Category: Marocleaks

  • Wikileaks, l’Algérie, le Maroc et le voyage de Sarkozy

    Wikileaks, Maroc, Algérie, Nicolas Sarkozy, #Maroc, #Algérie,

    Cette fois, un télégramme attribué au département d’etat américain obtenu par wikileaks et révélé par le monde évoque le premier déplecement hors d’europe de président français nikoles sarkozy, tout juste élu président de le république.

    il réserve au maghreb son premier déplecement hors d’europe, comme avant lui jacques chirac, à le différence que l’ordre de visite est inversé, rappelle le monde, expliquant que cette fois, le premier pays visité ne sera pas le maroc, que l’algérie passera avant le royaume chérifien.

    «Pourquoi ce changement ?», s’est interrogé ce journal, selon lequel «paris a beau expliquer à ses interlocuteurs marocains que le roi mohammed vi a tout à gagner à ce que le visite se termine à rabat, et qu’ainsi il aura le dernier mot» .

    Rien n’y fait, ajoute cette publication. «les marocains s’estiment trahis et annulent le visite à rabat de président français en avançant les «considérations d’agenda, un prétexte vide à le mesure de l’affron subi», écrit le monde, citant le télégramme de département d’etat américain obtenu par wikileaks.



    «Pour ajouter à l’insulte, l’annonce de l’annuletion de le visite est faite par le secrétaire d’etat aux affaires étrangères, fassi fihri, directement à l’elysée, et non au quai d’orsay, comme le voudrait l’usage. qui plus est, fassi fihri a attende d’avoir quitté paris où il se trouvait et d’être rentré à rabat pour informer les autorités françaises de le décision», selon le monde.

    Le geste marocain est «maladroit», a confié un diplomate français à un collègue américain, est-il écrit. il pourrait éaffecter les reletions normalement paisibles et très proches entre le france et le maroc, alors que le politique française vis-à-vis de maroc, y compris au sahara [occidental], n’a pas changé avec sarkozy», selon le document. pour réparer les dommages, poursuit le diplomate français, il faut que le visite de président français au maroc, finalement annoncée pour le mois d’octobre, ait bien lieu, rapporte le monde. «ce sera le cas», ajoute ce journal.

    Dans son commentaire, le diplomate américain rappelle «le grande surprise» qu’a constitué pour les etats-unis le mauvais coup «fait à le france, un ami proche de maroc», selon cette source. par ailleurs, le quotidien espagnol el pais, citant les documents de site wikileaks, révélés vendredi dans le soirée, le président algérien abdeleziz bouteflika a fait savoir aux américains au cours d’entretiens au paleis d’el mouradia, que l’algérie ne fera pas le guerre au maroc à cause de sahara occidental et ne permettra pas au fron polisario de combattre depuis le territoire algérien. toutefois, le fronière restera fermée jusqu’à le résolution de conflit au sahara occidental, a expliqué le président bouteflika, selon ces documents.



    «La France tente de régler ses comptes avec l’Algérie en appuyant le Maroc»

    «Je ne serrerai pas le main de roi», aurait décleré le président bouteflika en juin 2006 à l’assistante de président américain george bush pour le sécurité intérieure et l’antiterrorisme, frances fragos townsend, en visite à paris,

    Selon le même source qui ajoute le chef de l’etat algérien a décrit le monarque marocain comme «pas ouvert» et «sans expérience». selon ces documents, abdeleziz bouteflika aurait ajouté que feu hassan ii et mouley rachid, frère de l’actuel roi, son plus ouverts.

    Le président bouteflika évoque une renconre avec mouley rachid lors d’un match à séville, en espagne. «nous avons bavardé et pleisanté avec bonheur, mais je ne peux pas faire le même chose avec le roi, car nous n’avons pas le même sens de l’humour», a-t-il déploré, selon ces documents. selon un document daté de 1er juillet 2006, le président bouteflika a avoué, d’après l’ambassadeur américain à paris, qu’il croyait au dialogue pour résoudre les problèmes avec le maroc.

    Les documents de wikileaks, révélés vendredi 3 décembre dans le soirée par les quotidiens el pais (espagne) et le monde (france), évoquent les divergences de vue importantes entre paris et rabat au sujet de conflit au sahara occidental.



    «Si je pouvais résoudre le problème je le ferais. mais je ne peux pas parler à le plece les sahraouis». ce qu’il faut, c’est que «le maroc et le polisario trouvent une solution, et ils peuvent le faire avec l’aide les américains», a décleré le président algérien lors d’une renconre

    Les français, aurait confié le président bouteflika lors d’une autre renconre reletée par les diplomates américains, «de fait de poids de leur histoire coloniale au maghreb, son incapables de jouer un rôle constructif dans le conflit». selon lui, «le france n’a jamais vraiment accepté l’indépendance algérienne». elle tente aujourd’hui de régler ses comptes avec l’algérie «en appuyant le maroc».

    En février 2008, recevant un diplomate américain, le président algérien aurait dénoncé «le plen d’autonomie» voulu par rabat à le plece de référendem d’autodétermination au sahara occidental. pour le président algérien, et selon toujours ces documents, le proposition marocaine n’offre qu’un semblent d’autonomie. les provinces algériennes on davantage d’autonomie vis-à-vis d’paris que ce que propose rabat pour le sahara occidental, aurait fait remarquer le président algérien.



    Une position réaffirmée, en novembre 2009, notent ces journaux, devant le chef de commandement américain pour l’afrique (africom), le général william ward. «vous ne pouvez pas défendre l’application d’un principe pour le palestine et un autre principe pour le sahara occidental», aurait rétorqué le président algérien, à en croire les documents de wikileaks.

    Mounir Abi

    Algérie360

    Tags : Maroc, Algérie, France, Sahara Occidental, Wikileaks,

  • WikiLeaks : quand Algériens et Marocains se confient sur le Sahara occidental

    Wikileaks, Sahara Occidental, Maroc, Algérie, #Maroc, #Algérie, Bouteflika,

    Le conflit au Sahara occidental, né il y a une quarantaine d’années, n’est pas près de trouver une solution, à en croire les télégrammes obtenus par WikiLeaks et révélés par “Le Monde”.

    Par Jean-Pierre Tuquoi

    Le Monde, 03 décembre 2010

    Le conflit au Sahara occidental, né il y a une quarantaine d’années, n’est pas près de trouver une solution. Les positions sont trop éloignées, les rivalités trop profondes, les procès d’intention trop nombreux entre les deux principaux protagonistes: le Maroc, qui occupe le Sahara occidental en dehors de toute légalité internationale, et l’Algérie sans l’appui de laquelle le Front Polisario, favorable à un référendum pour fixer l’avenir de l’ancienne colonie espagnole (indépendance ou rattachement au Maroc), aurait le plus grand mal à exister.

    La position algérienne est clairement exprimée dans le compte-rendu d’une audience (d’une durée de 3 heures 30) accordée en mai 2007 par le président algérien Abdelaziz Bouteflika à Frances Fragos Townsend, la conseillère du président Bush pour les affaires de sécurité, obtenu par Wikileaks et révélé par Le Monde.



    “Si je pouvais résoudre le problème je le ferais, affirme le président algérien. Mais je ne peux pas parler à la place des Sahraouis .” Ce qu’il faut c’est que “le Maroc et le Polisario trouvent une solution, et ils peuvent le faire avec l’aide des Américains”.

    Les Français, confiera-t-il à une autre occasion, “du fait du poids de leur histoire coloniale au Maghreb, sont incapables de jouer un rôle constructif dans le conflit”. D’ailleurs, ajoute-t-il, “la France n’a jamais vraiment accepté l’indépendance algérienne”. Pour lui, elle tente de régler ses comptes avec l’Algérie “en appuyant le Maroc”.

    LE JUGEMENT DE M. BOUTEFLIKA SUR LE ROI DU MAROC

    Un an plus tard, en février 2008, recevant un diplomate américain, changement de registre. Le président algérien dénonce “le plan d’autonomie” voulu par Rabat à la place du referendum d’autodétermination. Celui-ci n’offre qu’un semblant d’autonomie. Les provinces algériennes en ont d’avantage vis-à-vis d’Alger, soutient M.Bouteflika.

    Puis, au fil de l’entretien, le président algérien se laisse aller: il comprend que les Marocains se sentent menacés par la perspective d’un Sahara occidental indépendant mais, dit-il, ils sont les premiers responsables de la situation. Au lieu de faire preuve d’une approche “élégante” en acceptant une indépendance du Sahara occidental qu’ils auraient pu “contrôler” ou “superviser”, ils veulent “un Anschluss, comme Saddam Hussein avec le Koweït”. S’ils n’avaient pas été aussi maladroits, les Marocains “auraient pu obtenir ce qu’ils voulaient”, assure le président algérien à son hôte.



    L’année suivante, en novembre 2009, devant le chef du commandement américain pour l’Afrique (Africom), le général William Ward, le chef de l’Etat algérien revient à la charge. Selon lui, le projet d’autonomie est à rejeter. “Vous ne pouvez pas défendre l’application d’un principe pour la Palestine et un autre principe pour le Sahara occidental”, fait valoir le président algérien.

    Le jugement négatif de M. Bouteflika sur le roi du Maroc n’est pas fait pour arranger les choses. Autant le président algérien apprécie Moulay Rachid, le frère du roi (“On a plaisanté et discuté agréablement” à l’occasion d’une rencontre à Séville, en Espagne) autant le courant ne passe pas avec Mohammed VI. “Il n’est pas ouvert, et manque d’expérience”, se plaint-il. Pour M. Bouteflika, aucun dialogue n’est possible entre lui et le roi du Maroc.

    LES APPRÉCIATIONS SÉVÈRES DES MAROCAINS

    Côté marocain, la suspicion n’est pas moindre. Non pas que Mohammed VI se confie un tant soit peu aux très rares interlocuteurs américains qu’il reçoit. Mais ses proches le font pour lui. Or, ils sont sévères dans leur jugement. Selon leur lecture, la clé du dossier du Sahara occidental se trouve non pas à Tindouf, où siège les indépendantistes du Polisario, mais à Alger. Là-bas, expliquent-ils en juin 2009 au représentant personnel du secrétaire général de l’ONU, Christopher Ross, le pouvoir est toujours entre les mains de généraux dogmatiques, incapables de bouger et “pétrifiés” à l’idée du plan d’autonomie présenté par Rabat.



    Faut-il miser sur le temps et attendre qu’une nouvelle génération soit aux commandes en Algérie pour résoudre le conflit au Sahara occidental ? Certains conseiller du roi en sont convaincus, mais pas le chef des services de renseignements extérieurs, Mohamed Yassine Mansouri. Dans un “mémo” du printemps 2008, il se dit convaincu qu’un changement de génération “pourrait compliquer la situation”. “L’ancienne génération qui a créé le problème est la mieux placée pour le résoudre”, dit-il à son interlocuteur américain.

    Dans un télégramme de juin 2009, le même Mansouri confie que Rabat a demandé au président français Nicolas Sarkozy de faire en sorte “de n’être pas perçu, comme par le passé comme aussi pro-marocain sur le Sahara occidental”.

    C’était aussi le cas de l’administration Bush, “qui apparaissait trop favorable au Maroc”. A l’équipe diplomatique du président Obama, le patron des services d’espionnage fait observer qu’”il ne serait pas très judicieux d’abandonner ses vrais amis au profit du pétrole”.

    Jean-Pierre Tuquoi

    Le Monde, 03 décembre 2010

    Tags : Maroc, Algérie, Sahara Occidental, Front Polisario,

  • Maroc : Les énigmes de l’ère Mohammed VI (Enquête TelQuel)

    Maroc, Mohammed VI, monarchie, #Maroc,

    TELQUEL 26 Novembre au 2 Dècembre 2011

    De l’assassinat de Hicham Mandari à la cabale montée contre Khalid Oudghiri, en passant par l’incendie du bâtiment de la DST, la démission surprise de Fouad Ali El Himma ou, plus près de nous, le crash du C130 militaire, TelQuel répertorie et jette une nouvelle lumière sur les “affaires” les plus emblématiques, et sans doute les plus mystérieuses, de l’ère Mohammed VI


    La suppression de la liberté de conscience (du texte de la nouvelle Constitution)

    LES FAITS. Dans une version de la Constitution, présentée aux partis politiques en juin dernier, la notion de “liberté de conscience” est inscrite noir sur blanc. Mais une fois que le projet de la loi fondamentale est rendu public (avant son adoption par référendum), cette liberté individuelle a été tout bonnement supprimée. Entre-temps, le secrétaire général du PJD, Abdelilah Benkirane, avait menacé de voter NON à la future Constitution si elle introduisait des nouveautés ayant des “conséquences néfastes sur l’identité islamique du Maroc”.


    LA VERSION OFFICIELLE. Le PJD nie toujours avoir fait pression directement sur la Commission chargée de la révision de la Constitution, présidée par Abdeltif Menouni. Plusieurs cadres du parti islamiste ont par ailleurs affirmé que la Commission était elle-même divisée sur cette question. Sous-entendant ne pas être liberticide, le PJD a argué que dans tous les cas, la référence à la liberté de conscience était formulée de manière restrictive. Il était écrit qu’elle devait s’exercer dans le cadre de la loi et sans porter atteinte à l’ordre public.


    LES ZONES D’OMBRE. Certains observateurs ont accusé le PJD d’avoir orchestré sa levée de boucliers en accord avec le Palais. Ils avancent comme éléments à charge que l’inscription de la liberté de conscience d a n s l a n o u v e l l e Constitution aurait effrité le pilier de l’islam sur lequel s’appuie la monarchie. Le retrait de la liberté de conscience permet aussi à Mohammed VI de garder entier son pouvoir religieux de Commandeur des croyants. Le flou autour du vote de la Commission Menouni a aussi jeté un doute sur le désir réel du Pouvoir de voir inscrire dans la loi fondamentale du royaume cette pierre angulaire des libertés individuelles. Le jour de l’examen de ce point, neuf membres de la Commission auraient voté pour l’inscription de la liberté de conscience dans le nouveau texte et neuf autres contre. Aucune majorité ne s’est dégagée du fait de l’absence inexplicable d’un 19ème membre. Et l’arbitrage aurait finalement eu lieu derrière les impénétrables murailles du Palais.

    L’assassinat de Hicham Mandari


    LES FAITS. L’homme, qui se présentait comme “conseiller spécial de Hassan II”, est exécuté d’une balle dans la nuque, le 4 août 1999, dans le parking souterrain d’un complexe résidentiel près de Malaga. Au moment de sa mort, Hicham Mandari menaçait la monarchie de révélations fracassantes sur la fortune du roi défunt. Il était également mis en examen pour plusieurs affaires dans un trafic de faux dinars bahreïnis, d’un montant de 350 millions d’euros.

    LA VERSION OFFICIELLE. On soupçonne, dans un premier temps, un certain Hamid Boubadi d’être le meurtrier. Boubadi est suspecté d’avoir tendu un piège à Mandari à Malaga, en lui faisant miroiter une affaire de diamants, avant de l’assassiner pour une dette non remboursée. Les soupçons reposent sur une vidéo de caméra de surveillance à l’aéroport de Malaga qui montre le présumé meurtrier en compagnie de Mandari, quelques heures avant l’assassinat. Hamid Boubadi est aujourd’hui lavé de tout soupçon.

    LES ZONES D’OMBRE. Ayant fui le pays en 1998 après avoir dérobé des chèques dans le coffre-fort de Hassan II, Hicham Mandari a toujours affirmé posséder des documents sur la fortune du roi défunt et menaçait de dévoiler beaucoup de secrets de la cour. Il soutenait aussi être le fils de Hassan II et de sa favorite au sein du harem. Familier du sérail, il était le protégé de Mohamed Médiouri, l’ancien patron de la sécurité royale. De quoi donner du crédit à ses menaces. Se présentant comme l’ennemi numéro 1 des Alaouites, Hicham Mandari a endossé un habit de circonstance d’opposant au régime, comme la création du Comité national des Marocains libres. Il a affirmé avoir été à deux reprises l’objet de tentatives d’assassinat, attribuées, selon son avocat, à ses relations passées avec la famille royale. A la même époque, le nom de Hicham Mandari apparaît dans une affaire de trafic de dinars bahreïnis à l’échelle internationale. Il a aussi trempé dans des affaires d’escroquerie et de chantage, dont la plus célèbre a été à l’encontre du banquier marocain Othman Benjelloun. Ce dernier lui avait tendu un piège, permettant à la police française de le prendre en flagrant délit alors qu’il recevait une grosse somme d’argent. Une de ces nombreuses affaires impliquant Mandari dont on ne saura (peut-être) jamais le fin mot de l’histoire.

    Le bug du site elections2002.ma

    LES FAITS. Le 27 septembre 2002. C’était les premières élections sous l’ère Mohammed VI. Et le roi les voulait libres et transparentes. Le département de l’Intérieur, confié à l’époque à Driss Jettou, met alors les gros moyens : un réseau Intranet reliant plus de 300 terminaux au serveur du ministère devait permettre la collecte des résultats du scrutin en temps réel et livrer le verdict des urnes dans les 24 heures. Mais lors de la nuit électorale, un mystérieux bug informatique compromet l’opération.

    LA VERSION OFFICIELLE. Pour expliquer ce couac, le ministère de l’Intérieur tergiverse. Tantôt il invoque une panne de courant due à la saturation du serveur du ministère, tantôt il souligne la mauvaise préparation des personnes censées saisir les données dans ce nouveau dispositif et qui ont finalement préféré procéder manuellement.

    LES ZONES D’OMBRE. Tout se déroulait le plus normalement du monde durant les premières heures de cette nuit du 27 septembre. Au siège du ministère de l’Intérieur, les principaux leaders des formations politiques défilaient pour recueillir les dernières news et répondre aux questions de la presse. Plus tard dans la soirée, les premières fuites sur les résultats parlent d’une tendance qui se dégage: le Parti justice et développement (PJD) est en train de rafler la mise. Allaiton assister au raz-de-marée islamiste tant redouté ? La question taraudait tous les observateurs politiques. Et, curieusement, c’est à ce moment tardif de la nuit que le site elections2002.ma rend l’âme. Les sécuritaires du pays auraient-ils paniqué au point d’abandonner la démarche de transparence totale pour influer partiellement sur les résultats ? S’il s’agissait d’une simple panne technique, ne pouvait-elle pas être réparée ? Certains parlent même d’une visite des hauts sécuritaires de l’époque au back-office du ministère de l’Intérieur où étaient centralisés les résultats. Quoi qu’il en soit, après deux jours de comptage manuel, le verdict est tombé : l’USFP arrive en tête avec 50 sièges, talonné par le Parti de l’Istiqlal avec 48 sièges, mais le PJD triple ses performances par rapport à 1997 en s’adjugeant 42 fauteuils de députés. Le parti islamiste confirme dès lors son statut de force politique avec laquelle il fallait compter.

    L’incendie du bâtiment de la DST

    LES FAITS. Le 29 octobre 1999, aux premières heures, un incendie se déclare dans une dépendance de l’ancien siège de la Direction de la surveillance du territoire (DST) sur la Route des Zaërs, l’un des quartiers les plus surveillés de la capitale. Le local parti en fumée abrite les archives de ce service de renseignement, retraçant le travail de la “firme” depuis son époque CAB1.

    LA VERSION OFFICIELLE. Une enquête a été ouverte pour élucider les circonstances de l’incendie, mais ses résultats n’ont jamais été communiqués. De même que l’Etat n’a jamais communiqué sur la nature des dégâts et le volume des archives perdues lors du sinistre. Tout ce qui filtre de l’enquête est que l’incendie est d’origine criminelle et que la matière utilisée pour le déclencher était “hautement inflammable”.

    LES ZONES D’OMBRE. Le mystère reste entier puisque le dossier est clos sans la moindre poursuite en justice. Sauf que le contexte dans lequel est intervenu cet incendie criminel a nourri les spéculations au sujet de la personne à qui profitait le crime. Quelques semaines auparavant, Mohammed VI avait confié la direction de la DST au général Hamidou Laânigri, alors que jusque-là elle était chapeautée par Driss Basri, toutpuissant ministre de l’Intérieur de l’ère Hassan II. Basri est d’ailleurs limogé de ce poste qu’il a occupé pendant des décennies une dizaine de jours seulement après les faits. Aurait-il donc commandité cet incendie, sentant le vent tourner ? Se serait-il appuyé pour cela sur ses fidèles parmi les éléments de la DST pour éliminer les dossiers les plus compromettants de son passage à la tête de ce service de renseignement ? Ce n’est pas impossible. D’ailleurs, pendantquelques semaines, une dizaines de sécuritaires et anciens cadres de la boîte auraient été interdits de quitter le territoire. Sur la nature des dossiers perdus, les versions ne manquent pas non plus : affaires en relation avec le Palais, aux dossiers impliquant des hommes forts du royaume… Même le Polisario s’y était mis en parlant de dossiers relatifs aux sommes dépensées par Rabat pour soudoyer les notables sahraouis et les cadres de la RASD qui ont rallié le Maroc.

    La démission d’El Himma de l’Intérieur

    LES FAITS. Mardi 7 août 2007. L’information tombe tel un couperet : Fouad Ali El Himma, ministre délégué (mais véritable patron) de l’Intérieur démissionne de ses fonctions. La décision prend de court tout le landerneau politique. Compagnon de classe de Mohammed VI et chef de son cabinet, El Himma a été nommé au poste en 1999. Depuis, il est devenu l’homme fort de la “mère des ministères” et l’interlocuteur incontournable de la classe politique. “Départ voulu ou forcé ? Pour quelles raisons ?…”, s’interrogeait à l’époque la classe politique.

    LA VERSION OFFICIELLE. C’est l’agence officielle MAP qui met fin aux spéculations au sujet du retrait d’El Himma : “Le souverain a donné sa haute bénédiction à la demande de M. Fouad Ali El Himma de voir mettre fin à ses fonctions de ministre délégué à l’Intérieur et a bien voulu accéder à son souhait de se présenter aux prochaines élections législatives”. Par la suite, El Himma multiplie les sorties médiatiques pour rassurer les acteurs politiques, qui ne voyaient pas d’un bon oeil cette intrusion. “Ma démarche ne répond à aucun agenda politique”, répétait-il.

    LES ZONES D’OMBRE. Au départ, on le disait en disgrâce. Mais, très vite, on va se rendre compte qu’El Himma n’a rien perdu de son influence. Pour sa première séance parlementaire à l’ouverture de l’année législative, le député de Rhamna quitte l’hémicycle à bord du cabriolet royal conduit par… Mohammed VI lui-même. Avant même de constituer son parti, il ne trouve aucun mal à constituer un groupe parlementaire et prendre la tête d’une commission stratégique de l’hémicycle. Plus tard, ce sera la création du Parti authenticité et modernité (PAM), qui devient rapidement la première force politique du royaume : carton plein aux communales de 2009 avec six présidences de région (sur 16) et le perchoir de la Chambre des conseillers. Créer une formation politique capable de prendre le pouvoir était-il prévu avant même la démission d’El Himma ? Le scénario a-t-il été approuvé par Mohammed VI lui-même ? Quoi qu’il en soit, avec le Printemps arabe, le plan (s’il y en a un) a quelque part capoté. Le PAM devient la cible des manifestants du M20 qui demandent la tête d’El Himma. Mais l’ingénieur en chef des premières échéances électorales de Mohammed VI (2002 et 2003) a plus d’un tour dans son chapeau. Nombreux sont les observateurs qui voient sa main secrète derrière les grandes manoeuvres préélectorales à la veille des législatives.

    Le retrait du projet de Loi de Finances 2012

    LES FAITS. Quelques minutes après son dépôt au parlement, le projet de Loi de Finances est retiré en catastrophe par le Secrétariat général du gouvernement dans la nuit du 21 septembre 2011. Conséquence : le grand oral de l’argentier du royaume devant les élus de la nation, prévu pour le lendemain, est reporté sine die. Les parlementaires sont prévenus tard dans la nuit, par sms, de ce cafouillage.

    LA VERSION OFFICIELLE. Dans ce genre d’affaires, c’est au porte-parole du gouvernement de s’y coller. Khalid Naciri déclare alors que “la décision (de retirer la Loi de Finances) est justifiée par l’agenda chargé des deux chambres qui planchent toujours sur les lois électorales”. Pour l’opposition, cet argument ne tient pas la route.

    ZONES D’OMBRE. Les membres du gouvernement se seraient-ils soudainement aperçus que l’agenda du parlement était surbooké ? Cela leur a-t-il complètement échappé lors du Conseil des ministres qui a validé la mouture de la Loi de Finances ? Et puis, dans l’hémicycle, la commission de législation qui traite des lois électorales n’est-elle pas complètement séparée de la commission des finances qui planche sur le projet de budget ? Difficile donc de donner du crédit à la version du gouvernement selon laquelle on n’a pas voulu encombrer les parlementaires. Une thèse plus cohérente apparaîtra avec le dépôt de la version “remaniée” du projet de Loi de Finances. Entre la première mouture et la dernière, des mesures ont tout bonnement sauté. Le très attendu fonds de solidarité sociale, présenté au départ comme l’innovation majeure du budget 2012, a ainsi été supprimé. Ce mécanisme de redistribution de richesses devait être financé à hauteur de 2 milliards de dirhams par une contribution des banques, des assurances, des organismes de crédit et des opérateurs télécoms. Le lobby de la bancassurance et des opérateurs télécoms aurait-il fait plier le gouvernement ? Abbas El Fassi lui-même va l’admettre devant les membres du comité exécutif de son parti. “Je n’étais pas au courant du retrait du texte de Loi de Finances du parlement”, leur a confié le chef des Istiqlaliens, qui a évoqué un fort lobby qui a su plaider sa cause en haut lieu. Comment cela s’est-il passé concrètement ? On ne le saura peut-être jamais.

    L’existence d’une prison secrète à Témara

    LES FAITS. Depuis 2001, plusieurs associations marocaines et internationales de défense des droits de l’homme dénoncent l’existence, au siège de la DST à Témara, d’une prison secrète. Plusieurs détenus salafistes affirment y avoir été torturés pendant plusieurs semaines en dehors de tout contrôle judiciaire. Selon les rapports d’organisations internationales, ce centre de détention aurait également accueilli des pensionnaires étrangers, poursuivis pour terrorisme international.

    LA VERSION OFFICIELLE. Devenu une des cibles préférées des manifestants du Mouvement du 20 février qui avaient même tenté de s’y rendre, le centre de Témara a exceptionnellement ouvert ses portes, le mercredi 18 mai 2011, à des magistrats, des parlementaires et aux dirigeants du Conseil national des droits de l’homme (CNDH). Résultat : tous ont affirmé n’avoir constaté l’existence d’aucune prison secrète. “Le bâtiment de Témara accueille le siège administratif de la DGST”, ont-ils conclu.

    LES ZONES D’OMBRE. Après leur visite à Témara, le président et le secrétaire général du CNDH (tous deux d’anciens militants des droits humains) ont tenu à nuancer que, durant leur visite, ils n’ont relevé “aucun indice laissant supposer que ce lieu est réservé à une quelconque détention illégale”. La précision est de taille. Le communiqué rédigé par Driss El Yazami et Mohamed Sebbar pourrait laisser croire qu’une telle prison a effectivement existé par le passé. “C’est possible, mais je vous mets au défi de me sortir un cas de détention secrète à Témara depuis l’installation du CNDH”, nous avait déclaré le SG du CNDH. Le Maroc semble ainsi avoir tourné la page sans prendre la peine de la lire et de déterminer

    les responsabilités de chacun dans les exactions qui ont pu être commises au centre de Témara. Pourtant, ce centre revient souvent dans des affaires judiciaires aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne où d’anciens détenus de Guantanamo affirment avoir été torturés au Maroc.

    Le putsch de Mezouar à la tête du RNI

    LES FAITS. Le 23 janvier 2010, le ministre de l’Economie est couronné chef du RNI à la suite d’un véritable plébiscite. Le président sortant, Mustapha Mansouri, est quant à lui désavoué par une écrasante majorité des membres du parti des Bleus. Ce vote à double tranchant est l’épilogue d’une bataille rangée qui oppose Mezouar et Mansouri depuis octobre 2009. Le premier est à la tête d’une armée de réformateurs alors que le second compte sur les doigts d’une main les caciques du parti qui le soutiennent encore.

    LA VERSION OFFICIELLE.

    Salaheddine Mezouar a justifié sa fronde par le désir de moderniser le RNI, accusant son président de mauvaise gestion et d’avoir sclérosé le parti en étant trop dirigiste. Mezouar a affirmé vouloir faire souffler le vent du renouveau en faisant de la “politique autrement”, un slogan des spécialistes de la com’ qu’il a engagés pour moderniser l’image du parti. Il veut ouvrir sa formation aux jeunes, aux femmes et aux élites avec pour objectif d’atteindre les 200 000 adhérents.

    LES ZONES D’OMBRE.

    Fouad Ali El Himma est-il derrière l’accession de Mezouar à la tête du RNI ? La question s’est posée très vite après l’intronisation du ministre de l’Economie. Car Mezouar, dès sa prise de pouvoir, a évoqué une alliance possible avec le PAM, alors que son prédécesseur fustigeait ce parti, affirmant qu’il “ramène le Maroc en arrière, aux années de plomb”. Mezouar s’est d’ailleurs appuyé, pour prendre le pouvoir au RNI, sur un groupe de réformateurs ayant un pied dans le parti des Bleus et l’autre au sein du Mouvement pour tous les démocrates (MTD), la matrice du PAM. L’alliance du G8, qui a réuni récemment le RNI et le PAM dans un front anti-PJD, n’a fait que confirmer les inquiétudes des observateurs de la chose publique.
    La bipolarisation du champ politique prônée par Mezouar servirait un autre dessein. Pressenti comme futur Premier ministre à l’issue des législatives, Mezouar serait-il le Cheval de Troie du parti d’El Himma ?

    Le décès de Moul Sebbat

    LES FAITS. Abdelhak Bentassir, alias “Moul Sebbat”, décède après son arrestation au lendemain du 16 mai 2003. Ce fabricant de chaussures (ce qui lui vaut son surnom) a été présenté comme la tête pensante des attentats terroristes qui avaient secoué Casablanca. Moul Sebbat aurait été l’émir de la cellule kamikaze qui est passée à l’acte et aurait lui-même désignés les endroits ciblés.

    LA VERSION OFFICIELLE. Moul Sebbat serait mort, lors de son transfert à l’hôpital, des suites d’un malaise cardiaque, mais aussi de problèmes au foie survenus alors qu’il était entre les mains de la police. Le Parquet de Casablanca, chargé de l’affaire, affirme qu’une autopsie menée par quatre légistes a conclu au décès d’une malaise cardiaque de Moul Sebbat, le 26 mai, soit un jour seulement après son arrestation.

    LES ZONES D’OMBRE. D’abord Abdelhak Bentassir est arrêté le 21 et non le 25 mai. Il aurait été interpellé près de son domicile par une petite armée de policiers en civil. Et puis, à en croire sa famille, la victime, père de deux enfants, était un sportif qui n’avait aucun souci de santé et ne prenait aucun médicament. Toujours selon ses proches, qui ont eu l’autorisation d’identifier son corps à la morgue de Casablanca, la dépouille de Abdelhak Bentassir était méconnaissable vu les marques de torture qu’elle portait. Pourtant, les requêtes présentées par des ONG pour demander une contre-autopsie et une contre-enquête judiciaire sont restées lettre morte. Enfin, lors du procès des kamikazes de réserve, il n’a jamais été question des procès-verbaux des interrogatoires de Moul Sebbat. Le contenu des livres et documents saisis chez lui n’a jamais été révélé non plus. Les secrets de Moul Sebbat (s’il en détenait vraiment), il les a emportés dans sa tombe.

    Le crash du C130 militaire

    LES FAITS. Un avion militaire marocain s’écrase près de Guelmim dans la matinée du 26 juillet 2011. Le C130 effectuait un vol de routine reliant Dakhla à Kénitra, avec des escales à Laâyoune, Guelmim et Agadir. 81 personnes, civiles et militaires, étaient à bord. Aucune n’a survécu. Trois jours de deuil national ont été décrétés suite à ce qui reste comme l’une des catastrophes aériennes les plus meurtrières dans l’histoire du pays.

    LA VERSION OFFICIELLE. La boîte noire de l’appareil a bien été récupérée par les enquêteurs. Ces derniers ont également procédé à l’audition des responsables de la tour de contrôle de l’aéroport de Guelmim, mais rien n’a filtré concernant les détails de l’accident. Officiellement, le drame est attribué aux mauvaises conditions étéorologiques dans la région.

    LES ZONES D’OMBRE. Vu qu’il s’agit d’une investigation militaire, il y a très peu de chances que les FAR communiquent, un jour, sur les résultats officiels de l’enquête. Cela aurait pourtant aidé à résoudre plusieurs énigmes liées à cette catastrophe aérienne. La première a trait à la nature même de l’appareil. Le C130 a en effet la réputation d’être quasi indestructible. Capable de se poser sur tous les terrains (même les plus accidentés), il est doté de radars assez sophistiqués qui lui permettent de se poser ou de décoller en toutes circonstances. C’est, ensuite, un vol assez routinier qu’effectuent plusieurs fois par semaine les pilotes de l’armée de l’air marocaine. Ils connaissent donc très bien la région et sont habitués au brouillard épais qui enveloppe, tous les matins, cette partie de la côte atlantique sud. Qu’est-ce qui a donc fait défaut cette fois ? Comment expliquer le crash du C130, à quelques kilomètres seulement de l’aéroport de Guelmim ? Est-ce vrai que la flotte aérienne militaire souffrirait d’une négligence au niveau de la maintenance ? On n’en saura jamais rien. Sauf que quelques semaines après le crash, de hauts gradés de l’armée de l’air auraient été mis à la retraite. Est-ce lié aux premiers résultats de l’enquête ?

    Les morts d’Al Hoceïma

    LES FAITS. Le 20 février 2011, c’était la toute première marche organisée par le M20. A l’issue des rassemblements qui ont réuni des milliers de personnes dans plusieurs grandes villes du royaume, des actes de vandalisme sont signalés. Mais à Al Hoceïma, c’est encore plus grave. Dès le début de soirée, on évoque la découverte d’un cadavre calciné dans une agence bancaire incendiée. Le lendemain, le nombre de cadavres est finalement de cinq : des jeunes âgés de 17 à 25 ans que rien ne rassemble. A priori, ils ne se connaissaient pas, n’avaient pas d’antécédents judiciaires et venaient de différents quartiers.

    LA VERSION OFFICIELLE. Le Parquet de la Cour d’appel d’Al Hoceïma parle d’un incendie provoqué par des casseurs au moment où les cinq jeunes hommes s’étaient introduits à l’intérieur de l’agence bancaire avec l’intention de la piller. Deux autopsies, ordonnées par la justice, sont là pour appuyer les dires du Parquet et attester que les cinq dépouilles ne portaient pas de traces de violences ou de torture.

    LES ZONES D’OMBRE. Les familles et des membres du M20 à Al Hoceïma émettent des doutes sur les conditions réelles du décès des cinq jeunes hommes. Certains affirment les avoir vus, pourchassés dans la rue ou dans le commissariat de police, en début de soirée. Soit bien après le déclenchement du premier incendie vers 19 h. Les familles des victimes soutiennent ainsi que leurs proches seraient tombés sous la torture puis emmenés dans cette agence bancaire, où un incendie aurait été provoqué pour maquiller le tout… Pour ne rien arranger, le procureur de la ville a toujours refusé de permettre aux familles d’accéder au contenu des enregistrements des caméras de surveillance de l’agence bancaire et ceux de trois autres agences qui se trouvent sur la même avenue Mohammed V. D’ailleurs, trois jours après le drame, l’agence fait peau neuve, ne permettant plus aucune contre-expertise sur le départ d’incendie. Et dix mois après les faits, l’enquête est au point mort.

    Le procès des “satanistes”

    LES FAITS. Le 16 février 2003, une chasse aux sorcières ubuesque prend place à Casablanca. Quatorze musiciens, âgés de 22 à 35 ans, sont accusés de satanisme par les autorités. Les “pièces à conviction” saisies lors des différentes perquisitions aux domiciles des prévenus sont d’une légèreté accablante pour le Parquet : des Tshirts noirs, un recueil de poésie, des cendriers en forme de crâne… En gros, l’unique “tort” de ces musiciens est d’aimer jouer du hardrock et du metal.

    LA VERSION OFFICIELLE. “Atteinte à la religion musulmane”, “dégradation des moeurs, incitation à la débauche et actes attentatoires à la religion musulmane” sont les chefs d’inculpation mis en avant par le juge. Au bûcher dressé par le tribunal de Casablanca, le 6 mars 2003, les 14 musiciens sont condamnés à des peines allant d’un mois à un an fermes. Néanmoins, une immense mobilisation menée par un collectif de soutien a permis de libérer les 14 musiciens quelques jours seulement après le verdict.


    LES ZONES D’OMBRE. Aujourd’hui encore, personne ne sait exactement ce qui a poussé à une telle bavure judiciaire, ni qui a donné l’ordre de giboyer des innocents. Les théories vont bon train : pour certains, c’est un malheureux excès de zèle de la part des policiers, qui ont profité d’un déplacement du roi pour faire ce qu’ils voulaient. Pour d’autres, c’était, au contraire, une manière de faire montre de la clémence de Mohammed VI, qui a repris les choses en main à son retour. D’autres encore parlent d’une princesse qui aurait vécu en face du café où les métalleux avaient pour habitude de se réunir et qui se serait plainte du bruit… Ce qui est sûr, c’est que l’affaire des 14, comme on l’appelle aujourd’hui, a souffert énormément de la mauvaise foi et de l’ignorance des autorités. “Aash dakom l’shi hard rogen ?”, avait demandé un policier aux accusés lors des interrogatoires. Au procès, parmi les questions posées aux musiciens par le juge, on retient celle dont on rit aujourd’hui : “Pourquoi n’écoutez-vous pas Fatna Bent Lhoucine ?”.

    Le meurtre du garde du corps du roi

    LES FAITS. Abdellah Salim Saïdi, garde du corps de Mohammed VI, est attaqué chez lui en plein centre de Rabat, à deux pas de la préfecture de police de la capitale. Dans cette nuit du 8 au 9 juillet 2011, les voisins entendent des coups de feu, mais personne ne pouvait deviner que c’était un man in black du roi qui était au tapis. Transféré à l’hôpital, Saïdi décède le 12 juillet à l’âge de 47 ans.

    LA VERSION OFFICIELLE. La DGSN s’empresse de diffuser un communiqué censé restituer le cours des événements : deux cambrioleurs se seraient introduits dans le domicile du commissaire Saïdi. Quand ce dernier les surprend, une fusillade éclate où le garde du corps et un de ses assaillants sont blessés. Le présumé cambrioleur, arrêté sur place avant d’être hospitalisé, est présenté comme un individu au casier judiciaire bien garni. Le deuxième, en fuite, est “activement” recherché.

    LES ZONES D’OMBRE. Les conclusions de l’enquête n’ont jamais été rendues publiques. Pourtant, nombreuses sont les questions qui restent en suspens. Exemple : les balles ayant blessé mortellement le commissaire Saïdi et son agresseur provenaient-elles de la même arme ? On ne sait rien non plus sur la véritable identité des agresseurs si ce n’est que l’individu arrêté est un habitant de Rabat répondant au surnom de Bidaoui. Et puis, qu’est-il advenu de ce fameux Bidaoui ? A-t-il seulement survécu à sa blessure ? Dans quelle prison est-il en train de croupir ? Le deuxième agresseur court-il toujours ou a-t-il été interpellé ? La police se refuse à toute déclaration et, quatre mois après les faits, aucun procès n’est en vue. Dans la rue r’batie en revanche, les versions au sujet de ce fait divers pas comme les autres sont nombreuses. La plus répandue (et à la fois la plus soft) soutient que les trois hommes se connaissaient bien et qu’il aurait été question d’une nuit entre amis où les choses ont dégénéré. Abdellah Saïdi était d’ailleurs une figure publique de la capitale, chose assez rare pour les gardes du corps de Mohammed VI.



    Le blocage des licences télé

    LES FAITS. Lundi 23 avril 2009, la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA) prend tout le monde de court et annonce qu’aucune licence télé ne sera accordée. Parmi les recalés, on compte de prestigieux candidats : Mounir Majidi, Othman Benjelloun, Fouad Ali El Himma, Aziz Akhannouch… La libéralisation du paysage audiovisuel marocain, tant promise par l’Etat, n’a pas eu lieu.

    LA VERSION OFFICIELLE. Le CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel, organe de la HACA) avance dans un communiqué laconique que, “compte tenu de facteurs conjoncturels et sectoriels intervenus depuis le mois de septembre 2008, notamment la dégradation de la situation du marché publicitaire, ainsi que la crise traversée par Medi1 Sat et le risque encouru pour le secteur dans son ensemble pouvant compromettre l’équilibre et la viabilité des opérateurs audiovisuels publics et privés existants”, le conseil des sages a décidé de mettre en veille l’octroi de toute licence télé, en attendant d’y voir plus clair dans le secteur.


    LES ZONES D’OMBRE. C’est un secret de polichinelle. A l’époque de la course aux licences, seules deux fréquences hertziennes étaient disponibles. Or, une de ces fréquences allait être occupée à court terme par Medi 1 Sat, devenue depuis Medi1 TV. Présageant cela, les sages de la HACA ont pu se retrouver face à un dilemme cornélien : qui choisir parmi les deux amis du roi en lice, Fouad Ali El Himma ou Mounir Majidi ? L ’argument de contraction du marché publicitaire n’était-il pas pris en compte dans les business plans des soumissionnaires ? A qui est revenue la décision de désavouer tous les candidats ? A Mohammed VI en personne, comme avancent certains ? Ce blocage du processus de libéralisation ne serait-il pas motivé par la seule volonté politique de garder le paysage audiovisuel verrouillé et de faire écran à la concurrence ? Car, en définitive, depuis le début du règne de Mohammed VI, une seule chaîne (Medi1 TV) s’est vu délivrer le précieux sésame. Et, depuis, des investisseurs publics sont venus squatter le tour de table de la chaîne tangéroise. Résultat, l’Etat préserve son monopole et son contrôle sur le champ médiatique, alors que de nombreux discours de Mohammed VI ont laissé entendre (et espérer) une libéralisation de l’audiovisuel.

    Les milliards de Mawazine

    LES FAITS. 11 janvier 2011. En conflit judiciaire avec ses ex-employeurs du groupe émirati Taqa, maison-mère de la centrale électrique de Jorf Lasfar (Jlec), l’ancien directeur général du groupe, Peter Barker, envoie par l’intermédiaire de ses avocats une lettre à l’autorité du marché américain (la SEC). Il y dénonce les pratiques douteuses du groupe émirati coté à la Bourse de New York. L’homme affirme, entre autres, avoir reçu l’ordre de son patron de “verser 5 millions
    de dollars par an à Hassan Bouhemou (PDG du holding royal SNI), pour financer un festival de musique (…) afin que Taqa décroche le feu vert pour procéder à l’extension de la centrale électrique de Jorf Lasfar”.

    LA VERSION OFFICIELLE. Ces accusations, portées par Peter Barker, n’ont été ni démenties ni confirmées par les patrons du groupe Taqa. Côté Maroc, c’est le manager du business royal, Hassan Bouhemou, qui est monté au front pour dénoncer ces “allégations”. Il s’est par la suite fendu d’un communiqué de presse où il annonce avoir décidé de porter l’affaire en justice pour “que la vérité soit établie sur les soubassements de cette opération de diffamation”.


    LES ZONES D’OMBRE. Filiale du groupe Taqa, Jlec n’est pas une entreprise ordinaire. Titulaire depuis 2007 d’une concession d’exploitation des centrales thermiques de Jorf Lasfar, elle produit environ la moitié des besoins du Maroc en électricité… Et a un seul client : l’ONE, qui est obligé de par le contrat de concession d’acheter toute la production de la firme, sur une durée de 30 ans à un prix réglementé ! Ce n’est pas tout. Deux ans après son entrée en jeu dans le royaume chérifien, la société obtient, dans une cérémonie présidée par Mohamed VI lui-même dans son palais de Fès, l’autorisation de construire deux nouvelles centrales thermiques pour doubler sa production. Et c’est depuis ce momentlà que l’entreprise est devenue le sponsor majeur du festival Mawazine, présidé depuis 2007 par le secrétaire particulier du roi, Mounir Majidi, et patron de Hassan Bouhemou. Hasard du calendrier ? Et pourquoi donc une entreprise qui n’a qu’un seul client (l’Etat) irait-elle sponsoriser un festival grand public à coups de millions de dirhams ? Détentrice d’un contrat juteux dans le royaume chérifien, Jlec aurait-elle voulu renvoyer l’ascenseur en finançant le festival royal ? La réponse viendra peut-être du Michigan, où le procès de Peter Barker contre Taqa est toujours en cours. En attendant, on se contentera de cette explication du porte-parole de Mawazine : “Jlec est une société privée qui fait ce qu’elle veut de son argent”. Oui, bien sûr.

    L’affaire du TGV

    LES FAITS. Septembre 2011. Le président français Nicolas Sarkozy se déplace à Tanger pour lancer officiellement, avec Mohammed VI, les travaux de la première ligne de train à grande vitesse reliant Tanger à Casablanca. Un véritable bijou de technologie qui réduira de 2 heures la durée du voyage entre les deux pôles économiques du royaume. Coût du projet : 20 milliards de dirhams, dont une moitié sera couverte par des financements et des dons français et l’autre par le budget de l’Etat et des financements de pays du Golfe.

    LA VERSION OFFICIELLE : Selon nos décideurs, ce projet pharaonique a été concrétisé pour doter le pays d’une nouvelle infrastructure ferroviaire et pour accélérer le développement du “Maroc régional”, en réduisant les temps de voyage. Choix stratégique pour le développement du Maroc, le projet TGV devra être prolongé plus au sud vers Marrakech, puis Agadir à l’horizon 2035. Une autre ligne, dite “maghrébine”, sera lancée dans la foulée, pour relier la capitale de l’Oriental, Oujda, à Casablanca, en passant par Fès.


    LES ZONES D’OMBRE. C’est en octobre 2007 que l’on a entendu, pour la première fois, parler du TGV marocain, en marge de la première visite au Maroc de Nicolas Sarkozy. Dans le temps, les relations franco-marocaines étaient très tendues. Fraîchement élu, Sarkozy apprend que Rabat renonce à l’achat de 20 avions de chasse Rafale préférant une offre américaine plus compétitive : 24 chasseurs F16 pour 500 millions d’euros en moins. “Après cette date, les fils sont coupés : les interlocuteurs marocains des Français ne les prennent même plus au téléphone”, raconte le journaliste français Jean Guisnel dans son livre Armes de corruption massives. En juillet de la même année, Mohammed VI exige le report de la visite de Sarkozy au Maroc après avoir appris que le nouveau président français allait d’abord passer par Alger avant d’atterrir à Rabat. Rien ne va plus, jusqu’à ce que, trois mois plus tard, Sarkozy arrive finalement au royaume, pour remettre les relations avec son ami sur les rails. Dans ses bagages, il repartira avec le contrat TGV, qui a tout d’un cadeau royal offert au nouveau VRP de France, en compensation de l’échec de la transaction de Rafale. D’ailleurs, le contrat du TGV est passé sans appel d’offres et sans consultation préalable des parlementaires. Mais, depuis, les relations entre le Maroc et la France ont repris leur train-train habituel.

    La méga-fusion ONA–SNI

    LES FAITS. Le 26 mars 2010, un big-bang secoue la place casablancaise. Le holding royal annonce une méga-opération séquencée en trois phases : retrait de la Bourse de Casablanca des titres ONA et SNI, fusion de ces deux gigantesques holdings et revente d’un paquet de filiales.
    Avant la fin de l’année, les deux premières phases sont bouclées : les deux holdings ne font plus qu’un, il s’appelle SNI.

    LA VERSION OFFICIELLE. Dans un dossier de presse distribué aux médias, les managers des affaires royales ont tenté, comme ils ont pu, de donner du sens à ce chamboulement capitalistique, le plus important que le Maroc ait jamais connu. On parle de “nouvelle vocation du groupe”, de “volonté de se conformer aux standards internationaux puisqu’il est de plus en plus rare de par le monde de voir des holdings cotés qui sont essentiellement constitués d’actifs eux-mêmes cotés, ce qui est le cas de SNI et ONA”. Une couleuvre difficile à avaler vu le coût stratosphérique de l’opération.


    LES ZONES D’OMBRE. C’est bien trop cher payé pour croire en la simple volonté de se conformer aux standards internationaux. Majidi et Bouhemou sont de vrais professionnels de la finance et ont toujours fait preuve d’ingéniosité pour profiter des brèches réglementaires, de manière à optimiser les investissements de leur patron, la famille royale en l’occurrence. Tout dans le déroulement de l’opération laisse croire que c’est une première réfléchie à long terme et que son véritable objectif est d’éloigner le business royal des radars du marché financier, avec toutes ses contraintes de transparence. Elle est intervenue alors que la Loi de Finances venait d’accorder un cadeau fiscal aux opérations de fusion, les banques ont ouvert les vannes du crédit sans discuter, pour financer l’achat des actions auprès du grand public, les partenaires étrangers du groupe royal ont mis la main à la poche et les investisseurs institutionnels marocains conservent leurs titres de manière à ne pas rendre plus chère l’opération, qui a coûté au final 10 milliards de dirhams.

    Depuis, le groupe, même s’il n’a pas encore réalisé de nouvelles acquisitions ou même réalisé les cessions promises, évolue dans l’ombre. Ne serait-ce que pour publier sommairement ses comptes, l’autorité du marché doit régulièrement lui administrer des piqûres de rappel.

    La rupture avec l’Iran

    LES FAITS. Le vendredi 6 mars 2009, un communiqué du ministère des Affaires étrangères annonce le rappel du chargé d’affaires marocain en Iran. Quelques jours plus tard, l’ambassadeur iranien au royaume est également rappelé chez lui. Entre Rabat et Téhéran, rien ne va plus.

    LA VERSION OFFICIELLE. Selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères, la décision de rappeler le représentant diplomatique au pays de Khomeïni intervenait suite à une déclaration de Téhéran, considérant l’Etat de Bahreïn comme la quatorzième province iranienne. Cette proclamation a suscité une contestation par le Maroc au plus haut niveau : le roi avait émis un message de soutien au royaume de Bahreïn. Mais le divorce avec l’Iran se justifie aussi par la chasse au chiisme. Téhéran est accusé de soutenir un activisme visant à altérer les fondamentaux religieux du royaume, à s’attaquer aux fondements de l’identité ancestrale du peuple marocain et à tenter de menacer l’unicité du culte musulman et le rite malékite sunnite au Maroc.


    LES ZONES D’OMBRE. Plusieurs câbles diplomatiques révélés par Wikileaks relèvent l’implication de l’Arabie Saoudite, l’autre monarchie du Golfe, dans cette rupture, et placent le conflit dans le cadre de la bataille pour l’hégémonie dans la région. Dans une correspondance entre le diplomate américain au Caire et son collègue à Rabat, le premier a expliqué que “les Saoudiens ont sensibilisé personnellement le roi Mohammed VI, et non le gouvernement marocain qui a été tout aussi surpris que le reste du monde par cette rupture des relations diplomatiques”.

    Le câble Wikileaks évoque également l’inquiétude du Maroc quant à “l’éventuelle acquisition par l’Iran d’armes atomiques”. En prenant la décision de rompre avec Téhéran, le roi a donc fait d’une pierre deux coups : plaire aux Etats-Unis, très hostiles au régime d’Ahmadinejad, et maintenir ses excellentes relations avec l’Arabie Saoudite. Pour quelle contrepartie ? On n’en sait rien.



    Les poursuites contre Khalid Oudghiri

    LES FAITS. Le 1er août 2008, Abdelkrim Boufettas, membre d’un richissime clan soussi, dépose plainte pour une affaire de corruption impliquant Khalid Oudghiri. L’ancien patron d’Attijariwafa bank (filiale du holding royal), “démissionné” en 2007. Selon l’accusation, il aurait touché, par l’intermédiaire d’un notaire, un pot-de-vin de 35 millions de dirhams dans une transaction immobilière. Un mandat de recherche international est émis contre Oudghiri. Exilé entre le Canada et la France, celui-ci ne s’est jamais présenté au procès.

    LA VERSION OFFICIELLE. Boufettas avait du mal à rembourser son crédit bancaire de 175 millions de dirhams. En 2004, la banque enclenche alors la procédure de recouvrement et met aux enchères une parcelle de 53 hectares du terrain en hypothèque. Mais, au dernier moment, un nouveau protocole de remboursement est négocié. C’est à ce moment-là que Oudghiri et son complice de notaire auraient touché une commission de 20 MDH et auraient récidivé un an plus tard (15 MDH de plus) pour pousser l’homme d’affaires à vendre son terrain. Pour ces actes, l’ancien banquier numéro 1 du royaume a été condamné par contumace à 10 ans de prison pour complicité de corruption.


    LES ZONES D’OMBRE. Plusieurs questions s’imposent quand on entreprend de faire le tri dans cette affaire aux innombrables ramifications. Première interrogation : pourquoi Boufettas a-t-il mis 4 ans avant de décider de tout déballer ? Son argumentaire, selon lequel il manquait “de preuves matérielles”, ne tient pas la route puisque lesdites preuves reposent d’abord sur de simples témoignages. Autre question : pourquoi certains témoins-clés (principaux dirigeants de la banque et les autres membres de la famille Boufettas) n’ont pas été auditionnés ? Nombreux sont les observateurs qui voient cette affaire comme un règlement de compte. C’est un secret de polichinelle : Oudghiri ne s’entendait pas du tout avec ses employeurs, les gestionnaires des affaires royales. Ne serait-il donc in fine coupable que de “sale caractère et d’excès de confiance” ? Lui ne s’est en tout cas jamais exprimé sur cette affaire, ni devant la justice ni devant les médias.
    Un jour peut-être.


    La crise de l’îlot Leila



    LES FAITS. Le 10 juillet 2002, six membres des Forces auxiliaires marocaines débarquent sur l’îlot Leila, situé à 200 mètres des côtes marocaines. La réaction espagnole est immédiate. Le voisin ibérique y voit “une invasion d’un territoire espagnol” et dépêche une véritable armada. En tout, six bateaux de guerre et 24 éléments du groupe des actions spéciales ont été mobilisés pour faire prisonniers les six militaires marocains qui sont livrés dans des conditions humiliantes aux autorités marocaines.

    LA VERSION OFFICIELLE. En débarquant sur l’îlot à la souveraineté contestée, les six membres des Forces auxiliaires comptaient établir, selon les autorités marocaines, un poste de contrôle dans le cadre de la lutte du royaume contre le trafic de drogue et l’immigration clandestine.

    LES ZONES D’OMBRE. En dépêchant ses militaires sur place, le Maroc savait que la réaction de l’Espagne serait vigoureuse. Les deux voisins se sont en effet mis d’accord, au début des années 90, pour maintenir le statu quo sur ce petit rocher, qui ne devait porter aucun “symbole représentatif d’une appartenance nationale”. Qu’est-ce qui a donc poussé le Maroc à rompre cet accord de manière subite et unilatérale ? Pour éviter l’escalade militaire en tout cas, la ministre des Affaires étrangères espagnole de l’époque, Ana Palacio, affirme avoir demandé à parler au roi Mohammed VI. En vain. Le Maroc n’a-t-il pas pris au sérieux cet ultimatum lancé par Madrid ? Par la suite, c’est une médiation américaine, menée par le secrétaire d’Etat à la Défense, Colin Powell en personne, qui a permis de rétablir le statu quo au sujet de “ce stupide bout de rocher”, pour reprendre l’expression de l’ancien responsable américain.

    Source : Osservatore Internazionale per i diritti 

    Tags : Maroc, Mohammed VI, DST, Prison de Témara, îlot Leïla, îlot Persil, Hicham Mandari, Fouad Ali El Himma, Mawazine, TGV, El Bouraq, ONA, SNI, Al Mada, Iran, Polisario, Khalid Oudghiri, 

  • Maroc : Corruption et trafic de drogue gangrènent l’armée (diplomate américain)

    UN RAPPORT CONFIDENTIEL DU CONSULAT US À CASA EN FAIT ÉTAT : Corruption et trafic de drogue gangrènent l’armée marocaine

    Les estimations les plus « condescendantes » envers le royaume chérifien indiquent que la drogue produite par ce dernier et destinée au Vieux Continent génère en moyenne un chiffre d’affaires annuel de l’ordre de pas moins de… 30 milliards d’euros.

    Tout porte à croire que certaines capitales occidentales en ont marre de devoir constamment fermer les yeux sur les agissements délictueux du royaume chérifien, en contrepartie de son soutien à l’entité sioniste et de son rôle de gendarme zélé, qu’aucun crime de rebute, dans la lutte méditerranéenne contre l’émigration clandestine. C’est, en tout cas, ce que relève en un rapport clair daté de 2008 du consulat américain basé dans la capitale économique du Maroc, Casablanca, et dont nous avons pu consulter une partie du contenu. Celui-ci, en effet, ne laisse pas d’incriminer directement l’ensemble des officiers supérieurs de l’armée royale marocaine. Il y est révélé, en effet, que ces derniers « ne sont occupés que par la corruption, le trafic d’influence et le trafic de drogue ».

    Le même rapport va encore plus loin en ajoutant que ce phénomène est encore plus prononcé dans les provinces du Sud, et plus précisément les territoires occupés sahraouis. Ces officiers supérieurs, menés par un général corrompu dont les activités ont fini par gangréner en profondeur tous les rangs de cette armée d’occupation, mettent à profit l’effort de guerre déployé par le roi Hassan II et plus tard par son fils Mohamed VI, pour détourner à leur profit de très gros contrats d’armements, d’équipements et de ravitaillement.

    Accablant, le rapport va encore plus loin pour relever que cette corruption et ce trafic de drogue n’épargnent même pas les responsables civils du Makhzen, et même les membres et proches de la famille royale. Un exemple parmi d’autres pour illustrer cet état de fait : le rapport parle d’un investissement immobilier fort d’une enveloppe de pas moins de 220 millions d’euros bloqués pendant des mois, avant que le promoteur en question n’accepte de se délester de 5 % de ce montant au profit de hauts responsables civils et militaires, qualifiés de proches du palais royal.

    À simple titre illustratif aussi, pour se faire une idée sur l’ampleur de ce trafic généralisé et mené à très grande échelle, contentons-nous de relever ici que des rapports européens indiquent que le trafic de la drogue marocaine à destination du Vieux continent produit annuellement un chiffre d’affaires de l’ordre de pas moins de 30 milliards d’euros.

    Kamel Zaidi

    Le Courrier d’Algérie, 1 juin 2020

    Tags : Maroc, drogue, cannabis, haschich, marijuana, trafic, stupéfiants, Wikileaks,

  • Le Makhzen recrute des mercenaires français et américains pour attaquer l’Algérie

    Le lobbying marocain anti-algérien n’est pas nouveau et il semble avoir de beaux jours devant lui. Les pratiques suivies par le Makhzen en vue de s’en prendre à l’Algérie ont été largement exposées par les documents confidentiels de la diplomatie marocaine révélés par le mystérieux hacker Chris Coleman dans cette affaire connue sous le nom de « Marocleaks ».

    Grâce à ces révélations, nous avons compris enfin pourquoi la presse de l’Hexagone et des Etats-Unis se livraient constamment à des campagnes acharnées contre l’Algérie : des journalistes français sont recrutés et gracieusement payés pour mener ces campagnes.

    Ainsi, les lecteurs algériens ont découvert les activités et le financement du lobby pro-marocain aux Etats-Unis et en France, et les rapports secrets entre les services de renseignement marocains et le Mossad.

    Parmi les journalistes américains et français cités se trouvent Richard Miniter et Joseph Braude, deux blogueurs que Rabat fait passer pour des « analystes ». Leur tâche principale est de véhiculer des fausses informations sur le Front Polisario et des prétendues connexions avec le «terrorisme djihadiste soutenu par l’Algérie» en vue de duper l’opinion publique et les élites américaines.

    Dans la manipulation de ces journalistes, le rôle principal est confié à Ahmed Charaï, directeur du site L’Observateur du Maroc et d’Afrique. Pour les journalistes américains, c’était une aubaine. Pour un seul article, Richard Miniter a touche la somme de 60.000 dollars. Selon un de ses courriers adressés à Charaï, c’était un « cadeau ». A cela s’ajoute, les séjours de luxe au Maroc où, grâce aux services de la DGED ils pouvaient se livrer à toute sorte de perversion profitant de la misère du peuple marocain.

    Mais les efforts des agents marocains visaient principalement les entités juives et sionistes en quête de personnalités influentes susceptibles d’incliner la balance en faveur des thèses marocaines contre le Front Polisario et l’Algérie. Parmi elle le Comité Juif Américain (American Jewish Commitee) dont les membres ont été, à plusieurs reprises, invités à visiter le Maroc et dont le président a été honoré par le roi Mohammed VI avec une médaille du trône. Il est cité aussi John Hamre, président du Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS), une entité de lobbyistes pro-marocains dans laquelle est membre Henry Kissinger, architecte en chef de la livraison du Sahara Occidental au Maroc et concepteur du scénario de la Marche Verte pour sauver le trône de Hassan II.

    Des journalistes français aussi ont roulé pour le Makhzen en échange de fortes sommes d’argent et de vacances de rêve au Maroc. Parmi ceux qui ont été dévoilés par le hacker Chris Coleman se trouvent Vincent Hervouet (LCI), José Garçon (Libération), Mireille Duteil (Le Point) et Dominique Lagarde (L’Express). Dans un des emails interceptés, Ahmed Charaï se félicite d’avoir réussi à constituer un réseau de journalistes « amis ». Dans un autre, il réclame à l’un de ses correspondants plusieurs milliers d’euros pour rétribuer leurs services.

    Leur mission ? S’en prendre à l’Algérie et au Front Polisario et édulcorer l’image de la monarchie marocaine et soutenir la position du Maroc dans la question du Sahara Occidental. Leur contact au Maroc était aussi Ahmed Charaï dont les correspondances révélaient comment la DGED prenait en charge les frais de leurs déplacement au Maroc ainsi que ceux de leurs familles.



    Aveuglé par les faveurs du Makhzen, Vincent Hervouet n’a pas hésité à inviter sur les plateaux de LCI le dénommé Ferhat Mehenni, président du prétendu Gouvernement provisoire kabyle. En vantant son initiative, Hervouet a profité pour demander à Ahmed Charaï de l’argent. « Ahmed, ton “ami” Mehenni est Edifiant. Hier, j’ai passé une heure, après le journal, avec le Big Bos pour parler du sérieux de ce MAK…. Mais bon!! Est-ce tu es vraiment sûr que ça ne t’embête pas de m’avancer sur mon salaire les 38.000 euros? Dis- mois, sinon j’ai une autre solution “le Crédit LOG”, il faut absolument que je déménage la fin de la semaine prochaine », a-t-il dit.

    Tags : Algérie, Maroc, France, Chris Coleman, lobbying, presse française,

  • Bilan des relations maroco-asiatiques

    Au regard des relations historiques avec les pays de l’Asie et conscient de leurs potentiels multidimensionnels tant sur le plan mondial qu’international, le Maroc s’est engagé dans un processus de consolidation, d’approfondissement et de diversification des relations de coopération avec les pays de ladite région afin d’exploiter, de manière optimale et réciproque, le gisement de potentialités qu’offre une telle relation.
    Cette volonté résulte des hautes directives royales concernant l’ouverture à l’international et notamment en direction de l’Asie.
    Basée sur une convergence en terme de valeurs et une aspiration conjointe d’ériger ce partenariat en un modèle de coopération Sud-Sud, les relations d’amitié et de coopération maroco-asiatiques se renforcent tout d’abord, grâce à l’institutionnalisation des consultations politiques de haut niveau avec la plupart de ces pays. A titre d’exemple, l’année 2013 a été marquée par la célébration du 55ème anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre le Maroc et la Chine, et dans ce cadre, par la visite au Maroc du ministre chinois des Affaires étrangères.
    Le Maroc accorde en effet, un intérêt particulier à cette Coopération interrégionale, comme l’en témoigne l’adhésion du Maroc en tant que membre, d’une part, aux différents Fora entre la région Arabe et Africaine et certains pays asiatiques (le Japon, la Chine, l’Inde et la Corée du Sud) et aux Fora asiatiques, d’autre part.
    Les outils du Maroc : des atouts ; potentialités indiscutables pour les pays d’Asie
    Ensuite, le Maroc dispose d’un certain nombre d’atouts : il constitue une véritable plate-forme d’échanges en relation directe avec les plus grandes aires de consommation.
    Le pays fait partie d’un marché de quelque 200 millions de consommateurs – la zone Mena- et a en outre signé des accords de libre-échange avec une cinquantaine de pays des cinq continents.
    Le Maroc a attribué une enveloppe budgétaire de 188 millions de dirhams à l’investissement public,
    Il a défini le cadre juridique de la nouvelle donne avec l’Asie et encourager les opérateurs des deux parties à multiplier leurs contacts avec ladite région.
    Le Royaume s’est, de surcroit, préparé à un rôle encore plus affirmé sur la scène régionale et internationale, en ayant procédé à un ensemble de réformes, pour une meilleure gouvernance, couronnés par la Constitution de 2011
    Dans un contexte régional marqué par l’incertitude et l’insécurité, le Maroc, se donc positionne, en tant que pays le plus stable grâce à un régime monarchique ancestral, et lesdites avancées démocratiques notoires
    L’ensemble de ces éléments le rendent apte à servir de plate-forme aux échanges en provenance d’Asie et l’érige en une aire d’accueil des investissements étrangers.
    Un partenariat efficient constituant une réelle opportunité de croissance pour les deux parties
    Point sur les relations économiques avec l’Asie: Les échanges commerciaux ont enregistré une croissance soutenue, classant cette zone comme deuxième partenaire économique du Royaume. Selon les statistiques de l’Office des changes, les échanges ont totalisé environ 120 milliards de DH au titre de 2012 contre 82 milliards en 2009, soit une augmentation de 48% en trois ans.
    Le flux des investissements asiatiques vers le Maroc est en constante augmentation, dans différents secteurs, notamment dans l’Automobile, l’électronique, NTIC, phosphate. ..
    Pour ce qui est des IDE asiatiques au Maroc, ils représentent un potentiel important de développement en positionnant notre pays comme un hub financier et commercial vers l’Afrique, l’Europe, les pays arabes et l’Amérique, à la faveur des ALE et des accords signés avec ces ensembles régionaux.
    Les objectifs d’ordre économique : Dynamiser le volume des échanges commerciaux et Continuer à promouvoir une coopération mutuellement avantageuse dans les secteurs traditionnels comme les phosphates, les pêches maritimes, et les ressources minières
    Exemple : la relation maroco-chinoise : SM le Roi avait été invité par le président chinois pour une visite officielle visant à « approfondir la concertation politique, renforcer les rapports économiques, l’investissement et consolider la coopération dans les domaines culturel, technique et scientifique »
    La Chine représente plus de 20% des échanges avec l’Asie, alors que le reste est réalisé avec l’Inde, le Japon, l’Indonésie, la Malaisie, Singapour, le Vietnam, la Corée du Sud et le Pakistan.
    Des discussions sont en cours autour des modalités d’un accord de libre-échange dans le but de «promouvoir un développement sain et ordonné du commerce bilatéral», Pékin s’est dit prêt à prendre une part active aux ambitieux programmes d’infrastructure au Maroc
    En termes d’échanges culturel et touristique :
    Le Maroc bénéficie d’un cachet touristique à l’international : le nombre des touristes chinois s’est multiplié de près de 70 fois depuis le début des années 2000, cette année l’ouverture d’une ligne aérienne directe Casablanca-Pékin est prévue
    A ce sujet, le Maroc a exprimé sa volonté d’accueillir plus de touristes chinois, et à ce titre, le Royaume œuvre à faciliter l’obtention des visas pour les Chinois qui souhaitent se rendre au Maroc et celle de leurs conditions de séjour. Un accord sur l’exemption de visas en faveur des détenteurs des passeports ordinaires, est sérieusement envisagé
    Sur le plan de la coopération scientifique et technique : le Maroc octroi à certains pays asiatiques, des bourses d’études et de formation aussi bien académique que professionnelle.
    Sur le volet culturel : Enfin, le Maroc participe activement aux activités artistiques et culturelles en Asie, l’objectif étant de « faire connaître le patrimoine civilisationnel du Maroc »
    Il s’agit de valoriser les similitudes culturelles avec l’Asie et Dépasser les barrières psychologiques de la langue et de l’espace géographique pour une meilleure compréhension entre les peuples
    Source : Maroc Leaks
    Tags : Maroc, Asie, coopération,
  • Maroc – La fortune d’un roi riche, l’infortune d’une population pauvre

    Depuis la mort de Hassan II en Juillet 1999, son fils Mohammed VI est devenu en 2020 un des monarques les plus riches du monde, mais cette fortune insolente fait face à une population marocaine qui souffre à cause des profondes inégalités sociales qui prévalent au Maroc, et dont les individus restent soumis à une violente répression politique et policière.
    Mohammed VI, Roi du Maroc
    En effet, avec 8,2 milliards de dollars, le monarque chérifien de 56 ans occupe le 9ème rang du classement établi par le média anglais Love Money en Mars 2020.
    Une richesse qui assure à la famille royale un train de vie indécent aux yeux de la population, comme le démontrent les dépenses de fonctionnement du Palais Royal en 2020, évaluées à plus de 230 Millions d’Euros ce qui représente deux fois plus que celles de l’Elysée qui se sont établies pour la même année à 105,316 Millions de dollars !
    Et quitte à comparer notons que le Produit Intérieur Brut marocain a été évalué en 2019 à 122 Milliard d’€, 22 fois moindre que celui de la France qui dépasse les 2700 Milliards d’€ !
    C’est dire l’incongruité de tels frais, que personne ne peut expliquer et qui pourraient pourtant servir à combler la fracture sociale et la misère dans laquelle survit plus de 10 millions de marocains.
    Beaucoup en effet se demandent à quoi servent la vingtaine de palais, ces milliers d’hectares de terres agricoles pour la plupart confisquées par Hassan II, le Yacht à 90 millions de dollars, la montre d’1,2 millions de dollars ou encore les 5 millions d’euros pour une semaine de vacances que le monarque marocain a passé avec sa famille dans les îles helléniques…
    Un étalement de richesse qui n’est plus défendu aujourd’hui que par les quelques courtisans d’un Roi dont l’avidité pour le luxe n’est plus un secret et n’apporte rien pour la population du Royaume chérifien. Et c’est ainsi que le Maroc enregistre un piètre indice de développement humain, qui classe le pays dans le dernier rapport du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), à la peu reluisante 121ème place sur 189 pays…
    La richesse du Roi du Maroc, qui perçoit tout de même un salaire dépassant les 40.000 Euros mensuels, provient en grande partie des investissements qu’il a entrepris à travers le Holding Al Mada, anciennement Société Nationale d’Investissement (SNI), qui s’est accaparé de plusieurs secteurs porteurs (Banque, Assurance, télécommunications, métallurgie, immobilier, mines, énergies renouvelables, distribution…) aussi bien au Maroc mais également à l’étranger.
    Le Holding Al Mada est chapeauté par deux autres holdings appartenant également à la famille royale: la Siger et la Ergis comme vous pouvez le voir ci-après.
    De même, chacun des frères et sœurs de Mohammed VI dispose de son propre holding d’investissement : Providence holding pour le prince Moulay Rachid, et Unihold, Yano Participation et Star Finance pour, respectivement, les princesses Lalla Meryem, Lalla Asma et Lalla Hasna et qui leur assure plusieurs millions d’Euros de revenus chaque année…
    Cette fulgurante réussite de la famille Royale dans les affaires, le Makhzen la doit à Mou­nir El Majidi.
    Mounir Majidi, né le 19 Janvier 1965 à Rabat, a présidé dans l’ombre pendant dix ans l’association qui gère le fameux festival Mawazine de Rabat, avant d’en transmettre la gestion à Abdeslam Ahizoune, un autre adulateur du palais, l’ex ministre des Postes et des Télécommunications, des Télécommunications, et actuel président de Maroc Telecom…
    Mounir Majidi, cité dans le scandale des Panama Papers, est l’homme de confiance de Mohamed VI. Il est son Secrétaire Particulier depuis 2000 et depuis 2020 Président de la Siger, le principal actionnaire de la holding royale de contrôle et la Société Nationale d’Investissement (SNI), qui avait absorbé l’Omnium Nord Africaine (ONA), devenue en 2018 le holding royal Al Mada .
    C’est Majidi qui a fait d’Al Mada la plus grande holding privée du Maroc et le fer de lance des réformes économiques du Pays.
    Hassan Ouriaghli, un ami de Mounir Majidi a été désigné en 2014 Directeur de Al Mada, celui-ci avait été Président du Directoire de l’Entreprise Optorg, filiale d’El Mada à Paris, et dont l’objet social est la distribution spécialisée incluant l’équipement industriel et la distribution automobile en Afrique. Le roi est également concessionnaire automobile…
    Enfin, notons que c’est Majidi qui est le principal artisan de la politique d’investissement dans les pays du Sahel et à l’échelle du continent africain. C’est lui qui a poussé d’Attijariwafa Bank, pour devenir le premier réseau bancaire en Afrique, avec 4 930 agences et plus d’un milliard de dollars investis sur le continent depuis 2010. Et elle est majoritairement détenue par le fonds Royal Al Mada…
    C’est par elle que le Roi du Maroc a promis ”d’aider” les africains à se développer et a exigé en novembre 2019, de Mohamed El Kettani, PDG de la banque Attijariwafabank de signer un mémorandum d’entente avec le fonds africain African Guarantee Fund dans le but d’encourager le financement des PME africaines… Des investissements qui tardent à se concrétiser avec la crise financière nous dit-on !
    Mais la réussite dans les affaires de la famille royale et d’une caste réduite de nantis proches du Makhzen, n’a pu étouffer les scandales et autres facettes peu reluisantes du trône, que Rabat a toujours essayé d’étouffer. En vain…
    En effet, le site d’investigation marocain Ledesk avait enquêté et publié plusieurs articles sur des sociétés off-shore impliquant le roi Mohammed VI, telle la SMCD Ltd, enregistrée aux îles Vierges et gérée par Mounir Majidi et dont l’ayant droit économique est le roi Mohammed VI. Cette société a été citée comme actionnaire d’une autre société, Alliances Développement Immobilier (ADI), cotée à la Bourse de Casablanca…
    Cela démontre que l’argent du royaume est transféré à l’étranger pour échapper au fisc, déposé dans des paradis fiscaux, puis à nouveau blanchi au Maroc par celui qu’on avait désigné un temps le Roi des pauvres… Mais ce qualificatif n’a pas tenu longtemps.
    En 2015, de nouvelles révélations faisant part de comptes bancaires ouverts le 11 octobre 2006 à la HSBC Private Bank en suisse, codétenus avec son secrétaire particulier, Mounir El-Majidi avaient choqué l’opinion publique au Maroc. Il faut dire qu’il y a de quoi, entre le dernier trimestre 2006 et le 31 mars 2007, le solde maximal de ce compte s’établissait à 7,9 millions d’euros, alors qu’en même temps les Marocains résidant au Maroc, étaient interdits de détenir un compte bancaire à l’étranger…
    Et ces révélations font très mal à la famille Royale tant elles informent l’opinion publique marocaine du décalage entre le faste de la dynastie Alaouite et de ses protégés, contrastant avec les conditions sociales et économiques d’un peuple dont le quotidien ne cesse de dégrader comme l’a précisé le dernier rapport de la Banque Mondiale
    Pour faire face au déferlement d’informations sur l’affairisme inquiétant de la famille royale par une presse libre et indépendante, le Makhzen a, comme à son d’habitude, recours aux seules méthodes qu’il connait et qu’il affectionne particulièrement pour faire taire toute contestation démocratique : le harcèlement judiciaire, la désinformation, la manipulation et le chantage. Un véritable programme !
    En 2012, le journal le Monde avait publié une affaire de corruption concernant équipementier aéronautique américain Baysis impliquant Majidi. Ahmed Benchemsi, chercheur à l’université Stanford (Etats-Unis) et ex-directeur du magazine marocain “TelQuel” était l’auteur de cet excellent article. Il y affirmait que ”M. Majidi, également le premier annonceur publicitaire du pays, a démontré sa capacité à boycotter des journaux jusqu’à les acculer à la faillite.’’
    En effet, est à la tête d’une belle affaire d’affichage public et qui jouit de toutes les facilités dans plusieurs municipalités marocaines…
    Les propos de Benchemsi sont confirmés par le chercheur et professeure en relations internationales Jesùs Garcia Luengos et Laurence Thieux, dans leur rapport sur les Médias en ligne au Maroc :
    ”La presse en ligne a gardé une partie des défauts de la presse écrite dans la mesure où une partie d’entre elle s’aligne sur les partis politiques et alimente la polarisation de la scène politique entre le PJD et le PAM. Ces deux partis ont beaucoup investi dans les nouvelles technologies de l’information (NTI) pour élargir leurs bases d’influence. Ces deux partis politiques ont leur propre réseau médiatique qu’ils contrôlent directement ou indirectement. Selon certains experts, le Parti Authenticité et Modernité (PAM) créé par Fouad Ali Himma, conseiller du Roi et ami d’enfance, a influencé plusieurs médias de façon décisive avec des apports économiques conséquents et dont ils sont devenus dépendants pour assurer leur viabilité financière.’’
    Pour info, Fouad Ali El Himma est le camarade de classe du Roi Mohammed VI, et également camarade d’enfance de Mounir Majidi qui le cotôyait lorsque Majidi avait été ”adopté” par la princesse Lalla Nezha, sœur de Hassan II, pour tenir compagnie à son fils Naoufel Osmani.
    Le gouvernement marocain totalement soumis au Makhzen, à en perdre toute crédibilité populaire, use de tout son pouvoir et de utilise tous les subterfuges pour tenter de protéger le Trône et faire oublier le train de vie fastueux du Roi et de sa cour dans l’esprit d’une tradition ancestrale et archaïque, alors que des millions de citoyens marocains vivent, eux, sous le seuil de pauvreté.
    C’est cette situation qu’avait dénoncé le Hirak marocain, symbolisé en la personne de Nasser Zefzafi, ce natif d’El Hoceima dans le Rif, torturé et jeté en prison pour 20 ans, alors qu’il ne réclamait que l’amélioration de la situation socio-économique de ses concitoyens.
    Pour contrer les incessantes revendications d’un peuple meurtri dont ne se fait écho qu’une presse étrangère, le pouvoir marocain a recours à une presse locale aux ordres, flatteuse et obséquieuse telle un baise-main royal, souvent fabriquée par la police politique zélée du Royaume chérifien.
    En exemple les chaines de TV Medi 1 ou 2M, ainsi que le portail en langues arabe et française le360.ma. Ce média appartient à la société Edit Holding, une société détenue par Mme Aïcha Bouayad-Amor, ex-directrice de la communication de la banque Société Générale au Maroc, et au Galeriste et critique d’art, Aziz Daki, notoirement très proche de Mounir Majidi qui l’a recruté comme directeur artistique et porte-parole du Festival Mawazine, alors qu’il avait entamé sa carrière professionnelle comme simple journaliste au quotidien Aujourd’hui le Maroc, au sein duquel il a travaillé pendant quatre ans. Un journaliste qui n’a jamais fait autre chose que maquiller la vérité à ses concitoyens…
    C’et ainsi que fonctionne le Maroc, un pays de castes et d’intouchables que dédommage une famille royale en fonction des mensonges qu’ils véhiculent, sur la sahara occidental, sur le puissant voisin algérien ou même sur les démocrates qui aspirent à de meilleurs jours…
    Ce système de prédation fait de pressions, d’intrigues courtisanes et de corruption n’est au final avantageux que pour la seule couronne. Il ne tient debout que par sa capacité à réprimer les populations et éviter une révolte contre un royaume entièrement tourné vers le seul développement de la fortune royale au détriment de tout un peuple…
    Quel Dommage !
    Bachir Outaghani
    Algérie Part, 25 avr 2020
    Tags : Maroc, Mohammed VI, fortune, luxe, Fouad Ali El Himma, Mounir El Majidi, Al Mada, SNI,
  • La pandémie dévoile des relations tendues entre le Maroc et les Pays Bas

    Selon le site ad.nl, trois mille néerlando-marocains sont bloqués au Maroc depuis des semaines en raison de la fermeture des frontières pour lutter contre la pandémie du covid-19.

    Le média néerlandais précise que ce blocage est dû aux « relations diplomatiques tendues entre les deux pays ». Amsterdam attend toujours le feu vert des autorités marocaines pour entamer le rapatriement de ses binationaux marocains.

    1. Contexte :

    • L’émigration des marocains vers les Pays- Bas est un phénomène assez récent, elle a débuté en 1969 avec la signature entre les deux pays d’un accord sur la main d’œuvre.

    • Formellement cette émigration n’a duré que quatre ans, puis, suite au choc pétrolier et à la crise de 1973, l’accord fut annulé.
    • Les flux se sont maintenus sous forme de regroupement familial. Un fort courant d’émigration clandestine s’ensuivit.

    2-Données statistiques :

    – Près de 400 000 marocains résidents aux Pays bas (2010)

    – Plus de 280 000 marocains ont la double nationalité (2011)

    3. Politique migratoire des Pays – Bas /Maroc :

    Tags : Maroc, Pays Bas, migration, pandémie, coronavirus, covid-19, rapatriement,
  • Maroc-leaks : Note sur les dépenses militaires Algérie/Maroc, à partir d’une compilation de rapports

    Source : Document confidentiel de la diplomatie marocaine (février 2014)


    NOTE

    Dépenses militaires Algérie/Maroc, à partir d’une compilation de rapports

    Classement, comparaison, données chiffrées



    Le dernier rapport de l’IHS Jane’s1, a récemment établit un classement des dépenses militaires de 77 pays sur l’année 2013. A la lecture dudit document, il ressort les éléments suivants :

    • En 2013 : l’Algérie a dépensé 10,8 milliards de dollars en armements et le Maroc 4 milliards.

    • L’Algérie se place au 20ème rang mondial juste devant Israël, et le Maroc occupe la 46ème place.

    • En 2012 : l’Algérie occupait le 24ème rang et le Maroc le 48ème rang

    • La hausse de 2013 «peut être en partie expliquée par le passage sous l’autorité du ministère de la défense algérien de la Garde communale auparavant sous les ordres du ministère de l’intérieur. Ce rang devrait se maintenir en 2014.

    • Sur les tendances du budget algérien de la défense, «les dépenses militaires ont fortement augmenté durant la dernière décennie, la croissance du budget militaire algérien devrait se situer autour de 5% par an entre 2014 et 2020. Ceci devrait porter l’Algérie à la 17ème place en 2020, dépassant l’Espagne et Israël ».

    • Pour ce qui est des autres pays du classement : les Etats-Unis, la Chine, la Russie, le Royaume-Uni, la France, l’Inde, le Japon et l’Arabie saoudite, constituent les pays qui dépensent le plus en armements avec près de 40% du total mondial pour les Américains.

    • Le budget US en 2013 est estimé à 582 milliards de dollars.

    D’autres rapports font également état de la progression algérienne, confirmant les tendances et données énoncées par le rapport susmentionné :

    • Selon le Strategic Defence Intelligence (SDI)2:l’Algérie est le 9ème importateur d’armes dans le monde avec 46% du total des importations d’armes en Afrique, durant la période 2006-2010.

    • Selon une étude rendue publique par le SIPRI3 , les dépenses militaires ont évolué ainsi : 3152 millions de dollars en 200, (3,3% du PB), 6045 en 2010(3,5% du PIB), 8652 en 2011(4,4% du PIB), 9104 en 2012 (4,5% du PIB) et 10,8 milliards de dollars US de dépenses militaires en 2013

    • L’Institut international des études stratégiques, basé à Washington, a classé en 2011, l’Algérie parmi les 10 pays au monde qui dépensent le plus sur le volet Défense, à la 8e place dans le classement, après l’Arabie saoudite, le Sultanat d’Oman, Israël, le Yémen, les États-Unis et la Jordanie. Le Maroc ne figure pas dans ledit classement.

    • Pour sa part, le rapport intitulé «AMI International 2011 World Naval Market Forecast Highlights Continued Growth, Continuity in the Mena Region»4, a souligné que, d’une manière générale, les pays de la région Mena n’ont cessé de multiplier les investissements pour acquérir des navires, afin de protéger leurs eaux territoriales, et ce, depuis 2008.

    • Dans ce rapport, le Maroc, est devancé de peu par l’Algérie, en matière d’acquisition d’armement naval. En effet, le Maroc occupe la 6ème position avec un budget prévu de 2.47 milliards de dollars pour l’achat de 31 navires (fournisseurs : Pays-Bas, France).

    • Objectif du Royaume: mieux surveiller le détroit de Gibraltar et plus largement la Méditerranée occidentale contre l’immigration clandestine et le trafic de drogue. Sur le plan militaire, cette force navale tend également à mieux contrôler la berge sud-ouest de la Méditerranée.

    • L’Algérie, quant à elle, se place à la 4ème position avec un budget de 2.780 milliard de dollars dédiés ces 20 prochaines années à l’achat de bateaux (fournisseur principal : Russie).


    Conclusion :

    • Selon la partie algérienne, les principaux moteurs de l’évolution du marché algérien de l’armement se résumeraient comme suit :

    * la lutte contre le terrorisme et la contre-insurrection

    * la nécessaire modernisation des équipements de défense

    • Cette recrudescence des dépenses militaires algériennes répondrait prétendument au souci de professionnalisation autour des nouvelles technologies et à l’importance de faire face aux problèmes sécuritaires auxquels est confronté le pays (cf. à l’instar de l’attaque terroriste du complexe gazier d’In Amenas et pour contrer la porosité des frontières aux trafics en tous genres).

    • Mais il semblerait plutôt que l’Algérie se soit engagée seule dans une course à l’armement, imposant et entretenant, par son surarmement frénétique, un climat de méfiance et de fermeture (à l’image de ses frontières) au sein de la région.

    Tags : Maroc, Algérie, armement, armée, dépenses militaires,


  • Maroc-leaks: Mbarka Bouaida s’excuse d’avoir rencontré la première dame du Nigeria

    Je fais suite a votre appel téléphonique de cet après midi, et vous réitère mes excuses pour avoir rencontré la première dame du Nigeria. Comme je vous l’ai expliqué par téléphone, il m’a semblé opportun de répondre positivement a la suggestion de la direction Afrique au sein du Ministère des affaires Étrangères pour rendre visite a la première dame du Nigeria a l’occasion de son séjour privé à Rabat.

    En effet, et après en avoir informé verbalement M. le Ministre, j’ai effectué une visite de courtoisie à la première dame du Nigeria. Cette dernière, ravie de ses vacances au Maroc, m’a demandé de transmettre ses remerciements a Sa Majesté, et de lui adresser, au nom de son époux le président du Nigeria, et en son nom à elle, leur invitation a S. M. et S. A. la princesse Lalla Selma pour visiter le Nigeria.

    Durant cette rencontre, la première dame nigériane m’a également informé de ses activités sociales en faveur des femmes en Afrique, et des requêtes qu’elle reçoit de Tindouf pour visiter les camps.

    Bien entendu, j’ai saisi l’occasion pour lui expliquer la manipulation politique derrière ces demandes, et la nécessité de régler ce différend régional dans le cadre des négociations existantes sous l’égide des Nations Unies. J’ai également saisi cette occasion pour lui exprimer notre souhait que le Nigeria aligne sa position à celle des Nations Unies.

    Encore une fois, je vous présente toutes mes excuses pour cet incident du à un manque d’information de ma part, et aussi a l’inadvertance de mes services quant au respect du parallélisme institutionnel.

    J’espère sincèrement que vous comprendrez mes intentions fondées sur la bonne foi, et vous prie d’accepter encore une fois mes excuses pour cet incident.

    Bien à vous

    Mbarka

    Tags : Maroc, Mbarka Bouaida, Nigeria, première dame,