart, étant donnée la réticence de quasiment tous les pays africains à l’accueillir, et si Obama assure que ce dernier « n’a pas pour objectif d’avoir un point d’appui en Afrique », l’AfriCom a déjà là une force permanente : la force d’intervention jointe de la Corne d’Afrique, environ 2 000 hommes basés à Djibouti, qui mène des opérations (en grande partie secrètes) dans divers pays.

    L’AfriCom a aussi diverses « Stations pour le partenariat en Afrique » : des navires de guerre qui vont de port en port, fonctionnant comme bases mobiles où sont entraînés les militaires africains. Les escales préférées sont celle d’Afrique occidentale, région riche en pétrole et autres ressources précieuses, où la frégate lance-missiles Robert G. Bradley a visité en avril le Cap Vert et le Sénégal. Pour l’entraînement (et pour des opérations secrètes), l’AfriCom recourt aussi à des compagnies militaires privées, comme les tristement célèbres DynCorp et Xe Services, payées avec les fonds d’un milliard de dollars institués par le Département d’Etat pour « le maintien de la paix en Afrique ».

    SOURCE : Voltairenet.org
    Traduction Marie-Ange Patrizio
    Source Il Manifesto (Italie)

    Tags : Afrique, AFRICOM, Etats-Unis,

  • Le Maroc pique aux africains leur part de chloroquine, médicament pour traiter le covid-19

    Selon l’agence de presse mauritanienne Alanbaa, le Maroc a acheté la part destinée à l’Afrique de chloroquine, le traitement anti-paludique utilisé contre le covid-19.

    Dans une dépêche publiée sur son site, Alanbaa indique que la succursale de la société française Sanofi a confirmé que le Maroc a acheté toute sa production de chloroquine après que celle-ci ait donné des résultats positifs dans le traitement des patients atteints du virus covid-19.

    Citant des sources de la presse française, Alanbaa rapporte que ces médicaments étaient à l’origine destinés à l’Afrique subsaharienne.

    Alanbaa rappelle que le Premier ministre marocain Saadeddine El Othmani a indiqué dans un post publié sur son compte Twitter, que « tous les cas infectés par le coronavirus au Maroc, qui souffrent de ses symptômes, sont en fait traités avec ce médicament et il est fabriqué au Maroc, il n’y a donc pas besoin d’auto-flagellation ».

    Ainsi, le Maroc, qui prétend défendre les intérêts des africains, a été pris en flagrant délit de détournement d’un médicament vital pour le traitement du paludisme dans les pays de l’Afrique subsaharienne.

    Tags : Maroc, Afrique, choloroquine, paludisme, covid-19, coronavirus, pandémie,